Biodiversite

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Biodiversite

Biodiversité

Diverses espèces épiphytes dans une forêt humide en Amérique centrale. Les écosystèmes de la zone intertropicale hébergent la plus grande partie de la biodiversité mondiale actuelle.

La biodiversité désigne la diversité des organismes vivants, qui s'apprécie en considérant la diversité des espèces, celle des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l'organisation et la répartition des écosystèmes. Le maintien de la biodiversité est une composante essentielle du développement durable Journal officiel du 12 avril 2009.

Le mot ¬ę biodiversit√© ¬Ľ est un n√©ologisme compos√© √† partir des mots biologie et diversit√©.

Au Sommet de la Terre de Rio (1992), sous l'égide de l'ONU, tous les pays ont décidé au travers d'une convention mondiale sur la biodiversité de faire une priorité de la protection et restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable.

Puis le sommet europ√©en de G√∂teborg en 2001, dans l‚Äôaccord sur une Europe durable pour un monde meilleur s'est fix√© (pour l'Europe) un objectif plus strict : arr√™ter le d√©clin de la biodiversit√© en Europe d‚Äôici 2010 (ann√©e mondiale de la biodiversit√© pour l'ONU).

Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement a annoncé le 12 novembre 2008 la création d'un groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, qui sera probablement nommé Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES)[1], sur le modèle du GIEC qui, lui, s'occupe du climat.

Sommaire

Histoire du concept de biodiversité

L'expression biological diversity a √©t√© invent√©e par Thomas Lovejoy en 1980[2] tandis que le terme biodiversity lui-m√™me a √©t√© invent√© par Walter G. Rosen en 1985 lors de la pr√©paration du National Forum on Biological Diversity organis√© par le National Research Council en 1986; le mot ¬ę biodiversit√© ¬Ľ appara√ģt pour la premi√®re fois en 1988 dans une publication, lorsque l'entomologiste am√©ricain E.O. Wilson en fait le titre du compte rendu[3] de ce forum[4]. Le mot biodiversity avait √©t√© jug√© plus efficace en termes de communication que biological diversity.

Depuis 1986, le terme et le concept sont tr√®s utilis√©s parmi les biologistes, les √©cologues, les √©cologistes, les dirigeants et les citoyens. L'utilisation du terme co√Įncide avec la prise de conscience de l'extinction d'esp√®ces au cours des derni√®res d√©cennies du XXe si√®cle.

En juin 1992, le sommet plan√©taire de Rio de Janeiro a marqu√© l'entr√©e en force sur la sc√®ne internationale de pr√©occupations et de convoitises vis-√†-vis de la diversit√© du monde vivant. Au cours de la Convention sur la diversit√© biologique qui s'est tenue le 5 juin 1992, la diversit√© biologique a √©t√© d√©finie comme :

¬ę La variabilit√© des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les √©cosyst√®mes terrestres, marins et autres √©cosyst√®mes aquatiques et les complexes √©cologiques dont ils font partie; cela comprend la diversit√© au sein des esp√®ces et entre esp√®ces ainsi que celle des √©cosyst√®mes. ¬Ľ

‚ÄĒ Article.2 de la Convention sur la diversit√© biologique, 1992

Définitions précises

Biodiversit√©, contraction de ¬ę diversit√© biologique ¬Ľ, expression d√©signant la vari√©t√© et la diversit√© du monde vivant. Dans son sens le plus large, ce mot est quasi synonyme de ¬ę vari√©t√© du monde vivant ¬Ľ.

Trois niveaux

Biodiversit√© intrasp√©cifique observ√©e sur ces √©pis de ma√Įs

La diversit√© biologique est la diversit√© de toutes les formes du vivant. Elle est habituellement subdivis√©e en trois niveaux :

  • La diversit√© g√©n√©tique, elle se d√©finit par la variabilit√© des g√®nes au sein d‚Äôune m√™me esp√®ce ou d‚Äôune population. Elle est donc caract√©ris√©e par la diff√©rence de deux individus d‚Äôune m√™me esp√®ce ou sous-esp√®ce (diversit√© intrasp√©cifique).
  • La diversit√© sp√©cifique, correspond √† la diversit√© des esp√®ces (diversit√© intersp√©cifique). Ainsi, chaque groupe d√©fini peut alors √™tre caract√©ris√© par le nombre des esp√®ces qui le composent, voir taxinomie. Cependant, pour caract√©riser le nombre de plan d'organisation anatomique, il est pr√©f√©rable d'employer le terme de disparit√©.
  • La diversit√© √©cosyst√©mique, qui correspond √† la diversit√© des √©cosyst√®mes pr√©sents sur Terre, des interactions des populations naturelles et de leurs environnements physiques.

Selon les N√©o-Darwinistes, le g√®ne est l'unit√© fondamentale de la s√©lection naturelle, donc de l'√©volution, et certains, comme E.O. Wilson, estiment que la seule biodiversit√© ¬ę utile ¬Ľ est la diversit√© g√©n√©tique. Cependant, en pratique, quand on √©tudie la biodiversit√© sur le terrain, l'esp√®ce est l'unit√© la plus accessible.

Biodiversité sauvage et biodiversité domestique

La Convention sur la biodiversit√© √©cologique du 5 juin 1992 a d√©fini le terme de biodiversit√© comme √©tant ¬ę la variabilit√© des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les √©cosyst√®mes terrestres, marins et autres √©cosyst√®mes aquatiques et les complexes √©cologiques dont ils font partie; cela comprend la diversit√© au sein des esp√®ces et entre esp√®ces ainsi que celle des √©cosyst√®mes ¬Ľ.

La biodiversité concerne donc tout le vivant et la dynamique des interactions au sein du vivant, qu'il soit naturel (biodiversité sauvage) ou bien géré par l'homme (biodiversité domestique). À ces deux catégories s'ajoute la biodiversité commensale de l'homme, c'est à dire les espèces qui, tout en n'étant pas gérées par l'homme s'adaptent aux milieux qu'il crée (le rat et le cafard en ville par exemple).

√Čvaluer la biodiversit√©

Comment mesurer la biodiversit√© ?

