Æneas Mackintosh

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Æneas Mackintosh
Æneas Mackintosh
Æneas Mackintosh vers 1914-1915
Æneas Mackintosh vers 1914-1915

Nom de naissance Æneas Lionel Acton Mackintosh
Naissance 1er juillet 1879
Tirhut, Inde
DĂ©cĂšs 8 mai 1916 (Ă  37 ans)
DĂ©troit de McMurdo, Antarctique
NationalitĂ© Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession Officier de la marine marchande britannique et explorateur de l'Antarctique
Distinctions MĂ©daille polaire

Æneas Lionel Acton Mackintosh (1er juillet 1879, Tirhut — 8 mai 1916, dĂ©troit de McMurdo) est un officier de la marine marchande britannique et un explorateur de l'Antarctique, membre de deux expĂ©ditions de Sir Ernest Shackleton : l'expĂ©dition Nimrod (1907-1909) et l'expĂ©dition Endurance (1914-1917).

Second officier sur le Nimrod puis transfĂ©rĂ© Ă  terre, sa participation Ă  la premiĂšre expĂ©dition est rapidement compromise lorsqu'il se blesse l'Ɠil droit. Bien qu'il soit invalide Ă  son retour en Nouvelle-ZĂ©lande, sa volontĂ© et sa dĂ©termination impressionnent Shackleton, si bien qu'Ă  la seconde expĂ©dition, en 1914, Shackleton l'a nommĂ© au poste clĂ© de commandant d'une Ă©quipe de ravitaillement destinĂ©e Ă  crĂ©er des dĂ©pĂŽts de ravitaillement depuis la mer de Ross pour aider la traversĂ©e transcontinentale d'une Ă©quipe venue de la mer de Weddell.

Dans les phases finales des crĂ©ations des principaux dĂ©pĂŽts sur la barriĂšre de Ross, il est dĂ©passĂ© tant physiquement que mentalement par les difficultĂ©s d'organisation et les impondĂ©rables et transmet le commandement effectif de l'Ă©quipe Ă  son subordonnĂ©, Ernest Joyce, aprĂšs avoir veillĂ© Ă  ce que tous les dĂ©pĂŽts nĂ©cessaires soient en place. Souffrant de scorbut et d'Ă©puisement, il est aidĂ© grĂące aux efforts combinĂ©s de Joyce, Ernest Wild et Richard W. Richards. RĂ©cupĂ©rant, il tente toutefois imprudemment de marcher sur la banquise de la pĂ©ninsule de Hut Point vers la base principale du cap Evans — soit une distance de 21 km — et disparaĂźt au cours d'une tempĂȘte de neige, avec Victor Hayward.

En raison du manque de travail en Australie et des restrictions financiĂšres imposĂ©es par Shackleton, l'Ă©quipe en mer de Ross commence en retard et dans la confusion[1], qui, de façon justifiĂ©e ou non, influent sur les capacitĂ©s de commandement perçues de Mackintosh. Il manque apparemment de compĂ©tences nĂ©cessaires pour traiter avec le public ou la presse[1], alors que son style de commandement traditionnel et hiĂ©rarchique ne permet pas d'Ă©tablir de bonnes relations avec la plupart de ses hommes[2]. Les chroniqueurs le dĂ©crivent, en outre, comme « hasardeux Â» et « erratique [et] susceptible d'avoir des accidents Â»[3],[4]. NĂ©anmoins, il est reconnu par le fils d'Ernest Shackleton, comme l'un des hĂ©ros de l'expĂ©dition, avec Joyce et Richards[5]. Shackleton dĂ©crit lui-mĂȘme la « volontĂ© de fer Â» de Mackintosh, en ajoutant qu'il serait « mort pour son pays aussi sĂ»rement que ceux qui ont donnĂ© leur vie sur les champs de France ou de Flandres Â»[6].

Sommaire

Biographie

Jeunesse

Mackintosh naĂźt en Tirhut[7], en Inde, le 1er juillet 1879, mĂȘme si certaines sources indiquent 1881[8]. Il est l'un des six enfants — cinq garçons et une fille — d'un planteur Ă©cossais d'indigotiers, Alexander Mackintosh, qui lui-mĂȘme descend de chefs du clan MacKintosh de la confĂ©dĂ©ration Chattan. Æneas est donc l'hĂ©ritier de la chefferie, dont l'ancien siĂšge se trouvait Ă  Inverness[3]. Ce contexte privilĂ©giĂ© explique en partie les difficultĂ©s qu'il connaĂźt plus tard avec ses subordonnĂ©s — son ami John King Davis le surnomme mĂȘme « sahib Â»[9] (seigneur).

