√Čmancipation des Juifs

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√Čmancipation des Juifs
1806 : Napol√©on r√©tablit le culte isra√©lite

L'√©mancipation des Juifs d√©signe le processus de lib√©ration des Juifs en Europe et dans le monde, qui leur a permis d'obtenir la citoyennet√© et la pleine √©galit√© de leurs droits avec leurs concitoyens. Si on consid√®re g√©n√©ralement que ce processus d√©bute avec la R√©volution fran√ßaise √† la fin du XVIIIe si√®cle, il est n√© de la conjonction de la philosophie des Lumi√®res et de la Haskalah dont le plus illustre repr√©sentant est Mo√Įse Mendelssohn. L'√©mancipation se traduit par une s√©rie d'actes l√©gislatifs par laquelle les √©tats ont reconnu la citoyennet√© aux Juifs, en France le 28 septembre 1791 puis dans le reste de l'Europe au XIXe si√®cle. Elle a amen√© la disparition au moins formelle des ghettos et l'√©galit√© des chances pour les Juifs, en Europe occidentale et en Am√©rique. L√† o√Ļ elle s'est heurt√©e √† une plus grande opposition, dans l'Empire russe particuli√®rement, les Juifs se sont plus volontiers tourn√©s vers les mouvements r√©volutionnaires ou le sionisme.

Sommaire

Le contexte

Depuis le Concile de Latran de 1215 jusqu'au XVIIIe si√®cle, les Juifs sont sujets dans la plupart des pays d'Europe occidentale √† de multiples discriminations : v√™tements sp√©ciaux comme le chapeau pointu ou la rouelle, interdiction de s√©jour comme c'est le cas en Espagne et dans la plus grande partie du royaume de France, taxes comme en Lorraine, droits limit√©s en justice, etc. Dans certains pays comme l'Espagne et le Portugal, l'Inquisition pourchassent et font br√Ľler vifs les marranes, c'est-√†-dire les juifs officiellement convertis au catholicisme, mais qui professent en cachette le juda√Įsme. Inversement, l√† o√Ļ ils sont tol√©r√©s, les Juifs b√©n√©ficient d'une certaine autonomie administrative dans la mesure o√Ļ les conflits intracommunautaires sont du ressort du tribunal rabbinique (Beth Din) et souvent un syndic juif repr√©sente la communaut√© aupr√®s des autorit√©s et √©tait charg√© de la r√©partition et de la collecte des imp√īts et taxes. Ainsi, au XVIIIe si√®cle, Cerf Beer devient-il syndic g√©n√©ral des Juifs d'Alsace.

Toutefois, d√®s le XVIIe si√®cle aux Pays-Bas, les Juifs participent √† la vie intellectuelle et √©conomique du pays, en b√©n√©ficiant d'une √©galit√© partielle des droits. Cette acceptation des Juifs dans la soci√©t√© civile est difficile : Manasse ben Isra√ęl, un Juif portugais √©tabli aux Pays-Bas, plaide aupr√®s de Cromwell l'int√©gration des Juifs en Angleterre avec un succ√®s mitig√© et Spinoza est exclu de la communaut√© juive hollandaise pour ses positions philosophiques.

La philosophie des Lumières et la Haskalah

La philosophie des Lumi√®res change la perception des Juifs par la soci√©t√©. Si certains des philosophes les plus connus tel Voltaire tiennent des propos ambigus vis-√†-vis des Juifs[1], la perception g√©n√©rale des Juifs par le mouvement des Lumi√®res marque un r√©el changement par rapport √† l'image qu'a v√©hicul√©e jusqu'alors l'√Čglise. L'article Juifs de l'Encyclop√©die de D'Alembert et Diderot[2] refl√®te cette √©volution :

Encyclopedie.Juifs.jpg

Si l'image du juda√Įsme est assez flatteuse, si les pers√©cutions sont reconnues, on ne manque pas de remarquer qu'il subsiste des pr√©jug√©s quant au nombre de Juifs lorsqu'on lit : ¬ę les prodigieux essaims de [Juifs] qui pullulent en Orient, √† la Chine ¬Ľ. De m√™me, le vocabulaire choisi montre encore un grand m√©pris pour les Juifs.

