2e bataille de l'Aisne

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2e bataille de l'Aisne

Bataille du Chemin des Dames

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Bataille du Chemin des Dames
Chemin des Dames
Front de l'Aisne, 1917
Informations générales
Date 16 avril – octobre 1917
Lieu Entre Soissons et Reims
Issue Échec français, victoire tactique allemande
Belligérants
France France Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Commandants
Robert Nivelle Erich Ludendorff
Forces en présence
61 divisions d'infanterie
7 divisions de cavalerie
850 000 hommes
41 divisions
Pertes
187 000 victimes (morts ou blessĂ©s) 163 000 victimes (morts ou blessĂ©s)
PremiĂšre Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Ouest

Frontiùres – Liùge – Anvers – Yser – Grande Retraite – Marne (1914) – Course à la mer – 1re Messines – Neuve Chapelle – Ypres (1915) – Artois (05-1915) – Artois (09-1915) – Loos – Hartmannswillerkopf – Verdun – Hulluch – Somme – Cîte 70 – Arras (1917) – Vimy – Chemin des Dames – 2e Messines – Passchendaele – Cambrai (1917) – Cambrai (1918) – Michael – Amiens (1918) – Lys – Aisne (1918) – Bois Belleau – Marne (1918) – Chñteau-Thierry – Hamel – Cent-Jours


Front italien
1re Isonzo – 2e Isonzo – 3e Isonzo – 4e Isonzo – 5e Isonzo – 6e Isonzo – 7e Isonzo – 8e Isonzo – 9e Isonzo – 10e Isonzo – Mont Ortigara – 11e Isonzo – Caporetto (12e Isonzo) – Piave –Vittorio Veneto –


Front de l’Est
Stalluponen – Gumbinnen – Tannenberg – Lemberg – Krasnik – Lacs de Mazurie (I) – Przemyƛl – Vistule – ƁódĆș – Bolimov – Lacs de Mazurie (II) – Gorlice-TarnĂłw – Varsovie – Lac Naroch – Offensive Brusilov – Offensive Kerensky


Afrique et Méditerranée
Lai – Sandfontein – Tanga – Dardanelles – Naulila – Jassin – Gibeon – Bukoba – Salaita – Beringia – Negomano


Batailles navales
1re Heligoland – Penang – Coronel – Falklands – Dogger Bank – Gotland – Juttland – Pas-de-Calais – DĂ©troit de Muhu – 2e Heligoland – Zeebruges – 1er Ostende – 2e Ostende

La bataille du Chemin des Dames ou seconde bataille de l'Aisne ou offensive Nivelle commence le 16 avril 1917 Ă  6 heures du matin pendant la PremiĂšre Guerre mondiale par la tentative française de rupture du front allemand entre Soissons et Reims vers Laon, sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Nivelle : « l'heure est venue, confiance, courage et Vive la France ! Â».

Sommaire

La situation militaire en avril 1917

La dĂ©cision d'une offensive de grande ampleur est prise par le gĂ©nĂ©ral Joffre quand il est encore Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e française. Les grandes lignes de l'offensive sont alors dĂ©cidĂ©es : ce sera une attaque conjointe avec les troupes anglaises sur le front entre Vimy et Reims. Le front a la forme d'un angle droit : entre Vimy et Soissons, le front est d'orientation nord-sud et ouest-est entre Soissons et Reims. Tandis que les Anglais attaqueront sur la ligne entre Vimy et Soissons, les Français le feront entre Soissons et Reims afin d'affronter les Allemands selon deux directions diffĂ©rentes.
En dĂ©cembre 1916, Nivelle remplace Joffre Ă  la tĂȘte des armĂ©es. Il reprend le projet de Joffre : son idĂ©e est de concentrer un maximum de forces sur cette partie du front afin de l'enfoncer.

SĂ»rement pour prĂ©venir une telle offensive, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la Ligne Hindenburg. Le front est rĂ©duit de 70 kilomĂštres. L'angle droit de la ligne de front est gommĂ© : la ligne de dĂ©fense s'Ă©tend dĂ©sormais dans une direction nord-ouest/sud-est de Vimy Ă  Reims en passant par le Chemin des Dames. Les AlliĂ©s mettent 3 semaines Ă  se rendre compte de la rĂ©alitĂ© de ce retrait. Le plan initial de l'offensive est dĂ©sormais caduc. Cependant, Nivelle persiste dans ce premier projet et se contente de dissocier l'attaque anglaise sur Vimy de l'attaque française qui se fera sur le Chemin des Dames.

