Bataille De Valmy

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Bataille De Valmy

Bataille de Valmy

Bataille de Valmy
Valmy battle.jpg
Informations générales
Date 20 septembre 1792
Lieu Entre Sainte-Menehould et Valmy
Issue Victoire décisive française
Belligérants
Drapeau français Royaume de France Flag of Prussia (1750).gif Royaume de Prusse
Flag of Royalist France.svg Armée des émigrés
Commandants
François Christophe Kellermann
Charles François Dumouriez
Charles Guillaume Ferdinand de Brunswick
Forces en présence
50 000 hommes 80 000 hommes
Pertes
300 morts 184 morts
PremiĂšre coalition
Batailles
Guerre de la Coalition

Verdun â€” Thionville â€” Valmy â€” Lille â€” 1er Mayence â€” Jemappes â€” Namur â€” Neerwinden â€” Famars â€” 2e Mayence â€” 1er Arlon â€” Hondschoote â€” MĂ©ribel â€” Wattignies â€” Kaiserslautern â€” 2e Arlon â€” Tourcoing â€” Tournai â€” Ouessant (navale) â€” Fleurus â€” Calvi â€” Sprimont â€” Luxembourg â€” Helder â€” GĂȘnes (navale) â€” HyĂšres (navale) â€” 3e Mayence â€” Groix (navale) â€” Irlande (1796) â€” Droits de l'Homme (navale) â€” Cap Saint-Vincent (navale) â€” Santa Cruz de Tenerife (navale) â€” Camperdown (navale)


Guerre du Roussillon
Mas Deu â€” Peyrestortes â€” Trouillas â€” Toulon â€” Boulou â€” Bastan â€” Sierra Negra


Campagne d'Italie
Loano â€” Montenotte â€” Millesimo â€” Dego â€” Mondovi â€” Pont de Lodi â€” Mantoue â€” Castiglione â€” Rovereto â€” Bassano â€” Pont d'Arcole â€” Rivoli â€” Tyrol â€” PĂąques vĂ©ronaises

La bataille de Valmy est une canonnade ayant opposĂ© la Prusse et la France Ă  Valmy le 20 septembre 1792, pendant la RĂ©volution française.

Sommaire

Contexte historique

AprĂšs que l’AssemblĂ©e Nationale, sur proposition du roi Louis XVI, eut dĂ©clarĂ© la guerre Ă  l'Empereur d'Autriche, François Ier, le 20 avril 1792, les forces anti ou contre-rĂ©volutionnaires envahissent la France le 18 aoĂ»t 1792.

Une armĂ©e de 150 000 hommes, troupe combinĂ©e de la Prusse, de l’Autriche, et de Hessois sous le commandement du duc de Brunswick, reprĂ©sentant de FrĂ©dĂ©ric Guillaume II, Ă  laquelle se sont joints 20 000 Ă©migrĂ©s, s’est d’abord avancĂ©e contre la France, sur toute la ligne de ses frontiĂšres, entre Dunkerque et la Suisse. Le 12 aoĂ»t, au lever du soleil les troupes lĂ©gĂšres prussiennes pĂ©nĂštrent sur le territoire français. Le 15, l’armĂ©e prussienne vient camper entre Sierck et Luxembourg, et le gĂ©nĂ©ral Clairfayt, Ă  la tĂȘte des Autrichiens, coupe la communication entre Longwy et MontmĂ©dy. Le 19, le marĂ©chal Luckner rĂ©siste courageusement Ă  une attaque de 22 000 Autrichiens Ă  Fontoy. Le 23, Longwy tombe. Les troupes françaises n’ont subi que des revers depuis la dĂ©claration de guerre.

Le 2 septembre, Verdun, place forte rĂ©putĂ©e imprenable, capitule : la route de Paris est alors ouverte. Les commandants en chef des armĂ©es françaises deviennent suspects ; aussi, avant qu’une action sĂ©rieuse puisse ĂȘtre entreprise, les trois armĂ©es de Rochambeau, de Lafayette et de Luckner sont rĂ©parties entre les gĂ©nĂ©raux Dumouriez et Kellermann.

Campagne précédant la bataille

Le 23 août, aprÚs un bombardement de trois jours, Longwy se rend aux alliés qui marchent alors lentement vers Verdun indéfendable.

