Bergen (Norvege)

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Bergen (Norvege)

Bergen (Norvège)

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60¬į 22‚Ä≤ 57‚Ä≥ N 5¬į 20‚Ä≤ 41‚Ä≥ E / 60.3826, 5.3446

Bergen

Le quartier de Bryggen au pied du mont Floien

Sceau de Bergen
Carte de localisation de Bergen en Norvège
Pays Norv√®ge Norv√®ge
Région Vestlandet
Comté Hordaland
Latitude 60¬į 22‚Ä≤ 57‚Ä≥ N
Longitude 5¬į 20‚Ä≤ 40‚Ä≥ E
Superficie 465 km²
Altitude :
 ‚ÄĘ minimale
 ‚ÄĘ maximale

0 m (Byfjord-S√łrfjord-Raunefjord)
987 m (Gullfjellstoppen)
Population sans
doubles comptes
252 051 hab.
(2009)
Densité 534 hab./km²
Gentilé Bergenois / Bergenser(e)
Site de la commune www.bergen.kommune.no

Bergen [ňąb√¶rg…ôn] est une ville du sud-ouest de la Norv√®ge, capitale du comt√© de Hordaland. Bergen est la deuxi√®me ville du pays avec 252 051 habitants. C'est √©galement une ville portuaire, une ville universitaire, et un √©v√™ch√©.

La cit√© est divis√©e en huit bydeler (districts de la ville), √©quivalents administratifs de gros quartiers : Arna, Bergenhus, Fana, Fyllingsdalen, Laksev√•g, Ytrebygda, √Örstad et √Ösane. Le centre-ville occupe le bydel de Bergenhus, c‚Äôest-√†-dire la ville historique qui compte environ 35 000 habitants, les autres n'√©tant affili√©es √† la kommune de Bergen qu'administrativement. Il convient aussi de signaler que beaucoup de Bergenois tiennent compte des anciennes appellations non-administratives, les str√łk, quartiers traditionnels qui ont h√©rit√© le plus souvent du nom du domaine agricole pr√©sent sur place auparavant. Bergen fait partie du district historique (non administratif) de Midhordland.

Les communes limitrophes de Bergen sont Lind√•s, Oster√ły, Vaksdal, Samnanger, Os, Austevoll, Sund, Fjell, Ask√ły et Meland. Elles couvrent √† elles seules la majeure partie du Hordaland et six d'entre elles sont des communes insulaires. La commune de Bergen est d√©limit√©e dans sa majeure partie par des fjords : le S√łrfjord et le Byfjord au nord et le Raunefjord et le Grimstadfjord √† l'ouest.

Bergen est surtout une cit√© √† l'histoire marqu√©e par l'apport des Hommes du dehors, venus de l'au-del√† de la mer. La christianisation sur le plan spirituel, la Hanse sur le plan √©conomique et politique, expriment une forme de colonisation. Le heurt des structures dominantes avec la population norv√©gienne, locale ou attir√©e des montagnes et fjords voisins, g√©n√®re des formes d'ali√©nation, d'assimilation ou de r√©sistance. Depuis les Temps modernes, l'immigration et les √©changes transitant par la ville lui ont offert un esprit diff√©rent des autres villes scandinaves et norv√©giennes. Ville traditionnellement conservatrice, mais tourn√©e vers l'Europe, o√Ļ pendant des si√®cles une grande partie des habitants √©tait √©trang√®re. Ville se consid√©rant elle-m√™me √† part en Norv√®ge en raison de son histoire et de sa culture propres. Ville construit par le feu et les guerres, comme disent les locaux. Enfin, ville √† √©chelle humaine abritant de nombreuses traces de son pass√© et mettant en avant les actes de ses hommes et femmes c√©l√®bres, qu'ils soient artistes, notables, scientifiques...

Lille Lungegårdsvannet au premier plan à gauche. Vågen à droite. Le Puddefjord au second plan
Vågsallmenningen
Torget

Sommaire

Toponymie

Bergen est d'abord appel√©e Bj√∂rgen, Bergvin, ou Bj√∂rgvinn (graphie moderne : Bj√łrgvin). Bj√łrg signifiant montagne et vin signifiant prairie ou p√Ęture. Le nom signifie donc prairie entre les montagnes, aussi de nos jours, avec les mots Berg et engen. Bj√łrgvin √©tait √† l'origine une ferme d√©pendant de la ferme royale Alrekstad, o√Ļ ont √©t√© jet√©es les premi√®res fondations de la ville l√† o√Ļ se situe aujourd'hui √ėvregaten, le long de V√•gen[1].

Le nom a probablement chang√© en raison de l'influence des Allemands et Hollandais au XVe si√®cle. Aujourd'hui le nom Bj√łrgvin est celui de l'√©v√™ch√© de Bergen, compromis qui a √©t√© trouv√© avec les mouvements r√©gionalistes qui d√©siraient supprimer l'appellation Bergen.


Sceau

Le sceau de Bergen (Bergens Byv√•pen en norv√©gien) est bas√© sur le plus vieux sceau connu de la ville, utilis√© au moins d√®s 1293. √Ä l'√©poque ce sceau repr√©sentait un ch√Ęteau √† trois tours sur sept rochers sur une face, ainsi qu'un bateau viking sur l'autre, faisant un sceau √† deux c√īt√©s, ce qui est atypique. L'inscription latine ¬ę SIGILLVM COMMVNITATIS DE CIVITATE BERGENSI ¬Ľ entoure le bateau et ¬ę DANT BERGEIS DIGNUM MONS VRBS NAVIS MARE ¬Ľ entoure le ch√Ęteau. √Ä partir du XIVe si√®cle, seul le c√īt√© repr√©sentant le ch√Ęteau est utilis√©. En 1531 le sceau change: le ch√Ęteau n'a qu'une tour et repose sur sept points. Bergen fut la premi√®re ville de Norv√®ge √† utiliser un sceau mais bien que ville la plus importante de Scandinavie, elle a √©t√© pr√©c√©d√©e par Copenhague en 1254 et Stockholm en 1281[2].

Le sceau moderne repr√©sente une version modernis√©e du premier sceau avec son ch√Ęteau sur sept collines, entour√© de ¬ę SIGILLVM COMMVNITATIS DE CIVITATE BERGENSI ¬Ľ qui figurait √† l'origine sur l'autre face.

Histoire

Au crépuscule de l'ère Viking

La cit√© fut fond√©e en 1070 par le roi Olaf III, dit le Tranquille car son r√®gne ne fut troubl√© ni par des querelles intestines ni par des guerres. Cependant on pense que les premi√®res traces d'installation datent du IVe si√®cle, √† la ferme d'Alrekstad, au pied d'Ulriken, qui aurait servi de r√©sidence √† un roitelet local, Alfred. Au d√©but du XIIe si√®cle, l'imposteur Harald IV s'empare de Bergen et fait enfermer et aveugler le roi l√©gitime, Magnus IV. √Ä sa mort son fils Sigurd II est nomm√© roi √† l'√Ęge de trois ans mais sera assassin√© en 1155 √† Bergen. Magnus V est √©lu roi de Norv√®ge en 1162, puis couronn√© par les √©v√™ques en 1164, √† Bergen. C'est le premier roi norv√©gien √† √™tre couronn√©. La ville est d√©sormais confirm√©e capitale du royaume de Norv√®ge.

L'avènement de Sverre

Article d√©taill√© : Sverre Sigurdsson.

En 1176 un pr√©tendant au tr√īne commence √† faire parler de lui : Sverre Sigurdsson. Il est soutenu par une partie de la population et par certains √©v√™ques et roitelets. Les principaux soutiens de Magnus V sont quant √† eux des aristocrates. Apr√®s huit ans de guerre civile et de prises successives de villes, dont Bergen, Magnus est tu√© lors de la bataille de Fimreite dans l'Inner Sogn, pr√®s de la ville actuelle de Sogndal. Sverre Sigurdsson a enfin √©limin√© son plus grand adversaire mais ne mate tous ses opposants et tous les autres pr√©tendants que dix ans plus tard. Il se fait construire une forteresse, Sverresborg, sur les hauteurs d'Holmen; l'ilot. Il est couronn√© le 29 juin 1194 √† Bergen. En 1197 ses opposants, les Baglers, br√Ľlent Bergen. L'ann√©e suivante un de leurs chefs, Thorstein Kugad, tue Karl Sverkerson, gendre et jarl de Sverre et √† qui la ville avait √©t√© confi√©e. √Ä sa mort en 1202, Sverre est enterr√© dans l'√©glise du Christ √† Bergen (Kristkirken p√• Holmen), aujourd'hui disparue. Son unique fils H√•kon III est couronn√© seul roi de Norv√®ge. Son r√®gne n'a √©t√© troubl√© que par son d√©c√®s brutal en 1204, l√† o√Ļ celui de son p√®re n'avait engendr√© que divisions et ruine dans tout le pays [3]. Mais la mort de Sverre n'apporte pas la paix. En 1207, les Baglers prennent Bergen par deux fois et d√©truisent Sverresborg. Le 29 juillet 1223, une assembl√©e r√©unie √† Bergen confirme d√©finitivement le droit h√©r√©ditaire au tr√īne d'H√•kon IV (1217-1263). La paix revient en Norv√®ge. Il noue des relations cordiales avec plusieurs nations d‚ÄôEurope occidentale et m√©ridionales. √Ä l‚Äôint√©rieur, il remet de l‚Äôordre dans les finances, r√©tablit le calme, puis cherche √† apaiser la discorde entre l‚Äô√Čtat et la Papaut√©. Et Bergen voit son r√īle de capitale renforc√© par la construction vers 1260 d'une gigantesque halle, H√•konshallen, o√Ļ se mariera son fils Magnus VI Lagab√łte en 1261. Celui-ci construira plus tard un donjon qui deviendra par la suite Rozenkrant√•rnet.

Bergen reste capitale jusqu'en 1299, quand Håkon V établit sa résidence permanente à Oslo et que Bergen est trop éloignée des autres pays scandinaves au temps des unions. Bergen avait déjà pris le dessus sur Trondheim peu de temps après sa fondation, étant beaucoup plus proche de l'Europe pour les échanges.

Bergen à l'époque de la Hanse

Article d√©taill√© : Hanse.

D√®s le XIIe si√®cle des marchands allemands, principalement de L√ľbeck, s'installent √† Bergen et copient la Hanse, qui n'est encore qu'embryonnaire. La ville compte environ 7 000 habitants en 1300, tout comme Oslo, qui ne devient plus peupl√©e qu'√† partir de 1850. √Ä la m√™me p√©riode, √† titre de comparaison, L√ľbeck compte 40 000 habitants[4].

