Histoire de Leipzig

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Histoire de Leipzig
Blason de la ville

L‚Äôhistoire de Leipzig est marqu√©e par son importance comme centre de commerce. Au d√©but, c'est √† sa situation favorable √† la crois√©e de routes commer√ßantes et √† des privil√®ges accord√©s √† ses foires qu'elle avait d√Ľ sa situation de premier plan dans le commerce des marchandises ; s'y ajout√®rent par la suite l'impression et le commerce de livres. Leipzig ne fut jamais r√©sidence √©piscopale, et fut toujours marqu√©e par son caract√®re civil. En 1409, la ville devint le si√®ge d'une des universit√©s les plus anciennes dans l'espace linguistique allemand. Au cours des deux derniers si√®cles, Leipzig connut une forte croissance et fut un temps la quatri√®me ville allemande en grandeur apr√®s Berlin, Hambourg et Breslau, et avant Munich. En tant que site industriel, elle a perdu en importance depuis la r√©unification, mais s'affirme toujours comme ville de foires, comme ville universitaire, et par son patrimoine culturel.

Sommaire

Préhistoire et protohistoire

Les premi√®res indications concernant la colonisation du site occup√© par Leipzig remontent au n√©olithique. Sur l'emplacement du cimeti√®re Saint-Matthieu on a d√©couvert des restes de la culture ruban√©e et √©galement de la culture des amphores globulaires. On a trouv√© des urnes datant de l'√Ęge du bronze contenant des restes de corps incin√©r√©s √† l'emplacement du cimeti√®re du Sud et de l'ancien couvent des dominicains. Des d√©couvertes de type germanique de l'Elbe et datant du temps de l'Empire romain et des Grandes Migrations dans la r√©gion de Leipzig et autour d'elle sont habituellement attribu√©es √† la branche su√®ve des Hermundures. Jusqu'en 531, la r√©gion de la future ville de Leipzig fit partie du royaume des Thuringes.

Moyen √āge

Colonisation par les Slaves

Apr√®s avoir √©t√© vaincus par les Francs, les Thuringes quitt√®rent la r√©gion comprise entre l'Elbe, la Saale et la Mulde. Vers 600 apr√®s J.-C., les Slaves de Boh√™me la repeupl√®rent se m√©langeant aux quelques Thuringes rest√©s sur place. La premi√®re trace √©crite de la pr√©sence des Sorabes est due au chroniqueur bourguignon Fr√©d√©gaire en 631. La r√©gion autour de Leipzig fut d√©sign√©e sous le nom de ¬ę Chutici ¬Ľ.

Apr√®s plusieurs confrontations mineures, les Francs envahirent les territoires des tribus slaves et fond√®rent, par exemple, le dioc√®se d'Erfurt. De nouvelles exp√©ditions contre les Saxons suivirent et plusieurs places fortes furent construites (par exemple Magdebourg et Halle[Laquelle ?]) pour emp√™cher des incursions de la part des Sorabes.

Au d√©but du Xe si√®cle furent construites plusieurs places fortes franques √† l'emplacement d'anciens villages sorabes, par exemple Leipzig o√Ļ les Sorabes particip√®rent √† la construction, si bien qu'elle √©tait d√©j√† vraisemblablement termin√©e en 929. Les dimensions √©taient d'environ 150 x 90 m√®tres, et le mur √©tait √©pais d'environ 3,50 m avec une hauteur de 30 m. Au centre de l'ensemble s'√©levait une tour de d√©fense. Le ch√Ęteau √©tait divis√© en plusieurs ch√Ętelets avec un ch√Ęteau principal, le tout √©tant prot√©g√© par des bastions en avant-postes. √Ä cette √©poque furent construites les premi√®res chapelles comme la chapelle Saint-Pierre ou encore celle des moines irlandais et √©cossais, suivant le mod√®le de l'abbaye-m√®re Saint-Boniface √† Erfurt.

Fondation de la ville

Leipzig a √©t√© mentionn√©e pour la premi√®re fois en 1015, lorsque Dithmar de Mersebourg la cite comme lieu de d√©c√®s d'Eidos Ier, √©v√™que de Meissen, en l'appelant Urbs Libzi (Chronique VII, 25). On donne g√©n√©ralement l'ann√©e 1165 comme celle o√Ļ a √©t√© fond√©e la ville : le document qui subsiste et par lequel le margrave de Meissen Otto le Riche accorde le droit de ville et le privil√®ge de march√© √† la localit√© situ√©e au carrefour de la Via Regia de la Via Imperii. Il ne porte cependant aucune date et a probablement √©t√© √©tabli ult√©rieurement.

