Bartolome de Las Casas

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Bartolome de Las Casas

Bartolomé de Las Casas

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Bartolomé de Las Casas

BartolomĂ© de Las Casas (SĂ©ville, 1484 –Madrid, 1566), est un prĂȘtre dominicain espagnol, cĂ©lĂšbre pour avoir dĂ©noncĂ© les pratiques des colons espagnols et avoir dĂ©fendu les droits des IndigĂšnes en AmĂ©rique.

Sommaire

Jeunesse et origines familiales

NĂ© en 1474, BartolomĂ© de las Casas est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il Ă  une lignĂ©e de juifs convertis. A neuf ans, il voit le retour de Christophe Colomb Ă  SĂ©ville aprĂšs son premier voyage. Son pĂšre et son oncle ont participĂ© au deuxiĂšme voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. BartolomĂ© de las Casas a gardĂ© une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son pĂšre, il cĂŽtoie un esclave indigĂšne et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur.

Le propriĂ©taire et colon devenu prĂȘtre

En 1503, il y devient propriĂ©taire d’une encomienda, c’est-Ă -dire un titre de propriĂ©tĂ© attribuĂ© Ă  un Espagnol sur des terres indigĂšnes avec les habitants qui y sont rattachĂ©s pour exploiter ces terres. Elle se situe Ă  ConcepciĂłn de La Vega sur l'Ăźle d'Hispaniola, et rapporte 100 000 castellanos[1] par an. Mais cette situation personnellement favorable est loin d'ĂȘtre gĂ©nĂ©rale. Sur les 2 500 Espagnols, « plus de mille moururent et les autres Ă©taient dans de grandes angoisses Â» Ă©crit-il. Il se tourne vers la religion, en entrant dans l'Ordre des PrĂȘcheurs (dominicains) et se fait ordonner prĂȘtre en 1510[2]. Il retourne en AmĂ©rique et devient de ce fait le premier officiant du Nouveau Monde.

Il entend Antonio Montesinos qui dĂ©nonce les injustices dont il a Ă©tĂ© tĂ©moin en annonçant « la voix qui crie dans le dĂ©sert de cette Ăźle, c’est moi, et je vous dis que vous ĂȘtes tous en Ă©tat de pĂȘchĂ© mortel Ă  cause de votre cruautĂ© envers une race innocente Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il paraĂźt Ă©vident que ce discours a marquĂ© Las Casas mĂȘme s’il n’a pas immĂ©diatement menĂ© ce dernier Ă  la lutte pour laquelle il est si connu.

L'aumonier des conquistadores choqué par la condition indigÚne

AppelĂ© par Diego Velasquez, lieutenant de Diego ColĂłn, Las Casas part pour Cuba en 1512[3] et devient aumĂŽnier des Conquistadores. Il tente de limiter les massacres. Il faut croire que son service est apprĂ©ciĂ© puisqu’il reçoit par « rĂ©partimiento Â» (partage des terres conquises) une nouvelle encomienda avec les indigĂšnes qui y sont rattachĂ©s. En 1513, malgrĂ© une Ă©vangĂ©lisation et des baptĂȘmes massifs, il ne peut empĂȘcher le massacre de Caonao qu’il dĂ©sapprouve en accord avec les dominicains mais ne l’empĂȘche pas de profiter de son encomienda et de ses terres aurifĂšres. En 1513 le Pape attribue aux espagnols des droits et des normes sur la dĂ©couverte, c’est le « Requerimiento Â». Les indiens doivent reconnaĂźtre l’Église. S’ils refusent on peut leur imposer par « le fer et le feu Â». Las Casas s’y oppose.
En 1514, alors qu’il prĂ©pare sa messe, Las Casas lit «  Celui qui offre un sacrifice tirĂ© de la substance du pauvre agĂźt comme s’il sacrifiait un fils en prĂ©sence de son pĂšre Â». Il prend alors conscience de la condition indigĂšne et dĂ©cide de partir pour la mĂ©tropole avec Antonio de Montesinos, c’est sa « PremiĂšre Conversion Â».

Le défenseur des indigÚnes

BartolomĂ© de Las Casas s’engage alors dans une lutte de cinquante ans durant laquelle il fera plus de quatorze voyages entre les deux continents, voyages qui pouvaient durer entre soixante et quatre vingt dix jours dans des conditions souvent Ă©prouvantes.

Ses nouvelles convictions l'ont rapprochĂ© des dominicains du nouveau monde. Mais le combat s’annonce difficile, il faut sauvegarder Ă  la fois les intĂ©rĂȘts de la couronne et la vie des indigĂšnes. Selon Las Casas, Indiens et colons sont liĂ©s. En effet les Espagnols ont besoin de main d’Ɠuvre pour s’enrichir et ils doivent en prendre soin pour qu’ils travaillent plus. Or la population baisse Ă  vue d’Ɠil, il y avait 1.100.000 Indiens en 1492 et il en reste 16.000 en 1516 selon l’homme d’église. Il cherche donc Ă  s’adresser au roi Ferdinand II d'Aragon mais celui-ci meurt en 1516. Il se voit alors opposĂ© au rĂ©gent qui ne s’intĂ©resse pas Ă  ce combat. Il va alors voir le Cardinal Cisneros, ancien confesseur d’Isabelle la Catholique qui le soutient, ainsi qu’Adrien, le prĂ©cepteur de Charles Quint, et futur Pape Adrien VI.

Il rĂ©dige un plan de rĂ©formes intitulĂ© le « MĂ©moire des quatorze remĂšdes Â» oĂč il prĂŽne :

  • la fin des encomiendas,
  • la rĂ©glementation du travail,
  • la fin des travaux forcĂ©s,
  • l'envoi de fermiers espagnols avec leurs familles pour exploiter en commun des terres avec les IndigĂšnes,
  • la destitution des administrateurs en place,
  • de combiner Ă©vangĂ©lisation et colonisation,
  • de prendre des Noirs comme esclaves pour compenser la mortalitĂ© des indigĂšnes (prise de conscience[rĂ©f. nĂ©cessaire] tardive[Quand ?] de son erreur, 9 000 Noirs amenĂ©s en 10 ans).

