Basilique du SacrĂ©-CƓur de Bruxelles

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Basilique du SacrĂ©-CƓur de Bruxelles
Basilique du SacrĂ©-CƓur de Koekelberg
Vue avant de la Basilique
Vue avant de la Basilique
Présentation
Nom local Basilique de Koekelberg
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattaché à ArchidiocÚse de Malines-Bruxelles
DĂ©but de la construction 12 octobre 1905
Fin des travaux 11 novembre 1970
Architecte(s) Albert Van Huffel (architecte), Paul Rome (ingénieur-architecte) et Harry ElstrÞm (sculpteur)
Style(s) dominant(s) Art DĂ©co
Protection Patrimoine universel de l'UNESCO
Site web www.basilicakoekelberg.be
GĂ©ographie
Pays Belgique
Ville Bruxelles
CoordonnĂ©es 50° 52â€Č 01″ N 4° 19â€Č 01″ E / 50.867, 4.31708350° 52â€Č 01″ Nord
       4° 19â€Č 01″ Est
/ 50.867, 4.317083
  

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Basilique du SacrĂ©-CƓur de Koekelberg
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FamiliĂšrement appelĂ©e basilique de Koekelberg par les Bruxellois, la Basilique du SacrĂ©-CƓur de Bruxelles est la jeune sƓur de celle de Paris.

Comme son ainĂ©e, elle est vouĂ©e Ă  la dĂ©votion au SacrĂ©-CƓur ; mais elle adopte, au lieu du style romano-byzantin, le style « Art dĂ©co Â».

Elle est située à cheval sur les communes bruxelloises de Koekelberg et de Ganshoren.

MĂ©tro de Bruxelles
Descendre Ă  la station de mĂ©tro : Simonis.

Sommaire

PanthĂ©on national ou lieu de pĂšlerinage ?

Le plateau de Koekelberg dominant Bruxelles avait dĂ©jĂ  attirĂ© l'attention de LĂ©opold Ier qui aurait envisagĂ© d'y construire la rĂ©sidence royale. Ce fut cependant LĂ©opold II qui conçut d'y tracer une allĂ©e solennelle qui devait mener Ă  un panthĂ©on des Belges, ce dont attestent encore l'avenue des Gloires nationales et celle du PanthĂ©on qui jouxtent le site. Ce projet trop laĂŻque dĂ©plut Ă  la bourgeoisie catholique au pouvoir et c'est — dit-on — en 1902, au retour d'une visite du chantier finissant du SacrĂ©-CƓur Ă  Paris que le souverain imagina de doter Bruxelles d'une basilique nationale encore plus grande.

Alors qu’il entrevoit l’opportunitĂ© de rĂ©aliser son panthĂ©on national Ă  la porte de Namur, LĂ©opold II accepte que le terrain de Koekelberg soit cĂ©dĂ© par la Compagnie immobiliĂšre de Belgique Ă  l’Eglise catholique en vue d’y construire une basilique nationale, dĂ©diĂ©e au SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus. L’acte de donation du terrain de 3, 32 ha est signĂ© devant notaire le 12 dĂ©cembre 1902 et confirmĂ© le 31 du mĂȘme mois par un arrĂȘtĂ© royal.

Les concepteurs veulent faire de la basilique du SacrĂ©-CƓur un lieu de pĂšlerinage. En cela, ils s’inscrivent dans une tradition chrĂ©tienne ranimĂ©e par le pape LĂ©on XIII qui voyait dans le SacrĂ©-CƓur de JĂ©sus un symbole et une image claire de l’amour infini qu’Il nous porte et qui nous pousse Ă  nous aimer les uns, les autres
 celle-ci a Ă©tĂ© perpĂ©tuĂ©e par ses successeurs jusqu’au concile Vatican II. Cette fonction spĂ©cifique devait aussi assurer le financement de sa construction, un problĂšme rĂ©current qui se posera avec acuitĂ© tout au long de celle-ci et qui explique, en partie, la longueur inusitĂ©e du chantier et son caractĂšre inachevĂ©. Face au refus des reprĂ©sentants de la nation d’allouer le moindre centime Ă  cette dĂ©pense, LĂ©opold II constitue, comme Ă  son habitude, un comitĂ© de soutien composĂ© de riches mĂ©cĂšnes. L’épiscopat invite, de son cĂŽtĂ©, les Oblats de Marie perchĂ©s sur la butte de Montmartre Ă  fonder une petite communautĂ© Ă  Koekelberg pour assurer la promotion du saint culte, ce qu’ils feront avec un zĂšle exemplaire pendant quelques annĂ©es, notamment par la publication de revues et l’organisation rĂ©currente de collectes de fonds. Un bĂątiment est mĂȘme construit pour la loger Ă  l’angle de l’avenue Charles Quint et inaugurĂ© quelques mois avant la pose de la premiĂšre pierre de la basilique, le 12 octobre 1905. Cet Ă©lĂ©gant Ă©difice Ă©clectique fait aujourd’hui partie intĂ©grante du CollĂšge du SacrĂ©-CƓur de Ganshoren.