L'endroit o√Ļ se trouvait le plus vieux ch√Ęteau allemand est discut√©. En raison du nom g√©ographique, Alteburg, de nombreux chercheurs se demandaient s'il ne se trouvait pas dans la Partheau, √† proximit√© de l'actuelle Lortzingstra√üe. Dans le cimeti√®re Saint-Matthieu, c'est seulement √† partir de 1216 que les Annales de Pegau attestent de l'existence d'un ch√Ęteau. Une colonie en avant-poste (suburbium) entour√©e d'un foss√© se trouvait entre la Gro√üe Fleischergasse et la Hainstra√üe. Les poteries les plus anciennes retrouv√©es √† cet endroit datent de la fin du IXe si√®cle.

Les march√©s de P√Ęques et de la Saint-Michel sont confirm√©s √† partir de 1190 ; accord√© en 1268, le privil√®ge de l'escorte de protection a jet√© les bases d'√©changes commerciaux √† longue distance. Leipzig est consid√©r√©e comme la plus ancienne foire du monde. Depuis qu'elle fut √©lev√©e au rang de Foire d'Empire en 1497 et qu'elle re√ßut de l'empereur Maximilien Ier le droit de foire, l'importance de la Foire de Leipzig ne fit que cro√ģtre. Le privil√®ge de foire fut √©largi par le droit d'√©tape apr√®s que les villes d'Erfurt, de Halle et de Magdebourg y eurent contrevenu de fa√ßon r√©p√©t√©e. En outre une amende de 50 marks-or devait frapper la ville qui aurait enfreint la pr√©dominance du march√© de Leipzig. Cette somme devait aller pour moiti√© √† l'Empire et le reste √™tre partag√© entre la ville et le duc. Cela n'emp√™cha pas s√©rieusement les villes de Francfort-sur-l'Oder, de Naumbourg, d'Annaberg et d'Erfurt de cr√©er des march√©s suppl√©mentaires ou nouveaux. C'est pourquoi en 1515 un document √©manant du Pape y ajouta la menace de sanctions eccl√©siastiques. Au cours des si√®cles, Leipzig ne cessa de se d√©velopper, passant de centre de commerce local ou r√©gional √† celui de place de commerce internationale. Ce fut en particulier le commerce Est-Ouest qui fit sa renomm√©e.

√Ä la t√™te de la ville se trouvaient √† l'origine des pr√©v√īts qui repr√©sentaient le souverain. Depuis le XIIIe si√®cle la direction en fut confi√©e √† un magistrat local (Scultetus). Des assesseurs (les consuls) travaillaient √† ses c√īt√©s. En 1301 un maire et un ¬ę conseil municipal ¬Ľ prirent la rel√®ve. Ce Conseil se composait de 12 √† 15 membres, chang√©s chaque ann√©e. √Ä partir du XVe si√®cle, leurs fonctions furent attribu√©es √† vie.

La plus ancienne √©glise paroissiale, Saint-Nicolas, a √©t√© construite √† partir de 1165. En 1212 y a √©t√© ajout√© Saint-Thomas, en m√™me temps que l'on cr√©ait le ChŇďur Saint-Thomas. Le XIIIe si√®cle a vu la fondation de plusieurs monast√®res, dont le clo√ģtre Saint-Thomas comme fondation chorale des Augustins et le monast√®re cistercien de Saint-Georges.

Le plus ancien h√īpital de la ville a √©t√© fond√© en 1213 dans le cadre du monast√®re Saint-Thomas, dont est sortie l'actuelle clinique universitaire Saint-Georges. Il servait non seulement √† accueillir les malades, mais aussi les p√®lerins et les sans-abri. En 1439 il fut achet√© par la ville.

En 1409 a √©t√© fond√©e l'¬ę Alma Mater Lipsiensis ¬Ľ, l'universit√© de Leipzig, qui est une des plus anciennes universit√©s allemandes. √Ä l'Universit√© Charles de Prague, les droits de vote des Nations universitaires avaient √©t√© modifi√©s et il existait des tensions entre les th√©ologiens traditionnels et les th√©ologiens hussites ; pour cette raison les professeurs et les √©tudiants allemands √©migr√®rent √† Leipzig.

En 1485, le Partage de Leipzig donna Leipzig avec les territoires orientaux de la Maison de Wettin à la branche albertine.

