Bataille De Solferino

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Bataille De Solferino

Bataille de Solférino

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Bataille de Solférino
Napoléon III à la bataille de Solférino..jpg
Napoléon III à la bataille de Solférino par Jean-Louis-Ernest Meissonier. Huile sur toile, 1863
Informations générales
Date 24 juin 1859
Lieu Solférino (Lombardie, Italie)
Issue Victoire des alliés franco-sardes
Belligérants
France France
Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Drapeau: Empire d'Autriche Empire d’Autriche
Commandants
Napoléon III
Victor-Emmanuel II de Savoie
François-Joseph Ier d'Autriche
Forces en présence
173 600 fantassins
14 500 cavaliers
522 canons
146 635 fantassins
88 escadrons de cavalerie
688 piùces d’artillerie
Pertes
2 492 morts
dont le général Auger
12 512 blessĂ©s
2 922 prisonniers ou disparus
3 000 morts
10 807 blessĂ©s
8 638 prisonniers ou disparus
DeuxiÚme guerre d'indépendance italienne
Batailles
Montebello â€” VarĂšse â€” San Fermo â€” Palestro â€” Turbigo â€” Magenta â€” Melegnano â€” Solferino â€” San Martino  — Treponti 

La bataille de SolfĂ©rino a eu lieu le 24 juin 1859 durant la campagne d'Italie. Elle s'est dĂ©roulĂ©e en Lombardie, dans la province de Mantoue. Il s'agit d'une victoire de l'armĂ©e française de NapolĂ©on III alliĂ©e Ă  l'armĂ©e sarde sur l'armĂ©e autrichienne de l'empereur François-Joseph.

Plus de 330 000 soldats ont combattu dans cette bataille, ce qui constitue le plus grand nombre depuis la bataille de Leipzig de 1813. Il y avait environ 150 000 soldats autrichiens et un total combinĂ© d'environ 190 000 français et sardes.

La bataille voit l'utilisation de techniques nouvelles comme le transport des troupes françaises en train, qui mettront seulement quatre jours pour aller de Lyon jusqu'au Piémont, les canons et fusils à canon rayé (plus précis et puissants). L'artillerie joue un grand rÎle, peu de combats ayant lieu corps à corps. Contrairement à la légende, le taux de victimes (morts et blessés) à cette bataille est d'environ 12,5% (10% chez les forces franco-sardes et 14% chez les Autrichiens), contre 20% à la bataille de Marengo, 25 à 30% à bataille de la Moskova, 21% à la bataille d'Eylau et 25% à la bataille de Leipzig[1].

Sommaire

Le contexte

Le conflit entre l'empire austro-hongrois et la coalition franco-sarde est né de la promesse faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l'aider à faire autour de lui l'unité de l'Italie en échange de la Savoie et Nice.

AprĂšs la victoire de Magenta, l'armĂ©e d'Italie se tourne vers l'Est pour suivre l'ennemi. La progression est ralentie par les destructions opĂ©rĂ©es par les troupes autrichiennes et par les pluies incessantes. L'ennemi se replie successivement derriĂšre plusieurs affluents du PĂŽ : l'Adda, l'Oglio et la Chiese.

La veille

Dans la matinĂ©e du 23 juin, l'empereur d'Autriche donne l'ordre Ă  ses troupes de se tourner vers l'ouest, elles regagnent la rive droite du Mincio oĂč elles reviennent occuper les positions abandonnĂ©es quelques jours auparavant. Cette manƓuvre est destinĂ©e Ă  mettre en place l'armĂ©e des Habsbourg sur les collines morainiques au sud du lac de Garde et, Ă  partir de cette position qui domine la plaine, lancer une attaque sur l'armĂ©e franco-sarde, exploitant ainsi le chaos dans lequel celle-ci se trouverait lors de la traversĂ©e du Chiese, dont les ponts ont Ă©tĂ© dĂ©truits, au cours de la retraite, sur ordre de Gyulai, commandant l'armĂ©e austro-hongroise.