Sa mĂšre, Annie Mackintosh, quitte l'Inde pour retourner en Grande-Bretagne et emmĂšne ses enfants avec elle[3]. Le pĂšre Alexander disparaĂźt par la suite de l'histoire familiale[3]. En Grande-Bretagne, Æneas Ă©tudie Ă  la Bedford Modern School[7] et suit ensuite le mĂȘme chemin qu'Ernest Shackleton avait pris cinq ans plus tĂŽt en sortant de l'Ă©cole en 1894 Ă  quinze ans pour aller servir en mer[7]. AprĂšs avoir fait son apprentissage comme Merchant Officer dans la marine marchande[3], il rejoint la Peninsular and Oriental Steam Navigation Company (P&O) en 1899[7], restant avec cette entreprise jusqu'Ă  son « emprunt Â» par Shackleton en 1907[7]. Il est ensuite commissionnĂ© comme sous-lieutenant dans la Royal Naval Reserve en 1908[7].

Expédition Nimrod

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©dition Nimrod.
Le Nimrod lors de son dĂ©part de l’Angleterre pour l'expĂ©dition Nimrod, 1907.

L'expĂ©dition Nimrod (1907-1909) est la premiĂšre des trois expĂ©ditions en Antarctique dirigĂ©es par Ernest Shackleton. Le but de l'expĂ©dition est, comme le dĂ©clare Shackleton, « de naviguer vers la mer de Ross en Antarctique afin d'atteindre le pĂŽle Sud gĂ©ographique et le pĂŽle Sud magnĂ©tique[10] Â». Les circonstances dans lesquelles Shackleton et Mackintosh se rencontrent pour la premiĂšre fois sont inconnues, ni la raison d'attribution de ses fonctions de second sur le Nimrod. Il semble, toutefois, que Mackintosh gagne rapidement la confiance de Shackleton et impressionne les autres avec, entre autres qualitĂ©s, sa volontĂ© et sa dĂ©termination[11]. Alors que le Nimrod est en Nouvelle-ZĂ©lande avant le dĂ©part pour le Sud, Shackleton ajoute le nom de Mackintosh Ă  l'Ă©quipe qui devait ĂȘtre dĂ©barquĂ©e sur le continent.

Le voyage vers l'Antarctique se dĂ©roule sans encombre, mais Mackintosh, comme un certain nombre de membres de l'Ă©quipage, se trouve contrariĂ© vis-Ă -vis de l'attitude du capitaine du navire Rupert England, qu'il juge « peu fiable Â» alors qu'ils doit, en tant que membre de l'Ă©quipe dĂ©barquĂ©e, avoir confiance en celui qui reviendrait l'Ă©tĂ© suivant les rechercher[12].

Accident

Le 31 janvier 1908, peu de temps aprĂšs l'arrivĂ©e du Nimrod en Antarctique, Mackintosh ramĂšne l'automobile qu'il doit tester sur le navire, celle-ci n'Ă©tant que peu pratique sur la glace. Ce transfert a lieu Ă  bord du navire, quand l'un des crochets servant Ă  lever les charges lĂąche, se balance sur le pont et atteint la tĂȘte de Mackintosh en lui perforant l'Ɠil droit. Il est immĂ©diatement amenĂ© dans la cabine du capitaine, oĂč quelques heures plus tard, le mĂ©decin de l'expĂ©dition Eric Marshall lui enlĂšve l'Ɠil, en utilisant du matĂ©riel chirurgical en partie improvisĂ©, faute d'avoir le nĂ©cessaire[13] et du chloroforme[14]. Marshall est trĂšs impressionnĂ© par son courage[11]. Cet accident coĂ»te Ă  Mackintosh sa place dans l'Ă©quipe dĂ©barquĂ©e, car il est contraint de retourner en Nouvelle-ZĂ©lande Ă  cause de sa blessure[13]. Mackintosh semble davantage déçu par son dĂ©part forcĂ© que par la perte de son Ɠil. Il ne prend donc pas part aux Ă©vĂ©nements principaux de l'expĂ©dition, mais revient avec le Nimrod en janvier 1909 pour participer aux derniĂšres Ă©tapes. En effet, Ernest Shackleton, qui est en diffĂ©rend avec le capitaine du navire Rupert England, souhaite la prĂ©sence de Mackintosh comme capitaine du Nimrod pour son retour en Antarctique la seconde saison aprĂšs l'hivernage en Nouvelle-ZĂ©lande. Mais celui-ci n'est pas suffisamment rĂ©tabli de sa blessure Ă  l'Ɠil[15].