Chez les Juifs eux-m√™mes, les Lumi√®res donnent naissance en Allemagne √† la Haskalah, la conception du juda√Įsme que d√©veloppe Mo√Įse Mendelssohn. D√©fenseur de l'√©mancipation juive, Mo√Įse Mendelssohn est pour certains le ¬ę troisi√®me Mo√Įse ¬Ľ, apr√®s Mo√Įse le l√©gislateur biblique et Mo√Įse Ma√Įmonide le philosophe m√©di√©val (¬ę De Mo√Įse √† Mo√Įse, aucun ne fut aussi sage que Mo√Įse[3] ¬Ľ). La pens√©e de Mendelssohn serait ainsi un jalon fondamental de l'histoire de la philosophie juive.

Pour d'autres, il est parmi les th√©oriciens de l'assimilation des Juifs, pr√©curseur de la perte de leur identit√© sp√©cifique et de l'extinction de leurs traditions[4]. On lui reproche notamment de vouloir fondre l'identit√© juive dans la germanit√©. En effet, Mendelssohn souhaite faire apprendre l'allemand √† la communaut√© juive ; il refuse n√©anmoins de remplacer la langue h√©bra√Įque des anciens par l'allemand. Ces deux langues doivent pour lui coexister. De m√™me, il appelle les juifs √† s'int√©grer dans la vie civique de la nation dans laquelle ils vivent afin de remplir d'une part leurs devoirs envers la religion, d'autre part leurs devoirs envers l'√Čtat.

La conjonction de ces deux mouvements (Lumi√®res et Haskalah) externe et interne au juda√Įsme pr√©cipite les √©v√©nements. Deux personnalit√©s de premier plan durant la premi√®re partie de la R√©volution, Mirabeau et l'abb√© Gr√©goire, ont publi√© en 1787 des textes fondamentaux[5].

Mirabeau a voyag√© en Allemagne et appr√©cie l'Ňďuvre de Mendelssohn qu'il fait conna√ģtre dans son ouvrage ¬ę Sur Moses Mendelssohn, sur la r√©forme politique des Juifs ¬Ľ[6]. Il y d√©plore que le ¬ę pr√™t d'argent dont le profit est tr√®s conforme √† l'√©quit√© naturelle ¬Ľ soit devenu ¬ę gr√Ęce √† de mauvaises lois [...] l'unique moyen de subsister des Juifs ¬Ľ. De fa√ßon tr√®s moderne, il √©voque la diversit√© sans oublier les musulmans chiites ou sunnites : ¬ę Que le chr√©tien et le circoncis, soit juif, soit musulman, sectateur d'Ali ou d'Omar de Socin ou de Calvin s'√©cartent les uns des autres, le grand et noble emploi du gouvernenment consiste √† faire en sorte que chacune de ces divisions tourne au profit de la grande soci√©t√©[7]. ¬Ľ

Quant √† l'abb√© Gr√©goire, il publie son ¬ę Essai sur la r√©g√©n√©ration physique, morale et politique des Juifs[8] ¬Ľ en r√©ponse √† un concours organis√© par la Soci√©t√© royale des Sciences et des Arts de Metz qui le prime en 1788 et dont la question √©tait ¬ę Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? ¬Ľ Dans cet essai o√Ļ il reconna√ģt certes certaines vertus aux Juifs, il les estime toutefois d√©g√©n√©r√©s comme le sugg√®re le titre. Mais, surtout comme Mirabeau, il d√©plore les lois qui les s√©parent des autres nations et peut √©crire : ¬ę Les Juifs seront soumis √† la jurisprudence effective des nations chez lesquelles ils r√©sident et l'on se dispensera de r√©diger pour eux des coutumes particuli√®res comme on l'a fait √† Metz. ¬Ľ

