Æthelbert de Kent

ÔĽŅ
Æthelbert de Kent
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ethelbert.

Æthelbert

Aethelberht of Kent sculpture on Canterbury Cathedral.jpg

Statue d'Æthelbert (cathédrale de Cantorbéry)
Roi de Kent
R√®gne v. 564/590 ‚Äď 616
Prédécesseur Eormenric
Successeur Eadbald
Biographie
Naissance
Décès 616
Père Eormenric
Conjoint(s) Berthe et Ne
Descendance Eadbald
Æthelburg, mariée à Edwin
Æthelwald (?)

√Üthelbert[N 1] (v. 560 ‚Äď 616) est roi de Kent de 580 ou 590 jusqu'√† sa mort. Il est le premier roi anglais √† se convertir au christianisme. Dans son Historia ecclesiastica gentis Anglorum, le moine B√®de le V√©n√©rable le mentionne comme le troisi√®me roi √† exercer l'imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et √† la fin du IXe si√®cle, la Chronique anglo-saxonne mentionne √Üthelbert comme un bretwalda, ou ¬ę souverain de Bretagne ¬Ľ.

Il est le fils d'Eormenric, √† qui il succ√®de comme roi selon la Chronique. Il √©pouse, probablement avant son av√®nement, une princesse m√©rovingienne, Berthe, fille du roi de Paris Caribert, s'alliant ainsi √† l'√Čtat le plus puissant d'Europe occidentale. C'est peut-√™tre l'influence de Berthe qui incite le pape Gr√©goire Ier √† envoyer Augustin comme missionnaire. Augustin aborde √† l'√ģle de Thanet, dans l'est du Kent, en 597. Peu de temps apr√®s, √Üthelbert re√ßoit le bapt√™me, des √©glises sont fond√©es et les conversions massives au christianisme commencent. √Üthelbert pourvoit la nouvelle √©glise de terres √† Cantorb√©ry, o√Ļ est fond√©e la future abbaye Saint-Augustin.

Le code de lois d'√Üthelbert, le plus ancien document l√©gislatif √©crit dans une langue germanique, institue un syst√®me complexe d'amendes. Sous son r√®gne, le Kent est un pays prosp√®re, commer√ßant intensivement avec le continent, et √Üthelbert instaure peut-√™tre le contr√īle de la royaut√© sur le commerce. Les premi√®res pi√®ces commencent √† circuler dans le Kent pendant son r√®gne, pour la premi√®re fois depuis l'invasion anglo-saxonne.

√Üthelbert a √©t√© canonis√© pour son r√īle dans la propagation du christianisme parmi les Anglo-Saxons. Il est f√™t√© le 25 f√©vrier.

Sommaire

Contexte historique

Les royaumes anglo-saxons à l'époque de l'avènement d'Æthelbert.

Au Ve si√®cle, les raids des peuples continentaux sur l'√ģle de Bretagne √©voluent pour devenir de v√©ritables migrations. Parmi ces peuples, on compte les Angles, les Saxons, les Jutes et les Frisons, entre autres. Ils s'emparent de terres dans le sud et l'est de l'Angleterre, mais √† la fin du Ve si√®cle, la victoire bretonne au mont Badon interrompt la progression anglo-saxonne pendant une cinquantaine d'ann√©es[1],[2]. Cependant, au d√©but des ann√©es 550, les Bretons commencent √† reculer de nouveau, et en l'espace de vingt-cinq ans, les envahisseurs semblent avoir pris le contr√īle de tout le sud de l'Angleterre[N 2].

Les Anglo-Saxons semblent avoir conquis le Kent avant le mont Badon. Des preuves arch√©ologiques comme litt√©raires montrent que le Kent a d'abord √©t√© colonis√© par les Jutes, venus du sud de la p√©ninsule du Jutland[3]. Selon une l√©gende bien connue, deux fr√®res, Hengist et Horsa, d√©barquent en 449 comme mercenaires au service du roi breton Vortigern. Apr√®s une r√©volte concernant leur solde, et la mort d'Horsa au combat, Hengist fonde le royaume de Kent[4]. Certains historiens consid√®rent aujourd'hui ce r√©cit comme purement l√©gendaire, bien que l'histoire d'une r√©volte de mercenaires semble plausible, et que la date de la fondation du royaume de Kent soit situ√©e vers le milieu du Ve si√®cle, ce qui correspond √† la l√©gende[N 3]. Cette date, √† peine quelques d√©cennies apr√®s le d√©part des Romains, sugg√®re une possible meilleure continuit√© de la civilisation romaine au Kent que dans le reste de l'Angleterre[5].

Il est possible que les invasions anglo-saxonnes aient impliqu√© une coordination militaire entre les diff√©rents groupes d'envahisseurs, avec un chef disposant d'une autorit√© sur les diff√©rents groupes : √Ülle de Sussex a pu √™tre un tel chef[6]. Apr√®s la naissance des nouveaux royaumes apparaissent les premiers conflits entre eux, et la domination peut se traduire sous la forme d'un tribut[7]. Un √Čtat faible peut aussi demander la protection d'un voisin plus fort contre un tiers plus puissant[8]. Pour toutes ces raisons, l'h√©g√©monie est une caract√©ristique centrale de la politique anglo-saxonne ; on sait qu'avant l'√©poque d'√Üthelbert, bien qu'on en ignore les d√©tails, certains rois sont d√©crits comme ayant exerc√© une certaine h√©g√©monie, et ce jusqu'au IXe si√®cle.

