Époux Rosenberg

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Époux Rosenberg

Ethel et Julius Rosenberg

Ethel et Julius Rosenberg

Julius Rosenberg (ingĂ©nieur Ă©lectricien, nĂ© le 12 mai 1918 Ă  New York) et son Ă©pouse Ethel Rosenberg (nĂ©e le 28 septembre 1915 Ă  New York) sont un couple de juifs new-yorkais communistes arrĂȘtĂ© en juillet 1950 par le FBI et accusĂ© d’avoir espionnĂ© au profit de l’URSS. Julius fut arrĂȘtĂ© le 17 juillet 1950 et Ethel le 11 aoĂ»t. Ils furent jugĂ©s coupables le 5 avril 1951 et exĂ©cutĂ©s sur la chaise Ă©lectrique le 19 juin 1953 dans la prison de Sing Sing.

Cette affaire d’espionnage a lieu pendant la guerre froide, durant laquelle se sont opposĂ©s les États-Unis et l’URSS. Avec le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 aoĂ»t 1945, les États-Unis rĂ©vĂšlent au monde entier avoir la bombe atomique. L’URSS, Ă  la fin de la guerre, ne possĂšde pas cette technologie, mais s’en dote dĂšs 1949.

Aux États-Unis, le sĂ©nateur Joseph MacCarthy lança ce que l’on a appelĂ© le maccarthisme ou la « chasse aux sorciĂšres Â», qui dura de 1947 Ă  1953. Les sympathisants, militants ou agents communistes Ă©taient traquĂ©s par une commission spĂ©ciale, visant Ă  empĂȘcher le communisme de se rĂ©pandre sur le territoire.

La condamnation Ă  mort des Ă©poux Rosenberg pour espionnage, alors qu’ils avaient toujours clamĂ© leur innocence, attira des appels internationaux Ă  la clĂ©mence et une campagne trĂšs mĂ©diatisĂ©e dĂ©nonçant un complot et une erreur judiciaire. Les Ă©poux Rosenberg furent d’ailleurs les seules personnes condamnĂ©es Ă  mort puis exĂ©cutĂ©es pour espionnage dans le monde occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. DiffĂ©rentes sources postĂ©rieures au jugement, archives soviĂ©tiques notamment, confirment l’espionnage au profit de l’URSS, au moins en ce qui concerne Julius, mĂȘme si certaines soulĂšvent le caractĂšre injuste d’un jugement trĂšs politique qui ne reposait que sur le tĂ©moignage de trois personnes.

Sommaire

Biographie

Julius Rosenberg est nĂ© dans une famille juive le 12 mai 1918 Ă  New York. Son pĂšre, crĂ©ateur de textiles industriels, avait immigrĂ© de Pologne, tandis que sa mĂšre, tout Ă  la charge d’élever ses cinq enfants, n’avait jamais appris Ă  lire ni Ă  Ă©crire. Julius, lui, est allĂ© Ă  l’école talmudique du quartier puis Ă  la Seward Park High School. En sortant de cette Ă©cole, « Julius renonça Ă  poursuivre des Ă©tudes rabbiniques, et choisit d’entrer au New York City College pour suivre des cours d’ingĂ©nieur. (
) c’était une discipline assez courue chez les Ă©tudiants politisĂ©s, car elle permettait d’adhĂ©rer Ă  la fĂ©dĂ©ration des architectes, ingĂ©nieurs, chimistes et techniciens (FAECT), un syndicat de cols blancs pro-communiste[1]. Â» TrĂšs vite, il se retrouva dans le noyau du Steinmetz Club (Ligue des jeunesses communistes) et distribue des tracts, participe aux manifestations ou Ă  un meeting.

Ethel Greenglass est nĂ©e le 28 septembre 1915 Ă  New York, Ă©galement d’une famille juive. Elle sauta plusieurs classes dans une Ă©cole talmudique du quartier et Ă  15 ans, elle sortit de la Seward Park High School pour entrer directement dans la vie active. Moins d’un mois plus tard, elle trouve un emploi dans le bureau d’une compagnie de navigation ; elle s’en fit renvoyer quatre ans aprĂšs « pour avoir organisĂ© la grĂšve des cent cinquante femmes avec qui elle travaillait, grĂšve qui culmina le jour oĂč les femmes se couchĂšrent sur la chaussĂ©e de la 36e rue pour bloquer les camions de livraison de la compagnie. Se retrouvant au chĂŽmage, Ethel fit rapidement deux choses : d’abord elle porta plainte contre ses anciens employeurs devant le Conseil national des Relations du travail, et gagna ; ensuite, elle trouva un nouvel emploi au double de son salaire prĂ©cĂ©dent[1]. Â» En 1939, elle signa une pĂ©tition du Parti communiste, signature qui fut reprochĂ©e Ă  Julius lors d’une enquĂȘte de loyautĂ© de routine en 1941 alors qu’il venait juste d’arriver au service des transmissions de l’armĂ©e.

Lors d’une soirĂ©e de la Saint-Sylvestre, Ethel Greenglass et Julius Rosenberg firent connaissance lors d’un gala du syndicat international des marins. En 1939, Julius obtient son diplĂŽme d’ingĂ©nieur et se marie avec Ethel. « Ă€ l’automne 1940, aprĂšs quelques petits boulots temporaires, Julius trouva du travail comme employĂ© civil au service des transmissions de l’armĂ©e. En 1942, il fut promu ingĂ©nieur inspecteur[1]. Â»Au dĂ©but de l’annĂ©e 1943, les Rosenberg sont de fervents communistes, Julius Ă©tant par ailleurs prĂ©sident de la cellule 16-B de la section industrielle du Parti communiste des États-Unis. À cette Ă©poque, en pleine deuxiĂšme guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS sont militairement alliĂ©s contre le nazisme. « Ă€ l’époque, avec la bĂ©nĂ©diction du gouvernement amĂ©ricain, Hollywood produisait des films tels que Chant de Russie ou Mission to Moscow, qui reprĂ©sentaient une image idyllique de l’Union soviĂ©tique ; et des personnalitĂ©s aussi conservatrices que Winston Churchill ou le gĂ©nĂ©ral Douglas MacArthur comblaient d’éloges les hĂ©roĂŻques alliĂ©s russes. Le prĂ©sident Roosevelt avait mĂȘme acceptĂ© d’ĂȘtre membre d’honneur du FAECT[1]. Â»

À la naissance de leur premier enfant, au printemps 1943, Ethel et Julius Rosenberg quittĂšrent leurs activitĂ©s militantes auprĂšs du parti communiste des États-Unis.

Dans le courant de l’annĂ©e 1944, « le FBI avait envoyĂ© au service de renseignement de l’armĂ©e la photocopie d’une carte de membre du parti communiste, indiquant qu’un certain Julius Rosenberg avait adhĂ©rĂ© au parti le 12 dĂ©cembre 1939. (
) À l’automne 1944, le FBI fournit un deuxiĂšme document qui faisait part de l’adhĂ©sion de Julius Rosenberg Ă  la cellule du parti de l’East Side - adhĂ©sion qui, comme on l’a vu, n’a pourtant jamais eu lieu. (
) En fĂ©vrier 1945, Rosenberg fut renvoyĂ©[1]. Â» Dans le dossier Ă  charge contre lui que lui montra le capitaine John W. Henderson, Julius Rosenberg constata que pas une preuve de son appartenance au Parti communiste n’était apportĂ©e. Par contre, son appartenance Ă  la fĂ©dĂ©ration des architectes, ingĂ©nieurs, chimistes et techniciens (FAECT) Ă©tait retenue comme la seule raison du motif de licenciement. Julius fit part de ces faits Ă  la FAECT, laquelle protesta Ă©nergiquement auprĂšs du Department of Defense. L’officier qui avait montrĂ© son dossier Ă  Julius Rosenberg (John W. Henderson) reçut un blĂąme et le ministĂšre dĂ©clara que l’appartenance de Julius Rosenberg Ă  la FAECT Ă©tait secondaire dans son dossier de licenciement.

