Blaise Pascal

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Blaise Pascal
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Blaise Pascal
Philosophe et Scientifique
Époque Moderne
Blaise Pascal
Blaise Pascal

Naissance 19 juin 1623
Clermont-Ferrand, Royaume de France Royaume de France
DĂ©cĂšs 19 aoĂ»t 1662 (Ă  39 ans)
Paris, Royaume de France Royaume de France
École/tradition jansĂ©nisme
Principaux intĂ©rĂȘts Philosophie, mathĂ©matiques, physique, morale et thĂ©ologie
Idées remarquables Pari sur l'existence de Dieu, divertissement / misÚre de la condition humaine, probabilité en mathématiques
Influencé par Augustin d'Hippone, Michel de Montaigne, Descartes
A influencé Arnauld, Duhem
Adjectifs dérivés pascalien, pascalienne

Blaise Pascal, nĂ© le 19 juin 1623 Ă  Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand), en Auvergne et mort le 19 aoĂ»t 1662 Ă  Paris, est un mathĂ©maticien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et thĂ©ologien français.

Enfant prĂ©coce, il est Ă©duquĂ© par son pĂšre. Les tous premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquĂ©es. Il contribue de maniĂšre importante Ă  l’étude des fluides. Il a clarifiĂ© les concepts de pression et de vide, en Ă©tendant le travail de Torricelli. Pascal a Ă©crit des textes importants sur la mĂ©thode scientifique.

À dix-neuf ans[1], en 1642, il invente la machine Ă  calculer[2],[3] et aprĂšs trois ans de dĂ©veloppement et 50 prototypes il la prĂ©sente Ă  ses contemporains en la dĂ©diant au chancelier SĂ©guier[4]. DĂ©nommĂ©e machine d’arithmĂ©tique, puis roue pascaline et enfin pascaline, il en construisit une vingtaine d'exemplaires dans la dĂ©cennie suivante[5].

MathĂ©maticien de premier ordre, il crĂ©e deux nouveaux champs de recherche majeurs : tout d’abord il publie un traitĂ© de gĂ©omĂ©trie projective Ă  seize ans ; ensuite il dĂ©veloppe en 1654 une mĂ©thode de rĂ©solution du « problĂšme des partis Â» qui, donnant naissance au cours du XVIIIe siĂšcle au calcul des probabilitĂ©s, influencera fortement les thĂ©ories Ă©conomiques modernes et les sciences sociales.

AprĂšs une expĂ©rience mystique qu'il Ă©prouva Ă  la suite d'un accident de carrosse en octobre 1654,[6],[7] il se consacre Ă  la rĂ©flexion philosophique et religieuse. Il Ă©crit pendant cette pĂ©riode les Provinciales et les PensĂ©es, ces derniĂšres n’étant publiĂ©es qu’aprĂšs sa mort qui survient deux mois aprĂšs son 39e anniversaire, alors qu’il a Ă©tĂ© longtemps malade (sujet Ă  des migraines violentes en particulier).

Sommaire

Biographie

Jeunesse

NĂ© Ă  Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand), en Auvergne, Blaise Pascal perd sa mĂšre, Antoinette Begon, Ă  l’ñge de trois ans. Son pĂšre, Étienne Pascal (1588-1651) trĂšs intĂ©ressĂ© par les mathĂ©matiques et les sciences, Ă©tait un juge local et membre de la petite noblesse. Blaise Pascal avait deux sƓurs, Jacqueline, nĂ©e en 1625, et Gilberte (nĂ©e en 1620, mariĂ©e en 1641 Ă  Florin PĂ©rier) qui lui survĂ©cut.

En 1631, Étienne se rend avec ses enfants Ă  Paris. Il dĂ©cide d’éduquer lui-mĂȘme son fils qui montrait des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet trĂšs tĂŽt, Blaise a une capacitĂ© immĂ©diate pour les mathĂ©matiques et la science, peut-ĂȘtre inspirĂ© par les conversations frĂ©quentes de son pĂšre avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Mersenne, Desargues, Mydorge, Gassendi et Descartes.

À onze ans, il compose un court TraitĂ© des sons des corps vibrants et aurait dĂ©montrĂ© la 32e proposition du Ier livre d’Euclide (concernant la somme des angles d'un triangle)[8]. Étienne rĂ©agit en interdisant Ă  son fils toute poursuite de ses Ă©tudes en mathĂ©matiques jusqu’à quinze ans, afin qu’il puisse Ă©tudier le latin et le grec. Sainte-Beuve (dans son Port-Royal, III, p. 484) raconte :

« Je n’ai rien Ă  dire des Ă©lĂ©ments de gĂ©omĂ©trie, si ce n’est que Pascal, qui les avait lus en manuscrit, les jugea si clairs et si bien ordonnĂ©s, qu’il jeta au feu, dit-on, un essai d’élĂ©ments qu’il avait fait lui-mĂȘme d’aprĂšs Euclide, et qu’Arnauld avait jugĂ© confus ; c’est mĂȘme ce qui avait d’abord donnĂ© Ă  Arnauld l’idĂ©e de composer son essai : en riant, Pascal le dĂ©fia de faire mieux, et le docteur, Ă  son premier loisir, tint et gagna la gageure. Â»

À douze ans (1635), il commence Ă  travailler seul sur la gĂ©omĂ©trie. Le travail de Desargues l'intĂ©ressa particuliĂšrement et lui inspira, Ă  seize ans, un traitĂ© sur les sections coniques : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un rĂ©sultat essentiel et original en reste sous le nom de thĂ©orĂšme de Pascal. Le travail de Pascal Ă©tait si prĂ©coce que Descartes, en voyant le manuscrit, crut qu’il Ă©tait de son pĂšre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 1638, Étienne, opposĂ© aux dispositions fiscales du Cardinal de Richelieu, quitte Paris avec sa famille pour Ă©chapper Ă  la Bastille. Lorsque Jacqueline, sƓur de Blaise, dit un compliment particuliĂšrement bien tournĂ© devant Richelieu, Étienne obtient sa grĂące. En 1639, la famille s’installe Ă  Rouen oĂč Étienne devient commissaire dĂ©lĂ©guĂ© par le Roi pour l’impĂŽt et la levĂ©e des tailles.

À dix-neuf ans (1642), Pascal commence le dĂ©veloppement de la Pascaline, machine Ă  calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions afin d’aider son pĂšre dans son travail. Il en Ă©crit le mode d’emploi : Avis nĂ©cessaire Ă  ceux qui auront la curiositĂ© de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservĂ©s, en France, au MusĂ©e des arts et mĂ©tiers Ă  Paris et au musĂ©e de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout dĂ©but du calcul mĂ©canique, ce fut un Ă©chec commercial Ă  cause de son coĂ»t Ă©levĂ© (100 livres). Pascal amĂ©liorera la conception de la machine pendant encore dix annĂ©es et en construira une vingtaine d’exemplaires.

Pascal est Ă©galement Ă  l’origine de l’invention de la presse hydraulique, basĂ© sur le principe qui porte son nom. On lui doit Ă©galement l’invention du haquet, vĂ©hicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux.

Derniers travaux et décÚs

Thomas Stearns Eliot dĂ©crit Pascal, Ă  cette pĂ©riode de sa vie, comme « un homme mondain parmi les ascĂštes et comme un ascĂšte parmi les hommes du monde Â». Le style de vie ascĂ©tique de Pascal venait de sa foi en ce qu'il Ă©tait naturel et normal pour un homme de souffrir. Dans ses derniĂšres annĂ©es troublĂ©es par une mauvaise santĂ©, il rejette les ordonnances de ses mĂ©decins en disant : « La maladie est l'Ă©tat naturel du chrĂ©tien. Â» D'aprĂšs sa sƓur Gilberte, il aurait Ă©crit alors sa PriĂšre pour demander Ă  Dieu le bon usage des maladies.

