Cath√©drale Saint-Pierre de Mo√Ľtiers

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Cath√©drale Saint-Pierre de Mo√Ľtiers
Cathédrale Saint-Pierre
Image illustrative de l'article Cath√©drale Saint-Pierre de Mo√Ľtiers
Cathédrale Saint-Pierre et l'ancien palais de l'archevêque de Tarentaise
Présentation
Culte catholique romain
Type ancienne cathédrale
Rattaché à Diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style(s) dominant(s) architecture romane, architecture classique
Protection Logo monument classe.svg Classé MH[1] (30/10/1862)
Géographie
Pays France
R√©gion Rh√īne-Alpes
Département Savoie
Ville Mo√Ľtiers
Coordonn√©es 45¬į 29‚Ä≤ 09‚Ä≥ N 6¬į 32‚Ä≤ 04‚Ä≥ E / 45.4858333333, 6.5344444444445¬į 29‚Ä≤ 09‚Ä≥ Nord
       6¬į 32‚Ä≤ 04‚Ä≥ Est
/ 45.4858333333, 6.53444444444
  

G√©olocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Cathédrale Saint-Pierre

La Cath√©drale Saint-Pierre de Mo√Ľtiers est une ancienne cath√©drale, monument historique, situ√©e √† Mo√Ľtiers, dans la vall√©e de la Tarentaise, en France.

C'√©tait √† l'origine le si√®ge de l'archidioc√®se de Mo√Ľtiers-Tarentaise, supprim√© √† la suite du concordat du 2 avril 1802 qui cr√©e l'√©v√™ch√© de Chamb√©ry-Gen√®ve. La cath√©drale est devenue ensuite le si√®ge du dioc√®se de Tarentaise de 1825 √† 1966, jusqu'√† ce qu'un d√©cret du Saint-Si√®ge unisse les trois √©v√™ch√©s de Chamb√©ry, de Mo√Ľtiers et de Saint-Jean-de-Maurienne en un √©v√™ch√© de Chamb√©ry, Maurienne et Tarentaise.

Sommaire

Historique

Origine

L'√©v√™ch√© de la Tarentaise a √©t√© cr√©√© au Ve si√®cle, mais il ne reste rien de la cath√©drale initiale. Une lettre du pape saint L√©on datant de 450 indique que l'√©v√™ch√© est rattach√© √† la m√©tropole de Vienne[2].

Le premier texte mentionnant la cath√©drale est celui de l'hom√©lie prononc√©e par saint Avit, archev√™que de Vienne, dans la cath√©drale reconstruite par Sanctus entre 517 et 525, √©v√™que de Darantasia (Mo√Ľtiers), au moment de sa d√©dicace ("dicta in basilica sancti Petri quam Sanctus episcopus Tarantasiae condidit"). Saint Avit indique que cette nouvelle cath√©drale en remplace une autre devenue trop petite.

Il est probable qu'il a √©t√© construit √† Darantasia, comme √† Gen√®ve, √† Lyon et dans plusieurs villes √©piscopales, un groupe √©piscopal comprenant l'√©glise de l'√©v√™que, l'√©glise paroissiale et le baptist√®re[3]. Des fouilles entreprises au XIXe si√®cle ont permis de retrouver un b√Ętiment circulaire au chevet de la cath√©drale.

Les Sarrazins ont fait plusieurs incursions dans les Alpes jusqu'√† Mo√Ľtiers, d√©truisant probablement la cath√©drale. Apr√®s l'enl√®vement en juillet 972 de Ma√Įeul, abb√© de Cluny, au cours d'un de ses voyages entre Cluny et Rome, le comte de Provence, Guillaume Ier et plusieurs seigneurs de Provence se sont lanc√©s dans une op√©ration contre les Sarrasins retranch√©s √† La Garde-Freinet qu'ils ont pris en 973.

