Bataille De Verdun

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Bataille De Verdun

Bataille de Verdun

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Bataille de Verdun
Battle of Verdun
Carte du front
Situation le 21 FĂ©vrier 1916
Informations générales
Date 21 fĂ©vrier – 19 dĂ©cembre 1916
Lieu Verdun, France
Issue Victoire française
Belligérants
Commandants
Philippe PĂ©tain
Robert Nivelle
Erich von Falkenhayn
Guillaume de Prusse
Forces en présence
le 21 fĂ©vrier 1916 :
30 000 hommes ;
281 piĂšces d'artillerie ;
le 28 mai :
1 727 piĂšces d'artillerie
le 21 fĂ©vrier 1916 :
150 000 hommes,
1257 piĂšces d'artillerie ;
le 28 mai :
2 200 piĂšces d'artillerie
Pertes
163 000 morts
260 000 blessés
143 000 morts
236 000 blessés
PremiĂšre Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Ouest

Frontiùres – Liùge – Anvers – Yser – Grande Retraite – Marne (1914) – Course à la mer – 1re Messines – Neuve Chapelle – Ypres (1915) – Artois (05-1915) – Artois (09-1915) – Loos – Hartmannswillerkopf – Verdun – Hulluch – Somme – Cîte 70 – Arras (1917) – Vimy – Chemin des Dames – 2e Messines – Passchendaele – Cambrai (1917) – Cambrai (1918) – Michael – Amiens (1918) – Lys – Aisne (1918) – Bois Belleau – Marne (1918) – Chñteau-Thierry – Hamel – Cent-Jours


Front italien
1re Isonzo – 2e Isonzo – 3e Isonzo – 4e Isonzo – 5e Isonzo – 6e Isonzo – 7e Isonzo – 8e Isonzo – 9e Isonzo – 10e Isonzo – Mont Ortigara – 11e Isonzo – Caporetto (12e Isonzo) – Piave –Vittorio Veneto –


Front de l’Est
Stalluponen – Gumbinnen – Tannenberg – Lemberg – Krasnik – Lacs de Mazurie (I) – Przemyƛl – Vistule – ƁódĆș – Bolimov – Lacs de Mazurie (II) – Gorlice-TarnĂłw – Varsovie – Lac Naroch – Offensive Brusilov – Offensive Kerensky


Afrique et Méditerranée
Lai – Sandfontein – Tanga – Dardanelles – Naulila – Jassin – Gibeon – Bukoba – Salaita – Beringia – Negomano


Batailles navales
1re Heligoland – Penang – Coronel – Falklands – Dogger Bank – Gotland – Juttland – Pas-de-Calais – DĂ©troit de Muhu – 2e Heligoland – Zeebruges – 1er Ostende – 2e Ostende

La bataille de Verdun fut une bataille de la PremiĂšre Guerre mondiale qui eut lieu du 21 fĂ©vrier au 19 dĂ©cembre 1916 prĂšs de Verdun en France, opposant les armĂ©es française et allemande. Conçue par von Falkenhayn comme une bataille d'attrition pour « saigner Ă  blanc l'armĂ©e française Â»[1] sous un dĂ©luge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se rĂ©vĂ©lera en fait presque aussi coĂ»teuse pour l'attaquant : elle fit plus de 300 000 morts (163 000 soldats français et 143 000 allemands) et se termina par un retour Ă  la situation antĂ©rieure. ParallĂšlement, de juillet Ă  novembre, l'armĂ©e britannique sera engagĂ©e dans la bataille de la Somme, tout aussi sanglante pour des rĂ©sultats Ă©galement mineurs.

Alors que, cĂŽtĂ© allemand, ce sont pour l'essentiel les mĂȘmes corps d'armĂ©e qui livreront toute la bataille, l'armĂ©e française fera passer Ă  Verdun, par rotation, 70 % de ses Poilus, ce qui contribua Ă  l'importance symbolique de cette bataille et Ă  la renommĂ©e du gĂ©nĂ©ral PĂ©tain qui commanda la premiĂšre partie de la bataille. C'est au gĂ©nĂ©ral Robert Georges Nivelle que revint le mĂ©rite de l'enrayement dĂ©finitif de l'offensive allemande (juin - juillet 1916), puis de la reconquĂȘte du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la rĂ©cupĂ©ration du fort de Douaumont, aidĂ© en cela par son subordonnĂ© Charles Mangin.

RĂ©trospectivement, Verdun apparaĂźt comme le lieu d’une des batailles les plus inhumaines auxquelles l’homme s'est livrĂ© : l'artillerie y cause 80 % des pertes, le rĂŽle des hommes y consiste surtout Ă  survivre -- et mourir -- dans les pires conditions sur un terrain transformĂ© en enfer, tout cela pour un rĂ©sultat militaire nul.

Verdun sera, comme la Somme, une terrible leçon que certains thĂ©oriciens militaires allemands sauront comprendre. L'immobilitĂ© du front, malgrĂ© les moyens engagĂ©s, est due Ă  l'absence de moteur : en 1940, soumise au feu motorisĂ© des panzers, Verdun tombera en 24 heures.

