Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne

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Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne
Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
Clo√ģtre du XVe si√®cle
Clo√ģtre du XVe si√®cle
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
D√©but de la construction XIe si√®cle
Protection  Class√© MH (1906)
Géographie
Pays Drapeau de France France
R√©gion Rh√īne-Alpes
Département Savoie
Ville Saint-Jean-de-Maurienne
Coordonn√©es 45¬į 16‚Ä≤ 22‚Ä≥ N 6¬į 20‚Ä≤ 54‚Ä≥ E / 45.272889, 6.34844445¬į 16‚Ä≤ 22‚Ä≥ Nord
       6¬į 20‚Ä≤ 54‚Ä≥ Est
/ 45.272889, 6.348444
  

G√©olocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
Reliques de saint Jean le Baptiste lors de la Fête du pain

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste située à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie, était le siège du diocèse de Maurienne rattaché au diocèse de Chambéry en 1966[1].

Cette cath√©drale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 30 octobre 1906[2].

Sommaire

Historique[3],[4]

Légende

Le r√©cit des origines de l'√©v√™ch√© de Saint-Jean-de-Maurienne se trouve dans deux documents[3]. Le plus ancien est celui fait par Gr√©goire de Tours dans le Liber in gloria martyrum. Le second texte, datant du Xe si√®cle, se trouvait dans archives de la cath√©drale a √©t√© repris par Mgr Duchesne dans Fastes √©piscopaux de l'ancienne Gaule, tome 2.

  • Le texte de Gr√©goire de Tours parle de l'ubs Maurienna, c'est qui laisse supposer que le texte a √©t√© √©crit apr√®s que Maurienne fut devenu un √©v√™ch√©. Il fait le r√©cit du voyage et du s√©jour de sainte Th√®cle[5],[6] √† Alexandrie, en √Čgypte, vers 550, pour v√©n√©rer saint Jean-Baptiste et en rapporter les reliques des trois doigts. Le corps de saint Jean-Baptiste avait √©t√© transport√© de S√©baste, en Palestine, o√Ļ il avait √©t√© enseveli, vers Alexandrie pour le sauvegarder des destructions ordonn√©es par Julien. Sainte Th√®cle demanda des reliques du saint et s'engagea par serment qu'elle ne quitterait pas Alexandrie sans les avoir obtenu. Apr√®s avoir s√©journ√© une ann√©e enti√®re √† Alexandrie, puis une seconde, elle d√©cida au d√©but de la troisi√®me de se coucher devant la s√©pulture et de ne plus se lever avant d'avoir obtenu des reliques. Une nuit, elle vit un pouce sur l'autel resplandissant de lumi√®re. Y voyant un don de Dieu, sainte Th√®cle pris la relique et l'enferma dans une boite en or et revint √† Maurienne.
    La légende raconte aussi la tentative des évêques de Turin, Aoste et Belley de se partager la relique, et comment ils obtinrent chacun une goutte de sang de la relique. Et aussi la tentive de vol de celle-ci par l'archidiacre de l'évêque de Turin qui trouva la mort en se saisissant du reliquaire.
  • Le second r√©cit parle d'une femme nomm√©e Tigris (Th√®cle) n√©e √† Valloire en Maurienne, d'origine noble, d√©cida d'accompagner des moines en p√©lerinage vers J√©rusalem. Ayant appris que les reliques de saint Jean-Baptiste avaient √©t√© transport√©es √† Alexandrie, elle s'y rendit et r√©ussit √† en obtenir une partie. Puis elle revint √† Maurienne et y fit construire une √©glise d√©di√©e au saint.

De ces récits on apprend que la vallée de la Maurienne était un lieu de passage important pour les pélerins voulant franchir les Alpes. Ces reliques de saint Jean-Baptiste vont faire de Maurienne une étape obligatoire.

