Saint-Domingue (colonie française)

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Saint-Domingue (colonie française)
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Colonie de Saint-Domingue

1627 – 1825

Drapeau

Drapeau aprĂšs 1789

Accéder aux informations sur cette image nommée SaintDomingue.360.jpg.
Informations générales
Statut France administration coloniale
Capitale Cap Français (aujourd'hui Cap-Haïtien)
Langue Français et créole
Religion Catholique, protestante et vaudou
Monnaie Piastre-Gourde (livre coloniale) égale à 0,66 livre tournois de métropole
DĂ©mographie
Population 455 000 (1788) dont 405 000 esclaves libérés en 1793
Superficie
Superficie 28 000 kmÂČ

EntitĂ©s prĂ©cĂ©dentes :

EntitĂ©s suivantes :

Saint-Domingue est une colonie française, situĂ©e sur la partie occidentale de l'Île d'Hispaniola, qui a existĂ© de 1627 environ au 1er janvier 1804, date Ă  laquelle elle devint indĂ©pendante sous le nom d’HaĂŻti, aprĂšs un conflit entre un corps expĂ©ditionnaire de NapolĂ©on Bonaparte et les Noirs insurgĂ©s menĂ©s par Toussaint Louverture.

Saint-Domingue est une francisation du terme espagnol Santo Domingo (la traduction Ă©tant Saint-Dominique). L'Ăźle de Saint-Domingue est dĂ©signĂ©e par de multiples noms en français. Jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 1680, Saint-Domingue est surtout un repĂšre de flibustiers, venus vers 1660 de l'Ăźle de la Tortue, toute proche de sa cĂŽte nord-ouest, ou de l'Île-Ă -Vache, sur la cĂŽte sud-ouest. Les boucaniers y chassaient le bƓuf sauvage depuis longtemps, profitant de la prĂ©sence trĂšs Ă©pisodique des espagnols. Les gouverneurs français vont dĂ©sarmer ces flibustiers, entre 1678 et 1700, pour dĂ©velopper une Ă©conomie de plantation.

À partir de 1720, Saint-Domingue est le premier producteur mondial de canne Ă  sucre. Au milieu du XVIIIe siĂšcle, l'Ăźle exporte Ă  elle seule autant de sucre que toutes les Ăźles anglaises rĂ©unies et devient la principale destination des traites nĂ©griĂšres via le commerce triangulaire. Avant la RĂ©volution, les produits coloniaux de Saint-Domingue reprĂ©sentent un tiers des exportations françaises.

Sommaire

La rĂ©serve de viande de la CaraĂŻbe au dĂ©but du XVIIe siĂšcle

Entre 1600 et 1630, les expéditions corsaires basées au départ de l'Europe vont progressivement prendre leur base directement dans la Caraïbe, dans les secteurs abandonnés par les Espagnols, comme l'ßle à Vache, l'ßle de la Tortue ou la cÎte nord-ouest de Saint-Domingue. Les animaux domestiques abandonnés par les conquérants, chevaux, vaches et chiens, vivent en liberté et constituent une réserve de chasse facile pour les boucaniers[1].

Les boucaniers s'installent au départ du Cap-Monte-Christo, au nord, qui est la frontiÚre actuelle entre Haïti et la République dominicaine[2]. Ils s'installent aussi à Port-de-Paix et Petit-Goùve et sur l'ßlot de Port-Margot[3].

Les prémices de la colonisation française

AprĂšs sa dĂ©couverte en 1492 par Christophe Colomb, les Espagnols colonisĂšrent l'Ăźle en s'intĂ©ressant principalement Ă  l'exploitation des gisements d'or qui s'y trouvaient. Vers 1530, le « mĂ©tal jaune Â» se rarĂ©fie : les colons concentrent alors leurs efforts sur la partie orientale, abandonnant la partie occidentale, qui devient la proie facile des pirates Français, Anglais ou NĂ©erlandais.

Malgré une politique de la terre brûlée, menée par le roi Philippe III, destinée à contrer leurs pillages, les boucaniers renforcent leur présence.

Les Français Ă©liminent petit Ă  petit leur rivaux de 1627 Ă  1654, se concentrent sur l'Ăźle de la Tortue au nord-ouest d'Hispaniola, sur l'Ăźle-Ă -Vache au sud-ouest, avant de crĂ©er sur la « grande terre Â» les villes de Petit-Goave en 1654, puis Port-de-Paix en 1666 et la future capitale Cap Français en 1670.

Par le traité de Ryswick en 1697, l'Espagne reconnaßt le contrÎle par la France du tiers occidental du territoire de l'ßle. Avant les Espagnols, Saint-Domingue était faiblement peuplée par des indiens Arawak.

Boucaniers, corsaires, flibustiers et pirates

Le cardinal de Richelieu, Ă  la tĂȘte du gouvernement royal en 1623, dote la France d'une politique coloniale. Jean Cavelet, sieur de Herteley, homme de confiance de Richelieu et un des futurs directeurs de la Compagnie de Saint-Christophe, s’engage dans le financement des activitĂ©s de flibuste de Pierre Belain d'Esnambuc avec Urbain de Roissey, sieur de Chardonville.

Durant la pĂ©riode de la flibuste, la prĂ©sence française est surtout constatĂ©e par des documents Ă©crits Ă  l'Ăźle de la Tortue, en raison de son importance militaire, mais des traces d'une prĂ©sence sur la cĂŽte de Saint-Domingue demeurent. Les liens entre les deux zones, qui font partie d'un ensemble plus large, Les 13 paradis des frĂšres de la cĂŽte sont attestĂ©s : chacune des deux sert de refuge en cas de dĂ©faite dans l'autre.

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'Île de la Tortue.

Années 1629 - 1665

Partis de la petite Île Saint-Christophe, les Français se concentrent sur la Martinique et la Guadeloupe et s'installent aussi plus à l'ouest à la Tortue, mais de façon moins officielle, car l'empire espagnol, plus proche, la leur dispute.

années 1666 - 1670

Cette période voit les premiÚres fissures dans la traditionnelle alliance contre l'Espagne catholique des flottes françaises (qui compte beaucoup de huguenots), anglaises et hollandaises

  • En 1666, Jean Bart s’engage sur les Sept-Provinces, navire de l'amiral de Ruyter, chef de la flotte hollandaise, pour combattre les Anglais.
    C'est le début de la guerre de Dévolution, Français contre Espagnols et Hollandais. Néanmoins les Hollandais furent flibustiers aux cÎtés des Anglais et des Français et réciproquement.
    Les flibustiers François L'Olonnais et Michel le Basque, organisent la premiÚre grande expédition de flibuste avec la prise et le pillage de Maracaibo.
    D’Ogeron vend aux flibustiers et aux boucaniers des femmes blanches aux enchĂšres qu’il a fait venir d’Europe. DĂ©but de la colonisation de Port-de-Paix.
    Le flibustier Delile prend et pille la ville de Saint-Yague dans la partie espagnole de Saint-Domingue.
  • 28 juillet 1669, François TrĂ©butor commandant la frĂ©gate La Sainte-Catherine armĂ©e par le gouverneur reçoit une commission (lettres de course) de Bertrand d'Ogeron de La BouĂ«re, permettant la flibuste.
  • La population est estimĂ©e Ă  1500 personnes en 1669 (Tortue et cĂŽte nord-ouest rĂ©unies). C'est trois fois plus en 1677[4], mais les plantations ne commencent que plus tard, preuve que le secteur est alors une base de repli pour les petits planteurs de tabac et flibustiers de toute la CaraĂŻbe.

années 1670 - 1684

C'est la premiĂšre grande Ă©poque de l'expansion sucriĂšre aux Antilles française, virage important de l'histoire de la Martinique et la Guadeloupe. Louis XIV tente aussi de l'implanter Ă  Saint-Domingue, mais il ne parvient pas Ă  mettre au pas les boucaniers qui peuplent la cĂŽte nord-ouest de l'Ăźle, mĂȘme si une bonne partie fuient vers le Rendez-vous de l'Ăźle d'Or au Panama. La culture du tabac qui fait vivre des milliers de flibustiers est rĂ©gie par une ferme du tabac, concĂ©dĂ©e en 1674 Ă  la Marquise de Maintenon avec un prix d'achat trĂšs bas et un prix de revente Ă©levĂ©, ce qui favorise l'expansion du tabac de Virginie.

La compagnie des Indes occidentales perd son monopole en 1670 et tombe en faillite en 1674. Les grands ports ont le droit de commercer du sucre et des esclaves. C'est l'Ă©poque oĂč de grandes familles d'armateurs dĂ©veloppent le nĂ©goce du sucre[5].

annĂ©es 1685 – 1696

Les annĂ©es 1685 Ă  1696 sont l'occasion d'un regain d'activitĂ© pour les corsaires de Saint-Domingue Ă  la suite d'une inversion gĂ©nĂ©rale des alliances en Europe. À partir de 1688 la Glorieuse RĂ©volution britannique casse l'alliance entre Louis XIV et la couronne d'Angleterre. Celle-ci dĂ©sormais protestante est alliĂ©e aux Hollandais. En 1692, la France se retrouve mĂȘme isolĂ©e contre la Ligue d'Augsbourg, que vient de rejoindre l'Espagne.