Sommaire

Contexte au dĂ©but de l’annĂ©e 1916

Pour tous rangs français[2]. La guerre sera non seulement longue mais aussi meurtriÚre.

En cette fin d’annĂ©e 1915, les effets de la guerre deviennent difficilement supportables pour l’ensemble des belligĂ©rants. L’ensemble des couches de la sociĂ©tĂ© est touchĂ©. Il devient urgent d’emporter la dĂ©cision. Cela fait un an et demi que la guerre a commencĂ©.

Stratégies pour débloquer la situation

Pour le commandement français , dirigĂ© par le gĂ©nĂ©ral Joffre, la guerre de mouvement reste d’actualitĂ©. Le chef des armĂ©es prĂȘte toute son attention Ă  la prĂ©paration d’une offensive importante sur la Somme. Il faut percer, reprendre la guerre de mouvements et en finir.

Pour le commandement allemand, en la personne du gĂ©nĂ©ral von Falkenhayn, chef de l’état major impĂ©rial, ce n’est pas tout Ă  fait la mĂȘme façon d’aborder le problĂšme. Effectivement, il faut en finir avec ce conflit, car pour lui, l'Angleterre cherche Ă  asphyxier les empires centraux dans une guerre d'usure. Mais pour cela il faut rendre la guerre coĂ»teuse aux Anglais par une nouvelle mĂ©thode, la guerre sous-marine, et surtout il faut dĂ©truire les forces françaises : « les forces de la France seront saignĂ©es Ă  mort
 que nous atteignions notre objectif ou non Â»[3]. Le caractĂšre extrĂ©miste de ces propos laisse augurer de la sauvagerie dans les combats Ă  venir. Le but est de dĂ©courager la France qui devrait ainsi demander grĂące.

Le site de Verdun est finalement choisi pour de multiples raisons:

  • Tout d'abord, c’est une position stratĂ©gique importante car elle se trouve Ă  proximitĂ© immĂ©diate des usines d’obus de Briey-Thionville et du complexe ferroviaire de Metz[4] ;
  • Aussi, c’est un symbole populaire qui ne peut ĂȘtre abandonnĂ© Ă  l’ennemi puisqu'il est le lieu du partage de Verdun entre les petits-fils de Charlemagne en 843 mettant en place l'apparition de la Francie occidentale, selon le traitĂ© de Verdun[5]. Du fait de cet hĂ©ritage historique, on suppose que les troupes françaises prĂ©fĂšreront mourir sur place plutĂŽt que de reculer ;
  • Enfin, il est clair aussi que les Allemands mettent en Ɠuvre leur plan d'attaque plus rapidement que les Français. Sinon, la confrontation aurait trĂšs certainement eu lieu sur la Somme[6].

État de la dĂ©fense de Verdun dĂ©but 1916

Panorama de Verdun, vue prise du Fort de la Chaume

C’est un saillant des lignes françaises, cernĂ© de tous les cĂŽtĂ©s, la Meuse compliquant la dĂ©fense du secteur. Par surcroĂźt, les voies de chemin de fer qui en temps de paix alimentent Verdun sont toutes interrompues ou sous le feu de l'artillerie allemande. Dans le saillant, se trouvent plusieurs forts dont ceux de Douaumont et de Vaux. Mais depuis la destruction des fortifications de LiĂšge, Namur et Maubeuge par les obusiers allemands, le commandement français ne croit plus aux places fortes. Les canons des forts de Verdun sont retirĂ©s par dĂ©cret du 5 aoĂ»t 1915, diminuant ainsi trĂšs fortement leur capacitĂ© opĂ©rationnelle[7]. Joffre a besoin de ces canons pour l’offensive qu’il projette. De mĂȘme, les garnisons occupant les forts sont rĂ©duites bien souvent Ă  quelques dizaines de combattants, voire moins.

Le systÚme de défense est lui aussi parfois ramené à une tranchée au lieu de trois. Les barbelés sont en mauvais état. Les effectifs sont réduits et moins organisés. Tout cela laisse penser qu'une attaque allemande chercherait à gagner du terrain.

Le calme relatif dont a bĂ©nĂ©ficiĂ© le secteur au cours des derniers mois de 1915 pourrait expliquer le peu d’intĂ©rĂȘt portĂ© par le commandement français pour cette section du front.

Pour ravitailler le secteur, il ne reste plus qu’un chemin de fer Ă  voie Ă©troite (le Chemin de fer meusien) reliant Bar-le-Duc Ă  Verdun, la prise de Saint-Mihiel par les Allemands en 1914 coupant dĂ©finitivement la ligne de chemin de fer Ă  voie normale reliant Verdun Ă  Nancy par Saint Mihiel. VĂ©ritable tortillard, le Chemin de fer meusien est impropre au transport de matĂ©riel lourd. ParallĂšlement au Chemin de fer meusien se trouve une route dĂ©partementale que Maurice BarrĂšs appela « la voie sacrĂ©e Â»[8]. Ce manque de voies de communication avec l’arriĂšre rend encore plus fragile cette partie du front.