Le début des Temps modernes

Le siège de Leipzig par Heinrich von Holk pendant la guerre de Trente Ans en 1632.
Leipzig vu du ciel au milieu du XVIIe si√®cle.

D√®s 1501 le Conseil de Leipzig passa commande de la premi√®re conduite d'alimentation en eau. Construite √† l'aide de troncs de pins par le ma√ģtre-fontainier Andreas Gentzsch elle fournissait gr√Ęce √† de l'eau de la Marienquelle les fontaines publiques du Br√ľhl et du march√© ainsi que le monast√®re Saint-Paul et de nombreuses maisons particuli√®res. En 1519 un travail d'art permit d'utiliser l'eau de la Pleisse, d'autres suivirent. En 1511/12 fut fond√©e la Alte Nikolaischule la premi√®re √©cole latine de la ville.

En 1519 eut lieu au ch√Ęteau de la Pleissenbourg la disputatio de Leipzig entre Martin Luther et Jean Eck, l'adversaire de la R√©forme. Apr√®s une r√©sistance initiale, la R√©forme fut introduite d√©finitivement en 1539 par Luther et Justus Jonas, lequel pr√™cha √† l'√©glise Saint Nicolas. Johann Pfeffinger devint le premier surintendant de la ville.

Le vieil h√ītel de ville commenc√© en 1556 fut construit en moins d'un an dans le style de la Renaissance allemande alors que Hieronymus Lotter √©tait maire.

Le 17 septembre 1631, pendant la Guerre de Trente Ans, Leipzig vit sur le champ de bataille de Breitenfeld une des plus grandes d√©faites des Imp√©riaux conduits par Tilly. Aujourd'hui √† Leipzig, dans l'ancien domaine seigneurial de Breitenfeld un monument rappelle la m√©moire du grand strat√®ge su√©dois Gustav Adolf. Un an plus tard, le 16 novembre 1632, Gustav Adolf devait tomber au cours de la bataille de L√ľtzen, √† environ 10 km au sud-ouest des limites actuelles de la ville de Leipzig.

√Ä partir du 1er juillet 1650 parurent les Einkommenden Zeitungen, publication qui succ√©dait √† la W√∂chentlichen Zeitung. Paraissant six fois par semaine, elles furent le premier journal quotidien du monde.

1660 commence l'histoire de la voirie : on embaucha le premier balayeur municipal pour la place du March√©. C'√©tait bien n√©cessaire puisque d√©j√† un habitant de la ville sur cinq mourait du fait des √©pid√©mies.

XVIIIe si√®cle

La cour devant l'√©glise Saint-Nicolas √† la fin du XVIIIe si√®cle.

Leipzig acquit le surnom de ¬ę Petit Paris ¬Ľ, quand cette ville de foire, soucieuse de progr√®s, s‚Äô√©quipa en 1701 d‚Äôun √©clairage des rues, et put d√®s lors √™tre compar√©e √† la Ville lumi√®re.

Au d√©but du XVIIIe si√®cle, Georg Philipp Telemann, fit ses √©tudes √† Leipzig et y fonda le Collegium Musicum. De 1723 jusqu'√† sa mort en 1750, Jean-S√©bastien Bach re√ßut du conseil de la ville le poste de Thomaskantor et de ¬ę Director musices ¬Ľ (directeur de l'ensemble des √©glises de la ville). C'est ici entre autres qu‚Äôont √©t√© cr√©√©s la Passion selon saint Jean, la Passion selon saint Matthieu, l'Oratorio de No√ęl, la Messe en si mineur et l'Art de la fugue.

Pendant la Guerre de Sept Ans, Leipzig fut occupée par la Prusse de 1756 à 1763.

De 1764 à 1768, Goethe étudia à Leipzig. L’image qu’il se fit de la Grèce repose sur ce qu’il vit dans la colonie grecque de Leipzig, qui formait alors la plus grande communauté grecque hors de Grèce.

XIXe si√®cle

Plan de Leipzig en 1876.

Alors que la Saxe √©tait depuis 1806, l'alli√©e de la France eut lieu en 1813, la bataille de Leipzig, o√Ļ les arm√©es de l'Autriche, de la Prusse, de l'Empire russe et de la Su√®de, renforc√©es de patriotes allemands, inflig√®rent une d√©faite d√©cisive √† Napol√©on et √† ses alli√©s, parmi lesquels se trouvait le royaume de Saxe. Le 19 octobre 1813 le roi de Saxe Fr√©d√©ric Auguste Ier fut captur√© √† Leipzig.

