21e Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie

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21e Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie

21e Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie

21e GRDI
Période 24 août1939
Pays France France
Branche Armée de terre
Type RĂ©giment d'Infanterie
RĂŽle Infanterie

Le 21e Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie est un régiment d'infanterie de l'armée française créé en 1939.

Sommaire

Historique du 21e GRDI

  • 24 aoĂ»t 1939, formation du 21e GRDI par :
    • Le C.M.C n°20 de Limoges et le 20e Dragons pour l’échelon A : E.M et escadron hippo.
    • Le C.M.C n°19 de Dinan, pour l’échelon B : E.H.R, escadron motocycliste et escadron de mitrailleuses et canons de 25.
  • 26 aoĂ»t 1939 : arrivĂ©e des premiers Ă©lĂ©ments destinĂ©s Ă  la constitution de l’échelon A.
  • 27 aoĂ»t 1939 : arrivĂ©e du Commandant Mozat, chef d’escadrons.
  • 28 et 29 aoĂ»t 1939 : l’échelon A se transporte Ă  Panazol (banlieue de Limoges).
  • 1er au 5 septembre 1939 : entraĂźnement des hommes, acclimatation des chevaux, amĂ©nagement des vĂ©hicules.
  • 4 septembre 1939 : l’escadron prend les armes pour les honneurs au Colonel PrĂ©vost qui rejoint son poste aux armĂ©es , le GRCA (il avait pris le commandement du 20e Dragons en mars 1937, remplaçant le Colonel Maillard affectĂ© Ă  la direction de la Cavalerie Ă  Paris).
  • 5 septembre 1939 : revue de dĂ©part par le chef d’escadrons.
  • 6 septembre 1939 : Ă  12 heures, les Ă©lĂ©ments Ă  cheval embarquement en gare de Limoges de Puy-Imbert. A 21 heures les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s embarquent en gare de Limoges de BĂ©nĂ©dictins.
  • 7 septembre 1939 : Ă  20 heures, les Ă©lĂ©ments Ă  cheval dĂ©barquent en gare de Liart, Ă  27 km Ouest de MĂ©ziĂšres (Ardennes).
  • 8 septembre 1939 : Ă  3 heures les Ă©lĂ©ments Ă  cheval vont cantonner Ă  Wadimont (rĂ©gion de Rethel). Ils retrouvent les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s venant de Dinan qui sont cantonnĂ©s Ă  Vaux-les-Rubigny, Rubigny, Wadimont et ses alentours. A 20 heures les Ă©lĂ©ments auto de l’EM et de l’escadron Ă  cheval dĂ©barquent Ă  Liard et vont cantonner Ă  Wadimont.

Ordre de bataille

État-major

Le Commandant Mozat qui, le 30 avril 1940, est dĂ©signĂ© pour prendre le commandement du 3Ăšme GRDI, passe le commandement le 05 mai au Commandant Cottin arrivĂ© au GR le 4 mai.

  • Capitaine Adjoint : Capitaine Palous.
  • Officier de renseignements : Lieutenant Berger Fernand.
  • Officier de transmissions : Lieutenant Julitte, le 12 mai 1940 quitte le GR Ă©tant affectĂ© * Officier de liaison auprĂšs de l’armĂ©e anglaise.
  • Officier de dĂ©tail : Sous-Lieutenant Delage.
  • Service de santĂ© : mĂ©decin Lieutenant Baillard, dĂ©but mars 1940 quitte le GR Ă©tant affectĂ© au 8Ăšme RTM.
  • VĂ©tĂ©rinaire : Sous-Lieutenant Lamy.

Escadron Ă  Cheval

  • Capitaine brandner.
  • 1er peloton : Sous-Lieutenant CremiĂšre.
  • 2Ăšme peloton : Sous-Lieutenant Sautreuil.
  • 3Ăšme peloton : Sous-Lieutenant Rabut
  • 4Ăšme peloton : Adjudant-Chef de RiviĂšre.

Groupe de mitrailleuses

  • Sous-Lieutenant de Lestranges.
  • Peloton de canons de 25 : Sous-Lieutenant de Grailly.

Escadron Moto

  • Lieutenant Passerat de Silans (Capitaine Ă  T.T le 1er avril 1940).
  • 1er peloton : Lieutenant Gadala.
  • 2Ăšme peloton : Lieutenant Degois, 16 mai 1940 passe officier d’approvisionnement et remplacĂ© par le MarĂ©chal des Logis Sorel le 16 mai 1940.
  • 3Ăšme peloton : Lieutenant Le Bris.
  • 4Ăšme peloton : Lieutenant Fenwich.

Escadron de Mitrailleuses et canons de 25

  • Lieutenant Taniou, le 11 janvier passe Ă  L’EM du GR, remplacĂ© par le Capitaine Tardieu venant du dĂ©pĂŽt de Limoges et arrivĂ© au GR le 09 janvier.
  • 1er peloton de mitrailleuses : Lieutenant Goasguen.
  • 2Ăšme peloton de mitrailleuses : Lieutenant de Gisincourt, le 25 avril 1940 passe Ă  l’E.H.R comme officier d’approvisionnement, remplacĂ© par l’Aspirant de NicolaĂŻ de retour de Saumur le 10 mai.
  • Peloton de canons de 25 : Lieutenant de Wailly, le 17 novembre 1939 est dĂ©signĂ© pour suivre un cours Ă  l’E.M.

Escadron Hors Rang

  • Capitaine Le Fillatre.
  • Service auto :
    • Lieutenant Sallerin, dĂ©but mars 1940 passe officier mĂ©canicien de la division.
    • Lieutenant Faraguet dĂ©but mars 1940, le 25 avril 1940 affectĂ© Ă  une formation de l’intĂ©rieur quitte le GR.
    • Aspirant Sterlicht le 25 avril 1940.

Officier d’approvisionnement

  • Lieutenant Faraguet dĂ©but mars 1940, passe officier mĂ©canicien du GR.
  • Aspirant Sternlicht dĂ©but mars 1940, le 25 avril 1940 passe officier mĂ©canicien.
  • Lieutenant de Gisincourt le 25 avril 1940, quitte le GR le 16 mai 1940 affectĂ© Ă  un hĂŽpital vĂ©tĂ©rinaire d’armĂ©e comme officier de dĂ©tail.
  • Lieutenant Degois le 16 mai 1940.

Service de Santé

  • Lieutenant Robin.
  • MĂ©decin auxiliaire Damour.
  • Dentiste auxiliaire Guezou.


Chronologie

En 1939

Le 19 septembre 1939, le GR quitte ses cantonnements et se porte dans la rĂ©gion de Juniville (12 km sud de Rethel) et Annelles oĂč les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s cantonnent Ă  partir du 20 au matin. À 6 heures, les Ă©lĂ©ments Ă  cheval arrivent Ă  Arnicourt (5 km Nord de Rethel) oĂč ils font halte et passent la journĂ©e. L'Ă©tape est trĂšs dure non tant Ă  cause de la pluie et de l’obscuritĂ© qu’à cause d’une colonne d’artillerie prĂ©cĂ©dant et entravant leur marche. À 21 heures, le dĂ©part d’Arnicourt est effectuĂ© en direction d’Annelles et Juniville pour arriver vers 3 heures du matin. Jusqu'au 10 octobre 1939, diffĂ©rentes manƓuvres sont exĂ©cutĂ©es ainsi que des tirs au canon de 25 au camp de Sissonne.

Le 10 octobre 1939, le GR est alertĂ© et quitte ses cantonnements pour se rendre Ă  Montigny sur Vence et Poix Terron (14 km Sud-Ouest de MĂ©ziĂšres). À 18h50, le dĂ©part des Ă©lĂ©ments motorisĂ©s dĂ©bute. À 21 heures suit le dĂ©part des Ă©lĂ©ments Ă  cheval. Dans la nuit, l’E.M.E cantonne Ă  Poix Terron et le reste du GR Ă  Montigny. Le 14 octobre, l’E.M.E va cantonner Ă  Guignicourt sur Vence (3 km Nord de Poix Terron). Le reste du GR se porte Ă  Poix Terron.

Du 15 octobre au 7 novembre, une reconnaissance de frontiĂšre est rĂ©alisĂ©e en collaboration avec le GRCA (GR du 4e C.A) sous les ordres duquel est placĂ© le GR en vue d’une mission Ă©ventuelle sur la Semoy (riviĂšre belge). Un exercice d’alerte est exĂ©cutĂ© trĂšs rapidement. Des manƓuvres en collaborations avec le 117e RI sont prĂ©parĂ©es, mais pour des raisons diverses n’ont pas lieu. Les 8 et 9 novembre, le GR part dans 5 trains et dĂ©barque Ă  Dieuze (Moselle, 14 km Est de ChĂąteau salins), il va cantonner Ă  FĂ©nĂ©trange (13 km Sud de Sarre Union) Ă  l’exception de l’escadron Ă  cheval qui cantonne Ă  Niederstinzel (2 km Nord de FĂ©nĂ©trange).