L’attaque fut-elle une surprise ?

Carte de Verdun et de ses environs

Le gĂ©nĂ©ral allemand Falkenhayn choisit donc Verdun pour sa vulnĂ©rabilitĂ© et aussi du fait qu’il n’aura pas Ă  dĂ©placer beaucoup de troupes. Comptant sur la supĂ©rioritĂ© allemande en artillerie lourde, il va employer la mĂ©thode du Trommelfeuer : une prĂ©paration d’artillerie en « roulement de tambour Â» qui devrait permettre de niveler le terrain Ă  conquĂ©rir.

Les Allemands amassent face Ă  Verdun quelque 1 225 piĂšces d’artillerie de tous calibres dont 542 obusiers lourds. En moyenne, on peut compter un mortier rapide de 210 mm tous les 150 m. Ils dĂ©ploient 13 obusiers Krupp de 420 mm, 17 obusiers Skoda de 305 mm (Skoda deviendra plus tard tchĂ©coslovaque), 2 piĂšces de marine de 380 mm et les munitions en consĂ©quence, environ 2 500 000 obus. Ils massent 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrĂ©s (stollen)[9].

Sur les vingt divisions affectées à l'opération, dix sont prévues pour la bataille proprement dite, les dix autres étant réservées pour une éventuelle bataille décisive sur un autre secteur dégarni en conséquence.

Tous ces prĂ©paratifs ne peuvent Ă©chapper Ă  l’attention des dĂ©fenseurs de Verdun qui ne manquent pas de rapporter le renseignement aux plus hautes instances militaires.

Ainsi le lieutenant-colonel Driant, commandant des et bataillons de chasseurs, profite de sa qualitĂ© de parlementaire, membre de la commission de la dĂ©fense nationale, pour attirer l’attention du commandement sur le secteur[10].

Joffre envoie un dĂ©tachement du gĂ©nie, mais il est bien tard. Le gĂ©nĂ©ral Herr, chef de la rĂ©gion fortifiĂ©e de Verdun, dit lui-mĂȘme « chaque fois que je demande des renforts d’artillerie, le GQG rĂ©pond en me retirant deux batteries ! Â»

Depuis la mi-janvier, les préparatifs allemands sont confirmés par le 2e bureau des services de renseignements français, par la reconnaissance aérienne qui prend des photographies inquiétantes et par des déserteurs alsaciens et lorrains. Joffre reste sourd à ces renseignements.

L’apocalypse sur la rive droite de la Meuse

Le lundi 21 fĂ©vrier 1916 vers 7 heures, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais Ă©piscopal de Verdun. C’est le dĂ©but d’une bataille inhumaine — opĂ©ration baptisĂ©e Gericht (tribunal) par les Allemands — qui dure dix mois et fait plus de 300 000 morts et 500 000 blessĂ©s[11].

Un dĂ©luge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomĂštres (le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, Ă  150 km). Deux millions d’obus — un obus lourd toutes les trois secondes — tombent sur les positions françaises en deux jours[12].

À 16 heures, le mĂȘme jour, 60 000 soldats allemands passent Ă  l’attaque sur un front de six kilomĂštres au bois des Caures, croyant s'attaquer Ă  des troupes Ă  l'agonie, totalement dĂ©sorganisĂ©es[13]. L’infanterie allemande effectue une progression limitĂ©e, amĂ©nage immĂ©diatement le terrain afin de mettre l’artillerie de campagne en batterie. La portĂ©e ainsi augmentĂ©e, les canons allemands menacent directement les liaisons françaises entre l’arriĂšre et le front.

Les forces françaises sont Ă©crasĂ©es par cette pluie d’acier. Le lieutenant-colonel Driant trouve la mort le 22 fĂ©vrier dans le bois des Caures. Avec lui, 1 120 hommes tombent. Il n’y aura que 110 rescapĂ©s parmi les et bataillon de chasseurs Ă  pied[14]. Sur le reste du secteur, les dĂ©fenses sont broyĂ©es, disloquĂ©es, Ă©crasĂ©es. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacĂ©s par un dĂ©cor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont dĂ©chiquetĂ©s, hachĂ©s, nivelĂ©s. DerriĂšre le feu roulant, le 7e corps rhĂ©nan, le 18e hessois et le 3e brandebourgeois avancent lentement.

Le fort de Douaumont, qui n’est dĂ©fendu que par une soixantaine de territoriaux, est enlevĂ© dans la soirĂ©e du 25 fĂ©vrier 1916 par le rĂ©giment brandebourgeois. Ce succĂšs fut immense pour la propagande allemande et une consternation pour les Français. Par la suite, 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies diffĂ©rentes occupent Douaumont qui devient le point central de la dĂ©fense allemande sur la rive droite de la Meuse. Par cette prise, les Allemands ne se retrouvent plus qu'Ă  5 km de la ville de Verdun, se rapprochant inexorablement[15].

