Bernard Pivot

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Bernard Pivot
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Bernard Pivot au Salon du livre de Paris en mars 2009

Bernard Pivot, n√© le 5 mai 1935 √† Lyon, est un journaliste et critique litt√©raire fran√ßais, animateur d'√©missions culturelles √† la t√©l√©vision.

Sommaire

Biographie

Il na√ģt le 5 mai 1935 √† Lyon, de parents √©piciers. Durant la Seconde Guerre mondiale, son p√®re est fait prisonnier en Allemagne, et sa m√®re se replie dans la maison familiale, √† Quinci√©-en-Beaujolais, o√Ļ Bernard Pivot va √† l'√©cole de l'√Ęge de 6 √† 10 ans[1]. En 1945, Charles Pivot revient et la famille retourne √† Lyon, avenue du Mar√©chal-Foch dans le 6e arrondissement, reprendre leur commerce. √Ä 10 ans, Bernard est plac√© en pension religieuse au pensionnat Saint-Louis[1]. Il s'y d√©couvre une passion pour le sport, ce qui fera ¬ę oublier ¬Ľ √† ses ma√ģtres sa m√©diocrit√© dans les autres mati√®res, √† l'exception du fran√ßais et de l'histoire.

Lycéen puis étudiant en droit à Lyon, le jeune Bernard Pivot s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1955[1]. Il y rencontre sa future épouse, Monique, et en sort vice-major de sa promotion. Après un stage au Progrès, à Lyon, il se forme au journalisme économique pendant un an, puis intègre le Figaro littéraire en 1958.

En 1970, il anime une chronique quotidienne √† la radio mi-s√©rieuse mi-comique, sans h√©siter √† aborder des sujets politiques, ce que n'appr√©cie que mod√©r√©ment le pr√©sident de la R√©publique Georges Pompidou. En 1971, le Figaro litt√©raire dispara√ģt et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro. Il d√©missionne en 1974 apr√®s un d√©saccord avec Jean d'Ormesson. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine qui d√©bouche, un an plus tard, sur la cr√©ation du magazine Lire.

Entre-temps, il anime, √† partir d'avril 1973, Ouvrez les Guillemets, sur la premi√®re cha√ģne. En 1974, l'ORTF √©clate et Bernard Pivot lance l'√©mission Apostrophes, dont le premier num√©ro est diffus√© sur ¬ę Antenne 2 ¬Ľ le 10 janvier 1975 en rempla√ßement de l'√©mission de Marc Gilbert, Italiques, dans laquelle il avait fait sa premi√®re apparition. Cette √©mission s'arr√™te en 1990, et Bernard Pivot cr√©e Bouillon de culture, qui cherche √† s'int√©resser √† un horizon plus large que les seuls livres (m√©lange de litt√©rature, de cin√©ma et d'art). La derni√®re √©mission, en juin 2001, est un √©v√©nement dans le monde de l'√©dition et des m√©dias.

En 1987, il obtient le Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports pour ses chroniques sportives.

Il a √©galement tenu quelque temps dans Le Point une chronique souvent spirituelle, mais dont le titre pouvait agacer plus d'un lecteur : ¬ę Riez, nous ferons le reste ¬Ľ.

De janvier 2002 √† d√©cembre 2005, Bernard Pivot part √† la rencontre des √©trangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue fran√ßaises √† leur culture originelle. Il s'agit de portraits d'hommes et de femmes qui cultivent leur ¬ę double je ¬Ľ. Cette √©mission, intitul√©e Double je, est diffus√©e une fois par mois sur France 2 le dimanche soir.

Il est également chroniqueur littéraire au Journal du dimanche (Archives disponibles sur le site du JDD).

Le 5 octobre 2004, il est √©lu √† l'Acad√©mie Goncourt. Il est le premier non-√©crivain √† y √™tre √©lu. Son importance dans le monde de la critique litt√©raire explique cette exception.

En 2008, on le revoit sur TF1 pour une √©mission sp√©ciale Fran√ßais, la Grande interro! avec Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault, dans le r√īle d'arbitre et de "ma√ģtre" expliquant les r√®gles de grammaire et tout ce qu'il fallait savoir sur chacune des r√©ponses.