Perdu sur la glace

     Trajet record de l'expĂ©dition Nimrod

Le 1er janvier 1909, le Nimrod, en route pour son retour vers le sud, est stoppĂ© par le pack trĂšs compact Ă  encore 40 km du camp de base de l'expĂ©dition, au cap Royds. Mackintosh dĂ©cide de mener un groupe pour continuer le voyage par la glace pour transporter le courrier Ă  terre. Ainsi dĂ©bute ce que l'historien polaire Beau Riffenburgh dĂ©crit comme « l'un des moments les plus incroyables de l'expĂ©dition tout entiĂšre Â»[16].

Ce groupe, composĂ© de Mackintosh et de trois marins, quitte le navire dans la matinĂ©e du 3 janvier avec un traĂźneau contenant des fournitures et un sac de courrier. Deux marins regagnent rapidement le navire, tandis que Mackintosh et le dernier marin vont de l'avant. Ils campent sur la glace ce soir-lĂ , mais le lendemain, toute la zone de banquise autour d'eux s'est disloquĂ©e[16]. AprĂšs une course dĂ©sespĂ©rĂ©e sur les morceaux de glaces en mouvement, ils rĂ©ussissent Ă  atteindre une petite langue de glacier, oĂč ils campent et patientent plusieurs jours que leur photokĂ©ratite s'estompe. Lorsque leur vue revient, ils constatent que le cap Royds est visible, mais que le « passage Â» de glace y conduisant n'est plus lĂ . AprĂšs une nouvelle attente, ils dĂ©cident d'aller Ă  l'abri par la terre ferme, une entreprise dangereuse en raison de leur manque d'expĂ©rience et d'Ă©quipement[16].

Le 11 janvier, ils partent avec tous leurs Ă©quipements et fournitures[16] et les 48 heures suivantes sont un combat sur le terrain hostile antarctique, Ă  travers des zones de crevasses profondes et peu perceptibles. À un moment, afin d'avancer, ils doivent mĂȘme monter Ă  910 m et se dĂ©barrasser du sac de courrier. C'est seulement aprĂšs une journĂ©e Ă  avancer dans le brouillard que, par chance, ils aperçoivent Bernard Day, l'un des membres de l'Ă©quipe qu'ils rejoignent, proche de la cabane[16]. Le navire rĂ©cupĂšre plus tard le sac de courrier abandonnĂ©. John King Davis, officier sur le Nimrod, dĂ©clare par la suite : « Mackintosh Ă©tait toujours prĂȘt Ă  prendre tous les risques. Il s'en est sorti cette fois-ci[17] Â». Cette aventure est perçue comme un « avant-goĂ»t Â» de l'escapade mortelle de Mackintosh sept ans plus tard.

DĂ©terminĂ© pour accomplir sa tĂąche, Æneas Mackintosh rejoint bientĂŽt Ernest Joyce et d'autres dans un voyage Ă  travers la barriĂšre de Ross jusqu'Ă  Minna Bluff afin de construire un dĂ©pĂŽt pour Ernest Shackleton et son Ă©quipe, de retour d'une tentative d'atteinte du pĂŽle Sud[16]. Le 3 mars, tout en arpentant le pont de l’Aurora, Mackintosh observe un signal en direction de la pĂ©ninsule de Hut Point[Note 1], qui avertit du retour de l'Ă©quipe de Shackleton, atteignant un « Farthest South Â» de 88°23â€ČS, sans toutefois parvenir au pĂŽle[18].

Entre les deux expéditions

Mackintosh retourne en Angleterre en juin 1909. Il est informĂ© qu'en raison de sa perte de vue, il est libĂ©rĂ© de son service Ă  la P&O. DĂ©sabusĂ©, il accepte au dĂ©but de l'annĂ©e 1910 d'accompagner Douglas Mawson[Note 2] dans un voyage en Hongrie pour Ă©valuer un champ d'or potentiel, dont Ernest Shackleton espĂšre qu'il constitue la base d'une activitĂ© lucrative[19]. En dĂ©pit d'un rapport prometteur de Mawson, rien n'aboutit. Mackintosh, lance donc, de son cĂŽtĂ©, sa propre expĂ©dition : une chasse au trĂ©sor sur l'Ăźle Cocos au large de la cĂŽte Pacifique du PanamĂĄ, mais il rentre, encore une fois, chez lui les mains vides[3].

En fĂ©vrier 1912, Mackintosh se marie avec Gladys Campbell et est nommĂ© au poste de secrĂ©taire adjoint Ă  la Guilde impĂ©riale de la marine marchande[3], Ă  Liverpool. Cependant, il en est insatisfait. Il exprime mĂȘme son ambition latente de retourner en Antarctique Ă  un ancien collĂšgue : « Je ressens toujours que je n'ai jamais terminĂ© ma premiĂšre initiation — donc je voudrais faire une bamboche finale, pour le meilleur ou le pire ![3] Â».

