Liste de locutions latines

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Liste de locutions latines


Cet article contient une liste de locutions latines présentée par ordre alphabétique.

Pour des explications morphologiques et linguistiques gĂ©nĂ©rales, consulter l'article : Expression latine.

Sommaire

 A   B   C   D   E   F   G   H   I   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V 

Références

A

A bene placito 
« Ă€ votre bon cƓur ; selon votre bon plaisir. Â»
A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto 
« Prends garde au bƓuf par devant, Ă  l'Ăąne par derriĂšre, Ă  l'imbĂ©cile par tous les cĂŽtĂ©s. Â»
A bove majore discit arare minor 
« Du vieux bƓuf, le jeune bƓuf apprend Ă  labourer. Â»
A cĂŠlo usque ad centrum 
« Du ciel au centre (de la Terre). Â» Principe de droit selon lequel Cuius est solum eius est usque ad coelum et ad inferos : « Au propriĂ©taire du sol revient tout ce qui est jusqu'au ciel et tout ce qui est jusqu'au centre de la Terre. Â» Ce principe est toujours appliquĂ© aux États-Unis mais n'est pas valable en France, par exemple.
A cane non magno sĂŠpe tenetur aper 
« Souvent le sanglier est arrĂȘtĂ© par le petit chien. Â» Ovide, RemĂšdes Ă  l'amour, 422.
A capite ad calcem 
« De la tĂȘte au talon ; de haut en bas. Â» En français, la locution correspondante est « De la tĂȘte aux pieds. Â» Voir A pedibus usque ad caput.
A contrario 
« Ă€ l'inverse. Â» D'une forme similaire, mais d'hypothĂšse et de conclusion inverses (pour un raisonnement). Traduit parfois improprement par “au contraire”.
A Deucalione 
« Depuis Deucalion ; au temps de Deucalion. Â» Depuis trĂšs longtemps ; dans un temps trĂšs ancien. Gaius Lucilius, Satires, 6, 284.
A divinis 
« Hors des choses divines. Â» Un prĂȘtre suspendu a divinis ne peut plus dire la messe.
A falsis principiis proficisci 
« Qui rĂ©sulte de principes faux. Â» Terme de droit romain. Voir CicĂ©ron, De finibus, 4, 53.
A fluctibus opes 
« La richesse vient de la mer. Â» Devise de Sarzeau, commune française du Morbihan, en Bretagne.
A fortiori 
« Ă€ plus forte raison. Â» Introduit dans un raisonnement un argument plus fort que le prĂ©cĂ©dent.
A latere 
« Ă€ cĂŽtĂ© ; auprĂšs. Â» Cardinal a latere : cardinal plĂ©nipotentiaire envoyĂ© extraordinaire du pape auprĂšs d'un souverain, d'un État, d'une institution.
A mari usque ad mare 
« Depuis la mer jusqu'Ă  la mer. Â» Devise du Canada ; traduction officielle : "D'un ocĂ©an Ă  l'autre". Locution tirĂ©e du Livre des Psaumes, 72, 8.
A minima 
« Du plus petit. Â» Plus petite valeur que prend, que doit prendre ou que devrait prendre une grandeur. En droit, lorsque le ministĂšre public trouve le chĂątiment trop peu sĂ©vĂšre, il a le droit d'en appeler a minima, c'est-Ă -dire d'une peine trop lĂ©gĂšre.
A mundo condito 
« Depuis la crĂ©ation du monde. Â»
A parte 
« Ă€ part ; apartĂ©. Â» Dans une piĂšce de thĂ©Ăątre, paroles que prononce un personnage Ă  part des autres personnages, Ă  l'intention du public. L’apartĂ© est trĂšs utilisĂ© dans le vaudeville.
A pedibus usque ad caput 
« Des pieds Ă  la tĂȘte. Â» En français, la locution correspondante est "De la tĂȘte aux pieds." Voir aussi A capite ad calcem.
A posse ad esse non valet consequentia 
« De la possibilitĂ© d'une chose on ne doit pas conclure Ă  son existence. Â» Formule de rhĂ©torique scolastique abrĂ©gĂ©e de la formule Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia.
A posteriori 
« En partant des donnĂ©es de l'expĂ©rience. Â» Voir aussi Ex-post.
A priori 
« Au premier abord ; avant toute expĂ©rience. Â» Voir aussi Ex-ante.
A quia 
« Ă€â€Š parce que. Â» Lorsqu'un interlocuteur assĂšne un argument auquel son contradicteur ne sait que rĂ©pondre, celui-ci est "rĂ©duit a quia", c'est-Ă -dire Ă  rĂ©pĂ©ter "à
 parce que
 parce que
" Formule d’époque scolastique.
A silentio 
« Par le silence. Â» Voir Argumentum a silentio.
A.E.I.O.U. = Austria Est Imperare Orbi Universo 
« Il est donnĂ© Ă  l'Autriche de commander au monde entier. Â» Devise des Habsbourg ; en allemand, la traduction Alles Erdreich Ist Oesterreich Untertan (« Tout, dans le Monde doit ĂȘtre soumis Ă  l'Autriche Â») permet de conserver l'abrĂ©viation formĂ©e de la succession des cinq voyelles de l'alphabet latin.
A.M.D.G. Ad Maiorem Dei Gloriam.
Ab abrupto 
« Brusquement ; sans prĂ©ambule. Â» Voir Ex abrupto, plus frĂ©quemment utilisĂ©.
Ab absurdo 
« Par l'absurde. Â» Genre de raisonnement rhĂ©torique ou mathĂ©matique consistant Ă  prouver la faussetĂ© d'une hypothĂšse en montrant qu'elle conduit nĂ©cessairement Ă  des consĂ©quences contradictoires ou absurdes.
Ab ĂŠterno 
« Depuis l'Ă©ternitĂ©. Â» C'est-Ă -dire "depuis des temps immĂ©moriaux" ; « depuis l'origine des temps Â». Souvent utilisĂ© en thĂ©ologie pour qualifier ce qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© hors du temps, comme l'Univers.
Ab agendo 
« Hors d'Ă©tat ; obsolescent ; retraitĂ©. Â»
Ab ante 
« Ă€ l'avance ; prĂ©cĂ©demment. Â»
Ab antiquo 
« Des temps anciens. Â»
Ab amicis honesta petamus 
« Ă€ un ami, on ne doit demander que ce dont il est capable. Â» Ciceron, De Amicitia, 13, 44.
Ab epistulis 
« Des lettres ; depuis la correspondance. Â»
Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia 
« De l'existence d'une chose on conclut Ă  sa possibilitĂ© ; de la possibilitĂ© d'une chose, on ne peut conclure Ă  son existence. Â» Formule scolastique. Voir : A posse ad esse non valet consequentia.
Ab extra 
« D'au-delĂ . Â» Terme de droit romain pour qualifier des motifs de droit extĂ©rieurs au cas jugĂ©. Contraire : Ab intra.
Ab hinc 
ou Abhinc : « D'ici, de ce point de vue. Â»
Ab hoc et ab hac 
« De ci et de lĂ . Â» C'est-Ă -dire “À tort et Ă  travers.”
Ab igne ignem capere 
« Laisser prendre un feu Ă  son feu. Â» Ciceron, Des devois, 1, 16, 52. Accorder normalement un service ; se comporter civilement. Voir ici le texte de CicĂ©ron en contexte.
Ab imo pectore 
« Du fond du cƓur. Â» Formule frĂ©quente chez Virgile. Exemple d'emploi : Fundique preces rex pectore ab imo : « Le roi tire ces priĂšres du fond de son cƓur. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 6, 55.
Ab inconvenienti 
« FondĂ© sur l'inaptitude. Â» Latin moderne. En droit anglo-saxon, dĂ©signe un argument qui montre que la ligne suivie par l'adversaire conduit Ă  des contradictions ou Ă  des inconvĂ©nients qui la disqualifient.
Ab incunabulis 
« Depuis le berceau ; depuis l'enfance. Â»
Ab initio 
« Depuis le dĂ©but. Â»
Ab intestat 
« Sans testament. Â» L'hĂ©ritier d'une personne morte ab intestat, sans testament, est appelĂ© “l'hĂ©ritier ab intestat.”
Ab irato 
« Par la colĂšre ; dans un mouvement de colĂšre. Â»
Ab Jove principium 
« Commençons par Jupiter. Â» Virgile, Les Bucoliques, 3, 60. Locution Ă©quivalente en français : “À tout seigneur tout honneur.”
Ab origine fidelis 
« FidĂšle Ă  ses origines. Ne pas oublier d'oĂč l'on vient. Â» Voir aussi Semper fidelis.
Ab ovo 
« Depuis l'Ɠuf. Â» C'est-Ă -dire : « Depuis l'origine. Â» Horace, Art poĂ©tique, 147. Allusion aux long enchaĂźnement d'Ă©vĂ©nements ayant conduit Ă  la chute de Troie depuis l'Ɠuf dont HĂ©lĂšne Ă©tait issue. MĂȘme sens que “Remonter au DĂ©luge.”
Ab ovo usque ad mala 
« De l'Ɠuf aux pommes ; du dĂ©but Ă  la fin. Â» Les repas romains commençaient souvent par des Ɠufs et finissaient par des fruits.
Ab uno disce omnes 
« Et qu'un seul vous apprenne Ă  les connaĂźtre tous. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 2, 65. ÉnĂ©e, rappelant la perfidie du Grec Sinon qui permit l'entrĂ©e dans Troie du fameux cheval, prĂ©vient ses interlocuteurs contre la duplicitĂ© de tous les Grecs. EmployĂ© en mauvaise part lorsqu'il s'agit de juger un groupe, un peuple d'aprĂšs les mĂ©faits d'un seul individu.
Ab urbe condita 
« Depuis la fondation de la Ville Â», c'est-Ă -dire de Rome. S'abrĂšge en AUC. Par convention fixĂ©e au 21 avril de l'an 753 av. J.-C.. Une annĂ©e AUC s'obtient en ajoutant 753 au millĂ©sime de l'Ăšre commune. Ainsi, l'an 1 de l'Ăšre commune est l'an 754 AUC.
Aberatio ictus 
« Coup qui n'atteint pas le but visĂ©. Â» Adage juridique. Si l'action est lĂ©gitime mais qu'elle entraĂźne des dommages par inadvertance, la responsabilitĂ© de l'auteur est engagĂ©e.
Abistis, dulces caricĂŠ 
« Vous ĂȘtes finies, douces figues. Â» PĂ©trone, Satyricon, 64. Comprendre : « Les beaux jours s'en sont allĂ©s ! Â»
Abrogata lege abrogante non reviviscit lex abrogata 
« Une loi qui a Ă©tĂ© abrogĂ©e ne renaĂźt pas du seul fait de l’abrogation de la loi abrogative. Â» Adage juridique..
Absens hĂŠres non erit 
« L'absent n'hĂ©ritera pas. Â» En français, sous une forme plus faible : "Loin des yeux, loin du cƓur".
Absentem lĂŠdit, qui cum ebrio litigat 
« Celui qui se querelle avec un ivrogne frappe un absent. Â» Publius Syrus, Sentences.
Absit invidia (verbo) 
« Qu'il n'y ait pas d'impopularitĂ© contre ce mot. Â» C'est-Ă -dire : “Sans offenser personne”, ou plus exactement : “Que l'on soit impartial”. Tite-Live, Histoire romaine, 9, 19, 15. Voir ici le texte source.
Absit omen 
« Que cela ne soit pas une malĂ©diction ; n'appelle pas le mal. Â» Emploi faible : « Que cela ne soit pas un outrage ; une injure. Â» Cette formule ne relĂšve pas du latin classique ; elle est certainement plus rĂ©cente, peut-ĂȘtre mĂ©diĂ©vale.
Absit reverentia vero 
« Ne craignons pas de dire la vĂ©ritĂ©. Â» Ovide, Les HĂ©roĂŻdes, 5, 12. Voir ici le contexte.
Absolutum dominium 
« Pouvoir, souverainetĂ© absolu. Â»
Abstulit qui dedit 
« Est ĂŽtĂ© ce qui est donnĂ©. Â» Équivalents français : “Donner, c'est donner”, ou “Donner, c'est donner ; reprendre, c'est voler.”
Absque argento omnia vana 
« Sans argent, tout effort est vain. Â»
Abundans cautela non nocet 
« L'excĂšs de prudence ne peut nuire. Â» Locution proverbiale. En français : “On n'est jamais trop prudent” ou “Prudence est mĂšre de SuretĂ©â€.
Abusus non tollit usum 
« L'abus n'exclut pas l'usage. Â» Principe de droit romain signifiant que l'abus que l'on peut faire d'une chose ne doit pas conduire Ă  en proscrire l'usage.
Abyssus abyssum invocat 
« L'abĂźme appelle l'abĂźme. Â» Psaumes, 42, 8. Signifie qu'un malheur entraĂźne un autre malheur, mais surtout qu'une faute entraĂźne une autre faute qui s'ensuit inĂ©luctablement.
Accessorium sequitur principale 
« L'accessoire suit le rĂ©gime juridique du principal. Â» Adage juridique.
Accipe quam primum, brevis est occasio lucri 
« Agis de suite, les chances de rĂ©ussite durent peu. Â» En français : “Il faut frapper tant que le fer est chaud”.
Acta fabula est 
ou Acta est fabula « La piĂšce est jouĂ©e. Â» DerniĂšres paroles d'Auguste. C'est ainsi que, dans le thĂ©Ăątre antique, on annonçait la fin de la reprĂ©sentation. “La farce est jouĂ©e” aurait dit aussi Rabelais sur son lit de mort.
Acta sanctorum 
« Actes des Saints. Â» ou, au singulier, Acta Sancti « Actes du Saint. Â» Titre frĂ©quent de textes hagiographiques.
Actibus immensis urbs fulget massiliensis 
« La ville de Marseille brille par ses hauts faits. Â» Devise de la ville de Marseille.
Actio personalis moritur cum persona 
« Une action liĂ©e Ă  la personne meurt avec elle. Â» Adage juridique.
Actore non probante, reus absolvitur 
« Si le demandeur n’apporte pas la preuve qui lui incombe, le dĂ©fendeur doit ĂȘtre relaxĂ©. Â» Adage juridique. Variante de Actori incumbit probatio.
Actori incumbit probatio 
« C'est au demandeur de prouver ses allĂ©gations. Â» Adage juridique. Variante de Actore non probante, reus absolvitur.
Actum est de republica 
« C'en est fait de la RĂ©publique. Â» [rĂ©f. nĂ©cessaire])
Actus dicatur bonus qui est conformis legi et rationi 
« Un acte est dit bon lorsqu'il est conforme Ă  la loi et Ă  la raison. Â» Adage juridique.
Ad arbitrium 
« Ă€ volontĂ©, selon le bon plaisir. Â» Voir Ad libitum.
Ad astra 
« Jusqu'aux cieux. Â» Dans l’ÉnĂ©ide, 9, 641, Virgile fait dire Ă  Apollon s'adressant au jeune Ascagne : Macte nova virtute, puer, sic itur ad astra ! : « Honneur Ă  ton jeune courage, enfant, c'est ainsi qu'on atteint les cieux. Â» L'expression figure dans la devise de nombreuses universitĂ©s anglo-saxonnes, signifiant que l'universitĂ© mĂšnera jusqu'aux cieux (jusqu'aux sommets) les Ă©tudiants qui feront preuve de courage. Voir aussi Sic itur ad astra et Per aspera ad astra.
Ad augusta per angusta 
« Vers les sommets par des chemins Ă©troits. Â». La gloire ne s'acquiert pas facilement. Mot de passe des conjurĂ©s d’Hernani de Victor Hugo, acte IV.
Ad gloriam 
« Pour la gloire. Â» Travailler "pour la gloire” c'est travailler gratuitement, pour l'estime que cela rapporte. Voir aussi Ad honores.
Ad hoc 
« Ă€ cet effet ; qui convient. Â» Argument ad hoc : argument forgĂ© prĂ©cisĂ©ment (et, gĂ©nĂ©ralement, de mauvaise foi) pour contrer une objection. Commission ad hoc : constituĂ©e spĂ©cialement pour examiner un sujet prĂ©cis.
Ad hominem 
« Contre la personne. Â» Argument ad hominem : dans une controverse, argumentation rhĂ©torique consistant Ă  s'en prendre Ă  son contradicteur (Ă  sa logique, Ă  sa bonne foi, Ă  son honnĂȘtetĂ©, Ă  son intelligence, etc.) Voir : Schoppenhauer, L'Art d'avoir toujours raison.
Ad honorem 
« Pour l'honneur. Â» Qualifie un diplĂŽme, une mĂ©daille, un titre remis “pour l'honneur”, en rĂ©compense des services rendus, sans qu'il soit question d'argent.
Ad honores 
« Pour les honneurs ; gracieusement. Â» Un prĂ©sident d'association exerce gĂ©nĂ©ralement ses fonctions ad honores. Voir aussi Ad gloriam.
Ad impossibilia nemo tenetur 
« Ă€ l'impossible nul n'est tenu. Â»
Ad infinitum 
« Ă€ l'infini ; indĂ©finiment. Â» UtilisĂ© pour dire “continuer toujours, indĂ©finiment” et pour dĂ©crire, entre autres, un processus indĂ©fini, un processus rĂ©pĂ©tĂ© indĂ©finiment, un jeu d'instructions de programme Ă  rĂ©pĂ©ter Ă  l'infini. Voir aussi et coetera.
Ad interim 
« Pour l'instant. Â» Locution française courante : “par intĂ©rim”.
Ad kalendas grĂŠcas 
« Aux calendes grecques. Â» Les calendes sont propres au calendrier romain ; il n'y a pas de calendes grecques ; renvoyer aux calendes grecques, c'est donc renvoyer Ă  la Saint Glinglin.
Ad libitum 
« Au choix ; Ă  volontĂ©. Â» AbrĂ©gĂ© en : ad lib. UtilisĂ© (en abrĂ©gĂ©) dans les partitions musicales pour dire que l'interprĂšte peut reprendre le motif ou la note et poursuivre Ă  volontĂ©.
Ad litteram 
« Ă€ la lettre. Â» Indique que des propos, des Ă©crits, sont rapportĂ©s exactement.
Ad lucem 
« Pour la lumiĂšre. Â» Devise de l'UniversitĂ© de Lisbonne.
Ad maiorem Dei gloriam 
(Ă©crit aussi Ad majorem Dei gloriam) : « Pour la plus grande gloire de Dieu. Â» (Souvent abrĂ©gĂ©e en A.M.D.G.). Devise de la Compagnie de JĂ©sus.
Ad multos annos ! 
« Pour de nombreuses annĂ©es ! Â» VƓu prononcĂ© lors d'une fĂȘte d'anniversaire.
Ad nauseam 
« Jusqu'Ă  la nausĂ©e. Â» Voir, entre autres exemples d'emploi : Argumentum ad nauseam.
Ad oculos 
« Selon les yeux. Â» TĂ©moin ad oculos : tĂ©moin “oculaire”.
Ad patres 
« AuprĂšs des ancĂȘtres. Â» Envoyer ad patres signifie ironiquement “tuer”.
Ad pedem litterĂŠ 
« Au pied de la lettre. Â» Exactement, littĂ©ralement, au premier degrĂ©.
Ad perpetuam rei gloriam 
« Ă€ la gloire Ă©ternelle de la chose. Â» Formule initiale des bulles papales qui Ă©noncent la doctrine de l'Église sur un point de controverse qui lui a Ă©tĂ© soumis.
Ad rem 
« Ă€ la chose ; telle qu'est la chose. Â» C'est-Ă -dire : nettement, catĂ©goriquement, sans dĂ©tour, sans ambages.
Ad undas 
« Aux vagues ; aux flots. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 4, 253-256. S'emploie lorsque, suite Ă  un Ă©chec, tout est Ă  jeter "aux flots". (Expression trĂšs populaire en NorvĂšge.) Voir ici le texte de Virgile.
Ad unguem 
« Sur l'ongle. Â» Horace, Art poĂ©tique, 294. MĂ©taphore tirĂ©e de l'usage des ouvriers passant l'ongle sur le marbre pour s'assurer de son parfait poli. En français : “Parfaitement, au plus prĂšs”, ou mieux, familiĂšrement : “Au petit poil.”
Ad usum Delphini 
« Ă€ l'usage du Dauphin. Â» Initialement : Ă©ditions des auteurs anciens Ă  l'usage du Dauphin, fils de Louis XIV, soigneusement expurgĂ©s des passages qui ne respectaient pas la plus stricte chastetĂ©. Ironiquement : tous les ouvrages Ă©purĂ©s et, par extension, toutes les publications arrangĂ©es pour les besoins de la cause.
Ad valorem 
« Selon la valeur. Â» Dans l'ancien droit fiscal, les marchandises pouvaient ĂȘtre imposĂ©es selon leur nature, indĂ©pendamment de leur valeur ; on parlait de “droit spĂ©cifique” ; par exemple, les ferrailles Ă©taient imposĂ©es tant la tonne, quelle que soit leur valeur marchande. On parle de taxe ad valorem si ces ferrailles sont imposĂ©es Ă  tant % de leur valeur marchande. Les taxations modernes sont gĂ©nĂ©ralement ad valorem.
Ad victoriam ! 
« Vers la victoire ! Â» Plus gĂ©nĂ©ralement traduit : « Pour la victoire ! Â» Cri de guerre des soldats romains .
Ad vitam ĂŠternam 
« Vers la vie Ă©ternelle ; vers l'Ă©ternitĂ©. Â» Formule extraite du Credo, priĂšre chrĂ©tienne (voir ici). Le sens donnĂ© dans le langage courant (pour l'Ă©ternitĂ©) est une approximation du sens latin ; voir In vitam ĂŠternam.
AdĂŠquatio intellectus et rei 
« AdĂ©quation de l'esprit Ă  la chose. Â» Une des dĂ©finitions de la vĂ©ritĂ© : lorsque l'esprit a la mĂȘme forme que la rĂ©alitĂ© alors il pense la vĂ©ritĂ©. On trouve aussi AdĂŠquatio rei et intellectus.
AdĂŠquatio intellectus nostri cum re 
« Correspondance de notre pensĂ©e avec les faits. Â» Formule Ă©pistĂ©mologique relative Ă  la nature de la connaissance.
Adde parvum parvo magnus acervus erit 
« Ajoute peu Ă  peu et tu auras beaucoup. Â» Ovide, Les Tristes, 1, 9, 5-6. Autrement dit : "Petit Ă  petit, l'oiseau fait son nid" ou bien "Un sou, c'est un sou".
Addendum 
(pluriel addenda) : « Chose(s) Ă  ajouter. Â»
Adeo in teneris consuescere multum est 
« Tant de nos premiers ans l'habitude a de force ! Â» Quintilien, Les institutions oratoires, 1, 3, 13. "L'Ă©ducation fondamenale est essentielle Ă  la formation du caractĂšre." Voir ici le texte original de Quintillien.
Adhuc tua messis in herba est 
« La moisson ne fait encore que poindre. Â» Ovide, Les HĂ©roĂŻdes, 17, 263. "Ne te presse pas trop d'espĂ©rer".
Adhuc sub judice lis est 
« Le procĂšs est encore devant le juge. Â» AbrĂ©viation du vers Grammatici certant et adhuc sub judice lis est, Horace, Art poĂ©tique, 78. Voir le contexte ici.
Adsum 
« Je suis ici. Â» Équivalent de "PrĂ©sent !" ou "Ici !". Contraire : Absum « Absent. Â»
Adversus periculum naturalis ratio permittit se defendere 
« Face au danger, la raison naturelle permet de se dĂ©fendre. Â» GaĂŻus. Adage juridique.
Adversus solem ne loquitor 
« Ne parle pas contre le Soleil. Â» Ne dĂ©fend pas une cause Ă©videmment fausse.
Ægroto dum anima est, spes est 
« Tant que le malade a un souffle, il y a de l'espoir. Â» Erasme, Adages, 2, 4, 12.
Æquam memento servare mentem 
« N'oublie jamais de garder une Ăąme toujours Ă©gale. Â» Horace, Odes, 2, 3, 1.
Æquo pulsat pede 
« La mort frappe d'un pied indiffĂ©rent. Â» Horace, Odes, 1, 4, 13. AbrĂ©viation du vers : Pallida Mors ĂŠquo pulsat pede pauperum tabernas regumque turris. : « La pĂąle Mort frappe d'un pied Ă©gal les tavernes des pauvres et les tours des rois. Â» Horace invite son ami Sestius Ă  jouir de l'heure prĂ©sente. Voir Carpe diem.
Ære perennius exegi monumentum 
« J'ai Ă©rigĂ© un monument plus durable que l'airain. Â» Voir : Exegi monumentum ĂŠre perennius.
Æs triplex 
« Triple airain. Â» Horace, Odes, 1, 3, 9, pour qualifier le courage. Voir le texte ici.
Ætatis suĂŠ 
« Dans l'Ăąge de
 Â» Figure sur les sĂ©pultures, sous les portraits pour indiquer l'Ăąge Ă  auquel la personne en dĂ©cĂ©dĂ©e, figurĂ©e. AbrĂ©gĂ© en ĂŠtat. ou ĂŠt. Exemple : ÆT. XXXVI « Ă‚gĂ© de 36 ans. Â»
Æternum vale 
« Adieu Ă©ternel. Â» Ovide, MĂ©tamorphoses, 10, 60. Mots d'Eurydice lorsqu'elle meurt une seconde fois Ă  la sortie du Tartare aprĂšs qu'OrphĂ©e a levĂ© les yeux sur elle. Le texte exact est : supremumque 'vale', quod iam vix auribus ille acciperet, dixit revolutaque rursus eodem est. « Elle lui dit un suprĂȘme 'adieu' qu'il entendit Ă  peine, et elle rentra dans les abĂźmes du trĂ©pas. Â»
Ævo rarissima nostro simplicitas 
« La simplicitĂ©, si rare de nos jours. Â» Ovide, L'Art d'aimer, 1, 241-242.
Affidavit 
« Il a jurĂ©. Â» Terme de droit mĂ©diĂ©val. Personne qui a jurĂ© fidĂ©litĂ© envers une autre personne, une institution, un rĂšglement, etc
 (DĂ©rivĂ© en français, souvent pris en mauvaise part : affidĂ©).
Affirmanti incumbit probatio 
« La preuve incombe Ă  celui qui allĂšgue. Â» Adage juridique.
Age quod agis ! 
« Fais ce que tu fais ! Â» C'est-Ă -dire : “Tiens toi Ă  ce que tu fais.” On dit en français “On ne peut pas ĂȘtre Ă  la foire et au moulin” ou “Quand on chasse deux liĂšvres Ă  la fois, on risque de n'en prendre aucun.”
Agenda 
« Choses Ă  faire. Â» Du verbe latin ago : « j'agis, je fais. Â»
Agere sequitur (esse) 
« L'action suit l'existence. Â» Principe mĂ©taphysique et moral qui indique les lien entre ontologie, responsabilitĂ© et Ă©thique.
Agnosco veteris vestigia flammĂŠ 
« Je reconnais la trace de mes premiers feux. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 4, 5, 23. Aveu par Didon de son amour pour ÉnĂ©e, oĂč elle reconnaĂźt la passion qu'elle avait Ă©prouvĂ©e pour son premier Ă©poux SachĂ©e. Vers repris par Racine : “De mes feux mal Ă©teints j'ai reconnu la trace.” (Racine, Andromaque, Acte I, scĂšne 1, Oreste.)
Agnus Dei 
« Agneau du Seigneur. Â» Bible, Évangile de Jean, 1, 36. DĂ©signant JĂ©sus, Jean le Baptiste proclame : Ecce Agnus Dei « Voici l'agneau de Dieu Â», pour signifier l'innocence et la victime du sacrifice.
Ait praetor : si non habebunt advocatum, ego dabo 
« Le prĂ©teur dit : Ă  ceux qui n’auront pas d’avocat, j’en donnerai un. Â» Adage juridique.
Albo lapillo diem notare 
« Marquer un jour d'une pierre blanche. Â» Le blanc Ă©tait chez les Romains marque de bonheur, le noir de malheur.
Alea jacta est 
« Les dĂ©s sont jetĂ©s ! Â» On traduit souvent par “le sort en est jetĂ©â€, ce qui n'a aucun sens. Parole de Jules CĂ©sar franchissant le Rubicon, (SuĂ©tone, CĂ©sar, 32). (Les lois de la RĂ©publique proscrivaient qu'un gĂ©nĂ©ral franchisse le Rubicon avec une troupe armĂ©e.) Selon Plutarque, CĂ©sar aurait en fait prononcĂ© ces mots en grec : â€œáŒˆÎœÎ”ÏÏÎŻÏ†ÎžÏ‰ ÎșύÎČÎżÏ‚â€.
Aliam vitam, alio mores 
« Autre vie, autres mƓurs. Â» Plus souvent traduit par "Autres temps, autres mƓurs". Voir aussi : O tempora, o mores.
Alias 
« Ă€ un autre moment, ailleurs. Â» Synonyme moderne de "pseudonyme". Plus prĂ©cisĂ©ment, aujourd'hui : nom utilisĂ© en d'autres temps, ailleurs. Renvoie Ă  un autre nom plutĂŽt qu'Ă  un alter ego, un "autre moi".
Alibi 
« Ailleurs. Â» En langage juridique : preuve qu'un personne se trouvait ailleurs au moment des faits Ă©voquĂ©s.
Aliis si licet, tibi non licet 
« Que d'autres aient un droit ne veut pas dire que tu l'aies. Â» TĂ©rence, L'HĂ©autontimoroumĂ©nos, 4, 15, 49.
Aliquid stat pro aliquo 
« Une chose tient lieu d'une autre. Â» Principe fondamental de la sĂ©miotique.
Aliquis non debet esse judex in propria causa 
« Nul ne peut ĂȘtre juge dans sa propre cause. Â» Adage juridique.
Alis aquilĂŠ 
« Sur les ailes de l'aigle. Â» Bible, Livre d'IsaĂŻe, 40. Voir ici le texte original.
Aliud est celare, aliud tacere 
« Cacher est une chose, taire en est une autre. Â» Adage juridique.
Alius et idem 
« Autre chose et la mĂȘme chose. Â» Une meilleure traduction relĂšve du français familier : "Plus ça change, plus c'est la mĂȘme chose".
Alma mater 
« MĂšre nourriciĂšre. Â» DĂ©signe couramment, dans les pays anglo-saxons, l'universitĂ© dont on est issu.
Alma parens 
« MĂšre nourriciĂšre. Â» Voir Alma mater.
Alpha et Omega 
« Alpha et OmĂ©ga. Â» “Du commencement Ă  la Fin”, alpha est la premiĂšre lettre de l'alphabet grec et omĂ©ga la derniĂšre. Apocalypse de Jean, 22, 13 : “Je suis l'alpha et l'omĂ©ga, le premier et le dernier, le commencement et la fin."
Alta alatis patent 
« Le ciel est ouvert Ă  ceux qui ont des ailes. Â» [rĂ©f. nĂ©cessaire].
Alter ego 
« Un autre moi-mĂȘme. Â»
Alterius non sit, qui potest esse sui 
« Qu'il se garde d'appartenir Ă  un autre, celui qui peut ĂȘtre lui-mĂȘme. Â» Devise de Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse. La formule, improprement attribuĂ©e Ă  CicĂ©ron serait due d'abord Ă  Ésope dans la fable Les grenouilles qui demandent un roi.
Alterum non lĂŠdere 
« Ne pas blesser autrui. Â» L'un des trois principes de droit de Justinien Ier.
Alumnus 
« Pupille. Â» Aux États-Unis : Ancien Ă©lĂšve d'une institution d'enseignement, d'un collĂšge, d'une universitĂ©.
Alumni 
Pluriel de Alumnus.
Ama nesciri 
« Aimez ĂȘtre inconnu et ne compter pour rien. Â» Imitation de JĂ©sus-Christ, 2, 3.
Amant alterna camenĂŠ 
« Les Muses aiment les chants de deux voix qui s'alternent. Â» Virgile, Les Bucoliques, 3, 59. Pour dĂ©fendre une thĂšse, il est plus agrĂ©able d'entendre plusieurs interlocuteurs qui alternent le ton, le style, les thĂšses et les arguments.
Amare et sapere vix deo conceditur 
« Aimer et demeurer sage, mĂȘme un dieu le pourrait Ă  peine. Â» Publius Syrus, Sentences.
Ambitiosa recidet ornamenta 
« Il retranchera les ornements pompeux. Â» Horace, Art poĂ©tique, 447. Selon Horace, le bon critique doit conseiller Ă  son ami de supprimer de son Ɠuvre les parties faibles, dures ou affectĂ©es et de “retrancher les ornements pompeux”.
Amici, diem perdidi 
« Amis, j'ai perdu ma journĂ©e. Â» SuĂ©tone, Vie de Titus, 8, 1. Formule de Titus, selon SuĂ©tone, pour qualifier une journĂ©e ou il n'avait pas fait le bien.
Amicus certus in re incerta cernitur 
« C'est dans le malheur qu'on reconnaĂźt ses amis. Â» Phrase du poĂšte latin Ennius, rapportĂ©e par CicĂ©ron dans De l'amitiĂ©, 64, 8. C'est la traduction latine d'une maxime de MĂ©nandre[rĂ©f. nĂ©cessaire] : â€œÎšÏÎŻÎœÎ”Îč Ï†ÎŻÎ»ÎżÏ…Ï‚ ᜁ ÎșαÎčρός.” « C'est aux circonstances de la vie qu'on connaĂźt ses amis. Â»
Amicus humani generis 
« Ami du genre humain ; philanthrope. Â»
Amicus optima vitĂŠ possessio 
« Un ami est le plus grand trĂšsor de la vie. Â» Devise de l'empereur Albert de Habsbourg.
Amicus Plato, sed magis amica veritas 
« J'aime Platon, mais j'aime mieux la vĂ©ritĂ©. Â» Locution latine traduite du grec "ÎŠÎŻÎ»ÎżÏ‚ ΌΔΜ Î Î»ÎŹÏ„Ï‰Îœ, φÎčλτέρα ΎΔ áŒ€Î»ÎźÎžÎ”Îčα" Aristote, Éthique Ă  Nicomaque, 1, 4. Il ne suffit pas qu'une opinion soit celle d'un maĂźtre, encore faut-il qu'elle soit conforme Ă  la vĂ©ritĂ©.
Amor et melle et felle fecundissimus es 
« L'amour est fĂ©cond en miel et en venin. Â»
Amor fati 
« Aime ta destinĂ©e. Â» Devise proclamĂ©e de Nietzsche entre autres dans Le Gai Savoir et dans Ecce Homo : Selon Nietzsche, tout ce qui advient Ă  chacun, en bien ou en mal, est une Ă©tape de son propre accomplissement.
Amor mundum fecit 
« L'amour a fait le monde. Â»
Amor omnibus idem 
« L'amour est le mĂȘme pour tous. Â» Phrase complĂšte : Omne adeo genus in terris hominumque ferarumque et genus ĂŠquoreum, pecudes pictĂŠque uolucres, in furias ignemque ruunt: amor omnibus idem. , « Oui, toute la race sur terre et des hommes et des bĂȘtes, ainsi que la race marine, les troupeaux, les oiseaux peints de mille couleurs, se ruent Ă  ces furies et Ă  ce feu: l'amour est le mĂȘme pour tous. Â» Virgile, GĂ©orgiques, 3, 244.
Amor patitur moras 
« L'amour est patient. Â» Imitation peu sensĂ©e de Odit verus amor nec patitur moras.
Amor patriĂŠ nostra lex 
« L'amour de la patrie est notre loi. Â» Devise des hussards ailĂ©s polonais, inscrite au fronton de la bibliothĂšque KrasiƄski Ă  Varsovie.
Amor tussisque non celatur 
« L'amour et la toux ne se peuvent celer. Â»
Amor vincit omnia 
« L'amour est toujours vainqueur. Â» GĂ©nĂ©ralement citĂ© sous cette forme ; l'original est Omnia vincit amor, Virgile, Bucoliques, 10, 69. Voir aussi Labor omnia vincit improbus.
Amore, more, ore, re 
« L'amour, les mƓurs, les paroles, les actes. Â» Formule abrĂ©gĂ©e de Verus amicus amore more ore re cognoscitur : « Le vĂ©ritable ami se reconnaĂźt a son amour, ses maniĂšres, ses paroles, ses actes. Â». La formule est trĂšs frĂ©quemment attribuĂ©e Ă  Virgile, mais sans aucune rĂ©fĂ©rence prĂ©cise. En fait, l'exploration systĂ©matique des textes vigiliens ne permet pas de dĂ©couvrir cette locution ; de nombreux arguments (Voir ici) conduisent Ă  conclure que l'auteur n'en est certainement pas un classique latin et qu'elle est selon toute vraisemblance trĂšs postĂ©rieure, probablement mĂ©diĂ©vale. Exit, donc, la rĂ©fĂ©rence Ă  Virgile.
An nescis, mi fili, quantilla prudentia mundus regatur 
« Tu ne sais pas, mon fils, avec combien peu de sagesse le monde est gouvernĂ©. Â» Axel Oxenstierna, lettre de 1648 Ă  son fils. Parfois attribuĂ© aussi au Cardinal de Richelieu.
Anguis in herba 
« Le serpent est sous l'herbe. Â» Sous le charme et la beautĂ© se cachent les dĂ©ceptions et les chagrins. Sens voisin de “MĂ©fiez-vous des apparences.”
Anima sana in corpore sano 
« Une Ăąme saine dans un corps sain. Â» Voir Mens sana in corpore sano.
Animo deliberato 
« DĂ©libĂ©rĂ©ment. Â»
Animus imperat corpori 
« L'esprit commande au corps. Â» La phrase complĂšte est Cur igitur Deus homini, animus imperat corpori, ratio libidini ceterisque uitiosis animi partibus ? : « Pourquoi donc Dieu commande-t-il Ă  l'homme, l'Ăąme au corps, la raison aux passions et Ă  toutes les parties mauvaises de notre nature ? Â», Saint Augustin, La CitĂ© de Dieu, 29, 24.
Animus meminisse horret 
« Ă€ ce souvenir, mon Ăąme frĂ©mit d'horreur. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 12. Cri que lance ÉnĂ©e alors qu'il commence le rĂ©cit de la chute de Troie. ImitĂ© d'HomĂšre : dans l’OdyssĂ©e, Ulysse commence par un cri semblable le rĂ©cit de ses voyages.
Annibal ad portas 
« Hannibal est Ă  nos portes. Â» Cri des Romains aprĂšs la bataille de Cannes. Formule employĂ©e par Tite-Live, Florus, JuvĂ©nal, ValĂšre-Maxime dans les moments de grand pĂ©ril.
Anno Domini 
ou plus exactement Anno Domini Nostri Iesu Christi : « An du Seigneur ; An de notre Seigneur JĂ©sus-Christ Â», abrĂ©gĂ© AD par les anglo-saxons. Cette indication des annĂ©es Ă©tant utilisĂ©e dans les cultures non chrĂ©tiennes, on utilise aussi la notion d'Ăšre commune, abrĂ©gĂ©e EC ou CE (Common Era en anglais).
Annus horribilis 
« AnnĂ©e horrible. Â» Formule utilisĂ©e par la reine Elisabeth II pour dĂ©crire ce qu'elle avait vĂ©cu en 1992.
Annus mirabilis 
« AnnĂ©e merveilleuse. Â» UtilisĂ© en rĂ©fĂ©rence Ă  l'annĂ©e 1665-1666 pendant laquelle Isaac Newton fit de nombreuses dĂ©couvertes ; la locution fait Ă©galement rĂ©fĂ©rence au poĂšme de John Dryden, Ă©crit Ă  la mĂȘme pĂ©riode.
Ante cibum 
« Avant la nourriture. Â» Locution mĂ©dicale indiquant qu'un mĂ©dicament doit ĂȘtre pris avant de manger (quel que soit le repas). Voir Ante prandium.
Ante litteram 
« Avant la lettre. Â» Locution employĂ©e pour dire qu'on utilise, pour dĂ©crire une situation passĂ©e, un mot ou une expression anachronique.
Ante domino 
ou plus exactement Ante domino nostro Iesu Christo « Avant notre seigneur JĂ©sus Christ. Â» SpĂ©cifie les annĂ©es avant l'Ăšre commune. AbrĂ©gĂ© av. JC en français, 'BC (« Before Christ Â») par les anglo-saxons, AEC ("avant l'Ăšre commune") dans les Ă©crits attachĂ©s Ă  la neutralitĂ© de point de vue.
Ante meridiem 
« Avant midi. Â» Les heures de minuit Ă  midi. Dans les pays anglo-saxons qui utilisent la notation horaire sur douze heures on distingue les heures avant midi (de 0h00 Ă  12h00) par l'abrĂ©viation AM - "ante meridiem" des heures aprĂšs midi (de 12h00 Ă  24h00) par l'abrĂ©viation PM - Post meridiem.
Ante mortem 
« Avant la mort. Â» Voir Post mortem.
Ante prandium 
« Avant le dĂ©jeuner. Â» Avant le premier repas qui rompt le jeun de la nuit. Indication mĂ©dicale spĂ©cifiant qu'un mĂ©dicament doit ĂȘtre pris avant le premier repas qui rompt le jeun. Voir Ante cibum ; voir aussi Post prandium.
Aperietur vobis 
« On vous ouvrira. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 7, 7-8. “Demandez et on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.”
Aperto libro 
« Ă€ livre ouvert. Â». Au Moyen-Âge, une personne capable de lire aperto libro un Ă©crit d'un auteur ancien Ă©tait non seulement capable de le dĂ©chiffrer mais aussi d'en comprendre les sens historique, philosophique et le sens cachĂ©. Un lecteur aperto libro est donc un lecteur d'une grande culture. « Racine lisait le grec aperto libro. Â»
Aperit et nemo claudit 
« Elle ouvre et personne ne ferme. Â» Devise de la ville de Saint-Nazaire. Cette devise tient Ă  la situation de Saint-Nazaire qui ouvre le chenal conduisant au port de Nantes.
Apparatus criticus 
« Outils de la critique ; appareil critique. Â» Ensemble des outils philologiques : notes ; commentaires ; notices historiques, biographiques, sociales ; lexiques ; cartes ; index, etc. qui accompagnent un texte dans le but de sa complĂšte comprĂ©hension.
Aqua et igne interdictus 
« Interdit d'eau et de feu. Â» Formule de droit romain signifiant le bannissement.
Aqua fortis 
« Eau forte. Â» Acide nitrique.
Aqua regia 
« Eau rĂ©gale. Â» Nom donnĂ© par les alchimistes Ă  un mĂ©lange d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique.
Aqua vitĂŠ 
« Eau de vie. Â»
Aquila non capit muscas 
« L'aigle n'attrape pas les mouches. Â» Érasme, Adages, 3, 2, 65. Signifie : « L'Ă©lite ne s'occupe pas des dĂ©tails. Â» Pour le mĂȘme sens, voir De minimis non curat prĂŠtor.
Arbiter elegantiarum 
« Arbitre des Ă©lĂ©gances Â». Personne admise comme juge en matiĂšre de goĂ»t et de maniĂšres. Le titre fut attribuĂ© Ă  PĂ©trone dans la Rome dĂ©cadente.
Arcades ambo 
« Arcadiens tous deux. Â» Virgile, Les Bucoliques, 7, met en scĂšne deux aulĂštes, ambo florentes selatibus, Arcades ambo, « tous deux jeunes, Arcadiens tous deux. Â» L'Arcadie Ă©tait connue pour ses Ăąnes. Cette formule est utilisĂ©e pour dĂ©signer deux sots ou un couple prĂȘtant Ă  la plaisanterie.
Arguendo 
« Pour en discuter. Â» Terme de rhĂ©torique signifiant que l'on concĂšde un point seulement pour en discuter : "Supposons, arguendo, que vous ayez raison."
Argumentum a silentio 
« Argument du silence. Â» Raisonnement fallacieux qui consiste Ă  accuser son interlocuteur de l'ignorance d'un sujet parce qu'il se tait lĂ -dessus. On trouve aussi l'expression Argumentum ex silentio.
Argumentum ad antiquitatem 
« Argument de la tradition. Â». Raisonnement qui soutient que les idĂ©es plus traditionnelles valent mieux que les nouveautĂ©s.
Argumentum ad captandum 
« Argument pour surprendre, tromper. Â» La formule complĂšte est Argumentum ad captandum vulgus : « Argument pour duper la foule. Â» En rhĂ©thorique : Raison faussement Ă©vidente destinĂ©e Ă  tromper les naĂŻfs, le plus grand nombre. En français : “argument captieux”. D'usage courant chez les politiques.
Argumentum ad consequentiam 
« Argument par la consĂ©quence. Â» En logique, consiste Ă  dĂ©montrer que les prĂ©misses, conduisant Ă  des consĂ©quences contradictoires ou Ă©videmment Ă©rronĂ©es, sont par consĂ©quent fausses ; c'est le raisonnement par l'absurde des mathĂ©maticiens. En rhĂ©torique : discours fallacieux qui conclut Ă  la vĂ©ritĂ© des prĂ©misses selon que les consĂ©quences sont ou non dĂ©sirables. Cette sorte de discours s'adresse d'abord Ă  la subjectivitĂ© des auditeurs.
Argumentum ad crumenam 
« Argument de la bourse Â». La raison du plus riche, du plus populaire, du mieux doté 
Argumentum ad feminam 
« Argument Ă  la femme. Â» Discours consistant Ă  rĂ©futer les arguments d'une femme Ă  raison de son sexe. Exemples : “ChĂ©rie, tu es dans ta mauvaise pĂ©riode” ou “Ah ! voilĂ  bien les femmes”. NĂ©ologisme latin forgĂ© en 1963 Ă  l'imitation de Ad hominem.
Argumentum ad hominem 
« Argument contre l'homme. Â» Voir Ad hominem.
Argumentum ad ignorantiam 
« Argument de l'ignorance. Â» Argument fallacieux consistant Ă  conclure que les prĂ©misses sont vraies puisqu'on n'a pas dĂ©montrĂ© la faussetĂ© des conclusions (ou l'inverse). Ce type de raisonnement est logiquement erronĂ© : de la faussetĂ© (ou de l'indĂ©termination) des conclusions, on ne peut rien dire des prĂ©misses. Voir A posse ad esse non valet consequentia.
Argumentum ad judicium 
« Argument du sens commun. Â» Argument fallacieux oĂč il est fait appel au sens commun et au jugement de la foule.
Argumentum ad lazarum 
« Argument de la pauvretĂ©. Â» Consiste Ă  poser qu'une raison est plus solide parce que celui qui la pose est pauvre, ou bien qu'il l'est moins parce que celui-ci est riche. D'aprĂšs l'histoire du pauvre Lazare, Évangile de Luc 16, 19-31.
Argumentum ad logicam 
« Argument du sophisme. Â» Consiste Ă  monter que le raisonnement de l'interlocuteur Ă©tant erronĂ©, ses sont conclusions fausses. C'est un argument fallacieux, car un raisonnement erronĂ© peut conduire Ă  des consĂ©quences vraies.
Argumentum ad metum 
« Argument de la peur. Â» Raisonnement fallacieux par lequel on tente d'obtenir l'approbation par l'Ă©vocation de menaces ou par la peur. D'un usage constant en politique. Voir aussi Argumentum in terrorem.
Argumentum ad misericordiam 
« Argument de la pitiĂ©. Â» Appel Ă  la misĂ©ricorde, Ă  la pitiĂ© des auditeurs.
Argumentum ad nauseam 
« Argument de la nausĂ©e. Â» Argumention qui ne cĂšde pas, au point que les contradicteurs, lassĂ©s, finissent par abandonner le dĂ©bat. En français : "Avoir raison par forfait."
Argumentum ad novitatem 
« Argument de la nouveautĂ©. Â» Raison selon laquelle les choses, les idĂ©es nouvelles sont supĂ©rieures aux anciennes.
Argumentum ad numerum 
« Argument du nombre. Â» Argument d'autoritĂ©. Voir Argumentum ad populum.
Argumentum ad odium 
« Argument de la hargne. Â» Argument sophistique consistant Ă  rendre odieuse la thĂšse adverse en la reformulant et en la connotant de façon pĂ©jorative.
Argumentum ad personam 
« Argument contre la personne. Â» Voir Ad hominem.
Argumentum ad populum 
« Argument du peuple. Â» Argument d'autoritĂ© selon lequel une thĂšse serait vraie puisqu'une multitude la croit telle. Voir Argumentum ad numerum.
Argumentum ad temperantiam 
« Appel Ă  la modĂ©ration. Â» Argument fallacieux selon lequel la vĂ©ritĂ© se situerait Ă  mi-chemin de deux thĂšses opposĂ©es. Voir : Virtus in media stat.
Argumentum ad verecundiam 
« Argument du respect. Â» Argument d'autoritĂ©.
Argumentum baculinum 
« Argument du bĂąton Â». Dans Les Fourberies de Scapin de MoliĂšre. Latin macaronique et ironique.
Argumentum ex silentio 
Voir Argumentum a silentio.
Argumentum in terrorem 
Voir Argumentum ad metum.
Argumentum e contrario 
Raison par laquelle une proposition est vraie puisqu'aucune autre raison ne vient la contredire. Par exemple : "J'ai le droit de siffler mon air favori dans la rue", puisqu'aucune loi ou rĂšglement ne m'interdit cela. L'argumentum e contrario est un des fondements des droits de tradition civiliste, selon lesquels tout ce qui n'est pas expressĂ©ment interdit est autorisĂ©.
Arma potentius ĂŠquum 
« L'Ă©quitĂ© l'emporte sur les armes. Â». Ovide, Les Fastes, 3, 282. Voir ici le contexte.
Ars [est] celare artem 
« L'art consiste Ă  dissimuler l'art. Â». C'est-Ă -dire "l'art consiste Ă  dissimuler l'artifice". Formule mĂ©diĂ©vale attribuĂ©e frĂ©quemment, et improprement, Ă  Ovide et parfois Ă  L'Art poĂ©tique d'Horace.
Ars gratia artis 
« L'art pour l'art. Â» La formule rĂ©sume les principes de l'EsthĂ©tisme, mouvementt intellectuel britannique et français, dĂ©fini sur le plan thĂ©orique par ThĂ©ophile Gautier dans la prĂ©face Ă  Mademoiselle Maupin, 1835 ; dĂ©veloppĂ© dans les annĂ©e 1880-1900 par des artistes tels que Joris-Karl Huysmans, Henrik Ibsen, Oscar Wilde ; selon lequel l'art est indĂ©pendant de toute considĂ©ration morale, utilitaire, rĂ©aliste, sociale, didactique ou Ă©conomique. La formule “Ars gratia artis” est inscrite dans le bandeau circulaire qui entoure le lion Leo du studio hollywoodien MGM.
Ars longa, vita brevis 
« L'art est long, la vie est courte. Â» Traduction du 1er aphorisme d'Hippocrate - en grec : ᜉ ÎŒáœČÎœ ÎČÎŻÎżÏ‚ ÎČραχύς, áŒĄ ÎŽáœČ τέχΜη ΌαÎșÏÎŹ. Il faut comprendre : “L'apprentissage est long, la vie est brĂšve.” Autrement dit : “il reste peu de temps pour rĂ©aliser ses talents.”
Ars similis casus 
« L'art ressemble au hasard. Â» Ovide, L’Art d’aimer, 3, 155.
Artem quĂŠvis alit terra 
« En tout lieu, le mĂ©tier nourrit son homme. Â» Érasme, Adages 1, 7, 33.
Asinus ad lyram 
« Un Ăąne Ă  la lyre. Â» Érasme : Adages. Pour dĂ©signer un individu balourd ou maladroit.
Asinus asinorum in sĂŠcula sĂŠculorum 
« L'Ăąne des Ăąnes dans les siĂšcles des siĂšcles. Â» Formule peu flatteuse.
Asinus asinum fricat 
« L'Ăąne frotte l'Ăąne. Â» Se dit de deux personnes se complimentant de façon exagĂ©rĂ©e. Sens voisin de : “Qui se ressemble s'assemble.”
Asinus equum spectat 
« L'Ăąne regarde le cheval. Â» C'est-Ă -dire : “L’ñne envie le cheval.”
Asinus in tegulis 
« L'Ăąne sur les toits. Â» Quelque chose d'extraordinaire, qu'on ne voit pas tous les jours.
At spes non fracta 
« Mais tout espoir n'est pas perdu. Â» Devise de la banque et compagnie d'assurance nĂ©erlandaise Hope & Co. fondĂ©e en 1720.
Atqui, e lotio est 
« Eh oui ! ça vient de l'urine. Â» RĂ©ponse de Vespasien Ă  son fils Titus qui se plaignait des taxes sur les urinoirs : Voir : Pecunia non olet « L'argent n'a pas d'odeur. Â».
Audaces fortuna juvat 
« La chance sourit aux impudents. Â» ImitĂ© de Virgile, l’ÉnĂ©ide, 10, 284 : Audentes fortuna juvat « La chance sourit aux courageux. Â». Formule dĂ©prĂ©ciative contrairement Ă  l'usage qu'on en fait habituellement. Attention aux deux faux sens : audax signifie en français « impudent, insolent Â» et fortuna « chance, hasard Â».
Audax Japeti genus 
« Le rejeton audacieux de Japhet. Â» PromĂ©thĂ©e, ravisseur du feu des Dieux, fils de Japhet, frĂšre de Titan et de Saturne. Horace, Odes, 1, 3, 27.
Audere est facere 
« Oser, c'est faire. Â» Devise du club de football anglais de Tottenham.
Audi, vide, tace, si vis vivere 
« Ă‰coute, observe et tais-toi, si tu veux vivre. Â»
Audi alteram parte 
Voir Audiatur et altera pars.
Audiatur et altera pars 
« Qu'on entende l'autre partie Ă©galement. Â» Se dit lors d'un procĂšs ou d'une contestation. Voir aussi Audi alteram parte.
Aura popularis 
« Le vent (inconstant et variable) de la faveur populaire. Â» MĂ©taphore utilisĂ©e de multiples fois chez les Latins.
Auri mediocritas 
« MĂ©diocritĂ© de l'or. Â» Formule abrĂ©gĂ©e des vers d’Horace, Odes, 2, 10, 5-9. Voir ici.
Auri sacra fames 
« ExĂ©crable faim de l'or ! Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 3, 57. Texte original : Quid non mortalia pectora cogis, auri sacra fames ? « Ă€ quels forfaits pousses-tu le cƓur des hommes, soif sacrĂ©e de l'or ! Â»
Auribus teneo lupum 
« Je tiens le loup par les oreilles. Â» TĂ©rence, Phormion 506. Étre dans le plus grand embarras, voire dans le plus grand danger. Cette expression latine n'a pas vraiment d'Ă©quivalent en français. En anglais, on dit "To have a tiger by the tail." Une expression français proche est "Tenir le taureau pas les cornes", mais celle-ci sous-entend qu'on maĂźtrise la situation, ce qui n'est pas le cas de l'expression latine.
Aut agere aut mori 
« Agir ou mourir. Â» Devise du clan Ă©cossais Barclay.
Aut amat aut odit mulier, nil est tertium 
« La femme aime ou hait, il n'y a pas d'alternative Â» Publius Syrus, Sentences.
Aut bibat aut abeat 
« Buvez ou retirez-vous. Â» CicĂ©ron, Les Tusculanes, 5, 41. Voir ici la formule en contexte.
Aut CĂŠsar, aut nihil 
« Empereur ou rien. Â» Devise de CĂ©sar Borgia.
Aut dedere aut punire 
« Rendre ou punir. Â» Adage juridique. RĂšgle de droit international stipulant que l’auteur de faits relevant d’une incrimination pĂ©nale soit jugĂ© par le pays oĂč il a trouvĂ© refuge lorsqu’il n’est pas livrĂ© au pays qui demande son extradition.
Aut disce aut discede 
« Ă‰tudie ou retire-toi. Â» Formule scolastique, devise de nombreux collĂšges et universitĂ©s anglo-saxons.
Aut dosce, aut disce, aut discede 
« Enseigne, Ă©tudie ou retire-toi. Â» Formule scolastique, variation sur la prĂ©cĂ©dente.
Aut nunc, aut numquam 
(Ă©crit aussi Aut nunc, aut nunquam) : « Maintenant ou jamais Â». Latin moderne. Devise lapidaire et populaire de nombreuses organisations, surtout anglo-saxonnes.
Aut omnia, aut nihil 
« Tous ou aucun Â». Latin moderne. Devise lapidaire et populaire de nombreuses organisations, surtout anglo-saxonnes.
Aut pati aut mori 
« Souffrir ou mourir Â». La formule Domine, aut pati aut mori « Seigneur, il nous faut souffrir ou mourir Â» Ă©tait, selon les tĂ©moignages, une expression de ThĂ©rĂšse d'Avila (1515-1582).
Aut viam inveniam aut faciam 
« Je trouverai le chemin ou je le percerai. Â» Formule attribuĂ©e Ă  Hannibal lors de sa traversĂ©e des Alpes vers Rome.
Aut vincere, aut mori 
« La victoire ou la mort Â». Latin moderne. Devise bravache qui a encore plus d'allure lorsqu'elle est dite en latin.
Autobi passebant completi 
« Les autobus passaient complets. Â» Parodie en latin macaronique qui constitue l'un des chapitres des Exercices de style publiĂ©s par Raymond Queneau en 1947.
Avaro omnia desunt, inopi pauca, sapienti nihil 
« Ă€ l'avare, tout manque ; au pauvre, peu ; au sage, rien. Â»
Avarus nisi cum moritur, nil recte facit 
« La seule bonne action que puisse accomplir un avare, c'est mourir. Â»
Avaritia facit bardus 
« La cupiditĂ© rend stupide. Â» Proverbe latin traduit du grec.
Ave atque vale 
« Salut et bonne route. Â» Catulle, Carmina, 101. Paroles adressĂ©es Ă  son frĂšre mort.
Ave CĂŠsar, morituri te salutant 
« Salut CĂ©sar, ceux s'attendent Ă  mourir te saluent. Â» (La traduction traditionnelle : "Salut CĂ©sar, ceux qui vont mourir te saluent." est erronĂ©e.) Formule de salutation supposĂ©e, probablement Ă  tort, des gladiateurs avant leur combat : l'empereur n'assistait pas Ă  tous les combats de gladiateurs et la formule n'est citĂ©e par SuĂ©tone, Vie de Claude, 21, 13, que dans des circonstances particuliĂšres. Voir Morituri te salutant.
Ave Maria 
« Salut Marie. Â» Premiers mots de cette priĂšre chrĂ©tienne. Un "ave Maria" dĂ©signe une piĂšce musicale composĂ©e sur cette priĂšre.
Ave Verum (Corpus) 
« Salut Vrai (Corps). Â» Premiers mots d'une priĂšre chrĂ©tienne cĂ©lĂ©brant le corps du Christ. Voir ici le texte latin et sa traduction en français. Un "ave verum" dĂ©signe une piĂšce musicale composĂ©e sur cette priĂšre.

