Berlin-Ouest

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Berlin-Ouest

Berlin-Ouest

West Berlin en
West-Berlin de

1949 – 1990

Drapeau

Drapeau

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Les quatre secteurs d’occupation de Berlin. Berlin-Ouest comprend les zones en bleu clair, bleu foncĂ© et mauve.

Informations générales
Statut Territoire occupé sous administration militaire alliée
Capitale Berlin (de facto)
Langue Anglais, français, allemand
Histoire et Ă©vĂšnements
1949 Création
12 septembre 1990 Traité de Moscou
3 octobre 1990 RĂ©unification

EntitĂ©s prĂ©cĂ©dentes :

EntitĂ©s suivantes :

Berlin-Ouest est la dĂ©nomination courante pour la partie de Berlin qui en 1945, aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, fut contrĂŽlĂ©e par les trois puissances occidentales victorieuses : les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Berlin-Est, par contre, Ă©tait sous contrĂŽle soviĂ©tique et constituait la capitale de la RĂ©publique dĂ©mocratique allemande, dans laquelle Berlin-Ouest Ă©tait enclavĂ©e.

Sommaire

Généralités

L’écriture « Berlin-Ouest Â» est celle dont on a pris l’habitude ; pour ĂȘtre rigoureux politiquement du point de vue occidental, elle devrait ĂȘtre remplacĂ©e par Berlin (Ouest). En RDA, par contre, il Ă©tait Ă©crit dans un sens limitatif voulu UnitĂ© politique autonome Ouest-berlinoise, ou, en abrĂ©gĂ©, comme le permet la langue allemande, Berlin-Ouest en un seul mot (Westberlin), tandis que « Berlin, Hauptstadt der DDR Â», y compris le quartier du Centre, signifiait « Berlin, capitale de la RDA Â» et dĂ©signait Berlin-Est. À l’époque de la guerre froide, il Ă©tait possible de dĂ©celer l’origine ou l’orientation politique d’un texte par ce critĂšre orthographique. La nomenclature de la RDA Ă©tait censĂ©e tout d’abord donner l’impression d’un territoire gĂ©ographiquement autonome. Elle devait d’une part souligner une autonomie importante de Berlin-Ouest (par rapport Ă  la RFA), et d’autre part Ă©viter que la partie orientale de la ville, dĂ©signĂ©e par le terme de : Hauptstadt der DDR (capitale de la RDA), n’apparaisse que comme la moitiĂ© de la ville, cimentant par lĂ  le concept d’une division dĂ©finitive de celle-ci.

Histoire

Arrivées des forces occidentales

Nom des différents districts de Berlin-Ouest

Suite Ă  la confĂ©rence de Yalta, tenue du 2 au 11 fĂ©vrier 1945, les AlliĂ©s de la Seconde Guerre mondiale s’accordĂšrent pour diviser l’Allemagne en quatre secteurs d’occupation, l’ancienne capitale du TroisiĂšme Reich, Berlin fut Ă©galement concernĂ© par ce plan de partage.

En vertu de l'application de ces accords, l'ArmĂ©e rouge qui occupaient jusqu'alors en totalitĂ© la ville, Ă©vacuĂšrent donc pendant l’étĂ© 1945 les districts ouest, oĂč elle avait combattu les derniers nids de rĂ©sistance nazie au printemps. Les occidentaux s’y installĂšrent et chacun de ces districts ouest furent rĂ©partis sous l’autoritĂ© de l’un des alliĂ©s :

Scission administrative du Grand Berlin

DĂšs le mois de mai 1945 aprĂšs la signature de la capitulation allemande, Les soviĂ©tiques avaient investi un premier magistrat Ă  leur solde en la personne d’Arthur Werner ainsi qu’un gouvernement provisoire composĂ© d’anciens membres du KPD allemand qui avait auparavant Ă©tĂ© dissout.

