Rage (maladie)

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Rage (maladie)
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Rage (maladie)
Classification et ressources externes
Dog with rabies.jpg
Chien atteint de la rage
CIM-10 A82
DiseasesDB 11148
eMedicine med/1374  eerg/493ped/1974
MeSH D011818

La rage est une maladie virale grave touchant les mammif√®res dont l'Homme. Elle est caus√©e par un virus qui provoque une enc√©phalite. Zoonose assez commune, elle touche surtout les carnivores. Les sympt√īmes sont nerveux ; parfois une agressivit√© bien qu'il existe aussi des formes plus frustes o√Ļ le malade est particuli√®rement calme. En Europe, la rage a efficacement √©t√© √©limin√©e de certains pays par distribution d'app√Ęts vaccinants dispers√©s dans la nature.

Entre 40 000 et 70 000 personnes d√©c√®dent de la rage chaque ann√©e dans les pays d'Afrique et d'Asie, o√Ļ la maladie est end√©mique.

Sommaire

Description du virus

Micrographie au microscope √©lectronique √† transmission montrant de nombreux virions de la rage (petits b√Ętonnets gris sombres) et des corps de Negri (inclusions cellulaires plus larges pathognomoniques de la rage.

La rage est caus√©e par un virus de la famille des Rhabdoviridae et du genre Lyssavirus qui fut identifi√© en 1903 par Paul Remlinger[1],[2]. Ce sont des virus envelopp√©s, leur g√©nome est une mol√©cule d'ARN de polarit√© n√©gative de forme h√©lico√Įdale. √Ä ce titre, ils pr√©sentent une grande sensibilit√© aux agents physico-chimiques de d√©sinfection et donc une faible r√©sistance dans le milieu ext√©rieur[3].

Le virus de la rage infecte tous les mammifères. Il a un tropisme nerveux, et en particulier le système nerveux central, ce qui explique les troubles observés.

Transmission

En Europe, les vecteurs terrestres non volants de la rage peuvent √™tre le renard, le loup, le blaireau, le chevreuil mais √©galement le chien, le chat, la vache. En Am√©rique, la rage est transmise par le raton laveur ou le coyote. La rage se transmet le plus souvent par morsure, mais peut aussi √™tre transmise par simple l√©chage. Apr√®s une infection humaine, le virus p√©n√®tre (directement ou indirectement) le syst√®me nerveux p√©riph√©rique. Il voyage alors le long des nerfs vers le syst√®me nerveux central. Pendant cette phase il ne peut pas √™tre facilement d√©tect√© par le syst√®me immunitaire de l'h√īte, et la vaccination peut toujours conf√©rer une immunit√©. Une fois que le virus atteint le cerveau il provoque rapidement une enc√©phalite et les sympt√īmes apparaissent. Il peut aussi infecter la moelle √©pini√®re, provoquant une my√©lite. Suite au contact √©ventuellement contaminant, le virus ne met que quelques heures √† atteindre le syst√®me nerveux central. Il est reconnu que plus le point d'entr√©e du virus est proche du cerveau, plus l'√©volution sera rapide.

Rage animale

Sympt√īmes

Chez l'animal, les sympt√īmes d√©pendent de l'esp√®ce concern√©e. Typiquement, on observe une ataxie g√©n√©ralis√©e, de l'hyperesth√©sie, des douleurs cervicales, une hypersalivation marqu√©e et parfois des convulsions des muscles faciaux (en particulier des mass√©ters). Dans le cas des carnivores, un comportement anormalement agressif est fr√©quent, mais pas syst√©matique. Dans le premier cas, l'animal cherche √† mordre tout objet se situant √† proximit√© de sa t√™te, et ne l√Ęche pas prise apr√®s morsure. L'aboiement d'un chien enrag√© est sp√©cifique (¬ę bitonal ¬Ľ). On recherche ainsi syst√©matiquement √† √©carter en premi√®re intention la rage lorsqu'un chien vient en consultation avec des troubles nerveux. Classiquement, on d√©crit que les chiens contamin√©s par une morsure de chauve-souris vampire (virus de type desmodin trouv√© fr√©quemment en Am√©rique du Sud) font une forme clinique paralytique et ne montrent pas de signes d'agressivit√© (exemple d'un chien √† Cayenne en 2003) ; dans ce cas l√†, les carnivores constituent en g√©n√©ral une impasse √©pid√©miologique et ne transmettent pas la maladie √† l'homme.

