Économie de la Cîte d'Ivoire

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Économie de la Cîte d'Ivoire
CĂŽte d'Ivoire
Indicateurs Ă©conomiques
Image illustrative de l'article Économie de la Cîte d'Ivoire
Abidjan, Capitale Ă©conomique

Monnaie franc CFA
Année fiscale année calendaire
Organisations internationales Banque mondiale, OMC, UEMOA, CEDEAO.
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 23,4 milliards $ (est. 2008) 2
Produit intérieur brut en PPA 34,9 milliards $ (est. 2007) 1
Rang pour le PIB en PPA 188e[1]
Croissance du PIB 2,3 % (2008) 2
PIB par habitant en PPA 980 $ (2008) 2
PIB par secteur agriculture : 23,9 %
industrie : 25,3 %
services : 50,8 % (est. 2007) 4
Inflation (IPC) 8,1 % (est. 2008) 2
Pop. sous le seuil de pauvreté 48,9% (est. 2008) 2
Indice de développement humain (IDH) (163e) en 2009 2
Population active 6 502 115[2]
Population active par secteur agriculture : 27 %
industrie : 18,5 %
services : 54,5 % (2006) 1
Taux de chĂŽmage 45 %
Principales industries raffinage de pétrole, cacao, café, bois et produits en bois, produits alimentaires, boissons, assemblage de camion et d'autobus, textiles, engrais, matériaux de construction, électricité,

construction de bateau et réparation

Commerce extérieur
Exportations 10,5 milliards $ (est. 2009) 1
Biens exportés cacao, café, bois, pétrole, coton, banane, ananas, huile de palme, poisson
Principaux clients Allemagne 9,6%, Nigeria 9,1%, Pays-Bas 8,3%, France 7,2%, USA 6,9%, Burkina Faso 4.4% (2007) 1
Importations 6,318 milliards $ (est. 2009)1
Biens importés combustibles, biens d'équipement, denrées alimentaires
Principaux fournisseurs Nigeria 29,5 %, France 16,8 %, Chine 6,9 %, Belgique 3,5 % (2007) 4
Finances publiques
Dette publique 75,2% du PIB (est. 2007) 1
Dette extérieure 13,79 milliards $ (est. 31 décembre 2007) 3
Recettes publiques 20,8 % du PIB (est. 2007)3
DĂ©penses publiques 20.5 % du PIB (est. 2007)3
DĂ©ficit public
Aide au développement
Sources :
1. CIA factbook2. Worldbank3. Perspectives Ă©co
Sauf mention contraire, tous les chiffres sont exprimĂ©s en dollars des États-Unis

L’économie de la CĂŽte d'Ivoire, avec un PIB par habitant qui s'Ă©lĂšve Ă  980 dollars en 2008[1] fait partie des Ă©conomies en voie de dĂ©veloppement. L'indice de pauvretĂ© atteint 48,9 % en 2008.

Depuis l'instauration du commerce triangulaire lors des premiers contacts avec les explorateurs, l'Ă©conomie est dominĂ©e par l'exportation de produits dits de rente, en particulier le cafĂ© et le cacao, pour lesquels la CĂŽte d'Ivoire occupe les premiers rangs sur le plan mondial. Si l'Ă©conomie ivoirienne repose Ă  titre principal sur le secteur agricole que favorise un climat chaud et humide, l'apport de l'industrie au PIB est Ă©valuĂ© Ă  20 % et celui du secteur tertiaire Ă  50 %. La CĂŽte d'Ivoire possĂšde de plus quelques rĂ©serves de pĂ©trole non nĂ©gligeales pour son Ă©conomie. Elle possĂšde aussi quelques ressources miniĂšres mais dont la production reste trĂšs mineure. Elle produit en outre de l'Ă©lectricitĂ©, dont une part est revendue aux pays voisins.

Les progrÚs constatés au cours des quinze premiÚres années de l'indépendance ont fait place à une longue période de récession, favorisée par la chute des cours mondiaux des matiÚres premiÚres agricoles (café-cacao) et aggravée par divers facteurs dont la crise politico-militaire déclenchée en 2002.

La CĂŽte d'Ivoire reste toutefois un poids Ă©conomique important pour la sous-rĂ©gion ouest africaine : elle reprĂ©sente 39 % de la masse monĂ©taire et contribue pour prĂšs de 40 % au PIB de l'Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine (UEMOA).

La monnaie du pays est le franc CFA, dont la paritĂ© avec l'euro est fixe (1 euro = 655,957 francs CFA).

Sommaire

Historique

Économie prĂ©coloniale

La situation politique en CÎte d'Ivoire précoloniale.

L’économie de la CĂŽte d’Ivoire est caractĂ©risĂ©e Ă  l’origine et durant de nombreux siĂšcles par la recherche de l’autosubsistance. Elle est axĂ©e sur l’agriculture vivriĂšre et utilise des techniques de cultures itinĂ©rantes sur brĂ»lis. Toutefois, Ă  partir du XVe siĂšcle, elle entre dans une phase mercantiliste[N 1] au contact de nombreux commerçants mandĂ©s d’origine soudanaise, attirĂ©s par la kola produite dans les rĂ©gions Toura, Dans, Mahou, BĂ©tĂ©, Gouro et Anno (zones forestiĂšres des centre-ouest et nord-ouest de l'actuelle CĂŽte-d'Ivoire)[3]. Ces marchands recherchent Ă©galement de l’or, dans des rĂ©gions essentiellement habitĂ©es par les peuples SĂ©noufos (autour de Kong notamment), Djiminis et Lobi (nord et nord-ouest)[3]. À la veille de la conquĂȘte coloniale, deux systĂšmes politiques cohabitent sur le territoire de l'actuelle CĂŽte d'Ivoire et influencent fortement l'Ă©conomie :

  • le systĂšme Ă©tatique d'une part, prĂ©sent au Nord et Ă  l'Est du pays, notamment dans les royaumes de Bouna, du Kabadougou, de Kong et dans les royaumes Akans. Dans ces sociĂ©tĂ©s Ă  pouvoir centralisĂ©, le mode de production est caractĂ©risĂ© par l’existence d’une classe dirigeante qui exploite la paysannerie et une classe servile. Les Ă©changes Ă©conomiques Ă©chappent peu ou prou Ă  des impĂ©ratifs de parentĂ© pour s'inscrire dans une logique de profit Ă©conomique[4].
  • Le systĂšme des sociĂ©tĂ©s lignagĂšres d'autre part, pratiquĂ© notamment par les populations lagunaires, Krous et MandĂ©s du Sud. Ces peuples ne sont pas organisĂ©s en empires ou en royaumes, mais en lignages et classes d'Ăąge, Ă  l'intĂ©rieur de communautĂ©s tribales ou villageoises. Dans ces sociĂ©tĂ©s Ă  pouvoir diffus, l'unitĂ© Ă©conomique de base est le lignage, vĂ©ritable centre de production et de consommation, vouĂ© pour l'essentiel Ă  l’autosubsistance[4].

D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l'Ă©conomie prĂ©coloniale se structure autour de divers espaces relativement homogĂšnes. Ceux du Nord et du Centre du territoire sont reliĂ©s par un rĂ©seau de routes commerciales comportant de nombreux marchĂ©s et diverses citĂ©s commerciales, animĂ©es par des marchands dioula ou des membres des aristocraties dirigeantes locales. Le cauri et l'or y servent de monnaie de transaction. Ceux du Sud et de l'Ouest du pays comportent de multiples villages-marchĂ©s et les biens y circulent Ă  travers des rĂ©seaux de parentĂ©, d'alliance ou de clientĂšle plus Ă©loignĂ©e. Au sein de ces entitĂ©s l’on utilise le SombĂ© (un type de manille) comme monnaie d'Ă©change[N 2].

Ces espaces Ă©conomiques connaissent de profondes mutations au cours du XIXe siĂšcle.

Mutations Ă©conomiques du XIXe siĂšcle

L’installation des colons sur le territoire ivoirien commence dĂšs la fin des premiĂšres expĂ©ditions exploratoires menĂ©es par JoĂŁo de SantarĂ©m et Pedro Escobar au cours des annĂ©es 1470-1471, les Hollandais Ă  la fin du XVIe siĂšcle, puis les Français et les Anglais au XVIIe siĂšcle[5],[6]. À leur contact, l’agriculture locale connaĂźt une rĂ©orientation et est dĂ©sormais pratiquĂ©e en vue de la commercialisation de produits tropicaux. Un type particulier d’échanges, la traite nĂ©griĂšre, fait mĂȘme son apparition dans les zones du littoral. L'esclavage est aboli en 1848 dans les colonies françaises et cette mesure formelle a un impact Ă©conomique indĂ©niable. L'arrĂȘt de la dĂ©portation massive d'esclaves entraĂźne le dĂ©veloppement d'une traite intĂ©rieure. Il favorise en outre, au sein des colonies, l'instauration et la multiplication de rapports de production de type esclavagiste. Chez les Dioula et les MalinkĂ©, les esclaves sont redirigĂ©s vers les vastes domaines agricoles tandis que chez les Akans, ils servent Ă  l'extraction de l'or et au portage. Le commerce des produits naturels remplace alors celui des esclaves et l’agriculture est de nouveau dynamisĂ©e. Les Ă©changes commerciaux s'accroissent sous la poussĂ©e de la demande aussi bien europĂ©enne qu'africaine, entrainant par leur ampleur l'Ă©mergence et la consolidation de la fonction de courtier africain, intermĂ©diaire entre EuropĂ©ens et Africains, mais aussi entre populations cĂŽtiĂšres et celles de l'hinterland.

Pendant cette période, les échanges croissants doublés d'une concurrence de plus en plus rude entre Français et Anglais amÚnent les premiers à installer sur le littoral (à Assinie et Grand-Bassam en 1843) des comptoirs permanents. Les courtiers africains se retrouvent peu à peu face à l'impérialisme économique français auquel ils tentent de s'opposer, mais ils seront progressivement éliminés.

D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l'Ă©conomie prĂ©coloniale s'ajuste aux nouvelles exigences du XIXe siĂšcle dont celles de la colonisation du pays qui porte dĂ©jĂ  les germes de la dĂ©sorganisation de l’agriculture traditionnelle et de l’émergence de nouveaux partenaires commerciaux. Elle oriente l'Ă©conomie ivoirienne vers l'exportation de produits agricoles non-transformĂ©s et l’importation de produits europĂ©ens manufacturĂ©s[7].

Développements récents

« Miracle Ă©conomique Â»

Des dĂ©buts de la colonisation jusqu’à la fin des annĂ©es 1970, la situation Ă©conomique de la CĂŽte d’Ivoire est florissante[8],[9]. Le taux de croissance annuel du produit intĂ©rieur brut est Ă©levĂ© et il dĂ©passe 7 % durant la derniĂšre dĂ©cennie de la pĂ©riode coloniale (1950-1960)[10]. la CĂŽte d'Ivoire, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1960 axe sa politique de dĂ©veloppement sur l'expansion des exportations de matiĂšres premiĂšres et la substitution aux importations reposant sur quelques industries. Les stratĂ©gies mises en Ɠuvre sont alors particuliĂšrement adaptĂ©es aux contraintes extĂ©rieures et Ă  l'environnement gĂ©nĂ©ral. Une forte croissance est enregistrĂ©e et les changements structurels s’opĂšrent sans vĂ©ritables dĂ©sĂ©quilibres internes ou externes[11]. Le taux de croissance moyen reste Ă©levĂ© (plus de 6,8 %) pendant les quinze premiĂšres annĂ©es de l'indĂ©pendance du pays (1960-1975). Il atteint mĂȘme 10,2 %, entre 1960 et 1965. Plus faible entre 1970 et 1975 (6,8 %), il reste nĂ©anmoins supĂ©rieur Ă  celui des pays de l’Afrique noire et mĂȘme des pays occidentaux, respectivement Ă  4 % et 6 % en moyenne sur la mĂȘme pĂ©riode. L'Ă©pargne domestique quant Ă  elle, se stabilise Ă  un niveau relativement Ă©levĂ©, alors que l'endettement extĂ©rieur et l'inflation demeurent bas. La CĂŽte d’Ivoire est alors considĂ©rĂ©e comme la vitrine de l'Afrique occidentale et un modĂšle rĂ©ussi de politiques libĂ©rales en matiĂšre de dĂ©veloppement[11]. Une telle performance particuliĂšre s’explique en partie par la stabilitĂ© politique qui distingue alors le pays de la plupart des États africains.

Pour autant, cette Ă©conomie prĂ©sente des faiblesses structurelles : forte dĂ©pendance extĂ©rieure et dĂ©sĂ©quilibres importants entre ses diffĂ©rents secteurs d'activitĂ©[8]. Le cacao, qui en est la force (le « miracle Ă©conomique Â» des annĂ©es 1970 a pris appui sur le binĂŽme cafĂ©-cacao), constitue Ă©galement son point faible dans la mesure oĂč aucun autre produit ni aucun autre secteur n'influence autant l'Ă©conomie de la CĂŽte-d'Ivoire. Certes, la production de cacao injecte d'importants flux financiers dans le circuit Ă©conomique, distribue des revenus aux paysans, permet Ă  l'État, par le biais de l'impĂŽt, de disposer de marges de manƓuvre importantes, alimente la trĂ©sorerie des entreprises, permet aux banques d'obtenir des marges bĂ©nĂ©ficiaires, Ă  la balance commerciale d'ĂȘtre excĂ©dentaire et aux avoirs extĂ©rieurs de s'accroĂźtre. Mais lorsque les termes de l'Ă©change lui sont dĂ©favorables, l'Ă©conomie ivoirienne vacille[12]. La chute des cours des produits agricoles de base survenue Ă  la fin des annĂ©es 1970 a ainsi provoquĂ© une dĂ©pression[13] d'autant plus grave qu'Ă  la faveur du « boum du cafĂ© et du cacao Â», la CĂŽte d’Ivoire s’était engagĂ©e dans une politique monĂ©taire et fiscale expansionniste appuyĂ©e sur les revenus des exportations en forte croissance (principalement ceux gĂ©rĂ©s par la Caisse de stabilisation). L’augmentation de l'endettement extĂ©rieur a alors Ă©tĂ© immĂ©diate autant que la montĂ©e de l'inflation. Le taux de change rĂ©el du pays, reposant sur un taux d'inflation nettement supĂ©rieur Ă  celui de ses partenaires, s'est trouvĂ© surĂ©valuĂ© ruinant la compĂ©titivitĂ© de l’industrie nationale. Durant les annĂ©es 1980, le dĂ©ficit du secteur public atteint 12% du PNB et celui du compte d'opĂ©rations courantes 17% du PNB. ConfrontĂ© Ă  une croissance Ă©conomique fortement ralentie, le pays s’engage dans un Programme d'ajustement structurel (PAS)[11].

