Bataille d'Arras (1917)

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Bataille d'Arras (1917)

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Bataille d'Arras
Les positions au début de la bataille
Les positions au début de la bataille
Informations générales
Date 9 avril-16 mai 1917
Lieu Environs d'Arras, France
Issue statu quo
Belligérants
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau du Canada Canada
Drapeau d'Australie Australie
Drapeau de Nouvelle-Z√©lande Nouvelle-Z√©lande
Newfoundland Red Ensign.png Terre-Neuve
Drapeau: Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Douglas Haig,
Edmund Allenby,
Hubert Gough,
Henry Horne
Drapeau de l'Allemagne Erich Ludendorff,
Ludwig von Falkenhausen,
Georg von der Marwitz
Forces en présence
Ie, IIIe et Ve Armées IIe et VIe Armées
Pertes
Ie: 46 826
IIIe: 87 226
Ve: 24 608
‚Čą150 000
100 000
Première Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Ouest

Fronti√®res (08-1914) ‚Äď Li√®ge (08-1914) ‚Äď Anvers (09-1914) ‚Äď Grande Retraite (09-1914) ‚Äď 1re Marne (09-1914) ‚Äď Course √† la mer (09-1914) ‚Äď Yser (10-1914) ‚Äď 1re Ypres (10-1914) ‚Äď 1re Messines (10-1914) ‚Äď Hartmannswillerkopf (01-1915) ‚Äď Neuve Chapelle (03-1915) ‚Äď 2e Ypres (04-1915) ‚Äď Artois (05-1915) ‚Äď Artois (09-1915) ‚Äď Loos (09-1915) ‚Äď Verdun (02-1916) ‚Äď Hulluch (04-1916) ‚Äď Somme (07-1916) ‚Äď Arras (04-1917) ‚Äď Vimy (04-1917) ‚Äď Chemin des Dames (04-1917) ‚Äď2e Messines (06-1917) ‚Äď 3e Ypres (07-1917) ‚Äď C√īte 70 (08-1917) ‚Äď 1re Cambrai (11-1917) ‚Äď 2e Cambrai (10-1918) ‚Äď 4e Ypres (04-1918) ‚Äď Michael (05-1918) ‚Äď 2e Marne (05-1918) ‚Äď Aisne (05-1918) ‚Äď Bois Belleau (06-1918) ‚Äď Ch√Ęteau-Thierry (07-1918) ‚Äď Le Hamel (07-1918) ‚Äď Amiens (08-1918) ‚Äď Cent-Jours (08-1918) - L'Ailette (09-1918)


Front italien
1re Isonzo (06-1915) ‚Äď 2e Isonzo (07-1915) ‚Äď 3e Isonzo (10-1915) ‚Äď 4e Isonzo (11-1915) ‚Äď 5e Isonzo (03-1916) ‚Äď 6e Isonzo (08-1916) ‚Äď 7e Isonzo (09-1916) ‚Äď 8e Isonzo (10-1916) ‚Äď 9e Isonzo (11-1916) ‚Äď 10e Isonzo (05-1917) ‚Äď Mont Ortigara (06-1917) ‚Äď 11e Isonzo (08-1917) ‚Äď Caporetto (12e Isonzo) (10-1917) ‚Äď Piave (06-1918) ‚Äď Vittorio Veneto (10-1918) ‚Äď


Front de l’Est
Stallup√∂nen (08-1914) ‚Äď Gumbinnen (08-1914) ‚Äď Tannenberg (08-1914) ‚Äď Lemberg (08-1914) ‚Äď Krasnik (08-1914) ‚Äď Lacs de Mazurie (I) (09-1914) ‚Äď PrzemyŇõl (09-1914) ‚Äď Vistule (09-1914) ‚Äď ŇĀ√≥dŇļ (11-1914) ‚Äď Bolimov (01-1915) ‚Äď Lacs de Mazurie (II) (02-1915) ‚Äď Gorlice-Tarn√≥w (05-1915) ‚Äď Varsovie (06-1915) ‚Äď Lac Naroch (03-1916) ‚Äď Offensive Broussilov (06-1916) ‚Äď Offensive Kerensky (07-1917)


Front du Moyen-Orient
M√©sopotamie - Caucase ‚Äď Perse - Sina√Į et Palestine - 1re Gaza - 2de Gaza - 3e Gaza - Beer-Sheva - Aqaba - Megiddo - Magdhaba - Rafa


Afrique et Méditerranée
Lai (08-1914) ‚Äď Sandfontein (09-1914) ‚Äď Tanga (11-1914) ‚Äď Naulila (12-1914) ‚Äď Jassin (01-1915) ‚Äď Dardanelles (02-1915) ‚Äď Gibeon (04-1915) ‚Äď Bukoba (06-1915) ‚Äď Salaita (02-1916) ‚Äď Beringia (05-1916) ‚Äď Negomano (11-1917)


Batailles navales
1re Heligoland (08-1914) ‚Äď Penang (10-1914) ‚Äď Coronel (11-1914) ‚Äď Falklands (12-1914) ‚Äď Dogger Bank (01-1915) ‚Äď Gotland (07-1915) ‚Äď Juttland (05-1916) ‚Äď Funchal (12-1916) ‚Äď Pas-de-Calais (04-1917) ‚Äď D√©troit de Muhu (10-1917) ‚Äď 2e Heligoland (11-1917) ‚Äď Zeebruges (04-1918) ‚Äď 1er Ostende (04-1918) ‚Äď 2e Ostende (05-1918)

La bataille d'Arras est une offensive britannique, canadienne,australienne, n√©o-z√©landaise et terre-neuvienne contre les troupes allemandes qui eut lieu √† Arras en France du 9 avril au 16 mai 1917 pendant la Premi√®re Guerre mondiale.