Voil√† une description que nous ont laiss√© des soldats Norv√©giens et Danois dat√©e de 1191 qui montre la place flagrante du commerce pour la ville, d√®s ses d√©buts :

¬ę Cette ville est la plus c√©l√®bre dans le pays, embellie avec une forteresse royale et avec les reliques de nombreuses vierges ; le corps de sainte Sunniva repose ici, sur une √©l√©vation dans la cath√©drale. De plus, il y a plusieurs monast√®res et couvents. Un tr√®s grand nombre de personnes vit dans la ville, qui est riche, et d√©bordante de marchandises. Il y a du poisson s√©ch√© en nombre impressionnant. Navires et hommes arrivent de partout ; il y a des Islandais, des Allemands, des Danois, des Anglais, des Groenlandais, des Su√©dois, des Gotlandais et d'autres nations trop nombreuses pour les mentionner. Toutes les nations peuvent √™tre trouv√©es ici si quelqu'un prend la peine de regarder. Il y a aussi beaucoup de vin, de miel, de farine, de beaux v√™tements, d'argent et d'autres produits, et pour chacun des √©changes affair√©s. ¬Ľ[5]

Dans la Saga de Sverre, ce dernier remercie les Anglais pour le miel et la farine qu'ils amènent à Bergen, mais peste contre les Allemands qui selon lui viennent trop nombreux et encouragent l'ivresse en amenant trop de vin[6].

Au XIIIe si√®cle la ville compte vingt √©glises et chapelles, deux hospices, cinq monast√®res.

Bryggen

En 1240 les Hans√©ates obtiennent une lettre de privil√®ge. Ils ont le monopole du transport des c√©r√©ales entre l‚ÄôAllemagne, puis la Pologne et la Norv√®ge. En 1248 Le roi Haakon IV supplie les L√ľbeckois d‚Äôenvoyer rapidement des grains √† Bergen pour parer √† une disette. Deux ans plus tard les Hans√©ates obtiennent une seconde lettre de privil√®ge √† Bergen, et en 1278 un premier comptoir commercial est cr√©√©.

En 1282 l‚Äôordonnance de Bergen (septembre) stipule que les marchands √©trangers qui n‚Äôauraient pas livr√© du bl√©, de l‚Äôorge et du malt ne pourraient pas effectuer en Norv√®ge des achats en hiver (8 septembre - 3 mai) ni parcourir les campagnes pour acqu√©rir du beurre, des peaux ou du b√©tail sur pied. Les Hans√©ates refusent de s‚Äôincliner. √Ä l‚Äôinstigation de L√ľbeck, la ligue des villes Wendes interdit le commerce avec la Norv√®ge. De 1282 √† 1285 la Hanse inflige un blocus √† la Norv√®ge. Le Trait√© de T√∂nsberg, sign√© le 6 juillet 1294 par Erik Magnusson, accorde aux marchands allemands un droit de s√©jour y compris hors du trimestre d'√©t√© (15 mai au 15 ao√Ľt) et des exemptions douani√®res √† condition que les marchands ne cherchent pas √† fr√©quenter la c√īte au nord de Bergen, ce qui a pour effet de ruiner l'√©conomie marchande de Trondheim. Ce monopole n'est lev√© qu'en 1789[7].

En 1316 une réaction éclate pour établir une règlementation minutieuse ainsi que des droits de sortie, mais tout cela échoue après des violences de part et d'autre. La même année lors des ravages causés en Europe par une famine, la Hanse et Bergen privilégient leurs échanges de grains et de viande en contrepartie des privilèges sus-cités[8].

Bergen en 1580

Les rois norv√©giens, pouss√©s par l'aristocratie, r√©sistent √† la pression hans√©atique jusqu'√† la cr√©ation du comptoir de Bergen, le Kontor, en 1343, par Magnus IV de Su√®de qui consent universis mercatoribus de Hansa Theutonicorum la pleine jouissance des droits accord√©s en 1294. Bergen devient alors √©conomiquement d√©pendante du commerce hans√©atique, plus particuli√®rement de L√ľbeck. Les marchands allemands qui s'√©taient vus d√©j√† attribuer des privil√®ges comme des exemptions de taxes douani√®res par exemple obtiennent alors une justice sp√©cifique et des privil√®ges fiscaux. Un comptoir ind√©pendant du roi se d√©veloppe, situ√© sur la rive nord de V√•gen, le long du Tyskebryggen, le quai allemand, renomm√© simplement Bryggen apr√®s la Seconde Guerre mondiale.

La peste noire, qui arrive par un bateau anglais en été 1349, décime la ville et oblige les Norvégiens à se montrer plus conciliants avec la Hanse qui leur apporte l'indispensable grain polonais. Parallèlement entre 25 et 40% des fermes de la région furent désertées après la peste[9].

Les occupants de la maison du chapitre de Bergen fuient la ville pour Tusededal pour reconstruire une ville mais le mal les poursuit et les tue tous. On raconte que seule une petite fille a survécu et qu'on l'a retrouvée à l'état semi-sauvage quelques années plus tard. Elle est surnommée Rype (lagopède) pour cette raison, et après son retour à la civilisation elle hérite de tout le domaine de Tusededal[10].

En 1453, le bailli royal Olav Nielsson impose aux corporations allemandes taxes et prix de vente fixes pour prot√©ger les artisans locaux, les prend sous sa juridiction. Devant le m√©contentement du comptoir hans√©atique, tenu par les villes vendes, le roi Christian destitue son bailli en geste d'apaisement, puis le r√©tablit deux ans plus tard, en 1455. Les Allemands du comptoir se soul√®vent contre cette d√©cision, commettant l'acte le plus violent de l'histoire de la Hanse. Pourchassant le bailli, les Allemands forcent les portes et incendient le couvent o√Ļ il s'√©tait r√©fugi√© : l'√©v√™que, le bailli et une soixantaine de ses partisans p√©rissent. Les responsables du massacre restent impunis[11].

Les marchands hans√©atiques viennent chercher √† Bergen des poissons, plus particuli√®rement de la morue s√©ch√©e qui constitue les neuf dixi√®mes des exportations de Bergen. Les p√™cheurs norv√©giens exercent leur activit√© sur la c√īte occidentale, plus particuli√®rement autour des √ģles Lofoten. Apr√®s les avoir s√©ch√©es, les p√™cheurs les vendaient de bord √† bord aux Hans√©ates[12]. Se met alors en place une v√©ritable navette qui fait la richesse des marchands vendes : entre 14 et 30 navires, toute l'ann√©e, am√®nent des villes vendes √† Bergen de la farine et de la bi√®re, chargent de la morue s√©ch√©e qu'ils d√©barquent √† Boston en Angleterre et reviennent vers Lubeck avec du tissu.

L'immunit√© des Hans√©ates persiste jusqu'au XVIe si√®cle. En 1560 les privil√®ges hans√©atiques sont supprim√©s en Norv√®ge et les Allemands oblig√©s de prendre la citoyennet√© norv√©gienne, sous peine d'expulsion (ce syst√®me a peut-√™tre commenc√© vers 1536). √Ä Bergen des organisations de m√©tiers sont nationalis√©es et substitu√©es √† celles des Allemands de 1558 √† 1764 pour la derni√®re. Le pouvoir de la Hanse √† Bergen est bris√© par Kristofer Walckendorf en 1599, m√™me si comme il a √©t√© d√©j√† dit le comptoir fonctionne encore deux si√®cles, jusqu'√† la lev√©e du monopole[13]. Le monopole des Hans√©ates est bris√© par les navires hollandais, mais surtout danois et norv√©giens.

L'intrusion hans√©ate √† Bergen a emp√™ch√© un d√©veloppement √©conomique et surtout commercial autonome de la Norv√®ge. Certains secteurs ont toutefois profit√© du commerce hans√©atique international. Les produits d'√©changes disponibles √† Bergen ont pu amoindrir les famines et les troubles qui ont suivi la peste noire[14]. Selon l'historien norv√©gien Alexander Bugge, l'action politique men√©e par la Hanse au sein de l'Union de Kalmar a eu bien moins d'effets que l'effacement du commerce indig√®ne. De m√™me, l'Islande a √©t√© ruin√©e par l'interruption du commerce avec Bergen, ainsi que par le peu de scrupules des marchands allemands et il est probable que l'abandon des colonies du Groenland soit d√Ľ en partie aux m√™mes raisons[15].

Mais la Hanse n'a pas apport√© que ses navires et sa farine : elle a contribu√© √† pousser la Norv√®ge dans la R√©forme. Le luth√©ranisme qui est pr√™ch√© par le moine Antonius en 1525 touche les Allemands de Bergen d√®s ce moment. √Ä peine onze ans plus tard, la ville est pass√©e √† la R√©forme.

Panorama de Bryggen.

L'époque moderne et contemporaine

Sandviken et ses corderies en 1740.
Vågen et Nordnes en 1848.

En 1578, de grosses souris jaunes s'abattent sur la ville[16].

En 1593 Johanne Jensdatter Flamske fut accus√©e d'infliger des maladies aux gens, de lire des livres interdits et d'avoir des pouvoirs surnaturels. Voil√† un des t√©moignages qui la conduisit au b√Ľcher de Nordnes le 16 avril 1594 :

¬ę Mais la nuit pr√©c√©dente vinrent beaucoup de chats de la fen√™tre de Johanne, faisant tellement de bruits √©tranges que des gens furent effray√©s. Ensuite, Jacob Engils, un ma√ßon qui √©tait sur place, demanda ¬ę Dieu nous prot√®ge, d'o√Ļ viennent tous ces chats mal√©fiques ? ¬Ľ Johanne r√©pondit ¬ę Cher petit Jacob, frappe juste doucement sur le mur et ils s'en iront. ¬Ľ Apr√®s qu'il eut fait cela, ils disparurent imm√©diatement, mais bient√īt, cette m√™me nuit du nouvel an, vint une grosse temp√™te qui causa beaucoup de d√©g√Ęts. ¬Ľ[17]

Jusqu'au d√©but du XXe si√®cle la ville √©tait sp√©cialis√©e dans la fabrique de cordes, effectu√©e dans des b√Ętiments tr√®s longs, pour la plupart situ√©s √† Sandviken ou encore √† Sydnes et √† Nyg√•rd.

Durant l'√©poque moderne et contemporaine, les vieilles familles et les √©lites de Bergen continu√®rent √† se construire d'immenses empires d'√©change et de richesses, dont les meilleures preuves sont les b√Ętisses luxueuses parsem√©es en ville[18].

La ville fut dotée du téléphone en 1882, du tramway en 1897 et de l'électricité en 1900[19].

Batailles et conflits

Article d√©taill√© : Constructions d√©fensives de Bergen.