B

Barba tenus sapientes 
« Sage Ă  mesure de la barbe. Â» Sage en apparence seulement.
Barba non facit philosophum 
« La barbe ne fait pas le philosophe. Â» Équivalent de : “L'habit ne fait pas le moine.” Locution latinisĂ©e attribuĂ©e Ă  Plutarque, mais dont on trouve des formes plus ou moins voisines chez Ammien Marcellin, Antipater de Sidon, Julien antĂ©cesseur, Lucien.
Beata Virgo Maria 
« Bienheureuse Vierge Marie. Â» Expression courante dans le rituel de l'Église catholique romaine pour dĂ©signer la mĂšre de JĂ©sus.
BeatĂŠ memoriĂŠ 
« Au souvenir heureux de
 Â» Voir In memoriam.
Beati hispani, quibus vivere bibere est 
« Heureux les Espagnols pour qui vivre c'est boire. Â» Moquerie sur l'accent en latin des Espagnols, Basques, Gascons, Aquitains qui prononçaient "v" comme "b", c'est-Ă -dire vivere (« vivre Â») comme bibere (« boire Â»).
Beati monoculi in terra cƓcorum 
« Les borgnes sont heureux au pays des aveugles. Â» Proverbe latin dont le forme française est : « Au pays des aveugles les borgnes sont rois. Â»
Beati pauperes in spiritu 
« Bienheureux les pauvres en esprit. Â» Extrait du Sermon sur la montagne de JĂ©sus. (Voir Bible, Évangile de Matthieu, V, 3). Ne signifie pas “Heureux les pauvres d'esprit (les idiots)”, mais “Heureux ceux qui ont l'esprit de pauvretĂ©â€, c'est-Ă -dire ceux qui sont dĂ©tachĂ©s des biens matĂ©riels et n'aspirent qu'Ă  la richesse spirituelle.
Beati possidentes 
« Heureux ceux qui possĂšdent. Â» Adage affectionnĂ©, paraĂźt-il, de Bismarck (? [rĂ©f. nĂ©cessaire]). AttribuĂ© parfois, de façon douteuse, Ă  Euripide. Voir aussi Guizot.
beatus homo qui invenit sapientiam 
« Heureux l'homme qui a trouvĂ© la sagesse. Â» Bible, Proverbes, 3, 13. Le proverbe complet est : “Heureux l'homme qui a trouvĂ© la sagesse, Et l'homme qui possĂšde l'intelligence.” (Trad. Louis Second, 1910).
Beatus ille qui procul negotiis 
« Heureux qui, loin des affaires
 Â» Horace, Épodes, 2, 1. DĂ©but d'une ode oĂč le poĂšte vante le charme des campagnes, loin du bruit de la ville. Voir le texte ici.
Beatus qui prodest quibus potest 
« Heureux qui vient se rendre utile Ă  ceux qu'il peut aider. Â» AdaptĂ© de CicĂ©ron, De Officiis, 3.64. Voir le texte complet ici.
Bella gerant alii 
« Laisse les autres faire la guerre. Â» Ovide, HĂ©roĂŻdes, 13, 84 : Laodamie Ă©crit Ă  son Ă©poux ProtĂ©silas engagĂ© Ă  la guerre de Troie. Elle le supplie de se garder du danger et de laisser les autres guerroyer, mais il est l'un des premiers Grecs tuĂ©s Ă  Troie. Formule utilisĂ©e lors de mariages de Habsbourg en 1477 et 1496, par la voix du roi Matthias : Bella gerant alii, tu felix Austria nube. « Les heureux Autrichiens se marient au lieu de faire la guerre. Â» Allusion Ă  l'ancienne politique de la maison d'Autriche qui nouait systĂ©matiquement des alliances maritales avec les autres maisons royales d'Europe.
Bella matribus detestata 
« La guerre, dont les mĂšres ont horreur. Â» Horace, Odes, 1, 1, 24-25.
Bellum omnium contra omnes 
« La guerre de tous contre tous. Â» Formule utilisĂ©e par le philosophe britannique Thomas Hobbes pour dĂ©crire l'Ă©tat de nature.
Bellum se ipsum alet 
« La guerre se nourrit d'elle-mĂȘme. Â» Autrement dit, "l'armĂ©e se nourrit sur le pays." Tite-Live, Histoire romaine, 34, 9, 12. Voir le contexte ici.
Bene diagnoscitur, bene curatur 
« Bien diagnostiquer, c'est bien soigner. Â»
Bertha rosas, Heotrud violas dat 
« Berthe donne des roses, Heotrud des violettes. Â» Extrait d'un poĂšme de ThĂ©odulphe, Ă©vĂȘque d'OrlĂ©ans (760-821) qui fut promoteur, avec d'autres, auprĂšs de Charlemagne, de la renaissance carolingienne. ThĂ©odulphe dĂ©crit une scĂšne charmante entre l'Empereur et ses filles. Voir ici un extrait de ce rĂ©cit. ThĂ©odulphe donne une image des relation particuliĂšres de l'Empereur avec les femmes (filles, sƓurs) de son entourage ; les relations incestueuses du souverain sont Ă  peu prĂšs avĂ©rĂ©es et sa fille Gisla (GisĂšle selon l'orthographe moderne) aurait Ă©tĂ© la mĂšre de son prĂ©tendu neveu Roland.
Bene qui latuit bene vixit 
« Vivre ignorĂ©, c'est vivre heureux. Â». Ovide, Les Tristes, 3, 4, 25.
Bis dat, qui cito dat 
ou Bis dat qui dat celeriter : « Donner rapidement, c'est donner deux fois. Â» Érasme, Adages, 1, 8, 91, repris de Publius Syrus, Sentences.
Bis repetita placent 
« Ce qui est rĂ©pĂ©tĂ©, redemandĂ© plaĂźt. Â». Horace, Art poĂ©tique, 365. Souvent utilisĂ©e ironiquement et par antiphrase pour faire remarquer Ă  un orateur qu'il se rĂ©pĂšte inutilement.
Bis repetita non placent 
« Ce qui est rĂ©pĂ©tĂ© ne sĂ©duit plus. Â». Plate imitation de la locution prĂ©cĂ©dente.
Bona fide 
« De bonne foi, sincĂšrement. Â»
Bona fides contraria est fraudi et dolo 
« La bonne foi s'oppose Ă  la fraude et au dol. Â» Adage juridique.
Bona valetudo melior est quam maximĂŠ divitiĂŠ 
« Une bonne santĂ© vaut mieux que les plus grandes richesses. Â» CicĂ©ron, Post Reditum, 2, 5.
Boni pastoris est tondere pecus, non deglubere 
« Le bon pasteur tond ses brebis, il ne les Ă©corche pas. Â» Recommandation de Vespasien Ă  ses prĂ©fets, leur intimant de ne pas accabler le peuple d'impĂŽts.[rĂ©f. nĂ©cessaire].
Bonum ex malo non fit 
« D'un mal ne peut naĂźtre un bien. Â» SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucilius, 9, 87, 22. Voir ici le texte en question. Le sermon 61 de Saint Augustin affirme le contraire : voir Ex malo bonum.
Bonum vinum lĂŠtificat cor hominis 
« Le bon vin rĂ©jouit le cƓur des hommes. Â» Cette formule tirĂ©e de l’EcclĂ©siaste 10, 19 semble un lieu commun. Pourtant l'EcclĂ©siaste vĂ©hicule une pensĂ©e plutĂŽt pessimiste et sombre ; briĂšvement : “tout est vanitĂ©â€ ; “rien ne sert Ă  rien”. Pour comprendre la formule, il faut la replacer dans le contexte du chapitre X de l'EcclĂ©siaste. Voir ici.
Brevitatis causa 
« Dit briĂšvement Â».

C

c. 
Abréviation de circa.
ca. 
Abréviation de circa.
Cacoethes scribendi 
« Soumis Ă  un urgent besoin d'Ă©crire. Â» Monomane portĂ© sur l'Ă©criture, graphomane.
Cadavera vero innumera 
« Des cadavres vraiment innombrables. Â» Formule de l'auteur inconnu du PanĂ©gyrique latin, 311-312, aprĂšs la bataille des Champs catalauniques de 274.
CĂŠdite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius 
« Tuez-les tous. Dieu reconnaĂźtra les siens. Â» AttribuĂ© sans justification Ă  l'Ă©vĂȘque Arnaud Amalric, avant le massacre de BĂ©ziers, lors de la Croisade des Albigeois (1209), par CĂ©sar d'Heisterbach, trente ans aprĂšs les faits.
CĂŠlum non animum mutant qui trans mare currunt 
« Ceux qui courent par les mers ne changent que le ciel au-dessus de leur tĂȘte ; ils ne changent pas leur Ăąme. Â» HĂ©xamĂštre d'Horace, ÉpĂźtres, 1, 11, 27. Voir ici le texte original.
CĂŠtera desunt 
Graphie médiévale. Voir Cetera desunt.
Camera obscura 
« Chambre noire. Â»
Canes pugnax 
« Chien d'attaque ; chien mĂ©chant. Â»
Canis canem edit 
« Le chien mange le chien. Â» "Chacun pour soi". (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Canis sine dentibus vehementius latrat 
« Un chien sans dents aboie plus vigoureusement. Â» “Chien qui aboie ne mord pas.”
Cantabit vacuus coram latrone viator 
« Le voyageur aux poches vides chantera au nez du voleur. Â» JuvĂ©nal, Satires, 10, 22. Voir ici le contexte.
Canularium 
Pseudo-latin forgĂ© Ă  l'École Normale supĂ©rieure pour dĂ©signer les Ă©preuves de bizutage, en particulier les lavements administrĂšs avec une canule. Une personne ennuyeuse est aussi qualifiĂ©e de canule. L'expression s'est rĂ©pandue en français, sous la forme canular pour dĂ©signer des blagues ou des mystification plus ou moins Ă©laborĂ©e et de plus ou moins bon goĂ»t.
Capax Infiniti 
« Capable (d'accueillir) l'infini Â» Latin thĂ©ologique de l'Ă©poque de la RĂ©forme. Expression de Luther exprimant que l'Homme, fini, est susceptible d'accueillir l'InfinitĂ© divine. ReliĂ© aussi Ă  l'hĂ©rĂ©sie docĂ©tique.
Captatus, bene judicatus 
« DĂšs qu’il a Ă©tĂ© capturĂ©, un accusĂ© peut ĂȘtre jugĂ©. Â» Adage juridique.
Caput inter nubila 
« La tĂȘte dans les nuages. Â» Ovide, l’ÉnĂ©ide, 4, 2, 175. Voir ici le texte latin original. "La Rumeur, si haut qu'elle se rĂ©pand, indiffĂ©rente."
Caput-mortuum 
« TĂȘte de mort. Â» Terme d'alchimie : restes solides, dont on ne peut plus rien tirer, d'un corps soumis Ă  la distillation. FigurĂ© et ironiquement : ce qui reste d'efforts, de travaux, de projets, de combinaisons, de thĂ©ories qui promettaient beaucoup et n'ont pas donnĂ© grand-chose.
Caritas in veritate 
« L'amour dans la vĂ©ritĂ©. Â» TroisiĂšme encyclique du pape BenoĂźt XVI.
Carpe diem 
« Cueille le jour. Â» Horace, Odes, 4, 11, 8. “Mets Ă  profit le jour prĂ©sent.” Voir ici le texte original. Voir aussi Æquo pulsat pede.
Carpent tua poma nepotes 
« Tes arriĂšre-neveux cueilleront ces fruits. Â» Virgile, Églogues, 9, 50. Vers imitĂ© par La Fontaine : “Mes arriĂšre-neveux me devront cet ombrage.” (La Fontaine, Fables, 9, 8, Le Vieillard et les trois jeunes Hommes).
Carthago delenda est 
« Il faut dĂ©truire Carthage. Â» Caton l'Ancien. Voir Delenda Carthago.
Castigat ridendo mores 
« (La comĂ©die) corrige les mƓurs en riant. Â». Formule forgĂ©e par le chanoine de Saint-Victor, Jean de Santeul (1630-1697), poĂšte en vers latins, Ă  l'intention de l'arlequin Dominique pour qu'il la mette sur la toile de son thĂ©Ăątre. Phrase piĂšge proposĂ©e par des professeurs de latin facĂ©tieux riant d'avance de la version absurde des cancres : "La chastetĂ© fait rire les Maures." (Pour une autre phrase piĂšge, voir Si napo leo viveret, hominem non esset.)
Casus belli 
« Cas de guerre. Â» Situation, Ă©vĂ©nement susceptible d'entraĂźner une guerre.
Causa latet, vis est notissima 
« Si la cause est cachĂ©e, on ne peut mĂ©connaĂźtre l'effet. Â» Ovide, MĂ©tamorphoses, 4, 287.
Causa mortis 
« Cause de la mort. Â»
Cave canem 
« Attention au chien. Â» Inscription trouvĂ©e Ă  l'entrĂ©e d'une maison de PompĂ©i sur une mosaĂŻque de sol reprĂ©sentant un chien.
Cave ne cadas 
« Prends garde Ă  la chute. Â» Phrase traditionnellement profĂ©rĂ©e par l'esclave se tenant derriĂšre l’imperator lors du triomphe.
Cave nil vino 
« Prends garde Ă  manquer de vin. Â» (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Caveant consules ne quid detrimenti respublica capiat 
Lorsqu'au temps de la RĂ©publique, dans les temps d'extrĂȘme pĂ©ril, le SĂ©nat de Rome accordait aux consuls des pouvoirs dictatoriaux, la formule d'investiture Ă©tait : Caveant consules ne quid detrimenti respublica capiat « Que les consuls prennent garde que la RĂ©publique Ă©prouve aucun dommage. Â»
Caveat emptor 
« Que l'acheteur soit vigilant. Â» C'est Ă  l'acheteur de s'assurer que le bien acquis correspond Ă  ses besoins.
Cedant arma togae 
« Les armes cĂšdent Ă  la toge. Â» CicĂ©ron, Des Devoirs, 1, 22, 77. "Le pouvoir militaire s'incline devant le pouvoir civil." Voir ici le texte source.
Celerius quam asparagi cocuntur 
« En moins de temps qu'il n'en faut pour cuire les asperges. Â» Formule prisĂ©e d'Auguste pour dire que les choses avaient Ă©tĂ© accomplies promptement. En français, on dirait : "En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire". Autre forme : Velocius quam asparagi coquantur.
Cessante causa legis, cessat lex
« LĂ  oĂč cesse la raison pour laquelle la loi a Ă©tĂ© adoptĂ©e (causa legis), lĂ  cesse son domaine d’application. Â» Adage juridique.
Cetera desunt
« Tout ce qui manque. Â»
Ceteris paribus (sic stantibus) 
« Toutes choses Ă©gales (par ailleurs). Â»
cf. 
AbrĂ©viation de « Confer. Â»
Christianos ad leones 
« (Qu'on livre) les ChrĂ©tiens aux lions. Â» Formule attribuĂ©e frĂ©quemment Ă  Marc AurĂšle mais qui se trouve dans Tertullien (ApologĂ©tique, 40, 2) dans un sens tout diffĂ©rent : voir ici.
Christus nos liberavit 
« Le Christ nous a libĂ©rĂ©s. Â» Victor Hugo, Les MisĂ©rables, titre du Volume I, Livre v, ch. 9.
Christus Rex 
« Christ Roi. Â» Une des titulatures de JĂ©sus.
Cibi condimentum est fames 
« La faim est l'Ă©pice de tout plat. Â» CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 28, 90. Formule attribuĂ©e par CicĂ©ron Ă  Socrate. Voir le texte ici.
Circa 
« Vers, environ, approximativement. Â» AbrĂ©gĂ© gĂ©nĂ©ralement "c." ou "ca." EmployĂ© le plus souvent avec une date : "ca. 1930" = "vers 1930".
Circulus in probando 
« Raisonnement circulaire. Â» MĂȘme sens que Circulus vitiosus.
Circulus vitiosus 
« Cercle vicieux Â» En logique : raisonnement dont les prĂ©misses contiennent, en partie au moins, les conclusions. (Un cercle vicieux ne rĂ©sulte pas nĂ©cessairement d'une volontĂ© de tromper : il peut s'agir d'une erreur de raisonnement.) Voir aussi Circulus in probando.
Citius, Altius, Fortius 
« Plus vite, plus haut, plus fort ! Â» Devise des Jeux olympiques forgĂ©e par Pierre de Coubertin.
Cito, Longe, Tarde 
« (Pars) vite, loin et (reviens) tard. Â» Expression utilisĂ© pendant la Grande peste, aussi connue sous le nom d'Ă©lectuaire des trois adverbes. A donnĂ© son titre au roman de Fred Vargas, “Pars vite et reviens tard”.
Claves Sancti Petri 
« Les clĂ©s de Saint Pierre. Â» Un des symboles du Saint-SiĂšge.
Clavis aurea 
« ClĂ© d'Or. Â» ProcĂ©dĂ© permettant de percer les sens mystĂ©rieux de textes alchimiques ou thĂ©ologiques.
Clericus vagans 
« Clerc vagabond. Â» (Au pluriel : Clerici vagantes.) Nom donnĂ© au XIIe siĂšcle aux goliards, sorte de “hippies” avant l'heure, faisant la route ; chantant lĂ©gendes saintes, textes d'Ovide ou de Catulle ; rimaillant paillardises ou parfois d'admirables ballades.
Codex Iuris Canonicis 
« Recueil du droit canonique. Â» Nom donnĂ© Ă  l'ensemble des textes qui constituent le droit ecclĂ©siastique canonique de l'Église catholique romaine.
CƓtera desunt 
Graphie médiévale. Voir Cetera desunt.
CƓteris paribus 
Graphie médiévale. Voir Ceteris paribus.
Cogitationis poenam nemo patitur 
« Nul ne peut ĂȘtre puni pour de simples pensĂ©es. Â» Adage juridique. Voir De internis non judicat praetor.
Cogito ergo sum 
« Je pense donc je suis Â» Descartes, Le Discours de la mĂ©thode, 4, (1637). Traduction en latin de la cĂ©lĂšbre formule. Descartes a exprimĂ© les mĂȘmes idĂ©es dans ses Meditationes de prima philosophia (MĂ©ditations mĂ©taphysiques), 1641, en latin, mais sous une forme un peu diffĂ©rente. Voir ici comment Descartes y exprime ses idĂ©es en latin (avec traduction française).
Coitus interruptus 
« Accouplement interrompu Â». Moyen rudimentaire et frustrant de contraception consistant Ă  retirer le membre masculin du vase fĂ©minin avant l'Ă©jaculation. En toute rigueur, ce procĂ©dĂ© devrait ĂȘtre appelĂ© onanisme. (Voir ici). La raison pour laquelle ce dernier terme en est venu Ă  signifier masturbation est mystĂ©rieuse.
Coitus more ferarum 
« Accouplement Ă  la maniĂšre des bĂȘtes Â». Position d'accouplement usuellement dite "en levrette".
Collige virgo rosas 
« Cueille les roses, jeune fille. Â» Le poĂšme De rosis nascentibus ("Les boutons de roses"), dont ce vers est extrait, autrefois attribuĂ© Ă  Virgile est maintenant gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme dĂ» Ă  Ausone. Voir ici l'intĂ©gralitĂ© du poĂšme en latin et ici la traduction de ce vers. Celui-ci a Ă©tĂ© adaptpĂ© par Ronsard sous la forme suivante :
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre Ăąge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme Ă  ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Voir aussi Carpe diem.
Combinatio nova 
« Nouvelle combinaison Â» ou « Nouvelle dĂ©nomination Â». UtilisĂ© sous la forme abrĂ©gĂ©e "Comb. nov." dans la littĂ©rature spĂ©cialisĂ©e des sciences de la vie (bactĂ©riologie, botanique, mycologie, zoologie, etc.) pour signaler un nom, une dĂ©signation nouvelle.
Communibus locis 
« Lieux communs. Â» Latin moderne ; vocabulaire de la dialectique et de la philosophie.
Communis opinio 
« Opinion commune. Â» Latin moderne ; vocabulaire de la dialectique et de la philosophie.
Compos mentis 
« MaĂźtre de son esprit. Â» DĂ©signe par antiphrase un "faible d'esprit".
Concordia civium murus urbium 
« La concorde entre les citoyens, voilĂ  la muraille des villes. Â» (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Condemnant quod non intellegunt 
« Ils condamnent ce qu'ils ne comprennent pas Â» ou « Ils condamnent parce qu'ils ne comprennent pas. Â» (Dans l'expression latine quod est ambigu.) (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]). Voir aussi Damnant quod non intelligunt.
Conditio sine qua non 
« Condition absolument nĂ©cessaire. Â» Voir Sine qua non.
Confessio est regina probatio 
« L'aveu est la reine des preuves. Â» Adage juridique.
Confer 
« Compare à
 ; rĂ©fĂšre-toi à
 ; rapporte-toi à
 Â» GĂ©nĂ©ralement abrĂ©gĂ© en cf.
ConfƓderatio Helvetica 
« ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique. Â» Nom officiel de la Suisse, d'oĂč l'abrĂ©viation CH pour les plaques minĂ©ralogiques, le domaine Internet, etc.
Conjunctis viribus 
« Forces unies. Â»
Consuetudinis vis magna est 
« La force de l'habitude est puissante. Â» CicĂ©ron, Les Tusculanes, II, xvii, 40. Le texte complet du paragraphe est ici
Consuetudo altera natura est 
« L'habitude est une seconde nature. Â» CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 5, 25, 74. Voir le texte du paragraphe ici.
Consuetudo est jus quodam moribus institutum, quod pro lege usurpatur ubi deficit lex 
« La coutume est une variĂ©tĂ© du droit Ă©tablie par les mƓurs ; elle tient lieu de loi lĂ  oĂč la loi fait dĂ©faut. Â» Adage juridique.
Consummatum est 
« Tout est accompli. Â» Derniers mots de JĂ©sus sur la croix, selon l’Évangile de Jean, 19, 30. Voir le contexte ici.
Contemptus saeculi 
« MĂ©pris du monde, du siĂšcle, de la mode. Â» Formule employĂ©e par le sage qui mĂ©prise les vanitĂ©s du monde. [rĂ©f. nĂ©cessaire]
Contra bonos mores 
« Contre les bonnes mƓurs. Â»
Contra factum non datur argumentum 
« Contre un fait il n'est point d'arguties. Â» Adage juridique.
Contra legem 
« Contre la loi. Â»
Contra principia negantem non est disputandum 
« Inutile de discuter lorsqu'on ne s'accorde pas sur les principes. Â»
Contra spem in spem credidit 
« Celui qui a crĂ» contre toute espĂ©rance. Â» RĂ©fĂ©rence au sacrifice d'Abraham. Voir ici la rĂ©fĂ©rence biblique (Romains, 4, 18-19.)
Contra vim mortis non est medicamen in hortis 
« Il n'y a dans le jardin aucun remĂšde Ă  la puissance de la mort. Â» (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Contradictio in terminis 
« Contradiction dans les termes. Â» En rhĂ©torique, on dit aussi oxymore.
Contraria contrariis curantur 
« Les contraires se guĂ©rissent par les contraires. Â» Fondements de la mĂ©decine de Galien, opposĂ©s Ă  ceux d'Hippocrate. Voir allopathie et homĂ©opathie.
Cor ad cor loquitur 
« Le cƓur parle au cƓur. Â» Devise du cardinal John Henri Newman, frĂ©quemment attribuĂ©e Ă  Saint Augustin mais qui apparaĂźt d'abord dans une lettre de Saint François de Sales sous la forme Cor cordi loquitur (qui a le mĂȘme sens).
Cor unum 
« D'un seul cƓur. Â» Devise de nombreuses institutions catholiques.
Coram Deo 
« En prĂ©sence de Dieu. Â» Formule de liturgie chrĂ©tienne signifiant qu'une action, un sacrement, accompli en la prĂ©sence de Dieu, est particuliĂšrement solennel.
Coram populo 
« En prĂ©sence du peuple, publiquement. Â» Formule affirmant la solennitĂ© d'une manifestation effectuĂ©e "en prĂ©sence du peuple", "sous les yeux de tous".
Corpus Christi 
« Le corps du Christ. Â» L'Eucharistie.
Corpus delicti 
« Le corps du dĂ©lit. Â» Latin mĂ©diĂ©val. Terme de jurisprudence encore en usage, issu du droit mĂ©diĂ©val et dĂ©signant la constatation lĂ©gale d'un dĂ©lit ou d'un crime, c'est-Ă -dire la qualification d'un fait comme objet de droit. (D'aprĂšs EncyclopĂ©die des Gens du Monde ; RĂ©pertoire universel des sciences, des lettres et des arts, Paris, 1836.)
Corpus Juris Canonici 
« Compilation du droit canon de l'Église catholique. Â» Graphie classique : Codex Iuris Canonici.
Corpus Juris Civilis 
« Recueil des lois civiles. Â» Compilation de lois Ă©tablie en 529-534 sous l'autoritĂ© de l'empereur d'Orient Justinien 1er. Graphie classique : Codex Iuris Civilis.
Corrigenda 
« Choses Ă  corriger. Â»
Corruptio optimi pessima 
« La corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire. Â» GrĂ©goire I, pape (~540-604) (? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Corruptissima re publica plurimae leges 
« C'est lorsque la rĂ©publique est la plus corrompue que les lois se multiplient le plus. Â» Tacite, Annales, 3, 27. Voir ici le contexte.
Cras amet qui nunquam amavit ; quique amavit, cras amet 
« Qu'il aime demain celui qui n'a jamais aimĂ©, et que celui qui a aimĂ© aime demain encore. Â» Refrain du poĂšme “Pervigilium Veneris” dĂ» Ă  l'auteur inconnu, vraisemblablement du IVe siĂšcle, du PanĂ©gyrique latin.
Credat Judaeus Apella 
« Que le Juif Apelle le croit. Â» En français familier "À d'autres", ou "Tu l'as dit bouffi". "Apelle" est un nom juif de fantaisie. Le nom "Apelle" (c'est-Ă -dire "Sans peau") renvoie Ă  la circoncision, qui Ă©tait, chez les Romains comme chez les Grecs, source d'Ă©tonnement, de dĂ©goĂ»t et de dĂ©rision.
Credo in Unum Deum 
« Je crois en un seul Dieu. Â» Premier verset de la priĂšre chrĂ©tienne du Credo.
Credo quia absurdum 
« Je le crois parce que c'est absurde. Â» Formule attribuĂ©e Ă  Saint Augustin ([rĂ©f. nĂ©cessaire]). Celui-ci enseigne que le propre de la foi est de croire en la vĂ©ritĂ© divine, sans avoir besoin de comprendre.
Crimen laesae majestatis 
« Crime de lĂšse-majestĂ©. Â» Dans l'ancien droit, on confondaitt les crimes contre l'État et les crimes contre la personne du souverain. Ce n'est qu'en 1832 qu'en droit français, les atteintes Ă  la personne du Chef de l'État furent clairement distinguĂ©es des crimes contre l'État.
Cui bono ? 
« Pour quel profit ? Â» CicĂ©ron, Pro Milone, 12, 32. Voir le texte ici.
Cui prodest 
« Qui en tire profit. Â» Forme raccourcie du vers Cui prodest scelus is fecit « Le crime est Ă  celui qui en recueille les fruits. Â» SĂ©nĂšque, MĂ©dĂ©e, 500, ou “À qui profite le crime.” Voir Cui bono ?.
Cuique suum reddere 
« Ă€ chacun son dĂ». Â»
Cuius regio, eius religio 
« Tel prince, telle religion. Â» La religion du Prince est celle de ses sujets. Principe Ă©tabli lors de la paix d'Augsbourg pour rĂ©gler le problĂšme religieux.
Cuiusvis hominis est errare 
« Il appartient Ă  tout homme de se tromper. Â» CicĂ©ron, Philippiques, 12, 2, 5. Voir le texte source ici. Voir aussi Errare humanum est.
Culpa lata dolo aequiparatur 
« La faute lourde Ă©quivaut Ă  un dommage. Â» Adage juridique. Lorsqu’elle est particuliĂšrement lourde, la faute d’imprudence ou de nĂ©gligence est assimilĂ©e au dol : la consĂ©quence ne ressortit plus des dommages involontaires mais des dommages volontaires.
Cum grano salis 
« Avec un grain de sel. Â» C'est-Ă -dire : “Avec recul, avec ironie.” Cette expression mĂ©rite quelques observations :
  • Elle est assez commune dans le monde anglo-saxon, dans les langues germaniques ainsi qu'en italien ;
  • Elle est inutilisĂ©e dans le monde francophone. (Mais la locution mettre son grain de sel a peut-ĂȘtre quelque rapport) ;
  • L'expression se trouve dans Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 23, 77, 2 ; voir ici;
  • Toutefois, ni le style de Pline en gĂ©nĂ©ral, ni le texte ci-dessus ne prĂȘtent particuliĂšrement Ă  l'ironie. Il est donc vraisemblable que la formule a une origine diffĂ©rente ou plus ancienne et qu'on a trouvĂ© dans ce texte de Pline une rĂ©fĂ©rence de circonstance. Certaines sources font rĂ©fĂ©rence Ă  l'Ancien Testament [rĂ©f. nĂ©cessaire].
Cum laude 
« Avec louange. Â» La plus petite des mentions honorifiques dĂ©cernĂ©es dans le cursus universitaire.
Cum tacent, consentiunt 
« Qui ne dit mot consent. Â» (Proverbe ? [rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Cura ut valeas ! 
« Prends soin de toi. Â»
Curriculum vitĂŠ 
« Cours de la vie. Â» Le Curriculum vitae rĂ©sume l'expĂ©rience.
Custos morum 
« Gardien des mƓurs, censeur. Â»

D

Da mihi factum, dabo tibi ius 
« Dis-moi les faits, je te dirai le droit. Â» Principe de droit romain : les faits doivent ĂȘtre exposĂ©s au juge pour que celui-ci puisse dire le droit.
Damnant quod non intelligunt 
« Ils condamnent ce qu'ils ne comprennent pas. Â» ou « Ils condamnent parce qu'ils ne comprennent pas. Â» (« Quod Â» est ici ambigu.) Voir aussi Condemnant quod non intellegunt.
Damnatio memoriae 
« Proscription de la mĂ©moire. Â» ArrĂȘt formulĂ© par le SĂ©nat de Rome selon lequel certains citoyens disgraciĂ©s (en particulier d'anciens empereurs) Ă©taient supposĂ©s n'avoir jamais existĂ©.
Damnum absque injuria 
« Dommage sans intention. Â» En droit romain, personne n'est responsable d'un dommage causĂ© sans intention. Toutefois, ce principe n'exonĂšre pas les dommages dus Ă  la nĂ©gligence ou Ă  la folie.
Dat veniam corvis, vexat censura columbas 
« La censure pardonne aux corbeaux et poursuit les colombes. Â» JuvĂ©nal, Satires, 2, 63. Formule incomprĂ©hensible hors contexte ; voir ici.
Data venia 
LittĂ©ralement « Excuses Ă©tant donnĂ©es Â», c'est-Ă -dire « Sauf votre respect Â» ou « Excusez-moi Â». UtilisĂ© avant d'exprimer son dĂ©saccord avec un contradicteur.
Davus sum, non ƒdipus 
« Je suis Davus, pas ƒdipe. Â», c'est-Ă -dire « Je ne suis pas sorcier ; je n'ai pas de pouvoirs surnaturels. Â» Davus est un nom commun d'esclave dans les comĂ©dies.
De commodo et incommodo 
LittĂ©ralement « Sur les avantages et les inconvĂ©nients Â». Dans le cas d'un projet d'implantation d'un ouvrage (pylone Ă©lectrique, voie ferrĂ©e, usine, etc), il est procĂ©dĂ© Ă  une enquĂȘte De commodo et incommodo destinĂ©e Ă  juger des avantages et inconvĂ©nients du projet.
De dicto 
« Ce qui est dit. Â» En logique, on distingue les propositions de re (concernant la chose) et les propositions de dicto (sur les assertions concernant la chose). Voir De dicto et de re. Voir aussi De re.
De facto 
« De fait ; dans les faits. Â» Exprime l'idĂ©e de contingence : le PDG Ă©tant souffrant, le sous-directeur de l'usine en est de facto le dirigeant. Voir De jure.
De gustibus coloribusque non disputandum 
« On ne discute pas des goĂ»ts et des couleurs. Â» Les discussions sur les prĂ©fĂ©rences et les goĂ»ts personnels ne mĂšnent Ă  rien.
De integro 
« Encore ; de nouveau ; une seconde fois. Â»
De internis non judicat praetor 
« Le juge ne doit pas condamner pour de simples pensĂ©es. Â» Adage juridique. Voir Cogitationis poenam nemo patitur.
De jure 
« De droit ; par le droit ; par la loi. Â» Exprime l'idĂ©e d'impĂ©ratif lĂ©gal, parfois d'impĂ©ratif nĂ©cessaire. Souvent opposĂ© Ă  de facto. Elizabeth II, Reine du Canada, est chef d'État du Canada de jure ; le Premier Ministre du Canada est chef d'État de facto.
De jure uxoris 
« Par le droit de la femme. Â» Terme de droit romain et mĂ©diĂ©val utilisĂ© pour dĂ©signer un titre, une possession acquise par un homme simplement par mariage avec une femme qui Ă©tait en dĂ©tentrice. En droit romain et mĂ©diĂ©val, la femme n'a pas d'existence juridique. Lorsqu'elle dispose ou hĂ©rite de titres ou possessions, ceux-ci deviennent ipso facto la propriĂ©tĂ© de son Ă©poux.
De minimis non curat lex 
« La loi ne s'occupe pas de petites choses. Â» Une affaire doir avoir une certaine importance pour ĂȘtre soumise au juge. Adage juridique. Voir De minimis non curat prĂŠtor.
De minimis non curat prĂŠtor 
« Le juge ne s'occupe pas de petites choses. Â» Pour un sens Ă©quivalent, voir Aquila non capit muscas.
De mortuis aut bene aut nihil 
« Des morts, on dit du bien ou on se tait. Â»
De mortuis nihil nisi bene 
AbrĂ©viation de la formule de mortuis nil nisi bonum dicendum est, c'est-Ă -dire « Des morts, on ne doit parler qu'en bien. Â» Variante de la prĂ©cĂ©dente.
De nilo nil 
Voir Ex nihilo nihil fit.
De nobis fabula narratur 
« Cette histoire est la nĂŽtre. Â» Faisait dans l'AntiquitĂ© rĂ©fĂ©rence Ă  la chute de l'Empire romain. UtilisĂ© aujourd'hui pour dire que la narration d'une histoire, d'un Ă©vĂ©nement est une mĂ©taphore de notre propre histoire.
De non vigilantibus non curat prĂŠtor 
« Le juge n'a cure des insouciants. Â» Voir aussi De minimis non curat prĂŠtor.
De novo 
« RenouvelĂ© ; rafraĂźchi ; recommençant. Â» Dans divers domaines qualifie un savoir, un procĂ©dĂ©, un produit nouveau qui n'est pas une simple amĂ©lioration ou modification d'un savoir, d'un procĂ©dĂ©, d'un produit existant. Voir aussi Ex novo.
De omni re scibili 
« De toutes les choses qu'on peut savoir. Â» La formule complĂšte est De omni re scibili et quibusdam aliis « De toutes les choses qu'on peut savoir et aussi de quelques autres. Â» Devise de Jean Pic de la Mirandole, qui, dans l'esprit de la Renaissance, croyait qu'il Ă©tait possible de maĂźtriser l'ensemble des connaissances ; il composa un recueil de neuf cents thĂšses intitulĂ© De omni re scibili qui synthĂ©tisait les thĂšses philosophiques et thĂ©ologiques de son temps.
De omnibus dubitandum 
« Doute de tout. Â» Maxime favorite de Karl Marx.
De primis socialismi germanici lineamentis apud Lutherum, Kant, Fichte, Hegel et Marx 
« Des premiers aspects du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, Hegel et Marx Â». Titre de la seconde thĂšse de philosophie en Sorbonne de Jean JaurĂšs en 1892.
De profundis clamavi 
« Du fond de l'abĂźme j'ai criĂ© ; des profondeurs, j'ai criĂ©. Â» DĂ©but du psaume 129 (130). Voir ici le texte. Exprime un appel dĂ©sespĂ©rĂ©. Formule mainte fois reprise, le plus souvent dans un contexte religieux mais pas uniquement : Josquin des PrĂ©s, Mozart, Baudelaire, Oscar Wilde
 En musique, un « De Profundis Â» est une piĂšce exprimant un dĂ©sespoir mĂ©taphysique.
De re 
« Sur la chose. Â» En logique, on distingue les propositions de re (concernant la chose) et les propositions de dicto (assertions concernant la chose). Voir De dicto et de re. Voir aussi De dicto.
De stercore Enii 
« TirĂ© du fumier d'Ennius. Â» Ennius est un ancien poĂšte latin dont la rudesse et le manque d'Ă©lĂ©gance est compensĂ© par la fermetĂ© d'expression. Ovide, entre autres, Ă  copiĂ© ou paraphrasĂ© nombre de ses vers. Voltaire Ă©crit que Racine, imitant Corneille, a tirĂ© ses pĂ©pites du fumier d'Ennius.
De te fabula narratur 
« C'est de toi que parle ce rĂ©cit. Â» Horace, Satires, 1, 64-79. Horace ayant peint l'avare et sa dĂ©raison, s'interrompt et dit Ă  son interlocuteur : Quid rides ? mutato nomine, de te fabula narratur. « Tu ris ? change le nom, ce sera ton histoire. Â» Voir ici le texte d'Horace.
De viris 
« Ă€ propos des hommes. Â» Premiers mots du titre de l'ouvrage de Charles François Lhomond : De viris illustribus urbis Romae : "À propos des hommes illustres de la ville de Rome", lequel servit longtemps de manuel Ă©lĂ©mentaire de latin.
De visu 
« De ma propre vue ; pour l'avoir vu. Â»
Debellare superbos 
« Renverser les puissants. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 6, 852. Voir ici le contexte.
Decet imperatorem stantem mori 
« L'empereur doit mourir debout. Â» DerniĂšres paroles de Vespasien rapportĂ©es par SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Vespasien, 24, 2. Voir le texte de SuĂ©tone ici).
Decipimur specie recti 
« Nous somme trompĂ©s par l'apparence du bien. Â» Horace, Art poĂ©tique, 25. C'est-Ă -dire par l'apparence du beau, du vrai, du grand.
Dei Gratia Rex 
« Roi par la GrĂące de Dieu. Â» Voir Rex Dei Gratia.
Delectatio morosa 
« DĂ©lectation morose. Â» Dans la thĂ©ologie chrĂ©tienne, pensĂ©es, rĂȘves coupables, tels que la rumination d'images Ă©rotiques. Se distingue du dĂ©sir sexuel proprement dit et suppose un “abandon volontaire et complaisant Ă  des fantaisies coupables, sans tenter de les repousser”.
Delenda Carthago 
« Il faut dĂ©truire Carthage. Â» (Caton l'Ancien). Exprime une idĂ©e fixe : Caton l'Ancien Ă©tait un citoyen romain conservateur et bornĂ© qui se posait en dĂ©fenseur des vertus romaines les plus radicales. Bien qu'il ait toute sa vie prĂŽnĂ© la vertu, il fut, sur sa vieillesse, accusĂ© de multiples vices et malversations. Esprit Ă©troit, passant du coq Ă  l'Ăąne, il terminait toujours ses harangues, quel qu'en soit le sujet, par “Il faut dĂ©truire Carthage”. Autre formes latines de sens voisin (« Il faut dĂ©truire Carthage Â» ; « Carthage sera dĂ©truite Â») : Delendam est Carthago; Carthago delendam est Carthago delenda est, Carthago est delenda, etc.
Delicta juventutis meĂŠ 
« Les fautes de ma jeunesse. Â» Formule extraite du psaume 25, 7. Avec le mĂȘme sens, la formule de la Vulgate est une peu diffĂ©rente : peccatores adulescentiae meae. Le psaume 25 supplie l'Éternel de pardonner les fautes de la jeunesse.
Deliriant isti Romani 
« Ils sont fous ces Romains. Â» Formule rĂ©pĂ©titive dans la bouche d'Obelix, compagnon d'Asterix, dans les albums Ă©ponymes de RenĂ© Goscinny et Albert Uderzo.
Dente superbo 
« D'une dent dĂ©daigneuse. Â» Horace, Satires, 2, 6, 87. Horace peint le tableau du rat des champs qui, recevant le rat des villes, honore celui-ci des mets qu'ils peut offrir ; le rat des villes, mĂ©prisant, goĂ»te Ă  tout mais laisse tout tomber, d'une dent dĂ©daigneuse. Voir ici le texte charmant d'Horace. L'image a Ă©tĂ© reprise par La Fontaine dans Le HĂ©ron (Fables, 7, 4) :
AprĂšs quelques moments l’appĂ©tit vint ; l’Oiseau
S’approchant du bord vit sur l’eau
Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait Ă  mieux,
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le Rat du bon Horace.
Deo gratias 
« Dieu merci. Â»
Deo juvante 
« Avec l'aide de Dieu. Â» Devise de Monaco.
Deo Optimo Maximo (D.E.O.) 
« Au meilleur et plus grand des Dieux. Â» DĂ©rivĂ© de la formule paĂŻenne Iupiter Optimo Maximo « Jupiter, le meilleur et le plus grand Â». Figure sur les bouteilles de BĂ©nĂ©dictine.
Deo volente 
« Avec la volontĂ© de Dieu. Â» Terminait souvent des serments ou des lettres, souhaitant que les volontĂ©s exprimĂ©s s'exaucent avec la volontĂ© de Dieu. Voir aussi Inch Allah.
Desiderata 
« Choses dĂ©sirĂ©es, dont on regrette l'absence. Â» A pris, dans l'emploi moderne, le sens plus fort d’« exigences Â».
Desinit in piscem mulier formosa superne 
« Un buste de femme qui finit en poisson. Â» Horace, Art poĂ©tique, 4. L'Ɠuvre d'art, selon Horace, ne saurait ĂȘtre composĂ©e de membres incohĂ©rents ; elle est soumise Ă  la loi de l'unitĂ© du sujet et de l'harmonie des parties. Voir ici le texte d'Horace.
Desipere est juris gentium 
« Extravaguer est un droit des gens. Â» Terme de droit romain. Bien utilisĂ©, ce principe peut servir d'artifice rhĂ©torique ; voir L'Art d'avoir toujours raison d'Arthur Schoppenhauer.
Desipere in loco 
« Oublier quelquefois la sagesse. Â» Horace, Odes, 4, 12, 28 enseigne Ă  Virgile qu'il est bon, quelquefois, d'oublier la sagesse.
Deus dedit, deus abstulit, sit nomen domini benedictum 
« L'Éternel a donnĂ© et l'Éternel a ĂŽtĂ© ; que le nom de l'Éternel soit bĂ©ni. Â» Bible, Livre de Job, 1, 21. Job, sur son tas de fumier proclame sa foi en l'Éternel. Texte complet du verset 21 (traduction Louis Second, 1910) :
Je suis sorti nu du sein de ma mĂšre,
et nu je retournerai dans le sein de la terre.
L'Éternel a donnĂ© et l'Éternel a ĂŽtĂ© ;
Que le nom de l'Éternel soit bĂ©ni.
Deus ex machina 
« Dieu sorti de la machine. Â» Formule de latin moderne dĂ©crivant les apparitions sur le thĂ©Ăątre, grĂące Ă  d'ingĂ©nieuses et coĂ»teuses machineries, de dieux ou de dĂ©esses qui, Ă  la fin des piĂšces Ă  grand spectacle, dĂ©nouaient merveilleusement les intrigues les plus embrouillĂ©es. Par analogie, toute personne, tout Ă©vĂ©nement dont l'intervention inattendue permet de rĂ©soudre une situation inextricable.
Deus caritas est 
« Dieu est amour. Â» PremiĂšre encyclique du pape BenoĂźt XVI.
Deus vult 
« Dieu le veut. Â» Cri de ralliement des CroisĂ©s.
Di meliora piisi 
« Dieux, donnez un meilleur sort aux hommes pieux. Â» Virgile, GĂ©orgiques, 3, 513. Dans un passage cĂ©lĂšbre, Virgile dĂ©crit les effets de la peste. On lira ici l'extrait du texte de Virgile d'oĂč provient cette citation.
Diem perdidi 
Voir Amici, diem perdidi.
Dies irĂŠ 
« Jours de colĂšre. Â» SĂ©quence de la messe des morts (Requiem). Voir ici le texte du « Dies irae Â». DĂ©signe aussi une piĂšce musicale animĂ©e, partie d'un Requiem. Les Dies irae les plus connus sont ceux de Mozart et de Verdi.
Difficiles nugae 
« Bagatelles laborieuses. Â» AbrĂ©viation de la formule Turpes est difficiles habere nugas « Il est honteux de s'appliquer laborieusement Ă  des niaiseries Â». CathĂ©drales en allumettes et chĂąteaux de cartes : dans son Ă©pigramme II, Martial se gausse (voir ici) de ces tours de force patients, obstinĂ©s et inutiles.
Dignus est intrare 
« Il est digne d'entrer. Â» Formule empruntĂ©e Ă  la cĂ©rĂ©monie burlesque du Malade imaginaire de MoliĂšre et qui s'emploie toujours par plaisanterie quand il s'agit d'admettre quelqu'un dans une corporation ou une sociĂ©tĂ©.
Dilige et quod vis fac 
« Aime et fais ce que tu veux. Â» Augustin d'Hippone, Iohannis Epistulam ad Parthos tractatus decem., 8, VIIe HomĂ©lie sur la premiĂšre Ă©pĂźtre de Jean. Voir ici le texte latin et sa traduction. Augustin a prononçé cette cĂ©lĂšbre formule dans l'homĂ©lie prĂȘchĂ©e aux nouveaux baptisĂ©s et aux fidĂšles d’Hippone, le matin du samedi de PĂąques 407. Augustin y proclame le primat de la charitĂ© qui doit se trouver Ă  la racine de tout acte chrĂ©tien ; mais il ajoute aussitĂŽt une prĂ©cision des plus importantes pour la pratique : cette charitĂ© peut inspirer au cƓur du fidĂšle des comportements aussi diffĂ©rents que la misĂ©ricorde ou la sĂ©vĂ©ritĂ©, le silence ou la protestation, la correction ou l’indulgence qui, tous cependant, doivent ĂȘtre commandĂ©s par l’amour vĂ©ritable du prochain, tenant compte, chaque fois, des personnes, des situations et des moments.
Dis aliter visum 
« Les Dieux en ont ordonnĂ© autrement. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 428. Exprime un profond pessimisme sur le destin des hommes. En français, entre autres : "ce sont les meilleurs qui partent les premiers". Voir ici le texte de Virgile.
Dis manibus sacrum (D.M.S.) 
« Aux mĂąnes sacrĂ©es de
 Â» Formule romaine pour « Ă€ la mĂ©moire de
 Â» Sur les sĂ©pultures romaines, on lit en tĂȘte les abrĂ©viations "D.M." ou "D.M.S.", suivi, souvent en abrĂ©gĂ©, du nom du dĂ©funt. La formule D.M./D.M.S. est parfois prĂ©cĂ©dĂ©e , sur les sĂ©pultures anciennes, de l'abrĂ©viation "H.S.E." hic situs est « ici repose Â».
Disjecta membra 
« Membres dispersĂ©s. Â» Paraphrase sur la formule d'Horace (Satires, 1, 4, 62) : Disjecti membra poetĂŠ « Les membres du poĂšte dispersĂ©s. Â» Voir ici le contexte.
Distinguo 
« Je distingue. Â» Terme scolastique que l'on emploie aujourd'hui pour se moquer de raisonnements oĂč les distinctions entre cas sont si subtiles qu'elles en deviennent absurdes.
Divide et impera 
« Diviser pour rĂ©gner. Â» (Variante : Divide ut imperes). La maxime, formulĂ©e avec rigueur par Machiavel, avait dĂ©jĂ  largement mise en pratique par Rome. C'est un des fondements Ă©lĂ©mentaires de la stratĂ©gie. FormalisĂ©e, elle constitue un principe majeur en mathĂ©matiques appliquĂ©es et en algorithmique.
Dixi 
« J'ai dit. Â» Concluait habituellement un argumentaire ou une dĂ©monstration. Signifiait que l'interlocuteur avait complĂštement dĂ©veloppĂ© son point de vue.
Dixit 
« Il a dit. Â» AprĂ©s une citation, indication, souvent entre parenthĂšses ou en italiques, que les termes rapportĂ©s sont authentiques, sans intervention ni modification de celui qui les rapporte. Voir aussi Ad pedem litterĂŠ. Voir aussi Sic.
Do ut des 
« Je donne pour que tu donnes. Â» Expression accompagnant les sacrifices, ex-voto, mortifications, etc, espĂ©rant que la divinitĂ© invoquĂ©e rĂ©ponde par un don.
Docendo discitur 
« On apprend en enseignant. Â» AttribuĂ© (surement de façon impropre) Ă  SĂ©nĂšque[rĂ©f. nĂ©cessaire].
Doctus cum libro 
« Savant avec le livre. Â» L'expression se dit de ceux qui Ă©talent un savoir d'emprunt.
Dolus an virtus quis in hoste requirat ? 
« Ruse ou courage, qu'importe contre l'ennemi ? Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 390. Voir ici le texte.
Dominus vobiscum 
« Le Seigneur soit avec vous. Â» Dans le rite de la messe catholique, salut donnĂ© par le cĂ©lĂ©brant Ă  l'assemblĂ©e des fidĂšles. Celle-ci rĂ©pond : ...et cum Spiritu tuo. « ...et avec ton Esprit. Â»
Domus accipere debemus, non proprietatem domus, sed domicilium 
« Par domicile on entend, non pas la maison dont on est propriĂ©taire, mais le bĂątiment oĂč l’on habite. Â» Adage juridique.
Dona nobis pacem 
« [Seigneur], donne-nous la paix. Â» Formule souvent mise en musique, soit seule, soit conjointement Ă  l'Agnus Dei.
Donec eris felix, multos numerabis amicos 
« Tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d'amis. Â» Ovide, Tristes, 1, 9, 5. Vers d'Ovide exilĂ© par Auguste et abandonnĂ© de ses amis. On ajoute d'ordinaire le second vers : Tempora si fuerint nubila, solus eris : « Si le ciel se couvre de nuages, tu seras seul. Â» Cette rĂ©flexion convient Ă  ceux qu'une foule d'amis entourent dans la prospĂ©ritĂ© et abandonnent dans le malheur.
Dramatis personae 
« Les masques du drame. Â» C'est-Ă -dire : « Distribution des rĂŽles. Â»
Ducunt volentem fata, nolentem trahunt 
« Les destins conduisent celui qui se soumet Ă  leurs arrĂȘts ; ils entraĂźnent celui qui rĂ©siste. Â» SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucilius, 16, 107, 11. Voir ici le contexte. Exprime le point de vue stoĂŻcien que le destin (fatum) est inexorable.
Dulce bellum inexperti 
« La guerre est douce aux jeunes gens. Â» Érasme. Voir, en rĂ©ponse : Bella matribus detestata.
Dulce et decorum est pro patria mori 
« Il est doux et beau de mourir pour la patrie. Â» Horace, Odes, 3, 2, 13. Vers d'Horace s'adressant aux jeunes Romains pour leur conseiller d'imiter les vertus de leurs ancĂȘtres et en particulier leur courage guerrier.
Dulce et utile 
« Doux et utile. Â» Horace, Art poĂ©tique, 343-344. Dans l'Art poĂ©tique, Horace prĂŽne qu'une Ɠuvre littĂ©raire doit joindre l'utile Ă  l'agrĂ©able. Voir ici le paragraphe complet.
Dum Roma deliberat Saguntum perit 
« Rome dĂ©libĂšre quand Sagunt est en pĂ©ril. Â» Formule proverbiale pour exprimer qu'Ă  une demande urgente, on rĂ©pond avec lenteur, prudence et rĂ©flexion.
Dum spiro, spero 
« Tant que je respire, j'espĂšre. Â» (Attribution frĂ©quente et douteuse Ă  CicĂ©ron[rĂ©f. nĂ©cessaire]).
Dum vita est, spes est 
« Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. Â»
Dum vitant stulti vitia in contraria currunt 
« Pour fuir un dĂ©faut, les maladroits tombent dans le dĂ©faut contraire. Â» Horace, Satires, 1, 2, 24.
Duos habet et bene pendentes ! 
« Il en a deux, et elles pendent bien ! Â» Formule prĂ©tendument utilisĂ©e lors de l'intronisation d'un nouveau pape, depuis la Papesse Jeanne, pour vĂ©rifier qu'il n'est pas une femme.
Duplex legum incertudino ; altera ubi lex nulla praescribitur, altera ubi ambigua et obscura 
« L'incertitude de la loi peut avoir deux causes ; dans les deux cas ses dispositions sont inopĂ©rantes, qu'elle soit ambiguĂ« ou qu'elle soit obscure. Â» Adage juridique.
Dura lex, sed lex 
« La loi est dure, mais c'est la loi. Â»
Dura mater 
« Dure-mĂšre. Â» Anatomie : membrane externe protĂ©geant le cerveau.
Dura necessitas 
« La dure nĂ©cessitĂ©. Â»
Dux bellorum 
« Chef de guerre. Â»