Les premiĂšres Ă©lections municipales d’aprĂšs-guerre eurent lieu le 20 octobre 1946 dans les quatre secteurs d’occupation et se soldĂšrent par une nette victoire du SPD devant la CDU et le SED communiste. Mais une opposition politique croissante tant dans l’administration quotidienne de la ville que dans les dĂ©libĂ©rations du conseil municipal se dĂ©veloppa, allant jusqu’à des Ă©meutes et des occupations de locaux dans les secteurs ouest, une agitation probablement alimentĂ©e par les communistes, bien que dĂ©savouĂ©e officiellement par les Ă©lus du SED.

Un nouveau scrutin municipal devait se tenir le 5 dĂ©cembre 1948, mais il ne fut organisĂ© que dans les secteurs ouest, les autoritĂ©s soviĂ©tiques l’ayant interdit dans celui qu’elles administraient. Suite Ă  ces Ă©lections, Ernst Reuter fut dĂ©signĂ© comme maire.

Cependant, avant le scrutin, les Ă©lus du SED avaient organisĂ© de leur cĂŽtĂ© dĂšs le 30 novembre un « conseil des reprĂ©sentants de quartier Â» auquel participaient de prĂ©tendues dĂ©lĂ©gations des usines de la zone Est. Ce conseil dĂ©cida de rĂ©investir dans ses fonctions Arthur Werner, le premier magistrat loyaliste, et nomma Friedrich Ebert junior (le propre fils du dĂ©funt prĂ©sident de la RĂ©publique) comme maire de l’agglomĂ©ration du Grand Berlin, celui-ci ne fut donc pas reconnu comme tel dans les secteurs ouest de la ville. La division politique et administrative de la ville devint donc dĂ©finitive.

La municipalitĂ© de Berlin-Ouest ne tarda pas Ă  s’installer au Rathaus Schöneberg, l’hĂŽtel de ville du district de Schöneberg en secteur amĂ©ricain (les locaux du Rotes Rathaus, l’hĂŽtel de ville central, Ă©tant occupĂ© par la municipalitĂ© communiste).

Le blocus

Article dĂ©taillĂ© : Blocus de Berlin.

TrĂšs vite, l’enclavement de Berlin-Ouest permit aux soviĂ©tiques de faire pression sur les Occidentaux pour les amener Ă  la table des nĂ©gociations afin de conserver la prĂ©tendue unitĂ© de l’Allemagne, qui selon eux Ă©tait menacĂ©e par les projets de rĂ©forme monĂ©taire devant ĂȘtre opĂ©rĂ©e dans la Trizone.

DĂšs le 1er avril 1948, les premiĂšres restrictions de circulation sont appliquĂ©es contre les personnels AlliĂ©s devant transiter par la zone soviĂ©tique. DĂ©sormais, les mesures iront crescendo.

La crĂ©ation effective du Deutsche Mark le 20 juin 1948 incita les soviĂ©tiques Ă  mettre en place un blocus total du secteur Ouest en violation complĂšte de l’accord quadripartite organisant le ravitaillement de l’ensemble de la ville.

En rĂ©action, les Occidentaux organisent un formidable pont aĂ©rien reliant Berlin-Ouest au reste de Allemagne occidentale, lui Ă©vitant ainsi l’asphyxie. Les moyens employĂ©s laissent Ă  penser que le pont aurait pu durer indĂ©finiment.

Face Ă  cette dĂ©termination, et grĂące l’organisation d’un contre-blocus privant notamment le secteur soviĂ©tique du charbon de la Ruhr, l’URSS finit par lever le blocus le 12 mai 1949 Ă  0 heure.

La guerre froide vient de commencer.

Berlin-Ouest, vitrine du monde occidental

À la suite de cet Ă©pisode, la partie ouest de la ville, Ăźlot du « Monde libre Â» (selon la terminologie occidentale) au milieu d’un « OcĂ©an communiste Â», sera trĂšs vite promue comme vitrine du systĂšme capitaliste et fut donc, Ă  ce titre, massivement subventionnĂ©e par le gouvernement de la RFA naissante, aide qui couvraient plus de la moitiĂ© de son budget.