En 1659, Pascal tombe sérieusement malade.

Louis XIV a interdit le mouvement jansĂ©niste de Port-Royal en 1661. En rĂ©ponse, Pascal a Ă©crit un de ses derniers travaux, Écrit sur la signature du formulaire, recommandant instamment aux jansĂ©nistes de ne pas le signer. Plus tard au cours de cette annĂ©e, sa sƓur Jacqueline est morte, ce qui a convaincu Pascal de cesser sa polĂ©mique Ă  propos du jansĂ©nisme.

GrĂące Ă  ses connaissances en hydrostatique, il participe Ă  l’assĂšchement des marais poitevins, Ă  la demande du Duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugurera la derniĂšre de ses rĂ©alisations qui reflĂšte parfaitement le souci d’action concrĂšte qui habite le savant : la premiĂšre ligne de « transports en commun Â», convoyant les passagers dans Paris avec « des carrosses Ă  cinq sols Â» munis de plusieurs siĂšges.

En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe Ă  trouver un hĂŽpital pour les maladies incurables, mais ses mĂ©decins le dĂ©clarent intransportable. À Paris, le 17 aoĂ»t 1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrĂȘme onction. Il meurt le matin du 19 au n°8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le n°2 de la rue Rollin), ses derniers mots Ă©tant « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner Â». Il est enterrĂ© dans l'Ă©glise Saint-Étienne-du-Mont.

L'autopsie pratiquée aprÚs sa mort révélera de graves problÚmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue.

Des spĂ©culations ont eu lieu Ă  propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tĂȘte qui affectaient Pascal sont attribuĂ©s Ă  la lĂ©sion cĂ©rĂ©brale. (Marguerite PĂ©rier, sa niĂšce, dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie rĂ©vĂ©la que « le crĂąne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoĂŻde
 avec une abondance de cervelle, dont la substance Ă©tait si solide et si condensĂ©e
 Â»).

Les professeurs M. Dordain et R. Dailly de la FacultĂ© de MĂ©decine de Rouen dĂ©veloppent, dans les annĂ©es 1970, les travaux de MM. Augeix, Chedecal, Crussaire et Nautiacq et Ă©tablissent un « diagnostic d’insuffisance rĂ©nale chronique Â» avec « suspicion d’une maladie polykistique des reins Â» et « prĂ©sence de lĂ©sions vasculaires cĂ©rĂ©brales en voie de complications (thrombose) Â». Pascal aurait donc Ă©tĂ© atteint « d’une maladie gĂ©nĂ©tique
 [dont] les expressions cliniques [entrent] dans le cadre des dystrophies angioplasiques congĂ©nitales
 objet de travaux (Pr J.-M. Cormier et Dr J.-M. AndrĂ©) ces derniĂšres annĂ©es Â»[9].

Miracle

Quand Pascal revient Ă  Paris, juste aprĂšs avoir surveillĂ© la publication de sa derniĂšre lettre, sa croyance religieuse est renforcĂ©e par sa proximitĂ© avec un miracle apparent qui concerne sa niĂšce Marguerite PĂ©rier ĂągĂ©e de dix ans, dans la chapelle du couvent de Port-Royal. Sa mĂšre Gilberte PĂ©rier raconte dans La vie de Monsieur Pascal qu’elle a consacrĂ©e Ă  son frĂšre :

« Ce fut en ce temps-lĂ  qu’il plut Ă  Dieu de guĂ©rir ma fille d’une fistule lacrymale, dont elle Ă©tait affligĂ©e il y avait trois ans et demi. Cette fistule Ă©tait d’une si mauvaise qualitĂ©, que les plus habiles chirurgiens de Paris la jugĂšrent incurable. Et enfin Dieu s’était rĂ©servĂ© de la guĂ©rir par l’attouchement d’une Sainte-Épine qui est Ă  Port-Royal-des-Champs ; et ce miracle fut attestĂ© par plusieurs chirurgiens et mĂ©decins, et autorisĂ© par le jugement solennel de l’Église. Â»

Plus tard, les jansĂ©nistes et les catholiques utilisĂšrent pour leur dĂ©fense ce miracle bien documentĂ©. En 1728, le pape BenoĂźt XIII s’en servit pour montrer que l’ñge des miracles n’était pas terminĂ©.

Pascal mit dans son blason un Ɠil surmontĂ© d’une couronne d’épines, avec l’inscription Scio cui credidi (« Je sais en qui j'ai cru Â»). Sa foi renouvelĂ©e, il se dĂ©cida Ă  Ă©crire son Ɠuvre testamentaire, inachevĂ©e, les PensĂ©es.

Pensées

Article dĂ©taillĂ© : PensĂ©es.

Pascal ne put achever, avant de mourir, son travail thĂ©ologique le plus important : un examen soutenu et logique de la dĂ©fense de la foi chrĂ©tienne, avec pour titre original Apologie de la religion chrĂ©tienne.

AprĂšs sa mort, de nombreuses feuilles de papier ont Ă©tĂ© trouvĂ©es lors du tri de ses effets personnels, sur lesquelles Ă©taient notĂ©es des pensĂ©es isolĂ©es, feuilles regroupĂ©es en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La premiĂšre version de ces notes Ă©parses est imprimĂ©e en 1669 sous le titre PensĂ©es de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets. Elles sont devenues trĂšs vite un classique. Parce que ses amis et les disciples de Port-Royal Ă©taient conscients que ces « pensĂ©es Â» fragmentaires pouvaient mener au scepticisme plutĂŽt qu’à la piĂ©tĂ©, ils ont cachĂ© les pensĂ©es sceptiques et ont modifiĂ© une partie du reste, de peur que le roi ou l’église n’en prenne offense alors que la persĂ©cution de Port-Royal avait cessĂ©, et les rĂ©dacteurs ne souhaitaient pas une reprise de la polĂ©mique. Il a fallu attendre le XIXe siĂšcle pour que les PensĂ©es soient publiĂ©es complĂštement et avec le texte d’origine, tirĂ©es de l'oubli et Ă©ditĂ©es par le philosophe Victor Cousin.

Les PensĂ©es de Pascal sont largement considĂ©rĂ©es comme une des piĂšces maĂźtresses et une Ă©tape de la littĂ©rature française. En prĂ©sentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considĂ©rait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onziĂšme volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus Ă©loquent en français Â». Dans les PensĂ©es, Pascal prĂ©sente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et nĂ©ant, foi et raison, Ăąme et matiĂšre, mort et vie, sens et vanitĂ© -- apparemment n’arrivant Ă  aucune conclusion dĂ©finitive sans l’appui de l’humilitĂ© et de la grĂące. En les rassemblant, il dĂ©veloppe le pari de Pascal.

Blaise Pascal et la religion

D’un point de vue biographique, deux influences de base le guident vers sa conversion : le jansĂ©nisme et la maladie.

Les enfants Pascal ont reçu une Ă©ducation chrĂ©tienne de la part de leur pĂšre et de leur gouvernante Louise Delfault. On peut s’en rendre compte en lisant les poĂšmes de Jacqueline. Étienne reçoit les plus grands esprits. Certains se vantent d’ĂȘtre libertins, d’avoir secouĂ© le joug de la religion. Étienne les Ă©coute et les rĂ©fute avec une telle force de conviction que Blaise en est frappĂ© et rĂȘve de devenir un jour non seulement mathĂ©maticien, mais dĂ©fenseur de la religion. De plus Étienne laisse Ă  son fils cette consigne : « tout ce qui est l’objet de la foi ne le saurait ĂȘtre de la raison Â». En 1645, d’aprĂšs deux textes de Jacqueline et trois de Pascal, Pascal semble avoir eu une dĂ©ception amoureuse qui faillit lui ĂȘtre fatale. Il dĂ©cide de ne pas se marier.