Une source importance pour cette p√©riode de l'histoire du Kent est l'Histoire eccl√©siastique du peuple anglais, √©crite en 731 par B√®de le V√©n√©rable, un moine b√©n√©dictin de Northumbrie. B√®de s'int√©resse avant tout √† la christianisation de l'Angleterre, mais il offre √©galement des informations sur l'histoire s√©culi√®re, notamment sur le r√®gne d'√Üthelbert, le premier roi anglo-saxon converti. Un des correspondants de B√®de est Albinus, abb√© du monast√®re de Saint-Pierre et Saint-Paul de Cantorb√©ry (devenu par la suite l'abbaye Saint-Augustin de Cantorb√©ry). Une autre source importante est la Chronique anglo-saxonne, une collection d'annales assembl√©e vers 890 dans le royaume de Wessex, qui mentionne plusieurs √©v√®nements survenus pendant le r√®gne d'√Üthelbert[9]. L'Histoire des Francs, √©crite √† la fin du VIe si√®cle par Gr√©goire de Tours, mentionne √©galement le Kent : c'est la plus ancienne source connue qui mentionne un royaume anglo-saxon[10]. Quelques-unes des lettres du pape Gr√©goire le Grand portant sur la mission d'Augustin de Cantorb√©ry en 597 dans le Kent ont √©t√© conserv√©es, et permettent de tirer des conclusions sur la situation du Kent √† l'√©poque et sur ses relations avec ses voisins. Il existe √©galement des listes de rois de Kent et des chartes. Ces derni√®res sont des documents r√©dig√©s pour enregistrer les donations faites par les rois √† leurs fid√®les ou √† l'√Čglise, et repr√©sentent une des sources les plus anciennes en Angleterre. Aucun original d'une charte du r√®gne d'√Üthelbert ne subsiste, mais des copies ult√©rieures existent. Le code de lois d'√Üthelbert nous est √©galement parvenu[9].

Ancêtres, avènement et chronologie

Selon B√®de, √Üthelbert est un descendant direct d‚ÄôHengist. Il donne la g√©n√©alogie suivante : ¬ę Ethelbert √©tait le fils d‚ÄôIrminric, fils d‚ÄôOcta, et d'apr√®s son grand-p√®re Oeric, surnomm√© Oisc, les rois du peuple de Kent sont connus sous le nom d‚ÄôOiscings. Le p√®re d‚ÄôOeric √©tait Hengist[11]. ¬Ľ Une autre forme de cette g√©n√©alogie, qui se trouve entre autres dans l'Historia Brittonum, inverse les positions d‚ÄôOcta et d‚ÄôOisc dans la lign√©e[3]. Le premier de ces rois qui peut √™tre consid√©r√© comme historique est vraisemblablement le p√®re d‚Äô√Üthelbert, dont le nom s‚Äô√©crit habituellement Eormenric. La seule r√©f√©rence directe √† Eormenric se trouve dans les g√©n√©alogies des rois de Kent, mais Gr√©goire de Tours indique que le p√®re d‚Äô√Üthelbert √©tait roi de Kent, sans toutefois donner de date. Ce nom d‚ÄôEormenric montre une parent√© avec le royaume franc, de l‚Äôautre c√īt√© de la Manche. La racine Eormen est rare dans les noms de l'aristocratie anglo-saxonne, alors qu'elle est plus fr√©quente parmi les nobles francs[12].

Un autre membre de la famille d'√Üthelbert est connu : sa sŇďur, Ricole, cit√©e par B√®de et par la Chronique anglo-saxonne comme la m√®re de S√¶berth, roi des Saxons orientaux[4],[13].

La date de naissance d‚Äô√Üthelbert et celle de son av√®nement sont toujours sujettes √† d√©bat. On estime que B√®de, le premier √† donner des dates, a obtenu ses informations de sa correspondance avec Albinus. Il indique qu'√† sa mort, en 616, √Üthelbert r√©gnait depuis cinquante-six ans, ce qui situe son av√®nement en 560. B√®de dit aussi qu‚Äô√Üthelbert est mort vingt-et-un ans apr√®s son bapt√™me, √©v√©nement qui aurait donc eu lieu en 595. Or, on sait que la mission d'Augustin de Canterbury est arriv√©e dans le Kent en 597 et, selon B√®de, c‚Äôest cette mission qui convertit √Üthelbert[14]. Par cons√©quent, les dates que donne B√®de ne sont pas coh√©rentes. La Chronique anglo-saxonne, une source importante pour les dates les plus recul√©es, ne s'accorde pas avec les dates de B√®de, et ses diff√©rentes versions ne s'accordent pas non plus entre elles En assemblant les diff√©rentes dates de la Chronique, il appara√ģt qu'√Üthelbert a r√©gn√© soit de 560 √† 616, soit de 565 √† 618, mais les sources ult√©rieures ont pu m√©langer les deux traditions[15].

Il est possible qu'√Üthelbert se soit converti avant la venue d'Augustin. La femme d'√Üthelbert √©tait chr√©tienne, et un √©v√™que franc l'assistait √† la cour, de sorte qu'√Üthelbert devait conna√ģtre quelque chose du christianisme avant l'arriv√©e de la mission. Il est aussi possible que la date de mort donn√©e par B√®de soit fausse : si √Üthelbert est mort en 618, la date devient coh√©rente avec le bapt√™me en 597, ce qui s'accorde avec la tradition selon laquelle c'est Augustin qui a baptis√© le roi l'ann√©e m√™me de son arriv√©e[15].

Dans son Historia Francorum, Gr√©goire de Tours √©crit que Berthe, fille du roi franc Caribert, √©pousa le fils du roi de Kent ; B√®de dit qu'√Üthelbert re√ßoit Berthe ¬ę de ses parents [√† elle] ¬Ľ. Les dates traditionnelles du r√®gne d'√Üthelbert impliqueraient que le mariage a eu lieu soit avant 560, soit avant 565, et si l'on interpr√®te B√®de litt√©ralement, les noces ont n√©cessairement eu lieu avant la mort de Caribert, en 567[14],[15].