L'émancipation politique

Sur le plan politique, le principe de tol√©rance va progresser √† l'√©poque de Louis XVI avec quelques √©tapes cl√©s comme l'√Čdit de tol√©rance de Joseph II d'Autriche (1781) qui accorde la libert√© de culte aux Protestants comme aux Juifs, la suppression du p√©age corporel en Alsace (1784) et l'√Čdit de tol√©rance de Louis XVI (1787), publi√© sous l'influence de Malesherbes, qui accorde l'√©tat-civil aux non-catholiques de France. Mais plusieurs parlements, √† l'exemple de celui de Metz, y ajoutent une clause qui exclut les Juifs[5]. Les Juifs des √Čtats-Unis, dont l'ind√©pendance a √©t√© soutenue par le gouvernement fran√ßais, b√©n√©ficient (avec quelques restrictions) de l'√©galit√© des droits.

√Čmancipation au d√©but de la R√©volution fran√ßaise

Dans le m√™me temps, la R√©volution fran√ßaise s'√©tend. La chute de la Bastille est le signal de d√©sordres partout dans le pays. Les √©meutiers s'en prennent aux ch√Ęteaux pour y br√Ľler les titres seigneuriaux. Ces troubles, connus sous le nom de la Grande Peur prennent une tournure anti-juive en Alsace. Dans certains districts, les paysans attaquent les demeures des Juifs qui trouvent refuge √† B√Ęle. L'abb√© Henri Gr√©goire relate ces faits durant la s√©ance du 3 ao√Ľt de l'Assembl√©e nationale et demande la compl√®te √©mancipation des Juifs. L'Assembl√©e nationale partage l'indignation du pr√©lat mais ne prend pas de d√©cision quant √† l'√©mancipation. Elle est intimid√©e par des d√©put√©s antijuifs d'Alsace, en particulier Rewbell, qui d√©clare que le d√©cret qui accorderait aux Juifs les droits de citoyens serait le signal de leur destruction en Alsace. √Ä la demande de Th√©odore Cerf Berr, repr√©sentant des Juifs d'Alsace et fils de Cerf Berr, l'Assembl√©e accordera toutefois la protection des pouvoirs publics aux Juifs dans sa s√©ance du 28 septembre. Le 14 octobre 1789, Berr Isaac Berr s'adresse √† l'Assembl√©e nationale et pr√©sente les revendications des Juifs.

Les 21, 22, 23 et 24 d√©cembre 1789, la question juive, avec celle des protestants, des com√©diens et des ex√©cuteurs des hautes Ňďuvres (les bourreaux), est √† nouveau d√©battue √† l'Assembl√©e durant la discussion sur l'admission de tous les citoyens au service public sans distinction de croyance. Mirabeau, l'abb√© Gr√©goire, Robespierre (¬ę Rendons-les au bonheur, √† la patrie, √† la vertu, en leur rendant la dignit√© d'hommes et de citoyens ; songeons qu'il ne peut jamais √™tre politique, quoi qu'on dise, de condamner √† l'avilissement et √† l'oppression une multitude d'hommes qui vivent au milieu de nous. ¬Ľ), Duport, Barnave et le comte de Clermont Tonnerre mettent en Ňďuvre toute leur √©loquence pour faire d√©cider l'√©mancipation[9],[10]. Ce dernier prononce alors les propos qui caract√©risent l'assimilation des Juifs en France pendant les si√®cles suivants : ¬ę Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus. Il faut qu'ils ne fassent dans l'Etat ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu'ils soient individuellement citoyens. ¬Ľ Mais les d√©sordres r√©p√©t√©s en Alsace et la forte opposition des d√©put√©s de cette province et du clerg√©, comme La Fare, √©v√™que de Nancy, l'abb√© Maury(droite monarchiste) et d'autres, entra√ģnent un ajournement de la d√©cision[11]. Seuls les Juifs portugais et avignonnais, qui avaient depuis 1787 joui de tous les droits civils comme Fran√ßais naturalis√©s, sont d√©clar√©s citoyens √† part enti√®re par une majorit√© de 150 voix (28 janvier 1790). Cette victoire partielle insuffle un nouvel espoir chez les Juifs de Lorraine et d'Alsace, qui font d'encore plus grands efforts dans la lutte pour la libert√©. Ils s'appuy√®rent sur l'√©loquent avocat Godard, dont l'influence dans les cercles r√©volutionnaires √©tait consid√©rable. √Ä travers ses efforts, les gardes nationaux et les diverses sections se prononcent en faveur des Juifs et l'abb√© Mulot est envoy√© par la Commune de Paris pour plaider leur cause devant l'Assembl√©e nationale. Malheureusement, les affaires graves qui occupent l'Assembl√©e, l'agitation prolong√©e en Alsace et les passions du parti cl√©rical emp√™chent le succ√®s de l'action des Juifs et de leurs amis. Mais la question juive revient √† l'ordre du jour et le 20 juillet 1790, la taxe Brancas est abolie.