Origine de l'évêché

Au temps de Thècle, régnait le roi Gontran[7] sur la Bourgogne et la Provence.
Les Lombards avaient envahi le nord de l'Italie[3]. Ils avaient pris Milan et occupaient la vall√©e du P√ī en 568. En 569, ils avaient franchi les Alpes et battu l'arm√©e de Gontran. Ils recommencent en 572, mais l'arm√©e de Gontran command√©e par le patrice Mummole les batte √† Embrun. Ils reviennent en 574, franchissent le col du Mont-Gen√®vre et s'avancent jusqu'√† Arles, Grenoble et Valence. Battus de nouveau par Mummole, ils doivent c√©der √† Gontran les d√©bouch√©s des Alpes, soit les vall√©es de Lanzo, d'Aoste et de Suse.
La vall√©e de Maurienne d√©pendait jusqu'alors de l'√©v√™que de Turin. Pour assurer l'ind√©pendance de cette r√©gion qu'il venait d'acqu√©rir, le roi Gontran d√©cida peu apr√®s de r√©unir un concile √† Chalon-sur-Sa√īne pour faire de la ville de Maurienne un √©v√™ch√© qui comprenait la vall√©e de Maurienne, celle de Suse, de Lanzo (Stura di Lanzo), de Bardon√®che et le Brian√ßonnais. L'√©v√™que de Turin protesta et le pape fit attendre son accord pour la cr√©ation de ce nouvel √©v√™ch√© suffrageant de la m√©tropole de Vienne comme le montre deux lettres de Gr√©goire le Grand en juillet 599[8]. Le premier √©v√™que est Fermose, consacr√© en 579 au cours du concile de Chalon.
Le roi Gontran fit construire une nouvelle église dédiée à saint Jean-Baptiste.

Des premi√®res incursions de Sarrasins dans les Alpes se sont produites entre 730 et 736. La m√©moire en a √©t√© gard√© par le culte des martyrs saint √Čmilien, √©v√™que de Maurienne apr√®s Walchin (√©v√™que en 735), et saint Marin de Maurienne, ermite √† Ch√Ętel o√Ļ se trouve une chapelle pr√®s de son ermitage, tu√©s par les Sarrasins vers 736. Pour prot√©ger les reliques de saint Marin, Charlemagne les fit transf√©rer √† l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe.

Apr√®s la mort de Charlemagne et les dissensions entre les fils de Louis le Pieux, ce sont les Sarrasins qui s'installant en Provence √† La Garde-Freinet vont faire de nombreuses razzia dans les Alpes, o√Ļ ils vont se saisir de l'abb√© de Cluny Mayeul, jusqu'√† la prise de La Garde-Freinet en 973 par le comte de Provence Guillaume. Entre 926 et 974 on ne conna√ģt pas les noms des √©v√™ques de Maurienne. Il semble que Saint-Jean-de-Maurienne ait √©t√© d√©truit par les Sarrasins en 943[9]Apr√®s cette √©poque troubl√©e il faut reconstruire tout le pays et les √©glises. On note aussi que l'abbaye de la Novalaise, situ√©e √† peu de distance, a √©t√© compl√®tement d√©truite en 906.

Construction de la cathédrale romane

Guerre de succession de Bourgogne et naissance de la maison de Savoie

Le cénotaphe de Humbert aux Blanches Mains sous le porche de la cathédrale

La reconstruction de la cath√©drale au d√©but du XIe si√®cle va √™tre li√©e √† la succession de Bourgogne, apr√®s la mort de Rodolphe III, en 1032. Rodolphe III avait fait de son neveu, Conrad II, empereur du Saint-Empire romain germanique son h√©ritier. Les f√©odaux du royaume de Bourgogne et soutiennent son neveu, le comte de Blois, Eudes II de Blois, et parmi eux l'√©v√™que de Maurienne. Gr√Ęce √† l'appui de Humbert de Maurienne, ancien vassal de Rodolphe III, connu sous le nom de Humbert aux Blanches Mains, Conrad II, put reprendre le contr√īle de la vall√©e de la Maurienne. Humbert avait pris la ville de Maurienne apr√®s un long si√®ge, mais contrairement √† ce qui est quelques fois √©crit, la ville n'a pas √©t√© ras√©e (il y a eu une confusion en Murienna - Morat - et Maurienna - Saint-Jean-de-Maurienne). En r√©compense, Conrad II fit de Humbert de Maurienne le comte de Maurienne. Pour punir l'√©v√™que qui s'√©tait r√©volt√© contre son autorit√©, il supprima, quelques mois avant sa mort, l'√©v√™ch√© de Maurienne en le rattachant √† l'√©v√™ch√© de Turin. Ce rattachement ayant √©t√© fait sans l'accord du pape, celui-ci ne l'accepta pas. Avant le 14 juin 1043, un accord entre le pape et l'empereur Henri III r√©tablit l'√©v√™ch√© de Maurienne mais en le limitant √† la seule vall√©e de la Maurienne. Le Brian√ßonnais √©tait rattach√© √† l'√©v√™ch√© d'Embrun et les territoires de l'autre versant des Alpes, √† l'√©v√™ch√© de Turin. Le chanoine A. Gros doute de la suppression de l'√©v√™ch√© de Maurienne par Conrad II puisque l'√©v√™que appara√ģt dans une charte du dioc√®se dat√©e de 1040. La sanction se serait limit√©e √† la r√©duction des limites du dioc√®se.