Programmes d'ajustement structurel

Le siÚge du Fonds monétaire international.
Le FMI et la Banque mondiale ont impulsé les programmes d'ajustement structurel.

Le premier programme d'ajustement structurel (1981-1983) vise Ă  redresser la situation financiĂšre extĂ©rieure et Ă  crĂ©er les conditions d'une reprise de la croissance Ă©conomique. Il s'agit de rĂ©duire le service de la dette extĂ©rieure et le dĂ©ficit du secteur public par une diminution trĂšs importante des dĂ©penses publiques. Le budget gĂ©nĂ©ral de fonctionnement de l’État connait alors une rĂ©duction de prĂšs de 55 % durant les trois annĂ©es du programme tandis que le budget spĂ©cial d'investissement et d'Ă©quipement (BSIE) est rĂ©duit de 12 %. L’encadrement du crĂ©dit est plus sĂ©vĂšre et son taux d'accroissement passe de 54 % en 1982 Ă  7 % en 1983. Par ailleurs, les salaires des fonctionnaires font l’objet d’un blocage et ceux du secteur parapublic, d’un rĂ©alignement Ă  la baisse. Ce train de mesures entraine une forte baisse du revenu des mĂ©nages dont l’épargne chute de 53 milliards de F.CFA en 1982 Ă  14,5 milliards en 1983 soit une baisse de 72 %. L'investissement baisse de 17 % sur la pĂ©riode et le crĂ©dit se ralentit. Ce rĂ©sultat mitigĂ© sert cependant de base au deuxiĂšme programme d’ajustement structurel (1984-1985).

Ce second programme vise la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire et l'augmentation des recettes publiques. Il bĂ©nĂ©ficie de la part du Fonds monĂ©taire international (FMI), d'un accord de confirmation sur une durĂ©e d'une annĂ©e et pour 82 millions de Droits de tirage spĂ©ciaux (DTS). Il est accompagnĂ© d'un rĂ©Ă©chelonnement de la dette extĂ©rieure ivoirienne Ă  hauteur de 275 millions de dollars sur une pĂ©riode de neuf ans avec quatre ans de diffĂ©rĂ©. Les mesures mises en Ɠuvre sont encore plus rigoureuses que celles du programme prĂ©cĂ©dant mais permettent de connaĂźtre quelques amĂ©liorations : Le dĂ©ficit budgĂ©taire est effectivement rĂ©duit en 1984 et, en 1985, le budget peut mĂȘme dĂ©gager un excĂ©dent d'environ 31 milliards de F.CFA. Le solde de la balance des paiements dĂ©gage des excĂ©dents (5,2% du PIB en 1984 et 4,8% du PIB en 1985). La production industrielle connaĂźt un accroissement de 7%. L’on assiste dans la mĂȘme pĂ©riode Ă  un accroissement de la masse monĂ©taire qui n’est toutefois pas le fruit de la politique monĂ©taire mais plutĂŽt celui d'un solde de balance des paiements favorable[N 3],[11] D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la croissance Ă©conomique du pays, en termes rĂ©els, d'environ 5 % marque une lĂ©gĂšre reprise. Mais le coĂ»t social est Ă©levĂ© avec notamment une augmentation du chĂŽmage.

Un troisiĂšme programme d'ajustement structurel (1986-1988) est conclu mais sous l’effet conjuguĂ© de la chute de ses recettes d'exportation [N 4], d’un service de la dette devenu lourd [N 5] et en dĂ©pit d’un accord pluriannuel de rĂ©Ă©chelonnement de la dette jusqu'en 1990, la CĂŽte d'Ivoire se rĂ©sout Ă  dĂ©clarer, en mai 1987, son impossibilitĂ© de payer les intĂ©rĂȘts des emprunts Ă©trangers. Au plan strictement interne, une augmentation de la fiscalitĂ© en gĂ©nĂ©ral et plus particuliĂšrement de la TVA en 1987, pousse de trĂšs nombreuses activitĂ©s commerciales vers le secteur informel. Globalement, les rĂ©sultats de ce troisiĂšme programme d’ajustement structurel sont jugĂ©s mitigĂ©s. Ses mesures pĂšsent trĂšs lourdement sur la vie Ă©conomique, et sociopolitique du pays crĂ©ant un contexte assez tendu.

Le quatriĂšme programme dit « de stabilisation financiĂšre Â» (1990-1992) voit le jour en 1990. Cet accord prĂ©vu pour une durĂ©e de 18 mois vise « le rĂ©tablissement des grands Ă©quilibres Â» notamment par des mesures fiscales et budgĂ©taires Ă  mĂȘme de rĂ©duire de maniĂšre sensible les besoins de financement de l'État. Sa mise en Ɠuvre est cependant minĂ©e par la dĂ©tĂ©rioration des termes de l'Ă©change concernant le cafĂ© et le cacao ainsi que le dĂ©veloppement de la corruption. Il s’achĂšve en septembre 1992 sur un Ă©chec global. Le pays ne dispose plus du PAS avec le FMI, a quelque peu amĂ©liorĂ© la situation de ses finances publiques et du secteur bancaire, mais n’est plus en mesure de rembourser sa dette et d'assurer ses dĂ©penses de fonctionnement. La solution de la dĂ©valuation du Franc CFA est alors inĂ©luctable[11].

DĂ©valuation du Franc CFA

Billet de banque de la BCEAO.
Monnaie en cours en CĂŽte d'Ivoire.

AprĂšs plus de dix ans d’ajustement interne et budgĂ©taire sans succĂšs, la CĂŽte d’Ivoire fait toujours face Ă  un endettement intĂ©rieur et extĂ©rieur excessifs. Le dĂ©sĂ©quilibre des dĂ©penses publiques demeure. Les institutions de Bretton-Woods s’engagent avec l’appui de la France qui soutient la convertibilitĂ© du FCFA par rapport au franc français, Ă  procĂ©der Ă  une dĂ©valuation du franc CFA presque taillĂ©e sur mesure pour l'Ă©conomie ivoirienne qui reprĂ©sente alors 60 % de la masse monĂ©taire des pays de l'UMOA.

Le 12 janvier 1994, la dĂ©valuation Ă  hauteur de 50 % du franc CFA intervient et entraine dans son sillage la signature d’un nouveau programme Ă©conomique et financier dĂ©nommĂ© FacilitĂ© d’ajustement structurel renforcĂ© (Fasr). La dĂ©valuation de la monnaie est destinĂ©e Ă  attĂ©nuer une surĂ©valuation du taux de change effectif rĂ©el depuis 1981[14]. Elle permet, grĂące notamment aux mesures d’accompagnement adoptĂ©es par la communautĂ© financiĂšre internationale, un taux de croissance positif de 6 % mais seulement pendant deux annĂ©es consĂ©cutives. Ce changement de paritĂ© du franc CFA par rapport au franc français s'inscrit dans une stratĂ©gie plus globale visant, par une sĂ©rie de rĂ©formes structurelles, Ă  recentrer l'action de l'État ivoirien sur des missions de rĂ©gulation, de contrĂŽle et de sĂ©curisation[N 6] pour amĂ©liorer les performances du secteur public et favoriser les activitĂ©s du secteur privĂ©[15].Les programmes d’ajustement structurel (facilitĂ© d'ajustement structurel renforcĂ© 1994-1996), mis en place dans cette perspective, par les partenaires extĂ©rieurs que sont le Fonds monĂ©taire international et la Banque mondiale, conduisent Ă  l'adoption par le gouvernement de mesures drastiques de restriction budgĂ©taire en vue du redressement Ă©conomique[16], sans grand succĂšs[17]. La dĂ©valuation a permis notamment de favoriser les cultures locales au dĂ©triment des importations. Les produits d’exportation se sont en revanche, trouvĂ©s durement confrontĂ©s Ă  la concurrence et Ă  la surproduction mondiales. La « pluie de milliards Â»[N 7](le volume exceptionnel des crĂ©dits d’accompagnement) a plutĂŽt favorisĂ© la mauvaise gouvernance.

Évolution du PIB. Source : OCDE[18]

Des problĂšmes de corruption liĂ©s Ă  l’exĂ©cution de projets financĂ©s par l’Union europĂ©enne ainsi que les arriĂ©rĂ©s de paiement des dettes contractĂ©es auprĂšs des institutions internationales, conduisent, en 1998, celles-ci Ă  rompre leur partenariat avec la CĂŽte d'Ivoire[13]. L’impact nĂ©gatif de cette situation sur l’économie est aggravĂ© par le coup de force militaire de dĂ©cembre 1999 et l’instabilitĂ© politique qui en rĂ©sulte. Le pays sombre dans une nouvelle dĂ©pression[13] et le taux de croissance en 2000 est nĂ©gatif : -2,3 %[19]. La crise politico-militaire qui Ă©clate en 2002 aggrave encore la situation.

Impact de la crise politico-militaire

La crise politico-militaire dĂ©clenchĂ©e le 19 septembre 2002 a entraĂźnĂ© un exode massif de prĂšs de 1,7 million de personnes, l'abandon des zones de conflit par l'administration publique ainsi que des entreprises privĂ©es et la destruction de nombreuses infrastructures Ă©conomiques. Le conflit consacre une division du pays entre un sud contrĂŽlĂ© par l'État et un nord contrĂŽlĂ© par la rĂ©bellion ; l'essentiel des ressources Ă©tant contrĂŽlĂ© par l'État (cafĂ©, cacao, pĂ©trole, gaz, bois...), la rĂ©bellion disposant pour sa part du contrĂŽle sur le coton et le diamant.

Pendant les six premiĂšres annĂ©es du conflit, la croissance Ă©conomique devient nĂ©gative (-0,4 %) largement infĂ©rieure Ă  celle des autres pays de l'UEMOA (4,1 %) et de l'Afrique subsaharienne (4,9 %). De nombreuses entreprises tenues par des non nationaux quittent le pays ou rĂ©duisent trĂšs fortement leurs activitĂ©s en attendant la fin de la crise. De mĂȘme, les investissements Ă©trangers directs baissent. Ce repli de l'activitĂ© Ă©conomique aggrave le chĂŽmage dont le niveau Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs Ă©levĂ© avant cette crise, notamment parmi les jeunes. Le secteur financier est durement touchĂ© avec la fermeture de toutes les agences des banques, au nombre de 19, installĂ©es dans la zone contrĂŽlĂ©e par la rĂ©bellion. Des contre performances sont notĂ©es particuliĂšrement au niveau fiscal et de la transparence en raison, explique la Banque mondiale, « de la chute des revenus, de l’augmentation des dĂ©penses liĂ©es Ă  la crise et des difficultĂ©s comptables Â».

Eu Ă©gard Ă  la place prĂ©pondĂ©rante qu'occupe ce pays dans l'Ă©conomie rĂ©gionale (40 % du PIB de l'UEMOA), ces dĂ©veloppements Ă©conomiques affectent nĂ©gativement la production et le commerce rĂ©gional, en particulier dans les pays voisins que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et la GuinĂ©e. Ceux-ci continuent de dĂ©pendre de son infrastructure de transport pour l'import-export et des fonds transfĂ©rĂ©s par leurs diaspora respectives installĂ©es en CĂŽte d'Ivoire.

Korhogo 2 mai 2006.
Agence de banque commerciale fermée par la crise politico-militaire. La façade extérieure sert de lieu de vente de friperie.

Avec un certain gel de la crise intĂ©rieure, la CĂŽte-d'Ivoire entreprend son redressement en obtenant en 2004 un taux d’inflation sous contrĂŽle (entre 1,4 % et 4,4 %) et des taux de croissance positifs (+1,6 % en 2004, +1,8 % en 2005[19] et +1,2 % en 2006) qui demeurent toutefois en dessous du niveau d'accroissement naturel de la population, estimĂ© Ă  3,3 %. L’État, pour sa part, ne parvient toujours pas Ă  tenir ses engagements extĂ©rieurs bien que le service de la dette reprĂ©sente une proportion de plus en plus faible des exportations (10,7 % en 2000, 5 % en 2003, 3,3 % en 2004 et 1,45 % en 2005)[19] qui connaissent un accroissement significatif (de 37,9 % en 2000 Ă  47,8 % du PIB en 2005)[20]. L'Accord politique du 4 mars 2007 conclut entre l'État ivoirien et la rĂ©bellion, a amorcĂ© une normalisation de la situation politique en crĂ©ant un climat politique relativement apaisĂ©, permettant une certaine avancĂ©e dans le rĂ©tablissement des institutions de la rĂ©publique et la rĂ©unification du pays. ConfortĂ©e par cette rĂ©unification du pays d'une part, la rĂ©habilitation des infrastructures publiques en cours ainsi que le retour progressif de la confiance du secteur privĂ© d'autre part, l'Ă©conomie ivoirienne enregistre depuis 2007, une lĂ©gĂšre reprise ; mais la situation reste encore globalement fragile[18].

D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, avec un taux de croissance annuel moyen du PIB de 6,7 % durant les quinze premiĂšres annĂ©es de son indĂ©pendance, la CĂŽte d'Ivoire qui Ă©tait classĂ©e comme un pays Ă  croissance rapide (un futur « pays Ă©mergent Â») est, depuis mars 1998, Ă  la recherche du bĂ©nĂ©fice de l'initiative pays pauvres trĂšs endettĂ©s (PPTE)[21].

