Bonaventure De Bagnorea


Bonaventure De Bagnorea

Bonaventure de Bagnorea

Cardinal
Berretta cardinalizia.png
Bonaventure de Bagnorea
de l'Église catholique romaine
[[Image: Image de Bonaventure de Bagnorea]]
cardinal-évêque
d'Albano
Blason de Bonaventure de Bagnorea
Naissance entre 1217 et 1221
à Bagnoregio (Italie)
Ordination
sacerdotale
Consécration
épiscopale
Évêque Archevêque nommé d'York (Grande-Bretagne)
Créé
cardinal
1273 par le
pape Grégoire X
Décès juillet 1274
à Lyon (France)
 
Cardinal
Titre cardinalice
Collège cardinalice · Consistoire
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Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, mort à Lyon dans la nuit du 14 et 15 juillet 1274[1], plus connu sous le nom de Bonaventure pris lors de son entrée dans les ordres.

Théologien, docteur de l'Église (surnommé le « Docteur séraphique Â»), ministre général des franciscains, il est, à l'instar de son contemporain Thomas d'Aquin, l'un des piliers de la théologie chrétienne au Moyen Âge.

Sommaire

Biographie

Il naît de Giovanni da Fidanza et de Maria Ritella. Baptisé Giovanni à sa naissance, il prend par la suite le nom de « Bonaventure Â». Nous ne savons rien de sa jeunesse, ni des raisons de son changement de nom. Selon une tradition du XVe siècle, le jeune Giovanni, gravement malade, aurait été apporté à François d'Assise, lequel se serait écrié en le voyant : « O buona ventura! Â» (« quelle chance ! Â»).

Son père, médecin, l’envoie étudier les arts à la Sorbonne en 1236. Il rejoint l'Ordre des frères mineurs en 1243. Il entreprend les études de théologie sous la houlette d'Alexandre de Hales, grand théologien devenu franciscain. En 1248, Bonaventure obtient sa licence, ce qui l'autorise à enseigner à son tour à l'Université. En 1256, l'animosité montante des universitaires à l'égard des ordres mendiants l'oblige à quitter son poste. Après la condamnation de Guillaume de Saint-Amour, principal adversaire des Mendiants, Bonaventure reçoit son doctorat en 1257, en même temps que Thomas d'Aquin.

La même année, et malgré son jeune âge, Bonaventure avait été élu ministre général de son ordre, en succession de Jean de Parme. Il se trouve confronté à la querelle entre Spirituels et Conventuels, c'est-à-dire entre partisans de la pauvreté absolue et partisans d'une évolution de l'ordre, en particulier vers l'enseignement. Bonaventure condamne les Spirituels, en particulier les joachimistes, artisans des thèses de Joachim de Flore. Lors du chapitre général de Narbonne, il fait réviser les constitutions de l'ordre. Il s'attelle ensuite à une biographie de François d'Assise, qu'il présente en 1263 au chapitre général de Pise. À cette occasion, il redessine la carte des provinces de l'ordre. Il prescrit également la sonnerie des cloches à la tombée de la nuit, en l'honneur de l'Annonciation — pratique qui préfigure la prière de l'Angélus.

En 1265, Clément IV le nomme archevêque d'York, mais il refuse cette promotion et surtout entend demeurer à Paris, pour la défense des ordres mendiants. L'année suivante, le chapitre général de Paris ordonne la destruction de toutes les Vies de François d'Assise, à l'exception de celle rédigée par Bonaventure, déclarée la seule authentique et digne de foi. Cette mesure est condamnée par les zelanti, partisans d'un retour aux sources, qui y voient la confiscation par Bonaventure du personnage de François.

Bonaventura peint par Francisco de Zurbarán.

En 1267, à Rome, il crée un statut pour les laïcs agissant selon les règles de l’Amour du Christ : c’est la première confrérie de pénitents, qu'il nomme "Confrérie du Gonfalon", dont l’objet est l’amour du Christ et la proclamation de la foi catholique.

En 1271, Bonaventure intervient dans le conclave réuni à Viterbe après la mort de Clément IV. Sur ses conseils, les cardinaux élisent Tebaldo Visconti, qui prend le nom de Grégoire X. En 1273, Bonaventure est consacré cardinal-évêque d'Albano par le nouveau pape. L'année suivante, Bonaventure quitte la tête des franciscains. Il est remplacé à cet office par Jérôme d'Ascoli, futur Nicolas IV. Il est alors chargé par Grégoire X de préparer le IIe concile de Lyon, qui s'ouvre le 7 mai 1274.

Durant le concile, Bonaventure prend la parole à deux reprises devant les pères conciliaires, une fois pour accueillir la délégation byzantine et recommander la réunion des églises. Il meurt le 13 juillet, pendant la session. Selon son secrétaire, Pérégrin de Bologne, il aurait été empoisonné. Il est inhumé dans l'église franciscaine de Lyon. Son oraison funèbre est prononcée par son ami, le dominicain Pierre de Tarantaise, futur Innocent V.

Quand, en 1434, ses restes sont transférés dans une nouvelle église dédiée à François d'Assise, le tombeau est ouvert. Sa tête aurait alors été trouvée dans un parfait état de conservation, ce qui favorise grandement la cause de sa canonisation. Le 14 avril 1482, Sixte IV, pape franciscain, l'inscrit au nombre des saints. Bonaventure est proclamé docteur de l'Église en 1587 par le pape franciscain Sixte Quint.