Reconstruction de la cathédrale

La crypte
Le mur séparant les deux parties de la crypte
Réemploi d'éléments carolingiens dans le 5ème pilier nord de la nef

Dans quel √©tat √©tait la cath√©drale apr√®s les destructions faites par les Sarrasins et l'opposition entre l'√©v√™que et l'empereur. Aucun texte ne permet de le savoir. La red√©couverte de la crypte, en 1958, a donn√© lieu √† des discussions pour savoir si certains des chapiteaux ne provenaient pas de la cath√©drale construite par le roi Gontran et si une partie ne datait pas du IXe si√®cle. Des morceaux du martyrium servant √† recvoir les reliques de saint Jean le Baptiste et qui se trouvait dans l'abside de la crypte ont pu y √™tre rassembl√©s. En restaurant les piliers de la cath√©drale, des √©l√©ments de sculptures carolingiens y ont √©t√© trouv√©s ins√©r√©s. La crypte √©tait compos√©e de deux parties qui ne sont pas en alignement, un vestibule presque carr√© dont les chapiteaux sont assez frustes, et une seconde partie o√Ļ se trouvait le martyrium. Cette seconde partie qui se trouvait sous le chŇďur de la cath√©drale romane a √©t√© s√Ľrement construite en m√™me temps que la cath√©drale romane. La premi√®re partie semble plus ancienne et certaines similitudes stylistiques des chapiteaux peuvent la faire remonter √† la premi√®re cath√©drale. Il y a un d√©bat entre sp√©cialistes sur l'anciennet√© de ces vestiges.

Cette discussion entre l'architecte d√©partemental des Monuments historiques M. Stephens qui avait fait d√©blayer la crypte et qui en attribuait la construction √† la p√©riode pr√©romane et l'historien Jean Hubert qui ramenait cette construction √† la p√©riode comprise entre 1040-1075 √† partir de deux chartres cit√©es ci-dessous. Raymond Oursel reprend cette discussion √† partir du texte des chartes qui pour lui parle d'un "locus", c'est-√†-dire, d'un lieu et non de la cath√©drale, et de la situation mat√©rielle du chapitre[10],[11]. Le style architectural permet seul d'appr√©cier la p√©riode de construction. On peut noter une diff√©rence de styles importante entre la crypte et l'√©glise. De plus la crypte a √©t√© plusieurs fois r√©am√©nag√©e et restaur√©e. Elle inclut en cons√©quence des √©l√©ments de diff√©rentes √©poques, probablement depuis le VIIe si√®cle, r√©am√©nag√©e au XIe si√®cle et restaur√©e jusqu'au d√©but du XIVe si√®cle avant d'√™tre remblay√©e au XVe si√®cle.

La cath√©drale romane du XIe si√®cle
Elévation de la nef centrale
Vestige du portail sud de la cath√©drale romane se trouvant dans le clo√ģtre
Bande lombarde, fenêtre romane et fenêtre gothique

Les dates de début et de fin de la construction de la cathédrale et de l'église Notre-Dame qui lui est parallèle sont données par deux chartes.
La première, rédigée par l'évêque Theobaldus ou Thibaud, date de 1040/1041[12]. L'évêque constant que le lieu est détruit - destructus - donne des terres aux chanoines des églises Saint-Jean-Baptiste et Notre-Dame (... quadam terras dono de meo episcopatu ad canicos S. Mariae et S. Joannis Baptistae, eo quod locus unde videor esse episcopus destructus mihi videtur ...).
La seconde est due à l'évêque Artaldus ou Artaut et date de 1075. L'évêque demandait aux chanoines de célébrer l'office divin en commun dans les deux églises qui étaient alors restaurées.