Le commandant de la place, le colonel Beaurepaire qui dĂ©fend la place, indignĂ© de la lĂąchetĂ© du conseil de guerre qui veut capituler, prend un pistolet et se suicide. Le jeune et vaillant Marceau, qui voulait comme Beaurepaire s’ensevelir sous les ruines de la place, finit par se rendre le 3 septembre 1792, aprĂšs la dĂ©faite du 20 aoĂ»t. Il avait perdu ses Ă©quipages, ses chevaux, son argent.

« Que voulez-vous qu’on vous rende ? lui demanda un reprĂ©sentant du peuple.

- Un autre sabre pour venger notre dĂ©faite[1]. Â»

Le 2 septembre, le duc de Brunswick prend possession de Verdun au nom du roi de France. L’armĂ©e d’invasion, rĂ©unie Ă  Verdun, est forte de 80 000 hommes. PressĂ© de parvenir Ă  son but, le roi de Prusse donne ordre, dĂšs le lendemain, Ă  cette armĂ©e d’avancer Ă  travers les plaines de la Champagne et de marcher droit sur Paris. Rien ne lui paraĂźt plus facile. Il s’arrĂȘte cependant Ă  quelques lieues de ChĂąlons, arrivĂ© au terme de son voyage qui devait ĂȘtre une suite de fĂȘtes et de triomphes.

Mais Dumouriez, qui entraĂźnait ses nouvelles troupes Ă  Valenciennes avec des actions frĂ©quentes mais rĂ©duites dans le dessein d’envahir la Belgique, comprend que les prussiens vont vers Paris, se porte vers l’Argonne par une marche rapide et osĂ©e presque sous les yeux de l’avant-garde prussienne et barre la route de Paris, enjoignant Ă  Kellermann de l’assister depuis Metz. L'objectif de Dumouriez, qui s'en vante est de faire des clairiĂšres de l'Argonne par lesquelles les colonnes Ă©trangĂšres doivent traverser la forĂȘt, un nouveau Thermopyles pour la France. Kellermann se dĂ©place mais lentement et, avant qu’il arrive, la partie nord de la ligne de dĂ©fense est enfoncĂ©e. Dumouriez, non intimidĂ©, fait une remarquable manƓuvre de nuit regroupant ses troupes en changeant le front pour faire face au nord, avec son aile droite dans l’Argonne et sa gauche s’allongeant vers ChĂąlons-sur-Marne et, dans cette position Kellermann fait sa jonction Ă  Sainte-Menehould le 19 septembre 1792.

Dumouriez campe Ă  une lieue en avant de Sainte-Menehould, sur un plateau peu Ă©levĂ© au-dessus des prairies Ă  droite du chemin qui conduit Ă  ChĂąlons. Cette position s’appuie sur la droite Ă  l’Aisne qui descend de Sainte-Menehould, des prairies marĂ©cageuses et un Ă©tang en couvrent la gauche. Une vallĂ©e Ă©troite sĂ©pare le camp des hauteurs de l’Iron et de la Lune oĂč campent les Prussiens. Entre ces deux Ă©lĂ©vations est un bassin de prairies d’oĂč sortent quelques tertres dont le plus Ă©levĂ© est celui qui se trouve couronnĂ© par le moulin de Valmy. Deux petites riviĂšres sĂ©parent cet espace, elles tombent dans l’Aisne, au-dessus et au-dessous de Sainte-Menehould, l’Auve est au sud et la Bionne est au nord. Le quartier gĂ©nĂ©ral est placĂ© Ă  Sainte-Menehould Ă  une Ă©gale distance du corps d’armĂ©e et de l’avant-garde commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Dillon. Sur la rive droite de l’Auve. Un bataillon de troupes de ligne se trouve dans le chĂąteau de Saint-Thomas. Vienne-le-ChĂąteau, Moiremont et La Neuville-au-Pont sont occupĂ©s par trois autres bataillons et de la cavalerie. Le front du camp est couvert de batteries qui dĂ©couvrent le vallon dans tous ses prolongements. La gauche du camp se terme sur le chemin de ChĂąlons, la rive droite de l’Auve est laissĂ©e Ă  l’armĂ©e de Kellermann.

