Zoologie

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Zoologie

La zoologie (des termes grecs ő∂ŠŅ∑őŅőĹ, z√īon, animal, et őĽŌĆő≥őŅŌā, logos, le discours) est la science qui √©tudie les animaux. Regroupant plusieurs disciplines et utilisant de nombreuses techniques, cette science s'est lentement √©labor√©e au cours des si√®cles depuis la pr√©histoire. Historiquement, les premi√®res r√©flexions scientifiques concernant la zoologie qui nous ont √©t√© transmises sont celles d'Aristote. Les tentatives de classification des esp√®ces animales ont √©t√© nombreuses et souvent remani√©es depuis cette √©poque.

Sommaire

La distinction entre zoologie et botanique

La fronti√®re entre la zoologie, qui √©tudie les animaux, et la botanique, qui √©tudie les v√©g√©taux, a √©t√© et est toujours sujet √† controverses. Certains √™tres vivants, consid√©r√©s comme v√©g√©taux, se sont r√©v√©l√©s √™tre des animaux ; le cas de certains autres est toujours, √† l'aube du XXIe si√®cle, sujet √† discussions. Pour ces √™tres vivants atypiques, l'appartenance √† l'une ou l'autre des sciences s'est trouv√©e modifi√©e gr√Ęce aux avanc√©es et d√©couvertes techniques ou scientifiques (entre autres la microscopie ou l'analyse de l'ADN).

Si la plupart des M√©tazoaires ont toujours √©t√© indiscutablement plac√©s parmi les animaux, certains M√©tazoaires inf√©rieurs √©taient encore au XIXe si√®cle plac√©s dans une cat√©gorie particuli√®re nomm√©e "Zoophytes" (√©tymologiquement : animaux-plantes). Ce groupe comprenait traditionnellement les Spongiaires, les Cnidaires, les Ct√©nophores et les Bryophytes. Linn√© classait dans cette cat√©gorie des Mollusques comme la Seiche, l'Aplysie, l'Holothurie, mais aussi les √Čchinodermes (oursins et √©toiles de mer)[1]. Ce n'est qu'en 1744 que Jean Andr√© Peyssonnel reconnut le corail comme un animal ; de m√™me, les Spongiaires ne furent reconnus comme animaux qu'en 1825[2].

Le cas des Protozoaires est encore plus problématique. Certains d'entre eux, comme l'euglène ou certains Péridiniens qui peuvent avoir une alimentation autotrophe ou hétérotrophe, ont longtemps été placé à la frontière entre les deux disciplines. Les méthodes modernes de la cladistique ont permis de distinguer la lignée verte (qui concerne indiscutablement la botanique et à la phycologie), les opisthochontes (qui concernent la zoologie et la mycologie), la lignée brune (phycologie) et diverses lignées dont l'appartenance à telle ou telle discipline n'est pas toujours résolue.

Histoire de la zoologie

Préhistoire

Aurochs représentés dans la grotte de Lascaux.

L'Homo sapiens du Paléocène supérieur a réalisé de nombreuses peintures, gravures et sculptures rupestres. Ces représentations artistiques à dessein sans doute rituel montrent que nos ancêtres observaient attentivement la faune, représentant des détails qui indiquent une bonne connaissance des animaux de leur environnement, comme la mue des bisons ou le repli cutané présent à la base de la queue des mammouths.

Le bestiaire varie selon les r√©gions et selon les √©poques du Pal√©olithique sup√©rieur : toutefois, on trouve en majorit√© de grands herbivores (chevaux, bisons, aurochs), comme dans la grotte de Lascaux.

D'autres esp√®ces sont plus rarement repr√©sent√©es, parfois avec de fortes dominantes g√©ographiques ou chronologiques : lions et rhinoc√©ros dans la grotte Chauvet, en Ard√®che, biches dans les grottes de la r√©gion des Cantabres en Espagne ou mammouths √† Rouffignac, en Dordogne. Il arrive aussi que soient repr√©sent√©s des animaux ind√©terminables ou ¬ę fantastiques ¬Ľ : une figure de de la salle des taureaux de Lascaux est parfois qualifi√©e de ¬ę licorne ¬Ľ.