Le terrain

Le Chemin des Dames est un plateau calcaire, orienté Est-Ouest, situé entre la vallée de l'Aisne, au sud, et la vallée de l'Ailette, au nord. Ce plateau est un bel observatoire, tant vers le nord et la plaine située à l'est entre Reims et Laon, que celle située au sud depuis Soissons.
Les Allemands sont présents sur le plateau depuis septembre 1914. Ils ont eu le temps de transformer cet observatoire en forteresse en aménageant les carriÚres souterraines (Caverne du dragon), en creusant des souterrains permettant de relier l'arriÚre aux premiÚres lignes, en édifiant et camouflant de nombreux nids de mitrailleuses.

Ce site a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© un lieu de combats qui vit une victoire de NapolĂ©on Ier contre les armĂ©es russes et prussiennes du gĂ©nĂ©ral BlĂŒcher, lors de la bataille de Craonne du 7 mars 1814. Depuis cette date, c'est un secteur relativement tranquille qui n'a pas fait l'objet, depuis la fin 1914, de grosses offensives. Les Allemands tiennent la ligne de crĂȘte et les Français sont Ă©tablis sur les pentes.

Les forces en présence

Du cÎté français

Le commandement

Nivelle est Ă  la tĂȘte des opĂ©rations. Sur le terrain, le Groupe d'ArmĂ©e de RĂ©serve, sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Micheler, se compose de la Ve ArmĂ©e sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Mazel, de la VIe ArmĂ©e sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Mangin et de la Xe ArmĂ©e sous les ordres du gĂ©nĂ©ral DuchĂȘne.

Les troupes

  • La Ve ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mazel compte 16 divisions d'infanterie rĂ©parties en 5 corps, une division de cavalerie, deux brigades russes et un peu moins de 200 chars d'assaut rĂ©partis en 5 groupes.
  • La VIe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Mangin compte 17 divisions d'infanterie rĂ©parties Ă©galement en 5 corps, une division de cavalerie et une division territoriale. De nombreux rĂ©giments de troupes coloniales, tirailleurs sĂ©nĂ©galais et zouaves, constituent des troupes de choc.
  • Les troupes africaines doivent attaquer sur le secteur le plus stratĂ©gique du plateau, au niveau de l'isthme d'Hurtebise, face Ă  la Caverne du dragon. Sur les 15 000 Africains prĂ©sents face aux lignes allemandes, 6 000 mourront le 16 avril.
  • La Xe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral DuchĂȘne comptant 9 divisions d'infanterie est en rĂ©serve.
  • La IVe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral François Anthoine, Ă©galement en rĂ©serve, avec 5 divisions d'infanterie et le 2e Corps d'ArmĂ©e colonial sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Blondlat.

Cette force d'environ 850 000 hommes dispose de 2 700 piĂšces d’artillerie de 75 et 2 300 mortiers lourds, dont 790 canons modernes.

Du cÎté allemand

Le commandement

Tranchée allemande sur l'Aisne.

Le Haut-Commandement de l'armĂ©e allemande est assurĂ© par Hindenburg et en France par Erich Ludendorff. Ce sera sous les ordres du Kronprinz, fils de Guillaume II que seront placĂ©es les deux armĂ©es les plus importantes : la Ie et la VIIe. Fritz von Below est Ă  la tĂȘte de la IĂšre ArmĂ©e. La VIIe ArmĂ©e quant Ă  elle est commandĂ©e par Edouard Freiherr von Böhm-Ermolli. Il y a Ă©galement une troisiĂšme armĂ©e qui s'Ă©tend du nord de Reims jusqu'au nord de Verdun, c'est la IIIe ArmĂ©e de Karl von Einem (connu Ă©galement sous le nom de von Rothmaler) qui la commande depuis le 15 septembre 1914.

Les troupes

La VIIe ArmĂ©e que commande von Böhm depuis le 11 mars compte alors 14 divisions, elle est dĂ©ployĂ©e de Vauxaillon Ă  Berry-au-Bac. Du nord de Berry-au-Bac au nord de Reims, c'est le gĂ©nĂ©ral von Below qui prend le relais avec la IĂšre ArmĂ©e. Les Allemands occupaient une zone puissamment fortifiĂ©e, avec des mitrailleuses sous abri et un excellent rĂ©seau souterrain communiquant avec la ligne de crĂȘte. De plus, les Allemands avaient l'avantage aĂ©rien, et disposaient de 530 avions de chasse[1].

Le plan français

Le plan prĂ©voit une concentration maximale de forces sur 30 km de front. Le terrain doit ĂȘtre prĂ©parĂ© par un bombardement d'artillerie massif chargĂ© de dĂ©truire les premiĂšres lignes allemandes. Ensuite, les troupes d'infanterie doivent s'Ă©lancer protĂ©gĂ©es par un feu roulant d'artillerie.
Ce plan ne tient nullement compte du terrain qui est trĂšs dĂ©favorable : les troupes françaises se situant en contrebas et devant se lancer Ă  l'assaut de pentes fortifiĂ©es. D'autre part, le bombardement sur 30 kilomĂštres de front ne peut ĂȘtre aussi dense que lorsqu'il s'agit de prendre un fort.