Relation entre le nombre d'espèces et la taille des organismes[5]

Selon le point de vue pr√©c√©demment d√©fini, il ne peut y avoir de mesure unique objective de la biodiversit√©, mais uniquement des mesures relatives √† des tendances ou objectifs pr√©cis d'utilisation ou d'application. On devrait parler donc plut√īt d'¬ę indices ¬Ľ de biodiversit√© que de v√©ritables indicateurs. Ils commencent √† √™tre relev√©s √† l'√©chelle mondiale, par des observatoires de la biodiversit√©, dans le cadre notamment de l'Imoseb.

Les conservationnistes cherchent à évaluer quantitativement et qualitativement une valeur, reconnue par ceux pour qui ils font cette estimation, et élément d'aide à la décision pour les espèces ou habitats ayant besoin de protection. D'autres cherchent une mesure plus facilement défendable d'un point de vue économique, permettant de garantir le maintien de l'utilisation (dont pour les générations futures) de la biodiversité et de ses possibilités d'évolution, en assurant la protection de l'environnement dans un monde en constante évolution.
Les biologistes accordent une importance croissante à la diversité génétique et à la circulation des gènes. L'avenir étant inconnu, nul ne peut savoir quels gènes seront les plus importants pour l'évolution. Il y a donc consensus sur le fait que le meilleur choix de conservation de la biodiversité est d'assurer la sauvegarde du plus large pool génétique possible sur des habitats suffisamment représentatifs et interconnectés pour que les échanges de gènes restent possibles.

Certains considèrent cette approche comme parfois inadéquate et trop restrictive, notamment parce qu'elle ne prend pas en compte les fonctions aménitaires et culturelles de la biodiversité.

Une étude récente[6] montre que le déclin des papillons dans une zone donnée est lié à celui de la biodiversité dans cette même zone. La présence ou l'absence de papillons serait donc un bon indice de mesure de la biodiversité.

Les différentes dimensions de la biodiversité

Les Pinsons de Darwin des Galápagos illustrent comment, par une radiation évolutive, d'une espèce originale, quatre types de bec pour treize espèces au total sont apparus.

La biodiversité doit d'une part être considérée en tant que processus dynamique, dans sa dimension temporelle. Elle est un système en évolution constante, du point de vue de l'espèce autant que celui de l'individu. La demi-vie moyenne d'une espèce est d'environ un million d'années et 99% des espèces qui ont vécu sur terre sont aujourd'hui éteintes.

Elle peut aussi √™tre consid√©r√©e dans sa composante spatiale : la biodiversit√© n'est pas distribu√©e de fa√ßon r√©guli√®re sur terre. La flore et la faune diff√®rent selon de nombreux crit√®res comme le climat, l'altitude, les sols ou les autres esp√®ces (crit√®res que l'homme modifie de plus en plus fortement et rapidement).

L'inventaire des espèces

La syst√©matique explore la biodiversit√© dans sa capacit√© √† distinguer un organisme ou un taxon d'un autre. Elle est confront√©e aux probl√®mes de temps et de nombre : 1,75 millions d'esp√®ces ont √©t√© d√©crites, alors les estimations vont de 3,6 √† plus de 100 millions d'esp√®ces. La syst√©matique n'est qu'un des aspects de la biodiversit√©, n√©anmoins utile √† la compr√©hension des √©cosyst√®mes, de la biosph√®re et de leurs fonctions et interactions.

Tableau 1. Quelques études estimant le nombre d'espèces décrites (d’après WCMC, 1992).
Groupe Mayr et al. (1953) Barnes (1989) May (1988) May (1990) Brusca & Brusca (1990)
Protozoaires[7] ‚ÄĒ ‚ÄĒ 260 000 32 000 35 000
Porif√®res 4 500 5 00 10 000 ‚ÄĒ 9 000
Cnidaires 9 000 9 000 10 000 9 600 9 000
Platyhelminthes 6 000 12 700 ‚Äď ‚Äď 20 000
Rotif√®res 1 500 1 500 ‚Äď ‚Äď 1 800
N√©matodes 10 000 12 000 1 000 000[8] ‚Äď 12 000
Ectoproctes 3 300 4 000 4 000 ‚Äď 4 500
Echinodermatas 4 000 6 000 6 000 6 000 6 000
Urochordata 1 600 1 250 ‚Äď 1 600 3 000
Vertébrés 37 790 49 933 43 300 42 900 47 000
Ch√©lic√©rates 35 000 68 000 63 000 ‚Äď 65 000
Crustac√©s 25 000 42 000 39 000 ‚Äď 32 000
Myriapodes[9] 13 000 10 500 ‚Äď ‚Äď 13 120
Hexapodes 850 000 751 012 1 000 000[10] 790 000 +827 175
Mollusques 80 000 50 000 100 000 45 000 100 000[11]
Ann√©lides 7 000 8 700 15 000 ‚Äď 15 000
Graphique 2 : comparaison de l'importance des diff√©rents taxons entre ce que nous savons (√† gauche) et ce qui existe probablement (√† droite) (D'apr√®s WCMC, 1992).
Pour plus d'information sur la biodiversité des insectes.

Estimations du nombre d'espèces

Certains groupes (virus, bactéries, pico et nano-plancton, micro-invertébrés..) sont très mal connus. Faire des estimations, même prudentes, est alors très délicat.