La p√©riode n√©olithique montre aussi des repr√©sentations animales tr√®s r√©alistes. Au Sahara, une civilisation d'√©leveurs remontant au VIe mill√©naire av. J.-C. est responsable des gravures et peintures rupestres class√©es dans le style des ¬ę bubales ¬Ľ et des ¬ę bovid√©s ¬Ľ. Dans sa forme la plus ancienne, la ¬ę p√©riode bubaline ¬Ľ n'a figur√© que des gravures de faune sauvage : bovid√©s, √©quid√©s, f√©lins, girafes, mouflons, antilopes, gazelles, √©l√©phants, rhinoc√©ros, autruches... Dans sa forme plus r√©cente, la ¬ę p√©riode bovidienne ¬Ľ correspond √† des peintures de faune domestique : bŇďufs, ch√®vres et moutons.

Antiquité

L'époque de l'Antiquité fut celle d'Aristote dans toute l'étendue du domaine de la zoologie.

Le philosophe grec Aristote (384 av. J.-C.-322 av. J.-C.) consacre de nombreux traités au monde animal. Aristote essaye de faire un classement compréhensible d'animaux dans son Histoire des Animaux. Il écrit Historia Animalium, une biologie générale des animaux, De Partibus Animalium, une anatomie et physiologie comparatives des animaux, et De Generatione Animalium, sur la biologie de développement. Notamment dans Parties des Animaux, il aborde la question de la classification des animaux par genre et par espèce.

Le naturaliste romain Pline l'Ancien (23-79) consacre quatre livres (VIII, IX, X et XI) aux animaux dans son Ňďuvre encyclop√©dique L'Histoire naturelle (Naturalis Historia) constitu√©e de 37 volumes √©crits en langue latine.

  • Le Physiologos est un bestiaire grec remontant probablement au IIe si√®cle. Il traite des propri√©t√©s des b√™tes, des oiseaux et des pierres.

Les po√®mes didactiques d'Oppien de Corycos, les Halieutiques sur la p√™che et les Ixeutiques sur la chasse, contiennent aussi beaucoup de descriptions et de narrations sur les animaux connus des Anciens au IIe si√®cle.

  • √Člien (v. 175-v. 235): orateur et naturaliste romain de langue grecque. Les 17 livres de ses Caract√©ristiques des animaux (ő†őĶŌĀŠĹ∂ őĖŠŅīŌČőĹ ŠľłőīőĻŌĆŌĄő∑ŌĄőŅŌā / Per√¨ Z√īi√īn Idi√≥t√™tos) compilent des anecdotes sur 70 esp√®ces de mammif√®res, 109 esp√®ces d‚Äôoiseaux, une cinquantaine de reptiles et environ 130 poissons.

Oppien de Syrie, qui vivait au IIIe si√®cle, est l'auteur d'une Ňďuvre po√©tique consacr√©e √† la chasse, les Cyn√©g√©tiques d√©crivant √©galement les animaux exotiques.

Moyen √āge

Animaux fabuleux et tabous bibliques.

La connaissance des animaux a relativement peu progress√© au cours du Moyen √āge. La plupart des auteurs qui se sont int√©ress√©s √† la vie animale sont tributaires d'Isidore de S√©ville (v.560-636), lequel a rassembl√©, au d√©but du VIIe si√®cle, dans ses Etymologiae (√Čtymologies ou Origines) une partie de remarques, mais aussi des mythes transmis par Pline dans ses Histoires naturelles.

Le XIIe si√®cle voit la red√©couverte d'Aristote et de ses trait√©s consacr√©s aux animaux, notamment par le biais des commentaires du philosophe arabe Averro√®s (1126-1198) et des traductions du philosophe scolastique Michael Scot (v. 1175-v. 1236). Ce sera le point de d√©part d'un regain d'int√©r√™t pour le monde animal.

