√Člections pr√©sidentielles am√©ricaines

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√Člections pr√©sidentielles am√©ricaines

√Člection pr√©sidentielle am√©ricaine

√Čtats-Unis

Armoiries des √Čtats-Unis
Cet article fait partie de la série sur la
politique des √Čtats-Unis,
sous-série sur la politique.

Gouvernement fédéral

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L‚Äô√©lection pr√©sidentielle am√©ricaine est un scrutin indirect permettant l'√©lection du coll√®ge √©lectoral qui choisit le Pr√©sident des √Čtats-Unis et le vice-pr√©sident ; ce processus est r√©gi par des r√®gles inscrites dans la Constitution. La d√©signation des grands √©lecteurs et le choix des candidats font l'objet de r√®gles √©tablies par chacun des √Čtats d'o√Ļ sont issues des traditions plus ou moins formalis√©es. Depuis la seconde moiti√© du XXe si√®cle, ce processus prend environ un an.

La prochaine √©lection aura lieu le 6 novembre 2012.

Sommaire

Processus électoral

Le processus √©lectoral d√©crit ci-dessous est celui en usage en 2009. Il est tr√®s diff√©rent de celui institu√© par la Constitution pour la premi√®re √©lection en 1789 et modifi√© √† partir de 1804 par le XIIe amendement. Toutefois, depuis cette date, les modifications r√©sultent de changements dans les lois √©lectorales de chacun des √Čtats et non d'une modification de la Constitution.

√Čligibilit√©

Article d√©taill√© : Constitution des √Čtats-Unis.

L'article II de la Constitution et les amendements qui s'y rattachent instituent les crit√®res suivants d'√©ligibilit√© pour le pr√©sident et le vice-pr√©sident :

  1. √™tre √Ęg√© de plus de 35 ans ;
  2. √™tre citoyen des √Čtats-Unis √† la naissance (ou √™tre citoyen √† la date de ratification de la Constitution, pour les premi√®res √©lections) ;
  3. avoir r√©sid√© aux √Čtats-Unis pendant au moins 14 ans ;
  4. ne pas être candidat à un troisième mandat.

Depuis l’adoption du XXIIe amendement à la Constitution en 1947, un Président ne peut effectuer que deux mandats. Si le Président a pris ses fonctions suite au décès ou à la démission de son prédécesseur et a exercé plus de deux ans, il ne peut se présenter qu'une fois. Cet amendement fait suite au décès de Franklin Delano Roosevelt lors de son quatrième mandat. Jusqu'alors tous les présidents américains avaient respecté la volonté de George Washington de n'exercer au plus que deux mandats.

Déclaration

Le candidat doit se d√©clarer dans chaque √Čtat o√Ļ il veut obtenir les voix des ¬ę grands √©lecteurs ¬Ľ (voir ci-dessous). Dans la pratique, les derni√®res √©lections se sont jou√©es entre les deux candidats des Partis D√©mocrate et R√©publicain, avec parfois l'inclusion d'un troisi√®me candidat ind√©pendant ou appartenant √† un tiers parti. G√©n√©ralement, il existe plus d'une douzaine d'autres candidats qui ne sont d√©clar√©s que dans quelques √Čtats, voire un seul, et qui n'ont aucune chance, m√™me th√©orique, d'√™tre √©lus.

Déclaration des candidats

Chaque année électorale, plus d'une demi-douzaine de candidats souhaitent se présenter avec l'étiquette de l'un des deux principaux Partis, républicain ou démocrate. Ces candidats commencent par faire campagne au sein de leur parti afin de s'assurer des soutiens éventuels. Ils se déclarent généralement pendant l'année précédant l'élection et entament une campagne de plusieurs mois, ponctuée d'élections primaires (voir ci-dessous), dont l'issue est en général connue en mars. Cette phase se termine par la Convention nationale de leur parti en été, et l'investiture officielle du candidat représentant le parti.

Au sein du parti au pouvoir, le Président en exercice, s'il n'a accompli qu'un seul mandat, est pratiquement toujours candidat à sa propre succession. Dans l'hypothèse contraire son Vice-président est généralement favori pour représenter son parti, comme le républicain Richard Nixon en 1960 (battu par John F. Kennedy), le démocrate Hubert Humphrey en 1968 (battu par Richard Nixon), le républicain George Bush en 1988 (élu) ou le démocrate Al Gore en 2000 (battu par George W. Bush).

