Billard


Billard
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Table de billard.
Jeunes chinois jouant au billard dans la rue (2008).

Le billard est un jeu d'adresse à un ou plusieurs joueurs qui se pratique sur une table (appelée billard) bordée de bandes sur laquelle on fait rouler des billes de billard (appelées aussi boules) que l’on frappe à l’aide d’une queue.

Différentes variantes existent :

D’autres jeux portent le nom de billard mais reposent sur des principes différents :

  • le billard Nicolas (avec des poires à soufflet et une bille en liège) ;
  • le billard électrique (nom démodé du flipper) ;
  • le billard indien ou népalais : le carrom ;
  • le billard japonais ou bagatelle ;
  • le billard hollandais ou sjoelen.

Sommaire

Vocabulaire

Des billes

Le billard met en jeu des billes de 5 à 7 cm de diamètre, celui-ci variant avec le type du billard, sur une table. Cette table, autrefois en ébène ou en granite, est aujourd'hui constituée de plaques d'ardoises recouvertes d'un drap de laine tendu. Les bords internes de la table sont capitonnés avec des bandes de caoutchouc recouvertes du même drap : les bandes.

La table peut avoir des trous, ou poches. Les billes sont empochées lorsqu’elles y tombent.

On joue à l’aide d’une queue, généralement en bois (frêne), qui peut être pluri-bloc ou en plusieurs parties, plus des accessoires permettant de l’allonger. Elle est composée d’un fût, souvent protégé par un talon en caoutchouc pour éviter de l’endommager, et d’une flèche reliés par un tourillon dans le cas de branches démontables.

À l’extrémité de la flèche se trouve une virole (généralement en laiton) sur laquelle est collé ou vissé un procédé[1]. C’est une ellipse de cuir d’un diamètre adapté à la virole, compris entre 18 et 19 mm en fonction de la taille des billes, du mode de jeu et/ou des préférences du joueur.

Billard queue.png


Les billes étaient à l'origine fabriquées en ivoire, mais les matières plastiques ont remplacé le matériau naturel.

Aspect humain

Le billard connait un engouement très vif dans certains pays (notamment en Grande-Bretagne où les compétitions de snooker sont diffusées à la télévision), par le côté spectaculaire de certains modes de jeu, et la discipline nécessaire à sa maîtrise.

Un spectacle

Ronnie O'Sullivan, joueur professionnel de snooker

L’observation des nombreuses compétitions de billard montre que le jeu peut être complexe et faire appel à des techniques élaborées, comme celles de l’effet de rotation sur elle-même qu’on donne à une bille, dont on peut noter quelques applications :

  • modifier la trajectoire naturelle pour revenir en place après avoir percuté une autre bille ou atteindre une zone voulue (effet rétrograde, ou rétro, coulé, effet latéral) ;
  • donner à la bille percutée un effet à son tour, l’effet se répercutant lors d’un choc selon le principe de l’engrenage ;
  • donner à la bille d’attaque une trajectoire courbe pour atteindre une zone « cachée » par d’autres billes (massé).

La coutume voulant par ailleurs que le joueur ne mette pas les pieds sur la table de billard, l’angle d’attaque nécessaire à certains coups nécessite aussi des techniques de maniement de la queue, parfois spectaculaires également (par exemple dans le dos).

Le billard repose sur des lois simples, mais leur maîtrise demande une rigueur, une précision et une intelligence qui vont au-delà des effets plus ou moins spectaculaires prisés du public.

On peut parler véritablement de spectacle en voyant les champions de carambole suivants : Caudron, Bury, Blomdahl, Zanetti, Jaspers, Soumagne, Tilleman, Cuenca, Swertz ....

Une discipline

Concentration d'un joueur de billard

Qualités physiques

  • L'œil : pour des raisons évidentes de visée.
  • Le bras : le mouvement devant être parfaitement maîtrisé en force, en vitesse et en direction. Une bonne forme physique est un plus, voire une nécessité, pour une maîtrise parfaite du geste. Une fois en place, ayant défini tous les paramètres de son coup, un joueur averti peut exécuter son coup les yeux fermés.
  • Le corps humain dans son ensemble : il joue bien entendu dans la maîtrise du geste. Que ce soit sur un coup précis, ou d’une manière générale tout au long d’une compétition. Le billard ne demande pas une force particulière, mais une certaine résistance, les compétitions étant très longues, et une certaine dynamique pour gérer les alternances chaise/table.