  • Fr√©d√©ric II du Saint-Empire (1194-1250) r√©dige un manuel de fauconnerie et d'ornithologie illustr√©, le De arte venandi cum avibus, dans lequel il d√©crit plus de 900 esp√®ces d'oiseaux. Il consigne de tr√®s pr√©cises observations sur le comportement des oiseaux, tr√®s en avance sur son temps. Il n'h√©site √† critiquer Aristote auquel il reproche de n'avoir qu'une connaissance th√©orique des oiseaux[3].
  • Albert le Grand (v. 1200-1280) est l'auteur d'un vaste trait√©, le De animalibus, consacr√© non seulement √† la faune, mais aussi √† la flore et aux min√©raux.

Simultan√©ment, √† partir de la fin du XIIe si√®cle, l'histoire naturelle des animaux traversait ce qu'on pourrait appeler sa p√©riode fabuleuse avec la multiplication de ¬ę bestiaires ¬Ľ consacr√©s √† la description et √† la repr√©sentation symbolique d'animaux r√©els et imaginaires. Le tr√®s riche bestiaire m√©di√©val s'inspire d'une Ňďuvre orientale anonyme, datant vraisemblablement du IIe si√®cle et compos√©e sans doute √† Alexandrie, le Physiologos. Enrichi au fil du temps par des emprunts aux Etymologiae d'Isidore de S√©ville et √† des auteurs absents de la version primitive, il devient la source principale des bestiaires m√©di√©vaux. C'est ainsi qu'on voit appara√ģtre dans ces recueils une foule d'animaux fabuleux ou fantastiques, les uns h√©rit√©s de l'Antiquit√©, les autres √©clos dans l'imagerie populaire de l'√©poque m√©di√©vale, parmi lesquels : la licorne, le ph√©nix, l'oiseau roc, la guivre, le dragon, le basilic, le serpent de mer, la sir√®ne, le griffon.

Renaissance

Une c√©l√®bre estampe sur bois, grav√©e par Albrecht D√ľrer en 1515, et appel√©e le Rhinoc√©ros de D√ľrer.

Voyages d'exploration et microscopistes.

Vers 1480, Juliana Berners, probablement prieure du couvent de Sopwell pr√®s de St Albans, fait para√ģtre un ouvrage de fauconnerie et un autre sur la p√™che.

Guillaume Rondelet (1507-1566) est un m√©decin √† Montpellier, haut lieu des sciences fran√ßaises, principalement botanique et m√©decine, √† la Renaissance. Il fait para√ģtre en 1555 son Univers√¶ aquatilium histori√¶ pars altera o√Ļ il pr√©sente tous les animaux aquatiques, m√™me mythiques, qu'il conna√ģt. Il ajoute de nombreuses observations personnelles de grande qualit√©.

Pierre Belon (v. 1517-1564) est l'auteur de L'histoire naturelle des √©stranges poissons marins avec la vraie peinctvre & description du Daulphin & de plusieurs autres de son esp√®ce. Il a √©galement √©crit un ouvrage intitul√© Histoire de la nature des oiseaux. Ses travaux portent notamment sur l'anatomie compar√©e. Un oiseau pal√©arctique lui est d√©di√© : le Tadorne de Belon.

Conrad Gessner (1516-1565) fait para√ģtre son Historia animalium √† Zurich entre 1551 et 1558. Compilateur infatigable, surnomm√© le Pline suisse, Gessner compile toutes les connaissances au sujet des animaux dont il a connaissance. Il pr√©sente celles-ci, organis√©es sur une base alphab√©tique, chaque animal √©tant analys√© sur un mod√®le identique. Gessner n'a pas pour but de juger mais de r√©aliser une encyclop√©die aussi exhaustive que possible. Son Ňďuvre, richement illustr√©e, entre autres par Albrecht D√ľrer, sera tr√®s souvent r√©√©dit√©e durant plus de trois si√®cles.

Ulisse Aldrovandi (1522-1605) publie de 1559 à 1605 les quatre premiers volumes d'une histoire naturelle (dont De Animalibus insectis en 1602 qui constitue en fait le septième volume) qui en comptera quatorze, les autres étant publiés après sa mort (dernier volume paraissant en 1668). Ce naturaliste révère encore l'Antiquité et accorde autant de crédit à Strabon et à Pline qu'à ses propres observations.

