Salamyeh

Salamiya
(ar) سلمية
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Administration
Pays Drapeau de Syrie Syrie
Muhafazah Hama
Géographie
Coordonnées 35° 00′ 43″ Nord
       37° 03′ 10″ Est
/ 35.011897, 37.052647
Altitude 454 m
Démographie
Population 110 042 hab. (2009[1])
Localisation
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Salamiya

Salamyeh[2] est une ville de Syrie à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) de même nom.

Cette ville qui se trouve sur les bords de Bilad al-Cham, elle abrite une histoire remplie de souvenirs parfois glorieux et parfois dramatiques. Elle reçoit le soleil du désert de l'Est, tandis que le trou de Homs souffle sur elle des vents méditerranéens du sud-ouest. Situé dans un bassin entouré de montagnes et de collines calcaires ; la colline de Sathiyat du sud s'étend d'ouest en est, où les hauteurs des montagnes et de plateaux Shawmariyah et la montagne d'Al-Belaas, au nord les montagnes d'al-Oula, à l'ouest par le plateau calcaire des collines qui forment une barrière pour séparer la ville du bassin de l’Oronte. Cette localisation stratégique entre l'est et l'ouest et entre le nord et le sud, a attiré l'attention des caravanes à travers les siècles pour plusieurs raisons, notamment: la proximité des grandes villes et de la steppe, il s'agit d'un nœud entre l'Est et l'Ouest, où elle a été traversée par des caravanes provenant du bassin de l'Euphrate. La seconde importance stratégique est attribuée au passage de la route d'Alep-Sefireh-Palais Ibn Wardan-Rastan pour aller à Damas ou au Liban à travers les montagnes de Qalamoun.

La ville est fondée sur un plateau de (475) m d'altitude. Deux routes commerciales importantes traversaient la ville dans le passé.

  • La première : Bassora - Babel - Rusafa - Assirya - Salamyeh - Rastan - al-Qaryaten - Damas.
  • La seconde : Alep - Sefireh - al-Andaryn - Palais de Ibn Wardan - Salamyeh.

La deuxième route se croise avec la première dans la banlieue damascène d'al-Qadam au sud de Damas.

Le chercheur Arif Tamer avait écrit que le nom de la ville (Salamyeh) mémorise le souvenir de la bataille de Salamine où les grecs l'ont gagnée contre les Perses en (480 av. J.-C.). Une autre histoire du nom a été mentionnée par Yaqut al-Hamwi dans son ouvrage Mu’ jam al-Bouldan : le nom est dérivé de l'expression arabe ((Selem Miyeh : Cent personnes se sont sauvées)) pour les cent hommes qui on survécu. Lorsque la mort a balayé la ville d'Al-mw’tafaka, d'après lui, les cents hommes se sont dirigés vers la ville de Salamyeh et l'ont reconstruit.

Arif Tamer dit que la ville a été occupée depuis l'époque Sumérienne (3000-2400 av. J.-C.), ensuite, elle a fait partie du royaume de Qatna (al-Mechrefh) à l'époque Amorite. Et puis soumis aux Hittites, Assyriens en (1500 av. J.-C.). A la fin du neuvième siècle et au début de la huitième siècle avant Jésus-Christ, elle a été régnée par les Araméens qu'ils l'ont attribué au Royaume de Hama. À l'ère Saloukide, elle a prospéré et devient une grande station commerciale, et elle a été liée à la ville d'Apamée par une route.

A l'époque romaine, elle a été attribuée à Homs, et prospère sous le règne de la dynastie de Chmémisgram, et a persévéré sa prospérité à l'époque byzantine et devient l'un des principaux centres de la chrétienté dans l'est du pays et un grand centre de la paroisse Chrétienne, son autorité s'étend de Tripoli jusqu'à al-Rusafa, (76) églises ont été attribuées a elle.