Le 17 novembre, le Lieutenant de Wailly dĂ©signĂ© pour suivre un cours d’Etat Major quitte le GR. Un renfort de 1 brigadier et de 12 cavaliers venant du dĂ©pĂŽt arrive au GR. Dans la nuit du 18 au 19, le GR reçoit l’ordre de se porter Ă  Ă  Hambach (4 km Sud de Sarreguemines) en vue d'ĂȘtre prĂȘt Ă  relever le 16e GRDI qui tient les avant-postes devant Sarreguemines. À l’arrivĂ©e Ă  Hambach, le commandant du GR se prĂ©sente au commandant du D.A.R.O qui prescrit de dĂ©gager au maximum Hambach.

Du 21 au 22 novembre, la relĂšve par le 21e GRDI des Ă©lĂ©ments correspondants du GRDI est opĂ©rĂ©e. Le commandant du GR prend le commandement du Groupement Est du D.A.R.O. Voici la composition du groupement :

  • Le 21e GRDI.
  • 1 Groupe d’artillerie d’appui direct, capitaine Couet et Parquet, puis 1 groupe du Commandant du RA.
  • 1 section du gĂ©nie : destruction.
  • 1 Ă©lĂ©ment du gĂ©nie : service des eaux, Ă©lectricitĂ©, Ă©coutes.

La dĂ©fense comporte l’organisation de 3 points d’appui :

  • P.A Sarreguemines : Capitaine Brandner.
  • P.A GalliĂ©ni : Lieutenant Taniou.
  • P.A Neunkirch : Lieutenant de Silans.

Deux pelotons sont gardés en réserve de groupement. Un groupe de canons est détaché à la défense du PC du D.A.R.O. Le Groupement doit assurer la défense des lisiÚres Nord de Sarreguemines.

Au 23 novembre, il n’a Ă©tĂ© effectuĂ© aucun travail d’organisation du terrain, le groupe se met immĂ©diatement au travail. Le programme des travaux comporte :

  1. Des emplacements de tirs d’armes automatiques et des Ă©lĂ©ments de tranchĂ©es, spĂ©cialement dans le P.A Sarreguemines et dans le P.A Neunkirrch.
  2. Des communications enterrées ou camouflées reliant ces emplacements aux PC des P.A.
  3. Deux abris pour FM sous la route longeant la Blies : P.A GalliĂ©ni.
  4. Renforcement des réseaux de fil de fer.
  5. Installation d’une passerelle mobile sur la Sarre en amont du pont des AlliĂ©s.
  6. Un réseau téléphonique trÚs important.

L’activitĂ© de l’artillerie française est importante mais s’exerce sur des objectifs vraisemblablement inoccupĂ©s. L’ennemi tire sur les nƓuds de communications et les positions supposĂ©es de l’artillerie. Il s’abstient comme l’artillerie française de tirer sur les agglomĂ©rations qui sont Ă  peu prĂšs les seules occupĂ©es. Les corps francs prĂ©parent des patrouilles au Nord de la Blies, mais l’autorisation de les exĂ©cuter est refusĂ©e jusqu’au 17 dĂ©cembre.

Dans le courant de la nuit du 17 au 18, un bataillon du 50e RI tenant la boucle de la Blies, pressĂ© par des Ă©lĂ©ments ennemis qui ont franchi la riviĂšre, demande l’aide du GR. Le peloton Le Bris, alertĂ© immĂ©diatement, va relever un poste ayant subi des pertes importantes. Le 19 dĂ©cembre, la tempĂ©rature est trĂšs froides : -17°. Une embuscade tendue par le Lieutenant Gadala dĂ©joue les tentatives d’un groupe ennemi pour aborder la ligne tenue par l’infanterie dans la boucle de la Blies. À la demande du commandant du Groupement voisin, le GR envoie des Ă©lĂ©ments toutes les nuits dans la boucle de la Blies pour tendre des embuscades ou effectuer des patrouilles. Cette activitĂ© du GR fait l’objet de compte rendu du D.A.R.E au Corps d’ArmĂ©e et le colonel commandant le Groupement Ouest du D.A.R.E adresse ses remerciements au GR. Le 28 dĂ©cembre, Ă  la tombĂ©e de la nuit, un brigadier-chef et deux cavaliers de l’escadron Ă  cheval posant des barbelĂ© sont lĂ©gĂšrement blessĂ©s par des Ă©clats de mine.

Du 30 au 31 dĂ©cembre 1939, les unitĂ©s du GR sont relevĂ©es par les unitĂ©s du 7e RIC et des Ă©lĂ©ments du GRDI. Le chef d’escadron garde provisoirement le commandement du Groupement. Dans la nuit, les Ă©lĂ©ments du GR au fur et Ă  mesure de la relĂšve vont cantonner ; les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s Ă  Hambach, les Ă©lĂ©ments Ă  cheval Ă  Neufgrange. Depuis le milieu de dĂ©cembre, la neige et le froid ont fait leur apparition. La tempĂ©rature est frĂ©quemment descendue au dessous de -20° rendant le service de veille trĂšs pĂ©nible et compliquent les diffĂ©rents mouvements de la relĂšve. Il a fallu scier la viande et casser le vin complĂštement gelĂ©s. GrĂące aux caillebotis installĂ©s dans les tranchĂ©es le GR n’a pas eu de pieds gelĂ©s. Le GĂ©nĂ©ral Toussaint qui vient de prendre le commandement de la DI visite les travaux dĂ©fensifs effectuĂ©s par le GR. Il adresse ses fĂ©licitations pour le travail accompli.

En 1940

Le chef d’escadrons passe Ă  12 heures le commandement du Groupement au Colonel Boivin, commandant le 7e RIC et regagne Hambach dans l’aprĂšs midi. L’activitĂ© du GR dans le secteur de Sarreguemines est rĂ©compensĂ© par l’attribution de 24 Croix de Guerre:

  • 6 Ă  l’ordre de la Division.
  • 5 Ă  l’ordre de la Brigade.
  • 13 Ă  l’ordre du GR.
  • A l’ordre de la DI : Lieutenant de Silans, Sous/Lieutenant CremiĂšre, Lieutenant Gadala, MarĂ©chal des Logis NicolaĂŻ, MarĂ©chal des Logis Bressaud, Brigadier de Saint-Hilaire.
  • A l’ordre de la Brigade : Lieutenant Julitte, Sous/Lieutenant Le Bris, MarĂ©chal des Logis LefĂšvre, Cavaliers Jaurreguiberry, Jourdrin.
  • A l’ordre du GR : MarĂ©chal des Logis Le Royer, Brigadier-Chef Valette, Brigadier-Chef Murat, Brigadier Dutin, Cavaliers Aubineau, Lestage, Pastouret, Raffenaud, Lecureut, Miquel, Pautrel.

Janvier

Le 3 janvier Ă  partir de 04 heures du matin, la division Ă©tant passĂ©e en rĂ©serve de G.Q.G, le GR fait mouvement pour gagner la rĂ©gion de Juvelize, Blanche-Eglise (Moselle, 12 km Sud-Est de ChĂąteau Salins). Les Ă©lĂ©ments motorisĂ©s y vont en une Ă©tape et les Ă©lĂ©ments Ă  cheval en trois. Ces mouvements sont rendus trĂšs difficiles par le verglas et un froid extrĂȘme : -28°. Le 7 janvier dans l’aprĂšs-midi, les Ă©lĂ©ments Ă  cheval du GR vont embarquer Ă  ChĂąteau Salins en deux trains. Le verglas ayant encore redoublĂ© , l’étape est extrĂȘmement pĂ©nible. Le 8 janvier Ă  18 heures, arrivĂ©e Ă  Altkirch (18 km Sud de Mulhouse) et dĂ©barquement des Ă©lĂ©ments Ă  cheval qui vont cantonner Ă  Bernwiller (12 km Sud-Ouest de Mulhouse) oĂč ils arrivent pĂ©niblement. Les Ă©lĂ©ments auto de la division font Ă©tape en 3 colonnes :

  1. Colonne légÚre.
  2. Colonne moyenne, qui comprend presque tout le GR sous les ordres du Commandant Mozat.
  3. Colonne lourde.

Le mouvement se fait en deux Ă©tapes dans des conditions rendues trĂšs difficile par le froid.

Le 9 janvier, le Capitaine Tardieu venant du dĂ©pĂŽt rejoint le GR Ă  Bernwiller. Dans la soirĂ©e les Ă©lĂ©ments auto du GR viennent cantonner Ă  Bernwiller et Ă  Hochstatt (7 km Sud de Mulhouse). Le 11 janvier, le Capitaine Tardieu prend le commandement de l’E.M.E.; le Lieutenant Taniou passe Ă  l’Etat Major. Le 15 janvier, les Ă©lĂ©ments cantonnĂ©s Ă  Bernwiller font mouvement. Le PC se transporte Ă  la ferme de l’Illberg Ă  Dornach (banlieue Sud de Mulhouse). Les Ă©lĂ©ments Ă  cheval et l’E.H.R cantonnent Ă  Mulhouse, quartier BarbanĂšgre.