Au sein du parti d'opposition, la lutte est beaucoup plus ouverte, et la tactique peut √©voluer en cours de campagne : si l'un des candidats devient favori, il peut choisir son co-listier (ticket) parmi les autres candidats ou en-dehors. Certains candidats peuvent alors marchander leur retrait contre une place de candidat √† la vice-pr√©sidence.

La campagne pour l'investiture implique de nombreuses rencontres publiques (meetings), des déplacements et de la publicité (affiches, télévision, etc.). Les candidats doivent recueillir auprès des citoyens des fonds pour financer leur campagne mais ils doivent aussi s'assurer des soutiens en prévision de la véritable campagne qui est encore plus onéreuse.

Les √©lections primaires se d√©roulent √† partir de janvier et, en dehors de leur r√īle principal, servent d'indicateur pour classer les candidats. Au fur et √† mesure que les r√©sultats apparaissent, les candidats les moins cot√©s abandonnent la course et le candidat du parti est connu bien avant que la Convention n'officialise le fait.

Les élections primaires

Au cours de l'année qui précède les élections primaires, les candidatures sont évaluées par des comités exploratoires[1]. Puis les candidats recherchent des soutiens financiers.

Les √©lections primaires sont organis√©es par les deux partis principaux (et la plupart des autres) pour d√©signer dans chaque √Čtat les d√©l√©gu√©s du parti qui se rendront √† la convention nationale[1] (voir ci-dessous). L'existence et la forme de ces √©lections primaires d√©pendent du parti et de l'√Čtat. √Ä l'origine, les d√©l√©gu√©s √©lus √©taient libres de leur vote lors de la Convention ; depuis la seconde moiti√© du XXe si√®cle, les d√©l√©gu√©s s'engagent sur un candidat et, de facto, ce sont les √©lections primaires qui d√©terminent le choix du candidat.

Les √©lections primaires commencent en janvier de l'ann√©e √©lectorale dans l'Iowa (avec des caucus) et le New Hampshire (avec des primaires). Ces deux √Čtats, qui sont loin de repr√©senter l'ensemble des √Čtats-Unis, se sont arrang√©s pour √™tre les premiers √† lancer le processus essentiellement pour b√©n√©ficier de la couverture m√©diatique qui en d√©coule. Au fur et √† mesure que les √©lections primaires se d√©roulent, on assiste √† l'√©limination progressive des candidats qui additionnent le moins de d√©l√©gu√©s. Cette √©limination provient, en grande partie, de la diminution des soutiens financiers : le candidat ne peut plus se permettre de payer ses frais de publicit√© et de repr√©sentation. Pour contrer cet ¬ę effet boule de neige ¬Ľ, de plus en plus d'√Čtats d√©cident de tenir leurs √©lections primaires le m√™me jour, et ont choisi un mardi du mois de f√©vrier que les m√©dias ont depuis baptis√© ¬ę Super Tuesday ¬Ľ. Les √©lections de 2004 ont montr√© que le processus √©tait loin d'√™tre stabilis√© puisque certains √Čtats continuent d'avancer leurs √©lections primaires dans l'espoir d'acqu√©rir une plus grande importance aux yeux des m√©dias alors que d'autres se regroupent dans le m√™me but.

Dans la majorit√© des √Čtats,les √©lections primaires prennent la forme d'un vote qui peut √™tre : ouvert √† l'ensemble des √©lecteurs qui le souhaitent, semi-ouvert (vote pour un seul parti) ou ferm√©, r√©serv√© aux membres du parti. Le vote ¬ę ouvert ¬Ľ permet, curieusement, √† un √©lecteur r√©publicain de voter pour la d√©signation du candidat d√©mocrate (et vice-versa), mais pas les deux.