Ressources naturelles

Bois

Aire de stockage de chantier forestier prĂšs de Biankouma Ă  l'ouest de la CĂŽte d'Ivoire.

L’exploitation forestiĂšre a jouĂ©, pendant plusieurs dĂ©cennies, un rĂŽle majeur dans l'Ă©conomie de la CĂŽte d'Ivoire. Elle dĂ©bute dans le pays au cours des annĂ©es 1880-1890, Ă  l’initiative de commerçants britanniques en quĂȘte d’une nouvelle essence de bois Ă  mĂȘme de remplacer le Mahogany des Antilles[22]. La principale essence commercialisĂ©e jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 1920 est alors l’acajou, fortement demandĂ©e sur le marchĂ© international[22]. De nombreuses essences sont par la suite exploitĂ©es aux fins d’exportation, parmi lesquelles le makorĂ©, le sipo, l’aboudikro, le tiama, le niangon, le samba, le bĂ©tĂ©, l’assamela, le dibetou, l’ilomba, le bosse, le fromager, l'iroko. PrĂšs de 70% de la production de bois est destinĂ©e Ă  l’exportation sur les marchĂ©s internationaux, le bois de teck Ă©tant la principale grume tropicale exportĂ©e. En 2004, la vente totale de bois de grume exportĂ© rapporte au pays 267 564 millions de FCFA. Hormis l'exportation, le pays installe progressivement une industrie de bois permettant Ă  ce secteur de se dĂ©velopper en proposant des produits finis ou semis finis Ă  forte valeur ajoutĂ©e.

Toutefois, cette exploitation a des consĂ©quences nĂ©gatives sur le patrimoine forestier et l'environnement. Elle s'effectue dans les forĂȘts du domaine permanent de l’État (parcs nationaux, rĂ©serves, forĂȘts classĂ©es, ou proposĂ©es au classement) dont une partie a Ă©tĂ© dĂ©classĂ©e Ă  cette fin d'une part entre 1929 et 1959 (prĂšs de 500 000 ha) et d'autre part dans les trente premiĂšres annĂ©es de l'indĂ©pendance du pays (plus d'1 million ha). Mais elle touche surtout les forĂȘts du domaine rural constituĂ© par le couvert forestier non compris dans le domaine permanent de l’État. Il en rĂ©sulte que le massif forestier ivoirien, qui, dans les premiĂšres annĂ©es de l'indĂ©pendance longeait le golfe de GuinĂ©e sur plus de 500 km et s’étendait sur une profondeur variant entre 120 km et 350 km Ă  l’intĂ©rieur du pays, se retrouve en 2008, fortement menacĂ© par une exploitation abusive[23] aprĂšs avoir jouĂ© un rĂŽle majeur dans l'essor Ă©conomique du pays.

Le rythme de destruction auquel cette activitĂ© soumet le couvert forestier du pays est difficile Ă  soutenir Ă  long terme. Le gouvernement ivoirien a, de ce fait, Ă©tĂ© amenĂ© Ă  adopter un programme de reboisement impliquant fortement les exploitants forestiers. Il a Ă©galement crĂ©Ă© la SociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement des forĂȘts (Sodefor), structure chargĂ©e Ă  la fois de la prĂ©servation et la gestion d'un patrimoine forestier d'environ 6 000 000 d’hectares, et du reboisement dans les zones appauvries par cette exploitation forestiĂšre massive. L'objectif affichĂ© est de contenir le rythme de croissance de l'exploitation forestiĂšre Ă  un taux infĂ©rieur Ă  celui de la rĂ©gĂ©nĂ©ration du patrimoine forestier[24].

Diamant et or

Comme en Guinée, ici sur la photo, l'exploitation artisanale des gisements est courante en CÎte d'Ivoire.

La production de diamant en CĂŽte d’Ivoire commence en 1948 par le gisement de Tortiya Ă©tendu sur 188 ha avec une rĂ©serve estimĂ©e Ă  830 000 carats. L’exploitation de ce gisement est confiĂ©e Ă  la SociĂ©tĂ© anonyme de recherches miniĂšres en CĂŽte d’Ivoire (Saremci) qui, dĂšs la premiĂšre annĂ©e obtient une production de 36 000 carats et voit sa production augmenter rĂ©guliĂšrement pour atteindre son point culminant en 1972 avec 260 000 carats. Le dĂ©clin consĂ©cutif conduit Ă  la fermeture de la mine en 1975 et Ă  celle de l’entreprise en 1976, malgrĂ© une ultime tentative de reprise d’activitĂ©s par la sociĂ©tĂ© Watson qui se solde par un Ă©chec et conduit Ă  la fermeture en 1977. MalgrĂ© tout, le gisement de Tortiya a constituĂ© Ă  son Ă©poque la principale ressource miniĂšre du pays[25]. À cĂŽtĂ© de cette expĂ©rience qui constitue la plus importante opĂ©ration de production de diamant en CĂŽte d’Ivoire, et parallĂšlement Ă  elle, se dĂ©veloppent, d'autres travaux d’exploitation de gisement dans la rĂ©gion de SĂ©guĂ©la. Ceux-ci sont entrepris d’abord par la Compagnie miniĂšre du Haut-Sassandra (Sandramine) en 1949 puis repris par la SociĂ©tĂ© diamantifĂšre de la CĂŽte d’Ivoire (Sodiamci) en 1956. Cette autre initiative dont la production annuelle n'est jamais allĂ©e au-delĂ  de 25 000 carats prend fin en 1971 avec la fermeture de la Sodiamci.

Bien que l'extraction industrielle du diamant soit arrĂȘtĂ©e, une exploitation artisanale se poursuit aujourd'hui Ă  SĂ©guĂ©la et Tortiya, situĂ©s dans la zone contrĂŽlĂ©e par la rĂ©bellion ivoirienne. Ainsi l'ensemble de la production nationale de diamant s'effectue sous le contrĂŽle de la rĂ©bellion ivoirienne avec des rĂ©sultats assez controversĂ©s. JugĂ©s maigres, voire dĂ©risoires par certains observateurs[26], ces rĂ©sultats sont Ă©valuĂ©s par l'orgnisation Global witness au chiffre record de 300 000 carats avec un revenu annuel du trafic liĂ© Ă  cette activitĂ©, estimĂ© par le Ministre ivoirien des mines et de l'Ă©nergie Ă  plus de 25 millions de dollars (40 milliards de FCFA)[27],[28]. En 2008, la CĂŽte d’Ivoire reste cependant le seul pays sous embargo de l'ONU pour l'exportation du diamant en raison de la crise que connaĂźt ce pays[29],[30].

L’or, extrait au moyen de techniques traditionnelles par les peuples de CĂŽte d’Ivoire dĂšs avant l’accession du pays Ă  l’indĂ©pendance, constitue la deuxiĂšme ressource miniĂšre exploitĂ©e d'un sous-sol qui recĂšle beaucoup d’autres minerais comme le fer, le nickel, le manganĂšse, la tantalite, la bauxite, le cuivre, le gaz, l’uranium, le cobalt, le tungstĂšne, l'Ă©tain, l'ilĂ©ite et les pierres ornementales. Toutefois, un seul gisement, gĂ©rĂ© par la SociĂ©tĂ© des mines d’Ity (SMI) est en exploitation industrielle. Quatre autres gisements sont en exploitation artisanale par des organisations CoopĂ©ratives Ă  Issia, Angovia, Angbaoua, et Kokumbo. Plusieurs sociĂ©tĂ©s non nationales dĂ©tiennent des permis d’exploitation de mines d'or. MalgrĂ© la crise que traverse le pays, la production globale d’or connaĂźt une hausse entre 2004 et 2005. Le pays reste cependant un producteur assez marginal d'or, sa production annuelle moyenne Ă©tant estimĂ©e Ă  1,5 t[31] trĂšs loin derriĂšre les 26 t[32] du Ghana ou les 38 t[33] de l'Afrique du Sud.

PĂ©trole et gaz naturel

PĂ©trole, Gaz & ÉlectricitĂ©
PĂ©trole
Production 50.000 b./jour
Consommation 25.000 b./jour
Gaz
Production totale 1,3 milliard de mÂł (2004)
Consommation 1,3 milliard de mÂł (2004)
Exportations 0 mÂł (2004)
ÉlectricitĂ©
Production totale
- dont hydraulique
- thermique
5 507 GWh (2006)
40%
60%
Consommation 3 202 milliards de kWh (2004)
Exportations 1,1 milliard de kWh (2004)
Consommation d'Ă©nergie/capita
Sources : CIA

Avant la dĂ©couverte, dans les annĂ©es 1970, de gisements de pĂ©trole et gaz exploitables, le pays assurait par des importations la couverture de ses besoins nationaux en produits pĂ©troliers finis. Aussi, pour mieux bĂ©nĂ©ficier des gains de valeur ajoutĂ©e liĂ©s Ă  la transformation du pĂ©trole brut, l'État ivoirien importa, Ă  partir de 1965, des quantitĂ©s de plus en plus importantes d’hydrocarbures, traitĂ©s intĂ©gralement par la SociĂ©tĂ© Ivoirienne de Raffinage (SIR) crĂ©Ă©e en octobre 1962 et ayant une capacitĂ© de raffinage de 3 500 000 tonnes par an, soit 70 000 barils par jour[34]. Cette nouvelle situation fit baisser, de façon considĂ©rable, le taux d’importation de produits finis du pays. Celui-ci s'identifiait, de ce fait, comme un pays tournĂ© vers la raffinerie plutĂŽt que la production du pĂ©trole.

Le pays disposait pourtant de rĂ©serves de pĂ©trole brut estimĂ©es Ă  100 millions de barils[35]. Le groupe Esso-Shell est Ă  l'origine de la dĂ©couverte de ce pĂ©trole et de ce gaz exploitables. Dans son sillage, des concessions d’exploitation sont accordĂ©es Ă  plusieurs autres grandes compagnies pĂ©troliĂšres par le gouvernement ivoirien. Cependant, Ă  travers la sociĂ©tĂ© d’État Petroci (SociĂ©tĂ© nationale d’opĂ©rations pĂ©troliĂšres de la CĂŽte d’Ivoire), l’État ivoirien demeure propriĂ©taire des gisement dĂ©couverts et prend des participations au sein de divers groupes.

En 2005, avec 3,9 millions de tonnes, le sous-secteur de l’hydrocarbure traduit son dynamisme par une hausse gĂ©nĂ©rale, la plus importante du secteur industriel. La production de pĂ©trole, grĂące au champ « Baobab Â» du bloc CI40, atteint le niveau de 80 000 barils par jour Ă  fin mars 2006 permettant ainsi de couvrir largement la consommation journaliĂšre estimĂ©e Ă  25 000 barils. La production de gaz quant Ă  elle s’établit Ă  1 742,3 millions de m3. La mĂȘme annĂ©e, les exportations de produits pĂ©troliers augmentent de 22,6 % pour se chiffrer Ă  3 242,1 millions de tonnes[36].

Au total, en 2008, avec 50 000 barils par jour en moyenne, la CĂŽte d’Ivoire ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un producteur stratĂ©gique de pĂ©trole en Afrique comparativement Ă  la GuinĂ©e Équatoriale (300 000 barils par jour), Ă  l'Angola (1,5 million par jour) ou encore au NigĂ©ria (2,3 millions de barils par jour)[37].

Énergie Ă©lectrique

Immeuble de l'EECI (Énergie Ă©lectrique de CĂŽte d'Ivoire) Ă  Abidjan plateau.

Essentiellement hydraulique Ă  l’origine, l’électricitĂ© produite par la CĂŽte d’Ivoire est par la suite devenue Ă©galement thermique. Elle est en majeure partie assurĂ©e Ă  partir des barrages hydroĂ©lectriques d’AyamĂ© 1, AyamĂ© 2, Kossou, Taabo, Buyo et FayĂ©. Alors que le potentiel hydro-Ă©lectrique total de la CĂŽte d’Ivoire est Ă©valuĂ© Ă  12 400 gWh, l’équipement actuellement disponible ne permet de disposer que de 2 550 gWh (20,56 %). Concourent Ă  la production nationale d’énergie thermique, les centrales de Vridi gaz, la Compagnie ivoirienne de production d’électricitĂ© (Ciprel), Azito et d’autres centrales isolĂ©es ou autonomes. L’électricitĂ© produite par la CĂŽte d’Ivoire en 2005 atteint 5 571,17 gWh, dont 1 397,87 gWh sont exportĂ©s vers le Ghana (plus de 50% des exportations), le Burkina Faso, le Mali et le BĂ©nin[38].

La gestion de la production et de la distribution de l’électricitĂ© relevait au dĂ©part de la structure d'État Énergie Ă©lectrique de CĂŽte d’Ivoire (EECI). Depuis la privatisation de cette gestion au profit de la Compagnie ivoirienne d'Ă©lectricitĂ© (CIE), l’État n’intervient dans le secteur Ă©nergie Ă©lectrique qu’à travers deux structures : la SociĂ©tĂ© de gestion du patrimoine Ă©lectrique de l’État (SOGEPE) qui gĂšre le patrimoine du secteur et la SociĂ©tĂ© d’opĂ©ration ivoirienne d’énergie Ă©lectrique (SOPIE), maĂźtre d’Ɠuvre exclusif du secteur Ă©nergie Ă©lectrique[39].

MalgrĂ© les efforts entrepris par l’Institut de recherche des Ă©nergies nouvelles (IREN), l’énergie solaire, pour lequel des potentialitĂ©s importantes ont Ă©tĂ© relevĂ©es, reste encore trĂšs peu dĂ©veloppĂ©e en CĂŽte d’Ivoire[39].