E

E fructu arbor cognoscitur 
« On reconnaĂźt l'arbre Ă  ses fruits. Â»
E Pluribus Unum 
« De plusieurs est un. Â» Ou mieux : « De plusieurs, faisons un. Â» Devise des États-Unis d'AmĂ©rique.
Ecce panis angelorum 
« Voici le pain des anges. Â» Paroles inscrites parfois Ă  proximitĂ© de l'autel des Ă©glises catholiques et qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  l'Hostie, Ă  la CĂšne, au Corps du Christ et Ă  l'ÉlĂ©vation.
Ecce Homo 
« Voici l'homme. Â» Paroles de Pilate prĂ©sentant JĂ©sus Ă  la foule, selon l'Évangile de Jean, 19, 5.
Ecclesia abhorret sanguinem ou Ecclesia abhorret a sanguine 
« L'Église a horreur du sang. Â» Cette expression ne figure dans aucun texte de l'Église catholique. Sa premiĂšre rĂ©fĂ©rence se trouve dans un ouvrage de François Quesnay de 1744 ayant pour sujet l'histoire de la chirurgie en France. Voir ici le fac-simile de la page de cet ouvrage oĂč se trouve cette locution.
Editio princeps 
« Ă‰dition originale. Â» PremiĂšre Ă©dition d'un ouvrage imprimĂ©.
Ego non 
« Pas moi. Â» Voir Etiamsi omnes, ego non.
Ego sum qui sum 
« Je suis celui qui est. Â» Bible, Exode, 3, 14. Dans l'Ă©pisode du Buisson ardent, MoĂŻse demande Ă  Dieu de lui rĂ©vĂ©ler son nom. Celui-ci rĂ©pond : "Je suis Ś™Ś”Ś•Ś”". Ce nom est une conjugaison antique du verbe hĂ©breu "ĂȘtre", qui signifie « Celui qui est Â». Selon la tradition hĂ©braĂŻque, ce tĂ©tragramme sacrĂ©, transliterrĂ© "YHWH", ne saurait ĂȘtre prononcĂ©. Sa prononciation exacte est donc inconnue. Toutefois, les Humanistes l'ont transcrit Jehovah (Ă  prononcer "IĂ©hwah") ; dans les Ă©ditions modernes, on trouve aussi les transcriptions "YahvĂ©", "Yahweh", "IahvĂ©"
 (Dans les langues sĂ©mitiques, les voyelles ne sont pas notĂ©es, ce qui en autorise des lectures diffĂ©rentes.) Une traduction plus comprĂ©hensible (mais moins littĂ©rale) du texte biblique pourrait ĂȘtre : « Mon nom est Yahweh, ce qui signifie "Celui qui est". Â»
Ego te absolvo 
« Je t'absous. Â» ou « Je te pardonne. Â» AbrĂ©viation de la formule Dominus noster Jesus Christus te absolvat ; et ego auctoritate ipsius te absolvo ab omni vinculo excommunicationis et interdicti in quantum possum et tu indiges. Deinde, ego te absolvo a peccatis tuis in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen. c'est-Ă -dire « Que Notre Seigneur JĂ©sus Christ te pardonne ; et sous son autoritĂ© je t'absous de toute excommunication ou interdiction, dans la mesure de mon pouvoir et pour autant que tu en aies besoin. Par lĂ , je t'absous de tes pĂ©chĂ©s au nom du PĂšre et du Fils et du Saint Esprit. Amen. Â» Formule utilisĂ©e par le prĂȘtre lors de la confession dans la liturgie catholique.
Eheu fugaces labuntur anni 
« HĂ©las, les ans s'enfuient, Ă©phĂ©mĂšres. Â» Horace, Odes, 2, 14.
Ejusdem generis 
« Du mĂȘme genre. Â» Expression juridique. Indique qu'une liste non limitative ne s'applique toutefois qu'aux choses du mĂȘme genre.
Ejusdem farinae 
« De la mĂȘme farine. Â» S'emploie pour faire une comparaison pĂ©jorative. (Toutefois Balzac l'emploie dans Le PĂšre Goriot avec un sens mĂ©lioratif.) L'expression aurait son origine chez le poĂšte latin Perse, ÉpĂźtres, 5, 115.
Ejusdem furfuris 
« Du mĂȘme son*. Â» (* enveloppe du grain de blĂ©.) MĂȘme sens que Ejusdem farinae.
Ens causa sui 
« Existant par soi-mĂȘme. Â» Traditionnellement : dont l'existence ne rĂ©sulte d'aucun autre principe ; tel que Dieu ou l'Être suprĂšme. Voir aussi Sui generis.
Entitas ipsa involvit aptitudinem ad extorquendum certum assensum 
« La rĂ©alitĂ© suppose le pouvoir d'obtenir l'assentiment commun. Â» Expression de la philosophie occidentale sur le nature de la VĂ©ritĂ©.
Eo ipso 
« Par soi-mĂȘme ; lui-mĂȘme ; exactement. Â» Par exemple : Eo ipso die « Ce jour-lĂ  prĂ©cisĂ©ment. Â»
Epicuri de grece porcum 
« Pourceau du troupeau d'Épicure. Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 4, 16. La philosophie du juste milieur d'Horace est excĂ©dĂ©e par l'autĂ©ritĂ© des StoĂŻciens : il enchĂ©rit ironiquement sur leur langage en se ravalant lui-mĂȘme au rang de brute et de pourceau.
Equo ne credite 
« Ne faites pas confiance au cheval. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 48-49. Par allusion au cheval de Troie. Voir ici les vers de Virgile.
Erga omnes 
« Opposable Ă  tous, aux tiers. Â» Expression juridique.
Ergo 
« Donc ; par consĂ©quent. Â» Conclut un raisonnement logique. Voir Cogito ergo sum.
Ergo glu capiuntur aves 
« C'est pourquoi les oiseaux se prennent Ă  la glu. Â» Expression burlesque par laquelle on se moque de grands raisonnements qui ne mĂšnent Ă  rien.
Eritis sicut dii 
« Vous serez comme des dieux. Â» Paroles du Serpent (GenĂšse, 3, 5) qui s'adresse ainsi Ă  Éve pour la dĂ©cider Ă  manger du fruit dĂ©fendu. Voir ici le rĂ©cit biblique.
Errata 
« Erreurs. Â» Dans un ouvrage, liste des erreurs Ă  corriger.
Erratum 
« Erreur. Â» Erreur Ă  corriger. Dans un ouvrage : souvent dans un feuillet insĂ©rĂ© ou, lors d'une rĂ©Ă©dition, en note de bas de page ou en annexe.
Errare humanum est, perseverare diabolicum 
« Il est humain [dans la nature de l'Homme] de se tromper, mais persĂ©vĂ©rer [dans l'erreur] est diabolique. Â» La formule est une amplification de l'expression plus brĂšve Errare humanum est. Celle-ci est frĂ©quemment – et surement de façon incorrecte â€“ attribuĂ©e Ă  SĂ©nĂšque. On ne la trouve pas, par une exploration systĂ©matique, dans la quinzaine de ses Ɠuvres les plus connues. De plus, l'adjectif diabolicus ne relĂšve pas du latin classique mais plutĂŽt au latin mĂ©diĂ©val.
Error communis facit jus 
« Une erreur commune fait naĂźtre une apparence de droit. Â» Adage juridique.
Esse quam videri 
« ĂŠtre plutĂŽt que paraĂźtre. Â» Devise d'usage rĂ©pandu. FrĂ©quemment attribuĂ©e Ă  CicĂ©ron (Des Devoirs, 26, 97) ; mais la formule y est employĂ©e dans un sens si diffĂ©rent qu'il s'agit d'un contre-sens. (Voir ici le texte de CicĂ©ron). La source de la formule est plus surement dans Salluste, Guerre de Catilina, 54. (Voir ici le texte de Salluste)
Et alibi 
« Et en autres lieux. Â» AbrĂ©gĂ© : et al. Variante de et cetera. Expression ajoutĂ©e aprĂšs une liste de noms de lieux pour indiquer des lieux non citĂ©s.
Et alii 
« Et les autres. Â» (Souvent abrĂ©gĂ©e en et al. ou e.a.) Expression ajoutĂ©e aprĂšs le nom du ou des principaux auteurs d'un ouvrage pour dĂ©signer collectivement les collaborateurs secondaires.
Et campos ubi Troja fuit 
« Et les champs oĂč fut Troie. Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 3, 12. Troie est en flammes. Tous ceux qui ont Ă©chappĂ© au dĂ©sastre sont rĂ©unis autour d'ÉnĂ©e. « Alors, dit-il, je quitte en pleurant les rivages de la patrie, le port hospitalier et les champs oĂč fut Troie. Â» Ce vers plein de tristesse et de mĂ©lancolie, est restĂ© l'expression Ă©loquente de la douleur des peuples chassĂ©s de leur patrie.
Et cetera 
« Et toutes les autres choses. Â» (AbrĂ©gĂ©e en etc.) AjoutĂ© aprĂšs une liste de chose pour spĂ©cifier toutes les autres choses du mĂȘme genre.
Et cƓtera 
Variante orthographique de Et cetera.
Et facta est lux 
« Et la lumiĂšre fut. Â» Voir Fiat lux !
Et in Arcadia ego 
« Je suis aussi en Arcadie. Â» L'Arcadie est, pour les Anciens, le lieu des fĂ©licitĂ©s. Mais la Mort personnifiĂ©e dit : "Je suis aussi en Arcadie". Cette formule est le titre de deux tableaux de Nicolas Poussin, plus connus comme Les bergers d'Arcadie, dans lesquels des bergers sont rĂ©unis autour du sombre bloc d'un tombeau. Formule Ă©quivalente : Memento mori.
Et lux in tenebris lucet 
«  La lumiĂšre luit dans les tĂ©nĂšbres Â» Évangile de Jean, 1, 5. Voir ici les versets en contexte.
Et nunc reges, intelligite
 erudimini, qui judicatis terram 
«  Et maintenant, vous les grands de ce monde, instruisez-vous, vous qui dĂ©cidez du sort du monde ! Â» Psaumes, 2, 10 (voir ici). CitĂ© par Bossuet dans son oraison funĂšbre de la reine Henriette d'Angleterre (Madame se meurt, madame est morte
) pour signifier que les malheurs des rois sont pour les hommes la plus Ă©clatante et la plus instructive des leçons.
Et sequentes 
« Et suivantes. Â» AbrĂ©gĂ© en et seq. : UtilisĂ© pour renvoyer Ă  une page et suivantes d'un ouvrage citĂ© en rĂ©fĂ©rence.
Et seq. 
Abréviation de et sequentes.
Et suppositio nil ponit in esse 
« Supposer une chose ne lui confĂšre pas l'existence. Â» Principe de scolastique mĂ©diĂ©vale. Voir A posse ad esse non valet consequentia.
Et tu Brute 
«  Et toi aussi, Brutus. Â» Expression par laquelle Shakespeare rend dans sa tragĂ©die Jules CĂ©sar le Tu quoque mi fili prononcĂ© par CĂ©sar au moment de sa mort. Expression gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©e dans le monde anglo-saxon lĂ  oĂč les francophones disent "Et toi aussi, mon fils !".
etc. 
Voir et cetera.
Etiam innocentes cogit mentiri dolor 
«  La douleur force Ă  mentir mĂȘme les innocents. Â» Montaigne, Essais, 2, 15. Voir le texte ici.
Etiam periere ruinĂŠ 
«  Les ruines mĂȘme ont pĂ©ri. Â» Lucain, La Pharsale, 9, 969. Paroles mĂ©lancoliques du Lucain racontant la visite de CĂ©sar aux ruines de Troie.
Etiamsi omnes, ego non 
LittĂ©ralement : « Pas moi, mĂȘme contre tous les autres. Â» Évangile de Matthieu, 23, 33. Paroles de Pierre Ă  JĂ©sus. Voir ici le contexte. A servi de thĂšme de rĂ©sistance, en particulier dans l'Allemagne nazie (Philipp von Boeselager ; Joachim Fest, dont la biographie porte le titre Ich Nicht - traduction allemande de Ego non.)
Ex abrupto 
«  Brusquement ; sans prĂ©ambule. Â» Voir aussi Ab Abrupto.
Ex abstracto 
« Ă€ partir de l'abstrait ; dans l'abstrait. Â»
Ex ĂŠquo 
« Ă€ Ă©galitĂ©.»
Ex Africa semper aliquid novi 
«  D'Afrique surgira toujours du neuf. Â» Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 8, 17, 42. Voir ici l'intĂ©gralitĂ© du paragraphe, qui explicite le contexte.
Ex animo 
LittĂ©ralement : « Venant de mon Ăąme Â», c'est-Ă -dire « sincĂšrement. Â»
Ex-ante 
« Au prĂ©alable. Â» En Ă©conomie, une analyse "ex-ante" est une analyse prĂ©visionnelle intervenant avant la survenance des faits Ă©tudiĂ©s. Voir Ex-post ; voir aussi A priori.
Ex cathedra 
« De la chaire. Â» Un enseignement ex cathedra se rĂ©fĂšre, dans la thĂ©ologie catholique, Ă  un enseignement du pape dont on considĂšre qu'il a l'intention d'invoquer l'infaillibilitĂ©. Expression utilisĂ©e couramment pour qualifier l'enseignement d'un maĂźtre supposĂ© incontestable, voire, plus pĂ©jorativement, d'un enseignement magistral excluant toute question ou contestation, qui ignore l'auditoire et sa comprĂ©hension du sujet.
Ex dolo malo 
« Par fraude Â». Dolus malus est le terme romain dĂ©signant la fraude ou la tromperie. Le principe de droit romain est : ex dolo malo non oritur actio, c'est-Ă -dire « aucune poursuite judiciaire ne saurait rĂ©sulter de la fraude ou de la tromperie. Â»
Ex dono 
« Provenant du don, de la donation de
 Â» oĂč suit le nom du donateur. Se lit dans les musĂ©es sous les Ɠuvres provenant d'une donation.
Ex falso sequitur quod libet 
« Du faux dĂ©coule ce que l'on veut. Â» Principe de raisonnement logique selon lequel d'une proposition fausse on peut dĂ©duire n'importe quelle proposition.
Ex gratia 
« Par bontĂ©. Â» DĂ©signe une action, un don effectuĂ© par bontĂ©, sans attendre de gain ou de rĂ©compense. Selon le droit romain, un don ex gratia exclut toute autre responsabilitĂ© ou obligation.
Ex hypothesi 
« Par hypothĂšse. Â»
Ex infra 
« Comme il rĂ©sulte de ce qui est dit plus loin. Â» RĂ©fĂ©rence dans des Ă©crits universitaires.
Ex libris 
« Faisant partie des livres de
 Â» Mention apposĂ©e sur la page de garde d'un livre pour en indiquer le propriĂ©taire.
Ex-libris 
Gravure personnalisĂ©e, accolĂ©e en tĂȘte d'un livre, pour en dĂ©signer le propriĂ©taire.
Ex malo bonum 
« Du mal peut naĂźtre un bien. Â» Augustin d'Hippone, Sermon LXI. [RĂ©fĂ©rence nĂ©cessaire, Texte original nĂ©cessaire, Traduction en Domaine Public nĂ©cessaire]. Voir Bonum ex malo non fit.
Ex mea sententia 
« Ă€ mon avis. Â»
Ex nihilo nihil 
« De rien rien ne nait. Â» Version abrĂ©gĂ©e de Ex nihilo nihil fit.
Ex nihilo nihil fit 
« De rien rien ne nait. Â» Cette formule – ou une formule voisine â€“ serait due d'abord Ă  EmpĂ©docle [rĂ©f. nĂ©cessaire] et aurait Ă©tĂ© reprise par LucrĂšce [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Toutefois, ces deux rĂ©fĂ©rences partout recopiĂ©es sont suspectes et demandent Ă  ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e. On trouve l'expression dans Perse, Satires, 3, 84 : voir ici le contexte. À l'origine, elle signifiait : « On n'a rien sans rien. Â» Elle a pris par la suite un sens philosophique plus vaste pour dire que « tout effet a une cause Â» (voir CausalitĂ©). Enfin, plus rĂ©cemment encore, en physique contemporaine, elle est associĂ©e aux lois de conservation et de symĂ©trie (voir Emmy Noether).
Ex novo 
« De neuf. Â» Se dit de quelque chose qui a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© de neuf, Ă  partir de rien. Voir De novo.
Ex officio 
« De sa fonction. Â» En vertu de sa position ou de son rang.
Ex opere operantis 
« Par l'Ɠuvre de l'opĂ©rant. Â» Proposition de thĂ©ologie catholique qui s'oppose Ă  la proposition Ex opere operato. Cette proposition signifie que la grĂące d'un sacrement dĂ©pend de l'Ă©tat ou des disposition de celui qui l'administre / de celui qui le reçoit.
Ex opere operato 
« Par le fait que le rite est accompli. Â» Proposition de thĂ©ologie catholique attribuĂ©e Ă  Saint Thomas. Cette proposition signifie que la grĂące d'un sacrement ne dĂ©pend que de Dieu ; mais ni de celui qui administre le sacrement, ni de celui qui le reçoit. Le rite du sacrement porte en lui-mĂȘme sa propre efficience. Le Concile de Trente Ă  posĂ© la thĂšse du caractĂšre ex opere operato des sacrements.
Ex pede Hercule 
« Par la mesure du pied d'Hercule vous aurez sa taille toute entiĂšre. Â» La connaissance de la partie donne accĂšs au tout. Application des lois de proportionnalitĂ© dĂ©couvertes pas les pythagoriciens et transmise sous cette forme par Aulu-Gelle.
Ex-post 
« AprĂšs coup. Â» En Ă©conomie, une analyse "ex-post" est une Ă©tude intervenant aprĂšs la survenance des faits Ă©tudiĂ©s. Voir Ex-ante ; voir aussi A posteriori.
Ex silentio 
« Par le silence. Â» Un argument qui ne reçoit ni rĂ©plique ni rĂ©futation est supposĂ© admis. Argumentum ex silentio : argument admis comme vrai puisque le contradicteur n'a su y trouver d'objection.
Ex situ 
S'oppose Ă  In situ.
Ex supra 
« Comme il rĂ©sulte de ce qui a Ă©tĂ© dit ci-dessus. Â» RĂ©fĂ©rence dans un ouvrage universitaire.
Ex tempore 
« Ă€ l'instant ; tout de suite ; immĂ©diatement. Â»
Ex tenebris lux 
« Des tĂ©nĂšbres viendra la lumiĂšre. Â» Devise de la ville de GenĂšve, Suisse.
Ex ungue leonem 
« On reconnaĂźt le lion Ă  sa griffe. Â» On reconnaĂźtrait, selon l'adage, l'artiste Ă  sa "patte".
Ex vi termini 
« Par la force du terme. Â» Par dĂ©finition.
Ex vulgus scientia 
« La sagesse populaire. Â»
Ex vivo 
« En dehors de l'organisme vivant. Â» En biologie, expression employĂ©e pour ce qui est relatif aux cellules cultivĂ©es en milieu artificiel. Voir In vivo.
Ex voto 
« En consĂ©quence d'un vƓu. Â» Voir Ex-voto.
Ex-voto 
Offrande faite Ă  un dieu en demande d'une grĂące ou en remerciement d'une grĂące obtenue.
Exceptio est strictissimae interpretationis 
« L'exception doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e de la façon la plus stricte. Â» Adage juridique.
Exceptio firmat regulam in casibus non exceptis 
« L'exception confirme la rĂšgle quant aux cas non exceptĂ©s. Â» Adage juridique.
Excusatio non petita accusatio manifesta 
« Une excuse non demandĂ©e est un aveu de culpabilitĂ©. Â» En français : "Qui s'excuse s'accuse."
Exeat 
« Qu'il sorte. Â» Permission de sortir ; billet de sortie ; autorisation d'exercer dans un autre Ă©tablissement, une autre institution.
Exegi monumentum ĂŠre perennius 
« J'ai Ă©rigĂ© un monument plus durable que l'airain. Â» Horace, Odes, 3, 30, 1. Voir Ære perennius exegi monumentum. Le poĂšte, terminant le recueil de ses trois premiers livres, promet Ă  son Ɠuvre l'immortalitĂ©. Voir le texte ici.
Exempli gratia 
« Par exemple. Â» Souvent abrĂ©gĂ© en e.g. La forme e.g. est encore trĂšs employĂ©e dans quelques langues, comme l'anglais, y compris Ă  l'oral.
Exemplum est argumentatio in qua ex uno singulari infertur, quod fieri potest a pari, vel a contrario, vel a fortiori 
« L'argument par l'exemple est celui par lequel, en partant d'un cas particulier, on conclut Ă  ce qui peut ĂȘtre fait par Ă©quivalent, au contraire, ou Ă  plus forte raison. Â» Adage juridique.
Exeunt 
« Ils sortent. Â» Parfois utilisĂ© au thĂ©Ăątre en didascalie pour indiquer que les personnages sortent de la scĂšne.
Exit 
« Il sort. Â» Parfois utilisĂ© au thĂ©Ăątre en didascalie pour indiquer que le personnage sort de la scĂšne.
Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor 
« Qu'un vengeur naisse un jour de ma cendre ! Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 4, 626. ImprĂ©cation de Didon mourante. Virgile fait remonter Ă  Didon la haine qui divisa Rome et Carthage. Le vengeur futur qu'Ă©voque Didon, c'est Annibal, ennemi irrĂ©conciliable et terrible des Romains.
Experimentum crucis 
« ExpĂ©rience cruciale. Â» Preuve dĂ©cisive d'une thĂ©orie scientifique.
Extra ecclesiam nulla salus 
« Hors de l'Église, point de salut. Â» Mots de Saint Cyprien de Carthage, Ă©vĂȘque du IIIe siĂšcle, exprimant que la doctrine de l'Église catholique est indispensable au salut.
Extra omnes 
« Tous dehors ! Â» Expression employĂ©e lors d'un conclave pour faire sortir de la Chapelle Sixtine ceux qui ne participeront pas Ă  l'Ă©lection du prochain pape.

F

Fabricando fit faber 
ou Fabricando fabri fimus : « La pratique fait l'ouvrier. Â» Équivalent français : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron."
Fac simile 
« Fait Ă  l'identique. Â» Fax est une contraction de fac simile utilisĂ©e pour dĂ©signer un tĂ©lĂ©copieur.
Fama volat 
« La rumeur vole. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 3, 121. Voir ici cette mĂ©taphore dans le texte de Virgile.
Felix culpa 
« Heureuse faute. Â» La formule complĂ©te est O felix culpa, quƓ talem ac tantum meruit habere redemptorem ! « Ă” heureuse faute qui nous a donnĂ© un si grand rĂ©dempteur Â». Elle trouve son origine dans une homĂ©lie de Saint Augustin et a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e dans l'hymne du samedi pascal Exultet jam angelica turba cƓlorum « Que la troupe angĂ©lique tressaille de joie dans les cieux. Â», pour la bĂ©nĂ©diction des cierges. Saint Augustin appelle heureuse faute le pĂ©chĂ© originel, qui a mĂ©ritĂ© aux hommes la gloire d'ĂȘtre rachetĂ©s par le Fils de Dieu.
Felix qui potuit rerum cognoscere causas 
« Heureux celui qui a pu pĂ©nĂ©trer le fond des choses. Â» Virgile, GĂ©orgiques, 2, 490. Souvent citĂ© pour vanter le bonheur de ceux dont l'esprit vigoureux pĂ©nĂštre les secrets de la nature et s'Ă©lĂšve ainsi au-dessus des superstitions du vulgaire. Voir ici le texte de Virgile.
Fere libenter homines id quod volunt credunt 
« GĂ©nĂ©ralement, les hommes croient ce qu'ils veulent croire. Â» CĂ©sar, Commentaires sur la Guerre des Gaules, 3, 18.
Festina lente ! 
« HĂąte-toi lentement !» Agis avec obstination mais sans prĂ©cipitation.
Fiat lux ! 
« Que la lumiĂšre soit !» Bible, GenĂšse, 1, 3. Parole de Dieu lors de la CrĂ©ation du Monde. La phrase complĂšte est : Fiat lux, et lux fit « Que la lumiĂšre soit, et la lumiĂšre fut Â». Variante Et facta est lux.
Fiat voluntas tua 
« Que ta volontĂ© soit faite. Â» Mots tirĂ©s de l’Oraison dominicale chrĂ©tienne, qui rĂ©sument l'obĂ©issance du croyant Ă  la volontĂ© divine.
Fide, sed cui vide 
« Fais confiance, mais prends garde Ă  qui. Â»
Fidei Defensor 
« DĂ©fenseur de la Foi. Â» Latin moderne. AbrĂ©gĂ© (Fid Def) ou (fd). Titre attribuĂ© le 17 octobre 1521 Ă  Henry VIII d'Angleterre par le Pape LĂ©on X avant qu'il devienne hĂ©rĂ©tique. Ce titre est toujours revendiquĂ© par les souverains britanniques et figure, en abrĂ©gĂ©, sur les piĂšces de monnaie.
Finis coronat opus 
« La fin couronne l'Ɠuvre. Â» S'emploie en bonne ou en mauvaise part. Peut se comprendre, par exemple comme In cauda venenum, ou comme La fin justifie les moyens.
Flagellum Dei 
« FlĂ©au de Dieu. Â» Attila le Hun.
Flagrante delicto 
« En flagrant dĂ©lit. Â» (Terme de droit).
Florebo quocumque ferar 
« Je fleurirai partout oĂč je serai portĂ©. Â» Devise de la Compagnie française des Indes occidentales aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles. Aujourd'hui devise de l'Ăźle de la RĂ©union.
Fluctuat nec mergitur 
« Elle tangue mais ne sombre pas. Â» Devise de la ville de Paris.
Fontes aquarum 
« La source des eaux. Â». Bible, Psaume 41, 1 : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus. « Ainsi que le cerf altĂ©rĂ© cherche la source, mon Ăąme te cherche, Seigneur. Â»
Fortes fortuna juvat 
« La chance favorise les courageux. Â». Voir Audaces fortuna juvat.
Fortissimi sunt belgae 
« Les plus braves sont les Belges. Â» CĂ©sar, Commentaires sur la Guerre des Gaules, 1, 1, 3. Voir Horum omnium fortissimi sunt Belgae.
Fortuna caeca est 
« La fortune est aveugle. Â» CicĂ©ron, De Amicita, 15, 54. Voir le contexte ici.
Fragrans feminĂŠ 
« Odeur de femme. Â»
Fraus omnia corrumpit 
« La fraude entache de nullitĂ© tout acte accompli sous son couvert. Â» Adage juridique.
Fugit irreparable tempus 
« Le temps s'enfuit, perdu pour toujours. Â» Ovide, GĂ©orgiques, 3, 284. Vers imitĂ© ou paraphrasĂ© par La Fontaine, Boileau, Walter Scott

Furor arma ministrat 
« La fureur fournit des armes Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 1, 150. Voir ici le texte de Virgile.

G

Gaudeamus hodie 
« RĂ©jouissons-nous aujourd'hui. Â» Titre d'un cĂ©lĂšbre gospell, musique de Rainer Butz.
Gaudeamus igitur 
« RĂ©jouissons-nous. Â» Chanson estudiantine datant du XVIIIe siĂšcle.
Gaudium in veritate 
« La joie dans la vĂ©ritĂ©. Â» Expression utilisĂ©e dans les Ă©crits catholiques. On trouve aussi Gaudium de veritate : « Joie de la vĂ©ritĂ©. Â»
Generalia specialibus non derogant 
« Les cas gĂ©nĂ©raux ne dĂ©rogent pas aux cas spĂ©cifiques. Â» (Locution de droit anglo-saxon.) Lorsque dans une affaire un cas gĂ©nĂ©ral et un cas particulier peuvent ĂȘtre invoquĂ©s, c'est le cas particulier qui s'applique.
Generis virtus nobilitas ! 
« La vertu de la race c'est la noblesse ! Â» La formule est due d'abord Ă  Aristote, dans un ouvrage sur la noblesse, aujourd'hui perdu mais dont un long fragment a Ă©tĂ© conservĂ© par StobĂ©e. Celui-ci rapporte, en latin, la formule nobilitas idem est quod virtus generis « La noblesse est la vertu de la race. Â» C'est-Ă -dire qu'une race (une lignĂ©e) n'est noble que dans la mesure ou elle pratique la vertu. La devise de l'empereur Claude, Generis nobilitas, virtus « les vertus sont le propre des races nobles Â» a le sens rĂ©ciproque, c'est-Ă -dire, Ă©videmment, bien diffĂ©rent, voire spĂ©cieux.
Genius loci 
« Le gĂ©nie du lieu. Â» Les aspects distinctifs, l'atmosphĂšre particuliĂšre d'un lieu, tels qu'ils peuvent ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©s dans les arts, la littĂ©rature, les lĂ©gendes
 À l'origine, le genius loci Ă©tait un esprit protecteur particulier, reprĂ©sentĂ© sous forme d'un serpent.
Gens humana ruit per vetitum 
« La race des humains se prĂ©cipita dans le crime. Â» Horace, Odes 1, 3, 26. Voir ici le vers dans son contexte.
Genus irritabile vatum 
« La race irritable des poĂštes. Â» Horace, ÉpĂźtres, 2, 2, 102. Voir ici le vers dans son contexte.
Gesta non verba 
« Moins de mots, des actes. Â» Formule dĂ©jĂ  populaire Ă  Rome contre les politiciens. ParaphrasĂ©e ironiquement en mai 1968 : Assez d'actes, des mots.
Gladius legis custos 
« Le glaive gardien de la loi. Â» Devise gravĂ©e au fronton du Palais de justice de Paris : La force est au service du droit.
Gloria in Excelsis Deo 
« Gloire Ă  Dieu au trĂšs haut des Cieux. Â» Premiers mots de la priĂšre chrĂ©tienne du Gloria.
Gloria Patri 
« Gloire soit au PĂšre. Â» Premiers mots de la doxologie Gloria Patri et Filio et Spirito Sancto.
Gloria Patri et Filio et Spirito Sancto 
« Gloire soit au PĂšre, au Fils et au Saint Esprit Â». Dans le rite catholique, doxologie, c'est-Ă -dire court hymne ou chant de louange, pouvant ĂȘtre proclamĂ©e ou chantĂ©e en divers moments de la liturgie.
Gloria victis 
« Gloire aux vaincus ! Â» Titre d'un monument sculptĂ© d'Antonin MerciĂ© dont l'original se trouve Ă  Washington aux États-Unis et une copie sur la place Jean-Moulin de Bordeaux, cĂ©lĂ©brant les soldats tuĂ©s lors de la guerre franco-prussienne de 1870. (S'oppose au VĂŠ victis ! du chef celte Brennus aprĂšs la conquĂȘte de Rome.)
Graecia capta ferum victorem cepit 
« La GrĂšce soumise soumit son vainqueur. Â» Horace, ÉpĂźtres, 2, 1, 156. La culture des Grecs, soumis par les Romains, s'imposa au vainqueur. Voir ici le vers dans son contexte.
Graecum est, non legitur 
« C'est du grec, ça ne se lit pas. Â» Formule des scribes peu instruits du Moyen-Âge lorsqu'ils devaient recopier un mot ou un passage en grec dans un texte latin.
Grammatici certant 
« Les savants ne sont pas d'accord entre eux. Â» AbrĂ©viation de la formule plus complĂšte : Grammatici certant et adhuc sub judice lis est. « Les savants ne sont pas d'accord entre eux et la question demeure Ă  juger. Â» Au Moyen-Âge, le terme grammatici dĂ©signe les savants ; quant aux questions examinĂ©es, elles sont essentiellement d'ordre logique et thĂ©ologique.
Gratis pro deo 
« Pour l'amour de Dieu. Â» S'emploie pour dĂ©signer toute action dĂ©sintĂ©ressĂ©e, de façon Ă©ventuellement ironique. En français : travailler « pro deo Â» travailler « pour le Roi de Prusse Â» ; travailler « pour les beaux yeux de
 Â»
Graviora manent 
« Le pire est Ă  venir. Â» L'expression se trouve dans l’ÉnĂ©ide de Virgile 6, 1, 2, 84. Voir ici le texte virgilien.
Grosso modo 
LittĂ©ralement : « De maniĂšre grossiĂšre. Â» En gros ; approximativement.
Gutta cavat lapidem (non vi sed saepe cadendo) 
« La goutte fait un trou dans la pierre (pas par force, mais en tombant souvent). Â»

H

Habemus papam 
« Nous avons un pape. Â» Proclame en latin le cardinal protodiacre Ă  l'issue d'un conclave, depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre au Vatican, pour annoncer l'Ă©lection d'un nouveau pape, l'identitĂ© de l'Ă©lu et le nom de rĂšgne qu'il s'est choisi. Voir Duos habet et bene pendentes !.
Habent sua fata libelli 
« Les livres ont leur propre destin. Â» TĂ©rence le Maure Ă©crit au vers 1286 de son ouvrage De litteris, De syllabis, De Metris « Sur les lettres, les syllabes et les mĂštres Â» : Pro captu lectoris habent sua fata libelli « Par l'esprit du lecteur, les livres acquiĂšrent leur propre destin. Â»
Hannibal ad portas ou Hannibal ante portas 
« Hannibal vient Ă  nos portes Â» ou « Hannibal est devant nos portes. Â» La seconde formule est plus pressante que la premiĂšre. Les deux expriment la terreur qu'inspira Hannibal aux Romains et sont proverbiales pour dĂ©signer un danger immĂ©diat et extrĂȘme. Voir aussi Annibal ad portas.
Hic et nunc 
« Ici et maintenant. Â»
Hic et ubique terrarum 
« Ici et partout sur la Terre. Â» (Devise de la Sorbonne.)
Hic jacet lupus 
« Ici est le loup. Â» "Le loup" : la cause, le nƓud d'un problĂšme, d'une difficultĂ©. Expression toujours utilisĂ©e en français contemporain.
Hic Rhodus, hic salta 
« Voici Rhodes : saute ! Â» Formule d'une fable d'Ésope. Un athlĂšte vaniteux assure qu'il a fait un saut extraordinaire alors qu'il se trouvait Ă  Rhodes, et qu'il peut en produire des tĂ©moins. Un de ses auditeurs rĂ©plique que ce n'est pas nĂ©cessaire ; il suffit qu'il refasse le saut lĂ  oĂč il est.
Hoc signo vinces 
« Par ce signe, tu vaincras Â». Peu avant la bataille du pont Milvius (28 octobre 312), Constantin aurait reçu la vision du labarum (Ă©tandard figurant le chrisme) et entendu une voix miraculeuse lui faire cette prĂ©diction. Variante : In hoc signo vinces.
Hodie mihi, cras tibi 
« Aujourd'hui pour moi, demain pour toi. Â» Traduit aussi : “Aujourd'hui mon tour, demain le tien.”
Homines quod volunt credunt 
« Les hommes croient ce qu'ils veulent croire. Â» La citation littĂ©rale est : Fere libenter homines id quod volunt credunt.
Homo homini lupus 
« L'Homme est un loup pour l'Homme. Â» L'expression est initialement dans la piĂšce de Plaute Asinaria « L'Asinaire Â» ou « La comĂ©die des Ăąnes Â», 494. Voir le texte ici
Homo sum, humani nil a me alienum puto 
« Je suis un homme ; rien de ce qui est humain ne m'est Ă©tranger Â» Souvent attribuĂ© Ă  TĂ©rence (L'HĂ©autontimoroumĂ©nos), mais plus vraisemblablement dĂ» Ă  SĂ©nĂšque (Lettres Ă  Lucilius, 14, 45, 53). Voir ici le texte de SĂ©nĂšque.
Honoris causa 
« Pour l'honneur ; de façon honorifique. Â»
Hora fugit, stat jus 
« L'heure fuit, le droit demeure. Â»
Horas non numero nisi serenas 
« Je ne compte les heures que si elles sont sereines. Â» (Inscription de cadran solaire.)
Horum omnium fortissimi sunt Belgae 
« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves. Â» CĂ©sar, Commentaires sur la guerre des Gaules, 1, 1, 3. Voir ici le texte de CĂ©sar.
Horresco referens 
« Je frĂ©mis en le racontant. Â» Exclamation d'ÉnĂ©e racontant la mort de Laocoon. Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2. Souvent utilisĂ©e ironiquement.
Horribile dictu 
« Horrible Ă  dire. Â»

I

Nota : La lettre "J" n'existe pas en latin classique. Elle a Ă©tĂ© inventĂ©e par les humanistes du XVIe siĂšcle pour distinguer le i-voyelle du i-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "I" en latin classique ; avec un "J" dans les Ă©ditions modernes.
I 
« Va. Â» (L'impĂ©ratif du verbe eo « je vais Â» permet d'Ă©crire la plus petite phrase latine.)
I tego arcana dei 
« Va ! je possĂšde l'enseignement de Dieu. Â» (Anagramme de Et in Arcadia ego.)
i.e. 
Abréviation de id est.
Ibi deficit orbis 
« Ici finit le monde. Â» Sentence gravĂ©e, selon la lĂ©gende ancienne, sur les Colonnes d'Hercule.
Ibid. 
Abréviation de Ibidem.
Ibidem 
« Au mĂȘme endroit. Â» (AbrĂ©viation : Ibid.)
Id est 
« C'est-Ă -dire. Â» (AbrĂ©viation : i.e. surtout dans la littĂ©rature anglo-saxonne.)
Idem 
« La mĂȘme chose. Â» (AbrĂ©viation : id.)
Idus MartiĂŠ 
« Ides de Mars. Â» Le 15e jour de mars ; historiquement : jour oĂč CĂ©sar fut assassinĂ© en 44 AEC.
Iesus Nazarenus Rex IudĂŠorum 
« JĂ©sus le NazarĂ©en, Roi des Juifs. Â» (Traduit aussi souvent : « JĂ©sus de Nazareth, Roi des Juifs. Â») Voir INRI.
Ignorantia iuris nocet (Ignorantia juris nocet) 
« L'ignorance du droit porte prĂ©judice. Â» Adage juridique.
Ignorantia juris non excusat 
« L'ignorance de la loi n'est pas une excuse. Â» Adage juridique.
Ignorantia iuris neminem excusat (Ignorantia juris neminem excusat) 
« Nul n'est censĂ© ignorer la loi. Â»
Ignorantia legis non excusat 
« L'ignorance de la loi n'est pas une excuse. Â»
Ignoti nulla cupido 
« On ne peut dĂ©sirer ce qu'on ne connaĂźt pas. Â» Ovide, L'Art d'aimer, 3, 397. Dans l'Art d'aimer, Ovide reprĂ©sente aux femmes qu'elles ne sauraient se faire aimer si elles ne se font connaĂźtre. Voir ici le texte d'Ovide.
Ignotum per ignotius 
« L'obscur par le plus obscur. Â» Une explication moins claire encore que ce qu'elle est censĂ©e expliquer.
Imitatio dei 
« Imitation de Dieu. Â» Principe partagĂ© par plusieurs religions selon lequel le croyant doit s'efforcer de ressembler Ă  Dieu. Dans le christianisme, on trouve le thĂšme chez Saint Paul (Ep. 5.1), Hobbes ; dans le judaĂŻsme, chez Gersonide, MaĂŻmonide ; voir aussi les rapports avec le dharma bouddhiste.
Imperium in imperio 
« Ă‰tat dans l'État. Â»
Imperium sine fine 
« Un empire sans fin. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 1, 279. Selon Virgile, Jupiter prĂ©dit Ă  ÉnĂ©e, avec la fondation de Rome, un empire sans fin.
Impossibilia nulla tenetur 
« Ă€ l'impossible nul n'est tenu . Â» Adage juridique. On ne peut se voir reprocher un dĂ©lit d'inaction si l'action, en considĂ©ration de la personne, est impossible. Par exemple, on ne peut vous reprocher de ne pas tenter de sauver une personne qui se noie si vous ne savez pas nager.
Imprimatur 
« Qu'il soit imprimĂ©. Â» Autorisation d'imprimer dĂ©livrĂ©e par un Ă©vĂȘque pour un ouvrage traitant de la foi catholique.
In 
« Dans. Â»
In absentia 
« En l'absence de
 Â» Formule utilisĂ©e dans de nombreuses circonstances, par exemple lorsqu'une condamnation est prononcĂ©e en l'absence de l'accusĂ©.
In actu 
« Ena acte Â» Dans l'acte lui-mĂȘme, en rĂ©alitĂ©.
In articulo mortis 
« Ă€ l'article de la mort. Â» C'est-Ă -dire : "mourant".
In cauda venenum 
« Dans la queue le venin. Â» Pour dĂ©crire un argument, un discours, un propos polĂ©mique oĂč "le mot qui tue" se trouve rejetĂ© Ă  la toute fin, comme par surprise.
In dubio pro reo 
« Le doute profite Ă  l'accusĂ©. Â»
In duplo 
« En double. Â»
In extenso 
« En intĂ©gralitĂ© ; en entier. Â»
In extremis 
« En derniĂšre extrĂ©mitĂ© ; de justesse. Â»
In fine 
« Ă€ la fin ; en dernier ; finalement ; en conclusion. Â»
In girum imus nocte et consumimur igni 
« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dĂ©vorĂ©s par le feu. Â» C'est un palindrome et le titre d'un film de Guy Debord.
In hoc senso ou In sensu hoc 
« En ce sens. Â»
In hoc signo vinces 
Voir Hoc signo vinces.
In hunc effectum 
« Ă€ cet effet. Â» DĂ©signe une mesure destinĂ©e Ă  rĂ©gler une problĂšme prĂ©cis ; une assemblĂ©e rĂ©unie pour traiter d'un sujet dĂ©fini.
In illo tempore 
« En ce temps-là
. Â» DĂ©but de nombreux rĂ©cits, de nombreuses fables.
In loco 
« Sur le lieu mĂȘme. Â» Voir In situ.
In manus tuas commendo spiritum meum 
« [PĂšre], je remets mon esprit entre tes mains. Â» Derniers mots de JĂ©sus sur la croix, selon l'Évangile de Luc, 23, 46.
In medias res 
« Au milieu des choses. Â» Technique narrative qui consiste Ă  dĂ©buter un rĂ©cit en cours d'action ou lorsque l'intrigue est parvenue ou presque parvenue Ă  conclusion.
In medio stat virtus 
« La vertu est au milieu. Â» Maxime latine au parfum radical-socialiste frĂ©quemment et improprement attribuĂ©e Ă  Horace. AdaptĂ©e de la sentence grecque ΌηΎΔΜ Î±ÎłÎ±Îœ (mĂȘdĂ©n ĂĄgan) « Rien de trop ! Â», devise de Solon d'AthĂšnes, l'un des sept sages de la GrĂšce antique.
In memoriam 
« Ă€ la mĂ©moire de
 Â» Locution Ă©voquant la mĂ©moire d'un dĂ©funt. Mention apparaissant sur des monuments dĂ©dicatoires ou figurant en tĂȘte ou en fin d'Ɠuvres de toutes natures (livres, Ă©crits divers, films, etc.) et dĂ©diant l'ouvrage Ă  une personne dĂ©funte. Voir BeatĂŠ memoriĂŠ.
In naturalibus 
« En l'Ă©tat de nature. Â» Totalement nu ; sans vĂȘtements.
In nocte consilium 
« La nuit port conseil. Â»
In nuce 
« Dans la noix. Â» C'est-Ă -dire : en germe ; potentiel : Ă  dĂ©velopper.
In omnia paratus 
« ParĂ© Ă  tout, Ă  toute Ă©ventualitĂ©. Â»
In partibus infidelium 
« Dans les terres infidĂšles. Â» (AbrĂ©gĂ© en in partibus.) SiĂšge titulaire confiĂ© Ă  un Ă©vĂȘque sur lequel il ne peut avoir de juridiction effective. De fait, un "Ă©vĂȘque in partibus" est un Ă©vĂȘque "mis au placard."
In pectore 
« Dans le cƓur. Â» Un cardinal in pectore est un cardinal nommĂ© en secret par le pape. Voir Ab imo pectore.
In personam 
« Ă€ la personne. Â» DestinĂ© Ă , dirigĂ© vers, contre une personne.
In principio erat Verbum 
« Au commencement Ă©tait la Parole. Â» Évangile de Jean, 1, 1. Voir ici le texte des cinq premiers versets.
In rerum natura 
« Dans la nature des choses. Â» Voir aussi LucrĂšce, De natura rerum (« Sur la nature des choses. Â»)
In silico 
« Dans le silicium ; par ordinateur. Â» Expression pseudo-latine forgĂ©e Ă  la fin du XXe siĂšcle, Ă  l'imitation de in vivo et in vitro. Certaines expĂ©riences, plutĂŽt que d'ĂȘtre effectuĂ©es sur des objets rĂ©els (in vivo ou in vitro) peuvent ĂȘtre modĂ©lisĂ©es sur ordinateur (in silico).
In situ 
« Sur le lieu mĂȘme. Â»
In toto 
« EntiĂšrement, en totalitĂ©. Â»
In utero 
« Dans l'uterus. Â»
In utroque jure 
« Dans les deux droits. Â» Un doctorat in utroque jure est un doctorat en droit civil et en droit canon.
In vacuo 
« Dans le vide. Â»
In varietate concordia 
Devise de l'Union europĂ©enne. Traduction officielle en français : « Unis dans la diversitĂ©. Â»
In vino veritas 
« La vĂ©ritĂ© est dans le vin. Â»
In vitam ĂŠternam 
« Pour la vie Ă©ternelle ; pour l'Ă©ternitĂ©. Â» Voir : Ad vitam ĂŠternam.
In vitro 
« Dans le verre. Â» Signifie qu'une expĂ©rience est menĂ©e sur un objet dans des conditions de laboratoire (dans le verre d'une Ă©prouvette). UtilisĂ© surtout en biologie lorsqu'une expĂ©rience est conduite sur un objet vivant (cellule, organe, ĂȘtre) dans des conditions de laboratoire. OpposĂ© Ă  In vivo (et Ă  In silico).
In vivo 
« Dans le vif. Â» Signifie qu'une expĂ©rience est menĂ©e sur un objet vivant dans les conditions de naturelles. UtilisĂ© surtout en biologie lorsqu'une expĂ©rience est conduite sur un objet vivant (cellule, organe, ĂȘtre) dans ses conditions de vie naturelle. OpposĂ© Ă  In vitro (et Ă  In silico). Voir aussi Ex vivo.
Incredibile dictu 
« Incroyable Ă  dire ; chose qu'on a peine Ă  croire. Â» CicĂ©ron, 2e Philippique, Contre Marc-Antoine, 41, 106. Voir ici l'extrait correspondant du texte de CicĂ©ron.
Index Librorum Prohibitorum 
« Liste des livres interdits. Â» Liste des livres dont la lecture est interdite par l'Église catholique.
Infandum, regina, jubes renovare dolorem 
« Reine, vous m'ordonnez de rouvrir de cruelles blessures. Â» Ovide, l'ÉnĂ©ide, 2, 3. Voir ici' le texte de Virgile.
INRI 
AbrĂ©viation de Iesus Nazarenus Rex IudĂŠorum et de In Nomine Romanum Imperium : « Au nom de l'empire romain. Â»
Intelligenti pauca 
« Ă€ ceux qui comprennent, peu de mots suffisent. Â» Proverbe latin.
Inter alia 
« Entre autres choses ; entre autres. Â»
Inter arma silent leges 
Traduction courante : « En temps de guerre, les lois sont muettes. Â» La maxime se trouve dans Ciceron, Pro Milone, 4 sous la forme : Silent enim leges inter arma, avec un sens assez diffĂ©rent : CicĂ©ron dĂ©fend Milon qui a tuĂ© dans une situation de lĂ©gitime dĂ©fense ; il pose qu'en cas d'agression, la victime a le droit Ă  se dĂ©fendre ; que les lois sont muettes sur le sujet et que c'est au juge de dĂ©cider en fonction des intentions et des circonstances. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Inter fĂŠces et urinam nascimur 
« Nous naissons entre la merde et l'urine. Â» Formule attribuĂ©e frĂ©quemment et faussement Ă  Saint Augustin. On cite, parmi les auteurs possibles, Porphyre de Tyr et Bernard de Clairvaux.
Into Vinceres 
« C'est toi-mĂȘme qu'il faut vaincre. Â» Maxime stoĂŻcienne.
Intra muros 
« Dans les murs. Â» Dans les murs d'une ville fortifiĂ©e.
Intuitu personĂŠ 
« DĂ©pendant de la personne. Â» Un contrat de travail dĂ©pend de la personne avec laquelle il est conclu : c'est un contrat intuitu personnĂŠ.
Imperium in imperio 
« Ă‰tat dans l'État. Â»
Iovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus 
« GrĂące Ă  la foudre ravie Ă  Jupiter, la race issue de PromĂ©thĂ©e est transportĂ©e dans les antres souterrains. Â» Devise du mĂ©tro parisien, rĂ©digĂ©e par son ingĂ©nieur en chef, Fulgence BienvenĂŒe, rĂ©putĂ© bon latiniste. La « foudre ravie Ă  Jupiter Â», c'est l'Ă©lectricitĂ© ; la « race issue de PromĂ©thĂ©e Â» ce sont les Hommes - PromĂ©thĂ©e dĂ©roba le feu aux Dieux pour le donner aux Hommes ; les « antres souterrains Â», ce sont les tunnels du mĂ©tro

Ipsa scientia potestas est 
« La science mĂȘme est source du pouvoir. Â» Francis Bacon, 1597. La locution complĂšte est Nam et ipsa scienta potestas est.
Ipse dixit 
« Lui-mĂȘme l'a dit. Â» Dans les dĂ©bat de scolastique mĂ©diĂ©vale, argument fondĂ© sur l'affirmation : "Aristote lui-mĂȘme l'a dit." Qualifie un argument d'autoritĂ©. Voir Magister dixit.
Ipso facto 
« Par le fait mĂȘme. Â» Voir aussi Eo ipso.
Ira furor brevis est 
« La colĂšre est une courte folie. Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 2, 62.
Irritare crabrones 
« Irriter les frelons. Â» Jeter de l'huile sur le feu.
Is fecit, cui prodest 
« Celui qui l'a fait, c'est celui qui en profite. Â» À qui profite le crime ?
Is pater est quem nuptiĂŠ demonstrant 
« Le pĂšre, c'est celui que le mariage dĂ©signe comme tel. Â»
Is qui tacet non fatetur, sed nec utique negare videtur 
« Qui se tait ne nie pas. Â» Adage juridique.
Ita diis placuit ! 
« Ainsi il a plu aux dieux. Â» : la chose est faite, accomplie ; il n'y a plus Ă  y revenir.
Ite missa est 
LittĂ©ralement : « Allez, elle (la supplication) est envoyĂ©e (vers le Seigneur). Â» Paroles par lesquelles le prĂȘtre clos la messe (en latin). Cette formule liturgique est Ă  l'origine du terme français "messe".
Iunctis viribus 
« Par des forces unies. Â» : L'union fait la force.
Iurare in verba magistri 
« Jurer selon les paroles du maĂźtre. Â» Se conformer aux arguments d'autoritĂ©.
Iure uxoris 
« Par le droit de la femme. Â» Droit exercĂ© par un Ă©poux en vertu des pouvoirs dĂ©tenus par son Ă©pouse.
Iuventus stultorum magister 
« La jeunesse est le professeur des fous. Â»
Ius in bello 
« "Lois" da la guerre. Â» Limitations gĂ©nĂ©ralement acceptĂ©es quant aux armes autorisĂ©es, au traitement des prisonniers, etc.
Ius primae noctis 
« Droit de la premiĂšre nuit. Â» Droit du seigneur ; droit de cuissage.
Ius sanguinis 
« Droit du sang. Â» Droit de la nationalitĂ© fondĂ© sur la filiation.
Ius soli 
« Droit du sol. Â» Droit de la nationalitĂ© fondĂ© sur le lieu de naissance.

