√Člection pr√©sidentielle am√©ricaine de 1868

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√Člection pr√©sidentielle am√©ricaine de 1868
Le collège électoral en 1868

L'élection présidentielle américaine de 1868 se solda par l'élection du Général Ulysses Grant, héros de la guerre de Sécession, candidat du Parti républicain, contre le démocrate Horatio Seymour.

Elle fut la première élection présidentielle de l'après-guerre, période marquée par l'assassinat du Président Lincoln le 15 avril 1865, et l'hostilité entre le Congrès, à majorité républicaine, et le successeur de Lincoln, le démocrate Andrew Johnson, élu à l'époque comme candidat d'union à la vice-présidence, qui avait échappé à une voix près à la procédure d'impeachment, qui l'aurait contraint à la démission, en mars 1868.

Sommaire

Désignation des Grands électeurs

Trente-et-un √Čtats particip√®rent √† la d√©signation des Grands √©lecteurs, dont un nouvel √Čtat, le Nebraska.

Seuls huit des onze √Čtats s√©cessionnistes avaient √©t√© r√©int√©gr√©s dans l'Union, et les trois anciens √Čtats conf√©d√©r√©s qui ne l'avaient pas encore √©t√© (le Texas, le Mississippi et la Virginie) ne purent donc participer √† cette √©lection. La Floride fut le seul √Čtat √† confier la d√©signation de ses √©lecteurs √† la sa l√©gislature. Tous les autres organis√®rent un vote direct des citoyens, comme cela √©tait d√©sormais la r√®gle.

294 Grands électeurs furent donc désignés.

La proclamation d'émancipation et le Treizième amendement à la Constitution, adoptée en juillet 1868, avait abouti à donner la citoyenneté aux anciens esclaves, qui furent nombreux à pouvoir voter.

Les anciens ¬ę rebelles ¬Ľ sudistes, furent, en revanche, priv√©s de leurs droits civiques par ce m√™me Treizi√®me amendement, ce qui d√©capita le Parti d√©mocrate dans la plupart des √Čtats du Sud.

Investiture des candidats

Parti républicain

Les élections de mi-mandat de 1866 avaient été marquées par une très forte poussée de l'aile radicale du Parti républicain, dont le chef de file, le Président de la Cour suprême Salmon P. Chase, apparaissait comme le candidat le mieux placé pour l'investiture.

Face √† cette situation, les r√©publicains mod√©r√©s n'avaient pas de candidat s√©rieux √† pr√©senter. Ils se tourn√®rent donc vers le G√©n√©ral Ulysses Grant, jusque l√† consid√©r√© comme un d√©mocrate, mais dont la popularit√© au sein du parti avait √©t√© mesur√©e lors de la pr√©c√©dente convention, o√Ļ il avait recueilli des suffrages alors m√™me qu'il n'√©tait pas candidat √† l'investiture.

Cette candidature fut cependant vivement combattue par les radicaux, et notamment le sénateur de l'Ohio Benjamin Wade, qui envisageait de se présenter lui aussi à l'investiture. En effet, Grant était accusé de collusion avec le Président Johnson, dont il avait accepté d'être le secrétaire à la Guerre de facto lorsque le président avait suspendu le titulaire du poste, suscitant l'ire des radicaux.

Mais le vent tourna en 1867. Des √©lections ¬ę partielles ¬Ľ tenues cette ann√©e-l√† virent remonter la cote des d√©mocrates, vainqueur √† New York, en Pennsylvanie et dans l'Ohio, tandis que les √©lecteurs du Kansas et de l'Ohio rejetaient des modifications constitutionnelles visant √† donner le droit de vote √† tous les anciens esclaves. Beaucoup de r√©publicains comprirent que pr√©senter un candidat issu de la tendance radicale pourrait avoir pour effet l'√©lection d'un pr√©sident d√©mocrate.

La Convention nationale r√©publicaine se r√©unit √† Chicago les 20 et 21 mai, quelques jours apr√®s l'√©chec de l'impeachment au S√©nat, √©chec qui avait ruin√©, apr√®s la pouss√©e des d√©mocrates dans son propre √Čtat, les espoirs de Wade qui, en tant que pr√©sident pro tempore du S√©nat, aurait succ√©d√© √† Johnson √† la Maison Blanche en cas de r√©vocation.

Dans cette situation, Grant fut le seul candidat à l'investiture, et celle-ci lui fut donnée au premier tour de scrutin, par acclamation.