En 1646, le pĂšre de Pascal s’est dĂ©mis la cuisse en tombant sur la glace, il est soignĂ© par deux mĂ©decins jansĂ©nistes (La Bouteillerie et Deslandes), disciples de Jean Duvergier de Hauranne (abbĂ© de Saint-Cyran) qui introduisit le jansĂ©nisme en France. Blaise parle frĂ©quemment avec eux durant les trois mois du traitement de son pĂšre, il leur emprunte des livres d’auteurs jansĂ©nistes, en particulier enthousiasmĂ© par le Discours de la rĂ©formation de l'homme intĂ©rieur Ă©crit par Cornelius Jansen en 1628, dont il ressort si vivement marquĂ© qu'il communique son admiration Ă  ses proches, certains affirmant donc que ce fut lĂ  la date de sa « premiĂšre conversion Â». Il est fortement marquĂ© par leur tĂ©moignage. Par eux, Dieu l’appelle. Il rĂ©pond en se donnant Ă  Lui, il communique sa ferveur Ă  ses proches, Jacqueline jusqu’alors Ă©cartelĂ©e entre l’amour de Dieu et le monde oĂč elle brille veut devenir religieuse. Ce n’est pas une conversion ; selon le mot de Jacqueline c’est un ProgrĂšs. (Il faut lire le tĂ©moignage de sa sƓur Gilberte sur Pascal. Il n’est question ni de jansĂ©nisme, ni de Port-Royal, ni de conversion). Il dĂ©couvre que marcher sur les traces de Copernic et de GalilĂ©e pour libĂ©rer la physique du poids mort d’Aristote et de la scolastique n’est que la dĂ©marche d’une vaine raison, impliquĂ©e dans la souillure de l’humanitĂ© tout entiĂšre, et que tout ce gĂ©nie qui bouillonne en lui ne le conduit qu’à le divertir d’une rĂ©vĂ©lation terrible et rĂ©demptrice. Que signifie un savoir qui ne jette pas l’homme au pied de la Croix ? Dans cette pĂ©riode, Pascal vit une sorte de « premiĂšre conversion Â» et commence, au cours de cette annĂ©e, d’écrire sur des sujets thĂ©ologiques. Toute sa famille se met Ă  « goĂ»ter Dieu Â» avec lui.

DĂšs sa dix-huitiĂšme annĂ©e, il subit un mal nerveux qui le laisse rarement un jour sans souffrance. En 1647, une attaque de paralysie l’atteint au point qu’il ne peut plus se mouvoir sans bĂ©quilles. Il a mal Ă  la tĂȘte, des maux de ventre, ses jambes et ses pieds sont continuellement froids et demandent des soins pour activer la circulation sanguine ; il porte des bas trempĂ©s dans de l’eau-de-vie pour se rĂ©chauffer les pieds. En partie pour avoir de meilleurs traitements mĂ©dicaux, il se rend Ă  Paris avec sa sƓur Jacqueline. Sa santĂ© s’amĂ©liore mais son systĂšme nerveux est perturbĂ© de maniĂšre permanente. DorĂ©navant, il est sujet Ă  une profonde hypocondrie, qui a affectĂ© son caractĂšre et sa philosophie. Il est devenu irritable, sujet Ă  des accĂšs de colĂšre fiĂšre et impĂ©rieuse, et il sourit rarement.

Pascal s’éloigne de son premier engagement religieux et il vit pendant quelques annĂ©es ce qu’il a appelĂ© « une pĂ©riode mondaine Â» (1648-1654). Ce sont les expĂ©riences sur le vide, Ă  la suite des travaux de Torricelli, qui l'occupent pleinement. De 1646 Ă  1654, il multiplie les expĂ©rimentations avec toutes sortes d’instruments. L’une d’entre elles, en 1648 lui permet de confirmer la rĂ©alitĂ© du vide et de la pression atmosphĂ©rique et d’établir la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de l’équilibre des liquides.

Son pĂšre meurt en 1651 et Pascal prend possession de son hĂ©ritage et de celui de sa sƓur Jacqueline. Le 4 janvier 1651, en dĂ©pit de l’opposition de son frĂšre, Jacqueline entre Ă  Port-Royal de Paris. LĂ©galement, elle perd ses droits civiques. Pascal se coupe de Port-Royal pendant deux ans et neuf mois, sauf quelques entrevues orageuses avec sa sƓur. L’entrĂ©e de sa sƓur au couvent dĂ©clenche chez Pascal une dĂ©pression. Les mĂ©decins lui conseillent de se marier, de prendre une charge. Pascal s’y oppose, les mĂ©decins insistent. Finalement Pascal accepte et fait des dĂ©marches dans ce sens. Il aurait pu, mariĂ©, garder sa fidĂ©litĂ© Ă  Dieu comme les deux infirmiers, comme Monsieur de Renty dont il a lu la vie Ă©crite par Saint-Jure un jĂ©suite, mais il comprend vite que ce n’est pas sa voie. En septembre 1652, il part Ă  Clermont-Ferrand oĂč Florin vient d’acheter Bienassis avec son beau chĂąteau. Il y restera huit mois. Bienassis jouxte le domaine des carmes dĂ©chaussĂ©s oĂč Pascal retrouve Blaise Chardon son cousin et ami d’enfance qui est religieux. Pascal fait une premiĂšre retraite qu’attestera sa sƓur et lit Jean de la Croix. Il dĂ©couvre la contemplation et devient mystique. Au moment de prononcer ses vƓux en juin 1653, Jacqueline veut faire une dot importante au monastĂšre, ce qui est illĂ©gal. En mai, Pascal est Ă  Clermont. Avec Florin PĂ©rier, Ă©poux de Gilberte, ils refusent en se plaçant sur le plan juridique. Pascal rentre Ă  Paris pour rĂ©gler l’affaire. Entrevue orageuse ! Finalement il sera gĂ©nĂ©reux.


Ainsi, Pascal se trouve Ă  la fois riche et libre. Il prend une maison somptueusement meublĂ©e, avec beaucoup de domestiques et se fait conduire dans Paris avec une voiture tirĂ©e par quatre ou six chevaux. Il passe son temps en compagnie de beaux esprits, de femmes et de joueurs (comme son travail sur les probabilitĂ©s le montre). Il poursuit un temps, en Auvergne, ses travaux et une dame de grande beautĂ©, qu’il appelle la « Sapho de la campagne Â». À cette Ă©poque, il inspire un Discours sur les passions de l’amour (qui ne semble pas ĂȘtre de sa main), et apparemment il a mĂ©ditĂ© sur le mariage qu’il dĂ©crit plus tard comme « la plus basse des conditions de la vie permises Ă  un chrĂ©tien  Â».

Jacqueline lui reproche sa frivolitĂ© et prie pour qu’il change de vie. Durant les visites Ă  sa sƓur Ă  Port-Royal en 1654, il montre du mĂ©pris pour les affaires du monde mais il n’est pas attirĂ© par Dieu.

