Symphonie nº 3 de Beethoven


Symphonie nº 3 de Beethoven
Symphonie no 3 en mi bémol majeur Opus 55
Image décrite ci-après
La première page de la partition d'Eroica , sur laquelle on peut voir la dédicace à Napoléon raturée.

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative env. de 45 à 50 min
Dédicataire À l'origine Napoléon Bonaparte
Création 7 avril 1805
Theater an der Wien Drapeau du Land de Vienne Vienne

La Symphonie n° 3 en mi bémol majeur, opus 55, de Ludwig van Beethoven (communément appelée Eroica - l'italien pour Héroïque) est une œuvre écrite entre 1803 et 1804, que plusieurs considèrent comme annonciatrice de l'aube du romantisme musical.

Sommaire

Composition et première représentation

Cette symphonie est l'une des œuvres les plus populaires de Beethoven. Elle fut tout d'abord nommée Sinfonia grande, intitolata Bonaparte, dédiée ainsi à Napoléon Bonaparte, que le compositeur admirait en tant qu'incarnation des idéaux de la Révolution française. Cependant, quand Napoléon fut proclamé empereur des Français en mai 1804, Beethoven fut apparemment si furieux qu'il effaça le nom Bonaparte de la page titre avec une force telle qu'il brisa sa plume et abîma le papier. Elle fut créée le 7 avril 1805 à Vienne[1].

Plus tard, lorsque l'œuvre fut publiée en 1806, Beethoven y inscrivit le titre Sinfonia eroica, composta per festeggiare il sovvenire d'un grand'uomo (Symphonie Héroïque, composée en mémoire d'un grand homme). En fin de compte elle sera dédiée au grand mécène de Beethoven, le Prince de Lobkowicz.

Orchestration

Elle est écrite pour orchestre symphonique et dure entre 45 et 50 minutes.

Instrumentation de la troisième symphonie
Cordes
Premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses

Bois
2 flûtes, 2 hautbois,

2 clarinettes en si♭, 2 bassons

Cuivres
3 cors en mi♭ et en ut,

2 trompettes en mi♭ et en ut

Percussions
2 timbales (mi♭ et si♭)

Structure

La pièce, comme la plupart des symphonies classiques, est en quatre mouvements :


.
I
Allegro con brio
- 3/4 -
blanche pointée = 60 mi majeur
Marcia funebre
II
Adagio assai - 2/4 -
croche = 80
do mineur
do majeur
do mineur
Scherzo
III
Allegro vivace
Alla breve
Tempo primo
- 3/4 -
- 2/2 -
- 3/4 -
blanche pointée = 116
ronde = 116 (4 mes.)
blanche pointée = 116
mi majeur
Finale
IV
Allegro molto
Poco Andante
Presto
- 2/4 -
blanche = 76
croche = 108
croche = 116
mi majeur

Note : Dans le premier mouvement, à la fin de l'exposition, Beethoven indique une reprise. Elle était généralement omise jusqu'à la fin des années 1950, mais elle est maintenant habituellement incluse.

Analyse

Premier mouvement

Deux accords brefs et théâtraux en mi bémol majeur introduisent l'œuvre, avant la première exposition du thème principal « héroïque » aux violoncelles puis aux violons. Les bois ensuite se relaient sur ce thème avant qu'un crescendo le porte aux cors et trompettes. Le doux deuxième thème, long d'une mesure seulement, subit un traitement analogue, et est suivi par un assez long passage orchestral énergique dont le caractère est véritablement héroïque, comportant une variation sur le thème principal. Ce passage est ensuite modifié et repris plus calmement avant qu'un nouveau crescendo emporte le tout vers six accords de dominante, lourdement assénés par l'orchestre. Un pont nous conduit au développement où le thème principal est omniprésent et où les passages énergiques de l'exposition sont repris et enrichis. Le milieu du développement est remarquable car c'est une succession d'une cinquantaine d'accords dissonants fortissimo, produisant un effet d'insistance véhémente. Un très beau thème mélodique aux bois s'ajoute alors, et tous les échanges orchestraux qui suivent mènent à un descrescendo aboutissant à la fameuse fausse entrée du cor, quatre mesures avant l'accord fortissimo (voir la rubrique Anecdotes) annonçant la réexposition. Celle-ci, semblable au début dans sa structure, comporte quelques modifications d'ordre mélodique et d'orchestration. Enfin, une longue coda arrive où le motif héroïque continue de résonner avant de s'éteindre.