MalgrĂ© tout, la progression allemande est trĂšs fortement ralentie. En effet, la prĂ©paration d’artillerie prĂ©sente des inconvĂ©nients pour l’attaquant. Le sol, labourĂ©, devient contraignant, instable, dangereux. Bien souvent, la progression des troupes doit se faire en colonne, en Ă©vitant les obstacles.

Contre toute attente, les Allemands trouvent une opposition Ă  leur progression. Chose incroyable, dans des positions françaises disparues, des survivants surgissent. Des poignĂ©es d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent, Ă  l’endroit oĂč ils se trouvent. Une mitrailleuse suffit Ă  bloquer une colonne ou la tĂȘte d’un rĂ©giment. Les combattants français, dans un piteux Ă©tat, rĂ©sistent avec acharnement et parviennent Ă  ralentir ou Ă  bloquer l’avance des troupes allemandes.

Un semblant de front est reconstituĂ©. Les 270 piĂšces d’artillerie françaises tentent de rendre coup pour coup. Deux divisions françaises sont envoyĂ©es rapidement en renfort, le 24 fĂ©vrier 1916, sur ce qui reste du front. Avec les survivants du bombardement, elles arrĂȘtent la progression des troupes allemandes. Joffre fait appeler en urgence le gĂ©nĂ©ral de Castelnau Ă  qui il donne les pleins pouvoirs afin d'Ă©viter la rupture des lignes françaises et une Ă©ventuelle retraite des troupes en catastrophe. Le gĂ©nĂ©ral donne l’ordre le 24 fĂ©vrier de rĂ©sister sur le rive droite de la Meuse, du cĂŽtĂ© du fort de Douaumont, au nord de Verdun. La progression des troupes allemandes est ainsi stoppĂ©e grĂące aux renforts demandĂ©s par Castelnau jusqu'au lendemain, jour de la prise du fort de Douaumont.

C’est la fin de la premiĂšre phase de la bataille de Verdun. Manifestement, les objectifs de Falkenhayn ne sont pas atteints. Un front trop limitĂ©, un terrain impraticable et la hargne du soldat français semblent avoir eu raison du plan de l’Allemand.

Le commandement français réagit

Soldats français

Le 25 fĂ©vrier 1916, Joffre dĂ©cide de l'envoi Ă  Verdun de la 2e ArmĂ©e, qui avait Ă©tĂ© placĂ©e en rĂ©serve stratĂ©gique, et dont le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain Ă©tait le commandant depuis le 21 juin 1915. Il lui confie le commandement en chef du secteur de Verdun.

C'est dans l'hĂŽtel oĂč il se trouve avec sa maĂźtresse que PĂ©tain est averti de son affectation par son ordonnance, qu’il rejoint aussitĂŽt.

Philippe PĂ©tain est un fantassin de formation qui a le respect du feu. Ne rĂ©pĂšte-t-il pas sans cesse « le feu tue Â» ? Pour lui la progression de l'infanterie doit s'effectuer avec l’appui de l’artillerie. L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, la justesse de sa tactique a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e. Il est Ă©conome des efforts de ses hommes. Il veille Ă  adoucir au maximum la duretĂ© des Ă©preuves pour ses troupes.

Dans un premier temps, le gĂ©nĂ©ral PĂ©tain rĂ©organise la dĂ©fense. Elle s’articule sur les deux rives de la Meuse. Une artillerie renforcĂ©e dans la mesure des disponibilitĂ©s couvre les unitĂ©s en ligne. Les forts sont rĂ©armĂ©s. Pour mĂ©nager ses troupes, il impose « le tourniquet Â». Les troupes se relaient pour la dĂ©fense de Verdun. En juillet, 70 des 95 divisions françaises ont participĂ© Ă  la bataille[16].

Dans un second temps, il rĂ©organise la logistique. La seule voie de ravitaillement possible consiste en une voie ferrĂ©e sinueuse doublĂ©e d’une route dĂ©partementale. La route ne fait que sept mĂštres de large et se transforme en bourbier dĂšs les premiĂšres pluies. Sur ces 56 km de piste, il fait circuler une succession ininterrompue de camions roulant jour et nuit.

Cette artĂšre vitale pour le front de Verdun est appelĂ©e « La Voie SacrĂ©e Â» par Maurice BarrĂšs. Il y circule plus de 3 000 camions, un toutes les quinze secondes. 90 000 hommes et 50 000 tonnes de munitions sont transportĂ©s chaque semaine.

Des carriÚres sont ouvertes dans le calcaire avoisinant. Des territoriaux et des civils empierrent en permanence la route. Des milliers de tonnes de pierres sont jetées sous les roues des camions qui montent et descendent du front. Les deux files font office de rouleau compresseur et dament les pierres.