Des « nerfs d’acier »

  • La concentration : la « lecture » d’une table est primordiale avant l’action elle-même. Le temps nécessaire varie en fonction des joueurs et de leur expérience.
  • La patience : plus le niveau est élevé, plus le joueur est susceptible de « faire de la chaise », en clair rester assis pendant que son adversaire œuvre. Certains joueurs ne regardent pas ce que fait l’adversaire, d’autres suivent attentivement. Chacun développe sa propre méthode pour rester « dans la partie » et pouvoir donner le meilleur de soi-même une fois appelé à la table.
  • La ténacité : comme dans tout sport/jeu, il est inévitable de commettre quelques erreurs, ou pour le moins quelques imprécisions. Le joueur doit pouvoir surmonter cela. Le billard est un combat contre soi-même, avant d’être un face-à-face avec l’adversaire.

Aspect technique

Les billes en mouvement lors de la collision.

Le but n’est pas d’empocher une bille, mais toutes. De même au billard français, le but n’est pas de faire un point, mais un nombre de points déterminé. La maîtrise du déplacement de toute bille en mouvement en est la clé.

Quel que soit le mode de jeu, l’adresse n’est pas le maître-mot. Bien sûr, il faut être adroit pour empocher une bille ou effectuer un coup particulier, mais si on ne réfléchit pas à la suite, cela ne mène à rien. La réflexion préalable est donc essentielle, la mécanique du geste n’en est que le prolongement.

Cette mécanique dépend de plusieurs choses, dont entre autres la position du corps par rapport au billard et à la bille d’attaque. Tout doit être fait pour que l'œil directeur se trouve dans l’axe de visée, que l’avant-bras tenant le fût puisse avoir un mouvement de balancier sur ce même axe sans contrainte. Il n’y a pas vraiment de position « académique » mis à part de jouer en mettant la canne derrière soi, l’essentiel étant qu’elle soit stable et agréable. De même pour le chevalet, c’est-à-dire la position de la main posée sur le billard qui doit être stable et guider la flèche.

Le billard repose sur des lois physiques très simples, les billes étant parfaitement sphériques, les bandes rectilignes et perpendiculaires, et le tapis censé opposer une résistance constante au mouvement.

Connaître ces principes permet de prévoir la direction prise par la bille d’attaque après un choc. En jouant sur différents paramètres, on peut modifier cette direction et la rendre plus propice à la poursuite de l’objectif.

Notion de quantité

La quantité de bille est le terme utilisé pour quantifier la visée. Le but est ici d’avoir des points de références, c’est-à-dire de connaître le comportement dans des cas précis, afin d’en extrapoler le comportement dans la pratique.

Billard quantite bille.png

Considérons la bille blanche comme bille de choc. Le schéma représente ce que l’on peut voir en plaçant l'œil (directeur) sur l’axe de visée, qui passe par le centre de gravité de la blanche selon un vecteur parallèle à la table. La quantité de bille exprime intrinséquement le rapport du transfert d’énergie lors du choc entre les deux billes.

  • Viser « pleine bille » revient à aligner l’axe sur les 2 centres de gravité. Le transfert de masse lors du choc est entier, la bille de visée héritant de toute la force
  • Viser « 3/4 de bille » revient à aligner le centre de la bille de choc avec un point situé à la moitié du rayon de la bille de visée. Elle hérite des 3/4 de la force, 1/4 restant à la blanche
  • Viser « 1/2 de bille » aligne l’axe de visée sur la tangente de la bille visée. Le transfert est équivalent
  • Viser « 1/4 de bille » revient à aligner le centre de la bille de choc avec un point situé à l’extérieur de la bille de visée, à distance d’un demi rayon. Le rapport est cette fois 1/4 pour la visée, 3/4 pour la bille de choc.
  • Viser « Finesse » aligne le centre de la bille de choc avec un point à l’extérieur de la bille de visée à distance d’un rayon (en pratique un peu moins afin de garantir le contact). Seule une petite quantité de force est transmise à la bille de visée.

Conséquence évidente :

Appliquons une force à la bille de choc, lui permettant théoriquement de parcourir un mètre. Pour autant qu'on ne mette aucun effet, en visant pleine bille, la bille de choc s’arrête, et la bille de visée parcourt un mètre. En visant demi bille, les deux billes devraient parcourir chacune 50 centimètres, etc.

Les effets

La bille est mise en mouvement par le contact avec le procédé. Modifier le point de contact induit une rotation de la bille.

Billard effets ptcontact.png
Placer la queue pour faire les différent effets : (1) Massé , (2) Saut, (3) Coulé, (4) Pleine, (5) Rétro.