Ainsi, les entrepreneurs reçurent des aides considĂ©rables comme la « prime Zitter Â», un prĂȘt Ă  6% garantis, qui Ă©tait censĂ© pallier le manque chronique de main-d’Ɠuvre. Les salariĂ©s berlinois mĂȘme Ă©taient choyĂ©s : une prime spĂ©cifique (le Berlinzuschlag) leur Ă©tait versĂ©e, rĂ©compensant leur fidĂ©litĂ© Ă  la ville.

GrĂące Ă  ces mesures, Berlin ne tarda pas Ă  retrouver alors le dynamisme qu'elle avait auparavant. MĂȘme si historiquement, l’industrie a toujours eu un poids important dans l’économie locale et notamment lors de la reconstruction et dĂ©veloppement Ă©conomique de la ville; les sociĂ©tĂ©s de service laissĂšrent aussi leurs empreintes et devinrent parmi les plus gros employeurs. Mais ce fut cependant la fonction publique qui resta le premier pourvoyeur d’emploi.

Les chantiers de reconstruction donnĂšrent l’occasion Ă  de nombreux architectes de dĂ©montrer leur talent, tel : Le Corbusier avec son UnitĂ© d’habitation qui fit construire en 1957 Ă  Charlottenburg. Le KurfĂŒrstendamm devint le nouvel Ă©picentre de vie ouest-berlinois : le Kaufhaus des Westens (le fameux "KaDeWe"), le plus vaste des grand magasin d’Europe, qui se trouve Ă  proximitĂ©, fut rouvert dĂšs 1950.

Berlin-Ouest se dota Ă©galement de nouveaux Ă©quipements et institutions de grande qualitĂ© : dĂšs 1948 fut fondĂ© l’universitĂ© libre de Berlin (qui deviendra bientĂŽt la rivale de la vĂ©nĂ©rable universitĂ© Humboldt de Berlin-Est), ainsi que l’universitĂ© technique de Berlin. Parmi les autres projets significatifs qui virent le jour Ă  l’Ouest durant cette pĂ©riode, citons la rocade autoroutiĂšre, la Deutschlandhalle et le Deutsche Oper Berlin.

Le Mur

Article dĂ©taillĂ© : Mur de Berlin.
Les secteurs d’occupation de Berlin, avec le tracĂ© du Mur (en orange) et les points de passage (1989)

Cette opulence qui rĂ©gnait Ă  l’ouest de la ville ne tarda pas Ă  attirer un nombre croissant de citoyens de la RĂ©publique dĂ©mocratique allemande en quĂȘte de libertĂ©, d’autant plus que cette frontiĂšre urbaine Ă©tait difficilement contrĂŽlable, contrairement aux zones rurales qui elles, Ă©taient dĂ©jĂ  trĂšs surveillĂ©es. Ainsi entre 1949 et 1961, de 2,6 Ă  3,6 millions Allemands fuirent le rĂ©gime communiste, privant celui-ci d’une main-d’Ɠuvre indispensable au bon fonctionnement de son Ă©conomie, Ă  tel point qu’en 1961, la RDA Ă©tait au bord de l’effondrement Ă©conomique et social.

Afin d’éviter cette issue nĂ©faste, le gouvernement de Berlin-Est se devait donc d’agir. Dans la nuit du 12 au 13 aout 1961, des Ă©quipes de maçons placĂ©s sous la protection et la surveillance de policiers et de soldats posent les premiers grillages et barbelĂ©s autour des 165 km de frontiĂšre sĂ©parant Berlin-Ouest de la RDA. Ces installations provisoires seront bientĂŽt remplacĂ©es par un mur de briques, puis de bĂ©ton armĂ©, haut de 3,6 mĂštres. Le tout Ă©quipĂ© de plus de 300 miradors, de chevaux de Frise, d’alarme Ă  dĂ©tection de contact au sol et placĂ©s dans un no man's land de 30 Ă  500 mĂštres de large encerclĂ© lui aussi par un deuxiĂšme mur d’une hauteur de 2 Ă  3 m.