Expédition Endurance

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©dition Endurance.
L'Ă©quipe de Mackintosh sur une carte de l'Antarctique tel qu'il est connu de nos jours.      Le trajet de la premiĂšre Ă©quipe de Shackleton tel qu'il Ă©tait prĂ©vu Ă  l'origine[Note 3].      Le voyage de l’Aurora      La tempĂȘte sur l’Aurora et sa prise dans le pack, laissant sur place une partie de l'Ă©quipe      La mise en place des dĂ©pĂŽts de provisions

PremiÚres difficultés

Mackintosh accepte facilement l'invitation de Shackleton d'adhĂ©rer Ă  l'expĂ©dition Endurance, Ă  l'origine comme l'un des membres du groupe faisant la traversĂ©e transcontinentale depuis la mer de Weddell[20]. Toutefois, il est nommĂ© capitaine du navire Aurora et d'un groupe de support en mer de Ross — c'est-Ă -dire l'autre cĂŽtĂ© du continent — pour l'autre groupe principal de marcheurs. Le groupe que commande Mackintosh est connu comme le Ross Sea Party (le groupe de la mer de Ross) chez les anglo-saxons, pour le diffĂ©rencier de l'autre groupe. Cette nomination fait suite au refus d'un autre pilier de l'expĂ©dition Nimrod, Eric Marshall[21]. Cette Ă©quipe en mer de Ross a pour tĂąche de mettre en place une sĂ©rie de dĂ©pĂŽts Ă  travers la barriĂšre de Ross afin de soutenir l'Ă©quipe transcontinentale dans les Ă©tapes finales de son voyage. Shackleton considĂšre qu'il s'agit d'une « mission de routine Â»[22].

Mackintosh est arrivĂ© en Australie en novembre 1914 pour prendre ses fonctions et est immĂ©diatement confrontĂ© Ă  des problĂšmes majeurs. Sans avertissement, Shackleton coupe une partie des fonds allouĂ©s Ă  l'Ă©quipe de ÂŁ2 000 (Ă©quivalent Ă  environ ÂŁ80 000 de 2008) Ă  ÂŁ1 000, chargeant Mackintosh « [d']obtenir tout ce que vous pouvez gratuitement en tant que dons[23] Â» et d'hypothĂ©quer le navire de l'expĂ©dition pour augmenter le budget. Il apparaĂźt ensuite que l'achat du navire n'est pas correctement fait, ce qui retarde Mackintosh dans l'hypothĂšque de celui-ci[23]. Pire encore, l’Aurora est alors tout Ă  fait impropre Ă  la navigation en Antarctique sans un vaste travail de rĂ©vision, ce qui exige la coopĂ©ration du gouvernement australien, exaspĂ©rĂ© par cela[23]. Le traitement de ces difficultĂ©s dans un dĂ©lai trĂšs restreint cause une grande inquiĂ©tude Ă  Mackintosh et les mĂ©faits sur les relations publiques avec ces problĂšmes provoquent « un sentiment dĂ©sagrĂ©able Ă  l'Ă©gard de l'expĂ©dition Â» parmi le public australien[24]. Le recrutement de l'Ă©quipage et du personnel scientifique est Ă©galement problĂ©matique : la plupart des nominations Ă©tant faites Ă  la derniĂšre minute, l'Ă©quipe a une faible expĂ©rience polaire[25].

Mise en place des dépÎts de la premiÚre saison

L’Aurora quitte finalement Hobart, en Tasmanie, le 24 dĂ©cembre 1914, et parvient au dĂ©troit de McMurdo le 16 janvier 1915, Ă©tablissant son camp de base dans l'ancien abri de l'expĂ©dition Terra Nova (1911-1913) du capitaine Robert Falcon Scott, au cap Evans. Mackintosh est dĂ©terminĂ© Ă  ce que le travail commence au plus tĂŽt avec la mise en place des dĂ©pĂŽts d'approvisionnement Ă  79° et 80°S. En effet, il estime qu'il est possible qu'Ernest Shackleton tente la marche transcontinentale dĂšs la premiĂšre saison. Ernest Joyce, unique autre membre expĂ©rimentĂ© de l'Antarctique[Note 4], proteste pour que les hommes et les chiens prennent le temps de s'acclimater et se forment, mais cela est rejetĂ©[Note 5]. La pose des dĂ©pĂŽts, dirigĂ©e par Mackintosh de janvier Ă  mars 1915, constitue une sĂ©rie d'incidents qui justifient les craintes de Joyce : une tempĂȘte de neige retarde leur dĂ©part[26], un traĂźneau Ă  moteur tombe en panne aprĂšs quelques kilomĂštres[27] et Mackintosh et son groupe s'Ă©garent sur la mer de glace[26]. La plupart des provisions emmenĂ©es vers la barriĂšre n'arrivent pas aux deux premiers dĂ©pĂŽts, car elles sont laissĂ©es sur la glace pour rĂ©duire les charges[28]. AprĂšs que Mackintosh insiste sur le fait de prendre les chiens jusqu'Ă  la latitude de 80°S malgrĂ© les protestations de Joyce, tous les animaux emmenĂ©s sont morts sur le chemin du retour[Note 6]. Les hommes, gĂȘnĂ©s par les engelures et Ă©puisĂ©s, atteignent la pĂ©ninsule de Hut Point le 24 mars, barrĂ© du navire et de sa base du cap Evans par un dangereux pack[29]. AprĂšs cette expĂ©rience, la confiance dans le commandement de Mackintosh est affaiblie et des querelles ont lieu[30].