J

Nota : La lettre "J" n'existe pas en latin classique. Elle a Ă©tĂ© crĂ©e par les humanistes du XVIe siĂšcle pour distinguer le i-voyelle du i-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "I" en latin classique ; avec un "J" dans les Ă©ditions modernes.
Jesus Nazarenus Rex JudĂŠorum 
Voir Iesus Nazarenus Rex IudĂŠorum.
Jovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus 
Voir Iovis erepto fulmine per inferna vehitur Promethei genus.
Junctis viribus 
Voir Iunctis viribus.
Jurare in verba magistri 
Voir Iurare in verba magistri.
Jure uxoris 
Voir Iure uxoris.
Juris praecepta sunt haec : honeste vivere, alterum non laedere, suum cuique tribuere 
« Les principes fondamentaux du droit sont les suivants : vivre honnĂȘtement, ne pas faire de tort Ă  autrui, donner Ă  chacun ce qui lui revient. Â» Adage juridique.
Juventus stultorum magister 
Voir Iuventus stultorum magister.
Jus est ars boni et aequi 
« Le droit est l'art du bien et de l'Ă©quitĂ©. Â» Adage juridique.
Jus gentium 
« Droit des gens. Â» (Droit international coutumier.)
Jus in bello 
Voir Ius in bello.
Jus primae noctis 
Voir Ius primae noctis.
Jus sanguinis 
Voir Ius sanguinis.
Jus soli 
Voir Ius soli.
Justicia omnibus 
« La justice est la mĂȘme pour tous. Â» Adage juridique.

L

Labor omnia vincit improbus 
« Le travail opiniĂątre vient Ă  bout de tout. Â» Virgile, GĂ©orgiques 1, 145 Le texte original est au passĂ© : Labor omnia vicit improbus « Tous les obstacles furent vaincus par un travail opiniĂątre. Â» Voir ici le texte de Virgile. Voir aussi Amor vincit omnia.
Laborare est orare 
« Travailler, c'est prier. Â» Formule probablement dĂ©rivĂ©e (et dĂ©formĂ©e) de la devise de l'ordre monastique chrĂ©tien de Saint-BenoĂźt (BĂ©nĂ©dictins) : Ora et labora « Prie et travaille. Â»
Lacrimis struit insidias cum femina plorat 
« Lorsque la femme pleure, elle tend un piĂšge avec ses larmes. Â» Dionysius Cato.
Lapsus calami 
« TrĂ©buchement de plume ; erreur de plume. Â» (Le calame est une pointe de roseau servant Ă  Ă©crire.) Version moderne : "Faute de frappe."
Lapsus linguĂŠ 
« TrĂ©buchement de la langue. Â» AbrĂ©gĂ© en "lapsus".
Lassata sed non satiata 
« Lasse mais non repue. Â» La formule exacte est lassata uiris necdum satiata recessit « FatiguĂ©e des hommes, mais non pas rassasiĂ©e, elle s'en. Â» Juvenal, Satires, 6, 130, Ă  propos des mƓurs dĂ©bauchĂ©es de Messaline. Voir ici le texte de JuvĂ©nal. Lassata sed non satiata est le titre du poĂšme XXVI des Fleurs du mal de Charles Baudelaire.
Lata sententia judex desinit esse judex 
« DĂšs le jugement rendu, le juge cesse d’ĂȘtre juge. Â» Adage juridique.
Lato sensu 
« Au sens large. Â»
Laudator temporis acti 
« Laudateur du temps passĂ©. Â» Horace, Art poĂ©tique, 173. Le vieillard loue le temps passĂ© par jalousie de la jeunesse. Voir ici le contexte.
Laus Deo 
« Dieu soit louĂ©. Â»
Leges instituuntur dum promulgantur 
« Les lois ne sont instituĂ©es qu'aprĂšs avoir Ă©tĂ© promulguĂ©es. Â» Adage juridique. Voir Lex non promulgata non obligat.
Lex cessat, si finis adaequatus cessat, non vero si particulari 
« La loi cesse lĂ  oĂč cesse son objet ; elle ne s'applique pas aux cas qui lui sont Ă©trangers. Â» Adage juridique.
Lex moneat priusquam feriat 
« La loi doit avertir avant de frapper. Â» Adage juridique exprimant la prohibition des lois rĂ©troactives. Voir : Moneat lex priusquam feriat.
Lex naturalis non scribitur, sed profluit quodam naturali fonte in singulis exprimititur 
« La loi naturelle n'est pas Ă©crite ; elle s'Ă©panche en chacun de nous comme une source naturelle. Â»
Lex non promulgata non obligat 
« Une loi non promulguĂ©e ne s’impose pas au justiciable. Â» Adage juridique. Voir Leges instituuntur dum promulgantur.
Lex non scripta 
« Loi non Ă©crite. Â»
Lex parsimoniae 
« Loi de parcimonie. Â» Latin mĂ©diĂ©val : les meilleures explications sont celles qui nĂ©cessitent le moins d'hypothĂšses. Voir "Rasoir d'Occam".
Lex ratio perfecta a rerum natura 
« La loi est une prescription de la raison qui dĂ©rive de la nature des choses. Â» InterpolĂ© de CicĂ©ron, Des Lois, 2, 4, 29. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Lex talionis 
« Loi du talion. Â»
Libera nos a malo 
« DĂ©livre-nous du mal. Â» Dernier verset de la priĂšre chrĂ©tienne du Notre PĂšre.
Libera te tutemet ex inferis 
« Sauve-toi toi-mĂȘme de l'enfer. Â» Voir aussi Liberate me ex inferis. Les deux formules semblent ĂȘtre du latin moderne.
Liberate me ex inferis 
« Sauvez-moi de l'enfer. Â» Voir Libera te tutemet ex inferis.
Libidini nihil inhonestum 
« En amour, il n'est rien de dĂ©shonnĂȘte. Â» Formule sans attestation ancienne (la rĂ©fĂ©rence parfois faite Ă  Épicure est trĂšs suspecte).
Libido imperandi 
« DĂ©sir de commander. Â»
Libido sciendi 
« DĂ©sir de savoir. Â»
Loc. cit. 
Abréviation de Loco citato.
Loc. laud. 
Abréviation de Loco laudato.
Loco citato 
« Au Passage citĂ©. Â» (Forme Ă  l'ablatif.) Renvoi fait Ă  un passage dĂ©jĂ  citĂ© d'un ouvrage en rĂ©fĂ©rence. S'abrĂšge loc. cit..
Loco laudato 
« Au passage approuvĂ©. Â» (Forme Ă  l'ablatif.) Dans un ouvrage en rĂ©fĂ©rence indique qu'un passage citĂ© est approuvĂ© (par la censure, par une autoritĂ© religieuse, etc.) S'abrĂšge loc. laud.
Locus regit actum 
« RĂšgle de droit international selon laquelle tout acte juridique est rĂ©gi par la loi du lieu oĂč il est accompli. Â» Adage juridique.
Loqui cum grano salis 
« Parler ironiquement. Â» Voir Cum grano salis.
Lux in tenebris 
« La lumiĂšre dans les tĂ©nĂšbres. Â» Voir Et lux in tenebris lucet.

M

Macte animo ! generose puer, sic itur ad astra 
« Courage noble enfant ! C'est ainsi qu'on s'Ă©lĂšve vers les Ă©toiles. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 9, 641. Parole prophĂ©tiques qu'adresse Apollon au jeune Ascagne, fils d'ÉnĂ©e et petit-fils de Priam. Voir ici l'extrait du texte de Virgile. Voir aussi : Ad astra ainsi que Sic itur ad astra.
Magister dixit 
« Le maĂźtre l'a dit. Â» Dans les dĂ©bat de scolastique mĂ©diĂ©vale, argument fondĂ© sur l'affirmation : "Aristote lui-mĂȘme l'a dit." Qualifie un argument d'autoritĂ©. Voir Ispe dixit.
Magna cum laude 
« Avec grande louange. Â» Mention honorifique dĂ©cernĂ©e dans le cursus universitaire. SupĂ©rieure Ă  Cum laude et infĂ©rieure Ă  Summa cum laude.
Magna est vis consuetudinis 
« Puissante est la force de l'habitude. Â».
Magno cum gaudio 
« Avec grande joie. Â».
Magnum opus 
« Grand ƒuvre. Â» Chef-d'Ɠuvre d'un artiste. En alchimie : transmutation du plomb en or.
Major e longinquo reverentia 
« De loin, l'admiration est plus grande. Â» Tacite, Annales, 1, 47.
Major poena minorem absorbat 
« La peine la plus grave absorbe la peine la moins grave. Â» Adage juridique.
Majores pennas nido 
« DĂ©ployer des ailes plus grandes que le nid natal. Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 20, 21.Voir ici un extrait du texte d'Horace.
Mala malus mala mala dat 
« Un mauvais pommier donne de mauvaises pommes. Â» Jeu de mots : les mots latins mālus, « pommier Â» et mălus, « mal Â» s'Ă©crivent identiquement mais le premier se prononce avec un"a" long et le second avec un "a" bref.
Malitiis non est indulgendum 
« Il ne faut montrer aucune indulgence envers ceux qui sont de mauvaise foi. Â» Adage juridique.
Malum discordiae 
« Pomme de discorde. Â» Allusion Ă  la pomme remise Ă  Aphrodite par PĂąris, ce qui provoquera la guerre de Troie. Association entre les mots mālus, « pommier Â» et mălus, « mal Â».
Manu militari 
« Par la main militaire. Â» C'est-Ă -dire "par la force armĂ©e".
Manus dei 
« La main de Dieu. Â»
Manus manum lava 
« Une main lave l'autre Â». Au sens figurĂ© : "fais-moi une faveur et je te la rendrai" ou encore "passe-moi la rhubarbe, je te rendrai le sĂ©nĂ©".
Mare nostrum 
« Notre mer. Â» La MĂ©diterranĂ©e, considĂ©rĂ©e comme un lac intĂ©rieur par l'Empire romain.
Margaritas ante porco 
« Jeter des perles aux cochons. Â» On dit aussi "donner de la confiture aux cochons".
Mater Dei 
« MĂšre de Dieu. Â» Dans la religion chrĂ©tienne : autre nom de Marie qui mit au monde le Messie.
Maxima debetur puero reventia 
« Le plus grand respect est dĂ» Ă  l'enfance. Â» JuvĂ©nal, Satires, 14, 47. Voir ici le texte de JuvĂ©nal.
Mea culpa 
« C'est ma faute. Â» Expression tirĂ©e de la priĂšre chrĂ©tienne du Confiteor et frĂ©quemment utilisĂ©e dans le langage courant.
Medicus curat, natura sanat 
« Le mĂ©decin soigne, la nature guĂ©rit. Â» Proverbe.
Medice, cura te ipsum 
« MĂ©decin, soigne-toi toi-mĂȘme. Â» Bible, Nouveau testament, Évangile de Luc, 4, 23. Parabole de JĂ©sus Christ.
Memento mori 
« Souviens-toi que tu es mortel ; souviens-toi que tu mourras. Â» Voir aussi : Et in Arcadia Ego et Memento quia pulvis es.
Memento audere semper 
« Souviens-toi de toujours oser. Â» Formule latine adoptĂ©e pour devise par l'Ă©crivain et poĂšte italien Gabriele D'Annunzio.
Memento quia pulvis es 
« Souviens-toi que tu es poussiĂšre. Â» Bible, GenĂšse, 3, 19 : "C'est Ă  la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'Ă  ce que tu retournes dans la terre, d'oĂč tu as Ă©tĂ© pris ; car tu es poussiĂšre et tu retourneras dans la poussiĂšre. Â»
Mens sana in corpore sano 
« Un esprit sain dans un corps sain. Â» JuvĂ©nal, Satires, 10, 356. Voir ici le texte de JuvĂ©nal.
Mihi cura futuri 
« Moi, je m'occupe de l'avenir. Â» Ovide, MĂ©tamorphoses, 13, 363. Dans une joute oratoire opposant Ajax et Ulysse, rĂ©clamant tous deux la gloire d'Achille aprĂšs le combat contre Troie, Ulysse reproche Ă  Ajax de n'ĂȘtre qu'une force brute quand lui-mĂȘme mĂ©nage l'avenir. Voir ici le texte d'Ovide.
Minima de malis 
« De deux maux [choisit] le moindre. Â»
Minimum minimorum 
« Le plus petit des plus petits. Â»
Miserere nobi 
« Prenez pitiĂ© de nous. Â» Formule extraite de la priĂšre chrĂ©tienne du Gloria et utilisĂ©e en divers moments de la liturgie.
Missi dominici 
« EnvoyĂ©s du maĂźtre. Â»
Moderatio in omnibus 
« De la mesure en toute chose. Â» L'expression dĂ©rive de la formule Modus omnibus rebus, de mĂȘme sens, que l'on trouve dans la comĂ©die de Plaute PƓnulus, ou le jeune Carthaginois 1, 2, 238. Voir ici l'extrait de la comĂ©die de Plaute.
Modus operandi 
« Mode opĂ©ratoire ; maniĂšre d'agir. Â»
Modus vivendi 
« Moyen de vivre. Â» Arrangement permettant de faire cohabiter, collaborer, des personnes, des organisations en dĂ©saccord sur certains points. Au Canada, le modus vivendi a pris la forme juridique de l’'accommodement raisonnable.
Moneat lex priusquam feriat 
« La loi doit avertir avant de frapper. Â» Adage juridique exprimant la prohibition des lois rĂ©troactives. Voir : Lex moneat priusquam feriat.
More ferarum 
« Ă€ la maniĂšre des bĂȘtes. Â» Position sexuelle. Voir Position de la levrette.
Mors, ubi est victoria tua 
Voir Ubi est, mors, victoria tua.
Morituri te salutant 
« Ceux qui s'attendent Ă  mourir te saluent. Â» Cette expression, dont on a fait une sorte d'emblĂšme des combats de gladiateurs, n'est citĂ©e qu'une seule fois par les historiographes : chez SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Claude, 21, 13 et dans des circonstances trĂšs particuliĂšres. Voir ici le texte de SuĂ©tone. Comme l'indique la forme "morituri", les combats de gladiateurs n'Ă©taient pas nĂ©cessairement mortels et bien moins sanglants que nous l'a transmis la tradition. Voir Ave CĂŠsar, morituri te salutant.
Motu proprio 
« De son propre chef. Â» Lorsque le Saint-PĂšre de l'Église catholique romaine publie un texte de son propre chef, sans demande des Ă©vĂȘques ou du peuple catholique, sans rĂ©ponse Ă  un jugement ou Ă  une demande d'avis, il est dit motu proprio.
Multa paucis 
« Beaucoup de choses en peu de mots. Â» La concision, idĂ©al du style latin, illustrĂ©e entre autres par TĂ©rence.
Multa remittuntur ei peccata quia dilexit multum 
« Il lui est beaucoup pardonnĂ© car elle a beaucoup aimĂ©. Â» Bible, Nouveau testament, Évangile de Luc, 7, 47.
Multi sunt vocati, pauci vero electi 
« Il y a beaucoup d'appelĂ©s, mais peu d'Ă©lus. Â»
Mutatis mutandis 
« En changeant ce qui doit l'ĂȘtre. Â» En politique, en Ă©conomie, en histoire, certaines situations sont comparables et peuvent Ă©clairer les processus, l'avenir, etc., Ă  condition d'effectuer les changements nĂ©cessaires. Ainsi, les deux situations seront comparables mutatis mutandis â€“ en ayant changĂ© ce qui doit l'ĂȘtre. (Bien entendu, l'exercice ne relĂšve pas de la science, mais de la rhĂ©torique).

N

N.B. 
Abréviation de Nota bene.
Nam et ipsa scienta potestas est 
« Car le savoir lui-mĂȘme est pouvoir. Â» Francis Bacon, De Haeresibus, 1597. Aujourd'hui souvent paraphrasĂ© Scienta potestas est ou Scienta potentia est « Savoir c'est pouvoir. Â»
Natare piscem doces 
« Tu apprends au poisson Ă  nager. Â» Francis Ponge, PrĂŽĂšmes, 1948.
Natura abhorret a vacuo 
« La nature a horreur du vide. Â» Formule probablement mĂ©diĂ©vale [rĂ©f. nĂ©cessaire].
Natura nihil frustra facit 
« La nature ne fait rien inutilement. Â» Leucippe aurait Ă©crit : "Tout ce qui arrive a une cause et une raison".
Natura non contristatur 
« La nature est indiffĂ©rente ; la nature ne s'afflige pas. Â» Schoppenhauer, Le monde comme volontĂ© et comme reprĂ©sentation, 4, 54.
Natura non facit saltus 
« La nature ne fait pas de sauts. Â» LinnĂ©, Philosophia Botanica (1751). Vision gradualiste de LinnĂ© de l'Ă©volution des espĂšces.
Naturam expelles furca, tamen usque recurret 
« Chasse le naturel Ă  coups de fourche, il reviendra toujours. Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 10, 24. Traduit par Destouches : "Chassez le naturel, il revient au galop."
Ne bis in idem 
Voir Non bis in idem.
Ne quid nimis 
« Rien de trop. Â» C'est-Ă -dire "L'excĂšs en tout est un dĂ©faut". Sentence proverbiale grecque adaptĂ©e en latin.
Ne varietur 
« Qu'il n'y soit rien changĂ©. Â» Mention apposĂ© sur un un contrat, un accord pour qu'il n'y soit rien changĂ© ; mention sur une partition musicale pour qu'elle soir exĂ©cutĂ©e telle qu'Ă©crite.
Nec Hercules contra plures 
« Il n'y a pas d'Hercule qui tienne contre une foule. Â» Traduction latine d'un proverbe polonais.
Nec plus ultra 
« Rien de mieux. Â»
Nec pluribus impar 
« Non inĂ©gal Ă  plusieurs. Â» Devise de Louis XIV, roi de France. Double nĂ©gation signifiant : "SupĂ©rieur Ă  tous".
Nec spe, nec metu 
« Sans espoir et sans crainte. Â»
Nec ut emat melius, nec ut vendat, quidquam simulabit aut dissimulabit vir bonus 
« Ni pour acheter ni pour vendre au mieux, un homme de bien ne simulera ou ne dissimulera quoi que ce soit. Â» CicĂ©ron, De Officiis (TraitĂ© des Devoirs), 3, 15, 62.
Necessitas reducit ad moerum jus naturae 
« L'Ă©tat de nĂ©cessitĂ© rĂ©duit le droit aux instincts de la nature. Â» Adage juridique.
Neminem laedit qui suo jure utitur 
« Ne saurait blesser autrui celui qui ne fait qu’user de son droit. Â» Adage juridique.
Nemo admittitur sibi nocere 
« Nul n’est admis Ă  exercer une action en justice pouvant lui nuire. Â» Adage juridique.
Nemo auditur propriam turpitudinem allegans 
« Nul ne peut se prĂ©valoir de sa propre turpitude. Â» Adage juridique.
Nemo censetur ignorare legem 
« Nul n'est censĂ© ignorer la loi. Â» Adage juridique. Autre forme : Nemo legem ignorare censetur.
Nemo damnatus sine judicio 
« Pas de condamnation sans procĂšs. Â» Adage juridique. Voir aussi : Nulla poena sine lege.
Nemo est supra legis 
« Nul n'est au-dessus des lois. Â» Adage juridique.
Nemo judex in causa sua 
« Nul ne peut ĂȘtre Ă  la fois juge et partie. Â» Adage juridique.
Nemo judex sine lege 
« Nul ne peut ĂȘtre juge sans loi. Â» Adage juridique. Autrement dit : "Nul ne peut s'instituer juge d'autoritĂ©, hors de la lĂ©galitĂ©", ce qui prohibe l'instauration de tribunaux populaires.
Nemo legem ignorare censetur 
« Nul n'est censĂ© ignorer la loi. Â» Adage juridique. Autre forme : Nemo censetur ignorare legem.
Nemo plus juris ad quiam transfere potest quam ipse habet 
« Nul ne cĂ©der Ă  autrui plus qu'il ne possĂšde. Â» Adage juridique.
Nemo tenetur se ipsum accusar 
« Nul n'est tenu de s'accuser lui-mĂȘme. Â» Ce ancien principe de droit romain est ignorĂ© des droits qui accordent une valeur Ă  l'aveu.
Neque ignorare medicum oportet quĂŠ sit ĂŠgri natura 
« Le mĂ©decin ne doit pas ignorer la nature de la maladie. Â»
Nigro notanda lapillo 
« Ă€ marquer d'une pierre noire. Â». Dans l'AntiquitĂ©, le noir est signe de jours nĂ©fastes ; le blanc de jours fastes. [Nota : de façon rĂ©pĂ©tĂ©e et inexacte, cette locution est attribuĂ©e Ă  Catulle. Elle ne se trouve pas chez ce poĂšte. La locution la plus voisine que l'on trouve dans Catulle est : lapide illa dies candidiore notat « jour qui mĂ©rite d'ĂȘtre marquĂ© d'une pierre blanche Â» Catulle, PoĂšmes, 58, 150. Voir ici le texte de Catulle.]
Nihil conveniens decretis ejus ! 
« Rien qui soit conforme Ă  sa doctrine. Â» CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 31, 99. Voir ici le texte de CicĂ©ron. CicĂ©ron note que, dans ses lettres, Épicure contredit sa propre doctrine. Dans l'album AstĂ©rix et les Pirates de Goscinny et Uderzo, la formule est traduite plaisamment par "Que le Ciel lui tombe sur la tĂȘte".
Nihil lacrima citius arescit 
« Rien ne sĂšche plus vite qu'une larme. Â» Anonyme, La RhĂ©torique Ă  Herennius, 2, 50. Formule frĂ©quemment et faussement attribuĂ©e Ă  CicĂ©ron.
Nihil novi sub sole 
« Rien de nouveau sous le soleil. Â» Bible, EcclĂ©siaste, 1, 9. Voir ici le texte de l'EcclĂ©siaste.
Nihil obstat 
« Rien ne s'y oppose. Â» Approbation confĂ©rĂ©e par le censeur de l'Église catholique (censor librorum) pour diffuser un ouvrage traitant de la foi catholique.
Nil desperandum 
« Il ne faut dĂ©sespĂ©rer de rien. Â»
Nil mortalibus ardui es 
« Rien n'est impossible aux mortels. Â» Horace, Odes, 1, 3, 35.
Nil nisi bonum 
« [Des morts] on ne doit parler qu'en bien. Â» AbrĂ©viation de la formule De mortuis nihil nisi bene.
Nil sine numini 
« Rien n'advient sans la volontĂ© des dieux. Â» Proverbe.
Nil volentibus arduum 
LittĂ©ralement « Rien n'est impossible Ă  qui le veut Â», plus joliment traduit : « Ă€ cƓur vaillant rien d'impossible. Â»
Nolens, volens 
« Bon grĂ©, mal grĂ©. Â»
Noli me tangere 
« Ne me touche pas. Â» Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean 20, 19. Marque aussi le respect dĂ» Ă  l'intĂ©gritĂ© humaine et Ă  l'inviolabilitĂ© du corps humain.
Noli turbare circulos meos 
« Ne perturbe pas mes calculs. Â» Apostrophe attribuĂ©e Ă  ArchimĂšde au soldat qui, malgrĂ© les ordres, tua le cĂ©lĂšbre savant lors de la conquĂȘte de Syracuse.
Nolite mittere margaritas amte porcos 
« Ne jette pas de perles aux pourceaux. Â» Voir Margaritas ante porcos.
Nomen est omen 
« Le nom [d'une personne] est un prĂ©sage. Â»
Nomina si nescis, perit et cognito rerum 
« Si tu ignores le nom des choses, leur connaissance mĂȘme disparaĂźt. Â» Carl von LinnĂ©, Critica botanica, 1736.
Non ĂŠdificandi 
« Non constructible. Â»
Non bene olet qui semper bene olet 
« Il ne sent pas bon, celui qui sent toujours bon. Â» C'est-Ă -dire "Trop de perfection sent la tromperie." Martial, Épigrammes, 2, 12, 4.
Non bis in idem 
« Pas deux fois pour la mĂȘme chose. Â» Principe gĂ©nĂ©ral de droit : "Nul ne peut ĂȘtre poursuivi, jugĂ© ou puni deux fois Ă  raison des mĂȘmes faits", transcrit Ă  peu prĂšs sous cette forme dans la DĂ©claration europĂ©enne des droits de l'Homme.
Non fui, fui, non sum, non curo 
« Je n'existais pas, j'ai existĂ©, je n'existe plus, cela m'est indiffĂ©rent. Â» Inscription d'inspiration stoĂŻcienne sur les pierres tombales ; souvent abrĂ©gĂ©e : NFFNSNC.
Non licet omnibus adire Corinthum 
« Il n'est pas permis Ă  tout le monde d'aller Ă  Corinthe. Â» Traduction latine d'un proverbe grec : dans l'AntiquitĂ©, Corinthe Ă©tait une ville chĂšre ; il fallait beaucoup d'argent pour y vivre et il n'Ă©tait pas permis Ă  tout le monde d'y sĂ©journer. Se dit des choses auxquelles on doit renoncer faute de moyens.
Non nisi parendo vincitur 
« On ne le/la soumet qu'en lui obĂ©issant. Â» La locution conplĂšte est Natura enim non nisi parendo vincitur : « On ne soumet la nature qu'en lui obĂ©issant. Â» Francis Bacon, Novum Organum, 1620.
Non nobis, Domine, non nobis, sed Nomini Tuo da gloriam 
« Pas Ă  nous, Seigneur, non pas Ă  nous / Mais Ă  Ton Nom seul donne la gloire. Â» Bible, Psaumes, 105, 1-2. Devise de l'Ordre du Temple.
Non omne quod licet honestum est 
« Tout ce qui n'est pas illicite n'est pas pour autant convenable. Â» DiffĂ©rence entre la loi et la morale du moment.
Non omnia possumus omnes 
« Nous ne pouvons tous faire toutes choses. Â» Ovide, Bucoliques, 8, 75. On donne de cette locution des traduction trĂšs profondes et philosophiques ; dans le texte de Virgile, le sens est beaucoup plus simple : le poĂšte, aprĂšs avoir chantĂ©, constate qu'il n'a pas sĂ©duit son auditoire et dit : "on fait ce qu'on peut !".
Non possumus 
« Nous ne pouvons pas. Â» Formule utilisĂ©e par l'Église catholique, en particulier dans ses relations diplomatiques, pour exprimer un refus motivĂ© par la foi. On donne Ă  la formule deux origines diffĂ©rentes :
  • Dans la Bible, Nouveau testament, Actes des ApĂŽtres, 4, 20, Pierre et Jean, sommĂ©s par les autoritĂ©s de cesser leur enseignement, rĂ©pondent : "Nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu". Voir ici le texte.
  • Une autre version trouverai son origine dans l'histoire des Martyrs d'AbitĂšne, interdits, par un arrĂȘt de DioclĂ©tien d'enseigner les Écritures, de disposer de lieux de cultes, de se rĂ©unir, en particulier le dimanche, pour cĂ©lĂ©brer l'Eucharistie. La formule complĂšte serait : Sine dominico non possumus « Sans dimanche, non ne pouvons pas [vivre]. Â» Cette explication paraĂźt faible et quelque peu sollicitĂ©e.
Non scholĂŠ, sed vitĂŠ discimus 
« Nous n'apprenons pas pour l'Ă©cole mais pour la vie. Â» Formule mĂ©diĂ©vale attribuĂ©e parfois et improprement Ă  SĂ©nĂšque.
Non ut edam vivo, sed ut vivam edo 
« Je ne vis pas pour manger, mais je mange pour vivre. Â»
Non vestimentum virum ornat, sed vir vestimentum 
« Ce n'est pas l'habit qui embellit l'homme, mais l'homme qui embellit l'habit. Â»
Non vini vi no, sed vi no aquĂŠ 
« Je ne nage pas grĂące au vin, je nage grĂące Ă  l'eau. Â» (Jeu de mots.)
Nondum amabam, et amare amabam 
« Je n'aimais pas encore, mais je brĂ»lais d'aimer. Â» Augustin d'Hippone, Confessions, 3, 1. CĂ©lĂšbre formule d'Augustin. Voir ici le texte.
Nosce te ipsum 
« Connais-toi toi-mĂȘme. Â» Traduction latine de la formule grecque ÎłÎœÏŽÎžÎč σΔαυτόΜ (gnĂŽthi seautĂłn).
Nota bene 
« Note bien. Â» Pointe une remarque importante. AbrĂ©gĂ© "N.B."
Nulla dies sine linea 
« Pas de jour sans Ă©crire une ligne. Â» Formule attribuĂ©e, de façon probablement erronĂ©e, Ă  Pline l'Ancien Ă  propos du peintre grec Apelle. AdoptĂ©e pour devise par Émile Zola et inscrite sur le linteau de cheminĂ©e de sa maison de MĂ©dan (voir : Histoire de MĂ©dan, la maison de Zola).
Nulla est medicina sine lingua latina 
« Nulle mĂ©decine sans latin. Â» Formule mĂ©diĂ©vale ayant pour objet de dĂ©fendre la "mĂ©decine savante" contre la "mĂ©decine populaire".
Nullum crimen, nulla poena sine lege 
« Il n'est de crime sans une loi qui l'Ă©tablit ; il n'est de peine sans une loi qui l'intitue. Â» Adage juridique.
Nulla poena sine lege 
« Il n'est de peine sans une loi qui l'intitue. Â» Adage juridique. Voir Nullum crimen, nulla poena sine lege.
Nulla regula sine exceptione 
« Pas de rĂšgle sans exception. Â»
Nulla res tam necessaria est quam medicina 
« Il n'est rien d'aussi nĂ©cessaire que la mĂ©decine. Â»
Nulla tenaci invia est via 
« Nulle route n'est infranchissable. Â»
Nullum crimen, nulla poenan nullum judicium sine lege 
« Nul crime, nulle peine, nul procĂšs sans loi. Â» Principe du droit selon lequel aucune infraction n'existe, aucune procĂ©dure ne peut ĂȘtre engagĂ©e, aucune peine prononcĂ©e sans qu'une loi le prĂ©voie expressĂ©ment. Voir Principe de lĂ©galitĂ© en droit pĂ©nal.
Nullus idoneus testis in re sua intelligitur 
« Nul ne peut ĂȘtre entendu comme tĂ©moin dans sa propre cause. Â» Adage juridique.
Nunc est bibendum 
« C'est maintenant qu'il faut boire. Â» Horace, Odes, 1, 37, 1. Invitation Ă  boire d'Horace dans une ode composĂ©e Ă  l'occasion de la victoire d'Actium.
Numero deus impare gaudet 
« Un chiffre impair plaĂźt aux Dieux. Â» Virgile, Les Bucoliques, 8, 75.
Numerus clausus 
Limite imposée par une autorité au nombre de récipiendaires d'un concours, d'une distinction, d'une charge, quel que soit le nombre d'impétrants.
Nullus idoneus testis in re sua intelligitur 
« Jamais une pluralitĂ© de dĂ©lits ne doit assurer l’impunitĂ© de l’un d’entre eux. Â» Adage juridique.
Nutrisco et extinguo 
« Je m'en nourris et je l'Ă©teins. Â» Devise de François Ier, Roi de France, en rĂ©fĂ©rence Ă  la salamandre de son blason.

O

O altitudo 
AbrĂ©viation de la formule : O altitudo divitiarum sapientiĂŠ, et scientiĂŠ Dei : quam incomprehensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles viĂŠ ejus ! « Ă” profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incomprĂ©hensibles ! Â» Bible, Nouveau Testament, Saint Paul, ÉpĂźtre aux Romains 11, 33. [Traduction : Louis Second, 1910.]
O et prĂŠsidium et dulce decus meum ! 
« Toi mon appui, toi mon honneur !. Â» Horace, Odes, 1, 1, 2. Affection manifestĂ©e par Horace Ă  son ami et protecteur MĂ©cĂšne.
O fortunatos nimium, sua si bona norint, agricolas 
« Ă” trop heureux s'il connaissent leur bonheur, les hommes des champs. Â» Virgile, GĂ©orgiques, 2, 458-459.
O homines ad servitutem paratos 
« Ă” hommes prĂȘts Ă  tout esclavage. Â» Tacite, Annales, 3, 65. Propos de TibĂšre, rĂ©vulsĂ© par l'attitude servile des sĂ©nateurs, rapportĂ©s par Tacite. Voir ici le rĂ©cit de Tacite.
O tempora, O mores 
« Ă” temps, ĂŽ mƓurs ! Â» Ciceron, Catilinaires, 1, 1. CicĂ©ron s'Ă©lĂšve contre les mƓurs de son temps qui laissent le sĂ©ditieux Catilina dĂ©fier le SĂ©nat. Voir ici le texte de CicĂ©ron. La formule est parfois traduite Ă  contre-sens par "autre temps, autres mƓurs".
O tempus edax ! 
AbrĂ©viation de la formule Tempus edax rerum « Le temps dĂ©truit toutes choses. Â» Ovide, MĂ©tamorphoses, 15, 234. Voir ici le texte d'Ovide.
O ubi campi ! 
« Ă” la campagne ! Â» Virgile, GĂ©orgiques, 2, 486.
Obiit 
« Il est mort/elle est morte. Â» AbrĂ©gĂ© en ob. sur les pierres tombales.
Oculi plus vident quam oculus 
« Plusieurs yeux voient mieux qu'un seul. Â»
Oculos habent et non videbunt 
« Ils ont des yeux mais ne voient pas. Â» Bible, Psaume 115. La formule a pour sujet les idoles qui "ont des yeux mais ne voient pas". Voir ici l'extrait du psaume 115.
Oderint dum metuant 
« Qu'ils me haĂŻssent, pourvu qu'ils me craignent. Â»
Formule reprise par de nombreux auteurs latins : Accius, TragƓdiarum fragmenta, AtrĂ©e, 8 ; CicĂ©ron, Philippiques contre Marc Antoine, 1, 14, 34 ; Ciceron, Plaidoyer pour P. Sextus 48, 102 ; Ciceron, Des Devoirs, 1, 28, 97 ; SĂ©nĂšque, De la clĂ©mence, 1, 12, 4 et 2, 2, 1 ainsi que De la colĂšre 1, 20, 4.
TibÚre et Domitien en auraient fait leur devise, mais, à la suite de Suétone, Vie des douze césars, Vie de Caligula, la formule est surtout attribuée à Caligula.
Odi et amo 
« Je hais et j'aime. Â» Catulle, PoĂšmes, 85. Voir ici le poĂšme de Catulle.
Odit verus amor nec patitur moras 
« Le vĂ©ritable amour hait et ne supporte aucun dĂ©lai. Â» SĂ©nĂšque, Hercules Furens, « Hercule furieux Â», 588.
Oleum camino 
« [Jeter] de l'huile sur le feu. Â» Erasme, Adages.
Oleum perdidisti 
« Tu as perdu ton huile. Â» L'huile qui a servi Ă  Ă©clairer tes nuits de labeur : "Tu as perdu ton temps, tes efforts." On disait d'un ouvrage laborieux qu'il "sentait l'huile".
Omne ignotum pro magnifico 
« Tout ce qui est inconnu est fascinant. Â» L'inconnu prend dans l'imagination une importance sans rapport avec la rĂ©alitĂ© : trop admirable ou trop terrifiant.
Omne ignotum pro terribili 
« Tout danger inconnu est terrible. Â» Variante de la formule prĂ©cĂ©dente.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci 
« La perfection, c'est de joindre l'utile Ă  l'agrĂ©able. Â» Horace, Art poĂ©tique, 343.
Omnes enim qui acceperint gladium, gladio peribunt 
« Tous ceux qui prendront l'Ă©pĂ©e pĂ©riront par l'Ă©pĂ©e. Â» Bible, Nouveau testament, Évangile de Matthieu, 26, 52. Épisode de l'arrestation de JĂ©sus au Mont des Oliviers ; paroles de JĂ©sus au garde qui a sorti son glaive.
Omnes vulnerant, ultima necat 
« Toutes blessent, la derniĂšre tue. Â» Formule affichĂ©e sur les cadrans d'horloge et les cadrans solaires en rĂ©fĂ©rence aux heures qui passent.
Omnia dicta fortiora si dicta Latina 
« Un propos prend plus de force lorsqu'il est dit en latin. Â» Pour le mĂȘme sens, voir Quidquid Latine dictum sit altum videtur.
Omnia mea mecum porto 
« Je transporte avec moi tous mes biens. Â» Selon CicĂ©ron, Bias, l'un des sept sages, fuyant PriĂšne prise pas l'ennemi, Ă  ceux qui s'Ă©tonnaient qu'il n'emporte aucun bien, ni meubles ni argent, rĂ©pondait qu'il les portaient tous avec lui : la droiture, l'honnĂȘtetĂ© et la vertu. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Omnia mutantur, nihil interit 
« Tout change, rien ne meurt. Â» Ovide, MĂ©tamorphoses, 15, 165.
Omnia vincit amor 
« L'amour triomphe de tout. Â» ou L'Amour victorieux. Virgile, Bucoliques, 10, 69 : Omnia uincit Amor et nos cedamus Amori. « L'Amour soumet tout et toi aussi, cĂšde Ă  l'Amour. Â» Voir aussi, dans la mĂȘme veine Labor omnia vincit improbus.
Omnibus viis Romam pervenitur 
« Tous les chemins mĂšnent Ă  Rome. Â»
Omnis homo mendax 
« Tout homme est menteur. Â» Ce qui conduit inĂ©vitablement au paradoxe d'ÉpimĂ©nide.
Omnium artium medicina nobilissima est 
« De tous les arts, la mĂ©decine est le plus noble. Â»
Onus probandi incumbit actori 
« La charge de la preuve d’un fait incombe Ă  celui qui l’allĂšgue. Â» Adage juridique.
op. cit. 
Abréviation de Opere citato.
Opera omnia 
« Ć’uvres complĂštes [d'un auteur]. Â»
Opera posthuma 
« Ć’uvres posthumes [d'un auteur]. Â»
Opere citato 
« Dans la source citĂ©e. Â» (Forme Ă  l'ablatif.) Dans les Ă©crits universitaires : ouvrage citĂ© prĂ©cĂ©demment. AbrĂ©gĂ© op. cit.
Optimum medicamentum quies es 
« Le meilleur mĂ©dicament est le repos. Â» Formule mĂ©diĂ©vale.
Ora et labora 
« Prie et travaille. Â» Devise de l'ordre monastique chrĂ©tien de Saint-BenoĂźt (BĂ©nĂ©dictins).
Ora pro nobis 
« Priez pour nous. Â» Verset de la priĂšre catholique O Sanctissima, trĂšs populaire chez les fidĂšles catholiques, invoquant la Vierge Marie.
Ordo ab chao 
« L'ordre nĂ© du dĂ©sordre ; l'ordre issu du chaos. Â» Serait une devise de l'Ordre maçonnique de rite Ă©cossais [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Locution moderne, prĂ©tendument latine, de sens plus ou moins obscur.

P

Panem et circenses 
« Du pain et des jeux. Â» JuvĂ©nal, Satires, 10, 81. Reproche adressĂ© par JuvĂ©nal Ă  l'abĂątardissement du peuple romain qui ne rĂ©clamne plus que "du pain et des jeux". Voir ici le texte de JuvĂ©nal.
Para bellum 
« PrĂ©pare la guerre. Â» AbrĂ©viation de la formule Si vis pacem, para bellum. DĂ©signe parfois une arme ironiquement et familiĂšrement : "pour aller dans ce repaire de bandits, j'ai pris mon parabellum".
Pargere subjectis et debellare superbos 
« Ă‰pargner les faibles, abattre les superbes. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 6, 852. Formule employĂ©e ironiquement pour dire qu'on renonce Ă  Ă©craser complĂštement un malheureux adversaire que l'on a dĂ©jĂ  terrassĂ©.
Pari passu 
« D'un pas identique. Â» Tous ensemble, simultanĂ©ment.
Passim 
« Ici et lĂ  ; partout ; en tous sens. Â» Dans les rĂ©fĂ©rences d'un texte universitaire, indique un mot, une expression, une notion apparus dĂ©jĂ  plusieurs fois dans les citations prĂ©cĂ©dentes.
Pater familias 
« PĂšre de la famille. Â» En droit romain, le Pater familias Ă©tait un chef de clan jouissant d'un droit absolu sur la famille (au sens Ă©tendu) et les esclaves, seul propriĂ©taire de tous les biens et disposant du droit de vie et de mort sur les membres du clan.
Pater omnipotens 
« PĂšre tout puissant. Â» L'une des dĂ©nominations de Dieu dans la religion catholique.
Pater Patriae 
« PĂšre de la Patrie. Â»
Pater peccavi 
« Mon pĂšre, j'ai pĂ©chĂ©. Â» Introduction de la confession dans le rite de l'Église catholique romaine.
Patere aut abstine 
« Endure ou t'abstiens. Â» La version moderne est due Ă  Jean-Pierre ChevĂšnement : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça dĂ©missionne. Â»
Patere legem quam ipse fecisti 
« Souffre la loi que tu as faite toi-mĂȘme. Â» Une autoritĂ© ne peut dĂ©roger Ă  une loi qu'elle a elle-mĂȘme Ă©dictĂ©e. C'est un des fondements de l'État de droit.
Pauca sed bona 
« Peu mais bon. Â» En petite quantitĂ© mais de bonne qualitĂ©, par exemple pour des aliments.
Pauca sed matura 
« Peu mais mĂ»r. Â» Peut s'entendre Ă  double sens. Aurait Ă©tĂ© la formule favorite du mathĂ©maticien Carl Gauss.
Pax ĂŠterna 
« Paix Ă©ternelle. Â» Épitaphe courante.
Pax Christi 
« La paix du Christ. Â» VƓu avant la communion dans ma messe catholique.
Pax Deorum 
« La paix des Dieux. Â» VƓu des Romains dĂ©sirant obtenir la paix des Dieux plutĂŽt que leur colĂšre (Ira Deorum).
Pax in terra hominibus bonae voluntatis 
« Paix sur terre aux hommes de bonne volontĂ©. Â» Formule extraite de la priĂšre catholique du Gloria ou elle figure sous la forme Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Pax Romana 
« Paix romaine. Â» PĂ©riode de prospĂ©ritĂ© et de calme relatif des dĂ©buts de l'Empire romain.
Pax melior est quam iustissimum bellum 
« La paix est meilleure que la plus juste des guerres. Â»
Pax tecum 
« Que la paix soit avec toi. Â» Formule de salutation. Lorsque la salutation s'adresse Ă  plusieurs personnes, on emploie pax vobiscum.
Pax vobiscum 
« Que la paix soit avec vous. Â» Formule de salutation en usage lors de diverses cĂ©rĂ©monies chrĂ©tiennes et prĂ©sente sous diverses formes dans l'Écriture sainte.
Pecunia non olet 
« L'argent n'a pas d'odeur. Â» RĂ©ponse de Vespasien Ă  son fils Titus qui se plaignait des taxes sur les urinoirs : Voir : Atqui, e lotio est « Eh oui ! ça vient de l'urine. Â».
Pede pƓna claudo 
« Le chĂątiment suit le crime en boitant. Â» Horace, Odes, 3, 2, 32. La justice est lente mais inĂ©luctable.
Per aspera ad astra 
« Par des sentiers ardus jusqu'aux Ă©toiles ; dans l'adversitĂ© jusqu'aux Ă©toiles. Â» Voir : Ad astra.
Per capita 
« Par tĂȘte. Â»
Per contra 
« Par contre ; au contraire. Â» Voir A contrario.
Per fas et nefas 
« Par le juste et l'injuste. Â» Par tous les moyens possibles, justes ou injustes, permis ou non.
Per inania regna 
« Dans le royaume des ombres. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 6, 269. Extrait d'un passage de l'ÉnĂ©ide ou l'auteur narre son voyage aux Enfers. Voir ici l'extrait du texte de Virgile.
Per os 
« Par la bouche. Â» Terme mĂ©dical : mĂ©dicament administrĂ© per os.
Per scientiam ad salutem ĂŠgroti 
« Le salut du malade passe par la science. Â»
Per se 
« En soi. Â» Sans rĂ©fĂ©rence Ă  toute autre chose : nĂ©gligence per se, faire le mal per se.
Perinde ac cadaver 
« Tel un cadavre. Â» Expression de la littĂ©rature de thĂ©ologie ascĂ©tique illustrant l'obĂ©issance parfaite Ă  la volontĂ© de Dieu.
Perpetuum mobile 
« Mouvement perpĂ©tuel. Â» Terme musical.
Persona non grata 
« Personne indĂ©sirable. Â»
Petitio principii 
« PĂ©tition de principe. Â» Raisonnement fallacieux oĂč la conclusion est contenue dans les prĂ©misses.
Pia mater 
« MĂšre pieuse. Â» Terme mĂ©dical : "Tendre mĂšre". Des trois membranes qui protĂšgent le cerveau et la moelle Ă©piniĂšre, la derniĂšre et la plus mince, en contact avec les tissus nerveux.
Pinxit 
« Peint par
 Â» AbrĂ©gĂ© Pinx. Le Portrait de monsieur Bertin de Ingres est signĂ© et datĂ© J. INGRES PINXIT 1832 en haut et Ă  gauche.
Plaudite, cives ! 
« Applaudissez, citoyens ! Â» Formule par laquelle les comĂ©diens romains sollicitaient les applaudissements du public Ă  la fin du spectacle.
Plenus venter non studet libenter 
« On Ă©tudie mal lorsque le ventre est plein. Â»
Plures crapula quam gladius perdidit 
« L'ivresse est plus pĂ©rilleuse que le glaive. Â»
Plurimae leges pessima respublica 
« Plus les lois sont nombreuses, pire est l’État. Â» InterpolĂ© de Corruptissima re publica plurimae leges.
Plus ultra 
« Encore et au-delĂ . Â» Devise de l'Espagne.
Poena est malum passionis propter malum actionis 
« La peine est un mal causant une souffrance Ă  raison du mal causĂ© par une action. Â» Principe de droit.
Pons asinorum 
« Pont-aux-Ăąnes. Â» Obstacle apparent qui ne rebute que les imbĂ©ciles.
Pontifex maximus 
« Grand Pontife. Â»
Post aut propter 
« AprĂšs cela ou bien Ă  cause de cela. Â» La succession des Ă©vĂ©nements n'implique pas la causalitĂ©. Voir Post hoc non est propter hoc.
Post cenam non stare sed mille passus meare 
« AprĂšs dĂźner ne reste pas, mais va flĂąner mille pas. Â»
Post cibum 
« AprĂšs les repas. Â» Terme mĂ©dical : mĂ©dicament Ă  prendre post cibum, "aprĂšs les repas". Voir Ante cibum.
Post coitum 
« AprĂšs le coĂŻt. Â» AprĂšs l'acte sexuel.
Post hoc ergo propter hoc 
« AprĂšs cela donc Ă  cause de cela. Â» Sophisme selon lequel, lorsque deux Ă©vĂ©nements se succĂšdent, le second est nĂ©cessairement la consĂ©quence du premier.
Post hoc non est propter hoc 
« AprĂšs cela, mais pas Ă  cause de cela. Â» S'oppose au sophisme Post hoc ergo propter hoc.
Post meridiem 
« AprĂšs midi. Â» PĂ©riode de la journĂ©e comprise entre midi et minuit. Voir Ante meridiem.
Post mortem 
« AprĂšs la mort. Â» Voir Ante mortem.
Post mortem nihil est 
« AprĂšs la mort il n'y a rien. Â» AbrĂ©viation de Post mortem nihil est ipsaque mors nihil.
Post mortem nihil est ipsaque mors nihil 
« AprĂšs la mort il n'y a rien ; la mort elle-mĂȘme n'est rien. Â» SĂ©nĂšque, Les Troyennes, 2, 398. Voir ici le texte de SĂ©nĂšque.
Post prandium 
« AprĂšs le dĂ©jeuner. Â» AprĂšs le repas qui rompt le jeun. Terme mĂ©dical. Voir Ante prandium.
Post scriptum 
« Ă‰crit aprĂšs. Â» AbrĂ©gĂ© en P.S. UtilisĂ© aujourd'hui pour introduire une remarque, une note, un complĂ©ment aprĂšs la signature d'un document.
Post tenebras Lux 
« AprĂšs les tĂ©nĂšbres vient la lumiĂšre. Â» Devise du canton et de la rĂ©publique de GenĂšve.
Praemonitus praemunitus 
« Celui qui est prĂ©venu est prĂ©muni Â», c'est-Ă -dire « Un homme averti en vaut deux. Â»
PrĂŠsente medico nihil nocet 
« Quand le mĂ©decin est lĂ , pas de danger. Â»
Praesumptio sumitur de eo quod plerumque fit 
« Une prĂ©somption se tire de ce qui survient le plus souvent. Â» Adage juridique.
PrĂŠvenire melius est quam prĂŠveniri 
« PrĂ©cĂ©der vaut mieux qu'ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©. Â»
Prima luce 
« Ă€ la premiĂšre lumiĂšre. Â» À l'aube.
Primo occupanti 
« Droit du premier occupant. Â» Principe qui fonde, par exemple, au Canada, les droits territoriaux des peuples premiers.
Primum movens 
« Cause premiĂšre. Â»
Primum non nocere 
« D'abord, ne pas nuire. Â» Un des principaux prĂ©ceptes d'Ă©thique mĂ©dicale.
Primus inter pares 
« Premier entre les Ă©gaux. Â» Le primus inter pares jouit d'un rang honorifique ; sa voix est Ă©coutĂ©e avec une particuliĂšre attention mais il ne dispose d'aucun pouvoir sur ses pairs.
Pro domo 
« Pour sa propre cause. Â» LittĂ©ralement : « Pour sa maison. Â» Expression courante : « Plaidoyer pro domo Â».
Pro forma 
« Selon la forme requise. Â» DĂ©signe le plus souvent un document respectant le minimum des formes requises.
Pro rata 
« Selon le rapport. Â» À proportion.
Pro tempore 
« Pour un temps limitĂ©. Â» DĂ©signe souvent une fonction ou une charge temporaire.
Propria manu 
« De sa propre main. Â»
Prorata temporis 
« Ă€ proportion du temps Ă©coulĂ©. Â»
Punctum saliens 
« Point saillant. Â»