Pendant une grande partie de la guerre, les arm√©es ennemies sur le front occidental furent dans une impasse, avec une ligne continue de tranch√©es s'√©tendant de la c√īte belge √† la fronti√®re suisse[1]. L'objectif essentiel des Alli√©s √† partir de d√©but 1915 fut de percer les d√©fenses allemandes en campagne et d'engager l'arm√©e allemande num√©riquement inf√©rieure dans une guerre de mouvement[2]. L'offensive d'Arras fut con√ßue pour parvenir √† ce r√©sultat[3]. Elle a √©t√© planifi√©e avec le haut commandement fran√ßais, qui lan√ßa en m√™me temps une attaque massive (l'offensive de Nivelle) pr√®s de quatre-vingts kilom√®tres plus au sud[3]. L'objectif d√©clar√© de cette op√©ration combin√©e √©tait de mettre fin √† la guerre en quarante-huit heures[4]. √Ä Arras, les objectifs imm√©diats des Alli√©s √©taient plus modestes: tenir les troupes allemandes loin du terrain choisi pour l'attaque fran√ßaise et prendre aux Allemands les hauteurs qui dominent la plaine de Douai[3].

Les premiers efforts furent ax√©s sur une zone d'assaut relativement large entre Vimy au nord-ouest et Bullecourt au sud-est. Apr√®s de consid√©rables bombardement, les troupes canadiennes progress√®rent dans la r√©gion nord et furent en mesure de s'emparer de la cr√™te strat√©gique de Vimy et les divisions britanniques plac√©es au centre du dispositif furent √©galement en mesure de faire des avanc√©es importantes. C'est seulement dans le sud, o√Ļ les forces britanniques et australiennes ont √©t√© √† faire face √† une d√©fense en profondeur, que les assaillants ont obtenu des gains minimes. Suite √† ces premiers succ√®s, les forces britanniques s'engag√®rent dans une s√©rie d'op√©rations √† petite √©chelle afin de consolider les positions nouvellement conquises. Bien que ces op√©rations aient g√©n√©ralement r√©ussi √† atteindre des objectifs limit√©s, la plupart d'entre elles se sont sold√©es par un nombre relativement important de victimes[3].

Quand la bataille prit fin officiellement le 16 mai, les troupes britanniques avaient fait des progrès importants mais n'avaient jamais été capables de réaliser une percée majeure[3].

On a pu tester à ce moment-là des tactiques expérimentales comme le tir de barrage roulant, les fusées percutantes et les tirs anti-batteries, en particulier pendant la première phase de la bataille et que des assauts bien préparés contre des positions fortifiées pouvaient réussir. Ce secteur est ensuite revenu à une situation d'impasse qui caractérisa la plupart de la guerre sur le front occidental.

Sommaire

Préambule

Au d√©but de 1917, Britanniques et Fran√ßais tentaient toujours de parvenir √† une perc√©e strat√©gique sur le front occidental[2]. L'ann√©e pr√©c√©dente avait √©t√© marqu√©e par l'√©chec co√Ľteux en vies humaines de l'offensive britannique le long de la Somme, tandis que les Fran√ßais √©taient incapables de prendre l'initiative en raison des intenses pressions allemandes √† Verdun[2]. Les deux confrontations avaient utilis√© d'√©normes quantit√©s de ressources, tout en ne r√©alisant pratiquement aucun gain strat√©gique[2]. Cette impasse renfor√ßa la conviction des chefs fran√ßais et britanniques que, pour mettre fin √† cette situation, ils avaient besoin d'une perc√©e majeure[2]. Cependant, si ce d√©sir a √©t√© le principal moteur de cette offensive, le calendrier et le lieu ont √©t√© fortement influenc√©s par un certain nombre de facteurs politiques et tactiques[4].

Contexte politique

Le milieu des années de guerre a été une période capitale. Les gouvernements français et britanniques étaient sous la forte pression de la presse, des citoyens et des Parlements qui voulaient mettre fin à la guerre[5]. Les batailles des Dardanelles, de la Somme et de Verdun avaient fait de nombreuses victimes et il y avait toujours peu de chances de victoire en vue. Le premier ministre britannique, Herbert Asquith, démissionna au début de décembre 1916 et fut remplacé par le "magicien gallois", David Lloyd George[5]. En France, le président du Conseil Aristide Briand, avec comme Ministre de la Guerre le général (puis maréchal) Hubert Lyautey, était politiquement diminué et, peu après, en mars 1917, démissionna[6].

Pendant ce temps, de l'autre c√īt√© de l'Atlantique, les √Čtats-Unis √©taient sur le point de d√©clarer la guerre √† l'Allemagne[7]. L'opinion publique am√©ricaine √©tait de plus en plus irrit√©e par les attaques intensives des sous-marins allemands sur des navires civils, √† commencer par le naufrage du Lusitania en 1915 et cette irritation arriva √† son comble avec le torpillage de sept navires de commerce am√©ricain au d√©but de 1917[7]. Le Congr√®s am√©ricain d√©clara finalement la guerre √† l'Empire allemand, le 6 avril 1917, mais il fallut plus d'un an avant qu'une arm√©e appropri√©e ne soit mobilis√©e, form√©e et achemin√©e vers la France[7].

Contexte stratégique

Alors que les Français et les Britanniques avaient prévu de lancer leur assaut au printemps 1917, deux faits imprévus mirent leur plan en péril. D'abord, en février, la Russie refusa de s'engager dans une offensive conjointe, ce qui signifiait que la prochaine offensive allait être réduite à la seule attaque des forces françaises le long de l'Aisne. Ensuite, l'armée allemande commençait à reculer et à consolider ses positions le long de la ligne Hindenburg, perturbant ainsi les prévisions de l'offensive française[6]. En fait, lorsque les troupes françaises avancèrent dans leur secteur lors de la bataille d'Arras, elles ne rencontrèrent pas de troupes ennemies. Pour ces raisons, la poursuite de l'offensive posa question. Le gouvernement français de l'époque avait désespérément besoin d'une victoire pour éviter de graves troubles civils dans le pays mais les Britanniques se méfiaient de la procédure compte tenu de la situation en évolution tactique rapide[6]. Toutefois, dans un entretien avec David Lloyd George, le commandant en chef français, le général Nivelle réussit à convaincre le Premier ministre britannique que, si ses troupes lançaient une attaque de diversion pour attirer les troupes allemandes loin du secteur de l'Aisne, l'offensive française ne pouvait que réussir. Il fut convenu que l'attaque française sur l'Aisne commencerait à la mi-avril et que les Britanniques feraient une attaque de diversion dans le secteur d'Arras environ une semaine avant[6].