Perte de l’Aurora

À la mi-juin, Mackintosh et son groupe de Hut Point arrivent Ă  l'abri du cap Evans. LĂ , ils sont confrontĂ©s Ă  un nouveau problĂšme : le 7 mai, l’Aurora rompt ses amarres, emportant au large son Ă©quipage de dix-huit personnes et surtout la majeure partie des fournitures et du matĂ©riel pour l'abri, contraignant le navire Ă  prendre la mer[31]. L'Ă©tat du pack et l'arrivĂ©e de l'hiver fait Ă©videmment penser que son retour est peu probable[Note 7]. Le 26 juin, Mackintosh organise une rĂ©union avec les dix membres de l'« Ă©quipe abandonnĂ©e Â» pour rĂ©sumer leur situation. En l'absence du navire, leur tĂąche est de rĂ©cupĂ©rer l'ensemble des fournitures utilisables abandonnĂ©es par l'expĂ©dition Discovery de Scott prĂšs de l'abri, d'improviser des habits et des Ă©quipements et de s'Ă©quiper le mieux possible pour la prochaine saison de pose de dĂ©pĂŽts. Ce qui exige, selon Mackintosh, « une performance hors-norme lors d'un voyage polaire pour accomplir leur mission[32] Â». L'ensemble des hommes sont engagĂ©s Ă  soutenir, sans rĂ©serve, cet effort[32]. Joyce, habituellement le plus critique vis-Ă -vis de Mackintosh, dĂ©clare que « le capitaine nous stimulait tous et nous gardait joyeux et en forme[33] Â». En effet, n'Ă©tant pas au courant des dĂ©boires du groupe de Shackleton, l'Ă©quipe souhaite s'acquitter de sa tĂąche et ne pas laisser leurs camarades sans nourriture.

Mise en place des dépÎts de la seconde saison

Mackintosh et Arnold Spencer-Smith remorqués dans un traßneau.

La longue mission de pose de dĂ©pĂŽts la saison 1915-1916 dĂ©bute en septembre 1915. Un homme reste au cap Evans pour surveiller l'Ă©ventuel retour du navire et les neuf autres commencent Ă  hisser les provisions sur la barriĂšre de glace. Une Ă©quipe de trois hommes retourne Ă  la base aprĂšs un problĂšme d'Ă©quipement alors que les six autres, commandĂ©s par Mackintosh, rĂ©alisent la derniĂšre Ă©tape de la mission en posant des dĂ©pĂŽts le long d'une ligne imaginaire en entre 80°S et le glacier Beardmore. En janvier 1916, la santĂ© de Mackintosh se dĂ©tĂ©riore et il montre les premiers symptĂŽmes du scorbut. NĂ©anmoins, il insiste sur le fait que son devoir est « [de] voir personnellement chaque dĂ©pĂŽt bĂąti Â». Arnold Spencer-Smith, l'aumĂŽnier et photographe de l'expĂ©dition, tombe entre-temps malade et devient un « simple passager Â»[34]. Mackintosh, dans une dĂ©monstration de ce que Shackleton appelle sa « volontĂ© de fer Â»[35], refuse la possibilitĂ© d'ĂȘtre traitĂ© comme invalide, alors que les autres partent plus vers le Sud[35]. Le dernier des dĂ©pĂŽts, au mont Hope, au pied du glacier Beardmore, Ă  83°45â€ČS, est mis en place le 26 janvier 1916[34].