Dans une minorit√© d'√Čtats (en 2008[2] : Alaska, Colorado, Dakota du Nord, Idaho (D), Iowa, Kansas, Kentucky, Maine, Minnesota, Montana (R), Nevada, et Nouveau-Mexique (D)), les √©lections primaires prennent la forme d'un caucus : il s'agit d'une r√©union th√©oriquement r√©serv√©e aux membres du parti o√Ļ les votes se font ouvertement, √† main lev√©e par exemple. Dans des salles, des biblioth√®ques et des gymnases municipaux, les participants √©changent leurs points de vue et finissent par rallier un groupe soutenant un candidat[1]. Il est possible √† des candidats ind√©pendants de se pr√©senter sans passer par les primaires[1].

En raison du co√Ľt de ces mini-campagnes √©lectorales multipli√©es, certains candidats ne se pr√©sentent pas dans tous les √Čtats pour √©conomiser leurs fonds afin de faire campagne dans les √Čtats qui envoient le plus de d√©l√©gu√©s aux conventions.

La convention nationale des Partis républicain et démocrate

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Les √Čtats selon leur appartenance politique lors de l‚Äô√©lection de 2004 (Rouge : R√©publicain ; Bleu : D√©mocrate)
Les comt√©s selon leur appartenance politique lors de l‚Äô√©lection de 2004 (Rouge : R√©publicain ; Bleu : D√©mocrate)
La ¬ę Purple America ¬Ľ (¬ę Am√©rique violette ¬Ľ) : r√©sultats par comt√©s, selon un spectre de couleur allant du bleu (candidat d√©mocrate) au rouge (candidat r√©publicain) : ce terme apparu apr√®s les √©lections de 2004 tend √† d√©mentir les id√©es re√ßues √† propos du d√©terminisme g√©ographique des votes aux √Čtats-Unis.
√Čvolution des diff√©rents partis depuis 1824 en pourcentage des suffrages exprim√©s.

L'histoire politique des √Čtats-Unis a abouti √† l'existence d'un bipartisme : Parti d√©mocrate (en bleu) et Parti r√©publicain (en rouge). Ces deux partis r√©unissent des conventions pendant l'√©t√© pour d√©signer leur ¬ę ticket ¬Ľ √† l'√©lection pr√©sidentielle. Sur ce ticket figurent deux noms : le candidat √† la pr√©sidence et celui √† la vice-pr√©sidence des √Čtats-Unis. La convention est aussi l'occasion pour les candidats de pr√©senter leur programme[1].

En principe, les d√©l√©gu√©s choisis pendant les √©lections primaires et repr√©sentant chaque √Čtat ou territoire am√©ricain, doivent voter pour d√©signer le candidat √† la pr√©sidence et celui √† la vice-pr√©sidence qui recevront le soutien du Parti, et c'est ainsi que les Conventions ont fonctionn√© jusqu'√† la fin de la premi√®re moiti√© du XXe si√®cle. Apr√®s cette date, le processus de d√©signation du candidat a bascul√© au profit des √©lections primaires. Les m√©dias totalisent le nombre de d√©l√©gu√©s acquis √† la cause de chaque candidat et celui qui arrive en t√™te est g√©n√©ralement connu d√®s la fin du mois de mars. La d√©signation du candidat par la Convention n'est donc qu'un pur formalisme.

En revanche, le choix du candidat √† la vice-pr√©sidence est effectu√© plus tard, voire annonc√© pendant la Convention. Initialement, la Convention d√©signait souvent le candidat arriv√© second en tant que co-listier. Aujourd'hui, c'est le candidat √† la pr√©sidence lui-m√™me qui choisit son co-listier. Le plus souvent, le candidat √† la vice-pr√©sidence est choisi parmi les candidats originels, mais le Parti peut aussi s√©lectionner un dark horse (¬ę cheval noir ¬Ľ), c'est-√†-dire un relatif inconnu. Les motivations derri√®re ce choix sont, bien s√Ľr, de nature √©lectorale : il s'agit d'√©quilibrer le ticket afin de le rendre attrayant dans un maximum d'√Čtats. Par exemple, si le candidat principal est issu d'un √©tat du Sud, son co-listier sera probablement issu d'un √©tat du Nord ; s'il est per√ßu comme √©tant un mod√©r√© au sein de son parti, on choisira un co-listier plus engag√©, etc.

Une fois le vote achev√©, le candidat d√©sign√© et son partenaire peuvent faire campagne avec l'aide de l'appareil et des fonds de leur parti. La Convention nationale, qui est l'occasion de pr√©senter au grand public la plate-forme des candidats, se tient durant l'√©t√© ; elle signale l'ouverture de la v√©ritable campagne √©lectorale, celle qui opposera entre septembre et novembre les candidats r√©publicains aux candidats d√©mocrates.