La maladie chez les chauves-souris vampires n'est pas connue avec pr√©cision. En Guyane, des anticorps antirabiques ont √©t√© d√©tect√©s sur des animaux ne pr√©sentant pas de sympt√īmes et chez qui le virus ne pouvait pas √™tre mis en √©vidence.

Période d'incubation

Durant la période d'incubation de la maladie, le sujet ne transmets pas le virus, qui est indétectable selon les techniques de diagnostics actuelles. Vu sa fragilité dans le milieu extérieur, l'entrée du virus dans l'organisme ne se fait que par le biais d'une effraction de la peau ou par les muqueuses buccale ou oculaire.

La transmission in vitro peut aussi se faire par voie a√©rosol, via les muqueuses ; c'est, par exemple ce qui se passe dans les cavernes habit√©es par des chauve-souris enrag√©es : on a relat√© deux cas de sp√©l√©ologues ayant contract√© la rage apr√®s avoir √©t√© en contact avec des a√©rosols provenant de chauve-souris enrag√©es‚Ķ De fa√ßon plus rare, la transmission peut aussi intervenir dans une chirurgie par transmission corn√©enne.

Chez le chien

Dans la moiti√© des cas, cette phase dure moins de 2 mois, dans 80 % des cas, elle dure moins de trois mois. Un cas observ√© a atteint 163 jours.

La période d'incubation est le plus souvent de trois à douze semaines mais peut atteindre deux ans, durée d'incubation observée pour la dernière fois dans les années trente.

Période d'excrétion
Chez le chien

La phase d'excrétion débute avant l'apparition des premiers signes cliniques. Elle débute dans 80% des cas seulement trois jours avant la déclaration de la maladie, dans 15% des cas six jours avant, et enfin dans seulement 5% des cas dans les huit jours. Il faut enfin noter que la phase d'excrétion ne précède pas toujours la déclaration de la maladie[4].

Rage humaine

Patient atteint de la rage.

Chez l'Homme, on observe des troubles des fonctions c√©r√©brales sup√©rieures, anxi√©t√©, confusion, agitation avec troubles du comportement, les hallucinations, insomnies et √©ventuel delirium. La production de grande quantit√© de salive et de larmes avec difficult√© de d√©glutition sont typiques des phases avanc√©es. Sp√©cifiquement chez l'homme se d√©veloppe √©galement en fin d'√©volution une hydrophobie : la vue de liquide provoque une peur non raisonnable, alors que le contact entra√ģne des sensations de br√Ľlures insoutenables. La mort, quasiment in√©vitable, survient de deux √† dix jours apr√®s les premiers sympt√īmes.

Dans un tiers des cas[4], la maladie prend la forme d'une paralysie ascendante ressemblant au syndrome de Guillain-Barré.

Prévention et traitement

Prévention de la rage

Au niveau français comme mondial, il s'agit de l'éradication de la rage animale. En France, la rage sylvatique ayant été éradiquée, elle passe par la vaccination préventive des animaux de compagnie et des personnes potentiellement exposées au virus de la rage (chiroptérologues, vétérinaires, ...), et par un plan de surveillance de cette maladie au niveau national.

Traitement de la rage

La rage est une maladie presque constamment mortelle chez l'homme lorsqu'apparaissent les premiers signes. Les cas de survie sont tout √† fait exceptionnels[5]. En revanche, la vaccination antirabique pratiqu√©e entre la contamination et l'apparition des premiers signes est tr√®s efficace. Le vaccin a √©t√© exp√©riment√© en 1885 par Louis Pasteur sur Joseph Meister, un jeune gar√ßon mordu par un chien enrag√© sur le chemin de l'√©cole √† Meissengott, en Alsace. Le ma√ģtre du chien, Th√©odore Vonn√©, avait alors abattu la b√™te puis men√© l'enfant chez le docteur Weber de Vill√©.