Contrairement aux suppositions des Autrichiens, grùce à l'efficacité du génie français, le gros de l'armée franco-sarde a déjà traversé le Chiese au cours de la journée du 22 juin et elle se prépare à avancer rapidement vers le Mincio, encouragée par les rapports des patrouilles de reconnaissance qui, quelques jours plus tÎt, ont pu vérifier le repli de l'ennemi et par la conviction que la bataille aura lieu sur les rives de cette riviÚre comme cela semble logique et tactiquement favorable pour les Autrichiens.

Aux premiĂšres heures du 23 juin, NapolĂ©on III et Victor-Emmanuel II se rencontrent sur la colline de Lonato pour discuter d'une dĂ©pĂȘche envoyĂ©e par l'impĂ©ratrice EugĂ©nie, qui contient d'inquiĂ©tantes informations sur d'importants mouvements de troupes prussiennes sur le Rhin. La lettre contient une invitation pressante Ă  la conclusion rapide de la campagne d'Italie afin que l'armĂ©e française puisse rentrer chez elle pour dĂ©fendre ses frontiĂšres. AprĂšs un bref entretien privĂ©, les souverains regagnent leurs quartiers gĂ©nĂ©raux.

Les combats des patrouilles de reconnaissance qui se produisent tout au long de la journée convainquent les Autrichiens qu'ils ont intercepté les premiÚres avant-gardes franco-sarde et ceux-ci pensent avoir établi le contact avec l'arriÚre-garde autrichienne, tout comme à Melegnano.

En fait, les deux armées sont déployées sur deux lignes parallÚles trÚs proches l'une de l'autre et qui s'étend du Nord au Sud sur 20 km.

Le bataille

Selon le plan établi, à l'aube du 24 juin, l'armée franco-sarde se déplace vers l'Est afin de se déployer le long de la rive droite du Mincio. Comme premiÚre étape matinale, l'armée française aurait due occuper les villages de Solferino, Cavriana, Medole et Guidizzolo, respectivement avec le Ie corps d'armée du général d'Hilliers, le 2e corps d'armée du maréchal Mac-Mahon, le 3e corps d'armée du général Canrobert et le 4e corps d'armée du général Niel, tandis que les quatre divisions de l'armée sarde sont chargées de prendre place à Pozzolengo.

AprĂšs quelques kilomĂštres, inĂ©vitablement, les colonnes franco-sardes entrent en contact, les unes aprĂšs les autres, avec les troupes autrichiennes, fortement implantĂ©es prĂ©cisĂ©ment Ă  SolfĂ©rino, Cavriana, Medole, Guidizzolo et Pozzolengo. En quelques heures, de 4 h Ă  7 h, des fĂ©roces combats ont lieu qui conduisent Ă  une mĂȘlĂ©e gĂ©nĂ©rale, chaotique et trĂšs violente, qui dure plus de 18 heures.

L'absence de plan de bataille ordonné, l'équilibre des forces en jeu et la détermination féroce des deux camps sont les principales causes de l'énorme carnage. De nombreux combats se déroulent à Medole, Solferino et San Martino qui correspondent, respectivement, aux secteurs sud, central et nord d'un vaste front.

La bataille de Medole

Le sacrifice du colonel Maleville au cours de la bataille de Medole.

Les combats du 24 juin 1859 débute à Medole, dans le secteur sud du front, vers 4 heures du matin. Au cours de la marche qui doit le conduire à Guidizzolo, en passant par le village de Medole, le 4e corps d'armée français affronte un régiment avancé de la Ie armée autrichienne.

Le gĂ©nĂ©ral Niel dĂ©cide d'engager immĂ©diatement la bataille, et faisant preuve d'une stratĂ©gie peu commune, il dĂ©ploie ses forces aux limites Est du territoire de Medole, empĂȘchant ainsi les trois corps de l'armĂ©e autrichienne, prĂ©sent Ă  Guidizzolo, de soutenir les soldats de la IIe armĂ©e placĂ©s sur les hauteurs de Solferino et durement attaquĂ©s par les colonnes françaises du gĂ©nĂ©ral d'Hilliers et du marĂ©chal Mac-Mahon.