Un rĂšglement draconien rĂ©git l’utilisation de cette route. Il est interdit de stationner. Le roulage se fait pare-choc contre pare-choc, de jour comme de nuit. Le flot ne doit s’interrompre sous aucun prĂ©texte. Tout vĂ©hicule en panne est poussĂ© au fossĂ©.

Enfin, il rĂ©organise l’artillerie. L’artillerie lourde restante est rĂ©cupĂ©rĂ©e. Un groupement autonome est crĂ©Ă© et directement placĂ© sous ses ordres. Cela permet de concentrer les feux sur les points les plus menacĂ©s. Ces changements apportĂ©s Ă  cette partie du front font remonter le moral de la troupe qui sent en PĂ©tain un vĂ©ritable chef qui les soutient dans l’effort et la souffrance.

Pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la guerre, l'aviation intervient de maniĂšre vĂ©ritablement organisĂ©e avec la crĂ©ation de la premiĂšre grande unitĂ© de chasse, chargĂ©e de dĂ©gager le ciel des engins ennemis, et de renseigner le commandement sur les positions et les mouvements de l'adversaire : « Je suis aveugle, dĂ©gagez le ciel et Ă©clairez-moi Â», leur dira-t-il. Les Allemands sont arrĂȘtĂ©s Ă  quatre kilomĂštres de leurs positions de dĂ©part, avance trĂšs faible eu Ă©gard aux moyens qu'ils ont engagĂ©s.

Les combats se livrent sur les deux rives de la Meuse

Le Kronprinz supplie Falkenhayn d’attaquer la rive gauche pour faire taire les canons français. Les Allemands attaquent autour du Mort-Homme, du cĂŽtĂ© de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de CumiĂšre et du bois des Corbeaux. Puis ils attaquent sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la CĂŽte du Poivre et d’Avocourt. Ce sont Ă  chaque fois des boucheries pour les deux camps. En ces lieux, ces hommes ont fait preuve tout Ă  la fois de courage, de dĂ©sespoir, de sacrifice et d’abnĂ©gation.

Sur ces positions, l’armĂ©e française est impitoyablement usĂ©e et saignĂ©e Ă  blanc. Nombreuses sont les unitĂ©s qui doivent ĂȘtre entiĂšrement reconstituĂ©es Ă  plusieurs reprises ou qui disparaissent.

Le 6 mars 1916, les Allemands pilonnent et attaquent le Mort-homme sur la rive gauche. Mais le feu français les arrĂȘte. Cette « bataille dans la bataille Â» va durer jusqu’au 15 mars. Au cours de ces 10 jours, le secteur est transformĂ© en dĂ©sert. Les combattants des deux bords y connaissent toutes les souffrances.

Le Mort-Homme et la cĂŽte 304 en mai 1916

SimultanĂ©ment, le 7 mars 1916, les Allemands lancent une offensive sur la rive droite, Ă  partir de Douaumont. Cette partie du front fut le secteur le plus durement touchĂ© de la bataille. Le fort de Souville (aujourd'hui totalement en ruine), l'ouvrage de Thiaumont (totalement rayĂ© du paysage), l'ouvrage de Froideterre (qui a bien rĂ©sistĂ©, bien que les diffĂ©rents organes du fort ne soient pas reliĂ©s par des souterrains) permirent Ă  l'armĂ©e française de s'accrocher sur la derniĂšre position haute dominant la ville de Verdun. Le village de Fleury-devant-Douaumont fut le thĂ©Ăątre de combats particuliĂšrement intenses, il fut pris et repris seize fois. Mais les Allemands n'iront pas plus loin. Ce village, qui fait aujourd'hui partie des huit villages fantĂŽmes de France (qui ont un maire, mais n'ont plus d'habitants), a reprĂ©sentĂ© l'avance extrĂȘme de l'armĂ©e allemande devant Verdun.

Le saillant de Verdun se transforme en une innommable boucherie oĂč la sauvagerie l’emporte sur toute sorte de compassion.

Le fer, le feu et la boue forment la triade infernale composant la vie du « poilu Â», mais aussi celle du « feldgrau Â» allemand.

PĂ©tain rĂ©clame des renforts Ă  Joffre. Mais ce dernier privilĂ©gie sa future offensive sur la Somme. Cela fait dire Ă  PĂ©tain « Le GQG me donne plus de mal que les Boches Â».

La 11e division bavaroise investit, le 20 mars, la cote 304 qui couvrait de son feu le Mort-Homme. MalgrĂ© ces succĂšs, l’offensive gĂ©nĂ©rale allemande sur les deux rives de la Meuse est arrĂȘtĂ©e par les Français. « Les assauts furieux des armĂ©es du Kronprinz ont partout Ă©tĂ© brisĂ©s. Courage
 on les aura! Â» dira PĂ©tain.