À la fin de 1654, il a un accident sur le pont de Neuilly oĂč les chevaux plongent par-dessus le parapet et la voiture est prĂšs de les suivre. Heureusement, l’attelage se rompt et la voiture reste en Ă©quilibre sur le bord du pont. Pascal et ses amis sortent, mais le philosophe hypersensible, terrifiĂ© par la proximitĂ© de la mort, s’évanouit et reste inconscient. Revenant Ă  lui quinze jours plus tard, le 23 novembre 1654, entre dix heures et demi et minuit et demie, Pascal a une intense vision religieuse qu’il Ă©crit immĂ©diatement pour lui-mĂȘme en une note brĂšve, appelĂ© le MĂ©morial en littĂ©rature, commençant par : « Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants
 Â» et qu’il conclut par une citation du Psaume 119,16 : « Je n’oublierai pas ces mots. Amen. Â» Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfĂšre toujours quand il change de vĂȘtement ; un serviteur le dĂ©couvrira par hasard aprĂšs sa mort. Pendant sa vie, Pascal a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ© par erreur comme un libertin et, plus tard, il a Ă©tĂ© tenu Ă  l’écart comme une personne n’ayant eu une conversion que sur son lit de mort. Sa croyance et son engagement religieux rĂ©activĂ©s, Pascal loge dans le plus ancien des deux couvents de Port-Royal pour une retraite de quinze jours en janvier 1655. Pendant les quatre annĂ©es suivantes, il fit rĂ©guliĂšrement le voyage entre Paris et Port-Royal-des-Champs. Il commence Ă  Ă©crire, immĂ©diatement aprĂšs sa conversion, son Ɠuvre majeure sur la religion, Les Provinciales.

Pascal participa aux travaux de traduction en français de la Bible, en utilisant les principes de la Logique de Port-Royal.


Blaise Pascal et la science

Contributions aux mathématiques

DĂšs l'Ăąge de seize ans, il commence Ă  travailler sur ce qui deviendra plus tard la gĂ©omĂ©trie projective. Il utilise et approfondit les travaux du Brouillon-project d'une atteinte aux evenemens des rencontres du cone avec un plan de Girard Desargues ainsi que ceux d'Apollonius. Ainsi, en 1640, il fait imprimer son Essai pour les coniques et achĂšve, en 1648, un traitĂ© de la Generatio conisectionum (GĂ©nĂ©ration des sections coniques), dont il ne reste que des extraits pris par Leibniz. La grande innovation est le thĂ©orĂšme de Pascal qui dit que l’hexagramme formĂ© par 6 points d’une conique a ses cĂŽtĂ©s opposĂ©s concourants en trois points alignĂ©s.

À partir de 1650, Pascal s’intĂ©resse au calcul infinitĂ©simal et, en arithmĂ©tique, aux suites de nombres entiers. Les recherches du TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique de 1654 constituent une importante prĂ©paration du travail de Leibniz sur le calcul infinitĂ©simal et il y utilise pour la premiĂšre fois le principe du raisonnement par rĂ©currence. Le formalisme, auquel il recourt assez peu, est plus proche de celui de François ViĂšte[10] et de Francesco Maurolico[11] que de Descartes.

Dans ce TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique il donne une prĂ©sentation commode en tableau des coefficients du binĂŽme, le « triangle arithmĂ©tique Â», maintenant connu sous le nom de « triangle de Pascal Â». Yang Hui, mathĂ©maticien chinois sous la dynastie Qin, avait travaillĂ© quatre siĂšcles plus tĂŽt sur un concept semblable ainsi qu'Omar Khayyam au XIe siĂšcle.

Il utilise ce tableau arithmĂ©tique afin de rĂ©soudre le « problĂšme des partis Â»[12], discutĂ© depuis le XIVe siĂšcle. Ce problĂšme, qui lui a Ă©tĂ© soumis par son ami le chevalier de MĂ©rĂ©, concernait le partage Ă©quitable des gains d'un jeu de hasard interrompu: deux joueurs dĂ©cident d’arrĂȘter de jouer avant la fin du jeu et souhaitent partager les gains de maniĂšre Ă©quitable en s’appuyant sur les chances que chacun avait de gagner une fois Ă  ce point. Pascal correspond alors avec Fermat[13]'[14], d'abord par l'intermĂ©diaire de Carcavy, et cette confrontation de leurs mĂ©thodes qui aboutissent Ă  un mĂȘme rĂ©sultat le renforce dans l'idĂ©e qu'il a rĂ©ussi Ă  inventer une « gĂ©omĂ©trie du hasard Â».

Le talent de Pascal, nourri de son expĂ©rience de gĂ©omĂštre et de juriste, a Ă©tĂ© de voir se dessiner la possibilitĂ© d'une mathĂ©matique du hasard, proprement un oxymore Ă  son Ă©poque, et d'avoir approchĂ© ainsi la question des dĂ©cisions Ă©quitables et justes, fondamentalement d'ordre juridique. Mis au courant de ces travaux au cours d'un voyage Ă  Paris en 1655, Christian Huygens rĂ©dige alors le premier traitĂ© sur le calcul des chances, le De ratiociniis in ludo aleae (« Sur le calcul dans les jeux de hasard Â», 1657), ou des probabilitĂ©s, dans lequel il introduit explicitement la notion d'« espĂ©rance Â», plus prĂ©cisĂ©ment de « valeur de l'espĂ©rance Â» d'une situation d'incertitude.

Ce travail mathĂ©matique sera utilisĂ© Ă  des fins thĂ©ologiques, dans ce qu'on appelle le « pari de Pascal Â», Ă©voquĂ© dans Les PensĂ©es. Celui-ci suggĂšre l'avantage de la croyance en Dieu et de la pratique des vertus. Cet argument repose sur une utilisation de son calcul du problĂšme des partis permettant d'Ă©valuer le poids probable (son « espĂ©rance Â» dira Huygens) d'une situation incertaine et ainsi de prendre une dĂ©cision « rationnelle Â». On ne peut dire avec certitude si Pascal a choisi cette approche pour susciter habilement l'intĂ©rĂȘt de nobles sceptiques en religion, mais rompus aux jeux de hasard, ou comme fondement effectif d'une thĂ©orie des comportements.

AprĂšs l’expĂ©rience mystique de 1654, Pascal abandonne presque complĂštement tout travail de mathĂ©matique. Il envisage un temps de publier un Promotus Apolloniis Gallus sur le mode de ce qu'avait rĂ©alisĂ© François ViĂšte[15], mais le manuscrit s'en est Ă©garĂ©[16].

Ses derniers travaux scientifiques concernent les cycloĂŻdes. Cependant, en 1658, il offre anonymement un prix pour la rĂ©solution de la quadrature du cercle et la rectification de la cycloĂŻde et autres problĂšmes liĂ©s. Des solutions sont proposĂ©es par Wallis, Huygens, Wren et d’autres ; Pascal, sous le pseudonyme de Dettonville, publie alors trĂšs vite sa propre solution Histoire de la roulette (en français et en latin) avec une Suite de l’histoire de la roulette Ă  la fin de l’annĂ©e. En 1659, sous le mĂȘme pseudonyme, il envoie Ă  Huygens une Lettre sur la dimension des lignes courbes.

Philosophie des mathématiques

Axiomatique

La contribution majeure de Pascal Ă  la philosophie des mathĂ©matiques est De l’Esprit gĂ©omĂ©trique, Ă©crit originellement comme une prĂ©face d’un manuel ÉlĂ©ments de gĂ©omĂ©trie pour les cĂ©lĂšbres petites-Ă©coles de Port-Royal, Ă  la demande d’Arnauld. Ce travail n’a Ă©tĂ© publiĂ© qu’un siĂšcle aprĂšs sa mort. Pascal y examine les possibilitĂ©s de dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©, argumentant que l’idĂ©al pour une semblable mĂ©thode serait de se fonder sur les propositions dont la vĂ©ritĂ© est dĂ©jĂ  Ă©tablie. Toutefois, il affirmait que c’était impossible parce que pour Ă©tablir ces vĂ©ritĂ©s, il faudrait s’appuyer sur d’autres vĂ©ritĂ©s et que les principes premiers ne pourraient ĂȘtre atteints. De ce point de vue, Pascal affirmait que la procĂ©dure utilisĂ©e en gĂ©omĂ©trie Ă©tait aussi parfaite que possible, avec certains principes Ă©noncĂ©s mais non dĂ©montrĂ©s et les autres propositions Ă©tant dĂ©veloppĂ©es Ă  partir d’eux. NĂ©anmoins, il n’existait pas de possibilitĂ© de savoir si ces principes Ă©taient vrais.