Frapper la bille en dehors de la zone jaune est risqué et inutile. Le procédé risque de glisser sur la bille, modifiant totalement la trajectoire, et provoquant généralement une faute de jeu. Afin d'éviter cela, le joueur applique sur le procédé de la craie, plus communement appelé du « bleu ». C'est une poudre conditionnée en cube qui augmente l'adhérence du procédé lorsqu'il entre en contact avec la bille de choc. Sans l'utilisation de la craie, la manipulation des effets serait impossible.

  • Frapper au centre est dit sans effet ou bille en tête ; l'effet "Carreau" est le cas où la bille de choc reste sur place après le contact avec la bille de but.
  • Frapper sous la ligne L2 donne un rétro, effet contraire au mouvement de la bille ;
  • Frapper au-dessus de la ligne L2 donne un coulé, effet favorable au mouvement ;
  • Frapper à gauche ou à droite de la ligne L1 induit un effet latéral.
La craie, ou « bleu », indispensable pour les effets

La force du coup entre également en jeu. L’effet s’oppose à la résistance du tapis, et donc perd graduellement de la puissance. On peut d’ailleurs considérer un coup au centre de puissance faible comme un léger coulé, la bille prenant un effet naturel dû à son mouvement. En revanche si le coup est fort, le coup est effectivement sans effet puisque la bille ne tourne pas sur elle-même, mais glisse sur le tapis.

Le coup de queue est primordial, et doit être adapté. Ce terme regroupe la puissance du coup, l’horizontalité de la queue, l’accompagnement ou non du mouvement, la fluidité du geste, etc. Un coup « pénétrant » est généralement préférable à un coup sec, il permet en effet d’obtenir un meilleur rendement entre l’effet imprimé et la vitesse de la bille.

D’une manière générale, l’utilisation d’effets complique les choses, puisqu’on ajoute un facteur à l’équation. Quand cela n’est pas nécessaire, il est préférable de l’éviter en se basant sur les principes suivants.

Éclatement naturel

On appelle « éclatement » la résultante du choc entre deux billes. Théoriquement un choc naturel (sans effet) modifie la trajectoire de la bille d’attaque et induit une trajectoire à la bille visée telle que leurs directions forment un angle de 90°.

Billard eclatement.png

Cet angle de 90° peut être modifié par les effets. Un effet rétro donne une rotation inverse au sens de déplacement. La bille a donc tendance à revenir sur elle-même. Cet effet augmente l’angle d’éclatement. Le coulé donne une rotation dans le sens du déplacement, la bille a donc tendance à continuer sur sa trajectoire initiale après le choc. Cet effet diminue l’angle d’éclatement. Les effets latéraux n’ont aucune incidence sur l’éclatement, à part dans certains cas extrêmes.

C’est toujours la trajectoire de la bille d’attaque qui est modifiée par ces effets, celle de la bille de visée étant définie uniquement par le point d’impact.

Réaction des bandes

Billard bande.png

En jouant sans effet, l’angle de réflexion égale l’angle d’incidence, comme en optique. Les effets latéraux ainsi que les effets rétro et coulé modifient l’angle de réflexion. La force du coup ainsi que la qualité et la hauteur des bandes modifient légèrement la réflexion. Voici une animation qui montre le fonctionnement du rebond avec l'égalité des angles d'incidence et de réflexion

Mise en corrélation des principes

Considérons un choc simple :

  • si l’on applique un effet rétro ou coulé à la bille de choc (cf. chapitres précédents), on modifie la distance qu'elle parcourt et la direction qu'elle prend après le choc, mais en aucune façon la direction et la distance parcourue par la bille visée. Si l'on applique un effet latéral à la bille de choc on modifie comme pour les effets rétros et coulés la distance qu'elle parcourt et la direction qu'elle prend après le choc ainsi que la direction de la bille visée .
  • plus la quantité de bille est faible, moins le rétro et le coulé ont d’influence sur la direction de la bille de choc. Il faut de « l’appui » pour que ces effets soient efficaces. Plus le mouvement originel de la bille est contrarié, plus l'effet a l'occasion de s'exprimer, puisqu'il va à l’encontre du mouvement originel. Une faible quantité de bille modifie peu la trajectoire d'origine.

Quantité de bande

  • La remarque précédente peut être transposée aux effets latéraux après un choc à la bande. Plus l’angle d’incidence est élevé, moins l’appui sur la bande est franc, et par conséquent l’effet moins efficace.

