Eugène Goüin

Eugène Goüin
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Surnom Le Pereire tourangeau
Naissance 18 septembre 1818
Saint-Symphorien, Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Décès 31 mai 1909 (à 91 ans)
Paris, Drapeau de France France
Nationalité Française
Profession Banquier
Activité principale Président-Administrateur de sociétés
Autres activités Sénateur inamovible;
Député d'Indre-et-Loire;
Maire de la ville de Tours puis de Fondettes;
Conseiller Général d'Indre-et-Loire
Distinctions Officier de la Légion d'Honneur;
Grand-Croix de l'Ordre de Sainte-Anne;
Grand-Croix de l'Ordre d'Isabelle la Catholique;
Officier d'Académie;
Avenue Eugène Goüin à Tours;
Rue Eugène Goüin à Fondettes
Ascendants Alexandre Goüin
Famille Famille Goüin

Eugène Goüin (18 septembre 1818, à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire) - 31 mai 1909, à Paris), est un banquier et homme politique français. Il était un des plus remarquables financiers français de l'époque moderne, traitait avec les plus grosses fortunes, était correspondant des Rothschild, en relation avec les banques Guérin à Lyon, Regnard à Marseille. Il fut administrateur de la Banque d'Indochine et un des fondateurs de la Banque de Paris puis de la Banque de Paris et des Pays-Bas[1] dont il deviendra Président du conseil d'administration de 1895 à sa mort et qu'il guida vers un voie de prospérité brillante[2]. Grand brasseur d'affaires, présent dans la haute-finance, le commerce et l'industrie, il détint les principaux postes de direction de la vie tourangelle.

Sommaire

Biographie

Vie Tourangelle

Le château de la Plaine, à Fondettes.

Issu d'une des plus célèbres dynasties Tourangelles, Eugène Goüin naquit le 18 septembre 1818 à Saint-Symphorien, il est le fils d'Alexandre Goüin (1792-1872), banquier et Ministre de l'Agriculture et du Commerce. Il épousa en 1842, Louise Christin (1825-1905), fille du baron Gabriel-Antoine, colonel du Génie et directeur des fortifications de Strasbourg, et de sa cousine Henriette-Jenny Gondouin; ils eurent quatre enfants :

Après des études au Lycée Louis-le-Grand, il reprit les affaires familiales et devint co-directeur de la Banque Goüin et frères à Tours. Capitaine de la Garde nationale avant février 1848, il assiste avec sa compagnie aux Journées de juin à Paris. Il assura la charge, transmise entre membres de la famille, de juge dès 1848, puis de président du Tribunal de commerce de 1856 à 1879. Il sera Président de la Chambre de commerce de 1858 à 1879. En 1857, il fonde avec Henri Goüin, Charles de Montgolfier, Hettere et Alfred et Ernest Mame, la papeterie de La Haye-Descartes[3]. Il fut Président du conseil d'administration de la Colonie pénitentiaire de Mettray, actionnaire du journal d'Indre-et-Loire et de la Papeterie Marray (avec les Mame), membre du Conseil d'administration de la prison de Tours.

Conseiller municipal de Tours en 1848, réélu en 1865, conseiller général de 1867 à 1892. Maire de Tours en novembre 1866, il se présenta comme « le défenseur des idées d'ordre et de stabilité » et conserva la mairie jusqu'en 1874. Il fut par la suite maire de Fondettes de 1884 à 1892, petite commune où il résidait dans son château de la Plaine, ancienne propriété familiale qui brûla en 1871, et où Eugène prit l'initiative en 1873 de construire l'actuelle château.

En janvier 1871, alors maire de Tours, il se rendit en délégation auprès des troupes prussiennes pour solliciter l'arrêt des bombardements, et organisa des quêtes et des secours; il empêcha, grâce à son courage et à son sang-froid, que Tours, qui n'est qu'une ville ouverte, fût bombardé par les armées allemandes d'invasion. Sa courageuse conduite lui valut d'être promu officier de la Légion d'honneur, sur la proposition du ministre de la guerre.

Carrière politique

Il se présenta, le 22 décembre 1867, pour succéder à son père, nommé sénateur, comme député de la 1re circonscription d'Indre-et-Loire au Corps législatif ; mais il n'obtint que 7 625 voix contre 10,980 à l'élu, candidat indépendant, M. Houssard.