Tableau 2. Estimation du nombre d'espèces des principaux groupes taxinomiques (d’après WCMC, 1992).
Groupe Espèces déjà décrites Espèces à décrire
estimation la plus haute[12] estimation probable[13]
Virus 5 000 500 000 500 000
Bactéries 4 000 3 000 000 400 000[14]
Champignons 70 000 1 500 000 1 000 000
Protozoaires 40 000 100 000 200 000
Végétaux 250 000 500 000 300 000
Vertébrés 45 000 50 000 50 000
Nématodes 15 000 1 000 000 500 000
Mollusques 70 000 200 000 180 000
Crustacés 40 000 150 000 150 000
Arachnides 75 000 1 000 000 750 000
Insectes 950 000 100 000 000 8 000 000

Le rythme des découvertes

Nombre d'espèces restent donc à découvrir, à un rythme qui différera selon les groupes zoologiques. Ainsi, chez les oiseaux (graphique 3, voir ci-dessous), il a fallu 87 ans pour découvrir la moitié des espèces aujourd'hui connues et 125 ans pour l'autre moitié. Ce qui indique que les espèces sont de plus en plus difficiles à découvrir. Dans le cas des arachnides et des crustacés (graphique 4, voir ci-dessous), on a découvert en seulement dix ans (de 1960 à 1970), autant d'espèces que depuis 1758, soit 202 ans. Cela indique qu'il existe encore de nombreuses espèces communes encore inconnues mais aussi qu'en découvrir de nouvelles sera de plus en plus difficile.

Graphique 3 : rythme des d√©couvertes d'esp√®ces d'oiseaux (d'apr√®s WCMC, 1992, May, 1990, et Simon, 1983)
Graphique 4 : rythme des d√©couvertes d'esp√®ces d'arachnides et de mollusques (d'apr√®s WCMC, 1992, May, 1990, et Simon, 1983)

√Čtat de la biodiversit√© dans le monde

L'√©valuation du mill√©naire, apr√®s la conf√©rence de Rio a r√©attir√© l'attention du monde sur le rapide d√©clin de la biodiversit√©. Ce d√©clin s'est encore accru de 2005 √† 2008 selon le rapport de mi-√©tape d'une √©tude consacr√©e √† l‚Äô√©conomie des √©cosyst√®mes et de la biodiversit√© [15] qui conclut que sans actions fortes, la perte associ√©e de services √©cosyst√©miques s‚Äôacc√©l√©rera. Au rythme du d√©but des ann√©es 2000, 11 % seulement des espaces naturels existant en 2000 auront disparu avant 2050 et pr√®s de 40 % des sols actuellement exploit√©s extensivement (ce qui permet la survie d'une partie significative de la biodiversit√© ordinaire) seront converties √† l'agriculture intensive. La surp√™che, la pollution, les maladies, les esp√®ces invasives et le blanchissement des coraux pourraient causer la disparition de 60 % des r√©cifs coralliens d'ici 2030. Ceci menace le fonctionnement de la plan√®te et les √©conomies et soci√©t√©s humaines conclue ce m√™me rapport qui √©value qu'un scenario de statut-quo conduira √† une ¬ę perte annuelle de bien-√™tre due √† la disparition de services √©cosyst√©miques ¬Ľ pouvant atteindre 6 % du PIB mondial d‚Äôici 2050.

Exemples de pays ou hot-spots riches en biodiversité

  • Le Br√©sil est consid√©r√© comme ¬ę repr√©sentant ¬Ľ d'un cinqui√®me de la biodiversit√© mondiale, avec 50 000 esp√®ces de plantes, 5 000 vert√©br√©s, 10 √† 15 millions d'insectes et des millions de micro-organismes.
  • L'Inde repr√©senterait 8 % des esp√®ces connues, avec 47 000 esp√®ces de plantes et 81 000 d'esp√®ces animales.
  • Java, Born√©o et Sumatra abritent aussi une tr√®s grande biodiversit√©, mais la d√©forestation s'y poursuit.
Articles d√©taill√©s : for√™t amazonienne et biog√©ographie.

L'état de la biodiversité en Europe

La biodiversi√© continue √† r√©gresser dans les √©cosyst√®mes, les esp√®ces et les g√®nes en Europe. [16] :

  • Seules 1 √† 3 % des for√™ts europ√©ennes sont consid√©r√©es comme n'ayant pas √©t√© modifi√©es par l'homme.
  • Depuis 1950, l'Europe a perdu plus de 50 % de ses zones humides, et la plupart de ses terres agricoles √† haute valeur naturelle.
  • La plupart des grands stocks halieutiques se situent sous les limites biologiques de s√©curit√© et sont donc insuffisant pour assurer un renouvellement des stocks √† long terme.
  • 800 esp√®ces v√©g√©tales sont menac√©es d'extinction totale.
  • Plus de 40 % des mammif√®res indig√®nes, des oiseaux, des reptiles ou encore des papillons sont menac√©s.

L'analyse d'un premier ¬ę bilan de sant√© ¬Ľ des esp√®ces et des habitats th√©oriquement prot√©g√©s au titre de la directive Habitats a montr√© en 2008 que ¬ę l‚Äô√©tat de conservation de 50 % des esp√®ces rev√™tant un int√©r√™t europ√©en est d√©favorable. Pour les habitats, le chiffre pourrait atteindre 80 % ¬Ľ. En 2008, plus de 40 % des esp√®ces d'oiseaux ont un √©tat de conservation d√©favorable en Europe. Quelques esp√®ces reconstituent leurs populations (ex. : h√©ron, cormoran). Le d√©clin des oiseaux des champs semble commencer √† se stabiliser, mais le rapport d'√©valuation 2008 du plan europ√©en d'action de la biodiversit√© conclue que des r√©sultats positifs ne ¬ę pourront √™tre reproduits √† plus grande √©chelle qu'au prix d'efforts beaucoup plus importants ¬Ľ ; ¬ę Il est fort peu probable ‚Äď sur la base des efforts actuels ‚Äď que l'objectif global d'enrayer le d√©clin de la biodiversit√© dans l'UE d'ici 2010 puisse √™tre ‚Äúatteint‚ÄĚ ni m√™me ‚Äúapproch√©‚ÄĚ sans d'‚Äúimportants efforts suppl√©mentaires tant au niveau communautaire qu'au niveau des √Čtats membres‚ÄĚ. ¬Ľ [17]. La directive Oiseaux a aid√© √† enrayer le d√©clin de nombreuses esp√®ces d‚Äôoiseaux europ√©ennes[18]. Le projet SEBI 2010 (Streamlining of European Biodiversity Indicators) pilot√© par l‚ÄôAgence europ√©enne pour l'environnement a confirm√© une am√©lioration de la qualit√© des eaux, mais des probl√®mes de perturbateurs endocriniens pr√©occupent toujours les sp√©cialistes, de m√™me que les esp√®ces invasives de plus en plus nombreuses, dont les impacts augmentent[19]

Services fournis par la biodiversité

L'industrie pharmaceutique est l'une des premières bénéficiaires de la biodiversité. De nombreux principes actifs de médicaments ont été mis au point à partir de molécules naturelles.