Au dĂ©but de la bataille les effectifs français Ă©taient de 150 000 hommes. En avril, ils s'Ă©lĂšvent Ă  525 000 hommes. Cette concentration humaine sur une si faible surface pourrait expliquer dans une certaine mesure le bain de sang que constitue Verdun. Cependant, les Allemands Ă©tant arrĂȘtĂ©s, Joffre veut quelqu’un de plus offensif. Il nomme PĂ©tain chef du Groupe d’ArmĂ©es Centre et Nivelle Ă  Verdun.

Ce dernier charge le gĂ©nĂ©ral Mangin de reprendre le fort de Douaumont. La bataille s’engage par six jours de pilonnage du fort par les Français. L’infanterie prend pied sur le fort le 22 mai, mais en est chassĂ©e le 24.

Durant ce temps, 10 000 Français tombent pour garder la cote 304 oĂč les Allemands sont accrochĂ©s sur les pentes.

L’artillerie, piĂšce maĂźtresse de ce champ de bataille, est toujours en faveur du cĂŽtĂ© allemand avec 2 200 piĂšces Ă  ce moment lĂ  pour 1 800 piĂšces cĂŽtĂ© français. On dirait que Verdun agit comme catalyseur. Les belligĂ©rants ne semblent plus pouvoir renoncer et sont condamnĂ©s Ă  investir de plus en plus de forces sur ce champ de bataille qui a dĂ©jĂ  tant coĂ»tĂ©.

Falkenhayn reprend l’offensive sur la rive droite de la Meuse. Sur un front de six kilomĂštres, les Allemands sont Ă  quatre contre un. Ils mettent les moyens pour emporter la dĂ©cision qui tarde depuis si longtemps. À trois kilomĂštres au sud-est de Douaumont se trouve le fort de Vaux. Il est dĂ©fendu par une garnison de 600 hommes. L’eau, les vivres et l’artillerie sont en quantitĂ© insuffisantes. AprĂšs une intense prĂ©paration d’artillerie, le 1er juin, l’infanterie allemande se lance Ă  l’attaque du fort. Le 2 juin, ils pĂ©nĂštrent dans l’enceinte. Toutefois, il faut encore « nettoyer Â» la place. Les combats se livrent couloir par couloir. Il faut gazer la garnison pour la rĂ©duire. Une expĂ©dition de secours est anĂ©antie le 6 juin. Finalement, le commandant Raynal, chef de la place, capitule car les rĂ©serves d'eau a l'intĂ©rieur du fort sont tombĂ©es Ă  zĂ©ro. Les honneurs sont rendus par l’ennemi aux dĂ©fenseurs de la place.

Les Allemands sont tout prĂšs de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathĂ©drale. Falkenhayn croit la victoire Ă  sa portĂ©e. Le 18 juin 1916 il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgĂšne. Mais, les 70 000 Allemands doivent attendre, l’arme Ă  la bretelle, que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps prĂ©cieux est mis Ă  profit par les forces françaises pour renforcer la position. Lorsque l’assaut recommence le 23 juin il rĂ©ussit a occuper la crete de Fleury. Puis les Allemands repartent a l'assaut le 11 Juillet aprĂšs une prĂ©paration d'artilleie de trois jours visant le Fort de Souville. Ce dernier est Ă©crase par les obus de tres gros calibre car il est le dernier arrĂȘt avant la descente sur la ville de Verdun. NĂ©ammoins l'artillerie de 75 lointaine ainsi que des mitrailleurs sortis des niveaux infĂ©rieurs du Fort de Souville portent un coup d'arrĂȘt dĂ©finitif aux vagues d'assaut allemandes. Une cinquantaine de fantassins allemand parviennent quand mĂȘme au sommet du fort mais ils sont faits prisonniers ou regagnent leurs lignes : le Fort de Souville Ă©tait dĂ©finitivement dĂ©gagĂ© le 12 juillet dans l'aprĂšs midi. Souville marque donc l'Ă©chec dĂ©finitif de la derniĂšre offensive allemande sur Verdun en 1916.

Le sort de la bataille bascule

En effet, les alliĂ©s ont attaquĂ© sur la Somme (Bataille de la Somme). Les Russes avancent sur le front oriental. Les Italiens font reculer les Autrichiens. Des troupes et de l’artillerie ont Ă©tĂ© prĂ©levĂ©es sur le front de Verdun. Ces conditions compliquent la situation du commandement allemand pour continuer les opĂ©rations Ă  Verdun.

Le 11 juillet, Falkenhayn lance l’offensive de la derniĂšre chance. Elle est bloquĂ©e par le fort de Souville, Ă  trois kilomĂštres de la ville de Verdun. À ce moment, les Allemands perdent l’initiative.

Du 21 au 24 octobre les Français pilonnent les lignes ennemies. ÉcrasĂ©s et gazĂ©s par des obus de 400 mm, les Allemands Ă©vacuent Douaumont le 23 octobre. Les batteries ennemies repĂ©rĂ©es sont dĂ©truites par l’artillerie française.