Kellermann est arrivĂ© le 18 septembre Ă  Dampierre-le-ChĂąteau d’oĂč il reçoit le soir une dĂ©pĂȘche de Dumouriez lui indiquant en arriĂšre et sur la gauche une position excellente, formant Ă©querre avec la sienne ; ce qui sera dĂ©terminant pour couvrir une attaque sur Kellerman en la canonant par les flancs depuis les positions de Dumouriez. Le lendemain, Kellermann fait passer l’Auve Ă  ses troupes. Mais Ă  peine est-il rendu sur l’emplacement dĂ©signĂ© par Dumouriez que, frappĂ© par ses inconvĂ©nients, il court Ă  Sainte-Menehould pour faire observer au gĂ©nĂ©ral en chef combien cette position est dangereuse. La gauche destituĂ©e d’appui, est soumise aux hauteurs qui descendent du moulin de Valmy. La droite touche un Ă©tang qui gĂȘne sa communication avec la gauche de l’armĂ©e de Sainte-Menehould. Le ruisseau d’Auve, seule retraite en cas d’échec, est trop rapprochĂ© des arriĂšres du camp. Une armĂ©e fuyant en dĂ©sordre se retrouverait embourbĂ©e. Si les deux armĂ©es sont attaquĂ©es, elles seraient battues par le seul fait du terrain. Kellermann prĂ©vient Dumouriez qu’il est dĂ©cidĂ© Ă  repasser l’Auve le lendemain 20 septembre, Ă  la pointe du jour. Il n’a pas le temps de mettre son plan Ă  exĂ©cution. L’ennemi instruit de son arrivĂ©e, et jugeant bien la difficultĂ© de sa position, est dĂ©jĂ  en marche pour l’attaquer.

Le duc de Brunswick cependant avait passĂ© les dĂ©filĂ©s du nord et pivotĂ© pour couper Dumouriez de ChĂąlons. À ce moment, la manƓuvre prussienne Ă©tant presque achevĂ©e, Kellermann, commandant en l’absence momentanĂ©e de Dumouriez, fait avancer son aile gauche et prend position sur le plateau adossĂ© au moulin entre Sainte-Menehould et Valmy.

DĂ©roulement

À trois heures du matin, le 20 septembre, les Prussiens et les Autrichiens sont dĂ©jĂ  en mouvement et bientĂŽt l’avant-garde prussienne, commandĂ©e par le prince de Hohenlohe-Singelfingen, rencontre celle du gĂ©nĂ©ral Kellermann, sous les ordres du gĂ©nĂ©ral DesprĂ©s-Crassier, Ă©tablie en avant du village de Hans pour Ă©clairer cette partie et couvrir la gauche de l’armĂ©e. L’attaque de l’ennemi fait prendre conscience qu’il s’agit d’une affaire sĂ©rieuse et non d’une escarmouche d’avant-postes, les coalisĂ©s veulent en finir et Ă©craser d’un seul coup les deux petites armĂ©es qui s’opposent Ă  leur marche.

L’avant-garde ennemie se porte directement sur Hans, entre la Bionne et la Tourbe, tandis que le gros de l’armĂ©e, remonte la riviĂšre, Ă  Somme-Tourbe suivie des Autrichiens du gĂ©nĂ©ral Clairfayt.

À la premiĂšre nouvelle de l’attaque de son avant-garde, Kellermann ordonne de plier les tentes, de prendre les armes et de dĂ©blayer la route en arriĂšre en faisant filer les Ă©quipages par le grand chemin de Sainte-Menehould. Il n’est plus question de repasser l’Auve, le temps presse. L’avant-garde, vigoureusement attaquĂ©e, se replie dĂ©jĂ  sur l’armĂ©e. Kellermann prend aussitĂŽt ses dispositions pour une bataille en rĂšgle.

Jusque vers sept heures, un brouillard Ă©pais empĂȘche aux deux armĂ©es de connaĂźtre leurs dispositions respectives. Lorsqu’il se dissipe un peu, l’artillerie commence Ă  tirer de part et d’autre, et le feu se soutient avec vivacitĂ©, sans ĂȘtre vraiment meurtrier pour aucun parti. Vers dix heures, Kellermann, placĂ© au centre de la ligne, Ă©tudie les manƓuvres de l’ennemi lorsque son cheval est tuĂ© sous lui d’un coup de canon. Presque dans le mĂȘme temps, des obus Ă©clatent au milieu du dĂ©pĂŽt de munitions et font sauter deux caissons d’artillerie, blessant beaucoup de monde alentour. Dans le dĂ©sordre ainsi causĂ©, les conducteurs s’enfuient avec leurs caissons. Faute de munitions, le feu diminue d’intensitĂ©. Une partie de l’infanterie opĂšre alors un mouvement de recul et ajoute Ă  la confusion gĂ©nĂ©rale. Kellermann s’y rend en personne, et reprend la premiĂšre position.