Q

QuĂŠ sunt cĂŠsaris, cĂŠsari 
« Ă€ CĂ©sar ce qui est Ă  CĂ©sar. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 22, 21. Voir Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo.
Qualis artifex pereo ! 
« Quel artiste pĂ©rit avec moi ! Â» (NĂ©ron au moment de sa mort.) SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, NĂ©ron.
Qualis pater, talis filius 
« Tel pĂšre, tel fils. Â»
Quandoque bonus dormitat Homerus 
« Quand le divin HomĂšre sommeille. Â» Horace, Art poĂ©tique, 359. "Si, dans un mauvais poĂšte, je trouve deux ou trois passages plaisants, je m'Ă©tonne et j'admire ; mais, plus exigeant, je me fĂąche quand le divin HomĂšre sommeille." Pour dire que le plus grand gĂ©nie aussi a ses moments de faiblesse, la plus grande Ɠuvre ses parties plus mĂ©diocres.
Quantum libet 
Jargon mĂ©dical : « Ă€ volontĂ©. Â»
Quantum satis 
Jargon mĂ©dical : « En quantitĂ© suffisante. Â»
Quantum sufficit 
Jargon mĂ©dical : « Autant que nĂ©cessaire. Â»
Quaque hora 
Jargon mĂ©dical : « Ă€ chaque heure. Â»
Quaque die 
Jargon mĂ©dical : « Chaque jour. Â»
Quaque mane 
Jargon mĂ©dical : « Chaque matin. Â»
Quaque nocte 
Jargon mĂ©dical : « Chaque nuit. Â»
Quasimodo 
« De la mĂȘme façon. Â» Premier mot de l'IntroĂŻt de la messe du dimanche de l'octave de PĂąques (huit jours aprĂšs PĂąques), dimanche de Quasimodo.
Quater in die 
Jargon mĂ©dical : « Quatre fois jour. Â»
Quem di diligunt adulescens moritur 
« Ceux qu'aiment les dieux meurent jeunes. Â» Plaute, Les Bacchides, 4, 7, 18. RĂ©plique sarcastique Ă  son vieux maĂźtre d'un serviteur qui ajoute a parte « tant qu'ils sont forts, sensibles et sages. Â»
Qui bene amat, bene castigat 
« Qui aime bien chĂątie bien. Â»
Qui bene cantat bis orat 
« Qui chante bien prie deux fois. Â» D'aprĂšs Saint Augustin, Commentaire du Psaume 74.1 : Qui enim cantat laudem, non solum laudat, sed etiam hilariter laudat ("Celui qui chante des louanges non seulement loue mais loue joyeusement.")
Qui cupit aut metuit liber non erit unquam 
« Qui dĂ©sire ou craint ne sera jamais libre. Â» Formule forgĂ©e Ă  partir de deux vers d'Horace :
  • Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res
 « Ă€ celui qui dĂ©sire ou qui craint, sa maison et sa richesse font le mĂȘme bien que
 Â» Horace, ÉpĂźtre Ă  Lullius ; ÉpĂźtres 1, 2, 51. Voir ici le vers et son contexte.
  • Qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam. « Celui qui vit dans la crainte, pour moi, ne sera jamais libre. Â» Horace, ÉpĂźtre Ă  Quintius ; ÉpĂźtres, 1, 16, 66. Voir ici le vers et son contexte.
Qui dicit de omnibus dicit de singulis ; qui dicit de singulis non dicit de omnibus 
« Qui Ă©nonce des principes gĂ©nĂ©raux y comprend les cas particuliers ; qui traite des cas particuliers ne dit rien des principes gĂ©nĂ©raux. Â» Adage juridique.
Qui dicit de uno negat de altero 
« Qui affirme une chose nie son contraire. Â» Formulation Ă©lĂ©mentaire du tiers exclu en logique.
Qui est sine peccato, primum in illam lapidem mitat 
« Que celui qui est sans pĂ©chĂ© jette la premiĂšre pierre. Â» Bible, Évangile de Jean, 8, 7
Qui habet aures audiendi audiat 
« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. Â» Formule utilisĂ©e Ă  de nombreuses reprises dans les Ă©vangiles (Évangile de Matthieu, 11, 15 ; 13, 43 ; Évangile de Marc, 4, 9, etc.) en conclusion de propos de JĂ©sus, pour dire que l'on doit faire son profit de ce qui a Ă©tĂ© dit.
Qui nescit dissimulare nescit regnare 
« Qui ne sait dissimuler ne sait rĂ©gner. Â» Formule mĂ©diĂ©vale qui aurait Ă©tĂ© la devise de Louis XI, roi de France.
Qui pro quo 
Équivalent approximatif : « Prendre un qui pour un quoi. Â» AmbigĂŒitĂ© des pronoms latins "qui" et "quo" qui conduit Ă  l'ambigĂŒitĂ© des questions, des rĂ©ponses et aux quiproquo.
Qui rogat non errat 
« Poser des questions n'est pas une erreur. Â»
Qui scribit bis legit 
« Celui qui Ă©crit lit deux fois. Â» Écrire permet de mieux mĂ©moriser.
Qui tacet consentire videtur 
« Qui ne dit mot semble consentir. Â»
Quia ego nominor leo 
« Parce que je m'appelle lion. Â» L'expression trouve son origine dans une fable d'Ésope traduite en latin par PhĂšdre : La vache, la chĂšvre, la brebis et le lion. Voir ici le texte de la fable. L'expression latine est une retraduction de la formule employĂ©e par La Fontaine dans sa version française de la fable (La GĂ©nisse, la ChĂšvre et la Brebis en sociĂ©tĂ© avec le Lion). Cette fable est Ă  l'origine de l'expression "se tailler la part du lion".
Quia nominor leo 
Voir Quia ego nominor leo.
Quia pulvis es et in pulverem reverteris 
« Parce que tu es poussiĂšre et que tu retourneras Ă  la poussiĂšre Â» Bible, GenĂšse, 3, 19.
Quia suam uxorem etiam suspiciore vacare vellet 
« MĂȘme la femme de CĂ©sar doit ĂȘtre insoupçonnable. Â» Plutarque, CĂ©sar, 10. La fĂȘte de Dea Bona, rĂ©servĂ©e exclusivement aux femmes, se tenait Ă  la rĂ©sidence du Grand Pontife, alors CĂ©sar. Elle Ă©tait prĂ©sidĂ©e par la seconde Ă©pouse de celui-ci, PompĂ©ia. Un cĂ©lĂšbre politicien, Clodius se prĂ©senta dĂ©guisĂ© en femme ; dĂ©masquĂ© par les femmes outragĂ©es, il s'enfuit avant d'ĂȘtre Ă©charpĂ©. Toutefois, on soupçonna que son comportement Ă©tait motivĂ© par une liaison avec PompĂ©ia. Bien qu'aucune preuve n'ait Ă©tĂ© apportĂ©e Ă  l'infidĂ©litĂ© de son Ă©pouse, CĂ©sar rĂ©pudia PompĂ©ia avec les mots : « MĂȘme la femme de CĂ©sar doit ĂȘtre insoupçonnable. Â»
Quieta non movere 
« Il ne faut pas apporter le trouble lĂ  oĂč rĂšgne la quiĂ©tude. Â» Adage juridique. Pose le principe de l'opportunitĂ© des poursuites.
Quid agis ? 
« Que se passe-t-il ? Â»
Quid est veritas ? 
« Qu'est-ce que la vĂ©ritĂ© ? Â» Bible, Évangile de Jean, 18, 38. Lors de son interrogatoire par Pilate, JĂ©sus rĂ©pond : "Je suis nĂ© et je suis venu dans le monde pour rendre tĂ©moignage Ă  la vĂ©ritĂ©. Quiconque est de la vĂ©ritĂ© Ă©coute ma voix". Pilate demande : "Qu'est-ce-que la vĂ©ritĂ© ?". JĂ©sus ne rĂ©pond pas. [Traduction : Louis Second, 1910.].
Quid novi ? 
« Quoi de neuf ? Â» Voir Quid novi sub sole ?.
Quid novi sub sole ? 
« Quoi de neuf sous le soleil ? Â» Question dĂ©rivĂ©e de la formule le l'EcclĂ©siaste : Nihil novi sub sole.
Quid pro quo 
Voir Qui pro quo.
Quidquid agis, prudenter agas et respice finem ! 
« Quoi que tu fasses, fais-le avec prudence, sans perdre de vue la fin. Â» Morale de la fable 45 d'Ésope ; formule des Proverbes dorĂ©s des pseudo-pythagoriciens (Î’ÎżÏ…Î»Î”ÏÎżÏ… ÎŽáœČ πρ᜞ áŒ”ÏÎłÎżÏ…, ᜅπως Όᜎ ÎŒáż¶ÏÎ± πέληταÎč) prĂ©sente aussi dans l'EcclĂ©siastique apocryphe de JĂ©sus ben Sirach (7.36).
Quidquid discis, tibi discis 
« Quoi que tu apprennes, tu l'apprends pour toi-mĂȘme. Â»
Quidquid latine dictum sit, altum sonatur 
« Quoi qu'on dise en latin, ça sonne profond. Â»
Quis custodiet ipsos custodes ? 
« Qui gardera les gardiens ? Â» Juvenal, Satires, 6, 345. JuvĂ©nal, dans sa Satire 6, raille les femmes de son temps, enragĂ©es d'impudeur et de lubricitĂ© : elles sĂ©duisent mĂȘme leurs gardiens. Voir le contexte ici.
Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ? 
« Qui, quoi, oĂč, par quels moyens, pourquoi, comment, quand ?  Â», Questions auxquelles doit rĂ©pondre toute enquĂȘte et toute Ɠuvre littĂ©raire.
Quod ad jus naturale attinet, omnes homines aequale sunt 
Pour ce qui touche au droit naturel, tous les hommes sont Ă©gaux. Â» Principe de droit romain.
Quo fata ferunt 
LittĂ©ralement « OĂč les destins emportent Â», c'est-Ă -dire : « OĂč nous emporte le destin. Â» Devise des Bermudes.
Quo vadis ? 
« OĂč vas-tu ? Â» Bible, Évangile de Jean, 13, 36. Question de Simon-Pierre Ă  JĂ©sus Ă  l'issue de la CĂšne. Voir ici le contexte.
Quod ab omnibus, quod ubique, quod semper 
« Par tous, partout, toujours. Â» Selon les Anciens, preuve la moins contestable de la certitude d'une vĂ©ritĂ©.
Quod erat demonstrandum (Q.E.D.) 
LittĂ©ralement : « Ce qu'il fallait dĂ©montrer (CQFD). Â» Ponctue la fin d'une dĂ©monstration.
Quod medicina aliis aliis est acre venenum 
« Ce qui est un remĂšde pour certains est poison violent pour d'autres.»
Quod scripsi, scripsi 
« Ce que j'ai Ă©crit, je l'ai Ă©crit.» Bible, Évangile de Jean, 19, 22. Sur la croix de sacrifice de JĂ©sus, Pilate a fait Ă©crire : "Roi des Juifs". Au Grand PrĂȘtre qui demande d'Ă©crire : "Je suis le roi des Juifs", Pilate rĂ©ponds : "Ce que j'ai Ă©crit, je l'ai Ă©crit."
Quomodo vale ? 
« Comment vas-tu ? Â»
Quorum 
« D'entre eux. Â» Nombre minimum nĂ©cessaire des membres d'une assemblĂ©e pour que ses dĂ©cisions doient valides.
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? 
« Jusqu'Ă  quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? Â» CicĂ©ron, Conjuration de Catilina, 1, 1, 1.
Quot capita, tot sententiĂŠ 
« Autant de tĂȘtes, autant d'avis diffĂ©rents. Â» TĂ©rence, Phormion, 454.
Quot homines tot sententiae 
« Autant d'hommes, autant d'avis diffĂ©rents. Â» Variante de la prĂ©cĂ©dente.

R

Rara avis in terris 
« Oiseau rare sur la terre. Â» JuvĂ©nal, Satires, 6, 165. Voir ici le vers et son contexte. Origine de l'expression "oiseau rare".

Ratio legis

Re 
« Au sujet de la chose. Â» (Ablatif du latin res « chose Â».) Cette formule latine que l'on trouve dans certains courriels signifie "au sujet de
"
Ratio legis 
« Raison de la loi. Â» Sens que le lĂ©gislateur a voulu donner Ă  la loi. Formule juridique.
Rebus sic stantibus 
« Les choses demeurant en l'Ă©tat. Â» Locution diplomatique ou contractuelle stipulant que les accords contractĂ©s demeurent valables dans la mesure oĂč les conditions prĂ©valant lors de sa ratification demeurent en l'Ă©tat.
Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo 
« Rends Ă  CĂ©sar ce qui appartient Ă  CĂ©sar, et Ă  Dieu ce qui appartient Ă  Dieu. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 22, 21. RĂ©ponse de JĂ©sus aux Pharisiens qui lui demandaient s'il fallait payer le tribut Ă  CĂ©sar.
Reductio ad absurdum 
« Raisonnement par l'absurde. Â» MĂ©thode logique qui consiste Ă  montrer qu'on aboutit Ă  une contradiction si on admet pour vraie la nĂ©gation de la proposition Ă  dĂ©montrer. Voir Ab absurdo.
Reductio ad infinitum 
« Raisonnement Ă  l'infini. Â» Type de raisonnement itĂ©rant Ă  l'infini une certaine opĂ©ration. Raisonnement aujourd'hui classique en mathĂ©matiques mais paradoxal en logique aristotĂ©licienne.
Regis ad exemplar totus componitur orbis 
« L'exemple du monarque est la loi sur la terre. Â» Un des seuls vers du poĂšte Claudien qui soit passĂ© Ă  la postĂ©ritĂ©.
Rem acu tetigisti 
« Tu as touchĂ© la chose de la pointe de l'aiguille. Â» Plaute, Rudens (Le CĂąble), 5, 2, 19. C'est-Ă -dire "Tu as mis le doigt dessus ; tu as devinĂ© la chose."
Repetita juvant 
« La rĂ©pĂ©tition plaĂźt. Â» De mĂȘme sens que Bis repetita placent et souvent utilisĂ©e ironiquement et par antiphrase pour faire remarquer Ă  un orateur qu'il se rĂ©pĂšte inutilement.
Repetitio est mater studiorum 
« La rĂ©pĂ©tition est la mĂšre des Ă©tudes. Â» AttribuĂ© gĂ©nĂ©ralement Ă  Saint Thomas d'Aquin.
Requiescat in pace 
« Qu'il repose en paix. Â» Verset de l'Office des morts figurant frĂ©quemment en Ă©pitaphe apposĂ©e sur les tombes ou stĂšles mortuaires. L'abrĂ©viation R.I.P. est encore d'usage en domaine anglophone comme correspondant Ă  la formule anglaise Rest In Peace de mĂȘme sens.
Res ipsa loquitur 
« La chose parle d'elle-mĂȘme. Â» En droit romain, circonstance accidentelle oĂč le fait mĂȘme entraĂźne la responsabilitĂ© des dommages, sauf Ă  prouver par le responsable prĂ©sumĂ© que le dommage Ă©tait inĂ©vitable. Par exemple, si un passant est blessĂ© par la chute d'un pot de fleurs, le propriĂ©taire du pot est prĂ©sumĂ© responsable sauf Ă  prouver que l'accident Ă©tait inĂ©vitable et hors de sa responsabilitĂ©.
Res judicata pro veritate habetu 
« La chose jugĂ©e doit ĂȘtre tenue comme le reflet de la vĂ©ritĂ©. Â» Adage juridique.
Res, non verba 
« Des actes, pas des mots. Â» Éternelle revendication des peuples Ă  l'encontre des politiques.
Res nullius 
« Choses qui ne sont la propriĂ©tĂ© de personne. Â» Terres sans propriĂ©taire, mais aussi l'air qu'on respire, les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel

Respice finem 
« ConsidĂšre la fin. Â» Une forme de memento mori.
Reus in exceptione fit actor 
« Lorsque l'accusĂ© soulĂšve un point de dĂ©fense, il lui appartient d'en faire la preuve. Â» Adage juridique.
Rex Dei gratia 
« Roi par la grĂące de Dieu. Â» Titulature de nombreux souverains europĂ©ens, figurant en particulier sur les piĂšces de monnaie. (Par exemple : "ELIZABETH II D. G. REGINA", c'est-Ă -dire "ELIZABETH II DEI GRATIA REGINA" sur les piĂšces de monnaie britanniques.)
Rex regnat sed non gubernat 
« Le roi rĂšgne mais ne gouverne pas. Â» Aphorisme politique en pseudo-latin du XVIIe siĂšcle [rĂ©f. nĂ©cessaire].
Ridendo dicere verum quid vetat 
« Qu'est-ce qui empĂȘche de dire la vĂ©ritĂ© en riant. Â» Horace, Satires, 1, 1, 24. Cette citation dĂ©forme passablement le texte original d'Horace : Quamquam ridentem dicere verum. « Bien que rien n'empĂȘche de dire la vĂ©ritĂ© en riant. Â»
Rigor mortis 
« RigiditĂ© cadavĂ©rique. Â» Des rĂ©actions chimiques rigidifient les membres des cadavres trois Ă  quatre heures aprĂšs la mort.
Roma invicta 
« Rome invincible. Â» Devise exaltante inscrite sous la statue de Rome.
Roma locuta, causa finita est 
« Rome a parlĂ©, la cause est entendue. Â» Saint Augustin. Les dĂ©cisions du SiĂšge apostolique ne sont pas susceptibles d'appel.

S

Saepe morborum gravium exitus incerti sunt 
« Souvent, l'issue des maladies graves est incertaine. Â» PlĂ©onasme (ou l'art de parler pour ne rien dire).
Saltus in demonstrando 
« Saut dans le raisonnement. Â» Omission ou rĂ©sumĂ© excessif dans un raisonnement, une dĂ©monstration, qui peut masquer des insuffisances ou des erreurs. L'exemple le plus cĂ©lĂšbre est celui de la dĂ©monstration par Andrew Wiles du Grand ThĂ©orĂšme de Fermat, oĂč la correction d'un raccourci erronĂ© dans une dĂ©monstration annexe demanda un an de travail acharnĂ©.
Salus aegroti suprema lex 
« La santĂ© du malade est la loi suprĂȘme. Â» Glose de la formule ci-dessous.
Salus populi suprema lex esto 
« Le bien du peuple est la loi suprĂȘme. Â» CicĂ©ron, Des Lois, 3, 3, 8.
Salvator Mundi 
« Sauveur du Monde. Â» Une des titulatures chrĂ©tiennes de JĂ©sus.
Sancta Sedes 
« Saint SiĂšge. Â»
Sancta simplicitas 
« Sainte innocence. Â» EmployĂ© ironiquement pour railler la crĂ©dulitĂ© ou la sottise de quelqu'un.
Sanctus sanctorum 
« Saint des saints. Â» Nom donnĂ©, souvent ironiquement, Ă  tout lieu retirĂ©, Ă  tout sanctuaire rĂ©servĂ© au seuls initiĂ©s.
Sapere aude ! 
« Ose savoir ! Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 2, 40.
Sapientia est potentia 
« Sagesse est pouvoir. Â» Dans le mĂȘme registre, voir : Nam et ipsa scienta potestas est.
Satius esse impunitum relinqui facinus nocentis quam innocentem damnare 
« Mieux vaut laisser un crime impuni que de condamner un innocent. Â» La formule serait de Trajan.
Scienta potestas est 
« Savoir c'est pouvoir. Â» Voir Nam et ipsa scienta potestas est.
Scienta potentia est 
« Savoir c'est pouvoir. Â» Voir Nam et ipsa scienta potestas est.
Scio me nihil scire 
« Je sais que je ne sais rien. Â» Devise passĂ©e du grec au latin, attribuĂ©e Ă  Socrate.
Sed satis est jam posse mori 
« Mais il suffit d'ĂȘtre mortel. Â» Lucain, La Pharsale (La Guerre civile), 2, 109. Formule de Lucain citĂ©e par Victor Hugo en tĂȘte de son poĂšme « Quand le livre oĂč s’endort chaque soir ma pensĂ©e » (in « Les feuilles d'automne Â», XVI.) Voir ici la formule de Lucain dans son contexte.
Sedes apostolica 
« SiĂšge apostolique. Â» Synonyme de Sancta Sedes.
Semel in anno licet insanire 
« Une fois par an il est permis d'agir follement. Â» Formule que l'on trouve chez Horace, SĂ©nĂšque, Saint Augustin et devenue proverbiale au Moyen-Âge.
Semper fidelis 
« Toujours fidĂšle. Â» Devise de nombreux corps d'armĂ©e souvent abrĂ©gĂ©e "Semper Fi".
Semper paratus 
« Toujours prĂȘt. Â» Devise de nombreux corps d'armĂ©e.
Senatus Populusque Romanus (S.P.Q.R.) 
« Le SĂ©nat et le Peuple de Rome. Â» Formule reprĂ©sentative de la RĂ©publique romaine et figurant (le plus souvent sous le sigle S.P.Q.R.) sur les arcs de triomphes, les enseignes des lĂ©gions et divers Ă©difices publics de la RĂ©publique romaine puis de l'Empire romain.
Si augur augurem
 
« Si un augure (voit) un autre augure (il ne peut s'empĂȘcher de rire). Â» Formule de Caton l'Ancien reprise par CicĂ©ron, De la Divination, 2, 24. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Si napo leo viveret, hominem non esset 
« Si le lion vivait de navets il ne mangerait pas l'homme. Â» Phrase piĂšge proposĂ©e par des professeurs de latin facĂ©tieux riant d'avance de la version absurde des cancres : "Si NapolĂ©on vivait il ne serait pas un homme." (Pour une autre phrase piĂšge, voir Castigat ridendo mores.)
Si tacuisses, philosophus mansisses 
« Si tu t'Ă©tais tu, tu serais restĂ© un philosophe. Â» Formule attribuĂ©e Ă  BoĂšce.
Si vales valeo (SVV) 
« Si tu vas bien alors je vais bien. Â» Formule d'introduction habituelle des lettres dans l'ancienne Rome. Une formule plus Ă©tendue est Si vales bene est ego valeo (SVBEEV) « Si tu vas bien, c'est bien ; je me porte bien. Â»
Si vis pacem, para bellum 
« Si tu veux la paix, prĂ©pare la guerre Â». Adage attribuĂ© Ă  l'auteur latin du IVe ‑ Ve siĂšcles Publius Flavius Vegetius Renatus dit VĂ©gĂšce dans son ouvrage De Re Militari 3.
Si vis pacem, para iustitiam 
« Si tu veux la paix, prĂ©pare la justice. Â» Adage forgĂ© pour faire piĂšce au prĂ©cĂ©dent.
Sic 
« C'est ainsi. Â» Dans l'Ă©dition, aprĂšs la citation d'un mot ou d'une expression fautifs ou improbables, notifie qu'il ne s'agit pas d'une erreur ou d'une coquille mais de la transcription fidĂšle de la source.
Sic itur ad astra 
« C'est ainsi que l'on s'Ă©lĂšve vers les Ă©toiles. Â» Voir aussi : Ad astra ; Macte animo ! generose puer, sic itur ad astra ; Per aspera ad astra.
Sic transit gloria mundi 
« Ainsi passe la gloire du monde. Â» L'expression serait mieux rendue par la traduction non littĂ©rale "Ainsi passe la gloire en ce monde." Formule usitĂ©e lors de la consĂ©cration d'un nouveau pape pour lui rappeler le fragilitĂ© de la puissance humaine. Usage Ă  rapprocher du Cave ne cadas sussurĂ© par l'esclave Ă  l'oreille de l'imperator lors du triomphe.
Sic vita est 
« C'est la vie ! Â»
Similia similibus curantur 
« Les semblables se guĂ©rissent par les semblables. Â» Principe de l'homĂ©opathie.
Simplex sigillum veri 
« La simplicitĂ© est le sceau de la vĂ©ritĂ©. Â»
Sine anno 
« Sans annĂ©e. Â» UtilisĂ© en bibliographie pour indiquer que la date de publication d'un ouvrage est inconnue.
Sine die 
« Sans date prĂ©cise. Â» En langage diplomatique, une nĂ©gociation remise "sine die" est une nĂ©gociation qui a Ă©chouĂ©.
Sine ira et studio 
« Sans colĂšre et sans partialitĂ©. Â» Formule judiciaire : "Impartialement". La formule française usuelle est, en matiĂšre criminelle : "sans haine et sans crainte".
Sine labore non erit panis in ore 
« Sans travail il n'y aura pas de pain dans ta bouche. Â» Pour conserver l'assonance : « Sans boulot, pas de fricot. Â»
Sine loco 
« Sans lieu. Â» UtilisĂ© en bibliographie pour indiquer que le lieu de publication d'un ouvrage est inconnu.
Sine nomine 
« Sans nom. Â» UtilisĂ© en bibliographie pour indiquer que l'Ă©diteur d'un ouvrage est inconnu.
Sine nomine vulgus 
« La foule anonyme. Â» Expression latine pour dĂ©signer ce que nous appelons "le commun des mortels."
Sine poena nulla lex 
« Sans punition, il n'est pas de loi. Â» Adage indiquant qu'une loi est sans effet s'il n'est pas de moyen de rĂ©primer ceux qui l'enfreignent.
Sine prole 
« Sans descendance. Â» Formule utilisĂ©e dans les ouvrages de gĂ©nĂ©alogie.
Sine qua non 
« Sans quoi non. Â» Condition rigoureusement nĂ©cessaire pour qu'une chose existe, pour qu'un concept prenne corps, pour qu'un accord soit Ă©tabli, etc.
Sinite parvulos venire as me 
« Laissez venir Ă  moi les petits enfants. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 19, 14 ; Évangile de Marc, 10, 14 ; Évangile de Luc, 18, 16. Paroles de JĂ©sus selon les Ă©vangĂ©listes.
Sit tibi terra levis 
« Que la terre te soit lĂ©gĂšre. Â» Inscription funĂ©raire.
Sol lucet omnibus 
« Le soleil luit pour tous. Â» PĂ©trone, Satyricon 100, 3. Voir ici le sens de la formule dans son contexte.
Sola cogitatio furti faciendi non facit furem 
« La seule intention de commettre un vol ne fait pas le voleur. Â» Adage juridique.
Solem lucerna non ostenderent 
« On ne reprĂ©sente pas le soleil par une lanterne. Â» Pour pointer une Ă©vidence.
Soli sol soli 
« Du seul soleil au sol. Â» Jeu sur les mots, Ă  comprendre comme : "La terre doit tout du seul Soleil".
Spes messis in semine au-dessus d'une entrée du Cégep de Chicoutimi.
Spes messis in semine 
« L'espoir de la moisson est dans la semence. Â» Latin moderne : devise inscrite au fronton du Grand SĂ©minaire de MontrĂ©al ainsi qu'au-dessus d'une porte d'entrĂ©e du CĂ©gep de Chicoutimi.
Spes salutis 
« EspĂ©rance du salut. Â» Devise hĂ©raldique : Galea spes salutis : "Heaume, espĂ©rance de salut."
Spiritus promptus est, caro autem infirma 
« L'esprit est prompt mais la chair est faible. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 26, 41. Paroles de JĂ©sus au Mont des Oliviers selon Matthieu.
Spoliatis arma supersunt 
« Ă€ qui est dĂ©pouillĂ©, il reste les armes. Â» Devise hĂ©raldique.
sqq. 
AbrĂ©viation de sequunturque : « et suivantes Â». Dans les rĂ©fĂ©rences universitaires, "cf p. X sqq." veut dire "voir page X et suivantes".
Stat crux dum volvitur orbi 
« La croix demeure tandis que la terre tourne. Â» Devise de l'ordre des Chartreux.
Statim 
« AussitĂŽt. Â» AbrĂ©gĂ© en "Stat." dans le domaine mĂ©dical pour dire "Urgence immĂ©diate".
Statu quo 
« En l'Ă©tat. Â» Dans les domaines militaire, diplomatique, indique que la situation demeure ou doit demeurer "en l'Ă©tat."
Statu quo ante bellum 
« Dans l'Ă©tat qui prĂ©valait avant la guerre. Â»
Stricto sensu 
« Au sens strict. Â»
Stultorum numerus est infinitus 
« Le nombre des sots est infini. Â» Cette formule est une glose moderne de la formule biblique Stultorum infinitus est numerus, Bible, EcclĂ©siaste, 1, 15 dont le sens est tout diffĂ©rent : « Ce qui manque ne peut ĂȘtre comptĂ©. Â»
Stude, non ut plus aliquid scias, sed ut melius 
« Ă‰tudiez, non pour en savoir davantage, mais pour mieux savoir. Â» SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucilius 14, 89, 23.
Sub judice 
« En cours de jugement ; devant la justice. Â» InvoquĂ©, entre autres, pour refuser de commenter une affaire "en cours de jugement".
Sub rosa 
« Sous la rose. Â» Au Moyen-Âge, cette expression signifiait "en secret", "en privĂ©" ou "confidentiel" : lors des conseils secrets, une rose Ă©tait suspendue du plafond pour dire que rien de ce qui serait dit dans la salle du conseil ne devrait en sortir. Cette pratique est issu de la mythologie grecque, selon laquelle Aphrodite offrit une rose Ă  son fils Éros, lequel l'offrit Ă  son tour Ă  Harpocrate, dieu du silence, afin d'assurer que les indiscrĂ©tions de sa mĂšre – et celles des autres dieux, en gĂ©nĂ©ral – demeureraient cachĂ©es.
Sublata causa, tollitur effectus 
« La cause supprimĂ©e, l'effet disparaĂźt. Â» Principe invoquĂ© en matiĂšre logique, lĂ©gislative, comptable et financiĂšre.
Sufficit cuique diei malitia sua 
« Ă€ chaque jour suffit sa peine. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 6, 34.
Sui generis 
« De sa propre espĂšce. Â» DĂ©signe, d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale une chose ayant des caractĂ©ristiques propres, irrĂ©ductibles au causes lui ayant donnĂ© naissance ni aux Ă©lĂ©ments la composant. Exemples : dans la sociologie de Durkheim, la SociĂ©tĂ©, irrĂ©ductible Ă  ses composantes, est un concept sui generis ; en droit international, l'Union europĂ©enne est une entitĂ© sui generis.
Sum quod eris 
« Je suis ce que tu seras. Â» Épitaphe rappelant au lecteur l'inĂ©luctabilitĂ© de la mort. Voir Memento mori.
Summa cum laude 
« Avec la plus haute louange. Â» La plus haute distinction honorifique dĂ©cernĂ©e dans le cursus universitaire. SupĂ©rieure Ă  Cum laude et Ă  Magna cum laude.
Summum bonum 
« Souverain bien. Â» Locution du langage philosophique, particuliĂšrement du langage philosophique mĂ©diĂ©val et de celui d'Emmanuel Kant et dĂ©signant la finalitĂ© de toute existence humaine.
Summum jus, summa injuria 
« L'application excessive du droit conduit Ă  l'injustice. Â» Adage rapportĂ© par CicĂ©ron, Des Devoirs, 1, 10, 33. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Surge et ambula 
« LĂšve-toi et marche. Â» Bible, Évangile de Matthieu, 9, 6. Paroles de JĂ©sus au paralytique miraculĂ©. Expression reprise en français, parfois de façon ironique, dans des formules journalistiques, des titres de films ou d'Ɠuvres littĂ©raires (dont le roman d'HervĂ© Bazin, 1952).
Sursum corda 
« Ă‰levons notre cƓur ! Â» Expression d'introduction de la messe latine dans divers rites chrĂ©tiens. On traduisait autrefois par "Haut les cƓurs !".
Sutor, ne supra crepidam 
« Cordonnier, pas plus haut que la chaussure. Â» Apelle (peintre grec) ayant demandĂ© avis Ă  un cordonnier sur une chaussure qu'il venait de peindre, le cordonnier voulut ensuite offrir ses conseils pour le reste de la peinture ; Apelle lui rappela par ces mots qu'il outrepassait ses compĂ©tences.

T

Tabula rasa 
« Table rase. Â» Les Romains Ă©crivaient sur une planchette recouverte de cire appelĂ©e "tabula" ; faire "tabula rasa" c'Ă©tait araser la cire pour en effacer tous les Ă©crits. Le philosophe John Locke compare l'esprit des jeunes enfants Ă  une "tabula rasa" oĂč tout est Ă  Ă©crire.
Talis qualis 
« Tel quel. Â»
Tarde venientibus ossa 
« Aux retardataires, il reste les os. Â» MĂ©taphore pour dire qu'il ne faut pas s'engager trop tard dans une affaire.
Temet nosce 
« Connais-toi toi-mĂȘme. Â» Traduction latine de la formule grecque ÎłÎœÏŽÎžÎč σΔαυτόΜ (gnĂŽthi seautĂłn). Une autre formule latine de mĂȘme sens est Nosce te ipsum.
Tempora heroica 
« Temps hĂ©roĂŻques. Â» PĂ©riode de l'histoire de GrĂšce ancienne comprise entre les temps mythologiques de la Titanomachie et la pĂ©riode (relativement) historique de la Guerre de Troie.
Tempora mutantur et nos mutamur in illis 
« Les temps changent et nous aussi changeons avec eux. Â» La formule latine est un hexamĂštre.
Tempora si fuerint nubila, solus eris 
« Lorsque viendra l'orage, tu seras seul. Â» Ovide, Tristes, 1, 9, 5. La formule complĂšte d'Ovide est la suivante : Donec eris felix, multos numerabis amicos ; tempora si fuerint nubila, solus eris. « Tant que tu seras heureux, tu compteras de nombreux amis ; mais que viennent les temps sombres, tu seras seul. Â»
Tempori servire 
« S'adapter, s'accomoder aux circonstances. Â»
Tempus edax, homo edacior 
« Le temps destructeur, l'homme plus destructeur encore. Â» Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, III, 1. Hugo Ă©crit : "Sur la face de Notre-Dame de Paris, de cette vieille reine des cathĂ©drales, Ă  cĂŽtĂ© d'une ride, on trouve toujours une cicatrice : Tempus edax, homo edacior ; ce que je traduirais volontiers ainsi : « Le temps est aveugle, l'homme est stupide. Â»"
Tempus edax rerum 
« Le temps dĂ©truit toute chose. Â» Ovide, Les MĂ©tamorphoses, 15, 264-265.
Tempus fugit 
« Le temps s'enfuit. Â» Ovide, GĂ©orgiques, 3, 284. Formule inscrite frĂ©quemment sur les cadrans solaires, les horloges et les cloches.
Tempus fugit, hora volant 
« Le temps s'enfuit, les heures s'envolent. Â» Formule latine imitĂ©e par Lamartine (Le Lac, vers 21-22) : "Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! suspendez votre cours."
Tempus rerum imperator 
« Le temps, maĂźtre de toute chose. Â»
Teneo lupum auribus 
LittĂ©ralement : « Je tiens le loup par les oreilles. Â» C'est-Ă -dire : « Je suis dans l'embarras. Â» TĂ©rence, Le Phormion 506. Voir ici le texte de TĂ©rence qui explicite l'expression. L'expression est inusitĂ©e en français ; l'expression française voisine : "tenir le taureau par les cornes" a un sens diffĂ©rent ("maĂźtriser la situation").
Teneo te Africa 
« Je te tiens, Afrique. Â» SuĂ©tone, Vie des douze cĂ©sars, Vie de Jules CĂ©sar, 59, 1. Selon SuĂ©tone, paroles de CĂ©sar lorsqu'il aborda les cĂŽtes d'Afrique. Voir ici le texte de SuĂ©tone.
Terminus a quo 
« Date Ă  partir de laquelle. Â» Formule usitĂ©e en droit et dans les sciences historiques. Date Ă  partir de laquelle un Ă©vĂ©nement s'est nĂ©cessairement produit. Synonyme de Terminus post quem. Voir aussi Terminus ad quem
Terminus ad quem 
« Date jusqu'Ă  laquelle. Â» Formule usitĂ©e en droit et dans les sciences historiques. Date jusqu'Ă  laquelle un Ă©vĂ©nement s'est nĂ©cessairement produit. Synonyme de Terminus ante quem. Voir aussi Terminus a quo
Terminus ante quem 
« Date avant laquelle. Â» Formule usitĂ©e en droit et dans les sciences historiques. Date avant laquelle un Ă©vĂ©nement s'est nĂ©cessairement produit. Synonyme de Terminus ad quem. Voir aussi Terminus post quem
Terminus post quem 
« Date Ă  partir de laquelle. Â» Formule usitĂ©e en droit et dans les sciences historiques. Date Ă  partir de laquelle un Ă©vĂ©nement s'est nĂ©cessairement produit. Synonyme de Terminus a quo. Voir aussi Terminus ad quem
Terra australis incognita 
« Terre du sud inconnue. Â» Premier nom donnĂ© Ă  l'Australie.
Terra incognita 
« Terre, lieu inconnu ; Ă  dĂ©couvrir. Â» MĂ©taphore – voire lieu commun – pour dĂ©signer un domaine du savoir inexplorĂ© ou encore inconnu : "Le fonctionnement du cerveau humain, terra incognita" ; une information manquante : "Le programme de M. X pour les prochaines Ă©lections : terra incognita".
Terra nullius 
« No man's land. Â» Zone neutre sur laquelle ne s'exerce l'autoritĂ© de personne.
Terribilis est locus iste 
« Terrible est ce lieu. Â». Cette formule – tirĂ©e du Songe de Jacob, GenĂšse, 28, 17 â€“ se complĂšte par : Hic domus Dei est et porta CĂŠli « C'est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel. Â» Elle figure Ă  l'entrĂ©e de diffĂ©rentes Ă©glises, notamment l'Ă©glise Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-ChĂąteau.
Tertium non datur 
LittĂ©ralement : « Le tiers n'est pas donnĂ©. Â» Mieux traduit : « Un tiers terme n'est pas admis. Â» Axiome de la Logique indiquant qu'une proposition logique ne peut avoir que deux valeurs : vraie ou fausse.
Testis unus, testis nullus 
« Un tĂ©moignage unique est un tĂ©moignage nul. Â» Adage de droit romain mieux traduit : « Un seul tĂ©moin, pas de tĂ©moin. Â».
Timeo Danaos et dona ferentes 
« Je crains les Grecs, surtout quand ils portent des offrandes. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 2, 49. Cette locution qui, hors contexte, a l'apparence d'un cadavre exquis a survĂ©cu, dans les cours de latin, comme exemple traditionnel de l'emploi de et au sens de conjonction concessive : "quoique", "mĂȘme", "surtout"

Timeo hominem unius libri 
« Je crains l'homme d'un seul livre. Â» Formule attribuĂ©e Ă  Saint Thomas d'Aquin. Celui qui ne connaĂźt qu'un seul livre mais le possĂšde parfaitement peut ĂȘtre un adversaire redoutable.
Trahit sua quemque voluptas 
« Chacun suit le penchant qui l'entraĂźne. Â» Virgile, Les Bucoliques, 2, 65.
Tres faciunt collegium 
« Il faut trois personnes pour faire une sociĂ©tĂ©. Â» Dans le droit de Justinien Ier, il faut trois personnes au moins pour former un collĂšge ou une sociĂ©tĂ© admise Ă  parler collectivement.
Treuga Dei 
« TrĂšve de Dieu. Â» DĂ©cret de l'Église mĂ©diĂ©vale selon lequel tous les combats devaient cesser durant le Sabbat, c'est-Ă -dire du jeudi soir au lundi matin.
Tu quoque mi fili 
« Toi aussi mon fils ! Â» Mots traditionnellement attribuĂ©s dans le monde francophone Ă  Jules CĂ©sar tombant sous les coups de Brutus (traduction de Lhomond). Les anglo-saxons retiennent la formule de Shakespeare : Et tu Brute ?. L'Ă©pisode est relatĂ© par SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Jules CĂ©sar 82, 3. CĂ©sar aurait dit, en grec : Κα᜶ σύ, τέÎșÎœÎżÎœ (KaĂŹ sĂș, tĂ©knon). Voir ici le rĂ©cit de SuĂ©tone.
Tu fui ego eris 
« J'ai Ă©tĂ© comme toi; tu seras comme moi. Â» Épitaphe figurant sur les pierres tombales destinĂ© Ă  rappeler au passant le caractĂšre inĂ©luctable de la mort ; forme de memento mori.

U

Nota : La lettre "V" n'existe pas en latin classique. Elle a Ă©tĂ© crĂ©e par les humanistes du XVIe siĂšcle pour distinguer le u-voyelle du u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "U" en latin classique ; avec un "V" dans les Ă©ditions modernes.
Ubi bene, ibi patria 
« La patrie est lĂ  oĂč l'on se sent bien. Â» Une formule trĂšs voisine (mais de sens un peu diffĂ©rent) se trouve dans CicĂ©ron, Tusculanes, 5, 37, 108 : Patria est, ubicumque est bene « Partout oĂč je suis bien, j'y trouve ma patrie. Â»
Ubi concordia, ibi victoria 
« LĂ  oĂč est la concorde est la victoire. Â» Voir aussi Virtus unita fortior.
Ubi lex non distinguit, nec nos distinguere debemus 
« LĂ  oĂč la loi ne distingue pas, il n'y a pas lieu de distinguer. Â» Adage juridique.
Ubi est, mors, victoria tua 
« Mort, oĂč est ta victoire ? Â» Paul, PremiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens, 15, 55. Voir ici l'extrait correspondant de l'ÉpĂźtre aux Corinthiens.
Ubi maior, minor cessat 
« Le faible capitule devant le fort. Â»
Ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendi maculis 
« Quand le poĂšme a des beautĂ©s, quelques taches ne me choquent pas. Â» Horace, Art poĂ©tique, 351. Voir ici le texte d'Horace.
Ubi societas, ibi jus 
« OĂč il y a une sociĂ©tĂ©, il y a un droit. Â» Adage juridique.
Ubi solitudinem faciunt, pacem appelant 
LittĂ©ralement : « OĂč ils font un dĂ©sert, ils disent qu'ils ont fait la paix. Â» Mieux rendu par : « Leurs ravages on fait un dĂ©sert et ils appellent cela la paix. Â» Tacite, Vie d'Agricola, 30. Tacite met cette formule dans la bouche de Galgagus, hĂ©ros calĂ©donien flĂ©trissant les excĂšs des Romains. Ces mots s'appliquent aux conquĂ©rants qui habillent leurs ravages d'un spĂ©cieux prĂ©texte de civilisation.
Ubi tu Gaius, ibi ego Gaia 
« LĂ  oĂč tu seras GaĂŻus, je serai GaĂŻa. Â» Paradigme de la formule de fidĂ©litĂ© prononcĂ©e par les Ă©poux romains lors des Ă©pousailles ; Gaius Ă©tant remplacĂ© par le prĂ©nom de l'Ă©poux et Gaia par le prĂ©nom fĂ©minisĂ© de l'Ă©poux. (Les femmes romaines n'ont pas d'existence lĂ©gale et prennent, pour les patriciennes le nom de leur gens - par exemple les femmes de la gens Iulia ont toutes pour nom Iulia ; les plĂ©bĂ©iennes prennent le nom fĂ©minisĂ© de leur pĂšre ou de leur Ă©poux.)
Ultima cave 
« Craint la derniĂšre heure. Â» Memento mori. Inscription frĂ©quente sur les cadrans solaires.
Ultima ratio regum 
LittĂ©ralement : « [La force est] le dernier argument des rois. Â» Devise favorite de Richelieu, reprise par Louis XIV qui la fit inscrire sur ses canons.
Ultra posse nemo obligatur 
« Ă€ l'impossible nul n'est tenu. Â»
Ultra vires 
« Au-delĂ  des pouvoirs. Â» Expression de droit romain encore en usage dans de nombreux droits signifiant qu'une personne ou une organisation dotĂ©e de certains pouvoirs par la loi (officier ministĂ©riel, fonctionnaire, sociĂ©tĂ©, administration) a outrepassĂ© les pouvoirs que lui confĂšre la loi. La formule est inusitĂ©e en droit français.
Una salus victis, nullam sperare salutem 
« Les vaincus n'ont qu'un seul espoir : n'espĂ©rer aucun salut ! Â» Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 354. DerniĂšre exhortation d'ÉnĂ©e Ă  ses compagnons d'armes lors de la prise de Troie afin d'Ă©veiller en eux le courage du dĂ©sespoir.
Unitas virtute 
« L'union fait la force. Â» Voir aussi Virtus unita fortior.
Unum castigabis, centum emendabis 
« Si tu rĂ©primes une erreur, tu en corrigeras cent. Â»
Urbi et orbi 
« Ă€ la Ville et au Monde. Â» La Ville, c'est Rome. "BĂ©nĂ©diction Urbi et Orbi" : « BĂ©nĂ©diction de Rome et du Monde Â», c'est-Ă -dire : « BĂ©nĂ©diction universelle. Â» MĂ©taphoriquement "Proclamer urbi et orbi" : « Proclamer partout. Â»
Usque ad sideras et usque ad inferos 
« Des Ă©toiles jusqu'aux enfers. Â» En droit romain, comme dans plusieurs droits modernes, le propriĂ©taire d'un terrain possĂšde tout ce qui se trouve au-dessus, jusqu'aux Ă©toiles, et tout ce qui se trouve au-dessous, jusqu'au centre de la Terre.
Usus magister est optimus 
« La pratique est le meilleur des maĂźtres. Â» Voir Fabricando fit faber.
Ut ameris, amabilis esto 
« Pour ĂȘtre aimĂ©, sois aimable. Â» Ovide, L'Art d'aimer, 2, 107.
Ut ameris, ama 
« Pour ĂȘtre aimĂ©, aime. Â» Martial, Épigrammes, 6, 11, 10.
Ut sis nocte levis, sit cena brevis 
« Si tu veux passer une bonne nuit, ne dĂźne pas longuement. Â» Formule mĂ©diĂ©vale attribuĂ©e Ă  AverroĂšs.
Ut supra 
« Comme ci-dessus. Â»
Uti, non abuti 
« User mais ne pas abuser. Â» Voir Abusus non tollit usum.

V

Nota : La lettre "V" n'existe pas en latin classique. Elle a Ă©tĂ© crĂ©e par les humanistes du XVIe siĂšcle pour distinguer le u-voyelle du u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un "U" en latin classique ; avec un "V" dans les Ă©ditions modernes.
V.I.T.R.I.O.L. 
AbrĂ©viation de Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, soit en français : « Visite l'intĂ©rieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachĂ©e. Â». Formule exprimant – de façon hermĂ©tique â€“ l'un des fondements de l'alchimie : la purification de l'esprit doit prĂ©cĂ©der la purification de la matiĂšre (transmutation du plomb en or.)
V.S.L.M 
AbrĂ©viation de Votum Solvit Libens Merito : « Il s'est acquittĂ© de son vƓu, de bon grĂ©, comme il se doit. Â» DĂ©dicace frĂ©quente sur les ex-votos Ă  Rome.
Vade in pace 
« Va en paix. Â» ManiĂšre des Romains de dire "Au revoir".
Vade mecum 
« Viens avec moi. Â» Un vade-mecum est un aide-mĂ©moire, un ouvrage indispensable que l'on garde Ă  portĂ©e de main ou un petit bagage que l'on emporte avec soi.
Vade retro satana 
« Retire-toi, Satan ! Â» Bible, Nouveau testament, Évangile de Marc, 8, 33. Parfois orthographiĂ© Vade retro satanas. Voir ici l'extrait de l'Ă©vangile de Marc.
VĂŠ soli 
« Malheur Ă  l'homme seul. Â» Bible, EcclĂ©siaste, 4, 10. Voir ici le texte de l'EcclĂ©siaste.
VĂŠ victis 
« Malheur aux vaincus ! Â» Paroles qu'aurait prononcĂ©es Brennus, chef des gaulois SĂ©nons aprĂšs la prise de Rome en 390 avant notre Ăšre. Un texte du compilateur romain Festus, dans son ouvrage De Significatione Verborum « De la signification des mots Â» rapporte ce qui peut ĂȘtre un Ă©pisode historique ou lĂ©gendaire : "On croit que cette exclamation a passĂ© en proverbe lorsqu'aprĂšs la prise de Rome par les Gaulois Senonais, comme on pesait l'or qu'on devait leur donner d'aprĂšs les conventions et les traitĂ©s pour obtenir leur retraite et comme Appius Claudius se plaignait de ce que les barbares employaient de faux poids, Brennus, roi des Gaulois, ajouta son glaive aux poids et s'Ă©cria : VĂŠ victis ! Ensuite, Furius Camille l'ayant poursuivi, cernĂ© et taillĂ© ses troupes en piĂšces, et Brennus s'Ă©tant plaint de ce que cela se faisait contre les traitĂ©s, Camille, dit-on , lui rĂ©pondit par la mĂȘme exclamation."
Vanum est vobis ante lucem surgere 
« Il est vain de se lever avant le jour. Â» Bible, Psaumes, 126 (127), 2. Voir ici le texte.
Vanitas vanitatum et omnia vanitas 
« VanitĂ© des vanitĂ©s, tout est vanitĂ©. Â» Bible, EcclĂ©siaste, 1, 2.
Varium et mutabile semper femina 
« La femme toujours varie et change. Â» Virgile, l'ÉnĂ©ide, 4, 569.
Velocius quam asparagi coquantur 
« Plus rapide que la cuisson des asperges. Â» voir : Celerius quam asparagi cocuntur.
Veni vidi vici 
« Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. Â» CĂ©sar. Selon Plutarque, mots de CĂ©sar, dans son rapport au SĂ©nat de Rome, aprĂšs sa victoire rapide sur Pharnace II du Pont Ă  ZĂ©la en 47 AEC.
Verba docent, exempla trahunt 
« Les mots enseignent, les exemples entraĂźnent. Â» Dit autrement : « Un exemple vaut mieux que cent discours. Â»
Verba volant, scripta manent 
« Les paroles s'envolent, les Ă©crits restent. Â»
Verbatim 
« Mot Ă  mot. Â» Citation mot-Ă -mot ; transcription mot-Ă -mot d'un discussion.
Verbatim et litteratim 
« Mot Ă  mot et lettre Ă  lettre. Â» DĂ©signe une transcription mot-Ă -mot des paroles et lettre-Ă -lettre des Ă©crits d'une personne.
Veritas facit legem 
« La vĂ©ritĂ© fait la loi. Â» Adage juridique.
Veritas odium parit 
« La franchise engendre la haine. Â» TĂ©rence, L'Andrienne, 1, 1, 68. On dirait aujourd'hui : "Toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire". Le vers complet de TĂ©rence est : Namque hoc tempore obsequium amicos, veritas odium parit. « Par les temps qui courent, la complaisance fait des amis, la vĂ©ritĂ© engendre la haine. Â»
Versus 
« En direction de. Â» Attention : dans la littĂ©rature anglo-saxonne, ce terme est utilisĂ© comme abrĂ©viation de adversus avec le sens de « contre Â» ou « Ă  l'encontre de Â».
Veto 
« Je m’oppose. Â»
Via 
« Par la route de
 Â» Exemple : "Aller de Golfe-Juan Ă  Grenoble via la route NapolĂ©on." Par extension : « En passant par
 Â» : "Aller de Paris Ă  Toulouse via Bordeaux."
Vice versa 
« RĂ©ciproquement. Â»
Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni 
« La cause du vainqueur a sĂ©duit les dieux, mais celle du vaincu a sĂ©duit Caton. Â» Lucain, La Pharsale (De la Guerre civile) 1, 128. Dans son Ă©popĂ©e La Pharsale, le poĂšte Lucain prend partie contre CĂ©sar et pour PompĂ©e, prĂ©fĂ©rĂ© du vertueux Caton. La formule est utilisĂ©e pour qualifier la faveur que l'on peut avoir pour des causes perdues.
Vide infra 
« Voir plus bas. Â»
Vide supra 
« Voir plus haut. Â»
Video meliora proboque deteriora sequor 
« Je vois le bien, je l'aime et je fais le mal. Â» Ovide, Les MĂ©tamorphoses, 7, 20 Paroles de MĂ©dĂ©e exprimant son amour pour Jason. Voir ici l'extrait du texte d'Ovide.
Video sed non credo 
« Je le vois mais je ne crois pas. Â» Caspar Hofmann aprĂšs que William Harvey lui a montrĂ© la rĂ©alitĂ© de la circulation sanguine.
Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt 
« RĂ©primer la violence par la violence est permis par tous les droits et toutes les lois. Â» Adage juridique.
Vince malum bono 
« Surmonte le mal par le bien. Â» Citation partielle de Paul de Tarse, ÉpĂźtre aux Romains, 12, 21. Le verset complet est : Noli vinci a malo, sed vince in bono malum. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. Â»
Vincere scis, Hannibal ; victoria uti nescis 
« Tu sais vaincre, Hannibal ; tu ne sais pas profiter de ta victoire. Â» Tite-Live, Histoire romaine, 22, 51. Paroles de Maharbal Ă  Hannibal aprĂšs sa victoire Ă  Cannes, lui reprochant de ne pas poursuivre son offensive victorieuse. Tite-Live lui-mĂȘme estime que le dĂ©lai mis par Hannibal Ă  attaquer sauva Rome qui, entre-temps, avait pu s'organiser.
Vincit omnia veritas 
« La vĂ©ritĂ© triomphe de tout. Â» Devise de nombreuses institutions religieuses et de nombreux Ă©tablissements d'enseignement.
Vincit qui patitur 
« Il l'emporte celui qui souffre. Â» Formule attribuĂ©e Ă  Perse.
Vincit qui se vincit 
« Il est vainqueur celui qui se domine. Â» Devise de nombreuses institutions.
Vinum aqua miscere 
« Mettre de l'eau dans son vin. Â»
Vir bonus, dicendi peritus 
« Un homme de bien qui sait parler. Â» Quintilien, L'institution oratoire, 12, 1, 1 DĂ©finition par Quintilien de l'orateur. Voir ici le texte de Quintilien.
Vir prudens non contra ventum mingit 
« Un homme prudent ne pisse pas contre le vent. Â» MĂ©taphore Ă  multiples sens.
Virtus in media stat 
« La vertu se trouve au milieu. Â» (Devrait s'Ă©crire "Virtus in medio stat"). Sorte de morale molle qui assure sa tranquillitĂ© en fuyant les extrĂȘmes.
Virtus junxit mors non separabit 
« Ce que la vertu/la bravoure a uni, la mort ne le sĂ©parera pas. Â» [Nota : le mot latin virtus dĂ©signe les qualitĂ©s essentielles, morales et physiques de l'Être humain ; c'est-Ă -dire la vertu, la loyautĂ©, la justice, mais aussi la force, le courage, la bravoure.] Devise maçonnique. Formule que l'on trouve parfois inscrite Ă  l'intĂ©rieur des alliances de mariage.
Virtus unita fortior 
« L'union fait la force. Â» Devise de la PrincipautĂ© d'Andorre.Voir aussi Unitas virtute.
Virtus post nummos 
« La vertu aprĂšs l'argent. Â» Horace, ÉpĂźtres, 1, 1, 53. Le vers complet est : O cives, cives, quaerenda pecunia primum est ; virtus post nummos ! : « Citoyens, citoyens, il faut gagner de l'argent d'abord ; la vertu ne vient qu'aprĂšs l'argent ! Â» Boileau a ainsi traduit la formule d'Horace :
L'argent, l'argent, dit-on ; sans lui tout est stĂ©rile,
La vertu sans argent n'est qu'un meuble inutile.
Vis comica 
« Force comique. Â» Talent particulier d'un auteur, d'un comĂ©dien Ă  faire rire.
Vitam impedere vero 
« Consacrer sa vie Ă  la vĂ©ritĂ©. Â» JuvĂ©nal, Satires, 4, 91 Formule reprise par Rousseau, par plusieurs journaux rĂ©volutionnaires et par Marat.
Vivere est cogitare 
« Vivre, c'est penser. Â» CicĂ©ron, Tusculanes, 5, 38, 111. Le sens de cette formule, extraite de son contexte, est sans rapport avec celui qu'elle possĂšde dans le texte de CicĂ©ron. Voir ici le texte de CicĂ©ron.
Vivere militare est 
« La vie est un Ă©tat de guerre. Â» SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucilius, 16, 96, 5. Voir ici le texte de SĂ©nĂšque.
Volens nolens 
« Qu'on le veuille ou non. Â»
Volenti non fit iniuria 
« Celui qui a consenti Ă  l’acte ne peut prĂ©tendre en ĂȘtre victime. Â» Adage juridique. [Cet adage ne concerne que ce dont il est permis de disposer, c'est-Ă -dire, essentiellement, les biens patrimoniaux.]
Votum Solvit Libens Merito 
« Il s'est acquittĂ© de son vƓu, de bon grĂ©, comme il se doit. Â» Épitaphe frĂ©quente sur les tombes romaines. Voir #Loc-V.S.L.M.
Vox clamantis in deserto 
« La voix qui crie dans le dĂ©sert. Â» RĂ©ponse de Jean le Baptiste aux envoyĂ©s des Juifs venus lui demander "Qui es-tu". Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean, 1, 23. Voir ici le texte de l'Évangile de Jean.
Vox populi vox Dei 
« La voix du peuple est la voix de Dieu. Â» L'expression française "vox populi" est une apocope de la formule latine.
Vulgum pecus 
« Le commun des mortels. Â» Par opposition aux puissants, aux experts.
Vulnerant omnes, ultima necat 
« Toutes blessent, la derniĂšre tue. Â» En parlant des heures : inscription courante sur les cadrans solaires.
Vulpem pilum mutat, non mores 
« Le renard change d'apparence mais pas de mƓurs. Â» MĂ©taphore qui vise Ă©videmment les personnes.
Vultus est index animi 
« Le visage est le miroir de l'Ăąme. Â»

Références

Ab igne ignem capere

Ciceron, Des devoirs, 1, 16, 52. [Traduction : Charles Appuhn ; CicĂ©ron, De la vieillesse, De l'amitiĂ©, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Ex quo sunt illa communia :
non prohibere
aqua profluente,
pati ab igne ignem capere,
si qui uelit,
consilium fidele deliberanti dare,
quae sunt iis utilia,
qui accipiunt, danti non molesta.