Puis, le 24 octobre, trois divisions françaises passent Ă  l’attaque sur un front de sept kilomĂštres. Douaumont est repris et 6 000 Allemands capturĂ©s.

Le 2 novembre, le fort de Vaux est Ă©vacuĂ© par les Allemands. À la mi-dĂ©cembre, les troupes allemandes sont refoulĂ©es sur leurs positions de dĂ©part.

Bilan

Les pertes ont Ă©tĂ© considĂ©rables, pour un gain en territoires conquis nul. AprĂšs 10 mois d’atroces souffrances pour les deux camps, la bataille aura coĂ»tĂ© 378 000 hommes (62 000 tuĂ©s, plus de 101 000 disparus, et plus de 215 000 blessĂ©s, souvent invalides) aux Français, 337 000 aux Allemands, 22 millions d’obus (une estimation parmi d'autres, aucun chiffres officiel n'existe[17]), dont un quart au moins n'ont pas explosĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le symbole de Verdun

La résistance des combattants français à Verdun est relatée dans le monde entier. La petite ville meusienne, surtout connue pour le traité de Verdun signé en 1918, acquiert une réputation mondiale. Cette victoire défensive est considérée par les combattants comme la victoire de toute l'armée française, dont la plus grande partie du contingent a participé aux combats. «Verdun, j'y étais!» affirment, avec un mélange de fierté et d'horreur rétrospective, les poilus qui en sont revenus. Pour la nation tout entiÚre, Verdun devient le symbole du courage et de l'abnégation.

DiplÎme décerné au lieutenant Brébant du 48e RI

Ils se sont battus Ă  Verdun

Un certain nombre d'acteurs célÚbres de la Seconde Guerre mondiale ont servi à Verdun, et les témoignages et les récits allemands sur la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est se réfÚrent fréquemment aux souvenirs et à l'expérience de la campagne de Verdun.

DÚs 1942, certains officiers allemands notent ainsi que l'armée rouge est capable de réunir des concentrations d'artillerie (comme on n'en à plus vu depuis la bataille de Douaumont). Futurs experts du Blitzkrieg, Heinz Guderian et von Manstein ont l'un et l'autre servi à Verdun, le premier à l'état-major de la 5e Armée, ou il était officier de renseignement adjoint, le second au sein de l'état-major de von Gallwitz.

Vingt-deux ans avant de diriger la 6e armĂ©e allemande Ă  Stalingrad, ce Verdun de la Volga, Friedrich Paulus a vĂ©cu la vĂ©ritable bataille, en 1916, il Ă©tait Oberleutnant au rĂ©giment de chasseurs prussiens, et il a participĂ© Ă  la bataille de Fleury au mois de juin. Gouverneur de Paris en 1942, le gĂ©nĂ©ral Carl-Heinrich von StĂŒlpnagel commandait un bataillon Ă  Verdun. Membre de la conspiration qui tenta de tuer Hitler en juillet 1944, il tenta de se suicider prĂšs du Mort-Homme, mais ne parvint qu'Ă  s'Ă©borgner. Il fut pendu quelques semaines plus tard.

L'un des meilleurs gĂ©nĂ©raux de Hitler, le gĂ©nĂ©ral Hans von Kluge, qui commandait le groupe d'armĂ©e B, et participa lui aussi au complot, avait Ă©tĂ© artilleur Ă  Verdun en 1917. Il parvint Ă  se suicider avant que les SS ne l'arrĂȘtent.

Le chef d'état-major de Hitler, le Generaloberst Wilhelm Keitel, servait à l'état-major du 10e corps de réserve, sur la rive droite de la Meuse, pendant l'été 1916. Citons encore, parmi les autres participants allemands à la bataille, le chef de la SA, Ernst Röhm, et son adjoint, Rudolf Hess.

Outre le MarĂ©chal PĂ©tain lui-mĂȘme, on relĂšve parmi les noms des vĂ©tĂ©rans français celui de son futur protĂ©gĂ©, puis adversaire, Charles de Gaulle. Le futur prĂ©sident fut blessĂ© et capturĂ© dĂ©but mars 1916, lorsque sa compagnie dut se rendre pres du village detruit de Douaumont.

L'amiral Darlan, commandant de la flotte française et vice-prĂ©sident du Conseil du gouvernement de Vichy, Ă©tait quant Ă  lui, lieutenant en 1916 ; il servait au sein d'une batterie d'artillerie navale dĂ©ployĂ©e Ă  Verdun.

Le gĂ©nĂ©ral Raoul Salan, qui devait mener le putsch des gĂ©nĂ©raux Ă  Alger, passa Ă©galement par Verdun en 1918. Enfin le plus cĂ©lĂšbre marĂ©chal de la Seconde Guerre mondiale, Jean de Lattre de Tassigny (marĂ©chal Ă  titre posthume, bien aprĂšs 1945, contrairement Ă  Juin), participa lui aussi Ă  la bataille. C'est lui qui arrĂȘta l'ancien Kronprinz, en 1945.