L’affaire

Contexte

  • 6 et 9 aoĂ»t 1945 : Les États-Unis larguent les deux premiĂšres bombes atomiques utilisĂ©es en opĂ©rations sur les villes japonaise de Hiroshima et Nagasaki.
  • 1946 : Face Ă  une trĂšs puissante vague de grĂšve[rĂ©f. nĂ©cessaire], Edgar Hoover, directeur du FBI, lance l’anathĂšme sur « les 100 000 communistes amĂ©ricains (...) et leurs alliĂ©s prĂ©tendĂ»ment progressistes Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].
  • 1947 :
    • Truman fait le fameux discours du 12 mars 1947, prĂŽnant l’« endiguement du communisme Â».
    • Un dĂ©cret prĂ©sidentiel sur le « loyalisme Â» des fonctionnaires (malgrĂ© l’opposition de Truman) aboutira Ă  la mise en place, par le sĂ©nateur McCarthy, de Commissions des activitĂ©s anti-amĂ©ricaines.
  • 1949 :
    • L’URSS possĂšde Ă  son tour la bombe A. Les États-Unis sont stupĂ©faits par la rapiditĂ© des recherches russes mais on dĂ©couvre en janvier 1950 que Klaus Fuchs, un rĂ©fugiĂ© allemand et physicien, a fourni les Russes en documents. L’enquĂȘte remonte Ă  David Greenglass qui avoue avoir transmis des documents. Il nie que sa sƓur, Ethel Rosenberg, soit impliquĂ©e mais affirme que son mari, Julius, a convaincu Ethel de le recruter en 1944 et que Julius a transmis des secrets aux SoviĂ©tiques.
    • La RĂ©publique populaire de Chine est proclamĂ©e.
    • Certains signes annonciateurs de la guerre de CorĂ©e se font jour.
  • 1950 : La guerre de CorĂ©e dĂ©bute.

Les faits

L'espionnage

L'espionnage atomique des Rosenberg fut inefficace cependant ils transmirent aux soviétiques une grande quantité de documents secrets importants tels que, selon l'historien Ronald Radosh, initialement acquis à la cause des Rosenberg, des informations relatives au design des premiers avions MIG, les derniÚres informations sur le radar et le sonar, ou encore les "proximity fuse" qui permirent d'abattre le U-2 de Gary Powers[2].

L’arrestation

Le 15 juin 1950, le FBI arrĂȘte David Greenglass, un ancien mĂ©canicien des usines atomiques de Los Alamos (Nouveau-Mexique, États-Unis). Greenglass finit par reconnaĂźtre qu’il a touchĂ© de l’argent d’un espion, Harry Gold, en Ă©change d’informations sur les projets des usines de Los Alamos, et il est inculpĂ© d’espionnage au profit de l’URSS le 6 juillet 1950.

Le 16 juin 1950, Julius Rosenberg, beau-frĂšre de David Greenglass qui l’accuse d’ĂȘtre le cerveau de cette affaire d’espionnage, est arrĂȘtĂ©. Il est relĂąchĂ© le soir mĂȘme, le FBI n’ayant aucune preuve ni aucune charge contre lui. Pendant un mois, le FBI maintient une surveillance sur Julius Rosenberg, qui ne cherche pas Ă  fuir. « Tant que David Greenglass se refuserait Ă  reprendre et Ă  dĂ©tailler les accusations qu’il avait formulĂ©es dans la nuit du 15 juin, ils n’avaient pas de motifs suffisant pour arrĂȘter Rosenberg[3]. Â» Selon Ronald Radosh[4] et Joyce Milton, David Greenglass subissait des menaces (notamment d’extradition au Nouveau-Mexique) en Ă©change d’aveux sur les Rosenberg : « Les comptes rendus que la presse donnait de l’arrestation de Greenglass et de l’audience sur son extradition au Nouveau-Mexique soulignaient au contraire l’attitude indocile de David Greenglass et l’affrontement manifeste entre son avocat O. John Rodge et le procureur Irving H. Saypol. Ce n’est qu’à partir de la deuxiĂšme audience sur le problĂšme de l’extradition, le 12 juillet (quatre jours avant l’arrestation de Julius Rosenberg), que la presse commença Ă  spĂ©culer sur la possible collaboration de Greenglass, au vu de la requĂȘte d’ajournement de toute dĂ©cision dĂ©posĂ©e par le procureur[3]. Â» Le 15 juillet 1950, David Greenglass finit par faire une longue dĂ©position dans laquelle il accusait notamment Julius Rosenberg d’ĂȘtre un espion.

Le 17 juillet 1950, Julius Rosenberg est arrĂȘtĂ©. Selon Ronald Radosh et Joyce Milton, « [Alan H] Belmont, [l’assistant de Hoover], recommandait aux agents de New York "d’envisager de faire parler Julius Rosenberg par tous les moyens et d’étudier Ă  cette fin la possibilitĂ© d’inculper Ethel Rosenberg[3]". Â» le 19 juillet 1950 J. Edgar Hoover, patron du FBI, « envoyait une note confidentielle au ministre de la Justice, J. Howard McGrath, lui faisant part de sa tactique : « Il n’y a pas de doute que si Julius Rosenberg nous fournit des dĂ©tails sur ses activitĂ©s d’espionnage, nous serons en mesure d’inculper d’autres individus (
). De ce point de vue la mise en accusation de sa femme pourrait nous servir de levier[3]. Â» Â» Le 11 aoĂ»t 1950, Ethel Rosenberg est arrĂȘtĂ©e.

Selon la Cour d’appel, « sans [la] dĂ©position [des Greenglass], le jugement n’aurait pas pu ĂȘtre confirmĂ©[5] Â».