En fĂ©vrier 2010, suite Ă  une mauvaise appĂ©ciation des ressources Ă©nergĂ©tiques, le concessionnaire principal en l'occurrence la CIE, commence Ă  procĂ©der Ă  des dĂ©lestages au niveau du territoire ivoirien ouvrant une seconde pĂ©riode de crise Ă©nergĂ©tique en CĂŽte d'Ivoire aprĂšs celle de 1984. Selon Eddy Simon, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’Energie au ministĂšre des Mines et de l’Energie : « Le systĂšme Ă©lectrique national connaĂźt en ce moment une diminution de sa capacitĂ© de production d’énergie Ă©lectrique qui se traduit par des difficultĂ©s Ă  satisfaire l’ensemble des besoins en Ă©lectricitĂ© des populations Â»[40]. Ainsi, un programme de dĂ©lestage temporaire est mis en place, prenant en compte les prioritĂ©s suivantes :

  • sauvegarder le tissu Ă©conomique permettant ainsi de prĂ©server les emplois (industries, entreprises) ;
  • assurer l’alimentation des stations de pompage et chĂąteaux d’eau de la SODECI;
  • assurer l’alimentation des centres hospitaliers

Mais on constate que cette crise Ă©nergĂ©tique grangrĂšne l'Ă©conomie nationale en provoquant l'arrĂȘt des machines dans l'outil de travail industriel, obligeant les entreprises Ă  mettre en place des programmes de chĂŽmage structurels et investir davantage dans l'achat de groupes Ă©lectrogĂšnes. Au niveau rĂ©gional, cette crise retarde le projet de l'Uemoa d'interconnexion Ă©lectrique ouest-africain dont le fournisseur essentiel devait ĂȘtre la CĂŽte d'Ivoire grĂące Ă  ses « grandes capacitĂ©s de production Â». Ainsi le secteur ivoirien de l’électricitĂ© a commencĂ© Ă  importer de l’énergie du Ghana pour environ 25 MW et ceci, en application du contrat d’échanges d’énergie qui existe entre les deux pays. Puis, une centrale thermique de location de 70 MW sera installĂ©e Ă  Vridi pour accroĂźtre la capacitĂ© de production.

Infrastructures

Article dĂ©taillĂ© : Transport en CĂŽte d'Ivoire.
Transports
Routes
Routes 82 000 km (2005)
GoudronnĂ©es 6 500 km (2005)
Routes en terre 75 500 km (2005)
Voies ferrées
660 km (2005)
Voies navigables
980 km
Ports & aéroports (2005)
Ports maritimes Port autonome d’Abidjan, port autonome de San-Pedro
Aéroports à piste goudronnée 7
Aéroports non goudronnés 29
Sources: Gouvernement ivoirien[41]

Les infrastructures du pays sont relativement plus dĂ©veloppĂ©es que celles des autres pays de l’Afrique de l'Ouest, malgrĂ© une crise qui en a empĂȘchĂ© l'entretien rĂ©gulier ou l'extension.

DĂšs son accession Ă  l’indĂ©pendance, la CĂŽte d’Ivoire met l'accent sur le dĂ©veloppement et la modernisation des transports, tant en ce qui concerne le dĂ©placement des personnes qu'en ce qui se rapporte au transit des marchandises. D’importantes infrastructures sont donc construites, dans les secteurs du transport routier, du transport ferroviaire, du transport maritime et du transport aĂ©rien.

En dĂ©pit de la crise ivoirienne, les pays voisins de la CĂŽte d'Ivoire (Burkina Faso, Mali, Niger, et GuinĂ©e) n'ont pas cessĂ© de dĂ©pendre fortement de ses installations de transport pour leurs importations et exportations ainsi que pour le transfert de leurs nationaux Ă©migrĂ©s en CĂŽte d’Ivoire[42].

Transport terrestre

Transport de voyageurs par voie routiĂšre.

En 2000, le rĂ©seau routier total de la CĂŽte d’Ivoire s’étend sur 85 000 km, dont 75 500 km de routes en terre, 6 500 km de routes bitumĂ©es, et 150 km d’autoroutes. Il sert au trafic international avec les pays voisins (Ghana, LibĂ©ria, Mali, Burkina Faso...) mais Ă©galement Ă  la circulation nationale[18]. Celle-ci concerne un parc automobile estimĂ© Ă  600 000 vĂ©hicules environ, constituĂ© Ă  75% de vĂ©hicules d’occasion (de seconde main), en raison de la baisse du pouvoir d’achat depuis le dĂ©but de la crise Ă©conomique dans ce pays. L'acquisition de vĂ©hicules d'occasion reste une alternative moins couteuse qui a permis de maintenir un rythme global de 20 000 immatriculations chaque annĂ©e.

Le rĂ©seau ferroviaire est long de 1 260 km et relie le pays au Burkina Faso et au Niger. Une voie ferrĂ©e, longue de 1 156 km, relie Abidjan Ă  Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Construite pendant la pĂ©riode coloniale par la rĂ©gie Abidjan-Niger (RAN), elle a permis le dĂ©senclavement de l'ex-Haute-Volta (Burkina Faso), du Niger et du Mali. Cette ligne de chemin de fer, exploitĂ©e par Sitarail, joue un rĂŽle important dans le transport des marchandises (bĂ©tail notamment) et des personnes entre la CĂŽte d’Ivoire et les pays limitrophes : 1 million de tonnes de marchandises ont ainsi Ă©tĂ© convoyĂ©es en 2006. En 2005, malgrĂ© l'impact nĂ©gatif de la crise ivoirienne sur ce secteur, les recettes rapportĂ©es par le transport des marchandises et par celui des personnes, par la RAN, sont Ă©valuĂ©es respectivement Ă  16 309 et 3 837 milliards de francs CFA.

Transport maritime

Articles dĂ©taillĂ©s : Port autonome d'Abidjan et Port autonome de San-Pedro.

La construction de deux ports sur la façade maritime a favorisĂ© le dĂ©veloppement du transport maritime en CĂŽte d’Ivoire et la croissance Ă©conomique du pays. Le port autonome d’Abidjan, parfois qualifiĂ© de « poumon de l’économie Â» ivoirienne[43], et de celui de San-PĂ©dro, est le plus important d’Afrique de l'ouest et le deuxiĂšme d'Afrique, aprĂšs le port de Durban en Afrique du Sud. Le trafic total en 2005, en cumulant les importations et les exportations, est de 18 661 784 tonnes pour le port autonome d'Abidjan et de 1 001 991 tonnes pour celui de San-PĂ©dro. Ces deux ports disposent d'Ă©quipements modernes, et servent Ă  l'approvisionner de l'ensemble des pays enclavĂ©s de la rĂ©gion.

Port d'Abidjan

La zone portuaire d'Abidjan s’étend sur 770 hectares et dispose d'Ă©quipements modernes servant Ă  l'approvisionnement de l'ensemble des pays enclavĂ©s de la rĂ©gion. C’est le premier port thonier d’Afrique. Il dispose de trente-trois postes Ă  quai sur environ six kilomĂštres de quai et peut accueillir soixante navires en opĂ©rations commerciales avec ces nombreux postes spĂ©cialisĂ©s, son terminal Ă  conteneurs, et ses trois portiques lourds Ă  conteneurs. Un projet d’extension du port a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© mais n’a pu dĂ©marrer du fait de la crise ivoirienne[44]. Mais, dĂ©jĂ , avec les installations existantes, le port autonome d'Abidjan contribue Ă  90% des recettes douaniĂšres du pays et Ă  60 % du revenu de l'État. 65 % des unitĂ©s industrielles du pays exercent sur le port, reprĂ©sentant un effectif de 50 000 personnes sur le site. 70 % du PIB ivoirien passe Ă©galement par le port.

Port de San-Pedro

Le port autonome de San-Pedro, lui, dispose de cinq quais de 1 202 m de long, dont 155 m de quai sud et 581 m de quai ouest avec, Ă  l’arriĂšre, trois magasins-cales de 13 800 m2 qui lui permettent d’affirmer sa vocation industrielle[45].

Transport aérien

Aéronef de la Compagnie Air Sénégal International.

La CĂŽte d’Ivoire dispose de trois aĂ©roports internationaux, situĂ©s Ă  Abidjan, Yamoussoukro et BouakĂ©, quatorze aĂ©roports rĂ©gionaux dont les principaux sont ceux de Daloa, Korhogo, Man, OdiennĂ© et San-PĂ©dro ainsi que de vingt-sept aĂ©rodromes. Tous les aĂ©roports sont sous l'autoritĂ© gĂ©nĂ©rale de l'Ă©tablissement public, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la mĂ©tĂ©orologie (ANAM), Ă  l’exclusion des activitĂ©s relevant de la compĂ©tence de l’Agence pour la sĂ©curitĂ© de la navigation aĂ©rienne en Afrique et Ă  Madagascar (Asecna).

Depuis le dĂ©clenchement de la crise, seules cinq plateformes sont accessibles. Il s’agit d’Abidjan, de San-PĂ©dro, de Yamoussoukro, de Daloa et de Tabou. L'essentiel de ce trafic est assurĂ© par des entreprises aĂ©ronautiques europĂ©ennes (Air France, Brussels Airlines) et quelques entreprises africaines (South African Airways, Kenya Airways, Air SĂ©nĂ©gal International). Les mouvements enregistrĂ©s en 2005 par les aĂ©roports de Yamoussoukro, San-PĂ©dro et Tabou se chiffrent respectivement Ă  46 946, 4 665 et 183[46]. La compagnie nationale Air Ivoire dĂ©veloppe pour sa part, une politique commerciale axĂ©e sur le dĂ©veloppement de ses lignes vers les pays de l’Afrique de l'Ouest et vers la France.

AĂ©roport d'Abidjan

Pour l'aĂ©roport d'Abidjan, dĂ©nommĂ© aĂ©roport international FĂ©lix HouphouĂ«t Boigny, les statistiques Ă©tablies en 2005 indiquent 14 257 mouvements commerciaux (arrivĂ©es et dĂ©parts), 745 180 passagers commerciaux (arrivĂ©es, dĂ©parts et transit) et 12 552 tonnes de fret commercial. L’aĂ©roport d’Abidjan assure 90 pour cent du trafic et rĂ©alise plus de 95 pour cent des recettes du secteur. Sa gestion est devenue privĂ©e, aprĂšs la signature d’un contrat avec Aeria, sociĂ©tĂ© crĂ©Ă©e en association avec la Chambre de commerce de Marseille[18].

Télécommunications

Télécommunications et internet
Téléphonie
Indicatif + 225
Nombre de lignes fixes (2006)
-soit pour 100 habitants
261 000
1,41
Nombre d'abonnés mobiles (2007)
-soit pour 100 habitants
Taux de progression (2006-2007)
7,050 millions
36,6
73%
Internet
Domaine .ci
Fournisseurs 10
Nombre d'internautes (2006) 300 000
Radio Télécommunications
postes TV (2005) 800 000
postes radio (1997) 2.26 millions
Sources : gouvernement ivoirien, UIT
Évolution du nombre de lignes de tĂ©lĂ©phone fixe (beige), mobile (bleu) et d’utilisateurs d’internet (rouge) : 1998-2007*
Source:UIT - (*):estimation

Les tĂ©lĂ©communications couvrent en CĂŽte d'Ivoire les domaines de la tĂ©lĂ©phonie fixe, la tĂ©lĂ©phonie mobile et l'Internet. Prolongement Ă  l'Ă©chelon national de l'industrie mondiale des tĂ©lĂ©communications, elles sont caractĂ©risĂ©es par d'importantes innovations technologiques et, nonobstant la crise, un marchĂ© local en pleine expansion. Le rĂ©seau du tĂ©lĂ©phone fixe qui compte en 1997, 115 214 lignes passe dĂšs 2003, Ă  330 000 lignes soit Ă  peu prĂšs trois fois sa taille et, sur la mĂȘme pĂ©riode le nombre total des abonnĂ©s de tous les rĂ©seaux, lui, est multipliĂ© par douze[N 8]. L'Internet notamment grĂące Ă  la fibre optique, se rĂ©pand de plus en plus dans tout le pays[47].

La tĂ©lĂ©phonie fixe est dominĂ©e par CĂŽte d’Ivoire TĂ©lĂ©com, sociĂ©tĂ© Ă  participation financiĂšre de l'État ivoirien dont la gestion est assurĂ©e par France CĂąbles et Radio, filiale de France TĂ©lĂ©com. Cette entreprise rĂ©alise en fin d’exercice 2004, un chiffre d’affaires de 121,4 milliards de francs CFA.

Pourtant, c'est la tĂ©lĂ©phonie mobile qui se rĂ©vĂšle la locomotive du secteur dont le marchĂ© est rĂ©parti entre quatre opĂ©rateurs privĂ©s : Orange (groupe France TĂ©lĂ©com), MTN (Compagnie sud africaine), Moov et depuis juillet 2006, Koz. À eux seuls, les trois premiers cumulent en 2005, un chiffre d'affaires de 198,9 milliards de francs CFA[48].

Le siĂšge de la Poste CĂŽte d'Ivoire, Ă  la place de la RĂ©publique Ă  Abidjan

Depuis 2006, les rĂ©seaux tĂ©lĂ©coms du pays offrent des accĂšs Ă  Internet. Cinq opĂ©rateurs principaux se rĂ©partissent le marchĂ© local de l'Internet : Aviso, Globe Access, ComĂšte, Afnet et Africa Online. Le renforcement des rĂ©seaux de type Asymetric Digital Subscriber Line (ADSL) a permis de doubler la capacitĂ© de connexion et d'assurer une meilleure couverture des villes de l'intĂ©rieur du pays[49].

Le service postal qui existe en CĂŽte d'Ivoire depuis le XIXe siĂšcle, est en 2008, aprĂšs plusieurs mutations, animĂ© par une sociĂ©tĂ© d'État, la Poste de CĂŽte d'Ivoire. La Poste de CĂŽte d’Ivoire assure le transport de messagerie (lettres, cartes, documents) et de marchandises (paquets et colis), ainsi que le transfert d'argent. Elle dispose de 197 bureaux rĂ©partis sur l'ensemble du territoire, 56 centres de distribution rurale, deux centres de tri postal, deux centres de colis postaux et un centre philatĂ©lique. ParallĂšlement Ă  la poste des distributeurs privĂ©s en croissance rapide proposent de nouvelles formules.