A la suite de l’invasion Perse de la Syrie en (547), Salamyeh a été détruite et devenue vide et traversée par les tribus bédouines. Elle a été reconstruite par Abdullah bin Saleh bin Ali al-Abbassi en (136 e – 754 C). Elle a récupéré ses relations commerciales et a évolué considérablement au cours du deuxième et troisième siècle Hégire, où elle a été occupée par un groupe d'Ismaéliens, dirigé par Abdallah bin Mohammad bin Ismail bin Jafar al-Sadeq (l’un des auteurs de l’ouvrage « Les Frères de la Pureté et les copains fidèles »), alors la ville devient un centre de la propagation secrète de l’Ismaélisme.

Arif Tamer dit que Abdallah Bin Ismail a choisi un autre nom pour lui « Abdullah ibn Maïmun al-Qaddah » afin de dissimuler son identité devant les Abbassides, cela a porté de nombreux historiens à douter de la personnalité de Abdullah bin Maïmun al-Qaddah et il a été accusé d’être un Juif.

Les Qarmates ont attaqué Salamyeh à la fin du troisième siècle de l'immigration en (874). Selon l’auteur de l’ouvrage « les Apôtres et les rois » : cette armée dirigée par Al-Hussein Bin Zacharoyeh a assassiné tous les habitants de la ville, y compris les animaux et les garçons qui étudiaient dans les écoles coraniques. Ubaydullah al-Mahdi est l’un des descendants d'Abdullah ibn Maïmun al-Qaddah a été le seul à rester en vie. Alors il prend la fuite vers l’Afrique du Nord, où il a été annoncé la création de l'État fatimide ou l’état Obeidique d’après d’autres historiens.

En (1168) Saladin a donné la ville de Salamyeh à son neveu, le roi al-Muthaffar Taqi al-Din qui était le gouverneur de Hama. Alors la ville devient l'objet d'un différend entre les cousins (les rois Assadiens de Homs et les rois Taqoyens de Hama). Après la Bataille d'Aïn Djalout, dans laquelle le roi al-Muthaffar a remporté la victoire sur les Tartares en (1242). Le roi victorieux a donné la ville de Salamyeh au Prince Mohanna Al-Fadl bin Rabi’a bin Tay pour son rôle important dans la réalisation de la victoire dans cette bataille. Ibn al-Wardi dit dans son ouvrage historique : La ville de Salamyeh a connu un déclin à cette époque, en raison d'un différend entre les membres de la famille de Mohanna.

La deuxième destruction de la ville a été effectuée par du Tamerlan, et la ville reste en ruines pendant plus que cinq siècles, toutefois, elle a été toujours régnée par Al Mohanna, qui ont pris plus tard le nom de ((Al Abu Risha)), tandis que les bédouins qui vivaient autour de la ville, ils étaient connus sous le nom de Mawali.

Au onzième siècle de l’Hégire, dix-septième siècle chrétienne, Fakhr Al-Dine II a occupé les villes de Homs, Hama, Palmyre et Salamyeh, mais il a conservé le contrôle d'Abou Risha sur la ville. Plus tard, la ville a été envahie par la tribu de Chummar de l'Irak, en essayant de chasser les Mawali de la ville, mais la guerre a duré entre les deux parties d'une dizaine d'années. Enfin, la tribu de ‘Nizeh fait a occupé la ville et chassé les Mawali à la fin du treizième siècle de l’Hégire.

La dernière reconstruction de la ville de Salamyeh remonte à l’année (1848), lorsque le Sultan ottoman Abdul-Majid, a émis de pardon pour toute personne qui prend en charge la construction d'une ville dans la région qui se trouve à l’est de l'Oronte.

Alors les Ismaïliens qui habitaient dans les montagnes côtières de (Massyaf- Qadmus - Khawabi et Akkar) ont commencé leur immigration vers la ville de Salamyeh en relance de leur gloire passée et pour échapper de l'agitation et des problèmes qu'ils souffraient dans la région montagneuse, et ont commencé à cultiver les terrains périphériques, ce qui a été la raison de l’émergence de nouveaux villages aux alentours de la ville de Salamyeh.

Les habitants de Salamyeh vivent en état pacifique de l’harmonie et de la fraternité qui n’existe pas dans d’autres villes. Où de nombreuses communautés cohabitent ensemble.