Le 16 janvier, le GR reçoit une mission de dĂ©fense des lisiĂšres de Mulhouse et des passages de l’Ill de Illfurth (10 km Sud de Mulhouse) Ă  Ensisheim (12 km Nord de Mulhouse). Il reçoit les Ă©lĂ©ments de renforcements suivant :

  • 1 compagnie du 117e RI
  • 1 groupe de canons du 117e RI
  • 1 section de mitrailleuses du 117e RI
  • 1 section de 65 de montagne, Lieutenant Florent.

Le secteur est divisé en 4 sous-quartiers:

  1. Sous-quartier Sud : Lieutenant de Silans, PC Ă  Hochstatt.
  2. Sous-quartier Mulhouse : Capitaine Tardieu, PC Ă  la ferme du Zuckerberg.
  3. Sous-quartier Modenheim : Capitaine Brandner, PC de combat au quartier BarbanĂšgre, PC ordinaire Ă  Modenheim.
  4. Sous-quartier Ensisheim : Capitaine commandant la compagnie d’infanterie, PC Ă  Ensisheim.

Le 17 janvier, le PC du chef d’escadrons est transportĂ© Ă  l’orphelinat de Dornach. Le PC de combat reste Ă  la ferme de l’Illberg. En fĂ©vrier, le Lieutenant Julitte va suivre un cours de transmission Ă  Belfort et les Ă©lĂ©ments Ă  cheval de l’EM viennent cantonner Ă  Dornach. Le 14 fĂ©vrier, au cours d’une prise d’armes, au quartier BarbanĂšgre, le GĂ©nĂ©ral Toussaint remet les Croix de Guerre obtenues Ă  la suite des actions devant Sarreguemines. Tous les Ă©lĂ©ments du GR rentrent progressivement dans la composition des postes placĂ©s sur le canal. Les chevaux des pelotons CremiĂšre et Rabut sont amenĂ©s Ă  proximitĂ© des points d’appui tenus par ces Ă©lĂ©ments.

Mars

DĂ©but mars, le Lieutenant Sallerin est dĂ©signĂ© comme officier mĂ©canicien de la division. Le Lieutenant Faraguet passe officier mĂ©canicien du GR et l’aspirant Sternlicht officier d’approvisionnement. Le mĂ©decin Lieutenant Baillard affectĂ© au 8e RTM quitte le GR. Le 10 mars, la relĂšve de la compagnie du 117e RI est faite par la B.O.A.C et la C.D.A.C. (dissolution de la section d’artillerie de montagne).

Avril

En avril, le Lieutenant de Silans commandant l’escadron moto est nommĂ© Capitaine Ă  titre temporaire, il garde son commandement. Le Lieutenant Faraguet affectĂ© Ă  une formation de l’intĂ©rieur quitte le GR. le chef d’escadrons commandant le GR part en permission de 10 jours. Le Capitaine Tardieu prend le commandement provisoire du GR. Le 30 avril, apprenant Ă  Paris qu’il est dĂ©signĂ© pour prendre le commandement par intĂ©rim du GRDI et qu’il est remplacĂ© Ă  la tĂȘte du 21e GRDI par le Commandant Cottin, le Commandant Mozat dĂ©cide d’écourter sa permission et rentre le 3 mai.

Mai

En mai, le Commandant Cottin rejoint le GR, le Commandant Mozat passe le commandement du GR au Commandant Cottin et quitte Mulhouse en fin de journĂ©e pour se rendre sur la gare rĂ©gulatrice de Creil et rejoindre son unitĂ©. L’Aspirant de NicolaĂŻ de retour de Saumur est affectĂ© Ă  l’E.M.E. Le 12 mai, le Lieutenant Julitte affectĂ© comme officier de liaison auprĂšs de l’armĂ©e anglaise quitte le GR. Au cours de son sĂ©jour Ă  Mulhouse le GR a exĂ©cutĂ© les travaux suivants :

  • 1 barrage de rails, route de BĂąle.
  • 2 barrages de rails Ă  Didenheim.
  • 1 barrage de rails Ă  Illfurth.
  • 1 abri bĂ©tonnĂ© Ă  Illfurth.

Le 14 mai Ă  10 heures, un coup de tĂ©lĂ©phone du chef d’Etat Major pour demander un officier immĂ©diatement. Le lieutenant Berger, officier de renseignements, s’y rend et reçoit l’ordre d’aller au dĂ©but de l’aprĂšs midi reconnaĂźtre les possibilitĂ©s de cantonnement du GR Ă  Burnhaupt-le-Haut et Burnhaupt-le-Bas (10 km Sud-Ouest de Mulhouse). DĂ©part Ă  13 heures avec l’Adjudant Magondeau. Il rend compte Ă  15 heures que c’est possible. Le chef d’Etat Major m’annonce que ça ne tient plus et que nous allons Ă  Reguisheim (4 km Nord de Ensisheim). Retour au PC du GR. Le chef d’escadrons Cottin envoie le Lieutenant Berger avec l’Adjudant Magondeau et 1 sous officier et 4 cavaliers par escadron. Le GR a une mission de recherche de parachutistes. Le lendemain, Ă  partir de 8 heures, le GR fait mouvement, quittant l’Ill d’Ensisheim Ă  l’Illfurth, pour se porter Ă  Reguisheim. Le chef d’escadrons et les commandants de sous-quartiers passent les consignes respectivement au Colonel Paillas commandant la 19e DI et aux commandants de la B.D.A.C et de la C.D.A.C. À Reguisheim, le GR est Ă  la disposition du Colonel PrĂ©vost, commandant le GRCA, et est chargĂ© de la dĂ©fense de l’Ill.

Le 16 mai, le Lieutenant de Gisincourt affectĂ© Ă  un hĂŽpital vĂ©tĂ©rinaire d’armĂ©e comme officier des dĂ©tails quitte le GR et est remplacĂ© dans ses fonctions d’officier d’approvisionnement par le Lieutenant Degeois. Le MarĂ©chal des Logis Chef Sorel prend le commandement du peloton moto Degeois. La situation s’aggravant de plus en plus dans le Nord, la 19e DI est alertĂ©e, il faut se tenir prĂȘt Ă  ĂȘtre enlevĂ© par VF d’un moment Ă  l’autre. A 20 heures, ordre de dĂ©part. Le GR sera embarquĂ© en 5 fractions, destination inconnue. 23 heures, dĂ©part des Ă©lĂ©ments devant embarquer Ă  Altkirch dans le premier train : 3 pelotons Ă  cheval et les chevaux de l’E.M sous les ordres du Lieutenant Fenwich.

Le 17 mai, Ă  6 heures le 1er train part.

  • 1er train : peloton Fenwich et CremiĂšre le 17 mai Ă  8 heures, gare d’Altkirch.
  • 2Ăšme train : Capitaine de Silans et le 2Ăšme peloton le 17 mai Ă  14 heures, gare d’Altkirch.
  • 3Ăšme train : E.H.R le 17 mai Ă  16 heures, gare de Morvillars.
  • 4Ăšme train : 2e fractionnement de l’escadron moto avec le 2e fractionnement de l’escadron Ă  cheval le 17 mai Ă  16 heures, gare d’Altkirch.

L’E.M et l’E.M.C.A.C, arrivĂ©s Ă  la gare d’Altkich Ă  13 h 30, n’embarqueront que le lendemain. Les hommes passent la nuit dans les vĂ©hicules, camouflĂ©es sous les arbres, et dans une baraque de la gare. Le 19 mai vers 12 heures, le dĂ©barquement de la 2e fraction de l’escadron Ă  cheval et de la 2e fraction de l’escadron moto en gare de Le Meux. En fin de dĂ©barquement, six bombardiers survolent la gare. Ils laissent tomber leurs bombes Ă  2 reprises. Le GM, le groupe de 25 et des Ă©lĂ©ments motos qui s’apprĂȘtaient Ă  quitter la gare sont trĂšs sĂ©rieusement atteints.

  • TuĂ©s : 9 de l’escadron Ă  cheval, 5 de l’escadron moto.
  • BlessĂ©s : 15.
  • Chevaux tuĂ©s : 25 et 3 mitrailleuses hors d’usage.

Le vĂ©tĂ©rinaire Sous-Lieutenant Lamy, le Lieutenant de Lestrange et une infirmiĂšre de la gare se hĂątent au secours des blessĂ©s. Le lendemain a lieu un dĂ©barquement de l’E.M et l’E.M.C.AC Ă  ChevriĂšres de 12 h Ă  15 heures. Le commandant et le capitaine adjoint partent voir le gĂ©nĂ©ral. Les Ă©lĂ©ments se camouflent dans le bourg de ChevriĂšres. Une heure aprĂšs leur arrivĂ©e la gare est anĂ©antie par les bombes.

La 19e DI fait partie de la VIIe Armée (Général FrÚre) 1er C.A (Général Sciar).
Le 1er C.A comprend: la D.I.N.A la 29e DI et la 19e DI. Ils doivent colmater l’énorme brĂšche existant du fait de la dĂ©sorganisation de la IXe ArmĂ©e. Assez peu d’élĂ©ments du C.A sont encore dĂ©barquĂ©s. L’aviation ennemie a Ă©tĂ© trĂšs active et a fortement bombardĂ©e les voies de communication, la concentration est longue Ă  opĂ©rer. Pour couvrir le groupement de la DI dans la rĂ©gion de Ressons-sur-matz (entre Montdidier et Noyon), le GR va s’installer sur la coupure de l’Avre, Ă  cheval sur Roye. Pas de renseignement sur l’ennemi ni sur les voisins.