25 points de passage furent amĂ©nagĂ©s Ă  travers le Mur et reprĂ©sentaient 60% du total des passages entre RDA et RFA (via Berlin-Ouest) :

  • 13 par la route (dont le fameux Checkpoint Charlie, qui Ă©tait rĂ©servĂ© aux Ă©trangers et aux diplomates ; ainsi que Checkpoint Bravo)
  • 4 par voie ferrĂ©e
  • 8 par voie d’eau

À la veille de la chute du mur en novembre 1989, 1 500 soldats et 500 civils Ă©taient affectĂ©s Ă  sa surveillance permanente.

Les conditions d’accĂšs Ă  Berlin-Ouest imposĂ©es par les autoritĂ©s est-allemandes furent draconiennes :

  • Les passages aux frontiĂšres firent l’objet d’une paperasserie longue et fastidieuse
  • Le transit aĂ©rien au-dessus du territoire de la RDA ne pouvait se faire que par l’intermĂ©diaire de couloirs aĂ©riens partant des aĂ©roports de Hambourg, Francfort-sur-le-Main, Munich et rejoignant celui de Tegel, le principal aĂ©roport berlinois.
  • Le transit ferroviaire imposait aux trains venant de l’Ouest et circulant sur trois axes prĂ©-dĂ©finis de ne pas s’arrĂȘter en territoire est-allemand.
  • Le transit routier se faisait par trois « autoroutes de transit Â», sur lesquelles les conducteurs occidentaux ne pouvaient s’arrĂȘter que sur des aires de repos et des stations-services qui leur Ă©taient spĂ©cialement rĂ©servĂ©s. Celles-ci Ă©taient Ă©quipĂ©s de magasins d’États qui offraient des produits occidentaux payables en Deutsche Mark (ces endroits Ă©taient donc thĂ©oriquement interdits aux Allemands de l’Est).
  • Les rapports entre citoyens de la RDA et les voyageurs occidentaux en transit furent prohibĂ©s. Il Ă©tait donc fortement dĂ©conseillĂ© de laisser traĂźner dans les lieux publics toutes sortes de publication (livres, brochures, revues, magazines, cassettes audio ou vidĂ©o, etc
) ou d’offrir le moindre cadeau Ă  un citoyen est-allemand.

La construction du Mur de Berlin ne souleva pas de protestation des occidentaux, puisqu’il reprĂ©sentait dĂšs lors une confirmation matĂ©rielle d’un statu quo : les SoviĂ©tiques abandonnant de ce fait leurs exigences d’une ville « libre Â», prĂ©tention dĂ©jĂ  formulĂ©e lors de l’ultimatum de Khrouchtchev en 1958. Seul le maire de l’époque, le futur chancelier Willy Brandt arrivera Ă  mobiliser le 16 aoĂ»t 1961, 300 000 personnes au cours d’une manifestation devant le « Rathaus Schöneberg Â», siĂšge du gouvernement de Berlin-Ouest.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© scindĂ©e en deux politiquement, administrativement, puis enfin Ă©conomiquement, la ville de Berlin fut dĂ©sormais sĂ©parĂ©e physiquement. Nombreuses seront les familles berlinoises brisĂ©es par ce mur que l’on surnommera bientĂŽt le « mur de la Honte Â» et qui restera debout pendant les 28 annĂ©es qui suivirent.

Un dynamisme galvanisé

L’isolement physique de Berlin n’entamera en rien le dynamisme Ă©conomique, social et culturel de ses habitants, bien au contraire. La partie occidentale devint plus exubĂ©rante et plus libertaire encore.

TĂ©moins de cet engouement, de nouvelles constructions, parfois les plus avant-gardistes, continuaient Ă  sortir de terre : la Philharmonie de Berlin, l’Europa-Center, la citĂ© de Gropiusstadt.

L’aĂ©roport de Tegel se dota lui aussi de structures modernes et le rĂ©seau du mĂ©tro de Berlin connut l’une des expansions les plus importantes de son histoire.