Les objectifs

L'idée de base du plan proposé par Nivelle est de percer sur la ligne du Chemin des Dames, en utilisant la méthode qui lui a réussi à l'automne 1916 quand il a regagné le terrain perdu à Verdun.

Une fois le front des premiĂšres et deuxiĂšmes lignes allemandes enfoncĂ©, une armĂ©e de rĂ©serve sera lancĂ©e pour exploiter la trouĂ©e et obtenir l'effondrement des armĂ©es allemandes. À cet effet, on rattachera Ă  cette armĂ©e 2 corps de cavalerie, cette cavalerie qui retrouverait alors ses chevaux et son rĂŽle classique au lieu de la boue des tranchĂ©es dans laquelle elle combat depuis la stabilisation du front.

Pour s'assurer de rĂ©ussite, la progression des troupes doit donc ĂȘtre trĂšs rapide dĂšs le dĂ©but de l'offensive. Le gĂ©nĂ©ral Mangin estime que les soldats devront progresser Ă  la vitesse de 100 mĂštres toutes les trois minutes.
Ainsi, il est prĂ©vu au soir du premier jour que la VIe armĂ©e aura franchi l'Ailette. À J+1, la cavalerie doit couvrir la plaine situĂ©e au nord de Laon; Ă  J+4, on doit atteindre la Somme...

Les moyens

Nivelle prĂ©voit un Groupe d'ArmĂ©es de RĂ©serve (G.A.R.) aux ordres du gĂ©nĂ©ral Micheler, qui viendra s'intercaler entre le Groupe d'ArmĂ©es du Nord et le Groupe d'ArmĂ©es du Centre. Ce G.A.R. comprend 4 armĂ©es, la Ve, VIe, Xe et la IVe ArmĂ©e. Les Ve et VIe armĂ©es Ă©tant chargĂ©es de la percĂ©e, la Xe ArmĂ©e de DuchĂȘne et la IVe ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral François Anthoine sont tenues en rĂ©serve, et seront utilisĂ©es pour exploiter la rĂ©ussite.

Cela donne un total de 17 corps d'armée regroupant 56 divisions. Parmi ces divisions, 4 d'infanterie coloniale et 5 de cavalerie.

Nivelle, artilleur de formation, compte beaucoup sur l'artillerie pour écraser les défenses allemandes. Cela compensera l'avantage que donne aux défenseurs la géographie des lieux prévus pour l'attaque. L'idée est de profiter de la puissance d'une artillerie lourde plus nombreuse qui, pouvant tirer plus loin que dans les offensives précédentes, devrait permettre d'anéantir les positions de premiÚres lignes mais aussi d'interdire l'arrivée de renfort et de faire taire les canons allemands.

Pour la premiĂšre fois, du moins pour les Français, une artillerie spĂ©ciale est massivement engagĂ©e. L'artillerie spĂ©ciale, ce sont les chars blindĂ©s. Ils sont prĂ©vus pour Ă©voluer oĂč cela leur sera possible, c'est-Ă -dire Ă  l'est et Ă  l'ouest du Chemin des Dames dont les pentes leurs sont impraticables. A l'est, du cĂŽtĂ© de Berry-au-Bac, et rattachĂ© au 32e corps de la Ve ArmĂ©e, il y a le groupement Bossut[2] avec ses 82 Chars Schneider. Le groupement ChaubĂšs, Ă©quipĂ© de 50 chars Saint Chamond, est rattachĂ© au 5e corps d'armĂ©e. A l'ouest, du cĂŽtĂ© de Laffaux, il n'y a pas de chars pour accompagner l'assaut du 16 avril. En mai, on aura le "groupement LefĂšbvre", rattachĂ© au 37e corps de la VIe ArmĂ©e.

Le rÎle des chars est d'accompagner l'infanterie, de faire des brÚches dans les réseaux de barbelés et d'éliminer les nids de mitrailleuses, en bref, de favoriser la progression des fantassins. Il n'est pas prévu qu'ils puissent agir seuls. D'ailleurs, leur autonomie limitée leur interdit toute action de longue durée.

Un point faible du plan rĂ©side dans les contraintes d'approvisionnement. L'Aisne coule au sud, parallĂšlement au Chemin des Dames, en vue directe des observatoires allemands. Ce qui veut dire que l'arrivĂ©e des renforts, munitions, etc. sera tributaire des points de passage obligĂ©s sur cette riviĂšre. De mĂȘme pour les flux descendants, comme les blessĂ©s.