La reconstruction comprenait la crypte d√©crite pr√©c√©demment et l'√©glise situ√©e au-dessus. L'√©glise romane a √©t√© b√Ętie suivant le plan d'une basilique romaine √† trois nefs dont la nef centrale √©tait un peu plus longue que les bas-c√īt√©s et se terminaient par des absides et absidioles demi-circulaires. La nef centrale √©tait de pr√®s de soixante m√®tres de longueur. Les nefs √©taient couvertes par des charpentes. Le bas-c√īt√© nord se termine par la chapelle Sainte-Th√®cle et le bas-c√īt√© sud par la chapelle Saint-Pierre. Ces deux chapelles ont probablement √©t√© modifi√©es avant le XVe si√®cle. La chapelle Sainte-Th√®cle a perdu son abside demi-circulaire. La pr√©sence d'un escalier de secours de la crypte l√† o√Ļ se trouvait la chapelle Saint-Pierre laisse penser que son abside a √©t√© d√©truite assez t√īt.

La restauration de la cath√©drale au XVe si√®cle
Chapelle Sainte-Thècle

D'apr√®s le chanoine Dam√©[13] la chapelle a √©t√© restaur√©e pour un co√Ľt de 500 florins d'or par l'√©v√™que Am√©d√©e de Montmayeur.
La chapelle correspond aux 8e et 9e trav√©es du collat√©ral nord. Le b√Ętiment rectangulaire reconstruit a deux √©tages qui ont √©t√© vo√Ľt√©es d'ogives. Pour assurer la reprise de la pouss√©e de ces vo√Ľtes, le mur s√©parant le collat√©ral de la nef centrale a √©t√© √©paissi √† 1,50 m√®tre en encorporant la derni√®re pile et en avauglant deux arcades, et le mur du collat√©ral nord a √©t√© √©paissi et rehauss√© en lui adjoignant des contreforts. Deux autres murs ont √©t√© construits, √† l'est, avecdeux ouvertures superpos√©es, √† l'ouest, avec une porte pour marquer l'entr√©e de la chapelle.
La chapelle contient les s√©pultures de deux √©v√™ques : Savin de Florian (1385-1410), Am√©d√©e de Montmayeur (1410-1422).
La salle du premier étage est celle du Trésor.
Le d√©capage des murs en 1959 a fait appara√ģtre sur le mir d'entr√©e de la chapelle une fresque sur le th√®me de l'Annonciation datant du XVIe si√®cle.

L'inondation du Bonrieu et la nécessité de restaurer la cathédrale

Pendant l'hiver 1439/1440, le Bonrieu gonflé à la suite de pluies importantes sur les montagnes de Jarrier envahit la ville avec une grande violence, charriant d'importantes masses de terres et de détritus à la suite des destructions qu'il provoque.
Les niveaux de la place devant la cathédrale et de la rue entre la cathédrale et l'église Notre-Dame augmente de 1,50 à 2 mètres.
Le chanoine Dam√© √©crit : "la cath√©drale elle-m√™me fut si gravement endommag√©e qu'il fallut la reb√Ętir presque enti√®rement et abandonner sa partie inf√©rieure : la crypte". Le chanoine A. Gros critique ce r√©cit. Cependant, des sondages faits dans l'√©glise Notre-Dame ont montr√© que le sol avait √©t√© remont√© de 1,50 m par rapport au sol initial.
Cependant dès 1410, l'antipape Jean XXIII avait donné des indulgences pour les fidèles faisant des dons pour la restauration de la cathédrale.
Pour essayer de contr√īler le Bonrieu, le cardinal de Varembron entreprit de faire construire des digues d√®s 1441.

Construction du clo√ģtre gothique
Le clo√ģtre
Une galerie du clo√ģtre

En 1450, le cardinal de Varambron d√©cida de reconstruire le clo√ģtre entre le flanc nord de la cath√©drale et le r√©fectoire des chanoines. Il a remplac√© n clo√ģtre plus ancien qui est cit√© dans un acte pass√© le 12 f√©vrier 1211. Le cardinal de Varambron mourut en 1451.
Jean Vallery-Radot critiqua cette attributation et en donna la paternit√© √† son successeur, le cardinal d'Estouteville ce qui serait confirm√© par ses armoiries sur les cl√©s de vo√Ľtes de la galerie occidentale, la plus ancienne. Dans ce cas le clo√ģtre n'aurait √©t√© commenc√© qu'apr√®s la fin de la restauration de la tour de l'√©glise Notre-Dame, en 1477.
Deux textes concernent le clo√ģtre :