Bernard Pivot est membre de l'Académie Goncourt depuis 2004. Il est à noter qu'il est le premier membre non écrivain. Il explique lors de l'émission "Thé ou café" de Catherine Ceylac dont il est l'invité le 21 mai 2011, qu'il lui paraissait non déontologique de publier des livres en concurrence avec les invités de ses célèbres émissions télévisées ("Apostrophes" et "Bouillon de culture"). Il a obtenu le prix Alphonse Allais en 2009.

Les Dicos d'or

En 1985, avec la linguiste Micheline Sommant, il lance les Championnats de France d'orthographe qui deviennent, en 1988 et pour quatre ans les Championnats du monde d'orthographe avant de devenir les Dicos d'or, de nouveau restreints à la France.

Ces √©preuves annuelles se d√©roulent en trois phases :

  • Au printemps, des tests de s√©lection sont organis√©s dans la presse, en particulier dans le magazine Lire, et dans certaines collectivit√©s (√©tablissements scolaires...). Ces tests sont des questionnaires √† choix multiples ;
  • √Ä l'automne, les laur√©ats des tests pr√©liminaires sont r√©unis par r√©gion afin de participer √† la demi-finale (QCM et dict√©e) ;
  • Puis, √† l'hiver, les laur√©ats de chaque cat√©gorie sont r√©unis en un lieu unique pour la finale.

Il existe quatre cat√©gories : juniors scolaires, juniors, seniors professionnels et seniors amateurs.

La participation à ces Dicos d'or est totalement gratuite, si ce n'est l'achat du magazine obligatoire pour obtenir les questionnaires.

Les Dicos d'or s'ach√®vent avec la derni√®re finale du 23 janvier 2005[2].

Fin novembre 2005 se d√©roule enfin une super finale non ouverte au public car r√©serv√©e aux vainqueurs de toutes les √©ditions pr√©c√©dentes. Enregistr√©e au Coll√®ge de France le samedi 26 novembre 2005 et diffus√©e sur France 3 le lendemain, elle r√©unit 84 champions (dont 23 ayant fait z√©ro faute). La difficult√© particuli√®rement accrue cette fois-ci fit que seuls 5 champions purent se glorifier du 0 faute. Le grand gagnant de cette finale, un ing√©nieur en informatique, est Philippe Loriot (il fera remarquer, avec beaucoup d'humour, la quasi-impossibilit√© pour un ordinateur de se mesurer √† l'homme dans un tel exercice, contrairement par exemple aux √©checs).

Bernard Pivot et James Lipton

L'Am√©ricain James Lipton tombe, au hasard d'un zapping, sur une √©mission d'une cha√ģne c√Ębl√©e o√Ļ il voit des Fran√ßais discuter autour d'un bon vin. ¬ę Ah, dit-il, il y en a qui prennent du bon temps ! ¬Ľ. Il regarde machinalement l'√©mission, qui est sous-titr√©e. Il d√©couvre que la conversation se d√©roule √† b√Ętons rompus, qu'il s'y dit des choses concernant des sujets inattendus, que l'√©mission poss√®de un ¬ę fond ¬Ľ, contrairement √† ce qu'il a vu jusqu'√† pr√©sent (o√Ļ un artiste ne passait √† la t√©l√©vision que pour faire une promotion de sa derni√®re Ňďuvre, selon lui). ¬ę Voil√† la t√©l√© qu'il faut faire ! ¬Ľ, s'exclame-t-il, et il cr√©e sous cette inspiration son √©mission Inside the Actors Studio, au succ√®s qui le rend c√©l√®bre.

Invariablement, en fin d'√©mission, il soumet ses invit√©s √† un questionnaire, qui est celui du great Bernard Pivot, in Apostrophes and Bouillon de culture (il reprend d√©lib√©r√©ment cette expression rituelle √† chaque fois). Celui-ci en effet avait imagin√© un petit questionnaire √† la mani√®re de Marcel Proust qu'il pose rituellement aussi √† ses invit√©s. James Lipton n'en a modifi√© qu'une question : ¬ę Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise le jour de votre mort ? ¬Ľ, jug√©e trop brutale pour ce public et remplac√©e par ¬ę Si le paradis existe, qu'aimeriez-vous que Dieu vous dise le jour de votre mort ? ¬Ľ, plus acceptable pour ce m√™me public.