De lĂ  ces formules de bon sens :
ne pas interdire
de puiser Ă  l'eau courante,
laisser prendre du feu Ă  son feu,
conseiller de bonne foi
celui qui dĂ©libĂšre ;
toutes maniĂšres
de rendre service sans frais.

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Absit invidia (verbo)

Tite-Live, Histoire romaine, 10, 19, 15. [Traduction : MM. Corpet, Verger et E. Pesseaunaux ; Histoire romaine de Tite-Live, t. II ; Paris, Garnier, 1904.]

Absit invidia verbo
et civilia bella sileant :
nunquam ab equite hoste,
nunquam a pedite,
nunquam aperta acie,
nunquam aequis,
utique nunquam
nostris locis
laboravimus

Que l'on soit impartial,
sans parler des guerres civiles :
on conviendra que jamais cavalerie ennemie,
jamais infanterie,
jamais bataille rangée,
que les positions
fussent ou non avantageuses,
ne nous causa
d'ambarras.

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Absit reverentia vero

Ovide, Les HĂ©roĂŻdes, 5, 12. [Traduction : Ovide, ƒuvres complĂštes, avec la traduction en français, publiĂ©es sous la direction de M. Nisard, MaĂźtre de ConfĂ©rence Ă  l'École Normale ; Paris, J.-J. Dubochet et Cie, Éditeurs, Rue de Seine 33, 1838.]

Nondum tantus eras,
cum te contenta marito
edita de magno flumine nympha fui,
qui nunc Priamides
(absit reverentia vero)
servus eras.

Tu n'Ă©tais pas cĂ©lĂšbre comme aujourd’hui
lorsque je me contentai de toi pour Ă©poux,
moi nymphe et fille d'un grand fleuve.
Maintenant, fils de Priam
(ne craignons pas de dire la vérité),
tu Ă©tais alors esclave.

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Ad undas

Virgile, l'ÉnĂ©ide, 4, 253-256, [Traduction : UniversitĂ© Catholique de Louvain.]
Hic primum paribus nitens Cyllenius alis constitit ; hinc toto praeceps se corpore ad undas C'est lĂ  que, dĂ©ployant ses ailes, s'arrĂȘte d'abord CyllĂ©nius ; puis, tĂȘte en avant, il plonge son corps entier vers les ondes,
misit, aui similis, quae circum litora, tel l'oiseau qui vole le long des cĂŽtes et rase le sol
circum piscosos scopulos humilis uolat aequora iuxta. autour des rochers poissonneux qui bordent de la mer.
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Ad vitam ĂŠternam

Extrait de la priĂšre chrĂ©tienne du Confiteor :

Misereatur nostri omnipotens Deus
et dimissis peccatis nostris
perducat nos ad vitam aeternam
Amen

Que le Seigneur Tout Puissant et Miséricordieux
Nous accorde le Pardon, l'Absolution
Et nous conduise Ă  la vie Ă©ternelle,
Ainsi soit-il.

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Adeo in teneris consuescere multum est

Quintilien, Les institutions oratoires, 1, 3, 13. [Traduction : Nizard ; Paris, 1842.]

Protinus ergo,
ne quid cupide,
ne quid inprobe,
ne quid inpotenter faciat,
monendus est puer,
habendumque in animo semper
illud Vergilianum :
adeo in teneris
consuescere multum est
.

On ne saurait donc
avertir trop tĂŽt un enfant
de ne rien faire avec passion,
avec méchanceté,
avec emportement ;
et il faut se souvenir toujours
de ce mot de Virgile :
Tant de nos premiers ans
l'habitude a de force !

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Adhuc sub judice lis est

Horace, L'Art poĂ©tique, 73-79. [Traduction : Fr. Richard ; Paris, Garnier, 1944.]
Res gestae regumque ducumque et tristia bella quo scribi possent numero, monstrauit Homerus. Quel vers peut chanter les exploits des rois et des chefs, la guerre et ses tristesses, c'est HomÚre qui l'a montré.
Versibus impariter iunctis querimonia primum, Le distique a exprimé d'abord la plainte funÚbre,
post etiam inclusa est uoti sententia compos. puis a été consacré à l'ex-voto.
Quis tamen exiguos elegos emiserit auctor, Qui a, le premier, fait servir ce mÚtre modeste à l'élégie,
grammatici certant et adhuc sub iudice lis est. les grammairiens en discutent encore, et le procĂšs est toujours pendant.
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Æs triplex

Horace, Odes, 1, 3, 9. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle. Paris , A. Lemerre, 1911.]

Illi robur et aes triplex
Cirea pectus erat, qui fragilem truci
Commisit pelago ratem
Primus...

Un triple chĂȘne, un triple airain couvrait le cƓur
de celui qui confia une barque fragile
aux flots redoutables
le premier...

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Alis aquilĂŠ

Bible, Vulgate, Livre d'IsaĂŻe, 40. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Deficient pueri et laborabunt
et iuvenes in infirmitate cadent
Qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem
adsument pinnas sicut aquilae
current et non laborabunt
ambulabunt et non deficient

Les adolescents se fatiguent et se lassent,
Et les jeunes hommes chancellent !
Mais ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leurs forces.
Ils prennent leur envol comme des aigles ;
Ils courent et ne se lassent point,
Ils marchent et ne se fatiguent point.

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Amore, more, ore, re

Cette formule ingĂ©nieuse est souvent attribuĂ©e Ă  Virgile. Toutefois plusieurs arguments laissent penser que cette attribution est erronĂ©e :
  • l'exploration systĂ©matique de l'Ɠuvre de Virgile ne permet pas d'en trouver trace ;
  • la mĂ©trique n'en n'est pas rĂ©guliĂšre ;
  • ce genre de formule amusante n'est pas virgilien, ni mĂȘme dans l'esprit des classiques romains.
Il apparaßt plus vraisemblable qu'elle soit d'origine médiévale.
Une intĂ©ressante discussion de cette formule peut ĂȘtre lue (en anglais) sur le site http://promagistris.blogspot.com (ConsultĂ© le 24 juillet 2010).
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Arma potentius aequum

Ovide, Les Fastes, 3, 277-289. [Traduction : M. Nisard ; Paris, 1857.]

Principio nimium promptos
ad bella Quirites
molliri placuit
iure deumque metu
Inde datae leges,
ne firmior omnia posset,
coeptaque sunt pure
tradita sacra coli.
Exuitur feritas,
armisque potentius aequum est,
et cum ciue pudet
conseruisse manus,
atque aliquis, modo trux,
uisa iam uertitur ara
uinaque dat
tepidis farraque salsa focis.

C'Ă©tait le temps oĂč il fallait enfin
soumettre au frein de la justice
et retenir par la crainte des dieux
ces Romains toujours prĂȘts Ă  saisir les armes.
Les lois sont proclamées
et remplacent le droit du plus fort ;
alors les divinitĂ©s des ancĂȘtres
sont l'objet d'un culte solennel.
La barbarie disparaĂźt peu Ă  peu ;
l'Ă©quitĂ© succĂšde Ă  la violence ;
le citoyen rougit
de combattre contre un citoyen,
et tel qui, furieux, allait assouvir sa colĂšre,
s'apaise soudain, Ă  l'aspect de l'autel,
et vient jeter sur la flamme
le vin, le sel et le froment.

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Auri mediocritas

Horace, Odes, 2, 10, 5-9. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Auream quisquis mediocritatem
diligit,
tutus caret obsoleti sordibus tecti,
caret inuidenda sobrius aula.
Saepius uentis agitatur ingens.

Celui qui aime la médiocrité dorée

évitera pour son repos les misÚres d'un toit délabré,
et, dans sa sobriété, le palais qu'on envie.
Le pin élevé est plus souvent agité par les vents.

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Aut bibat aut abeat

CicĂ©ron, Les Tusculanes, 5, 41. [Traduction : M. Nisard ; Paris, Dubochet, 1841.]

Mihi quidem in vita, servanda videtur illa lex, quae in Graecorum conuiviis optinetur: "Aut bibat" inquit "aut abeat". Et recte. Aut enim fruatur aliquis pariter cum aliis voluptate potandi aut, ne sobrius in violentiam vinolentorum incidat, ante discedat. Sic injurias fortunae, quas ferre nequeas, defugiendo relinquas

Du moins je voudrais qu'Ă  cet Ă©gard on suivit la loi reçue par les Grecs dans leurs festins : "Que tout convive boive, ou se retire". Loi sagement Ă©tablie ; car il est juste que tous participent aux plaisirs de la table ou que le sobre la quitte, de peur qu'il n'Ă©prouve la violence des tĂȘtes Ă©chauffĂ©es par le vin ; et de mĂȘme, si vous ne vous sentez point assez fort contre la fortune, dĂ©robez-vous a ses atteintes en renonçant Ă  vivre.

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Ave Maria

PriÚre chrétienne.

Ave Maria,
gracia plena,
Dominus tecum :
benedicta tu in mulieribus,
et benedictus fructus ventris tui, Jesus.

Sancta Maria,
Mater Dei,
ora pro nobis peccatoribus,
nunc et in hora mortis nostrae.

Amen.

Je vous salue Marie,
pleine de GrĂące,
le Seigneur est avec vous.
Vous ĂȘtes bĂ©nie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie,
mĂšre de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et Ă  l'heure de notre mort.

Amen.

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Beatus ille qui procul negotiis

Horace, Épodes, 2, 1. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Beatus ille qui procul negotiis,
ut prisca gens mortalium,
paterna rura bubus exercet suis
solutus omni faenore

Heureux celui qui loin des affaires,
comme la race antique des hommes,
laboure avec ses bƓufs les champs paternels,
libre de tout souci usuraire;

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Beatus qui prodest quibus potest

CicĂ©ron, Des devoirs, 3, 15, 63-64. [Traduction : Charles Appuhn, CicĂ©ron, De la vieillesse, De l'amitiĂ©, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]
Hecatonem quidem Rhodium, discipulum Panaetii, video in iis libris, quos de officio scripsit Q- Tuberoni, dicere, sapientis esse nihil contra mores, leges, instituta facientem habere rationem rei familiaris. Neque enim solum nobis divites esse volumus, sed liberis, propinquis, amicis maximeque rei publicae. Singulorum enim facultates et copiae divitiae sunt civitatis. Huic Scaevolae actum, de quo paulo ante dixi, placere nullo modo potest. Etenim omnino tantum se negat facturum compendii sui causa, quod non liceat. Je vois qu'HĂ©caton, de Rhodes, un disciple de PanĂ©tius, dit, dans l'ouvrage qu'il a dĂ©diĂ© Ă  Q. TubĂ©ron : « Il est d'un sage d'avoir souci de son propre avoir sans rien faire de contraire aux coutumes, aux lois et aux institutions en vigueur. Ce n'est pas seulement pour nous-mĂȘmes que nous voulons ĂȘtre riches, c'est pour nos enfants, nos proches, nos amis et surtout dans l'intĂ©rĂȘt de l'Etat. Les ressources, les fortunes des particuliers font la richesse de la citĂ©. Â» Ce moraliste n'aurait certes pas goĂ»tĂ© le dĂ©sintĂ©ressement qu'a montrĂ© ScĂ©vola dans l'affaire dont je parlais ci-dessus. Il ne s'interdit en effet, pour grossir son avoir, que ce qu'interdisent les lois et coutumes.
Huic nec laus magna tribuenda nec gratia est. Sed sive et simulatio et dissimulatio dolus malus est, perpaucae res sunt, in quibus non dolus malus iste versetur, sive vir bonus est is, qui prodest quibus potest, nocet nemini, certe istum virum bonum non facile reperimus. Numquam igitur est utile peccare, quia semper est turpe, et, quia semper est honestum virum bonum esse, semper est utile. Il n'y a pas lĂ  de quoi se glorifier et on ne peut lui en savoir beaucoup de grĂ©. Mais si le dol consiste dans la feinte et la dissimulation, il y a bien peu d'affaires qui en soient exemptes et si l'honnĂȘte homme est celui qui fait du bien autant qu'il peut autour de lui et ne fait de mal Ă  personne, nous aurons quelque peine Ă  trouver un honnĂȘte homme. Pour conclure donc, il n'est jamais utile de mal faire et, parce qu'il est toujours beau d'ĂȘtre un honnĂȘte homme, cela est toujours utile.
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Bertha rosas, Heotrud violas dat

ThĂ©odulphe, Ă©vĂȘque d'OrlĂ©ans, (760-821) [in Orlando de Rudder, Aperto libro ; Larousse, Paris, 1988].

S'il s'assied, que ses filles incomparables lui donnent leurs cadeaux au milieu d'embrassements ardents et que l'objet de son amour et de sa tendresse lui en donne aussi. Que Berthe lui donne des roses, Heotrud des violettes, Gisla des lys. Que chacune lui apporte des prĂ©sents de nectar et d'ambroisie. Heotrud des pommes, Hiltrud les prĂ©sents de CĂ©rĂšs, ThĂ©odrade ceux de Bacchus. Que d'aspects diffĂ©rents ! Mais c'est la mĂȘme beautĂ© en toutes. C'est l'Ă©clat des pierres prĂ©cieuse chez l'une, la splendeur de l'or chez l'autre [
] C'est la disposition d'une fibule ou l'ornement d'un bandeau. C'est la parure d'un bracelet ou l'agrĂ©ment d'un collier. Telle est revĂȘtue d'une robe gris-fer, telle autre de jaune safran; telle ceint sa gorge d'un linge blanc comme le lait, telle autre d'un rouge. Qu'elles fassent au roi la faveur de tendres propos ou de leur rire qu'elles charment leur pĂšre par leur dĂ©marche et leurs plaisanteries. Que si la trĂšs sainte sƓur du roi se trouve lĂ , elle donne de doux baisers Ă  son frĂšre et rĂ©ciproquement. Mais qu'elle reste calme et modĂšre ses joies pour garder dans son cƓur celle que lui donne l'Ă©poux Ă©ternel.

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Bellum se ipsum alet

Tite-Live, Ab Urbe Condita (Histoire romaine), 34, 12. [Traduction : Collection des Auteurs latins sous la direction de M. Nisard, ƒuvres de Tite-Live, t. II ; Paris, Firmin Didot, 1864.]

Id erat forte tempus anni ut frumentum in areis Hispani haberent; itaque redemptoribus uetitis frumentum parare ac Romam dimissis 'bellum' inquit 'se ipsum alet'. profectus ab Emporiis agros hostium urit uastatque, omnia fuga et terrore complet.

C'Ă©tait le moment de l'annĂ©e oĂč les blĂ©s Ă©taient dĂ©jĂ  serrĂ©s dans les granges. Caton dĂ©fendit aux fournisseurs de s'occuper des approvisionnements, et les renvoya Ă  Rome en disant: "La guerre entretiendra la guerre." Il partit ensuite d'Emporiae, mit Ă  feu et Ă  sang le territoire ennemi, et rĂ©pandit partout l'Ă©pouvante et la consternation.

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Bonus ex malo non fit

SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Luculius, 11, 87, 22. [Traduction : MM. Charpentier & Lemaistre, Collection Panckoucke ; Paris, Garnier, 1860.]

« Bonum ex malo non fit ; diuitiae fiunt autem ex auaritia; diuitiae ergo non sunt bonum. Â» - Non est, inquit, uerum, bonum ex malo non nasci : ex sacrilegio enim et furto pecunia nascitur. Itaque malum quidem est sacrilegium et furtum, sed ideo quia plura mala facit quam bona ; dat enim lucrum, sed cum metu, sollicitudine, tormentis et animi et corporis. - Quisquis hoc dicit, necesse est recipiat sacrilegium, sicut malum sit quia multa mala facit, ita bonum quoque ex aliqua parte esse, quia aliquid boni facit : quo quid fieri portentuosius potest ?
Quamquam sacrilegium, furtum, adulterium inter bona haberi prorsus persuasimus.

« Le bien ne peut naĂźtre du mal : les richesses naissent de l'avarice : donc elles ne sont pas un bien. Â» - Il n'est pas vrai, objecte-t-on, que le bien ne puisse pas naĂźtre du mal : car du sacrilĂ©ge et du vol il peut venir de l'argent. Aussi le sacrilĂšge et le vol ne sont des maux que parce qu'ils font plus de mal que de bien ; car le profit qu'ils apportent est accompagnĂ© de craintes, d'inquiĂ©tudes, de tourments du corps et de l'Ăąme. - Tenir ce langage, c'est admettre nĂ©cessairement que, si le sacrilĂšge est un mal, en tant qu'il produit beaucoup de maux, il est, sous d'autres rapports, un bien, en tant qu'il produit quelque bien. Or, je le demande, est-il rien de plus monstrueux que ce raisonnement, quoique nous en soyons venus aujourd'hui Ă  mettre le sacrilĂ©ge, le vol et l'adultĂšre au nombre des biens ?

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Bonum vinum lĂŠtificat cor hominis

Bible, EcclĂ©siaste, 10, 19. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Malheur Ă  toi, pays dont le prince est un enfant
et dont les puissants mangent le matin !
Heureux-toi, pays dont le roi est de race illustre
et dont les princes mangent au temps convenable
pour contenir leurs forces et non pour se livrer Ă  la boisson !
Quand les mains sont paresseuses, la charpente s'affaisse ;
et quand les mains sont lĂąches, la maison Ă  des fuites ;
on fait des repas pour se divertir,
le vin rend le cƓur de l'homme heureux
et l'argent répond à tout.

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Caelum non animum mutant qui trans mare currunt

Horace, ÉpĂźtres, 1, 11, 25-29. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Nam si ratio et prudentia curas, non locus effusi late maris arbiter aufert, caelum, non animum mutant, qui trans mare currunt. Strenua non exercet inertia; nauibus atque quadrigis petimus bene uiuere.

Car, si c'est la raison et la sagesse qui dissipent les soucis, et non les lieux qui dominent la vaste mer, en traversant celle-ci on change de ciel, non d'esprit ; et nous nous Ă©puisons en une oisivetĂ© laborieuse, montant pour vivre heureux sur des nefs et des quadriges.

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Cantabit vacuus coram latrone viator

JuvĂ©nal, Satires, 10, 19-27. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
Pauca licet portes argenti uascula puri Si, avec le moindre vase d'argent uni,
nocte iter ingressus, gladium contumque timebis on sort la nuit, on craint le glaive et l'Ă©pieu ;
et mota ad lunam trepidabis harundinis umbra : l'ombre d'un roseau qui bouge au clair de lune fait frissonner,
cantabit uacuus coram latrone uiator. tandis que le voyageur aux poches vides chantera au nez du voleur.
Prima fere uota et cunctis notissima templis Le voeu le plus commun, qui s'entend dans tous les temples,
diuitiae, crescant ut opes, ut maxima toto c'est que nos richesses et ressources augmentent,
nostra sit arca foro. c'est que notre coffre-fort soit le mieux garni du Forum.
Sed nulla aconita bibuntur fictilibus ; Pourtant aucun poison ne se boit dans l'argile ;
tunc illa time cum pocula sumes au contraire, tremble, si tu prends en main
gemmata et lato Setinum ardebit in auro. une coupe décorée de pierreries et si le Sétine pétille dans l'or.
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Caput inter nubila

Ovide, l’ÉnĂ©ide, 4, 2, 174-190. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes — Fama, malum qua non aliud uelocius ullum ; mobilitate uiget, uiresque adquirit eundo, parua metu primo, mox sese attollit in auras, ingrediturque solo, et caput inter nubila condit. Illam Terra parens, ira inritata deorum, extremam ut perhibent Coeo Enceladoque sororem progenuit, pedibus celerem et pernicibus alis, monstrum horrendum, ingens, cui, quot sunt corpore plumae tot uigiles oculi subter, mirabile dictu, tot linguae, totidem ora sonant, tot subrigit aures. Nocte uolat caeli medio terraeque per umbram, stridens, nec dulci declinat lumina somno ; luce sedet custos aut summi culmine tecti, turribus aut altis, et magnas territat urbes ; tam ficti prauique tenax, quam nuntia ueri. Haec tum multiplici populos sermone replebat gaudens, et pariter facta atque infecta canebat.

AussitĂŽt, la Rumeur parcourt les grandes villes de Libye — la Rumeur, de tous les maux le plus vĂ©loce : la mobilitĂ© accroĂźt sa vigueur et la marche lui donne des forces ; petite d'abord par peur, elle s'Ă©lĂšve bientĂŽt dans les airs, et, tout en foulant le sol, tient la tĂȘte cachĂ©e dans les nuages. La Terre sa mĂšre, par colĂšre contre les dieux, l'a mise au monde pour donner, selon la lĂ©gende, une derniĂšre sƓur Ă  CĂ©us et EncĂ©lade ; rapide car dotĂ©e de pieds et d'ailes agiles, monstre horrible, gigantesque ; autant porte-t-elle de plumes sur son corps, autant possĂšde-t-elle sous ces plumes d'yeux vigilants (Ă©tonnant Ă  dire !), autant de langues, autant de bouches sonnantes, autant d'oreilles dressĂ©es. La nuit, elle vole entre le ciel et la terre, grinçant dans l'ombre, et ne ferme point les yeux pour se livrer au doux sommeil ; le jour, elle guette, postĂ©e au sommet d'un toit ou sur de hautes tours et sĂšme la terreur dans les grandes citĂ©s, opiniĂątre messagĂšre d'inventions, de faux et de vĂ©ritĂ©. Elle se plaĂźt Ă  rĂ©pandre partout les propos les plus divers, et diffuse tout Ă  la fois ce qui est et ce qui n'est pas arrivĂ©.

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Carpe diem

Horace, Odes, 1, 11, 8. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894), Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Tu ne quaesieris (scire nefas)
quem mihi, quem tibi finem di dederint,
Leuconoe,
nec Babylonios temptaris numeros.
Vt melius quicquid erit pati !
Seu pluris hiemes seu tribuit Iuppiter
ultimam, quae nunc oppositis
debilitat pumicibus mare Tyrrhenum,
sapias, uina liques et spatio breui
spem longam reseces.
Dum loquimur, fugerit inuida aetas :
carpe diem, quam minimum credula postero.

Ne cherche pas à connaßtre, il est défendu de le savoir,
quelle destinée nous ont faite les Dieux, à toi et à moi,
ĂŽ LeuconoĂ© ;
et n'interroge pas les Nombres Babyloniens.
Combien le mieux est de se rĂ©signer, quoi qu'il arrive !
Que Jupiter t'accorde plusieurs hivers,
ou que celui-ci soit le dernier qui heurte maintenant
la mer Tyrrhénienne contre les rochers immuables,
sois sage, filtre tes vins et mesure
tes longues espérances à la briÚveté de la vie.
Pendant que nous parlons, le temps jaloux s'enfuit.
Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain.

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Christianos ad leones

Tertullien, ApologĂ©tique, 40, 2. [Traduction : J.-A.-C. Buchon, Choix de monuments primitifs de l'Ă©glise chrĂ©tienne ; Paris, Delagrave, 1882.]
At e contrario illis nomen factionis accommodandum est, qui in odium bonorum et proborum conspirant, qui aduersum sanguinem innocentium conclamant, praetexentes sane ad odii defensionem illam quoque uanitatem, quod existiment omnis publicae cladis, omnis popularis incommodi Christianos esse in causam. Si Tiberis ascendit in moenia, si Nilus non ascendit in arua, si caelum stetit, si terra mouit, si fames, si lues, statim : "Christianos ad leonem !" acclamatur. Tantos ad unum ? Une assemblĂ©e de gens de bien, de gens vertueux, pieux et chastes, n'est point une faction, c'est un sĂ©nat : le nom de faction convient Ă  ceux qui conspirent contre ces hommes vertueux ; qui demandent Ă  grands cris leur sang ; qui prennent pour prĂ©texte de leur haine que les chrĂ©tiens sont la cause de toutes les calamitĂ©s publiques. Pitoyable prĂ©texte ! Si le Tibre inonde Rome, si le Nil n'inonde point les campagnes, si le ciel est fermĂ©, si la terre tremble, s'il survient une famine, une peste, on entend crier aussitĂŽt : « Les chrĂ©tiens aux lions ! Â» Quoi ! tous les chrĂ©tiens aux lions !
Oro uos, ante Tiberium, id est ante Christi aduentum, quantae clades orbem et urbes ceciderunt ! Legimus Hieran, Anaphen et Delon et Rhodon et Co insulas multis cum milibus hominum pessum abisse. Memorat et Plato maiorem Asiae uel Africae terram Atlantico mari ereptam. Sed et mare Corinthium terrae motus ebibit, et uis undarum Lucaniam abscisam in Siciliae nomen relegauit. Mais dites-moi, je vous prie, avant TibĂšre, c'est-Ă -dire avant la naissance de JĂ©sus-Christ, la terre, les villes n'ont-elles pas Ă©prouvĂ© les plus grands malheurs ? L'histoire ne nous apprend-elle pas que HiĂ©rapolis, que les Ăźles de DĂ©los, de Rhode et de Cos ont Ă©tĂ© submergĂ©es avec plusieurs milliers d'hommes ? Platon assure que la mer Atlantique a couvert la plus grande partie du continent de l'Asie ou de l'Afrique. Un tremblement de terre a mis Ă  sec la mer de Corinthe. La violence des flots a dĂ©tachĂ© la Lucanie de l'Italie, et en a fait l'Ăźle de Sicile.
Haec utique non sine iniuria incolentium accidere potuerunt. Ubi uero tunc, non dicam deorum uestrorum contemptores Christiani, sed ipsi dei uestri, cum totum orbem cataclysmus aboleuit uel, ut Plato putauit, campestre solummodo ? De tels changements dans le globe n'ont pu arriver sans faire pĂ©rir quantitĂ© d'hommes. OĂč Ă©taient, je ne dis pas les chrĂ©tiens, ces contempteurs de vos dieux, oĂč Ă©taient vos dieux eux-mĂȘmes, lorsque le dĂ©luge a submergĂ© toute la terre, ou du moins les plaines, comme Platon l'a prĂ©tendu ?
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Cedant arma togae

CicĂ©ron, Des Devoirs, 1, 22, 77. [Traduction : Charles Appuhn, CicĂ©ron, De la vieillesse, De l'amitiĂ©, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Illud autem optimum est, in quod invadi solere ab improbis et invidis audio "cedant arma togae concedat laurea laudi". Ut enim alios omittam, obis rem publicam gubernantibus nonne togae arma cesserunt? Neque enim periculum in re publica fuit gravius umquam nec maius otium. Ita consiliis diligentiaque nostra celeriter de manibus audacissimorum civium delapsa arma ipsa ceciderunt. Quae res igitur gesta umquam in bello tanta? qui triumphus conferendus?

Il n'est rien de plus beau que l'idĂ©e exprimĂ©e dans ce vers qui a donnĂ© prise Ă  tant d'attaques des mauvais citoyens et des envieux : "que les armes le cĂšdent Ă  la toge, les lauriers du soldat vainqueur Ă  la louange du courage civique". Pour ne pas citer d'autres exemples, n'est-il pas vrai qu'au temps oĂč je gouvernais, la rĂ©publique les armes l'ont cĂ©dĂ© Ă  la toge ? Jamais la rĂ©publique ne courut plus grand danger et jamais la paix ne fut plus profonde : par ma dĂ©cision, par mon activitĂ©, les armes sont d'elles-mĂȘmes tombĂ©es des mains des citoyens les plus audacieux. Quel fait de guerre eut jamais tant de grandeur, quel triomphe est comparable ?

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Cibi condimentum est fames

CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 28, 90. [Traduction : M. Guyau, Des suprĂȘmes biens et des suprĂȘmes maux, d'aprĂšs CicĂ©ron ; Paris, Delagrave, 1875.]

Sapientem locupletat ipsa natura, cuiusdiuitias Epicurus parabiles esse docuit. Haec bene dicuntur, nec ego repugno, sed inter sese ipsa pugnant. negat enim tenuissimo uictu, id est contemptissimis escis et potionibus, minorem uoluptatem percipi quam rebus exquisitissimis ad epulandum. huic ego, si negaret quicquam interesse ad beate uiuendum quali uteretur uictu, concederem, laudarem etiam; uerum enim diceret, idque Socratem, qui uoluptatem nullo loco numerat, audio dicentem, cibi condimentum esse famem, potionis sitim. sed qui ad uoluptatem omnia referens uiuit ut Gallonius, loquitur ut Frugi ille Piso, non audio nec eum, quod sentiat, dicere existimo.

Épicure nous apprend que le sage est assez riche des seuls biens de la nature, qui sont toujours sous notre main. Soit, et je pense comme lui ; mais voici encore une contradiction. Il soutient qu'il n'y a pas moins de voluptĂ© Ă  se nourrir des choses les plus viles, et Ă  ne boire que de l'eau, qu'Ă  jouir de tout le luxe de la table. S'il disait que, pour vivre heureusement, il n'importe pas de quoi on vive, j'en ferais d'accord ; et je le louerais mĂȘme, car il dirait vrai. Et quand Socrate, qui ne faisait nul cas de la voluptĂ©, dit que le meilleur assaisonnement du boire et du manger est la soif et la faim, je l'Ă©coute ; mais je n'Ă©coute pas un homme qui, rapportant tout Ă  la voluptĂ©, parle comme le frugal Pison et vit comme Gallonius, car je ne puis croire qu'il exprime sa vĂ©ritable pensĂ©e.

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Cogito ergo sum

René Descartes, Méditations métaphysiques, 2, 3, 1641.

Sed est deceptor nescio quis, summe potens, summe callidus, qui de industriĂą me semper fallit. Haud dubie igitur ego etiam sum, si me fallit; & fallat quantum potest, nunquam tamen efficiet, ut nihil sim quamdiu me aliquid esse cogitabo. Adeo ut, omnibus satis superque pensitatis, denique statuendum sit hoc pronuntiatum, Ego sum, ego existo, quoties a me profertur, vel mente concipitur, necessario esse verum.

Mais il y a un je ne sais quel trompeur trĂšs puissant et trĂšs rusĂ©, qui emploie toute son industrie Ă  me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe ; et qu'il me trompe tant qu'il voudra il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai ĂȘtre quelque chose. De sorte qu'aprĂšs y avoir bien pensĂ©, et avoir soigneusement examinĂ© toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nĂ©cessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit.

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Coitus interruptus

Texte de la Bible concernant Onan : GenĂšse, 38, 6-10. [Traduction : Louis Second, 1910.]

6. Juda prit pour Er, son premier-né, une femme nommée Tamar.
7. Er, premier-nĂ© de Juda, Ă©tait mĂ©chant aux yeux de l'Éternel ; et l'Éternel le fit mourir.
8. Alors Juda dit Ă  Onan : Va vers la femme de ton frĂšre, prends-la comme beau-frĂšre et suscite une postĂ©ritĂ© Ă  ton frĂšre.
9. Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre alors qu'il allait vers la femme de son frÚre, afin de ne pas donner de postérité à son frÚre.
10. Ce qu'il faisait dĂ©plut Ă  l'Éternel, qui le fit aussi mourir.

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Collige virgo rosas

De rosis nascentibus, « Les boutons de roses Â» attribuĂ© Ă  Virgile et plus surement Ă  Ausone. Vers 49-50.
Traduction versifiée non littérale.
collige, virgo, rosas dum flos novus et nova pubes, mignonne, tant que la rose et toi sont dans la fleur de l'Ăąge,
et memor esto aevum sic properare tuum. cueille la rose et souviens-toi que comme elle tu te flétriras.
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Consuetudinis vis magna est

CicĂ©ron, Les Tusculanes, 2, 17, 40. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. Nisard ; ƒuvres complĂštes de CicĂ©ron, t. IV ; Paris, Dubochet, 1841.]
Ubi fortuna Hectoris nostram acrem aciem inclinatam - et cetera explicat in dolore. Sic est enim intemperans militaris in forti uiro gloria. Ergo haec ueteranus miles facere poterit, doctus uir sapiensque non poterit ? Ille uero melius, ac non paulo quidem. 40 Sed adhuc de consuetudine exercitationis loquor, nondum de ratione et sapientia. Aniculae saepe inediam biduum aut triduum ferunt. Subduc cibum unum diem athletae: iouem, iouem Olympium, eum ipsum cui se exercebit, implorabit, ferre non posse clamabit. Consuetudinis magna uis est. Pernoctant uenatores in niue, in montibus uri se patiantur, inde pugiles caestibus contusi ne ingemescunt quidem. Sed quid hos quibus Olympiorum uictoria consulatus ille antiquus uidetur ? gladiatores, aut perditi homines aut barbari, quas plagas perferunt! quo modo illi, qui bene instituti sunt, accipere plagam malunt quam turpiter uitare! quam saepe apparet nihil eos malle quam uel domino satis facere uel populo! mittunt etiam uulneribus confecti ad dominos qui quaerant quid uelint; si satis eis factum sit, se uelle decumbere. Quis mediocris gladiator ingemuit, quis uultum mutauit umquam ? quis non modo stetit, uerum etiam decubuit turpiter ? quis, cum decubuisset, ferrum recipere iussus collum contraxit ? "Hector, Ă  qui les Dieux prĂȘtaient leur assistance , voyant de nos guerriers mollir la rĂ©sistance, etc." car il en vient au dĂ©tail, malgrĂ© sa douleur; emportĂ© par cette intempĂ©rance de gloire, dont un brave ne peut se dĂ©fendre. Un homme Ă©clairĂ©, un philosophe ne pourra-t-il donc pas aussi bien qu'un vieux guerrier, montrer de la patience dans ses douleurs ? Oui sans doute il le pourra, et incomparablement mieux. Mais nous n'en sommes pas encore aux secours qui se tirent de sa raison : il s'agit prĂ©sentement de ceux qui naissent de l'habitude. Une petite femme dĂ©crĂ©pite jeĂ»nera sans peine deux et trois jours. Retranchez la nourriture Ă  un athlĂšte pendant vingt-quatre heures, il se croira mort et appellera Jupiter Ă  son aide, ce Jupiter l'Olympien, Ă  qui ses travaux sont consacrĂ©s. Telle est la force de l'habitude. Passer les nuits au milieu des neiges, et brĂ»ler toute la journĂ©e au soleil, c'est l'ordinaire des chasseurs. On n'entend pas mĂȘme gĂ©mir ces athlĂštes, qui se meurtrissent Ă  coups de cestes. Que dis-je ? Une victoire remportĂ©e aux jeux Olympiques est Ă  leurs yeux ce qu'a Ă©tĂ© autrefois le consulat dans Rome. Mais les gladiateurs, des scĂ©lĂ©rats, des barbares, jusqu'oĂč ne poussent-ils point la constance ? Pour peu qu'ils sachent bien leur mĂ©tier, n'aiment-ils pas mieux recevoir un coup, que de l'esquiver contre les rĂšgles ? On voit que ce qui les occupe davantage, c'est le soin de plaire, et Ă  leur maĂźtre, et aux spectateurs. Tout couverts de blessures, ils envoient demander Ă  leur maĂźtre s'il est content : que s'il ne l'est pas, ils sont prĂȘts Ă  tendre la gorge. Jamais le moindre d'entre eux a-t-il, ou gĂ©mi, ou changĂ© de visage ? Quel art dans leur chĂ»te mĂȘme, pour en dĂ©rober la honte aux yeux du public ? RenversĂ©s enfin aux pieds de leur adversaire, s'il leur prĂ©sente le glaive, tournent-ils la tĂȘte ?
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Consuetudo altera natura est

CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 5, 25, 74. [Traduction : Collection des auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. Nisard ; ƒuvres complĂštes de CicĂ©ron t. III ; Paris, Dubochet, 1840.]
Quin etiam ipsi uoluptarii deuerticula quaerunt et uirtutes habent in ore totos dies uoluptatemque primo dumtaxat expeti dicunt, deinde consuetudine quasi alteram quandam naturam effici, qua inpulsi multa faciant nullam quaerentes uoluptatem. Il n'y a pas jusqu'aux voluptueux qui ne cherchent des subterfuges et qui n'aient sans cesse le nom de la vertu Ă  la bouche ; ils disent que c'est bien Ă  la voluptĂ© que la nature se porte d'abord, mais que l'habitude est comme une seconde nature, par l'impulsion de laquelle on fait ensuite beaucoup de choses, sans avoir la voluptĂ© pour objet.
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Consummatum est

Évangile de Jean. Texte latin : Vulgate. [Traduction : Louis Second, 1910.]

28. Postea sciens Iesus quia
iam omnia consummata sunt
ut consummaretur scriptura dicit 'sitio'
29. vas ergo positum erat aceto plenum
illi autem spongiam plenam aceto
hysopo circumponentes
obtulerunt ori eius
30. cum ergo accepisset Iesus acetum
dixit 'consummatum est'
et inclinato capite tradidit spiritum.

28. AprĂšs cela, JĂ©sus, qui savait que
tout était déjà consommé, dit,
afin que l'Écriture fĂ»t accomplie : « j'ai soif. Â»
29. Il y avait lĂ  un vase plein de vinaigre.
Les soldats en remplirent une Ă©ponge et,
l'ayant fixée à une branche d'hysope,
ils l'approchĂšrent de sa bouche.
30. Quand JĂ©sus eut pris le vinaigre,
il dit : « Tout est accompli. Â»
Et, baissant la tĂȘte, il rendit l'esprit.

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Contra spem in spem credidit

Vulgate, Romains, 4, 18-19. [Traduction : Louis Second, 1910.]

[Abraham] qui contra spem in spem credidit
ut fieret pater multarum gentium secundum
quod dictum est sic erit semen tuum.

Espérant contre toute espérance, [Abraham] crut,
en sorte qu'il devint pĂšre d'un grand nombre de nations,
selon ce qui lui avait Ă©tĂ© dit : Telle sera ta postĂ©ritĂ©.

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Corruptissima re publica plurimae leges

Tacite, Annales, 3, 27. [Traduction : ƒuvres complĂštes de Tacite traduites en français avec une introduction et des notes par J. L. Burnouf ; Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, rue Pierre-Sarrazin, n°14, 1859.]

Aduersum patrum factiones multa populus parauit tuendae libertatis et firmandae concordiae, creatique decemuiri et accitis quae usquam egregia compositae duodecim tabulae, finis aequi iuris : nam secutae leges etsi aliquando in maleficos ex delicto, saepius tamen dissensione ordinum et apiscendi inlicitos honores aut pellendi claros uiros aliaque ob praua per uim latae sunt [
] Ac ne bello quidem Italico, mox ciuili omissum quin multa et diuersa sciscerentur, donec L. Sulla dictator abolitis uel conuersis prioribus, cum plura addidisset, otium eius rei haud in longum parauit, statim turbidis Lepidi rogationibus neque multo post tribunis reddita licentia quoquo uellent populum agitandi. Iamque non modo in commune sed in singulos homines latae quaestiones, et corruptissima re publica plurimae leges. 
Le peuple, en vue d'assurer sa libertĂ© et d'affermir la concorde, se donna, contre les entreprises des patriciens, de nombreuses garanties. Des dĂ©cemvirs furent crĂ©Ă©s, qui, empruntant aux lĂ©gislations Ă©trangĂšres ce qu'elles avaient de meilleur, en formĂšrent les Douze Tables, derniĂšres lois dont l'Ă©quitĂ© soit le fondement : car si celles qui suivirent eurent quelquefois pour but de rĂ©primer les crimes, plus souvent aussi, nĂ©es de la division entre les ordres, d'une ambition illicite, de l'envie de bannir d'illustres citoyens, ou de quelque motif Ă©galement condamnable, elles furent l'ouvrage de la violence [
] Ni la guerre italique, ni la guerre civile, qui la suivit de prĂšs, n'empĂȘchĂšrent d'Ă©clore une foule de lois, souvent contradictoires ; jusqu'Ă  ce que L. Sylla, dictateur, aprĂšs en avoir aboli, changĂ©, ajoutĂ© un grand nombre, fĂźt trĂȘve aux nouveautĂ©s, mais non pour longtemps ; car les sĂ©ditieuses propositions de LĂ©pidus Ă©clatĂšrent aussitĂŽt, et la licence ne tarda pas Ă  ĂȘtre rendue aux tribuns d'agiter le peuple au grĂ© de leur caprice. Alors on ne se borna plus Ă  ordonner pour tous ; on statua mĂȘme contre un seul, et jamais les lois ne furent plus multipliĂ©es que lorsque l'État fut le plus corrompu.
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Cui bono ?

CicĂ©ron, Pro Milone, 12, 32. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. Nisard ; ƒuvres complĂštes de CicĂ©ron, t. III ; Paris, Dubochet, 1840.]

Itaque illud Cassianum 'cui bono fuerit' in his personis valeat; etsi boni nullo emolumento impelluntur in fraudem, improbi saepe parvo.

Que le mot de Cassius : "A qui l'action a-t-elle dĂ» profiter ?" nous dirige donc et nous aide dans nos recherches. Si nul motif ne peut engager l'honnĂȘte homme Ă  faire le mal, souvent un lĂ©ger intĂ©rĂȘt y dĂ©termine le mĂ©chant.

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Cum grano salis

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 23, 77, 2. [Traduction : Émile LittrĂ© ; Histoire naturelle de Pline t. II ; Paris, J.J. Dubochet, Le Chevalier et Comp., Paris, 1850.]

AprĂšs la dĂ©faite de Mithridate, puissant monarque, Cn. PompĂ©e trouva dans ses archives secrĂštes une recette que ce prince avait Ă©crite de sa propre main ; c'Ă©tait un antidote ainsi composĂ© : Prenez deux noix sĂšches, deux figues, vingt feuilles de rue ; broyez le tout ensemble, aprĂšs avoir ajoutĂ© un grain de sel : celui qui prendra ce mĂ©lange Ă  jeun sera pour un jour Ă  l'abri de tout poison.

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Dat veniam corvis, vexat censura columbas

JuvĂ©nal, Satires, 2, 63. [Traduction : Jules Lacroix ; Satires de JuvĂ©nal et de Perse ; Paris, Firmin Didot, 1846.]
JuvĂ©nal, qui Ă©crit entre la fin du Ier siĂšcle et le dĂ©but du IIe siĂšcle, tempĂȘte contre le dĂ©pravation de Rome devenue, selon lui, un lupanar.

SATVRA II : HYPOCRYTAE
[
]
Hister liberto, dederit viuus cur multa puellae.
dives erit magno
quae dormit tertia lecto.
tu nube atque tace : donant arcana cylindros.
de nobis post haec tristis sententia fertur ?
dat veniam corvis, vexat censura columbas.

SATYRE II : DES HYPOCRITES
[
]
« Hister donne beaucoup Ă  sa femme docile,
Et d’un affranchi seul emplit son codicille :
On sait pourquoi !
 DiscrĂšte, elle aura des bijoux,
Celle qui veut dormir en tiers prĂšs d’un Ă©poux

« Sur nous seules pourtant votre censure tombe :
Épargnant les corbeaux, elle atteint la colombe ! Â»

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De profundis

Bible, Psaume 129 (130). [Traduction : Louis Second, 1910.]

De profundis clamavi ad te Domine
Domine exaudi vocem meam
fiant aures tuae intendentes
ad vocem deprecationis meae
si iniquitates observabis Domine
Domine quis sustinebit
quia tecum est propitiatio
cum terribilis sis sustinui
Dominum sustinuit anima mea
et verbum eius expectavi
anima mea ad Dominum
a vigilia matutina usque ad vigiliam matutinam
expectet Israel Dominum
quia apud Dominum misericordia
et multa apud eum redemptio
et ipse redimet Israel
ex omnibus iniquitatibus eius.

Du profond de l'abĂźme, je t'invoque, ĂŽ Éternel !
Seigneur, Ă©coute ma voix !
Que tes oreilles soient attentives
À la voix de mes supplications
Si tu gardais le souvenir des iniquitĂ©s, Éternel,
Seigneur, qui pourrait subsister ?
Mais le pardon se trouve auprĂšs de toi,
Afin qu'on te craigne.
J'espĂšre en l'Éternel ; mon Ăąme espĂšre ;
Et j'attends Sa promesse.
Mon Ăąme compte sur le Seigneur
Plus que les gardes ne comptent sur le matin.
IsraĂ«l ! Mets ton espoir en l'Éternel !
Car la misĂ©ricorde est auprĂšs de l'Éternel
Et la rédemption est auprÚs de lui en abondance.
C'est lui qui rachÚte Israël
De toutes ses iniquités.

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De te fabula narratur

Horace, Satires, 1, 64-79. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]
Ut quidam memoratur Athenis sordidus ac diues, populi contemnere uoces sic solitus : 'Populus me sibilat, at mihi plaudo ipse domi, simul ac nummos contemplor in arca.' Tantalus a labris sitiens fugientia captat flumina. Ceci rappelle un certain AthĂ©nien avare et riche qui avait coutume de mĂ©priser les cris du peuple : "Le peuple me siffle ; mais moi je m'applaudis Ă  la maison en contemplant mes Ă©cus dans mon coffre !" Tantale altĂ©rĂ© veut saisir l'eau qui fuit ses lĂšvres.
— Quid rides ? mutato nomine de te fabula narratur : congestis undique saccis indormis inhians et tamquam parcere sacris cogeris aut pictis tamquam gaudere tabellis. Nescis, quo ualeat nummus, quem praebeat usum ? panis ematur, holus, uini sextarius, adde quis humana sibi doleat natura negatis. an uigilare metu exanimem, noctesque diesque formidare malos fures, incendia, seruos, ne te conpilent fugientes, hoc iuuat ? horum semper ego optarim pauperrimus esse bonorum. — Pourquoi ris-tu ? sous un autre nom c'est de toi que parle la fable. Tu t'endors, la bouche ouverte, sur tes sacs amassĂ©s de tous cĂŽtĂ©s, et tu n'y peux toucher comme s'ils Ă©taient sacrĂ©s, et tu n'en peux jouir que comme d'une peinture. Ignores-tu ce que vaut l'argent et Ă  quoi il sert ? AchĂšte un pain, des lĂ©gumes, un setier de vin, enfin ce dont la nature humaine souffre quand on le lui refuse. Veiller Ă  demi mort de peur, redouter jours et nuits les voleurs, les incendies, ou que tes esclaves te pillent et s'enfuient, cela te plaĂźt-il ? PuissĂ©-je toujours rester trĂšs pauvre de ces biens-lĂ  !
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Debellare superbos

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 6, 851-852. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]
Romane, memento : hae tibi erunt artes; pacisque imponere morem, parcere subiectis, et debellare superbos. Romain, souviens-toi — ce seront tes arts Ă  toi — de gouverner les nations sous ta loi, d'imposer des rĂšgles Ă  la paix, de mĂ©nager les vaincus et d'abaisser les superbes.
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Decet imperatorem stantem mori

SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Vespasien, 24, 2. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Consulatu suo nono temptatus in Campania motiunculis levibus protinusque urbe repetita, Cutilias ac Reatina rura, ubi aestiuare quotannis solebat, petit.Hic cum super urgentem valitudinem creberrimo frigidae aquae usus etiam intestina vitiasset, nec eo minus muneribus imperatoriis ex consuetudine fungeretur, ut etiam legationes audiret cubans, aluo repente usque ad defectionem soluta, imperatorem, ait statem mori oportere ; dumque consurgit ac mititur, inter manus sublevantium extinctus est VIIII. Kal. Iul. annum agens aetatis sexagensimum ac nonum, superque mensem ac diem septimum.

Pendant son neuviĂšme consulat, il ressentit, en Campanie, de lĂ©gĂšres atteintes de fiĂšvre. Il revint aussitĂŽt Ă  Rome, et se rendit Ă  Cutilies et Ă  RĂ©ate, oĂč il avait coutume de passer tous les Ă©tĂ©s. Le mal augmenta par le frĂ©quent usage de l'eau fraĂźche qui avait affaibli ses entrailles. Il n'en vaquait pas moins aux soins de son empire et donnait mĂȘme des audiences dans son lit. Mais, saisi tout Ă  coup d'une diarrhĂ©e Ă©puisante : Il faut, dit-il, qu'un empereur meure debout et, tandis qu'il faisait un effort pour se lever, il expira entre les bras de ceux qui l'assistaient, le neuviĂšme jour avant les calendes de juillet, ĂągĂ© de soixante-neuf ans, un mois et sept jours.

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Delicta juventutis meĂŠ

Bible, Vulgate, Psaume 25, 7. [Traduction : Louis Second, 1910.]
Delicta juventutis meĂŠ est exprimĂ© dans la Vulgate par le formule : Peccatorum adulescentiae meĂŠ.

Peccatorum adulescentiae meĂŠ et scelerum meorum ne memineris secundum misericordiam tuam recordare mei propter bonitatem tuam Domine.

Ne te souviens pas des pĂ©chĂ©s de ma jeunesse ni de mes transgressions. Selon ta misĂ©ricorde, souviens-toi de moi Ă  cause de ta bontĂ©, ĂŽ Éternel.

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Dente superbo

Horace, Satires, 2, 6, 80-89. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Olim rusticus urbanum murem mus paupere fertur accepisse cauo, ueterem uetus hospes amicum, asper et attentus quaesitis, ut tamen artum solueret hospitiis animum. Quid multa ? neque ille sepositi ciceris nec longae inuidit auenae, aridum et ore ferens acinum semesaque lardi frusta dedit, cupiens uaria fastidia cena uincere tangentis male singula dente superbo, cum pater ipse domus palea porrectus in horna esset ador loliumque, dapis meliora relinquens.

On dit que le rat des champs reçut autrefois le rat de ville dans son pauvre trou : vieil ami et vieil hĂŽte ! Dur Ă  lui-mĂȘme et soigneux des choses acquises, pour ses hĂŽtes il se relĂąchait cependant de son esprit Ă©troit. Pour ĂȘtre bref, il ne refusa ni sa rĂ©serve de pois chiches ni son avoine allongĂ©e, et apportant Ă  la bouche du raisin sec, des bribes de lard Ă  moitiĂ© rongĂ©es, il cherchait, en variant le souper, Ă  vaincre les dĂ©goĂ»ts de celui qui touchait Ă  peine aux choses d'une dent dĂ©daigneuse, tandis que le propre maĂźtre de la maison, sur de la paille nouvelle, mangeait l'orge et l'ivraie, laissant les meilleurs mets.

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Desinit in piscem mulier formosa superne

Horace, Art poĂ©tique, 4. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Humano capiti ceruicem pictor equinam
iungere si uelit et uarias inducere plumas
undique collatis membris, ut turpiter atrum
desinat in piscem mulier formosa superne,
spectatum admissi, risum teneatis, amici ?

Supposez qu'un peintre ait l'idĂ©e d'ajuster Ă  une tĂȘte
d'homme un cou de cheval et de recouvrir ensuite de
plumes multicolores le reste du corps, composé d'éléments
hétérogÚnes; si bien qu'un beau buste de femme se
terminerait en une laide queue de poisson
. À ce spectacle,
pourriez-vous, mes amis, ne pas Ă©clater de rire ?

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Di meliora piis

Virgile, GĂ©orgiques, 3, 498-517. [Traduction : Maurice Rat ; Virgile, Les Bucoliques et les GĂ©orgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Labitur infelix studiorum atque immemor herbae uictor equus fontisque auertitur et pede terram crebra ferit ; demissae aures, incertus ibidem sudor et ille quidem morituris frigidus ; aret pellis et ad tactum tractanti dura resistit. haec ante exitium primis dant signa diebus : sin in processu coepit crudescere morbus, tum uero ardentes oculi atque attractus ab alto spiritus, interdum gemitu grauis, imaque longo ilia singultu tendunt, it naribus ater sanguis, et obsessas fauces premit aspera lingua. Profuit inserto latices infundere cornu Lenaeos ; ea uisa salus morientibus una. Mox erat hoc ipsum exitio, furiisque refecti ardebant, ipsique suos iam morte sub aegra (di meliora piis, erroremque hostibus illum !)

Il succombe, malheureux, oubliant la gloire et la prairie, le cheval vainqueur ; il se dĂ©tourne des fontaines, et, du pied, frappe sans cesse la terre ; ses oreilles baissĂ©es distillent une sueur incertaine, qui devient froide quand la mort approche; sa peau est sĂšche, et, rugueuse, rĂ©siste Ă  la main qui la touche. Tels sont, les premiers jours, les signes prĂ©curseurs de la mort. Mais, si en progressant la recrudescence du mal se fait sentir, alors vraiment les yeux sont enflammĂ©s, la respiration tirĂ©e du fond de la poitrine, appesantie parfois d'un gĂ©missement ; un long hoquet tend le bas des flancs; un sang noir coule des naseaux ; la langue sĂšche presse sur la gorge qu'elle assiĂšge. On eut de bons rĂ©sultats d'abord en introduisant dans leur bouche avec une corne la liqueur lĂ©nĂ©enne (c'Ă©tait en apparence le seul moyen de sauver les mourants) ; mais bientĂŽt ce remĂšde mĂȘme provoqua leur mort : ranimĂ©s, ils brĂ»laient de toutes les fureurs, et dans les angoisses de la mort (Dieux, inspirez de meilleures pensĂ©es Ă  ceux qui sont pieux et rĂ©servez cet Ă©garement Ă  vos ennemis !)

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Dies irae

SĂ©quence de la Liturgie des Morts (Requiem) de lÉglise catholique. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Dies irĂŠ, dies illa,
Solvet sĂŠclum in favĂ­lla,
Teste David cum SibĂœlla !