Dans De l’Esprit gĂ©omĂ©trique et de l’Art de persuader, Pascal Ă©tudie plus encore la mĂ©thode axiomatique en gĂ©omĂ©trie, particuliĂšrement la question de savoir comment le peuple peut ĂȘtre convaincu par les axiomes sur lesquels les conclusions sont fondĂ©es ensuite. Pascal est d’accord avec Montaigne qu’obtenir la certitude Ă  propos de ces axiomes et des conclusions grĂące aux mĂ©thodes humaines Ă©tait impossible. Il assurait que ces principes ne pouvaient ĂȘtre saisis que par l’intuition et que ce fait soulignait la nĂ©cessitĂ© de la soumission Ă  Dieu dans la recherche de la vĂ©ritĂ©.

Dans De l’Esprit gĂ©omĂ©trique et de l’Art de persuader, Pascal fait l’épistĂ©mologie des mathĂ©matiques. Les mathĂ©matiques reposent d’abord sur des principes Ă©vidents connus par intuition (malheureusement, Pascal comme Descartes ignore ce mot et le remplace par : cƓur, sentiment ou instinct). Il serait vain de vouloir dĂ©montrer ces principes Ă©vidents en utilisant des affirmations moins Ă©videntes. Mais les mathĂ©matiques reposent aussi sur des principes conventionnels, non Ă©vidents, non dĂ©montrĂ©s, et qui une fois admis, ont autant de force que les prĂ©cĂ©dents (ce qui ouvrait la porte aux gĂ©omĂ©tries non-euclidiennes

Pascal dĂ©veloppe aussi dans De l’Esprit gĂ©omĂ©trique
 une thĂ©orie de la dĂ©finition. Il distingue les dĂ©finitions qui sont des termes conventionnels dĂ©finis par l’auteur et les dĂ©finitions incluses dans le langage et comprises par tous parce qu’elles dĂ©signent naturellement leur rĂ©fĂ©rent. Les secondes sont caractĂ©ristiques de la philosophie de l’essence (essentialisme). Pascal affirme que seules les dĂ©finitions du premier type sont importantes pour la science et les mathĂ©matiques, considĂ©rant que ces domaines devraient adopter la philosophie du formalisme, comme Descartes l’a Ă©tablie.

PĂ©dagogie

Pascal montre dans ces ÉlĂ©ments de gĂ©omĂ©trie tout son intĂ©rĂȘt pour l’enseignement et ses rĂ©flexions Ă  propos de la pĂ©dagogie des mathĂ©matiques et aussi dans un autre fragment, connu par l’intermĂ©diaire de Leibniz, sur une mĂ©thode de lecture qu’il a discutĂ© avec sa sƓur Jacqueline, chargĂ©e d’enseigner dans les petites-Ă©coles de Port-Royal. Il a semble-t-il lui-mĂȘme enseignĂ©, chez lui, Ă  plusieurs enfants « en loques Â» (d’aprĂšs Villandry). Dans cette mĂ©thode de lecture, qu’il prĂ©sente comme Une nouvelle maniĂšre pour apprendre Ă  lire facilement en toutes sortes de langues, il recommande :

« Cette mĂ©thode regarde principalement ceux qui ne savent pas encore lire. (...) chaque lettre ayant son nom, on la prononce seule autrement qu’en l’assemblant avec d’autres. (...) Il semble que la voie la plus naturelle (...) est que ceux qui montrent Ă  lire, n’apprissent d’abord aux enfants Ă  connaĂźtre les lettres, que par le nom de leur prononciation. Â»

Pascal donne des indications sur l’ordre de prĂ©sentation des lettres et des divers cas avec ou sans diphtongue, etc.

« Et ensuite on leur apprendrait Ă  prononcer Ă  part, et sans Ă©peler, les syllabes ce, ci, ge, gi, tia, tie, tii... Â»

Contributions aux sciences physiques

Expérience des liqueurs

Statue de Pascal sous la Tour Saint-Jacques Ă  Paris oĂč il aurait rĂ©pĂ©tĂ© ses expĂ©riences du puy de DĂŽme sur la pression atmosphĂ©rique et la pesanteur de l'air.

Blaise Pascal a Ă©galement rĂ©alisĂ© la fameuse expĂ©rience des liqueurs (qu’on traduirait aujourd’hui par ExpĂ©rience des liquides), qui prouva qu’il existait une « pression atmosphĂ©rique Â». À l’époque, (oĂč la science Ă©tait encore trĂšs liĂ©e Ă  la scolastique et Ă  Église) l’idĂ©e Ă©tait courante selon laquelle « la nature a horreur du vide Â». La plupart des scientifiques supposaient que quelque invisible matiĂšre remplissait cet espace, mais que ce n’était pas un espace vide. Des inondations ayant eu lieu en Italie et en Hollande avaient conduit Ă  des pompages d’eau pour vider les carriĂšres de minerai des deux pays. Mais les pompes Ă©normes fabriquĂ©es pour l’occasion laissaient perplexes les hommes de l’Église : la hauteur de l’eau dans les tubes de pompage s’arrĂȘtait Ă  10,33 m. Et cela en des lieux trĂšs diffĂ©rents. À Clermont, Blaise Pascal est en train d’écrire un traitĂ© sur la mĂ©canique des fluides. Il Ă©met donc l’hypothĂšse qu’une sorte de « pression atmosphĂ©rique Â» empĂȘche l’eau de monter trĂšs haut dans les pompes, et que le vide occupe l’espace supĂ©rieur des tubes. Cependant, il se heurte fortement Ă  certains esprits de son temps et particuliĂšrement Ă  l'Église, qui fait refaire l’étanchĂ©itĂ© des pompes afin de vĂ©rifier qu’il ne s’agit pas d’air. Mais leurs travaux leur donnent finalement tort.

Blaise Pascal rĂ©pĂšte, en 1646 avec son pĂšre Ă  Rouen, les expĂ©riences de Torricelli sur le vide. Un procĂšs verbal en est envoyĂ© Ă  leur ami Chanut (ambassadeur du Roi en SuĂšde). En 1647, Pascal publie ses ExpĂ©riences nouvelles touchant le vide et une prĂ©face pour un TraitĂ© du Vide (voir aussi vide dans le vide (de)), oĂč il dĂ©taille les rĂšgles de base dĂ©crivant Ă  quel degrĂ© les divers liquides pouvaient ĂȘtre maintenus par la pression de l’air. Il fournit aussi les raisons pour lesquelles un vide se trouvait rĂ©ellement au-dessus de la colonne de liquide dans le tube baromĂ©trique.

Il a alors l’idĂ©e d’une expĂ©rience qu’il va rĂ©aliser le 19 septembre 1648 : la pression atmosphĂ©rique devrait ĂȘtre diffĂ©rente en ville (Ă  Clermont) et en haut de la montagne la plus proche, le Puy de DĂŽme, oĂč la pression doit ĂȘtre infĂ©rieure Ă  la pression rĂ©gnant au niveau de la ville. Pascal fait donc transporter par son beau-frĂšre, Florin PĂ©rier, un tube de Torricelli en haut du Puy-de-DĂŽme. Des curĂ©s et des savants suivent l’expĂ©rience. GrĂące au tube-tĂ©moin en ville, la prĂ©sence de vide est dĂ©montrĂ©e. Il publie le RĂ©cit de la grande expĂ©rience de l’équilibre des liqueurs.