En 1974, on rĂ©nova le stade olympique Ă  l’occasion de la Coupe du monde de football.

Cependant, ces choix de sociĂ©tĂ© interpellĂšrent durant l’annĂ©e 1968, les Ă©tudiants de l’UniversitĂ© Libre ne tardant Ă  devenir le foyer d’une rĂ©volte qui enflammera bientĂŽt toute la population ouest-berlinoise. À l’instar d’évĂ©nements similaires en France, les rues furent le thĂ©Ăątre de violents affrontements entre policiers et manifestants.

Mais, la crise demeura et elle fut relayĂ©e quelques annĂ©es plus tard, par une crise du logement conjuguĂ©e Ă  une spĂ©culation immobiliĂšre effrĂ©nĂ©e entraĂźnant une multiplication des appartements inoccupĂ©s. C’est dans le district de Kreuzberg, foyer traditionnel de mouvements gauchistes, que fut crĂ©Ă© Ă  la fin des annĂ©es 1970 un "mouvement de sans-abris" particuliĂšrement massif et entreprenant. Ce mouvement atteignit son paroxysme en juillet 1981 en occupant jusqu’à 165 logements. Presque la moitiĂ© de ces squats furent rĂ©gularisĂ©s trois ans plus tard et les autres furent Ă©vacuĂ©s.

De 1982 Ă  1986, Berlin-Ouest (tout comme sa jumelle Berlin-Est) entreprit de grands travaux d’embellissement pour fĂȘter les 750 ans de la citĂ©. Ainsi, on fit reconstruire la Breitscheidplatz et on rĂ©habilita les gares de banlieue et les stations de mĂ©tro.

La réunification

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©unification allemande.

La situation qui Ă©tait restĂ©e figĂ©e depuis quarante ans changea trĂšs brusquement Ă  la faveur des bouleversements politiques intervenus en RDA en 1989. Le gouvernement communiste aux abois, fragilisĂ© par les mouvements populaires qui rĂ©clamaient plus de libertĂ©, n’eut pas d’autre alternative que de laisser ses compatriotes franchir le Mur afin de visiter la « vitrine du Monde occidental Â». La rĂ©unification de l’Allemagne et de Berlin Ă©tait en marche.

Donc, dĂšs le 9 novembre une premiĂšre brĂšche s’ouvre, suivies de nombreuses autres dans les jours qui viennent. L’afflux des Allemands de l’Est est tel que les gardes-frontiĂšres dĂ©passĂ©s eux aussi par les Ă©vĂšnements finissent par ne plus rien contrĂŽler.

La porte de Brandebourg, lieu symbolique de la division de la ville sera finalement rouverte le 22 dĂ©cembre 1989 devant une foule enthousiaste en prĂ©sence du maire de Berlin-Ouest Walter Momper, de son homologue de l’Est Erhard Krack, du chancelier fĂ©dĂ©ral Helmut Kohl et du prĂ©sident du conseil de la RDA Hans Modrow.

On dĂ©mantela presque aussitĂŽt le mur de la Honte, plusieurs habitants se mirent Ă©galement Ă  la tĂąche, en empoignant pioche, marteau et burin pour dĂ©tacher des Ă©clats de ciment du mur, afin d’en faire des souvenirs.

Les deux municipalitĂ©s travaillĂšrent dĂšs lors en Ă©troite collaboration, pour canaliser les efforts de citoyens enthousiasmĂ©s par une rĂ©unification imminente et les deux assemblĂ©es municipales tinrent leur premiĂšre rĂ©union commune au Rotes Rathaus (ancien hĂŽtel de ville central) le 12 juin 1990.

Le 3 octobre 1990, Berlin retrouva son unitĂ© le mĂȘme jour que celle de l’Allemagne tout entiĂšre en redevenant aussi sa capitale unique. La Constitution de Berlin votĂ©e pourtant par le SĂ©nat ouest-berlinois trente ans auparavant le 1er septembre 1950 et valable pour l’ensemble du Land, entra en application au moment de la rĂ©unification de la ville, pendant qu’était Ă©galement organisĂ© les premiĂšres Ă©lections municipales communes.