Les candidats indépendants

Rien n'emp√™che des candidatures ind√©pendantes. Cependant, la faiblesse de ces candidatures vient des co√Ľts faramineux qu'entra√ģne une campagne √©lectorale √† l'am√©ricaine. Seul le soutien de l'un des deux grands partis peut assurer une pr√©sence m√©diatique n√©cessaire pour remporter l'√©lection.

Outre le co√Ľt financier, le mode de scrutin ne permet la pr√©sence que de deux candidats. En effet, le mode de scrutin am√©ricain est, bien qu'indirect, √† un seul tour. Les √©lecteurs ne se prononcent qu'une seule fois, les grands √©lecteurs se contentent uniquement de r√©percuter le vote des √©lecteurs. Par cons√©quent, les √©lecteurs doivent se prononcer directement pour le candidat qui a le plus de chance de s'imposer. Il est alors inutile et m√™me contreproductif de ¬ę perdre ¬Ľ son vote en votant pour un candidat qui n'aurait aucune chance.

De plus, les difficult√©s rencontr√©es par les candidats ind√©pendants sont accrues par l'obligation de faire enregistrer leur candidature dans chacun des cinquante √Čtats, chaque √Čtat d√©cidant des proc√©dures √©lectorales (le plus souvent, un nombre de signatures de parrainage). La r√®gle du ¬ę Winner-takes-all ¬Ľ, adopt√©e par la majorit√© des √Čtats, qui attribue l'ensemble des grands √©lecteurs d'un √Čtat au candidat qui obtient la majorit√© simple, emp√™che toute repr√©sentation de votes minoritaires.

À cause de ces nombreuses difficultés, les candidats indépendants ne peuvent exister que s'ils ont des moyens financiers importants mais sans avoir de prétentions présidentielles sérieuses. Cela se résume à dépenser leur fortune personnelle (quitte à la récupérer par la suite sous forme de notoriété pour leurs activités professionnelles). Ce fut le cas de Ross Perot en 1992 et 1996, et de Ralph Nader en 2000, 2004 et 2008.

Des traditions h√©rit√©es du XVIIIe si√®cle

En application de la Constitution des √Čtats-Unis, l'√©lection pr√©sidentielle a lieu le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre, tous les quatre ans. En cas de d√©c√®s ou d'incapacit√© du pr√©sident avant ces quatre ans, le vice-pr√©sident prend sa place jusqu'√† la fin du mandat (la Constitution pr√©voit toute une ligne de succession). Le jour de l'√©lection est donc fix√© d'avance.

Il faut rappeler que :

  • les √Čtats-Unis sont une f√©d√©ration dans laquelle les cinquante √Čtats autonomes doivent √™tre repr√©sent√©s √©quitablement ;
  • lors de leur fondation en 1783, les √Čtats-Unis √©taient une conf√©d√©ration dans laquelle les premiers √Čtats se m√©fiaient du pouvoir f√©d√©ral et ont donc eu tendance √† vouloir limiter les pouvoirs du pr√©sident des √Čtats-Unis ;
  • aux XVIIIe et XIXe si√®cles, il fallait des jours pour traverser le pays.

Le processus √©lectoral marque ces deux choses :

  • le pr√©sident des √Čtats-Unis n'est pas √©lu au suffrage direct pour que sa l√©gitimit√© issue de l'√©lection ne soit pas trop importante par rapport √† celle des parlementaires du Congr√®s f√©d√©ral ;
  • les petits √Čtats en termes d√©mographiques sont garantis d'un minimum de repr√©sentation.

L'élection du président par le Collège électoral

Le pr√©sident et le vice-pr√©sident des √Čtats-Unis sont √©lus par un Coll√®ge √©lectoral dont la d√©finition figure dans la Constitution. Ce coll√®ge est constitu√© des grands √©lecteurs √©lus au suffrage universel dans chaque √Čtat.