Le procĂšs

L'acte d'accusation

DĂšs le 6 mars 1951, Ethel et Julius Rosenberg Ă©taient accusĂ©s de conspiration en vue d'espionnage. Le procĂšs suscitait un intĂ©rĂȘt extraordinaire pour plusieurs raisons [6], la principale Ă©tant que l'accusation Ă©tait menĂ©e par le procureur gĂ©nĂ©ral Irving Saypol, « rĂ©putĂ© pour ĂȘtre la terreur des rouges Â» (les communistes). DĂšs le dĂ©but du procĂšs la salle fut bondĂ©e de curieux. « Le jury fut sĂ©lectionnĂ© en un jour et demi, Ă©crivent Radosh et Milton[7], par le juge Kaufman lui-mĂȘme, comme cela se faisait pour les procĂšs fĂ©dĂ©raux. (...) Un journaliste avoua connaitre quelques publications de gauche : il fut rĂ©cusĂ© par la cour. (...) Certains Ă©taient contre la peine de mort et furent rĂ©cusĂ©s pour ce motif. Â». Dans son discours liminaire, Irving Saypol fit « l'amalgame entre l'inculpation de conspiration pour espionnage et celle, toute diffĂ©rente, de trahison. Les preuves pour Ă©tablir la gravitĂ© de ce crime sont extrĂȘmement strictes. D'abord, il aurait Ă©tĂ© impossible Ă  l'accusation de trouver deux tĂ©moins Ă  charge pour chacun des chefs d'inculpation. Mais surtout, Ă  l'Ă©poque des faits, les États-Unis Ă©taient en paix avec l'URSS, et il aurait Ă©tĂ© rigoureusement impossible de prouver toute tentative de trahison. Â»[8]. « En revanche, les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  une condamnation pour conspiration Ă©taient si minces que la loi sur la conspiration Ă©tait surnommĂ©e "le dernier recours du peuple" ou "l'amie du procureur", selon le point de vue. Â» En effet, les « rumeurs Â» sont acceptĂ©es comme tĂ©moignages, les accusĂ©s peuvent ĂȘtre condamnĂ©s pour les actes des autres, mĂȘme s'ils n'ont pas eu connaissance de ces actes. « Il n'est mĂȘme pas du tout utile de prouver que la conspiration a Ă©tĂ© menĂ©e Ă  bien : une simple tentative peut entrainer la condamnation. ! Â»[9] Dans le procĂšs Rosenberg, « l'accusation n'entendait pas se satisfaire d'une simple reconnaissance de culpabilitĂ©. Elle tenait absolument Ă  obtenir de lourdes peines et, si possible, la peine de mort pour Julius. Â»[10]

Les parties en présence

Roy Cohn a été le procureur en charge du dossier pendant le procÚs des époux Rosenberg et de Sobell, et assista à ce titre le procureur général Irving Saypol. Roy Cohn est alors un homme de 23 ans, influent et trÚs proche des milieux maccarthistes.

« Il frĂ©quente les tribunaux depuis deux ans et demi. Avec une certaine efficacitĂ©. Sur les 200 accusĂ©s auxquels il a eu affaire (du cĂŽtĂ© du ministĂšre public), pas un seul acquittement. (
) Par l’intermĂ©diaire de Generoso Pope, Cohn obtient l’assentiment de Frank Costello, parrain de la mafia, (formalitĂ© indispensable), ce qui permet Ă  Irving Saypol d’ĂȘtre nommĂ© procureur gĂ©nĂ©ral, alors qu’il est considĂ©rĂ© par tous comme un ĂȘtre dĂ©testable. - Cohn devient l’assistant de Saypol. (
) Le juge Irving Kaufman, qui a dĂ©jĂ  prĂ©sidĂ© un procĂšs en espionnage (Abraham Brothman et Miriam Moscowitz) veut absolument ĂȘtre en charge du procĂšs Rosenberg. Il talonne Roy Cohn, l’appelle au tĂ©lĂ©phone 50 fois par jour pour donner des directives et s’enquĂ©rir des rĂ©sultats. (
) La rĂ©ponse positive arrive. Irving Kaufman se rend compte que ce procĂšs peut aussi lui valoir des inconvĂ©nients, mais il ira jusqu’au bout (« C’est mon devoir Â»). Â»[11]

Roy Cohn dĂ©clarera : « Avant, pendant et aprĂšs le procĂšs, Saypol et moi (qui reprĂ©sentions le ministĂšre public, l’accusation) nous avons Ă©tĂ© en constante communication avec le juge Kaufman. Des conversations privĂ©es, en dehors de la prĂ©sence des avocats de la dĂ©fense. Tout le monde Ă©tait au courant, y compris les avocats de la dĂ©fense, mais Ă  cette Ă©poque c’était considĂ©rĂ© comme normal. Â» Roy Cohn explique cependant, toujours dans son autobiographie, comment le juge Kaufman et lui-mĂȘme communiquaient lors du procĂšs : la secrĂ©taire du juge Kaufman indiquait Ă  Roy Cohn quelle cabine tĂ©lĂ©phonique appeler et Ă  quelle heure, et les deux hommes parlaient ainsi en privĂ© par cabines tĂ©lĂ©phoniques interposĂ©es. Des prĂ©cautions curieuses pour quelque chose de « normal Â».[11]

Roy Cohn a affirmĂ© dans son autobiographie avoir exercĂ© des pressions illicites sur le juge Kaufman, qui lui avait promis, avant mĂȘme l’ouverture du procĂšs, qu'il condamnerait Julius Rosenberg Ă  la peine capitale. Cohn avait ensuite insistĂ© pour qu’Ethel soit elle aussi exĂ©cutĂ©e[12].

L’accusation (le gouvernement amĂ©ricain) cita 118 tĂ©moins, dont seulement 23 ont comparu Ă  la barre. Sur ces 23, cinq mentionnĂšrent les Rosenberg, et seulement trois les impliquĂšrent dans l’affaire d’espionnage des usines atomiques de Los Alamos. Le Monde dĂ©nonça en 1952 l’importance des seuls tĂ©moignages dans l’accusation, disqualifiant le procĂšs : « Aucune preuve matĂ©rielle n’a pu ĂȘtre produite contre les Rosenberg, qui sont ainsi envoyĂ©s sur la chaise Ă©lectrique sur de simples tĂ©moignages oraux. Â»[5].

Le témoignage des Greenglass

Selon Radosh et Milton, « David Greenglass nourrissait un profond ressentiment Ă  l'Ă©gard des Rosenberg, peut-ĂȘtre plus profond qu'il ne le pensait lui-mĂȘme. Mais quelle en Ă©tait la cause ? S'agissait-il d'un parent vindicatif qui donnait Ă  une affaire de famille des proportions gigantesques, comme le prĂ©tendit Bloch [avocat de la dĂ©fense] dans sa dĂ©claration prĂ©liminaire ? Ou Bien Greenglass en voulait-il Ă  Julius et Ă  Ethel pour avoir trop facilement risquĂ© sa vie, ainsi que la leurs, pour la cause Ă  laquelle ils croyaient ? Â»

DĂšs le dĂ©but du procĂšs, « la CIA espĂ©rait que certaines informations que David avouait avoir livrĂ©es aux Russes comme les croquis des lentilles Ă  implosion de type sphĂ©rique ou la description d'une sĂ©rie d'expĂ©riences sur la rĂ©duction du plutonium, ne seraient pas Ă©voquĂ©es Ă  l'audience Â» et avaient peur que l'avocat de Rosenberg les fasse parler sur ce point par simple vengeance. «  A leur plus grande surprise c'est tout le contraire qui allait se passer. Â»

David Greenglass dessina deux lentilles (de mĂ©moire) et Walter Koski, l'expert de l'accusation, fut appelĂ© Ă  la barre. « Il expliqua qu'Ă  la fin des annĂ©es 1944 et au dĂ©but de l'annĂ©e 1945, il avait transmis des plans de ces lentilles Ă  implosion de type plat Ă  l'atelier Theta de Los Alamos oĂč travaillait David Greenglass. (...) Koski garantissait l'exactitude des croquis de Greenglass.  Â»

Cependant, « Si ces renseignements Ă©taient rĂ©ellement secrets en 1951, pourquoi aurait-on autorisĂ© leur divulgation Ă  l'audience ? Et Ă  quoi pourrait servir de classer "secret" des informations livrĂ©es Ă  une salle pleine de reporters et de spectateurs ? Le juge Kaufman invita Bloch Ă  prĂ©senter ses objections : "N'avez-vous rien Ă  redire Ă  cela ?" - Non, rien. Je l'avais dĂ©jĂ  lu dans les journaux avant que M. Saypol m'en parle.", rĂ©pondit Bloch. Consciemment ou non, Manny Bloch venait de reconnaitre implicitement que ces renseignements Ă©taient classĂ©s top secret en 1945 lorsque Greenglass les avaient obtenus, mais aussi en 1951. Bloch ne put que faire reconnaitre Ă  Koski que Greenglass Ă©tait un "mĂ©canicien ordinaire" et que les croquis ne spĂ©cifiaient pas les dimensions de la lentille Ă  implosion. (...) Personne n'avait osĂ© demander en quoi les informations Ă©manant d'un "simple mĂ©canicien" pouvaient intĂ©resser les Russes alors qu'ils Ă©taient dĂ©jĂ  en possession des rapports d'un collĂšgue de Koski, Klaus Fuchs. Â» (Radosh et Milton, pp. 136-139).