Le duc de Brunswick voyant que le feu de son artillerie n’a pas rĂ©ussi Ă  Ă©branler les troupes françaises, veut essayer une attaque de vive force. Vers les onze heures, le feu de ses batteries redouble. Il forme trois colonnes d’attaque soutenues par la cavalerie. Les deux colonnes de gauche se dirigent sur le moulin de Valmy, la droite se tenant Ă  distance. Ces attaques en ordre oblique sont la tactique habituelle des Prussiens.

Kellerman comprend que dans cet Ă©tat d’esprit, il n’est pas non plus possible de maintenir la discipline tout en restant statique. Aussi, il ordonne d’avancer. Il dispose son armĂ©e en colonnes par bataillon. Quand elles sont formĂ©es, il les parcourt et leur adresse cette courte harangue : « Camarades, voilĂ  le moment de la victoire; laissons avancer l’ennemi sans tirer un seul coup de fusil, et chargeons-le Ă  la baĂŻonnette. Â»

L’armĂ©e, pleine d’enthousiasme et dĂ©jĂ  aguerrie par une canonnade de quatre heures, rĂ©pond aux paroles de son gĂ©nĂ©ral par des cris multipliĂ©s de : Vive la nation ! Kellermann lui-mĂȘme met son chapeau au bout de son sabre et rĂ©pĂšte : Vive la nation ! En un instant, tous les chapeaux sont sur les baĂŻonnettes et un immense cri s’élĂšve de tous les rangs de l’armĂ©e.

Ces mouvements, cet enthousiasme, annonce une armĂ©e qui brĂ»le de combattre. L’ennemi s’étonne, ses colonnes s’arrĂȘtent : « La victoire est Ă  nous ! Â» crie Kellermann, et l’artillerie, dont le feu redouble, foudroie les tĂȘtes de colonnes prussiennes. Devant tant de dĂ©termination, le duc de Brunswick donne le signal de la retraite.

Le feu continue jusqu’à quatre heures du soir. Encore une fois l’ennemi reforme ses colonnes et essaie une nouvelle attaque. Mais la bonne contenance de l’armĂ©e française, son ardeur manifestĂ©e par de nouveaux cris, suffit Ă  l’arrĂȘter une seconde fois. Vers sept heures du soir, les coalisĂ©s regagnent leurs premiĂšres positions, laissant aux Français le champ de bataille jonchĂ© de morts. Le lendemain, 21 septembre, Kellermann, dont la position, malgrĂ© la retraite de l’ennemi, n’en est pas moins hasardeuse, s’établit sur les hauteurs de Voilemont, son front couvert par l’Auve et sa droite appuyĂ©e sur la gauche de Dumouriez.

La bataille est marquĂ©e surtout par une intense canonnade (les Français tirent 20 000 coups de canon) au cours de laquelle la nouvelle artillerie française crĂ©Ă©e par Gribeauval montre sa supĂ©rioritĂ©. Les deux armĂ©es ont assistĂ© Ă  la bataille sans vraiment y prendre part. Dumouriez a pris toutes ses dispositions pour venir au secours de Kellermann en cas d’échec, ou pour prendre part Ă  l’affaire si elle devenait gĂ©nĂ©rale. Clairfayt s’est contentĂ© de montrer trois tĂȘtes de colonnes vers Valmy et Maffrievart pour tenir les Français dans l’incertitude et menacer en mĂȘme temps la tĂȘte du camp de Sainte-Menehould et les derriĂšres de la droite de Kellermann. Avec ses 100 000 Austro-Prussiens engagĂ©s contre seulement 24 000 Français, le duc de Brunswick Ă©tait si sĂ»r de vaincre, qu’il avait cru pouvoir se passer de l’assistance efficace de Clairfayt et des Autrichiens.

Il n’y a finalement que 300 morts cĂŽtĂ© français, 184 chez les Prussiens.

Portée stratégique et conséquences

La retraite des Prussiens Ă©tonne bien des observateurs. Les suppositions vont bon train : le duc de Brunswick n’aurait-il pas Ă©tĂ© achetĂ© par Georges Danton avec les diamants de la couronne royale de France, volĂ©s quatre jours plus tĂŽt (16 septembre 1792) au garde-meuble ?[2] Mais il faut aussi tenir compte du mauvais temps, de l’état de santĂ© mĂ©diocre des Prussiens (dysenterie provoquĂ©e par la consommation des raisins verts, le ravitaillement Ă©tant coupĂ©). Quelques jours plus tĂŽt, l’invasion de la Pologne par la Russie et l’Autriche a commencĂ©. Or, la Prusse a besoin de cette armĂ©e pour participer au partage.