DĂ©veloppement des plantations, traite des noirs

Le traitĂ© de Ryswick entre l'Espagne et la France sĂ©curise la situation dans la colonie. Il se dĂ©veloppe une politique d'Ă©limination des activitĂ©s de flibustes. Des cultures d'exportations sont introduites. Avec elles la traite nĂ©griĂšre pour faire face au besoin de main d'Ɠuvre. Celui-ci ne peut ĂȘtre assurĂ© par de la main d'Ɠuvre d'origine mĂ©tropolitaine suite au relatif Ă©chec de la politique dite des "36 mois". Les succĂšs Ă  l'exportation et la rentabilitĂ© des plantations vont stimuler la traite des esclaves. L'aventure coloniale intĂ©resse les cadets de familles nobles qui y trouvent le moyen de faire fortune dans la "terre" au cĂŽtĂ© des commerçants. La question raciale Ă©merge formellement avec la question des titres de noblesse des "sangs-mĂȘlĂ©s".

AnnĂ©es 1697 - 1703 : derniers feux de la flibuste

En 1697, Louis XIV signe la paix avec l'Espagne, par le traitĂ© de Ryswick qui reconnaĂźt la domination française sur la partie ouest de Saint-Domingue en Ă©change de l'arrĂȘt de tout raid des corsaires contre son empire. Louis XIV accepte en Ă©change de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols. La paix permet un dĂ©veloppement rapide des plantations de sucre, des terres Ă©tant donnĂ©es aux corsaires qui acceptent de cesser d'attaquer l'Espagne.

  • En 1697 Mr de Pointis rĂ©unit une flotte et des flibustiers pour une expĂ©dition contre CarthagĂšne qui fut pillĂ©e avec un butin de plusieurs millions de piastres.
    En mai, soulĂšvement de 300 esclaves au quartier Morin de la Petite Anse.
  • 30 octobre 1697, L'Espagne cĂšde la partie occidentale de l'Ăźle d'Hispaniola Ă  la France par le traitĂ© de Ryswick.
  • En 1698, la France cĂšde l’administration du sud d’Hispaniola Ă  la compagnie de Saint-Louis en contre partie d’un engagement de colonisation.
    La « Compagnie de Saint-Domingue Â» ou « Compagnie Royale des Indes Â» est crĂ©Ă©e. Elle Ă©tablit ses bĂątiments et entrepĂŽts Ă  Saint-Louis-du-Sud. AprĂšs sa crĂ©ation, le nombre d'esclaves est passĂ© de 9 000 en 1700 Ă  24 000 en 1713. La compagnie construit aussi des magasins et entrepĂŽts dans le petit bourg de Jacmel, qui connaĂźtra un essor considĂ©rable grĂące Ă  son port ouvert au commerce extĂ©rieur.
    D'aprÚs des plans revus par Vauban, le Fort Saint-Louis est édifié sur l'ßlet commandant l'accÚs à la baie.
  • En 1700, les flibustiers français se joignent Ă  leurs frĂšres anglais de la JamaĂŻque. L'Ăźle de la Tortue n'a plus d'utilitĂ©. Elle retourne Ă  l'Ă©tat d'Ăźle dĂ©serte.
    La population est de 8 000 habitants dont 60% de blancs.
  • En 1701, la partie française copmpte dĂ©jĂ  52 sucreries[9], la premiĂšre ayant Ă©tĂ© installĂ©e en 1685.
  • En juin 1701, un Ă©dit du roi Louis XIV crĂ©e un second conseil supĂ©rieur, dont la rĂ©sidence est au Cap et qui a dans son ressort les siĂšges royaux du Cap et du Port-au-Prince, dĂ©tachĂ©s de celui du Petit-Goave.
  • En 1701, le roi relance la Compagnie de GuinĂ©e, avec de nouveaux actionnaires, dont il fait partie. L'un d'entre eux est le financier Antoine Crozat. Elle a pour mission de livrer au moins 1 000 esclaves par an aux colonies, chiffre qui est bientĂŽt portĂ© Ă  3 000. Elle obtient mĂȘme le monopole de livraison d'esclaves aux Espagnols et devient Compagnie de l'asiento.

AnnĂ©es 1703 - 1736 : vers l'introduction du coton et du cafĂ©

L'esclavage monte rapidement en puissance, et se structure juridiquement et Ă©conomiquement, les cultures se diversifient, mĂȘme si la canne Ă  sucre reste largement dominante.

Apogée économique (sucre, café, indigo, cacao)

années 1743 - 1765

Les deux décennies qui précÚdent la guerre de Sept Ans contre les Anglais sont celles d'une forte croissance des cultures esclavagistes, sucre et café, la traite négriÚre s'industrialisant, avec des bateaux plus grands, financés par des sociétés par action.

La Révolution du café de Saint-Domingue, dans la deuxiÚme partie du siÚcle, voit l'ßle devenir le premier producteur mondial, avec le défrichage des hautes terres de l'est de la colonie et l'importation à un rythme encore plus rapide d'esclaves dans la derniÚre décennie avant la révolution.

annĂ©es 1766 - 1776 : le sĂ©paratisme commercial et annexions espagnoles

Assistance militaire aux États-Unis et Ă©mergence d’officiers de couleurs

année 1779

Saint Domingue en 1780, vue du mole Saint-Nicolas. (Pierre Ozanne)

Saint-Domingue est une importante colonie oĂč se trouve une infrastructure militaire. Elle est utilisĂ©e dans le cadre du soutien français Ă  la Guerre d'indĂ©pendance amĂ©ricaine. Il existe par ailleurs des liens avec les planteurs des colonies du sud des futurs États-Unis, et notamment ceux de Louisiane (vendue en 1803 aux États-Unis par la France). Ces liens essayent de limiter l'influence de la Nouvelle-Angleterre, anti-esclavagiste et indĂ©pendantiste. NĂ©anmoins l'antagonisme principal est entre la Nouvelle-France en AmĂ©rique et les possessions britanniques.

AndrĂ© Rigaud, Henri Christophe s'engagent dans le rĂ©giment des chasseurs-volontaires de Saint-Domingue pour aller aider les insurgĂ©s amĂ©ricains (guerre d'indĂ©pendance des États-Unis d'AmĂ©rique), ils s'illustreront dans le siĂšge de Savannah.

  • 15 aoĂ»t, un contingent expĂ©ditionnaire part du Cap-Français sous les ordres du comte Charles-Henri ThĂ©odat d'Estaing, vice-amiral de France, lieutenant gĂ©nĂ©ral des ArmĂ©es Royales, ancien gouverneur de l'Ăźle, avec comme major gĂ©nĂ©ral le vicomte François de Fontanges, propriĂ©taire aux GonaĂŻves.
  • 12 septembre, dĂ©barquement du corps expĂ©ditionnaire avec des grenadiers-volontaires de Saint-Domingue (Port au Prince) et des chasseurs-volontaires de Saint-Domingue (Saint-Marc) en GĂ©orgie prĂšs de Savannah (États-Unis)
  • 24 septembre, dĂ©but du siĂšge de Savannah
  • 9 octobre, assaut de Savannah et dĂ©faite

années 1780 - 1789

L'Ăźle participe Ă  la RĂ©volution française de 1789. La dĂ©cennie la prĂ©cĂ©dant est marquĂ©e par le dĂ©bat d'idĂ©e sur l'esclavage: des rĂ©voltes se multiplient, des lobbys se forment, les Ă©crits se multiplient. Plusieurs gĂ©nĂ©raux blancs, noirs et mĂ©tis en sont issus : Étienne Eustache Bruix (amiral), Alexandre Dumas, AndrĂ© Rigaud, Toussaint Louverture.

  • 12 mai 1780, formation des chasseurs royaux de Saint-Domingue du chevalier Renaud de Villever, gouverneur itinĂ©rant de l'Ăźle
  • En 1785, le gouverneur de Belle-Combe reconnaĂźt l’indĂ©pendance d’une bande d’ex-esclaves dit marrons dans les montagnes de Bahoruco
  • En fĂ©vrier 1788, Brissot de Warville fonde la SociĂ©tĂ© des amis des Noirs, pour l'abolition de l'esclavage.
    Le recensement fait Ă©tat de 455 000 habitants dont 27 717 blancs, 21 808 gens de couleur libres, et 405 464 esclaves. En 20 ans, la population d'esclaves a diminuĂ© d'un tiers.
  • En 1788, le planteur et dĂ©putĂ© Pierre-Victor Malouet rend un mĂ©moire dĂ©fendant l'esclavage.
  • En 1789, la production de cafĂ© atteint 43 000 tonnes. Les exportations vers la mĂ©tropole reprĂ©sentent 161 373 788 livres tournois.
  • En 1789 aussi, la croissance urbaine permet Ă  deux villes d'Ă©merger. Le Cap Français compte 20 000 habitants et Port-au-Prince 10 000 habitants[16].
  • Le lobby du Club de l'hĂŽtel Massiac est fondĂ© le 20 aoĂ»t 1789 pour dĂ©fendre l'esclavage Ă  l'hĂŽtel particulier du CrĂ©ole Massiac. MĂ©dĂ©ric Louis Élie Moreau de Saint-MĂ©ry, de la Martinique, y prend une part importante au cĂŽtĂ© de deux Ă©lus de la noblesse de Saint-Domingue aux États gĂ©nĂ©raux, Louis-Marthe de Gouy d'Arsy et Denis Nicolas Cottineau de Kerloguen.
  • 20 aoĂ»t, le dĂ©putĂ© Étienne Louis Hector Dejoly, dĂ©putĂ© de Paris soumet Ă  la convention le « cahier de dolĂ©ance des gens de couleurs libre Â», prĂ©parĂ© par Julien Raimond. Ce cahier est appelĂ© « sortie des mulĂątres Â», par les colons sĂ©grĂ©gationnistes. Cette demande n'est pas conforme Ă  l'approche sans discrimination raciale de la dĂ©claration des droits de l'homme.
  • 26 aoĂ»t, adoption par l'assemblĂ©e constituante de « la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen Â».
    La Fayette fait enrĂŽler de nombreux « libres de couleur Â» dans la garde nationale.