Chocs successifs

  • Lors de n’importe quel changement de trajectoire, une bille a tendance à prendre un effet naturel dû en grande partie à la résistance au mouvement du drap. C’est assez trivial, la bille étant sphérique. On peut constater facilement ce comportement sur plusieurs bandes successives.
  • Tout effet de la bille de choc induit un effet inverse sur la bille de visée, suivant le principe de l’engrenage. Si la bille de visée touche une bande (ou une autre bille) après l’éclatement initial, sa trajectoire naturelle peut en être modifiée. Bien sûr les « pertes » dues aux différents chocs et à la résistance du drap sont importantes. L'effet « induit » est donc diminué comparativement à celui imprimé à la bille de choc, jusqu'à devenir négligeable au fur et à mesure du temps et/ou des chocs successifs.

Expertise et hasard

On constate que si les principes de base sont très simples, la pratique peut devenir très complexe tant les paramètres sont nombreux. Ajoutons à cela les facteurs matériels, par exemple les différences de résistance des draps, d’élasticité des bandes, les impuretés potentielles pouvant dévier une trajectoire, etc. On imagine rapidement la maîtrise nécessaire aux joueurs avertis, et comprend les exigences matérielles des champions, comme dans tout sport.

Ces principes sont indépendants du mode de jeu, leur connaissance est utile à tous.

En revanche leur application peut varier d’un billard à l’autre, principalement à cause du matériel. Le drap d’un snooker n’est pas du même type que celui d’un billard français, le chauffage d’un billard influence le roulement et la prise des effets, de même la qualité des bandes, voire des billes.
Les points de référence quant à la force et aux effets varient donc d’une table à l’autre, même pour des billards de taille, marque et modèle identiques. Il est nécessaire d’adapter son jeu en fonction.

Y a-t-il une part de chance au billard ?

Bien sûr. Si le joueur peut maîtriser tous les paramètres sur un coup particulier, il ne le peut pas sur l’ensemble des coups d’une partie.
Cependant, plus le niveau est élevé, moins la chance entre en ligne de compte. Ce qui peut passer pour de la chance aux yeux du néophyte est souvent pour un bon joueur le fruit de son expérience et de sa réflexion.
On parlera plutôt de « réussite », lorsqu’un joueur tente un coup de manière réfléchie, mais un coup qu’il ne serait pas capable de reproduire à l’identique.
Lors des compétitions de très haut niveau, à l’instar de beaucoup d’autre sports ou jeux d’adresse, les tables sont récentes, les draps, bandes et billes sont neufs et nettoyés pendant et/ou entre les parties, ceci afin d’éviter les coups de chance ou de malchance liés au matériel. Dans le monde du billard professionnel, un coup de chance - notamment lorsqu'il s'agit de mettre la bille noire en fin de partie - s'appelle "un coup de panda".

Remarque

Comme dans beaucoup de disciplines, en regardant une compétition de très haut niveau on peut avoir une impression de facilité. Il faut néanmoins garder à l’esprit que d’une manière générale, plus la maîtrise du joueur est élevée, moins elle est visible. Dans le cas idéal d’une partie parfaitement maîtrisée, on ne verra pas de coup spectaculaire. Un coup hors du commun est généralement le résultat d’un précédent mal réalisé, d’une erreur de jugement ou d’une action défensive de l’adversaire.

Origine

Mythe ou réalité ?

Le nom du billard viendrait de son inventeur, un tailleur anglais vivant à Londres en 1560, prénommé Bill qui avait pour habitude de jouer avec les trois billes qui composaient son enseigne en les poussant sur son comptoir à l’aide de son mètre de couturier : d’où le nom donné au jeu : Bill’s yard (littéralement : « le mètre de Bill »).Cette anecdote, rapportée par un journaliste dans l'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux sous le titre inventif d'Histoire du billard, a été rapidement démontée, car le jeu existait déjà depuis trois siècles et les tables étaient apparues en 1469[2].

En France, les premières tables de billard seraient apparues à cause du climat. Les nobles adeptes du croquet voulant jouer quel que soit le temps auraient introduit une version du jeu adaptée à l’intérieur des bâtiments, et par la suite développé une version sur table en poussant les billes non plus avec la tête des cannes de crocket, mais avec l’extrémité du manche. Le mot « billard » est attesté en français dès le XIVe siècle, il dérive de « bille » (dans le sens de « pièce de bois », mot d'origine gauloise) et il est d'abord employé pour désigner « un bâton recourbé pour pousser les boules ». Les sens modernes (« jeu », « table », puis « maison où se tient le jeu » se développent à partir du XVIe siècle. Le terme ne dérive donc pas du mot « bille » (petite boule) comme on pourrait le penser.

