Hôtel de Bourgogne (Paris)


Hôtel de Bourgogne (Paris)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hôtel de Bourgogne.

48°51′51″N 2°20′53″E / 48.86417, 2.34806

Les farceurs à l'Hôtel de Bourgogne
(dont Turlupin, Gaultier-Garguille et Gros-Guillaume)

L’Hôtel de Bourgogne désignait jusqu'au XVIe siècle la résidence des ducs de Bourgogne à Paris. Il fut un des principaux lieux de représentation théâtrale parisien au XVe et XVIe siècles.

La tour Jean-sans-Peur, rue Étienne-Marcel, dans le 2e arrondissement de Paris en est le seul vestige subsistant de nos jours.

Sommaire

Historique

En 1548, la société des Confrères de la Passion et de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ y construit une salle de spectacle dont l'accès se fait alors rue Mauconseil (partie aujourd'hui absorbée par la rue Étienne-Marcel) pour présenter des mystères. Mais un arrêt du Parlement défend à l’hôtel de Bourgogne de jouer des pièces religieuses ; en échange, les Confrères obtiennent le monopole des représentations théâtrales profanes sur Paris, et louent leur théâtre aux troupes itinérantes ; parmi elles, les Enfants Sans-souci et la Confrérie des sots.

Le séjour des Comédiens-Italiens imposés par Catherine de Médicis en 1577 et le dynamisme des autres troupes, oblige celle de l'Hôtel de Bourgogne à se professionnaliser et à défendre son privilège. En 1598, les « Comédiens ordinaires du Roy » créés par Valleran Le Conte (avec notamment Gros-Guillaume et l'une des premières comédiennes françaises, Rachel Trepeau), prennent possession de la salle, qu'ils partagent à partir de 1600 avec les Gelosi, première troupe italienne en résidence qui rencontre un énorme succès, suivie par plusieurs autres troupes italiennes dont celle des Comici fedeli entre 1610 et 1623.

La troupe des Comédiens s'étoffe rapidement, accueillant notamment Pierre Le Messier dit Bellerose, Henry Legrand dit Turlupin, Hugues Guéru dit Gautier-Garguille et les comédiens de l'Hôtel d'Argent dont les représentations avaient été interdites.

La création de la troupe du théâtre du Marais en 1634 crée une concurrence directe à Hôtel de Bourgogne. En 1642 ordre est donné par le Roi de renforcer la « troupe des Grands Comédiens de l’Hôtel de Bourgogne » en y transférant 6 comédiens du Marais. Floridor, qui vient lui aussi du Marais prend la succesion de Bellerose en 1647 et fait rénover le théâtre[1]. Le répertoire, composé des farces de Turlupin et Gautier-Garguille, ainsi que des tragédies d'Alexandre Hardy ou Jean Rotrou, est enrichi des œuvres de Pierre Corneille, puis de Jean Racine, avec de grands interprètes tels que Montfleury et la Champmeslé.

En 1680, un édit de Louis XIV ordonne la fusion de la troupe avec celle de l'Hôtel Guénégaud, laquelle résultait déjà de la réunion en 1673 des comédiens du théâtre du Marais avec la troupe de l'Illustre Théâtre de Molière. C'est ainsi qu'est fondée une troupe unique et permanente : la Comédie-Française, sise à l'Hôtel Guénégaud.

La salle est alors dévolue à la Comédie-Italienne qui s'y produit avec succès jusqu'en 1697. L'annonce des représentations de La Fausse Prude, une pièce qui visait directement Madame de Maintenon[2], sert cette année-là de prétexte à Louis XIV pour chasser les comédiens impudents, qui doivent fermer leur théâtre le 4 mai. Ils reviennent à Paris sous le nouveau régime en 1716 et profitent de la protection du duc d'Orléans pour reprendre leurs représentations, sous la direction de Luigi Riccoboni, dans une salle entièrement rénovée. Pourvu d'une rente annuelle de 15.000 livres, ils enrichissent leur répertoire au fil des ans en abordant le répertoire lyrique, rivalisant dès lors avec la troupe de l'Opéra-Comique de Jean Monnet. Cette concurrence débouche sur une fusion des deux troupes en 1762 sous le seul nom de Comédie-Italienne. Mais suite à un arrêté de 1779 interdisant les comédies en italien, l'appellation Opéra-Comique lui est substituée. Les artistes français étaient désormais en majorité, les derniers comédiens italiens sont renvoyés chez eux.