Structure Ă©conomique

Secteur primaire

Agriculture

GDP Structure of CĂŽte d Ivoire-fr.svg
Place de l'agriculture

Occupant en 2007, 66% de la population active et contribuant Ă  hauteur de 70 % aux recettes d'exportation, l’agriculture affirme sa primautĂ© dans l’activitĂ© Ă©conomique de la CĂŽte d’Ivoire[18],[50]. Mais cette agriculture est elle-mĂȘme marquĂ©e par la domination du binĂŽme cafĂ©-cacao qui reprĂ©sente 40 % des recettes d’exportation et 20 % du PIB et fait vivre 6 millions d’ivoiriens, avec 600 000 exploitations en activitĂ©[18]. Le cacao, dont la CĂŽte d’Ivoire gĂ©nĂšre 40 % de la production mondiale, est la principale ressource Ă©conomique du pays.

La CĂŽte d’Ivoire occupe, Ă  l’échelle mondiale, la place de premier producteur de cacao (1,404 million de tonnes, campagne 2003-2004) ; elle est troisiĂšme en ce qui concerne la noix de coco et figure parmi les dix premiers producteurs de cafĂ© (154 000 t, campagne 2003-2004) dominĂ©e par la variĂ©tĂ© robusta. Le pays dĂ©veloppe parallĂšlement d’autres filiĂšres de productions pour l’exportation telles celles de l’huile de palme (109 162 t), du coton (180 144), du caoutchouc (141 379 t), des bananes (307 227 t) et des ananas (226 022 t). Le pays produit des graines de palme 1,564 million t., de la canne Ă  sucre 1,430 million de t., des noix de kola 65 216 t., des noix de cajou 167 000 t., des mangues 120 902 t. mangues[51]. Les cultures vivriĂšres sont Ă©galement prĂ©sentes : banane plantain (1 519 716), maĂŻs (608 032), taro (51 252) et riz (673 006). Auto suffisante pour le manioc et l’igname, la CĂŽte d’Ivoire reste cependant, un importateur net en cĂ©rĂ©ales.

Produits vivriers (marché local).
Cacao

La CĂŽte d’Ivoire demeure, avec 40% de la production, le premier producteur mondial de cacao devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 million de tonnes en 2003-2004, avec une part de 1,060 millions de tonnes destinĂ©es aux exportations durant la mĂȘme pĂ©riode. Le prix d’achat du cacao au producteur a chutĂ© de 688 francs CFA en 2002-2003 Ă  207 francs CFA le kg en 2003-2004, du fait de la baisse des cours mondiaux et de la spĂ©culation pratiquĂ©e par les acheteurs-exportateurs. En lĂ©gĂšre hausse, la proportion de cacao transformĂ©e par l’agro-industrie locale reprĂ©sente prĂšs de 20% de la production totale en 2003-2004[52].

Café

Ces produits phares ont connu des fortunes diverses. AprĂšs avoir Ă©tĂ© classĂ©e troisiĂšme producteur mondial de cafĂ© pendant prĂšs de trente ans, la CĂŽte d’Ivoire enregistre une baisse de production, passant de 250 000 tonnes en 1990 Ă  145 000 tonnes en 1994. MĂȘme si la production du pays remonte Ă  un niveau proche de celle des trente premiĂšres annĂ©es de son indĂ©pendance, celui-ci n'est plus, en 2007, que quatorziĂšme producteur mondial, concurrencĂ© puis devancĂ© plus rĂ©cemment (entre 2004 et 2007) par le PĂ©rou, le Costa Rica, le Nicaragua et l'Ouganda. Le prix moyen d'achat bord champ reste assez faible (355 francs CFA le kg au cours de la campagne 2003-2004) autant que la proportion de cafĂ© transformĂ©e par l’agro-industrie locale qui est passĂ©e de 3,6 % en 2001-2002, Ă  2 % de la production totale en 2003-2004.

Institutions

La libĂ©ralisation du secteur a fait naĂźtre diffĂ©rentes structures dont la gestion est controversĂ©e : le Fonds de rĂ©gulation et de contrĂŽle cafĂ©-cacao (FRCC), la Bourse du cafĂ© et du cacao (BCC), l'AutoritĂ© de rĂ©gulation du cafĂ© et du cacao (ARCC) et le Fonds de dĂ©veloppement et de promotion des activitĂ©s des producteurs de cafĂ© et de cacao (FDPCC).

Élevage et pĂȘche

Éleveur peul conduisant un troupeau de bƓufs sur la route nationale Man-Touba.
La CĂŽte d'Ivoire n'est pas un pays de tradition pastorale.

DĂšs son accession Ă  l’indĂ©pendance, la CĂŽte d’Ivoire, qui n'est pas un pays de tradition pastorale, met un accent particulier sur le dĂ©veloppement de l’élevage. Celui-ci connaĂźt effectivement une augmentation globale, en dĂ©pit de quelques baisses enregistrĂ©es au niveau de la production. Le cheptel national composĂ© de bovins (1,346 million), de petits ruminants (2,121 millions) (ovins et caprins), de porcins (300 000), ainsi que de volailles (27,290) millions ne peut seul couvrir les besoins de la consommation nationale aussi le pays doit-il recourir Ă  des importations de viande.

La CĂŽte d’Ivoire met Ă©galement en valeur ses atouts pour le dĂ©veloppement de la pĂȘche, notamment sa façade cĂŽtiĂšre sur le Golfe de GuinĂ©e. Il constitue une flottille, procĂšde Ă  l’extension des ports de pĂȘche Ă  Abidjan et San-PĂ©dro et il incite aussi au dĂ©veloppement de l’aquaculture, par la crĂ©ation de piscines et Ă©tangs piscicoles. Pour aider Ă  combler le dĂ©ficit en produits halieutiques, la CĂŽte d’Ivoire conclut des accords de pĂȘches et de coopĂ©ration avec l’Union europĂ©enne et la GuinĂ©e-Bissau mais elle importe aussi des produits de pĂȘche auprĂšs du SĂ©nĂ©gal et de la Mauritanie. En 2004 la production totale de la pĂȘche en CĂŽte d’Ivoire est Ă©valuĂ©e Ă  54 397,811 tonnes de produits de pĂȘche dont 19 379 pour la pĂȘche industrielle et 35 018,811 pour la pĂȘche artisanale, traditionnellement pratiquĂ©e par les populations vivant sur la cĂŽte maritime et autour des lagunes. La production aquacole reprĂ©sente 866,05 tonnes pour la mĂȘme pĂ©riode, dont 331,35 pour les produits d’origine lagunaire et 534,7 pour ceux d’origine continentale. Le pays doit aussi faire faces Ă  de nombreuses violations de ses eaux territoriales par des bateaux de pĂȘche Ă©trangers. Le pays doit importer pour satisfaire ses besoins du thon, des conserves, des maquereaux congelĂ©s et d’autres poissons, vivants ou fumĂ©s. Elles reprĂ©sentent en 2002, 204 757 tonnes[53].

Industrie

Société de Limonaderies et Brasseries d'Afrique à Abidjan.

En 1960, la CĂŽte d’Ivoire dĂ©cide de ne pas se cantonner Ă  l’exploitation et de l’exportation des produits bruts du secteur primaire et de dĂ©velopper aussi le secteur de l’industrie. L’industrie reprĂ©sente alors seulement 10% de la production intĂ©rieure brute, pour un chiffre d’affaires global de 13 milliards de francs CFA. Face aux contraintes liĂ©es au coĂ»t Ă©levĂ© des facteurs de production, Ă  la raretĂ© de main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e et aux difficultĂ©s de financement, la nouvelle politique mise en place par le jeune État est essentiellement axĂ©e sur l’adoption d’un code des investissements, en vue d’attirer les investisseurs Ă©trangers. Ainsi en 1976 et 1977, le chiffre d’affaires global des entreprises industrielles est respectivement de 350 milliards et 459 milliards de francs CFA. L’industrie ivoirienne qui se caractĂ©rise par un grand nombre de petites et moyennes entreprises et trĂšs peu de grandes entreprises demeure cependant la plus diversifiĂ©e de la sous-rĂ©gion ouest-africaine et reprĂ©sente 40 % du potentiel industriel de l’UEMOA, malgrĂ© les difficultĂ©s rĂ©elles auxquelles elle est confrontĂ©e[54].

Les grands moulins d'Abidjan (GMA).

Si en 2000 la plupart des secteurs industriels enregistrent des taux de croissance nĂ©gatifs, en 2002 et 2003, l’extraction de pĂ©trole et les mines sont en hausse de 78,3 et 74,8%, puis de 3,5 et 10,7% en 2004 et 2005. Les industries agroalimentaires, aprĂšs avoir connu des taux de croissance nĂ©gatifs de 16,5% en 2002 et 20,2% en 2003, enregistrent des taux positifs de 1,6% et 4,6% en 2004 et 2005. Pour des raisons liĂ©es Ă  la baisse de la consommation intĂ©rieure et aux difficultĂ©s de transport pour l’exportation, le secteur industriel connaĂźt Ă  nouveau des difficultĂ©s en 2006. Les industries chimiques connaissent une hausse de 8,3 et 8,4% en 2004 et 2005, tandis que les matĂ©riaux de construction augmentent de 25,7 et 26% en 2004 et 2005, malgrĂ© la crise qui affecte le pays[55].

L’industrie agroalimentaire qui regroupe principalement la minoterie, le dĂ©corticage du riz (rizeries), la transformation de cafĂ© et cacao, la production de sucre, les olĂ©agineux, les conserves de poisson, les boissons et les huiles essentielles, subit tout particuliĂšrement l’influence nĂ©gative de la crise militaro-politique dĂ©clenchĂ©e en 2002. La part de ce secteur dans le PIB passe en effet de 21% en 2000 Ă  12,4 % en 2005[56]. Par ailleurs, avec l’intensification des troubles politiques Ă  la fin 2004, le secteur secondaire a, dans son ensemble, payĂ© un lourd tribut Ă  la crise[18]. D’autres branches de l'industrie ont, plus ou moins, mieux supportĂ© la crise. Ces industries du textile, des chaussures et du cuir, du bois (transformĂ©) ainsi que les industries plastiques et chimiques, celles des matĂ©riaux de construction, de l’eau, et les industries du secteur bĂątiment et travaux publics constituent l'essentiel du tissu industriel du pays.

Productions et exportations de 2000 à 2004 (exprimées en millions de francs)[57]
2000 2001 2002 2003 2004
Prod. totale Exportations Prod. totale Exportations Prod. totale Exportations Prod. totale Exportations Prod. totale Exportations
Textile et chaussures en cuir 440 010 206 490 443 743 239 974 407 079 270 572 338 197 - 357 363 -
Bois transformĂ© (scieries) 375 893 146 000 370 832 184 173 348 247 182 166 311 120 160 090 267 564 184 695
Indust. plastique et chimique 472 669 225 968 534 669 239 974 512 553 270 572 546 225 223 743 655 471 259 365
MatĂ©riaux de construction 123 797 26 287 118 895 30 948 119 769 28 551 105 214 6 204 136 777 26 755
BĂątiments et travaux publics 588 783 3 835 623 396 2 924 648 272 1 347 458 233 - 532 924 -

Services

Article dĂ©taillĂ© : Liste d'entreprises ivoiriennes.

Entreprises du secteur

Le marché traditionnel d'Adjamé débordant sur le boulevard Nangui Abrogoua.

Le secteur tertiaire reprĂ©sente plus de la moitiĂ© du PIB ivoirien (54% du PIB en 2006)[58]. Cependant, ce secteur est, de loin, le plus affectĂ© par la crise initiĂ©e en 2002. En 2004, il a connu un recul de 0,5 Ă  1 pour cent, avec une chute de 5 pour cent de l’activitĂ© globale des sociĂ©tĂ©s de service. Il paie non seulement les dĂ©gĂąts directs et indirects de la guerre, mais aussi la politique de fermeture ou de relocalisation de certaines sociĂ©tĂ©s dans la sous-rĂ©gion. Toutes les branches du secteur ont enregistrĂ© des baisses significatives. Ainsi, les ventes de dĂ©tail ont connu une baisse globale de 0,6 % sur l’annĂ©e 2004. Cette chute est attribuable Ă  la diminution des revenus des mĂ©nages, touchĂ©s par la fermeture des usines, les mises au chĂŽmage technique et le dĂ©part des expatriĂ©s. L’indice du commerce de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) est estimĂ© Ă  1 pour cent sur l’annĂ©e 2004[18]. L’initiative privĂ©e comme l’esprit d’entrepreneuriat se sont fortement dĂ©veloppĂ©s en CĂŽte d’Ivoire. À tel enseigne que l’on dĂ©nombre Ă  ce jour environ 40 000 entreprises dans ce pays, pour la plupart du secteur tertiaire - y compris les entreprises Ă  employĂ© unique[59]. L’initiative privĂ©e est encouragĂ©e et supportĂ© par des organisations spĂ©cialisĂ©es telles que la Chambre de commerce et d’industrie de CĂŽte d’Ivoire (CCI-CI), la ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale des entreprises de CĂŽte d’Ivoire (CGECI) et la FĂ©dĂ©ration ivoirienne des petites et moyennes entreprises (FIPME). PrĂ©pondĂ©rante dans le secteur tertiaire, l'Ă©conomie informelle avec ses divers petits mĂ©tiers est rĂ©putĂ©e contribuer pour un cinquiĂšme au moins, Ă  la crĂ©ation de la richesse nationale. Elle constitue de ce fait l'un des moteurs de l'Ă©conomie nationale ivoirienne. Ce secteur crĂ©ateur de richesse[N 9], utilise une importante main d'Ɠuvre et se rĂ©vĂšle, en consĂ©quence, distributeur de revenus. Toutefois, malgrĂ© son importance en termes d'emplois, le secteur informel ne reprĂ©sente qu'une part relativement faible dans le produit national. Ceci s'explique notamment par l'absence ou le faible niveau de qualification de ses animateurs et le caractĂšre rudimentaire des Ă©quipements utilisĂ©s qui gĂ©nĂšrent une faible productivitĂ©[11].