La sentence

Les Rosenberg ont Ă©tĂ© inculpĂ©s dĂšs le dĂ©but du procĂšs de « conspiration en vue d’espionnage Â»[13]« En thĂ©orie, l'accusation ne pouvait d'aucune façon se prononcer en faveur de la peine de mort, maintenant que le jury avait rendu son verdict Â»[14]. « Mais dĂšs le dĂ©but du procĂšs, le 6 mars 1951, l’ombre d’une accusation pour trahison plana sur la salle d’audience Â», et finalement le juge Kaufman formule, pour justifier sa sentence, cette accusation infiniment plus grave, jamais notifiĂ©e jusque-lĂ  aux accusĂ©s en dĂ©pit de leurs droits. Ronald Radosh et Joyce Milton Ă©crivent : « Le fait qu’aucune preuve n’ait Ă©tĂ© avancĂ©e pour Ă©tablir le lien entre l’activitĂ© des Rosenberg et la politique russe en CorĂ©e Ă©tait sans importance puisque le juge semblait oublier la nature prĂ©cise du dĂ©lit qu’il jugeait. Â»[15]

La sentence envers les Ă©poux Rosenberg a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e avant le procĂšs par le juge Kaufman en concertation avec le FBI[16]. Un mois avant le dĂ©but du procĂšs, vingt huit personnages, dont cinq sĂ©nateurs, six dĂ©putĂ©s, trois membres de le Commission atomique et deux reprĂ©sentants de la Justice, se rĂ©unissent pour rĂ©examiner la tactique Ă  suivre. Myles Lane, substitut du procureur, fait valoir que le seul moyen de faire cĂ©der Julius Rosenberg (qui n’a dĂ©signĂ© aucun des « complices Â» qu’on lui suggĂšre) est de le menacer de la chaise Ă©lectrique et de condamner son Ă©pouse, dont le dossier est vide, Ă  vingt cinq ou trente ans d’emprisonnement. Proposition adoptĂ©e.[Qui ?] [17]

Le 19 juin 1953, Ethel et Julius Rosenberg sont mis Ă  mort Ă  quelques minutes d’intervalles dans la prison de Sing-Sing. Leurs deux enfants (Robert et Michael) ont Ă©tĂ© adoptĂ©s par des amis du couple. Ils reposent au cimetiĂšre Beth Moses Ă  Long Island.

Le Monde Ă©crit le 11 dĂ©cembre 1952 : « aucune condamnation Ă  mort n’avait jusqu’à prĂ©sent Ă©tĂ© prononcĂ©e aux États-Unis pour crime d’espionnage, mĂȘme en temps de guerre. D’autres espions d’une plus grande envergure ayant commis et avouĂ© des faits beaucoup plus graves n’ont Ă©tĂ© condamnĂ©s qu’à des peines de prison. Â» bien que durant la Seconde Guerre mondiale, des espions allemands participant Ă  l’opĂ©ration Pastorius capturĂ©s sur le sol amĂ©ricains furent exĂ©cutĂ©s[18]. Ainsi Axis Sally et Tokyo Rose, convaincus d’avoir trahi leur pays en travaillant pour l’Allemagne et le Japon en temps de guerre, avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  moins de dix ans de prison. Le savant Klaus Fuchs, arrĂȘtĂ© et jugĂ© en Grande-Bretagne pour avoir fourni Ă  l’Union soviĂ©tique d’importants renseignements sur la sĂ©paration des isotopes et la fabrication de la bombe A est condamnĂ© Ă  la peine maximum : quatorze ans d’emprisonnement. Alla Nunn May, arrĂȘtĂ© en mars 1946, reconnaĂźt avoir transmis Ă  l’URSS le 9 mai 1945 des informations sur la bombe d’Hiroshima; sentence : dix ans de prison. Harry Gold (voir plus haut), pour espionnage atomique : dix ans. Ruth Greenglass, qui a reconnu avoir participĂ© Ă  un rĂ©seau d’espionnage : absolument rien. David Greenglass, son mari, qui s’est dĂ©clarĂ© espion : quinze ans, rĂ©duit Ă  dix. Morton Sobell a eu deux conversations avec Julius Rosenberg : trente ans de prison.

Selon le procureur adjoint Roy Cohn, Irving Kaufman a refusĂ© d’infliger la peine de mort au co-accusĂ© des Rosenberg, Sobell, parce que selon le juge il « n’était aucunement impliquĂ© dans l’espionnage atomique Â»[19].