PrĂ©sentĂ©e parfois, surtout aprĂšs la disgrĂące de Dumouriez, comme une simple canonnade oĂč la vigueur citoyenne aurait fait reculer une armĂ©e d'invasion troublĂ©e par la consommation de raisins verts, la bataille de Valmy est toutefois aussi le rĂ©sultat des choix du commandement qui permirent de rĂ©tablir une situation stratĂ©gique dĂ©sespĂ©rĂ©e : avant la bataille, les dĂ©bris vaincus de troupes françaises inexpĂ©rimentĂ©es venaient de perdre leurs chefs et leurs places fortes et Ă©taient dans l'incapacitĂ© d'arrĂȘter une armĂ©e entraĂźnĂ©e cinq fois plus nombreuse, qui n'avait plus d'obstacle vers l'ouest pour prendre Paris et y libĂ©rer Louis XVI. La dĂ©fense mĂȘme de la capitale, retardĂ©e par le veto du Roi, semblait incertaine, dans le chaos politique de la mise en place de la Convention.

Le simple fait se concentrer sur les arriĂšres de l'armĂ©e ennemie est une manƓuvre de Dumouriez qui :

  • coupe l'approvisionnement et les communications de l'armĂ©e d'invasion ,
  • permet de choisir le terrain de la bataille dĂ©cisive, un plateau favorable au dĂ©ploiement de l'artillerie ;
  • met les forces françaises dans une situation tactique oĂč il leur suffit de tenir le terrain alors que l'ennemi doit les disperser.

Continuer vers l'ouest pour Brunswick, en ignorant les 20 000 français Ă©tait en effet devenu impossible : il risquait de se faire prendre Ă  revers lors du siĂšge de Paris. Il ne pouvait pas d'avantage temporiser, car il risquait d'ĂȘtre pris en tenaille par une sortie des parisiens, sans ĂȘtre ravitaillĂ©. Il lui fallut donc faire demi-tour et se confronter au plateau choisi par les Français. N'ayant pas pu les disperser, il n'avait d'autre choix que de repasser au nord-est, pour retrouver ses liaisons avec ses arriĂšres. Les troupes de Dumouriez pouvaient alors poursuivre et ĂȘtre renforcĂ©es par la capitale et la levĂ©e en masse de la nouvelle RĂ©publique.

Plus que la valeur tactique de la dĂ©fense du plateau (liĂ©e surtout Ă  la puissance de l'artillerie), plus mĂȘme que le caractĂšre du commandement (dynamisant des recrues et Ă©vitant la panique) ou que l'enthousiasme des troupes, c'est la manƓuvre stratĂ©gique (peut-ĂȘtre involontaire ?) qui est Ă  mettre au crĂ©dit du commandement dans ce "miracle de Valmy".

Le 21 septembre 1792, la nouvelle parvient Ă  Paris. AssurĂ©e de la sauvegarde du pays, sĂ»re de sa force, la Convention nationale proclame la RĂ©publique. Kellermann passe pour le sauveur de la patrie. 80 000 ennemis, qui avaient marchĂ© comme en triomphe, reculent alors et l’armĂ©e française inexpĂ©rimentĂ©e, devant des soldats aguerris et disciplinĂ©s, s’aperçoit que le courage et le patriotisme peuvent la rendre redoutable. La bataille de Valmy est donc Ă  l’origine du mythe du citoyen en arme qui fonde la conscription (ou service militaire). Les consĂ©quences de cette bataille furent l’évacuation du territoire français par l’armĂ©e coalisĂ©e le 22 octobre suivant. Goethe, qui a assistĂ© Ă  la bataille aux cĂŽtĂ©s du duc de Saxe-Weimar a ces mots prophĂ©tiques : « D’aujourd’hui et de ce lieu date une Ăšre nouvelle dans l’histoire du monde Â»[3].