Aux élections du 8 février 1871, Eugène Goüin fut élu représentant d'Indre-et-Loire à l'Assemblée nationale, le 2e sur 6, par 57,931 voix (73,000 votants, 96,790 inscrits), Le 8 octobre de la même année, il fut réélu également conseiller général du département pour le canton de Tours-nord. À l'Assemblée, il se fit inscrire aux deux réunions du centre droit et du centre gauche, et vota tour à tour avec l'un et l'autre groupe. Après avoir donné son suffrage à la conclusion de la paix, aux prières publiques, à l'abrogation des lois d'exil, au pouvoir constituant de l'Assemblée, il soutint le gouvernement de Thiers dans son évolution vers la République conservatrice, ce qui ne l'empêcha pas d'approuver la plupart des actes des ministères qui suivirent le 24 mai 1873. Son adhésion au gouvernement républicain se manifesta de nouveau lors de l'adoption des lois constitutionnelles, auxquelles il se rallia ; elle lui valut d'être porté sur la liste des gauches, le 15 décembre 1875, quand il s'agit de nommer les 75 sénateurs inamovibles.

Il siégea au centre de la Chambre haute, avec une tendance à se rapprocher de la gauche, mais sans rien abandonner de ses sentiments conservateurs. Goüin s'abstint dans le scrutin sur la demande de dissolution de la Chambre des députés (juin 1877) et se montra très réservé à l'égard du gouvernement du Seize-Mai. Partisan du ministère Dufaure, il vota dès lors le plus souvent avec la fraction la plus modérée du centre gauche, s'abstint, par exemple, de prendre part au vote sur l'article 7 de la loi sur l'enseignement supérieur, et se prononça contre l'expulsion des princes. Il s'est occupé surtout de questions administratives et financières, qu'il traita plusieurs fois à la tribune sénatoriale ; il a presque toujours fait partie des Commissions des Finances et du Fudget, dont il a été à plusieurs reprises le rapporteur général, et s'est prononcé, en dernier lieu : pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889), pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse ; il s'est abstenu sur la procédure à suivre devant le Sénat contre le général Boulanger. Il fut Président des commissions relative au privilège de la Banque de France, aux caisses de dépôts des crédits agricoles, aux Caisses d'épargne, aux Sociétés coopératives de production, de crédit et de consommation et de contrat de participation aux bénéfices, portant réglementation nouvelle de la fonction des agents de change, aux sociétés et aux banques locales de crédit agricole mutuel.

Eugène Goüin a été l'un des doyens du Sénat. « Son grand âge, disait de lui le président Antoine Dubost, n'était qu'un charme de plus par la vivacité de son esprit et la jeunesse persistante de son caractère et de son activité. ». Mort vice-doyen du Sénat, en 1909, il présida la séance au Sénat comme doyen d'âge. Il a apporté au Parlement une aide efficace dans toutes les matières qui touchaient à la vitalité économique du pays. Sénateur inamovible depuis décembre 1875, siégeant au centre gauche, il fit partie d'une façon continue de la Commission des Finances dont il fut Vice-Président et à plusieurs reprises le rapporteur général. Rapporteur du compte de liquidation de la guerre, il fut également rapporteur du projet de réforme des pensions, et se fit une spécialité des questions concernant les grands organismes financiers de l'État.

Il fut également Président du la commission de surveillance de la Caisse d'amortissement et de la Caisse des dépôts et consignations (1888-1909), du conseil d'administration de la Banque de Paris et des Pays-Bas (1895-1909) et de la Société générale des chemins de fer économiques, Vice-Président de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée et du Conseil Supérieur des habitations à bon marché, administrateur de la Banque de l'Indochine, membre du Conseil d'administration de la Caisse d'Épargne et de plusieurs compagnies d'assurance.

Notes et références

  1. 1872 - 1920 Banque de Paris et des Pays-Bas, sur BNP Paribas
  2. Dr Eugen Kaufmann, La banque en France : (considérée principalement au point de vue des trois grandes banques de dépôts), 1914.
  3. Site officiel de la ville de Descartes.

Sources

  • Jean Marie Mayeur, Alain Corbin, Arlette Schweitz, Les Immortels du Sénat, 1875-1918, Publication de la Sorbonne, 1995
  • Rang-Ri Park-Barjot, La société de construction des Batignolles: Des origines à la première guerre mondiale (1846-1914), 2005
  • Ménier Grégoire, Le rôle d'Eugène Goüin, maire de Tours, lors de la Guerre de 1870 –1871, 2006

Liens externes


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