Quantus tremor est futurus,
quando judex est venturus,
cuncta stricte discussurus !

Jour de colĂšre, que ce jour lĂ 
OĂč le monde sera rĂ©duit en cendres,
Selon les oracles de David et de la Sibylle.

Quelle terreur nous envahira,
lorsque le juge viendra
tout examiner implacablement !

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Difficiles nugae

Martial, Épigrammes, 2, 86. [Traduction : ƒuvres complĂštes de M. V. Martial avec la traduction de MM. V. Verger, N. A. Dubois et J. Mangeart. Nouvelle Ă©dition, revue avec le plus grand soin par MM. FĂ©lix Lemaistre pour la premiĂšre partie du tome I et pour le tome II, N. A. Dubois pour la deuxiĂšme partie du tome I ; Paris, Garnier FrĂšres Libraires-Éditeurs, 1864.]

Quid si per gracilis uias petauri
inuitum iubeas subire Ladan?
Turpe est difficiles habere nugas
et stultus labor est ineptiarum.
Scribat carmina circulis Palaemon,
me raris iuuat auribus placere.

Lada, qui de la course obtient toujours le prix
Voudrait-il s'abaisser Ă  franchir le PĂ©taure ?
À pĂąlir sur des riens l'auteur se dĂ©shonore ;
Sur des futilités l'esprit se rétrécit,
Et dans des jeux d'enfants s'Ă©puise et s'amortit.
Qu'un autre pour la foule Ă©crive ses ouvrages ;
Moi, des seuls connaisseurs je brigue les suffrages.

La traduction, ancienne (1864), tentant de conserver la versification, est assez approximative. Les termes citĂ©s en italiques se traduisent plus prĂ©cisĂ©ment :
Turpe est difficiles habere nugas
Il est honteux de s'appliquer laborieusement Ă  des niaiseries.
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Dilige et quod vis fac

Augustin d'Hippone, Iohannis Epistulam ad Parthos tractatus decem, 8.

Invenimus saevientem hominem factum de caritate ; et blandum factum de iniquitate. Puerum caedit pater, et mango blanditur. Si duas res proponas, plagas et blandimenta ; quis non eligat blandimenta, et fugiat plagas ? Si personas attendas, caritas caedit, blanditur iniquitas. Videte quid commendamus, quia non discernuntur facta hominum, nisi de radice caritatis. Nam multa fieri possunt quae speciem habent bonam, et non procedunt de radice caritatis. Habent enim et spinae flores : quaedam vero videntur aspera, videntur truculenta ; sed fiunt ad disciplinam dictante caritate. Semel ergo breve praeceptum tibi praecipitur : Dilige, et quod vis fac : sive taceas, dilectione taceas ; sive clames, dilectione clames ; sive emendes, dilectione emendes ; sive parcas, dilectione parcas. Radix sit intus dilectionis, non potest de ista radice nisi bonum existere.

Voici un homme que la charitĂ© rend fĂ©roce ; et un autre que l'iniquitĂ© rend excessivement affectueux. Un pĂšre bat un garçon et un dĂ©pravĂ© le caresse. Si tu considĂ©res les deux actions, les coups et les caresses, qui ne choisirait les caresses et ne condamnerait les coups ? Si tu considĂšres les motifs, c'est la charitĂ© qui bat et l'iniquitĂ© qui caresse. VoilĂ  sur quoi j'insiste : que les actes des hommes soient jugĂ©s sur le fondement de la charitĂ©. Car beaucoup de choses peuvent ĂȘtre faites qui ont une aimable apparence mais ne procĂšdent pas de l'amour. Les Ă©pines ont aussi des fleurs : certaines actions semblent brutales, violentes quoiqu'elles soient motivĂ©s par une discipline Ă  l'aune de la charitĂ©. Une fois pour toutes, voici un prĂ©cepte court : Aime et fait comme bon te semble : si tu tiens Ă  ta tranquillitĂ©, par l'amour Ă©tablis ta tranquillitĂ©; si tu pleurs, pleurs par amour ; si tu corriges, corriges par amour ; si tu Ă©conomises, Ă©conomises par amour. De tout fais de l'amour la racine ; de cette racine ne peut croĂźtre que le bien.

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Dis aliter visum

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 428. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Ilicet obruimur numero ; primusque Coroebus Penelei dextra diuae armipotentis ad aram procumbit ; cadit et Rhipeus, iustissimus unus qui fuit in Teucris et seruantissimus aequi : dis aliter uisum.

AussitÎt, nous sommes écrasés sous le nombre. CorÚbe, le premier, succombe de la main de Pénélée, prÚs de l'autel de la déesse, la puissante guerriÚre; Rhipée tombe aussi, qui fut juste entre tous, et, parmi les Troyens, le plus grand serviteur de l'équité. Les dieux en jugÚrent autrement.

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Disjecti membra poetĂŠ

Horace, Satires, 1, 4, 54-62. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Ergo non satis est puris uersum perscribere uerbis, quem si dissoluas, quiuis stomachetur eodem quo personatus pacto pater. His, ego quae nunc, olim quae scripsit Lucilius, eripias si tempora certa modosque, et quod prius ordine uerbum est posterius facias praeponens ultima primis, non, ut si soluas "Postquam Discordia taetra belli ferratos postis portasque refregit", inuenias etiam disiecti membra poetae ?

Donc il ne suffit pas d'Ă©crire en vers corrects, si, ces vers Ă©tant dĂ©rangĂ©s, le pĂšre de thĂ©Ăątre parle comme tout autre pĂšre. Si tu ĂŽtes Ă  ce que j'Ă©cris, Ă  ce que Lucilius Ă©crivait autrefois, certains temps et mĂštres, rompant l'ordre des mots, mettant les premiers aprĂšs et les derniers devant, tu ne produiras pas de meilleur effet que si tu changeais ceci : "Quand la noire Discorde rompit les montants de fer des portes de la guerre". Retrouverais-tu les membres du poĂšte dispersĂ© ?

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Dolus an virtus quis in hoste requirat ?

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 2, 385-390. [Traduction :UniversitĂ© catholique de Louvain.]
Virgile décrit ici la résistance des Troyens face aux Grecs.

Adspirat primo fortuna labori. Atque hic successu exsultans animisque Coroebus, « O socii, qua prima Â» inquit « fortuna salutis monstrat iter, quoque ostendit se dextra, sequamur mutemus clipeos, Danaumque insignia nobis aptemus : dolus an uirtus, quis in hoste requirat ? Arma dabunt ipsi. Â» Sic fatus, deinde comantem Androgei galeam clipeique insigne decorum induitur, laterique Argiuum accommodat ensem.

Le bon vent de la Fortune souffle sur notre premier engagement. Lors devant ce succĂšs, CorĂšbe en son cƓur exulte et dit : « Mes amis, pour la premiĂšre fois, la Fortune nous montre une voie de salut, elle se montre bienveillante, suivons-la sur cette voie : Ă©changeons nos boucliers et arborons les insignes des Danaens. Est-ce ruse ou bravoure ? Qui s'en soucierait devant un ennemi ? Eux-mĂȘmes nous donneront des armes. Â» AprĂšs avoir ainsi parlĂ©, il revĂȘt le casque Ă  panache d'AndrogĂ©e, son beau bouclier ciselĂ©, et Ă  son flanc il attache une Ă©pĂ©e argienne.

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Ducunt volentem fata, nolentem trahunt

SĂ©nĂšque, Lettre Ă  Lucilius, 16, 107, 11. [Traduction : M. Charpentier, M. Lemaistre ; ƒuvres de SĂ©nĂšque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, tome I ; Paris, Garnier, 1860.]

Duc, o parens celsique dominator poli,
quocumque placuit:

nulla parendi mora est ; adsum inpiger. Fac nolle, comitabor gemens
malusque patiar facere quod licuit bono.

Ducunt uolentem fata, nolentem trahunt.

Guide-moi, mon pÚre, Î toi qui régis le ciel élevé,
j'obĂ©is sans dĂ©lai : je suis prĂȘt. Si tes ordres contrarient mes dĂ©sirs,
je te suivrai en gĂ©missant ; mĂ©chant, je dois
au moins souffrir ce que l'homme de bien a pu souffrir.

Les destins conduisent celui qui se soumet Ă  leurs arrĂȘts ; ils entraĂźnent celui qui rĂ©siste.

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Dulce et utile

Horace, Art poĂ©tique, 41-344. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Centuriae seniorum agitant expertia frugis,
celsi praetereunt austera poemata Ramnes.
Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci,
lectorem delectando pariterque monendo;

Les vieillards ne veulent pas d'un poĂšme sans enseignement moral ;
les chevaliers dédaigneux ne vont pas voir un drame trop austÚre.
Mais il obtient tous les suffrages celui qui unit l'utile à l'agréable,
et plaĂźt et instruit en mĂȘme temps ;
son livre enrichit .

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Ecclesia abhorret sanguinem

François Quesnay, Recherches critiques et historiques sur l'origine, sur les divers états et sur les progrÚs de chirurgie en France, page 35. Paris, 1744.
Texte : Le sang a toujours effrayĂ© l'Église, Ecclesia abhorret a sanguine ; L'Église a horreur du sang ; cette frayeur est naturelle ; le sang porte avec lui une horreur qui nous saisit malgrĂ© nous : notre instinct, notre faiblesse de l'enfance : ce n'est que pas des efforts redoutables sur nous-mĂȘme que nous pouvons vaincre cette rĂ©pugnance ou cette rĂ©volte que nous sentons Ă  la vue du sang.
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Equo ne credite

Virgile, l’ÉnĂ©ide, II, 48-49. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]


Primus ibi ante omnis, magna comitante caterua, Laocoon ardens summa decurrit ab arce, et procul : "O miseri, quae tanta insania, ciues ? Creditis auectos hostis ? Aut ulla putatis dona carere dolis Danaum ? Sic notus Ulixes ?

Aut hoc inclusi ligno occultantur Achiui, aut haec in nostros fabricata est machina muros inspectura domos uenturaque desuper urbi, aut aliquis latet error; equo ne credite, Teucri. Quicquid id est, timeo Danaos et dona ferentis."

Lors, en tĂȘte d'une importante troupe qui l'escorte, Laocoon dĂ©vale, tout excitĂ©, du sommet de la citadelle, et de loin s'Ă©crie : "Malheureux, quelle est cette immense folie, mes amis ? Croyez-vous les ennemis partis ? Pensez-vous que des Danaens un seul prĂ©sent soit exempt de piĂšges ? Ne connaissez-vous pas Ulysse ?

Ou bien des AchĂ©ens sont enfermĂ©s et cachĂ©s dans ce cheval de bois, ou bien cette machine a Ă©tĂ© fabriquĂ©e pour franchir nos murs, observer nos maisons, et s'abattre de toute sa hauteur sur la ville, ou bien elle recĂšle un autre piĂšge : Troyens, ne vous fiez pas au cheval. De toute façon, je crains les Danaens, mĂȘme porteurs de prĂ©sents."

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Eritis sicut dii

Bible, Vulgate de Saint-JĂ©rĂŽme, GenĂšse, 3. [Traduction Louis Second, 1910.]

(1) Serpens erat callidior cunctis animantibus terrae quae fecerat Dominus Deus qui dixit ad mulierem cur praecepit vobis Deus ut non comederetis de omni ligno paradisi

(2) cui respondit mulier de fructu lignorum quae sunt in paradiso vescemur

(3) de fructu vero ligni quod est in medio paradisi praecepit nobis Deus ne comederemus et ne tangeremus illud ne forte moriamur

(4) dixit autem serpens ad mulierem nequaquam morte moriemini

(5) scit enim Deus quod in quocumque die comederitis ex eo aperientur oculi vestri et eritis sicut dii scientes bonum et malum

(6) vidit igitur mulier quod bonum esset lignum ad vescendum et pulchrum oculis aspectuque delectabile et tulit de fructu illius et comedit deditque viro suo qui comedit

Le serpent Ă©tait le plus rusĂ© de tous les animaux des champs que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit Ă  la femme : Dieu t'a-t-il rĂ©ellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?


La femme rĂ©pondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point de peur que vous ne mouriez.


Alors le serpent dit Ă  la femme : Vous n'en mourrez point ;

mais Dieu sait que, le jour oĂč vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.

La femme vit que l'arbre Ă©tait bon Ă  manger et agrĂ©able Ă  la vue, et qu'il Ă©tait prĂ©cieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi Ă  son Ă©poux, qui Ă©tait auprĂšs d'elle, et il en mangea

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Esse quam videri (Cicéron)

CicĂ©ron, De Amicita, [Traduction : Charles Appuhn ; CicĂ©ron, De la vieillesse, De l'amitiĂ©, des Devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Omnino est amans sui uirtus ; optime enim se ipsa nouit, quamque amabilis sit, intellegit. Ego autem non de uirtute nunc loquor sed de uirtutis opinione. Virtute enim ipsa non tam multi praediti esse quam uideri uolunt. Hos delectat assentatio, his fictus ad ipsorum uoluntatem sermo cum adhibetur, orationem illam uanam testimonium esse laudum suarum putant. Nulla est igitur haec amicitia, cum alter uerum audire non uult, alter ad mentiendum paratus est. Nec parasitorum in comoediis assentatio faceta nobis uideretur, nisi essent milites gloriosi.

Certes la vertu se complaĂźt Ă  elle-mĂȘme; elle se connaĂźt fort bien et sait combien elle mĂ©rite qu'on l'aime. Mais ce n'est pas de la vertu vĂ©ritable que je parle ici, c'est de la vertu qu'on s'imagine qu'on possĂšde. Ceux qui en sont rĂ©ellement pourvus sont beaucoup moins nombreux que ceux qui veulent en paraĂźtre pourvus. Ce sont ces derniers que charme l'approbation flatteuse et, quand on leur tient le langage artificieux qu'inspire le dĂ©sir de leur plaire, ils prennent ces paroles vaines pour un tĂ©moignage de leur mĂ©rite.

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Esse quam videri (Salluste)

Salluste, Guerre de Catilina, 54. [Traduction : François Richard ; Paris, Garnier, 1933.]


At Catoni studium modestiae, decoris, sed maxime seueritatis erat ; non diuitiis cum diuite neque factione cum factioso, sed cum strenuo uirtute, cum modesto pudore, cum innocente abstinentia certabat ; esse quam uideri bonus malebat : ita, quo minus petebat gloriam, eo magis illum assequebatur.

Caton avait le goĂ»t de la modĂ©ration, de la convenance, surtout de l'austĂ©ritĂ© ; il luttait, non d'opulence avec les riches, non d'intrigue avec les intrigants, mais de courage avec les braves, de retenue avec les modestes, de rĂ©serve avec les purs ; <uil aimait >mieux ĂȘtre honnĂȘte que de le paraĂźtre ; et ainsi, moins il recherchait la gloire, plus elle venait Ă  lui.

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Et lux in tenebris lucet

Bible, Évangile de Jean, 1, 5. [Traduction Louis Second, 1910.]

1 Au commencement Ă©tait la Parole,
et la parole Ă©tait avec Dieu, et la
2 Parole Ă©tait Dieu. Elle Ă©tait
3 au commencement avec Dieu. Toutes
choses ont été faites par elle et rien
de ce qui a été fait n'a été fait sans
4 elle. En elle Ă©tait la vie et la vie
5 Ă©tait la lumiĂšre des hommes. La
lumiÚre luit dans les ténÚbres et les
ténÚbres ne l'ont point reçue.

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Et nunc reges, intelligite

Bible, Psaumes 2, 10-11. [Traduction Louis Second, 1910.]

Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse !
Juges de la Terre, recevez instruction !
Servez l'Éternel avec crainte,
Et réjouissez-vous avec tremblement.

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Etiam innocentes cogit mentiri dolor

Montaigne, Essais, 4, 15.

C'est une dangereuse invention que celle des
géhennes, et semble que ce soit plutÎt un essai de
patience que de vérité. Et celui qui les peut souffrir
cache la vĂ©ritĂ©, et celui qui ne les peut souffrir :
car, pourquoi la douleur me fera-t-elle plutĂŽt
confesser ce qui en est, qu'elle ne me forcera de
dire ce qui n'est pas ? Et, au rebours, si celui
qui n'a pas fait ce de quoi on l'accuse est assez
patient pour supporter ces tourments, pourquoi ne
le sera celui qui l'a fait, une si belle récompense
que de la vie lui Ă©tant proposĂ©e ? Je pense que le
fondement de cette invention vient de la considération
de l'effort de la conscience : car, au coupable, il
semble que la torture aide pour lui faire confesser
sa faute, et qu'elle l'affaiblisse ; et d’autre
part qu'elle fortifie l'innocent contre la torture.
Pour dire vrai, c'est un moyen plein d'incertitude
et de danger : que ne dirait-on, que ne ferait-on
pour fuir Ă  si graves douleurs ?

Etiam innocentes cogit mentiri dolor

d'oĂč il advient que celui que le juge a gĂ©hennĂ©,
pour ne le faire mourir innocent, il le fasse mourir
innocent et géhenné. Mille et mille en ont chargé
leur tĂȘte de fausses confessions, entre lesquels
se loge Philotas, considérant les circonstances du
procĂšs qu'Alexandre lui fit, et le progrĂšs de sa
géhenne. Mais tant y a que c'est, dit-on, le moins mal
que l'humaine faiblesse aie pu inventer : bien
inhumainement pourtant, et bien inutilement, Ă  mon avis.

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Etiamsi omnes, ego non

Bible, Évangile de Matthieu, 26, 33-34. [Traduction Louis Second, 1910.]

Pierre, prenant la parole dit [Ă  JĂ©sus] : Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. JĂ©sus lui dit : je te le dis en vĂ©ritĂ©, cette nuit mĂȘme, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois

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Ex Africa semper aliquid novi

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 50, 7, 17, 42. [Traduction Émile LittrĂ©, Éd. Nizard, Paris 1877.]

Leoni praecipua generositas tunc, cum colla armosque uestiunt iubae ; id enim aetate contingit e leone conceptis. Quos uero pardi generauere, semper insigni hoc carent ; simili modo feminae ; magna his libido coitus et ob hoc maribus ira. Africa haec maxime spectat, inopia aquarum ad paucos amnes congregantibus se feris. Ideo multiformes ibi animalium partus, uarie feminis cuiusque generis mares aut ui aut uoluptate miscente : unde etiam uulgare Graeciae dictum semper aliquid noui Africam adferre.

Le lion a le plus de noblesse quand une criniĂšre couvre son cou et ses Ă©paules. Avec l'Ăąge, cet ornement vient Ă  tous ceux qui ont Ă©tĂ© engendrĂ©s par un lion ; mais il manque toujours Ă  ceux qui ont Ă©tĂ© engendrĂ©s par un lĂ©opard. Les femelles en sont Ă©galement dĂ©pourvues. Ces animaux sont trĂšs ardents en amour, et le rut rend les mĂąles furieux. C'est l'Afrique qui est le principal thĂ©Ăątre de ces fureurs, la pĂ©nurie des eaux assemblant les animaux sur les bords d'un petit nombre de riviĂšres. Aussi y voit-on se produire des formes diverses d'animaux, les femelles s'accouplant de grĂ© ou de force avec des mĂąles de toute espĂšce ; de lĂ  vient cette façon de parler proverbiale en GrĂšce : "L'Afrique produit toujours quelque chose de nouveau."

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Ex nihilo nihil

Perse, Satires, 3, 84. [Traduction Louis-Vincent Raoul ; Imprimerie Bogaert-Dumortier, 1829.] Texte sur Wikisource. (La traduction, ancienne et rimĂ©e en alexandrins est trĂšs approximative.)

MĂŠenaque quod prima nondum defecerit orca.
Hic aliquis de gente hircosa Centurionum
Dicat ; quod sapio, satis est mihi ; non ego curo
Esse quod Arcesilas, ĂŠrumnosique Solones,
Obstipo capite, et figentes lumine terram,
Murmura cum secum, et rabiosa silentia rodunt,
Atque exporrecto trutinantur verba labello,
Æegroti veteris meditantes somnia ; gigni
De nihilo nihit, in nihilum nil posse reverti.
Hoc est quod palles ? Cur quis non prandeat, hoc est ?

Oh ! de tous vos savans, pour moi, je me dĂ©fie
Tenez, j’ai bien assez de ma philosophie ;
Ainsi, gardez pour vous, car nous n’en voulons pas,
Celle de vos Solons, de vos Arcésilas,
Gens tristes, malheureux, d’humeur atrabilaire,
Qui, la lÚvre en avant, les yeux fixés à terre,
Dans le sombre chagrin dont leur cƓur se nourrit,
Dévorent en silence et rongent leur dépit.
Voyez-les enfoncĂ©s, absorbĂ©s en eux-mĂȘmes,
Se creuser le cerveau, se forger des systĂšmes,
Se tuer Ă  peser quelque sophisme ancien ;
Rien n’est crĂ©Ă© de rien, rien ne retourne Ă  rien.
VoilĂ  donc, s’écriera ce docte personnage,
Si nous vous en croyons, ce qu’on nomme ĂȘtre sage !
Ce qui vous fait pĂąlir, supprimer vos repas !

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Exegi monumentum ĂŠre perennius

Horace, Odes, 3, 30, 1-15. [Traduction : Ch.M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, Traduction nouvelle ; Paris, A. LEMERRE, 1911.]

Exegi monumentum aere perennius
regalique situ pyramidum altius,
quod non imber edax, non Aquilo inpotens
possit diruere aut innumerabilis
annorum series et fuga temporum.
Non omnis moriar multaque pars mei
uitabit Libitinam; usque ego postera
crescam laude recens, dum Capitolium
scandet cum tacita uirgine pontifex.
Dicar, qua uiolens obstrepit Aufidus
et qua pauper aquae Daunus agrestium
regnauit populorum, ex humili potens
princeps Aeolium carmen ad Italos
deduxisse modos. Sume superbiam
quaesitam meritis et mihi Delphica
lauro cinge uolens, Melpomene, comam.

J'ai achevé un monument plus durable que l'airain,
plus haut que les royales pyramides,
que ni la pluie qui ronge, ni l'Aquilon
ne pourront détruire, ni l'innombrable
suite des années, ni la fuite des temps.
Je ne mourrai pas tout entier, et une grande part
de moi-mĂȘme Ă©vitera la DĂ©esse funĂšbre.
Je grandirai dans la postérité, rajeuni par la louange,
tant que le Pontife gravira le Capitolin avec la vierge silencieuse.
On dira de moi que lĂ  oĂč retentit le violent Aufidus,
oĂč Daunus, en un pays aride, rĂ©gna sur des peuples agrestes,
j'ai, le premier, triomphant de mon humble origine,
transporté le chant Aeolien dans les mÚtres Italiques.
Prends un orgueil légitime,
et viens, Melpoméne, ceindre
ma chevelure du laurier Delphique.

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Fama volat

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 3, 121. [Traduction : UniversitĂ© Catholique de Louvain.]

Fama uolat pulsum regnis cessisse paternis Idomenea ducem, desertaque litora Cretae hoste uacare domos, sedesque adstare relictas.

Le vent de la rumeur rapporte que le prince Idoménée est parti, expulsé du royaume de ses pÚres, que les rivages de CrÚte sont désertés, la place vide d'ennemis, et les demeures abandonnées disponibles.

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Felix qui potuit rerum cognoscere causas

Virgile, GĂ©orgiques, 2, 490. [Traduction : Maurice Rat ; Virgile. Les Bucoliques et les GĂ©orgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Felix qui potuit rerum cognoscere causas atque metus omnis et inexorabile fatum subiecit pedibus strepitumque Acherontis auari : fortunatus et ille deos qui nouit agrestis Panaque Siluanumque senem Nymphasque sorores. Illum non populi fasces, non purpura regum flexit et infidos agitans discordia fratres, aut coniurato descendens Dacus ab Histro,
non res Romanae perituraque regna ; neque ille aut doluit miserans inopem aut inuidit habenti.

Heureux qui a pu connaĂźtre les causes des choses
et qui a mis sous ses pieds toutes les craintes, et
l'inexorable destin, et le bruit de l'avare AchĂ©ron !
Mais fortunĂ© aussi celui qui connaĂźt les dieux champĂȘtres et Pan et le vieux Silvain et les Nymphes sƓurs ! Celui-lĂ , ni les faisceaux du peuple, ni la pourpre des rois ne l'ont flĂ©chi, ni la discorde poussant des frĂšres sans foi, ni le Dace descendant de l'Ister conjurĂ©, ni les affaires de Rome, ni les royaumes destinĂ©s Ă  pĂ©rir ; celui-lĂ  ne voit autour de lui ni indigents Ă  plaindre misĂ©ricordieusement, ni riches Ă  envier.

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Fortuna caeca est

CicĂ©ron, De Amicita, 15, 54. [Traduction : Charles Appuhn ; CicĂ©ron, De la vieillesse, De l'amitiĂ©, Des devoirs ; Paris, Garnier, 1933.]

Quis enim aut eum diligat quem metuat, aut eum a quo se metui putet ? Coluntur tamen simulatione dumtaxat ad tempus. Quod si forte, ut fit plerumque, ceciderunt, tum intellegitur quam fuerint inopes amicorum. Quod Tarquinium dixisse ferunt, tum exsulantem se intellexisse quos fidos amicos habuisset, quos infidos, cum iam neutris gratiam referre posset. Quamquam miror, illa superbia et importunitate si quemquam amicum habere potuit. Atque ut huius, quem dixi, mores ueros amicos parare non potuerunt, sic multorum opes praepotentium excludunt amicitias fideles. Non enim solum ipsa Fortuna caeca est sed eos etiam plerumque efficit caecos quos complexa est ; itaque efferuntur fere fastidio et contumacia nec quicquam insipiente fortunato intolerabilius fieri potest.

Comment aimer en effet celui qu'on redoute et de qui l'on doit penser qu'on est redoutĂ© ? On courtise, il est vrai, les tyrans mais ce n'est que par feinte et pour un temps. S'ils viennent Ă  tomber, ce qui est leur destinĂ©e frĂ©quente, on connaĂźt alors combien pauvres ils Ă©taient en amis. C'est ainsi que Tarquin, Ă  ce qu'on rapporte, dĂ©clara n'avoir su qu'aprĂšs son bannissement quels Ă©taient ses amis fidĂšles, quels les infidĂšles, parce qu'alors il ne pouvait plus ni rĂ©compenser ni punir. Et encore je serais surpris qu'avec son orgueil insupportable il ait pu avoir un seul ami. Or si son caractĂšre s'opposait Ă  ce qu'il eĂ»t de vrais amis, dans bien des cas de mĂȘme la haute situation des puissants exclut toute possibilitĂ© d'amitiĂ© fidĂšle, car, aveugle elle-mĂȘme, la fortune rend en outre souvent aveugles ceux qu'elle comble de caresses : ils sont gonflĂ©s d'orgueil, pleins d'arrogance et il ne peut rien y avoir de plus insupportable qu'un sot gĂątĂ© par la fortune.

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Gens humana ruit per vetitum

Horace, Odes, 1, 3, 26. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Audax omnia perpeti gens humana ruit per uetitum nefas ; audax Iapeti genus ignem fraude mala gentibus intulit ; post ignem aetheria domo subductum macies et noua febrium terris incubuit cohors semotique prius tarda necessitas leti corripuit gradum.

Audacieuse à tout braver, la race humaine se rua vers l'impiété défendue. L'audacieux fils de Japet, par une ruse mauvaise, donna le feu aux nations. AprÚs que le feu eut été ravi à la demeure éthérée, la maigreur et la foule inconnue des maladies tomba sur la terre, et la nécessité autrefois tardive de la mort reculée hùta le pas.

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Genus irritabile vatum

Horace, ÉpĂźtres, 2, 2, 102. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911).

Multa fero ut placem genus inritabile uatum, cum scribo et supplex populi suffragia capto ; idem finitis studiis et mente recepta opturem patulas impune legentibus auris.

Je supporte beaucoup afin de plaire Ă  la race irritable des poĂštes, tandis que, moi-mĂȘme, j'Ă©cris et mendie les suffrages du peuple ; et je peux, ayant accompli ma tĂąche et recouvrĂ© l'esprit, fermer impunĂ©ment mes oreilles aux lecteurs.

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Graecia capta ferum victorem cepit

Horace, ÉpĂźtres, 2, 1, 156. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894) ; Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Graecia capta ferum uictorem cepit et artes intulit agresti Latio ; sic horridus ille defluxit numerus Satrunius, et graue uirus munditiae pepulere; sed in longum tamen aeuum manserunt hodieque manent uestigia ruris.

La GrĂšce, soumise, soumit son vainqueur farouche et porta les arts au Latium sauvage. Ainsi s'amollit l'horrible mĂštre saturnien, et les Ă©lĂ©gances polirent sa rouille grossiĂšre ; mais les traces de sa rudesse subsistĂšrent longtemps et persistent encore aujourd'hui.

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Graviora manent

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 6, 1, 2, 84. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]
ÉnĂ©e consulte la Sybille :

At, Phoebi nondum patiens, immanis in antro bacchatur uates, magnum si pectore possit excussisse deum ; tanto magis ille fatiga os rabidum, fera corda domans, fingitque premendo. Ostia iamque domus patuere ingentia centum sponte sua, uatisque ferunt responsa per auras : "O tandem magnis pelagi defuncte periclis ! Sed terrae grauiora manent. In regna Lauini Dardanidae uenient; mitte hanc de pectore curam ; sed non et uenisse uolent. Bella, horrida bella, et Thybrim multo spumantem sanguine cerno.

Mais, dans son antre, ne subissant pas encore de PhĂ©bus l'immense emprise, la prĂȘtresse s'agite comme si elle pouvait secouer de sa poitrine le grand dieu qui, de plus belle, harcĂšle sa bouche Ă©cumante, dompte son cƓur farouche et la maĂźtrise en la pressant. Et dĂ©jĂ  les cent immenses portes de sa demeure se sont ouvertes d'elles-mĂȘmes et transmettent Ă  travers les airs les rĂ©ponses de la prophĂ©tesse : "Ô toi qui as enfin triomphĂ© des grands pĂ©rils de la mer (mais sur terre le pire est Ă  venir), les Dardanides parviendront au royaume de Lavinium (ĂŽte ce souci de ton cƓur), mais ils souhaiteront aussi n'y ĂȘtre pas venus. Je vois des guerres, d'horribles guerres, et le Thybris Ă©cumant d'un sang abondant."

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Homo homini lupus

Plaute, Asinaria « L'Asinaire Â» 490-494. [Traduction : Henri Clouard ; Plaute, ThĂ©Ăątre ; Paris, Garnier, 1933.]

LEONIDA
Sequere hac ergo. Praefiscini hoc nunc dixerim ; nemo etiam me adcusavit merito meo, neque me alter Athenis est alter hodie quisquam, quoi credi recte aeque putent.
MERCATOR
Fortassis ! sed tamen me numquam hodie induces, ut tibi credam hoc argentum ignoto. Lupus est homo homini, non homo, quom, qualis sit, non gnovit.

LÉONIDAS
Suis-moi donc. Soit dit sans me vanter, je n'ai jamais mérité un seul reproche, et l'on ne trouverait pas dans AthÚnes mon pareil pour la bonne réputation.
LE MARCHAND
Peut-ĂȘtre ; mais tu ne me persuaderas point de te livrer cet argent sans savoir qui tu es. L'homme qu'on ne connaĂźt pas est un loup pour vous, et non un homme.

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Homo sum, humani nil a me alienum puto

SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucilius, 15, 95, 53 [Traduction : M. Charpentier - M. Lemaistre ; ƒuvres de SĂ©nĂšque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, t. I ; Paris, Garnier, 1860.]

Natura nos cognatos edidit, cum ex isdem et in eadem gigneret; haec nobis amorem indidit mutuum et sociabiles fecit. Illa aequum iustumque composuit; ex illius constitutione miserius est nocere quam laedi ; ex illius imperio paratae sint iuuandis manus. Ille uersus et in pectore et in ore sit : Homo sum, humani nihil a me alienum puto. Habeamus ! In commune nati sumus. Societas nostra lapidum fornicationi simillima est, quae, casura nisi in uicem obstarent, hoc ipso sustinetur.

La nature, en nous formant des mĂȘmes Ă©lĂ©ments et pour les mĂȘmes fins, nous a crĂ©Ă©s parents ; c'est elle qui nous a liĂ©s les uns aux autres par un attachement mutuel et nous a faits sociables ; elle qui a Ă©tabli la justice et l'Ă©quitĂ© ; c'est la vertu de ses lois qu'il est plus fĂ cheux de faire que de recevoir du mal ; c'est d'aprĂšs son ordre que nos mains doivent ĂȘtre toujours prĂȘtes Ă  secourir nos semblables. Ayons toujours, dans le cƓur et Ă  la bouche cette maxime : « Homme, je ne puis regarder comme Ă©tranger rien de ce qui touche les hommes Â». PĂ©nĂ©trons-nous-en ; nous sommes certainement nĂ©s pour vivre en commun. Notre sociĂ©tĂ© ressemble Ă  une voĂ»te qui tomberait si ses diverses parties ne se prĂȘtaient un support mutuel.

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Horum omnium fortissimi sunt Belgae

CĂ©sar, Commentaires sur la guerre des Gaules, 1, 1, 3 [Traduction : Collection des Auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. Nisard ; Salluste, Jules CĂ©sar, C. Velleius Paterculus et A. Florus ; Paris, Didot, 1865.]

Gallia est omnis diuisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana diuidit. Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate prouinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.

Toute la Gaule est divisĂ©e en trois parties, dont l'une est habitĂ©e par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisiĂšme par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes et dans la nĂŽtre Gaulois. Ces nations diffĂšrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont sĂ©parĂ©s des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout Ă  fait Ă©trangers Ă  la politesse et Ă  la civilisation de la province romaine et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue Ă  Ă©nerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delĂ  du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux.

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Labor omnia vincit improbus

Virgile, GĂ©orgiques, 1, 125-147. [Traduction : Maurice Rat. Virgile, Les Bucoliques et les GĂ©orgiques. Garnier, Paris, 1932.]

Ante Iouem nulli subigebant arua coloni : ne signare quidem aut partiri limite campum fas erat ; in medium quaerebant, ipsaque tellus omnia liberius nullo poscente ferebat. Ille malum uirus serpentibus addidit atris praedarique lupos iussit pontumque moueri, mellaque decussit foliis ignemque remouit et passim riuis currentia uina repressit, ut uarias usus meditando extunderet artis paulatim, et sulcis frumenti quaereret herbam, ut silicis uenis abstrusum excuderet ignem. Tunc alnos primum fluuii sensere cauatas ; nauita tum stellis numeros et nomina fecit Pleiadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton. tum laqueis captare feras et fallere uisco inuentum et magnos canibus circumdare saltus ; atque alius latum funda iam uerberat amnem alta petens, pelagoque alius trahit umida lina. Tum ferri rigor atque argutae lammina serrae (nam primi cuneis scindebant fissile lignum), tum uariae uenere artes. labor omnia uicit improbus et duris urgens in rebus egestas.

Avant Jupiter, point de colon qui domptĂąt les guĂ©rets ; il n'Ă©tait mĂȘme pas permis de borner ou de partager les champs par une bordure : les rĂ©coltes Ă©taient mises en commun et la terre produisait tout d'elle-mĂȘme, librement, sans contrainte. C'est lui qui donna leur pernicieux virus aux noirs serpents, qui commanda aux loups de vivre de rapines, Ă  la mer de se soulever ; qui fit tomber le miel des feuilles, cacha le feu et arrĂȘta les ruisseaux de vin qui couraient çà et lĂ  : son but Ă©tait, en exerçant le besoin, de crĂ©er peu Ă  peu les diffĂ©rents arts, de faire chercher dans les sillons l'herbe du blĂ© et jaillir du sein du caillou le feu qu'il recĂšle. Alors, pour la premiĂšre fois, les fleuves sentirent les troncs creusĂ©s des aunes ; alors le nocher dĂ©nombra et nomma les Ă©toiles : les PlĂ©iades, les Hyades et la claire Arctos, fille de Lycaon. Alors on imagina de prendre aux lacs les bĂȘtes sauvages, de tromper les oiseaux avec de la glu et d'entourer d'une meute les profondeurs des bois. L'un fouette dĂ©jĂ  de l'Ă©pervier le large fleuve, dont il gagne les eaux hautes ; l'autre traĂźne sur la mer ses chaluts humides. Alors on connaĂźt le durcissement du fer et la lame de la scie aiguĂ« (car les premiers hommes fendaient le bois avec des coins) ; alors vinrent les diffĂ©rents arts. Tous les obstacles furent vaincus par un travail acharnĂ© et par le besoin pressant en de dures circonstances.

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Lassata sed non satiata

Juvenal, Satires, 6, 115-131. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
JuvĂ©nal Ă©voque les mƓurs dissolues de Messaline, troisiĂšme Ă©pouse le l'empereur Claude.

Claudius audi quae tulerit. Dormire uirum cum senserat uxor, sumere nocturnos meretrix augusta cucullos ausa Palatino et tegetem praeferre cubili linquebat comite ancilla non amplius una. Sed nigrum flauo crinem abscondente galero intrauit calidum ueteri centone lupanar et cellam uacuam atque suam ; tunc nuda papillis prostitit auratis titulum mentita Lyciscae ostenditque tuum, generose Britannice, uentrem. Excepit blanda intrantis atque aera poposcit {continueque iacens cunctorum absorbuit ictus.} Mox lenone suas iam dimittente puellas tristis abit, et quod potuit tamen ultima cellam clausit, adhuc ardens rigidae tentigine uoluae, et lassata uiris necdum satiata recessit, obscurisque genis turpis fumoque lucernae foeda lupanaris tulit ad puluinar odorem.

Écoute les malheurs de Claude. DĂšs que sa femme le voyait endormi, assez folle pour prĂ©fĂ©rer un grabat au lit impĂ©rial, l'auguste courtisane prenait deux manteaux de nuit et une servante. Ses noirs cheveux cachĂ©s sous une perruque blonde, elle arrivait au fĂ©tide et misĂ©rable lupanar, elle entrait dans la chambre vide qui Ă©tait la sienne ; lĂ , toute nue, les seins serrĂ©s dans une rĂ©sille d'or, elle se prostitue sous le faux nom de Lycisca et elle expose le ventre qui t'a portĂ©, ĂŽ gĂ©nĂ©reux Britannicus. Elle reçoit avec des caresses tous ceux qui entrent et elle en rĂ©clame le salaire ; gisante, elle s'offre Ă  des violences indĂ©finiment rĂ©pĂ©tĂ©es. BientĂŽt le tenancier congĂ©die ses femmes ; elle a peine Ă  partir ; au moins s'arrange-t-elle Ă  fermer la derniĂšre sa chambre ; encore brĂ»lante du feu de ses dĂ©sirs, fatiguĂ©e des hommes, mais non pas rassasiĂ©e, elle s'en va. Les joues noircies par la lampe fumeuse, elle apporte l'odeur du mauvais lieu dans le lit impĂ©rial.

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Laudator temporis acti

Horace, Art poĂ©tique, 168-174. [Traduction : François Richard, Horece, ƒuvres ; Paris, Garnier, 1944.]

Multa senem circumueniunt incommoda, uel quod quaerit et inuentis miser abstinet ac timet uti, uel quod res omnis timide gelideque ministrat, dilator, spe longus, iners auidusque futuri, difficilis, querulus, laudator temporis acti se puero, castigator censorque minorum.

Le vieillard est sujet Ă  d'innombrables maux ; il amasse, puis, ĂŽ pitiĂ© ! met de cĂŽtĂ© son argent et n'ose pas s'en servir ; il administre ses affaires avec lenteur et timiditĂ©, remet au lendemain, a peu d'espoirs, peu d'activitĂ©, voudrait ĂȘtre maĂźtre de l'avenir ; il est difficile Ă  vivre, grondeur, fait l'Ă©loge du temps oĂč il Ă©tait enfant, ne cesse de critiquer et de reprendre les jeunes.

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Lex ratio perfecta a rerum natura

CicĂ©ron, Des Lois, 2, 4, 26-33. [Traduction : Charles Appuhn. CicĂ©ron, De la RĂ©publique, Des lois. Paris, Garnier, 1932.]

Nec si, regnante Tarquinio, nulla erat Romae scripta lex de stupris, idcirco non contra illam legem sempiternam Sext- Tarquinius uim Lucretiae, Tricipitin, filiae, attulit. Erat enim ratio perfecta a rerum natura, et ad recte faciendum impellens, et a delicto auocans ; quae non tum denique incipit lex esse, cum scripta est, sed tum cum orta est. Orta auteur simul est cum mente diuina. Quamobrem lex uera atque princeps, apta ad iubendum et ad uetandum, ratio est recta summi Iouis.

Et si, sous le rĂšgne de Tarquin, il n'y avait point de loi proscrivant l'adultĂšre, Sextus Tarquin en a-t-il moins enfreint une loi Ă©ternelle en violant LucrĂšce fille de Tricipitinus ? Il y avait en effet une rĂšgle fondĂ©e en nature, qui dirigeait au bien et dĂ©tournait du mal, et cette rĂšgle n'avait pas besoin d'ĂȘtre Ă©crite pour ĂȘtre une loi, elle l'Ă©tait d'origine. Elle est contemporaine de l'esprit divin. Ainsi la loi vĂ©ritable et primitive, celle qui a pouvoir d'obliger et de dĂ©fendre, est la droite raison de Jupiter souverain.

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Labor omnia vincit improbus

Virgile, GĂ©orgiques, 1, 125-147. [Traduction : Maurice Rat. Virgile, Les Bucoliques et les GĂ©orgiques ; Paris, Garnier, 1932.]

Ante Iouem nulli subigebant arua coloni : ne signare quidem aut partiri limite campum fas erat ; in medium quaerebant, ipsaque tellus omnia liberius nullo poscente ferebat. Ille malum uirus serpentibus addidit atris praedarique lupos iussit pontumque moueri, mellaque decussit foliis ignemque remouit et passim riuis currentia uina repressit, ut uarias usus meditando extunderet artis paulatim, et sulcis frumenti quaereret herbam, ut silicis uenis abstrusum excuderet ignem. Tunc alnos primum fluuii sensere cauatas ; nauita tum stellis numeros et nomina fecit Pleiadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton. tum laqueis captare feras et fallere uisco inuentum et magnos canibus circumdare saltus ; atque alius latum funda iam uerberat amnem alta petens, pelagoque alius trahit umida lina. Tum ferri rigor atque argutae lammina serrae (nam primi cuneis scindebant fissile lignum), tum uariae uenere artes. labor omnia uicit improbus et duris urgens in rebus egestas.

Avant Jupiter, point de colon qui domptĂąt les guĂ©rets ; il n'Ă©tait mĂȘme pas permis de borner ou de partager les champs par une bordure : les rĂ©coltes Ă©taient mises en commun et la terre produisait tout d'elle-mĂȘme, librement, sans contrainte. C'est lui qui donna leur pernicieux virus aux noirs serpents, qui commanda aux loups de vivre de rapines, Ă  la mer de se soulever ; qui fit tomber le miel des feuilles, cacha le feu et arrĂȘta les ruisseaux de vin qui couraient çà et lĂ  : son but Ă©tait, en exerçant le besoin, de crĂ©er peu Ă  peu les diffĂ©rents arts, de faire chercher dans les sillons l'herbe du blĂ© et jaillir du sein du caillou le feu qu'il recĂšle. Alors, pour la premiĂšre fois, les fleuves sentirent les troncs creusĂ©s des aunes ; alors le nocher dĂ©nombra et nomma les Ă©toiles : les PlĂ©iades, les Hyades et la claire Arctos, fille de Lycaon. Alors on imagina de prendre aux lacs les bĂȘtes sauvages, de tromper les oiseaux avec de la glu et d'entourer d'une meute les profondeurs des bois. L'un fouette dĂ©jĂ  de l'Ă©pervier le large fleuve, dont il gagne les eaux hautes ; l'autre traĂźne sur la mer ses chaluts humides. Alors on connaĂźt le durcissement du fer et la lame de la scie aiguĂ« (car les premiers hommes fendaient le bois avec des coins) ; alors vinrent les diffĂ©rents arts. Tous les obstacles furent vaincus par un travail acharnĂ© et par le besoin pressant en de dures circonstances.

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Lassata sed non satiata

Juvenal, Satires, 6, 115-131. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]
JuvĂ©nal Ă©voque les mƓurs dissolues de Messaline, troisiĂšme Ă©pouse le l'empereur Claude.

Claudius audi quae tulerit. Dormire uirum cum senserat uxor, sumere nocturnos meretrix augusta cucullos ausa Palatino et tegetem praeferre cubili linquebat comite ancilla non amplius una. Sed nigrum flauo crinem abscondente galero intrauit calidum ueteri centone lupanar et cellam uacuam atque suam ; tunc nuda papillis prostitit auratis titulum mentita Lyciscae ostenditque tuum, generose Britannice, uentrem. Excepit blanda intrantis atque aera poposcit {continueque iacens cunctorum absorbuit ictus.} Mox lenone suas iam dimittente puellas tristis abit, et quod potuit tamen ultima cellam clausit, adhuc ardens rigidae tentigine uoluae, et lassata uiris necdum satiata recessit, obscurisque genis turpis fumoque lucernae foeda lupanaris tulit ad puluinar odorem.

Écoute les malheurs de Claude. DĂšs que sa femme le voyait endormi, assez folle pour prĂ©fĂ©rer un grabat au lit impĂ©rial, l'auguste courtisane prenait deux manteaux de nuit et une servante. Ses noirs cheveux cachĂ©s sous une perruque blonde, elle arrivait au fĂ©tide et misĂ©rable lupanar, elle entrait dans la chambre vide qui Ă©tait la sienne ; lĂ , toute nue, les seins serrĂ©s dans une rĂ©sille d'or, elle se prostitue sous le faux nom de Lycisca et elle expose le ventre qui t'a portĂ©, ĂŽ gĂ©nĂ©reux Britannicus. Elle reçoit avec des caresses tous ceux qui entrent et elle en rĂ©clame le salaire ; gisante, elle s'offre Ă  des violences indĂ©finiment rĂ©pĂ©tĂ©es. BientĂŽt le tenancier congĂ©die ses femmes ; elle a peine Ă  partir ; au moins s'arrange-t-elle Ă  fermer la derniĂšre sa chambre ; encore brĂ»lante du feu de ses dĂ©sirs, fatiguĂ©e des hommes, mais non pas rassasiĂ©e, elle s'en va. Les joues noircies par la lampe fumeuse, elle apporte l'odeur du mauvais lieu dans le lit impĂ©rial.

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Laudator temporis acti

Horace, Art poĂ©tique, 168-174. [Traduction : François Richard, Horace, ƒuvres ; Paris, Garnier, 1944.]

Multa senem circumueniunt incommoda, uel quod quaerit et inuentis miser abstinet ac timet uti, uel quod res omnis timide gelideque ministrat, dilator, spe longus, iners auidusque futuri, difficilis, querulus, laudator temporis acti se puero, castigator censorque minorum.

Le vieillard est sujet Ă  d'innombrables maux ; il amasse, puis, ĂŽ pitiĂ© ! met de cĂŽtĂ© son argent et n'ose pas s'en servir ; il administre ses affaires avec lenteur et timiditĂ©, remet au lendemain, a peu d'espoirs, peu d'activitĂ©, voudrait ĂȘtre maĂźtre de l'avenir ; il est difficile Ă  vivre, grondeur, fait l'Ă©loge du temps oĂč il Ă©tait enfant, ne cesse de critiquer et de reprendre les jeunes.

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Lex ratio perfecta a rerum natura

CicĂ©ron, Des Lois, 2, 4, 26-33. [Traduction : Charles Appuhn. CicĂ©ron, De la RĂ©publique, Des lois ; Paris, Garnier, 1932.]

Nec si, regnante Tarquinio, nulla erat Romae scripta lex de stupris, idcirco non contra illam legem sempiternam Sext- Tarquinius uim Lucretiae, Tricipitin, filiae, attulit. Erat enim ratio perfecta a rerum natura, et ad recte faciendum impellens, et a delicto auocans ; quae non tum denique incipit lex esse, cum scripta est, sed tum cum orta est. Orta auteur simul est cum mente diuina. Quamobrem lex uera atque princeps, apta ad iubendum et ad uetandum, ratio est recta summi Iouis.

Et si, sous le rĂšgne de Tarquin, il n'y avait point de loi proscrivant l'adultĂšre, Sextus Tarquin en a-t-il moins enfreint une loi Ă©ternelle en violant LucrĂšce fille de Tricipitinus ? Il y avait en effet une rĂšgle fondĂ©e en nature, qui dirigeait au bien et dĂ©tournait du mal, et cette rĂšgle n'avait pas besoin d'ĂȘtre Ă©crite pour ĂȘtre une loi, elle l'Ă©tait d'origine. Elle est contemporaine de l'esprit divin. Ainsi la loi vĂ©ritable et primitive, celle qui a pouvoir d'obliger et de dĂ©fendre, est la droite raison de Jupiter souverain.

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Macte animo ! Generose puer, sic itur ad astra

Virgile, l’ÉnĂ©ide, 1, 638-644. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Aetheria tum forte plaga crinitus Apollo desuper Ausonias acies urbemque uidebat, nube sedens, atque his uictorem adfatur Iulum : "Macte noua uirtute, puer ; sic itur ad astra, dis genite et geniture deos. Iure omnia bella gente sub Assaraci fato uentura resident, nec te Troia capit."

Alors prĂ©cisĂ©ment, dans un coin du ciel, Apollon chevelu voyait d'en haut les armĂ©es ausoniennes et la ville ; assis sur un nuage, il s'adresse ainsi au victorieux Iule : "Honneur Ă  ton jeune courage, ĂŽ enfant; c'est ainsi qu'on atteint les astres ; tu es nĂ© de dieux et tu engendreras des dieux. En toute justice, les guerres Ă  venir sous la race d'Assaracus s'arrĂȘteront, par la volontĂ© du destin ; et Troie ne te suffit plus."

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Majores pennas nido

Horace, ÉpĂźtres, 1, 20, 18-22. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Cum tibi sol tepidus pluris admouerit auris, me libertino natum patre et in tenui re maiores pinnas nido extendisse loqueris, ut quantum generi demas, uirtutibus addas.

Quand le tiÚde soleil ouvrira beaucoup d'oreilles autour de toi, dis-leur que, né d'un pÚre affranchi et n'ayant qu'un petit bien, j'ai étendu de grandes ailes hors de mon nid, et ajoute autant à mes vertus que tu Îteras à ma naissance.

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Maxima debetur puero reverentia

JuvĂ©nal, Satires, 14, 44-49. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse. Garnier, Paris, 1934.]

Nil dictu foedum uisuque haec limina tangat intra quae pater est. Procul, a procul inde puellae lenonum et cantus pernoctantis parasiti. Maxima debetur puero reuerentia, si quid turpe paras, nec tu pueri contempseris annos, sed peccaturo obstet tibi filius infans.

Que tout ce qui peut salir les oreilles et les yeux soit Ă©cartĂ© des murs qui abritent un enfant ; loin de cette maison, bien loin, les courtisanes et les chansons d'un parasite noctambule ! Le plus grand respect est dĂ» Ă  l'enfance ; songes-y, en cas de perverse tentation ; et ne crois pas qu'il ne faille tenir compte d'un enfant trĂšs jeune : au contraire, au moment de mal faire, pense Ă  ton fils au berceau et que cette pensĂ©e te retienne.

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Mea culpa

Confiteor, priĂšre de la liturgie de l'Église catholique. [Traduction : version tridentine.]

Confiteor Deo omnipotenti
beatae Mariae semper Virgini
beato Michaele Archangelo
beato Joannni Baptistae
sanctis apostolis Petro et Paulo
omnibus Sanctis
et vobis Fratres
quia peccavi nimis cogitatione
verbo, opere et omissione.
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa
Ideo, precor beatam Mariam semper Virginem
beatum Michaelem Archangelum
beatum Joanem Baptistam
Sanctos apostolos Petrum et Paulum
omnes Angelos et Sanctos, et vos Fratres,
orare pro me ad Dominum Deum nostrum
Amen

Je confesse Ă  Dieu Tout-Puissant,
Ă  la Bienheureuse Marie toujours vierge,
Ă  Saint Michel Archange,
Ă  Saint Jean-Baptiste,
aux Saints ApĂŽtres Pierre et Paul,
Ă  tous les Saints,
et Ă  vous, mon PĂšre,
que j’ai beaucoup pĂ©chĂ©, par pensĂ©es,
par paroles et par actions.
C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma trùs grande faute.
C’est pourquoi je supplie la Bienheureuse Marie toujours vierge,
Saint Michel Archange,
Saint Jean-Baptiste,
les Saints ApĂŽtres Pierre et Paul,
tous les Saints et vous mon PĂšre,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Ainsi soit-il.

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Mens sana in corpore sano

JuvĂ©nal, Satires, X, 350-364. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse. Classiques Garnier, Paris, 1934.]

Nos animorum inpulsu et caeca magnaque cupidine ducti coniugium petimus partumque uxoris, at illis notum qui pueri qualisque futura sit uxor. Ut tamen et poscas aliquid uoueasque sacellis exta et candiduli diuina tomacula porci, orandum est ut sit mens sana in corpore sano. Fortem posce animum mortis terrore carentem, qui spatium uitae extremum inter munera ponat naturae, qui ferre queat quoscumque labores, nesciat irasci, cupiat nihil et potiores Herculis aerumnas credat saeuosque labores et uenere et cenis et pluma Sardanapalli. Monstro quod ipse tibi possis dare; semita certe tranquillae per uirtutem patet unica uitae.

L'Ă©lan du cƓur et la force aveugle du dĂ©sir nous font souhaiter une Ă©pouse et des enfants : mais les dieux savent ce que seront ces enfants et ce que sera l'Ă©pouse. Tient-on nĂ©anmoins Ă  faire des priĂšres, Ă  aller devant les autels, Ă  offrir les entrailles et les boudins sacrĂ©s d'un cochon de sacrifice ? Ce qu'il faut alors implorer, c'est un esprit sain dans un corps sain. Demande une Ăąme Ă©nergique, affranchie des terreurs de la mort et qui compte le terme de la vie au nombre des bienfaits naturels ; une Ăąme qui ait la force de supporter toute peine, qui ignore la colĂšre, qui n'ait point de passions, qui mette les travaux et les Ă©preuves d'Hercule au-dessus des amours de Sardanapale, de ses festins et de ses lits moelleux. Je dĂ©signe lĂ  ce que chacun peut se donner Ă  lui-mĂȘme ; une vie tranquille n'a qu'un sentier, celui qui passe par la vertu.