En 1516 il est nommĂ© « procureur et protecteur universel de tous les Indiens des Indes Â» et est mis Ă  la tĂȘte d’une commission d’enquĂȘte aux Indes avec des Ermites de Saint JĂ©rĂŽme, un ordre influent d’Espagne qui se laisse influencer par les colons et qui rejettent Las Casas l’accusant de ne pas voir l’intĂ©rĂȘt Ă©conomique de la politique actuelle dans les Indes. En 1517 il rentre en Espagne pour se justifier.

De 1517 Ă  1519 il est Ă  la cour chargĂ© de « remĂ©dier aux maux des Indiens Â». En 1519 Charles Quint devient empereur. Las Casas s’oppose alors Ă  l’évĂȘque Queredo sur le sort des indigĂšnes et sort vainqueur du dĂ©bat devant l’Empereur.
Il prend conscience que les Ăźles sont perdues, tous les indigĂšnes qui y vivaient sont soit morts, soit des esclaves. Mais il ne veut pas que ce phĂ©nomĂšne se reproduise sur les terres en dĂ©couverte et demande un secteur de conquĂȘte et de conversion pacifique avec des Dominicains et des Franciscains. Au Conseil des Indes, l’institution crĂ©Ă©e en Espagne pour rĂ©diger les lois propres aux Indes et contrĂŽler les colonies, Las Casas obtient du roi le pouvoir d’exercer les pressions nĂ©cessaires pour obtenir cette terre de paix.

AprÚs l'échec de Cermana, l'entrée dans les ordres Dominicains

En 1520, Ă  force de pressions, il obtient par des capitulations de la couronne, 200 lieues autour de Cermana et promet de pacifier 10 000 IndigĂšnes en 10 ans et de verser un tribut Ă  la couronne au bout de 3 ans. Il part l’annĂ©e mĂȘme avec cinquante compagnons et soixante dix paysans. Mais il ne peut joindre son territoire, perd ses paysans qui deviennent des chasseurs d’esclaves et doit faire des concessions par besoin d’argent. De plus, avant son arrivĂ©e les conquistadores ont fait de nombreuses massacres, ce qui rend toute Ă©vangĂ©lisation impossible et, alors qu’il retourne vers Hispaniola ou Saint Domingue, une rĂ©volte indigĂšne massacre les frĂšres franciscains.

Cet Ă©chec le perturbe. Il s’enferme alors chez les frĂšres prĂȘcheurs qui orientent sa mission vers un but plus spirituel que colonial. Il devient Dominicain en 1522 et se fait appeler Fray Las Casas. C’est sa « Seconde Conversion Â».

Il s’enferme alors au monastĂšre dans un silence de neuf ans. L’ordre des Dominicains est une confrĂ©rie qu’il connaĂźt et qui l’apprĂ©cie. Il y fait vƓu de chastetĂ©, d’obĂ©issance, de pauvretĂ© et y suit une formation juridique, thĂ©ologique et biblique. En 1527, il est chargĂ© de l’implantation d’un nouveau monastĂšre au nord de l’üle. Il y consigne le souvenir des drames qu’il a vĂ©cus et de ceux qui sont parvenus jusqu’à lui.

Le prédicateur de la liberté des Indiens

Il rĂ©dige alors « De Unico Modo Â» qui signifie « de l’unique façon d’attirer tout le genre humain Ă  la vĂ©ritable religion Â» qu’il enrichit en 1537 de la bulle du pape Paul III « Sublimis Deus Â» qui proclame l’humanitĂ© des Indiens et leur aptitude Ă  recevoir la foi chrĂ©tienne : « ConsidĂ©rant que les Indiens, Ă©tant de vĂ©ritables hommes sont aptes Ă  recevoir la foi chrĂ©tienne, mais encore, d’aprĂšs ce que nous savons le dĂ©sirent fortement... nous dĂ©cidons et dĂ©clarons, nonobstant toute opinion contraire, que les dits Indiens... ne pourront ĂȘtre en aucune façon privĂ©s de leur libertĂ© ni de la possession de leurs biens... et qu’ils devront ĂȘtre appelĂ©s Ă  la foi de JĂ©sus-Christ par la prĂ©dication de la parole divine et par l’exemple d’une vie vertueuse et sainte. Â»

Il s’appuie sur les Ă©vangiles, « Rien n’est bon que ce qui est libre... que personne ne contraigne les infidĂšles Ă  croire Â», et fait cinq propositions :

  • le prĂ©dicateur doit apparaĂźtre comme une personne qui ne veut pas asservir ses auditeurs,
  • il ne doit avoir aucune intention de possĂ©der des richesses,
  • il doit ĂȘtre doux, affable, pacifique, bienveillant, Ă©couter avec respect et plaisir la doctrine,
  • sa vie et son comportement doivent ĂȘtre en accord avec ce qu’il enseigne,
  • les auditeurs voyant l’action du maĂźtre glorifieront le PĂšre du Ciel,
  • il attaque les conquistadores et les faux Ă©vangĂ©lisateurs en s’appuyant sur les tĂ©moignages de conquistadores ou autres colons et prĂȘtres.

Le 20 janvier 1531 Las Casas Ă©crit une lettre au Conseil des Indes [4] car, devant l’extension du mouvement colonial et des nouvelles conquĂȘtes tel que le Guatemala, le Mexique, le Chili, le PĂ©rou qui s’accompagne du dĂ©veloppement de l’encomienda, il voit un monde plus vaste pour les prĂ©dicateurs, mais un monde condamnĂ© Ă  mort. C’est une lettre passionnĂ©e, dure et violente pour marquer la mĂ©tropole. Il veut Ă©vangĂ©liser quand il dit « la foi pourrait sans grands efforts ĂȘtre exaltĂ©e et diffusĂ©e parmi ces peuples paĂŻens Â». Il s’appuie sur le testament d’Isabelle la Catholique en 1503 qui oblige l’évangĂ©lisation dans le respect des personnes. Il utilise un ton de rĂ©quisitoire en disant que si le Conseil Ă©tait sur place il agirait diffĂ©remment et que des hommes de confiance sont nĂ©cessaires sur place tout en demandant pourquoi les envoyĂ©s de la sainte Espagne font tant preuve de violence. Si Las Casas n’y refuse toujours pas le principe de colonisation, il veut pacifier le continent par des protecteurs, les « Caballeros Â». Pour lui, il y aura reconnaissance du roi quand il y aura reconnaissance de Dieu et qu'ainsi les indigĂšnes paieront avec plaisir un impĂŽt d’une valeur d’un joyau.