À 17 heures, le Lieutenant de Wailly annonce que le 3e train a Ă©tĂ© bombardĂ© la veille en gare de Le Meux pendant le dĂ©barquement. L’Adjudant-Chef NĂ©grier, le MarĂ©chal des Logis Chef Moreau et 12 brigadiers ou cavaliers ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Il y a une vingtaine de blessĂ©s dont plusieurs trĂšs griĂšvement. À 18 heures, dĂ©part en direction de Lassigny, pendant 10 km le GR longe la voie ferrĂ©e qui est bombardĂ©e sans arrĂȘt. A Lassigny, le chef d’escadrons retrouve les Capitaines Brandner et Le Fillatre et donne l'ordre de mouvement vers l’Avre. En fin de mouvement, le stationnement est le suivant :

  • Escadron moto + 1 GM + 1 canon de 25 : L’Avre de Roye – Roiglise.
  • Escadron Ă  Cheval + 1 peloton de mitrailleuses : Saint Aurin – Saint Mard.
    • PC : Saint Mard.
  • PC : Laucourt.
  • TC : Popincourt (Sous-Lieutenant Delage).
  • TR : Conchy-les-Pots (Capitaine Le Fillatre).

Dans la nuit, la liaison a été prise avec le 8Úme GRDI à Laucourt.

Le 21 mai, la dĂ©fense de l’Avre s’organise dans les 2 sous-quartiers avec le bouclage des passages de la riviĂšre. Vers 16 heures il est notĂ© le passage de 150 avions allemands, l’activitĂ© aĂ©rienne ennemie est trĂšs forte. Le regroupement de la DI se terminant, l’ordre est donnĂ© de pousser de l’avant. À 23 heures, le chef d’escadrons est convoquĂ© au PC de la DI Ă  Cuvily. La 19e DI va monter jusqu’à la Somme. Le GR Ă©clairera et couvrira le mouvement. Il se portera en direction gĂ©nĂ©rale de Bray-sur-Somme et cherchera Ă  Ă©tablir des tĂȘtes de pont en passant la riviĂšre sur sacs Habert; un poste E.R 26 ter est mis Ă  sa disposition. L’infanterie arrive Ă  hauteur de Vermandovillers.

Le 24 mai, c'est une journée de reconnaissances profondes.

Pour le 1er escadron Ă  cheval :

  • Adjudant-chef de RiviĂšres : part de RainĂ©court avec 1 GC pour se porter sur la Somme en direction de Bray, reçoit des coups de feu violents Ă  hauteur de Chuignes. A son retour, il lui manque 5 hommes, l’un d’eux, Virolles rentre peu aprĂšs.
  • Peloton Fenwick : 1 GC et 1 escouade supplĂ©mentaire sur MĂ©ricourt pour s’emparer de MĂ©ricourt et du pont sur le canal Ă  1200 m Nord de MĂ©ricourt. Au Nord du bois du Sart, barrage d’artillerie. Le Brigadier Mouillebec est griĂšvement blessĂ©. Le Brigadier Dutin va avec 2 cavaliers chercher le Brigadier Mouillebec sous le barrage et le ramĂšne.
  • Reconnaissance sur Morcourt : 1 Sous-Officier plus 5 hommes. Le village est occupĂ© par l’ennemi, cavalier Trichard blessĂ©.

Pour le 2e Escadron moto : Les pelotons Gadala et Sautreuil doivent dans la matinĂ©e se porter sur HerbĂ©court pour aller s’emparer du pont sur le canal de la Somme Ă  FeuillĂšres. Le peloton Sautreuil est en tĂȘte prĂ©cĂ©dĂ© de sa pointe qui s’arrĂȘte au dĂ©filement et progresse vers le village. Des violents tirs de mitrailleuses ont lieu Ă  l’arrivĂ©e sur le village. Le Sous-Lieutenant Sautreuil, qui avait passĂ© la crĂȘte, est mitraillĂ© avec son peloton et met pied Ă  terre, il s'ensuit un combat violent avec de nombreux tuĂ©s et blessĂ©s. Le Lieutenant Gadala qui se trouvait en queue du dispositif va alerter le Capitaine de Silans qui rassemble le reste de ses Ă©lĂ©ments et va se porter vers Assevillers par Fay. DerriĂšre la crĂȘte d’Assevillers sous un feu violent, il place ses mitrailleuses et ses FM. Le dĂ©gagement des pelotons est impossible. Dans la matinĂ©e, le Lieutenants Le Bris qui Ă©tait allĂ© reconnaĂźtre la sucrerie de Dompierre, y Ă©tait reçu par un feu nourri. À 5 heures, le Sous-Lieutenant Sautreuil revient au PC avec le cavaliers Adoue de son peloton et une douzaine de cavaliers du peloton Gadala. Les autres cavaliers sont tuĂ©s, blessĂ©s ou fait prisonniers. AprĂšs ces quelques jours de reconnaissances pĂ©rilleuses, l’escadron motocycliste ne possĂšde plus que le matĂ©riel suffisant Ă  Ă©quiper un peloton. Encore ce matĂ©riel est-il Ă  rĂ©viser complĂ©tement. À 20 heures, Foucaucourt est attaquĂ© par une forte patrouille. L’escadron moto, aprĂšs un feu violent, met l’ennemi en fuite et ramasse son matĂ©riel; un allemand est tuĂ©.

À Herleville, alertĂ©, le chef d’escadron est parti Ă  20 heures vers Foucaucourt voir les cavaliers revenus d’Assevillers. Le Capitaine Tardieu part en voiture, avec l’Aspirant de Nicolay, Ă  sa recherche. Le capitaine Palous prend le commandement du P.A d’Herleville. À 21 heures, le chef d’escadron arrive en compagnie du Capitaine de Silans, le Capitaine Tardieu arrive Ă  21 h 30. Le Lieutenant Goasguen capture un parachutiste ennemi.

Les Ă©lĂ©ments d’infanterie de la DI continuant leur progression, doivent passer la Somme avec l’appui de chars et de chasseurs portĂ©s :

Les chars promis n’arrivent pas et devant la forte pression de l’ennemi Ă  Assevillers en particuliers, des mouvements s’opĂšrent :

Le 28 mai Ă  10 heures, l'ordre de dĂ©part est donnĂ©. Le GR passe temporairement sous les ordres du Colonel Paillas commandant la 19e DI qui commandera un groupement comprenant des Ă©lĂ©ments du 22e RMVE, un bataillon du 41e RI et le GR. Le bataillon du 41e RI, d’abord en rĂ©serve, puis engagĂ© devant les rĂ©sistances qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es Ă  hauteur de Pont-lĂšs-Brie a Ă©tĂ© fortement entamĂ©. Le GR a pour mission de tenir EpĂ©nancourt et Licourt et d’assurer les liaisons entre les diffĂ©rents centres de rĂ©sistance. Le 29 mai vers 15 heures, un fort bombardement d’EpĂ©nancourt a lieu sur le PA CrĂ©miĂšres.

Le 30 mai Ă  01h30, le chef d’escadron reçoit l’ordre de porter le GR sur Lihons pour rĂ©organiser les escadrons et installer la dĂ©fense de ce point. Dans la matinĂ©e le chef d’escadron donne son ordre de dĂ©fense en 6 postes de combats:

  1. Ouest – Nord : Capitaine de Silans avec l’escadron moto, 2 canons de 25 et 1 peloton de mitrailleuses. Mission : Interdiction de la zone comprise entre la route de HarbonniĂšre et la route de Vermandovillers.
  2. Nord – Est : Lieutenant Goasguen avec pour mission l'interdiction de la zone comprise entre le PA de Silans et le PA CrĂ©miĂšre.
  3. Nord-Est – Est : Sous-Lieutenant CrĂ©miĂšre avec 1 GM, 1 canon de 25 et 1mortier de 60. Mission : battre la zone comprise entre le P.A Goaguen et la route de Chaulnes.
  4. Est – Sud-Est : Sous-Lieutenant Rabut avec pour mission l'interdiction de la zone comprise entre la route de Chaulnes et la route de Chilly.
  5. Sud : Lieutenant Fenwick avec comme moyens 2 FM, 1 canon de 25, un renfort de voltigeurs du 41e RI. Mission : interdiction de la route de Chilly et de la zone allant jusqu’à la route de MĂ©haricourt.
  6. Sud-Ouest : Aspirant de Nicolay pour l'interdiction de la route de MĂ©haricourt.