La d√©signation des ¬ę grands √©lecteurs ¬Ľ

L'Election Day, le mardi qui suit le premier lundi de novembre (donc au plus t√īt le 2 novembre, au plus tard le 8), les √©lecteurs am√©ricains sont invit√©s √† voter pour l'√©lection de leur pr√©sident. Cependant, ils n'√©lisent pas directement celui-ci : le scrutin est un suffrage indirect.

Chacun des cinquante √Čtats √©lit un nombre de ¬ę grands √©lecteurs ¬Ľ √©gal au nombre de ses Repr√©sentants et S√©nateurs soit un total de 538 (100 au titre du S√©nat, 435 au titre de la Chambre des repr√©sentants, 3 pour le District f√©d√©ral de Columbia). L‚Äô√Čtat le plus peupl√©, la Californie, dispose de 55 votes, alors que les huit √Čtats les moins peupl√©s n‚Äôen ont que 3 chacun. Les partis politiques nomment leurs listes de grands √©lecteurs lors des conventions politiques d'√Čtats. Un grand √©lecteur ne peut faire partie du Congr√®s ou √™tre membre d'un bureau f√©d√©ral.[3]

En principe, les votes populaires devraient √™tre exprim√©s en faveur d‚Äôun grand √©lecteur. Dans la pratique, les bulletins de vote sont r√©dig√©s sous la forme ¬ę grand √©lecteur en faveur de tel ticket ¬Ľ ou mentionnent simplement le nom des candidats.

De plus, dans tous les √Čtats sauf deux, le Maine et le Nebraska, le syst√®me √©lectoral donne toutes les voix (selon le principe du ¬ę winner takes all ¬Ľ : "le vainqueur prend tout") de l‚Äô√Čtat au candidat arriv√© le premier. C‚Äôest ce qui explique la disparit√© entre les r√©sultats populaires, qui, dans les derni√®res √©lections, √©taient voisins entre R√©publicains et D√©mocrates, et les r√©sultats des grands √©lecteurs qui donnent une majorit√© souvent √©crasante √† l‚Äôun des candidats. √Ä titre d‚Äôexemple, on peut citer l‚Äô√©lection pr√©sidentielle de 1972 o√Ļ le candidat r√©publicain Richard Nixon a √©t√© √©lu avec plus de 95% des voix des grands √©lecteurs alors qu‚Äôil n‚Äôavait emport√© que 60% des voix populaires. Une des critiques de ce syst√®me √©lectoral est que le pr√©sident √©lu peut ne pas √™tre le candidat ayant recueilli le plus de suffrages populaires. Th√©oriquement au moins, un candidat pourrait √™tre √©lu avec moins de 30 % du vote populaire. Lors de l'√©lection pr√©sidentielle de 2000, le candidat d√©mocrate Al Gore obtint 550 000 voix de plus que son adversaire r√©publicain George Bush au niveau national, mais les 550 voix d'avance que Bush a officiellement obtenues en Floride lui permirent d'obtenir tous les grands √©lecteurs de cet √Čtat et de remporter l'√©lection au niveau f√©d√©ral. Mais la critique la plus courante de ce syst√®me est qu‚Äôil favorise le bipartisme ; r√©cemment les candidats d‚Äôun troisi√®me parti n‚Äôont re√ßu aucun vote de grand √©lecteur alors que leur score populaire a pu avoisiner 20 %. Un grand √©lecteur peut d√©cider de ne pas voter pour le candidat auquel il avait initialement apport√© son soutien ; les cas sont rares, mais on en compte huit dans la p√©riode contemporaine. Certains √Čtats ont d'ailleurs interdit cette pratique, qui n'est pas contr√īl√©e au niveau f√©d√©ral. Les m√©dias annoncent donc le r√©sultat de l‚Äô√©lection pr√©sidentielle au mois de novembre, alors que les grands √©lecteurs ne votent qu‚Äôau cours du mois de d√©cembre qui suit.