Forces en présence

Trois arm√©es alli√©es √©taient d√©j√† concentr√©es dans le secteur d'Arras. Elles √©taient d√©ploy√©es, √† peu pr√®s du nord au sud, comme suit: la Ie Arm√©e command√©e par le g√©n√©ral Horne, la IIIe Arm√©e command√©e par le g√©n√©ral Allenby, la Ve Arm√©e command√©e par le g√©n√©ral Gough. Le commandant britannique en chef √©tait le Field Marshal Douglas Haig et le plan de bataille avait √©t√© con√ßu par le g√©n√©ral Allenby[8]. Exceptionnellement pendant cette guerre, trois divisions √©cossaises (toutes de la IIIe Arm√©e de terre) avaient √©t√© regroup√©es pour le d√©but de l'attaque: - la XVe division √©cossaise de VIe Corps, la IXe division √©cossaise et la LIe Highland Division des XVIIe Corps. La XXXIVe division compos√©e largement d'√Čcossais fut √©galement plac√©e au milieu de leurs voisins √©cossais du XVIIe Corps.

Face aux forces alliées se trouvaient deux armées allemandes: la VIe Armée commandée par le général von Falkenhausen, 73 ans, et la IIe Armée du général von der Marwitz (qui se remettait d'une maladie contractée sur le front de l'Est). Les armées avaient été organisées en trois groupes - "Groupe Souchez", "Groupe Vimy", et "Groupe Arras" - déployées dans cet ordre du nord au sud[9]. Cependant, seules sept divisions allemandes étaient sur la ligne d'attaque; les divisions restantes étaient en réserve, afin de renforcer les premières ou de contre-attaquer au besoin[10].

Le g√©n√©ral von Falkenhausen rendait compte directement au g√©n√©ral Erich Ludendorff, chef op√©rationnel du Haut Commandement allemand (le Oberste Heeresleitung ou OHL). Le personnel de Ludendorff comprenait plusieurs officiers tr√®s novateurs et capables notamment le major Georg Wetzel, le colonel Max Bauer et le capitaine Hermann Geyer[11]. Depuis d√©cembre 1916, les adjoints de Ludendorff avaient mis au point des tactiques pour s'opposer aux nouvelles tactiques alli√©es utilis√©es dans la Somme et √† Verdun. Bien que ces batailles se soient av√©r√©es extr√™mement co√Ľteuses pour les puissances alli√©es, elles avaient aussi s√©rieusement affaibli l'arm√©e allemande. Au d√©but de 1917, elle en √©tait r√©duite √† mettre en Ňďuvre des tactiques de d√©fense ("d√©fense en profondeur"); un √©chec de Falkenhausen aurait eu des cons√©quences d√©sastreuses pour l'arm√©e allemande[11].

La bataille

Phase préliminaire

Le plan britannique fut m√Ľrement pr√©par√©, tirant les le√ßons des batailles de la Somme et de Verdun, l'ann√©e pr√©c√©dente. Plut√īt que d'attaquer sur un large front, tout le poids de l'artillerie serait concentr√© sur un secteur relativement √©troit de quarante kilom√®tres. Le plan pr√©voyait des bombardements pendant une semaine environ sur toute la ligne, avec des tirs beaucoup plus prolong√©s et intenses √† Vimy pour affaiblir ses solides d√©fenses[12]. Au cours de l'assaut, les troupes progresseraient en formation ouverte, en avan√ßant par bonds afin de leur laisser le temps de consolider leur poste et de se regrouper. Avant de commencer √† agir, il fallait une importante pr√©paration en grande partie novatrice.

Mines et tunnels

Sortie des tunnels alliés à la Carrière Wellington.

√Ä partir d'octobre 1916, les Royal Engineers avaient travaill√© sous terre pour construire des tunnels pour les troupes[12]. La r√©gion d'Arras est calcaire et donc facilement excav√©e; sous Arras m√™me se trouvait un vaste r√©seau (appel√© les Boves) de grottes, de carri√®res souterraines, de galeries et de tunnels d'√©gouts. Les ing√©nieurs ont con√ßu un plan pour ajouter de nouveaux tunnels √† ce r√©seau afin que les troupes puissent arriver au champ de bataille en secret et en toute s√©curit√©[12]. L'ampleur de ces travaux fut √©norme. Dans un seul secteur, quatre compagnies (de 500 hommes chacune) ont travaill√© sans rel√Ęche pendant 18 heures d'affil√©e durant deux mois. Finalement, elles ont construit 20 kilom√®tres de tunnels, class√©s en subways (r√©serv√©s aux troupes √† pieds); les tramways (avec rails pour des chariots de manutention pouss√©s √† la main pour amener les munitions sur la ligne de front et en ramener les bless√©s), et les railways(un syst√®me de m√©tro l√©ger)[12]. Juste avant l'assaut le syst√®me de tunnel √©tait devenu assez grand pour abriter 24 000 hommes, avec l'√©clairage √©lectrique fourni par sa propre petite centrale, cuisines, latrines et un centre m√©dical enti√®rement √©quip√© avec un bloc op√©ratoire[13],[14],[15]. Le plus gros du travail a √©t√© fait par les N√©o-Z√©landais, dont les Maoris et les habitants des √ģles du sud-est du Pacifique du bataillon de pionniers de Nouvelle-Z√©lande[13] et les Bantams des villes mini√®res du Nord de l'Angleterre[12].

On a aussi construit des tunnels d'assaut, s'arr√™tant √† quelques m√®tres seulement des lignes allemandes, pr√™ts √† √™tre brutalement ouverts par des explosifs au jour J[12]. En plus de cela, on avait plac√© des mines traditionnelles juste sous la ligne de front, pr√™tes √† exploser imm√©diatement avant l'assaut. Beaucoup n'ont jamais √©t√© activ√©es de peur qu'elles n'ab√ģment trop les terrains sus-jacents. Dans l'intervalle, les sapeurs allemands poursuivaient activement leurs propres op√©rations souterraines, recherchant des tunnels alli√©s pour les attaquer ou y poser des camouflets[12]. Rien que parmi les N√©o-Z√©landais, il y a eu 41 morts et 151 bless√©s √† la suite de ces poses[13].