Ce travail de recherche se termine en 1651 par un TraitĂ© du vide (seuls des fragments en sont connus) et sa rĂ©duction par Pascal en deux traitĂ©s de l’Équilibre des liqueurs et de la Pesanteur de l’air. C’est en septembre de cette annĂ©e que son pĂšre Étienne meurt.

Le travail de Pascal dans l’étude des fluides (hydrodynamique et hydrostatique) est centrĂ© sur les principes des fluides hydrauliques. Il invente le principe de la presse hydraulique (dĂ©nommĂ© Ă  l'Ă©poque « principe du vaisseau d'eau Â», utilisant la pression hydraulique pour multiplier la force) et la seringue.

Face aux critiques qui soutenaient que quelque matiĂšre invisible existait dans l’espace vide de Pascal, Pascal a rĂ©pondu Ă  Étienne NoĂ«l un des principaux fondateurs de la mĂ©thode scientifique au XVIIe :

« Pour montrer qu’une hypothĂšse est Ă©vidente, il ne suffit pas que tous les phĂ©nomĂšnes la suivent ; au lieu de cela, si elle conduit Ă  quelque chose de contraire Ă  un seul des phĂ©nomĂšnes, cela suffit pour Ă©tablir sa faussetĂ©. Â»

Son insistance sur l’existence du vide le place, aussi, en conflit avec de nombreux scientifiques Ă©minents, y compris Descartes (peut-ĂȘtre aussi et surtout pour des raisons religieuses).

Écrivain, philosophe ou thĂ©ologien de la maturitĂ©

Les Provinciales

Article dĂ©taillĂ© : Les Provinciales.
Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou (1785), musĂ©e du Louvre

Antoine Arnauld, chef de file des jansĂ©nistes depuis la mort de Jean Duvergier de Hauranne, Ă©tait en dĂ©saccord avec la Sorbonne au sujet d’une bulle d’Innocent X (mai 1653). Cherchant Ă  dĂ©fendre l’un de ses amis, le marquis de Liancourt, il s’attira les foudres de la Sorbonne. Les jansĂ©nistes cherchĂšrent un dĂ©fenseur en la personne de Pascal.

Pascal accepta, assurant qu’il savait (selon Sainte-Beuve) « comment on pourrait faire ce factum Â», mais qu’il ne pouvait promettre qu’« une Ă©bauche Â» que d’autres se chargeraient de « polir Â». Pascal commença Ă  publier les lettres Ă  partir du 23 janvier 1656 sous le pseudonyme de Louis de Montalte. Pascal lança une attaque mĂ©morable contre la casuistique, une mĂ©thode morale populaire chez les penseurs catholiques, particuliĂšrement les jĂ©suites. Pascal dĂ©nonça la casuistique comme l’utilisation d’un raisonnement complexe pour justifier une morale laxiste. Sa mĂ©thode pour argumenter fut subtile : les Provinciales prĂ©tendaient ĂȘtre les Lettres Ă©crites par Louis de Montalte Ă  un provincial de ses amis et aux R.R.P.P. (rĂ©vĂ©rends pĂšres) JĂ©suites sur le sujet de la morale et de la politique de ces pĂšres. Il s’adresse Ă  un ami qui vit en province Ă  propos des discussions sur la morale et la thĂ©ologie qui excitaient les cercles intellectuels et religieux de la capitale, particuliĂšrement la Sorbonne. Pascal allia la ferveur d’un nouveau converti et l’esprit brillant d’un homme du monde, avec un style de la prose française inconnu jusque lĂ . À cĂŽtĂ© de leur influence religieuse, les Provinciales ont Ă©tĂ© une Ɠuvre littĂ©raire populaire. Pascal se servit de l’humour, de la moquerie et de la satire mĂ©chante dans ses arguments, pour permettre une utilisation publique des lettres qui influenceront plus tard des Ă©crivains français comme Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, et surtout le Montesquieu des Lettres persanes.

Les premiĂšres lettres dĂ©fendent la position des jansĂ©nistes contre leurs adversaires jĂ©suites ou dominicains (Thomistes), sur les questions du pouvoir prochain (Lettre I), de la grĂące efficace ou suffisante (Lettre II), de la possibilitĂ© que la grĂące puisse manquer Ă  un juste (Lettre III). À partir de la quatriĂšme lettre, Pascal passe Ă  l'offensive. Ses attaques contre les autoritĂ©s prennent, selon Jean Lacouture, un ton polĂ©mique tel que « Voltaire lui-mĂȘme n’a jamais peut-ĂȘtre atteint Ă  cette fulgurance Â» : il nomma personnellement et par Ă©crit un grand nombre de personnalitĂ©s. Les derniĂšres lettres montrent Pascal davantage sur la dĂ©fensive – les pressions sur les jansĂ©nistes de Port-Royal pour qu’ils renoncent Ă  leur enseignement sont croissantes pendant ce temps – et contiennent l’attaque contre la casuistique. La Lettre XIV prĂ©sente une seule excuse : « Je voudrais avoir Ă©crit une lettre plus courte, mais je n’en ai pas le temps. Â»

La sĂ©rie de dix-huit lettres, publiĂ©es entre 1656 et 1657 par Pierre Le Petit, choque Louis XIV, qui a commandĂ© en 1660 que le livre soit dĂ©chiquetĂ© et brĂ»lĂ©. En 1661, l’école jansĂ©niste de Port-Royal Ă©tait condamnĂ©e Ă  son tour et fermĂ©e, ceci aboutissant Ă  la signature d’une bulle papale condamnant l’enseignement des jansĂ©nistes comme hĂ©rĂ©tiques. La derniĂšre lettre dĂ©fiait le pape lui-mĂȘme, provoquant Alexandre VII Ă  condamner les lettres le 6 septembre 1657. Mais ceci n’empĂȘcha pas la France cultivĂ©e de les lire.

Le pape Alexandre VII, alors qu’il s’opposait publiquement Ă  elles, Ă©tait convaincu par les arguments de Pascal. Il ordonna une rĂ©vision des textes casuistiques juste quelques annĂ©es aprĂšs, en 1665 et 1666. Le pape Innocent XI condamna le « laxisme Â» dans l’Église en 1679.

Les Provinciales ont Ă©tĂ© largement diffusĂ©es dĂšs leur parution, Ă  plus d’une dizaine de milliers d’exemplaires.

Voltaire les a jugĂ©es « le meilleur livre qui ait jamais paru en France Â», et quand on a demandĂ© Ă  Jacques BĂ©nigne Bossuet quel livre il aurait aimĂ© Ă©crire, il a rĂ©pondu, les Provinciales de Pascal.

Jean Lacouture (JĂ©suites) cite d’autres apprĂ©ciations, celles d’Henri Gouhier et de François Mauriac.

Au sujet de l’impact qu’eurent les Provinciales dans leur contexte historique, Jean Lacouture cite l’historien Marc Fumaroli (voir RĂ©volution copernicienne : l’image de l’Église ternie pendant les LumiĂšres).

Les Pensées

Dans Les PensĂ©es (1669), Pascal introduit la notion d'ordre comme « un ensemble homogĂšne et autonome, rĂ©gi par des lois, se rangeant Ă  un certain modĂšle, d'oĂč dĂ©rive son indĂ©pendance par rapport Ă  un ou plusieurs autres ordres Â». Les trois ordres identifiĂ©s par Pascal sont l'ordre du corps, l'ordre de l'esprit ou de la raison, et l'ordre du cƓur ou de la charitĂ©[17]. Cette notion d'ordre a Ă©tĂ© reprise par le philosophe AndrĂ© Comte Sponville[18].