La dur√©e particuli√®rement longue du r√®gne d'√Üthelbert a √©t√© √©galement consid√©r√©e avec m√©fiance par les historiens. Certains ont sugg√©r√© qu'il soit mort en fait dans sa cinquante-sixi√®me ann√©e et non au bout de cinquante-six ans de r√®gne. Cela placerait sa naissance vers 560, et il n'aurait pas pu se marier avant le milieu des ann√©es 570. Selon Gr√©goire de Tours, Caribert √©tait d√©j√† roi au moment de son mariage avec Ingoberge, la m√®re de Berthe, ce qui implique que cette derni√®re n'a pas pu na√ģtre avant 561. Il est de ce fait peu probable que Berthe ait √©t√© mari√©e avant 580. Ces dates plus tardives permettent de r√©soudre un autre probl√®me de datation : √Üthelburge, fille d'√Üthelbert, semble √™tre aussi fille de Berthe, mais la date suppos√©e de sa naissance donnait pour Berthe un √Ęge de soixante ans √† sa naissance[15].

Toutefois, Gr√©goire pense √©galement qu'Ingoberge avait soixante-dix ans en 589, ce qui implique qu'elle aurait √©t√© √Ęg√©e de quarante ans au moment de son mariage. C'est possible, mais peu probable, d'autant plus que Caribert semble avoir eu une pr√©f√©rence pour les jeunes femmes, toujours selon Gr√©goire de Tours. D'autre part, Gr√©goire qualifie simplement √Üthelbert d'¬ę homme de Kent ¬Ľ au moment de son mariage avec Berthe, et dans le passage de 589 o√Ļ il relate la mort de la reine Ingoberge, qu'il r√©dige vers 590-591, il mentionne √Üthelbert comme le fils du roi de Kent. Si cela ne refl√®te pas simplement l'ignorance de Gr√©goire √† propos de la situation du Kent, chose peu probable en raison des liens entre le Kent et les Francs, cela pourrait impliquer que le r√®gne d'√Üthelbert n'a pas d√©but√© avant 589[15],[16].

Les contradictions mentionnées ci-dessus ne sont pas toutes solubles, mais les dates les plus probables que l'on puisse déduire de ces données situent la naissance d'Æthelbert vers 560, son mariage avec Berthe vers 580 et son avènement vers 589 ou 590[15].

Royauté du Kent

L‚Äôhistoire tardive du Kent met clairement en √©vidence un syst√®me de royaut√© conjointe, o√Ļ le royaume est partag√© entre Kent oriental et Kent occidental, bien qu‚Äôil semble y avoir g√©n√©ralement un roi dominant l‚Äôautre. L'existence de ce syst√®me est moins certaines aux d√©buts du royaume, m√™me si des chartes anciennes (en r√©alit√© des faux) pr√©sentent √Üthelbert r√©gnant conjointement avec son fils Eadbald. √Üthelbert a pu √™tre roi du Kent oriental et Eadbald roi du Kent occidental : le souverain dominant semble avoir √©t√© le plus souvent celui du Kent oriental. Qu‚ÄôEadbald aie r√©gn√© conjointement ou non avec √Üthelbert, il ne fait aucun doute que l'autorit√© de ce dernier s'exerce sur tout le royaume[17].

La division en deux royaumes date vraisemblablement du VIe si√®cle : il est possible que le Kent oriental ait conquis le Kent occidental et pr√©serv√© les institutions du royaume vaincu dans le cadre d'un sous-royaume. Ce sch√©ma est fr√©quent dans l'Angleterre anglo-saxonne, lorsque les royaumes les plus puissants absorbent les plus faibles. Le Kent est particulier en ce que ce sont uniquement les fils des rois du Kent qui semblent occuper le tr√īne, bien que cela n‚Äôemp√™che pas les luttes de succession[17].

Les principales villes sont Rochester dans le Kent occidental, et Cantorb√©ry dans le Kent oriental. B√®de ne pr√©cise pas si √Üthelbert poss√®de un palais √† Cantorb√©ry, mais il se r√©f√®re √† cette ville comme ¬ę m√©tropole ¬Ľ d‚Äô√Üthelbert, et il est clair que cette ville est le centre du pouvoir d‚Äô√Üthelbert[17],[18].

Relations avec les Francs

De nombreux indices t√©moignent de relations √©troites entre le Kent et les Francs. Le mariage d'√Üthelbert a certainement nou√© un lien entre les deux cours, mais elles ne sont pas sur le m√™me plan : les Francs consid√®rent √Üthelbert comme un roi mineur. Aucun document n'indique qu'√Üthelbert ait reconnu la suzerainet√© d'un roi du continent, et les historiens sont divis√©s quant √† la nature r√©elle des relations entre les deux royaumes. Une lettre √©crite par le pape Gr√©gore le Grand √† Thierry II, roi de Bourgogne, et √† Th√©odebert II, roi d'Austrasie, semble t√©moigner d'une suzerainet√© franque explicite sur le Kent. Cette lettre concerne la mission d'Augustin dans le Kent, en 697, et Gr√©goire dit qu'il croit ¬ę que vous souhaitez que vos sujets √† tous √©gards soient convertis √† la foi dans laquelle, vous, vos rois et vos seigneurs, vivez ¬Ľ. Toutefois, il s'agit cependant peut-√™tre plus d'une flatterie pontificale que d'une description des v√©ritables relations entre ces royaumes. Il est √©galement possible que Luidhard, le chapelain de Berthe, soit le repr√©sentant de l'√Čglise franque dans le Kent[19],[20].