Fin 2004, √† Wauwatosa dans le Wisconsin, un traitement exp√©rimental a permis de sauver sans vaccination une jeune adolescente am√©ricaine, nomm√©e Jeanna Giese (en), contamin√©e par une chauve-souris. Le traitement, depuis connu sous le nom de protocole de Milwaukee, consiste √† plonger le patient dans un coma artificiel pour ralentir la progression de la maladie et √† lui administrer un traitement m√©dical intensif[5]. Deux autres patients ont pu ainsi √™tre soign√©s[6],[7]. Dans un article paru en 2009, il a √©t√© recens√© 25 tentatives d‚Äôapplication de ce traitement (dit le protocole de Milwaukee) dans sa premi√®re version avec un taux de survie de 8 % (soit 2 sur les 25), et 10 dans sa seconde version avec deux survivants, soit 20 %[8]. Toutefois, il n'existe pas de mod√®le exp√©rimental animal d√©montrant l'efficacit√© de cette m√©thode[9].

Dans des zones o√Ļ des chauves-souris vampires sont porteuses de rage de mani√®re end√©mique (Am√©rique du Sud), il est recommand√© de se prot√©ger des morsures de chauves-souris pendant la nuit. Ainsi, les voyageurs en for√™t dormiront sous moustiquaire m√™me en l'absence de moustiques. La moustiquaire devra √™tre dispos√©e de fa√ßon suffisamment ample pour qu'il soit impossible √† une chauve-souris de mordre la personne au travers de la moustiquaire.

Il est recommandé de ne pas manipuler des chauves-souris retrouvées blessées ou s'approchant anormalement des habitations. Toute personne mordue ou griffée doit immédiatement le signaler à son médecin. La plaie doit être lavée à l'eau savonneuse.

Traitement préventif

Un vaccin préventif contre la rage existe. Il est inoculé aux personnes dont l'activité est un facteur de risque d'infection. Les vétérinaires ou les personnes se rendant dans certains pays comme l'Inde en sont des exemples. Ce vaccin préventif ne dispense pas d'une vaccination curative.

Vaccination curative

On peut prévenir la maladie à condition de s'y prendre avant que n'apparaissent les premiers signes, c’est-à-dire pendant la période d'incubation, en appliquant une vaccination curative. Cette idée due à Galtier fut appliquée pour la première fois par Louis Pasteur en 1885.

Entre le moment o√Ļ le virus p√©n√®tre dans l'organisme (le plus fr√©quemment par morsure, mais parfois aussi par l√©chage d'une blessure ou par griffure) et celui o√Ļ la maladie se d√©clare, il s'√©coule g√©n√©ralement entre deux et huit semaines, ce qui laisse un temps de r√©action. En fait la dur√©e de l'incubation d√©pend de la dose de virus inocul√©e, de la localisation de la morsure (plus elle est proche d'une zone riche en terminaisons nerveuses, plus vite la maladie se d√©clare) et de la gravit√© de la plaie.

Des rappels doivent être faits régulièrement pour que la vaccination reste efficace. Il est utile de retirer autant que possible le matériel infecté après la morsure s'il y a lieu.

On a longtemps pr√©par√© les vaccins contre la rage √† partir de tissus nerveux, mais, en 1991, le trait√© de G. M. Baer[10] r√©servait la place de choix, d'une part aux vaccins obtenus par cultures sur embryons de canards (PDEV : ¬ę purified duck embryo vaccine ¬Ľ) et, d'autre part √† trois types de vaccins pr√©par√©s sur culture de cellules :

  • les vaccins sur cellules diplo√Įdes humaines (HDCV, ¬ę Human diploid cell culture rabies vaccine ¬Ľ) (RabivacMR)
  • les vaccins purifi√©s sur cellules VERO (PVRV, ¬ę purified Vero cell rabies vaccine ¬Ľ) VerorabMR, ImovaxMR, Rabies veroMR, TRC VerorabMR
  • les vaccins purifi√©s sur cellules embryonnaires de poulet (PCECV, ¬ę purified chick embryo cell vaccine ¬Ľ).