Statut

En vertu du statut quadripartite de Berlin, Berlin-Ouest ne faisait pas partie à part entiÚre de la RFA. Seules des conditions spéciales étaient reconnues par les Alliés. Néanmoins, des manifestations officielles de la RFA, étaient réguliÚrement organisées à Berlin-Ouest, ce qui conduisait réguliÚrement à des protestations de la part des Soviétiques.

Le Bundestag n’avait pas le droit de voter des lois s’appliquant Ă  Berlin-Ouest. Les lois fĂ©dĂ©rales Ă©taient votĂ©es par le parlement berlinois, appelĂ© « Chambre des dĂ©putĂ©s Â» (Abgeordnetenhaus) et non Landtag, et devenaient alors applicables. De plus, les dĂ©putĂ©s ouest-berlinois au Bundestag n’avaient qu’une voix consultative : ils n’étaient pas Ă©lus au suffrage direct par la population, mais dĂ©signĂ©s indirectement par la chambre des dĂ©putĂ©s de la ville. Par opposition, les reprĂ©sentants de Berlin Ă  la Bundesversammlung (AssemblĂ©e chargĂ©e de l’élection du prĂ©sident fĂ©dĂ©ral) avaient voix dĂ©libĂ©ratoire : les AlliĂ©s n’y avaient opposĂ© aucune objection.

Les rĂ©sidents de Berlin-Ouest Ă©taient exemptĂ©s de la conscription. Dans certains domaines, comme par exemple les aĂ©roports ouest-allemands, le maire de Berlin n’avait pas d’autoritĂ© directe sur les services de l’administration berlinoise, car ces domaines Ă©taient au premier chef surveillĂ©s par les AlliĂ©s.

Jusque dans les annĂ©es 1980, au sein des ouvrages juridiques et de jurisprudence, il fut longtemps question de savoir si Berlin-Ouest devait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme territoire occupĂ© et incapable de l’État allemand.

Liste des bourgmestres-gouverneurs de Berlin-Ouest (de 1948 Ă  1991)
Nom Mandat Parti
Ernst Reuter 07/12/1948 29/09/1953 SPD
Walther Schreiber 22/10/1953 11/01/1955 CDU
Otto Suhr 11/01/1955 30/08/1957 SPD
Franz Amrehn* 30/08/1957 03/10/1957 CDU
Willy Brandt 03/10/1957 01/12/1966 SPD
Heinrich Albertz 01/12/1966 19/10/1967 SPD
Klaus SchĂŒtz 19/10/1967 02/05/1977 SPD
Dietrich Stobbe 02/05/1977 23/01/1981 SPD
Hans-Jochen Vogel 23/01/1981 11/06/1981 SPD
Richard von WeizsÀcker 11/06/1981 09/02/1984 CDU
Eberhard Diepgen 09/02/1984 16/03/1989 CDU
Walter Momper 16/03/1989 24/01/1991 SPD
* Par intérim.

Territoires isolés

Jusqu’à la fin des annĂ©es 1980, Berlin-Ouest possĂ©dait plusieurs territoires isolĂ©s au sein mĂȘme de la RDA. Ces enclaves furent peu Ă  peu incorporĂ©es au territoire de Berlin-Ouest, ou cĂ©dĂ©es Ă  la RDA (par exemple le triangle de LennĂ© dans le Centre de la ville). L’exemple le plus connu fut SteinstĂŒcken, qui Ă©tait la seule enclave habitĂ©e de façon permanente. Jusqu’à la construction d’une route de liaison vers Berlin-Ouest, la population y fut ravitaillĂ©e en partie par des hĂ©licoptĂšres de l’armĂ©e amĂ©ricaine. Ces procĂ©dures d’échange prirent fin en 1988, avec l’accord des deux parties sur le fait qu’il n’y avait plus de territoire Ă  Ă©changer.

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