À l'étroit, l'Opéra-Comique inaugure sa nouvelle salle construite par l'architecte Jean-François Heurtier sur l'emplacement de l'hôtel du duc de Choiseul (IIe arrondissement) le 28 avril 1783 baptisée théâtre Favart puis Opéra-Comique National. L'Hôtel de Bourgogne est quant à lui abandonné et transformé en halle aux grains, avant d'être démoli en 1885 pour permettre le percement des rues rue Étienne-Marcel et Turbigo. Une plaque est apposée en mémoire du lieu à l'angle des rues Étienne-Marcel et Française.

La scène du théâtre de l'Hôtel de Bourgogne était moins large que profonde (14 mètres de profondeur[1]). La salle était fortement allongée et les prix des places pouvaient varier de 15 sols pour le parterre à 60 sols (3 livres) pour une première loge ou une banquette sur scène[3].

Notes et références

  1. a et b André Degaine, Histoire du théâtre dessinée, op. cit., p.206.
  2. Claude Pasteur, La Princesse Palatine, Tallandier, 2001, p. 71.
  3. André Degaine, Histoire du théâtre dessinée, op. cit., p.205

Sources

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Hôtel de Bourgogne (Paris) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Hôtel de Bourgogne — Tour Jeans sans Peur Hôtel de Bour …   Deutsch Wikipedia

  • Hotel de Bourgogne — Hôtel de Bourgogne Les farceurs à l Hôtel de Bourgogne (dont Turlupin, Gaultier Garguille et Gros Guillaume) L’ Hôtel de Bourgogne désignait jusqu au XVIe siècle la résidence des …   Wikipédia en Français

  • Hôtel De Bourgogne — Les farceurs à l Hôtel de Bourgogne (dont Turlupin, Gaultier Garguille et Gros Guillaume) L’ Hôtel de Bourgogne désignait jusqu au XVIe siècle la résidence des …   Wikipédia en Français

  • Hôtel de bourgogne — Les farceurs à l Hôtel de Bourgogne (dont Turlupin, Gaultier Garguille et Gros Guillaume) L’ Hôtel de Bourgogne désignait jusqu au XVIe siècle la résidence des …   Wikipédia en Français

  • Hôtel de Bourgogne, Théâtre de l' — ▪ theatre, Paris, France       the first permanent theatre in Paris, built in 1548 on the ruins of the palace of the dukes of Burgundy. The theatre was built by the Confrérie de la Passion (“Confraternity of the Passion”), a group of artisans and …   Universalium

  • Hôtel de Bourgogne —  Cette page d’homonymie répertorie les différents lieux partageant un même toponyme. Hôtel de Bourgogne, ancienne résidence des ducs de Bourgogne à Paris, Hôtel de Bourgogne, siège du gouvernement luxembourgeois et du ministère d État depuis …   Wikipédia en Français

  • Rue de Bourgogne (Paris) — Rue de Bourgogne Pour les articles homonymes, voir Rue de Bourgogne. 7 arrt …   Wikipédia en Français

  • hôtel — [ ɔtɛl; otɛl ] n. m. • XIe ostel « demeure, logis »; bas lat. hospitale « chambre pour les hôtes » → hôpital 1 ♦ (XIIIe dans le Nord) Établissement où on loge et où l on trouve toutes les commodités du service (à la différence du meublé), pour un …   Encyclopédie Universelle

  • Hôtel Bourguignon — Hôtel de Bourgogne Les farceurs à l Hôtel de Bourgogne (dont Turlupin, Gaultier Garguille et Gros Guillaume) L’ Hôtel de Bourgogne désignait jusqu au XVIe siècle la résidence des …   Wikipédia en Français

  • Paris (France) — Paris  Cet article concerne la capitale française. Pour les autres significations, voir Paris (homonymie). Paris …   Wikipédia en Français


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.