La rébellion avortée

Le 24 f√©vrier 1181, en pleine nuit, les vigies aper√ßurent une flotte de longs-bateaux (langskip) entrant dans la baie, accompagn√©e des bruits typiques que font des hommes s'armant et se pr√©parant au combat. Une flotte de fermiers propri√©taires du sud de Bergen men√©e par un certain Jon Kurtiza (ou Kutiza) entreprenaient une action pour surprendre Sverre. Aussit√īt les trompettes sonn√®rent et aux quatre coins de la ville les soldats du roi se r√©veill√®rent et se rendirent l√† o√Ļ les ennemis semblaient d√©barquer - de partout. Les envahisseurs furent toutefois massacr√©s, et ceux qui ne r√©ussirent pas √† s'enfuir en bateau tent√®rent vainement de s'√©loigner en nageant. La plupart des fuyards s'alli√®rent √† Magnus ou demand√®rent la paix √† Sverre quand celui-ci vint peu apr√®s dans le Hardanger avec une flotte. Il semblerait que Magnus n'ai pas eu de r√īle dans cette bataille, puisqu'il partait du Danemark pour rejoindre Oslo √† ce moment l√†[20].

La bataille de Nordnes

Nordnes est la petite p√©ninsule qui s√©pare V√•gen du Puddefjord. Jusque vers 1400 seule la partie nord de V√•gen √©tait urbanis√©e; la p√©ninsule √©tait inhabit√©e, ou presque. Le 31 mai 1181 eu lieu la bataille de Nordnes, conflit naval qui s'est d√©roul√© √† quelques encablures du port. Magnus V revenait du Danemark o√Ļ il √©tait all√© chercher du soutien avec ses 32 navires, et tomba nez √† nez avec la flotte de Sverre Sigurdsson qui lui descendait de Bergen vers la r√©gion d'Oslo. Inf√©rieure en nombre, la flotte de ce dernier se replia dans les eaux de Bergen o√Ļ elle remporta tout de m√™me une demi-victoire, ses opposants ayant fui croyant leur chef Magnus mort. Sverre se replia donc sur Nidaros (Trondheim) sans avoir r√©ellement affaibli son adversaire[21].

L'assaut des Vitalienbr√ľder

On les conna√ģt aussi sous le nom de Victual Brothers, de Vitalian Brotherhood, ou encore de fr√®res des victuailles. Ces pirates servaient les ducs de Mecklembourg contre le Danemark et ses alli√©s, dont la Hanse de L√ľbeck. Ils mirent √† sac Bergen en 1393. En 1398, certaines villes de la Hanse aid√©es par les Chevaliers Teutoniques bout√®rent les Vitalienbr√ľder de leur fief, sur l'√ģle de Gotland. Cela en √©tait finit de l'ordre pirate qui cependant se divisa, et une nouvelle organisation autoproclam√©e les Likedeelers fut cr√©√© et terrorisa la Baltique jusqu'en 1440. Bergen fut mise √† sac et incendi√©e en avril 1429 par Bartolomeus Voet √† la t√™te de sept navires et de 400 hommes[22].

La bataille de Vågen

Article d√©taill√© : Bataille de V√•gen.
Bataille de Vågen en 1665

La bataille de V√•gen fut une bataille navale opposant une flotte marchande hollandaise et une flotte de guerre anglaise. Elle se d√©roula en ao√Ľt 1665 et fut un √©v√©nement de la seconde guerre anglo-hollandaise. Le roi du Danemark et de Norv√®ge prit parti pour les Anglais mais les ordres √©tant arriv√©s quatre jours trop tard, les officiers norv√©giens prirent celui des Hollandais. La flotte anglaise, bien que poss√©dant une puissance de feu importante, fuit devant celle des forteresses bergenoises, la fum√©e qui l'aveuglait et la pr√©cision des canonniers hollandais. La plupart de ses navires ressortirent tr√®s endommag√©s de la bataille et se repli√®rent pr√®s de l'√ģle d'Herdla, derri√®re Ask√ły, √† l'endroit m√™me o√Ļ quatre si√®cles plus tard la Luftwaffe installa une de ses plus grandes bases en Norv√®ge. La flotte hollandaise consolida sa position et ferma le port en attendant des renforts pour pouvoir quitter la r√©gion sans risquer une seconde op√©ration anglaise.

La Seconde Guerre Mondiale

Kvarven en 2006. En arrière-plan, Hellen.
Article d√©taill√© : Festung Bergen.

Les Allemands avaient nomm√© leur op√©ration d'invasion de la Norv√®ge Weser√ľbung. Les forces engag√©es √©taient divis√©es en plusieurs groupes. Le groupe I fut charg√© de Narvik, le groupe II de Trondheim, le groupe III devait prendre Bergen. Op√©ration risqu√©e, la ville √©tant √† un coup d'aile des bases √©cossaises de la RAF et assez √©loign√©e de celles de la Luftwaffe. Bergen fut prise dans la matin√©e du 9 mai 1940 apr√®s des escarmouches entre la Kriegsmarine et les forts de la ville. L'arm√©e norv√©gienne, d√©sorganis√©e et non mobilis√©e, n'a pu se d√©fendre que du c√īt√© de Voss (en particulier la 4e D.I) et dans les s au sud de Bergen. Pendant plusieurs jours, aucune disposition s√©rieuse n'a √©t√© mise en place pour la s√©curit√© des soldats allemands, ce qui aurait pu √™tre un atout pour une r√©sistance mieux organis√©e. De plus, le commandant en chef de la Home Fleet, Sir Charles Forbes, voulait attaquer Bergen par surprise mais l'amiraut√© en d√©cida autrement malgr√© une sup√©riorit√© a√©ronavale franco-anglaise √©crasante. Le 11, quand l'amiraut√© se d√©cida d'√©couter Forbes, une quelconque op√©ration fut rendue impossible par les forces a√©riennes de la Luftwaffe d√©ploy√©es dans la zone. Cinq jours apr√®s la prise de la ville, les chenaux alentours √©taient min√©s[23].

La croix gammée flotta sur les forts bergenois jusqu'à la libération.

Le principal int√©r√™t de Bergen √©tait sa position strat√©gique et son r√īle dans la guerre sous-marine. √Ä la fin de la guerre plus de 190 sous-marins √©taient pass√©s par les abris de Bergen.

Bergen connut son lot de tragédies, sous les bombes avec la destruction d'un pensionnat ou avec l'explosion d'un navire cargo hollandais en 1944.

Les incendies, façonneurs historiques de la ville

Skansen, caserne construite en 1903, de nos jours démobilisée.
Torgallmenningen.

Bergen, √©tant construite majoritairement en bois, a souvent √©t√© ravag√©e par les flammes. Les derniers incendies datent de 1944 et 1955. En 1756, 1 600 maisons avaient br√Ľl√©, et en 1702, 80% de la ville et la quasi-totalit√© des archives avaient √©t√© d√©truites[24].

En 1916 ce fut le tour de Torgallmenningen, dont les magnifiques demeures ont √©t√© remplac√©es par des b√Ętiments de style Art nouveau, fonctionnaliste et m√™me N√©oclassique. Il y eut 3 000 sans abris et 400 maisons d√©truites. Le feu a √©t√© caus√© par une simple lampe dans une baraque de stockage.[19].

Lors du même incendie, craignant pour leur vie, les autorités libérèrent tous les détenus de la prison. Le lendemain, seulement un ou deux n'y retournèrent pas[25].

Pendant l'incendie de 1955, le quartier de Bryggen, l'un des derniers quartiers de la ville construits en bois, a √©t√© partiellement d√©truit (les six all√©es les plus √† l'ouest), puis r√©nov√© dans les ann√©es 1980 apr√®s qu'eurent lieu des fouilles arch√©ologiques sur les espaces br√Ľl√©s. Le rapport d'incendie indique que les pompiers sont partis de leur caserne une minute apr√®s l'alerte et arriv√©s sur place deux minutes plus tard. Ils ont utilis√© 10 000 tonnes d'eau, depuis 34 lances sur terre et 35 sur mer. Le rapport est tr√®s pr√©cis : le navire de lutte anti-incendie n¬į III est arriv√© sur place 30 minutes apr√®s les premiers pompiers, s'est plac√© √† 183 m√®tres du lieu de l'incendie et a utilis√© 12 lances et 4 032 tonnes d'eau. Une lance fut accidentellement bris√©e lors des op√©rations[26].

Les pompiers de Bergen sont une part tr√®s importante de l'histoire de la ville, tout comme les casernes. √Ä la base ils formaient un corps de volontaires exon√©r√©s d'imp√īts et le service a √©t√© r√©organis√© en 1863 en un service municipal et r√©gulier. Sur les hauteurs de la ville, il y avait des tours de garde pour guetter la moindre fum√©e suspecte. De cette √©poque il reste le Corps de Garde (en fran√ßais dans le texte) √† Nordnes et Skansen sur Fl√łyen. Une chose qui amuse les Bergenois est que souvent les touristes prennent la caserne de Skansen pour une √©glise. La caserne principale actuelle est vieille de plus d'un si√®cle, et, ironiquement, a vu tous les p√Ęt√©s de maisons l'entourant partir en fum√©e en 1916. Elle est actuellement transform√©e en mus√©e, une nouvelle caserne plus grande et plus moderne ayant √©t√© mise en service en 2006 sur les rives du Store Lungeg√•rdsvann.

De nos jours si un feu se déclarait dans un vieux quartier, il serait impossible pour les pompiers de l'atteindre rapidement et ce à cause de l'étroitesse des rues et de leur inclinaison. Ce serait une catastrophe pour la ville car les vieilles maisons prendraient feu les unes après les autres comme des allumettes. Les propriétaires de maisons en bois (trehus) sont incités à avoir une échelle de secours à l'étage. Les sprinklers, tuyaux et détecteurs de fumées sont aussi très répandus. Entre les rues (gate) et les places (torg, dans le sens de marché), on trouve des places et des larges rues avec le suffixe -allmenning, comme Torgallmenningen ou Murallmenningen, qui sont censées être des espaces brise-feu. Signifiant littéralement rue de tous les hommes, il était interdit de construire dessus ou de les encombrer.

L'utilisation du mot Allmenning remonte au moins à 1302. Un Allmening devait être large d'au moins huit alen, un alen mesurant 55,3 cm. Par la suite les régulations évoluèrent plusieurs fois.

Géographie

Localisation

Localisation de la commune de Bergen dans le comté de Hordaland

Bergen se situe dans le sud-ouest de la Norvège, dans le comté de Hordaland dont elle est le chef-lieu. La ville est située à l'extrémité d'une péninsule formée par de nombreux fjords s'avançant dans les terres. Un archipel et trois iles plus massives situés à l'ouest la protège de la mer de Norvège.