En rĂ©serve, il y a 1 canon de 25 (escadron Ă  cheval), non loin du PC, qui commande le dĂ©bouchĂ© de la route de Chaulnes sous les ordres du Lieutenant Taniou. À la fin de la journĂ©e, les Ă©paulements d’armes sont terminĂ©s, les boyaux reliant ces emplacements sont fortement amorcĂ©s, les barricades sont construites. Le 31 mai, toute la journĂ©e, le travail continue. Les boyaux se terminent, 2 ou 3 rangĂ©es de ronces artificielles entourent le village. La position prĂ©sente un caractĂšre dĂ©fensif trĂšs sĂ©rieux.

Juin

Le 1e juin, la pose des fils de fer se termine. L'installation d’un observatoire dans le clocher est faite par le Lieutenant Berger. Dans l’aprĂšs-midi, de trĂšs nombreux prisonniers allemands sont amenĂ©s par le 41e RI vers Chaulnes. Le 304e RAD, Ă  la disposition de la 19e DI, installe des batteries aux environs de Lihons renforce la dĂ©fense du village de 2 canons de 75. L’Etat-Major du 304e RAD s’installe Ă  Lihons. Le 2 juin, le GĂ©nĂ©ral Toussaint, commandant par intĂ©rim la 19e DI, appelĂ© Ă  un autre commandement, passe le commandement de la DI au GĂ©nĂ©ral Lenclud qui commandait la DI. Le chef d’escadrons fait construire deux barricades en pavĂ©s (1 sur la route de Chaulnes). Les C.R de renseignements de la DI signalent que des blindĂ©s ont Ă©tĂ© vus entre Dompierre et Chuignes et au Sud de Chappy.

Le 4 juin est signalĂ© l'arrivĂ© de deux pelotons motos du 3e GRDI Ă  Lihons. L’un est envoyĂ© Ă  MĂ©haricourt, l’autre Ă  RosiĂšres pour remplacer le peloton Sorel qui revient Ă  Lihons. L’inspection du GĂ©nĂ©ral Lenclud, est fort satisfait des travaux d’organisation de la dĂ©fense. Il dĂ©clare aux officiers de son Etat-Major que si Lihons est attaquĂ©, le GR pourra s’y maintenir grĂące Ă  son travail.

Le 5 juin, des tirs d'artillerie du rĂ©giment se font pendant une grande partie de la nuit. À 4 heures, l’artillerie ennemie tire sur les lisiĂšres Nord et Est de Lihons, cherchant les batteries amies; un obus tombe sue le PC. 9 avions de bombardements laissent tomber des bombes sur le carrefour central de Lihons. Jusqu’à 7 heures des avions de reconnaissance passent sur Lihons et Chaulnes. Des chars se dirigeant dans l’axe Nord-Sud, vont Ă©voluer entre les lisiĂšres Est de Lihons et le bois de Pressoir, envoient 4 coups de canons sur le clocher, puis disparaissent vers les bois de Chaulnes. À 8 h 45, l’observatoire signale de nombreux chars Ă  l’Est (vers Chaulnes) au Sud (vers Chilly) et au Sud-Ouest (vers Meharicourt). À 9 h 30, un 155 GPF volatilise un char en direction de Pressoir.

À 11 heures, par ordre du gĂ©nĂ©ral portĂ© par l’officier de liaison, les chars sont descendus jusqu’à Fransart et Fouquescourt et entourent le PC de la DI. Il faut tenir coĂ»te que coĂ»te et rechercher la liaison avec le 41Ăšme RI. Une liaison moto est envoyĂ©e immĂ©diatement vers Herleville. À 14 heures, des chars apparaissent de nouveau aux lisiĂšres Ouest des bois de Chaulnes et de Pressoir. Le canon de 25 du Lieutenant CrĂ©miĂšre immobilise un char et une AM. Vers 15 heures le MarĂ©chal des Logis Houet est griĂšvement blessĂ© ainsi que 2 cavaliers de son Ă©quipe de 25 par un obus de char. Le Lieutenant Robin, le mĂ©decin auxiliaire Gauthier et un infirmiers vont chercher les blessĂ©s. À 17 heures, aux lisiĂšres de Chilly, 5 chars stationnent une demi heure et vont rejoindre d’autres chars en direction de Chaulnes. Une patrouille fournie par la CHR du 41e RI et commandĂ©e par l’Adjudant Martinet va dĂ©gager des artilleurs du 304 aux lisiĂšres des bois de Pressoir.

Le 6 juin, de nombreuses fusĂ©es Ă©clairantes rouges trĂšs puissantes d’avions sont vues, suivient par un bombardement par avions. Une trentaine de chars apparaissent aux lisiĂšres des bois de Pressoir, plusieurs chars lourds. Ils sont hors de portĂ©s des 25. Plusieurs obus sur Lihons, une quarantaine sur le PA CrĂ©miĂšre, 1 sur le PC, quelques uns dans le clocher. L’observatoire est transportĂ© dans une maison sur la place. Quelques obus de chars sur le PA Goaguen. À partir de 9 heures 30 dĂ©filĂ© de blindĂ©s, de camions et de camionnettes venant d’EstrĂ©es-Dentecourt pour se diriger vers Ablaicourt et Pressoir. Ce dĂ©filĂ© va continuer jusqu’au soir par vagues massives et rapides. À plusieurs reprises l’artillerie prend ces colonnes Ă  partie. À 10 heures, quelques AM et chars lĂ©gers s’embossent dans les boqueteaux entre Vermandovillers et Pressoir, des Ă©lĂ©ments Ă  pied suivent ces blindĂ©s. Vers 14 h 30, progression de 2 chars et de 40 hommes venant du bois situĂ© Ă  800 mĂštres Ă  l’Est et progressant vers le PA CrĂ©miĂšre.

Le 75 du 304, intĂ©grĂ© dans ce PA, les faits rebrousser chemin. À partir de ce moment, il y aura presque continuellement des Ă©lĂ©ments motorisĂ©s ou Ă  pied se rĂ©vĂ©lant aux lisiĂšres de ces bois et qui seront pris Ă  partie par le 25, le 75 ou les armes automatiques. Vers 15 heures 30, quelques avions Français apparaissent, pris Ă  partie par la DCA trĂšs ajustĂ©e de l’ennemie. Des cavaliers montĂ©s venant du Nord-Est viennent vers Lihons. Le PA Goasguen les tirs Ă  la mitrailleuse. Le Lieutenant Goaguen et l’Adjudant LĂ©vĂȘque patrouillent vers le monument Murat pour reconnaĂźtre les taillis situĂ©s Ă  l’Est de son PA. Ils sont pris Ă  partis par une arme automatique, le cavalier Cotereau (E.M.C.A.C) est tuĂ©. À 17 heures, du cĂŽtĂ© Est une colonne de camions (30 environs) se dirige vers Vermandovillers. Pris Ă  partie par le 155 GPF, la colonne fait demi tour du cĂŽtĂ© Sud. Vers Chilly, une colonne de camions et de blindĂ©s s’établissent en carrĂ© hors de portĂ©e. Des Ă©lĂ©ments progressent vers Lihons. Le PA Fenwick tire avec son canon de 25 sur une auto blindĂ©e ennemie et l’incendie. À 17 h 30, un violent bombardement par avions est opĂ©rĂ©, neuf bombardiers fonçent en piquĂ© sur Lihons et bombardent tous les points du village. Plusieurs maisons vont continuer Ă  brĂ»ler quelques heures aprĂšs. S'ensuivent un violent bombardement d’artillerie, appliquĂ©, en particulier, sur les PA CrĂ©miĂšre et Goaguen. Plusieurs cavaliers sont enterrĂ©s avec leurs armes, plusieurs autres disparus.

Le GR tient sur ces emplacements de combat. Il semble clair qu’à l’aube, le lendemain, Lihons sera l’objectif principal de l’ennemi. Devant notre rĂ©sistance, suivant sa tactique habituelle, il a largement dĂ©bordĂ© notre Ăźlot. Demain, coupĂ© de tous cĂŽtĂ©s, une nuĂ©e de bombardiers dĂ©filera suivie par la masse de blindĂ©s formidable descendant depuis ce matin vers Chaulnes. Le commandant Cottin envoie par l’E.R 26 ter le message suivant au gĂ©nĂ©ral : « Violemment bombardĂ©s par l’aviation et l’artillerie. Pertes lĂ©gĂšres. Dispositif dĂ©fensif intact. Le 21e GRDI tiendra jusqu’à ses derniĂšres cartouches Â».

Le 7 juin, un ordre de la DI est reçu par radio. Il prescrit au GR de se prĂ©parer Ă  un repli vers Etelfay. L’ordre Ă©crit sera portĂ© par l’estafette du GR prĂšs de la DI : Chef Roudaut. Le motocycliste Marony se glisse Ă  travers les lignes ennemies pour avertir le 41e RI Ă  Vermandovillers du repli du GR; le repli s’opĂ©rera sur Etelfay par RosiĂšres et Guerbigny. Plusieurs voitures ayant Ă©tĂ© atteintes par les bombardements (y compris la voiture aux archives), une partie de l'E.M part Ă  pied sous le commandement du Lieutenant Berger. Ordre de marche : Escadron moto, escadron de mitrailleuses, E.M, T.C, l’escadron Ă  cheval rompra vers 1 heure. Au cours du repli, pas d’accrochages sĂ©rieux, quelques tirs d’armes automatiques. Vers 17 heures, l’activitĂ© aĂ©rienne continue. Quelques avions Français sont pris Ă  partie par la DCA allemande Ă  quelques kilomĂštres au Nord; les Allemands sont sur la coupure de l’Avre. À 19 heures, l'ordre de dĂ©part est donnĂ©: le GR doit se porter sur la HĂ©relle.