Secteur financier

Agence du quartier commerce de la BICICI à Bouaké, fermée depuis 2002 et rouverte en 2008.

Ce secteur, mis en place au cours des annĂ©es 1960 pour impulser le dĂ©veloppement Ă©conomique enregistre non seulement la participation financiĂšre de l'État, mais Ă©galement et surtout celle de banques Ă©trangĂšres, notamment françaises. Des banques spĂ©cialisĂ©es sont crĂ©Ă©es pour favoriser les investissements, soutenir l'agriculture ou l'acquisition de biens de consommation. La conjoncture Ă©conomique difficile qui survient Ă  partir des annĂ©es 1980 entraĂźne la fermeture de plusieurs d'entre elles. La politique de privatisation adoptĂ©e dans les annĂ©es 1990 rĂ©duit alors la participation de l'État dans le secteur bancaire. RĂ©cemment dans le cadre d'une nouvelle stratĂ©gie la crĂ©ation de nouvelles banques s'appuyant sur l'actionnariat privĂ© a Ă©tĂ© encouragĂ©e.

Les fonds de garantie, les sociĂ©tĂ©s de crĂ©dit, les CoopĂ©ratives d'Ă©pargne et de crĂ©dit (Coopec) jouent Ă©galement, avec les sociĂ©tĂ©s d'assurance, un rĂŽle important dans l'Ă©conomie et le systĂšme financier ivoiriens. L'ensemble de ces entreprises contribue Ă  rĂ©duire le taux de chĂŽmage du pays. À l'avĂšnement de la guerre, nombre d'entre avaient ralenti leurs activitĂ©s de crĂ©dits en raison de l'instabilitĂ© de la situation, mais elles les reprennent depuis 2008 en se rĂ©installant progressivement dans les zones qu'elles avaient abandonnĂ©es du fait de la crise. MalgrĂ© sept annĂ©es de fort ralentissement, le pays dispose toujours d'un des rĂ©seaux bancaires les plus dĂ©veloppĂ©s de l'Afrique de l'Ouest comptant en 2007, 19 Ă©tablissements financiers dont 17 banques et deux Ă©tablissements de crĂ©dit. Les filiales de grandes banques françaises comme la BNP Paribas, le CrĂ©dit agricole (SociĂ©tĂ© ivoirienne de banque) et la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale (SGBCI) et d'autres Ă©tablissements (BIAO, BICICI), assurent une assez large couverture du territoire national.

SiÚge de la Bourse régionale des valeurs mobiliÚres (BRVM) à Abidjan.

Des banques spĂ©cialisĂ©es, crĂ©Ă©es par l'État, cohabitent avec les banques Ă  capitaux privĂ©s ou Ă©trangers. Les plus importantes sont la Banque pour le financement de l'agriculture (BFA), la Banque de l'habitat de CĂŽte d’Ivoire (BHCI), la Banque nationale d'investissement (BNI) crĂ©Ă©e en partie pour reprendre la gestion des dĂ©pĂŽts de la Caisse autonome d'amortissement (CAA) et la Banque rĂ©gionale de solidaritĂ© (BRS), un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© crĂ©Ă© par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour assurer la promotion des petits investisseurs. À celles-ci s'ajoute la Bourse rĂ©gionale des valeurs mobiliĂšres (BRVM) issue de la restructuration et de la transformation de la Bourse des valeurs d'Abidjan (BVA) menĂ©e dans une perspective de renforcement de son rĂŽle de pĂŽle financier de la sous-rĂ©gion. BasĂ©e Ă  Abidjan, elle est dominĂ©e par les entreprises ivoiriennes puis sĂ©nĂ©galaises mais joue un rĂŽle rĂ©gional, puisque des entreprises d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest y sont cotĂ©es. En 2006, 39 sociĂ©tĂ©s Ă©taient cotĂ©es Ă  la BRVM. La bourse enregistre une forte croissance des transactions en dĂ©passant le niveau record atteint en 1999 avec 64 milliards de francs CFA de transactions. Sa bonne performance est illustrĂ©e, en partie, par la forte hausse des valeurs enregistrĂ©e. Celle de la SociĂ©tĂ© africaine de plantations d'hĂ©vĂ©as (SAPH) est passĂ©e de 5 400 francs CFA en dĂ©cembre 2005 Ă  12 800 francs CFA en dĂ©cembre 2006 soit une progression de plus de 137 %[60].

Les compagnies d'assurances n'ont pas vĂ©ritablement souffert de la crise. En dĂ©cembre 2006, 35 compagnies d'assurances (dont trois filiales de sociĂ©tĂ©s françaises) sont dĂ©nombrĂ©es en CĂŽte d’Ivoire. Le secteur dĂ©gage un chiffre d'affaires en hausse de 6,48 % pour un montant de 129,5 milliards de francs CFA. Le marchĂ© ivoirien des assurance emploie environ 2 200 personnes et reprĂ©sente un tiers de celui de la ConfĂ©rence interafricaine des marchĂ©s d'assurance (CIMA) qui regroupe 14 pays africains appartenant tous Ă  la zone franc.

Tourisme

HÎtel le Président à Yamoussoukro.
Article dĂ©taillĂ© : Tourisme en CĂŽte d'Ivoire.

Comme bien des secteurs, le tourisme constitue dĂšs les annĂ©es 1960 l'un des axes majeurs de la politique de dĂ©veloppement Ă©conomique mise en place par les pouvoirs publics ivoiriens. Une rĂ©glementation spĂ©cifique est fixĂ©e au cours des annĂ©es 1970[61],[62],[63] et, dans cette logique de promotion, divers organes ou sociĂ©tĂ©s sont crĂ©Ă©s : La SociĂ©tĂ© ivoirienne d’expansion touristique et hĂŽteliĂšre (SIETHO) ; Ivory coast tourism agency (ICTA), grossiste local et correspondant de nombreux Tours Operators Ă©trangers ; l'Office national de l’artisanat d’art (ONAA) ; l'Office ivoirien du tourisme et de l’hĂŽtellerie (OITH) ; ou encore, CĂŽte d’Ivoire Tourisme. Dans cette mĂȘme logique, d'importants investissements sont rĂ©alisĂ©s tant par l'État que par des investisseurs privĂ©s pour promouvoir le tourisme. Les investissements de l'État concernent principalement la mise en valeur des atouts touristiques du pays mais aussi la construction d'Ă©tablissements hĂŽteliers de prestige : L'hĂŽtel Ivoire et l'hĂŽtel du Golf Ă  Abidjan ainsi que l'hĂŽtel PrĂ©sident Ă  Yamoussoukro. Ils cĂŽtoient d'autres Ă©tablissements de mĂȘme rang, Ă©difiĂ©s par de grands groupes internationaux : Sofitel, Novotel et Ibis notamment. L'important dĂ©veloppement Ă©conomique de la CĂŽte d'Ivoire jusqu'au milieu des annĂ©es 1980 en fait une destination orientĂ©e beaucoup plus vers les affaires que les loisirs. La forte communautĂ© d'europĂ©ens qui y vit en permanence Ă  cette Ă©poque et la hausse gĂ©nĂ©rale du niveau de vie permettent le dĂ©veloppement d'infrastructures de grande qualitĂ©, ouvertes Ă  une clientĂšle haut de gamme et Ă  un tourisme d'affaire.

Naturellement aprĂšs la crise politico-militaire de ces derniĂšres annĂ©es, la CĂŽte d'Ivoire est particuliĂšrement touchĂ©e dans son industrie touristique perturbĂ©e par la scission qu'a connu le pays et par l'affaiblissement de son rĂŽle de carrefour rĂ©gional[42]. L'État ivoirien s'Ă©vertue Ă  promouvoir, de nouveau, l'image du pays Ă  travers le tourisme et espĂšre engranger des ressources complĂ©mentaires grĂące Ă  ce secteur. Il mise sur divers atouts naturels : 520 km de cĂŽtes bordant l'OcĂ©an Atlantique et disposant de grandes Ă©tendues de plage ; Ăźles prĂšs de la rĂ©gion des lagunes ; plusieurs parcs nationaux qui couvrent une superficie de plus de 1 730 550 ha et abritent des espĂšces animales rares ou en voie de disparition ; rĂ©serves offrant une large variĂ©tĂ© de faune et flore ; mais aussi, forĂȘts classĂ©es. Le pays compte Ă©galement sur ses spĂ©cificitĂ©s culturelles marquĂ©es par leur diversitĂ© et les nombreuses activitĂ©s artisanales et artistiques qui constituent un pan important de son patrimoine. Il envisage de s'appuyer sur un tourisme traditionnel et un tourisme culturel orientĂ©s vers la dĂ©couverte des populations ivoiriennes dissĂ©minĂ©es dans une mosaĂŻque de plus de soixante ethnies. En 2003 dĂ©jĂ , une loi[64] transfĂšre la promotion du tourisme aux collectivitĂ©s dĂ©centralisĂ©es dans l'optique de dĂ©multiplier les centres d'attraction du secteur.

Rîle de l’État

Secteur parapublic

L’État ivoirien joue un rĂŽle important dans l’économie du pays tant au niveau lĂ©gal (rĂ©formes fiscales et budgĂ©taires, renforcement de la rĂ©glementation liĂ©e aux marchĂ©s publics) que par son implication dans le secteur parapublic et privĂ© oĂč sa prĂ©sence moins importance que dans les dĂ©cennies passĂ©es reste cependant significative.

Le secteur parapublic, connait depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, une Ă©volution notable. Le nombre des sociĂ©tĂ©s d'État et des sociĂ©tĂ©s Ă  participation financiĂšre de l'État, est passĂ© de 200 Ă  77 en 1996 en conformitĂ© avec un vaste programme de privatisation lancĂ© par les pouvoirs publics ivoiriens.

En mars 2006, le pays compte 27 sociĂ©tĂ©s d'État dont 18 nouvelles parmi lesquelles d'anciens Ă©tablissements publics transformĂ©s en sociĂ©tĂ©s dans un souci d'efficacitĂ© selon les dĂ©clarations officielles. L'État ivoirien qui reste encore majoritaire dans 13 sociĂ©tĂ©s, conserve dans 11 autres une minoritĂ© de blocage et concĂšde d'ĂȘtre minoritaire dans 27 entreprises[65].

Réformes fiscales et budgétaires

SiÚge de la Direction générale des douanes de CÎte d'Ivoire à Abidjan.

Le pays tente d'adapter la fiscalitĂ© ivoirienne au contexte de crise. Il est confrontĂ© Ă  la forte baisse des investissements Ă©trangers directs, Ă  la rĂ©duction de maniĂšre drastique des activitĂ©s de nombreuses entreprises ainsi qu'Ă  l'abandon pure et simple du pays par d'autres sociĂ©tĂ©s dans l’attente de la rĂ©solution dĂ©finitive de la crise[42]. Dans ce contexte, des mesures spĂ©cifiques d’allĂšgement fiscal et d’assainissement des Ă©tats financiers des entreprises ont Ă©tĂ© prises. Le taux de la TVA a Ă©tĂ© rĂ©duit, pour les grandes entreprises la retenue de 10 % qui Ă©tait opĂ©rĂ©e sur les sommes mises en paiement par le TrĂ©sor public a Ă©tĂ© supprimĂ© et l’impĂŽt sur le bĂ©nĂ©fice pour plusieurs catĂ©gories d’entreprises a Ă©tĂ© rĂ©duit. De mĂȘme une exonĂ©ration d’impĂŽt sur les bĂ©nĂ©fices pendant trois ans pour les entreprises en difficultĂ©s
)[66] a Ă©tĂ© accordĂ©. Ces mesures sont complĂ©tĂ©es par une rĂ©forme de la fonction budgĂ©taire rendue nĂ©cessaire par diverses faiblesses constatĂ©es dans la gestion des finances publiques.

Le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire des finances publiques s'est rĂ©vĂ©lĂ© particuliĂšrement inadaptĂ© tant du fait de la multiplication des procĂ©dures dĂ©rogatoires, d'une faiblesse considĂ©rable dans la centralisation des donnĂ©es et d'instruments de gestion frappĂ©s par un vĂ©ritable retard technologique ce qui nuit Ă  la cĂ©lĂ©ritĂ© et Ă  la transparence des opĂ©rations. Les mesures correctives en cours dans ce pays ont pour vocation d'assurer l’unitĂ© budgĂ©taire par la centralisation de l’ensemble des ressources de l’État au TrĂ©sor public. Elles planifient dĂ©sormais dans un seul et mĂȘme compte le budget de l’État, toutes les opĂ©rations financiĂšres dispersĂ©es entre le budget gĂ©nĂ©ral de fonctionnement (BGF), le budget spĂ©cial d’investissement et d’équipement (BSIE), les budgets annexes (BA) et les comptes hors budget[67].

Supermarché à Cocody les deux plateaux à Abidjan.
Les mesures d'allÚgement fiscal et le nouveau code des marchés publics sont destinés à relancer les activités des entreprises.

Au plan opĂ©rationnel, cette rĂ©forme s’accompagne du SystĂšme de gestion intĂ©grĂ© des finances publiques (SIGFIP). Il s'agit d'une approche totalement informatisĂ©e ayant vocation Ă  amĂ©liorer la prĂ©paration du budget de l'État, Ă  rĂ©duire les dĂ©lais d’exĂ©cution des finances publiques ainsi qu'Ă  renforcer la sĂ©curitĂ© de la dĂ©pense publique en amĂ©liorant la transparence des transactions et la communication directe des diffĂ©rents acteurs. Le SIGFIP devrait permettre, au surplus, de dĂ©gager plus facilement tous les Ă©tats et tous les agrĂ©gats en liaison avec le TrĂ©sor public qui rĂ©alise ses travaux sur un autre logiciel spĂ©cifique Ă  la comptabilitĂ©. Sur cette base de travail, le premier budget unique de l'État ivoirien est adoptĂ© en 1999[67].