Personnalités ayant participé à cette bataille

Du cÎté des troupes françaises

Statue de Kellermann et obélisque à Valmy

De cÎté des attaquants

Goethe en 1791

Le site

Moulin de Valmy dans les champs Ă  l’étĂ© 2007

On peut retrouver sur le site un monument Ă  Kellermann reprĂ©sentant le gĂ©nĂ©ral haranguant ses troupes. Une chapelle a aussi Ă©tĂ© construite sur le site. Elle renferme le cƓur de la princesse Ginetti, l’arriĂšre-petite-fille du gĂ©nĂ©ral, qui par ses dons avait permis l’amĂ©nagement du site.

En prĂ©vision du 150e anniversaire de la bataille, le maire de Valmy, AndrĂ© Procureur, dĂ©cide de rĂ©installer un moulin Ă  Valmy grĂące Ă  une souscription nationale. Le moulin vient alors d’Attiches. Les travaux, commencĂ©s en 1939 sont interrompus par la guerre et une toiture provisoire est installĂ©e. Les travaux reprennent aprĂšs la guerre et le moulin est inaugurĂ© le 20 septembre 1947.

EntiĂšrement dĂ©truit par une tempĂȘte le 26 dĂ©cembre 1999, le moulin de Valmy a Ă©tĂ© reconstruit (par l’entreprise CrĂ©ation bois) en 2005 en partie grĂące Ă  une souscription lancĂ©e par le dĂ©putĂ©-maire (UMP) de ChĂąlons-en-Champagne Bruno Bourg-Broc.

Dans le village de Valmy, les statues de Miranda et le buste de Bolivar rappellent l’aide apportĂ©e durant la bataille par les libĂ©rateurs de l’AmĂ©rique du Sud.

Polémique

L’intention de Jean-Marie Le Pen d’utiliser la mĂ©moire du site pour y lancer sa campagne prĂ©sidentielle le 20 septembre 2006[1] crĂ©e polĂ©mique.

Le prĂ©sident de la CommunautĂ© de communes de Sainte-MĂ©nehould, Bertrand Courot, gestionnaire du site, refuse de mettre les lieux Ă  disposition du Front national et de son prĂ©sident et d’y permettre une « rĂ©cupĂ©ration Â». La protestation est aussi menĂ©e par l’association « les Fils de Valmy Â» ; pour son prĂ©sident Jean Relinger « On peut suspecter que sa venue n’est pas guidĂ©e par les idĂ©aux progressistes de Valmy mais pour des raisons d’opportunisme Ă©lectoraliste qui bafouent les valeurs rĂ©publicaines Â». « Je ne peux pas l’empĂȘcher de venir. C’est un lieu public Â», rĂ©torque Patrick Brouillard, le maire de Valmy, 290 habitants. « Et la sĂ©curitĂ© en cas de manifestation, c’est du domaine du prĂ©fet Â».[4]

Notes et références

  1. ↑ Source: Charles MulliĂ©
  2. ↑ Les Diamants de la couronne ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans l’hĂ©ritage du duc en 1806
  3. ↑ CitĂ© dans : Françoise Knopper/Jean Monnot, L'Allemagne face au modĂšle français de 1789 Ă  1815, Toulouse, 2008, p.80.
  4. ↑ L’Union, 11 juillet 2006

Bibliographie

  • Antoine de Jomini - « Histoire critique et militaire des guerres de la RĂ©volution Â» (1816), Ă©d. Magimel, Anselin et Pochard, Paris
  • Charles MulliĂ©, Biographie des cĂ©lĂ©britĂ©s militaires des armĂ©es de terre et de mer de 1789 Ă  1850, 1852 [dĂ©tail de l’édition](Wikisource)
  • J.-P. Bois - « Dumouriez, hĂ©ros et proscrit Â» (2005), Ă©d. Perrin, Paris, 484 p. ISBN 2-262-02058-2
  • Jean-Paul Bertaud, Valmy. La dĂ©mocratie en armes, Paris,Julliard, coll. "Archives", n° 39, 1970, 320 p.

Littérature

  • Arthur Chuquet, Les Guerres de la RĂ©volution : 2. Valmy, 1887
  • Campagne du Duc de Brunswick contre les Français en 1792, publiĂ©e en allemand par un officier prussien tĂ©moin oculaire et traduite en français sur la quatriĂšme Ă©dition Ă  Paris chez A.Cl.FORGET rue du Four-HonorĂ© No 487 An III de la RĂ©publique.
  • LĂ©once Bourliaguet, Les Canons de Valmy.
  • Goethe, La campagne de France: Valmy, no.6, ÉditĂ© par Henri Gautier, Paris, 1896.
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