Postérité

En l’honneur de ses contributions scientifiques, le nom de pascal a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  l’unitĂ© de pression du systĂšme international, Ă  un langage de programmation et Ă  la loi de Pascal (un principe important d’hydrostatique) et, comme mentionnĂ© ci-dessus, le triangle de Pascal et le pari de Pascal portent toujours son nom.

Le dĂ©veloppement de la thĂ©orie des probabilitĂ©s est la contribution de Pascal la plus importante en mathĂ©matiques. À l’origine appliquĂ©e au jeu, elle est aujourd’hui utilisĂ©e dans les sciences Ă©conomiques, particuliĂšrement en science actuarielle. John Ross Ă©crit :

« La thĂ©orie des probabilitĂ©s et les dĂ©couvertes qui la suivent ont changĂ© la maniĂšre dont nous considĂ©rons l’incertitude, le risque, la prise de dĂ©cision, et la capacitĂ© d’un individu ou de la sociĂ©tĂ© d’influencer le cours d’évĂ©nements futurs Â».
Machine arithmĂ©tique de Pascal - L’EncyclopĂ©die.

Cependant, il convient noter que Pascal et Fermat, qui effectuent les premiers travaux importants en thĂ©orie des probabilitĂ©s, n’ont pas dĂ©veloppĂ© trĂšs loin ce champ d’études. Christian Huygens, Ă©tudiant la question en 1655 Ă  partir de ouĂŻ-dire Ă  propos de la correspondance entre Pascal et Fermat, a Ă©crit le premier livre sur le sujet[19]. Jacob Bernoulli, Pierre RĂ©mond de Montmort, Abraham de Moivre, Thomas Bayes, Nicolas de Condorcet et Pierre-Simon Laplace sont, parmi les auteurs qui ont prolongĂ© le dĂ©veloppement de la thĂ©orie, ceux dont la contribution a Ă©tĂ© la plus importante au XVIIIe siĂšcle .

Au Canada, un concours annuel de mathĂ©matiques est appelĂ© en son honneur « Concours Pascal Â» qui est ouvert Ă  n’importe quel Ă©lĂšve du Canada de moins de 14 ans et en 9e au plus.

En informatique, le Pascal est un langage de programmation créé par Niklaus Wirth et nommé en l'honneur de Blaise Pascal.

L’UniversitĂ© Clermont-Ferrand II a Ă©tĂ© baptisĂ©e Ă  son nom ainsi qu'une universitĂ© de Cordoba en Argentine.

La banque de France a Ă©mis un billet de banque, le 500 francs Pascal, sa plus haute coupure de 1969 Ă  1994, Ă  son effigie.

En littĂ©rature, Pascal est considĂ©rĂ© comme un des auteurs les plus importants de la pĂ©riode classique française et il est lu aujourd’hui en tant qu’un des plus grands maĂźtres de la prose française. Son utilisation de la satire et de l’esprit a influencĂ© des polĂ©mistes postĂ©rieurs. On se souvient bien de la teneur de son travail littĂ©raire Ă  cause de sa forte opposition au rationalisme de RenĂ© Descartes et de l’affirmation simultanĂ©e que l’empirisme philosophique Ă©tait Ă©galement insuffisant pour dĂ©terminer des vĂ©ritĂ©s majeures.

Chateaubriand a dĂ©crit ses contributions dans une cĂ©lĂšbre envolĂ©e lyrique[20] se concluant par « (il) fixa la langue que parlĂšrent Bossuet et Racine, donna le modĂšle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort (...) cet effrayant gĂ©nie se nommait Blaise Pascal Â».

Barbey d’Aurevilly voit en Pascal un « Hamlet du catholicisme Â». Baudelaire le paraphrase et lui consacre son poĂšme « Le gouffre Â».

Une discussion Ă  propos de Pascal et de son « pari Â» occupe une place importante dans le film Ma nuit chez Maud du rĂ©alisateur français Éric Rohmer.

La mĂ©ditation pascalienne sur le divertissement trouve un prolongement dans le roman de Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947). Giono emprunte le titre et la derniĂšre phrase du livre Ă  un passage des PensĂ©es (fragment 142 de l’édition Brunschvicg) : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misĂšres. Â»

Pour Julien Green, Pascal est « Le plus grand des Français Â» [21].

SƓur Emmanuelle, dans son livre Vivre, Ă  quoi ça sert ? (Ă©ditions J’ai Lu) s’appuie sur quelques principes de la pensĂ©e pascalienne qui fut un guide pour elle, tout au long de sa vie.,

Vers la fin de sa vie le sociologue Pierre Bourdieu a publié un livre de réflexions sur son domaine qui est intitulé Méditations pascaliennes[22].

Liste des principales Ɠuvres

La chronologie exacte des Ɠuvres de Pascal est difficile Ă  Ă©tablir car de nombreux textes ne sont pas datĂ©s et ont Ă©tĂ© publiĂ©s longtemps aprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s. Certains n’ont Ă©tĂ© connus qu’un siĂšcle ou plus aprĂšs le dĂ©cĂšs de Pascal et d’autres ne nous sont parvenus que de maniĂšre fragmentaire ou indirecte (notes de Leibniz ou correspondance, par exemple).

Citations

  • « L’Homme est grand car il se sait misĂ©rable.»
  • « Ne pouvant fortifier la justice, on a justifiĂ© la force. Â»
  • « Le moi est haĂŻssable Â»
  • « Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties, et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout. Â»
  • « Le silence Ă©ternel de ces espaces infinis m'effraie. Â»
  • « Le cƓur a ses raisons que la raison ne connaĂźt point. Â»
  • « Condition de l'homme. Inconstance, ennui, inquiĂ©tude. Â»
  • « Un roi sans divertissement est un homme plein de misĂšres. Â»
  • « Deux excĂšs : exclure la raison, n'admettre que la raison. Â» PensĂ©es (214-253)
  • « L'homme est un roseau pensant. Â»