Les zones d’ombres au moment des faits

  • Le Monde du 11 dĂ©cembre 1952 se demande si on peut « considĂ©rer ces [3] tĂ©moins comme ayant dĂ©posĂ© "sans haine et sans crainte", alors que les [2] Greenglass avaient tout intĂ©rĂȘt Ă  charger les Rosenberg pour se sauver eux-mĂȘmes. Â». Le Monde ajoute : « quel Ă©trange personnage au demeurant que ce Greenglass qui tue pratiquement par son accusation sa sƓur et son beau-frĂšre, avec lequel il avait eu jadis de sordides discussions d’intĂ©rĂȘts. Â»[5]
  • Le Monde du 11 dĂ©cembre 1952 se demande Ă©galement si les informations transmises avaient bien la valeur et l’importance que l’accusation (le gouvernement amĂ©ricain) leur donnait. Le principal tĂ©moin de l’accusation, David Greenglass, prĂ©tendait avoir reconstituĂ© le croquis d’une bombe atomique alors qu’il reconnaissait avoir Ă©chouĂ© Ă  de nombreux examens. Par ailleurs, les savants atomistes Robert Oppenheimer et Harold Clayton Urey, citĂ©s par l’accusation, n’ont jamais Ă©tĂ© appelĂ©s Ă  comparaitre.
  • Ensuite, la mĂȘme Ă©dition du Le Monde du 11 dĂ©cembre 1952 s'interroge : « la dĂ©cision du jury et la sentence prononcĂ©e par le juge n’ont-elles pas Ă©tĂ© faussĂ©es par l’atmosphĂšre dans laquelle s’est dĂ©roulĂ© le procĂšs Â». On Ă©tait alors en pleine pĂ©riode du maccarthysme, une campagne violemment anticommuniste aux États-Unis de 1950 Ă  1956, pendant la guerre de CorĂ©e. L’accusation s’efforça, lors du procĂšs des Rosenberg, de leur faire dire s’ils Ă©taient communistes. « Ceux-ci refusĂšrent de rĂ©pondre, Ă©crit Le Monde de l’époque,mais aucun doute n’était possible sur leurs opinions. Le passĂ© des accusĂ©s (Julius avait Ă©tĂ© renvoyĂ© pour opinion subversive d’un emploi administratif), leurs relations, leurs lectures, et leurs propres dĂ©clarations indiquaient aux jurĂ©s qu’ils se trouvaient bien en prĂ©sence de communistes). Â»[5]
  • Enfin, Le Monde du 11 dĂ©cembre 1952 mentionne le fait que les accusĂ©s Ă©taient juifs. La question de l’antisĂ©mitisme se pose, souligne Le Monde de l’époque, parce qu’aucun jurĂ© n’était juif (« ce qui peut paraĂźtre surprenant dans une ville comme New York oĂč la communautĂ© juive reprĂ©sente le tiers de la population Â»[5]). Le Monde se demande si le juge Kaufman, juif lui-mĂȘme, n’a pas fait preuve d’une plus grande sĂ©vĂ©ritĂ© pour dissocier la communautĂ© juive amĂ©ricaine des accusĂ©s et de ne pas faire porter sur tous les membres de la communautĂ© juive une suspicion d’espionnage (accusation antisĂ©mite classique). « Un geste de clĂ©mence, poursuit Le Monde, suffirait Ă  dissiper le malaise que crĂ©e dans l’esprit de tout observateur impartial un procĂšs que le procureur Irving Saypol qualifia lui-mĂȘme de « sous-produit nĂ©cessaire de l’ñge atomique Â»â€Š Â»[5],[20]
  • Robert Meeropol, fils de Julius et d’Ethel, lorsque pressĂ© Ă  l’émission PBS’s Frontline, a admis la « possibilitĂ© Â» que son pĂšre puisse avoir participĂ© Ă  l’espionnage aprĂšs avoir lu les transcriptions Venona qui parlent de la rencontre de Julius Rosenberg avec le KGB et des agents du NKVD. Cependant, Meeropol argumente dans son livre, An Execution in the Family (St. Martin's Press, 2003, ISBN 0312306369), que Venona exonĂšre complĂštement sa mĂšre, et que dans quelque Ă©vĂ©nement ses parents ont Ă©tĂ© tuĂ©s pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. David Greenglass, qui est mentionnĂ© dans des transcriptions Venona comme un personnage important de l’espionnage, n’a pas Ă©tĂ© ni interrogĂ© ni poursuivi aprĂšs avoir dĂ©noncĂ© Ethel et Julius comme espions.

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Les historiens

L’implication des Rosenberg a longtemps fait dĂ©bat, jusqu'Ă  ce que l'ouverture des archives soviĂ©tiques confirme leur culpabilitĂ©[21]. La conduite du procĂšs et notamment la rĂ©tention d’informations est critiquĂ©e, et les archives du projet Venona qui ont Ă©tabli la culpabilitĂ© sont ponctuellement mises en doute.

La publication des archives Venona, accablantes pour les Rosenberg, a mis un terme Ă  la controverse. D'autres sources, notamment des mĂ©moires, sont venues dans le mĂȘme sens. L'historien Ronald Radosh, issu de la gauche avant de se convertir au nĂ©o-conservatisme, a enquĂȘtĂ© sur l'affaire et a conclu au final Ă  la culpabilitĂ© des Rosenberg. Les historiens reconnaissent aujourd'hui cette culpabilitĂ©[22],[23]. Les services de dĂ©sinformation soviĂ©tique ont fait croire Ă  l'innocence du couple[22].

L'historien américain Eric Foner, de l'Université de Columbia, doute néanmoins de la possibilité d'utiliser les documents Venona comme preuve de la culpabilité des Rosenberg[12]. Radosh a répliqué en qualifiant les allégations de Foner de pathétiques et écrit qu'il ne savait pas de quoi il parlait[2].

L’historien français AndrĂ© Kaspi attribue la mise Ă  mort des Ă©poux Rosenberg Ă  « ce mouvement d’intolĂ©rance Â» qu’était le maccarthysme[24].

L’historien amĂ©ricain Howard Zinn parle de son cĂŽtĂ© d'un procĂšs truquĂ© sur fond d’anticommunisme[25] et dĂ©nonce le climat de terreur qui rĂ©gnait chez les communistes, qui n’ont pas osĂ© soutenir les Rosenberg[26].

Le projet Venona

Le 11 juillet 1995, la Central Intelligence Agency (CIA) annonce la dĂ©classification de quelque 2900 messages archivĂ©s depuis 1939 et dĂ©chiffrĂ©s pour l’essentiel entre 1947 et 1949, connus sous le nom de projet Venona. Ces archives montrent la culpabilitĂ© des Rosenberg, qui sont dĂ©signĂ©s dans celles-ci sous des noms de code.

Les services secrets amĂ©ricains expliquent que ces documents n’avaient pas Ă©tĂ© produits au procĂšs pour ne pas compromettre la couverture de ses agents. L’universitaire Gildas le Voguer montre que dĂšs dĂ©cembre 1944, les États-Unis avaient fait connaĂźtre aux SoviĂ©tiques leur entrĂ©e en possession de codes secrets du NKVD, mais ils ne s’en Ă©taient pas servis[27].

Pour Aaron Katz, prĂ©sident depuis quarante ans du National Committee to Reopen the Rosenberg Case (ComitĂ© national pour la rĂ©ouverture de l'affaire Rosenberg), les documents du projet Venona qui mentionneraient les Rosenberg, qui contiennent quelques bizarreries de date et de contenu, ne seraient que des faux [12]. L'opinion de Katz est partagĂ©e par l'Ă©crivain Sidney Zion ; Eric Foner, professeur d’histoire Ă  l’universitĂ© Columbia ; et l’avocat William Kunstler (ex-directeur de l'American Civil Liberties Union)[12]. Citant ces noms, la journaliste amĂ©ricaine Schofield Coryell Ă©crit ainsi: « Le nom de Julius Rosenberg figurerait dans vingt des quarante-neuf messages rendus publics par la CIA, sous le nom de code d’« Antenne Â» d’abord, puis de « Liberal Â», mais peut-on ĂȘtre sĂ»r que ces pseudonymes le dĂ©signent rĂ©ellement ? De toute façon, il y a de fortes raisons d’adopter une attitude plus que prudente quant Ă  l’authenticitĂ© totale de ces documents. Â» [12][28].

Pour les partisans d'un rĂ©examen de la culpabilitĂ© des Rosenberg, une anomalie rĂ©side dans la date des documents: selon les archives Venona, Julius Rosenberg aurait Ă©tĂ© repĂ©rĂ© en 1946[12]. Pourtant, il n'a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© que quatre ans plus tard, en 1950, ce qui provoque quelques interrogations[12]. Cependant les AmĂ©ricains n'avaient pas dĂ©cryptĂ© les venona en 1946, ils avaient seulement trouvĂ© une premiĂšre faille le 20 dĂ©cembre 1946 et n'allaient que lentement progresser dans le dĂ©codage. Ces partisans soutiennent Ă©galement que les venona n'Ă©tablissent pas d'espionnage atomique[12] mais les Rosenberg n'ont pas Ă©tĂ© condamnĂ© pour espionnage atomique.