Les tactiques

  • L'artillerie.

Le rĂŽle de l'artillerie est primordial : un bombardement massif et incessant doit permettre Ă  l'infanterie de progresser rapidement. Les Français disposent ainsi 5 310 canons qui tirent 5 millions d'obus de 75 et 1,5 millions de gros calibres.

La prĂ©paration de l'offensive par l'artillerie devait permettre, selon Nivelle de dĂ©truire jusqu'aux septiĂšmes voire huitiĂšmes lignes ennemies. Pendant cette prĂ©paration, du 12 au 15 avril, 533 obus sont tirĂ©s en moyenne par minute[3]. Mais le temps est trĂšs couvert durant cette premiĂšre quinzaine d'avril, d'oĂč des rĂ©glages d'artillerie approximatifs.

Une fois l'offensive lancĂ©e, pour se conformer Ă  la vitesse de progression voulue par Nivelle, le barrage d'artillerie doit avancer, de 100 mĂštres toutes les 3 minutes[4]. Il faut comparer cette dĂ©cision avec les derniĂšres offensives de la bataille de Verdun oĂč le barrage devait avancer de 100 mĂštres toutes les 4 minutes et se souvenir que les poilus vont devoir escalader les pentes du Chemin des Dames, rĂ©duire les rĂ©sistances ennemies tout en collant au barrage d'artillerie pour Ă©viter que la dĂ©fense allemande n'ait le temps de s'organiser entre la fin du bombardement et l'arrivĂ©e des fantassins.

  • L'infanterie.

L'infanterie est chargĂ©e de s'engouffrer dans les brĂšches faites par l'artillerie, nettoyer les premiĂšres lignes et prendre les lignes plus en arriĂšres. L'objectif est d'atteindre le sud de Laon avant le soir. 180 000 hommes sont massĂ©s au pied des premiĂšres lignes allemandes, prĂȘts Ă  s'Ă©lancer. Les troupes de seconde ligne devaient dĂ©passer rapidement ces hommes pour bousculer les dĂ©fenses ennemies et emporter la victoire. En fait, elles se contenteront de les seconder.

Les fantassins doivent attaquer en tenue d'assaut. Le rÚglement d'infanterie de janvier 1917, précise qu'il s'agit de porter, en sautoir, la couverture roulée dans la toile de tente; un outil individuel, la musette de vivres, la musette à grenades (en théorie, 5 grenades dont 2 VB, mais on ira jusqu'à distribuer 16 grenades par homme), un bidon d'eau de 2 litres et un bidon supplémentaire d'un litre, le masque à gaz (deux si possible), des sacs à terre, un panneau de signalisation ou des feux de bengale, le paquet de pansement, les vivres du jour, les munitions (120 cartouches)[5]. En revanche, le sac est laissé sur place.

Mais certaines unités attaqueront avec tout leur barda sur le dos. Ce sera le cas, par exemple, des troupes du 20e corps. En plus, ils ont des vivres pour 6 jours[6].

  • Les chars.

Les 194 chars (Schneider et Saint Chamond) disponibles sont Ă©parpillĂ©s entre diffĂ©rentes unitĂ©s. C'est contraire aux directives du gĂ©nĂ©ral Estienne mais correspond au rĂŽle qu'on veut leur faire tenir : accompagner l'infanterie. Pour monter en ligne, les "batteries" se dĂ©placent en colonne. Pour combattre, elles se mettent en ligne. Le char de commandement a alors deux de ses tanks Ă  sa gauche et le dernier Ă  sa droite.

Pour communiquer, le commandant d'unité dispose de fanions, qu'il agite pour indiquer ses ordres. Il dispose aussi de pigeons voyageurs dont les cages sont emportées dans l'habitacle.

Au combat, chaque AS (c'est le sigle sous lequel on désigne les batteries, AS et un numéro) est accompagnée d'une compagnie d'infanterie; pour le "groupement Bossut", ce sont donc 5 compagnies de fantassins qui viennent du 154e régiment d'infanterie de ligne et, pour le "groupement ChaubÚs, ce sont 3 compagnies du 76e régiment d'infanterie de ligne. Dans la pratique, l'infanterie se révélera incapable, sous le feu allemand, de suivre les chars.

La bataille

Le paysage du champ de bataille

Les conditions mĂ©tĂ©orologiques sont terribles quand commence l'offensive. En ce printemps 1917, il fait trĂšs froid et il neige mĂȘme le 16 avril. Les SĂ©nĂ©galais qui se sont entraĂźnĂ©s sur la CĂŽte d'Azur, ne sont pas prĂ©parĂ©s Ă  de telles tempĂ©ratures. Nombre d'entre eux souffrent du gel. Le 17 avril, la pluie tombe d'une maniĂšre quasiment continue et rend le terrain trĂšs boueux. C'est surtout le mauvais temps qui gĂȘne les prĂ©parations d'artillerie dont les objectifs visĂ©s ne seront pas toujours atteints. Les soldats qui s'Ă©lancent le 16 avril trouvent des positions allemandes trĂšs peu touchĂ©es par le bombardement.