Relief

Bergen en 1768

La kommune de Bergen s'√©tale dans plusieurs vall√©es, en bord de mer. La plus grande de ces vall√©es est Bergensdalen. Le sceau de la ville repr√©sente un ch√Ęteau, probablement l'une des nombreuses forteresses de la ville, sur sept sommets.

Son centre-ville, Bergenhus, est situé sur les bords d'un fjord, le Puddefjord. Par le passé celui-ci a été modifié par la main de l'homme et son fond a été transformé en petite baie. De même, l'immense fontaine de la place centrale était à la base reliée à cette baie par l'est jusque dans les années 1920. La baie de Vågen a, quant à elle, été calibrée et asséchée au fil des siècles pour obtenir un port dégagé et rectiligne. Le centre-ville lui-même est construit sur une zone vallonnée. De nombreux lacs parsèment le territoire de la commune. Le plus grand est Kalandsvatnet (3,30 km²).

La limite de pousse des conifères (barskoggrense) se situe à environ à 400 m.

De syv fjell

Ulriken vu du centre-ville

Proche de l'Atlantique Nord, la ville historique s'√©tend entre sept montagnes bois√©es, connues sous l'appellation De syv fjell. On devrait cette m√©tonymie √† Ludvig Holberg, m√™me si elle est parfois attribu√©e √† d'autres personnalit√©s locales.. Plusieurs d'entre elles composant le m√™me massif, Byfjellene, et d'autres ne sont pas visibles de la ville, ce qui entra√ģne donc des discussions sans fin sur le fait que telle ou telle montagne fait partie des "sept". Mais on sait que le chiffre sept a tr√®s souvent √©t√© utilis√© pour sa symbolique. On √©voque le plus souvent les sommets suivants :

Les sept montagnes de Bergen sont pr√©sentes, entre autres, sur le sceau de la ville, sur l'embl√®me du journal Bergens Tidende et sont aussi sculpt√©es et symbolis√©es par sept points sur plusieurs b√Ętiments de la ville.

Bergensdalen au premier plan, L√łvstakken au centre, Store Lungegardsvannet, Bergenhus et Fl√łyen √† droite.

Climat

Diagramme climatique de Bergen
Distributeur de parapluies

La ville bénéficie d'un climat océanique tempéré. Les amplitudes thermiques sont faibles, les hivers sont doux et les étés sont arrosés.

Bergen est surnomm√©e la ville de la pluie ou la Seattle europ√©enne. Ses pr√©cipitations annuelles moyennes s'√©l√®vent √† 2 250 mm. Les plus fortes pluies enregistr√©es en une seule journ√©e ont cumul√© 192,2 mm. Plus r√©cemment, entre le 29 octobre 2006 et le 21 janvier 2007, Bergen a connu 85 jours cons√©cutifs de pluie. Cependant, Bergen est loin d'√™tre la ville europ√©enne o√Ļ il pleut le plus. La ville se classe 22e dans un classement de 357 villes europ√©ennes (Turquie, Suisse, Norv√®ge et Islande incluses). Les premi√®res villes du classement sont Halle an der Saale, Cologne et Glasgow[27].

Jusqu'√† r√©cemment il y avait dans certaines rues des distributeurs de parapluies, totalement inutiles, √©tant donn√© qu'en raison du vent, ceux-ci se brisent et remplissent les poubelles de la ville. Une blague est bien connue des Bergenois. Un touriste demande √† un enfant si la pluie s'arr√™te quelquefois de tomber √† Bergen. ¬ę Je ne sais pas, je n'ai que huit ans ¬Ľ r√©pondit celui-ci. Un dicton local dit aussi que ¬ę tous les Norv√©giens naissent des skis aux pieds sauf les habitants de Bergen, qui naissent un parapluie √† la main. ¬Ľ, mais que cependant seuls les touristes utilisent des parapluies... les locaux ont transig√© depuis longtemps et sortent en veste de pluie et bottes en caoutchouc. S'il pleut autant √† Bergen, c'est parce que la ville est entour√©e de montagnes: les nuages venus de l'oc√©an se brisent et se vident sur la ville.

Gr√Ęce au Gulf Stream, courant marin chaud qui na√ģt sur les rives du continent am√©ricain, la ville est toutefois une des plus chaudes de Norv√®ge. Bien que situ√©es sur une latitude proche, Oslo et Bergen ont des temp√©ratures moyennes diff√©rentes : √† Bergen et sur la p√©riode 1991-2005, elles √©taient de 2,8 ¬įC en janvier, 15,1 ¬įC en juillet et 8,2 ¬įC sur l'ann√©e. Pour Oslo, les temp√©ratures √©taient respectivement de ‚ąí2,3 ¬įC, 17,3 ¬įC et 6,6 ¬įC. Les plus gros extr√™mes de temp√©rature enregistr√©es sont 31.8 ¬įC et - 16.3 ¬įC, respectivement en 1947 et 1987.

C'est aussi une des villes de Norv√®ge o√Ļ il neige le moins, on compte trois jours de forte neige (>25cm) par an. Stavanger n'en compte aucun, tandis que Lillehammer en compte 110.

Urbanisme

La ville

Bergen en 1864
Bergen en 1885

Voici une br√®ve description des diff√©rentes zones du centre-ville. Un Bergenois cite son quartier quand il dit o√Ļ il habite, tout comme un Parisien cite souvent une station de m√©tro. Ces quartiers sont d√©finis sur des crit√®res historiques et sur l'√©volution progressive du b√Ęti, appel√©s str√łk (pluriel str√łk)[28]:

La plupart des noms de rue actuels ont été choisis par une commission communale en 1857.

  • V√•gen est le port. C'est le berceau de la ville.
  • Le Puddefjord est le situ√© au sud du centre-ville.
  • Le Store Lungeg√•rdsvann est le lac reli√© au Puddefjord.
  • Le Lille Lungeg√•rdsvann est le lac situ√© en centre-ville, reli√© au Store Lungeg√•rdsvann jusque dans les ann√©es 1920.
  • Skuteviken et Bergenhus sont au nord de V√•gen, c'est l'ancienne forteresse royale.
  • Sandviken et Ytre Sandviken sont situ√©s au nord des pr√©c√©dents.
  • Ladeg√•rden, entre Stuteviken et Sandviken, est situ√© sur le flanc de Sandviksfjellet.
  • Bryggen est √† l'est de Bergenhus, c'est le vieux port et le vieux quartier marchand. C'est la premi√®re zone de la ville √† avoir √©t√© construite, except√© Alrekstad.
  • Fjellet, Skansen, Eidemarken, St√łlen et Kalfaret sont les zones pavillonnaires situ√©es sur le flanc du Fl√łyen et le long du Store Lungeg√•rdsvann.
  • V√•gsbunnen est le fond du port o√Ļ se trouve le march√© aux poissons, Torget.
  • Sentrum est compos√© de Torgallmenningen et ses de rues alentours. C'est l'endroit le plus anim√© de la ville et c'est l√† que l'on fait son shopping. La zone reconstruite apr√®s un incendie en 1916 dans le style fonctionnaliste et art nouveau. C'est aussi le centre administratif avec la mairie, et les anciennes institutions: Tinghuset, prison, maison de correction, ancienne mairie...
  • Marken est au sud-est de Sentrum, longe Lille Lungeg√•rdsvannet jusqu'√† la gare.
  • Strandsiden se trouve sur la rive sud de V√•gen, √† l'est de Torgallmenningen et pr√©sente en certains endroits la m√™me architecture pour la m√™me raison.
  • Nordnes est la pointe de la p√©ninsule qui se trouve entre V√•gen et le Puddefjord. On y trouve un fort, Fredriksberg, l'aquarium, et un parc. On y br√Ľlait les sorci√®res.
  • Verftet et N√łstet sont au sud-est de la p√©ninsule et forment la zone industrielle. On trouve une ancienne conserverie et des vieilles maisons √† Verftet. N√łstet a √©t√© bombard√© pendant la derni√®re guerre, ce qui explique le m√©lange d'architectures.
  • Sydnes, au sud de N√łstet, est une zone portuaire et en partie universitaire.
  • Engen, la prairie, entre Sentrum et Sydnes, est un ancien espace vide qui servait aux parades militaires et aux entra√ģnements, on y trouve le th√©√Ętre depuis un si√®cle.
  • Nyg√•rd est au sud-est un quartier r√©sidentiel et universitaire. On trouve des fa√ßades n√©oclassiques, construites vers 1900. C'est aussi la city locale pour sa partie occidentale.
  • M√łlhenpris, parfois appel√© Vestre Sydnes, est situ√© au sud de Nyg√•rd et en est s√©par√© par une colline rocheuse Nyg√•rdh√łyden. C'est un quartier populaire avec des rues √† plan carr√©, qui tranchent avec l'urbanisme labyrinthique la ville.
  • Byparken est le parc situ√© entre de Lille Lungeg√•rdsvannet et Torgallmenningen.
  • Nyg√•rdsparken est un parc de style anglais sur la colline de Nyg√•rd.
  • Nordnesparken est un parc situ√© √† la pointe de Nordnes.
  • Carte[pdf]
  • Evolution du bati
  • Quartiers du centre-ville

En 1798, La Tocnaye souligne le contraste existant entre la diversit√© de couleur des maisons de Bergen, et le paysage accident√© et sauvage qui isole la ville du reste du pays : ¬ę La r√©gion de Bergen est ind√©niablement la plus st√©rile et la plus montagneuse de ce royaume. ¬Ľ Il a aussi √©t√© tr√®s impressionn√© par le confort et les am√©nagements de la ville[29].

La ville s'est développée autour de Vågen et sur la péninsule de Nordnes avant de s'étaler à l'est, au nord puis au sud. L'architecture vernaculaire et typique de Bergen se retrouve particulièrement à Verftet, dans la partie ouest de Sydnes, à Fjellet, Skuteviken, et Marken. Ces quartiers sont éloignés les uns des autres et ont été épargnés par les incendies ces deux derniers siècles.