La plupart des tunnels et des tranchées sont actuellement interdits au public pour des raisons de sécurité. Une portion de 250 mètres du Métro Grange à Vimy est ouverte au public de mai à novembre et le tunnel Wellington a ouvert ses portes au public sous le nom de "carrière Wellington" en mars 2008[16],[17].

Batailles aériennes

Bien que le Royal Flying Corps entra dans la bataille avec des capacit√©s a√©riennes inf√©rieurs √† celles de la Luftstreitkr√§fte, cela n'emp√™cha pas leur commandant, le g√©n√©ral Trenchard, d'adopter une position offensive. La supr√©matie dans l'espace a√©rien au-dessus d'Arras √©tait essentielle et les pilotes britanniques effectu√®rent de nombreuses sorties pour aider les forces terrestres en contr√īlant les tirs d'artillerie, photographie les r√©seaux de tranch√©es et l'emplacement des pi√®ces d'artillerie ennemies[18],[19]. Les op√©rations √©taient contr√īl√©es et coordonn√©es par le 1st Field Survey Company, Royal Engineers[20]. Faire des observations a√©riennes √©tait un travail dangereux car, pour obtenir de meilleurs r√©sultats, les avions devaient voler lentement et √† basse altitude au-dessus des d√©fenses allemandes. Cela l'est devenu encore plus avec l'arriv√©e du ¬ęBaron rouge¬Ľ, Manfred von Richthofen, avec son √©quipe de pilotes exp√©riment√©s et fortement √©quip√©s, le "Flying Circus", en mars 1917. Cette arriv√©e a conduit √† une forte augmentation du nombre de pertes parmi les pilotes alli√©s et avril 1917 s'est fait conna√ģtre sous le nom d'"avril sanglant". Un officier de l'infanterie allemande a √©crit plus tard "durant ces journ√©es, il y eut toute une s√©rie de combats a√©riens qui se sont presque toujours termin√©s par une d√©faite des Britanniques face √† l'escadrille de Richthofen qu'ils affrontaient. Souvent cinq ou six avions anglais √† la suite √©taient repouss√©s ou abattus en flammes"[21]. La moyenne de vie en vol d'un pilote du Royal Flying Corps (RFC) √† Arras en avril √©tait de 18 heures[18]. Entre le 4 et le 8 avril, le Royal Flying Corps a perdu 75 avions de combat et 105 √©quipages[18]. Le nombre de victimes a cr√©√© une p√©nurie de pilotes et les rempla√ßants ont √©t√© envoy√©s au front directement √† la sortie de l'√©cole: au cours de la m√™me p√©riode, 56 avions se sont √©cras√©s car command√©s par des pilotes inexp√©riment√©s du RFC[18].

Tirs de barrage

Pour minimiser les possibilit√©s d'actions de l'ennemi pendant l'attaque, on avait pr√©vu des tirs de barrage roulants[22]. Cela requ√©rait de la part des artilleurs d'envoyer un √©cran d'obus explosifs et de shrapnels une centaine de m√®tres en avant de leurs troupes[22]. Les Alli√©s avaient d√©j√† utilis√© ces tirs de barrages lors des batailles de Neuve-Chapelle et de la Somme, mais avaient rencontr√© deux probl√®mes techniques. Le premier √©tait la synchronisation du mouvement des troupes avec l'arr√™t des tirs: pour Arras, ce probl√®me fut r√©gl√© par des r√©p√©titions et des horaires stricts. Le deuxi√®me √©tait la port√©e des tirs, les f√Ľts de canons lourds se d√©gradant rapidement mais √† des rythmes diff√©rents au cours des tirs: pour Arras, la d√©gradation de chaque canon fut calcul√©e individuellement et chaque arme recalibr√©e en cons√©quence. Les tirs de barrage roulants obligeaient les Allemands √† rester dans leurs tranch√©es alors que les soldats alli√©s pouvaient avancer sans crainte de tirs de mitrailleuse[22]. En outre, de nouvelles fus√©es instantan√©es avaient √©t√© mises au point avec de fortes charges explosives pour qu'en explosant au moindre impact, elles vaporisent les fils de fer barbel√©s[22]. Des obus √† gaz toxiques furent utilis√©s lors des derni√®res minutes de tirs de barrage[22].

Tirs anti-batteries

Le principal danger pour les troupes d'assaut venait des tirs d'artillerie ennemie lors de la travers√©e des no man's lands, ce qui avait repr√©sent√© plus de la moiti√© des victimes au premier jour de la bataille de la Somme. Un probl√®me suppl√©mentaire √©tait de conna√ģtre l'emplacement exact de l'artillerie allemande, cach√©e derri√®re la ligne de cr√™tes. Pour y r√©pondre, des sp√©cialiste des unit√©s d'artillerie furent cr√©√©s sp√©cifiquement pour attaquer l'artillerie allemande. L'emplacement de leurs cibles √©taient fournis par la 1st Field Survey Company, Royal Engineers[23] qui rassemblait les donn√©es obtenues √† partir de la lumi√®re et du son des canons ennemis. Le rep√©rage lumineux √©tait l'affaire d'observateurs du RFC qui enregistraient la direction des √©clairs lumineux faits par les canons au moment des tirs[20]. Le rep√©rage sonore utilisait une batterie de microphones pour rep√©rer par triangulation l'emplacement des canons √† partir du son √©mis au moment du tir[20]. Le jour-J, le 9 avril, plus de 80% des canons allemands lourds du secteur furent neutralis√©s (c'est-√†-dire "incapables d'apporter un soutien efficace, les artilleurs √©tant soient hors-service soient enfuis") par les tirs anti-batteries[23]. Des obus √† gaz furent √©galement utilis√©s contre les chevaux de trait charg√©s d'assurer leur approvisionnement en munitions[24].

Première phase

Le bombardement pr√©liminaire de la cr√™te de Vimy d√©buta le 20 mars et le bombardement du reste du secteur, le 4 avril[12]. Limit√© √† un front de seulement 40 km, le bombardement utilisa 2 689 000 obus[24], soit un million de plus que ce qui avait √©t√© utilis√© sur la Somme[6]. Les pertes allemandes ne furent pas lourdes, mais les hommes √©taient √©puis√©s par la n√©cessit√© sans cesse renouvel√©e de maintenir ouvertes les entr√©es de leurs abris souterrains et d√©moralis√©s par l'absence de nourriture caus√©e par les difficult√©s de pr√©paration et de transport de plats chauds sous les bombardements[24]. Certains n'auront aucun repas pendant deux ou trois jours cons√©cutifs[24].