Depuis 1948, l’URSS connaissait, par sa taupe William Weisband, dĂ©masquĂ© et incarcĂ©rĂ© durant peu de temps[29], l’existence de l’opĂ©ration Venona. Les services secrets russes pouvaient penser que les services secrets nord-amĂ©ricains connaissaient leur code de cryptage. Dans L’Orchestre rouge, l’écrivain Gilles Perrault explique les phĂ©nomĂšnes d’intoxication des services secrets les uns envers les autres lorsque les uns savent que les autres savent dĂ©crypter leurs secrets. Il explique ce phĂ©nomĂšne d’intoxication nommĂ© Funkspiel qui consiste Ă  faire comme si les services ignorent que les ennemis possĂšdent leur code et d’envoyer des informations fausses au milieu d’informations secondaires vraies[30]. Il convient donc de prendre toute rĂ©vĂ©lation effectuĂ©e par des services secrets eux-mĂȘmes avec prudence et rigueur, qu’ils aient fabriquĂ©s eux-mĂȘmes de fausses informations, ou qu’ils aient Ă©tĂ© intoxiquĂ©s par des renseignements erronĂ©s.

Les mĂ©moires de l’agent secret soviĂ©tique Alexandre Feklissov

Dans ses mĂ©moires parues en français en 1999 sous le titre Confessions d’un agent soviĂ©tique et aux États-Unis en 2001, Alexandre Feklissov Ă©crit que « ce fut grĂące Ă  Klaus Flauch, Ă  Theodore Hall, au couple Cohen, et Ă  quelques agents non identifiĂ©s Ă  ce jour que l’URSS parvint Ă  crĂ©er sa bombe atomique. Un autre rĂ©seau de premiĂšre importance, mais qui travaillait dans le domaine de l’électronique, de l’aviation et de l’armement, Ă©tait celui de Julius Rosenberg. Il se trouve que j’ai dirigĂ©, de 1943 Ă  1946, le groupe clandestin de Rosenberg. Â»[31]

Dans le livre qu’il a co-Ă©crit avec Sergei Kostin et publiĂ© aux États-Unis en 2001 sous le titre The Man Behind the Rosenbergs, l’agent secret soviĂ©tique Alexandre Feklissov dĂ©taille comment Julius Rosenberg Ă©tait au service de l’Union soviĂ©tique et avait transmis des documents secrets. Selon cet ancien formateur du KGB, Julius Rosenberg est recrutĂ© Ă  l’occasion de la fĂȘte du travail de 1942, par l’ancien espion en chef du KGB Semyon Semenov[32]. Quand Semenov est rappelĂ© Ă  Moscou en 1944, Feklissov prend sa suite[33]. Julius, animĂ© par ses convictions idĂ©alistes et dĂ©sintĂ©ressĂ©es, prend l’initiative d’inclure dans le rĂ©seau plusieurs de ses amis, il fournit Ă  Feklissov Ă  chaque rencontre de 600 Ă  1 000 pages de documents. Pour Feklisov, Rosenberg n’est pas qu’une source en elle-mĂȘme de grande valeur, c’est encore la cheville ouvriĂšre d’un rĂ©seau qui monte en importance de mois en mois[34] Rosenberg et ses amis travaillent Ă  la production de nouveaux avions, piĂšces d’artillerie, balles, radar et calculateurs Ă©lectroniques[35]. Feklisov fournit un appareil photo Ă  Julius de façon Ă  constituer des microfilms[36]. Pour que Julius n’attire pas l’attention, il lui demande de cesser de participer Ă  des rallies de soutien Ă  l’ArmĂ©e rouge, de moins frĂ©quenter ses amis communistes[37]. Julius lui parle de David Greenglass lors d’un dĂźner, qui travaille sur un projet ultrasecret (la bombe atomique) et pousse Ă  la dĂ©cision de son recrutement, qu’il prend en charge[38].. Le recrutement de Greenglass ne permettra cependant pas d’obtenir de bons documents secrets[39] et aura des consĂ©quences catastrophiques pour le rĂ©seau puisqu’il permettra son dĂ©mantĂšlement.

Feklissov, qui considĂšre que de tous les agents qu’il a gĂ©rĂ©, Julius fut le seul qu’il considĂ©rait comme un ami, affirme que le procĂšs contre les Rosenberg « n’avait rien Ă  voir avec la justice. Ce fut un jugement politique. Ses vrais protagonistes ne sont jamais venus devant la cour. En fait, les Rosenberg et Sobell n’étaient que des boucs Ă©missaires. L’affaire aurait tout aussi bien pu ĂȘtre appelĂ©e "Le sĂ©nateur McCarthy contre le communisme". Ce fut Ă©galement un procĂšs oĂč les parties Ă©taient trĂšs inĂ©gales. D’un cĂŽtĂ©, l’ensemble des institutions du pouvoir amĂ©ricain : la cour, le parquet, le ministĂšre de la justice, le FBI, l’agence d’information officielle, la presse, et mĂȘme le prĂ©sident Truman en personne. De l’autre, trois particuliers, sans appuis qui sympathisaient avec un parti aux abois.[...] Il ne faut pas oublier, non plus, Ă  quel point les cartes Ă©taient truquĂ©es. DĂšs le dĂ©part, les accusĂ©s Ă©taient considĂ©rĂ©s comme coupables et le procĂšs n’était destinĂ© qu’à satisfaire un rituel.[...] La culpabilitĂ© des Rosenberg et de Sobell n’a jamais Ă©tĂ© vraiment dĂ©montrĂ©e : ni le fait d’avoir transmis des informations secrĂštes Ă  une puissance Ă©trangĂšre, ni, encore moins, celui d’avoir volĂ© les secrets de la bombe atomique. Le plus scandaleux et le plus tragique, c’est qu’avec deux hommes qui nous ont aidĂ©s par idĂ©alisme dans une pĂ©riode difficile pour tous les habitants du globe, se trouvait une femme innocente, mĂšre de deux enfants. [...] Comme les procĂšs staliniens des annĂ©es trente et tant d’autres montages judiciaires de par le monde, l’affaire Rosenberg-Sobell restera comme un Ă©ternel rĂ©quisitoire contre une justice au service de l’État, pour laquelle le bien public prime les destins individuels. Â»[40]

Les mĂ©moires de l’agent secret soviĂ©tique Pavel Soudoplatov

Pavel Soudoplatov, qui a dirigĂ© le dĂ©partement des missions spĂ©ciales russes et qui s’occupait Ă  ce titre des actes de sabotage, des enlĂšvements, des assassinats hors des frontiĂšres de l’URSS, a Ă©crit dans ses mĂ©moires que « les Rosenberg ne furent jamais rien d’autre que des messagers sans envergure et n’appartinrent jamais Ă  nos principaux rĂ©seaux, mais leur arrestation subsĂ©quente eut des rĂ©percussions sur tout le globe. Â»[41]. Il soutient aussi que « les Rosenberg auraient Ă©tĂ© des agents de liaison sans importance Â»[42] et qu’ils ont jouĂ© « un rĂŽle mineur dans la collecte de secrets atomiques Â»[43].

TĂ©moignage tardif de Morton Sobell

Faisant suite aux preuves accablantes dĂ©classifiĂ©es par le gouvernement amĂ©ricain entre temps, Morton Sobell qui a purgĂ© une peine de 18 ans de prison dans la mĂȘme affaire, a reconnu en septembre 2008 la culpabilitĂ© du couple et la sienne en ce qui concerne l'activitĂ© d'espionnage dans une interview donnĂ©e au New York Times, en rapportant la faible efficacitĂ© de l'espionnage atomique[44].