Les troupes de Niel, mĂȘme si elles sont numĂ©riquement infĂ©rieures et dĂ©ployĂ©es sur une ligne de 5 km, rĂ©ussissent Ă  contenir les assauts ennemis par une habile alternance d'actions de dĂ©fense et de contre-attaques sur les points nĂ©vralgiques de Crocevia, Quagliara, Casa Nuova, Baite et Rebecco.

Les combats, qui durent 15 heures et jusqu'Ă  la retraite des Autrichiens, provoquent dans les deux camps la perte 14 279 hommes.

La bataille de Solférino

Plan de la bataille de Solférino

Vers 4h30, l'avant-garde du Ier corps d'armée française, commandé par le maréchal Baraguey d'Hilliers, établit le contact avec les troupes autrichiennes du Ve corps d'armée dirigée par feld-maréchal Stadion à proximité de Grole sur le territoire de Castiglione delle Stiviere.

Une demi-heure plus tard, le IIe corps d'armée français, commandé par le maréchal Patrice de Mac-Mahon rencontre les divisions austro-hongroises postées au hameau de Ca' Morino sur le territoire de Medole.

Les troupes autrichiennes, fortes de trois corps d'armée positionnés à Solferino, Cavriana et Volta Mantovana, résistent longtemps aux assauts conjugués de Ie et IIe corps français contraignant Napoléon III à engager la garde impériale dans la bataille.

Solferino est arrachĂ©e au Ve corps d'armĂ©e de Stadion en dĂ©but d'aprĂšs midi et le dĂ©ploiement français se poursuit pour conquĂ©rir Cavriana oĂč il rencontre Ă©galement une forte rĂ©sistance du Ie corps d'armĂ©e du marĂ©chal autrichien Clam-Gallas. L'engagement de troupes fraiches vers 15 heures, composĂ©es du IIIe corps d'armĂ©e français du gĂ©nĂ©ral Canrobert permet d'occuper Cavriana peu avant 18 heures.

La LĂ©gion dans cette bataille

Le 2e rĂ©giment Ă©tranger, aux ordres du colonel Signorino, participe Ă  la campagne d’Italie. En arrivant Ă  hauteur de Ca' Morino, les lĂ©gionnaires, avec le deuxiĂšme rĂ©giment de zouaves, formant l’avant-garde du deuxiĂšme corps d’armĂ©e commandĂ© par le marĂ©chal de Mac-Mahon, rencontrent une forte colonne autrichienne se dirigeant sur Castiglione.

Le 24, les lĂ©gionnaires se dirigent en direction de Mantoue. Les premiĂšres salves d’artillerie des vedettes ennemies sont tirĂ©es. En dĂ©but d'aprĂšs-midi, sous une chaleur accablante, les lĂ©gionnaires et les zouaves prennent Cassiano. Le marĂ©chal de Mac-Mahon donne l’ordre aux compagnies de tirailleurs de la LĂ©gion de se dĂ©ployer pour permettre la mise en place de l’artillerie au centre de la bataille. Les combats acharnĂ©s et terribles obligent les lĂ©gionnaires Ă  aborder l’ennemi Ă  la baĂŻonnette. Le 2e rĂ©giment Ă©tranger dĂ©plore cependant 6 morts et 38 blessĂ©s, ce qui est peu au regard des pertes totales.

La bataille de San Martino

Le premier rĂ©giment sarde Ă  entrer en contact avec les Autrichiens est la 29e compagnie de bersaglieri, dirigĂ© par le jeune lieutenant-colonel Raffaele Cadorna qui prĂ©cĂšde l'avant-garde de la 5e Division « Cucchiari Â» se dirigeant vers Pozzolengo. C'est l'action qui engage, vers 7 heures du matin, une longue et sanglante bataille pour le contrĂŽle de Pozzolengo, menĂ©e principalement dans les bourgs de San Martino et Madonna della Scoperta.