√Ä la veille de la bataille, les premi√®res lignes de tranch√©es avaient cess√© d'exister et les lignes de fils de fer barbel√© cens√©s assurer la protection des troupes √©taient d√©chiquet√©es[24]. L'histoire officielle du 2e r√©giment de r√©serve bavarois d√©crit la ligne de front comme ¬ęcompos√©e non plus de tranch√©es, mais de nids pour hommes dispers√©s √† l'avant des lignes¬Ľ[24]. L'historien du 262e R√©giment de r√©serve √©crit que son syst√®me de tranch√©es √©tait "perdu dans un champ de crat√®re"[24]. Pour ajouter au malheur des ennemis, pendant les dix derni√®res heures de bombardement, des obus √† gaz furent employ√©s[25].

L'heure H √©tait initialement pr√©vue au matin du 8 avril (√† P√Ęques), mais elle fut repouss√©e de 24 heures √† la demande des Fran√ßais, en d√©pit de conditions m√©t√©orologiques relativement bonnes dans le secteur d'assaut. Le jour J fut report√© au 9 avril et l'heure H fix√©e √† 5 h 30. L'assaut fut imm√©diatement pr√©c√©d√© par un ouragan extr√™mement intense de bombardements pendant cinq minutes, apr√®s une nuit relativement calme[24].

Lorsque le moment de l'assaut fut venu, il neigeait beaucoup et les troupes alliées qui avançaient dans le no man’s land étaient entravées par d'importants tas de neige. Il faisait encore nuit et la visibilité sur le champ de bataille était réduite[25]. Un vent d'ouest soufflait dans le dos des soldats alliés et les Allemands recevaient les bourrasques de neige fondue sur le visage[24]. La combinaison insolite du bombardement et de la mauvaise visibilité fit que de nombreux soldats allemands furent surpris et faits prisonniers, encore à demi vêtus, grimpant des profondeurs des abris des deux premières lignes de tranchées[24]. D'autres furent capturés sans leurs bottes car, en essayant de s'échapper, ils s'étaient retrouvés enfoncés jusqu'aux genoux dans la boue des tranchées de communications[24].

Première bataille de la Scarpe

9-14 avril 1917

Déplacement d'un canon de 18 pendant l'avancée sur Athies.
Mitrailleuse britannique près de Feuchy

Le principal assaut britannique de la premi√®re journ√©e eut lieu √† l'est d'Arras, avec la 12e division charg√©e d'attaquer "Observation Ridge", au nord de la route Arras-Cambrai[25]. Apr√®s avoir atteint cet objectif, elle dut avancer vers Feuchy et les deuxi√®me et troisi√®me lignes de tranch√©es allemandes. Dans le m√™me temps, les √©l√©ments de la 3e division lan√ßaient une attaque au sud de la route, s'emparant du "Bois du Diable", Tilloy-l√®s-Mofflaines et du "Bois des BŇďufs" qui √©taient leurs objectifs initiaux[25]. L'objectif ultime de ces assauts √©tait la Monchyriegel, une tranch√©e reliant Wancourt √† Feuchy et un √©l√©ment important des d√©fenses allemandes[25]. La plupart de ces objectifs, y compris le village de Feuchy, furent atteints dans la soir√©e du 10 avril m√™me si les Allemands avaient encore sous leur contr√īle de grandes portions de tranch√©es entre Wancourt et Feuchy, notamment dans le secteur du village fortifi√© de Neuville-Vitasse[25]. Le lendemain, des soldats de la 56e division chass√®rent les Allemands hors du village mais la Monchyriegel n'√©tait toujours pas enti√®rement aux mains des Anglais quelques jours plus tard[25]. Les Britanniques furent en mesure de consolider leurs acquis et d'avancer vers Monchy-le-Preux, bien qu'ils aient subi de lourdes pertes dans les combats pr√®s du village[26].

Une des raisons du succès de l'offensive dans ce secteur a été l'échec du commandant allemand von Falkenhausen à employer la nouvelle innovation de Ludendorff, la défense en profondeur[27]. En théorie, on cédait à l'ennemi des gains de terrains jusque dans les lignes de communication. Des réserves situées à proximité du champ de bataille étaient engagées une fois l'avance initiale enlisée avant que des renforts ennemis puissent arriver sur place. Les défenseurs étaient ainsi en mesure de contre-attaquer et de reprendre tout le territoire perdu. Dans ce secteur, toutefois, von Falkenhausen garda ses troupes de réserve trop loin du front et elles furent incapables d'arriver à temps pour mener une contre-attaque utile les 10 ou 11 avril[27].

Bataille de la crête de Vimy

9-12 avril 1917

Escouade canadienne à la crête de Vimy
Article d√©taill√© : Bataille de la cr√™te de Vimy.

A peu pr√®s au m√™me moment, dans peut-√™tre la partie de l'offensive la plus soigneusement √©labor√©e, le Corps canadien lan√ßait un assaut sur la cr√™te de Vimy. Avan√ßant derri√®re un barrage roulant et utilisant des mitrailleuses lourdes - quatre-vingt pour chaque brigade, dont une mitrailleuse Lewis dans chaque peloton - le corps fut capable d'avancer de pr√®s de 4 000 m√®tres dans la d√©fense allemande et s'empara de la cr√™te vers 13 heures[28]. Les historiens militaires ont attribu√© le succ√®s de cette attaque √† sa planification attentive par le g√©n√©ral canadien Julian Byng, commandant du corps, et son subordonn√©, le g√©n√©ral Arthur Currie[29], un entrainement constant et l'attribution d'objectifs sp√©cifiques √† chaque peloton[28]. En leur donnant des objectifs sp√©cifiques, les troupes pouvaient continuer l'attaque, m√™me si leurs chefs √©taient tu√©s ou les communications rompues, r√©glant ainsi deux probl√®mes majeurs des combats sur le front de l'Ouest[28].