Le retour Ă  l'action

De 1534 Ă  1536, Las Casas entreprend un voyage au PĂ©rou. Parti de Panama, les mauvaises conditions de navigation l'obligent Ă  changer de cap et Ă  se refugier au Nicaragua. [5]

De 1536 Ă  1540. Las Casas arrive au Nicaragua avec deux disciples nommĂ©s Angulo et Ladrada et assiste Ă  Granada au dĂ©part des esclaves pour les mines du PĂ©rou. Ils meurent en masse sur les routes. Las Casas ne le supporte pas et, alors qu’il prĂ©pare une prĂ©diction sur l’évangĂ©lisation pacifique, le gouverneur prĂ©pare une attaque contre les tribus insoumises et lui propose de s’y joindre comme aumĂŽnier. Las Casas manifeste et s’insurge contre une telle proposition et menace d’excommunier tous ceux qui s’engageraient dans une telle lutte. Au bout de dix mois la situation est intolĂ©rable et il doit partir.

Ils vont Ă  Santiago au Guatemala oĂč ils ont l’appui de l’évĂȘque Maroqquin qui a appris le Quechua. En 1537, en mĂ©tropole , les colons sont mis en cause par toute l’église Ă  la suite de la promulgation de la bulle Sublimis Deus qui reconnaĂźt l’humanitĂ© des Indiens. D’ailleurs, l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, la rĂ©apparition en Floride du trĂ©sorier de Narvaez et de trois de ses commandants aprĂšs neuf ans de disparition grĂące aux indigĂšnes appuie les thĂšses des indigĂšnistes.

Devant cette levĂ©e de boucliers les colons dĂ©fient Las Casas d’évangĂ©liser la « Terre de Guerre Â», un territoire non conquis. Le prĂȘtre obtient alors du gouverneur cinq ans sans conquĂȘtes dans ce territoire, seuls les religieux y sont autorisĂ©s. En deux ans seulement quatre caciques (des chefs de tributs) sont baptisĂ©s aux abords de la zone.

Las Casas fait modifier la législation impériale

Mais en mars 1540 il retourne en Espagne.
Son but est de recruter de nouveaux missionnaires. Il part avec plusieurs lettres de recommandation. Il se fera remplacer dans cette tĂąche par Louis Cancer. À son arrivĂ©e en Espagne, Charles Quint est en Flandres, et en attendant son retour, Las Casas Ă©tudie Ă  Salamanque notamment. Il y rencontre le pĂšre Francisco de Vitoria (1480-1546) un universitaire de Salamanque, crĂ©ateur du droit international moderne. Il commente Saint Thomas d'Aquin et aboutit Ă  des idĂ©es proches de celles de Las Casas sur l’évangĂ©lisation des Indes en opposition Ă  l’impĂ©rialisme. Il dĂ©finit la guerre juste et annonce qu’elle doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e par l’autoritĂ© lĂ©gitime, son objectif est de rĂ©tablir la paix. Elle doit ĂȘtre conduite avec des intentions droites et doit viser la rĂ©paration d’injustices graves. Il n’y a donc pas de guerre juste aux AmĂ©riques.

C’est Ă  cette Ă©poque qu’il Ă©crit la « Brevissima Â» ou « trĂšs brĂšve relation de la destruction des Indes Â» oĂč il explique que les indiens sont bons, gentils, ouverts. Ce sont des brebis dont l’Église et l’Empereur sont les pĂątres et les conquistadores des loups. Il retranscrit des tĂ©moignages, par rĂ©gions conquises, avec l’Hispañola, Cuba, la Terre Ferme, la Nouvelle-Espagne et ainsi de suite, pour toutes les provinces des colonies espagnoles. Il y prĂ©sente les cruautĂ©s dont sont victimes les indigĂšnes et les structures qui les exploitent. C’est sa publication, dix ans plus tard, qui sera en partie Ă  l’origine de la lĂ©gende noire. Les ennemis de l’Espagne y ont vu un moyen d’attaquer l’Espagne sur ses comportements vis-Ă -vis des indigĂšnes. En effet, la France ou l’Angleterre ont pu nourrir leur haine de l’Espagne en argumentant principalement sur les exagĂ©rations de Las Casas[rĂ©f. nĂ©cessaire] ce qui porta un certain discrĂ©dit sur le protecteur des indigĂšnes.

Le « huitiĂšme remĂšde Â» est un autre Ă©crit de l’époque oĂč Las Casas attendait le retour de l’Empereur. Il y explique au roi qu’il a Ă©tĂ© trompĂ© par les encomenderos, qu’il ne protĂšge pas les Indiens comme le recommande la mission qui lui a Ă©tĂ© donnĂ© par le Pape et ce malgrĂ© lui. Il pousse son argumentation, « mĂȘme si Votre MajestĂ© devait perdre sa domination royale sur ces peuples et renoncer Ă  leur conversion, cela vaudrait mieux pour Elle que la situation actuelle oĂč les Indiens sont vouĂ©s Ă  une destruction complĂšte, car la loi chrĂ©tienne dĂ©fend absolument de faire le mal pour que le bien s’ensuive Â».

Fin 1541, l’Empereur est de retour. Le 26 janvier 1542 Las Casas est introduit auprĂšs de Charles Quint. L’Empereur est indignĂ© par le rĂ©sumĂ© de la « Brevissima Â» et rĂ©forme le Conseil des Indes. Treize hommes en commission sont chargĂ©s d’une nouvelle lĂ©gislation. La premiĂšre session est prĂ©sidĂ©e par l’Empereur et Las Casas. En novembre 1542 sont rĂ©digĂ©s les « lois Nouvelles Â» qui se composent de quarante articles qui peuvent se diviser en quatre dispositions principales : elles proclament :

  • la libertĂ© naturelle des Indiens et oblige la remise en libertĂ© des esclaves ;
  • la libertĂ© du travail, limitent les charges et interdisent les pĂȘcheries de perles ;
  • la libertĂ© de rĂ©sidence et la libre propriĂ©tĂ© des biens, punissant ceux qui seront violents ou agressifs envers les Indiens ;
  • elles abolissent le systĂšme des encomiendas.