En 1831 fut introduit le r√®glement municipal saxon. Il y avait d√©sormais un conseil municipal, dont les membres √©taient √©lus par le peuple, et un maire, qui porta √† partir de 1877 le titre d'Oberb√ľrgermeister. D√®s 1874 Dresde fut d√©tach√©e du district et devint ce que l'on appelle aujourd'hui une ville-arrondissement (Kreisfreie Stadt). Elle est cependant rest√©e le si√®ge administratif du district de Leipzig..

En ao√Ľt 1835, Felix Mendelssohn Bartholdy devint ma√ģtre de chapelle du Gewandhaus et conserva ce poste jusqu'√† sa mort en novembre 1847 ; avec son orchestre il r√©forma la vie des concerts en Europe. C'est √† cette √©poque que naquirent entre autres la Symphonie n ¬į 3 (Symphonie ¬ę √©cossaise ¬Ľ), le Concerto pour violon en mi mineur et l'oratorio Elias.

En 1839 fut ouverte la ligne de chemin de fer reliant Leipzig √† Dresde, c'√©tait la premi√®re en Allemagne. Les ann√©es suivantes furent √©difi√©es les gares de Dresde, Magdeburg, Thuringes et Berlin[1]. La construction de la gare de Leipzig d√©buta en 1902 et s'acheva en 1915[1]. Leipzig se d√©veloppa dans son r√īle de plaque tournante ferroviaire au centre de l'Allemagne et devint en 1915 la plus grande gare terminus d'Europe[2], devan√ßant la gare de Milan en termes de trafic.

Au cours du Vorm√§rz, √† l'occasion de la visite du prince Johann en ao√Ľt 1845, des incidents se produisirent √† Lepzig, entra√ģnant des morts ; il s'ensuivit des manifestations contre le gouvernement de Saxe.

Le 23 mai 1863 fut fondée à Leipzig l'Association générale des travailleurs allemands (Allgemeine Deutsche Arbeiterverein ou ADAV). On la considère comme le plus ancien parti démocratique en Allemagne et comme la première organisation annonçant l'actuelle SPD.

En 1877 fut construit √† Naunhof le premier site de captage d'eau de Leipzig ; en 1897, ce fut le premier ch√Ęteau d'eau √† M√∂ckern, puis en 1907 √† Probstheida.

XXe si√®cle

Le Neuestheater (l√† o√Ļ se situe maintenant l'op√©ra) et l'Augustusplatz de Leipzig vers 1900.

De 1899 √† 1905, on d√©molit l'ancien ch√Ęteau du Pleissenbourg pour le remplacer par le nouvel h√ītel de ville. En 1913 fut achev√© le Monument de la Bataille des Nations, de 91 m de haut. Il se situe √† l'endroit o√Ļ avaient fait rage les plus violents affrontements, et o√Ļ √©taient tomb√©s la plupart des soldats. Cet imposant monument est l'un des rep√®res de Leipzig.

En 1900 fut fondée à Leipzig la Fédération allemande de football. Le VfB Leipzig devint en 1903 champion d'Allemagne de football.

Par suite de l'industrialisation, mais aussi de nombreuses incorporations de communes de banlieue, le nombre d'habitants s'accrut tr√®s rapidement √† la fin du XIXe si√®cle, faisant de Leipzig avant la Seconde Guerre mondiale la cinqui√®me ville d'Allemagne en importance avec 750 000 habitants.

Leipzig devint la capitale du livre et de l'√©dition. Jusqu'en 1945, la Deutsche B√ľcherei fut la plus importante des collections de documents imprim√©s en allemand.

Nazisme et Seconde Guerre mondiale

Vue du centre-ville en partie détruit depuis la mairie (Neues Rathaus) en 1947.
Un panzer soviétique dans les rues de Leipzig en juin 1953.

Pendant la p√©riode national-socialiste le maire √©tait nomm√© par le parti nazi. Cependant Carl Friedrich Goerdeler, continua √† exercer ses fonctions jusqu'en 1936 ; on sait qu'il fit partie par la suite du complot du 20 juillet 1944.

En 1942, des milliers de juifs de Leipzig furent d√©port√©s sans r√©sistance dans des camps de concentration. C'est Leipzig qui connut le plus violent bombardement de la Seconde Guerre mondiale ; il dura environ une heure (l'alerte fut donn√©e vers 3 heures 40) et eut lieu le 4 d√©cembre 1943. L'attaque fut men√©e par la Royal Air Force, sous le nom de code Haddock. Une autre attaque, due √† l'aviation am√©ricaine, eut lieu le 7 juillet 1944. La gare centrale subit des dommages consid√©rables.