Première bataille de Bullecourt

10-11 avril 1917

Troupes allemandes devant des tanks britanniques capturés près de Bullecourt le 11 avril

Au sud d'Arras, le plan pr√©voyait que deux divisions, la 62e Division britannique et la 4e Division australienne attaquent chacune de leur c√īt√© le village de Bullecourt et repoussent les Allemands de leurs positions fortifi√©es vers leurs tranch√©es de r√©serve[30]. L'attaque √©tait initialement pr√©vue pour la matin√©e du 10 avril, mais les chars destin√©s √† l'assaut furent retard√©s par le mauvais temps et l'attaque report√©e de 24 heures. L'ordre de retard n'atteignit pas toutes les unit√©s √† temps et deux bataillons du r√©giment du West Yorkshire attaqu√®rent et furent repouss√©s avec des pertes importantes[30]. Malgr√© les protestations de la part des officiers sup√©rieurs australiens, l'attaque n'a repris que dans la matin√©e du 11 avril; des d√©faillances m√©caniques ont fait que seulement 11 tanks ont √©t√© en mesure de venir en appui des troupes et les tirs de barrage limit√©s avaient laiss√© beaucoup de fils de fer barbel√©s devant les tranch√©es allemandes. En outre, l'attaque avort√©e de la veille avait alert√© les troupes allemandes de la r√©gion de l'assaut imminent et elles √©taient mieux pr√©par√©es qu'elles ne l'avaient √©t√© dans le secteur canadien[31]. Des rapports mensongers sur l'ampleur des gains obtenus par les Australiens les ont priv√© de l'appui d'artillerie dont ils avaient besoin et, bien que des √©l√©ments de la 4e division aient bri√®vement occup√© des sections de tranch√©es allemandes, ils furent finalement oblig√©s de se replier avec de lourdes pertes[31]. Dans ce secteur, les commandants allemands avaient correctement utilis√© la d√©fense en profondeur et avaient donc √©t√© en mesure de contre-attaquer efficacement[32].

Deuxième phase

Après les gains territoriaux des deux premiers jours, les Alliés marquèrent une pause pour amener le soutien logistique nécessaire jusqu'aux positions prises. Des bataillons de pionniers construisirent des routes provisoires à travers les champs de bataille défoncés; on amena manuellement l'artillerie lourde (et ses munitions) dans les nouvelles fosses creusées pour les accueillir, on apporta de la nourriture pour les hommes et les chevaux, on construisit des postes d'évacuation sanitaire pour être ptêts lors de la contre-attaque inévitable. Les commandants alliés eurent également à faire face à un dilemme: fallait-il garder les divisions épuisées par l'attaque et courir le risque d'avoir une force de combat insuffisante ou les remplacer par de nouvelles divisions et perdre l'élan créé par les succès[33]?

A Londres, The Times[34] fit le commentaire suivant: "le grand int√©r√™t de notre avanc√©e r√©cente r√©side dans le fait que nous avons chass√© l'ennemi de toutes les hauteurs o√Ļ il √©tait install√© et pris ses postes d'observation. De ces points hauts (Vimy, Monchy et Croisailles) o√Ļ nous sommes, il n'est pas forc√©ment facile de continuer notre avanc√©e rapide. Une attaque sur la pente devant nous, expos√©e au feu des petites buttes situ√©es au-del√†, est souvent extr√™mement difficile et √† partir d'aujourd'hui l'ensemble du front ... doit conna√ģtre une p√©riode laborieuse, qui nous √©tait famili√®re dans la Somme, de matraquage et d'assaut de positions individuelles, dont aucune ne peut √™tre attaqu√©e sans qu'une autre la prot√©geant n'ait d√©j√† √©t√© prise".

La presse allemande r√©agit de fa√ßon similaire. Le Vossische Zeitung, un quotidien berlinois, √©crivit: "Nous devons compter sur des revers comme celui pr√®s d'Arras. De tels √©v√©nements sont une sorte de revers tactique. Si ce revers tactique n'est pas suivi d'avanc√©es strat√©giques de la part de l'agresseur, toute cette bataille n'est rien qu'un affaiblissement de la partie attaqu√©e en hommes et en mat√©riel"[35]. Le m√™me jour, le Frankfurter Zeitung commenta: "Si les Britanniques parviennent √† percer, ils vont conna√ģtre des conditions pires qu'avant car leur avanc√©e se traduira par une libert√© d'op√©rations allemandes qui est particuli√®re √† leur art de la guerre"[35].

Cependant,Le g√©n√©ral Ludendorff √©tait moins optimiste. Les nouvelles de la bataille lui parvinrent au cours des c√©r√©monies de son 52e anniversaire √† son quartier g√©n√©ral √† Kreuznach[36]. Il √©crivit: ¬ęJe me r√©jouissais de l'offensive attendue avec confiance et √©tait d√©sormais profond√©ment d√©prim√©¬Ľ[36]. Il t√©l√©phona √† chacun des commandants allemands et "eut l'impression que les principes fix√©s par l‚ÄôOberste Heeresleitung √©taient judicieux. Mais tout l'art du leadership r√©side dans la fa√ßon de les appliquer correctement"[36]. (Un tribunal d'enqu√™te aurait √©tabli que Falkenhausen avait en effet mal compris les principes de la d√©fense en profondeur.) Ludendorff ordonna l'envoi imm√©diat de renforts[28]. Puis, le 11 avril, il limogea le g√©n√©ral von Falkenhausen et le rempla√ßa par un expert de la d√©fensive, le colonel Fritz von Lossberg[11]. Von Lossberg muni d'une Vollmacht (une procuration de Ludendorff lui permettant d'exercer le commandement), rempla√ßa efficacement Falkenhausen. Dans les heures qui suivirent son arriv√©e, il restructura les d√©fenses allemandes[36].

Pendant la deuxième phase, les Alliés continuèrent d'attaquer à l'est d'Arras. Leurs objectifs étaient de consolider les gains obtenus dans les premiers jours de l'offensive[27]; de conserver l'initiative[11] et d'effectuer une percée de concert avec les Français dans l'Aisne[11]. Toutefois, à partir du 16 avril, il devint évident que l'offensive de Nivelle se solderait par un échec et Haig subit des pressions pour maintenir les Allemands occupés dans le secteur d'Arras afin de minimiser les pertes françaises[31].