La formation autrichienne, en nette infériorité numérique, est déployée sur des positions dominantes. Le feld-maréchal Benedek mÚne ses hommes avec beaucoup d'habileté, réussissant à tenir ses positions jusqu'à la fin de soirée, lorsque les armées austro-hongroise se retirent de Solferino, Cavriana, Guidizzolo e Volta Mantovana, se mettant à l'abri au-delà du Mincio.

Les forces en présence

L'armée française

L'armée française est un extraordinaire instrument de guerre composée principalement de combattants expérimentés et équipée d'armes modernes et efficaces.

Mais ce ne sont pas les seules raisons de la supĂ©rioritĂ© française. L'armĂ©e a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  la fois d'un environnement issu du siĂšcle des LumiĂšres qui a imprĂ©gnĂ© la sociĂ©tĂ© de connaissances scientifiques et de la rĂ©forme militaire rĂ©alisĂ©e par NapolĂ©on qui peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© dans la cĂ©lĂšbre adage: «Chacun de mes soldats a dans son sac Ă  dos le bĂąton de marĂ©chal Â». Les cadres dirigeants de la France furent choisis en fonction des leurs connaissances et de leurs compĂ©tences ce qui conduisit Ă  une large compĂ©tence technique et une haute capacitĂ© tactique.

Les troupes qui composaient les forces françaises sont commandées par Napoléon III et 41 officiers supérieurs qui appartenaient au quatre premiers des cinq corps d'armée envoyés en Italie en plus de la Garde impériale et ainsi composés:

  • Garde impĂ©riale du gĂ©nĂ©ral Regnaud
    • 1re Division du gĂ©nĂ©ral Mellinet
    • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Camou
    • Division de cavalerie du gĂ©nĂ©ral Morris
  • Ier Corps d'ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral d'Hilliers
    • 1re Division du gĂ©nĂ©ral Forey
    • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Ladmirault
    • 3e Division du gĂ©nĂ©ral Bazaine
    • Division de cavalerie du gĂ©nĂ©ral Desvaux
  • IIe Corps d'ArmĂ©e du marĂ©chal Mac-Mahon
    • 1re Division du gĂ©nĂ©ral La Motterouge
    • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Decaen
    • Brigade de cavalerie du gĂ©nĂ©ral Gaudin
  • IIIe Corps d'ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Canrobert
    • 1re Division du gĂ©nĂ©ral Renault
    • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Trochu
    • 3e Division du gĂ©nĂ©ral Bourbaki
    • Division de cavalerie du gĂ©nĂ©ral Partouneaux
  • IVe Corps d'ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral Niel
    • 1re Division du gĂ©nĂ©ral de Luzy
    • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Vinoy
    • 3e Division du gĂ©nĂ©ral de Failly
    • Brigade de cavalerie du gĂ©nĂ©ral de Rochefort

L'armée piémontaise

AprÚs la défaite de 1849, l'armée sarde avait été soumise à une période de dix années de restructuration confiée à Alfonso La Marmora, nommé ministre de la Guerre au sein du gouvernement Perrone. Le travail de La Marmora avait apporté de bons résultats avec la modernisation de l'armement, de l'instruction technique des officiers et la réorganisation des régiments, sur le modÚle français.


L'armée de Savoie étaient affligée de défauts qui causÚrent des résultats décevants au cours des affrontements. Le premier défaut provenaient de la présence de volontaires enrÎlés pour l'occasion, fortement motivés mais aussi sans connaissance du métier de soldats et mal équipés et mal armés. La second et le plus important défaut résidait dans le manque de coopération manifesté par les 39 officiers que composait l'importante état major de la maison de Savoie, sa compétence tactique et stratégique fut souvent masquée par un excÚs d'individualisme.