Le 18 janvier 1791, une nouvelle tentative est faite en faveur de l‚Äô√©mancipation compl√®te des Juifs. Le prince de Broglie s‚Äôy montre d√©favorable : ¬ę Toute cette intrigue, dit-il, est ourdie depuis longtemps par quatre ou cinq Juifs puissants, √©tablis dans le d√©partement du Bas-Rhin. Un d‚Äôentre eux (Cerf Berr), qui a acquis une fortune immense aux d√©pens de l‚Äô√Čtat, r√©pand depuis longtemps des sommes consid√©rables dans cette capitale pour s‚Äôy faire des protecteurs et des appuis. ¬Ľ Ces insinuations ont le r√©sultat d√©sir√© : la question juive subit un nouvel ajournement[9].

Quelques jours avant la dissolution de l'Assembl√©e nationale (28 septembre 1791), le d√©put√© Adrien Duport, membre du Club des Jacobins, monte contre toute attente √† la tribune et d√©clare : ¬ę Je crois que la libert√© de culte ne permet aucune distinction dans les droits politiques des citoyens en raison de leur croyance. La question de l'existence politique [des Juifs] a √©t√© ajourn√©e. Cependant, les Turcs, les Musulmans, les hommes de toutes les sectes, sont admis √† jouir en France des droits politiques. Je demande que l‚Äôajournement soit r√©voqu√© et qu‚Äôen cons√©quence il soit d√©cr√©t√© que les Juifs jouiront en France des droits de citoyen actif. ¬Ľ Cette proposition est accept√©e avec de forts applaudissements. Rewbell essaye, cependant, de s'opposer √† la motion mais il fut interrompu par Michel Regnaud de Saint-Jean d'Ang√©ly, pr√©sident de l'Assembl√©e, qui ¬ę demande que l‚Äôon rappelle √† l‚Äôordre tous ceux qui parleront contre cette proposition, car c‚Äôest la Constitution elle-m√™me qu‚Äôils combattront ¬Ľ. L‚ÄôAssembl√©e vote alors, sans autre discussion, la motion de Duport et, le lendemain, adopte d√©finitivement la r√©daction de la loi. Deux jours plus tard, l‚ÄôAssembl√©e nationale se s√©pare et, le 13 novembre, Louis XVI ratifie la loi d√©clarant les Juifs citoyens fran√ßais[Note 1].

Achèvement de l'émancipation en France

Quelques lois discriminatoires, comme le serment more juda√Įco, restent en vigueur √† la chute de l'Empire ; elles sont abolies sous la restauration et la monarchie de Juillet. C'est ainsi qu'Adolphe Cr√©mieux est le premier juif fran√ßais qui fait partie du gouvernement, sous les Deuxi√®me et Troisi√®me R√©publiques.

L'émancipation dans les autres pays européens

Les arm√©es de la R√©publique puis de l'Empire propagent manu militari les id√©es de la R√©volution fran√ßaise dont celles de l'√©mancipation des Juifs, l√† o√Ļ elles contribuent √† des changements de r√©gime. En Italie, les murs des ghettos tombent ainsi qu'en Allemagne mais la chute de l'Empire am√®ne une forte r√©action, √† Rome comme en Allemagne. Toutefois, peu √† peu, les Juifs obtiennent l'√©galit√© des droits tout au long du XIXe si√®cle.