Ces vaccins sont très supérieurs aux vaccins préparés sur tissus nerveux, aussi bien du point de vue de l'efficacité que de l'innocuité.

L'OMS[11],[12] recommande l'abandon complet des vaccins antirabiques sur tissus nerveux.

Conduite à tenir en présence d'un cas de rage ou de suspicion de rage

Il faut signaler immédiatement tout cas de rage au chef technique ou à l'autorité administrative locale. Tout chien mordeur doit être considéré comme suspect de rage.

Conduite à tenir à l'égard du chien mordeur

Il est tr√®s important de savoir qu'un chien ¬ę mordeur ¬Ľ infect√© par la rage peut transmettre le virus avant l'apparition des premiers sympt√īmes. Aussi est-il n√©cessaire de le garder en observation pendant au moins quinze jours. En fourri√®re, le chien doit √™tre nourri et abreuv√©. Si le chien est enrag√©, il mourra dans les dix jours apr√®s les premiers sympt√īmes. Tout chien ayant mordu une personne, m√™me s'il ne pr√©sente aucun signe de rage, doit √™tre plac√© en observation (trois examens de v√©t√©rinaire dans les quinze jours qui suivent la morsure). Au cours de cette p√©riode d'observation, si les signes de la maladie apparaissent, la rapide √©volution du caract√®re fatal du mal permettent d'√©tablir le diagnostic.

Il ne faut pas sacrifier un chien ¬ę mordeur ¬Ľ comme on est souvent tent√© de le faire. Cela pourrait emp√™cher de savoir s'il √©tait enrag√©. Si le chien mordeur est mort, il faut contacter la direction d√©partementale (en France) des services v√©t√©rinaires qui d√©cidera s'il y a lieu d'effectuer une analyse de laboratoire sur le cerveau du chien.

En effet, les tests de d√©tection du virus ne peuvent faire la diff√©rence entre les anticorps dus au virus, et les anticorps dus au vaccin. En France, deux tests sont utilis√©s dans la recherche du virus de la rage : l‚Äôimmunofluorescence et l‚Äôinoculation aux cultures cellulaires. Ces deux techniques permettent de savoir si le virus a atteint le cerveau, mais le plus souvent ne permettent pas d'infirmer ou de confirmer la contamination du sujet, l'animal √©tant g√©n√©ralement sacrifi√© trop t√īt.

Depuis 1998, neuf cas se sont révélés positifs, mais jamais la présence du virus n'a été confirmée chez des animaux contacts euthanasiés par mesure de précaution, ni parmi ceux euthanasiés suites aux mesures de police sanitaires appliquées dans le cas d'une suspicion de cas de rage.

Conduite à tenir à l'égard de la personne mordue

Lorsque les sympt√īmes de rage apparaissent chez l'homme il est trop tard pour intervenir : la mort est, avec une quasi-certitude[13], la seule issue. C'est pourquoi il convient de respecter scrupuleusement les recommandations suivantes :

Lorsqu'une personne est mordue, soit tr√®s profond√©ment, soit en de nombreux endroits du corps, soit de face, soit √† la t√™te, soit au cou, soit aux doigts, celle-ci doit subir le traitement antirabique le plus t√īt possible m√™me si le chien mordeur ne pr√©sente pas de signes de rage et m√™me s'il n'a pas √©t√© au contact d'un chien enrag√©. Cette personne mordue doit laver abondamment la plaie avec de l'eau et du savon puis d√©sinfecter la plaie avec un antiseptique[14] et consulter imm√©diatement dans un centre de sant√© afin de se faire administrer le s√©rum anti-t√©tanique et le vaccin antirabique.