L'echec de l'application des lois au Chiapas

La nouvelle de la parution de ces lois provoque au Nouveau Monde des rĂ©voltes. Las Casas est fustigĂ©. Une guerre civile Ă©clate au PĂ©rou, des Espagnols rentrent sur le vieux continent, des Noirs, oubliĂ©s par ses lois se rĂ©voltent. C’est l’anarchie dans les vice-royaumes. En 1546, les lois sont abrogĂ©es, l’encomienda est juste interdite aux curĂ©s.
Le prince Philippe chargĂ© de la rĂ©gence du royaume est entourĂ© d’opposants Ă  Las Casas. Pour qu’il soit moins dangereux ou inquiĂ©tant pour les richesses des colonies on lui propose un Ă©vĂȘchĂ© Ă  Cuzco, le plus riche. Il refuse pour cette raison car c’est en opposition avec ses prĂȘches. On lui propose alors, au sud du Mexique, un nouvel Ă©vĂȘchĂ© au Chiapas dont la capitale est Ciudad Real. Le climat y est dur, la population y est pauvre mais les plantations prospĂšrent. Il accepte ce poste pour l’application de « ses Â» lois nouvelles.

Il rĂȘve d’une rĂ©publique chrĂ©tienne par la fondation de monastĂšres et s’entoure de trente-quatre religieux, dominicains et franciscains. La nomination a lieu le 19 dĂ©cembre 1543 et est consacrĂ©e le 21 mars 1544. Le voyage se fait en convoi mais il doit attendre quatre mois avant le dĂ©part.

Le 11 Juillet 1544 il s’embarque. Son bateau, le San Salvador, est mal arrimĂ© et mal pilotĂ©. À son arrivĂ©e au Mexique, il est trĂšs mal accueilli et doit se rĂ©fugier chez les Franciscains oĂč il apprend la suspension des lois nouvelles. Il prend la route pour le Chiapas. Un navire fait naufrage et neuf missionnaires meurent. Son voyage annonce les difficultĂ©s de sa tĂąche. Il arrive le 12 mars 1545, le dimanche de la Passion. Il demande la libĂ©ration de tous les esclaves, en vain. Il dĂ©signe un seul confesseur, le Doyen Perera et menace d’excommunier les colons ce qui les effraie. Mais le doyen absout les colons et se fait excommunier par Las Casas. Les colons, fous de rage, envahissent l’évĂȘchĂ© et l’évĂȘque manque de mourir. Il est obligĂ© de fuir en « terre de guerre Â» qui a Ă©tĂ© convertie et qui est devenue la vraie paix ou « Vera Paz Â». L’hostilitĂ© dont il est victime au Nouveau Monde l’oblige Ă  retourner en Espagne en 1547 aprĂšs avoir appris le revirement de l’Empereur sur les lois nouvelles.
Les lois nouvelles ne sont pas totalement un Ă©chec, les tribus des indigĂšnes restent rĂ©glementĂ©es, et l’encomienda tend Ă  disparaĂźtre.

L'homme de la Controverse de Valladolid

En 1547, Las Casas rentre dĂ©finitivement en Espagne, Ă  l’ñge de 63 ans. Il ne rentre pas pour sa retraite mais pour continuer le combat depuis le Vieux Continent. Il continue sa lutte pour une conquĂȘte pacifique par l’évangile avec comme modĂšle la « Vera Paz Â». Il s’installe au couvent dominicain de Valladolid oĂč il mĂšne une vie de recueillement, de silence, de travail et de priĂšres. Il reste cependant proche de la cour, non loin des maĂźtres de thĂ©ologie, des docteurs de Salamanque et de Vittoria, mort en 1546.

Vers 1547, Comme suite Ă  la cĂ©lĂšbre controverse avec Sepulveda au sujet de la lĂ©gitimitĂ© des guerres de conquĂȘte, BartolomĂ© de las Casas prĂ©sente ses "Trente propositions trĂ©s juridiques".
En 1550, il demande Ă  ĂȘtre dĂ©chargĂ© de ses obligations Ă©piscopales et se rend Ă  SĂ©ville afin de s'occuper de l'envoi de religieux dominicains. Il est d’abord chargĂ© de recruter des missionnaires franciscains, dominicains ou augustins ce qui lui permet de circuler Ă  travers les diffĂ©rents couvents. Mais cette tĂąche ne lui suffit pas, il pense que pour que sa doctrine soit efficace, il lui faut l’enseigner lui-mĂȘme. Il fait alors publier son « Manuel du confesseur Â» et pour que ses missionnaires ne soient pas corrompus au Nouveau Monde, il continue de leur envoyer ses Ă©crits. Mais, malgrĂ© tout, il perd de l’influence sur la cour. Le rĂ©gent, le Prince Philippe, sous l’influence de son prĂ©cepteur l’impĂ©rialiste Sepulveda, se dĂ©sintĂ©resse de la cause indienne au profit de celle des colons et des fonds substantiels qu’ils rapportent des Indes.

En 1547, les « Trente propositions juridiques Â» sont un traitĂ© de droit chrĂ©tien adressĂ© au Conseil des Indes, oĂč il annonce que les guerres au nouveau monde ont Ă©tĂ© injustes et qu’il faut libĂ©rer les esclaves. Il se justifie par le traitĂ© de Tordesillas de 1493 oĂč l’autoritĂ© du roi se fait par l’accord des Caciques. Le sujet sera abordĂ© Ă  nouveau en 1553 dans le « Tratado Comprobatorio Â» ou « traitĂ© prouvant l’empire souverain que les rois de Castille possĂšdent sur les Indes Â».