Rodolphe III fait des archevêques de Tarentaise des comtes de Tarentaise en 996. Quand le royaume de Bourgogne est revenu à Conrad II, il est intégré au Saint-Empire romain germanique. Les archevêques de Tarentaise sont devenus des princes d'Empire. Ce titre de comte va donner aux archevêques des moyens financiers importants leur permettant de reconstruire leur cathédrale. Les droits des archevêques-comtes seront confirmés en 1186 par Frédéric Barberousse.

Construction de la cathédrale

Au XIe si√®cle l'archev√™que, peut-√™tre Amizon ou un successeur imm√©diat, a entrepris de reconstruire la cath√©drale qui avait √©t√© endommag√©e au cours des incursions sarrasines. En m√™me temps que l'√©glise ont √©t√© reconstruits l'√©v√™ch√©, au sud, le long de l'Is√®re, et le clo√ģtre, au nord, sur la place.

De la cath√©drale romane, il ne reste que le chŇďur et l'abside. Elle poss√©dait quatre tours dont seules deux subsistent. Ainsi, le chŇďur jadis entour√© de deux tours ne conserve que celle septentrionale faisant office de clocher. Le chŇďur avait √©t√© d√©cor√© de fresques qui ont √©t√© recouvertes par un enduit apr√®s 1650 par Mgr Milliet de Challes. Des √©l√©ments de ce d√©cor ont √©t√© mis au jour en 1882 par l'architecte Borrel.

Le m√™me archev√™que a fait supprim√© la crypte construite au XIe si√®cle sous le chŇďur. Celle-ci servait de martyrium o√Ļ √©taient expos√©es les reliques. Elle cr√©ait une sur√©l√©vation du chŇďur. L'archev√™que avait justifi√© cette destruction par le risque qu'elle faisait courir √† la stabilit√© de l'abside.

Les derni√®res √©tudes de la cath√©drale ont montr√© qu'elle a d√Ľ √™tre construite en deux temps :

  • la partie orientale, vers 1020,
  • la partie occidentale, la nef, vers 1050.

De la nef romane, il subsiste le mur gouttereau sud qui a été aménagé.

La cath√©drale a √©t√© restaur√©e par l'archev√™que Pierre II, entre 1141 et 1175. Son biographe indique qu'il dota la cath√©drale de vo√Ľtes de pierre, c'est-√†-dire la nef, car le chŇďur √©tait d√©j√† vo√Ľt√©.

Le 25 juillet 1454, le cardinal Jean d'Arces, archev√™que-comte de Tarentaise, a fond√© la chapelle des Innocents dans la cath√©drale. C'est lui qui a entrepris de reconstruire une partie de la cath√©drale dans le style gothique. Une plaque appos√©e √† gauche du portail donne la date de 1461. Elle cite le nom du ma√ģtre ma√ßon et tailleur: Fran√ßois Cirgat.

L'archev√™que Fran√ßois Am√©d√©e de Millet entreprend de transformer la cath√©drale pour la rendre conforme √† la liturgie d√©finie au concile de Trente :

  • destruction de la crypte pour descendre le niveau du chŇďur par rapport √† l'avant-chŇďur,
  • r√©alisation de baies dans les croisillons du transept pour l'√©clairer,
  • construction de la coupole avec lanternon √† la crois√©e du transept par Louis Billot.

Le premier prix-fait date du 31 octobre 1669 et le second du 1er avril 1671.

En 1686 est construit le porche qui se trouve à l'entrée de la cour précédant la cathédrale. Il a été détruit au moment de la Révolution et reconstruit en 1864.

Démolitions révolutionnaires

Avec l'arrivée des troupes françaises en 1792, la cathédrale va être transformée en Temple de la Raison.

En 1793, le repr√©sentant en mission Antoine Louis Albitte d√©cide qu'il faut raser les clochers car ils d√©rogent au principe d'√©galit√©. Malheureusement, ces travaux de d√©molition faits sans pr√©caution vont entra√ģner l'affaissement de la charpente: les vo√Ľtes romanes et gothiques s'effondrent le 24 d√©cembre 1794.