Le territoire de la ville comprenait plusieurs annexes du camp de Buchenwald. Le 12 avril 1945, au cours des crimes qui accompagnèrent la fin de la guerre, furent assassinés 53 prisonniers allemands et étrangers de deux prisons dans la banlieue de Leipzig. Le jour suivant, 32 prisonniers de la police, allemands, français, autrichiens et tchécoslovaques, périrent dans une caserne de la Wehrmacht, dans le cadre des meurtres de masse perpétrés par les nazis.

Le 18 avril 1945 des unit√©s de la 3√®me Arm√©e de terre am√©ricaine occup√®rent la ville et install√®rent leur quartier g√©n√©ral √† l'h√ītel F√ľrstenhof. Il n'y eut que quelques tentatives de r√©sistance arm√©e. Enfin, le 2 juillet, √† la suite du Protocole de Londres de 1944 sur les zones d'occupation et les d√©cisions de la conf√©rence de Yalta, l'arm√©e sovi√©tique prit le contr√īle de la ville. L'administration militaire sovi√©tique constitua un conseil municipal dont la composition, pendant tout le temps de la RDA devait √™tre dict√©e par le r√©gime communiste.

Au temps de la RDA

Expansion dans le temps du réseau de tramway à Leipzig.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'importance économique de Leipzig diminua fortement, du fait qu'elle appartenait à la zone d'occupation soviétique puis à la RDA, ce qui se traduisit par une baisse continue de la population. Au temps de la RDA, elle était le chef-lieu du district de Leipzig.

En 1955/1956, en r√©utilisant des ruines, on construisit le Stade central qui, avec plus de 100 000 places, √©tait le plus grand stade en Allemagne.

En 1968, √† l'instigation de la direction de la SED (que pr√©sidait Walter Ulbricht, originaire de Leipzig) on d√©molit l'√©glise Saint-Paul, l'√©glise de l'Universit√©, pour achever la ¬ę transformation socialiste ¬Ľ de l'Augustusplatz (alors Karl-Marx-Platz). La reconstruction de l'√©difice fit l'objet de maints d√©bats contradictoires pendant de nombreuses ann√©es apr√®s la Wende, ce qui conduisit entre autres √† la d√©mission du recteur de l'Universit√©. En 2004, il fut d√©cid√© que, dans le cadre du nouvel immeuble universitaire dont la construction devait s'achever en 2009, on rappellerait le souvenir de l'√©glise. Le b√Ętiment comprendrait une Aula en forme d'√©glise et l'aspect ext√©rieur serait celui de l'ancienne √©glise.

En 1969 le réseau ferré régional fut inauguré.

Leipzig a jou√© un r√īle important dans la r√©volution pacifique de 1989 qui a conduit √† la chute du mur et finalement √† la r√©unification de l'Allemagne. Des pri√®res pour la paix dans l'√©glise Saint-Nicolas avaient d√©j√† lieu tous les lundis depuis le 20 septembre 1982. Elles avaient √©t√© organis√©es essentiellement par Christian F√ľhrer, pasteur de l'√©glise. Les pri√®res pour la paix offraient des possibilit√©s d'√©change et de r√©flexion dans une atmosph√®re plus intime. √Ä la fin de 1988 le nombre des participants commen√ßa √† cro√ģtre alors que le d√©bat social devenait plus vif, et les pri√®res de paix prirent une coloration politique. Les tentatives de l'√Čtat pour exercer son influence sur l'organisation et l'esprit de ces pri√®res eurent pour cons√©quence que les manifestations qui suivirent eurent lieu de plus en plus devant l'√©glise. Beaucoup de participants s'attardaient apr√®s la pri√®re dans le jardin de Saint-Nicolas. Ce nouvel espace public offrit une base o√Ļ s'anim√®rent √©changes d'informations et r√©flexions.