La biodiversité est la source première des services rendus par les écosystèmes. Elle est aussi le moteur de la résilience écologique car c'est une ressource naturelle auto-entretenue (à certaines conditions). Elle fournit tout l'oxygène, vital, que nous consommons, tout ce que nous mangeons (cultures vivrières, bétail, poissons...); elle contribue à l'épuration et au cycle de l'eau, ainsi qu'aux grands cycles biogéochimiques et à la régulation climatique.
Elle fournit des fibres pour l'habillement, du bois-énergie pour le chauffage, la construction d'habitations, la papeterie. Elle produit ou inspire des médicaments.
L'agrobiodiversité désigne les usages de la biodiversité associés à l'agro-alimentaire.

La biodiversit√© a contribu√© de nombreuses fa√ßons au d√©veloppement des cultures humaines. Et inversement, l'homme a jou√© un r√īle majeur en termes d'√©volution de la diversit√© aux niveaux g√©n√©tiques, sp√©cifiques et √©cosyst√©miques.

Parmi les exemples de l'utilité de la diversité face à l'homogénéisation génétique des variétés de plantes cultivées, on peut en citer deux [20]:

  • En 1970, 85 % du ma√Įs cultiv√© aux √Čtats-Unis √©tait quasiment homog√®ne. La r√©sistance de cette plante √† l'helminthosporiose, maladie cryptogamique, fut surmont√©e par le champignon et l'√©pid√©mie provoqua des d√©g√Ęts consid√©rables.
  • En 1980, pour la m√™me raison, 90 % de la r√©colte cubaine de tabac fut d√©truite par le mildiou.

On voit ainsi que la diversit√© g√©n√©tique des populations naturelles d'animaux et de plantes appara√ģt comme une strat√©gie promue par la s√©lection naturelle, en r√©ponse aux pressions continuelles des parasites √©voluant rapidement.

Les √©cosyst√®mes fournissent √©galement des ¬ę supports de production ¬Ľ (fertilit√© du sol, des s√©diments, fonctions des pr√©dateurs, d√©composition et recyclage des d√©chets organiques et de la n√©cromasse, etc.) et des ¬ę services ¬Ľ inestimables tels que la production et purification de l'air, l'√©puration de l'eau, la stabilisation et la mod√©ration du climat, la diminution des cons√©quences des s√©cheresses, inondations et autres d√©sastres environnementaux.

Si les ressources biologiques repr√©sentent un int√©r√™t √©cologique pour la communaut√©, la valeur √©conomique de la biodiversit√© est √©galement de plus en plus mise en avant. De nouveaux produits sont d√©velopp√©s gr√Ęce aux biotechnologies, et de nouveaux march√©s cr√©√©s. Pour la soci√©t√©, la biodiversit√© est aussi un secteur d'activit√© et de profit, et demande une gestion appropri√©e des ressources.

La biodiversit√© est aussi devenue un ¬ę miroir de nos relations avec les autres esp√®ces vivantes ¬Ľ, une vue √©thique avec des droits, des devoirs, et une n√©cessit√© √©ducative. L'aspect √©ducatif est souvent assur√© par l'√©cole (lors de sorties d'√©ducation √† l'environnement par exemple), par des associations d'√©ducation √† l'environnement (telles que les CPN, les CPIE, les GRAINE, le R√©seau Ecole et Nature...) ou par des organisations de protection de la nature, telles que le WWF[21].

La biodiversit√©, patrimoine naturel vital pour chaque peuple et pays, est fortement li√©e aux besoins de l‚Äôhomme et √† sa sant√©, son alimentation‚Ķ et sa richesse. Car elle a aussi un aspect √©conomique : elle peut √™tre utilis√© pour fabriquer des produits agro-alimentaires, pharmaceutiques, cosm√©tiques‚Ķ

Articles d√©taill√©s : Service √©cologique et √Čcotourisme.

Quel prix accorder √† la biodiversit√© ?

Les √©cologues et les environnementalistes ont √©t√© les premiers √† insister sur l'aspect √©conomique de la protection de la diversit√© biologique. Ainsi, Edward Wilson √©crivait en 1992 que ¬ę la biodiversit√© est l'une des plus grandes richesses de la plan√®te, et pourtant la moins reconnue comme telle ¬Ľ. Nombreux sont ceux qui aujourd'hui consid√®rent la biodiversit√© comme un r√©servoir de ressources utilisables pour fabriquer des produits agro-alimentaires, pharmaceutiques, cosm√©tiques‚Ķ Cette notion de mise en valeur des ressources est √† l'origine des craintes de disparition des ressources li√©e √† l'√©rosion de la biodiversit√©, mais aussi des nouveaux conflits portant sur les r√®gles de partage et d'appropriation de cette richesse.

Un pr√©alable √† toute discussion sur la r√©partition des richesses est n√©cessaire : celui de l'√©valuation √©conomique de la biodiversit√©. Cet objectif doit aussi permettre de d√©terminer les moyens financiers √† consacrer √† sa protection.

La biodiversit√© est-elle menac√©e ?

Article d√©taill√© : extinction de l'Holoc√®ne.

La biodiversité est plus que menacée, elle est en voie de régression rapide. L'installation de l'Homme et de ses moyens de production et réseaux de transport dans une grande partie des territoires facilement accessibles a bouleversé les équilibres écologiques existants. Les fluctuations climatiques naturelles ont toujours eu un impact sur la répartition des espèces, mais depuis l'ère industrielle les amplitudes de ces modifications et surtout leur rapidité, alors que la pollution et la fragmentation des écosystèmes augmentaient également rapidement a conduit à une situation sans équivalent dans le passé.