Un projet de basilique néo-gothique (1905-1914)

Le projet de Pierre Langerock

Au dĂ©part, la future basilique imaginĂ©e par l’architecte louvaniste Pierre Langerock (1859-1923) est un Ă©difice nĂ©o-gothique inspirĂ© directement de la « cathĂ©drale idĂ©ale Â» d' EugĂšne Viollet-le-Duc. Pas moins de sept tours, dont la plus haute culmine Ă  146 mĂštres au-dessus de la croisĂ©e, compose cet hymne surannĂ© au gothique flamboyant, considĂ©rĂ© Ă  l’époque comme le style le plus abouti par les pontes de la Commission royale des monuments.

Le temps de peaufiner les plans, le chantier commence par les impressionnantes fondations qui s’inscrivent sur une vaste esplanade Ă  deux niveaux, creusĂ©e dans le plateau. D’élĂ©gantes rampes d’accĂšs garnies de balustrades et de rĂ©verbĂšres devaient contourner l’étage en sous-sol pour rejoindre le parvis devant l’église. A la mort du souverain, le projet connaĂźt le mĂȘme sort que la plupart des chantiers qu’il a inspirĂ© et s’essouffle lentement. Pourtant, le cardinal DĂ©sirĂ©-Joseph Mercier (1851-1926), d’abord rĂ©ticent Ă  soutenir le projet, ne dĂ©sespĂšre pas. Alors que le pays plie sous la fĂ©rule de l’occupant, il s’en sert pour rĂ©veiller la foi et le patriotisme de ses ouailles : Le jour de la libĂ©ration de notre territoire, nous pourrons donner au SacrĂ©-CƓur et Ă  notre Vierge-Marie une preuve publique de notre reconnaissance.

Une basilique Art DĂ©co (1925-1970)

Au lendemain de la guerre, la poursuite du chantier ne va pas de soi, et pour cause. L’idĂ©e de l’offrande et du mĂ©morial aux hĂ©ros de la guerre n’a, certes, rien perdu de sa pertinence. Mais la basilique paraĂźt bien somptuaire eu Ă©gard aux prioritĂ©s de la reconstruction. Trop coĂ»teux et dĂ©passĂ© ! Un appel Ă  projets, organisĂ© sous la forme d’un concours en 1920, n’apporte pas de solution. Les contraintes imposĂ©es aux candidats Ă©taient pourtant rĂ©duites au minimum : capacitĂ© de 4 Ă  5.000 personnes avec vue sur le maĂźtre-autel, dix chapelles en Ă©cho aux neuf provinces belges et au Congo, rĂ©utilisation des fondations existantes et budget total limitĂ© Ă  20 millions de francs belges.

Edifice en béton armé

Pour sortir de l’impasse, l’épiscopat choisit de faire confiance, hors concours, Ă  un architecte gantois, Albert Van Huffel. Il a le bonheur de travailler avec un ingĂ©nieur qui a fait ses Ă©tudes sur les mĂȘmes bancs que dom SĂ©bastien Braun, un bĂ©nĂ©dictin de l’ abbaye de Maredsous avec laquelle le cardinal Mercier entretient des liens d’amitiĂ© profonds. Van Huffel prĂ©sente une premiĂšre esquisse qui Ă  l’heur de faire l’unanimitĂ© autour d’elle. Adepte des techniques modernes, il fait le choix rĂ©solu de la structure en bĂ©ton armĂ©, solution nettement moins chĂšre qui autorise des portĂ©es plus grandes sans supports intermĂ©diaires. Cela va prĂ©cisĂ©ment dans le sens du renouvellement de la liturgie qui prĂŽne une plus grande participation des fidĂšles Ă  la cĂ©lĂ©bration. Fort de ce satisfecit, notre artiste se lance, avec la conscience et le scrupule d’un artisan des Ăąges gothiques (Louis Vander Swaelmen), dans la dĂ©finition minutieuse et dĂ©taillĂ©e de l’édifice. MĂ©fiante et plutĂŽt rĂ©ticente, la Commission des monuments multiplie les remarques et exige la production d’une maquette. Son auteur obtiendra, grĂące Ă  elle, le grand prix d’architecture Ă  l’exposition internationale des arts dĂ©coratifs et industriels modernes qui se tient Ă  Paris en 1925. Nul n’est prophĂšte en son pays