5 000 tracts furent distribu√©s le 11 janvier 1989 par les membres des groupes de base ; ils invitaient √† participer √† une manifestation en faveur du ¬ę renouveau d√©mocratique de notre soci√©t√© ¬Ľ le 15 janvier 1989, jour qui marquait le 70e anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, on r√©clamait la libert√© d'opinion, la libert√© de r√©union et la libert√© de la presse. Quatre dissidents furent encore arr√™t√©s ce jour-l√†, tandis que des collaborateurs de la Stasi all√®rent reprendre dans les bo√ģtes aux lettres une grande partie des tracts distribu√©s. 500 habitants de Leipzig particip√®rent √† la manifestation ; apr√®s qu'elle se fut s√©par√©e, 53 personnes furent arr√™t√©es mais, apr√®s de nouvelles protestations, des interventions et la pression politique faite du dehors par les ministres des Affaires √©trang√®res de la R√©publique f√©d√©rale et des USA dans le cadre de la 3e Conf√©rence sur la s√©curit√© et la coop√©ration en Europe, elles √©taient toutes lib√©r√©es le 19 janvier. C'√©tait la premi√®re manifestation non autoris√©e des ann√©es 80 en RDA.

Le 13 mars, pendant la foire de printemps de Leipzig et en pr√©sence de nombreux de journalistes occidentaux, 300 personnes, dont beaucoup de candidats √† des voyages √† l'√©tranger manifest√®rent devant l'√©glise Saint-Nicolas. La manifestation qui se forma √† la suite de la pri√®re pour la paix fut dispers√©e par les forces de s√©curit√© et des forces organis√©es par la SED alors que, partie du march√©, elle se dirigeait d√©j√† vers Saint-Thomas. Devant cette situation la direction de RDA autorisa jusqu'au 7 mai environ 2 000 demandes de voyage √† l'√©tranger dans le cadre de l'op√©ration ¬ę Auslese ¬Ľ pour faire retomber la pression sociale. √Ä l'occasion des √©lections municipales du 7 mai l'opposition r√©ussit √† contr√īler le d√©compte des voix dans l'arrondissement de Leipzig-centre. La participation √©lectorale ne s'√©levait qu'√† environ 7% et le nombre des ¬ę oui ¬Ľ √©tait √† pr√®s inf√©rieur de 5% √† ce qui fut annonc√© officiellement. De cette fa√ßon la direction de la RDA pouvait pour la premi√®re fois √™tre convaincue de fraude √©lectorale. Le mouvement ¬ę Demokratische Initiative - Initiative zur demokratischen Erneuerung der Gesellschaft ¬Ľ (¬ę Initiative d√©mocratique - Initiative pour un renouveau d√©mocratique de la soci√©t√© ¬Ľ) avait distribu√© peu de temps avant l'√©lection des tracts qui invitaient au refus de vote.

Pour remplacer ce vote truqu√© devait avoir lieu un ¬ę referendum alternatif ¬Ľ sur la place du march√© et les bulletins de ceux qui n'avaient pas vot√© devaient √™tre d√©pos√©s dans une urne. Par ailleurs on invitait √† une manifestation devant le Monument de la Bataille des Nations. Les initiateurs furent condamn√©s √† des peines de prison allant jusqu'√† un an et demi. La Stasi proc√©da √† plus de cent arrestations suivies d'interrogatoires.

Le 4 juin devait avoir lieu, √† l'occasion de la Journ√©e mondiale de l'Environnement, la manifestation ¬ę un espoir fait ses premiers pas ‚Äď P√®lerinage de Pleisse 1989 ¬Ľ le long de la canalisation de la Plei√üe. Bien que la manifestation d'abord autoris√©e e√Ľt √©t√© interdite, environ 1 400 personnes particip√®rent aux services religieux. 74 participants furent arr√™t√©s. Le festival de musique dans les rues pr√©vu pour le 10 juin mais non autoris√©, se termina vers midi avec une vague d'arrestation par la Vopo. Les arrestations des musiciens, brusquement embarqu√©s dans des camions avec leurs instruments, d√©clench√®rent de violentes protestations parmi les passants qui √©taient pr√©sents.

Pour le Kirchentag du 6 au 9 juillet, les probl√®mes politiques ne furent pas pris en compte par les organisateurs. Cependant, √† Saint-Luc, fut organis√© par des groupes de base une sorte de Kirchentag de remplacement (Statt-Kirchentag) auquel 2500 personnes particip√®rent. Des opposants y vinrent de toute la RDA. Apr√®s la c√©r√©monie religieuse de cl√īture qui eut lieu sur l'hippodrome, une manifestation s'organisa contre la fraude √©lectorale et pour la d√©mocratie. Alors qu'elle se dirigeait vers le centre-ville des collaborateurs de la Stasi arrach√®rent les banderoles des manifestants et s'enfuirent par le tramway. √Ä l'occasion d'une manifestation lors de la foire d'automne de Leipzig, le 4 septembre des collaborateurs de la Stasi arrach√®rent devant les cam√©ras de journalistes occidentaux des banderoles portant des slogans comme ¬ę Pour un pays ouvert avec des gens libres ¬Ľ. Les manifestants r√©agirent alors aux cris de ¬ę Dehors la Stasi ¬Ľ. Pour la premi√®re fois on eut l'occasion d'entendre le cri ¬ę Nous resterons ! ¬Ľ alors que c'√©taient auparavant surtout ceux qui voulaient partir pour l'√©tranger qui dominaient l'atmosph√®re de des manifestations. √Ä partir de ce moment ce fut au nom de ces deux points de vue qu'on protesta pour obtenir des changements.