Le syst√®me actuel a √©t√© profond√©ment modifi√© au cours des 46 √©lections qui ont pr√©c√©d√© celle de George W. Bush en 2004. Initialement, les grands √©lecteurs votaient s√©par√©ment pour le pr√©sident et le vice-pr√©sident. Le premier candidat √† obtenir une majorit√© devenait pr√©sident et celui qui avait obtenu, apr√®s lui, le plus de votes devenait vice-pr√©sident. Ce syst√®me pouvait entra√ģner la ¬ę cohabitation ¬Ľ forc√©e d‚Äôun pr√©sident et d‚Äôun vice-pr√©sident de deux partis diff√©rents. Par deux fois, il est arriv√© qu‚Äôaucun candidat ne re√ßoive la majorit√© et c‚Äôest alors la Chambre des repr√©sentants qui a d√©sign√© le pr√©sident. Apr√®s plusieurs modifications des lois √©lectorales, f√©d√©rale et √©tatiques, on est arriv√© au syst√®me actuel de l‚Äô√©lection coupl√©e du pr√©sident et de son vice-pr√©sident ainsi qu‚Äôau vote bloqu√© des grands √©lecteurs. Des associations cherchent toujours √† modifier ce syst√®me pour passer √† un scrutin proportionnel au sein d‚Äôun √Čtat, voire pour l‚Äô√©liminer compl√®tement et ne conserver que le vote populaire.

De l’élection des grands électeurs à celle du président

Les grands √©lecteurs se r√©unissent dans chacun des √Čtats pour √©lire officiellement le pr√©sident et le vice-pr√©sident des √Čtats-Unis. Les voix sont ensuite compt√©es devant une session jointe du Congr√®s d√©but janvier.

Si le vote des grands √©lecteurs ne permet pas de d√©partager les candidats (√©galit√© parfaite en voix), c'est la Chambre des repr√©sentants qui √©lit le pr√©sident, et le S√©nat qui d√©signe le vice-pr√©sident. Chaque √Čtat y a alors une voix, les d√©put√©s de chaque √Čtat se mettant d'accord sur ce vote unique. Cette proc√©dure fut utilis√©e en 1800 pour l'√©lection de Thomas Jefferson et en 1824 pour l'√©lection de John Quincy Adams. Remarquons que cette proc√©dure donne autant de poids au Vermont (600 000 habitants) qu'√† la Californie (38 400 000 habitants)‚Ķ

Au XXe si√®cle, le t√©l√©graphe puis la radio et enfin la t√©l√©vision permettent de savoir le soir m√™me qui a remport√© l'√©lection. Donner le nom du pr√©sident avant la r√©union des grands √©lecteurs est possible gr√Ęce √† la traditionnelle loyaut√© des grands √©lecteurs : entre 1788 et 2000, sur les 17 000 grands √©lecteurs successifs, 156 seulement[4] n'ont pas respect√© le mandat confi√© par les √©lecteurs de leur √Čtat et ont vot√© pour un autre candidat (faithless electors) - ceci n'est pas interdit par la Constitution. Certains √Čtats tentent de d√©courager ce type de comportement en faisant payer une amende aux ¬ę candidats d√©loyaux ¬Ľ (en Caroline du Nord par exemple, l'amende s'√©l√®ve √† 10 000 dollars). Il faut noter, cependant, que pour beaucoup, de telles lois obligeant les √©lecteurs √† √™tre loyaux, seraient anticonstitutionnelles. En 2000, un grand √©lecteur du District f√©d√©ral de Columbia s'est abstenu plut√īt que de voter Al Gore pour protester contre le fait que le District n'√©tait pas consid√©r√© comme un √Čtat √† part enti√®re. En 2008 le vote des grands √©lecteurs est pr√©vu lundi 15 d√©cembre.

Financement de la campagne

Il existe un financement public pour la campagne pr√©sidentielle, contr√īl√© par la Commission √©lectorale f√©d√©rale[5].

Note

En g√©n√©ral, les autorit√©s des √Čtats organisent plusieurs votes simultan√©ment √† l'√©lection pr√©sidentielle : √©lections l√©gislatives f√©d√©rales, √©lections des gouverneurs, √©lections des repr√©sentants √† l'assembl√©e de chaque √Čtat, √©lections municipales, des juges, du chef de la police, du bureau de chaque √©cole, r√©f√©rendums, amendements, initiatives locales, etc. C'est le tr√®s grand nombre (souvent plusieurs dizaines) de scrutins simultan√©s qui oblige √† recourir √† des moyens √©lectrom√©caniques ou √©lectroniques pour enregistrer les votes.

