Bataille De Tudela

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Bataille De Tudela

Bataille de Tudela

Bataille de Tudela
Bitwa pod Tudela.jpg
Bataille de Tudela
Huile sur toile de January Suchodolskia, 1827
Musée national de Varsovie
Informations générales
Date 23 novembre 1808
Lieu Tudela prĂšs de Saragosse, Espagne
Issue Victoire française
Belligérants
France France Espagne Espagne
Commandants
‱ Jean Lannes
‱ François Joseph Lefebvre
‱ Michel Ney
‱ Francisco Javier Castaños
‱ JosĂ© de Palafox y Melzi
‱ Conde de Villariezo
‱ Juan O'Neylle
‱ Manuel la Peña
‱ Pedro Grimarest Oller
Forces en présence
31 000 19 000
Pertes
650 morts ou blessés 4 000 morts, blessés ou prisonniers
Guerre d'Espagne
Batailles
Bruc â€” Saragosse (1er) â€” Medina del Rio Seco â€” BailĂ©n â€” Roliça â€”Vimeiro â€” Durango â€” Valmaseda â€” Burgos (1e) â€” Espinosa â€” Tudela â€” Somosierra â€” Saragosse (2e) â€” SahagĂșn â€” CastellĂłn â€” UclĂ©s â€” La Corogne â€” Valls â€” Villafranca â€” Medellin â€” Oporto â€”GĂ©rone â€” Talavera â€” Almonacid â€” Ocaña â€” Alba de Tormes â€” 1er Ciudad Rodrigo â€” Buçaco â€” Gebora â€” Barrosa â€” Figueres â€” Fuentes de Oñoro â€” Albuera â€” Sagonte â€” Badajoz â€” 2e Ciudad Rodrigo â€” Arapiles â€” Burgos (2e) â€” Vitoria â€” Sorauren â€” Nivelle â€” Nive â€” Orthez â€” Toulouse

La Bataille de Tudela est une bataille de la guerre d'Espagne disputée le 23 novembre 1808 prÚs de Tudela, en Espagne. La bataille aboutit à la victoire des Français commandés par le maréchal Lannes contre les espagnols commandés par le général Castaños.

19 000 Espagnols tentĂšrent de retenir 30 000 soldats français, avant d'ĂȘtre battus. Les pertes espagnoles furent d'environ 4 000 hommes, pour seulement 650 dans le camp français

Sommaire

Le champ de bataille

Schéma des positions espagnoles - Santa Barbara: Division La Peña

C'est la zone comprise entre Tudela et les monts voisins que l'on trouve sur la gauche, le front espagnol se dĂ©ployait sur les collines de Santa Barbara, Tudela, Torre Monrreal, Santa Quiteria, le sommet de Maya, la colline oĂč se trouvait l'ermitage de San Juan de Calchetas, et les villages de Urzante (disparu), Murchante, Castante. Comme sĂ©paration naturelle entre les Espagnols et les français, se trouvait le rio Queiles, un affluent de l'Ebre.

Contexte

Francisco de Castaño
Maréchal Lannes

Pour les français, il fallait Ă©liminer la droite espagnole, c'est-Ă -dire l'armĂ©e de Castaños, que l'on appelait l'armĂ©e du Centre, qui occupait Calahorra et sur la rive droite de l'Ebre, allait jusqu'au voisinage de Lodosa pour faire sa jonction avec la rĂ©serve de Palafox, qui elle occupait la rive de l'Arga jusqu'Ă  son confluent avec le Rio Aragon, en face de Falces, Peralta et Milagro oĂč Ă©taient cantonnĂ©es les forces française de Moncey.

Le 18 novembre 1808, Napoléon donna à Jean Lannes, l'ordre d'avancer jusqu'à Tudela selon le programme suivant: Le 21 à Lodosa, le 22 à Calahorra, le 23 à Tudela. En arrivant à Logroño, il ordonna à Moncey de traverser l'Èbre vers Lodosa afin de joindre ses forces à celles de Lannes. Une fois à Lodosa il organisa les forces dont il disposait.

Tandis que les Français organisaient une offensive rapide et soigneusement préparée, les armées espagnoles de l'Èbre se trouvaient dans les pires conditions pour affronter avec succÚs l'ennemi."la qualité des troupes et leur infériorité numérique ne leur permettaient pas de rivaliser avec les troupes aguerries des français"[1].