Les maisons

Strangeplassen
Strangehagen
Bryggen

Voil√† ce que dit Yves Joseph de Kerguelen de Tr√©marec de la ville en 1767 :

¬ę La ville est tr√®s grande. Les rues ne sont pas droites, et sont irr√©guli√®rement pav√©es avec de petites et grandes pierres, mais sont gard√©es tr√®s propres. Les maisons, bien qu'elles soient construites en bois, ont une apparence tr√®s plaisante due √† la diversit√© des couleurs avec lesquelles elles sont peintes. La ville de Bergen doit contenir 3 000 maisons et 20 000 habitants[30]. ¬Ľ

En 1824, les Norv√©giens Lyder Sagen (1777-1850) et Herman Foss (1790-1853) donnent dans leur Bergens beskrivelse (Description de Bergen) les caract√©ristiques architecturales suivantes :

¬ę Bergen dans sa totalit√© ne contient pas d'√©l√©ment d'aust√©rit√© ancienne. L'amiti√© et la gratitude sont les sentiments dominants. On voit √† la fois qu'il n'y a ni fa√ßades splendides, ni processions attendues ici. De plus, ici rien n'est grand, rien n'est imposant, except√© la nature monumentale elle m√™me dont la cit√© est entour√©e. L'id√©e d'une industrie citoyenne calme et se sentant bien chez elle vient √† vous lors de promenades dans les rues de la ville. L'Ňďil de l'architecte sera offens√© par les rues √©troites et non droites, les nombreux angles et coins inattendus, les petites maisons de bois sans sym√©trie, les pignons pointus et difformes, mais les gens associeront cette apparence inattractive avec vivre dans ces petites maisons jolies et accueillantes √©parpill√©s de mani√®re abandonn√©e. Toutes ces serrures d'√©tain polies et des marches blanchies √† la chaux vous laissent supposer un m√©nage bon et propre, et celui qui est ennuy√© par le vide derri√®re les √©l√©gantes mais lisses marches de marbre, se sentira bien en marchant sur ce gr√®s vulgaire mais fiable. Bergen est lumineuse et anim√©e. Lumineuse car elle poss√®de beaucoup de squares et de jardins, et parce que les maisons √† part quelques exceptions, ont seulement un ou deux √©tages, donc les rues, malgr√© leur √©troitesse ne deviennent jamais sinistres. Et enfin parce que les maisons sont peintes de couleurs lumineuses, principalement en blanc. La ville est anim√©e parce qu'elle est lumineuse, et parce qu'il y a beaucoup de gens et beaucoup d'√©changes. ¬Ľ[31]

Les maisons √©taient traditionnellement petites, construites de bois dans des rues √©troites et pav√©es aux trottoirs dall√©s. Le toit a g√©n√©ralement des angles pointus et descend bas. Ce type de construction est d√Ľ √† plusieurs choses :

  • Environnement escarp√© et pentu entre collines ;
  • Abondance de bois comme mat√©riel de construction ;
  • Pluie abondante. La caserne de Skansen, dans des proportions diff√©rentes, suit aussi ce mod√®le.

Pour cette architecture vernaculaire il n'existe pas de dessins ou de plans originaux. En fait il n'y a apparemment jamais eu de plans de construction, qui sont apparus seulement √† partir de 1899 quand la loi les a rendus obligatoires. L'Union des architectes de Bergen et la branche locale de la Pr√©servation des Monuments Norv√©giens Anciens ont mesur√© et dessin√© plusieurs de ces maisons. En 1980 eu lieu une grande inspection initi√©e par le d√©partement culturel de la ville et par le photographe √ėivind Hartvig Berger[31].

L'histoire urbaine de Bergen a √©t√© marqu√©e par des destructions dues aux guerres et aux incendies. Certains quartiers sont compos√©s de maisons anciennes comme d'immeubles datant des ann√©es 1950, en particulier √† N√łstet et √† Nordnes, ce qui donne une touche h√©t√©roclite au tout, et un c√īt√© moderne √† la ville, car ils ont √©t√© plut√īt bien int√©gr√©s √† l'environnement. L'enchev√™trement d'immeubles aux fa√ßades de verre, de maisons traditionnelles et d'espaces verts donnent un cachet unique √† la cit√©. Quelques erreurs architecturales mises de c√īt√©, l'administration de la commune fait tout son possible pour que la ville conserve son cachet historique : ici peu de fast foods clinquants, peu de passages pi√©tons peints par terre, peu de plots, de poubelles ou de bancs qui sautent aux yeux. La traditionnelle marque au grand M utilise le cuivre et non le plastique jaune, les pav√©s de diff√©rentes couleurs forment les passages clout√©s, les bancs sont en granit ou en bois.

Les plans de rues n'ayant que tr√®s peu chang√© entre le Moyen √āge et les ann√©es 1850, un habitant de la ville en 1200 aurait facilement pu se retrouver dans le centre 600 ans plus tard.

√Čconomie et transports

Un port

Vågen

On a retrouv√© des constructions portuaires datant de la fondation de la ville. Aux XIIIe et XIVe si√®cles, la forteresse de Bergenhus a √©t√© d√©velopp√©e et comprenait une halle, H√•konshallen (la halle d'H√•kon), Rosenkrantzt√•rnet (la tour Rosenkrantz), ainsi que d'autres b√Ętiments et des √©glises. √Ä la base entour√©e d'eau, cette forteresse comprenait sous le ch√Ęteau un abri √† bateaux (naust) de 54,9 m√®tres sur 36,6, probablement construit vers 1247. D'autres abris √† bateaux ont √©t√© retrouv√©s √† l'emplacement de l'a√©roport de Flesland, de 40 m√®tres sur 16[32].

Jusqu'en 1367 ou 1369, Bergen √©tait le port d'o√Ļ appareillait le Gr√¶nlands kn√łrr, l'ultime liaison annuelle entre les comptoirs groenlandais et la Norv√®ge. √Ä l'aube des temps modernes s'est d√©velopp√© Bradbaken, un chantier naval qui ancre d√©finitivement la ville comme port important, dont on a retrouv√© des vestiges et des b√Ętons grav√©s apr√®s l'incendie de 1955. Au XVe si√®cle, les liens outre-mers baissent relativement avec l'abandon des colonies groenlandaises et l'autonomie islandaise. La Su√®de gagne alors en puissance. En 1794, malgr√© le d√©veloppement du port de Troms√ł, les p√™cheurs du Nordland continuent de vendre leurs prises √† Bergen[32]. L√©opold Von Buch pensait qu'ils perp√©tuaient inconsciemment l'oppressant monopole des marchands allemands que leurs anc√™tres avaient connu mais il semblait oublier que ce voyage √©tait une exp√©dition annuelle tr√®s importante[33].

La mani√®re dont on chargeait les bateaux au Moyen √āge s'est perp√©tu√©e jusqu'au XXe si√®cle √† l'aide d'un balancier servi par trois hommes.

Vieux de près de dix siècles, le célèbre marché aux poissons
Le trois-m√Ęts Statsraad Lehmkuhl √† Bergen.

Le premier quai pour bateaux de croisière est construit en 1917[19].
Le port de Bergen est de nos jours le deuxi√®me de Norv√®ge et est notamment le lieu de d√©part de l'Express C√ītier (Hurtigruten), v√©ritable institution norv√©gienne. Une flotte de onze navires assure le ravitaillement de 34 ports, et des croisi√®res, le long de la c√īte entre Bergen et Kirkenes √† la fronti√®re russe. Le port peut accueillir par ailleurs des gros paquebots et ferries. 150 000 passagers d√©barquent √† Bergen tous les ans.

Jusqu'aux ann√©es 1980, la principale activit√© de la ville √©tait l'exploitation des ressources halieutiques. Le p√©trole prit la suite, m√™me si la p√™che reste l'h√©ritage ind√©niable de Bergen. Le march√© au poisson est un point central de la ville o√Ļ l'on peut trouver diff√©rents sandwichs de poisson, de crabe et de baleine. Ce march√© existe depuis le XIe si√®cle environ, et constitue l'un des points forts de la tradition de la ville. Pour les habitants, ce march√© est tr√®s c√©l√®bre. Il est cependant excessivement cher et la plupart des clients sont des touristes. L'hiver, on ne compte que quelques √©tals.

En 1993, pendant une tempête, une plate-forme pétrolière s'est écrasée contre le pont enjambant le Puddefjord.

Bergen est le port d'attache du navire-√©cole Statsraad Lehmkuhl, l'un des plus grands trois-m√Ęts du monde, long de 98 m. Construit en Allemagne, il fut achet√© par la Norv√®ge et conserv√© puis entretenu par un magnat de Bergen.

Industrie et commerce

  • Principal h√©liport pour les liaisons avec les plates-formes p√©troli√®res de la mer du Nord.
  • Industries li√©es directement ou indirectement au p√©trole, au forage et au gaz.
  • Aquaculture.
  • Agro-alimentaire
  • Port de p√™che.
  • Port √† conteneurs. Troisi√®me d'Europe (100 millions t/an et plus de 50% des cargos passant en Norv√®ge).
  • Point de d√©part de nombreux supplies vers les plates formes p√©troli√®res.
  • Si√®ge de TV2.
  • Activit√©s bancaires et financi√®res.
  • Activit√© militaire importante, principalement navale (Sverresborg et H√•konsvern).
  • Tourisme : lieu de s√©jour ou d'escale.
  • Grands centres commerciaux r√©gionaux.

Transports

Bergensbanen

Bergen Lufthavn, l'aéroport international de Flesland, lie la ville au reste de l'Europe par les airs. Depuis quelques années plusieurs compagnies low-cost proposent des vols à des prix très abordables.

Sur les rails, Bergensbanen, le train, relie depuis 1909 Bergen √† Oslo via Voss et 18 autres stations. Le point le plus haut de cette formidable ligne, qui traverse le Hardangervidda, culmine √† 1 237 m, pr√®s du village de Finse. La gare actuelle quant √† elle a √©t√© construite en 1913[19]. Auparavant, elle se situait √† l'emplacement actuel du mus√©e d'art. Avant de relier Bergen, la ligne Bergen-Voss fonctionnait simplement sous le nom de Vossbanen.

La ville est accessible en ferry depuis, entre autres, Newcastle, Hanstholm, Hirtshals, Stavanger, Lerwick (Shetland), T√≥rshavn (F√©ro√©) et Sey√įisfj√∂r√įur (Islande). Bergen est √©galement le port de d√©part du Hurtigruten qui relie de nombreuses villes du littoral norv√©gien jusqu'√† Kirkenes.

En 1799 quand Windham et La Tocnaye font le trajet de Molde jusqu'√† Bergen, ils mettent 18 jours alors qu'il n'y a que ¬ę 40 miles √† vol de corbeau. ¬Ľ[34] La premi√®re voiture est apparue en ville en 1908, d√©charg√©e par bateau sur le quai de Tollboden, √† Nordnes. Le pont sur le Puddefjord et les tunnels d'Eidsv√•g, d'Ulriken et de L√łvstakken, construits respectivement en 1956, 1956, 1964 et 1968 ont permis √† la banlieue de se construire. Jusqu'ici seules les zones d'√Örstad et de Land√•s s'√©taient d√©velopp√©es, depuis les ann√©es 1920. De nos jours l'autoroute E39 longe la c√īte, et la route europ√©enne E16 file √† l'est sur Voss jusqu'√† Oslo. Des bus font plusieurs liaisons quotidiennes avec toutes les villes moyennes du sud et du centre du pays.