SĂ©pulveda est un chanoine de Cordoue, traducteur d’Aristote. Il a longtemps sĂ©journĂ© Ă  Rome oĂč il s’est fait de nombreux amis. Il se fait avocat des conquistadores dans « DĂ©mocrates Alter Â» : « des justes causes de la guerre Â». Selon lui, la guerre est juste lorsqu’elle est ordonnĂ©e par l’autoritĂ© lĂ©gitime, faite pour une juste cause et inspirĂ©e par une intention pure. Les indigĂšnes sont des idolĂątres qui commettent les pires crimes, ils sont de nature infĂ©rieure et donc appelĂ©s Ă  ĂȘtre soumis Ă  des hommes plus Ă©voluĂ©s, les Espagnols. « C’est un devoir de libĂ©rer les innocents. Â» Cet ouvrage reçoit l’approbation de l’archevĂȘque de SĂ©ville, prĂ©sident du Conseil des Indes, et est bien reçu Ă  la cour, mais il se voit refuser « l’imprimatur Â» par les universitĂ©s notamment Salamanque. Las Casas y rĂ©pond immĂ©diatement en dĂ©clarant que la guerre est injuste Ă  partir du moment oĂč elle est l’instrument d’oppression.

L'historien de la découverte des Amériques

En 1553, il quitte SĂ©ville oĂč il prĂ©parait ses missionnaires, et s’en retourne Ă  Valladolid oĂč il se lance dans la rĂ©daction de « l’histoire des Indes Â» et « l’histoire apologĂ©tique Â». Il veut y rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© sur la conquĂȘte des Indes, « la colonisation des Indes dont l’unique objet Ă©tait la conversion des infidĂšles, a totalement sacrifiĂ© cette fin spirituelle aux moyens temporels Â». Il consulte les archives depuis Christophe Colomb et lui reproche, tout comme Ă  lui-mĂȘme, l’esclavage des indiens aussi bien que des noirs. Son ouvrage va de la dĂ©couverte en 1492 jusqu’à sa conversion dominicaine en 1522. Il y cumule de nombreux dĂ©tails sur la conquĂȘte et s’appuie sur des chiffres probablement exagĂ©rĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Selon lui, il y avait trois millions et demi d’habitants sur l’üle Hispañola en 1492. Il l’achĂšve en 1559 et interdit sa publication avant 1600. Probablement par peur de la censure suite aux consĂ©quences de la « Brevissima Â».

  • "Et mon intention est qu'elle ne sorte sous aucun prĂ©texte du CollĂšge, exceptĂ© pour ĂȘtre imprimĂ©e, quand Dieu le jugera bon, et que les originaux demeureront Ă  tout jamais au collĂšge." (BAE, t, CX,p. 540).

Elle restera en fait "interdite" de publication jusqu’au XIXe siĂšcle. Mais en rĂ©alitĂ© le manuscrit de l'ouvrage majeur de Las Casas n'est pas restĂ© enfermĂ© au CollĂ©ge San GrĂ©gorio. A l'encontre de la volontĂ© de Las Casas, l'ouvrage fut remis en 1571 au Conseil des Indes. Le prĂ©sident de cet organisme, Juan de Ovando, Ă  confiĂ© le manuscrit de las Casas au chroniqueur et Grand Cosmographe Juan Lopez de Velasco qui le conservera jusqu'en 1597. A cette date l'ouvrage fut remis au secrĂ©taire Juan de Ibarra. Le manuscrit fut ensuite remis au Grand Chroniqueur Antonio de Herrera, rĂ©cemment nommĂ© Ă  cette charge, dans le but d'Ă©crire l'Histoire des Indes sur Ordre de sa MajestĂ© et du Conseil ds Indes. Herrera Ă  utilisĂ© le manuscrit de Las Casas pour Ă©crire une grande partie son ouvrage. Il donne l'impression d'avoir participĂ© Ă  certains Ă©vĂ©nements alors que le spectateur en fut Las Casas. Herrera a plagiĂ© le manuscrit de façon si dĂ©sinvolte que certains auteurs ont Ă©tabli une liste des chapitres recopiĂ©s. On trouve une liste des passages concernĂ©s dans l'Ă©dition des travaux de Herrera publiĂ©e par l'AcadĂ©mie d"Histoire de Madrid en 1934. L'histoire des Indes sera publiĂ©e pour la premiĂšre fois, en castillan, Ă  Madrid, en 1875-1876, Ă  l'initiative Feliciano Ramirez de Arellano, marquis La Fuensanta del Valle. Et pour la premiĂšre fois en Français en 2002, Ă  Paris.

Son autre ouvrage, L’Histoire apologĂ©tique a pour thĂšse ces quelques lignes : « ces peuples des Indes Ă©galent et mĂȘme surpassent beaucoup de nations du monde, rĂ©putĂ©es policĂ©es et raisonnables : ils ne sont infĂ©rieurs Ă  aucun Â». Il dĂ©fend donc la cause des Indiens en leur attribuant des vertus que l’on ne trouve pas ailleurs, peut-ĂȘtre mĂȘme pas dans l’Espagne catholique. DivisĂ©e en 237 chapitres, elle traite de sujets divers, et d’une histoire morale de l’humanitĂ©. Elle restera interdite, elle aussi, jusqu’au XIXe siĂšcle.

Le critique inlassable des excĂšs des colons

A partir de 1562, alors que Philippe II fait de Madrid sa capitale, Las Casas ne sort plus guĂšre de son couvent. Il prend de plus en plus au sĂ©rieux son rĂŽle de protecteur des Indiens et devient de moins en moins conciliant Ă  l'Ă©gard des colons. Cependant il reçoit de nombreux courriers et appels de Nouvelle-Espagne, preuve que son combat n’est pas vain. Par exemple, un certain Zorita, ancien officier de justice au Nouveau Monde lui Ă©crit: « Pourquoi les AztĂšques sont-ils des barbares ? Si ce sont eux qui me parlent et que je ne comprends pas, je serai pour eux un barbare. Â»

MalgrĂ© ces preuves d’appui, le combat de l’ancien Ă©vĂȘque du Chiapas n’est pas fini. Le franciscain Motolinia, de son vrai nom Toribio de Benavente, se vantait en 1532 de deux cent mille baptĂȘmes et estime qu’entre 1524 et 1540 neuf millions d’ñmes avaient Ă©tĂ© sauvĂ©es. C’est un des douze premiers missionnaires du Mexique. Il se considĂšre comme choisi par Dieu pour instaurer la paix, pour redonner au catholicisme une nouvelle vigueur face Ă  la religion rĂ©formĂ©e qui fait des ravages en Europe. Selon Motolinia, « mieux vaut un bien accompli de force qu’un mal perpĂ©trĂ© librement. Â» Il s’oppose par lĂ -mĂȘme Ă  la doctrine d’évangĂ©lisation pacifique de Las Casas.