  • le premier, du 1er janvier 1482, le duc de Savoie, Charles Ier, autorise la chanoine Am√©d√©e Gavit, vicaire g√©n√©ral du dioc√®se de Maurienne, √† utiliser les ressources de la mense √©poscopale pour la construction du clo√ģtre,
  • le second est le testament du cardinal d'Estouteville, du 14 janvier 1483, faisant du chapitre son h√©ritier, et notant que les travaux de la cath√©drale sont termin√©s, pour achever le clo√ģtre.

Les travaux sont termin√©s par son successeur, l'√©v√™que √Čtienne Morel (1483-1499).

Vo√Ľtes de la cath√©drale

Apr√®s sa nomination √† l'√©v√™ch√© de Maurienne en 1452, le cardinal d'Estouteville entreprit de r√©nover l'√©glise en donnant une apparence gothique √† la cath√©drale romane avec l'adjonction de vo√Ľtes gothiques. Le cardinal r√©sidant √† Rome, les travaux furent dirig√©s par le vicaire g√©n√©ral du dioc√®se, le chanoine Am√©d√©e Gavit originaire de Gen√®ve.
Les murs ne pouvant pas supporter de vo√Ľtes en pierre, celles-ci furent r√©alis√©es en bois appuy√©es sur des tas de charge en pierre. Les neuf trav√©es romanes ont donc √©t√© transform√©es en quatre trav√©es gothiques, sensiblement carr√©es, et une premi√®re trav√©e barlongue. Une fen√™tre en tiers-point de style flamboyant a √©t√© perc√©e en partie haute des murs au milieu de chaque trav√©e. Les anciennes baies romanes sont alors bouch√©es. Les murs lat√©raux ont √©t√© sur√©lev√©s et ont √©t√© vo√Ľt√©es en bois mais en conservant le nombre de trav√©es initial des collat√©raux. L'√©glise, y compris les vo√Ľtes, a √©t√© ensuite enti√®rement peinte.

Le nouveau chŇďur

Le chŇďur roman est modifi√© par le successeur du cardinal d'Estouteville, √Čtienne Morel, ancien abb√© d'Ambronay, qui le trouvait trop court. Il fit abattre l'ancien abside et l'ancienne sacristie et fit ajouter une trav√©e droite au chŇďur qui a √©t√© termin√© par une abside √† cinq pans.
La première pierre a été posée le 28 avril 1494. Il est terminé avant le 14 mai 1498, date d'achèvement des stalles.
√Čtienne Morel a transform√© la chapelle Sainte-Th√®cle en sacristie en faisant r√©alis√© la porte donnant sur le chŇďur ainsi que l'escalier menant au Tr√©sor.
L'autre transformation due √† la construction de ce nouveau chŇďur fut l'abandon et le remblaiement de la crypte.

Chapelles

La chapelle de Jésus, appelé aujourd'hui chapelle Saint-Joseph, se trouvant à gauche en entrant dans la cathédrale, a été réalisée en 1535 par le cardinal Louis de Gorrevod à l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Barthélemy.

Trois chapelles ot √©t√© ajout√©es contre le collat√©ral sud de la cath√©drale au XVIIe si√®cle :

  • la chapelle des Fonts, la premi√®re en entrant,
  • la chapelle Saint-Honor√©, fond√©e par l'√©v√™que Paul Milliet de Faverges (1640-1656),
  • la chapelle Notre-Dame-des-Carmes ou de la Sainte-Vierge est donn√©e par le chanoine Dam√© √† l'ann√©e 1670.
Les constructions au XVIIIe si√®cle
La sacristie

La construction d'une nouvelle sacristie à l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Pierre a été faite par l'évêque François-Hyacinthe de Valpergue de Masin (1686-1736). Elle est achevée n 1740, date à laquelle des boiseries sont posées.
Ses dimensions se r√©v√©lant insuffisantes, elle fut prolong√©e vers l'est en utilisant le mur sud de l'ancienne chapelle du XIIIe si√®cle qui a √©t√© rehauss√©. Ce mur n'est pas dans l'alignement du mur roman du collat√©ral sud. Les historiens de la cath√©drale en ont d√©duit que la chapelle Saint-Pierre, o√Ļ le corps du bienheureux Ayrald avait √©t√© d√©pos√©, avait √©t√© reconstruit apr√®s la d√©molition d'une partie du collat√©ral sud et de son absidiole romane.