Les découvertes archéologiques : La ville de Salamyeh englobe plusieurs monuments archéologiques remontant à différentes périodes comme le Château de Chmémis, le Hammam Ayyoubide, la mosquée de l’Imam Ismail. Cependant des dizaines de sites archéologiques existent autour de la ville comme le site d’al-Rawda qui remonte à la fin du 3ème millénaire av. J.-C., le Château Ibn Wardan, Assyria, Tell al-Ghazalé, Tell al-Cheikh Ali. En plus, des vestiges architecturaux classiques se trouvent partout dans la ville comme les colonnes et les couronnes.

L’origine du nom : Les historiens ont analysé l'origine du nom de la ville, et ont proposé deux suggestions :

  • Les grecs ont donné le nom de Salamine pour mémoriser leur victoire contre les Perses à la bataille de Salamine. Ou qu’ils l’ont donné le nom de Salamis, qui était le nom d'une ville à la mer d’Egée, en raison de la compatibilité entre les deux villes dans le climat et la forme.
  • un deuxième avis dit : que l’abondance des sources d’eau qui existaient dans la ville a porté les gens à l’appeler par Sail Mayeh qui peut être traduit par une vente d’eau. Yaqut Hamwi dit dans son livre (Mu’ jam al-Bouldan ; Dictionnaire des pays): [il a été dit que la ville de Salamyeh qui se trouve à proximité de la ville Al-mw’tafaka: Comme les habitants d’al-Mw’atafakeh ont subi beaucoup de souffrances, dont cent hommes d’entre eux se sont sauvé et parti vers la ville de Salamyeh, ils l’ont reconstruit, alors la ville a été appelé Selem Mayeh ; cent hommes sauvés, et puis le nom a été dérivé vers Salamyeh.

Les monuments archéologiques à Salamyeh :

1 – Le rempart : Il a été reconstruit par Nour al-Din Zanki, tandis que sa première construction remonte à l’époque grecque. Les fouilles archéologiques montrent que le rempart qui entourait l’ancienne ville avait plus de quatre kilomètres de long, mais maintenant, il n'existe plus.

2 – Château de Salamyeh: Château de Salamyeh remonte à l’époque grecque et romaine, où il était comme un arsenal pour l’armée. Le château était d’une forme carrée munie de huit tours, et cette construction a été réalisée par Nour al-Din Zanki lors de la restauration du château. Le mur du château avait 4m de haut et d'environ 1,30 m de large. Ce mur est resté jusqu’ en 1926 où il a été démoli pour réutiliser ses pierres dans la construction de la préfecture de la ville.

3 – La Mosquée d’al-Imam Ismail: Les sondages archéologiques effectués dans le bâtiment montrent des caractères hellénistiques, ce qui indique que la grecs ont été les premiers à construire ce temple, et il a été suggéré comme l’ancien temple de Zeus, et puis il a été transféré au Temple de Jupiter à l’époque romaine. A l'époque byzantine, il devient une paroisse qui domine plus de quarante-deux églises s’étendant de Tripoli jusqu’à Rusafa. Ce bâtiment a été détruit à plusieurs reprises, et il a été reconstruit pour la dernière fois à l’époque du prince Khalaf bin Mala’eb, où il était transféré à une mosquée connue sous le nom de la mosquée à sept absides. Plus tard, il a été détruit par l'invasion mongole, et est resté en ruines jusqu'en 1993 où elle a été restaurée et rénovée comme une mosquée.