Le d√©sir des Francs de se rapprocher de la cour de Kent est peut-√™tre li√© au fait qu'un roi franc, Chilp√©ric Ier, est dit avoir soumis, au milieu du VIe si√®cle, un peuple connu sous le nom d'Euthiones. Si, comme leur nom semble l'illustrer, ces Euthiones √©taient une branche continentale des envahisseurs jutes du Kent, il est possible que le mariage ait √©t√© conclu dans le but d'unifier politiquement les deux branches du m√™me peuple[19]. Par ailleurs, √Üthelbert n'est pas encore roi au moment de son mariage avec Berthe : il est possible que cette union lui ait apport√© le soutien des Francs et contribu√© √† son accession au tr√īne[20].

Ind√©pendamment des liens politiques entre √Üthelbert et les Francs, de nombreux √©l√©ments t√©moignent de relations √©troites entre les deux rives de la Manche. Il existe un commerce de produits de luxe entre le Kent et les Francs, et on a retrouv√© dans des tombes des v√™tements, des boissons et des armes qui refl√®tent l'influence culturelle des Francs. Les s√©pultures du Kent r√©v√®lent une plus grande gamme de produits import√©s que celles des autres r√©gions anglo-saxonnes, ce qui n'est gu√®re surprenant au vu de leur acc√®s privil√©gi√© au commerce ; de plus, les objets trouv√©s dans les tombes sont plus pr√©cieux et plus nombreux dans les tombes du Kent, impliquant une plus grande richesse mat√©rielle, issue du commerce[3]. L'influence franque appara√ģt √©galement dans l'organisation sociale et agraire du Kent[19]. Les s√©pultures t√©moignent encore d'autres influences culturelles, mais on ne pas peut pas en d√©duire n√©cessairement qu'il y avait des √©tablissements francs dans le Kent[3].

Montée de la prédominance dans l'Heptarchie

Bretwalda

Page correspondant √† l'ann√©e 827 dans le manuscrit d'Abingdon II de la Chronique anglo-saxonne, donnant la liste des huit bretwaldas. Le mon d'√Üthelbert, graphi√© ¬ę √Ü√ĺelbriht ¬Ľ, est l'avant-dernier mot de la cinqui√®me ligne.

Dans son Histoire eccl√©siastique, B√®de donne la liste de sept rois qui, dit-il, ont tenu un (ang) sur les autres royaume au sud de la Humber. La traduction habituelle pour ¬ę imperium ¬Ľ est ¬ę h√©g√©monie ¬Ľ. B√®de nomme √Üthelbert en troisi√®me place dans cette liste, apr√®s √Ülle de Sussex et Ceawlin de Wessex[21]. Le compilateur anonyme qui a compos√© la Chronique anglo-saxonne reprend la liste des sept rois de B√®de, en ajoutant le roi Egbert de Wessex. La Chronique ajoute √©galement l'information que ces rois portaient le titre de bretwalda, ou ¬ę souverain de Bretagne ¬Ľ[22]. La nature exacte du r√īle de bretwalda est encore sujette √† d√©bats, il a √©t√© d√©crit comme un terme de po√©sie √©l√©giaque[23], mais il est √©vident que le titre implique un r√īle de domination militaire[24].

Le premier bretwalda, Ceawlin, est mentionn√© dans la Chronique anglo-saxonne pour avoir combattu √Üthelbert en 568. Le passage pr√©cise qu'√Üthelbert a perdu la bataille et √©t√© repouss√© vers le Kent[25]. La datation des mentions concernant les Saxons de l'Ouest dans cette partie de la Chronique est sujette √† caution, et des travaux r√©cents estiment que le r√®gne de Ceawlin est plus susceptible d'√™tre plac√© vers 581‚Äď588, plut√īt que vers les dates de 560‚Äď592 qui sont donn√©es dans la Chronique[26],[27] La bataille a √©t√© livr√©e √† ¬ę Wibbandun ¬Ľ, que l'on peut traduire par ¬ę mont de Wibba ¬Ľ ; mais sa localisation est inconnue[25].

√Ä un moment donn√©, Ceawlin cesse de porter le titre de bretwalda, peut-√™tre apr√®s la bataille de Stoke Lyne, dans l'Oxfordshire, que la Chronique date de 584, huit ans environ avant qu'il ne soit d√©pos√© en 592 (toujours selon la datation peu fiable de la Chronique)[19]. √Üthelbert est certainement souverain vers 601, quand le pape Gr√©goire le Grand lui √©crit : Gr√©goire lui demande instamment de propager le christianisme parmi les rois et les peuples qu'il a soumis, impliquant une certaine h√©g√©monie[28]. Si la bataille de Wibbandun a √©t√© livr√©e vers 590, comme cela est sugg√©r√©, alors √Üthelbert doit avoir gagn√© sa position de suzerain au cours des ann√©es 590. Cette datation n'est pas vraiment compatible avec les dates de 581‚Äď588 pour le r√®gne de Ceawlin, mais ces derni√®res ne sont pas propos√©es de mani√®re pr√©cise, seulement comme √©tant les plus plausibles en fonction des donn√©es disponibles[27].

Relation avec les autres royaumes

En plus du t√©moignage de la Chronique attribuant le titre de bretwalda √† √Üthelbert, il existe d'autres preuves de son h√©g√©monie sur plusieurs autres royaumes du sud. En Essex, √Üthelbert appara√ģt capable de faire peser son autorit√© peu apr√®s 604, quand son interversion favorise la conversion du roi S√¶berht, son neveu, au Christianisme. C'est √Üthelbert, et non S√¶berht, qui construit et dote l'√©glise Saint-Paul de Londres, sur l'emplacement de l'actuelle cath√©drale Saint-Paul de Londres. Une autre preuve est fournie par B√®de, qui dit explicitement qu'√Üthelbert √©tait le suzerain de S√¶berht[13],[28],[29].