Le 11 septembre, la police boucla le jardin de Saint-Nicolas apr√®s que plus de 1 000 personnes eurent particip√© √† la pri√®re pour la paix. 89 d'entre elles furent arr√™t√©es et on infligea des amendes pouvant aller jusqu'√† 5 000 marks. Le 18 septembre, des cha√ģnes de policiers vinrent une nouvelle fois se placer autour de l'√©glise presque bond√©e et proc√©d√®rent √† de nouvelles arrestations. Le 25 septembre 5 000 personnes participaient √† la manifestation du lundi, exigeant, entre autres, que le Neues Forum f√Ľt autoris√©. Comme l'acc√®s au march√© √©tait bloqu√© par la police, le cort√®ge de manifestants se dirigea vers la place Karl-Marx puis, en passant par le ring, vers la ¬ę Runde Ecke ¬Ľ, le si√®ge local de la Stasi.

Fin septembre, √† l'initiative de la SED, des lettres de lecteurs furent publi√©es par la Leipziger Volkszeitung pour condamner les pri√®res pour la paix ; le mot d'ordre √©tait : ¬ę Nous voulons continuer √† vivre dans la paix et la s√©curit√© ¬Ľ ; elles n'arr√™t√®rent en rien les pri√®res et les manifestations. Le 2 octobre c'√©taient d√©j√† 20 000 personnes qui manifestaient. Au cours du d√©fil√© sur le boulevard jusqu'√† Saint-Thomas, une cha√ģne de policiers fut enfonc√©e. Alors la police, avec chiens, casques, matraques et boucliers, chargea contre les manifestants et il s'ensuivit une nouvelle fois de nombreuses arrestations.

Le 6 octobre le courrier des lecteurs publia √† l'instigation de la SED la lettre d'un chef de groupe de combat de Leipzig qui annon√ßait : ¬ę Nous sommes pr√™ts, et nous en avons la volont√©, √† prot√©ger √©nergiquement ce que nous avons produit de nos mains pour emp√™cher avec la derni√®re √©nergie ces actions contre-r√©volutionnaires. S'il le faut, ce sera les armes √† la main. ¬Ľ Des essais aussi violents d'intimidation de la part de l'√Čtat ainsi que l'appel int√©rieur √† des mesures radicales ne firent que rendre la situation encore plus explosive. Le 7 octobre, 4 000 personnes manifestaient pour le 40e anniversaire de la RDA √† Leipzig et 210 furent arr√™t√©s. Le 9 octobre, 8 000 policiers, groupes de combat et soldats de la NVA se tenaient pr√™ts. Dans les h√īpitaux, les r√©serves de sang avaient √©t√© augment√©es, le personnel m√©dical fut r√©quisitionn√© pour un service de nuit. D√®s quatorze heures, six cents collaborateurs de la SED occupaient Saint-Nicolas.