Deux anneaux √† p√©age ceinturent le centre-ville (les revenus financeront le m√©tro l√©ger), et certains tunnels des environs sont payants. En revanche les ponts √† p√©age d'Ask√ły et de Nordhordland ne sont plus payants depuis fin 2006. Danmarkplass, au sud de la ville, le plus gros carrefour du pays 50 000 v√©hicules y passent quotidiennement.
La municipalit√© est responsable de 605 kilom√®tres de route, 262 kilom√®tres de trottoir, 19 kilom√®tres de route pav√©e, 100 kilom√®tres de piste cyclable, ainsi que de 9 000 marches, 9 000 panneaux routiers, 2 400 dos-d'√Ęne, 211 ponts et 21 quais[35].

Localement, la compagnie Tide (ex-Gaia Trafikk) assure la quasi-totalit√© des transports en bus de ville et trolleybus avec une flotte impressionnante de 1 040 bus et 8 trolleys en 2006. Bergen √©tait la seule ville scandinave dot√©e de trolleybus des ann√©es 1930 jusqu'en 2003. Le tramway, qui avait √©t√© inaugur√© en 1897, a ferm√© en 1965. Un m√©tro l√©ger allant du centre-ville √† Nesttun (9.8 kilom√®tres) devrait √™tre inaugur√© en 2010. √Ä terme, plusieurs lignes sont pr√©vues. Un petit bateau √©lectrique, Beffen, fait par ailleurs la navette entre les deux rives de V√•gen depuis les ann√©es 1890. C'est un des symboles de la ville. Un autre petit bac part de Torget pour relier l'aquarium de Nordnes.

De plus, un funiculaire, Fl√łibanen, relie le centre-ville au sommet du Fl√łyen, et un t√©l√©ph√©rique le relie √† celui d'Ulriken.

Une administration à part

Institutions élues
Conseil de la Ville
Département du chef commissionnaire

La ville est actuellement dirig√©e par une coalition de droite compos√©e des conservateurs du parti H√łyre, du FrP et des Chr√©tiens d√©mocrates (KrF). Depuis 2000 la commune est sous un r√©gime parlementaire sp√©cifique compos√© de deux entit√©s aux pouvoirs diff√©rents (byr√•d), comme √† Oslo. Les autres communes du pays sont dirig√©es par un syst√®me de conseil municipal standard.. Les deux personnes qui sont √† la t√™te de la ville repr√©sentent le parti H√łyre. Oslo fonctionne aussi sous ce syst√®me, qui donne plus de poids √† l'opposition qu'une mairie normale.

Le Conseil de la Ville

C'est l'autorit√© supr√™me de la ville. Il est constitu√© de 67 repr√©sentants √©lus pour 4 ans par la population et pr√©sid√© par le maire. Il prend les d√©cisions majeures concernant la cit√© : budget, d√©veloppement et services propos√©s aux citoyens.

Le maire est en ce moment Gunnar Bakke (FrP). Son mandat se termine en 2011. Son pr√©d√©cesseur, Herman Friele (H√łyre) est surnomm√© le roi du caf√©, √©tant h√©ritier de la maison du m√™me nom fond√©e en 1799. Le maire de Bergen a un r√īle majoritairement symbolique et d√©tient le sceau et les armes de la ville.

Bergen Bystyre 2007-2011
H√łyre (conservateurs) 18 (18)
Arbeiderpartiet (socialistes) 16 (15)
Fremskrittspartiet (droite) 14 (12)
Sosialistisk Venstreparti ("gauche-socialistes") 5 (8)
R√łd Valgallianse (alliance communiste/mao√Įste r√©form√©e) 3 (4)
Kristelig Folkeparti (démocrates chrétiens) 4 (4)
Pensjonistpartiet (parti des retraités) 1 (3)
Venstre (centristes, parti libéral-social) 4 (2)
Senterpartiet (centristes, lobby paysan) 2 (1)
Total 67

Le Gouvernement de la Ville

Il g√®re les services et administrations de la cit√©, fait des propositions au Conseil de la Ville et est responsable de l'application des d√©cisions prises par celui-ci. Il est √©lu par le conseil de la ville et est form√© de 5 commissionnaires qui ont chacun un r√īle de ministre. Le chef commissionnaire est Premier Ministre de Bergen. Le chef de l'ex√©cutif du d√©partement est appel√© Directeur du D√©partement. La chef commissionnaire actuelle est Monica M√¶land, elle a plus de pouvoir que le maire.

Divisions administratives

bydeler de Bergen en 2009


Bergen s'est étendue plusieurs fois en incorporant des zones urbaines avoisinantes.

  • 1876 : Les paroisses appartenant √† l'√©glise Korskirken (Sandviken, M√łhlenpris, Nyg√•rd, Lungeg√•rden et Kalfaret) sont rattach√©es √† Bergen
  • 1916 : √Örstad est rattach√© Bergen.
  • 1921 : Gyldenpris est rattach√© √† Bergen au lieu de l'√™tre √† Laksev√•g.
  • 1955 : Fyllingsdalen est transf√©r√© de Fana √† Bergen
  • 1972 : Les municipalit√©s suivantes sont fusionn√©es en une seule municipalit√© appel√©e Bergen : Arna, Bergen, Fana, Laksev√•g, Loddefjord (auparavant partie de Laksev√•g).
  • 1972 : Bergen cesse d'√™tre un fylke √† part enti√®re.
  • 2000: Loddefjord est de nouveau rattach√© √† Laksev√•g.
  • 2004: Les huit bydeler de Bergen perdent leur centres administratifs, et deviennent des unit√©s de l'administration de la kommune.
  • 2008: Les huit bydeler retrouvent leur centres administratifs et une relative autonomie.

Quelques chiffres

Mélange des cultures sur un quai millénaire
Lille Lungegårdsvannet et à droite, la mairie

Pour l'année 2003, sauf précisions[35].

  • Taux de ch√īmage : 3,5 %.
  • 72 % d'actifs dans la tranche d'√Ęge 16-74 ans dont 93 % de salari√©s et 4 % d'ind√©pendants.
  • Environ 30 % d'emplois concernent la sant√©, le social ou l'√©ducation.
  • 115 000 emplois dans la ville.
  • 20 000 PME.
  • Taux de personnes √©trang√®res : 4 %. En 2003, il y avait √† Bergen 17 344 √©trangers dont :
    • Chili : 1 208
    • Irak : 1 194
    • Vi√™t Nam : 1 149
    • Sri Lanka : 950
    • Royaume-Uni : 871
    • Bosnie : 753
    • Su√®de : 700
    • Danemark : 680
    • Allemagne : 619
    • Iran : 548
  • En 2001, 922 appartements furent construits.
  • Taux de participation aux √©lections nationales de 2001 : 77,52 %.
  • Taux de participation aux √©lections locales de 2003 : 57,39 %.
  • Revenus de la ville en pr√©vision pour 2006 : 10 milliards de couronnes, dont 47 % apport√©s par l'imp√īt sur le revenu.

√Čducation

Article connexe : Universit√© de Bergen.
Museum d'histoire naturelle & université de Bergen

La ville compte 63 écoles élémentaires, 16 collèges, 16 établissements combinant élémentaire et secondaire dont six établissements privés, deux écoles primaires privées et un collège privé[35].

Bergen est une importante ville universitaire avec pr√®s de 30 000 √©tudiants. Elle accueille, entre autres, la r√©put√©e √Čcole sup√©rieure de commerce de Norv√®ge (Norges Handelsh√łyskole, NHH), des facult√©s de droit, m√©decine, sciences sociales, histoire, musique et une √©cole d'architecture. Mais elle est principalement connue pour ses facult√©s d'√©conomie, d'anthropologie, de biologie marine et d'√©tudes p√©troli√®res.

Le CHU d'Haukeland est quant à lui un des plus modernes du pays, et sa zone de recherche biologique est une des plus pointues et des plus avancées en Europe.

Ouverte sur l'√©tranger, l'universit√© accueille plus de 1 500 √©tudiants √©trangers dans un cadre de b√Ętiments modernes aussi bien que dans d'anciennes b√Ętisses de bois.

En 2004, le milliardaire norv√©gien Trond Mohn a fait don de 300 millions de couronnes √† l'universit√© pour les fonds de recherche. Cela repr√©sente environ 37,5 millions d'euros[36]. Plus de 60 millions de couronnes ont √©t√© √† nouveau donn√©es par le m√©c√®ne en mars 2007[37].

Par ailleurs, la ville accueille le navire école Statsraad Lehmkuhl.

Art et culture

Titres honorifiques

Musées et sites à voir

Au centre-ville

Kunstmuseum
Musée de la Hanse
  • Mus√©e de la Marine (Bergens Sj√łfartsmuseum).
  • Mus√©e de la p√™che (Norges Fiskerimuseum).
  • Mus√©e de la Hanse (Hanseatisk Museum).
  • Mus√©e de Bryggen (Bryggens Museum).
  • Mus√©e du vieux Bergen (Gamle Bergen).
  • Mus√©e de la l√®pre (Lepramuseet).
  • Mus√©e des buekorps (Buekorpsmuseet).
  • Mus√©e Theta de la R√©sistance (Thetamuseet).
  • Mus√©e de l'universit√© de Bergen (Bergen Museum) :
    • Le mus√©um d'histoire naturelle (Naturhistmuseum).
    • Le mus√©e d'Histoire et de la Culture de Bergen (De Kulturhistoriske Samlinger)
  • Mus√©e des Arts d√©coratifs de Norv√®ge de l'Ouest (Vestlandske Kunstindustrimuseum).
  • L'association des Beaux-Arts et ses expositions (Bergens Kunstforening).
  • Mus√©e des Beaux-Arts de Bergen (Kunstmuseum) :
    • La collection Stenersen.
    • La collection Rasmus Meyers Samlinger.
    • Lysverket.
  • H√•konshallen et Rozenkrantztarnet, l'ancien donjon.
  • L'aquarium (Akvariet).
  • Le th√©√Ętre (Den Nationale Scene)
  • Les concerts de musique classique √† la Griegakademiet.
  • Les √©glises de la ville, en particulier :
  • Fl√łyen et son t√©l√©ph√©rique.
  • La piste cyclable du Store Lungeg√•rdsvann.
  • Les parcs :
    • Byparken.
    • Nyg√•rdsparken.
    • Nordnesparken.