De plus, le dominicain apprend Ă  regret que les colons du PĂ©rou offrent de l’argent au Prince Philippe pour obtenir la perpĂ©tuitĂ© des encomiendas. Le Prince va succĂ©der Ă  son pĂšre en 1556. Son confesseur, BartolomĂ© Carranza ami de Las Casas le tient au courant de toutes les affaires. Par son intermĂ©diaire, il fait parvenir au Prince une « Grande Lettre Â» oĂč il expose les devoirs du Prince, dictĂ©s par Dieu, vis-Ă  vis-des Indes. Il y condamne aussi, une fois de plus, l’esclavage et la condition des indigĂšnes. Philippe II, en arrivant au pouvoir, inaugure une nouvelle politique indienne. Le Conseil des Indes est chargĂ© d’accorder les licences d’imprimer et il suspend l’interdiction des conquĂȘtes nouvelles. Comme Las Casas est moins Ă©coutĂ© qu’autrefois, il s’efforce d’agir sur les consciences du Nouveau Monde par l’envoi de missionnaires rattachĂ©s Ă  sa cause. C’est dĂ©sormais un des rares moyens qu’il ait pour continuer son combat. Le Conseil des Indes le considĂšre d’ailleurs comme dangereux Ă  cause justement de l’influence qu’il a sur le monde religieux.

Il continue Ă  critiquer l’actualitĂ© du Nouveau Monde tels que les pillages des sanctuaires AztĂšques et Incas par les conquistadores et l’exploitation abusive des mines et de la main-d’Ɠuvre indigĂšne. Il demande « la mainmise des Espagnols sur ces empires est-elle lĂ©gale ? Â» et il rajoute « aucun roi, aucun seigneur, aucun village, aucun particulier de ce monde des Indes, depuis le premier jour de sa dĂ©couverte jusqu’à aujourd’hui 30 avril 1562 n’a reconnu de façon libre et lĂ©gitime nos illustres rois... toutes les dĂ©cisions de ceux ci sont invalides. Â» Il argumente ainsi l’illĂ©gitimitĂ© des vols dont sont victimes les peuples du nouveau monde. Ce traitĂ© intitulĂ© « de thesauris Â» aboutira Ă  ce que Philippe II retire tous ses fonctionnaires d’outre-mer.
En 1563 se profile son dernier combat. Un frĂšre prĂȘcheur du PĂ©rou nommĂ© De la Vega prĂ©sente au conseil un mĂ©morial nommĂ© « Douze doutes Â», oĂč il prĂ©sente douze cas de conscience sur le comportement des conquistadores au PĂ©rou. Il obtient des mesures de protection qui le laisse sceptique et confie son Ă©crit Ă  diffĂ©rents thĂ©ologiens dont Las Casas. En janvier 1564 l’évĂȘque rĂ©dige sa rĂ©ponse. C’est une sorte de testament doctrinal oĂč il reprend un Ă  un les douze cas de conscience. Il prĂ©cise les obligations de restituer, de rĂ©parer, et permet aux descendants d’Atahualpa de faire de justes guerres contre les Espagnols et affirme que le roi catholique doit rĂ©intĂ©grer l’Inca dans ses fonctions. Il lui proposera de recevoir un enseignement de la foi chrĂ©tienne qu’il sera libre ou non de recevoir. S’il l’accepte, il pourra obtenir la reconnaissance de Philippe II comme monarque et protecteur. Il sera aussi libre d’accepter le pardon des injustices dont ont Ă©tĂ© victimes ses fidĂšles. Il joint Ă  ce texte une supplique pour Philippe II rĂ©clamant une rĂ©union de thĂ©ologiens pour statuer dĂ©finitivement sur le cas des Indes, ce qui n’a apparemment pas Ă©mu le roi
Depuis 1560 Las Casas a quittĂ© Valladolid pour suivre la cour Ă  Madrid. Il s’installe au couvent de Notre-Dame d’Atocha oĂč il rĂ©dige les Douze doutes, mais aussi un testament, le 17 mars 1564 en prĂ©sence d’un notaire. Il y rĂ©sume avec force un combat qui dure depuis plus de cinquante ans et reprend les grands thĂšmes de sa lutte.

Jusqu’à sa mort en 1566, Ă  92 ans, Las Casas apparaĂźt comme le mĂ©diateur privilĂ©giĂ© de tous ceux qui, aux Indes, cherchent Ă  modifier le statut de l’Indien et Ă  arrĂȘter l’extermination. Les attaques dont il fut victime, suite Ă  la LĂ©gende Noire et Ă  son influence sur la crĂ©ation des lois nouvelles, ne l’ont pas empĂȘchĂ© de mener une lutte presque sainte et, selon lui, dictĂ©e par Dieu. Il reste un des hommes les plus controversĂ©s de son temps, mais aussi un des plus reconnus du nĂŽtre.

ƒuvres (inventaire) [6]

Historia de las Indias

  • PremiĂšre Ă©dition: 1875-1876, Madrid, Imprimerie de N. Ginesta, 5 vol., Edition du marquis de la Fuensanta del Valle et Don JosĂ© Sancho RayĂŽn (Ă©dition fondĂ©e sur une copie de l'original). Reproduite dans la ColecciĂłn de documentos inĂ©ditos para la Historia de España, t. LXII-LXVI.

Éditions postĂ©rieures

  • 1877, Mexico, Imprimerie d'IrĂ©nĂ©e Paz, 2 vol., par JosĂ© Maria Vigil (rĂ©impression de la premiĂšre Ă©dition), s.d. ; et Madrid, Aguilar, 3 vol. (autre rĂ©impression), avec prologue de Gonzalo de Reparaz, datĂ©e de Barcelone, 1927.
  • 1951, Mexico, Fondo de Cultura EconĂłmica, Ă©dition d'Augustin Millares Carlo fondĂ©e pour la premiĂšre fois sur le manuscrit autographe de Las Casas, et prologue de Lewis RANKE.
  • 1957, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. XCV-XCVI, Ă©dition de Juan PÉREZ DE TUDELA et Emilio L6PEZ OTO, Ă©galement fondĂ©e sur le manuscrit autographe, et Ă©tude critique prĂ©liminaire de Juan PĂ©rez de Tudela.
  • 1986, Caracas, BiblithĂšca Ayacucho.
  • 2002, Paris, Editions du Seuil, 3 volumes. Cette Ă©dition française est la premiĂšre Ă©dition moderne complĂ©te en français, annotĂ©e, de cet ouvrage.