Les bombardements ont mis la terre Ă  nu et ont sculptĂ© un paysage lunaire (trous d'obus, absence de vĂ©gĂ©tation). Cette terre boueuse est continuellement retournĂ©e par les obus : elle n'est donc pas stable, elle se dĂ©robe sous les pieds si bien que le soldat ne cesse de tomber, pour se relever et tomber Ă  nouveau.

L'offensive du 16 avril

  • 3 h 30 : les hommes de premiĂšre ligne se rĂ©veillent, se prĂ©parent et avancent jusqu'aux lignes ennemies
  • 6 h : l'offensive est lancĂ©e, les hommes sautent les parapets et gagnent les premiĂšres lignes. L'assaut du cĂŽtĂ© français est donnĂ© le 16 avril Ă  6 heures du matin.
  • 7 h : selon le dĂ©putĂ© Jean Ybarnegaray : « La bataille a Ă©tĂ© livrĂ©e Ă  6 heures, Ă  7 heures, elle est perdue Â». Un peu partout sur le front, les hommes se rendent compte que l'avancĂ©e n'est pas aussi rapide que prĂ©vue. En effet les hommes qui se sont lancĂ©s Ă  l'assaut, Ă©chouent contre des deuxiĂšmes lignes trĂšs peu entamĂ©es par les bombardements. Ils sont de plus pris en enfilade par des nids de mitrailleuses cachĂ©s et sont mĂȘme parfois pris Ă  revers par des soldats allemands qui sortent des souterrains comme Ă  Hurtebise. En effet le terrain est trĂšs favorable aux dĂ©fenseurs : situation en surplomb, rĂ©seau de souterrains desservant carriĂšres souterraines (les creutes)et abris bĂ©tonnĂ©s, alors que les assaillants ne peuvent pas se protĂ©ger, doivent grimper une pente souvent raide, progressant sur un sol trĂšs instable. Les pertes sont considĂ©rables parmi les troupes qui faisaient partie de la premiĂšre vague d'assaut. Le soldat Paul Clerfeuille note ainsi dans son journal : « la premiĂšre vague part, mais est aux deux tiers fauchĂ©e par les mitrailleuses ennemies qui sont dans des petits abris en ciment armĂ© Â»[7] La 10e division d'infanterie coloniale qui s'Ă©lance sur Hurtebise est aussi dĂ©cimĂ©e : les pertes s'Ă©lĂšvent Ă  150 officiers et 5 000 soldats dont la moitiĂ© Ă©taient des tirailleurs sĂ©nĂ©galais.
  • 9 h : Ă  l'est du Chemin des Dames, les chars d'assaut sont engagĂ©s dans le secteur de Berry-au-Bac, mais cette premiĂšre intervention des chars dans l'ArmĂ©e française est un Ă©chec cuisant : sur 128 chars engagĂ©s, 57 sont dĂ©truits, 64 sont tombĂ©s en panne ou sont enlisĂ©s[8]. En effet, ces chars sont lourds, lents (4 km/h) et restent souvent prisonniers d'un terrain marĂ©cageux. Ce sont donc des cibles faciles pour l’artillerie, d'autant plus que le rĂ©servoir d'essence placĂ© sur le cĂŽtĂ© n'est pas protĂ©gĂ©. Les pertes lĂ  aussi sont lourdes : 33 officiers et 147 soldats.
  • 14 h : premier communiquĂ© officiel : « la lutte d'artillerie a pris un caractĂšre de violence extrĂȘme pendant la nuit sur tout le front compris entre Soissons et Reims Â». Il n'est pas encore question de l'offensive mobilisant plus d'un million d'hommes et qui a Ă©tĂ© lancĂ©e Ă  6 heures du matin. C'est que sur le terrain, la situation ne s'amĂ©liore pas. Il s'est mis Ă  neiger et les soldats s'aperçoivent qu'ils ne progressent guĂšre, que l'offensive est un Ă©chec. Le soldat Paul Clerfeuille Ă©crit ainsi dans son journal : « Ordre nous est donnĂ© de creuser des trous individuels. Moi qui ai entendu parler du plan, je sais qu'Ă  cette heure nous devrions dĂ©jĂ  avoir passĂ© Craonne et ĂȘtre dans la vallĂ©e de l'Ailette. Je dis aux camarades : "Ça ne va pas !" c'Ă©tait vrai. [...] le plan d'attaque du gĂ©nĂ©ral Nivelle est ratĂ©. Â»[9]
  • En fin de journĂ©e, les gains de terrain sont minimes : les seules avancĂ©es vĂ©ritables sont en fait rĂ©alisĂ©es en contrebas du plateau entre Soupir et Chivy-lĂšs-Étouvelles ou plus Ă  l'est dans le secteur de La Ville-aux-Bois et celui de Loivre au nord de Reims. Ailleurs, c'est-Ă -dire sur le plateau du Chemin des Dames entre Cerny-en-Laonnois et Craonne, les forces françaises ont Ă©tĂ© repoussĂ©es. Les pertes en revanche sont considĂ©rables. Selon J.F. Jagielski[10], les pertes s'Ă©lĂšvent Ă  134 000 hommes dont 30 000 tuĂ©s pour la semaine du 16 au 25 avril.