En mars, lors du voyage retour, Spencer-Smith, de plus en plus mal, doit ĂȘtre transportĂ© sur le traĂźneau. Mackintosh suit l'Ă©quipe[36], car il Ă©tait incapable de participer Ă  la traction, laissant la charge du retour de l'Ă©quipe dĂ©sormais dans les mains de Joyce. Comme les effets de son scorbut sont de plus en plus handicapants, Mackintosh est forcĂ©, de temps Ă  autre, de se joindre Ă  Spencer-Smith en montant sur le traĂźneau. Au fur et Ă  mesure de leur avancĂ©e vers le nord, mĂȘme les quatre hommes les plus forts de Joyce, Ernest Wild, Richard W. Richards et Victor Hayward souffrent de gelures, de photokĂ©ratite et de scorbut naissant. Spencer-Smith dĂ©cĂšde alors le 9 mars, prĂšs de l'abri de la pĂ©ninsule de Hut Point[34].

Richards, Wild et Joyce luttent pour arriver à l'abri avec Hayward et Mackintosh, laissés dans une tente en attendant leur retour. Le 18 mars, les cinq survivants arrivent à Hut Point, aprÚs avoir procédé à la mise en place dans son intégralité des dépÎts conformément aux ordres de Shackleton[Note 8],[34].

Disparition

Le dĂ©troit de McMurdo glacĂ© avec la langue du glacier Erebus au centre et la pĂ©ninsule de Hut Point sur la droite. Mackintosh et Hayward partirent le 8 mai 1916 de Hut Point (A), dans le but de rejoindre le cap Evans (B) via la glace. Ils sont disparus dans la zone indiquĂ© par C.

Avec l'aide de la viande fraĂźche de phoque, les survivants rĂ©cupĂšrent lentement. NĂ©anmoins, ils sont incapables de terminer le voyage jusqu'au cap Evans en raison de l'instabilitĂ© de l'Ă©tat du pack[37]. Les conditions Ă  Hut Point sont considĂ©rĂ©es et dĂ©crites comme « sombres et dĂ©primantes Â», avec un rĂ©gime alimentaire Ă  base de phoques et un confort trĂšs sommaire[37]. Mackintosh, en particulier, trouve intolĂ©rable la vĂ©tustĂ© de l'abri et redoute la possibilitĂ© que, bloquĂ©s Ă  la pĂ©ninsule de Hut Point, ils ne ratent le retour du navire[38]. AprĂšs quelques jours de reconnaissance avec Hayward, Mackintosh annonce, le 8 mai 1916, qu'ils sont « prĂȘts Ă  se risquer sur la glace Â»[39] et, contre les conseils de leurs camarades, ils ne partent qu'en transportant peu de fournitures[40]. Peu de temps aprĂšs, alors qu'ils ne distinguent plus l'abri de Hut Point, un sĂ©vĂšre blizzard se dĂ©veloppe et dure deux jours. Quand il diminue, Joyce et Richards suivent les traces de pas encore visibles sur la glace, jusqu'Ă  une fissure importante, oĂč celles-ci s'arrĂȘtent[40]. Ni Mackintosh, ni Hayward ne rĂ©ussissent Ă  revenir au cap Evans et aucune trace des deux hommes n'est retrouvĂ©e par la suite, malgrĂ© les recherches de Joyce. Ce dernier, Richards et Wild rĂ©ussissent enfin Ă  atteindre, par la suite, le cap Evans en juin[41]. Les recherches se poursuivent, mĂȘme aprĂšs l'arrivĂ©e de l’Aurora en janvier 1917 qui apporte son aide[42]. Toutes les indications laissent Ă  supposer que Mackintosh et Hayward sont tombĂ©s dans la mer en marchant sur un morceau de pack trop fin, ou que le morceau sur lesquels ils se trouvaient a Ă©tĂ© soufflĂ© au large par la mer durant le blizzard[40].

Postérité

Les journaux de bord de Mackintosh, qui couvrent la pĂ©riode allant jusqu'au 30 septembre 1915, sont publiĂ©s longtemps aprĂšs sa mort sous le nom de Shackleton's Lieutenant. Les manuscrits originaux sont dĂ©tenus par le Scott Polar Research Institute[43].

Faute d'avoir eu le texte Ă  disposition rapidement, les deux principales sources Ă  la disposition des historiens sur cette Ă©quipe en mer de Ross sont ceux d'Ernest Joyce, The South Polar Trail, publiĂ© en 1929, et de Richard W. Richards, The Ross Sea Shore Party 1914–17. La rĂ©putation de Mackintosh n'est guĂšre bien servie par les deux, en particulier celui de Joyce, trĂšs partisan, qui est, par exemple, dĂ©crit par Kelly Tyler-Lewis comme « une Ă©popĂ©e oĂč il se donnait le beau rĂŽle Â»[44]. Joyce est gĂ©nĂ©ralement trĂšs dur sur la façon de commander de Mackintosh : « Je n'ai jamais eu, dans mon expĂ©rience, vu un tel idiot en charge d'hommes Â», Ă©crit-il dans un journal[45]. Les journaux de bord de Richards sont beaucoup plus courts et plus simples, mais des dĂ©cennies plus tard, alors qu'il est alors le seul membre de l'expĂ©dition encore en vie[Note 9], il affirme que la marche de Mackintosh pour mettre en place les dĂ©pĂŽts en mars est « extrĂȘmement pathĂ©tique Â», qu'il eut « complĂštement perdu ses nerfs Â» et que la marche fatale sur la glace est du « suicide Â»[Note 10].