Références

Notes

  1. ↑ Preface aux PensĂ©es, intitulĂ©e: Sa vie, par sa sƓur, Mme PĂ©rier, p.VI (1873)
  2. ↑ Jean Marguin (1994), p. 48
  3. ↑ Maurice d'Ocagne (1893), p. 245 Copie numĂ©rique sur le site du CNAM
  4. ↑ La Machine d’arithmĂ©tique, Blaise Pascal, Wikisource
  5. ↑ Guy Mourlevat, p. 12 & p. 20 (1988)
  6. ↑ ƒuvres de Pascal, Discours sur la vie et les ouvrages de Pascal, tome 1er, p. 43-44, La Haye (1779)
  7. ↑ Preface aux PensĂ©es, intitulĂ©e: Sa vie, par sa sƓur, Mme PĂ©rier, p. XVII (1873)
  8. ↑ Beaucoup d'anecdotes apocryphes courent sur les talents mathĂ©matiques du jeune Pascal. D'aprĂšs Tallemant des RĂ©aux, il aurait seulement lu « en quelques aprĂšs-midis Â» les 6 premiers livres d'Euclide, et commencĂ© Ă  rĂ©diger ses propres dĂ©monstrations, ce qui est dĂ©jĂ  assez Ă©tonnant ; voici cette historiette
  9. ↑ « Blaise Pascal Ă  Rouen. Le JansĂ©nisme normand. La maladie et la mort de Pascal : hypothĂšses nouvelles Â», in Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, Tome LXXXIX, n°658, juillet 1978, pp.141-158 ; et MĂ©decine et HygiĂšne, n°1717, 30 septembre 1987.
  10. ↑ On remarquera notamment l'usage que fait Blaise Pascal des premiĂšres lettres de l'alphabet (sous forme de majuscules), l'utilisation de aequatur (c'est-Ă -dire) pour aequabitur en place du symbole "=", et d'accolades en place des parenthĂšses in :TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique ainsi que celui de in pour la multiplication en place de la croix d'Oughtred in ƒuvres de Blaise Pascal, tome III, de numeris multiplicibus, publiĂ© Ă  la suite du TraitĂ© du triangle ArithmĂ©tique, page 336 sur Wikisource.
  11. ↑ Dominique Descotes, Marie F. Viallon : - Google Livres par l'Institut Claude Longeon
  12. ↑ Usage du triangle arithmĂ©tique pour dĂ©terminer les partis qu'on doit faire entre deux joueurs qui jouent en plusieurs parties.
  13. ↑ Norbert Meusnier, « Fermat et les prĂ©mices d'une mathĂ©matisation du hasard Â» in Annales de la FacultĂ© des Sciences de Toulouse, vol XVII, n° spĂ©cial, 2009, p. 87-118.
  14. ↑ voir Les lettres de Blaise Pascal Ă©diteur G. CrĂšs (Paris) 1922 page 220
  15. ↑ ƒuvres de Blaise Pascal, III sur Wikisource.
  16. ↑ A.A. Renouard, Blaise Pascal : PensĂ©es Ă©dition de 1812 page 29
  17. ↑ Blaise Pascal, ƒuvres complĂštes, Seuil, collection « L'IntĂ©grale Â», 1963, fragment 308-793
  18. ↑ AndrĂ© Comte Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, Albin Michel, pp. 47 Ă  70
  19. ↑ voir la note 4
  20. ↑ En voici le texte complet : Il y avait un homme qui, Ă  douze ans, avec des barres et des ronds, avait crĂ©Ă© les mathĂ©matiques ; qui, Ă  seize, avait fait le plus savant traitĂ© des coniques qu'on eĂ»t vu depuis l'antiquitĂ© ; qui, Ă  dix-neuf, rĂ©duisit en machine une science qui existe tout entiĂšre dans l'entendement ; qui Ă  vingt-trois, dĂ©montra les phĂ©nomĂšnes de la pesanteur de l'air, et dĂ©truisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique ; qui, Ă  cet Ăąge oĂč les autres commencent Ă  peine Ă  naĂźtre, ayant achevĂ© de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur nĂ©ant et tourna ses pensĂ©es vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu'Ă  sa mort, arrivĂ© dans sa trente-neuviĂšme annĂ©e, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlĂšrent Bossuet et Racine, donna le modĂšle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les cours intervalles de ses maux, rĂ©solut, par distraction, un des plus hauts problĂšmes de la gĂ©omĂ©trie, et jeta sur le papier des pensĂ©es qui tiennent autant du Dieu que de l'homme. Cet effrayant gĂ©nie se nommait Blaise Pascal  Chateaubriand, GĂ©nie du Christianisme, III,2,ch.6
  21. ↑ Album Pascal, BibliothĂšque de la PlĂ©iade, Gallimard, 1978
  22. ↑ Bourdieu P., MĂ©ditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997 ; on a pu voir dans ce choix un geste dĂ©monstratif qui prend de contre pied l'approche emblĂ©matisĂ©e par le titre MĂ©ditations cartĂ©siennes, pris naguĂšre par le philosophe Edmund Husserl.

Textes de Pascal

De trĂšs nombreuses Ă©ditions existent.

  • Blaise Pascal, ƒuvres de Blaise Pascal en 5 tomes, La Haye, Chez Detune, Libraire, 1779 
  • Blaise Pascal, PensĂ©es de Pascal, prĂ©cĂ©dĂ©es de Sa vie, par Mme PĂ©rier, sa sƓur, Paris, Librairie de Firmin-Didot frĂšres, fils & Cie, 1873 
  • Jean Mesnard (Paris, DesclĂ©e de Brouwer, 1964-1992), qui contient tous les textes qui intĂ©ressent la vie ou l’Ɠuvre de Pascal (y compris des actes notariĂ©s, etc.). Mais seuls 4 des 7 volumes ont parus Ă  ce jour et ils ne contiennent ni Les provinciales ni les PensĂ©es. On doit donc parfois avoir recours Ă  d’autres Ă©ditions :
  • Pascal, ƒuvres complĂštes, Louis Lafuma, Seuil, L'IntĂ©gral, 1963
  • Pascal, ƒuvres complĂštes, Ă©d. Michel Le Guern, coll. BibliothĂšque de la PlĂ©iade, Paris, Gallimard, 1998-1999
  • Pascal Blaise, Discours sur la religion et sur quelques autres sujets qui ont Ă©tĂ© trouvĂ©s aprĂšs sa mort parmi ses papiers, restituĂ©s et publiĂ©s par Emmanuel Martineau, Paris, Fayard-Armand Colin, 1992.


Sur Pascal

  • Donald Adamson, Blaise Pascal: Mathematician, Physicist, and Thinker about God, Macmillan: Londres et New York, 1995.
  • (Ouvrage collectif), Blaise Pascal auvergnat : la famille Ă  l’Ɠuvre, catalogue d’exposition (MusĂ©es d’art de Clermont-Ferrand, 6 octobre-8 novembre 1981), Clermont-Ferrand, Association des amis et correspondants du Centre international Blaise Pascal, 1981.
  • Francesco Paolo Adorno, Pascal, Les Belles Lettres, 2000 (ISBN 2-251-76030-X).
  • Vlad Alexandrescu, Le Paradoxe chez Blaise Pascal, Peter Lang, 1997 (ISBN 978-3-906754-72-7).
  • Jacques Attali, Blaise Pascal, ou le gĂ©nie Français, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 978-2-213-60620-0).
  • Albert BĂ©guin, Pascal, Paris, Seuil, 1952 ; nouvelle  Ă©d. 1981.
  • AndrĂ© Bord, Pascal et Jean de la Croix, prĂ©face de Philippe Sellier, Paris, Beauchesne, 1987.
  • AndrĂ© Bord, La Vie de Blaise Pascal, Paris, Beauchesne, 2000.
  • AndrĂ© Bord, Pascal vu par sa sƓur Gilberte, Paris, Pierre TĂ©qui, 2005.
  • AndrĂ© Bord, LumiĂšre et TĂ©nĂšbres chez Pascal, Paris, Pierre TĂ©qui, 2006.
  • LĂ©on Brunschvicg, Blaise Pascal, Paris, J. Vrin, 1953.
  • Serge Chamchinov, GĂ©omĂ©trie de l’esprit, Dives-sur-Mer, Atelier du livre d’artiste, 2008.
  • LĂ©on Chestov : La Nuit de GethsĂ©mani. Essai sur la philosophie de Pascal, Grasset, 1923
  • (en) Francis X. J. Coleman, Neither Angel Nor Beast : The Life and Work of Blaise Pascal, New York, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1986.
  • Jacques Darriulat, L’ArithmĂ©tique de la GrĂące : Pascal et les carrĂ©s magiques, Paris, les Belles lettres, 1994.
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  • Paul ValĂ©ry, Variation sur une pensĂ©e, 1923.

Voir aussi

Articles connexes

Travaux de Blaise Pascal

Contemporains

Références posthumes

Note : Le limaçon de Pascal a Ă©tĂ© nommĂ© ainsi par Roberval en rĂ©fĂ©rence Ă  Étienne Pascal et non Ă  son fils.

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