B√®de d√©crit les relations d'√Üthelbert avec R√¶dwald, roi d'Est-Anglie, dans un passage dont le sens n'est pas totalement clair. Il semble dire que R√¶dwald a conserv√© la direction militaire de son peuple, alors qu'√Üthelbert en tient l'imperium[21]. Cela signifie qu'un bretwalda tient g√©n√©ralement le commandement militaire des autres royaumes, et aussi plus que cela, puisque √Üthelbert est bretwalda malgr√© le contr√īle de R√¶dwald sur ses propres troupes[24]. R√¶dwald s'est converti au christianisme peu apr√®s le Kent, mais n'a pas abandonn√© ses pratiques pa√Įennes ; ceci, ainsi que le fait qu'il ait conserv√© son ind√©pendance militaire, implique que la suzerainet√© d'√Üthelbert sur l'Est-Anglie √©tait plus faible que celle s'exer√ßant sur l'Essex[28],[30]. Cependant, une autre interpr√©tation est que le passage de B√®de devrait √™tre traduit par ¬ę R√¶dwald, roi de l'Est-Anglie, qui vivait √† l'√©poque d'√Üthelbert, lui a quand m√™me c√©d√© la direction militaire de son peuple ¬Ľ ; si c'est l√† ce que voulait dire B√®de, alors l'Est-Anglie √©tait fermement sous la domination d'√Üthelbert[31].

Rien ne prouve que l'influence d'√Üthelbert sur les autres royaumes √©tait suffisante pour que les autres rois se convertissent au christianisme, mais c'est en partie d√Ľ au manque de sources ‚ÄĒ on ne conna√ģt rien de l'histoire du Sussex, par exemple, pour la plus grande partie des VIIe et VIIIe si√®cles[N 4]. √Üthelbert a √©t√© en mesure d'organiser une rencontre en 602 dans la vall√©e de la Severn, √† la fronti√®re nord du Wessex, et cela indique peut-√™tre une l'extension de son influence √† l'ouest[28]. Rien ne montre le Kent dominant la Mercie, mais on sait que la Mercie √©tait alors ind√©pendante de la Northumbrie, aussi est-il plausible qu'elle ait √©t√© sous la suzerainet√© du Kent[32].

La mission d'Augustin et le début de l'évangélisation

Les Bretons avaient √©t√© convertis pendant l'occupation romaine. Les invasions anglo-saxonnes ont s√©par√© l'√Čglise bretonne de celle de Rome pour plusieurs si√®cles, de sorte que Rome n'avait ni pr√©sence ni autorit√© en Bretagne, et en fait Rome avait tellement peu d'informations sur l'√Čglise bretonne qu'elle ignorait tout d'un schisme √† propos du rite[33],[34]. Toutefois, √Üthelbert connaissait un certain nombre de choses sur l'√Čglise par sa femme franque, Berthe, qui amena avec elle un √©v√™que, Liudhard, qui traversa la Manche avec elle et qui fit construire une chapelle pour elle[35].

En 596, le pape Gr√©goire le Grand envoie Augustin, prieur du monast√®re Saint-Andr√© √† Rome, en Angleterre comme missionnaire et, en 597, un groupe de quarante moines, conduits par Augustin, abordent l'√ģle de Thanet dans le Kent[10]. Selon B√®de, √Üthelbert √©tait tellement m√©fiant vis-√†-vis de ces nouveaux arrivants qu'il les obligea √† se r√©unir √† l'ext√©rieur, pour √©viter qu'il ne pratiquent la sorcellerie. Les moines ont impressionn√© √Üthelbert, mais il ne s'est pas converti tout de suite. Il accepta que la mission s'installe √† Cantorb√©ry, et les autorisa √† pr√™cher[14].

On ne sait pas quand √Üthelbert se fait chr√©tien. Il est possible, malgr√© le r√©cit de B√®de, qu'il l'√©tait d√©j√† lors de l'arriv√©e de la mission d'Augustin. Il est probable que Liudhard et Berthe ont incit√© √Üthelbert √† envisager de se convertir avant l'arriv√©e de la mission, et c'est peut-√™tre une condition au mariage d'√Üthelbert avec Berthe que d'envisager s√©rieusement le bapt√™me. Toutefois, une conversion sous l'influence franque pourrait avoir √©t√© per√ßue comme une reconnaissance de la suzerainet√© franque, et il est possible que le d√©lai que prit √Üthelbert pour sa conversion jusqu'√† pouvoir le faire sous l'influence romaine est une affirmation de son ind√©pendance vis-√†-vis des Francs[12]. Il a aussi √©t√© argu√© que les h√©sitations d'Augustin ‚ÄĒ il revint √† Rome, demandant √† √™tre d√©charg√© de sa mission ‚ÄĒ sont une indication qu'√Üthelbert √©tait encore pa√Įen lors de la venue d'Augustin[35].