Aux alentours

Stavkirke de Fantoft
  • La stavkirke de Fantoft.
  • Gamlehaugen, la r√©sidence royale en √©t√©, et son parc ouvert au public.
  • Troldhaugen, la maison de Grieg.
  • La maison d'Ole Bull et Lys√łen (l'√ģle de la lumi√®re).
  • Les ruines Lysekloster (le monast√®re de la lumi√®re), ruines cisterciennes.
  • Les constructions d√©fensives de Bergen.
  • Ulriken et son t√©l√©ph√©rique. Ski de fond l'hiver.
  • La p√™che dans les nombreux lacs, et la p√™che sportive (sorties organis√©es).
  • Excursions organis√©es dans les fjords, dont Norway in a nutshell.
  • Promenades ou ski √† Voss.
  • Le manoir de Damsg√•rd et son style rococo.

Personnalités locales

Musique

Grieg par Eilif Petersen

De nombreux groupes c√©l√®bres de black metal sont originaires de Bergen :

Dans une veine plus rock, pop ou electro :

Sur une sc√®ne plus classique et internationale :

Littérature

Divers

  • Christian Michelsen, armateur, premier premier ministre du pays.
  • Gerhard Armauer Hansen, m√©decin ayant d√©couvert le bacille de la l√®pre.
  • Leif Andreas Larsen, h√©ros national, passeur du bus des Shetland.
  • Roald "Kniksen" Jensen, footballeur.
  • Wilhelm Bjerknes, p√®re de la m√©t√©orologie moderne.
  • Sverre Petterssen, auteur d'une pr√©vision capitale: celle du temps pour le Jour J, le d√©barquement de Normandie.

Sport

L'équipe de football de Bergen est le SK Brann. Elle joue en première division norvégienne et figure parmi les équipes les plus efficaces du pays, même si elle ne possède que deux titres de champion national: 1963 et 2007. Avant chaque match les supporters entonnent les deux premières strophes de l'hymne de Bergen, Udsigter fra Ulriken, qui a été, ironiquement, composé par Johan Nordahl Brun, originaire de Trondheim, ville de l'adversaire de toujours: Rosenborg BK. Les autres hymnes du club sont entre autres Byen e' Bergen, composé par Ove Thue en 1976 avec le fameux refrain Byen e' Bergen og laget e' Brann, stedet e' stadion' så syng alle mann! Heia Brann, Brann, Brann, Brann, heia Brann! ainsi que Heia Brann.[38].

La ville compte d'autres clubs de football parmi lesquels on peut citer L√łv-Ham Fotball qui √©volue en seconde division ou encore Fyllingen Fotball qui fut finaliste de la coupe en 1960.

La ville compte par ailleurs 685 clubs de sports et 500 installations sportives, ainsi que 1 120 parcs ou espaces verts, 27 jardins d'enfant, 104 terrains de jeu, 54 terrains de football et 62 chemins de montagne[35].

√Čv√©nements

Grieghallen

La ville compte de nombreuses salles de concert, en plus de celles citées plus haut on peut noter Grieghallen, la Grieghalle construite en 1978, Kvarteret, Teatergarasjen, The Garage et Hulen (ancien abri anti-atomique) ainsi qu'une grande salle type arena en dehors de la ville, Vestlandhallen, la Vestlandhalle. Certains festivals et des concerts comme celui des Rolling Stones en septembre 2006 ont lieu sur des scènes en plein air.

Chaque ann√©e a lieu le festival Hole in the sky, principalement ax√© metal extr√™me, dans deux salles de la ville : The Garage et USF. Des fans du monde entier se retrouvent √† Bergen pour ce festival, le dernier week-end du mois d'ao√Ľt. Le Bergenfest est au printemps un festival √©clectique tr√®s pris√© des Norv√©giens. Toutes sortes de groupes s'y produisent, du rap au black metal. La ville accueille aussi un important festival de jazz. Un concours annuel fait s'affronter les fanfares de la ville et autres brass bands.

Tous les ans a lieu le Bergen gathering, rassemblement de jeunes de toute l'Europe se livrant à des compétitions de katas artistiques et autres figures improvisées, dans les gymnases et sur les pelouses de la ville.

Annuellement début décembre à lieu la fête de la lumière (lysfest), et le Lyderhorn est connu pour être un lieu de réunion les nuits de solstice d'été.

Le Concours Eurovision de la chanson fut organisé à Bergen en 1986. La Belgique remporta la compétition pour la seule et unique fois avec la chanson J'aime la vie de Sandra Kim.

Population et vie locale

√Čvolution d√©mographique
1300 1600 1767 1875 1890 1920 1995 2000 2006 2008
7 000 15 000 20 000 34 000 54 000 130 500 220 000 230 993 244 620 250 000
Population des bydeler de Bergen au 1er janvier 2006 :
Arna 12 010
Bergenhus 33 963
Fana 35 318
Fyllingsdalen 28 232
Laksev√•g 36 143
Ytrebygda 23 703
√Örstad 34 513
√Ösane 42 276
Total 242 158

Les buekorps

Bataillon de Mathismarken
Photo de famille.

Les buekorps (corps d'archers) sont une institution tr√®s importante √† Bergen, qui n'existe nulle part ailleurs bien qu'ayant quelque ressemblance avec les scouts. Au XIXe si√®cle, les jeunes de la ville voulurent imiter leurs a√ģn√©s membres de la Garde Citoyenne, une organisation paramilitaire locale qui fut dissoute en 1881. D√®s 1850, s'organis√®rent donc des bataillons (bataljoner) dans chaque quartier, regroupant les enfants et les adolescents, qui cr√©√®rent leurs propres uniformes, chants et parades. Lors les d√©fil√©s les membres des buekorps sont soit arm√©s de fusils ou d'arbal√®tes en bois, soit √©quip√©s de tambours et autres instruments. Tout est organis√© par les enfants eux-m√™mes. Seuls les anciens et les m√®res des membres participent √† la gestion et √† l'organisation, quand cela leur est demand√©.

Les garçons débutent en tant que soldats vers sept ans, deviennent officiers ou joueurs de tambour à douze ou quatorze ans, et commandants en chef à dix-sept ou vingt ans. Bien que les racines de cette institution soient militaires, les bataillons sont très actifs auprès des associations caritatives et se livrent à des activités physiques.

Les buekorps ont chacun leur jour commémoratif, et tous les quatre ans a lieu le Buekorpsenes dag, jour de compétitions entre les différents bataillons. Le premier bataillon féminin fut créé en 1991, engendrant une petite controverse car la tradition voulait que seuls les garçons puissent intégrer les bataillons[39].

Leurs activités se déroulent principalement de février à juin, et en particulier lors de la fête nationale le 17 mai. Les tambourinades s'entendent donc dans toute la ville et sont perçues comme le signe du printemps, pour la joie des habitants et le malheur des étudiants révisant pour les examens.

Il y a de nos jours 15 bataillons :

  • Dr√¶ggens Buekorps (13 mai 1856), Corps d'archers de Dr√¶ggens, masculin[40].
  • Fjeldets Bataljon (22 mai 1857), Bataillon de Fjeldet, masculin[41].
  • Laksev√•gs Bueskyttere (8 mai 1894), Archers de Laksev√•g, masculin[42].
  • Lungegaardens Buekorps (7 octobre 1994), Corps d'archers de Lungegaarden, f√©minin[43].
Bataillons de Marken et de Mathismarken à Bryggen
  • L√łvstakkens J√¶gerkorps (11 mai 2000), Corps de chasseurs du L√łvstakken[44].
  • Markens Bataljon (4 juin 1859), Bataillon de Marken, masculin[45].
  • Mathismarkens Bataljon (15 juin 1887), Bataillon de Mathismarken, mixte.
  • Nordn√¶s Bataillon (3 mai 1858), Bataillon de Nordn√¶s, masculin[46].
  • Nygaards Bataljon (14 juin 1857), Bataillon de Nygaard, masculin[47].
  • Sandvikens Bataljon (17 mai 1857), Bataillon de Sandviken, masculin[48]
  • Skansens Bataljon (22 mai 1860), Bataillon de Skansen, masculin[49].
  • Skutevikens Buekorps (8 juillet 1853), Corps d'archers de Skuteviken, masculin[50].
  • Sydn√¶s Bataljon (7 juin 1863), Bataillon de Sydn√¶s, masculin[51].
  • V√•gens Bataljon (1er juin 1991), Bataillon de V√•gen, f√©minin.
  • Wesselengens Bataljon (24 avril 1873), Bataillon de Wesselengen, masculin[52].

La langue

Article connexe : Norv√©gien.

Les Bergenois sont connus pour parler vite. √Čtrangement cette caract√©ristique est avanc√©e par les Bergenois pour parler des Oslo√Įtes.

Le dialecte de Bergen (bergensk) est issu en partie du bas-allemand et du frison. Il est diff√©rent des autres dialectes du Hordaland, alors que ces derniers sont peu diff√©rents des autres dialectes du Vestlandet. Aucune forme conventionnelle de bergensk n‚Äôexiste. C'est le seul dialecte norv√©gien qui ne compte que deux genres, le genre f√©minin ayant √©t√© supprim√© au XVIe si√®cle. Le dialecte de Bergen a aussi la particularit√© de pouvoir d√©finir les noms propres, qui sont ind√©finis partout ailleurs dans le pays. Le "r" est prononc√© √† la fran√ßaise selon les Bergenois (consonne roul√©e uvulaire vois√©e), comme dans la majeure partie du Vestlandet. Il est en g√©n√©ral roul√© √† Oslo et dans l'est du pays. Cependant, avec le transfert des pouvoirs √† Oslo, le d√©part de la Hanse et le d√©veloppement du Riksm√•l et du Bokm√•l, le bergensk a perdu beaucoup de ses influences pass√©es et tend √† se rapprocher du dialecte de l'Est. De m√™me, les pluriels sont de moins en moins utilis√©s. De plus, le fait que Bergen soit une grande ville a affaibli son identit√© linguistique, et de toute fa√ßon les gens des autres r√©gions du pays comprennent parfaitement le bergensk.

Administrativement, la ville est neutre, c'est-√†-dire qu'elle n'a ni choisi le bokm√•l, ni le nynorsk comme premi√®re langue officielle. Le bokm√•l est une langue tr√®s proche du danois, alors que le nynorsk est une langue cr√©√©e au XIXe si√®cle pour tenter de fusionner les principaux dialectes norv√©giens et en faire une v√©ritable langue nationale. Les communes norv√©giennes peuvent choisir quelle langue leur administration utilisera principalement.

Bergenois et Bergenoises

Bergen a √©t√© la plus grande ville de Scandinavie jusqu'√† la moiti√© du XIXe si√®cle. Les habitants de Bergen sont les Bergenois (Bergensere). √Ä la mani√®re du conflit gentillet opposant les Fran√ßais et les Belges, les gens d'Oslo se moquent du c√īt√© campagnard des Bergenois. On les d√©crits arrogants, conduisant vite et mal, etc.