4 - Château Chmémis: situé à 5 km au nord-ouest de la ville de Salamyeh, sur une montagne isolée qui fait partie de la chaine montagneuse d’al-Ola.La première construction remonte à l’époque de la famille des princes Chmémisgram qui régnait la ville de Homs à la fin de la période hellénistique et au début de la période romaine. Cette forteresse a survécu jusqu'à ce que les Perse l’aient détruit et brûlé comme ce qu’ils ont fait avec toutes les fortifications au Proche-Orient. Le château a été reconstruit par l’Ayyoubide Cherkouh. La date de cette reconstruction a été fixée par Abou Fida à 626 e -1228, tandis qu’elle a été fixée par Mohammed Kird Ali dans son livre ((Les Plans d’al-Cham)) en 627 e - 1229 C. Mais tous les deux se sont accordé que la nouvelle construction a été effectuée par l’Ayyoubide Cherkouh, dirigeant de Homs. Ce château a été construit sur une couche basaltique couvrant un sommet conique de la montagne. Ce sommet est entouré d’un fossé de 15m de profondeur, et fourni d’un puits très profond pour répondre aux besoins du château d’eau, et un autre puits pour les fournitures, les parois du dernier puits ont été couvertes d’une couche de chaux et de la boue poulie. Le château englobait le palais royal et certains caves qui servaient comme des habitats pour les soldats. L'importance du château est attribuée à sa localisation qui permet de superviser une surface circulaire de plus de 50 km de diamètre. Le lieu où les quatre directions sur l'écran d'un large cercle de diamètre.

5 – Mazar al-Khidr (Mazar de ST. Georgiouos) : situé à 3 km au nord de la ville de Salamyeh, sur un sommet aride. D’abord il a été un monastère chrétien, mais, après la conquête islamique il a été transformé à une mosquée, et son nom a été changé du monastère au sanctuaire de ST. Georgiouos. Ce Mazar est constitué de plusieurs pièces, tunnels et cavernes, mais il est maintenant complètement en ruines, dont il n’en reste qu’un mur et la base de l'autel.

6 – Les Canaux romains : Il est également important de citer les vestiges des canaux romains déployés partout dans la ville de Salamyeh et ses alentours. Les historiens mentionnent l’existence de trois cent soixante canaux romains qui s’étend entre le village d’al-Kafat à l’ouest de Salamyeh jusqu’au village de Cheikh Helal à l’est. Ce fut la méthode utilisée pour l'irrigation des terres. Des dizaines de mythes ont été tissés sur les histoires de ces canaux, le plus important est celui du canal al-‘Acheq (le canal de l’Amant).

La légende du Qanat al-‘Acheq (Canal de l’amant) :

Une mission archéologique a découvert les restes d’un canal d'eau romain, dans la région centrale de la Syrie, qui est la même (Qanat al-‘Acheq) que les livres de l'histoire l’ont mentionné en citant la légende de l'amour vécu par le gouverneur de la ville de «Salamyeh» dans le premier siècle de notre ère, avec la fille du roi de la ville «Apamée» qui se trouve à 80 km au Nord-ouest de Salamyeh. et la légende dit que l'amour a été d’un seul part (par le prince), qui s’est présenté chez le roi d’Apamée pour demander la main de la princesse, mais la dernière a conditionné son mariage au fait de tirer l'eau de la région ‘Ain az-Zarqa (La Source bleue) situé au bord occidental de Salamyeh jusqu’à la ville d’«Apamée» qui n’avait pas suffisamment de l’eau. Et comme il est dit (l'amour est aveugle), le Prince a consacré tous les moyens et les ouvriers de sa ville pour construire un canal capable à tirer l’eau jusqu’à la ville d’Apamée. Le canal avait 150 km de long, et a été construit en zigzag et d’après un plan très organisé pour atteindre la ville d’Apamée qui s’élève à 308 m au-dessus du niveau de la mer 308 m, alors que la ville de Salamyeh s’élève à 475 mètres au-dessus du niveau de la mer.


Ville culturelle Mohammed Al-Maghout (arabe : محمد الماغوط) poète, dramaturge, écrivain et scénariste syrien. Né en 1934 à Salamyeh, il est mort le 3 avril 2006 à Damas. Pionnier de la poésie arabe contemporaine, il a renouvelé les formes traditionnelles dans des textes où se mêlent violence, désespoir et ironie. Sa vie fut marquée par la prison et l'exil au Liban, prix payé pour sa farouche indépendance.

Notes et références

  1. Calcul de la population d’après Salamiyah.
  2. Salamiya en arabe : salamiya, سلمية,

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Salamyeh de Wikipédia en français (auteurs)

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