Autre vue du détroit de McMurdo glacé avec la langue du glacier Erebus. Le cap Royds est visible à l'arriÚre-plan.

Cette opinion, gĂ©nĂ©ralement nĂ©gative, de Mackintosh n'est cependant pas unanime parmi ses camarades. Alexander Stevens, responsable scientifique, le trouve « solide et fiable Â» et estime que l'Ă©quipe aurait fait beaucoup moins, sans « l'infatigable commandant Mackintosh Â»[44]. John King Davis admire Ă©galement le dĂ©vouement de Mackintosh et considĂšre la pose de dĂ©pĂŽts comme « [un] magnifique succĂšs[44] Â».

Ernest Shackleton est Ă©quivoque. Dans South, il reconnaĂźt que Mackintosh et ses hommes ont atteint leurs objectifs, fait l'Ă©loge de l'Ă©quipe et de ses qualitĂ©s d'endurance et d'abnĂ©gation, affirmant que Mackintosh est mort pour sa patrie[46]. Cependant, dans une lettre, il est trĂšs critique : « Mackintosh semble n'avoir aucune idĂ©e de la discipline ou de l'organisation [
][47] Â». Shackleton donne une partie de sa rĂ©tribution reçue lors d'une courte tournĂ©e en Nouvelle-ZĂ©lande afin de soutenir la famille Mackintosh[48]. Mackintosh eut deux filles, la seconde naissance arrivant lorsqu'il se trouve en Australie en attendant le dĂ©part de l’Aurora[3]. Lors du voyage retour sur la barriĂšre de glace en fĂ©vrier 1916, s'attendant Ă  mourir, il Ă©crit un message d'adieu, avec des Ă©chos Ă  celui du capitaine Robert Falcon Scott. Le message conclut : « Si cela avait Ă©tĂ© la volontĂ© de Dieu de nous reprendre la vie, nous la lui aurions donnĂ©e en Britanniques, car notre tradition veut que nous le fassions avec honneur. Au revoir mes amis, je sais que ma chĂšre femme et mes enfants ne seront pas dĂ©laissĂ©s[49] Â». AprĂšs la mort de son mari, Gladys Mackintosh Ă©pouse Joseph Stenhouse, le premier officier de l’Aurora et, plus tard en 1923, son capitaine[50].

Mackintosh, recevant la médaille polaire d'argent pour son travail au cours de l'expédition Nimrod, est commémoré par le mont Mackintosh en Antarctique.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Hut Point, prĂšs de la limite de la barriĂšre de Ross mais nĂ©anmoins sur l'Ăźle de Ross, les vieux quartiers de l'expĂ©dition Discovery de Robert Falcon Scott. Il est utilisĂ© par les expĂ©ditions suivantes comme point de passage pour les voyages vers le Sud.
  2. ↑ Douglas Mawson servit comme gĂ©ologue lors de l'expĂ©dition Nimrod et fut plus tard le chef de l'expĂ©dition Aurora.
  3. ↑ ArrivĂ©e dans la baie de Vahsel en dĂ©cembre 1914, Ă©tablissement d'un camp de base jusqu'en novembre 1915, puis dĂ©part et passage du pĂŽle Sud en NoĂ«l 1915 et jonction avec l’Aurora en mars 1916, Ă  temps pour une saison plus clĂ©mente permettant un retour vers Hobart. Il Ă©tait prĂ©vu de rejoindre l'Ă©quipe de la barriĂšre de Ross dans un des dĂ©pĂŽts puis de revenir Ă  l'Ăźle de Ross ensemble, l'indication sur la barriĂšre de Ross est donc Ă  considĂ©rer avec prudence. Voir (en) Shackleton, The Daily Telegraph, 25 mars 1916.
  4. ↑ Ernest Joyce est un ancien membre de l'expĂ©dition Discovery (1901-1904) de Robert Falcon Scott et se distingue sur l'expĂ©dition Nimrod.
  5. ↑ Joyce, plus expĂ©rimentĂ©, attendait de Mackintosh qu'il l'affecte comme musher et se dit « choquĂ© et frustrĂ© par l'attitude hiĂ©rarchique de Mackintosh Â». (Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 67—68)
  6. ↑ Pinkey, le dernier chien, est dĂ©cĂ©dĂ© le 4 mars. (Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 97)
  7. ↑ L’Aurora dĂ©rive vers le Nord dans la mer de Ross, avant d'ĂȘtre enfin libĂ©rĂ©e en fĂ©vrier 1916. Le navire atteint la Nouvelle-ZĂ©lande un mois plus tard.
  8. ↑ Joyce, Richards, Wild et Hayward reçurent la mĂ©daille Albert — les deux derniers de maniĂšre posthume — pour leurs efforts pour sauver Mackintosh et Spencer-Smith. En 1952, la mĂ©daille de Richards est « amĂ©liorĂ©e Â» en Croix de Georges.
  9. ↑ Richard W. Richards mourut en 1985, Ă  l'Ăąge de 91 ans.
  10. ↑ Transcription d'un interview de Richard W. Richards dans la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e australienne Rewind.