Ceci pour ce qui concerne les troupes, car pour ce qui est de leurs chefs, il y avait une grande mésentente entre Castaños et Palafox, qui ne pouvaient se mettre d'accord sur la façon de mener les opérations, Palafox, tirant orgueil de sa défense de Saragosse, se considérait comme supérieur à son collÚgue.

Castaños avait rĂ©clamĂ© le commandement unique des armĂ©es, mais la Junte SuprĂšme tardait Ă  le lui octroyer. Il pensait que le front qu'il avait crĂ©Ă© depuis les flancs du Moncayo jusqu'Ă  l'Èbre sur environ 50 km pouvait arrĂȘter l'avance de l'armĂ©e française, mais au lieu des 80 000 hommes qui lui avait Ă©tĂ© promis, il pouvait compter que sur 26 000.

Juan O'Neylle avait le reste des forces espagnoles, mais celles-ci se trouvaient à Caparroso et Villafranca. Castaños envoya un émissaire avec une lettre à O'Neylle, lui demandant de venir à Tudela aussitÎt que possible car les Français étaient en route et arriveraient d'un moment à l'autre. Le messager arriva à Caparroso à 17 heures le 21 novembre, O'Neylle lut la lettre et répondit:

« Je comprends bien le caractĂšre critique de la situation, mais mon chef est Palafox, et celui-ci m'a donnĂ© l'ordre de rester sur mes positions, malgrĂ© tout je suis prĂȘt Ă  Ă  marcher jusqu'Ă  Tudela avec mes 20 000 hommes, mais ce sera demain Ă  la tombĂ©e de la nuit, dĂ©s maintenant j'envoie une dĂ©pĂȘche Ă  Palafox pour qu'il me dise Ă  quels ordres je dois me tenir. Â»

Le 22 novembre les forces espagnoles étaient déployées de la maniÚre suivante:

  • A Tarazona se trouvait Grimarets Ă  la tĂȘte de trois divisions totalisant de 13 000 Ă  14 000 soldats. Avec son avant-garde dĂ©tachĂ©e sur la route de Ágreda, par laquelle on supposait que viendrait l'ennemi d'un moment Ă  l'autre.
  • A Cascante se trouvait la quatriĂšme division du gĂ©nĂ©ral Manuel la Peña avec 8 000 hommes, en majoritĂ© des andalous qui avaient participĂ© Ă  la bataille de BailĂ©n.
  • A Ablitas Castaños Ă©tablit son quartier gĂ©nĂ©ral. Il pensait couvrir l'espace entre Cascante et l'Ebre avec sa cinquiĂšme division et les renforts du MarĂ©chal O'Neylle et Felipe Augusto de Saint-Marcq dont il attendait l'arrivĂ©e avec impatience.

Cet aprĂšs-midi les unitĂ©s d'Aragon commencĂšrent Ă  se concentrer au lieu dit Traslapuente [2]( de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ebre par rapport Ă  l'armĂ©e de Castaños), mais ils ne franchirent pas le pont, ils campĂšrent Ă  cet endroit, ayant ordre de ne pas traverser ... jusqu'Ă  ce que Palafox ne l'ordonna !!!

Castaños piqua une colÚre, c'était incroyable, les français étaient sur le point d'arriver et les renforts n'étaient pas à leur poste de combat.

Palafox, sommĂ© de rĂ©pondre se tut mais ne cĂ©da pas. Castaños, devant cette attitude qui mettait en pĂ©ril la dĂ©fense et la vie de milliers d'hommes, convoqua un conseil de guerre Ă  Tudela, au palais du Marquis de San AdrĂ­an et oĂč se rĂ©unirent Palafox (qui Ă©tait arrivĂ© la veille de Saragosse, avec son frĂšre Francisco Palafox), le gĂ©nĂ©ral Coupigny et un observateur britannique sir Thomas Graham.

En cette nuit fatale - dira un historien - il y eut des alliances, des oppositions mais aucune prise de mesure de nature à sauver les armées.

Palafox était opposé à l'établissement de la ligne de Queiles, se basant sur le fait que l'on ne disposait pas des effectifs suffisants pour résister à l'ennemi, il valait mieux se retirer sur Saragosse et défendre l'Aragon.

L'Espagne doit défendre l'Espagne!! - s'exclama Castaños - Nous devons rester unis face à l'ennemi.