Le porche

L'évêque Mgr de la Martiniana, après avoir demandé la suppression du cimetière qui se trouvait devant la cathédrale, décida de l'interdire. La municipalité finit par acheter des terrains et à y transférer les tombes en 1771. Le roi Charles-Emmanuel III commanda la construction d'un porche à l'entrée de la cathédrale pour protéger un monument dédié aux premiers comtes de la maison de Savoie qui avait été placé contre le piédroit de la porte centrale probablement reconstruit après l'inondation de 1440.
C'est en creusant pour construire le porche qu'on trouva des cinq sépultures dans une enceinte murée contre la porte centrale: trois tombes des comtes Humbert-aux-Blanches-Mains, Amédée Ier et Boniface, fils d'Amédée IV, et deux tombes de prélats, probablement l'évêque Thibaud, qui serait le frère d'Humbert, et l'évêque Burckard, peut-être le fils d'Humbert.
On peut voir sous le porche un bas-relief à l'antique représentant l'empereur Conrad le Salique dont l'investiture du comté de Maurienne à Humbert. À gauche, contre le mur nord, se trouve un cénotaphe dédié à Humbert Ier sculpté en 1826 par les frères Cacciatori de Turin pour le roi Charles-Félix.

Les restaurations du XIXe si√®cle
Les trois vitraux du chŇďur command√©s par Mgr Rosset
Baptême du Christ par Jean le Baptiste

Des deux √©glises paroissiales de Saint-Jean-de-Maurienne, l'√©glise Saint-Christophea a br√Ľl√© en 1792 et l'√©glise Notre-Dame a √©t√© partiellement d√©truite par la d√©molition de la partie haute de son clocher le 18 mars 1794.
Les paroissiens ne pouvaient plus se réunir qu'à la cathédrale qui se révéla trop petite. Pour faire de la place, les stalles ont été déplacées et le jubé démonté.
Apr√®s la R√©volution, le roi Charles-F√©lix donna des fonds pour restaurer la cath√©drale et finir la d√©coration du porche. La direction des travaux a √©t√© confi√©e √† l'architecte Ernesto Melano (1792-1867). En 1831-1832, les fresquistes Vicario ont peint le chŇďur et la o√Ľte de la nef centrale.
L'√©v√™que de Maurienne, Mgr Rosset, a fait entreprendre des restaurations dans le chŇďur et pos√© trois vitraux.
La chapelle de Saint-Ayrald est restaurée suivant les plans de l'architecte de Valence M. Rey, élève de Pierre Bossan, architecte de la basilique de Fourvière. La consécration de la chapelle est faite par Mgr Rosset le 29 septembre 1891.

Les fouilles et les restaurations du XXe si√®cle

Des sondages faits en 1958 ont confirm√© la pr√©sence d'une crypte sous le chŇďr roman. Des travaux sont alors entrepris entre 1960 et 1976 pour d√©gager la crypte et restaurer la cath√©drale. Un ravalement g√©n√©ral a supprim√© les peintures des fr√®res Vicario et mis √† jour les piliers romans avec plusieurs √©l√©ments carolingiens encastr√©s.
Une dalle en b√©ton arm√© a √©t√© r√©alis√©e au-dessus de la crypte qui a l√©g√®rement rehauss√© le chŇďur. Un acc√®s √† la crypte √† partir du clo√ģtre a √©t√© fait. Cette op√©ration a permis de remettre en place les stalles de chŇďur et de restaurer l'escalier √† vis permettant d'acc√©der au Tr√©sor. Des chapiteaux romans ont √©t√© trouv√©s en 1964 dans le remplissage ayant servi √† boucher la porte du Tr√©sor.

Description

La cath√©drale date pour son gros Ňďuvre du XIe si√®cle. Elle poss√®de une des plus vieilles charpentes de France, puisque plusieurs fermes de sa toiture ont pu √™tre dat√©es avec pr√©cision de 1075-1076.
Sous le chŇďur de la cath√©drale avait √©t√© am√©nag√©e une crypte, vraisemblablement pour abriter des reliques de saint Jean-Baptiste. Combl√©e au XVe si√®cle, la crypte romane a √©t√© red√©couverte en 1958.
Un clo√ģtre, am√©nag√© au XVe si√®cle, r√©unit la cath√©drale au r√©fectoire des chanoines.
La flèche atteignait 80 m de hauteur mais la Révolution l'a détruite.