Des colons pactisent avec les Britanniques, des esclaves avec les Espagnols

Année 1790

La contestation de la Révolution française par les riches planteurs passe du terrain des idées à ceux de la politique et de l'opposition militaire.

  • 27 fĂ©vrier, Ă©lection d'une assemblĂ©e coloniale de Saint-Domingue exclusivement composĂ©e de blancs.
  • En mars, Un dĂ©cret de l’AssemblĂ©e Nationale proclame l’égalitĂ© des mulĂątres libres ; les assemblĂ©es coloniales s’opposent Ă  sa diffusion et revendiquent l’autonomie.
  • 28 mars, un dĂ©cret ouvre la reprĂ©sentation Ă  tout propriĂ©taire de plus de 25 ans, sans discrimination de couleur ; l’assemblĂ©e coloniale s’oppose Ă  sa diffusion et revendique l’autonomie.
  • 14 avril, Ă  Saint-Marc se rĂ©unit, d’aprĂšs les ordres du Roi, une « AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de la partie française de Saint-Domingue Â» qui remplace « l’assemblĂ©e coloniale Â».
  • 23 octobre, Jacques-Vincent OgĂ© dĂ©barque au Cap d’un navire amĂ©ricain, avec des munitions de guerre, il Ă©quipe 250 Ă  300 hommes pour exiger l’application du dĂ©cret. Son arrivĂ©e de Paris a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e par le «club de l'hĂŽtel Massiac».
  • 29 octobre,Jacques-Vincent OgĂ©, Jean-Baptiste Chavannes et leurs amis dont Joseph RiviĂšre, battent d’abord M. de Vincens avec 500 hommes, puis sont battus par le colonel Cambefort avec 1 500 hommes, ils se rĂ©fugient dans la partie espagnole, mais sont livrĂ©s au gouverneur Blanchelande.

Année 1791

Les colons font reculer militairement la Révolution française, ce qui déclenche le soulÚvement général des esclaves.

  • 25 fĂ©vrier, les mulĂątres OgĂ© et Chavannes sont suppliciĂ©s jusqu’à ce que mort s’ensuive. L'affaire fait grand bruit et amĂšne la Constituante Ă  rĂ©examiner la situation en mai.
  • En avril, les colons de JĂ©rĂ©mie (Sud) se rassemblent en une FĂ©dĂ©ration de la grande Anse. Ils achĂštent la tĂȘte d'insurgĂ©s noirs. Les blancs sont dirigĂ©s par La Chaise, les autres par NoĂ«l Bras. AndrĂ© Rigaud ramĂšne l'ordre sur instruction des commissaires civils.
  • 15 mai, par dĂ©cret de l’assemblĂ©e constituante l’esclavage est confirmĂ©, l’égalitĂ© des droits politiques est accordĂ©e aux mulĂątres libres de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration.
  • 22 aoĂ»t, soulĂšvement des esclaves de Saint-Domingue, environ 1 000 blancs tuĂ©s.
  • 24 septembre, l’assemblĂ©e constituante rĂ©voque le dĂ©cret du 15 mai et remet le sort des noirs Ă  l'assemblĂ©e coloniale, l'insurrection se rallume.
  • 23 octobre, concordat de la Croix des bouquets entre insurgĂ©s libres et colons esclavagistes. Il est convenu de l’application du dĂ©cret du 15 mai et l’infamie pour les juges d’OgĂ© et Chavanne.
  • En novembre, Toussaint Louverture rejoint les esclaves insurgĂ©s dirigĂ©s par Jean-François et Biassou, ils vont passer dans la partie espagnole. Louverture y devient « gĂ©nĂ©ral d’armĂ©e du Roi Â».

Année 1792

Le chaos s'installe, profitant au voisin espagnol.

  • En janvier, Paris apprend la rĂ©volte de Saint-Domingue, la spĂ©culation sur le sucre commence, les prix flambent, et des Ă©meutes populaires Ă©clatent contre la chertĂ© du sucre
  • 4 avril, DĂ©cret de la lĂ©gislative sur des mesures en faveur de l’égalitĂ© politique de tous les libres.
  • Mai, les Espagnols franchissent la frontiĂšre, envahissant la colonie par l’Est avec l’appui d’esclaves rebelles dont Toussaint Louverture et Biassou.
  • 16 novembre, Ferrand de BaudiĂšres, officier des grenadiers volontaires de Saint-Domingue, juge de la SĂ©nĂ©chaussĂ©e et AmirautĂ© du Petit-GoĂąve, a la tĂȘte tranchĂ©e par des royalistes esclavagistes pour avoir rĂ©digĂ© une pĂ©tition Ă  l'AssemblĂ©e provinciale de l'Ouest en faveur des droits civils et politiques des affranchis dont nombreux avaient Ă©tĂ© ses compagnons d'armes Ă  Savannah, en GĂ©orgie.

Année 1793

La guerre civile s'intensifie, les révolutionnaires affichent des succÚs militaires, mais les colons obtiennent le soutien des Anglais, à qui ils promettent de livrer la colonie en échange du maintien de l'esclavage

  • Toussaint Louverture, Jean-François et Biassou passent dans la partie espagnole. Ceux-ci promettent la libertĂ© en Ă©change de l'aide contre les Français. Louverture y devient « gĂ©nĂ©ral d'armĂ©e du Roi Â».
  • 25 janvier, des colons royalistes dirigĂ©s par Borel s'emparent de Port au Prince avec l'aide de soldats d'Artois. Ils envoient un dĂ©putĂ© de l'assemblĂ©e coloniale Ă  Londres pour proposer au gouvernement britannique de lui livrer l'Ăźle sous condition qu'il y maintienne l'esclavage.
  • 14 avril, les rĂ©publicains reprennent Port-au-Prince avec les gĂ©nĂ©raux Lassale et Beauvais. Borel s'Ă©chappe Ă  la JamaĂŻque.
  • 11 mai, dĂ©but de la guerre navale aux CaraĂŻbes de l'alliance hispano-britannique contre la France.
  • 20 juin, le gĂ©nĂ©ral royaliste Galbaud dĂ©barque au Cap Français pour prendre la ville. Le 21 il est battu par les rĂ©publicains, il y a 500 morts et un incendie s'est dĂ©clarĂ© qui ravage la plus belle ville des Antilles du moment.
  • 29 aoĂ»t, LĂ©ger-FĂ©licitĂ© Sonthonax et Étienne Polverel commissaires civils Ă  Saint-Domingue proclament l'Ă©galitĂ© et la libertĂ© gĂ©nĂ©rale des esclaves.
  • Formation des « lĂ©gions de l'Ă©galitĂ© Â», celle du Nord fut commandĂ©e par Villatte, celle du sud par AndrĂ© Rigaud, LeveillĂ© fait partie de celle de l'Ouest.
  • 3 septembre, les royalistes insurgĂ©s de Saint-Domingue, reprĂ©sentĂ©s par Pierre Venant de Charmilly signent avec l'ennemi britannique, reprĂ©sentĂ© par Adam Williamson, le « traitĂ© de la JamaĂŻque Â» ou « capitulation de la grande Anse Â». Les Britanniques s'engagent au maintien de l'esclavage en Ă©change de la soumission.
  • 19 septembre, 500 soldats britanniques sont accueillis Ă  JĂ©rĂ©mie et au mĂŽle Saint-Nicolas le 22 septembre. Les royalistes livrent dans la foulĂ©e Saint-Marc, L'Arcahaie, Le Grand Goave, Tiburon et LĂ©ogane.

Année 1794

Les révolutionnaires, aprÚs l'abolition de l'esclavage en février, doivent combattre toute l'aristocratie sucriÚre, alliée aux Espagnols et aux Anglais.