Le champ de bataille aujourd'hui

Le champ de bataille de 1916 conserve encore aujourd'hui la trace des impacts d'obus
médaille de Verdun au lieutenant Brébant du 48e R.I

Le champ de bataille a changĂ© d'aspect avec le temps. La " vaste bande brune " dĂ©crite par James McConnell a disparu sous une forĂȘt de conifĂšres dans les annĂ©es 1920. Certaines zones ont depuis Ă©tĂ© dĂ©boisĂ©es et rendues Ă  l'agriculture, le travail y reste Ă©prouvant, car les socs des charrues continuent d'arracher Ă  la terre d'impressionnantes quantitĂ©s d'obus non explosĂ©s. Ces derniers sont maintenant complĂštement rouillĂ©s, leur contenu s'Ă©chappe peu Ă  peu dans la terre, mais le "pop" sourd d'un obus Ă  gaz laissant Ă©chapper sa charge reste un rappel saisissant de ce qu'a pu ĂȘtre la bataille. Lorsqu'on se promĂšne dans la forĂȘt, on distingue encore nettement les bords des cratĂšres qui se chevauchent. Mais ce sont sans doute les emplacements des villages dĂ©truits qui constituent les vestiges les plus poignants : pratiquement aucune trace ne subsiste de leur existence, seule une petite chapelle s'Ă©lĂšve Ă  l'endroit oĂč se trouvait autrefois l'Ă©glise.

La construction de l'ossuaire de Douaumont Ă  dĂ©butĂ© en 1923. Les premiers corps y ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s Ă  partir de 1926, et le prĂ©sident Doumergue l'a inaugurĂ© en 1929. Un mĂ©morial juif y a Ă©tĂ© ajoutĂ© en 1938, mais il a fallu attendre 1971, pour qu'un mĂ©morial aux soldats musulmans morts pour la France soit Ă©galement Ă©rigĂ© (16 142 soldats musulmans reposent dans le cimetiĂšre de Fleury, tournĂ©s en direction de la Mecque)

Lieux importants

Fichier:Verdun memorial.jpg
Le mémorial de Verdun

À visiter

Les restes d'une tranchée dans une zone débroussaillée du champ de bataille (probablement la tranchée de Londres)

Voir aussi

Articles connexes

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Les peintres et photographes ayant immortalisé les faits

Bibliographie

  • Christophe GuĂ©, "Verdun", in François Lagrange (dir.), Inventaire de la Grande Guerre, Universalis, 2005.
  • Jean-Jacques Becker, Dictionnaire de la Grande Guerre, Bruxelles, AndrĂ© Versaille Ă©diteur, 2008.
  • Alexandre Niess « Du Chemin des Dames Ă  Verdun. CaractĂ©ristiques de la mĂ©moire de la PremiĂšre Guerre mondiale dans les monuments aux morts de la Zone Rouge» in Dan Brewer, Patricia Lorcin (dir.), Spaces of War. France and the Francophone World, University of Minnesota, Ă  paraĂźtre en 2008.

Notes et références

  1. ↑ 1914-18, la Der des Ders
  2. ↑ Serge Berstein & Pierre Milza, Histoire de la France au XXe siĂšcle, Éditions Complexe, 1999. Voir un aperçu de la page
  3. ↑ 1916, l'annĂ©e de Verdun
  4. ↑ Bataille de Verdun : un tournant de la PremiĂšre guerre mondiale
  5. ↑ TraitĂ© de Verdun
  6. ↑ Attaque allemande du 23 juin 1916 sur Verdun
  7. ↑ DES TRAVAUX EN COURS A L’EPREUVE DU FEU,1914-1918. IIe partie - La faillite de la fortification (1914-1915)
  8. ↑ . Cette ligne renommĂ©e « Voie sacrĂ©e Â» aprĂšs la guerre par Maurice BarrĂšs en rĂ©fĂ©rence Ă  la Via Sacra, route romaine menant au triomphe, immatriculĂ©e aujourd'hui RD1916 Ă©tait la seule route permettant de ravitailler les soldats français au front participant Ă  la bataille de Verdun. Pour plus d'informations voir Voie sacrĂ©e.
  9. ↑ L'histoire de Verdun
  10. ↑ Émile Driant, gendre du gĂ©nĂ©ral Boulanger mourra le 22 fĂ©vrier 1916 touchĂ© par une balle allemande au cours de la bataille de Verdun tandis qu'il briguait le siĂšge vide d'Albert de Mun Ă  l'AcadĂ©mie française
  11. ↑ Verdun dĂ©couverte - en 1916
  12. ↑ L'hĂ©roĂŻsme des poilus Ă  Verdun, symbole de la guerre industrielle
  13. ↑ La bataille de Verdun
  14. ↑ Émile Driant
  15. ↑ Le fort de Douaumont
  16. ↑ Le GĂ©nĂ©ral PĂ©tain, chef de guerre
  17. ↑ Entretien avec le responsable de l'unitĂ© de dĂ©minage de lorraine
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