XVIIe et XVIIIe si√®cles

Le Lynx, dessiné par Jacques de Sève.
Illustration de l'Histoire des Quadrupèdes de Buffon.

John Ray (1627-1705) et Francis Willughby (1635-1672) jouent un r√īle essentiel tant en botanique qu'en zoologie durant cette p√©riode.

En zoologie, Ray est le premier √† proposer une classification des animaux fond√©e sur des crit√®res anatomiques et non comportementaux ou environnementaux. Sa classification, notamment des oiseaux, est la plus √©volu√©e jusqu'√† l'Ňďuvre de Linn√©.

La mort prématurée de Willughby l'empêche d'achever plusieurs ouvrages que Ray enrichira (parfois considérablement) et publiera sous le seul nom de Willughby. C'est le cas de Ornithologia (Londres, 1676) et de De historia piscium (Oxford, 1686). Parmi les principaux ouvrages de Ray, il faut signaler Synopsis animalium quadrupedum et serpentini generis (Londres, 1693). Plusieurs de ses ouvrages paraissent de façon posthume comme Historia insectorum à Londres en 1710 ou Synopsis avium et piscium toujours à Londres en 1713.

Francesco Redi (1626-1697) s'intéresse à la parasitologie et décrit près de 100 espèces de parasites microscopiques ou de très petite taille. Il est à l’origine de nombreuses observations sur la génération des insectes et sur les vers intestinaux.

Marcello Malpighi (1628-1694), le père de l'anatomie microscopique ou histologie, a son nom aujourd'hui attaché à des dizaines de structures dans le corps humain et chez les insectes.

Jan Swammerdam (1637-1680), dont les travaux portent sur l'anatomie des insectes qu'il √©tudie √† l'aide d'un micro-mat√©riel de dissection fabriqu√© par ses soins, fait para√ģtre, en 1669, une Histoire g√©n√©rale des insectes o√Ļ il les classe d‚Äôapr√®s leur type de m√©tamorphose. Swammerdam distingue les insectes √† m√©tamorphoses compl√®tes et incompl√®tes et d√©crit avec soin ces transformations.

Girolamo Fabrizi d'Acquapendente (1537-1619) s'intéresse particulièrement au développement embryonnaire des animaux. Ses recherches sont complétées par l'un de ses élèves, Hieronymus Fabricius (1537-1619), qui étudie le développement embryonnaire des poulets.

Les premiers ouvrages sur les insectes sont dat√©s du tout d√©but du XVIIe si√®cle. Thomas Muffet (v. 1552-1604), m√©decin et naturaliste anglais, fait para√ģtre post mortem, en 1634, le Theatrum Insectorum, livre enti√®rement consacr√© aux insectes (terme qui d√©signe effectivement les insectes mais aussi de nombreux autres invert√©br√©s). Charls Butler (1559-1647) fait para√ģtre en 1609 le premier livre enti√®rement consacr√© aux abeilles.

Le naturaliste hollandais Jan Goedart (1617-1668) fait para√ģtre, entre 1662 et 1667, un trait√© intitul√© Metamorphosis et historia naturalis insectorum o√Ļ il d√©crit 140 insectes repr√©sent√©s √† l'aide de nombreuses illustrations. Il fut le premier √† d√©crire le cycle biologique complet du papillon, de l'Ňďuf √† l'adulte.

Joseph Guichard Duverney (1648-1730) fait para√ģtre au d√©but du XVIIIe si√®cle plusieurs m√©moires importants devant l'Acad√©mie des sciences de Paris sur les syst√®mes circulatoires et respiratoires de vert√©br√©s √† sang froid comme les grenouilles, les serpents, etc.[4].

En 1720, Michael Bernhard Valentini (1657-1729) fait para√ģtre une √©tude o√Ļ il compare l'anatomie de diff√©rents vert√©br√©s.

En 1734, Jacob Theodor Klein (1685-1759) fait para√ģtre Naturalis dispositio Echinodermatum, Ňďuvre pionni√®re sur les oursins.

Martin Lister (v. 1638-1712) est un médecin et naturaliste britannique dont les travaux concernent de nombreuses espèces d'invertébrés, notamment parmi les mollusques et les araignées. Martin Lister donna en 1682 une traduction anglaise de Metamorphosis et historia naturalis insectorum de Jan Goedart et publia en 1685 une version améliorée en latin selon un ordre méthodique et une classification qui lui sont propres.