√Üthelbert doit s'√™tre converti au plus tard avant 601, parce qu'√† cette date Gr√©goire le Grand lui √©crit en tant que roi chr√©tien[28]. Une ancienne tradition indique qu'√Üthelbert s'est converti un 1er juin, l'√©t√© de l'ann√©e de l'arriv√©e d'Augustin[36]. √Ä travers l'influence d'√Üthelbert, S√¶berht, roi de l'Essex, s'est √©galement converti[29], mais la mission eut une efficacit√© limit√©e. Toute la cour du Kent ne s'est pas faite baptiser : Eadbald, fils et h√©ritier d'√Üthelbert, √©tait pa√Įen √† son av√®nement[33]. Dans l'Est-Anglie, seul le roi R√¶dwald s'est converti (apparemment alors qu'il se trouvait √† la cour d'√Üthelbert), il conserva un temple pa√Įen aux c√īt√©s du nouvel autel chr√©tien[11],[33]. Augustin n'a pas non plus r√©ussi √† rallier le clerg√© breton[34].

Le code de lois d'Æthelbert

La premi√®re page du code de lois d'√Üthelbert (copie du XIIe si√®cle).

Quelque temps apr√®s l'arriv√©e de la mission d'Augustin, peut-√™tre en 602 ou en 603, √Üthelbert publie un recueil de lois, r√©parties en quatre-vingt-dix sections[31],[37]. Ces lois sont plut√īt la survivance d'un code de lois appliqu√©es en pays germanique[19], et est l'un des premiers documents r√©dig√©s dans la langue anglo-saxonne, car l'alphab√©tisation serait arriv√©e en Angleterre avec la mission d'Augustin[38]. Le plus ancien manuscrit, le Textus Roffensis, date du XIIe si√®cle et est maintenant conserv√© dans le Centre d'√Čtudes Medway √† Strood, dans le Kent[39]. Le code d'√Üthelbert fait r√©f√©rence √† l'√Čglise dans le premier item, qui √©num√®re les compensations requises pour les biens d'un √©v√™que, d'un diacre, d'un pr√™tre, et ainsi de suite[37]. Dans l'ensemble, les lois semblent remarquablement influenc√©es par les principes chr√©tiens. B√®de affirme qu'elles ont √©t√© compos√©es ¬ę selon la mani√®re romaine ¬Ľ, mais l'influence romaine est peu perceptible. En la mati√®re, les lois ont √©t√© compar√©es √† la Loi salique des Francs, mais on ne consid√®re pas qu'√Üthelbert se soit inspir√© de cette loi[19],[31].

Les lois prévoient la fixation et les sanctions en cas de transgressions des règles, à tous les niveaux de la société. Le roi a un intérêt financier dans l'application, pour la fraction des amendes qui lui revient, mais il est aussi responsable de la loi et de l'ordre, d'éviter les querelles de sang par l'application des lois et des compensations pour les injures[40]. Les lois d'Æthelbert sont reprises par Alfred le Grand pour son propre code de lois, qui s'inspire de ceux d'Æthelbert, d'Offa de Mercie et d'Ina de Wessex[41].

Une des lois d'√Üthelbert semble conserver la trace d'une tr√®s ancienne loi germanique : la troisi√®me section stipule que ¬ę si le roi boit dans la r√©sidence d'un homme, et que quelqu'un commet un acte interdit, il devra payer double p√©nalit√© ¬Ľ[37]. Cela se r√©f√®re probablement √† une ancienne coutume des rois voyageant dans le pays, re√ßus et log√©s par leurs sujets √† leur arriv√©e. Les suivants du roi ont conserv√© ces droits plusieurs si√®cles apr√®s l'√©poque d'√Üthelbert[42].

Les sections 77 à 81 sont interprétées comme une description de l'état financier des femmes après leur divorce ou leur séparation. Ces clauses définissent la manière et la quantité des biens des ménages que la femme peut conserver selon les circonstances, par exemple si elle conserve la garde des enfants. Cependant, il a été récemment suggéré qu'il faudrait interpréter ces clauses plus dans le cas d'une femme devenant veuve que s'étant séparée ou ayant divorcé[39].

Commerce et monnaies

Un thrymsa du règne d'Eadbald.

Il existe peu de documents d√©crivant les caract√©ristiques du commerce dans le Kent d'√Üthelbert. On sait que les rois de Kent disposent d'un contr√īle sur le commerce √† la fin du VIIe si√®cle, mais on ignore √† quelle date ce contr√īle a √©t√© instaur√©. Des d√©couvertes arch√©ologiques sugg√®rent que les influences et contr√īles royaux sont ant√©rieurs aux sources √©crites. Une hypoth√®se sugg√®re qu'une des r√©alisations d'√Üthelbert a √©t√© de prendre le contr√īle du commerce au d√©pens de l'aristocratie et d'en faire une monopole royal. Le commerce avec le continent fournit au Kent un acc√®s aux marchandises de luxe et donne au Kent un avantage sur les autres nations anglo-saxonnes, et les revenus du commerce sont tr√®s importants[43].

Les productions du Kent avant 600 comprennent des bols en verre et aussi des bijoux : les joaillers du Kent sont tr√®s r√©put√©s et ont acc√®s √† de l'or avant la fin du VIe si√®cle. Des marchandises du Kent ont √©t√© d√©couvertes dans des n√©cropoles de l'autre c√īt√© de la Manche, parfois loin, jusqu'√† l'estuaire de la Loire. On ne sait pas ce que les habitants du Kent obtenaient du commerce, mais il est tr√®s possible qu'il y avait un commerce d'esclaves florissant. Cette richesse est probablement le fondement de la puissance d'√Üthelbert √† travers son h√©g√©monie, qui lui a permis de pr√©lever des tributs, augmentant √† leur tour ses richesses[7].

Des pi√®ces de monnaies ont peut-√™tre commenc√© √† √™tre frapp√©es au cours de son r√®gne : aucune ne porte son nom, mais il est tr√®s probable que les premi√®res pi√®ces datent de la fin du VIe si√®cle. Ces premi√®res pi√®ces sont en or, et probablement les shillings (scillingas en vieil anglais) mentionn√©es dans la loi d'√Üthelbert[43]. Les pi√®ces sont aussi connues des numismates sous le nom de ¬ę thrymsas ¬Ľ[44].