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Mihi curat futuri

Ovide, MĂ©tamorphoses, 13, 362-369. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]
Ajax et Ulysse s'affrontent dans une joute oratoire devant les vainqueurs grecs de Troie. Ajax accuse Ulysse de pusillanimitĂ© ; Ulysse rĂ©torque qu'Ajax n'est qu'une force brute quand lui-mĂȘme mĂ©nage l'avenir.

Tibi dextera bello utilis, ingenium est, quod eget moderamine nostro ; tu uires sine mente geris, mihi cura futuri ; tu pugnare potes, pugnandi tempora mecum eligit Atrides ; tu tantum corpore prodes, nos animo ; quantoque ratem qui temperat, anteit remigis officium, quanto dux milite maior, tantum ego te supero.

Ton bras peut servir dans les combats, mais il a besoin que mes conseils le dirigent. Tu n'as qu'une force aveugle, je prĂ©vois l'avenir. Tu peux combattre, mais le fils d'AtrĂ©e choisit avec moi le temps du combat. Le corps seul agit en toi, dans Ulysse c'est la sagesse ; et autant le pilote qui gouverne le vaisseau est au-dessus du rameur, et le chef d'armĂ©e au-dessus du soldat, autant je l'emporte sur toi.

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Modus omnibus rebus

Plaute, PƓnulus, ou le jeune Carthaginois, 1, 2, 217-239. [Traduction : Faute de version française complĂšte, cet extrait est issu de la traduction en français de la version anglaise publiĂ©e par la Perseus Digital Library (Tuft Yniversity).]
Deux jeunes sƓurs, Adelphasium et Anterastilis s'entretiennent des hommes, des soins de la maison et de leur mise.

ADELPHASIUM : Nam nos usque ab aurora ad hoc quod diei est, (postquam aurora inluxit, numquam concessamus) ex industria ambae numquam concessamus lavari aut fricari aut tergeri aut ornari, poliri expoliri, pingi fingi; et una binae singulis quae datae nobis ancillae, eae nos lavando eluendo operam dederunt, aggerundaque aqua sunt viri duo defessi. Apage sis, negoti quantum in muliere una est. Sed vero duae, sat scio, maxumo uni poplo cuilubet plus satis dare potis sunt, quae noctes diesque omni in aetate semper ornantur, lavantur, tergentur, poliuntur. Postremo modus muliebris nullust: numquam lavando et fricando scimus facere finem. (Nam quae lauta est nisi perculta est, meo quidem animo quasi inluta est.)
ANTERASTILIS : Miror equidem, soror, te istaec sic fabulari, quae tam callida et docta sis et faceta. Nam quom sedulo munditer nos habemus, vix aegreque amatorculos invenimus.
ADELPHASIUM : Ita est. Verum hoc unum tamen cogitato : modus omnibus rebus, soror, optimus est habitu. Mimia omnia nimium exhibent negoti hominibus ex se.

ADELPHASIUM : Nous deux, depuis l'aube jusqu'Ă  cette heure, n'avons cessĂ© de laver, rĂ©curer, frotter ; de nous habiller, de lisser, polisser, peindre, dĂ©couper de toutes nos forces ; en mĂȘme temps, les deux servantes procurĂ©es Ă  chacune de nous n'ont cessĂ© de nous assister dans le lavage et le nettoyage ; dans l'eau avec deux hommes d'appoint, elles se sont bien fatiguĂ©es. Croie-le! Une seule femme est une plaie ; mais s'il y a deux, elles sont en mesure de donner Ă  la plus puissante nation plus de problĂšmes qu'il n'en faut ; d'ĂȘtre nuit et jour, toujours, Ă  toute heure, Ă  s'habiller, se laver, frotter, polir. Finalement, il n'y a pas de modĂ©ration chez les femmes ; nous ne savons jamais mettre une limite au lavage et au nettoyage. Mais celle qui s'est lavĂ©e, sauf si elle est bien habillĂ©e, dans ma notion du moins, c'est comme si elle Ă©tait sale.
ANTERASTYLIS : Je m’étonne, ma sƓur, que vous parliez de cette façon, vous qui ĂȘtes si savante, discrĂšte et habile ; car, malgrĂ© tout le soin que nous portons Ă  notre travail, Ă  peine trouvons-nous quelques admirateurs pitoyables.
ADELPHASIUM : Tel est le fait, mais Ă  bien y rĂ©flĂ©chir, il vaut mieux observer de la mesure en tout chose, ma sƓur : l'excĂšs apporte trop de troubles aux mortels.

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Morituri te salutant

SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Claude, 21, 12-16. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Quin et emissurus Fucinum lacum naumachiam ante commisit.

Sed cum proclamantibus naumachiariis : "Haue imperator, morituri te salutant !" Respondisset : "Aut non", neque post hanc uocem quasi uenia data quisquam dimicare uellet, diu cunctatus an omnes igni ferroque absumeret, tandem e sede sua prosiluit ac per ambitum lacus non sine foeda uacillatione discurrens partim minando partim adhortando ad pugnam compulit.

Hoc spectaculo classis Sicula et Rhodia concurrerunt, duodenarum triremium singulae, exciente bucina Tritone argenteo, qui e medio lacu per machinam emerserat.

Avant de faire assécher le lac Fucin, il y donna une naumachie.

Mais les combattants s'Ă©tant Ă©criĂ©s : "Salut Ă  l'empereur ! Ceux qui peuvent mourir te saluent !", il rĂ©pondit: "Salut Ă  vous !". Ils prirent ce mot pour une grĂące, et aucun d'eux ne voulut plus combattre. Claude hĂ©sita longtemps : il ne savait s'il les ferait pĂ©rir tous par le fer ou par le feu. Enfin il s'Ă©lança de son siĂšge, et, faisant le tour du lac d'un pas tremblant et ridicule, moitiĂ© par menace, moitiĂ© par promesse, il les força Ă  combattre.

Dans ce spectacle, on vit se heurter une flotte de Sicile et une flotte de Rhodes, chacune composĂ©e de douze trirĂšmes ; au bruit de la trompette un Triton d'argent mu par un ressort surgit au milieu du lac.

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Nigro notanda lapillo

Cette formule n'existe pas dans l'Ɠuvre de Catulle. Le texte attestĂ© est trĂšs diffĂ©rent : lapide illa dies candidiore notat « jour qui mĂ©rite d'ĂȘtre marquĂ© d'une pierre blanche Â». Voici le texte correspondant. Catulle, PoĂšmes, 58, 144-150. [Traduction : Maurice Rat ; Paris, Garnier, 1931.]

Ingratum tremuli tolle parentis onus. Nec tamen illa mihi dextra deducta paterna fragrantem Assyrio uenit odore domum, sed furtiua dedit mira munuscula nocte, ipsius ex ipso dempta uiri gremio. Quare illud satis est, si nobis is datur unis quem lapide illa dies candidiore notat.

Évitons d'ĂȘtre Ă  charge comme un vieux pĂšre tremblant ! D'ailleurs, ce n'est pas son pĂšre qui l'a conduite par la main dans ma maison embaumĂ©e des parfums de l'Assyrie ; mais elle s'Ă©chappa furtivement des bras mĂȘmes de son Ă©poux dans cette nuit d'ivresse oĂč elle me prodigua tous les trĂ©sors de son amour. Ah ! n'est-ce pas assez pour moi d'obtenir d'elle un seul jour qui mĂ©rite d'ĂȘtre marquĂ© d'une pierre blanche ?

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Nihil conveniens decretis ejus

CicĂ©ron, Des vrais biens et des vrais maux, 2, 31, 99. [Traduction : M. Guyau. Des suprĂȘmes biens et des suprĂȘmes maux, d'aprĂšs CicĂ©ron. Paris, Delagrave, 1875.]

Huc et illuc, Torquate, uos uersetis licet, nihil in hac praeclara epistula scriptum ab Epicuro congruens et conueniens decretis eius reperietis. Ita redarguitur ipse a sese, conuincunturque scripta eius probitate ipsius ac moribus. nam ista commendatio puerorum.

Tournez-vous de tous cĂŽtĂ©s, Torquatus ; vous ne trouverez rien dans cette belle lettre d'Épicure qui s'accorde avec sa doctrine : au contraire, il s'y rĂ©fute lui-mĂȘme ; et ce n'est que par l'opinion qu'il a laissĂ©e de sa probitĂ© et de ses mƓurs, que ses Ă©crits ont eu tant de cours.

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Nihil novi sub sole

Bible, EcclĂ©siaste, 1, 9. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Quod fuit, ipsum est, quod futurum est. Quod factum est, ipsum est, quod faciendum est : nihil sub sole novum.

Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

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Nondum amabam, et amare amabam

Augustin d'Hippone, Confessions, 3, 1. [Traduction : M. Moreau, 1868.

Veni Karthaginem, et circumstrepebat me undique sartago flagitiosorum amorum. nondum amabam, et amare amabam, et secretiore indigentia oderam me minus indigentem. quaerebam quid amarem, amans amare, et oderam securitatem et viam sine muscipulis, quoniam fames mihi erat intus ab interiore cibo, te ipso, deus meus, et ea fame non esuriebam, sed eram sine desiderio alimentorum incorruptibilium, non quia planus eis eram, sed quo insanior, fastidiosior. et ideo non bene valebat anima mea, et ulcerosa proiciebat se foras, miserabiliter scalpi avida contactu sensibilium. sed si non haberent animam, non utique amarentur. amare et amari dulce mihi erat, magis si et amantis corpore fruerer.

Je vins Ă  Carthage, oĂč bientĂŽt j’entendis bouillir autour de moi la chaudiĂšre des sales amours. Je n’aimais pas encore, et j’aimais Ă  aimer ; et par une indigence secrĂšte, je m’en voulais de n’ĂȘtre pas encore assez indigent. Je cherchais un objet Ă  mon amour, aimant Ă  aimer ; et je haĂŻssais ma sĂ©curitĂ©, ma voie exempte de piĂšges. Mon cƓur dĂ©faillait, vide de la nourriture intĂ©rieure, de vous-mĂȘme, mon Dieu ; et ce n’était pas de cette faim-lĂ  que je me sentais affamĂ© ; je n’avais pas l’appĂ©tit des aliments incorruptibles : non que j’en fusse rassasiĂ© ; je n’étais dĂ©goĂ»tĂ© que par inanition. Et mon Ăąme Ă©tait mal portante et couverte de plaies, et se jetant misĂ©rablement hors d’elle-mĂȘme, elle mendiait ces vifs attouchements qui devaient envenimer son ulcĂšre. C’est la vie que l’on aime dans les crĂ©atures aimĂ©es, ĂȘtre aimĂ© m’était encore plus doux, quand la personne aimante se donnait toute Ă  moi.

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O homines ad servitutem paratos

Tacite, Annales, 3, 65. [Traduction : J. L. Burnouf ; ƒuvres complĂštes de Tacite ; Paris ; Librairie de L. Hachette et Cie, rue Pierre-Sarrazin, n° 14 ; 1859.]

Exequi sententias haud institui nisi insignis per honestum aut notabili dedecore, quod praecipuum munus annalium reor ne uirtutes sileantur utque prauis dictis factisque ex posteritate et infamia metus sit. Ceterum tempora illa adeo infecta et adulatione sordida fuere ut non modo primores ciuitatis, quibus claritudo sua obsequiis protegenda erat, sed omnes consulares, magna pars eorum qui praetura functi multique etiam pedarii senatores certatim exsurgerent foedaque et nimia censerent. Memoriae proditur Tiberium, quoties curia egrederetur, Graecis uerbis in hunc modum eloqui solitum "o homines ad seruitutem paratos !" scilicet etiam illum qui libertatem publicam nollet tam proiectae seruientium patientiae taedebat.

Mon dessein n'est pas de rapporter toutes les opinions : je me borne Ă  celles que signale un caractĂšre particulier de noblesse ou d'avilissement, persuadĂ© que le principal objet de l'histoire est de prĂ©server les vertus de l'oubli, et d'attacher aux paroles et aux actions perverses la crainte de l'infamie et de la postĂ©ritĂ©. Au reste, dans ce siĂšcle infectĂ© d'adulation et de bassesse, la contagion ne s'arrĂȘtait pas aux premiers de l'État, qui avaient besoin de cacher un nom trop brillant sous l'empressement de leurs respects : tous les consulaires, une grande partie des anciens prĂ©teurs, et mĂȘme beaucoup de sĂ©nateurs obscurs, se levaient Ă  l'envi pour voter les flatteries les plus honteuses et les plus exagĂ©rĂ©es. On raconte que TibĂšre, chaque fois qu'il sortait du sĂ©nat, s'Ă©criait en grec : "Ô hommes prĂȘts Ă  tout esclavage !" Ainsi, celui mĂȘme qui ne voulait pas de la libertĂ© publique ne voyait qu'avec dĂ©goĂ»t leur servile et patiente abjection.

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Odi et amo

Catulle, PoĂšmes, 85. [Traduction : Maurice Rat ; Paris, Garnier, 1931.]
Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris.
Nescio, sed fieri sentio et excrucior.
Je hais et j'aime. – Comment cela se fait-il  ? demandez-vous peut-ĂȘtre.
– Je l'ignore ; mais je le sens, et c'est lĂ  un supplice.
Nota : texte mis en musique par Carl Orff (1943).
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O tempora, o mores

Ciceron, Catilinaires, 1, 1. [Traduction : Maurice Rat; Paris, Garnier, 1931.]

O tempora, o mores ! Senatus haec intellegit. Consul uidet ; hic tamen uiuit. Viuit ? Immo uero etiam in senatum uenit, fit publici consilii particeps, notat et designat oculis ad caedem unum quemque nostrum. Nos autem fortes uiri satis facere rei publicae uidemur, si istius furorem ac tela uitemus. Ad mortem te, Catilina, duci iussu consulis iam pridem oportebat, in te conferri pestem, quam tu in nos (omnes iam diu) machinaris.

O temps! ĂŽ mƓurs ! tous ces complots, le SĂ©nat les connaĂźt, le consul les voit, et Catilina vit encore ! Il vit ; que dis-je ? Il vient au SĂ©nat ; il est admis aux conseils de la RĂ©publique ; il choisit parmi nous et marque de l'Ɠil ceux qu'il veut immoler. Et nous, hommes pleins de courage, nous croyons faire assez pour la patrie si nous Ă©vitons sa fureur et ses poignards ! Depuis longtemps Catilina, le consul, aurait dĂč t'envoyer Ă  la mort et faire tomber ta tĂȘte sous le glaive dont tu veux tous nous frapper.

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O tempus edax !

Ovide, MĂ©tamorphoses, 15, 234-236. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]

Tempus edax rerum, tuque, inuidiosa uetustas, omnia destruitis uitiataque dentibus aeui paulatim lenta consumitis omnia morte!

Temps, qui dĂ©vores ce qui existe ; et toi, Vieillesse envieuse, vous dĂ©truisez tout ; et ce que la lime de l'Ăąge a sourdement usĂ©, vous le consumez par une lente mort.

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Oculos habent et non videbunt

Oculos habent et non videbunt

Bible, Psaume 115. [Traduction : Louis Second, 1910.]

4. Simulacra gentium argentum et aurum, opera manuum hominum.
5. Os habent, et non loquentur ; oculos habent, et non videbunt.
6. Aures habent, et non audient ; nares habent, et non odorabunt.
7. Manus habent, et non palpabunt ; pedes habent, et non ambulabunt ; non clamabunt in gutture suo.
8. Similes illis fiant qui faciunt ea, et omnes qui confidunt in eis.

4. Leurs idoles sont de l'argent et de l'or. Elles sont l'ouvrage de la main des hommes.
5. Elles ont une bouche et ne parlent point ; Elles ont des yeux et ne voient point.
6. Elles ont des oreilles et n'entendent point ; Elles ont un nez et ne sentent point.
7. Elles ont des mains et ne touchent point ; Des pieds et ne marchent poin ; Elles ne produisent aucun son dans leur gosier.
8. Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent ; Tous ceux qui se confient en elles.

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Omnia mea mecum porto

CicĂ©ron, Les Paradoxes, 1, 1, 8. [Traduction : Collection des auteurs latins publiĂ©e sous la direction de M. Nisard, tome I ; Paris, Dubochet, 1840.]

Ego umquam bona perdidisse dicam, si quis pecus aut supellectilem amiserit, nec non saepe laudabo sapientem illum, Biantem, ut opinor, qui numeratur in septem; cuius quom patriam Prienam cepisset hostis ceterique ita fugerent, ut multa de suis rebus asportarent, cum esset admonitus a quodam, ut idem ipse faceret, 'Ego uero', inquit, 'facio; nam omnia mecum porto mea'. Ille haec ludibria fortunae ne sua quidem putauit, quae nos appellamus etiam bona. Quid est igitur, quaeret aliquis, bonum ? Si, quod recte fit et honeste et cum uirtute, id bene fieri uere dicitur, quod rectum et honestum et cum uirtute est, id solum opinor bonum.

Je ne dirai jamais qu'en perdant un troupeau ou des meubles on perd des biens, et je citerai souvent avec Ă©loge l'un des sept sages, Bias, Ă  ce que je crois, dont la patrie, PriĂšne, venait de tomber aux mains des ennemis. Tous ses concitoyens fuyaient, emportant avec eux le plus qu'ils pouvaient ; on l'engage Ă  suivre leur exemple : « C'est ce que je fais, repart-il, car je porte tous mes biens avec moi.» Il regardait comme des jouets de la fortune tous ces "biens" selon notre langage. [
] Ce qui est droit, honnĂȘte et vertueux, est, selon moi, le seul bien.

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Panem et circences

JuvĂ©nal, Satires, 10, 73
81. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse ; Paris, Garnier, 1934.]

Sed quid turba Remi ? sequitur fortunam, ut semper, et odit damnatos. [
] Iam pridem, ex quo suffragia nulli uendimus, effudit curas ; nam qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, panem et circenses.

Mais que fait donc le peuple issu de RĂ©mus ? Il adhĂšre au succĂšs, comme toujours, et il maudit ceux qui ont perdu la partie. [
] Depuis qu'il n'y a plus de suffrages Ă  vendre, il se dĂ©sintĂ©resse de tout ; lui qui jadis disposa du commandement, des faisceaux, des lĂ©gions enfin de tout, il n'a plus d'ambitions ; il n'Ă©prouve plus qu'un double dĂ©sir passionnĂ© : "Du pain et des jeux".

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Per inania regna

Virgile, l'ÉnĂ©ide, 6, 264-269. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain, lĂ©gĂšrement modifiĂ©e.]

Di, quibus imperium est animarum, umbraeque silentes, et Chaos, et Phlegethon, loca nocte tacentia late, sit mihi fas audita loqui ; sit numine uestro pandere res alta terra et caligine mersas ! Ibant obscuri sola sub nocte per umbram, perque domos Ditis uacuas et inania regna.

Dieux, souverains des Ăąmes, Ombres silencieuses,
Chaos et Phlégéthon, lieux muets étendus dans la nuit, permettez-moi de dire ce que j'ai entendu, accordez-moi de révéler les secrets enfouis dans les profondeurs obscures de la terre. Ils s'avançaient seuls, dans l'ombre d'une nuit obscure, à travers les demeures vides et le royaume inconsistant de Pluton.

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Post mortem nihil est ipsaque mors nihil

SĂ©nĂšque, Les Troyennes, 2, 393-399. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. Nisard, Le ThĂ©Ăątre des latins comprenant Plaute, TĂ©rence et SĂ©nĂšque le Tragique ; Paris, Didot, 1855.]

Ut calidis fumus ab ignibus vanescit spatium per breue sordidus ; ut nubes grauidas, quas modo uidimus, Arctoi Boreae disiicit impetus ; Sic hic, quo regimur, spiritus effluet. Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil, velocis spatii meta nouissima.

Comme la fumĂ©e sombre qui s'Ă©lĂšve d'un foyer s'Ă©vanouit en peu de temps, comme ces nuages Ă©pais que dissipe dans l'air l'aquilon impĂ©tueux, ainsi s'Ă©vapore le souffle qui nous anime. Il n'y a rien aprĂšs la mort ; la mort elle-mĂȘme n'est rien : c'est le dernier terme d'une course rapide.

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Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res


Horace, ÉpĂźtres, 1, 2, 51-56. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Qui cupit aut metuit, iuuat illum sic domus et res ut lippum pictae tabulae, fomenta podagram, auriculas citharae collecta sorde dolentis.

À celui qui dĂ©sire ou qui craint, sa maison et sa richesse font le mĂȘme bien qu'un tableau peint Ă  des yeux malades, des fomentations Ă  un goutteux, et les sons de la cithare Ă  des oreilles pleines d'humeur et douloureuses.

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Qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam

Horace, ÉpĂźtres, 1, 16, 65-69. [Traduction : Ch.-M. Leconte de Lisle (1818-1894). Horace, traduction nouvelle ; Paris, A. Lemerre, 1911.]

Qui cupiet, metuet quoque, porro qui metuens uiuet, liber mihi non erit umquam. Perdidit arma, locum uirtutis deseruit, qui semper in augenda festinat et obruitur re.

Celui qui dĂ©sire craint aussi ; or celui qui vit dans la crainte, pour moi, ne sera jamais libre. Il a perdu ses armes, il a dĂ©sertĂ© le poste de la vertu, celui qui travaille et se tue Ă  augmenter sans cesse sa richesse.

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Quia ego nominor leo

PhĂšdre, Fables, 1, 5. La vache, la chĂšvre, la brebis et le lion. [Traduction : Pierre Constant, Fables de PhĂšdre : Paris, Garnier, 1937.]

Numquam est fidelis cum potente societas. Testatur haec fabella propositum meum.

Vacca et capella et patiens ouis iniuriae socii fuere cum leone in saltibus. Hi cum cepissent ceruum uasti corporis, sic est locutus partibus factis leo : "Ego primam tollo nomine hoc quia rex cluo ; secundam, quia sum consors, tribuetis mihi ; tum, quia plus ualeo, me sequetur tertia ; malo adficietur si quis quartam tetigerit." Sic totam praedam sola improbitas abstulit.

Il n'y a jamais de sĂ»retĂ© dans l'association avec le puissant ; cette petite fable montre la vĂ©ritĂ© de ce que j'avance.

Une vache, une chĂšvre et une brebis habituĂ©e Ă  l'injustice firent dans les bois sociĂ©tĂ© avec un lion. Comme ils avaient pris un cerf de grande taille, les parts faites, le lion parla ainsi : « C'est moi qui prends la premiĂšre puisqu'on m'appelle roi, elle m'appartient ; la seconde, comme je suis vaillant, vous me la donnerez ; et parce que je suis le plus fort, la troisiĂšme me reviendra. Malheur Ă  qui touchera Ă  la quatriĂšme ! Â» Ainsi, grĂące Ă  sa mauvaise foi, il emporta pour lui seul la proie tout entiĂšre.

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Quis custodiet ipsos custodes ?

Juvénal, Satires, 6, 325.
Les Romains n'Ă©taient pas pudibonds ; ce texte de JuvĂ©nal sur la luxure fĂ©minine contient nombre d'Ă©vocations scabreuses. Les traducteurs, pudiques, tentent de contourner le sujet. C'est pourquoi on donne ici deux traductions du texte de JuvĂ©nal qui permettront d'approcher le sens du texte original. La traduction de 1934 est presque fidĂšle, mais incomplĂšte ; la traduction de 1842, en vers, est approximative mais transcrit parfois mieux la vigueur du texte de JuvĂ©nal.
[Traduction : Henri Clouard. JuvĂ©nal et Perse. Classiques Garnier, Paris, 1934.]

Tunc prurigo morae inpatiens, tum femina simplex, ac ariter toto repetitus clamor ab antro "iam fas est, admitte uiros." Dormitat adulter, illa iubet sumpto iuuenem properare cucullo ; si nihil est, seruis incurritur ; abstuleris spem seruorum, uenit et conductus aquarius ; hic si quaeritur et desunt homines, mora nulla per ipsam quo minus inposito clunem summittat asello. Atque utinam ritus ueteres et publica saltem his intacta malis agerentur sacra ; sed omnes nouerunt Mauri atque Indi quae psaltria penem maiorem quam sunt duo Caesaris Anticatones illuc, testiculi sibi conscius unde fugit mus, intulerit, ubi uelari pictura iubetur quaecumque alterius sexus imitata figuras. Et quis tunc hominum contemptor numinis, aut quis simpuuium ridere Numae nigrumque catinum et Vaticano fragiles de monte patellas ausus erat ? Sed nunc ad quas non Clodius aras ? Audio quid ueteres olim moneatis amici, "pone seram, cohibe." Sed quis custodiet ipsos custodes ? Cauta est et ab illis incipit uxor. Iamque eadem summis pariter minimisque libido.

Et voici que le rut ne peut plus attendre, il n'y a plus Ă  prĂ©sent que la femelle toute pure, un cri unanime retentit dans tout le repaire : "C'est l'heure permise par la dĂ©esse, nous voulons les hommes !" L'amant est dans son lit, on lui fait dire qu'il ait Ă  prendre son manteau pour accourir ; si l'amant fait dĂ©faut, on livre assaut aux esclaves ; faute d'esclaves, on appelle un porteur d'eau ; si enfin il n'y a pas moyen de trouver d'homme, on n'attendra pas davantage, on se couchera sous un Ăąne. PlĂ»t aux dieux que les rites antiques et le culte public eussent Ă©chappĂ© Ă  de telles profanations ! Mais Maures et Indiens savent bien quel jeune homme osa, dĂ©guisĂ© en joueuse de flĂ»te, introduire un membre (de plus fort calibre que le rouleau des deux Anti-Caton de CĂ©sar) lĂ  mĂȘme d'oĂč le rat n'ose approcher s'il se sait mĂąle, lĂ  oĂč c'est une loi de la peinture de faire pendre un voile. Et cependant quel homme en ce temps-lĂ  aurait osĂ© blasphĂ©mer ? Lequel aurait raillĂ© la coupe et le bassin noir de Numa et les fragiles assiettes fabriquĂ©es sur le mont Vatican ? Mais aujourd'hui quel autel n'a pas son Clodius ? Grandes dames ou plĂ©bĂ©iennes, toutes se valent.

[Traduction : Louis-Vincent Raoul ; Wouters, Raspoet et cie, 1842.]

Tunc prurigo morae inpatiens,
tum femina simplex, ac ariter toto
repetitus clamor ab antro "iam fas
est, admitte uiros." Dormitat
adulter, illa iubet sumpto iuuenem
properare cucullo ; si nihil est,
seruis incurritur ; abstuleris spem
seruorum, uenit et conductus
aquarius ; hic si quaeritur et desunt
homines, mora nulla per ipsam quo
minus inposito clunem summittat
asello. Atque utinam ritus ueteres et
publica saltem his intacta malis
agerentur sacra ; sed omnes
nouerunt Mauri atque Indi quae
psaltria penem maiorem quam sunt
duo Caesaris Anticatones illuc,
testiculi sibi conscius unde fugit mus,
intulerit, ubi uelari pictura iubetur
quaecumque alterius sexus imitata
figuras. Et quis tunc hominum
contemptor numinis, aut quis
simpuuium ridere Numae nigrumque
catinum et Vaticano fragiles de
monte patellas ausus erat ? Sed
nunc ad quas non Clodius aras ?
Audio quid ueteres olim moneatis
amici, "pone seram, cohibe." Sed
quis custodiet ipsos custodes ?
Cauta est et ab illis incipit uxor.

Mais l’ardeur est au comble, et ne peut plus attendre.
De tous les coins de l’antre, un cri se fait entendre ;
Un cri de rage : "Ouvrez, CybĂšle l’a permis ;
Ouvrez, et qu’à nos yeux les hommes soient admis."
Que vient-on m’annoncer ? quoi! mon amant sommeille !
Allez, que par mon ordre Ă  l’instant on l’éveille,
Qu’il accoure. Il hĂ©site ! esclaves soyez prĂȘts.
Point d’esclaves ! eh bien, un rustre, un porte-faix.
Point d’homme ! En son dĂ©pit, PasiphaĂ© nouvelle,
Un Ă©poux mugissant pourrait approcher d’elle.
Plût au ciel que du moins ces transports odieux
N’eussent jamais souillĂ© les autels de nos dieux !
Mais, des bords africains aux rivages du Gange,
Qui n’a point su comment une chanteuse Ă©trange,
Du signe triomphant de sa virilité,
Surprit l’asile saint de la pudicitĂ© ;
Cet asile oĂč, fidĂšle Ă  de chastes usages,
D’un sexe diffĂ©rent on voile les images,
Et dont le rat timide et prompt Ă  se cacher,
Avec un testicule aurait peur d’approcher ?
Quel mortel autrefois, quel railleur incrédule
EĂ»t tournĂ© de nos dieux le culte en ridicule ?
Quel impie eût osé du second de nos rois
MĂ©priser l’humble argile et les vases de bois,
Et la soucoupe noire, oĂč, dans les sacrifices,
De la liqueur sacrĂ©e il versait les prĂ©mices ?
Maintenant quel autel n’a pas son Clodius ?
J’entends, mes vieux amis : "des barreaux, des argus !"
Mais par qui ferez-vous garder vos sentinelles ?
Une femme est adroite et commence par elles.

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Quo vadis ?

Bible, Évangile de Jean, 13, 33-38. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Filioli, adhuc modicum vobiscum sum. QuĂŠretis me ; et sicut dixi JudĂŠis, quo ego vado, vos non potestis venire : et vobis dico modo. Mandatum novum do vobis : ut diligatis invicem : sicut dilexi vos, ut et vos diligatis invicem. In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem. Dicit ei Simon Petrus : Domine, quo vadis ? Respondit Jesus : Quo ego vado non potes me modo sequi : sequeris autem postea. Dicit ei Petrus : Quare non possum te sequi modo ? animam meam pro te ponam. Respondit ei Jesus : Animam tuam pro me pones ? amen, amen dico tibi : non cantabit gallus, donec ter me neges.

Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir oĂč je vais, je vous le dis aussi maintenant. Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimĂ©s. Vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaĂźtront que vous ĂȘtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. Simon Pierre lui dit : Seigneur, oĂč vas-tu ? JĂ©sus rĂ©pondit : Tu ne peux pas maintenant me suivre oĂč je vais, mais tu me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi. JĂ©sus rĂ©pondit : Tu donneras ta vie pour moi ! En vĂ©ritĂ©, en vĂ©ritĂ©, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies reniĂ© trois fois.

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Rara avis in terris

JuvĂ©nal, Satires, 6, 163-169. [Traduction : Henri Clouard, JuvĂ©nal et Perse ; Paris, Garnier, 1934]

Sit formonsa, decens, diues, fecunda, uetustos porticibus disponat auos, intactior omni crinibus effusis bellum dirimente Sabina, rara auis in terris nigroque simillima cycno, quis feret uxorem cui constant omnia? malo, malo Venustinam quam te, Cornelia, mater Gracchorum, si cum magnis uirtutibus adfers grande supercilium et numeras in dote triumphos.

Supposons une femme belle et bien prise, riche, fĂ©conde, qui affiche sous ses portiques les portraits de lointains aĂŻeux, plus chaste que les Sabines qui se jetĂšrent tout Ă©chevelĂ©es dans le combat et mirent fin Ă  une guerre, - ah ! voilĂ  un oiseau rare en ce monde, un vĂ©ritable cygne noir. Or, qui supporterait pour Ă©pouse cette femme accomplie ? J'aimerais mieux, oui ma foi, une paysanne de Venouse que toi, CornĂ©lie, mĂšre des Gracques, si tu m'apportes avec tes vertus sublimes de grands airs et que tu comptes dans ta dot les triomphes de ta lignĂ©e.

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Sed satis est jam posse mori

Lucain, La Pharsale 2, 98-119. [Traduction Marmontel, complĂ©tĂ©e par M. H. Durand, prĂ©cĂ©dĂ©e d'une Ă©tude sur la Pharsale par M. Charpentier ; Paris, Garnier, 1935]

Pro fata, quis ille, quis fuit ille dies, Marius quo moenia uictor corripuit, quantoque gradu mors saeua cucurrit ! nobilitas cum plebe perit, lateque uagatus ensis, et a nullo reuocatum pectore ferrum. Stat cruor in templis multaque rubentia caede lubrica saxa madent. Nulli sua profuit aetas : Non senis extremum piguit uergentibus annis praecepisse diem, nec primo in limine uitae infantis miseri nascentia rumpere fata. Crimine quo parui aedem potuere mereri ? Sed satis est iam posse mori. Trahit ipse furoris.

O destin ! quel jour ! quel horrible jour que celui oĂč Marius entra victorieux dans Rome ! avec quelle rapiditĂ© la mort Ă©tendit ses ravages ! La noblesse tombe confondue avec le peuple ; le glaive destructeur vole au hasard et frappe toute poitrine. Le sang sĂ©journe dans les temples, les pavĂ©s en sont inondĂ©s et glissants. Nulle pitiĂ©, nul Ă©gard pour l'Ăąge ; on n'a pas honte de hĂąter la mort des vieillards au dĂ©clin de l'Ă ge ni de trancher la vie des enfants qui viennent d'ouvrir les yeux Ă  la lumiĂšre. HĂ©las ! si jeunes encore, par quel crime ont-ils mĂ©ritĂ© de mourir ? Ils sont mortels, c'est assez. Impitoyable fureur !

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Sol lucet omnibus

PĂ©trone, Satyricon, 100, 3. [Traduction : Louis de Langle. L'Ɠuvre de PĂ©trone : le Satyricon / Traduction nouvelle et complĂšte, avec introduction et notes
 ; Paris, BibliothĂšque des curieux, 1923.]
Le narrateur, amant de Giton, admet dans son entourage Eumolpe, lui-mĂȘme amoureux de l'enfant.

"Molestum est quod puer hospiti placet. Quid autem ? Non commune est, quod natura optimum fecit ? Sol omnibus lucet. Luna innumerabilibus comitata sideribus etiam feras ducit ad pabulum. Quid aquis dici formosius potest ? In publico tamen manant. Solus ergo amor furtum potius quam praemium erit ?
"

« Il t'est pĂ©nible, me disais-je, que cet enfant plaise Ă  un autre. Mais dans ce que la nature a crĂ©Ă© de meilleur, qu'y a-t-il qui ne soit commun Ă  tous ? Le soleil luit pour tous. La lune, avec son cortĂšge innombrable d'Ă©toiles, guide la bĂȘte sauvage elle-mĂȘme cherchant pĂąture. Que peut-on trouver de plus beau que les eaux ? Cependant elles coulent pour tout le monde. Et l'amour seul serait une propriĂ©tĂ© dont on ne pourrait s'emparer sans vol au lieu d'un don gratuit de la nature !
 Â»

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Si augur augurem

CicĂ©ron, De la Divination, 2, 24. [Traduction : Charles Appuhn, CicĂ©ron. De la divination ; Du destin ; AcadĂ©miques. ; Paris, Garnier, 1936.]

Vetus autem illud Catonis admodum scitum est, qui mirari se aiebat, quod non rideret haruspex, haruspicem cum uidisset. Quota enim quaeque res euenit praedicta ab istis ? Aut, si euenit quippiam, quid adferri potest cur non casu id euenerit ?

Il y a de Caton un mot qui reste plein de sens : il s'Ă©tonnait, disait-il, qu'un haruspice pĂ»t regarder sans rire un autre haruspice. Et en effet combien de fois leurs prĂ©dictions se sont-elles trouvĂ©es d'accord avec l'Ă©vĂ©nement ? Et quand c'est arrivĂ©, comment prouver qu'il n'y a pas eu coĂŻncidence fortuite ?

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Summum jus, summa injuria

CicĂ©ron, Des Devoirs (De officiis), 1, 10, 33. [Traduction : Charles Appuhn. CicĂ©ron : De la vieillesse, De l'amitiĂ©, Des devoirs. Paris, Garnier, 1933.]

Existunt etiam saepe iniuriae calumnia quadam et nimis callida sed malitiosa iuris interpretatione. Ex quo illud "summum ius summa iniuria" factum est iam tritum sermone prouerbium. Quo in genere etiam in re publica multa peccantur, ut ille, qui, cum triginta dierum essent cum hoste indutiae factae, noctu populabatur agros, quod dierum essent pactae, non noctium indutiae.

Il y a frĂ©quemment des injustices consistant Ă  chercher chicane aux gens et Ă  interprĂ©ter subtilement le droit. De lĂ , cette maxime devenue proverbe : "summum ius, summa injuria". Beaucoup d'actes immoraux de cette sorte se commettent au nom de l'intĂ©rĂȘt public : on cite un chef d'armĂ©e qui, aprĂšs ĂȘtre convenu avec l'ennemi d'une trĂȘve de trente jours, ravageait de nuit son territoire parce que, disait-il, le pacte conclu s'appliquait aux jours, non aux nuits.

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Tu quoque fili

Suetone, Vie des douze cĂ©sars, Vie de Jules CĂ©sar 82, 3. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Atque ita tribus et uiginti plagis confossus est uno modo ad primum ictum gemitu sine uoce edito, etsi tradiderunt quidam Marco Bruto irruenti dixisse : "kai su teknon" ; exanimis diffugientibus cunctis aliquamdiu iacuit, donec lecticae impositum, dependente brachio, tres seruoli domum rettulerunt.

Il fut ainsi percĂ© de vingt-trois coups. Au premier seulement, il poussa un gĂ©missement, sans dire une parole. Toutefois, quelques auteurs rapportent que, voyant s'avancer contre lui Marcus Brutus, il dit en grec : "Et toi aussi, mon fils !" Quand il fut mort, tout le monde s'enfuit, et il resta quelque temps Ă©tendu par terre. Enfin trois esclaves le rapportĂšrent chez lui sur une litiĂšre d'oĂč pendait un de ses bras.

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Teneo te Africa

SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Vie de Jules CĂ©sar, 59, 1. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Ne religione quidem ulla a quoquam incepto absterritus umquam uel retardatus est. Cum immolanti aufugisset hostia, profectionem aduersus Scipionem et Iubam non distulit. Prolapsus etiam in egressu nauis uerso ad melius omine : "Teneo te," inquit, "Africa."

Jamais un scrupule ne lui fit abandonner ou diffĂ©rer une seule de ses entreprises. Quoique la victime du sacrifice eĂ»t Ă©chappĂ© au couteau, il ne remit pas son expĂ©dition contre Scipion et Juba. Bien plus, Ă©tant tombĂ© en sortant de son vaisseau, il tourna dans un sens favorable ce prĂ©sage et s'Ă©cria: "Afrique ! je te tiens".

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Teneo lupum auribus

TĂ©rence, Le Phormion, 506. [Traduction : Site de Philippe Remacle http://www.remacle.org)

Immo, id quod aiunt, auribus teneo lupum ; nam neque quo pacto a me amittam, neque uti retineam scio.

Oui, je tiens, comme on dit, le loup par les oreilles ; car je ne sais comment le lĂącher, ni comment le retenir.

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Ubi est, mors, victoria tua

Bible, Nouveau testament, Saint-Paul, ÉpĂźtre aux Corinthiens, 15, 54-57. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Cum autem corruptibile hoc induerit incorruptelam, et mortale hoc induerit immortalitatem, tunc fiet sermo, qui scriptus est : “ Absorpta est mors in victoria.

Ubi est, mors, victoria tua ? Ubi est, mors, stimulus tuus ? â€.

Stimulus autem mortis peccatum est, virtus vero peccati lex.

Deo autem gratias, qui dedit nobis victoriam per Dominum nostrum Iesum Christum.

Lorsque ce corps corruptible aura revĂȘtu l'incorruptibilitĂ©, et que ce corps mortel aura revĂȘtu l'immortalitĂ©, alors s'accomplira la parole qui est Ă©crite : La mort a Ă©tĂ© engloutie dans la victoire.

O mort, oĂč est ta victoire ? O mort, oĂč est ton aiguillon ?

L'aiguillon de la mort, c'est le pĂ©chĂ© ; et la puissance du pĂ©chĂ©, c'est la loi.

Mais grĂąces soient rendues Ă  Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur JĂ©sus-Christ !

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Ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendi maculis

Horace, Art poĂ©tique, 347-353. [Traduction : UniversitĂ© catholique de Louvain.]

Sunt delicta tamen quibus ignouisse uelimus ; nam neque chorda sonum reddit quem uolt manus et mens, poscentique grauem persaepe remittit acutum, nec semper feriet quodcumque minabitur arcus. Verum ubi plura nitent in carmine, non ego paucis offendar maculis, quas aut incuria fudit, aut humana parum cauit natura.

Il y a pourtant des fautes pardonnables. La corde de la lyre ne donne pas toujours le son que demandent la pensée et les doigts; on veut une note grave, trop souvent celle qu'elle renvoie est aiguë. La flÚche n'atteint pas toujours son but. Mais si, dans un poÚme, les beautés l'emportent, quelques taches ne me choqueront pas: l'inattention ou la faiblesse humaine les a laissé échapper.

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Vade retro satana

Bible, Nouveau Testament, Évangile de Marc, 8, 29-34. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Et ipse interrogabat eos : “ Vos vero quem me dicitis esse ? ”. Respondens Petrus ait ei : “ Tu es Christus ”. Et comminatus est eis, ne cui dicerent de illo. Et coepit docere illos : “ Oportet Filium hominis multa pati et reprobari a senioribus et a summis sacerdotibus et scribis et occidi et post tres dies resurgere ” ; et palam verbum loquebatur. Et apprehendens eum Petrus coepit increpare eum. Qui conversus et videns discipulos suos comminatus est Petro et dicit : “ Vade retro me, Satana, quoniam non sapis, quae Dei sunt, sed quae sunt hominum ”. Et convocata turba cum discipulis suis, dixit eis : “ Si quis vult post me sequi, deneget semetipsum et tollat crucem suam et sequatur me.

“ Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? ” Pierre lui rĂ©pondit: “ Tu es le Christ. ” JĂ©sus leur recommanda sĂ©vĂšrement de ne dire cela de lui Ă  personne. Alors il commença Ă  leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrĂźt beaucoup, qu'il fĂ»t rejetĂ© par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il fĂ»t mis Ă  mort, et qu'il ressuscitĂąt trois jours aprĂšs. Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l'ayant pris Ă  part, se mit Ă  le reprendre. Mais JĂ©sus, se retournant et regardant ses disciples, rĂ©primanda Pierre, et dit : “ ArriĂšre de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensĂ©es humaines. ” Puis, ayant appelĂ© la foule avec ses disciples, il leur dit : “ Si quelqu'un veut venir aprĂšs moi, qu'il renonce Ă  lui-mĂȘme, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. ”

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VĂŠ soli

Bible, EcclĂ©siaste, 4, 9-12. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Melius est duos esse simul quam unum : habent enim emolumentum in labore suo, quia si unus ceciderit, ab altero fulcietur. Vae soli! Cum ceciderit, non habet sublevantem se. Insuper, si dormierint duo, fovebuntur mutuo; unus quomodo calefiet ? Et, si quispiam praevaluerit contra unum, duo resistent ei. Et fu niculus triplex non cito rumpitur.

Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s'ils tombent, l'un relĂšve son compagnon ; mais malheur Ă  celui qui est seul et qui tombe sans avoir un second pour le relever ! De mĂȘme, si deux couchent ensemble, ils auront chaud ; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui rĂ©sister ; et la corde Ă  trois fils ne se rompt pas facilement.

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Vanum est vobis ante lucem surgere

Bible, Psaumes, 126 (127) 1-2. [Traduction : Louis Second, 1910.]

Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laborant, qui aedificant eam. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat, qui custodit eam. Vanum est vobis ante lucem surgere et sero quiescere, qui manducatis panem laboris, quia dabit dilectis suis somnum.

Si l'Éternel ne bĂątit la maison, ceux qui la bĂątissent travaillent en vain. Si l'Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard et mangez-vous le pain de douleur ; il en donne autant Ă  ses bien-aimĂ©s pendant leur sommeil.

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Video meliora proboque deteriora sequor

Ovide, Les MĂ©tamorphoses, 7, 10-20. [Traduction : G.T. Villenave ; Paris, 1806.]
Médée tombe en amour de Jason.
Et luctata diu, postquam ratione furorem uincere non poterat, "frustra, Medea, repugnas : nescio quis deus obstat," ait, "mirumque, nisi hoc est, aut aliquid certe simile huic, quod amare uocatur. nam cur iussa patris nimium mihi dura uidentur ? Sunt quoque dura nimis ! cur, quem modo denique uidi, ne pereat, timeo ? quae tanti causa timoris ? excute uirgineo conceptas pectore flammas, si potes, infelix ! si possem, sanior essem ! sed trahit inuitam noua uis, aliudque cupido, mens aliud suadet : uideo meliora proboque, deteriora sequor. quid in hospite, regia uirgo, ureris et thalamos alieni concipis orbis ? haec quoque terra potest, quod ames, dare. uiuat an ille occidat, in dis est. uiuat tamen! idque precari uel sine amore licet: quid enim commisit Iason ? Quem, nisi crudelem, non tangat Iasonis aetas et genus et uirtus? quem non, ut cetera desint, ore mouere potest? certe mea pectora mouit. At nisi opem tulero, taurorum adflabitur ore
 Elle combat, elle rĂ©siste : mais, voyant enfin que la raison ne peut triompher de son amour : "MĂ©dĂ©e, s'Ă©crie-t-elle, c'est en vain que tu te dĂ©fends. Je ne sais quel dieu s'oppose Ă  tes efforts. Le sentiment inconnu que j'Ă©prouve est ou ce qu'on appelle amour, ou ce qui lui ressemble; car enfin, pourquoi trouvĂ©-je trop dure la loi que mon pĂšre impose Ă  ces hĂ©ros ! loi trop dure en effet. Et d'oĂč vient que je crains pour les jours d'un Ă©tranger que je n'ai vu qu'une fois ? D'oĂč naĂźt ce grand effroi dont je suis troublĂ©e ? Malheureuse ! repousse, si tu le peux, Ă©touffe cette flamme qui s'allume dans ton cƓur. Ah ! si je le pouvais, je serais plus tranquille. Mais je ne sais Ă  quelle force irrĂ©sistible j'obĂ©is malgrĂ© moi. Le devoir me retient, et l'amour m'entraĂźne. Je vois le parti le plus sage, je l'approuve, et je suis le plus mauvais. Eh ! quoi, nĂ©e du sang des rois, tu brĂ»les pour un Ă©tranger ! tu veux suivre un Ă©poux dans un monde qui t'est inconnu! Mais les Ă©tats de ton pĂšre ne peuvent-ils t'offrir un objet digne de ton amour ? Que Jason vive, ou qu'il meure, que t'importe ! C'est aux dieux d'ordonner de son sort. Qu'il vive toutefois ! Sans aimer Jason, je puis former ce vƓu. Car enfin, quel crime a-t-il commis ? OĂč donc est le barbare que ne pourraient Ă©mouvoir et sa jeunesse, et sa naissance, et sa vertu ? et n'eĂ»t-il pour lui que sa beautĂ©, sa beautĂ© suffirait pour intĂ©resser et plaire; et, je l'avouerai, je n'ai pu me dĂ©fendre contre sa beautĂ© ! Mais si je ne viens Ă  son secours, il sera Ă©touffĂ© par les flammes que vomissent les taureaux

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Vir bonus, dicendi peritus

Quintilien, L'institution oratoire, 12, 1, 1-6. [Traduction : M.C.V. Ouizille et M. Charpentier, ƒuvres complĂštes de Quintilien avec traduction de la Collection Panckoucke, t. III ; Paris, Garnier, 1863.]
Non posse oratorem esse nisi uirum bonum.

Sit ergo nobis orator quem constituimus is qui a M. Catone finitur uir bonus dicendi peritus, uerum, id quod et ille posuit prius et ipsa natura potius ac maius est, utique uir bonus.

On ne peut ĂȘtre orateur si l'on n'est homme de bien.

Mon orateur sera donc tel que le dĂ©finit M. Caton : "un homme de bien, savant dans l'art de parler" ; et, remarquez-le : ce qu'il met en premier est aussi ce qui, de sa nature, est prĂ©fĂ©rable et plus important : la qualitĂ© d'"homme de bien".

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Vivere est cogitare

CicĂ©ron, Tusculanes, 5, 38,111. [Traduction : Collection des Auteurs latins publiĂ©s sous la direction de M. NISARD, ƒuvres complĂštes de CicĂ©ron, T. 4. ; Paris, Dubochet, 1841.]
Primum enim horribilis ista caecitas quibus tandem caret uoluptatibus ? Cum quidam etiam disputent ceteras uoluptates in ipsis habitare sensibus, quae autem aspectu percipiantur, ea non uersari in oculorum ulla iucunditate, ut ea, quae gustemus olfaciamus tractemus audiamus, in ea ipsa, ubi sentimus, parte uersentur. In oculis tale nil fit ; animus accipit, quae uidemus. Animo autem multis modis uariisque delectari licet, etiamsi non adhibeatur aspectus. Loquor enim de docto homine et erudito, cui uiuere est cogitare. Sapientis autem cogitatio non ferme ad inuestigandum adhibet oculos aduocatos. PremiĂšrement, de quels plaisirs est donc privĂ© l'aveugle, qu'on croit si fort Ă  plaindre ? Car, selon quelques physiciens, il n'en est pas de la vue comme des autres sens : ceux qui sont destinĂ©s au goĂ»t, Ă  l'ouĂŻe, Ă  l'odorat, au toucher, sont le siĂšge des plaisirs qu'ils procurent ; mais l'agrĂ©ment qui est procurĂ© par la vue, ce n'est point Ă  l'Ɠil qu'il se fait sentir, c'est Ă  l'Ăąme. Or l'Ăąme jouit d'assez d'autres plaisirs, pour ne pas tant regretter celui de la vue. Je parle d'un homme lettrĂ© et savant, pour qui vivre c'est mĂ©diter. Quand il mĂ©dite, il n'a guĂšre besoin d'appeler ses yeux au secours.
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Vivere militare est

SĂ©nĂšque, Lettres Ă  Lucillius, 19, 96, 5. [Traduction : M. Charpentier - M. Lemaistre. ƒuvres de SĂ©nĂšque le Philosophe avec la traduction française de la Collection Panckoucke, t. I ; Paris, Garnier, 1860.]
Ipse te interroga, si quis potestatem tibi deus faciat, utrum uelis uiuere in macello an in castris.

Atqui uiuere, Lucili, militare est. Itaque hi qui iactantur et per operosa atque ardua sursum ac deorsum eunt et expeditiones periculosissimas obeunt fortes uiri sunt primoresque castrorum ; isti quos putida quies aliis laborantibus molliter habet turturillae sunt, tuti contumeliae causa.

Interrogez-vous vous-mĂȘme, et demandez-vous : "Aimerais-je mieux, si Dieu m'en donnait l'option, vivre dans un marchĂ©, ou dans un camp" ?

Or, mon cher Lucilius, la vie est un état de guerre. Ainsi les hommes qui sont sans cesse les jouets de la fortune, qui montent et descendent toujours à travers des chemins difficiles et escarpés, qui accomplissent les expéditions les plus périlleuses, voilà les guerriers courageux, voilà les premiers du camp. Mais ceux qui se livrent à un honteux repos, tandis que les autres travaillent, sont des fainéants qui ne doivent leur sûreté qu'au mépris qu'ils inspirent.

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Vox clamantis in deserto

Bible, Nouveau testament, Évangile de Jean, 1, 19-27. [Traduction Louis Second, 1910.]
Et hoc est testimonium Ioannis, quando miserunt ad eum Iudaei ab Hierosolymis sacerdotes et Levitas, ut interrogarent eum : “Tu quis es ?”

Et confessus est et non negavit ; et confessus est : “Non sum ego Christus”.

Et interrogaverunt eum : “Quid ergo ? Elias es tu ?”. Et dicit : “Non sum”. “Propheta es tu ?”. Et respondit : “Non”.

Dixerunt ergo ei : “Quis es ? Ut responsum demus his, qui miserunt nos. Quid dicis de te ipso ?”.

Ait : “Ego vox clamantis in deserto : "Dirigite viam Domini", sicut dixit Isaias propheta”.

Et qui missi fuerant, erant ex pharisaeis ;

et interrogaverunt eum et dixerunt ei : “Quid ergo baptizas, si tu non es Christus neque Elias neque propheta ?”.

Respondit eis Ioannes dicens : “Ego baptizo in aqua ; medius vestrum stat, quem vos non scitis,

qui post me venturus est, cuius ego non sum dignus, ut solvam eius corrigiam calceamenti”.

Voici le tĂ©moignage de Jean, lorsque les Juifs envoyĂšrent de JĂ©rusalem des sacrificateurs et des LĂ©vites, pour lui demander : “Toi, qui es-tu ?”

Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.

Et ils lui demandĂšrent : “Quoi donc ? es-tu Elie ?” Et il dit : “Je ne le suis point.” “Es-tu le prophĂšte ?” Et il rĂ©pondit : “Non.”

Ils lui dirent alors : “Qui es-tu ? afin que nous donnions une rĂ©ponse Ă  ceux qui nous ont envoyĂ©s. Que dis-tu de toi-mĂȘme ?”

“Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le dĂ©sert : "Aplanissez le chemin du Seigneur", comme a dit EsaĂŻe, le prophĂšte.”

Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens.

Ils lui firent encore cette question : “Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Elie, ni le prophĂšte ?”

Jean leur rĂ©pondit : “Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,

qui vient aprĂšs moi ; je ne suis pas digne de dĂ©lier la courroie de ses souliers.”

Jean le Baptiste fait rĂ©fĂ©rence Ă  ÉsaĂŻe le prophĂšte. On trouve dans la Bible, ÉsaĂŻe, , 40, 3 : Vox clamantis : “In deserto parate viam Domini, rectas facite in solitudine semitas Dei nostri” « Une voix crie : PrĂ©parez au dĂ©sert le chemin de l'Éternel. Aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. Â»
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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Liste de locutions latines de Wikipédia en français (auteurs)

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