Edward Daniel Clarke nota en 1798 que les Bergenois avaient peu en commun avec les habitants de Christiania ou de Trondheim. Un citoyen important de la capitale norv√©gienne a dit un jour :

¬ę Bergen est moins connu pour les gens d'ici que Paris ou Londres : en fait, on consid√®re difficilement Bergen comme formant une partie de notre pays, ou habit√© par des Norv√©giens. ¬Ľ[53]

Il faut dire que jusqu'au XIXe si√®cle les Bergenois √©taient en majorit√© Allemands, Hollandais ou √Čcossais[54].

La Tocnaye rench√©rit :

¬ę Le district de Bergen est ind√©niablement le plus st√©rile et le plus montagneux dans ce royaume, et ses habitants, appel√©s Horders, sont s√Ľrement la race la plus pauvre et la moins civilis√©e du pays tout entier. En v√©rit√©, ces bouffeurs de poisson n'ont aucun trait qui distinguent les vrais Norv√©giens.[53] ¬Ľ

Il explique aussi comment les habitants de Voss et des vall√©es avoisinantes, fertiles, ne voulaient pas avoir affaire avec les Bergenois, et que ceux de File Fjell, √† l'est de Bergen, sont ¬ę gentils et de bon cŇďur l√† o√Ļ les autres sont querelleurs et avares. ¬Ľ Il souligne par ailleurs la forte pr√©sence d'√©trangers √† Bergen et contraste l'image pittoresque de la ville avec l'environnement sauvage et accident√©[53].

De nos jours, comme pour son dialecte, le fait que Bergen soit une grande ville et que ses activités brassent des gens de tout le pays et de toute l'Europe réduit l'influence de son identité. Toutefois beaucoup de Bergenois se revendiquent comme tels avant d'être Norvégiens.

Cependant il y a une chose pour laquelle les Bergenois sont comme tous les Norv√©giens : l'ivresse g√©n√©ralis√©e du samedi soir, chose tr√®s impressionnante quand on ne l'a jamais vue. En effet, les Norv√©giens sont connus pour boire tr√®s peu voire pas du tout en semaine mais pour se ¬ę l√Ęcher ¬Ľ le samedi soir, ce qui donne des sc√®nes assez cocasses dans les rues. Il convient d'insister sur le fait que les Norv√©giens savent choisir entre boire et conduire et que m√™me l√†-bas l'abus d'alcool est dangereux pour la sant√©.

Membres des buekorps mangeant des skillingboller.

De mani√®re g√©n√©rale, les Bergenois vivent √† l'ext√©rieur, sortent beaucoup, et font beaucoup de sport. M√™me en plein hiver les sentiers de montagne ne sont jamais d√©sert√©s. Les falaises de Helleneset pr√®s de Sandviken et de la batterie d'Hellen sont pris√©es des jeunes Bergenois pour les possibilit√©s de plongeons qu'elles offrent. 100 000 Bergenois sont inscrits dans au moins un club de sport. L'adage norv√©gien √• g√• p√• tur (aller faire un tour) prend tout son sens √† Bergen et ¬ę va jouer dehors ! ¬Ľ est probablement une des phrases les plus prononc√©es par les mamans bergenoises √† leurs bambins. Bergenshallen (La halle de Bergen) est une des plus grandes patinoires du pays, et peut accueillir 4 000 personnes lors des grandes rencontres de hockey sur glace.

Les Bergenois sont f√©rus de journaux. Le Bergens Tidende, quotidien local, tirait 88 867 exemplaires en 2004.

La grande majorité des habitants sont protestants luthériens ou membres d'autres églises réformées et depuis quelque temps une communauté musulmane se développe. Il n'y a pas de communauté juive connue à Bergen.

Les sp√©cialit√©s culinaires de la ville sont entre autres le skillingsbolle (le roul√© √† la cannelle appel√© kanelbolle dans le reste de la Norv√®ge) et le langebr√łd, pain local[55]. La Bergenssuppe est une des nombreuses soupes de poissons que l'on peut trouver en Norv√®ge.

Quant √† la boisson, la bi√®re la plus c√©l√®bre de Norv√®ge est bergenoise : la Hansa[56]. L'inscription Bergens Stolthet, "la fiert√© de Bergen", orne toutes les bouteilles. En 2007, une bi√®re d'or a √©t√© lanc√©e (Gull√łl) par la marque pour f√™ter le retour de la coupe √† Bergen, 44 ans apr√®s la derni√®re victoire en championnat national de l'√©quipe locale, Brann.

Comme toutes les villes portuaires importantes, une forte prostitution s'est d√©velopp√©e √† Bergen. Elle √©tait cependant contr√īl√©e, comme dans le reste de la Norv√®ge, et la client√®le √©tait √©tonnamment plus compos√©e de natifs que d'√©trangers de passage, comme nous le rapporte un chroniqueur en 1563, √† propos du d√©c√®s d'une prostitu√©e : ¬ę Katilbrog la vieille prostitu√©e qui avait par le pass√© servi moines, pr√™tres, chanoines, courtisans, entre autres. ¬Ľ La prostitution sera bien tol√©r√©e jusqu'aux pers√©cutions luth√©riennes[57].

Yves Joseph de Kerguelen de Tr√©marec, en 1767, √©crivait que les femmes √©taient ¬ę g√©n√©reuses, mais peu intelligentes. Travailleuses et non adeptes de luxure. Leurs hommes en revanche √©taient plus d√©vots de Bacchus ou de C√©r√®s que de V√©nus. Ils aiment les spiritueux ¬Ľ. Selon lui les jeunes filles n√©glig√©es furent ainsi encourag√©es ¬ę √† se venger sans c√©r√©monie, avec l'aide d'√©trangers plus galants et plus aimables[24]. ¬Ľ

La Tocnaye pensait ¬ę qu'en v√©rit√© il devait √™tre difficile d'√™tre une femme √† Bergen. En Turquie les femmes ne sont pas libres, mais elles sont n√©anmoins trait√©es avec appr√©ciation. Il est dit que les femmes de Norv√®ge sont des esclaves domestiques, et leurs maris de domestiques tyrans. ¬Ľ Et Edward Daniel Clarke de rajouter la m√™me ann√©e ¬ę l'asservissement de la femme norv√©gienne est volontaire, elle se pla√ģt dans son travail, parce que c'est le travail de l'amour, et si c'est de l'asservissement domestique, c'est bien compens√© avec le bonheur domestique. ¬Ľ Ou encore : ¬ę Les choses les plus d√©go√Ľtantes que j'aie jamais vues ¬Ľ, c'est ainsi qu'il qualifie les Bergenoises, dont il n'appr√©cia pas par ailleurs le fait qu'elles ne couvraient pas leur t√™te contrairement aux femmes de Christiania[58].

Jumelages

  • Jumelages:

Chaque année la ville de Bergen envoie un sapin à la ville de Newcastle en remerciements pour les soldats Britanniques ayant été envoyés en Norvège durant la Seconde Guerre Mondiale. La ville de Seattle a offert un totem à Bergen pour son jubilé en 1970. Celui-ci se situe à Nordnesparken.

  • Collaborations:

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Manuels
  • Pierre Jeannin, Histoire des pays scandinaves, PUF, Paris 1956.
  • Birgit et Peter Sawyer, Medieval scandinavia, University of Minnesota, Minneapolis 1993.
  • Lucien Musset, Les peuples scandinaves au Moyen √āge, PUF, Paris 1951.
Ouvrages spécialisés
  • Jacques Mordal, Narvik, Presses de la Cit√©, Paris 1960.
  • Fr√©d√©ric Durand, Les Vikings et la mer, Errance, Paris 1996.
  • H. Arnold Barton, Northern Arcadia, Foreign travelers in Scandinavia, 1765-1815, Southern Illinois University Press, 1998.
Sources internet

Liens externes

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ (no) Steen Sverra; Bergen, Byen mellom fjellene.
  2. ‚ÜĎ Helland 1916 side 102.
  3. ‚ÜĎ (en) Kaye Janet; Sverri's Saga.
  4. ‚ÜĎ (en) B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500, P42, 159.
  5. ‚ÜĎ (en) Helle 1972, 12.
  6. ‚ÜĎ (en) B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500, P158.
  7. ‚ÜĎ (en) B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500, 159.
  8. ‚ÜĎ (en) B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500, 159-60.
  9. ‚ÜĎ Gissel et al. 1981.
  10. ‚ÜĎ Johannes Nohl, La Mort Noire, chronique de la peste, Paris, Payot 1986.
  11. ‚ÜĎ La Hanse Philippe Dollinger, p.366, Aubier-Montaigne, 1964
  12. ‚ÜĎ La Hanse Philippe Dollinger, p.299 √† 301, Aubier-Montaigne, 1964
  13. ‚ÜĎ Universitetet I Bergen.
  14. ‚ÜĎ (en) B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500, 162-63.
  15. ‚ÜĎ B&P Sawyer, Medieval Scandinavia, From reconversion to Reformation circa 800-1500.
  16. ‚ÜĎ Les Grandes √©nigmes, Jacques Marseille et Nadeije Laneyrie-Dagen (ss. la direction de), Larousse, ISBN 2-03-505300-5.
  17. ‚ÜĎ (en) Section of the trial from 1593 against Johanne Jensdatter Flamske (fol. 220a-220b).
  18. ‚ÜĎ Universitetet I Bergen.
  19. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ et d‚ÄČ Iexplore Bergen.
  20. ‚ÜĎ (en) Kaye Janet; Sverri's Saga ¬ß 49-50.
  21. ‚ÜĎ (en) Kaye Janet; Sverri's Saga ¬ß 54-5.
  22. ‚ÜĎ (en)(fr) T. D. Kendrick, A History of the Vikings, 141; Le Routard
  23. ‚ÜĎ Jacques Mordal, Narvik, Presses de la Cit√©, Paris 1960.
  24. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ (en) Kergu√©len Tr√©marec, Relation, 765; Carte des incendies par ann√©e.
  25. ‚ÜĎ Bergenskartet.
  26. ‚ÜĎ (en) Fire! Fire!.
  27. ‚ÜĎ (no)Bergen er ikke regnbyen
  28. ‚ÜĎ Plan et divisions.
  29. ‚ÜĎ (en) La Tocnaye, Promenade, II:191-92.
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Les 7 montagnes de Bergen
Principales :

Ulriken ‚ÄĘ Fl√łyen ‚ÄĘ L√łvstakken ‚ÄĘ Damsg√•rdsfjellet
Et 3 parmi :
Lyderhorn ‚ÄĘ Sandviksfjellet ‚ÄĘ Bl√•manen ‚ÄĘ Rundemanen ‚ÄĘ Ask√łyfjellet

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