L'armée sarde comprenaient quatre divisions:

  • 1re Division du gĂ©nĂ©ral Durando
    • Brigade des Grenadiers de Sardaigne du gĂ©nĂ©ral Calliano
    • Brigade Savoie du gĂ©nĂ©ral Perrier
    • RĂ©giment de Cavalerie lĂ©gĂšre d'Alessandria du lieutenant-colonel Reccagni
    • 5e Brigade d'artillerie du major Cugia
  • 2e Division du gĂ©nĂ©ral Fanti
    • Brigade PiĂ©mont du gĂ©nĂ©ral Camerana
    • Brigade Aoste du gĂ©nĂ©ral Cerale
    • RĂ©giment de Cavalerie LĂ©gĂšre Aoste du colonel Angelini
    • 6e Brigade d'artillerie du major Salino
  • 3e Division du gĂ©nĂ©ral Mollard
    • Brigade Cuneo du gĂ©nĂ©ral Araldi
    • Brigade Pinerolo du gĂ©nĂ©ral Morozzo della Rocca
    • RĂ©giment de Cavalerie LĂ©gĂšre de Monferrato du lieutenant colonel Morelli
  • 5e Division du gĂ©nĂ©ral Cucchiari
    • Brigade Casale du gĂ©nĂ©ral Pettinengo
    • Brigade Acqui du gĂ©nĂ©ral Gozzani
    • RĂ©giment de Cavalerie lĂ©gĂšre de Saluzzo du colonel Griffini

L'armée autrichienne

Sous le commandement de François-Joseph, l'armée fut divisée en deux armées reliées et approvisionnées par les forteresses du quadrilatÚre. La Ire armée s'approvisionnait à la forteresse de Mantoue et était déployée dans la plaine du PÎ, tandis que la deuxiÚme armée, approvisionnée par la forteresse de Peschiera occupait la colline morainique au nord.

ÉquipĂ©e d'armements modernes et efficaces et encadrĂ©e par une discipline de fer, l'armĂ©e autrichienne trouvait sa faiblesse dans la structure qui la caractĂ©risait. Selon la tradition mĂ©diĂ©vale, bien que le commandement de l'armĂ©e Ă©tait sous l'autoritĂ© de l'empereur, de nombreux rĂ©giments Ă©taient de petites armĂ©es personnelles, propriĂ©tĂ© de leurs commandants. L'Ă©tat-major Ă©tait donc composĂ© principalement par des nobles de haut lignage mais souvent mauvais tacticiens et divisĂ©s pour des raisons politiques, Ă©conomiques ou personnelles.

Les troupes appartenaient Ă  sept corps d'armĂ©es, ainsi composĂ©es :

  • 1e ArmĂ©e du feld-marĂ©chal Wimpffen
    • IIIe Corps d'ArmĂ©e du feld-marĂ©chal lieutenant Schwarzenberg
      • 1re Division gĂ©nĂ©ral Schönberg
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Habermann
    • IXe Corps d'ArmĂ©e du gĂ©nĂ©ral de cavalerie Schaffgotsche
      • 1re Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Handel
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Folliot de Crenneville
    • XIe Corps d'ArmĂ©e de feld-marĂ©chal lieutenant Veigl
      • 1re Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Schwarzel
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Blomberg
      • Division de cavalerie gĂ©nĂ©ral lieutenant Zedtwitz
  • 2e Armata du gĂ©nĂ©ral Schlick
    • Ire Corps d'ArmĂ©e du feld-marĂ©chal Clam-Gallas
      • 1e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Montenuovo
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Sztankovics
    • Ve Corps d'ArmĂ©e du feld-marĂ©chal lieutenant Stadion
      • 1e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Palffy
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Sternberg
    • VIIe Corps d'ArmĂ©e du feld-marĂ©chal lieutenant Zobel
      • 1re Division gĂ©nĂ©ral lieutenant de Hesse
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Brandenstein
    • VIIIe Corps d'ArmĂ©e du feld-marĂ©chal lieutenant Benedeck
      • 1re Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Berger
      • 2e Division gĂ©nĂ©ral lieutenant Lang
      • Division de cavalerie feld-marĂ©chal lieutenant Mensdorff
      • Brigade gĂ©nĂ©ral lieutenant Reichlin (dĂ©tachĂ©e du VIe Corps d'ArmĂ©e)