Ainsi se passa une grande partie de la nuit du 22 novembre. Vers le milieu de la nuit, ils reçurent les premiĂšres informations disant que les français avaient dĂ©jĂ  pris Corella et CintruĂ©nigo. La nouvelle arriva comme une bombe parmi les membres de la rĂ©union, ensuite la nouvelle se rĂ©pandit dans toute la ville, et au dire des tĂ©moins, dĂ©clencha une panique. Il faut que O'Neylle franchisse l'Ebre immĂ©diatement, l'ennemi est sur nous!! Palafox, tĂȘtu, s'obstina sur ses positions.

Sur quoi, Castaños le traita de couard, les reproches jaillirent, l'un et l'autre se traitÚrent de tous les noms. Finalement, Palafox, à son grand dam, céda, et donna l'ordre que ses forces passent l'Ebre, mais exigea que chacun porte par écrit son opinion.

La bataille

Aux premiÚres lueurs de l'aube, les forces de l'armée de réserve commencÚrent à traverser les 360 m du pont sur l'Ebre, ces forces étaient aragonaises en majorité, avec quelques volontaires navarrais, les uniformes grisùtres, et équipés à la diable, avec plus d'ardeur que de discipline, et beaucoup plus l'aspect d'un peuple en armes que d'une armée réguliÚre. Quelques semaines plus tÎt, le colonel de l'un des bataillons se plaignait que:

« "Ses gens avaient seulement des chemises et des caleçons, et que leurs fusils Ă©taient inutilisables." Â»

La traversĂ©e de Tudela par les troupes, alors qu'il faisait encore nuit et que les rues de la vieille ville Ă©taient trĂšs Ă©troites, fut une tĂąche difficile. Il y eut un grand chahut, et les ruelles furent embouteillĂ©es. À cause de cela et aussi parce qu'ils arrivĂšrent tard dans la ville, les soldats tardĂšrent Ă  occuper les positions qui leur Ă©taient assignĂ©es, en consĂ©quence entre Santa Quiteria et Cabezo Maya une grande partie du terrain resta sans protection.

Pendant ce temps, le maréchal français Lannes, qui ne perdait pas de temps, s'assura des alentours de la ville, alors que le soleil commençait à pointer depuis les monts de Cierzo. Lannes s'étonna qu'il n'y eut aucune sentinelle et de ne voir nul part l'ennemi. [3] [4] [5]

Pendant ce temps, les renforts finissaient de traverser le pont et le trafic des troupes, des voitures, des canons et de la cavalerie se réglait quelque peu dans les rues de la ville. On entendait les premiÚres salves de canons et de fusillades tirées par les français.

Ceci mit fin à la dispute entre Castaños et Palafox - Résister ou se retirer? En toute hùte, il fut nécessaire de prendre des dispositions défensives.

Il devait ĂȘtre sept heures du matin quand les premiers français se rendirent maitre du castillo[6] Selon un historien de l'Ă©poque, ce fut Ă  huit heures que l'on annonça l'arrivĂ©e des français et que l'on commença Ă  se prĂ©parer au combat.

Les premiers engagements

Carte de la bataille de Tudela 23 novembre 1808

Selon le rapport du général Castaños, Franciso Palafox voulut sortir avec son adjoint par la route qui lui paraissait la plus courte pour découvrir l'ennemi et se retrouva nez à nez avec une patrouille de dragons français, au débouché d'un tournant, et il dut tourner casaque en toute hùte. Comme les ruelles de la ville étaient pleines de soldats, l'entrée des français fut retardée.

Selon certains témoins, l'armée de réserve entama l'action dans la ville, les hommes de la division Roca attaquÚrent bravement à la baïonnette, réussirent à déloger les patrouilles ennemies du sommet de Santa Barbara.

Une fois maĂźtres de la colline qui dominait Tudela, les bataillons Caro et Pinohermoso se dĂ©ployĂšrent sur les flancs de la colline, prirent position sur les collines voisines, en face du plateau de Puntal del Cristo, d'oĂč l'on dĂ©couvrait Ă  prĂ©sent le gros des forces françaises de Maurice-Mathieu.

Les volontaires de la division de Saint-March se disposaient à occuper les hauteurs de la vallée du rio Queiles (Mont San Julian qui abrite aujourd'hui le cimetiÚre et la colline de Santa Quiteria).

O'Neylle, avec la majeure partie des troupes d'Aragon s'efforça d'organiser la défense aux abords de la ville, sur la route de Saragosse, dans l'attente des ordres du général Castaños à qui on avait accordé le commandement dans ce moment critique.