La chose finit par arriver aux oreilles de Pivot, qui regarde l'une des émissions de Lipton à son tour et s'étonne de constater que son travail inspire un alter ego en Amérique du Nord.

Lors de la pr√©paration de la derni√®re de ¬ę Bouillon de culture ¬Ľ, il envoie une lettre √† James Lipton - qu'il n'a jamais rencontr√© personnellement - commen√ßant par ¬ę Cher ami-rateur ¬Ľ. Il l'invite √† l'√©mission de cl√īture. Lipton accepte avec enthousiasme. ¬ę Moi, passer chez Pivot ? ¬Ľ, d√©clare-t-il √† la presse fran√ßaise qui l'interroge sur le sujet, ¬ę Mon cŇďur risque de s'arr√™ter net ! ¬Ľ.

James Lipton cherche actuellement à faire doubler en anglais les émissions existantes d’Apostrophes et Bouillon de culture, le public américain n'aimant guère lire des sous-titres.

Anecdotes

  • Intervenant le 4 ao√Ľt 2008 au "20 heures", le journal t√©l√©vis√© de France 2, √† l‚Äôoccasion de la mort de Soljenitsyne, Bernard Pivot a dit √† propos de L'Archipel du Goulag : ¬ę Quand ce livre est sorti en fran√ßais, en 1973, il n‚Äôy avait que les sourds et les aveugles qui ignoraient qu‚Äôil y avait un goulag en URSS ¬Ľ.
  • Il est le parrain de la promotion 2007-2008 de l'√©cole de journalisme "Nouvelles" √† Nice.
  • Le sketch humoristique auditif "La dict√©e de Pivot" de la s√©rie "Les 2 minutes du Peuple" (du qu√©b√©cois Fran√ßois P√©russe) est un clin d'oeil et hommage √† Bernard Pivot.
  • En 2011, dans l'√©mission "Vivement dimanche" anim√©e par Michel Drucker il dit lire en moyenne entre 8 et 10 heures par jour

Publications

  • L'Amour en vogue, roman, Calmann-L√©vy, 1959.
  • La vie oh l√† l√† !, chroniques, Grasset, 1966.
  • Les critiques litt√©raires, essai, Flammarion, 1968.
  • Texte de l'album Beaujolaises, Ch√™ne, 1978.
  • Le Football en vert, livre sur l'A.S. Saint-√Čtienne, Hachette-Gamma, 1980.
  • Pr√©sentation de √Čcrire, lire et en parler. Dix ann√©es de litt√©rature mondiale en 55 interviews publi√©es dans Lire, sous la direction de Pierre Boncenne, Robert Laffont, 1985.
  • Pr√©face √† La Biblioth√®que id√©ale, sous la direction de Pierre Boncenne, Nouvelle √©dition, 1988.
  • Le Livre de l'orthographe, pr√©sentation de Bernard Pivot, 1989.
  • Remontrance √† la m√©nag√®re de moins de 50 ans, Plon, 1998.
  • Le m√©tier de lire, r√©ponses √† Pierre Nora, Gallimard, 1990. R√©√©dit√© et compl√©t√©, Folio, juin 2001.
  • Pr√©face √† Cuisine en famille de Georges Blanc, Albin Michel, 1999.
  • 100 mots √† sauver, Albin Michel, 2004.
  • Les Dict√©es de Bernard Pivot, Albin Michel, 2006.
  • Dictionnaire amoureux du vin, Plon, 2006.
  • 100 expressions √† sauver, Albin Michel, 2008.
  • Les mots de ma vie, autobiographie, Albin Michel, 2011.

Voir aussi

Liens externes

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ a, b et c √Čmission Empreintes - Bernard Pivot sur France 5 en octobre 2010.
  2. ‚ÜĎ gagnant de cette 19e √©dition : Guillaume Terrien

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