Autres Ă©crits de Las Casas [6]

Apologética Historia de las Indias

  • 1909, Madrid, Nueva Biblioteca de Autores Españoles, t. XIII, Ă©dition de Manuel SERRANO y SANZ (premiĂšre Ă©dition).
  • 1958, Madrid, Bib1ioteca de Autores Españoles, t. CV-CVI, Ă©dition et Ă©tude prĂ©liminaire de Juan PĂ©rez de Tudela.
  • 1967, Mexico, UNAM, 2 vol., Ă©dition et Ă©tude prĂ©liminaire d'Edmundo O'Gorman.

De Unico Vocationis Modo

  • 1942, Mexico, Fondo de Cultura EconĂłmica, introduction de Lewis Ranke, transcription latine d'AgustĂ­n Millares Carlo, traduction en espagnol d' AtenĂłgenes SantamarĂźa (deuxiĂšme Ă©dition, . Mexico, 1975).

Apologia (Apologie latine contre SepĂșlveda)

  • 1975, Madrid, Editora Nacional, introduction, traduction espagnole et reproduction en fac-similĂ© de l'original par Angel Losada (contient Ă©galement l'Apologie latine de SepĂșlveda).

Tratados, Cartas y Memoriales

  • 1552, SĂ©ville, Ă©dition princeps, Octavo remedio, brevĂ­sima relaciĂłn (avec un «morceau de lettre» d'un conquistador), Confesionario, Treinta Proposiciones, Tratado de los esclavos, Controversia Las Casas-SepĂșlveda, Tratado comprobatorio, Principia QuƓdam.

La plupart de ces traités ont eu de nombreuses traductions, souvent incomplÚtes et désordonnées, au cours des XVIe et XVIIe siÚcles. Ils ne son pas mentionnés.

  • 1646, Barcelone: les traitĂ©s sĂ©villans, sauf le Confesionario. .
  • 1924, Buenos Aires: reproduction en fac-similĂ© des traitĂ©s sĂ©villans par Emilio Ravignani.
  • 1958, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. CX : collection de 55 «opuscules, lettres et mĂ©moires» lascasiens, depuis les premiers mĂ©moires de 1516 jusqu'Ă  la RequĂȘte Ă  Pie V de 1566 (contient les traitĂ©s sĂ©villans, sauf les Principia QuƓdam et le Tratado de las Doce Dudas) ;
  • 1958, Madrid, CSIC, Los Tesoros del PerĂș, Ă©dition bilingue d'Angel Losada du traitĂ© De Thesauris in Peru.
  • 1965, Mexico, Fondo de Cultura Economica, 2 vol. : Ă©dition des traitĂ©s sĂ©villans avec une reproduction en fac-similĂ© de l'Ă©dition princeps, prologues de Lewis Ranke et Manuel GimĂ©nez FernĂĄndez, transcription de Juan PĂ©rez De Tudela et traduction des textes latins par AgustĂ­n Millares Carlo et Rafael Moreno.
  • 1969, Madrid, CSIC, De Regia Potestate o Derecho de autodeterminaciĂłn, Ă©dition bilingue- de L. Perena, J. M. PĂ©rez Prendes, V. Abril et J. Azcarraga.

BrevĂ­sima RelaciĂłn de la destrucciĂłn de las Indias

Elle figure dans plusieurs collections de TraitĂ©s. On trouve aussi plusieurs Ă©ditions isolĂ©es en espagnol au XIXe et XXe siĂšcle; parmi les plus rĂ©centes, on peut citer :

  • 1966, Buenos Aires, Editorial Universitaria, prologue de Gregorio Weinberg.
  • 1977, Madrid, FundaciĂłn Universitaria Española, Ă©dition de Manuel Ballesteros Gaibrois.
  • 1979, Barcelone, Fontamara, prologue d'Olga Camps.
  • 1982, Madrid, CĂĄtedra, Ă©dition d'AndrĂ© Saint-Lu.