Les conséquences de la bataille[2]

Les conditions sanitaires

Ossuaire de Solférino

Les pertes sont lourdes : 40 000 hommes sont hors de combat et abandonnĂ©s sur le champ de bataille. Suite au manque de moyens, de nourriture et de personnel, les services sanitaires sont dĂ©plorables. En effet, la majoritĂ© des havresac ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s par les soldats lors du combat et les sources d’eau qui auraient pu servir au ravitaillement des hommes n’étaient pas utilisables car elles Ă©taient pleines de sang et de bactĂ©ries provenant des cadavres. De plus, pour bien comprendre la dĂ©solation des jours qui suivirent le combat, il est nĂ©cessaire de rappeler en quelques mots l’état dĂ©sastreux des services sanitaires et mĂ©dicaux de l’époque. En 1859, l’anesthĂ©sie est presque inexistante[3], et peut entraĂźner la mort quand elle est utilisĂ©e. En effet, dans les rares cas oĂč les patients bĂ©nĂ©ficient d’un sommeil artificiel, ce dernier est pratiquĂ© Ă  l’aide de chloroforme, un produit qui peut se rĂ©vĂ©ler dangereux Ă  trop forte dose et peut conduire Ă  la mort ou dans un moindre cas Ă  un coma. Il est donc possible d’imaginer les souffrances des malheureux lors d’une amputation, opĂ©ration frĂ©quente en raison des gangrĂšnes courantes. De plus, les connaissances des infections par germes pathogĂšnes Ă©tant nulle, une blessure se contaminait forcĂ©ment et l’on n’avait que peu de choses pour y remĂ©dier. Parfois mĂȘme, les mĂ©decins aggravaient la situation du blessĂ© ; c’est le cas par exemple avec l’utilisation du cĂ©rat (cataplasme impermĂ©able fait Ă  base de cire), qui favorisait grandement les infections, ce qui n’augmentait pas les chances de survie du blessĂ©[4]. Une blessure bĂ©nigne de nos jours pouvait donc rapidement se transformer Ă  l’époque en plaie mortelle. Enfin, il faut savoir que lors des guerres du XIXe siĂšcle et de celles qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, les soldats mouraient en plus grand nombre des suites de maladies que de la bataille en elle-mĂȘme. Finalement, le systĂšme mĂ©dical de l’armĂ©e française Ă©tait dĂ©risoire face au nombre de blessĂ©s, le personnel insuffisant en nombre et mal prĂ©parĂ©.


À Castiglione, les blessĂ©s sont omniprĂ©sents. L’église et l’école de la ville sont transformĂ©es en hĂŽpitaux. On couche les victimes dans la rue, faute de place ailleurs. Certains villageois en hĂ©bergent mĂȘme chez eux, qu’importe leur nationalitĂ©. Henri Dunant est tĂ©moin de cette vision d'horreur et dĂ©cide alors d'aider le peu d'infirmiĂšres prĂ©sentes sur place. Pendant quatre jours, il s'investit corps et biens dans cette aide aux malheureux. En effet, il donne les premiers soins, il achĂšte lui-mĂȘme vivres et habits pour les rescapĂ©s de la bataille (Italiens, Français et Autrichiens confondus) et il va mĂȘme jusqu'Ă  Ă©crire Ă  leur famille. Malheureusement, la notion de contamination par des bactĂ©ries n’est que peu connue, il y a donc beaucoup d’infections dont certains pĂ©riront. Il contacte la comtesse de Gasparin[5] qui, elle, Ă©crit au prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© Ă©vangĂ©lique de GenĂšve, dont Dunant est un membre actif, afin d'informer le public des aides restreintes aux blessĂ©s de guerre. GenĂšve dĂ©cide alors d’envoyer une mission de secours Ă  Castiglione. Cela montre que la ville natale de Dunant pensait dĂ©jĂ  Ă  la charitĂ© envers les victimes. La lettre d’Henri Dunant Ă  la comtesse est publiĂ©e et Ă©meut les Genevois. Dunant rentrera Ă  GenĂšve le jour de l’armistice.