Ces derni√®res d√©cennies, une √©rosion de la biodiversit√© a √©t√© observ√©e presque partout, et plus de la moiti√© de la surface habitable de la plan√®te a √©t√© modifi√©e de fa√ßon significative par l'esp√®ce humaine[22]. S'il y a d√©saccord sur les chiffres et les d√©lais, la plupart des scientifiques pensent que le taux actuel d'extinction est plus √©lev√© et rapide qu'il ne l'a jamais √©t√© dans les temps pass√©s. La majorit√© des experts en √©cologie estiment m√™me qu'une extinction massive est d√©j√† en cours. Plusieurs √©tudes montrent qu'environ une esp√®ce sur huit des plantes connues est menac√©e d'extinction. Chaque ann√©e, entre 17 000 et 100 000 esp√®ces disparaissent de notre plan√®te, et un cinqui√®me de toutes les esp√®ces vivantes pourrait dispara√ģtre en 2030. Il y a consensus sur le fait que l'homme en soit la cause, en particulier par la fragmentation des habitats et/ou la destruction des √©cosyst√®mes abritant ces esp√®ces. Sans n√©gliger l'√©volution m√™me des esp√®ces ni leur mise en place au cours du temps dans des espaces donn√©s, on ne peut que constater en termes de bilan que les pertes quantitatives et surtout qualitatives sont √©normes, et qu'√† l'√©chelle plan√©taire ces derni√®res s'effectuent de mani√®re r√©guli√®re et pernicieuse.

Mers et oc√©ans : une √©tude statistique publi√©e en 2006 [23] s'appuyant sur l'analyse durant quatre ans de donn√©es couvrant une p√©riode de mille ans, pour 48 zones de p√™che dans le monde montre que les esp√®ces actuellement p√™ch√©es (poissons et crustac√©s) pourraient quasiment toutes dispara√ģtre en 2048 sans mesure suppl√©mentaire de pr√©servation. En 2006, 29 % des esp√®ces p√™ch√©es sont d√©j√† sur le point de dispara√ģtre, imposant un appel plus important aux piscicultures dont certaines d√©gradent l'environnement. La perte importante de biodiversit√© marine fragilise les √©cosyst√®mes marins et par voie de cons√©quence le climat et ceux de la plan√®te enti√®re, car les mers et oc√©ans sont essentiels aux cycles biog√©ochimiques, dont celui de l'oxyg√®ne.

Certains estiment que la conversion d'√©cosyst√®mes anciens (ou de substitution, tels que prairies, bocage...) en √©cosyst√®mes ¬ę standardis√©s ¬Ľ (e.g. par exemple, d√©forestation suivie de monoculture intensive) a des effets encore plus n√©gatifs sur la biodiversit√© que la surexploitation d'esp√®ces ou la d√©gradation d'√©cosyst√®mes primaires. D'autres pensent que c'est l'absence de droits de propri√©t√© ou de r√®gles d'acc√®s aux ressources qui ont conduit √† l'exploitation anarchique des ressources naturelles.
Parmi ces d√©tracteurs, quelques-uns affirment que des ¬ę extrapolations abusives ¬Ľ sont faites et que le rythme actuel de disparition des esp√®ces ou de destruction des for√™ts tropicales, des r√©cifs coralliens ou des mangroves (trois sortes d'habitat riche en biodiversit√©) n'est pas suffisant pour parler d'¬ę extinction de masse ¬Ľ. Ainsi, la majorit√© des extinctions ou les extinctions les plus importantes ont √©t√© observ√©es sur des √ģles.

N√©anmoins, outre que les th√©ories de l'√©cologie du paysage pr√©disent que c'est effectivement d'abord sur les √ģles que les esp√®ces doivent dispara√ģtre, c'est justement un ph√©nom√®ne d'insularisation √©copaysag√®re que les scientifiques observent sur les continents. De plus, les inventaires montrent pour une grande quantit√© d'esp√®ces, que si celles-ci n'ont pas tout √† fait disparu, elles ont souvent, en quelques d√©cennies, vu fondre ou dispara√ģtre leurs populations de l'essentiel de leur ancienne aire de r√©partition, ce qui a n√©cessairement r√©duit leurs diversit√©s g√©n√©tiques. Enfin, l'acc√©l√©ration de la quasi-disparition de ressources halieutiques autrefois communes est flagrante, avec par exemple la quasi-disparition de plus de 200 esp√®ces de poissons dans le lac Victoria (√† comparer √† 129 esp√®ces d'eau douce seulement pour toute l'Europe), suite √† l'introduction de la perche du Nil en 1954) laisse craindre la possibilit√©, dans un temps bref, d'une extinction de masse d'origine humaine. Le film documentaire Le Cauchemar de Darwin (2005) illustre √©galement cet aspect.

Outre la surpêche et la surexploitation des forêts, la déforestation et la destruction des forêts anciennes par la sylviculture, des phénomènes sociaux aussi divers la collection (d'animaux, de plantes, d'invertébrés, de coquilles, etc. ou l'élevage domestique d'espèces rares prélevées dans la nature, ou l'intérêt pour l'or (cf orpaillage destructeur en Amazonie par exemple), ou l'intérêt pour des sous-produits animaux rares (caviar, fourrure)[24], voire l'impact de certaines médecines traditionnelles prélevant leurs ressources dans la nature non-cultivée), du tourisme de nature ou encore de la pêche ou de la chasse de loisir... aggravent la situation.

Enfin, la vitesse et le taux de régression des espèces nocturnes sont mal suivis et peu étudiés, mais le phénomène dit de pollution lumineuse pourrait avoir été sous-estimé dans ses impacts en termes de fragmentation écologique de l'Environnement nocturne; or il est en progression constante et rapide depuis les années 1950[25]. Les 4 derniers rhinocéros blancs de Sumatra ne sont pas menacés par la pollution, mais par la valeur que certains accordent à leurs cornes devenues rarissimes, ce qui montre que donner une valeur commerciale à une espèce ou un animal, ne suffit pas à le protéger.