Autres documents

L’espionnage des Rosenberg serait encore attestĂ© par les mĂ©moires de Nikita Khrouchtchev, qui leur attribue une grande importance.

Les soutiens

Ronald Radosh et Joyce Milton Ă©crivent : « L’essor soudain que connut, en novembre 1952, le ComitĂ© de DĂ©fense des Rosenberg faisait partie d’un vaste mouvement international. Du jour au lendemain, le monde entier s’était levĂ© pour protester contre la condamnation Ă  mort de Julius et Ethel Rosenberg. La branche anglaise du ComitĂ© fut crĂ©Ă©e Ă  Londres le 27 novembre; la campagne dĂ©buta en France six jours plus tard, le 3 dĂ©cembre. Avant la fin de l’annĂ©e, on trouvait des ComitĂ©s de DĂ©fense des Rosenberg en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Italie, en SuĂšde, en Suisse, en Allemagne, en Irlande, en IsraĂ«l et bien sĂ»r en Europe de l’Est. Â»[45]

La dĂ©nonciation d’un procĂšs injuste et de l’erreur judiciaire a commencĂ© aprĂšs le procĂšs et fut lancĂ©e en 1952. L’Union soviĂ©tique entretient et exploite l’affaire ; elle accuse les États-Unis de fascisme et d’antisĂ©mitisme, alors qu’au mĂȘme moment Staline monte le complot antisĂ©mite des blouses blanches[46]. Le sort des Ă©poux Rosenberg Ă©meut alors l’opinion mondiale (AmĂ©rique, Europe, AlgĂ©rie, IsraĂ«l, Japon, etc.) par-delĂ  les clivages politiques.

Il reste difficile de dĂ©terminer dans quelle mesure les manifestations en faveur du couple Rosenberg Ă©taient influencĂ©es par l’activisme communiste, mais les opinions mondiales ont Ă©tĂ© frappĂ©es par la publication d’une photographie prise par un inconnu (intitulĂ©e Le Baiser). Cette photographie reste une des plus connues du XXe siĂšcle.

Le comité de défense des Rosenberg en France

DĂšs 1952 s’est crĂ©Ă© un comitĂ© de dĂ©fense des Rosenberg comprenant notamment Aragon, Maurice Druon, Jean Effel, Fernand LĂ©ger, Yves Montand, Picasso, Simone Signoret, HervĂ© Bazin, Jean Pierre-Bloch, etc.

Les grands noms des arts et des lettres français

D’une façon ou d’une autre, les Ă©crivains, artistes et universitaires les plus cĂ©lĂšbres ont tenu Ă  s’associer Ă  ce profond mouvement populaire, en signant des tĂ©lĂ©grammes en rĂ©digeant des articles et des messages, en prenant part Ă  des manifestations. Citons dans les listes rendues au fil des mois : Marcel AymĂ©, Albert Beguin, Claude Bourdet, Francis Carco, Jean Cocteau Jean-Marie Domenach, Roland DorgelĂšs, Marguerite Duras, Jean Dutourd, Gaston Gallimard, RenĂ© Julliard, Michel Leiris, François Mauriac, Claude Mauriac, Jean Mercure, GĂ©rard Philippe, AndrĂ© Barsacq, Jacques PrĂ©vert, Armand Salacrou, Vercors, Vladimir Pozner, Jean Wiener...

Ou encore : Colette, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pierre Mac Orlan, Roger Martin du Gard, Louis Martin-Chauffier, Gilles Martinet, Roger Nimier, Raymond Queneau, Maurice Rostand, Pierre Seghers, Georges Duhamel, AndrĂ© Maurois, Jean Cassou, Elsa Triolet, Fernand Gregh, Etiemble, Jacques Madaule, Gabriel Marcel, Simone de Beauvoir LĂ©opold Senghor, les professeurs Robert DebrĂ©, Evry Schatzman, les peintres Henri Matisse, Gromaire, Jean Picart Le Doux

Ainsi que : Maria CasarĂšs, Bernard Blier, Loleh Bellon, Joseph Kosma, Serge Lifar, Pierre Fresnay, Louis Daquin Jean GrĂ©millon, Henri Decoin, Henri-Georges Clouzot, Georges Sadoul...

Association pour le rĂ©examen de l’affaire Rosenberg

En 1993, le ComitĂ© devient le Groupe d’initiative pour le rĂ©examen de l’affaire Rosenberg. En 1995, il prend le nom d’Association pour le rĂ©examen de l’affaire Rosenberg[47]

L’association des juristes amĂ©ricains

Manifestation la plus marquante de ces derniĂšres annĂ©es, la reconstitution du procĂšs devant cinq cents personnes - en majoritĂ© et des avocats et des magistrats - par l’influente Association des juristes amĂ©ricains, Ă  l’occasion de sa convention annuelle du 9 au 10 aoĂ»t 1993. Verdict unanime : « non coupables Â». [48]

Ethel Rosenberg a Ă©crit quelques heures avant son exĂ©cution : « Mon mari et moi sommes innocents, nous ne pouvions trahir notre conscience Â» [Ndlr : on a proposĂ© la vie sauve en Ă©change d’aveux au couple], « aucune puissance ne nous sĂ©parera dans la vie ou dans la mort. Je ne vous demande qu'une chose : consolez mes petits Â».