Un souvenir de Solférino

Henri Dunant retourne Ă  GenĂšve et retrouve sa vie mondaine, mais il ne la supporte plus. Son cƓur n'est plus qu'avec les victimes, il ne pense plus qu'Ă  retourner aider les gens dans le besoin. Selon son psychiatre, Dunant est traumatisĂ©. Il dĂ©cide alors de se confier. Il commence par en parler autour de lui, puis lui vient une idĂ©e: il Ă©crira un livre afin que tout le monde puisse ressentir ce qu'il Ă  vĂ©cu, du moins en partie. Un souvenir de SolfĂ©rino[6] sort en octobre 1862. C'est un livre poignant et rĂ©aliste qui rĂ©vĂšle la face cachĂ©e d'une victoire et surtout, qui dĂ©crit la souffrance des victimes. La population est trĂšs touchĂ©e ; les frĂšres Goncourt eux-mĂȘmes s'inclinent devant tant d'Ă©motion et de rĂ©alisme.

Notes et références

  1. ↑ À propos de la bataille de Solferino, Thieery Widemann, Chemins de mĂ©moire, MinistĂšre français de la DĂ©fense, n°196, juillet-aoĂ»t 2009
  2. ↑ Les informations contenues dans ce chapitre sont tirĂ©es de l'ouvrage: Collectif, directeur: Roger Durand, La Croix-Rouge en Suisse romande, commission rĂ©gionale des sections romandes de la Croix-Rouge suisse, 1992, GenĂšve, p.35 Ă  49: “Les origines du mouvement”
  3. ↑ Divers auteurs, Aux sources de l’idĂ©e Croix-Rouge, GenĂšve, 1984, p. 77
  4. ↑ Divers auteurs, Aux sources de l’idĂ©e Croix-Rouge, GenĂšve, 1984, p. 84
  5. ↑ La comtesse de Gasparin est la fondatrice de l'Ă©cole d'infirmiĂšres de La Source, Ă  Lausanne.
  6. ↑ Henri Dunant, Un souvenir de SolfĂ©rino, GenĂšve, imprimerie Jules-Guillaume Fick, 1862

Bibliographie

  • CĂ©sar Lecat de Bazancourt, La Campagne d'Italie de 1859 : chroniques de la guerre, Amyot, Paris, 1860
  • BarthĂ©lemy Louis Joseph Lebrun, Souvenirs des guerres de CrimĂ©e et d'Italie, Émile de La BĂ©dolliĂšre, Paris, 1859
  • AmĂ©dĂ©e de Cesena, Campagne de PiĂ©mont et de Lombardie, Garnier FrĂšres, Paris, 1860
  • (de)Hans Bindter, Das Feldzug von 1859 - Das Vorspiel zu den Ereignissen von 1866 bis 1870, Berlin, 1871
  • (it)Vittorio Giglio, I fasti del cinquantanove, Vallardi Editore, Milan, 1910
  • (it)Stelio Martelli, Le battaglie di Solferino e San Martino, Edizioni Varesina, Azzate, 1971
  • (it)Andrzej Kuƛniewicz, Il Re delle due Sicilie, Sellerio Editore, Palerme, 1981
  • (it)Massimo Marocchi, Il racconto della seconda guerra d'indipendenza attraverso le memorie e le lettere, Gaspari Editore, Udine, 2007
  • (it)Mino Milani, Le battaglie di Solferino e San Martino, GAM Edizioni, Rudiano, 2008
  • (it)Costantino Cipolla, Il crinale dei crinali. La battaglia di Solferino e San Martino, Franco Angeli, 2009
  • (it)La battaglia di Solferino e San Martino. Arte, storia e mito, par Daniela Sogliani, Officina Libraria, Milan, 2009

Liens internes

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