Nouveau code des marchés publics

Le 24 fĂ©vrier 2005, la CĂŽte d’Ivoire se dote d’un nouveau code des marchĂ©s publics qui s’adapte au nouvel environnement juridique des entreprises rĂ©gies en particulier par le TraitĂ© relatif Ă  l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA), le code de la ConfĂ©rence interafricaine des marchĂ©s d'assurance (CIMA) ainsi que les directives relatives Ă  l’harmonisation des finances publiques au sein de l’UEMOA.

Ce code des marchĂ©s publics concerne, en qualitĂ© d’autoritĂ©s contractantes, l’État, les Établissements publics nationaux, les collectivitĂ©s territoriales, les sociĂ©tĂ©s d’État, les SociĂ©tĂ©s Ă  participation financiĂšre publique majoritaire, les personnes de droit privĂ© bĂ©nĂ©ficiant du concours financier ou de la garantie de l'État. Il a trait aux marchĂ©s de travaux, aux marchĂ©s de fournitures ainsi qu’à ceux de prestation de services. Il prĂ©voit l’appel d’offres ouvert sans prĂ©sĂ©lection, l’appel d’offres ouvert Ă  prĂ©sĂ©lection des participants, l’appel d’offres restreint, l’appel d’offres avec concours et le marchĂ© de grĂ© Ă  grĂ©[68].

Relations avec le reste du monde

Investissement Ă©tranger

Billets et piĂšces d'Euro.

La CĂŽte d'Ivoire commerce avec tous les pays du monde et accueille en son sein une large mosaĂŻque de cultures et de nationalitĂ©s. Mais elle offre surtout aux investisseurs l'avantage d'ĂȘtre un pĂŽle Ă©conomique qui ouvre sur tous les marchĂ©s de la sous-rĂ©gion. Ceci lui a permis de conforter son 4e rang au sein des pays africains au sud du Sahara, derriĂšre l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria en termes de flux entrants d’IDE. Au 78e rang des pays d’accueil des stocks d’IDE dans le monde, le pays – jusqu’en 2002 - ne faisait pas partie des États africains les plus affectĂ©s par le recul global des Investissements directs Ă©trangers, selon la CNUCED. Depuis, la courbe d’investissement flĂ©chit. L’investissement privĂ© a stagnĂ© en 2004 par rapport Ă  2003, et s’est contractĂ© en 2005[18].

Toutefois, fort des signes de vitalitĂ© et d’opportunitĂ©s de diversification montrĂ©s par l’économie ces derniĂšres annĂ©es, le pays cherche Ă  sĂ©duire les investisseurs, en amĂ©liorant l’environnement des affaires. L’objectif affichĂ© Ă©tant d'attirer le plus d'investissements internationaux possibles, la CĂŽte d’Ivoire procĂšde non seulement Ă  un renforcement du partenariat public-privĂ©, mais encore instaure un code des investissements assez attractif en vue d'assurer la sĂ©curitĂ© juridique ainsi que celle des biens et des personnes. Elle entend ainsi diversifier les partenaires, tout en continuant Ă  s’appuyer sur son partenaire traditionnel, la France. Dans un contexte de reconstruction, les besoins s'avĂšrent Ă©normes, les autoritĂ©s ivoiriennes se veulent accueillantes et les structures d'accueil telles que le Centre de promotion des investissements en CĂŽte d'Ivoire (CEPICI), la Chambre du commerce et de l'industrie (CCI-CI) et la Chambre du commerce et d'industrie française en CĂŽte d’Ivoire (CCIFCI)font montre de dynamisme.

La diaspora ivoirienne[69] est un acteur Ă©conomique important. Elle est estimĂ©e Ă  environ 1 500 000 personnes[70] dont 127 000 dans la seule Île-de-France[69] auxquels s'ajoutent ceux des autres villes françaises, des autres pays d'Europe (Belgique, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie...), et ceux d'AmĂ©rique du Nord (Canada, États-Unis). En temps de crise, son rĂŽle devient essentiel. Elle constitue un vĂ©ritable soutien pour les familles restĂ©es au pays, mais aussi pour l'ensemble de l'activitĂ© Ă©conomique. Dans certains secteurs, elle constitue un pourcentage non nĂ©gligeable de la clientĂšle des entreprises. C'est le cas plus particuliĂšrement du marchĂ© de l'immobilier[69] pour lequel la diaspora ivoirienne reprĂ©sente entre 25 et 40% des acheteurs.

Influences Ă©trangĂšres

La CĂŽte d’Ivoire est membre de l'Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine, dont la monnaie, le franc CFA, est arrimĂ©e par un rĂ©gime de change fixe Ă  l’euro (la paritĂ© de change est de 1 euro = 655,957 FCFA). Les taux de change du franc CFA vis-Ă -vis des autres monnaies mondiales dĂ©pendent donc directement de celui de l’euro. Le but est d’assurer la stabilitĂ© de la monnaie en l’arrimant Ă  une monnaie stable et de profiter de la crĂ©dibilitĂ© de la Banque centrale europĂ©enne, indĂ©pendante des pouvoirs politiques. Ce mĂ©canisme a cependant pour inconvĂ©nient de faire subir Ă  l’économie ivoirienne les fluctuations de l’euro, qui dĂ©pendent des fondamentaux de la zone euro mais qui ne correspondent pas forcĂ©ment Ă  la situation Ă©conomique des pays de la zone monĂ©taire du franc CFA.

États membres de la CEDEAO.

Bien que l'Ă©conomie du pays repose encore en grande partie sur les investissements français, ceux-ci sont cependant, d'un niveau relativement moyen : 3,5 milliards d'euros. Ils ont en fait beaucoup diminuĂ© depuis que Sucden (Sucres et denrĂ©es) a Ă©tĂ© supplantĂ© par l'amĂ©ricain Philbro dans le contrĂŽle des matiĂšres premiĂšres de CĂŽte d’Ivoire. Le nombre de français est ainsi passĂ© de 50 000 Ă  16 000 des annĂ©es 1980 aux dĂ©buts des annĂ©es 2000.

Ainsi, la France n'est plus que le deuxiĂšme fournisseur de la CĂŽte d'Ivoire, derriĂšre le Nigeria (respectivement 20 % et 26 % des importations ivoiriennes), et, si elle demeure son premier client, elle n'absorbe plus que 14 % des exportations ivoiriennes.

Positions extérieures

L’économie de la CĂŽte d’Ivoire dĂ©pend pour l'essentiel, de ses exportations agricoles qui assurent au pays un solde commercial positif, mais en recul depuis 2002. La maĂźtrise de la production cacaoyĂšre face Ă  la crise a constituĂ© un avantage considĂ©rable dans la structure de la balance commerciale. En 2005, les exportations du pays ont affichĂ© une lĂ©gĂšre reprise par rapport Ă  2004. Le cacao, la premiĂšre culture d'exportation a contribuĂ© au tiers des exportations totales du pays. Avec le choc pĂ©trolier actuel, les exportations pĂ©troliĂšres ivoiriennes ont progressĂ©. L’annĂ©e 2004 a notamment vu une augmentation des exportations de pĂ©trole raffinĂ©, consĂ©cutive Ă  une reprise de l’activitĂ© de raffinage dans le pays. Ces exportations ont progressĂ© de 38 % en volume, et 64 % en valeur. Les exportations de produits pĂ©troliers (dont le pĂ©trole brut) retrouvent ainsi, en volume et en valeur, leur niveau de 2000, en totalisant prĂšs de 15 % des exportations du pays, soit 640 357 milliards de francs CFA. Les principaux clients des produits raffinĂ©s ivoiriens sont le Nigeria et les États-Unis. 2005 a enregistrĂ© une lĂ©gĂšre baisse des exportations, passant de 43,3 % en 2004 Ă  41,6 %. Toutefois, l’annĂ©e 2006 a connu une amĂ©lioration des exportations.

La CĂŽte d’Ivoire rĂ©affirme ainsi sa capacitĂ© industrielle et exportatrice, et sa place dans les approvisionnements Ă©nergĂ©tiques de la rĂ©gion. Les importations ivoiriennes ont augmentĂ© en 2005 par rapport Ă  2004. Les importations d’automobiles ont connu, en valeur, une hausse de 65 % environ.

Circulation automobile Ă  Abidjan. Les importations d’automobiles ont connu, en valeur, une hausse de 65 % environ en 2005.

Cette augmentation est due principalement Ă  l’importation de voitures d’occasion, qui ont reprĂ©sentĂ© les deux tiers des vĂ©hicules immatriculĂ©s. Le pĂ©trole brut (avec 20 % des importations totales) demeure le premier poste d’importation du pays. L’augmentation en volume de 14 % et la hausse consĂ©cutive Ă  la flambĂ©e des cours du pĂ©trole sur le marchĂ© international ont fait grimper la facture de 76 %. Ces importations ont Ă©tĂ© couvertes par la production du Nigeria. Les Ă©changes cumulĂ©s avec les pays de l’UE-25 (Union europĂ©enne Ă  vingt-cinq) ont atteint 2 275 milliards de francs CFA. L’UE-25 reprĂ©sente 42 % des approvisionnements de la CĂŽte d’Ivoire. La CEDEAO, pour sa part, a constituĂ© 25 % des Ă©changes cumulĂ©s, soit 1 308 milliards de francs CFA, avec une balance commerciale excĂ©dentaire pour la CĂŽte d’Ivoire de 236 milliards de francs CFA. La France demeure le premier partenaire commercial du pays. Elle est son deuxiĂšme fournisseur, devancĂ©e de peu par le Nigeria. En 2005, les importations ivoiriennes ont connu une lĂ©gĂšre hausse, passant de 25,8 % Ă  29,3 % du PIB. Cette tendance devrait se maintenir en 2006[18].

L’encours de la dette extĂ©rieure de la CĂŽte d’Ivoire a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©, fin 2003, Ă  12,2 milliards de dollars, dont 733 millions au titre des arriĂ©rĂ©s de paiement accumulĂ©s entre 2002 et 2003. La dette multilatĂ©rale reprĂ©sentait environ le tiers de cet encours, dont plus de 60 % dus Ă  la Banque mondiale. Les deux tiers environ de la dette bilatĂ©rale concernaient les membres du Club de Paris, et le solde relevait des banques commerciales regroupĂ©es dans le Club de Londres. En 2004, la dette extĂ©rieure Ă©quivalait Ă  environ 80 % du PIB, et le service de la dette Ă  7,8 % des exportations de biens et services. Encore une fois, la reprise de la coopĂ©ration financiĂšre avec la CĂŽte d’Ivoire reste subordonnĂ©e Ă  la normalisation de la situation politique et Ă  l’accord de l’ensemble des bailleurs concernĂ©s[18].

Données sociales

Population active

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie de la CĂŽte d'Ivoire.
Jeune apprenti s'initiant au métier de tisserand.

La dĂ©mographie ivoirienne connaĂźt une forte croissance dĂ©mographique comme la quasi-totalitĂ© des pays en dĂ©veloppement. Au cours des derniers recensements effectuĂ©s en 1975, 1988 et 1998, sa population a Ă©tĂ© chiffrĂ©e respectivement Ă  6 709 600, 10 815 694 puis 15 366 672 habitants. En 2005, la CĂŽte d’Ivoire compte approximativement 19 800 000 habitants[71]. En 2008, le taux de croissance de la population est estimĂ© Ă  1,96 %[72], un chiffre relativement faible.

ParallÚlement, les démographes tablent sur un taux de croissance de la population active également élevé.

Emploi et chĂŽmage

Le nombre d’emplois est estimĂ© en 2000 Ă  6 006 190. L’évolution de l’emploi est influencĂ© par la croissance Ă©conomique, (crĂ©ation d'emplois au-dessus d'un taux de croissance de 1,5 %), et par une crise politico-militaire. Cette derniĂšre a considĂ©rablement dĂ©truit l’outil de production, plaçant bon nombre d'ivoiriens en Ăąge de travailler en chĂŽmage technique. En 2002, le taux de chĂŽmage reprĂ©sente 6,2% de la population active, soit 402 274 chĂŽmeurs sur une population active de 6 502 115[2].

La situation du marchĂ© du travail en CĂŽte d’Ivoire est proche de celle des pays de l’Afrique subsaharienne. L’offre largement en deçà de la demande, conduit Ă  un dĂ©sĂ©quilibre inĂ©luctable et pousse les salaires Ă  la baisse.

Ce sombre tableau s’explique d’une part, par des problĂšmes structurels et, d’autre part, par une mauvaise conjoncture liĂ©e Ă  la crise politique. Les structures tant publiques que privĂ©es, pourvoyeuses d’emplois salariĂ©s, n’étant pas capables d’absorber toutes les demandes, le nombre de sans emplois (population en quĂȘte d’un premier emploi) et de chĂŽmeurs gĂ©nĂ©rĂ©s par la crise Ă©conomique demeure donc important. C’est un des problĂšmes majeurs de la CĂŽte d'Ivoire[73],[2], mais c'est aussi une question Ă©pineuse parce que la population ivoirienne est essentiellement jeune. L'enseignement supĂ©rieur ivoirien forme des diplĂŽmĂ©s qui ne trouvent pas forcĂ©ment du travail et de nombreuses entreprises ont fermĂ© ou dĂ©localisĂ© leurs activitĂ©s, notamment dans le domaine de l’industrie touristique, du transit et de la banque depuis dĂ©jĂ  presque une dĂ©cennie.

Au cours de l’annĂ©e 2000, il est dĂ©nombrĂ© 105 000 fonctionnaires aprĂšs la mise en Ɠuvre des mesures de dĂ©graissage de la fonction publique.