Le 8 juin, Repos et installation du cantonnement pendant la matinĂ©e. Il n'y a pas de nouvelles du Lieutenant Berger et des gradĂ©s et cavaliers de l’Etat-Major partis de Lihons Ă  pied. Depuis 12 heures repli de colonnes vers Saint-Just-en-ChaussĂ©e, les routes sont encombrĂ©es de colonnes hippo et auto. Le gĂ©nĂ©ral prononce quelques mots Ă©mus, rappelant les pertes Ă©normes des jours derniers. Il fĂ©licite vivement le GR et le 41Ăšme RI, qu’il proposera pour une citation Ă  l’ArmĂ©e. À 17 heures, l’embouteillage des routes est inexprimable, la 24e DI se replie entiĂšrement. Le gĂ©nĂ©ral commandant la 24e DI et son chef d’Etat-Major sont reçus par les chef d’escadrons. À 20 h 30, le gĂ©nĂ©ral commandant la DI donne l’ordre (l’ennemi occupant Saint- Just-en-ChaussĂ©e) de faire mouvement en appuyant vers l’Est et de s’installer dĂ©fensivement Ă  Ravenel en liaison avec le 41e RI. A plusieurs reprise arrivent des renseignements disant que des blindĂ©s sont signalĂ©s, le chef d’escadron donne ordre de faire mouvement en appuyant Ă  l’Est. Reconnaissance du MarĂ©chal des Logis Chef Sorel. ArrivĂ©e Ă  Gannes, il rencontre un char, lui et ses cavaliers se glissent dans les trĂšfles. L'un d'eux a pu porter le renseignement au commandant. La colonne engagĂ©e trop loin Ă  la suite d’une erreur de flĂ©chage, fait demi-tour dans le village et repart sur le bon itinĂ©raire. Tout le long de l’itinĂ©raire, projecteurs de blindĂ©s, fusĂ©es Ă©clairantes sont vues.

Le 9 juin, Ă  3 heures : ArrivĂ©e Ă  Ravenel. L’officier de renseignements annonce que le 41e RI a reçu l’ordre de se replier sur Pont-Sainte-Maxence et qu’il a dĂ©jĂ  commencĂ© son mouvement. Les routes sont extrĂȘmement embouteillĂ©es. Le chef d’escadron, au reçu de ce renseignement et ne pouvant recevoir de rĂ©ponse de la DI par radio, dĂ©cide de se porter derriĂšre l’Oise. DĂšs le dĂ©part de Ravenel, un avion Allemand est poursuivi par un avion Français. Le gĂ©nĂ©ral commandant la DI fixe le stationnement du GR dans la forĂȘt de Halatte. L’escadron Ă  cheval (Ă  son arrivĂ©e) s’installe Ă  Toutevoie et Chaumont sur la Nonette, afin de protĂ©ger la construction d’un pont de bateaux. L’escadron, aprĂšs reconnaissance, y dĂ©nombre des Ă©lĂ©ments dĂ©jĂ  installer :

  • Une compagnie de travailleurs (Lieutenant Deroussy) chargĂ©e de fermer les barricades en cas d’arrivĂ©e d’élĂ©ments ennemis.
  • Canons de 25 (21Ăšme compagnie de marche du 172Ăšme RIF, Capitaine Delpierre).
  • DĂ©tachement du GĂ©nie (1 aspirant) chargĂ© de la destruction du pont.
  • Une section de 47 hippo (Lieutenant Richard).
  • 2 canons de 75 du 10Ăšme RAD (Lieutenant Laurent).
  • 3 chars H35 (jusqu’à 20 heures le lendemain).

Le bouchage des ponts et l'échelonnement en profondeur des armes anti-chars sont réalisés.

Le 10 juin, AmĂ©lioration de l’installation, prise de la liaison avec les commandants des diffĂ©rentes unitĂ©s. En fin de matinĂ©e, le dispositif comporte :

  • Sur la rive droite : 2 canon de 25, 1 G.M de l’E.M.C.AC et des guetteurs de l’escadron moto. Le Sous-Lieutenant Le Bris est chargĂ© de signaler l’approche de l’ennemi.

En cas d’arrivĂ©e de blindĂ©s, les chicanes seront bouchĂ©es par les travailleurs, entrĂ©e en action des 25. Le gĂ©nie fera sauter le pont, les Ă©lĂ©ments placĂ©s sur la rive droite se replieront sur des barques prĂ©parĂ©es.

  • Sur la rive gauche : les armes anti-chars et des mitrailleuses sont placĂ©es en profondeur par le Capitaine Tardieu.

4 canons de 47 auto-moteur sont mis Ă  la disposition du GR (58e batterie du 11e C.A, sous le commandement du MarĂ©chal des Logis Laroque) et confiĂ© au Lieutenant Richard. Des Ă©lĂ©ments coloniaux passent l’Oise.

  • 11 heures : ArrivĂ©e d’un renfort pour le GR : 1 adjudant et 35 hommes.
  • 11 heures 30 : Liaison prise avec le commandant le RALP ; une batterie de 155 devant pouvoir intervenir au profit de Saint-Leu.

À 14 heures 30, le chef d’escadron est convoquĂ© Ă  la Morlaye (PC de la DI) et reçoit les ordres suivants :

  • Le pont de Saint Leu sautera :
    • Sous la pression de l’ennemi si celui-ci attaque avant 24 heures.
    • À priori le 11 juin Ă  minuit.
  • Le GR, avec tous les Ă©lĂ©ments coopĂ©rant Ă  la dĂ©fense de Saint-Leu fera mouvement Ă  partir de 21 heures 30 pour aller occuper face au Nord la position de Chaumont-les-CarriĂšre-la-ChaussĂ©e.

La DI signale l’avance d’élĂ©ments ennemis et ordonne de faire hĂąter le passage des troupes se repliant par le pont de Saint Leu. Destruction fixĂ©e Ă  21 heures 30. Le chef d’escadron, donne son ordre de dĂ©part aux commandants des diffĂ©rentes unitĂ©s avec le stationnement Ă  rĂ©aliser Ă  l’arrivĂ©e. Repli des Ă©lĂ©ments placĂ©s sur la rive droite de l’Oise. À 21 h 30, le pont saute. Un lieutenant du GĂ©nie, chargĂ© de la destruction est blessĂ©.

Le 12 juin a lieu un compte rendu des renseignements de la DI : L’ennemi a repris le contact sur l’Oise Ă  Boran. Il dispose de forces importantes et de moyens de franchissement. Il peut tenter un passage de vive force Ă  bref dĂ©lai. La Compagnie Mixte de Chars, avec l’infanterie de renfort, chasse l’ennemi des bois de Boran. Dans la matinĂ©e, installation de lignes tĂ©lĂ©phoniques. Liaison avec le 210e RALD. Le capitaine de Silans tend une embuscade avec le chef Sorel Ă  des Allemands circulant aux environs de son PA. Dix Allemands arrivent dans la rue principale de la ChaussĂ©e. Ouverture du feu, 4 Allemands tombent, emportĂ©s par leurs camarades. Poursuite du reste de la troupe. À 21 heures, le Capitaine Brandner signale que le Sous-Lieutenant CrĂ©miĂšres est aux prises avec une compagnie allemande Ă  pied. Il s’est repliĂ© momentanĂ©ment, puis Ă  la faveur des tirs d’arrĂȘt du 155, serrant de prĂšs le barrage, il a repris ses positions. Le GR et les Ă©lĂ©ments rattachĂ©s partent vers Noisiel (sur la Marne). Les routes sont toujours encombrĂ©es de colonnes hippo, auto et de rĂ©fugiĂ©s.

Le 14 juin vers 20 heures : ArrivĂ©e Ă  PonthiĂ©rry de l’E.M – E.M.C.A.C – escadron moto – et des T.C – et des T.R. Mise en place :

  • Un PA solidement installĂ© (Capitaine Tardieu).
  • Deux canons de 47 (auto) battant le pont.
  • Deux canons de 47 (auto) Ă©chelonnĂ©s en profondeur.
  • Deux canons de 25 (un en direction route de Corbeil-Essonnes, l’autre en direction route de Fontainebleau).