Des réminiscences de la réexposition envahissent les cordes, avant que le motif héroïque revienne en mineur aux hautbois et clarinettes en crescendo et decrescendo, tandis que les cordes deviennent nostalgiques. Le basson entonne de nouveau le motif héroïque en majeur en crescendo, contrepointé par les motifs vifs des cordes, puis un imposant ostinato rythmique des cors et trompettes, jusqu'au fortissimo général plein de magnificence où sont clamés avec force le motif héroïque et l'ostinato. Enfin, un passage de l'exposition initiale mène à une série d'accords parfaits conduisant à la cadence parfaite finale.

Dans le premier mouvement juste avant la récapitulation, le cor d'harmonie fait son entrée en solo sur le thème principal, en légère dissonance avec le reste des instruments, quatre mesures avant la « vraie » entrée. Le disciple de Beethoven, Ferdinand Ries, racontait :

« La première répétition de la symphonie fut terrible, mais le corniste entra pile au moment prévu. Je me tenais à côté de Beethoven et, croyant que le musicien avait fait une entrée hâtive, je dis : « Ce maudit corniste ! Ne sait-il pas compter ? Cela sonne affreusement faux ! » Je crois que j'ai été à deux doigts de me faire chauffer les oreilles. Il a fallu un long moment avant que Beethoven ne me pardonne. »
Eroica 1. Satz Hauptthema.JPG
Début du 1er thème en mi majeur

Deuxième mouvement

Troisième mouvement

Quatrième mouvement

Réactions de la critique

L'œuvre est considérée comme un élément déterminant de l'histoire de la musique classique pour plusieurs raisons. D'abord par sa durée, cette pièce est environ deux fois plus longue que toutes les symphonies de Haydn ou de Mozart. Le premier mouvement à lui seul est presque aussi long que la totalité de plusieurs symphonies classiques. Dans cette œuvre, Beethoven couvre aussi beaucoup plus de terrain émotionnel que ses précurseurs : en effet, la symphonie « Eroica » est souvent considérée comme la marque du début de la période romantique en musique. Le deuxième mouvement, en particulier, dépeint un grand spectre d'émotions, passant de la misère du thème de marche funèbre jusqu'au réconfort qu'inspirent les épisodes en gamme majeure. Le finale de la symphonie montre une portée émotionnelle similaire et incarne une importance au sein du plan d'ensemble qui est inédite à ce point de l'histoire musicale. Alors que dans les précédentes symphonies le finale était une conclusion rapide et enjouée, il est ici une longue série de variations et de fugues sur un thème que Beethoven avait déjà écrit pour la musique de son ballet Les Créatures de Prométhée.

Le critique musical J.W.N. Sullivan décrit le premier mouvement comme une expression du courage de Beethoven confrontant sa surdité, le deuxième comme lent et funeste, représentant son immense désespoir, le troisième, le scherzo, comme une « indomptable révolte d'énergie créative » et le quatrième mouvement comme une effusion exubérante de la même énergie.

Usage moderne

Le deuxième mouvement, une marche funèbre, est souvent joué lors d'occasions commémoratives ; l'œuvre entière est parfois même exécutée. Serge Koussevitzky la dirigea à la mort du président Franklin Delano Roosevelt, et Bruno Walter fit la même chose pour Arturo Toscanini.

Le deuxième mouvement fut utilisé comme hymne funèbre lors de la cérémonie commémorative qui suivit le Massacre de Munich, attaque terroriste qui eut lieu durant les Jeux olympiques d'été de 1972.

Repères discographiques

(qualifiée de « la plus grande interprétation de tous les temps de la plus grande symphonie de tous les temps »[2])

Notes et références

  1. La chronologie de l'histoire de la musique, par Gérard Garsi
  2. Guide de la Musique classique, Diapason, Éditions Robert Laffont

Sources

Liens externes


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