Notes et références

  1. ↑ a , b , c , d  et e  Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, coll. « Document Â», Paris, mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 46 Ă  52 
  2. ↑ a  et b  On Being Attacked By The Left, Ronald Radosh, FrontPageMagazine.com, 03 juillet 2001
  3. ↑ a , b , c  et d  Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, coll. « Document Â», Paris, mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 80 Ă  85 
  4. ↑ Ronald Radosh est un historien nord-amĂ©ricain (États-Unis) nĂ© en 1937 spĂ©cialisĂ© dans la guerre froide. Dans le Dossier Rosenberg, Ă©crit avec Joyce Milton, Ronald Radosh Ă©crit que Julius Rosenberg Ă©tait coupable d’espionnage et que Ethel Ă©tait au courant des activitĂ©s de son mari. Il dĂ©nonce, en s’appuyant sur les archives du FBI, l’irrĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure contre les Rosenberg.
  5. ↑ a , b , c , d , e  et f  « La sale affaire Rosenberg Â», Le Monde, 11 dĂ©cembre 1952 ; citĂ© dans Le Monde 2 du 20 octobre 2007.
  6. ↑ Cf. notamment Radosh et Milton, p. 130
  7. ↑ Page 131.
  8. ↑ Radosh et Milton, pp. 131-132
  9. ↑ Radosh et Milton, pp.132-133
  10. ↑ Radosh et Milton, pp. 133-133
  11. ↑ a  et b  Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc, 1988 (ISBN 0-8184-0471-X), p. 57 Ă  77 
  12. ↑ a , b , c , d , e , f , g  et h  Schofield Coryell, Les Rosenberg devaient-ils mourir ?, Le Monde diplomatique, mai 1996.
  13. ↑ Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, coll. « Document Â», Paris, mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 130 
  14. ↑ Radosh et Milton, p. 192.
  15. ↑ Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, coll. « Document Â», Paris, mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 197-198 
  16. ↑ Voir notamment Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc. ISBN 0-8184-0471-X. [DĂ©tails en cours de traduction]
  17. ↑ Auditions de la sous-commission chargĂ©e de la Justice criminelle Ă  la chambre des reprĂ©sentants (commission judiciaire sur le thĂšme « La peine de mort et l’affaire Rosenberg Â»), dĂ©cembre 1982.
  18. ↑ (fr) Les saboteurs nazis aux États-Unis, Texte tirĂ© des ‘Famous Cases’, Histoire du FBI
  19. ↑ Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc, 1988 (ISBN 0-8184-0471-X), p. 77 
  20. ↑ Voir Ă©galement Ronald Radosh et Joyce Milton, Le dossier Rosenberg, Hachette, p. 201.
  21. ↑ Britannica.com, entrĂ©e "Julius Rosenberg and Ethel Rosenberg" : The controversy over their guilt was largely resolved in the early 1990s after the fall of communism in the Soviet Union and the release of Soviet intelligence information that confirmed the Rosenbergs’ involvement in espionage.
  22. ↑ a  et b  Marc Nouschi, La dĂ©mocratie aux États-Unis et en Europe (1918-1989), Armand Colin, Paris, 1999 (ISBN 2200250290) , p.286
  23. ↑ Pour illustration : Herodote.net : 19 juin 1953, Les Rosenberg sont exĂ©cutĂ©s ; StĂ©phane Courtois : La vĂ©ritĂ© sur l’affaire Rosenberg rappelle en 2003 que les Rosenberg Ă©taient coupables d’espionnage.
  24. ↑ AndrĂ© Kaspi, Les AmĂ©ricains, tome 2 : les États-Unis de 1945 Ă  nos jours, Editions du Seuil, 2002 p.425. ISBN 2020567717
  25. ↑ Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone, 2002, pp.491-493, ISBN 2910846792
  26. ↑ Ibid., p. 495.
  27. ↑ Gildas Le Voguer Transparence et secret aux États-Unis, la "publication" du projet "VENONA", Sources, printemps 2001", p. 111, p. 126, note 21.
  28. ↑ Voir aussi Gilles Le Voguer, Transparence et secret aux États-Unis : la « publication Â» du projet VENONA, Sources, printemps 2001 (en particulier p.116)
  29. ↑ Gildas Le Voguer Transparence et secret aux États-Unis, la "publication" du projet "VENONA", Sources, printemps 2001", p. 117.
  30. ↑ Voir L’Orchestre rouge de Gilles Perrault, Fayard,1989, pp. 149-150 et 200 oĂč ces phĂ©nomĂšnes sont expliquĂ©s factuellement avec des exemples Ă  l’appui.
  31. ↑ Alexandre Feklissov, Confessions d’un agent soviĂ©tique, Éditions du Rocher, 1999, p. 80.
  32. ↑ (en) Aleksandr Feklissov, The Man Behind the Rosenbergs, p96, Enigma books, 2001 
  33. ↑ p94, version anglaise
  34. ↑ version anglaise p96, notamment : Rosenberg wasn’t just a valuable source himself; he was also the linchpin of a network growing in importance from month to month.
  35. ↑ version anglaise p.100
  36. ↑ version anglaise p101
  37. ↑ version anglaise p102
  38. ↑ version anglaise p.132
  39. ↑ version anglaise p.248
  40. ↑ Alexandre Feklissov, Confessions d’un agent soviĂ©tique, Éditions du Rocher, 1999, p. 318-319.
  41. ↑ Pavel Soudoplatov, Anatolip Soudoplatov, Jerrold et Leona Schecter, Missions spĂ©ciales : mĂ©moires du maĂźtre-espion soviĂ©tique Pavel Soudoplatov, Seuil, 1994, p. 226
  42. ↑ Vladimir Tchikov, Gary Kern, Comment Staline a volĂ© la bombe atomique aux AmĂ©ricains, Robert Laffont, 1996, p. 11.
  43. ↑ Vladimir Tchikov, Gary Kern, op. cit., p. 33.
  44. ↑ Figure in Rosenberg Case Admits to Soviet Spying, NYT, 11/09/08
  45. ↑ Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, p. 239.
  46. ↑ Florin Aftalion, La Trahison des Rosenberg, Éditions Jean-Claude Lattùs, 2003, ISBN 2709625040
  47. ↑ Fonds du ComitĂ© français de dĂ©fense des Rosenberg, devenu Groupe d’initiative pour le rĂ©examen de l’affaire Rosenberg, devenu Association pour le rĂ©examen de l’affaire Rosenberg, Archives nationales, 1951-2003, RĂ©pertoire numĂ©rique dĂ©taillĂ© par Magali Lacousse, conservateur du Patrimoine, sous la direction de Christine Nougaret, conservateur gĂ©nĂ©ral du Patrimoine. Voir en ligne
  48. ↑ Relations avec d’autres associations de dĂ©fense, portant la cĂŽtĂ© 111 AS 39, Archives nationales, 1951-2003, RĂ©pertoire numĂ©rique dĂ©taillĂ© par Magali Lacousse, conservateur du Patrimoine, sous la direction de Christine Nougaret, conservateur gĂ©nĂ©ral du Patrimoine. Voir en ligne. ProcĂšs traduit en Français par Gilberte Alleg-Salm, avec la participation de Rosette Coryelle, Schofield et Pierre Kaldor.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • (fr) John Earl Haynes, « Nouvelles piĂšces Ă  conviction concernant l'affaire Rosenberg et l'espionnage atomique soviĂ©tique aux États-Unis de 1942 Ă  1946 Â», dans Jean Delmas, Jean Kessler (dir.), Renseignement et propagande pendant la Guerre froide, 1947-1953 (actes d'un colloque international organisĂ© par le MĂ©morial de Caen et le Centre de Recherche d'Histoire Quantitative les 5, 6 et 7 fĂ©vrier 1998), Paris, Éditions Complexe, 1999, 319 pages, p. 33-54 (ISBN 2870277350)
  • (fr) Robert et MichaĂ«l Meeropol, Nous sommes vos fils, Éditions Sociales - Éditeurs Français RĂ©unis, 1976
  • (fr) Julius et Ethel Rosenberg, Lettres de la maison de la mort, Gallimard, 1953
  • (fr) Morton Sobell, On condamne bien les innocents, Hier et demain, 1974
  • (fr) GĂ©rard A. Jaeger, Les Rosenberg. La chaise Ă©lectrique pour dĂ©lit d'opinion, Le FĂ©lin, 2003.
  • (fr) Florin Aftalion, La Trahison des Rosenberg, JC LattĂšs, Paris, 2003.
  • (en) Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc, 1988. ISBN 0-8184-0471-X
  • (en) Stanley Yalkowsky, The murder of the Rosenbergs Crucible Publications (July 1990) ISBN 978-0962098420
  • (en) Alvin H. Goldstein, The Unquiet Death of Julius and Ethel Rosenberg, juin 1975. ISBN 978-0882080529
  • (en) Walter Schneir & Miriam Schneir, Invitation to an Inquest : Reopening the Rosenberg Case, 1973. ISBN 978-0140033335
  • (en) E.L. Doctorow, The Book of Daniel, Random House Trade Paperbacks, 2007. ISBN 978-0812978179
  • (fr) E.L. Doctorow, Le Livre de Daniel, Robert Laffont, 1980, ISBN 978-2221005064
  • (en) Sam Roberts, The Brother: The Untold Story of Atomic Spy David Greenglass and How He Sent His Sister,Ethel Rosenberg, to the Electric Chair, Random House, 2001. ISBN 978-0375500138

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