Caractères généraux de l'œuvre

Bonaventure est un théologien franciscain, qui tenta de restituer théologiquement et conceptuellement l'intuition de son maître saint François d'Assise, fondateur de son ordre. Ainsi, sa pensée est toute tendue vers l'union mystique de paix et d'amour avec Dieu[2]. Il fut profondément influencé par saint Augustin, et dans une moindre mesure par Boèce, comme c'est visible dans le Breviloquium.

Saint Bonaventure résume l'enseignement des Victorins, notamment dans son De Triplici Via (1259) également appelé Itinerarium mentis ad Deum, que l'on connait par au moins trois cent manuscrits, preuve de son succès. Quittant la méditation, sensible ou intellectuelle, le saint montre à l'étape suivante la contemplation infuse ou excessus mentis, aussi appelée extase des ténèbres, ou mort mystique, ou même simplement contemplation mystique :

« C'est cette faveur secrète que nul ne connaît s'il ne la reçoit et que nul ne reçoit s'il ne la désire, et que nul ne désire si ce n'est celui qui est enflammé jusqu'au fond des entrailles par le feu du Saint-Esprit, que Jésus-Christ a porté sur cette terre.[2] Â»

Il s'agit de se débarrasser de notre esprit, notre pneuma, du sensible comme de l'intellectuel, pour arriver à l'extase hors du continuum espace-temps. Les étapes de la montée sont : purgative (ascèse), illuminative et perfective. Ce cheminement est interrompu par la devotio moderna au XIVe siècle, puis plus tard, par un cantonnement à la première étape, la méditation.

Les grands concepts de Bonaventure sont : la monadologie trinitaire, la théologie de la pauvreté et de la libéralité de Dieu, et une certaine théologie du corps et de la sensation.

Au Canada, l'île Bonaventure, la municipalité Saint-Bonaventure et la rivière Bonaventure sont nommés en son honneur, du fait de la colonisation par les missionnaires récollets.

Œuvres

Son œuvre inspire un courant, le « bonaventurisme Â», qui s'inscrit lui même dans l'augustinisme et qui s'oppose au thomisme par l'humilité qu'il associe à la raison humaine, incapable d'accéder à la plénitude de la vérité sans l'aide de Dieu, tandis que Thomas d'Aquin est beaucoup plus confiant dans les capacités de l'homme.

Raymond Lulle, Juan Luis Vivès, Raymond Sebond sont les héritiers de ce courant.

L’Apologie de Raimond Sebond (Wikisource) de Michel de Montaigne appartient de fait à cette tradition.

  • des livres d'exégèse : Commentaires du Livre de la Sagesse, de l'Evangile selon Luc et Conférences sur l'évangile de Jean.
  • des livres de spiritualité : Les Trois voies de la Vie spirituelle, L'Itinéraire de l'âme vers Dieu, L'Arbre de vie, Le Soliloquium
  • Commentaire sur les 4 Livres du Maître des sentences de Pierre Lombard
  • Vie de saint François
  • Un compendium de Théologie : Le Breviloquium
  • Des œuvres intéressant l'Ordre franciscain,
  • De très nombreux sermons et une synthèse de théologie spirituelle : Les Conférences sur l'Hexaemeron.

Ses œuvres complètes ont été publiées, en 10 volumes in-folio, entre 1882 et 1910 par le Collège d'études médiévales des Franciscains de Quaracchi (Florence).

On lui a attribué, à tort, de nombreux traités spirituels et mystiques des XIIIe et XIVe s. tels :

  • Commentaires sur l'imitation de Jésus-Christ
  • Méditations sur la vie de Jésus-Christ, plusieurs fois traduits en français,

Ses Œuvres ont été publiées à Rome, 1586-1598, 8 volumes in-folio et à Paris, 14 volumes, in-8, 1866. Ses Œuvres spirituelles ont été traduites par l'abbé Berthaumier, mais sans discernement critique. 1855.

Eglise consacrée à Saint-Bonaventure

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) « Bonaventure de Bagnorea Â», dans Catholic Encyclopedia, 1913
  • Histoire de l'Église depuis les origines jusqu'à nos jours, t.X (1198-1274), Paris : Bloud & Gay, 1959 ;
  • (en) Rosalind B. Brooke, Early Franciscan Government: Ellias to Bonaventure, Cambridge University Press, 2004 ;
  • Andrée Comparot, Augustinisme et aristotélisme : de Sebon à Montaigne Paris : Éd. du Cerf, 1984  ;
  • Étienne Gilson, La philosophie de saint Bonaventure, Paris : Vrin 1953 ;
  • Joseph Ratzinger, La théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Paris : PUF 1988 ;
  • André Vauchez (s. dir.), Apogée de la papauté et expansion de la chrétienté (1054–1274) (Histoire du christianisme, t. V), Paris : Desclée, 1992.
  • Marianne Schlosser, Saint Bonaventure, la joie d'approcher Dieu, traduction de l'allemand par J. Gréal, Paris, Cerf et Editions franciscaines, 2006.
  • Annie et Bernard Verten,"Intuition et raison" Choix de sermons traduits,présentés et annotés.Editions Grégoriennes.
  • Emmanuel Falque, Saint Bonaventure ou l'entrée de Dieu en théologie, éditions VRIN, 2000.

Articles connexes

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Voir aussi Buenaventura, ville qui porte son nom.

Lien externe

Notes et références


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