Architecture soumise au plan intérieur

En bon apĂŽtre de l’architecture moderniste, Van Huffel entend soumettre l’architecture de l’édifice Ă  son organisation interne. La seule contrainte, hĂ©ritĂ©e de la tradition chrĂ©tienne, est sa forme gĂ©nĂ©rale en croix latine. Pour concilier sa double fonction – un lieu de grandes cĂ©rĂ©monies et de procession d’une part et une Ă©glise paroissiale d’autre part – l’architecte conçoit une « Ă©glise-accordĂ©on Â» de plan centrĂ©, composĂ©e d’une multitude d’espaces modulables en rupture totale avec l’organisation classique d’une Ă©glise. Pour les grandes cĂ©rĂ©monies, les quatre bras convergent vers le chƓur, matĂ©rialisĂ© par le maĂźtre-autel Ă  baldaquin placĂ© sous la coupole, et peuvent accueillir jusqu’à 20.000 personnes. DerriĂšre le chƓur, l’abside dispose de son propre autel servant Ă  la vie quotidienne de la paroisse. Chaque transept comprend, lui aussi, une chapelle latĂ©rale disposant de son entrĂ©e propre et de son autel. Enfin, les chapelles rayonnantes – au nombre de 10 – sont logĂ©es Ă  l’extrĂ©mitĂ© des transepts plutĂŽt que dans l’abside. Un dĂ©ambulatoire, pratique pour les processions et la circulation de la foule, peut ainsi courir tout le long du vaisseau principal, des portes latĂ©rales jusqu’au fond de l’abside en passant par les bas-cĂŽtĂ©s de la nef.

Un chantier financé à coups de subsides et de collectes

Sur ces entrefaites, l’ASBL Les amis de la Basilique nationale du SacrĂ©-CƓur Ă  Koekelberg, constituĂ©e en 1921, se consacre Ă  rĂ©unir les fonds nĂ©cessaires. Tout ce que le pays compte d’organisations catholiques sont sollicitĂ©es. Vendue avec persĂ©vĂ©rance, la petite fleur de la basilique ne suffit pas Ă  remplir les caisses. Seules les fondations, qui ont nĂ©cessitĂ© la pose de 1438 pieux Franki totalisant prĂšs de 11 kilomĂštres de bĂ©ton armĂ©, sont terminĂ©es. Pour passer Ă  la vitesse supĂ©rieure, les amis de la basilique empruntent 15 millions de francs belges en 1930. Dans la foulĂ©e, ils obtiennent une promesse de subsides de l’Etat de 6 millions, rĂ©duite au tiers en raison de la crise Ă©conomique qui sĂ©vit. Qu’à cela ne tienne. La somme suffira Ă  boucler la premiĂšre phase, la construction du chƓur, inaugurĂ© en grandes pompes deux mois aprĂšs le dĂ©cĂšs de son concepteur, en 1935.

A la manƓuvre, Albert Van Huffel a laissĂ© son plus proche collaborateur, l’ingĂ©nieur-architecte Paul Rome qui, exception faite de quelques amĂ©liorations techniques, restera fidĂšle jusqu’au bout aux conceptions du maĂźtre. Les courbes de la coupole sont adoucies tandis que l’éclairage zĂ©nithal par plaques de verre est abandonnĂ© au profit du cuivre katangais.

GrĂące au comitĂ© de soutien, la basilique est inscrite sur la liste des bĂątiments d’utilitĂ© publique et bĂ©nĂ©fice, Ă  ce titre, des subventions en faveur de la rĂ©sorption du chĂŽmage. Mieux, dĂšs 1946, le chantier peut reprendre grĂące Ă  l’intervention du fonds de construction des bĂątiments religieux. Alors qu’elle est normalement limitĂ©e Ă  30 %, sa participation financiĂšre est portĂ©e Ă  46 % de la masse salariale ouvriĂšres en 1949 au point de susciter l’ire des Ă©diles socialistes, d’autant plus remontĂ©s que l’entreprise absorbe quantitĂ© de matĂ©riaux d’origine Ă©trangĂšre.