Apr√®s la mort de l'archev√™que en 1793, les pr√™tres se r√©fugient en Pi√©mont. Il faut attendre le concordat de 1801 pour voir r√©tablie la situation de l'√Čglise √† Mo√Ľtiers, mais l'archev√™ch√© de Mo√Ľtiers est supprim√© au profit de Chamb√©ry dont le dioc√®se s'√©tant sur les deux d√©partements de Savoie et de Haute-Savoie, le canton de Gen√®ve et le Pays de Gex

Après la chute de l'Empire, en 1815, la Savoie revient sous la souveraineté du roi Sardaigne, duc de Savoie.

Restauration de la cathédrale

Chambéry devient un archevêché en 1817 et l'évêché de Tarentaise est rétabli en 1825 en même temps que celui de Maurienne. Le nouvel évêque, Mgr Antoine Martinet, vient s'installer dans une cathédrale ruinée. La nef, reconstruite dans un style classique, remonte au XIXe siècle.

À partir de 1827, on commence à réfléchir à la restauration-reconstruction de la cathédrale. Les travaux sont confiés aux architectes Ernesto Melano (1792-1867) et Sogno.

La décoration a été donnée au peintre fresquiste Casimir Vicario. C'est lui qui doit peindre les personnages de la coupole de la croisée du transept suivant les indications prévues dans le contrat signé le 13 février 1829 par l'évêque Antoine Rochaix et lui-même (il a réalisé plus tard les fresques de la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry).

La cathédrale est bénite le 31 octobre 1829 et elle est consacrée le 3 juillet 1831.

L'édifice est classé Monument historique le 30 octobre 1862.

En 1869, une chapelle lat√©rale est construite sur la bas-c√īt√© de la nef.

En 1882, l'architecte Borrel reconstitue une crypte romane et fait dispara√ģtre la d√©coration du XVIIe si√®cle dans le chŇďur.

Architecture

La cath√©drale est construite suivant un plan de croix latine. La nef comprend quatre trav√©es vo√Ľt√©es d'ar√™tes avec deux bas-c√īt√©s de m√™me hauteur, un transept saillant avec une coupole √† lanternon √† la crois√©e.

Le chŇďur ne comprend qu'une trav√©e vo√Ľt√©e d'ar√™tes flanqu√©e de deux chapelles qui se trouvaient √† la base des deux tours orientales d√©truites √† la R√©volution et dont seule la tour nord a √©t√© reconstitu√©e apr√®s 1860. Le chŇďur se termine par une abside romane vo√Ľt√©e en cul-de-four.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Notice no PA00118283, sur la base M√©rim√©e, minist√®re de la Culture : Cath√©drale Saint-Pierre
  2. ‚ÜĎ Jean Vallery-Radot, La cath√©drale Saint-Pierre √† Mo√Ľtiers-en-Tarentaise, pp. 106-120, dans Congr√®s arch√©ologique de France. 123e session. Savoie. 1965, Soci√©t√© Fran√ßaise d'Arch√©ologique, Paris, 1965
  3. ‚ÜĎ Alain Erlande-Brandenburg, La cath√©drale, pp. 41-78, Fayard, Paris, 1989 (ISBN 2-213-02240-0)

Voir aussi

Bibliographie

  • Isabelle Parron-Kontis, B√©n√©dicte Palazzo-Bertholon, Gabrielle Michaux, La cath√©drale Saint-Pierre en Tarentaise et le groupe √©piscopal de Maurienne in Documents d'arch√©ologie en Rh√īne-Alpes et en Auvergne, Association lyonnaise pour la promotion de l'arch√©ologie en Rh√īne-Alpes, 2002, chap. Volume 22, p. 154 .
  • Jean-Paul Bergeri, Histoire de Mo√Ľtiers: capitale de la Tarentaise, √Čditions La Fontaine de Silo√©, Montm√©lian, 2007 (ISBN 978-2-84206-341-2) Google Livres - Extraits
  • Raymond Oursel, Lyonnais, Dombes, Bugey et Savoie romans, p. 272-273, √Čditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n¬į73), La Pierre-qui-Vire, 1990

Articles connexes

Liens externes


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