Mort et succession

Saint Æthelbert
Image illustrative de l'article Æthelbert de Kent
Vitrail dans la chapelle d'All Souls College.
D√©c√®s 616 
V√©n√©r√© par √Čglise catholique romaine
√Čglise orthodoxe
√Čglise anglicane
√Čglise √©piscopale des √Čtats-Unis
Fête 25 février
27 mai (√Čglise √©piscopale)
Serviteur de Dieu ‚ÄĘ V√©n√©rable ‚ÄĘ Bienheureux ‚ÄĘ Saint

√Üthelbert meurt le 24 f√©vrier 616, et son fils Eadbald, qui n'est pas chr√©tien ‚ÄĒ B√®de dit qu'il s'est converti avant de revenir √† la foi pa√Įenne[31], bien qu'il finisse par se faire d√©finitivement baptiser[45], lui succ√®de. Eadbald scandalise l'√Čglise en √©pousant sa belle-m√®re, ce qui est contraire aux canons, et en refusant le bapt√™me[11]. S√¶berht, roi d'Essex, meurt √©galement en 616, et ses deux fils, tous deux pa√Įens, lui succ√®dent. La r√©volte contre le christianisme et l'exil de l'√©v√™que de Londres Mellitus peuvent aussi bien √™tre une r√©action contre la suzerainet√© du Kent apr√®s la mort d'√Üthelbert qu'une r√©action pa√Įenne contre le christianisme[46].

En plus d'Eadbald, √Üthelbert a peut-√™tre un autre fils nomm√© √Üthelwald. Une lettre adress√©e par le pape √† l'archev√™que de Cantorb√©ry Juste (619-625) mentionne un roi nomm√© Aduluald, ce qui est diff√©rent d'Audubald (Eadbald). Il n'y a pas de consensus entre les universitaires modernes sur ce sujet : il est possible que Aduluald soit une transcription d'√Üthelwald, de sorte que cette lettre pourrait √™tre l'indication d'un autre roi, peut-√™tre un sous-roi du Kent oriental[17]. Il pourrait aussi s'agir d'une erreur de scribe, qu'il faudrait lire comme une r√©f√©rence √† Eadbald[47].

√Üthelbert a plus tard √©t√© canonis√© pour son r√īle dans l'√©vang√©lisation des Anglo-Saxons. Sa f√™te √©tait √† l'origine le 24 f√©vrier, mais elle a ensuite √©t√© d√©plac√©e au 25 f√©vrier[48].

Annexes

Notes

  1. ‚ÜĎ On trouve √©galement les orthographes √Üthelberht, Aethelberht, Aethelbert, ou Ethelbert.
  2. ‚ÜĎ Peter Hunter Blair (Roman Britain, p. 204) donne une dur√©e de vingt-cinq ans, de 550 √† 575, pour la conqu√™te finale.
  3. ‚ÜĎ La cr√©dibilit√© √† accorder √† la l√©gende est source de d√©saccords chez les historiens. Par exemple, selon Yorke, ¬ę des √©tudes en profondeur r√©centes [...] ont confirm√© que ces r√©cits sont en grande partie mythiques et qu'une √©ventuelle tradition orale fiable qui leur aurait servi de source s'est perdue dans les codes du genre de la l√©gende fondatrice ¬Ľ (Kings and Kingdoms, p. 26) ; n√©anmoins, Fletcher dit d'Hengist que ¬ę nous n'avons aucune raison valable de douter de son existence ¬Ľ (Who's Who, p. 15‚Äď17), et Campbell ajoute que ¬ę si les origines de telles annales restent profond√©ment myst√©rieuses, et douteuses, nous ne pouvons simplement les rejeter ¬Ľ (Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 38).
  4. ‚ÜĎ Par exemple, Yorke dit qu'¬ę il est impossible d'√©crire quoi que ce soit sur l'histoire du [Sussex] pendant les septi√®me et huiti√®me si√®cles ¬Ľ (Kings and Kingdoms, p. 20).