Terracota et béton armé, une association malheureuse

C’est que les architectes ont choisi d’utiliser la Terracota et la brique belvĂ©dĂšre comme parement et coffrage perdu au bĂ©ton armĂ©, dont l’apparence est, en raison de ses imperfections, encore jugĂ©e inesthĂ©tique par les contemporains. Victor Horta, lui-mĂȘme, a Ă©tĂ© contraint de renoncer au bĂ©ton apparent dans les couloirs du Palais des Beaux-Arts. Seul le français Auguste Perret a pu le tenter parce qu’il assurait, avec ses frĂšres, sa mise en Ɠuvre.

DĂšs 1908, la Leeds Fireclay Company Ltd a mis le procĂ©dĂ© de terra cota associĂ© au bĂ©ton au point et l’a utilisĂ© pour la premiĂšre fois Ă  la Technical School et Ă  l’hĂŽtel Midland de Manchester. MatĂ©riau trĂšs ancien remis au goĂ»t du jour par les Anglais dans la sculpture et l’ornementation des jardins, la terracota est une argile moulĂ©e et Ă©maillĂ©e qui, portĂ©e Ă  trĂšs haute tempĂ©rature, obtient une rĂ©sistance et une durabilitĂ© sans Ă©gal. Lavables, impermĂ©ables et inaltĂ©rables, ses blocs ont en outre une excellente rĂ©sistance au feu, ce qui explique l’emploi massif qui en a Ă©tĂ© fait pour protĂ©ger les structures en fonte d’acier des gratte-ciel amĂ©ricains jusque dans les annĂ©es trente. Nettement moins onĂ©reuse que la pierre, la terracota est aussi bien plus facile Ă  mettre en Ɠuvre et se prĂȘte aux moulages les plus variĂ©s.

L’utilisation de ces blocs teintĂ©s d’ocre jaune et des briques belvĂ©dĂšre confĂšre une unitĂ© de ton Ă  l’intĂ©rieur de l’édifice, mise en valeur par les jeux de volumes et les assemblages. Avec le temps, l’association du bĂ©ton et de la terracota dans un environnement soumis Ă  de fortes variations de tempĂ©rature s’est rĂ©vĂ©lĂ© catastrophique. Leur comportement physique diffĂ©rent a provoquĂ© fissures, crevasses et mĂȘme dĂ©cĂšlements dans les blocs vernissĂ©s et nĂ©cessitĂ© dĂ©jĂ  une campagne de restauration (2003-2004). Pour Ă©viter le report de charges du bĂ©ton Ă  la terracota plus fragile, les joints rigides entre les blocs ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des joints souples.

Un Ă©difice qui prend lentement forme

DeuxiĂšme Ă©tape importante, le grand vaisseau de la nef, prĂ©cĂ©dĂ© d’un imposant narthex est terminĂ© en 1951. La cĂ©rĂ©monie d’inauguration dure tout un week-end pour permettre l’aspersion et la bĂ©nĂ©diction de toutes les parties de l’édifice, jugĂ©es impures. L'arc en mitre est utilisĂ© massivement tant au niveau des fenĂȘtres et de la dĂ©coration intĂ©rieure de la nef que du narthex-portail. Le narthex-portail comporte un grand balcon destinĂ© aux messes en plein air dont le parapet devait ĂȘtre sculptĂ© d’un bas-relief figurant le Christ misĂ©ricordieux. Ses piliers sont prolongĂ©s par les statues des quatre EvangĂ©listes d’ Harry Elstrom (1906-1993). Il Ă©mane de ces colosses aux traits sommaires, composĂ©s chacun de cinq blocs de pierre de trois tonnes, une expressivitĂ© et une force incontestables. De gauche Ă  droite, on reconnaĂźt Jean et son aigle (1955), Luc portant le taureau (1958), Marc enlacĂ© par le lion (1958) et, enfin, Mathieu avec l’homme (1964).

RĂ©novateur inspirĂ© de l’art religieux, Elstrom dĂ©veloppe une ligne dĂ©pouillĂ©e, habitĂ©e spirituellement, aux antipodes du kitch-baroque de la sculpture religieuse de son temps. C’est lui aussi qui surmonte le ciborium de l’autel principal, coiffĂ© d’un Ă©trange cĂŽne en tuiles de cuivre martelĂ© (Henri-Joseph Hollemans), d’un calvaire et de quatre anges en priĂšre (1951). Le contraste entre la sĂ©rĂ©nitĂ© toute intĂ©rieure des visages et le mouvement quasi-dramatique des vĂȘtements et des chevelures est Ă©mouvant. Marie et saint Jean donnent l’impression de porter la douleur du Christ en tenant la croix Ă  bout de bras. Le programme devait ĂȘtre complĂ©tĂ© par les douze apĂŽtres entourant le christ crucifiĂ© dans les niches qui garnissent le fronton du ciborium.