Jeunes déscolarisés et autres sans emploi, vendant divers articles dans une rue à Abidjan

Le but fixĂ© Ă©tait de rĂ©duire le poids des salaires dans le budget de l'État. Cet effectif qui a trĂšs peu variĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es laisse une place plus importante au secteur privĂ© qui emploie quant Ă  lui 498 906 salariĂ©s en 2002, contre 556 678 en 1998[74]. Pour rĂ©soudre le problĂšme de l'emploi des jeunes, plusieurs pistes sont explorĂ©es par les pouvoirs publics ivoiriens : la crĂ©ation d'emplois, ou l'exhortation Ă  la crĂ©ation d'entreprise ; l'adaptation du systĂšme Ă©ducatif aux contraintes du marchĂ© de l’emploi, mais Ă©galement la formation de formateurs capables d’assurer la relĂšve du corps enseignant. Pour les Ă©conomistes, le problĂšme du chĂŽmage reste d’abord structurel et nĂ©cessite, en complĂ©ment des emplois salariĂ©s, la diversification des emplois, par la crĂ©ation d’activitĂ©s indĂ©pendantes gĂ©nĂ©ratrices de revenus[73].

Globalement, il a Ă©tĂ© constatĂ© une forte hausse des petits mĂ©tiers et des emplois prĂ©caires principalement dans le secteur agricole qui, animĂ© par 3 893 893 personnes avec 7,5 % de salariĂ©s, comprend 52 % de travailleurs indĂ©pendants et 40,2 % de travailleurs familiaux auxquels s'ajoutent 0,3 % d’autres intervenants. Cette population agricole reprĂ©sente 2/3 de la population ivoirienne active, avec 45 % de femmes notamment dans le domaine des maraĂźchers, pour 55 % d’hommes plus prĂ©sents dans l’agriculture d’exploitation[2]. Le secteur informel connait une croissance trĂšs forte tant dans l’agriculture que les services et l'industrie. Il occupe 4 107 595 personnes en 2002, contre 1 698 300 personnes en 1995, soit une augmentation de 142 % en 7 ans. Cette forte croissance est liĂ©e notamment Ă  la saturation du marchĂ© du travail salariĂ©. En dĂ©pit de ces Ă©volutions, le taux de chĂŽmage reste Ă©levĂ©[2].

Pauvreté et inégalité

Cases d'un village du nord de la CĂŽte d'Ivoire.
Femmes du milieu rural ivoirien transportant du bois de chauffe.

L'indice de pauvretĂ© en CĂŽte d'Ivoire (proportions de personnes en dessous du seuil de dĂ©veloppement humain admis) atteint 40,3 % en 2004, mettant le pays au 92e rang de 108 pays en dĂ©veloppement. La CĂŽte d'Ivoire reste donc pays Ă  Ă©conomie sous-dĂ©veloppĂ©e. La pauvretĂ© s'est fortement aggravĂ©e durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant la crise. L’indice de pauvretĂ© est ainsi passĂ© de 32,3 % en 1993 Ă  36,8 % en 1995. En 2003, il s'est situĂ© entre 42 % et 44,2 % contre 38,4 % en 2002. La baisse de l'indice de pauvretĂ© en 2003 et 2004, par rapport Ă  2002 est probablement liĂ© aux dĂ©placements internes des populations, aux perturbation des systĂšmes de production et de commercialisation et Ă  la dĂ©gradation des infrastructures sociales de base dans certaines rĂ©gions. Les inĂ©galitĂ© restent trĂšs marquĂ©es, et se sont accentuĂ©es en 2002. Les 10 % des plus riches cumulaient 36 % du revenu national contre 20 % pour les 50 % les plus pauvres[75].

La CĂŽte d'Ivoire reste donc, l’un des pays les plus pauvres de la planĂšte et Ă©galement une contrĂ©e fragile au plan social. Les dĂ©penses de santĂ© ont reprĂ©sentĂ© 0,9 % du PIB en 2004, 0,8 % en 2005 et 0,4 % en septembre 2006. MalgrĂ© la fin progressive de la crise, les problĂšmes et consĂ©quences de celle-ci restent encore visibles. Le taux de couverture en eau potable sur Abidjan est de 82 % et de 75 % sur l’ensemble du territoire national. Le reste de la population consomme l’eau de puits privĂ©s, celle distribuĂ©e par des vendeurs d’eau informels, ou encore celle des riviĂšres ou autres sources d’eau non hygiĂ©niques.

Notes et références

Notes
  1. ↑ Selon le mot de Samir Amin, qui se rĂ©fĂšre en Afrique Ă  une pĂ©riode qu’il qualifie de prĂ© mercantiliste et qui s’étend des « origines jusqu’au XVIIe siĂšcle Â». (Samir Amin, le dĂ©veloppement inĂ©gal, Ă©ditions de minuit, paris, 1973.) Cette pĂ©riode semble avoir Ă©tĂ© abrĂ©gĂ©e en CĂŽte d'Ivoire par les Ă©changes commerciaux avec les MandĂ©s d'origine soudanaise
  2. ↑ Les SombĂ© sont des manilles (sorte de tigettes de fer) que les responsables des factoreries installĂ©es prĂšs du comptoir du Grand-Bassam ont utilisĂ© comme monnaie d'Ă©change avec les indigĂšnes.
  3. ↑ L'accroissement de la masse monĂ©taire est le fruit d'un solde de balance des paiements favorable qui s'explique par une augmentation des exportations de 8 6 % en 1984 et de 11,2 % en 1985
  4. ↑ Au mois de mai 1987, la chute des recettes d’exportation de la CĂŽte d’Ivoire issues de la mauvaise vente du cacao et du cafĂ© atteint 13 milliards de F.CFA
  5. ↑ Le service de la dette pour l’annĂ©e 1987 Ă©tait de l'ordre de 435,3 milliards
  6. ↑ L'État doit amĂ©liorer le cadre rĂ©glementaire des activitĂ©s Ă©conomiques (libĂ©ralisation de la production, des prix, des circuits de distribution, rĂ©duction de la protection pour favoriser la compĂ©titivitĂ©), introduire une plus grande flexibilitĂ© du marchĂ© du travail et rĂ©former le code d'investissement, restructurer ou privatiser les entreprises, libĂ©raliser les filiĂšres agricoles et restructurer le secteur financier
  7. ↑ La pluie de milliards : terme utilisĂ© par le quotidien gouvernemental FraternitĂ© Matin pour dĂ©signer le volume exceptionnel des crĂ©dits d’accompagnement de la dĂ©valuation du franc CFA
  8. ↑ Le nombre total des abonnĂ©s de tous les rĂ©seaux passe de 115 000 Ă  1 400 000 en 5 ans
  9. ↑ Selon une Ă©tude de l'OIT prĂ©sentĂ©e par Bertrand Gaufryau et Carlos Maldonado, le secteur informel crĂ©erait en CĂŽte d'Ivoire, cinq fois plus de richesses que le secteur financier moderne
Références
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  61. ↑ DĂ©cret n°70-530 du 2 septembre 1970, portant protection de la zone d'Assinie, Journal officiel de la RĂ©publique de CĂŽte d'Ivoire, 1er octobre 1970
  62. ↑ DĂ©cret n°72-488 du 11 juillet 1972, portant rĂ©glementation des Établissements de Tourisme
  63. ↑ DĂ©cret n°74-136 du 12 avril 1974, fixant la procĂ©dure et les conditions d'attribution des terrains domaniaux destinĂ©s Ă  la promotion touristique
  64. ↑ la loi n° 2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et rĂ©partition de compĂ©tences de l’État aux collectivitĂ©s territoriales
  65. ↑ (La CĂŽte d'Ivoire en chiffres, 2007, p. 45-46)
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  70. ↑ [Ivoiriens de l'Ă©tranger : Quelle politique de l'ETat et quelles contributions de la diaspora au processus de dĂ©veloppement de la CĂŽte d'Ivoire ? (page consultĂ©e le 17 octobre 2008)]
  71. ↑ (La CĂŽte d'Ivoire en chiffres, 2007, p. 14)
  72. ↑ Central intelligence agency, The world factbook, CĂŽte d'Ivoire, [people CĂŽte d'Ivoire (page consultĂ©e le 30 avril 2008
  73. ↑ a et b MinistĂšre d'État, ministĂšre du Plan et du DĂ©veloppement de la RĂ©publique de CĂŽte d'Ivoire, Rapport national sur l'État et le devenir de la population, 2006 : Population et dĂ©veloppement : dĂ©fis et perspectives pour la CĂŽte d’Ivoire, p. 108-111
  74. ↑ (La CĂŽte d'Ivoire en chiffres, 2007, p. 176-180)
  75. ↑ Rapport national sur le dĂ©veloppement humain 2004

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article : Ouvrage utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article

Bibliographie de référence

  • Gabriel Rougerie, L'EncyclopĂ©die gĂ©nĂ©rale de la CĂŽte d'Ivoire : l'État et l'Ă©conomie, Abidjan, Paris, Nouvelles Ă©ditions africaines, 1978 (ISBN 2-7236-0542-6)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Koulibaly Mamadou, Le LibĂ©ralisme, nouveau dĂ©part pour l’Afrique noire, Paris, Éditions L'Harmattan, 1992, 223 p. (ISBN 2-7384-0866-4) 
  • Adji Boukary, L'Afrique Ă  la croisĂ©e des chemins, Abidjan, Éditions Éburnie, 2003, 216 p. (ISBN 2-84770-033-1)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • La CĂŽte d'Ivoire en chiffres, Abidjan, dialogue production, 2007  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article

Autres ouvrages

Historique
  • Gbagbo Laurent, CĂŽte d’Ivoire : Économie et sociĂ©tĂ© Ă  la veille de l’indĂ©pendance 1940-1960, Paris, Éditions L'Harmattan, 1982, 256 p. (ISBN 2-85802-203-8) 
  • Histoire de la CĂŽte d'Ivoire, Abidjan, Ă©ditions AMI, Nathan, 1992 (OCLC 10070598-(I)-(30)-OSBA 80)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Simon Pierre Ekanza, CĂŽte d’Ivoire : Terre de convergence et d’accueil (XVe-XIXe siĂšcles), Abidjan, Éditions CERAP, 2006, 119 p. (ISBN 2-915352-22-4)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Jean NoĂ«l Loucou, CĂŽte d’Ivoire : les rĂ©sistances Ă  la conquĂȘte coloniale, Abidjan, Éditions CERAP, 2007, 150 p. (ISBN 2-915352-31-3)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
Développements récents
  • Bernard Contamin, Y.-A. FaurĂ©, La bataille des entreprises publiques en CĂŽte-d'Ivoire : l'histoire d'un ajustement interne, Paris, Karthala Éditions, 1990, 369 p. (ISBN 9782865372805) 
  • Sery Antoine, CĂŽte d’Ivoire, aprĂšs la faillite l’espoir ?, Paris, Éditions L'Harmattan, 1990, 200 p. (ISBN 2-7384-0682-3) 
  • KoumouĂ© koffi MoĂŻse, Politique Ă©conomique et ajustement structurel en CĂŽte d’Ivoire, Paris, Éditions L'Harmattan, 1994, 223 p. (ISBN 2-7384-2341-8) 
  • KoumouĂ© Koffi MoĂŻse, DĂ©valuation et politique de dĂ©veloppement Ă©conomique en CĂŽte d'Ivoire, Paris, Éditions L'Harmattan, 1996, 175 p. (ISBN 2-7384-3685-4)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Marie-France Jarret, François-RĂ©gis Maheu, La CĂŽte d’Ivoire : de la dĂ©stabilisation Ă  la refondation, Paris, Éditions L'Harmattan, 2002, 144 p. (ISBN 2-7475-2484-1) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Paul Koffi Koffi, Le dĂ©fi du dĂ©veloppement en CĂŽte d'Ivoire, Paris, Éditions L'Harmattan, 2008, 289 p. (ISBN 978-2-296-05603-9)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
Structure Ă©conomique
  • Dian Boni, L'Ă©conomie de plantation en CĂŽte-d'Ivoire forestiĂšre, Abidjan, Nouvelles Ă©ditions africaines, 1985, 458 p. (ISBN 978-2723606066) 
  • Y.-A. FaurĂ©, Petits entrepreneurs de CĂŽte-d'Ivoire: des professionnels en mal de dĂ©veloppement, Abidjan, Karthala Éditions, 1994, 385 p. (ISBN 2865374769) 
Rîle de l’État
  • Joseph Issa-Sayegh, Paul-GĂ©rard PougouĂ©, Filiga Michel Sawadogo, François Anoukaha, Anne-Marie Assi-Esso, Jacqueline Lohoues-Oble, Pierre Meyer, Josette Nguebou-Toukam, AkouĂ©tĂ© Pedro Santos, Souleymane Sere (prĂ©f. Keba Mbaye), OHADA, TraitĂ© et Actes uniformes commentĂ©s et annotĂ©s, Juriscope, coll. Â« Droit uniforme africain Â», 2002, 958 p. (ISBN 2-913556-01-9) 
Relations avec le reste du monde
  • Philippe Mace, Exporter en CĂŽte d'Ivoire, Paris, Les Éditions du CFCE, 2000, 244 p. (ISBN 2-279-41505-4) 
  • Claude Koudou, Vincent Lohouri, Ivoiriens de l'Ă©tranger : quelle politique de l'État et quelles contributions de la diaspora au processus de dĂ©veloppement de la CĂŽte d'Ivoire ?, Paris, Éditions L'Harmattan, 2008, 155 p. (ISBN 978-2-296-04304-6)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
Données sociales
  • Christian Grootaert, RĂ©formes Ă©conomiques et analyse de la pauvretĂ© : l'expĂ©rience de la CĂŽte d'Ivoire, Paris, Éditions L'Harmattan, 1996, 240 p. (ISBN 2-7384-4568-3) 

Articles connexes

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