Accidents vaccinaux

Des accidents neurologiques provoqu√©s par le vaccin antirabique ont √©t√© signal√©s du temps m√™me de Pasteur par M. Lutaud notamment et plus tard par Paul Remlinger[15] qui parla de ¬ę rage de laboratoire ¬Ľ. Rest√©s longtemps inexpliqu√©s, ces accidents ont pu √™tre imput√©s √† la pr√©sence de virus actif dans le vaccin antirabique imparfaitement inactiv√© (ainsi √† Fortaleza au Br√©sil[16]). Jusqu'aux ann√©es 1960, la my√©line encore pr√©sente dans le vaccin a √©galement pu causer des enc√©phalites allergiques[17].

Répartition de la maladie

La maladie a caus√© 55 000 d√©c√®s dans le monde en 2004 selon une √©tude commandit√©e par l'OMS, pour la plupart dans les zones rurales de l'Afrique et de l'Asie[12].

Zones libres de rage : Vert fonc√© : libres depuis toujours ; Vert : libres d√®s avant 1990 ; Vert clair : libres apr√®s 1990 ; Turquoise : libres en 2010, histoire inconnue ; Rouge clair : zones atteintes de la rage

Selon des recherches en cours en 2009, il y aurait un espoir d'éradiquer la rage en Afrique centrale et occidentale[18].

France

En France m√©tropolitaine, les derniers cas de rage sur des √™tres humains, remontent √† 1924 (cas mortel en guyane fran√ßaise en 2008), cependant des voyageurs peuvent √™tre contamin√©s √† l'√©tranger, dans les pays √† risques, et revenir malades. La maladie √©tait consid√©r√©e comme disparue depuis le d√©but de l'ann√©e 2001, bien que :

  • La maladie pourrait encore subsister dans un r√©servoir animal repr√©sent√© en particulier par quelques renards du nord et de l'est de la France, et par les chauve-souris, mais il est fort peu probable que ces animaux transmettent le virus √† l'homme.
  • Il y a par contre un risque permanent provenant des animaux, en particulier les chiens, import√©s ill√©galement, des pays de l'Europe de l'Est et du Maroc, malgr√© la sanction pr√©vue d'√™tre condamn√© √† cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. Des cas r√©cents en provenance du Maroc ont √©t√© constat√©s en 2004[19] et 2008[20].

Lors de ce dernier cas, seuls six chiens ont été euthanasiés le 29 février 2008 suite au contact avec l'un des trois chiens désignés par les enquêtes épidémiologiques, mort en novembre 2007 sans que la rage ait été diagnostiquée. Sur demande du cabinet du ministère de la Santé, malgré l'illégalité manifeste de cette décision, c'est dans des circonstances troubles et à grand renfort de gendarmerie que les chiens seront abattus[21]. Le tribunal administratif de Pau annulera plus tard; le 8 avril 2010 cette décision préfectorale sur les motifs évoqués et notifiés par voie judiciaire, là encore la veille de cette abattage partiel[22].

Malgré l'évolution de la connaissance de la maladie et le passage à un rappel vaccinal tous les trois ans chez la plupart de ses voisins européens (Belgique, Hollande, Allemagne, Italie, Suisse, tous les deux ans en Angleterre et Espagne), la France continue d'imposer un rappel de vaccination antirabique tous les ans[23].

Quelques cas positifs de rage des chauve-souris sont sous surveillance étroite. Cette rage est différente de la rage vulpine, c'est un virus cousin avec de notables différences tant dans son expression (peut rester à l'état latent pendant très longtemps)que dans ses espèces cibles. La seule recommandation est de ne toucher les chauve-souris qu'en cas de nécessité absolue et de le faire avec des gants[24].

Suisse

La Suisse est reconnue indemme de rage depuis le 1er janvier 1999. L'apparition de la maladie par voie terrestre de cas provenant d'animaux sauvages est improbable. Cependant, le cas de chauve-souris ou animaux import√©s porteurs n'est pas exclu. D'ailleurs, depuis cette date, deux cas ont √©t√© constat√©s : un cas de chauve-souris infect√©e a √©t√© report√© en 2002 sur le canton de Gen√®ve et le cas d'un chien import√© d'Afrique du Nord en 2003, dans le canton de Vaud.