Jean-Baptiste Belley député à la convention (par Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson)
  • Labatut, commandant de la Tortue, envoie des vivres au Port-de-Paix. Laveaux dirige une attaque gĂ©nĂ©rale contre les Espagnols, Danty attaque Poste la Chapelle, Villatte Port-Margot, Louverture Petite RiviĂšre. Laveaux accuse Villatte d’une politique raciale en faveur des mulĂątres et promeut Louverture dont il fait venir des troupes prĂšs du Cap.
  • 2 fĂ©vrier, l'escadre britannique du commodore J. Ford se prĂ©sente devant le Port-au-Prince. Face Ă  la rĂ©sistance elle ne peut dĂ©barquer.
  • 3 fĂ©vrier, trois dĂ©putĂ©s de Saint-Domingue siĂšgent Ă  la convention : le mulĂątre Jean-Baptiste Mills, le blanc Louis-Pierre et le noir Jean-Baptiste Belley. Leur arrivĂ©e est acclamĂ©e. Le prĂ©sident de l’assemblĂ©e leur donne l’accolade fraternelle.
  • 4 fĂ©vrier, dĂ©cret d'abolition de l'esclavage votĂ© Ă  l’unanimitĂ© par la Convention, qui confirme la dĂ©claration des droits de l'homme de 1789 dans les colonies.
  • 19 fĂ©vrier, TraitĂ© de Whitehall entre les Anglais et les colons de Saint-Domingue, qui permet Ă  ce des derniers de combattre les troupes rĂ©volutionnaires et l'Ă©mancipation des noirs, et aux Anglais de rĂ©cupĂ©rer la lucrative fiscalitĂ© sur les plantations de sucre françaises
  • 18 mai, Toussaint Louverture se rallie au camp rĂ©publicain français en se plaçant sous l'autoritĂ© du gouverneur gĂ©nĂ©ral Laveaux ; il devient chef militaire aux cĂŽtĂ©s de Rigaud, PĂ©tion, Martial, Besse, Villatte ; une armĂ©e de 40 000 hommes est levĂ©e.
  • 30 mai, nouvelle escadre britannique devant le Port au Prince (6 frĂ©gates, 12 bĂątiments de transports et de nombreuses goĂ©lettes)
  • 25 juin, Louverture Ă©limine les garnisons espagnoles de Petite RiviĂšre, Dondon, Gros Morne et des GonaĂŻves avec 5 000 hommes et se rend au Port-de-Paix oĂč se trouve Laveaux
  • Louverture bat les Espagnols Ă  camp Bertin et au LimbĂ©, reprend Dondon. De nombreux noirs enrĂŽlĂ©s par l’Espagne rallient la France.
  • 6 juillet, Jean François nĂ©gocie son soutien Ă  l’Espagne en Ă©change du pillage de Fort-Dauphin oĂč il Ă©tait censĂ© protĂ©ger des blancs royalistes : il en massacre un millier.
  • Fin de l'annĂ©e : Rigaud, PĂ©tion et Beauvais reprennent Leogane et Tiburon, assiĂšgent les Britanniques Ă  la Grande Anse. Villatte dĂ©fend le Cap-Français. Les Britanniques bloquent le port, les Espagnols assiĂšgent la ville. Jean François et les Espagnols, battus, se retirent Ă  Fort-Dauphin. Louverture et 4 500 hommes prennent aux Espagnols Saint-Michel et Saint-Raphael.

Toussaint Louverture et les généraux mulùtres Rigaud, Villatte

Année 1795

  • 1er janvier 1795, Louverture enlĂšve camp Flamin, camp Roque et Saint-Malo aux Espagnols.
  • Janvier 1795, Louverture bat le gĂ©nĂ©ral britannique Brisbane aux environs de la Petite RiviĂšre.
  • 4 janvier 1795, Louverture est battu par Jean François au fort Charles Sec.
  • En 1795, Rochambeau est envoyĂ© avec Roume Ă  Saint-Domingue.
  • mi-mars 1795, Rigaud, PĂ©tion et Beauvais battent le lieutenant-colonel britannique Markham prĂšs de Port RĂ©publicain.
  • 25 mars 1795, Étienne Laveaux dĂ©cerne un brevet de colonel Ă  Toussaint Louverture.
  • mai 1795, le gĂ©nĂ©ral britannique Wiliamson remplace Horneck, il amĂšne 2500 hommes Ă  Port RĂ©publicain. Il renforce les lĂ©gions coloniales royalistes avec des esclaves rachetĂ©s.
  • mi 1795, Louverture sur ordre de Laveaux, forme plusieurs rĂ©giments avec des officiers noirs.
  • 22 juillet 1795, Le TraitĂ© de BĂąle cĂšde la partie espagnole de l'Ăźle Ă  la France. La France laisse nĂ©anmoins aux Espagnols le rĂŽle d'administrateurs. Fin de la guerre avec les Espagnols.
  • 23 juillet 1795, Par dĂ©cret, la convention nationale nomme au grade de gĂ©nĂ©ral de brigade Louverture, premier gĂ©nĂ©ral noir de l'ArmĂ©e française, et les mulĂątres AndrĂ© Rigaud, Villatte, Louis-Jacques Beauvais, les autres grades donnĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Laveaux Ă©tant maintenus.
  • AoĂ»t 1795, la fiĂšvre jaune fait des ravages dans les troupes britanniques d'origine europĂ©enne Ă  Port RĂ©publicain. Les offensives sont empĂȘchĂ©es.
  • Fin 1795, le major gĂ©nĂ©ral Forbes remplace Williamson. Il fixe les positions en amĂ©liorant les fortifications.
  • 20 dĂ©cembre 1795, Toussaint Louverture se plaint dans une lettre Ă  Laveaux de la connivence entre les administrateurs Espagnols de la partie de l'Est et les Britanniques.
  • 22 dĂ©cembre 1795, une escadre britannique attaque LĂ©ogĂąne mais Ă©choue.

Année 1796

  • 8 fĂ©vrier 1796, sur demande de Rigaud et Beauvais, Laveaux par ordonnance convoque des « assemblĂ©es primaires Â» Ă  LĂ©ogane (l’Ouest) et aux Cayes (Sud). Sur intervention de Louverture demandant le siĂšge de l’Ouest aux GonaĂŻves, Laveaux annule la dĂ©signation de LĂ©ogane, ce qui provoque un dĂ©but d’insurrection de Villate, Pinchinat, Sala et Fontaine.
  • 21 fĂ©vrier 1796, les Britanniques attaquent Fort Dauphin avec l'aide du noir Titus, il est battu par le gĂ©nĂ©ral rĂ©publicain Villatte.
  • 28 fĂ©vrier 1796, Laveaux suspend la convocation des assemblĂ©es primaires.
  • 20 mars 1796, Rigaud accuse Laveaux de favoriser les noirs, il est arrĂȘtĂ© au Cap par Villatte. Louverture se prĂ©sente avec 10 000 hommes pour libĂ©rer Laveaux et le sauve.
  • 31 mars 1796, Laveaux gouverneur de Saint-Domingue nomme Louverture lieutenant au gouvernement de Saint-Domingue et son adjoint direct.
  • mars 1796, arrivĂ©e de France du gĂ©nĂ©ral Desfourneaux.
  • 11 mai 1796, Roume, commissaire de la RĂ©publique dans la ville de Santo Domingo, demande aux gĂ©nĂ©raux noirs et mulĂątres de se rĂ©concilier.
  • 12 mai 1796 arrive une escadre de la RĂ©publique avec les commissaires dĂ©signĂ©s par le directoire (Sonthonax, Giraud, Raymond, Leblanc) et des gĂ©nĂ©raux (Kerversau, Rochambeau, Martial Besse, Chanlatte et l’adjudant gĂ©nĂ©ral Mentor, noir de la Martinique). Leur mission est notamment de mettre fin au « prĂ©jugĂ© de couleur Â».
  • 18 mai 1796, dĂ©cision des commissaires d’arrĂȘter Vilatte et de l'envoyer en France.
  • mi 1796, Louverture Ă©quipe 16 000 hommes avec les armes arrivĂ©es de France.
  • Fin 1796, ouverture d’écoles libres au Cap par le commissaire Raymond.
  • 14 juin 1796, Le brigadier gĂ©nĂ©ral britannique Howe avec 7000 hommes de troupes de renfort attaque et prend Bombarde.
  • 21 juillet 1796, la commission civile fait arrĂȘter le gĂ©nĂ©ral Rochambeau qui refuse d’occuper Santo Domingo et d’y Ă©tendre les lois de la RĂ©publique, en outre il se plaint de la position des noirs et hommes de couleur. Il est renvoyĂ© en France.
  • 7 aoĂ»t 1796, dĂ©faite de Rigaud devant les Britanniques de fort Irois.
  • septembre 1796, Ă©vĂ©nements des Cayes avec le frĂšre de Rigaud et Pinchinat Ă  la suite de la tenue d’une assemblĂ©e primaire. Il s’ensuit un rapport dĂ©favorable sur le gĂ©nĂ©ral Rigaud envoyĂ© au directoire par Sonthonax.