La cath√©drale poss√®de de belles fresques et de superbes stalles du XVe si√®cle ainsi qu'un reliquaire conservant trois doigts de Jean-Baptiste[14].

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Le 26 avril 1966, un d√©cret du Saint-Si√®ge unit les dioc√®ses de Chamb√©ry, l‚Äô√©v√™ch√© de Mo√Ľtiers et celui de Saint-Jean-de-Maurienne. Ce d√©cret indique que les dioc√®ses de Mo√Ľtiers-Tarentaise et de Saint-Jean-de-Maurienne sont r√©unis "aeque principaliter" √† l'archidioc√®se de Chamb√©ry "de telle sorte qu'il y ait un seul et m√™me √©v√™que √† la t√™te des trois dioc√®ses et qu'il soit en m√™me temps Archev√™que de Chamb√©ry, Ev√™que de Maurienne et Ev√™que de Tarentaise.
  2. ‚ÜĎ Minist√®re de la Culture, base M√©rim√©e, ¬ę Notice no PA00118296 ¬Ľ sur www.culture.gouv.fr.
  3. ‚ÜĎ a, b et c Chanoine Jean Bellet, La cath√©drale de Saint-Jean-de-Maurienne et ses d√©pendances. √Čtude historique et arch√©ologique. Tome XIX. 1978, Soci√©t√© d'histoire et d'arch√©ologique de Maurienne, Saint-Jean-de-Maurienne, 1979
  4. ‚ÜĎ Jean Vallery-Radot, Saint-Jean-de-Maurienne, la cath√©drale Saint-Jean-B√©ptiste, pp. 49-85, dans Congr√®s arch√©ologique de France. 123e session. Savoie. 1965, Soci√©t√© Fran√ßaise d'Arch√©ologie, Paris, 1965
  5. ‚ÜĎ Google Livres : Jean Prieur,Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, pp. 20-23, √Čditions Le Vieil Annnecy, La Fontaine de Silo√©, 1999 (ISBN 2-912008-06-9)
  6. ‚ÜĎ Google Livres : Abb√© Truchet, Histoire hagiologique du dioc√®se de Maurienne, pp. 13-37, Chamb√©ry, 1867
  7. ‚ÜĎ Google Livres : Jean Prieur,Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, pp. 25-27, √Čditions Le Vieil Annnecy, La Fontaine de Silo√©, 1999 (ISBN 2-912008-06-9)
  8. ‚ÜĎ Google Livres : Jean Prieur,Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, √Čditions Le Vieil Annnecy, La Fontaine de Silo√©, 1999 (ISBN 2-912008-06-9)
  9. ‚ÜĎ A. Gros, Histoire de Maurienne, Volume 1, pp. 127
  10. ‚ÜĎ Raymond Oursel, Lyonnais, Dombes, Bugey et Savoie romans, pp. 101-110, √Čditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n¬į73), La Pierre-qui-Vire, 1990
  11. ‚ÜĎ Raymond Oursel, Floraison de la sculpture romane. 1- Les grandes d√©couvertes, pp. 135-160, √Čditions Zodiaque (collection "introductions √† la nuit des temps" n¬į7), La Pierre-qui-Vire, 1973
  12. ‚ÜĎ BnF Gallica : Mgr Alexis Billiet, Chartes du dioc√®se de Maurienne, Chamb√©ry, 1861
  13. ‚ÜĎ Chanoine Jacques Dam√©, Historia ecclesiae, episcoporum et diocesis Maurianensis a Rdo Jocobo Dam√© Maurianensi canonico conscripta anno 1680
  14. ‚ÜĎ reliques rapport√©es par sainte Th√®cle, au VIe si√®cle,

Bibliographie

  • Isabelle Parron-Kontis, La cath√©drale Saint-Pierre en Tarentaise et le groupe √©piscopal de Maurienne., Alpara, Lyon, 2002, Collection des Documents d'Arch√©ologie en Rh√īne-Alpes et en Auvergne (Dara n¬į22), 156p., 97 ill., ISBN 2-9516145-1-9.

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