Références

  1. ↑ a et b Roland Huntford, Shackleton, p. 406—407
  2. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 140
  3. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h et i Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 35—36
  4. ↑ Roland Huntford, Shackleton, p. 413
  5. ↑ Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. viii (prĂ©face)
  6. ↑ Ernest Shackleton, South, p. 340
  7. ↑ a, b, c, d, e et f (en) Ernest Shackleton, British Antarctic Expedition 1907-09, Nimrod, Crew and Personnel List sur www.coolantarctica.com. ConsultĂ© le 2 mai 2009
  8. ↑ Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 492
  9. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 248
  10. ↑ Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition, p. 103
  11. ↑ a et b Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 22
  12. ↑ Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition, p. 157
  13. ↑ a et b Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition, p. 159
  14. ↑ (en) Antarctic Explorers: Ernest Shackleton sur www.south-pole.com. ConsultĂ© le 2 mai 2009
  15. ↑ Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition, p. 170
  16. ↑ a, b, c, d, e et f Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition, p. 266—268
  17. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 108
  18. ↑ Ernest Shackleton, The Heart of the Antarctic, p. 339
  19. ↑ Roland Huntford, Shackleton, p. 323—327
  20. ↑ Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 300
  21. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 27
  22. ↑ Ernest Shackleton, South, p. 242
  23. ↑ a, b et c Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 397—400
  24. ↑ Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 399
  25. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 53
  26. ↑ a et b Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 71—72
  27. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 84
  28. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 104—105
  29. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 99—100
  30. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 105—106
  31. ↑ Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. 72—74
  32. ↑ a et b Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 135—137
  33. ↑ Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. 79
  34. ↑ a, b, c et d Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 407—409
  35. ↑ a et b Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 171
  36. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 184
  37. ↑ a et b Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. 205—207
  38. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 195
  39. ↑ Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. 209
  40. ↑ a, b et c Lennard Bickel, Shackletnon’s Forgotten Men, p. 212—213
  41. ↑ Ernest Shackleton, South, p. 302—303 (rapport de Joyce)
  42. ↑ Ernest Shackleton, South, p. 335—336
  43. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 346
  44. ↑ a, b et c Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 259—260
  45. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 159
  46. ↑ Ernest Shackleton, South, p. 241—242 et 340
  47. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 252
  48. ↑ Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, p. 423
  49. ↑ Lennard Bickel, Shackleton’s Forgotten Men, p. 169—171
  50. ↑ Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men, p. 271

Bibliographie

  • (en) Æneas Mackintosh, Shackleton's Lieutenant 
  • (en) Beau Riffenburgh, Shackleton's Forgotten Expedition: The Voyage of the Nimrod, Bloomsbury Publishing PLC, 2005, 384 p. (ISBN 978-1582346113) 
  • (en) Ernest Shackleton, The Heart of the Antarctic: The Farthest South Expedition, 1907-1909, William Heinemann, 1911 
  • (en) Ernest Shackleton, South, Londres, Century Publishing, 1983 (ISBN 0 7126 0111 2) 
  • (en) Roland Huntford, Shackleton, Da Capo Press, 1998, 800 p. (ISBN 978-0786705443) 
  • (en) Margery et James Fisher, Shackleton and the Antarctic, Londres, James Barrie Books, 1957 
  • (en) Lennard Bickel, Shackleton's Forgotten Men: The Untold Tragedy of the Endurance Epic, Londres, Pimlico, Random House, 2001, 256 p. (ISBN 0 7126 6807 1) 
  • (en) Kelly Tyler-Lewis, The Lost Men: The Harrowing Saga of Shackleton's Ross Sea Party, Londres, Bloomsbury Publications, 2006, 384 p. (ISBN 978 0 7475 7972 4) 

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