Allemagne

L'Allemagne n'a pu se d√©barrasser de certains foyers persistants que r√©cemment, notamment dans le land de Hesse. Ce foyer √©tait la source de diff√©rentes infections √©pisodiques constat√©es dans d'autres Land. Ainsi, le Bade-Wurtemberg (d√©cembre 2004), le Rheiland pfalz (Janvier 2005) et le Kreiz de Kussel (Mai 2005) ont r√©v√©l√© une progression de la rage vers l'Ouest. Ce "front" progressait selon diverses estimations √† une vitesse de 20 √† 60 km par an. D'autres estimations plus r√©centes faisaient √©tat d'une progression encore plus rapide, et dans toutes les directions √† partir de ce Land de Hesse. Dans chacun des Lands touch√©s, l'Allemagne a entrepris des campagnes de vaccinations orales des Renards. √Ä la vue de l'absence de cas enregistr√©s en 2008 et 2009, l'Allemagne a d√©pos√© la demande de d√©claration d'√Čtat "libre" de rage, tout comme son voisin l'Autriche. Depuis 1998, l'Allemagne a d√©tect√© 642 animaux atteints par la rage, dont 44 animaux domestiques, 422 renards et 115 chauves souris. Cependant, depuis 2001, seuls 8 cas domestiques ont √©t√© confirm√©s. Cinq humains sont morts de la rage.