Tel le mythe de Sisyphe, la construction du colosse reprend avec persĂ©vĂ©rance. En 1953, l’entrĂ©e principale est flanquĂ©e de deux tours Ă©lancĂ©es de 65 mĂštres de hauteur, coiffĂ©es d’une coupole en rĂ©duction. Entre elles, un christ en majestĂ© en bas-relief devait orner le fronton de pierre Ă  rampants. Cinq ans plus tard, le transept sud, Ă  gauche de l’entrĂ©e, est terminĂ© tandis que l’autre bras de la croix vient Ă©quilibrer l’édifice en 1958. Ultime effort, et non des moindres, la coupole le couronne la veille de l’inauguration. C’est le 11 novembre 1970 en effet que la basilique est inaugurĂ©e Ă  l’occasion du vingt-cinquiĂšme anniversaire de l’épiscopat du cardinal Joseph Suenens.

A la diffĂ©rence des Ă©difices classiques, le dĂŽme ne repose pas sur la croisĂ©e du transept mais constitue une construction autonome. La coupole, recouverte de plaques de cuivre, est sphĂ©rique Ă  l’extĂ©rieur et polygonale Ă  l’intĂ©rieur. Elle repose sur un Ă©pais tambour portĂ©, Ă  l’intĂ©rieur, par des piliers qui se prolongent Ă  l’extĂ©rieur en quatre contreforts polygonaux. Ceux-ci forment une assise de plan carrĂ© et sont ainsi solidarisĂ©s entre eux par une double arcade en bĂ©ton. Elle supporte quatre arcs paraboliques qui concentrent la charge du dĂŽme sur les supports. Phare de la Foi dans la nuit terrestre, le lanternon qui la coiffe devait ĂȘtre Ă©clairĂ© lors de l’exposition du Saint Sacrement.

La basilique si mal aimée

ƒuvre profondĂ©ment originale et emblĂ©matique de la pĂ©riode Art DĂ©co, la basilique nationale du SacrĂ©-CƓur plonge aussi ses racines dans l’art nĂ©o-byzantin ou nĂ©o-romain autant que dans les mouvements esthĂ©tiques germaniques, Bauhaus et Deutsche Werkbund.

MĂȘme si l’on redĂ©couvre aujourd’hui la richesse du langage plastique dĂ©veloppĂ© par la basilique, celle-ci reste un enfant mal-aimĂ© de la capitale. De mauvais esprits ont insinuĂ© que la dĂ©dicace de cette monstrueuse architecture pĂątissiĂšre eĂ»t mieux convenu Ă  saint HonorĂ© qu'au SacrĂ©-CƓur. Par dĂ©rision, certains parlent de la « Koekelique de Baselberg Â», expression dans laquelle se tĂ©lescopent le nom de l'Ă©difice religieux et le nom de la commune de Bruxelles oĂč elle est Ă©rigĂ©e (Koekelberg).

Anachronique lors de son achĂšvement, elle incarne et exalte des valeurs d’un autre temps que sont le patriotisme, les pĂšlerinages de masse, l’adoration du SacrĂ©-CƓur bien dĂ©laissĂ©e aujourd’hui, mĂȘme pour des chrĂ©tiens fervents[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Son style, en rupture totale avec la tradition, fait l’éloge de la forme et des volumes Ă©purĂ©s et offre une ornementation dĂ©pouillĂ©e tirĂ©e du seul mĂ©lange des matĂ©riaux dont la quasi-monochromie favorise les jeux de lumiĂšre. Aussi semble-t-elle dĂ©sespĂ©rĂ©ment monumentale, froide et prĂ©tentieuse. Sa situation, au milieu d’un Ăźlot central difficile d’accĂšs, renforce encore cette impression. En pleine rĂ©volution liturgique aprĂšs le concile Vatican II, la hiĂ©rarchie catholique la traite comme un hĂ©ritage encombrant du passĂ©, peu en phase avec l’esprit du temps[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Cet Ă©difice colossal est la sixiĂšme plus grande Ă©glise du monde. À 53 mĂštres de hauteur se trouve une plateforme d'oĂč les visiteurs peuvent contempler le centre de la ville de Bruxelles ainsi que les campagnes du nord et de l'ouest de la ville. Par temps clair, on aperçoit fort bien la cathĂ©drale Saint-Rombaut de Malines.