Année 1797

  • FĂ©vrier, le conseil des 500 sur rapport du reprĂ©sentant de Saint-Domingue Dufay subdivise la colonie en 5 dĂ©partements :
  • Mars, arrivĂ©e du gĂ©nĂ©ral britannique John Graves SimcoĂ« Ă  Port RĂ©publicain. Il est chargĂ© non plus de conquĂ©rir Saint-Domingue, mais de favoriser la revendication d'autonomie pour enlever Saint-Domingue Ă  la France.
  • Avril, assauts infructueux de Rigaud sur le fort Irois tenu par les Britanniques.
    Louverture prend Mirebalais et Grands Bois aux Britanniques sans combats. Ceux-ci se replient pour protéger l'Ouest.
  • 3 mai, Louverture est promu gĂ©nĂ©ral de division par Sonthonax et confirmĂ© dans les fonctions de gĂ©nĂ©ral en chef de la colonie, ce qui fait de lui le deuxiĂšme personnage de la colonie de Saint-Domingue.
  • Juin, les Britanniques reprennent Mirebalais, se fortifient Ă  Saint-Marc et occupent les Verettes.
  • Juillet, avec 10 000 hommes, Louverture reprend les Verettes et dĂ©truit la lĂ©gion de Dessources, royaliste ralliĂ© aux Britanniques qui se replie sur Saint-Marc. Il reprend aussi Mirebalais.
    Le colonel Henri Christophe attaque et dĂ©truit les anciennes troupes pro espagnoles de Jean François, toujours en rĂ©volte contre la rĂ©publique, surnommĂ©es « les vendĂ©ens de Saint-Domingue Â». Elles sont soutenues par les Britanniques et installĂ©es Ă  ValiĂšre.
  • AoĂ»t, Dessalines et Belair sont battus par les 8 000 hommes de la lĂ©gion d'York sous le commandement de Lapointe au fort du Boucassin. Ceci empĂȘche Louverture de prendre le contrĂŽle des Arcahaies.
    Le général britannique Whyte remplace Simcoë. Les Britanniques occupent encore la grande Anse, le MÎle, l'Arcahaie, Saint-Marc et Port Républicain.
  • 17 aoĂ»t, la promotion de Louverture au grade de gĂ©nĂ©ral de division est ratifiĂ©e par le Directoire qui ajoute le don d'un sabre et d'une paire de pistolets de la manufacture de Versailles.
  • 3 septembre, dĂ©part de Sonthonax, forcĂ© par Louverture.
  • 5 septembre, le gĂ©nĂ©ral PĂ©tion conquiert Grenier, Fourmi et Gros Morne.
  • 22 septembre, le lieutenant-colonel Doyon, envoyĂ© par Rigaud attaque et enlĂšve le camp Thomas au-dessus de Port RĂ©publicain.

Année 1798

  • Janvier, Dessalines Ă©choue Ă  se rendre maĂźtre de l’Arcahaie, il perd 800 hommes dans les combats. Il est mis aux arrĂȘts par Louverture pour n’avoir pas soutenu l’action des 3 demi-brigades de Christophe Mornay avec qui il avait une inimitiĂ©
  • 27 mars, le directoire envoie un reprĂ©sentant sur l’üle le gĂ©nĂ©ral HĂ©douville
  • 30 mars : armistice du 30 mars 1798, qui permet Ă  Toussaint Louverture de rĂ©gler les dĂ©tails de la retraite de l'armĂ©e anglaise de Saint-Domingue[17]
  • Avril, le brigadier gĂ©nĂ©ral britannique Thomas Maitland remplace SimcoĂ« et Nesbit qui lui avait succĂ©dĂ© briĂšvement.
  • 21 avril, HĂ©douville dĂ©barque dans la ville de Santo Domingo Ă  Saint-Domingue.
  • 22 avril, Maitland fait part aux royalistes Français de la dĂ©cision britannique d’abandonner la colonie et d’organiser l’évacuation de ceux qui le souhaitent.
  • 23 avril, Maitland fait part de sa dĂ©cision Ă  Louverture et demande des nĂ©gociations pour la remise de Port RĂ©publicains et la sauvegarde des royalistes qui restent
  • En avril HĂ©douville rencontre Louverture au Cap et lui propose de rentrer en France, ce que refuse Louverture
  • 28 avril, Louverture envoie l’adjudant gĂ©nĂ©ral Huin pour commencer les nĂ©gociations. Maitland ne souhaite pas rendre les places fortes au gĂ©nĂ©ral Rigaud qu’il sait trĂšs rĂ©publicain et qui a Ă©tĂ© son ennemi constant pendant toute l'occupation anglaise.
  • 8 mai, les Britanniques quittent Port RĂ©publicain Ă  Saint-Domingue (Louverture Ă©carte Raimond)
  • 9 mai, le gĂ©nĂ©ral Laplume, Ă  la tĂȘte de la lĂ©gion de l’ouest commandĂ©e par PĂ©tion prend possession de Port RĂ©publicain. Louverture donne le commandement de la ville Ă  Christophe Mornay et demande Ă  la lĂ©gion de l’Ouest de s’installer Ă  LĂ©ogane. Les royalistes blancs sont reconnaissants envers Louverture, qui vient dans la ville, de leur sĂ©curitĂ©
  • 16 mai : entrĂ©e triomphale du gĂ©nĂ©ral noir Toussaint Louverture et de son armĂ©e d'ex-esclaves dans Port-au-Prince[18].
  • Mai, HĂ©douville profite de la prĂ©sence de Louverture Ă  Port RĂ©publicain pour envoyer un ultimatum aux Britanniques de quitter le mĂŽle Saint Nicolas avec tous les colons royalistes.
  • mi-1798, le secrĂ©taire d'État amĂ©ricain Timothy Pickering confirme que les États-Unis accepteraient la reprise des relations commerciales en cas de victoire de Toussaint Louverture, scĂ©nario devenu alors trĂšs probable
  • 22 aoĂ»t, AndrĂ© Rigaud rĂ©cupĂšre JĂ©rĂ©mie.
  • Milieu de l'annĂ©e: Louverture se rend au MĂŽle Saint-Nicolas, convainc Maitland de dĂ©noncer le traitĂ© avec HĂ©douville et nĂ©gocie un traitĂ© similaire Ă  celui de Port RĂ©publicain, mais plus favorable aux colons royalistes. Louverture est accusĂ© d'une entente secrĂšte avec les Anglais concernant l’indĂ©pendance, pour affaiblir la position de la France dans l'arc CaraĂŻbe. Le commissaire civil Roume demande Ă  Louverture d’arrĂȘter Maitland, mais Louverture refuse.
  • 30 aoĂ»t, le Conseil des Cinq-Cents annule les Ă©lections des assemblĂ©es de Saint-Domingue pour s’ĂȘtre tenues « avant la connaissance dans cette colonie de l’acceptation faite par le peuple de l’acte constitutionnel Â».
  • Fin de l'annĂ©e : Louverture propose Ă  Rigaud de s’associer contre HĂ©douville, mais il refuse car HĂ©douville le nomme Rigaud commandant en chef du dĂ©partement du sud. HĂ©douville veut dĂ©sarmer plusieurs rĂ©giments, suscitant la rĂ©volte.
  • 16 octobre, les Noirs pensent que HĂ©douville en veut Ă  leur indĂ©pendance, se soulĂšvent au Cap et dans toute la plaine du Nord
  • 22 octobre, HĂ©douville fuit par bateau avec 1 500 colons. En partant il accuse Louverture de s’ĂȘtre entendu avec le gouvernement des États-Unis d'AmĂ©rique et le cabinet de Saint James pour rendre indĂ©pendante la colonie.
  • novembre 1798 : Toussaint Louverture envoie Joseph Bunuel rencontrer les principaux marchands de Philadelphie[19] pour nĂ©gocier la reprise des affaires.
  • dĂ©cembre 1798 : l'Etat amĂ©ricain s'est donnĂ© les moyens de reconstruire une marine de guerre, afin d'Ă©carter de Saint-Domingue les français installĂ©s Ă  Cuba, parmi lesquels Pierre et Jean Lafitte, qui alimenteront la piraterie des annĂ©es 1800 dans la CaraĂŻbe
  • Fin de l'annĂ©e, le commissaire civil Roume soutient Louverture contre HĂ©douville.
  • DĂ©cembre, le gĂ©nĂ©ral britannique Maitland revient Ă  Saint-Domingue en simple particulier, accompagnĂ© d’AmĂ©ricains pour rencontrer Louverture.
    Louverture signe un traité de commerce avec les Américains.

AnnĂ©e 1799 : la convention commerciale avec l'Angleterre et les Etats-Unis

  • Janvier : AndrĂ© Rigaud refuse de reconnaitre l’autoritĂ© de Louverture, en invoquant les dĂ©clarations de trahison par HĂ©douville.
  • 24 janvier, Roume organise une conciliation avec l’aide de Beauvais.
  • FĂ©vrier, rĂ©volte de Corail (prĂšs de JĂ©rĂ©mie) fomentĂ©e par des colons royalistes. Rigaud la rĂ©duit, fait dĂ©porter un grand nombre de royalistes, sĂ©questre les propriĂ©tĂ©s des Ă©migrĂ©s.
  • Mars : AndrĂ© Rigaud refuse d’appliquer l’ordre de Louverture de faire suivre la messe aux troupes. Il accuse Louverture de bafouer la libertĂ© de croire et de choisir sa religion.
  • Avril 1799 : Louverture reproche Ă  Rigaud son insubordination et le soupçonne d'ĂȘtre manipulĂ© par les exilĂ©s français.
  • Avril 1799 : le docteur Andrew Stevens, proche de Louverture, est nommĂ© officiellement consul gĂ©nĂ©ral des États-Unis dans l'Ăźle.
  • 13 juin 1799 : convention commerciale tripartite de 1799, avec l'Angleterre et les Etats-Unis, composĂ©e de huit articles et deux annexes, signĂ©e Ă  Saint-Domingue, qui change la donne Ă©conomique mondiale, car Saint-Domingue produit la moitiĂ© du cafĂ© et du coton mondial et le tiers du sucre.
  • 18 juin, Rigaud envoie Faubert s’installer Ă  Petit GoĂąve qu’il estime faire partie du dĂ©partement du Sud. DĂ©but de la "guerre du Sud".
  • Juin : Roume dĂ©nonce la prise de Petit GoĂąve et soutient Louverture. Toussaint Louverture fait la guerre Ă  AndrĂ© Rigaud, Alexandre PĂ©tion et jean Pierre Boyer Ă  l’occasion d’un litige frontalier pour conquĂ©rir le Sud.
  • Juin 1799: Dessalines entre avec ses troupes au Port RĂ©publicain pour Louverture. Dessalines est Ă  LĂ©ogane oĂč 20 000 hommes sont assemblĂ©s.
  • Octobre, Roume confirme le gĂ©nĂ©ral Dessalines commandant en chef de l’armĂ©e de l’Ouest et le gĂ©nĂ©ral Moyse commandant en chef de l’armĂ©e du Nord.
    Avec des troupes trÚs supérieures en nombre Toussaint Louverture gagne la guerre, il repousse Rigaud aux Cayes et négocie son départ vers la métropole.
  • Fin de l'annĂ©e, AndrĂ© Rigaud, Alexandre PĂ©tion et jean Pierre Boyer partent pour la mĂ©tropole, ils ne reviendront qu'avec l'expĂ©dition de Saint-Domingue le 29 janvier 1802.