Les liaisons ferroviaires avec Leipzig furent rendues plus difficiles ; et cependant, malgr√© la menace d'une ¬ę solution √† la chinoise ¬Ľ sur le mod√®le du massacre de la place Tienanmen, 70 000 personnes se r√©unissaient apr√®s les pri√®res pour la paix. Dans une situation si p√©rilleuse, le chef d'orchestre du Gewandhaus, Kurt Masur, lut un texte qu'il avait r√©dig√© avec le cabarettiste Bernd-Lutz Lange, le th√©ologien Peter Zimmermann et trois fonctionnaires de la SED, (ceux qu'on appela ¬ę les Six de Leipzig ¬Ľ ), et qui appelait √† la non-violence : ¬ę Citoyens! Le professeur Kurt Masur, le pasteur Zimmermann, le cabarettiste Bernd-Lutz Lange et les secr√©taires de district de la SED, Kurt Meyer, Jochen Pommert et Roland W√∂tzel adressent l'appel suivant √† tous les habitants de Leipzig : ce qui nous a r√©unis aujourd'hui, c'est notre inqui√©tude et notre sentiment de responsabilit√© pour le bien commun. Nous nous pr√©occupons du d√©veloppement dans notre ville et nous cherchons une solution. Tous nous avons besoin d'un libre √©change de vues sur la poursuite du socialisme dans notre pays. C'est pourquoi aujourd'hui, nous promettons tous les six √† tous les citoyens d'engager tout notre pouvoir et toute notre autorit√© pour que ce dialogue se fasse non seulement dans l'arrondissement de Leipzig, mais encore avec notre gouvernement. Nous vous invitons instamment √† la sagesse pour qu'un dialogue pacifique devienne possible. ¬Ľ Ainsi parla Kurt Masur et cette d√©claration fut diffus√©e √† partir de 18 heures par la radio de la ville. Le cort√®ge de manifestants se dirigea de Saint-Nicolas vers l'Op√©ra puis sur le Ring. Quand il passa devant la gare centrale, les forces de s√©curit√© se retir√®rent. L'√Čtat n'avait pas compt√© sur un tel nombre de participants. Apr√®s que des essais de conversations t√©l√©phoniques avec Berlin furent rest√©s sans r√©ponse, le 2√®me secr√©taire de la SED pour le district de Hackenberg et le chef de la police, le major-g√©n√©ral Strassenburg, ordonn√®rent la retraite. Cependant les motifs et le d√©roulement exact des √©v√©nements n'ont pas encore √©t√© compl√®tement √©claircis. Sur les escaliers de la ¬ę Runde Ecke ¬Ľ on pla√ßa des bougies. Vers 20 heures, la manifestation √©tait finie et le pouvoir de l'√Čtat √©tait bris√©.

Apr√®s le 9 octobre, le nombre des manifestants monta encore nettement : le 16 octobre ils √©taient 120 000 et, le 23 octobre, c'√©taient 200 000 qui manifestaient pour des r√©formes et l'autorisation du Neues Forum, le 30 octobre on en comptait 300 000. Une semaine plus tard, le 6 novembre, avait lieu la plus grande manifestation du lundi √† Leipzig. Les diff√©rentes estimations vont de 300 000 √† 400 000manifestants venus de toute la RDA. Apr√®s la chute de mur, le nombre des manifestants diminua mais, le 13 novembre, c'√©taient encore 150 000 personnes qui manifestaient contre la SED et contre la Stasi.

Après le tournant de 1989

Aujourd'hui Leipzig a conservé son prestige comme ville de foires et de médias, et comme ville universitaire, même si son importance n'égale pas celle d'avant la guerre.

Le 12 avril 1996, une cérémonie a inauguré le nouveau parc des expositions qui est à la fois le centre d'exposition et le centre de congrès le plus moderne d'Europe et qui a été construit en tout juste trois ans..

Le 12 avril 2003, c'est Leipzig qui s'est impos√©e comme ville candidate allemande pour les Jeux olympiques de 2012 contre Hambourg, D√ľsseldorf (avec la r√©gion du Rhin et de la Ruhr), Francfort et Stuttgart. Elle a √©t√© pr√©sent√©e en m√™me temps que Rostock le 15 janvier 2004 comme candidate allemande officielle pour les Jeux olympiques de 2012 devant le CIO. Le 18 mai 2004 le CIO a refus√© lors de la pr√©s√©lection internationale de la reconna√ģtre comme ville candidate, et sa demande a donc √©chou√©.

Depuis environ le changement de millénaire Leipzig peut également se targuer d'avoir renforcé son économie. Avec la création de grandes entreprises de production et d'industrie des transports elle a commencé à ne plus être une simple ville de service, ce qu'elle avait continué à être tout de suite après le tournant de 1989. Entre temps se sont établis par exemple BMW, Porsche, Siemens et Amazon. DHL a fait de l'aéroport, sa plaque tournante d'Europe centrale.

Depuis quelques ann√©es on enregistre dans la ville un renouveau de l'activit√© de construction. De grands projets par exemple ont √©t√© achev√©s ou sont en cours (le City Tunnel, le nouveau b√Ętiment universitaire, le stade central, le mus√©e de l'imagerie).

Depuis plusieurs années, le nombre d'habitants est lui aussi en hausse, de façon lente mais régulière. Leipzig est redevenue une ville d'un demi-million d'habitants.

Référence de traduction

Références


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Histoire de Leipzig de Wikipédia en français (auteurs)

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