Les rĂ©alisateurs belges Guillaume Malandrin et StĂ©phane Malandrin lui ont rendu un vibrant hommage cinĂ©matographique dans leur thriller psychanalytique OĂč est la main de l'homme sans tĂȘte ; la basilique servant de dĂ©cor principal Ă  l'Ă©nigme cauchemardesque que traverse le personnage principal, CĂ©cile de France.

Patrimoine artistique

La Basilique du SacrĂ©-CƓur possĂšde un patrimoine riche et une collection exceptionnelle d’Ɠuvres d'art. Ses acquisitions variĂ©es permettent d'avoir une vue d'ensemble sur notre Ă©poque et de la façon dont les artistes qui y sont reprĂ©sentĂ©s la voient, l'interprĂštent et la perçoivent. Le Christ est souvent l'acteur fondamental de la reprĂ©sentation du catholicisme et c'est le cas ici. On peut y voir une magnifique et puissante sculpture en bronze de Constant Permeke (1886-1952) « TĂȘte du Christ Â», trente et une gravures de Joan MirĂł (1893-1983) sur le thĂšme de Saint François d'Assise et, dans le plus pur style du peintre catalan, un tableau d'Antoni Tapies (1923- ), une Ɠuvre photographique, la seule du musĂ©e, de San Damon, crĂ©ateur de l'oniroscopisme (1972- ), appelĂ©e « Quand JĂ©sus devint le Christ Â» sur le thĂšme de la crucifixion, mais aussi sept lithographies originales d'Alfred Manessier (1911-1993) sur le thĂšme de PĂąques et du Mont des Oliviers, ainsi que des Ɠuvres de James Ensor (1860-1949), ou encore un tableau de GeneviĂšve Asse (1923- ) sur le thĂšme biblique et, pour clĂŽturer, des tableaux du rĂ©volutionnaire Albert Servaes dĂ©clinant NoĂ«l avec force et dextĂ©ritĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Quelques chiffres

  • Longueur : 141 mĂštres
  • Largeur : 107 mĂštres au transept
  • DiamĂštre de la coupole : 33 mĂštres
  • Hauteur de la coupole : 93 mĂštres

Quelques dates

  • 9 juin 1903 : crĂ©ation de la nouvelle paroisse de Koekelberg, desservant 4 communes (Berchem, Koekelberg, Ganshoren, Jette)
  • 12 dĂ©cembre 1903 : acte de donation de 3,32 hectares du plateau de Koekelberg par la SA Quartier LĂ©opold II.
  • 31 dĂ©cembre 1903 : ArrĂȘtĂ© royal confirmant la construction d’une basilique sur le plateau de Koekelberg.
  • 12 octobre 1905 : pose de la premiĂšre pierre de la Basilique.
  • 17 novembre 1921 : approbation du projet d’Albert Van Huffel.
  • 13 dĂ©cembre 1922 : fondation de l’ASBL Les Amis de la Basilique nationale du SacrĂ©-CƓur Ă  Koekelberg.
  • 17 mars 1935 : mort d’ Albert Van Huffel, aussitĂŽt remplacĂ© par son collaborateur Paul Rome.
  • 26 mai 1935 : inauguration du chƓur de la basilique
  • 1946 : intervention du fonds des bĂątiments religieux
  • 13 et 14 octobre 1951 : achĂšvement de la grande nef et inauguration.
  • 28 janvier 1952 : attribution du titre de basilica minor par le pape Pie XII.
  • 1953 : achĂšvement des deux tours du portail d'entrĂ©e.
  • 1958 : achĂšvement du transept sud.
  • 1962 : achĂšvement du transept nord.
  • 11 novembre 1970 : achĂšvement de la coupole et inauguration Ă  l'occasion des 25 ans du cardinalat de Joseph Suenens.

Sources

  • Vandenbreeden J. & De Puydt R.M., Basiliek/Basilique Koekelberg, art-decomonument/monument art-dĂ©co. Bruxelles, Lannoo-Racines, 2005, 174 p.
  • Dom SĂ©bastien Braun[1] O.S.B. Albert Van Huffel, Architecte, auteur des plans de la Basilique Nationale du SacrĂ©-CƓur Ă  Bruxelles. Editions de la Basilique. s-d (1973) 41 pp.

Lien externe

Notes et références

  1. ↑ Au civil Henri Braun (°1881 +1980)

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