Références

  1. ‚ÜĎ Hunter Blair, An Introduction, p. 13‚Äď16.
  2. ‚ÜĎ Campbell et al., p. 23.
  3. ‚ÜĎ a, b, c et d Yorke, Kings and Kingdoms, p. 26.
  4. ‚ÜĎ a et b Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 12‚Äď13.
  5. ‚ÜĎ Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 38.
  6. ‚ÜĎ Fletcher, Who's Who, p. 15‚Äď17.
  7. ‚ÜĎ a et b Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 44.
  8. ‚ÜĎ Hunter Blair, An Introduction, p. 201‚Äď203.
  9. ‚ÜĎ a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 25.
  10. ‚ÜĎ a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 30.
  11. ‚ÜĎ a, b et c B√®de, Ecclesiastical History, Livre II, chapitre 5, p. 112 dans la traduction de Sherley-Price.
  12. ‚ÜĎ a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 28.
  13. ‚ÜĎ a et b B√®de, Ecclesiastical History, Livre II, chapitre 3, p. 108 dans la traduction de Sherley-Price.
  14. ‚ÜĎ a, b et c B√®de, Ecclesiastical History, Livre I, chapitres 25 et 26, p. 74-77 dans la traduction de Sherley-Price.
  15. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f Kirby (Earliest English Kings, p. 31-33) offre une analyse d√©taill√©e des probl√®mes chronologiques du r√®gne d'√Üthelbert.
  16. ‚ÜĎ IV 25 and IX 25 in (en) Gregory of Tours, The History of the Franks, Harmondsworth, Penguin, 1974, poche (ISBN 978-0-14-044295-3) (LCCN 75311930), p. 219, 513 .
  17. ‚ÜĎ a, b, c et d Yorke, Kings and Kingdoms, p. 32‚Äď34.
  18. ‚ÜĎ Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 38‚Äď39.
  19. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f Stenton, Anglo-Saxon England, p. 59‚Äď60.
  20. ‚ÜĎ a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 34‚Äď35.
  21. ‚ÜĎ a et b Bede, Ecclesiastical History, Livre I, Ch. 25 & 26, selon la traduction de Sherley-Price, p. 111.
  22. ‚ÜĎ Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 60‚Äď61.
  23. ‚ÜĎ Stenton, Anglo-Saxon England, p. 34‚Äď35.
  24. ‚ÜĎ a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 17.
  25. ‚ÜĎ a et b Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 18‚Äď19.
  26. ‚ÜĎ Kirby, Earliest English Kings, p. 50‚Äď51.
  27. ‚ÜĎ a et b D.N. Dumville, "The West Saxon Genealogical Regnal List and the chronology of Wessex", 1985, cit√© dans Yorke, Kings and Kingdoms, p. 133.
  28. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Kirby, Earliest English Kings, p. 37.
  29. ‚ÜĎ a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 109.
  30. ‚ÜĎ Yorke, Kings and Kingdoms, p. 62.
  31. ‚ÜĎ a, b, c et d "R√¶dwald", N. J. Higham, in Lapidge, Encyclopaedia of Anglo-Saxon England.
  32. ‚ÜĎ Stenton, Anglo-Saxon England, p. 39.
  33. ‚ÜĎ a, b et c Kirby, Earliest English Kings, p. 36.
  34. ‚ÜĎ a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 110.
  35. ‚ÜĎ a et b Kirby, Earliest English Kings, p. 35.
  36. ‚ÜĎ Hunter Blair, An Introduction, p. 117.
  37. ‚ÜĎ a, b et c Geary, Readings, p. 209‚Äď211.
  38. ‚ÜĎ Yorke, Kings and Kingdoms, p. 1.
  39. ‚ÜĎ a et b (en) Carole A. Hough, ¬ę The early Kentish 'divorce laws': a reconsideration of √Üthelberht, chs. 79 and 80 ¬Ľ, dans Anglo-Saxon England, vol. 23, 1994, p. 19‚Äď34 
  40. ‚ÜĎ Yorke, Kings and Kingdoms, p. 18.
  41. ‚ÜĎ Stenton, Anglo-Saxon England, p. 276.
  42. ‚ÜĎ Stenton, Anglo-Saxon England, p. 288‚Äď289.
  43. ‚ÜĎ a et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 40.
  44. ‚ÜĎ ‚ÄĚCoinage‚ÄĚ, M.A.S. Blackburn, in Lapidge, Encyclopaedia of Anglo-Saxon England.
  45. ‚ÜĎ Stenton, Anglo-Saxon England, p. 61.
  46. ‚ÜĎ Yorke, Kings and Kingdoms, p. 48.
  47. ‚ÜĎ Kirby, Earliest English Kings, p. 39.
  48. ‚ÜĎ Saint Ethelbert. Consult√© le 23 juin 2007

Sources

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources primaires

Sources secondaires

Voir aussi


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Æthelbert de Kent de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • √Üthelbert II. ‚ÄĒ √Üthelbert II. (‚Ć 760 oder 762) war von 725 bis zu seinem Tod (Ober )K√∂nig von Kent. √Üthelbert folgte 725 seinem Vater Wihtred auf den Thron, wobei seine beiden Br√ľder Eadberht I. (der den Westen Kents regierte) und Ealric gemeinsam mit ihm als… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Kent (surname) ‚ÄĒ Kent is a surname, and may refer to: * A. Atwater Kent (1873 1949), American engineer and inventor * Aelfric of Kent, King of Kent * √Üthelburg of Kent (died c. 647), Queen of Northumbria * St. √Üthelberht of Kent (560 616), King of Kent *… ‚Ķ   Wikipedia

  • √Üthelbert II de Kent ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Ethelbert. Ethelbert II, roi de Kent, fils de Wihtred il r√®gne avec ses fr√®res Eadbert et √Ülfric de 725 √† sa mort en 762. Il semble avoir √©cart√© ses fr√®res pour r√©gner avec son neveu Eardwulf ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • √Üthelbert (Wessex) ‚ÄĒ K√∂nig √Üthelbert von Wessex und Kent (* um 835; ‚Ć 865) war ein Sohn von √Üthelwulf. 860 folgte er seinem Bruder K√∂nig √Üthelbald nach und wurde wie sein Vater und sein Bruder in Kingston upon Thames gekr√∂nt. W√§hrend seiner Regierungszeit pl√ľnderte… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • √Üthelbert II of Kent ‚ÄĒ √Ü√įelberht II (725 762) was king of Kent. Upon the death of his father Wihtred [http://en.wikisource.org/wiki/Ecclesiastical History of the English People/Book 5#23] , the kingdom was ruled by his three sons, √Ü√įelberht II, Eadberht I and √Ülfric.… ‚Ķ   Wikipedia

  • Ethelbert De Kent ‚ÄĒ √Üthelbert de Kent Pour les articles homonymes, voir Ethelbert. √Üthelbert ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • √Üthelberht de Kent ‚ÄĒ √Üthelbert de Kent Pour les articles homonymes, voir Ethelbert. √Üthelbert ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Eadbald de Kent ‚ÄĒ Traduction √† relire Eadbald of Kent ‚Üí ‚Ä¶   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.