Entre huit et neuf heures, la surprise et la réaction se succédÚrent rapidement dans Tudela. La surprise avait été totale, la confusion atroce, mais la réaction fut violente et énergique, bien que conduite dans les pires conditions.

Ce coup avortĂ© de l'ennemi fut suivi d'une pĂ©riode de calme relatif. C'est Ă  la fin de cette trĂȘve que le marĂ©chal français conçut son plan de bataille, aprĂšs avoir observĂ© les lignes de dĂ©fense espagnoles et surtout au vu du grand nombre de failles qui Ă©taient non seulement nombreuses mais importantes.

Il négligea l'armée qui se trouvait à Tarazona et se concentra sur sur la ligne qui va de Tudela à Cascante, la partie la plus vitale et aussi la plus dégarnie.

Les premiĂšres dĂ©cisions de Lannes concernĂšrent les objectifs suivants :

  • Attaque partielle du flanc droit espagnol (Tudela).
  • Reconnaitre et tester le centre (Monts de la rive du rio Queiles jusqu'Ă  Urzante), tĂąche pour laquelle il garda en rĂ©serve les divisions Morlot et Granjean.
  • Lancer le gros de sa cavalerie contre celle de Cascante pour Ă©viter que le gĂ©nĂ©ral La Peña n'Ă©tende ses lignes jusqu'Ă  Tudela et afin de donner Ă  la division Lagrange le temps d'arriver en position d'affrontement avec ceux qu'ils pensait ĂȘtre les andalous.

Et voilà comment commença la bataille de Tudela, qui à cause de quelques erreurs, de la discorde entre les généraux espagnols et le mauvais état de l'armement des troupes espagnols... commença à neuf heures, se généralisa à dix heures devait avoir un dénouement rapide et tragique à trois heures de l'aprÚs-midi.

La division Maurice-Mathieu fut la premiĂšre Ă  attaquer la colline de Santa Barbara[7] pendant que la division Musnier restait sur le plateau de Puntal del Cristo.

Suivant les ordres, les gĂ©nĂ©raux Maurice-Mathieu et Habert formĂšrent leurs troupes en colonne d'attaque et attaquĂšrent les Espagnols, prĂ©cĂ©dĂ©s d'un bataillon de tirailleurs. Mathieu marchait Ă  la tĂȘte d'un rĂ©giment de la Vistule et Habert devant le 14e de ligne. C'Ă©taient de vieux rĂ©giments qui avaient combattu Ă  Eylau[8].

Le choc survint peu aprĂšs neuf heures du matin. il eut lieu sur les trois collines des contreforts du Canraso qui s'Ă©tend en face de Tudela[9].

Avant cette attaque, Castaños renforça le chùteau de Santa Barbara avec des Aragonais qui venaient de passer le pont. [10]

Notes et références

  1. ↑ selon l'historien Toreno
  2. ↑ en français:de l'autre cĂŽtĂ© du pont
  3. ↑ Un tĂ©moin espagnol de l'Ă©poque aurait dĂ©clarĂ© : « "A Tudela il n'y avait pas de corps avancĂ©, ni mĂȘme une seule sentinelle". Â»
  4. ↑ L'historien JosĂ© Muñoz Maldonado ajoute:« "On savait avec certitude que l'ennemi approchait, et l'on ne prit aucune mesure ni pour offrir la bataille, ni pour l'Ă©viter". Â»
  5. ↑ JosĂ© Muñoz Maldonado : Historia politica y militar de la guerra de la independencia - Tome 2 (Madrid 1833)
  6. ↑ C'est-à-dire le Monte de Santa Barbara, qui domine la ville.
  7. ↑ oĂč se trouvaient les ruines du chĂąteau mĂ©diĂ©val rĂ©sidence des monarques de Navarre et qui avait Ă  ses pieds Tudela
  8. ↑ Pour eux les batailles contre les Espagnols n'Ă©taient pas de nature Ă  les effrayer - Adolphe Thiers.
  9. ↑ Depuis le lieu-dit la Coloquera, qui se situe dans la zone industrielle actuelle, jusqu'à la plaine Orabia, en face de Santa Barbara et sur la Mejana.
  10. ↑ Les Aragonais plus braves et enthousiastes que le reste de la nation, se sentant tenus par leurs prouesses antĂ©rieures, Ă©taient obligĂ©s de lutter avec acharnement. - Thiers

Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « Battle of Tudela Â».
  • (es) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article de WikipĂ©dia en espagnol intitulĂ© « Batalla de Tudela Â».
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