Bataille de Lagnicourt

15 avril 1917

Observant que la 1e division australienne tenait une longueur de front de 12 km, le général Otto Von Moser, commandant le XIVe corps de réserve allemand, envisagea de détruire le matériel et l'armement ennemi avant de se retirer sur la ligne Hindenburg. Il fit part de son projet au commandement supérieur qui lui affecta une division supplémentaire pour renforcer son attaque.

Attaquant avec 23 bataillons venant de quatre divisions, les forces allemandes réussirent à percer la ligne de front australien à la jonction des deux premières divisions et à occuper le village de Lagnicourt en endommageant quelques pièces d'artillerie australienne.

Les contre-attaques des 9e et 20e bataillons australiens r√©tablirent la situation et l'attaque s'acheva avec 1 010 soldats australiens hors combat contre 2 313 pour les allemands[37].

Seconde bataille de la Scarpe

23-24 avril 1917

Une batterie de canons britanniques de 18 sous le feu allemand à Monchy-le-Preux le 24 avril. Au premier plan, un poste de secours avancé.

Le 23 avril, les Britanniques lancèrent une attaque à l'est de Wancourt vers Vis-en-Artois. Des éléments des 30e et 50e divisions réussirent à faire des avancées en s'emparant du village de Guémappe mais ne purent pas avancer plus à l'est et subirent de lourdes pertes[38]. Plus au nord, les forces allemandes contre-attaquèrent pour tenter de recupérer Monchy-le-Preux, mais les troupes du régiment royal de Terre-Neuve furent en mesure de tenir le village jusqu'à l'arrivée de renforts de la 29e division[38]. Le commandement britannique décida de ne pas poursuivre l'attaque face à l'importance de la résistance allemande et l'attaque fut annulée le lendemain[38].

La bataille d'Arleux

28-29 avril 1917

Bien que le Corps canadien ait r√©ussi √† prendre la cr√™te de Vimy, le poste restait vuln√©rable par suite des difficult√©s √† s'emparer des collines de Monchy-le-Preux sur son versant sud-est. Pour y rem√©dier, les troupes britanniques et canadiennes lanc√®rent une attaque sur Arleux-en-Gohelle le 28 avril[39]. Arleux fut pris par les troupes canadiennes avec une relative facilit√© mais les troupes britanniques avan√ßant sur Gavrelle rencontr√®rent une r√©sistance plus forte des Allemands. Elles r√©ussirent tout de m√™me √† s'en emparer en d√©but de soir√©e, m√™me si une contre-attaque allemande les obligea √† une courte retraite, gr√Ęce √† des √©l√©ments de la 63e division venus en renfort. Le 29 avril cependant, il n'y eut pas d'avanc√©e suppl√©mentaire[39]. M√™me si la s√©curisation de la position canadienne sur la cr√™te de Vimy avait r√©ussi, les pertes √©taient √©lev√©es et le r√©sultat final d√©cevant[32].

Soldats australiens le 8 mai

Seconde bataille de Bullecourt

3-17 mai 1917

La ligne Hindenburg près de Bullecourt, vue du ciel

Après un premier échec pour percer les lignes allemandes à Bullecourt, l'état-major britannique prépara un deuxième assaut. L'artillerie britannique commença un intense bombardement du village, qui, le 20 avril, avait été presque complètement détruit[40]. Bien que l'assaut de l'infanterie ait été initialement prévu pour le 20 avril, il fut repoussé à plusieurs reprises et finalement fixé au petit matin du 3 mai [40]. À 3 h 45, des éléments de la 2e division attaquèrent à l'est du village, espérant percer la ligne Hindenburg et s'emparer d'Hendecourt-lès-Cagnicourt tandis la 62e division britannique tentait de s'emparer de Bullecourt même[41]. La résistance allemande fut déterminée et, quand l'offensive fut annulée le 17 mai, très peu des objectifs initiaux avaient été atteints. Les Australiens étaient en possession d'une grande partie du système de tranchées allemandes entre Bullecourt et Riencourt-lès-Cagnicourt mais avait été incapable de s'emparer d'Hendecourt. À l'ouest, les troupes britanniques ont finalement réussi à repousser les Allemands hors de Bullecourt, mais, ce faisant, ont subi des pertes considérables et n'ont pas été capables d'avancer au nord-est d'Hendecourt[42].

Troisième bataille de la Scarpe

3‚Äď4 mai 1917

Apr√®s avoir s√©curis√© la zone autour d'Arleux, √† la fin du mois d'avril, les Britanniques d√©cid√®rent de lancer une autre attaque √† l'est de Monchy pour essayer de percer le Boiry Riegel ("verrou de Boiry") et atteindre la Wotanstellung, une des principales lignes de fortifications allemandes[32]. Elle fut programm√©e pour co√Įncider avec l'attaque australienne √† Bullecourt, afin d'affronter les Allemands simultan√©ment sur deux sites. Les Britanniques esp√®raiente qu'avec ce succ√®s, les Allemands seraient oblig√©s de battre en retraite vers l'Est. C'est avec cet objectif en t√™te que les Britanniques lanc√®rent une nouvelle attaque pr√®s de la Scarpe, le 3 mai. Cependant,aucune des deux arm√©es ne fut en mesure de faire d'avanc√©e significative et l'attaque fut annul√©e le lendemain apr√®s avoir essuy√©e de lourdes pertes[32]. Bien que cette bataille ait √©t√© un √©chec, les Britanniques en tir√®rent d'importantes le√ßons sur la n√©cessit√© d'une √©troite liaison entre la cavalerie, l'infanterie et l'artillerie, le√ßons qu'ils purent appliquer plus tard √† la bataille de Cambrai[32].

Conséquences

Troupes britanniques allant se reposer après la bataille d'Arras

La bataille terminée, les forces britanniques remontèrent vers le nord, vers la crête de Messines occupée par l'ennemi et qui surplombe la région d'Ypres.