Transition

Entre le vote de novembre et la confirmation formelle des grands √©lecteurs d'une part et la date du 20 janvier o√Ļ le nouveau pr√©sident prend ses fonctions d'autre part, il y a une p√©riode de transition qui permet √† l'ancienne ¬ę Administration ¬Ľ de faire la liaison avec la nouvelle.

Le 20 janvier suivant l'élection présidentielle (parfois le 21 janvier si le 20 tombe un dimanche, ceci n'étant qu'une coutume, contraire au texte même de la Constitution), est l'Inauguration Day, journée durant laquelle le nouveau président prête serment (dans les faits sur la Bible, ceci n'étant qu'une coutume non exigée par le texte de la Constitution) et fait un discours d'investiture qui doit marquer les grandes lignes de sa présidence. Ensuite, chaque année à la même époque (ceci est également une coutume, la Constitution n'étant pas si précise), le président se rend au Congrès pour un Discours sur l'état de l'Union qui lui permet d'annoncer les grandes lignes de l'agenda politique de l'année commençante.

Analyses et observations

Selon certains sp√©cialistes politiques, il est possible de pr√©voir quel candidat sera √©lu √† la pr√©sidentielle avant m√™me le d√©voilement du vote populaire de la totalit√© des 50 √Čtats. En effet, la Californie, le Texas, la Floride, l'√Čtat de New York et l'Illinois forment les √Čtats-cl√©s les plus peupl√©s et les plus diversifi√©s ethniquement et sociologiquement du pays. De plus, ils sont situ√©s √† des endroits g√©ostrat√©giques : sud-ouest, sud, sud-est, nord-est et nord. Si un candidat r√©ussit √† gagner l'ensemble de ces cinq √©tats, il est quasi assur√© de la victoire : les diff√©rentes cat√©gories de la population am√©ricaine ont tous incontestablement vot√© en majorit√© pour lui. Beaucoup des 45 autres √©tats ne peuvent donc que, th√©oriquement, suivre cette logique.

Tous les candidats qui ont obtenu ces cinq √©tats dans l'histoire pr√©sidentielle am√©ricaine ont tous √©t√© triomphalement √©lus avec une large avance sur leur concurrent. Cela dit, pour √™tre s√Ľr de d√©crocher l'√©lection, ces cinq √©tats ne suffisent pas √† obtenir la majorit√© des grands √©lecteurs. Il faut pour cela acqu√©rir au minimum les 12 premiers √©tats ayant le plus de grands √©lecteurs.

Le Missouri est aussi un √Čtat-cl√© lors des √©lections pr√©sidentielles am√©ricaines. Situ√© g√©ographiquement au cŇďur de l'Am√©rique, la majorit√© du vote populaire a presque toujours correspondu au vote national. C'est donc un bon indicateur du r√©sultat final.

Résultats des élections de 1789 à ce jour

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ, c‚ÄČ, d‚ÄČ et e‚ÄČ Val√©rie Samson, ¬ę Le casse-t√™te du processus √©lectoral am√©ricain ¬Ľ, dans Le Figaro du 01-01-2008, [lire en ligne]
  2. ‚ÜĎ (D) : D√©mocrates seulement, (R) : R√©publicains seulement ; source : New York Times, 15 janvier 2008, page A19
  3. ‚ÜĎ Site de l'ambassade des √Čtats-Unis en France, page sur les √Čtats-Unis de A √† Z (page consult√©e le 29 f√©vrier 2008), [lire en ligne]
  4. ‚ÜĎ Dont 71 en raison du d√©c√®s du candidat avant que les grands √©lecteurs ne votent ; source : fairvote.org
  5. ‚ÜĎ Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l‚ÄôAm√©rique ?, Paris, √©ditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.62

Bibliographie

  • "Le duel - Les dessous de l'√©lection pr√©sidentielle am√©ricaine [1]", Sillery, Septentrion, ao√Ľt 2008, (ISBN 2-89448-558-1)
  • Les √©lections pr√©sidentielles am√©ricaines, sous la direction d'√Člisabeth Vallet et David Grondin, Presses de l'Universit√© du Qu√©bec, ao√Ľt 2004, (ISBN 2-7605-1286-X).
  • Le Monde2 n¬į37, suppl√©ment au Monde n¬į18588 du samedi 30 octobre 2004, article Hello Mister President.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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