A partir de 1578 et jusqu'à nos jours, les traductions dans diverses langues ont été trÚs nombreuses. Certaines sont remarquables par les propos anti-espagnols. Il s'agit des traductions hollandaises, françaises, anglaises et allemandes des XVIe et XVIIe siÚcles.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Philippe-Ignace AndrĂ©-Vincent O.P. (1911-1986):" BartolomĂ© de las Casas, prophĂšte du Nouveau Monde", prĂ©face par AndrĂ© Saint-Lu; Paris, Tallandier, 1980. ISBN 2235008542.
  • Marcel Brion, BartolomĂ© de Las Casas, PĂšre des Indiens, Plon, 1928
  • AndrĂ© Saint Lu, Las Casas indigĂ©niste
  • Charles Gillen, BartolomĂ© de Las Casas
  • François Orhant, BartolomĂ© de Las Casas
  • Marcel Bataillon & AndrĂ© Saint-Lu, Las Casas et la dĂ©fense des Indiens, Paris, Julliard, 1971, 285 pages.
  • BartolomĂ© de las Casas : "Obras escogidas de
 V. OpĂșsculos, Cartas y Memoriales
" ediciĂłn por Juan PĂ©rez de Tudela Bueso, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles (BAE), 110, 1958.
  • BartolomĂ© de las Casas : Obras Completas. 11.2. Doce Duas. EdiciĂłn de J. B. Lassegue, O. P. Estudio preliminar, Ă­ndices y bibliografĂ­a de J. Denglos, Madrid, Alianza Editorial, 1992.
  • BartolomĂ© de las Casas, "Histoire des Indes / BartolomĂ© de las Casas ; (trad. de l'espagnol par Jean-Pierre ClĂ©ment et Jean-Marie Saint-Lu, d'aprĂ©s "Historia de las Indias", Caracas,1986); 3 vol. (1076, 362, 886 p.) : cartes, couv. ill. ; 22 cm; Paris : Éd. du Seuil, 2002; (Bibliogr. vol. 3, p. 837-849. Index Ă  la fin de chaque vol.); ISBN 2-02-052539-9 (Ă©d. complĂšte). - ISBN 2-02-020465-7 (vol. 1) (br.) - ISBN 2-02-052537-2 (vol. 2) (br.). - ISBN 2-02-052538-0 (vol. 3)- Notice BNF n° : FRBNF38895118. L'introduction d'AndrĂ© Saint-Lu(vol.1) qui comporte 47 pages est un historique de l'Histoire et de la vie de las Casas. Cette Ă©dition française est la premiere Ă©dition moderne complĂ©te en français de cet ouvrage.
  • Antonio Maria FabiĂ© :" Vida y escritos de Fray BartolomĂ© de las Casas, obispo de Chiapa", Madrid, 1879,2 vol. (Cet ovrage constitue les t. 70 et 71 de la « ColecciĂłn de Documentos InĂ©ditos para la Historia de España Â»).
  • Manuel GimĂ©nez FernĂĄndez :" BartolomĂ© de las Casas"; 1, Delegado de Cisneros para la deformaciĂłn de las Indias ; II, CapellĂĄn de Carlos l, poblador de Cumana; SĂ©ville, Escuela de Estudios Hispanoamericanos, 1953 et 1960.
  • Juan Antonio Llorente : " Vida de Las Casas", dans "ColecciĂłn de Obras del venerable obispo de Chiapa Don BartolomĂ© de las Casas, defensor de la libertad de la AmĂ©rica", Paris, 1822. Édition rĂ©cente de la "Vida de Las Casas", Barcelone, Fontamara, 1979 (avec la BrevĂ­sima RelaciĂłn).
  • Marianne Mahn-Lot, BartolomĂ© de Las Casas et le droit des indiens, Payot, 1995 (nouvelle Ă©dition), coll. le regard de l'histoire.
  • Marianne Mahn-Lot, BartolomĂ© de Las Casas, une thĂ©ologie pour le Nouveau Monde, DesclĂ©e de Brouwer, 1991, coll. ProphĂšte pour demain.
  • Marianne Mahn-Lot, L'Evangile et la Force / BartolomĂ© de Las Casas, prĂ©sentation, traduction, choix de textes, Ă©ditions du Cerf, 1991 (3e Ă©d.).
  • Manuel Maria, MartĂ­nez, O.P. : "Fray BartolomĂ© de las Casas, Padre de AmĂ©rica", Madrid, La Rafa, 1958.
  • Ramon MenĂ©ndez Pidal : "El Padre Las Casas. Su doble personalidad", Madrid, España Calpe, 1963.
  • Manuel GimĂ©nez FernĂąndez :"Breve biografĂ­a de BartolomĂ© de las Casas", Sevilla, Facultad de Filosofa y Letras, 1966.
  • Helen Rand Parish, et Henry Wagner :" The Life and Writings of BartolomĂ© de las Casas", Albuquerque, New Mexico Press, 1967.
  • Henry Mechoulan : "A propos de la notion de barbare chez Las Casas",,S.l. : s.n., s.a.] (Voir informaions Ă  BNE).
  • Manuel JosĂ© Quintana : "Fray BartolomĂ© de las Casas", in "Vidas de españoles cĂ©lebres", t. III, Madrid, 1833, Biblioteca de Autores Españoles, t. XIX.
  • Fray Antonio de Remesal, O. P. : "Historia General de las Indias Occidentales, y particular de la GobernaciĂłn de Chiapa y Guatemala, Madrid, 1619 - Édition moderne: Biblioteca de Autores Españoles(BAE), 1., CLXXV et CLXXXIX, 1966, Ă©tude prĂ©liminaire de Carmelo Saenz de Santa Maria, S.J. Cette Ɠuvre contient la premiĂšre biographie importante de Las Casas.
  • AndrĂ© Saint Lu :" Estudios sobre Fray BartolomĂ© de las Casas"; [Sevilla] : Universidad de Sevilla, 1974. ISBN 8485057252.

Notes et références

  • Sauf indication contraire, l'ouvrage de rĂ©fĂ©rence utilisĂ© pour les notes et les remarques est l'Ă©dition française de Histoire des Indes de BartolomĂ© de las Casas, traduite de l'espagnol par Jean-Pierre ClĂ©ment et Jean-Marie Saint-Lu. Paris, Éd. du Seuil, 2002; 3 volumes en coffret :1076 pages, 362 pages, 886 pages; ISBN 2-02-052539-9 (Ă©d. complĂšte).

Principaux passages et chapitres de rĂ©fĂ©rence utilisĂ©s :

  • L'introduction d'AndrĂ© Saint-Lu dans le volume 1; elle comporte 47 pages. C'est un historique dĂ©taillĂ© de l'Histoire des Indes et de la vie de las Casas.
  • Vie et oeuvre de Bartolome de las Casas, par AndrĂ© Saint-Lu, dans le volume 3, p. 817 Ă  826.
  • Bibliographie abrĂ©gĂ©e des oeuvres de las Casas, vol. 3, p. 838-839.

Liens externes

  1. ↑ Equivalent à 1/50e de marc d'or
  2. ↑ Selon "Histoire des Indes", version française, Paris, 2002, livre III, page 817  : 1506-1507 : cĂ©lĂšbre sa premiĂšre messe Ă  la Conception de la VĂ©ga, en 1510, Ă  la Toussaint. Cette notion de premiĂšre messe reste cependant floue car il peut aussi bien s’agir de sa premiĂšre messe en tant que religieux que sa premiĂšre messe dans son lieu de culte.
  3. ↑ "Histoire des Indes", version française, Paris, 2002, livre III, page 818
  4. ↑ Lettre d'admonition au Conseil des Indes
  5. ↑ "Histoire des Indes", version française, Paris, 2002, livre III, page 820
  6. ↑ a  et b  Source principale: « Histoire des Indes Â» ; Ă©dition française, 2002. Bibliographie Livre III, pages 837-849, (extrait) et catalogue des grandes bibliothĂšques nationales
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