Actions de gestion, restauration et protection de la biodiversité

La biodiversité est devenue un motif de préoccupation mondiale. Tout le monde n'est pas d'accord sur le fait qu'une extinction massive est ou non en cours, mais la plupart des observateurs admettent la disparition accélérée de nombreuses espèces, et considèrent essentiel que cette diversité soit préservée, selon le principe de précaution.
La présence de l'homme, mais surtout l'intensivité de ses actions perturbent les équilibres écologiques avec, notamment dans les plaines, une destruction et fragmentation croissante des habitats, devenus deux des principaux facteurs de la perte d’un haut niveau de richesse biologique, l'autre étant les invastions biologiques. Une grande partie des activités humaines semblent compatibles avec le maintien d’une biodiversité importante à condition que certaines règles de gestion et d’aménagement soient respectées. Certaines demandent de profonds changements, sociaux, politiques et économiques.
Deux types d'options de conservation de la biodiversit√© √©mergent : la conservation in situ (dans le milieu naturel), et ex situ (hors du milieu naturel). La conservation in situ est souvent vue comme la strat√©gie id√©ale, mais est rarement possible. De nombreux cas de destruction d'habitats d'esp√®ces rares ou d'esp√®ces en voie de disparition requi√®rent la mise en place de strat√©gies de conservation ex situ. Certains estiment que les deux types de conservation sont compl√©mentaires.

Un exemple de conservation in situ est la mise en place de zones de protection. La conservation de gènes dans des banques de semence est un exemple de conservation ex situ, laquelle permet la sauvegarde d'un grand nombre d'espèces avec un minimum d'érosion génétique.

De mani√®re g√©n√©rale, la pr√©servation de la biodiversit√© implique la pr√©servation des grands √©quilibres √©cologiques, √† quelque √©chelle que ce soit : habitat, for√™t, r√©gion, monde... √Čquilibres qui, s‚Äôils sont rompus, entra√ģnent de graves dysfonctionnements biologiques aux cons√©quences souvent d√©sastreuses, parfois impr√©visibles, sur les soci√©t√©s humaines en g√©n√©ral et leur fondement √©conomique en particulier.

Dans le monde

L'évolution de la biodiversité était l'un des sujets les plus discutés lors du Sommet pour le développement durable, à Rio de Janeiro, dans l'espoir de la mise en place d'un fond de conservation global pour le maintien des espèces et des collections (conservatoires, banques de graines, etc.). C'est également lors de ce sommet que le 22 mai a été déclaré Journée internationale de la biodiversité. La Convention sur la diversité biologique votée à Rio, avant d'être ratifiée par ses Parties-membres, engage les états signataires et l'Union Européenne à prendre des mesures de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité ainsi qu'au partage équitable des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques. Le partage des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques est régit par des contrats privés. Mais il semble, que pour une application efficace de la Convention sur la diversité biologique, il faut aujourd'hui tenir compte des utilisateurs. La responsabilité de l'utilisateur peut permettre une réactualisation des problématiques ainsi que l'ouverture de nouveaux chantiers d'étude. Cette implication peut s'exercer sur différents domaines tels que: le transfert des technologies, la divulgation de l'origine des ressources génétiques ou l'accès à la justice en cas de différend.[26]

La convention de 1972 de l'Unesco sera utilisée pour aboutir sur un accord juste sur le partage des bénéfices résultants. La bioprospection peut devenir ce qui a été appelé biopiraterie quand ces règles ne sont pas respectées.

La biodiversité urbaine, et celle de la nature banale sont aussi des préoccupations émergentes, avec quelques expérimentations d'intégration dans la gestion urbaine et l'architecture (Construction à biodiversité positive, quinzième cible HQE, etc.).

Perspectives pour une bonne gouvernance de la Biodiversit√© : L'ONU a mis en place la FAO pour r√©pondre aux questions d'agriculture et d'√©levage et l'OMS pour les questions de sant√©, mais il n'y a pas d'Agence mondiale pour la Biodiversit√©. Une d√©marche consultative de 2006 √† 2008(IMoSEB qui signifie ¬ę International Mechanism Of Scientific Expertise on Biodiversity ¬Ľ) a d√©fini les contours d'un organisme scientifique de type IPCC sur le th√®me de la biodiversit√©, en s'appuyant sur une s√©rie,d'√©tude et de consultations comme le recommandations d'un groupe de travail international (Leipzig workshop) sur les interfaces Science-D√©cideurs pour une bonne gouvernance de la biodiversit√© (International Science-Policy Interfaces for Biodiversity Governance). En f√©vrier 2007 √† Paris, le pr√©sident Jacques Chirac a apport√© le soutien de la France √† l'id√©e de cr√©ation d'une Agence mondiale de l'Environnement. √Ä la suite du processus IMoSEB et de la Strat√©gie de poursuite de l'√Čvaluation des √©cosyst√®mes pour le mill√©naire, l'intiative IPBES (Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiveristy and Ecosystem Services) a √©t√© lanc√©e par l'UNEP pour l'√©tablissement d'un tel m√©canisme d'interface sur la biodiversit√©