Bien que le général Nivelle ait promis que l'offensive durerait 24 heures, 48 heures maximum, elle se poursuit durant des semaines.

La poursuite de l'offensive du 16 avril au 24 octobre 1917

Du 17 avril au 21 avril

Le 17 avril : Ă  l'offensive sur le chemin des Dames, s'ajoute une nouvelle attaque Ă  l'est de Reims dans le secteur de Moronvilliers. Sur le chemin des Dames, le fort de CondĂ© et le village de Braye-en-Laonnois sont pris par les Français.

  • Entre le 18 avril et le 21 avril : c'est maintenant au tour de la Xe armĂ©e, celle de rĂ©serve, de passer Ă  l'attaque. Elle va engager le 9e et le 18e corps, sur la partie est du Chemin des Dames, entre Craonne et Hurtebise.

Le 20 avril : suspension provisoire de l'offensive.

Du 22 avril Ă  la bataille des Observatoires

Le 22 avril : il est dĂ©cidĂ© d'arrĂȘter toute offensive massive au profit d'offensives partielles

Le 29 avril : remaniement dans l'Ă©tat-major. Le gĂ©nĂ©ral Mangin est relevĂ© de son commandement.

Le 30 avril : l'offensive reprend sur les Monts de Champagne.

Le 4 mai : le 18e rĂ©giment d'infanterie se lance Ă  l'attaque du village de Craonne Ă  18 h. Cette attaque surprend les Allemands, le rebord du plateau de Californie est pris.

Le 5 mai : le 18e rĂ©giment d'infanterie attaque avec le 34e rĂ©giment d'infanterie pour consolider les positions sur le plateau. Les Français rĂ©ussissent Ă  prendre pied sur le plateau mais ne peuvent dĂ©boucher sur l'Ailette. Les pertes s'Ă©lĂšvent autour de 800 hommes pour le 18e rĂ©giment d'infanterie entre le 4 et le 8 mai et plus de 1 100 hommes pour le 34e rĂ©giment d'infanterie. La Xe armĂ©e attaque les plateaux de Vauclair et des Casemates. Le mĂȘme jour, une offensive est lancĂ©e sur Laffaux par le 1er Corps d'armĂ©e coloniale : les ruines du moulin sont prises.

Le 8 mai : nouvelle suspension de l'offensive.

Le 15 mai : Le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain remplace Nivelle. Le gouvernement est au courant des premiers actes de dĂ©sobĂ©issances.

Du 20 mai Ă  fin juin : le front est secouĂ© par les mutineries qui affectent plus de 150 unitĂ©s. Ces refus d'obĂ©issance concernent des troupes au repos que l'on veut renvoyer Ă  l'assaut.

Le 4 juin : Ă  la demande du gĂ©nĂ©ral de Maistre, commandant de la VIe armĂ©e, les offensives prĂ©vues en juin sont ajournĂ©es Ă  cause des mutineries[11].

Seconde quinzaine de juin : une grande contre-offensive allemande est lancĂ©e suite aux informations sur les mutineries.

Le 25 juin : la 164e division d'infanterie s'empare de la Caverne du Dragon. C'est le dĂ©but de la bataille des observatoires qui dure tout l'Ă©tĂ©. Il s'agit d'un ensemble d'opĂ©rations pour contrĂŽler des points hauts du Chemin des Dames

La victoire de La Malmaison (24 octobre)