En France

Les premières commandes de tables de billard dont il reste trace datent du XVe siècle, sous le règne de Louis XI. On raconte que c’est ce roi qui, souffrant de douleur de dos, aurait commandé à son ébéniste une table pour jouer au croquet à hauteur d’homme. Longtemps réservé à la noblesse, il semble se populariser au cours du XVIIIe siècle dans des salles publiques. Il est cependant bien loin du billard actuel.

Au XIXe siècle, de nouvelles techniques le rapprochent un peu de sa structure actuelle, et des modes de jeu que nous connaissons.

Il prend son essor après 1950, et sort peu à peu des salles obscures pour conquérir les salons des particuliers.

Si par le passé billard rimait avec salle glauque, enfumée et plus ou moins malfamée, ce n’est plus le cas de nos jours.

Substitution de l’ivoire par le celluloïd

En 1865, John Wesley Hyatt prit un brevet pour le celluloïd substituant l’ivoire des billes[3].

Le billard et l’art

Café de nuit de Vincent Van Gogh

Le billard est fréquemment utilisé en tant qu’élément de décor, en particulier dans le septième art. La salle de billard d’un particulier est un élément de statut soulignant son aisance financière. C’est souvent le décor de discussions tendues. La salle de billard enfumée d’un bar est au contraire souvent un lieu de détente, l’occasion de discussions entre amis. Le billard permet de souligner les qualités ou l’état d’esprit d’un personnage :

  • son sang-froid, sa précision dans le cas d’un coup réussi ;
  • sa fébrilité, sa surprise dans le cas d’un coup raté.

La partie de billard peut-être utilisée comme un ressort dramatique : elle fait l’objet d’un pari. Plusieurs films traitent du billard, le plus souvent sous l’angle des joueurs professionnels et des paris :

Ce jeu a également inspiré certains poètes, à l'image de Jacques-François Ancelot qui a écrit ce quatrain improprement attribué à Victor Hugo :

« J'ai joué, je ne sais plus où,
Sur un billard d'étrange sorte.
Les billes restent à la porte
Et la queue entre dans le trou. »

La règle de la Blanche

On entend souvent dire que la bille blanche doit être rentrée en 3 bandes, après la noire, pour déclarer le joueur vainqueur et la partie finie. Cette règle erronée viendrait du fait que la plupart des billards de café marchent à pièce de monnaie, ne permettant pas de jouer plus d'une partie. Les joueurs auraient mis en place ce système pour profiter au maximum du jeu, exploitant ainsi la totalité des billes. On reconnaît ainsi les joueurs inexpérimentés qui prôneront cette règle sous forme de vérité absolue alors qu'elle est totalement contraire aux règles en vigueur.

« Passer sur le billard »

Cette expression, signifiant passer sur la table d’opération, daterait de la Première Guerre mondiale, où, manquant de table d’opération, on aurait mit les blessés sur des tables de billard réquisitionnées.[réf. nécessaire]

Pendant la guerre de 1870, le café des Soquettes à Sedan, se serait transformé en hôpital provisoire. Les blessés du champ de bataille, dont le maréchal Mac-Mahon, auraient été soignés sur les tables de billard du restaurant. De là est peut-être née l’expression « passer sur le billard »[réf. nécessaire]

Autre hypothèse plausible, à la fin du XIXe siècle, la maison Heymen-Billard, fondée à l'origine par Louis Alexandre Billard (v 1809-1884), médecin et dentiste, fabrique sous le nom Billard des fauteuils dentaires. De par leur succès, le patient passait sur le billard, au sens de passer sur le fauteuil dentaire, l'expression aurait ainsi été étendue à l'ensemble des opérations chirurgicales[4].

Notes et références

  1. inventé par le joueur Tagareau en 1823
  2. voir l'ouvrage de Richard Lablée cité en source, page 15
  3. Recherches de John Wesley Hyatt, par Philippe Rouyer - Université de Rouen
  4. Henri Morgenstern, Les dentistes français au XIXe siècle, Editions L'Harmattan, Paris, 2009 [lire en ligne], p. 13 .

Bibliographie

  • Théorie mathématique des effets du jeu de billard. Paris, Carilian-Goeury, 1835. de Coriolis
  • Billard - Théorie du jeu. Paris, Chiron, 2004, de Petit R., livre préfacé par la FFB.
  • La pratique du billard. Revue Pour la Science, Avril 1998, disponible sur le site de vulgarisation scientifique http://www.regispetit.com/bil_pra.htm
  • Le billard - Histoire et règles du jeu. Paris, Hatier, 1992, de Richard Lablée. Préface de F. Dreher, président de la FFB

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