Les espoirs des radicaux se reportèrent sur l'investiture à la vice-présidence. Mais, si Wade fut en tête lors des quatre premiers tours de scrutin, il était loin de la majorité requise et, au cinquième, il fut dépassé par le Speaker de la Chambre des Représentants, Schuyler Colfax, un élu de l'Indiana, qui fut désigné au tour suivant.

Parti démocrate

Le président sortant, Andrew Johnson, était certes démocrate, mais ne semblait pas très déterminé à solliciter le renouvellement de son mandat. Cela conduisit les démocrates à chercher un autre candidat, susceptible de faire face à ce qui apparaissait comme une domination sans partage des républicains.

Ils se tournèrent tout d'abord vers Ulysses Grant, qui ne donna pas suite et préféra rejoindre les républicains. Le candidat le plus probable fut alors le Représentant de l'Ohio George Pendleton. Mais celui-ci se trouva opposé à ceux des démocrates qui défendaient l'étalon-or, alors que Pendleton était favorable au financement de la reconstruction par son abandon et une politique monétaire favorisant l'emprunt. Ses opposants choisirent comme champion le Sénateur de l'Indiana Thomas Hendricks.

Le d√©bat entre les deux tendances vira tr√®s vite √† l'aigre, au point qu'il sembla disqualifier les deux tant les coups √©taient bas. Le chef de file des partisans de l'√©talon-or,Horatio Seymour, chercha donc un candidat plus solide qu'Hendricks. Il tenta de faire monter une candidature du pr√©sident de la Cour supr√™me des √Čtats-Unis, Salmon P. Chase, qui √©tait pourtant tr√®s proche des radicaux, mais qui avait abandonn√© l'id√©e de solliciter l'investiture du Parti r√©publicain. Ce ¬ę montage ¬Ľ faillit marcher, mais se r√©v√©la un feu de paille.

La convention nationale d√©mocrate s'ouvrit donc le 4 juillet √† New York avec une pl√©thore de candidats √† l'investiture : le S√©nateur du Wisconsin James Doolittle, le Gouverneur du New Jersey Joel Parker, le Gouverneur du Connecticut James English, le G√©n√©ral Winfield Hancock, major g√©n√©ral de l'arm√©e, l'ancien lieutenant-gouverneur de New York Sanford Church, et l'ancien Repr√©sentant de Pennsylvanie Asa Packer, un des barons du chemin de Fer, sans compter bien s√Ľr les candidats d√©clar√©s depuis longtemps, officiellement, comme George Pendleton, ou pr√©f√©rant attendre et voir venir comme Thomas Hendricks. Le Pr√©sident Johnson, sans annoncer officiellement sa candidature, avait tent√© de rallier √† lui l'aile la plus conservatrice du parti, tandis que les partisans de Salmon Chase manŇďuvraient en sous-main pour tenter de faire accepter leur champion comme candidat ¬ę sorti du chapeau ¬Ľ en cas d'absence de majorit√© nette en faveur d'un des comp√©titeurs.

Le premier tour de scrutin plaça Pendleton en tête, avec 105 mandats. Derrière, le Président Johnson bénéficiait d'un certain soutien, avec 65 mandats, alors qu'il n'était pas officiellement candidat. Sanford Church obtenait 34 mandats, le Général Hancock 33,5 mandats. Tous les autres (sauf Hendricks et Chase, qui avaient retenu leur candidature pour ne pas ruiner leurs chances) n'obtenaient qu'un demi-mandat chacun.

Dans les 13 tours qui suivirent, Hancock devint rapidement second, tandis que la candidature d'Hendricks fit surface, et que celle du Président Johnson perdait progressivement des voix, jusqu'à n'en avoir plus aucune au 14ème tour, alors que Pendleton obtenait son meilleur résultat, avec 156,5 mandats.

Au 15ème tour de scrutin, Hancock obtint des soutiens nouveaux. Il apparut un moment comme le candidat de compromis, n'ayant aucun ennemi au sein du Parti démocrate, et pouvant user de son passé de général de l'armée de l'Union comme preuve irréfutable de l'inanité des accusations de trahison portées par les républicains contre les démocrates. Mais beaucoup de ces derniers comptaient faire campagne contre le militarisme, voire le césarisme, de Grant, et il ne leur parut pas très fin de présenter dans ce cas un général comme candidat. Parallèlement, la délégation de New York abandonnait la candidature de Church pour soutenir celle d'Hendricks, au nom de la défense de l'étalon-or.