Déclaration obligatoire

En Belgique, en France et en Suisse, cette maladie est sur la liste des maladies infectieuses à déclaration obligatoire.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Service des Archives de l'Institut Pasteur, ¬ę Paul Remlinger (1871-1964) ¬Ľ sur http://www.pasteur.fr. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  2. ‚ÜĎ Patrick Berche, Une histoire des microbes, Montrouge, John Libbey Eurotext, juin 2007, 307 p. (ISBN 2742006745) [lire en ligne (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)], p. 117 
  3. ‚ÜĎ Le virus ne supporte pas les temp√©ratures de 38 √† 40 ¬įC, il devient inactif en peu de temps cependant une fois dans un organisme il est prot√©g√©
  4. ‚ÜĎ a et b Erreur dans la syntaxe du mod√®le ArticleDominique Bicoud et Marc Artois, ¬ę {{{title}}} ¬Ľ, dans Epidemiologie et sant√© animale, no 47, 2005, p. 93-101 
  5. ‚ÜĎ a et b (en) Rodney E. Jr Willoughby, KS Tieves et GM Hoffman, ¬ę Survival after treatment of rabies with induction of coma ¬Ľ, dans New England Journal of Medicine, vol. 352, no 24, 16 juin 2005, p. 2508-2514 (ISSN 0028-4793) [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  6. ‚ÜĎ (pt) ¬ę PE conseguem curar raiva em paciente pela primeira vez no Brasil ¬Ľ, dans Ambiente Brasil, 5 f√©vrier 2009 [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  7. ‚ÜĎ (es) ¬ę Nuevos s√≠ntomas dan aliento sobre recuperaci√≥n de ni√Īo caucano contagiado por rabia ¬Ľ, dans El Tiempo Naci√≥n Cali, 8 avril 2008 [texte int√©gral (page consult√©e le 30 mai 2011)] 
  8. ‚ÜĎ (en) Rodney E. Jr Willoughby, ¬ę Are we getting closer to the treatment of rabies?: medical benchmarks ¬Ľ, dans Future Virology, vol. 4, no 6, 2009, p. 563‚Äď570 (ISSN 1746-0794) [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  9. ‚ÜĎ Rodney Willoughby, ¬ę Vaincre la rage ? ¬Ľ, dans Pour la Science, no 367, mai 2008, p. 44-55 [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  10. ‚ÜĎ (en) I. Vodopija et H.F Clark, Human vaccination against rabies., CRC Press, 1991, 2ee √©d., p. 577-578 et 580-585 
  11. ‚ÜĎ Organisation panam√©ricaine de la sant√© (OMS), ¬ę GUIDE actuel de l'OMS pour le traitement antirabique humain avant et apr√®s exposition ¬Ľ sur http://new.paho.org/. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  12. ‚ÜĎ a et b OMS, ¬ę Rage ¬Ľ sur http://www.who.int/fr/, 12/2008. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  13. ‚ÜĎ En 1973, Andr√© Gamet ne voit que deux exceptions individuelles, et encore tr√®s douteuses, au pronostic fatal de la rage d√©clar√©e. (Andr√© Gamet, La rage, Paris, 1973, p. 94.) M. Fekadu, au contraire, consid√®re comme probants plusieurs cas de gu√©rison de rage clinique chez l'animal et chez l'homme qui ont √©t√© signal√©s, entre autres par Pasteur lui-m√™me, au XIXe et au XXe si√®cle. Voir Makonnen Fekadu, dans G. M. Baer (dir.), The natural history of rabies, 2e √©d., CRC Press, 1991, pp. 192 et 370.
  14. ‚ÜĎ Centre Canadien d'hygi√®ne et de s√©curit√© au travail, ¬ę Rage ¬Ľ sur http://www.cchst.ca/, 18/08/1998. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  15. ‚ÜĎ Paul Remlinger, ¬ę Deux cent deux accidents paralytiques dus traitement antirabique. ¬Ľ, dans Bulletin de l'Acad√©mie Nationale de M√©decine, vol. 118, 1937, p. 419-432 [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  16. ‚ÜĎ (en) Para Madureira, ¬ę An Outbreak of Post-Vacinal Rabies (Rage de Laboratoire) in Fortaleza, Brazil, in 1960 ¬Ľ, dans Bulletin de l'OMS, vol. 33, 1965, p. 177-182 [texte int√©gral (page consult√©e le 16 f√©vrier 2010)] 
  17. ‚ÜĎ F. Horaud (Institut Pasteur), ¬ę La s√©curit√© virale des produits biologiques : aspects historiques et conceptuels (Virologie volume 1, Num√©ro 5) ¬Ľ sur http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/index.phtml, John Libbey, Sept-Oct 1997. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  18. ‚ÜĎ CORDIS, ¬ę Un nouvel espoir pour l'√©radication de la rage en Afrique centrale et occidentale ¬Ľ sur http://cordis.europa.eu/home_fr.html, 22/01/2009. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  19. ‚ÜĎ Mohammed Houna√Įne El-Hamiani, ¬ę Quand le Maroc exporte sa rage ¬Ľ sur http://www.maroc-hebdo.press.ma, Maroc-Hebdo International (num√©ro 619), 17/09/2004. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  20. ‚ÜĎ Minist√®re de l'alimentation, de l'agriculture et de la p√™che, ¬ę Recherche des personnes et animaux en contact avec les trois animaux enrag√©s ¬Ľ sur http://agriculture.gouv.fr/, 18/03/2008. Consult√© le 16 f√©vrier 2010
  21. ‚ÜĎ Florence Reynald, ¬ę Les propri√©taires des chiens en col√®re. ¬Ľ sur http://www.ladepeche.fr, La depeche du midi, 07/04/2008. Consult√© le 27 f√©vrier 2010/
  22. ‚ÜĎ Florence Reynald, ¬ę Prefecture condamn√©e ¬Ľ sur http://www.ladepeche.fr, La depeche du midi, 10/04/2010. Consult√© le 27 f√©vrier 2010/
  23. ‚ÜĎ Direction Generale de l'A2imentation, ¬ę Note de service DGAL/SDSPA/N2008-8096, 24 Avril 2008 ¬Ľ. Consult√© le 27 f√©vrier 2010/
  24. ‚ÜĎ [1]La rage chez les chauves-souris sur http://www.pasteur.fr/, Institut Pasteur, 27/6/07. Consult√© le 30 juillet 2011/

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes



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