Année d'obtention de l'égalité des droits pour les Juifs[12]
Année Pays
1791 France
1796 République batave
1808 Grand-duché de Hesse, Royaume de Westphalie[13]
1811 Grand-duché de Francfort[13]
1812 Mecklenburg-Schwerin[14], Royaume de Prusse[15]
1828 Royaume de Wurtemberg
1830 Grèce
1832 Canada
1833 √Člectorat de Hesse
1834 Pays-Bas
1835 Suède
1839 Empire ottoman
1842 Royaume de Hanovre
1849 Hambourg[16], Danemark[17]
1851 Norvège[18]
1856 Suisse
1858 Royaume-Uni
1861 Italie
1862 Grand-duché de Bade
1863 Duché de Holstein[19]
1864 cité libre de Francfort
1867 Autriche-Hongrie
1871 Allemagne
1878 Bulgarie, Serbie
1890 Brésil[20]
1917 Russie
1923 Roumanie

Conséquences de l'émancipation pour les Juifs

L'√©mancipation et la pratique du juda√Įsme

L'√©mancipation bouleverse le rapport des Juifs avec leur religion qui ne peut plus gouverner tous les actes de leur vie. Beaucoup con√ßoivent une pratique du juda√Įsme plus proche de la fa√ßon de vivre de leurs concitoyens non-juifs. L'√©mancipation en France, en Italie et en Allemagne au moins pendant l'Empire permet √† beaucoup de Juifs de sortir des ghettos et contribue, √† la suite de la Haskalah, au d√©veloppement des juda√Įsmes r√©form√© et conservateur √† partir du XIXe si√®cle. L'√©mancipation contribue aussi √† l'assimilation des Juifs et parfois √† leur disparition culturelle lorsque les Juifs se fondent par mariage dans la soci√©t√© environnante. Il faut attendre le rabbin Samson Raphael Hirsch pour d√©finir une vision moderne du juda√Įsme orthodoxe, permettant aux Juifs orthodoxes de participer pleinement √† la soci√©t√© qui les entoure.

√Čvolution sociale des Juifs

Les Juifs, jusqu'alors, √©taient souvent soumis √† des contraintes g√©ographiques et professionnelles : ils se voyaient interdire des villes, des r√©gions ou des pays ainsi que des m√©tiers. L'√©mancipation leur ouvre toutes ces voies et, en quelques g√©n√©rations, les Juifs abandonnent les villages o√Ļ leur pr√©sence √©tait s√©culaire comme en France par exemple, les petits villages alsaciens et les m√©tiers o√Ļ ils √©taient confin√©s comme colporteurs ou maquignons ; tr√®s vite, ils habitent plut√īt les grandes villes o√Ļ les enfants trouvent de meilleures √©coles et des universit√©s et o√Ļ les opportunit√©s professionnelles sont beaucoup plus nombreuses et y exercent des professions plus prestigieuses. Au plan international, dans la premi√®re partie du XIXe si√®cle, les Juifs allemands victimes de la r√©action post-napol√©onienne √©migrent massivement vers les √Čtats-Unis et, plus tard, ce sont les Juifs de l'Empire russe qui √©migrent vers l'Europe occidentale ou l'Am√©rique o√Ļ leurs coreligionnaires sont libres.

Notes

  1. ‚ÜĎ ¬ę Louis, par la gr√Ęce de Dieu et par la loi constitutionnelle de l'√Čtat, roi des Fran√ßais, √† tous pr√©sents et √† venir, salut.
    L'Assembl√©e nationale a d√©cr√©t√© et nous voulons et ordonnons ce qui suit :
    D√©cret de l'Assembl√©e nationale du 27 septembre 1791 :
    L'Assembl√©e nationale consid√©rant que les conditions n√©cessaires pour √™tre citoyen fran√ßais et pour devenir citoyen actif sont fix√©es par la Constitution, et que tout homme qui, r√©unissant lesdites conditions, pr√™te le serment civique et s'engage √† remplir tous les devoirs que la Constitution impose, a droit √† tous les avantages qu'elle assure ; r√©voque tous arguments, r√©serves et exceptions ins√©r√©s dans les pr√©c√©dents d√©crets relativement aux individus juifs qui pr√™teront le serment civique, qui sera regard√© comme une renonciation √† tous privil√®ges introduits pr√©c√©demment en leur faveur. ¬Ľ

    Les Juifs prêtent donc serment individuellement ou dans des cérémonies comme à Nancy ou en Alsace.