En Europe

La Commission europ√©enne a en 2009 reconnu que malgr√© ses efforts pour am√©liorer le r√©seau Natura 2000 (dont en mer), elle ne pourra tenir son objectif de diviser par deux ou stopper le d√©clin de biodiversit√© avant 2010. Une r√©solution du Parlement europ√©en reconnaissant la n√©cessit√© d‚Äôun r√©seau europ√©en d‚Äôespaces naturels, dits zones de nature vierge ou de wilderness c'est-√†-dire tr√®s peu modifi√©es par les activit√©s humaines, a √©t√© adopt√©e √† l‚Äôunanimit√© le 03.02.2009, telles que propos√©es dans le rapport 2008/2210(INI) du 5.12.2008. L'Europe a propos√© huit axes d'actions et orientations communautaires pour l‚Äôapr√®s 2010, comme suites de son plan d‚Äôaction europ√©en pour la biodiversit√©[27] : am√©liorer la communication sur l‚Äôimportance de la diversit√© biologique (afficher des objectifs post 2010 qui soient clairs, ambitieux et mesurables, incluant des sous-objectifs par secteurs), renforcer la recherche et d√©velopper le r√©seau europ√©en de zones prot√©g√©es (notamment marine), en s‚Äôattachant √† aussi prot√©ger la biodiversit√© ¬ę ordinaire ¬Ľ hors des zones prot√©g√©es (int√©gration de la biodiversit√© dans les politiques communautaires, √©laboration d‚Äôun programme pour lutter contre les ¬ę esp√®ces envahissantes ¬Ľ, pr√©servation de la structure et des fonctions des sols‚Ķ), prot√©ger la biodiversit√© mondiale (lutte contre la d√©forestation), int√©grer transversalement la biodiversit√© dans tous les domaines d‚Äôaction (notamment via l‚Äô√©tude en cours sur la valeur √©conomique de la biodiversit√© (TEEB), encourager l'√©co√©ligibilit√© et des m√©canismes financiers tenant compte de la biodiversit√©), mieux financer la protection et gestion restauratoire de la biodiversit√© (√©ventuel instrument sp√©cifique, mobilisation d'argent priv√©s...), d√©velopper des synergies entre protection de la biodiversit√© et du climat.
L'Europe a mis en place une base de donnée (BiodivERsA) sur les grands fonds, acteurs et programmes concernant la recherche en biodiversité.
Pour la conf√©rence d‚ÄôAth√®nes, le forum europ√©en des habitats [28] a pr√©sent√© ses propres pistes et priorit√©s, incluant le choix d‚Äôun ¬ę objectif mondial et europ√©en pour 2020, fond√© sur des indicateurs v√©rifiables, et le lancement d'une r√©flexion sur un objectif pour 2050[29]. Pour le G-8, le ¬ę sommet de Syracuse ¬Ľ [30] a adopt√© une charte[31] pla√ßant la perte de biodiversit√© au sommet de l'agenda environnemental de ces pays, en insistant sur les liens entre biodiversit√© et climat, l'urgence de renforcer les instruments √©conomique pr√©servant la biodiversit√© (Cf. √©tude TEEB en cours) et soutenant le d√©veloppement de la ¬ę plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit√© et les services √©cosyst√©miques ¬Ľ (IPBES) pr√©vue pour 2010

En France

Le Grenelle de l'environnement a mis la trame verte parmi ses premières priorités, avec l'apparition de mesures contre la pollution lumineuse. Des plans de restauration et réintroductions sont prévus et le CNRS, la FRB et l'IRD se sont réunis autour d'une plate forme internet sur la biodiversité

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Article du journal Monde] (2008 11 13)
  2. ‚ÜĎ Lovejoy (1980).
  3. ‚ÜĎ G√©rard Granier, Yvette Veyret, D√©veloppement durable. Quels enjeux g√©ographiques ?, dossier n¬į8053, Paris, La Documentation fran√ßaise, 3e trimestre 2006, ISSN 04195361, page 2 ; lire aussi Edward O.Wilson, (directeur de publication), Frances M.Peter, (directeur de publication associ√©), Biodiversity, National Academy Press, march 1988 ISBN 0-309-03783-2 ; ISBN 0-309-03739-5 (pbk.), √©dition √©lectronique en ligne
  4. ‚ÜĎ Global Biodiversity Assessment. UNEP, 1995, Annex 6, Glossary. ISBN 0-521-56481-6, utilis√© comme source par Biodiversity, Glossary of terms related to the CBD, Belgian Clearing-House Mechanism, site consult√© le 26 avril 2006.
  5. ‚ÜĎ d'apr√®s Stork (1997) et May, (1978 et 1988)
  6. ‚ÜĎ Le d√©clin des papillons d√©montre celui de la biodiversit√© (2006)
  7. ‚ÜĎ Le terme de protozoaire, bien que paraphyl√©tique est utilis√© ici dans son sens zoologique classique.
  8. ‚ÜĎ Cette estimation tr√®s haute de May (1988) refl√®te plut√īt une estimation des esp√®ces existantes plut√īt que celles uniquement d√©crites.
  9. ‚ÜĎ Les myriapodes sont ici consid√©r√©s comme l'ensemblage des chilopodes et des diplopodes
  10. ‚ÜĎ Cette estimation tr√®s haute de May (1988) refl√®te plut√īt une estimation des esp√®ces existantes plut√īt que celles uniquement d√©crites.
  11. ‚ÜĎ Ce chiffre tr√®s important n'est pas expliqu√© par les auteurs, Brusca et Brusca (1990).
  12. ‚ÜĎ L'estimation la plus haute est disponible pour de nombreux groupes mais reste tr√®s sp√©culative et doit √™tre prise avec beaucoup de pr√©caution.
  13. ‚ÜĎ Ces chiffres sont volontairement mod√©r√©s (WCMC, 1992).
  14. ‚ÜĎ Estimation tr√®s difficile √† donner, du fait de la faiblesse de nos connaissances.
  15. ‚ÜĎ TEEB - The economics of ecosystems and biodiversity, Rapport de mi-parcours, 2008)
  16. ‚ÜĎ Evaluation des √©cosyst√®mes pour le mill√©naire
  17. ‚ÜĎ r√©sum√© de l'√©valuation 2008 du plan europ√©en d'action pour la biodiversit√©
  18. ‚ÜĎ Science: Vol. 317, n¬į 5839, p. 810 ‚Äď 813
  19. ‚ÜĎ Portail europ√©en sur les esp√®ces invasives
  20. ‚ÜĎ C. de Kimpe, congr√®s La recherche agronomique europ√©enne dans le monde du XXIe si√®cle √† Strasbourg les 28 et 29 novembre 1996.
  21. ‚ÜĎ Site WWF Pour une plan√®te vivante
  22. ‚ÜĎ Hannah et Bowles (1995). Voir aussi l'√©valuation des √©cosyst√®mes pour le mill√©naire
  23. ‚ÜĎ (en) Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem Services, dans Science magazine du 3 novembre 2006
  24. ‚ÜĎ Le prix de la raret√©, Une nouvelle menace pour la biodivesit√©...Franck Courchamp, pour la Science, n¬į 378 pp 18 √† 19, Avril 2009
  25. ‚ÜĎ Traduction fran√ßaise d'un article des auteurs du premier atlas mondial de la clart√© artificielle du ciel nocturne
  26. ‚ÜĎ Gouvernance internationale de la biodiversit√©: impliquer tous les utilisateurs de ressources g√©n√©tiques, S. Louafi, J.-F. Morin, Synth√®se, n¬į 01, 2004, Institut du d√©veloppement durable et des relations internationales.[1]
  27. ‚ÜĎ Objectifs pr√©sent√©s lors de la conf√©rence de haut niveau sur la biodiversit√© √† Ath√®nes les 26 et 27 avril 2009, suite √† l‚Äô√©valuation √† mi parcours du plan d‚Äôaction de 2006 (publi√©e en d√©cembre 2008)
  28. ‚ÜĎ groupement d‚ÄôONG europ√©ennes impliqu√©es dans la protection de la biodiversit√©
  29. ‚ÜĎ Biodiversity Protection - Beyond 2010 High-level Conference on the priorities and options for future EU policy, Athens, 26-28 April 2009 Briefing Paper by the European Habitats Forum, 2009, 4 pages Doc t√©l√©chargeable
  30. ‚ÜĎ Sommet des pays du G8 a √©t√© consacr√© √† l‚Äôenvironnement (22-24 avril 2009 √† Syracuse).
  31. ‚ÜĎ Charte de Syracuse (‚ÄúCarta di Siracusa‚ÄĚ on Biodiversity, adopt√©e les 22-24 avril 2009)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Listes de liens