Hancock fut en tête jusqu'au 21ème tour de scrutin. La candidature Chase fut sortie du chapeau au 17ème tour de scrutin, tandis que Pendleton abandonnait au tour suivant, sans que cela provoque un basculement pour Hancock, car la délégation de l'Ohio se réfugia dans un vote stratégique d'attente pour Asa Parker.

Au 22ème tour de scrutin, la candidature d'Horatio Seymour fut mise en avant par un délégué de l'Ohio. Il prit la parole pour annoncer qu'il n'était pas candidat, mais son investiture fut néanmoins mise aux voix, et adoptée à l'unanimité.

Dans la foulée, Francis Preston Blair, Jr., un ancien Représentant républicain du Missouri et général de l'armée nordiste, qui avait rejoint les démocrates par désaccord avec la politique de reconstruction, fut désigné unanimement comme candidat à la vice-présidence.

Campagne électorale

Comme il était d'usage, la campagne fut plus menée par les partisans de chacun des deux candidats que par les candidats eux-mêmes.

Du c√īt√© r√©publicain, on mettait en avant le fait que c'√©tait leur parti qui avait sauv√© l'unit√© de l'Union, qui avait men√© le Nord √† la victoire, affranchi les esclaves, et qui √©tait en train de profond√©ment r√©former les √Čtats du Sud. D'autres arguments, nettement moins ¬ę positifs ¬Ľ furent utilis√©s : les r√©publicains mirent en garde les √©lecteurs contre les risques d'impuissance gouvernementale en cas d'√©lection d'un pr√©sident d√©mocrate face √† un S√©nat qui avait toutes les chances de rester √† majorit√© r√©publicaine. Ils attaqu√®rent aussi les candidats d√©mocrates, mettant en avant l'√Ęge avanc√© de Seymour (pourtant √Ęg√© d'√† peine 58 ans) et faisant courir le bruit que sa sant√© √©tait fragile. Le but √©tait de mettre en avant la personnalit√© de Francis Blair, son co-listier, qui s'illustra par des attaques tout √† fait disproportionn√©es contre Grant, qu'il accusa de vouloir instaurer une dictature militaire, ce qui le discr√©dita assez largement aupr√®s des √©lecteurs mod√©r√©s.

Les d√©mocrates, de leur c√īt√©, mirent en avant le fait qu'ils formaient le seul parti r√©ellement national, pr√©sentant la politique de reconstruction des r√©publicains comme une forme de revanche impos√©e au sud, aggravant les effets destructeurs de la guerre. Ils firent aussi une campagne ouvertement raciste, accusant les r√©publicains non seulement de remettre en cause la supr√©matie de la race blanche (id√©e alors largement r√©pandue, m√™me chez les lib√©raux) mais m√™me de penser que les noirs √©taient sup√©rieurs aux blancs. Ils n'√©pargn√®rent pas non plus Grant, profitant de son inexp√©rience politique pour le pr√©senter comme un demeur√© incapable de diriger le pays.

Courant septembre, des √©lections locales montr√®rent une forte pouss√©e r√©publicaine l√† o√Ļ les d√©mocrates avaient engrang√© des bons r√©sultats l'ann√©e pr√©c√©dente. Un vent de panique souffla au sein du Parti d√©mocrate, et certains voulurent changer le ¬ę ticket ¬Ľ en cours de route. Seymour, qui n'√©tait d√©j√† pas tr√®s enthousiaste, fut pr√™t √† c√©der la place √† Chase ou Hendricks, mais la direction du parti refusa une telle d√©marche. Il √©tait d√©sormais clair, cependant, que l'√©lection √©tait perdue.

Résultats

Les √©lections eurent lieu le 3 novembre 1868. La victoire d'Ulysses Grant fut nette, mais pas √©crasante en voix. Seymour, cependant, n'emporta que 7 √Čtats, repr√©sentant 80 mandats, ce qui amplifia la victoire r√©publicaine.

Les effets du XIIIe amendement se firent nettement sentir dans le sud, qui vota majoritairement pour Grant.

Candidats Vote électoral Vote populaire
À la présidence À la vice-présidence Parti # # %
Ulysses Grant Schuyler Colfax Parti républicain 214 3 013 650 52.7%
Horatio Seymour Francis Preston Blair, Jr. Parti démocrate 80 2 708 744 47.3%
autres candidats 46 0.0%
Total 294 5 722 440 100,00%



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