Références

  1. ‚ÜĎ Dictionnaire philosophique : ¬ę C'est √† regret que je parle des Juifs : cette nation est, √† bien des √©gards, la plus d√©testable qui ait jamais souill√© la terre. Mais tout absurde et atroce qu'elle √©tait, la secte des saduc√©ens fut paisible et honor√©e, quoiqu'elle ne cr√Ľt point l'immortalit√© de l'√Ęme, pendant que les pharisiens la croyaient (Article ¬ę Tol√©rance ¬Ľ ¬Ľ - voir aussi l'article Article ¬ę Juifs ¬Ľ)
  2. ‚ÜĎ d'Alembert et Diderot, ¬ę Encyclop√©die ou Dictionnaire raisonn√© des sciences, des arts et des m√©tiers. Tome neuvi√®me, article Juif ¬Ľ
  3. ‚ÜĎ Moses Mendelssohn, J√©rusalem ou Pouvoir religieux et juda√Įsme, Gallimard, Tel, 2007, Introduction, p. 42.
  4. ‚ÜĎ Les divergences quant √† la r√©ception de Mendelssohn sont r√©sum√©es par Emmanuel Levinas dans sa pr√©face √† J√©rusalem ou Pouvoir religieux et juda√Įsme, √©d. Gallimard, Tel, 2007.
  5. ‚ÜĎ a et b David Feuerwerker, L'Emancipation des Juifs en France. De l'Ancien R√©gime √† la fin du Second Empire. Albin Michel: Paris, 1976 (ISBN 2-226-00316-9)
  6. ‚ÜĎ Mirabeau, ¬ę Sur Moses Mendelssohn, sur la r√©forme politique des Juifs ¬Ľ, 1787
  7. ‚ÜĎ B√©atrice Philippe,√ätre juif dans la soci√©t√© fran√ßaise, √©ditions Montalba, 1979 (ISBN 2-8587-0017-6)
  8. ‚ÜĎ Abb√© Gr√©goire, ¬ę Essai sur la r√©g√©n√©ration physique, morale et politique des Juifs ¬Ľ, 1787
  9. ‚ÜĎ a et b HJ, Troisi√®me p√©riode - Quatri√®me √©poque ‚ÄĒ Chapitre XIV
  10. ‚ÜĎ Jules Simon, La Libert√© de conscience, Paris, Hachette, 1859, 404 pages, pp. 168-171.
  11. ‚ÜĎ Achille-Edmond Halphen, Recueil des lois : d√©crets, ordonnances, avis du conseil d'√©tat, arr√™t√©s et r√®glements concernant les Isra√©lites depuis la r√©volution de 1789, Paris, Bureaux des Archives isra√©lites, 1851, 511 pages, pp. 183-194.
  12. ‚ÜĎ Ce tableau est emprunt√© √† l'article du wikipedia anglais Emancipation of the Jews (en).
  13. ‚ÜĎ a et b Statut perdu √† la chute de Napol√©on
  14. ‚ÜĎ Le 22 f√©vrier, cf. Heinrich Graetz, Histoire des Juifs
  15. ‚ÜĎ Le 11 mars, cf. Heinrich Graetz, Histoire des Juifs
  16. ‚ÜĎ par introduction des libert√©s fondamentales tel que d√©cid√© par le Parlement de Francfort et azdopt√© par la loi de Hambourg le 21 f√©vrier 1849.
  17. ‚ÜĎ par la Constitution du Danemark du 5 juin 1849
  18. ‚ÜĎ Voir l'article Synagogue d'Oslo
  19. ‚ÜĎ par la loi sur Juifs du Duch√© de Holstein du 14 juillet 1863.
  20. ‚ÜĎ avec la proclamation de la R√©publique

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