Administration autoritaire de Toussaint Louverture

Bonaparte confirme Louverture dans sa fonction de gĂ©nĂ©ral en chef de la colonie. Mais Louverture dĂ©veloppe une politique autonome en collaboration avec les planteurs. Il s'agit notamment de la tentative de reprise du contrĂŽle de l'Est de l'Île Ă  l'administration espagnole. Ces tentatives s'opposent frontalement Ă  la politique de Bonaparte qui ne souhaite pas d'un nouveau front avec l'Espagne. Il s'agit aussi de la rĂ©daction d'une constitution locale qui reconnait Louverture comme gouverneur Ă  vie et garantit la transmissibilitĂ© de la fonction. Bonaparte ressent un sentiment de trahison de sa confiance. Cette situation est exploitĂ©e par le groupe de pression des planteurs coloniaux hostiles Ă  la fin de la discrimination raciale.

Louverture s'affirme comme le chef d'une entitĂ© autonome, si ce n'est indĂ©pendante. Il a une politique d'union raciale dans la colonie. En particulier il accepte une forme de conversion de l'esclavage en travail forcĂ© pour se concilier les planteurs libĂ©raux. Mais il s'oppose aux reprĂ©sentants locaux de l'État (le consulat).

AnnĂ©e 1800 : Tentative de reprise du contrĂŽle de l'Est de l'Île

  • 27 avril, arrĂȘtĂ© de Roume sommant les Espagnols de rendre l'administration de la partie Est de l'Ăźle (agence du gouvernement national français Ă  Saint-Domingue).
  • Juin, Bonaparte confirme Louverture dans sa fonction de gĂ©nĂ©ral en chef de la colonie.
  • 1er aoĂ»t, prise des Cayes par les troupes de Louverture, ce qui marque la fin de la guerre du Sud.
  • 12 octobre, publication par Toussaint Louverture d'un "RĂšglement sur les cultures" qui est une rĂ©introduction du travail forcĂ© des noirs sur les habitations afin d'assurer le redĂ©marrage de l'Ă©conomie de la colonie.
  • 26 novembre, Toussaint Louverture demande (lettre) au gĂ©nĂ©ral de brigade Moyse l'arrestation de Roume, qui vient de rĂ©voquer son arrĂȘtĂ© du 27 avril, et son expulsion vers la France.
  • 9 dĂ©cembre, Toussaint Louverture demande (lettre) au gouverneur espagnol Don Joachim Garcia de lui remettre l'administration de la partie Est de l'Ăźle.
  • DĂ©cembre, Kerversau et Chanlatte, dĂ©lĂ©guĂ© de l’agence, essayent d’empĂȘcher les projets de Louverture sur l'ex-partie espagnole.

AnnĂ©e 1801 : Tentative de constitution de Saint Domingue

  • 4 janvier, le gĂ©nĂ©ral Moyse occupe la partie Est de l'Ăźle (San Juan de Maguana – Cul de sac).
  • 27 janvier, Toussaint Louverture entre Ă  Santo Dominguo Ă  la tĂȘte de ses troupes.
  • 22 fĂ©vrier, l'administrateur espagnol Don Joachim Garcia est contraint au dĂ©part.
  • 9 mai 1801, l’assemblĂ©e centrale de Saint Domingue adopte une constitution de la colonie de Saint-Domingue, proposĂ©e par Louverture ; la colonie devient autonome mais reste française ; Louverture est nommĂ© gouverneur Ă  vie et peut dĂ©signer son successeur ; il est confirmĂ© que l'esclavage est aboli, mais la traite est noirs est maintenue.
  • 6 juillet, Louverture divise Saint-Domingue en 6 dĂ©partements.
  • 12 juillet, Louverture signe la constitution de Saint Domingue.
  • 16 juillet, Louverture transmet la constitution Ă  Bonaparte.
  • Octobre, rĂ©volte de noirs dans les campagnes contre Louverture et le travail forcĂ©.
  • 29 octobre, arrĂȘtĂ© de Bonaparte annulant la prise de possession de la partie espagnole et nommant nomme Leclerc capitaine gĂ©nĂ©ral de la partie anciennement espagnole.
  • 8 novembre, lettre de Bonaparte aux habitants de Saint-Domingue, leur garantissant la libertĂ© et le maintien de l'abolition de l'esclavage « Quelles que soient votre origine et votre couleur, vous ĂȘtes Français, vous ĂȘtes tous Ă©gaux devant Dieu et devant la RĂ©publique
 Â».
  • 19 novembre, Bonaparte confie la flotte pour l'expĂ©dition de Saint-Domingue Ă  l'amiral Villaret-Joyeuse.
  • 25 novembre, Louverture fait exĂ©cuter le gĂ©nĂ©ral de division Moyse, qui serait son neveu par adoption, Ă  la suite d'un soulĂšvement qui a fait 200 morts blancs dans le Nord.

Déclin de la colonie de Saint-Domingue et indépendance

AnnĂ©e 1802 : ExpĂ©dition de Saint-Domingue

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©dition de Saint-Domingue.

Trois ans aprĂšs son arrivĂ©e au pouvoir, le jeune consul Bonaparte lĂšve un corps expĂ©ditionnaire de 35 000 hommes pour restaurer l'autoritĂ© de l'État Ă  Saint Domingue. Cette opĂ©ration devait ĂȘtre suivie d'une expĂ©dition en Louisiane, devenue colonie espagnole.