Anna Maria Sibylla Merian (1647-1717) occupe v√©ritablement une place √† part dans l'histoire de l'entomologie. Elle appartient √† une prestigieuse famille de graveurs et apprend tr√®s t√īt le dessin et la peinture. Elle se passionne pour les insectes et notamment pour le ph√©nom√®ne de m√©tamorphose, qui avait d√©j√† √©t√© l'objet des observations et des illustrations de Jan Goedart (1617-1668). Elle d√©couvre aux Pays-Bas plusieurs collections de papillons provenant des Am√©riques. Souhaitant les observer par elle-m√™me, elle r√©alise un voyage en 1699 au Surinam. Les illustrations qu'elle r√©alise connaissent une grande popularit√©, elle s'attache √† illustrer les diff√©rents stades de croissance des insectes (larvaire, nymph√©al et adulte). Ses images ne sont pas accompagn√©es de texte, aussi son impact sur l'√©volution de l'entomologie est assez r√©duit, elle est remarquable surtout parce qu'elle est l'une des rares femmes naturalistes de son temps.

Johann Leonhard Frisch (1666-1743) d√©montre que le d√©veloppement d'un v√©g√©tal peut √™tre retard√© par l'action de ses parasites. De 1696 √† 1700, Antonio Vallisneri (1661-1730) fait para√ģtre ses Dialoghi sopra la curiosa Origine di molti Insetti (Dialogues sur la curieuse origine de plusieurs insectes) dans La Galleria di Minerva. Il y expose ses premi√®res exp√©riences sur la reproduction des insectes qui, avec les observations de Francesco Redi (1626-1697) et de Marcello Malpighi (1628-1694), contribuent √† d√©mentir la croyance en la g√©n√©ration spontan√©e. Pierre Lyonnet (1708-1789) fait para√ģtre ses premi√®res observations sur l‚Äôanatomie des insectes en 1750 en consacrant une monographie √† une chenille sous le nom de Trait√© anatomique de la chenille qui ronge le bois de Saule. Bien que ses dissections et ses illustrations soient remarquables, n'√©tant pas m√©decin, il manque des connaissances anatomiques et ses observations s'en ressentent parfois.

Moses Harris (1731-1785), illustrateur et entomologiste britannique, est le premier à utiliser les nervures des ailes des papillons pour leur classification[5].

L'entomologie obtient ses lettres de noblesses avec Ren√©-Antoine Ferchault de R√©aumur (1683-1757). Membre de l'Acad√©mie des sciences en 1708, il conduit des exp√©riences dans un grand nombre de sujets, les plus connus √©tant la mise au point d'un thermom√®tre et ses travaux sur la fa√Įence. Mais le savant ne d√©daigne pas l'histoire naturelle des zoophytes, mollusques, crustac√©s, insectes, araign√©es, poissons et oiseaux. Il fait para√ģtre, de 1734 √† 1742, les six volumes des M√©moires pour servir √† l'histoire des insectes. Il pr√©cise dans son introduction les raisons de sa publication : ¬ę Nous ne sommes pas encore, √† beaucoup pr√®s, arriv√©s au temps o√Ļ l'on pourra raisonnablement entreprendre une histoire g√©n√©rale des insectes. Des savants de tout le pays se sont plus depuis un si√®cle √† les √©tudier. L'attention qu'ils leur ont donn√©e nous a valu un grand nombre d'observations s√Ľres et curieuses. Cependant, il s'en faut bien qu'il y en ait encore assez de rassembl√©es. Le nombre des observations n√©cessaires pour une histoire de tant de petits animaux passablement compl√®te est prodigieux. ¬Ľ

Il fait ensuite remarquer que le nombre des insectes est prodigieux. Des douze √† treize mille plantes connues √† son √©poque, il signale que chacune entretient des centaines d'esp√®ces d'insectes diff√©rents, que ceux-ci sont la proie de pr√©dateurs particuliers. Cette analyse √©cologique de la biodiversit√© est tr√®s en avance sur son temps. Il continue : ¬ę L'immensit√© des ouvrages de la nature ne para√ģt mieux nulle part que dans l'innombrable multiplicit√© de tant d'esp√®ces de petits animaux. ¬Ľ