À son arrivĂ©e l’escadron Ă  cheval occupera les intervalles. À son arrivĂ©e les canons de 25 (Delpierre) seront rĂ©partis en profondeur. Le Capitaine Delpierre, Ă  son arrivĂ©e, dirigera 6 canons sur Mennecy. Colonne de rĂ©fugiĂ©es embouteillant complĂštement les routes. ArrivĂ© de l’escadron Ă  cheval vers 12 heures. Destruction du pont prĂ©parĂ©. Un ordre gĂ©nĂ©ral d’opĂ©ration de la DI prĂ©cise que la 19e DI gardera les passages de la Seine tenus par elle actuellement jusqu’au repli des divisions en avant de son front. Le repli devant s’opĂ©rer au cours de la nuit du 14 au 15 juin. Cette mission est limitĂ©e au temps nĂ©cessaire Ă  l’organisation du repli sur la Loire. Les T.R sont dirigĂ©s sur la rĂ©gion de la FertĂ©-Saint-Aubin (21 km Sud d’OrlĂ©ans). Le commandant du GR est chargĂ© de surveiller la destruction du pont de Corbeil – d’Etiolles et de PonthiĂ©rry. Il doit assurer le repli des Ă©lĂ©ments du GĂ©nie chargĂ© de la destruction.

Le 15 juin Ă  5 heures, des Ă©lĂ©ments coloniaux (D.I.C avec son GR) et le 405e RĂ©giment de Pionniers se replient. Le Lieutenant Goasguen est envoyĂ© sur Corbeil pour surveillance, il se repliera lorsque le pont sautera. Le Lieutenant Gadala est envoyĂ© sur Etiolles pour surveillance, il se repliera Ă©galement lorsque le pont sautera. Le GR doit couvrir le dispositif de retraite sur la Loire, en effectuant des bonds de coupure en coupure. Le GR se regroupera Ă  Corvier (aux environs de la FertĂ©-Saint-Aubin, 21 km Sud d’OrlĂ©ans).

Le 16 juin au cours de la nuit, devant l’embouteillage de la route, le commandant fait arrĂȘter la colonne le long d’un bois durant 3 heures. À 6 heures 30 la colonne arrive au chĂąteau de Corvier. Les T.R s’y trouvent dĂ©jĂ . Cantonnement dans une ferme et le chĂąteau. Au chĂąteau se trouve le Bataillon de Chars de Combat sans matĂ©riel. Installation dans le parc et les communs. Le PC de la DI se trouve Ă  Chaumont-sur-Tharonne. Le commandant rĂ©organise son PC aprĂšs les pertes subies par le GR devant le combat et au cours des dĂ©crochages successifs (voir note de service : 16 juin). 19 heures : Un cycliste envoyĂ© par le Capitaine Brandner annonce que son escadron en traversant OrlĂ©ans a Ă©tĂ© coupĂ© par des blindĂ©s. Il a pu passĂ© par le pont de chemin de fer avec son peloton de commandement et le peloton Fenwick. Les renseignements faisant connaĂźtre que des Ă©lĂ©ments ennemis se trouvent Ă  OrlĂ©ans, le gĂ©nĂ©ral commandant la DI ordonne au commandant du GR de faire surveiller Rabot sur la route nationale N°20 d’OrlĂ©ans Ă  Vierzons et de boucher le carrefour venant de Rabot et de la cĂŽte 144 en direction de Corvier. Tenir Ă©galement la patte d’oie de Corvier.

Le Capitaine Tardieu est chargé avec son escadron de faire le nécessaire.

  • Un GM et 1 canon de 25 sur la cĂŽte 144 face Ă  l’Est.
  • Un GM et 1 canon de 25 sur la patte d’oie.
  • Une position FM sur Rabot.

Le Maréchal des Logis Laroque (58Úme batterie 11Úme R.A) avec ses canons automoteurs est mis à la disposition du commandant du 3Úme bataillon du 107 à la Ferté-Saint-Aubin.

Le 17 juin 1940 :

  • 2 heures : ArrivĂ©e du Capitaine Brandner et de son peloton de commandement.
  • 8 heures : ArrivĂ©e des chevaux de main du Lieutenant Fenwick.
  • 8 heures : ArrivĂ©e du Capitaine Delpierre.
  • 9 heures : ArrivĂ©e du Lieutenant Richard.
  • 14 heures : ArrivĂ©e du Lieutenant Fenwick avec le reste de son peloton (1 G.C).

Les pelotons CrĂ©miĂšres, Rabut, de RiviĂšre n’ont pu passer la Loire et ont Ă©tĂ© pris Ă  partie par les blindĂ©s. Ils ont combattu Ă  pied dans OrlĂ©ans avec acharnement. On est sans nouvelle depuis. L’escadron Ă  cheval Ă  couvert 120 kilomĂštres en 28 heures. Le GR a vu disparaĂźtre en cours de route, dans ses Ă©tapes forcĂ©es, un bon nombre de vĂ©hicules, en particulier des motos. La situation du matĂ©riel est alarmante. Dans cette journĂ©e, le GR compte en plus de son Etat-Major et de ses escadrons fortement amputĂ©s (sauf l’E.M.C.A.C) des Ă©lĂ©ments rattachĂ©s Ă  lui : 1 canon de 47 hippo (Lieutenant Richard) et 6 canons de 25 (Capitaine Delpierre). RĂ©partition du renfort dans les escadrons (voir note de service du 17 juin); des renseignements de la DI annoncent que l’ennemi accentue sa pression sur la Loire en direction d’OrlĂ©ans. Mise sur pied d’une garde en armes de 20 hommes par escadrons.

Le 18 juin 1940, le GR doit s’installer en P.A cerclĂ© Ă  Marsily-en-Gault avec tous ses Ă©lĂ©ments. Deux P.A sont constituĂ©s :

  • 1er Capitaine Tardieu : Interdiction des itinĂ©raires Nord et Est.
  • 2Ăšme Capitaine de Silans : Interdiction des itinĂ©raires Sud et Ouest.

Un groupement de canons de 25 tractĂ©s est constituĂ© Ă  l’aide de 2 voitures tout terrain (une avec 1 canon et son vĂ©hicule apportĂ©s par l’Adjudant Masson du 116e RI et une avec une voiture rĂ©cupĂ©rĂ©e et 1 canon de 25 venant de l’escadron Ă  cheval. La 19e DI doit se porter derriĂšre le Cher. Le GR fera mouvement pour se porter Ă  Saint-Julien-sur-Cher et la Chapelle Montmartin. DĂ©part fixĂ© Ă  20 h 30. A l’arrivĂ©e ces deux localitĂ©s doivent ĂȘtre organisĂ©es en P.A.

  • 19 heures : Ordre de surseoir Ă  l’exĂ©cution du mouvement.
  • 20 heures : Des Ă©lĂ©ments refluent vers le Sud.
  • 20 heures 15 : Un message vient de la DI demandant d’urgence des Ă©lĂ©ments motos et des mitrailleuses pour Millançay (PC). Elle signale que Neung-sur-Beuvron et le Grandvilliers seraient pris par les Allemands.
  • 20 heures 30 : ArrivĂ©e de six chars D2 avec le Capitaine « X Â» se trouvant sans mission.

Le Capitaine de Silans en fait envoyer 3 sur Millançay aussitÎt. Les éléments motos partis avec le Chef Sorel.

  • 20 heures 30 : Un bataillon du 41e RI reflue avec le Commandant Jan disant que la FertĂ© Beauharnais a Ă©tĂ© pris. Ils n’avaient plus d’armes automatiques.

Des Ă©lĂ©ments motorisĂ©s auraient pris la route de Romorentin. La durĂ©e d’écoulement de la colonne aurait Ă©tĂ© de 35 minutes (blindĂ©s, autos, motos, camions), 1 officier envoyĂ© en liaison auprĂšs de la DI n’est pas revenu. Le commandant envoie le motocycliste Maroni prĂšs du PC de la DI pour demander des ordres. Au bout d’une heure (il y a 4 km entre le PC du GR et celui de la DI) Maroni n’est toujours pas revenu.

  • 23 heures : Le Commandant Cottin et le Commandant Jan considĂšrent le PC de la DI comme repliĂ© ou comme fait prisonnier et dĂ©cident de se replier eux aussi derriĂšre le Cher conformĂ©ment Ă  la 1Ăšre mission reçue. Le Commandant Jan va partir le premier avec ses Ă©lĂ©ments d’infanteries. Le GR dĂ©crochera quand ces Ă©lĂ©ments auront atteint le Cher. Les chars restants couvriront la retraite.
  • 23 heures : DĂ©part des Ă©lĂ©ments Ă  pied du Capitaine Delpierre.
  • 23 heures 30 : DĂ©part des Ă©lĂ©ments Ă  cheval (le canon de 47 hippo et l’escadron Ă  cheval.
  • 23 heures 45 : DĂ©part des T.R pour Genouilly.

Le 19 juin, dĂ©part des Ă©lĂ©ments auto dans l’ordre : E.M – E.M.C.A.C – escadron moto. Passage du Cher Ă  Thenioux (10 km Ouest de Vierzon). Le commandant apprend qu’a LouriĂšre (6 km Nord-Ouest de Gracay) se trouve le PC de la 87e DIA, C.A (GĂ©nĂ©ral Henri Martin). Le commandant se met Ă  la disposition du gĂ©nĂ©ral qui lui donne l’ordre de rester en P.A cerclĂ© Ă  Genouilly. Le Sous-Lieutenant Le Bris, qui a pris la direction de Menetou et ChĂątres, revient avec des renseignements trĂšs intĂ©ressants sur les Ă©lĂ©ments tenant les passages du Cher, sur les ponts devant sauter dans la soirĂ©e et le repli des Ă©lĂ©ments placĂ©s derriĂšre le Cher. Quand ces ponts auront sautĂ©, il y aura plus rien devant la 87e DIA. Le 41e RI se trouve Ă  Maray.