Bibliographie

  • Richard C. Brusca & Gary J. Brusca, Invertebrates, Sinauer, 1990, 922 p. 
  • R.D. Barnes (1989). Diversity of organisms : how much do we know ? American Zoologist, 29 : 1075-1084.
  • L. Hannah et I. Bowles (1995). Letters : Global priorities. Bioscience, 45 : 122.
  • Dubois P.J. (2004) Vers l'ultime extinction? La biodiversit√© en danger. √Čditions La Martini√®re, Paris, 191 p.
  • T.E. Lovejoy (1980). Foreword. In : Conservation Biology : An evolutionary-ecological perspective (M.E. SOUL√Č et B.A. WILSON, dir.), Sinauer Associates (Sunderland) : v-ix.
  • R.M. May (1978). The dynamics and diversity of insect faunas.? in Diversity of insect faunas (Mound L.A. & WALOFF N., dir.), Blackwell (Oxford) : 188-204.
  • R.M. May (1988). How many species are there on earth ? Science, 241 : 1441-1449.
  • R.M. May (1990). How many species ? Philosophical Transactions of the Royal Society, B 330 : 293-304.
  • MAYR Ernst, E.G. Linsley et R.L. Usinger (1953). Method and principles of systematic zoology, McGraw-Hill (New York).
  • H.R. Simon (1983). Research and publication trends in systematic zoology. Ph. D. thesis. The City University (Londres).
  • Nigel E. Stork (1996). Measuring global biodiversity and its decline. in Biodiversity II. Understanding and Protecting our biological Resources (REAKA-KUDLA M.L., WILSON D.E. & WILSON E.O., dir.), Joseph Henry Press (Washington) : 41-68.
  • World Conservation Monitoring Centre (WCMC) (dir.) (1992). Global Biodiversity. Status of the Earth's living resources.Chapman & Hall (Londres) : xix + 585 p. (ISBN 0-412-47240-6)
  • Michel Chauvet et Louis Olivier, La Biodiversit√© enjeu plan√©taire, Pr√©server notre patrimoine g√©n√©tique, Sang de la Terre, Paris, 1993, 416 p. (ISBN 2-86985-056-5).
    Collection Les dossiers de l'écologie
     
  • Bruno Fady et Fr√©d√©ric M√©dail, Peut-on pr√©server la biodiversit√© ?, Le Pommier, Paris, 2006, 64 p. (ISBN 2-7465-0272-2).
    Collection Les Petites Pommes du savoir (n¬į 80)
     
  • Christian L√©v√™que, Sur les traces du vivant, Collections du mus√©e des Confluences, Lyon, 160 p. (ISBN 978-2-84975-114-5).
    Ouvrage en couleur
     
  • Antonio Machado, ¬ę Lignes directrices sur les plans d'action en faveur des esp√®ces animales menac√©es ¬Ľ, dans Sauvegarde de la nature, √©ditions Conseil de l'Europe, no 92, 22 juillet 2005 (ISBN 92-871-3471-5)
    La protection et la gestion appropri√©es des habitats naturels sont des de la pr√©servation de la diversit√© des esp√®ces en Europe. Les esp√©ces les plus menac√©es requi√®rent souvent des mesures compl√©mentaires urgentes et cibl√©es pour stopper leur d√©clin. Ces mesures se pr√©sentent g√©n√©ralement sous la forme d'un ¬ę plan d'action ¬Ľ, outil de conservation des esp√®ces, grandement utilise aux Etats-Unis et en Europe. Ce rapport analyse I'emploi et les limites des plans d'action pour les esp√®ces animales, et propose quelques lignes directrices pour leurs √©laboration et leur mise en Ňďuvre (les lignes directrices traitant esp√®ces v√©g√©tales ont fait I'objet du n¬į 68 de cette m√™me s√©rie
     
  • Michael Busher, ¬ę Conserver la diversit√© biologique europ√©enne dans le contexte climatique ¬Ľ, dans Sauvegarde de la nature, √©ditions Conseil de l'Europe - La Documentation fran√ßaise, no 149, 13 juillet 2007 (ISBN 978-92-871-6262-5)
    Il y a de fortes chances que le changement climatique ait des conséquences environnementales majeures sur les habitats naturels au cours des cinquante années à venir. Il faudra modifier de manière drastique la conservation de la diversité biologique pour éviter les extinctions massives d'espèces et d'habitats menacés. Des recommandations précises sont faites aux gouvernements et aux agences de conservation qui collaborent aux travaux de la Convention de Berne. Ce titre offre un point de départ aux discussions sur les stratégies d'adaptation envisageables en vue de préserver la diversité biologique de l'Europe
     
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