  • 29 janvier, arrivĂ©e de l'expĂ©dition de Saint-Domingue avec AndrĂ© Rigaud, Alexandre PĂ©tion et Jean Pierre Boyer. Elle est commandĂ©e par Leclerc assistĂ© de Rochambeau.
  • Janvier, le gĂ©nĂ©ral Laplume se soumet, il n'y a pas de combats dans le sud de l'Ăźle.
  • 5 fĂ©vrier, l'amiral Villaret de Joyeuse attaque le Cap qui ne veut pas se rendre Ă  son autoritĂ©. Massacres inter-raciaux.
  • 6 fĂ©vrier, Rochambeau s’empare de Fort Dauphin.
  • 21 fĂ©vrier, Paul Louverture, le frĂšre de Toussaint, qui commande la partie Est de l'Ăźle se soumet, il conserve son grade.
  • 23 fĂ©vrier, reprise des GonaĂŻves. Massacres inter-raciaux.
  • 3 mars 1802, la division Boudet enlĂšve Trianon, Mirebalais, trouve 1100 cadavres blancs Ă  VĂ©rettes.
  • Mars, combats du fort de la CrĂȘte-Ă -Pierrot oĂč s'illustre le mulĂątre LamartiniĂšre du cĂŽtĂ© des insurgĂ©s. Il rompt le siĂšge.
    Les généraux noirs Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe se soumettent, ils conservent leur grade.
  • 17 mars, Leclerc propose la paix Ă  Louverture, qui, isolĂ©, se sent contraint de l'accepter.
  • 26 mars, signature du traitĂ© d’Amiens entre la France et le Royaume-Uni qui notamment restitue la Martinique, oĂč l'esclavage n'a jamais Ă©tĂ© aboli, Ă  la France.
  • 7 mai, accords de paix avec Louverture comportant un engagement sur le non rĂ©tablissement de l'esclavage.
  • 20 mai, promulgation de la loi du 20 mai 1802 maintenant l'esclavage dans les territoires restituĂ©s Ă  la France par la paix d'Amiens, ce qui ne concerne pas Saint Domingue.
  • Mai, Bonaparte recommande Ă  Leclerc l'envoi en France de tous les gĂ©nĂ©raux de couleur, avec maintien de grade. Estimant que sur le terrain les gĂ©nĂ©raux noirs lui sont fidĂšles, Leclerc n'exĂ©cute pas cet ordre.
    Des tentatives de Louverture de rallumer l'insurrection sont éventées.
  • 7 juin, mise aux arrĂȘts du gĂ©nĂ©ral de division Louverture. Il est mis en route vers la France, accompagnĂ© de son serviteur, de son Ă©pouse et de certains membres de sa famille.
  • 11 juin, Leclerc fait un rapport Ă  Bonaparte, se rĂ©fĂ©rant Ă  un rapport de Jean-Jacques Dessalines faisant Ă©tat des complots de Louverture. AndrĂ© Rigaud, PĂ©tion et Boyer soutiennent ce rapport.
  • 9 juillet, Ă  bord du HĂ©ros, le gĂ©nĂ©ral de division Louverture et les siens arrivent Ă  Brest. Il apprend qu'il est rayĂ© de la liste des officiers gĂ©nĂ©raux de l'ArmĂ©e française.
  • 16 juillet, le gĂ©nĂ©ral Richepance rĂ©tablit par un arrĂȘtĂ© local une forme dĂ©guisĂ©e du Code noir et de l'esclavage Ă  la Guadeloupe. Notamment il retire la nationalitĂ© française aux non blancs.
  • 23 juillet, arrĂȘtĂ© des consuls ordonnant le transfĂšrement de l'ex-gĂ©nĂ©ral Louverture et son internement au fort de Joux dans le Jura. Sa famille est assignĂ©e Ă  rĂ©sidence Ă  Agen.
  • 24 juillet, Leclerc envoi Ă  l'amiral DecrĂ©s une lettre lui enjoignant de renoncer Ă  toute idĂ©e de rĂ©tablir l'esclavage Ă  Saint-Domingue.
  • AoĂ»t, l'Ă©pidĂ©mie de fiĂšvre jaune, qui fut la cause du dĂ©cĂšs des deux tiers des hommes du corps expĂ©ditionnaire, fait rage ; Leclerc dĂ©cide du dĂ©sarmement des hommes de couleurs.
    Exécution de femmes d'officiers de la 7e demi-brigade dont Belair est général, meurtre de l'officier mulùtre LamartiniÚre.
    Sur des dénonciations calomnieuses Leclerc renvoi André Rigaud en métropole.
  • 5 aoĂ»t, le gĂ©nĂ©ral Belair se rĂ©volte ; il est traquĂ© par Dessalines pour le compte de Leclerc.
  • 25 aoĂ»t, Louverture arrive au fort de Joux oĂč il est incarcĂ©rĂ©.
  • 13 septembre, Ă  la suite de Belair, les gĂ©nĂ©raux mulĂątres (PĂ©tion, Boyer, Clairvaux...) entrent en insurrection.
  • 4 octobre, le gĂ©nĂ©ral Belair, arrĂȘtĂ© par Dessalines, est condamnĂ© Ă  mort par un tribunal prĂ©sidĂ© par Clairvaux et composĂ© d'autres officiers noirs. Il est exĂ©cutĂ© avec sa femme qui, ne voulant pas se laisser dĂ©capiter, sera fusillĂ©e.
  • Octobre, 1200 noirs sont noyĂ©s sur les ordres de Rochambeau.
    Au terme de la conférence secrÚte de l'Arcahaie, Dessalines rallie l'insurrection.
  • 2 novembre, Leclerc meurt de maladie Ă  l'Ăźle de la Tortue.
  • 15 novembre, Rochambeau succĂšde Ă  Leclerc ; l'effectif du corps expĂ©ditionnaires aux abois ayant fondu, il se fait remarquer par sa brutalitĂ©, voire sa cruautĂ©. Il a par exemple fait torturer le gĂ©nĂ©ral noir Maurepas et le fait exĂ©cuter avec sa famille et ses proches. Cet acte fut la cause de la dĂ©fection la quasi-totalitĂ© des troupes de couleur encore fidĂšles Ă  la France.

AnnĂ©e 1803 : Mort de Louverture et abandon de la Louisiane

  • Avril, Bonaparte sentit sa position s’affaiblir considĂ©rablement Ă  Saint-Domingue. Alors, il s’exclamera : « Ă€ quoi me sert de conserver la Louisiane si je ne peux garder Saint-Domingue Â».
  • 7 avril, Louverture meurt de maladie au fort de Joux.
  • 19 novembre, Dessalines gagne la bataille du fort VertiĂšres aux portes du Cap Français contre les derniers survivants du corps expĂ©ditionnaire. Les derniĂšres troupes françaises submergĂ©es capitulent et quittent la colonie, laissant derriĂšre eux les colons blancs qui n'ont pas fui.
  • 20 dĂ©cembre Vente de la Louisiane aux États-Unis par NapolĂ©on contre 80 millions de francs.

AnnĂ©es 1804 - 1805 : Proclamation d'indĂ©pendance et constitution raciale

  • 1er janvier 1804, l'indĂ©pendance est proclamĂ©e par Dessalines aux GonaĂŻves[20].
la colonie française de Saint Domingue devient HaĂŻti, rĂ©publique noire et indĂ©pendante. Mais cette indĂ©pendance n'est reconnue ni par la France, ni par les États-Unis. La quasi totalitĂ© des grandes nations, sauf les États-Unis qui maintiennent leur refus, attendront la reconnaissance par la France.
  • Avril 1804, revenant sur sa promesse, Dessalines fait massacrer les derniers blancs encore prĂ©sents dans l'ancienne colonie.
  • 6 octobre 1804, Dessalines est proclamĂ© empereur sous le nom de Jacques 1er ; HaĂŻti devient un empire.
  • 20 mai 1805 la premiĂšre constitution impĂ©riale d'HaĂŻti est signĂ©e par Dessalines. Si elle s'inspire de la constitution française, elle comporte nĂ©anmoins des dispositions raciales discriminatoires envers les blancs: Article 12 "Aucun blanc, quelle que soit sa nation, ne mettra le pied sur ce territoire Ă  titre de maĂźtre ou de propriĂ©taire, et ne pourra Ă  l'avenir acquĂ©rir aucune propriĂ©tĂ©", Article 14 "Toute acception de couleur parmi les enfants d'une seule et mĂȘme famille dont le chef de l'État est le pĂšre, devant nĂ©cessairement cesser, les HaĂŻtiens ne seront dĂ©sormais connus que sous le nom gĂ©nĂ©rique de Noirs", et Article 12 des dispositions gĂ©nĂ©rales "Toute propriĂ©tĂ© qui aura ci-devant appartenu Ă  un blanc français est incontestablement et de droit confisquĂ©e au profit de l'Etat."[21].

AnnĂ©e 1806 : Exode vers la Louisiane et Cuba

AchetĂ©e Ă  la France en 1803, la Louisiane voit arriver en 1806 et 1809 plus de 10 000 CrĂ©oles de Saint-Domingue, selon Carl A. Brasseaux, historien et directeur du Centre d'Ă©tudes louisianaises[22] de Lafayette. Ils font doubler en quelques annĂ©es la population française de La Nouvelle-OrlĂ©ans. Cette population instruite et active y dĂ©veloppe de nombreuses activitĂ©s comme les infrastructures portuaires qui permettent une ConquĂȘte de l'Ouest par la voie puissante du fleuve Mississippi.

La communautĂ© des rĂ©fugiĂ©s français de Saint-Domingue en AmĂ©rique est soudĂ©e par leurs tribulations : plusieurs milliers ont fui ou ont pĂ©ri dans l'insurrection de Saint Domingue ; beaucoup se sont rĂ©fugiĂ©s dans l'Est de Cuba avec leurs esclaves et ont repris la production des denrĂ©es coloniales. Cuba a ainsi importĂ© autant d'esclaves qu'en deux siĂšcles.

  • 17 octobre 1806 : L'empereur Dessalines est assassinĂ© dans le cadre d'une conspiration rĂ©unissant les anciens gĂ©nĂ©raux PĂ©tion et Christophe.
  • SĂ©cession de la partie sud et de la partie nord d'HaĂŻti. L'ex-gĂ©nĂ©ral français PĂ©tion, un mulĂątre, devient prĂ©sident d'une rĂ©publique du Sud. Christophe, un autre ex-gĂ©nĂ©ral français, noir celui-lĂ , deviendra ultĂ©rieurement roi d'un royaume du Nord.

AnnĂ©es 1808 - 1809 : Retour de la partie Est Ă  l'Espagne

Les Français qui restaient dans la partie orientale de l'Ăźle sont battus par les habitants hispanico-crĂ©oles, sous le commandement de Juan SĂĄnchez RamĂ­rez, Ă  la bataille de Palo Hincado le 7 novembre 1808. La capitulation française a lieu Ă  Santo-Domingo le 9 juillet 1809. Le pays se replace alors volontairement sous l'autoritĂ© de l'Espagne; mais depuis le 24 mai 1808, la Guerre d'indĂ©pendance espagnole contre la France a commencĂ©.

En novembre 1808 NapolĂ©on entre en Espagne Ă  la tĂȘte de 80 000 soldats. Les colons français sont chassĂ©s de Cuba et les terres qu'ils avaient mises en valeur sont reprises par les Espagnols. La Louisiane, qui n'est pas encore un État des États-Unis d'AmĂ©rique, accueille une grande partie de ces rĂ©fugiĂ©s. Certains sont des officiers français qui ont prĂȘtĂ© main-forte Ă  George Washington, comme eux planteur et officier, lors de la guerre d'indĂ©pendance amĂ©ricaine.