Le 24 octobre : une offensive, prĂ©parĂ©e par le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain remplaçant du gĂ©nĂ©ral Nivelle depuis le 15 mai, est lancĂ©e sur le fort de La Malmaison qui contrĂŽle l'accĂšs sur la crĂȘte du Chemin des Dames. La prĂ©paration d'artillerie a Ă©tĂ© massive et parfaitement coordonnĂ©e. Quand les troupes des 11e, 14e et 21e corps d'armĂ©e s'Ă©lancent, protĂ©gĂ©es par le feu roulant de l'artillerie, les dĂ©fenses allemandes sont dĂ©jĂ  bien atteintes. Les chars sont de nouveau utilisĂ©s mais, cette fois, ils sont plus lĂ©gers, plus rapides et attaquent frontalement en protĂ©geant les fantassins. La victoire française est nette : les Allemands comptent 8 000 tuĂ©s, 30 000 blessĂ©s et 11 500 prisonniers[12]. Cette victoire ne peut faire oublier le dramatique Ă©chec de la bataille du Chemin des Dames mais il consacre une nouvelle stratĂ©gie reposant sur l'utilisation massive de matĂ©riels modernes (artillerie, chars) concentrĂ©s sur un point prĂ©cis du front. L'armĂ©e française ne parvient cependant pas Ă  faire significativement bouger la ligne de front.

Le village de Soupir, en 1917

Les conséquences

Sur le plan militaire

C'est une défaite stratégique décisive des Français, qui ne conquiÚrent que quelques postes d'observation et de belles caves.

Une commission d'enquĂȘte est instituĂ©e et dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de division Henri Joseph BrugĂšre, Nivelle est absous et plus tard mutĂ© Ă  Alger. BrugĂšre ajoute au rapport que « Pour la prĂ©paration comme pour l'exĂ©cution de cette offensive, le gĂ©nĂ©ral Nivelle n'a pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur de la tĂąche Ă©crasante qu'il avait assumĂ©e Â».

Suite à cet échec, les généraux Mazel (Ve armée) et Charles Mangin (VIe armée) sont remplacés par Micheler et Maistre.

Philippe PĂ©tain prend la place de Nivelle Ă  la tĂȘte du grand quartier gĂ©nĂ©ral français (GQG), le 15 mai 1917, au moment oĂč Ă©clatent les premiĂšres mutineries, signe d'un dĂ©sespoir et d'un dĂ©couragement parmi les troupes françaises.

Les pertes

Cette bataille est un Ă©chec presque total pour l'armĂ©e française. Alors que cette bataille devait ĂȘtre dĂ©cisive, elle se solde par un massacre inouĂŻ.

L'estimation des pertes fait l'objet de polĂ©mique en fonction de la pĂ©riode et du terrain retenus. Le dĂ©putĂ© Favre les estime Ă  prĂšs de 200 000 hommes cĂŽtĂ© français au bout de deux mois d'offensives[13]. C'est un bilan probable et assez peu Ă©loignĂ© du dĂ©compte incomplet rĂ©alisĂ© par J.F. Jagielski[10]. Chaque division a perdu en moyenne 2 600 hommes sur le Chemin des Dames.

Quant au bilan cĂŽtĂ© allemand, il est encore moins aisĂ© Ă  rĂ©aliser. L'Ă©tat-major français estimait en juin 1917 les pertes allemandes autour de 300 000 hommes, ce qui est sĂ»rement exagĂ©rĂ©. Toujours est-il que le gĂ©nĂ©ral en chef allemand Ludendorff a Ă©crit : Notre consommation en troupes et en munitions avait Ă©tĂ© ici aussi extraordinairement Ă©levĂ©e[14].

Les mutineries

Article dĂ©taillĂ© : Mutineries de 1917.

Les tribunaux militaires prononcĂšrent 3 427 condamnations dont 554 Ă  mort ; Ă  sept reprises PĂ©tain refusa de transmettre les dossiers de recours en grĂące et 49 mutins devaient ĂȘtre exĂ©cutĂ©s. Le nom de Craonne, situĂ© au coeur de la bataille du Chemin des Dames, a Ă©tĂ© popularisĂ© par La Chanson de Craonne qui reste associĂ©e aux mutins de 1917 de la PremiĂšre Guerre mondiale.