Selon les normes du front de l'Ouest, les gains des deux premiers jours ont √©t√© tout simplement spectaculaires. Une grande partie du terrain fut acquise avec relativement peu de victimes et un certain nombre de points strat√©giques importants ont √©t√© pris, notamment la cr√™te de Vimy. En outre, l'offensive r√©ussit √† attirer les troupes allemandes loin de l'offensive fran√ßaise dans le secteur de l'Aisne[28]. √Ä maints √©gards, la bataille peut √™tre consid√©r√©e comme une victoire pour les Britanniques et leurs alli√©s, mais ces gains ont √©t√© compens√©s par des pertes √©lev√©es et surtout l'√©chec de l'offensive fran√ßaise sur l'Aisne. √Ä la fin de l'offensive, les Britanniques avaient perdu plus de 150 000 hommes et fait peu de gains en dehors du premier jour[27]. Ils furent incapables d'op√©rer une perc√©e et la situation se trouva dans l'impasse. Bien que les historiens consid√®rent g√©n√©ralement que la bataille est une victoire pour les Britanniques, elle eut tr√®s peu d'impact sur la situation strat√©gique ou tactique[27],[28]. Ludendorff commenta la bataille ainsi: "il y avait sans aucun doute des objectifs strat√©giques extr√™mement importants derri√®re l'attaque britannique, mais je n'ai jamais pu savoir lesquels c'√©tait"[36].

Du c√īt√© des Alli√©s, vingt-cinq Croix de Victoria furent octroy√©es ult√©rieurement. Du c√īt√© allemand, le 24 avril 1917, Guillaume II d√©cerna √† von Lossberg des feuilles de ch√™ne (l'√©quivalent de la barre suppl√©mentaire britannique pour une d√©coration d√©j√† attribu√©e) sur sa m√©daille Pour le M√©rite qu'il avait re√ßu √† la bataille de la Somme, en septembre de l'ann√©e pr√©c√©dente[43].

Victimes

Les chiffres de victimes les plus cit√©s sont ceux des Alli√©s lors des d√©clarations faites par le lieutenant g√©n√©ral Sir George Fowke, adjoint du g√©n√©ral Haig. Ses chiffres collectent les listes quotidiennes de victimes tenues par chaque unit√© sous le commandement de Haig[44]. Les pertes de la IIIe arm√©e furent de 87 226 hommes; celles de la Ie arm√©e de 46 826 (y compris les 11 004 Canadiens de la bataille de la cr√™te de Vimy) et celles de la Ve arm√©e de 24 608; soit un total de 158 660 personnes[45]. Les pertes allemandes en revanche sont plus difficiles √† d√©terminer. Les "groupes Vimy" et "Souchez" eurent 79 418 victimes mais les chiffres du "groupe Arras" sont incomplets. En outre, les archives allemandes excluaient les "personnes l√©g√®rement bless√©es"[46]. Le capitaine Cyril Falls (l'historien britannique officiel de la bataille) estime qu'il faut ajouter 30% aux r√©sultats allemands pour permettre la comparaison avec les Britanniques[46]. Falls estime que les pertes allemandes √©taient ¬ę probablement √† peu pr√®s √©gales ¬Ľ √† celles des Britanniques[46]. Nicholls les estime √† 120 000 personnes[45] et John Keegan √† 130 000[4].

Devenir des officiers en chefs

Bien que Haig ait rendu hommage à Allenby pour son plan qui fut un "grand succès initial"[47], les subordonnés d'Allenby contestèrent la façon dont il avait dirigé les combats. Il fut envoyé commander la force expéditionnaire égyptienne en Palestine. Il considéra cette mutation comme une sanction mais il se racheta en battant les Ottomans en 1917-18[47]. Haig resta à son poste jusqu'à la fin de la guerre.

Quand il devint évident que le facteur majeur dans le succès britannique avait été les erreurs de commandement au sein de sa propre armée, Ludendorff déchargea de leurs postes plusieurs officiers, dont le général von Falkenhausen[32]. Falkenhausen fut retiré de la VIe armée et n'a jamais reçu de nouveau commandement. Il passa le reste de la guerre en tant que gouverneur-général de la Belgique. Au début de 1918, The Times a publié un article - intitulé "Falkenhausen Reign of Terror" - qui décrit les 170 exécutions de civils belges qui ont eu lieu pendant qu'il était gouverneur[48].

Ludendorff et Von Lossberg tir√®rent une grande le√ßon de la bataille. Ils avaient d√©couvert que, bien que les Alli√©s soient capables de percer le front, ils ne pourraient sans doute pas capitaliser leur succ√®s s'ils √©taient confront√©s √† un ennemi mobile et habile[49]. Ludendorff ordonna imm√©diatement une formation tactique en "guerre de mouvement" pour que ses divisions puissent contre-attaquer[49]. Von Lossberg fut rapidement promu g√©n√©ral et dirigea la d√©fense allemande pendant les offensives de Haig en Flandres au cours de l'√©t√© et l'automne suivant. (Von Lossberg devait devenir plus tard ¬ęl√©gendaire comme le pompier du front de l'Ouest, toujours envoy√© par le commandement en chef sur les zones en crise¬Ľ[11].)

Conclusion

Au terme de l'offensive, les pertes britanniques s'√©l√®vent √† 150 000 hommes tu√©s, bless√©s ou faits prisonniers. Les pertes allemandes atteignent 100 000 hommes. Aucune perc√©e strat√©gique ne fut accomplie.

Références

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  7. ‚ÜĎ a, b et c Keegan (London), 377‚Äď379
  8. ‚ÜĎ Nicholls, 23
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  11. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f Lupfer, Chap.1
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  31. ‚ÜĎ a, b et c Liddell Hart
  32. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f Oldham, 38‚Äď40
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  34. ‚ÜĎ The Times, 20 avril 1917, "Winning of the High Ground", p 6
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  37. ‚ÜĎ Bean, Vol IV, Ch X
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  44. ‚ÜĎ Preserved at the British Public Records Office
  45. ‚ÜĎ a et b Nicholls, 210‚Äď211
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  48. ‚ÜĎ The Times, 6 January 1918, page 9
  49. ‚ÜĎ a et b Buffetaut, 122

Bibliographie

Liens externes

Place centrale, Arras, France. Février 1919

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