L'indemnitĂ© d’indĂ©pendance de 1825 (HaĂŻti)

Le 17 avril 1825, sous la restauration, une ordonnance du roi Charles X de France reconnait l'indĂ©pendance contre une "indemnitĂ© d'indĂ©pendance". DĂšs 1814 la partie haĂŻtienne (prĂ©sident PĂ©tion) propose cette transaction Ă  la France pour obtenir sa reconnaissance formelle, et sĂ©curiser l'indĂ©pendance proclamĂ©e en 1804. En effet pratiquement aucun pays n'a reconnu l'indĂ©pendance Ă  cette date. L'indemnitĂ© a un montant initial de 150 millions de francs nĂ©gociĂ© par Boyer, qui sera rĂ©duit Ă  90 millions en 1838, soit approximativement le prix de la vente de la Louisiane aux AmĂ©ricains. Les autoritĂ©s haĂŻtiennes finissent de payer en 1886, soit au bout de 61 ans. Cette somme Ă©tait destinĂ©e Ă  dĂ©dommager les colons français pour leurs propriĂ©tĂ©s perdues. Mais seuls 11 000 des personnes indemnisĂ©es sur 25 000 sont d'anciens colons. Les autres sont des hĂ©ritiers auxquels les banques françaises demandent le remboursement des prĂȘts consentis Ă  leurs parents pour l'achat de terres et d'esclaves [23]. Ce sont finalement les banques les principales bĂ©nĂ©ficiaires.

Il est estimé que c'est la charge trÚs lourde de cette dette qui a conduit, en 1910, à l'achat d'une part importante de la Banque de la République d'Haïti par la banque américaine National City. Une opération qui est un prélude à l'occupation américaine de 1915 à 1934. C'est en effet une plainte de non remboursement de dettes des banques américaines qui a formellement déclenché l'opération.

Il est Ă  noter que les États-Unis ont pris prĂ©texte de l'accord haĂŻtien sur le paiement de l'indemnitĂ© pour maintenir leur refus de reconnaissance de l'État d'HaĂŻti[25]. Une position qui est en relation avec le prĂ©jugĂ© racial contre les noirs Ă  l'Ă©poque, et la nouvelle doctrine Monroe. C'est seulement en 1862 que les États-Unis reconnaitront HaĂŻti. Cette dĂ©cision sous la prĂ©sidence d'Abraham Lincoln coĂŻncide avec sa Proclamation d'Ă©mancipation qui met fin Ă  l'esclavage aux États-Unis.

le 7 avril 2003, conjointement avec des manifestations de rue du mouvement Lavalas qui scandent "Restitisyon", le prĂ©sident Aristide demande la restitution par la France de l'indemnitĂ© d'indĂ©pendance. Il estime son montant actualisĂ© Ă  environ 20 milliards d'Euros. Le 2 juin 2003 le prĂ©sident Jacques Chirac rĂ©pond "j’ai la plus grande sympathie pour le pays et pour sa population. Et, nous avons de surcroĂźt, une coopĂ©ration importante et nous apportons Ă  HaĂŻti une aide non nĂ©gligeable. Avant d'Ă©voquer des contentieux de cette nature, je ne saurais trop conseiller aux autoritĂ©s haĂŻtiennes d'ĂȘtre trĂšs vigilantes sur, je dirais, la nature criminelle et anti-dĂ©mocratique de leurs actions et de leur rĂ©gime"[26]. À la suite du dĂ©part d'Aristide en fĂ©vrier 2004, le nouveau premier ministre, GĂ©rard Latortue, dĂ©clare abandonner cette requĂȘte[27].

Notes et références

  1. ↑ Michel Rodigneaux, p. 31
  2. ↑ SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie (France), p. 352
  3. ↑ Jean Merrien, p. 107
  4. ↑ Françoise Hatzenberger, p. 122
  5. ↑ http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1948_num_3_4_2378
  6. ↑ Annales de Bretagne , Volume 26, 1911
  7. ↑ Alain Roman, p. 240
  8. ↑ Sainton, Boutin (2004)
  9. ↑ Bordeaux et la marine de guerre : XVIIe ‑ XXe siĂšcles, par Silvia Marzagalli, page 101
  10. ↑ LĂ©o Élisabeth, p. 15
  11. ↑ a et b EncyclopĂ©die mĂ©thodique, p. 509
  12. ↑ http://books.google.fr/books?id=CLZKAAAAMAAJ&pg=PA63&dq=%22histoire+de+saint-domingue%22&lr=&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#PPA98,M1
  13. ↑ http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1948_num_3_4_2378. En 1770, le cafĂ©, moins gourmand en esclaves, l'emporte sur le sucre
  14. ↑ http://books.google.fr/books?id=CLZKAAAAMAAJ&pg=PA63&dq=%22histoire+de+saint-domingue%22&lr=&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#v=onepage&q=&f=false
  15. ↑ http://books.google.fr/books?id=CLZKAAAAMAAJ&pg=PA63&dq=%22histoire+de+saint-domingue%22&lr=&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#PPA99,M1
  16. ↑ http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1989_num_40_6_409186
  17. ↑ Saint-Domingue espagnol et la rĂ©volution nĂšgre d'HaĂŻti (1790-1822), par Alain Yacou, page 215
  18. ↑ http://books.google.fr/books?id=Pp4ZFvCZiOYC&pg=PA215&dq=corsaire++%22toussaint+louverture%22&hl=fr&ei=_tpNTO6LCJiT4gbYs-2ZDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CFIQ6AEwBzgU#v=onepage&q=corsaire%20%20%22toussaint%20louverture%22&f=false
  19. ↑ Toussaint's clause: the founding fathers and the Haitian revolution Par Gordon S. Brown, page 154
  20. ↑ Gilles Manceron, Marianne et les colonies, La DĂ©couverte, Paris, 2003, page 69
  21. ↑ Constitution du 20 mai 1805 et Mirlande MANIGAT, TraitĂ© de Droit Constitutionnel HaĂŻtien, Univ. Quisqueya, Port-au-Prince, 2000, 2 vol., 786 p
  22. ↑ Center for Louisiana Studies
  23. ↑ 2003: Leslie J. R. PĂ©an dans "HaĂŻti, Ă©conomie politique de la corruption : De Saint-Domingue Ă  HaĂŻti (1791-1870)", Éditeur : Maisonneuve & Larose (22 mai 2003), Collection : LittĂ©ratures d'Afrique et de la CaraĂŻbe, ISBN 978-2-7068-1686-4
  24. ↑ 1958: Robert Lacombe dans " Histoire monĂ©taire de Saint-Domingue et de la RĂ©publique d'HaĂŻti jusqu'en 1874.", Larose, Paris, 1958
  25. ↑ JOACHIM (BenoĂźt) : Aspects fondamentaux des relations de la France avec HaĂŻti de 1825 Ă  1874, le nĂ©o-colonialisme Ă  l'essai, thĂšse de 3e cycle de lettres, Paris, 1969 ; Paris, 1969, XXXVII-415 folios; citĂ© par Leslie Jean-Robert PĂ©an
  26. ↑ Radio MĂ©tropole Ă  GenĂšve, Jean Edouard Rigaud, le 2 juin 2003
  27. ↑ Journal haïtien "Le Nouvelliste" du mardi 20 avril 2004

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

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  • Jean-Daniel Piquet
    • L'Ă©mancipation des noirs dans la rĂ©volution française (1789-1795) sur Google Livres, Paris, Karthala, 2002
    • Le CrĂ©ole Patriote, apĂŽtre de l'insurrection de Saint-Domingue, in Annales Historiques de la rĂ©volution française, 3Ăšme et 4 Ăšme trimestres 1993
    • « L'arrestation de Sonthonax et de Polverel en 1794 : Robespierre rĂ©ceptionne une dĂ©nonciation de Belley, Mills et Dufay, contre un crĂ©ole suspect Â», Annales Historiques de la rĂ©volution françaiseoctobre/dĂ©cembre 1996), pp. 713-717.
    • Un discours inĂ©dit de l’abbĂ© GrĂ©goire sur le dĂ©cret du 15 mai 1791. Discours de M. GrĂ©goire sur la rĂ©vocation du dĂ©cret relatif aux gens de couleur’, Annales Historiques de la rĂ©volution françaisedans numĂ©ro spĂ©cial, L’AmĂ©rique du Nord Ă  l’époque de la RĂ©volution française Â»,255 p. .janvier-mars 2011, p. 175-183.
  • Michel Rodigneaux, La guerre de course en Guadeloupe, XVIIIe-XIXe siĂšcles, ou Alger sous les tropiques sur Google Livres, Editions L'Harmattan, 2006
  • SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie (France), Bulletin de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie sur Google Livres, Paris, 1846
  • Jean Merrien, Corsaires et Flibustiers sur Google Livres, Ancre de Marine Editions, 2000
  • Françoise Hatzenberger, Paysages et vĂ©gĂ©tations des Antilles sur Google Livres, Karthala Editions, 2001
  • Jean-Pierre Sainton, Raymond Boutin, Histoire et civilisation de la CaraĂŻbe:

Guadeloupe, Martinique, petites Antilles : la construction des sociĂ©tĂ©s antillaises des origines au temps prĂ©sent : structures et dynamiques, Maisonneuve et Larose, 2004


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