Notes et références

  1. ↑ 1917 Le Chemin des Dames, Hors-SĂ©rie du magazine l'Aisne 1917-2007, page 13
  2. ↑ L'artillerie spĂ©ciale (AS) utilise des noms particuliers pour ses unitĂ©s. À la base, on a une batterie, de 4 chars. Plusieurs batteries vont donner un groupe. Plusieurs groupes donnent un groupement.
  3. ↑ 1917, Le Chemin des Dames, numĂ©ro spĂ©cial du magazine du Conseil gĂ©nĂ©ral de l'Aisne, avril 2007
  4. ↑ Cela donne une pĂ©nĂ©tration de 2 kilomĂštres Ă  l'heure.
  5. ↑ NobĂ©court, p. 141.
  6. ↑ Labayle, p.39. Ce ne sont pas des rations, comme celles popularisĂ©es durant la seconde guerre mondiale, mais, comme le dit Paul Clerfeuille : ..."des boĂźtes de bƓuf, porc, sardines, chocolat, pain, biscuit, pĂątĂ©, sucre, haricots, farine, pomme de terre en fĂ©cule. Également de l'alcool Ă  brĂ»ler solidifiĂ© qui ressemble Ă  de la crĂšme, pour faire chauffer nos aliments. Également du pinard, le cafĂ©, la goutte mĂȘlĂ©e d'Ă©ther..." (citĂ© dans Nicolas Offenstadt et repris par Labayle)
  7. ↑ citĂ© dans N. Offenstadt, Le Chemin des Dames, de l'Ă©vĂ©nement Ă  la mĂ©moire, Stock, Paris, 2004
  8. ↑ A. Loez, "Le baptĂȘme du feu des chars d'assaut français" in N. Offenstadt, op. cit.
  9. ↑ dans N. Offenstadt, op. cit.
  10. ↑ a  et b  Page 4: Un bilan des combats de 1917 au Chemin des Dames (source : J.F. Jagielski)
  11. ↑ d'aprĂšs l'ancien ministre de la guerre P. PainlevĂ©, Comment j'ai nommĂ© Foch et PĂ©tain, Alcan, Paris, 1924
  12. ↑ d'aprĂšs HervĂ© Chabaud dans 1917, Chemin des Dames op. cit.
  13. ↑ H. Castex, L'Affaire du Chemin des Dames, les comitĂ©s secrets, Imago, 1998
  14. ↑ Charles Mangin, Comment finit la guerre, 1920, p. 144

Sources

  • RenĂ© Gustave NobĂ©court, Les fantassins du Chemin des Dames, Robert Laffont, 1965.
  • Revue "14-18", n° 36, 2007, Espoirs et drames sur le Chemin des Dames.
  • H. Ortholan, La guerre des chars, 1916-1918, Ă©diteur Bernard Giovanangeli, 2007, (ISBN 2-909034-99-2) (voir le chapitre V)
  • Nicolas Offenstadt Ă©d., Le chemin des Dames de l'Ă©vĂ©nement Ă  la mĂ©moire, Paris, Stock, 2004.

Voir aussi

Craonne aujourd'hui : emplacement de l'Ă©glise St Martin.

Films

Il n'existe pas de films directement basĂ©s sur les combats du Chemin des Dames. Mais on pourra se reporter Ă  ceux-ci :

Bibliographie

TĂ©moignages
  • Albert BessiĂšres, Le Chemin des Dames, carnets d'un territorial, Bloud & Gay, 1918.
  • Charles Delvert, L'Erreur du 16 avril 1917, Fournier, 1920.
  • Georges Gaudy, Souvenirs d'un poilu du 57e RI, le Chemin des Dames en feu, Plon, 1921.
Ouvrages historiques
  • RenĂ©-Gustave NobĂ©court, Les Fantassins du Chemin des Dames, Robert Laffont, 1965.
  • Nicolas Offenstadt Le Chemin des Dames de l'Ă©vĂ©nement Ă  la mĂ©moire, Paris, Stock, 2004.
  • Yves Buffetaut, Arras, Vimy et le Chemin des Dames, Les grandes offensives du printemps 1917, Histoire & Collections, 1997.
  • Le gĂ©nĂ©ral Mangin. 1866-1925 par L.-E. Mangin (F. Sorlot-F. Lanore Ă©d.,1986).
  • H. Ruffin, A. Tudesq, Notre Camarade Tommy. Offensives anglaises de janvier Ă  juin 1917, Hachette, 1917.
  • G. Pedroncini, Les Mutineries de 1917, P.U.F., 1967.
Articles
  • A. Guignard, « Les Troupes noires pendant la guerre Â», Revue des Deux Mondes, juin 1919.
  • A. BernĂšde, « 16 Avril 1917, les Français Ă  l'Assaut du Chemin des Dames Â», Revue 14-18, n° 3, 2001.
  • A. BernĂšde, « Berry-au-Bac, les Chars, le 16 Avril 1917. Arme nouvelle ou Bouche-Trou ? Â», Revue 14-18, n° 4, 2001.
  • A. BernĂšde, « De l'Enfer au Drame du Chemin des Dames (Avril-Mai 1917) Â», Revue 14-18, n° 5, 2002.
  • J. Compagnon, « La ChevauchĂ©e hĂ©roĂŻque de Berry-au-Bac : le Chef d'Escadron Bossut (16 Avril 1917) Â», Revue Historique des ArmĂ©es, n° 2, 1984.
  • G. Pedroncini, « Les Refus Collectifs d'ObĂ©issance en 1917 Â», Revue Historique des ArmĂ©es, 1967.

Liens internes

Liens externes

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