Le 20 juin, le GR reçoit du gĂ©nĂ©ral commandant la 87Ăšme DIA l’ordre de barrer les routes Valençay – Vatan Ă  hauteur de Poulaine etd'Ă©tablir un P.A Ă  Sainte-Christophe-en-Bazelle. Les T.R se dirigeront sur Vendeuvres par Gracay, Vatan et Buzançay. L’E.M – l’E.M.C.A.C – l’escadron moto et les Ă©lĂ©ments rattachĂ©s vont Ă  Poulaines. L’escadron Ă  cheval et le canon de 25 (Groupe Masson) Ă  Saint-Christophe. Pointe lĂ©gĂšre de l’ennemi sur Chabris vers 10 heures 30, repoussĂ©e. Selles-sur-Cher est occupĂ© par l’ennemi, qui progresse vers le Sud-Ouest en direction d’Ecueille. Mise en place d’un bouchon par le GRDI Ă  Luçay. La coupure de Nahon est solidement tenue par le 8Ăšme Cuirassiers. Le Sous-Lieutenant Sautreuil apprend au commandant que le PC de la 19e DI fonctionne toujours et se tient Ă  Ruffec. Les Ă©lĂ©ments hippo quittent Saint-Christophe Ă  la nuit.

Le 21 juin 1940, le commandant reçoit l’ordre de stationner jusqu’à nouvel ordre, les 7 chars annoncĂ©s y arrivent. Repli des rĂ©giments d’infanterie de la 87e DIA. Le Lt-Colonel de Bressay sous/chef d’E.M du 1er C.A commande les dĂ©tachements de toutes armes stationnĂ©s dans cette zone. Ce dĂ©tachement doit couvrir le repli de la 11e DI qui englobe le GR dans ses Ă©lĂ©ments, aprĂšs accord avec le GĂ©nĂ©ral Martin qui se replie avec tous ses Ă©lĂ©ments. Le GR reste seul Ă  Rouvres-les-Bois. L’officier de liaison part pour le PC de la 19e DI afin d’en ramener des ordres. Le Lt-Colonel de Bressay ordonne le repli du GR sur MĂ©siĂšres-en-Brenne, la 11e DI ayant effectuĂ© son dĂ©crochage. Le GR devra couvrir le repli du dĂ©tachement de Bressay vers l’Est. Au passage, le gros de la colonne prend les T.R Ă  Vendoeuvres. Toute la colonne s’achemine vers MĂ©ziĂšres-en-Brenne. À 19 heures, l’officier de liaison rapporte des ordres de la 19e DI. Le gĂ©nĂ©ral demande instamment au gĂ©nĂ©ral commandant le 1er C.A de lui rendre le GR. Le PC de la DI se trouve Ă  Mazerolles (3 km Ouest de Lussac-les-ChĂąteaux). L’officier de liaison ignore le stationnement actuel du gros du GR et ne peut porter les ordres.

Le 22 juin 1940, l'ordre venant du Lt-Colonel de Bressay de se porter sur Lureuil arrive. Les Ă©lĂ©ments hippo arrivent Ă  La Trimouille; le 21e GRDI se repliera sur Le Blanc dans les conditions suivantes :

  1. S’il n’est pas au contact, il se regroupera avec les Ă©lĂ©ments de la 19e DI Ă  Fontereuse (Ouest de Confolens).
  2. S’il est au contact, de couvrir le dĂ©crochage en faisant de l’action retardatrice.

C’est la 1Ăšre hypothĂšse qui se vĂ©rifie.

Le 23 juin, le commandant fixe le dĂ©part et les conditions du prochain stationnement. L'arrivĂ©e Ă  La Coquille est Ă  17 heures. C'est un pays de 1500 habitants, 4000 rĂ©fugiĂ©s + troupe (rĂ©giment de tirailleurs, isolĂ©s nombreux). Les vĂ©hicules du GR s’installent sur la place de l’église. Installation du PC Ă  la Mairie. La mission est d'organiser un systĂšme de rĂ©cupĂ©ration de personnel, de matĂ©riel et de moyens de transport. Le chef d’escadrons fait procĂ©der au bouchage des routes menant Ă  La Coquille et installer des parcs pour le matĂ©riel. Par le tambour de ville, il ordonne Ă  tous les isolĂ©s de venir se prĂ©senter au PC pour se faire inscrire sur un contrĂŽle. La grosse question va ĂȘtre le ravitaillement de tout ce personnel. L’intendance, sollicitĂ©e, Ă  plusieurs reprises, n’a rien fourni. DĂ©vouement d’une dame de La Coquille servant les rĂ©fugiĂ©s (la comtesse de Bram).

Le 24 juin, le contrĂŽle des isolĂ©s continue. Toujours pas de ravitaillement. On a fait stationner Ă  La Coquille tous les isolĂ©s, comment les nourrir ? La 19e DI va ĂȘtre relevĂ©e par une DI qui va reprendre toute l’organisation Ă  son compte. Se prĂ©parer Ă  partir. 11 heures : ArrivĂ©e du Capitaine Brandner venant en liaison. L’escadron Ă  cheval rejoindra par petites Ă©tapes. Il assurera l’alimentation des chevaux en rĂ©quisitionnant l’avoine nĂ©cessaire. Les chevaux ont le dos emportĂ©. ArrivĂ©e Ă  23h des premiers Ă©lĂ©ments aux environs de Cajarc. Le cantonnement aura lieu Ă  Sauzac, le long du Lot, hameau ou il y a deux propriĂ©tĂ©s assez vastes.

Le 26 juin, le GR est chargĂ© de rĂ©cupĂ©rer le personnel et le matĂ©riel Ă  Cajarc, le Capitaine Tardieu s’entend avec le commandant d’armes de Cajarc, qui a des ordres diffĂ©rents de ceux de la DI. Compte rendu de la DI qui prescrit de laisser le commandant d’armes de Cajarc s’en occuper. Repos et remise en Ă©tat du matĂ©riel.

Le 27 juin, rassemblement du GR dans un prĂ© prĂšs de l’église de Sauzac. Les 3 escadrons (manque l’escadron Ă  cheval) occupent 3 cĂŽtĂ©s de ce carrĂ©. L’E.M.C.A.C avec ses mitrailleuses et ses 25 devant ses rangs. 3 trompettes du cĂŽtĂ© ouvert. ArrivĂ©e du gĂ©nĂ©ral de la DI qui salue le GR et le passe en revue accompagnĂ© de son chef d’E.M, les Lieutenants Sallerin, de Wailly et de Lestrange y assistent. Paroles Ă©mues du gĂ©nĂ©ral Ă  l’adresse des morts et des disparus du GR. Exaltation des vertus de la Cavalerie. Exhortation au retour Ă  la terre et aux vertus simples. Puis le GR dĂ©file devant le gĂ©nĂ©ral. Messe des Morts Ă  l’église cĂ©lĂ©brĂ© par l’AumĂŽnier divisionnaire. Sermon de l’AumĂŽnier.

Le 29 juin, le chef d’escadrons, les Capitaines Tardieu et de Silans, les Lieutenants Goasguen et Sautreuil se rendent avec un peloton pour prendre part Ă  une prise d’Armes Ă  Pompadour, oĂč le GĂ©nĂ©ral Weygand doit remettre des dĂ©corations aux unitĂ©s du 3Ăšme C.A qui se sont distinguĂ©es au combat. Le Capitaine Le Fillatre prend le commandement du GR. Le chef d’escadrons reçoit la rosette d’Officier de la LĂ©gion d'Honneur. Le marĂ©chal des Logis Chef reçoit la MĂ©daille militaire. Le Cavalier Viau de l’escadron Ă  cheval et le Cavalier Momi de l’escadron moto reçoivent la Croix de Guerre avec palme.

Juillet

Le 6 juillet dĂ©bute le dĂ©part pour :

  • Escadron Ă  cheval – E.M Ă  Villevarlange.
  • E.M.C.A.C et l’escadron moto Ă  Bourdelas.
  • E.H.R Ă  Theillaumas.

Le lendemain, le GR se rassemble en carrĂ© dans un prĂ©. Le chef d’escadrons prononce quelques mots et remets une quarantaine de Croix de Guerre.

Le 9 juillet, les premiĂšres opĂ©rations de dĂ©mobilisation dĂ©butent. Le chef d’escadrons Cottin, appelĂ© au commandement du canton Nord Ă  Limoges, le Capitaine Brandner, appelĂ© au canton Sud quittent le GR. Le chef d’escadrons Cottin passe le commandement au Capitaine Le Fillatre. Les Sous-Lieutenants CremiĂšre et Rabut considĂ©rĂ©s comme disparus rejoignent le GR aprĂšs s’ĂȘtre Ă©vadĂ©s du camp de concentration d’OrlĂ©ans.


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