Apr√®s avoir remarqu√© que la diversit√© des insectes est telle qu'aucun esprit ne saurait en faire le tour, il signale qu'il est surtout utile d'en conna√ģtre les principales formes. Il justifie aussi l'int√©r√™t et l'importance de l'√©tude des insectes : ¬ę Quoique nous resserrions beaucoup les bornes de l'√©tude de l'histoire des insectes, il est des gens qui trouveront que nous lui en laissons encore de trop √©tendues. Il en est de m√™me qui regardent toutes connaissances de cette partie de l'histoire naturelle comme inutiles, qui les traitent, sans h√©siter, d'amusements frivoles. ¬Ľ

R√©aumur fait ensuite la liste des apports que peut r√©aliser ce qui ne se nomme pas encore l'entomologie : la cire et le miel apport√©s par les abeilles (miel qui √©tait la principale source sucr√©e de l'√©poque), les colorants tir√©s de la cochenille, les figues dont le m√Ľrissement d√©pend des insectes... Il indique aussi que la connaissance des insectes permet de les combattre.

Ses Mémoires ressemblent souvent à des monographies. Le volume IV est entièrement dédié à trois espèces de cigales. Il décrit l'anatomie externe, les organes buccaux, l'oviposition, la production du stridulement, la ponte, etc. Réaumur étudie particulièrement les abeilles, qu'il baptise son cher petit peuple. Pour mieux observer le comportement des abeilles, il est le premier à concevoir une ruche comportant un système de vitres, un volet permet de protéger l'intérieur de la ruche de la lumière, Réaumur le levant uniquement pour faire ses observations.

R√©aumur √©tait en relation avec les principaux savants de son √©poque. Il entretenait une abondante correspondance avec d'autres naturalistes qui √©taient √† la fois ses √©l√®ves, ses correspondants et ses pourvoyeurs d'observations zoologiques. Abraham Trembley (1710-1784) fit en 1740 la d√©couverte √©tonnante de la reproduction par scissiparit√© de l'Hydre d'eau douce. Encourag√© par R√©aumur, il publia ses observations en 1744 sous le titre de M√©moires pour servir √† l'histoire d'un genre de polypes d'eau douce √† bras en forme de cornes. Charles Bonnet (1720-1793), correspondant de R√©aumur √† Gen√®ve et cousin de Trembley, fait para√ģtre en 1745 ses observations sur la parth√©nogen√®se des pucerons. Charles de Geer (1720-1778) √©labora son Ňďuvre ma√ģtresse sur les insectes, qui continuait les travaux de R√©aumur, en y d√©crivant les mŇďurs et l'anatomie de plus de 1 500 esp√®ces, sous le m√™me titre de M√©moires pour servir √† l'histoire des insectes et dans la m√™me forme, en sept volumes in-4¬į parus de 1752 √† 1778. Lazaro Spallanzani (1729-1799) reprit en l'am√©liorant la technique des ¬ę cale√ßons ¬Ľ de R√©aumur plac√©s √† des grenouilles pour d√©terminer le r√īle de la semence m√Ęle dans la g√©n√©ration et mit en √©vidence que la f√©condation est externe chez les grenouilles et les crapauds. Observateur et exp√©rimenteur de premier ordre, Spallanzani r√©alise, en 1777, la premi√®re f√©condation artificielle, en √©tudiant le m√©canisme de la reproduction chez les batraciens. Il r√©ussit, en 1779, la premi√®re ins√©mination artificielle d'une chienne.

Carl von Linné (1707-1778) est un naturaliste suédois qui a jeté les bases du système moderne de la nomenclature binomiale. Connu comme le père de la taxonomie moderne, c'est à ce titre qu'il est important pour la zoologie, même s'il était surtout botaniste.

Buffon (1707-1788) est un naturaliste fran√ßais dont l'Ňďuvre majeure, L'Histoire naturelle, g√©n√©rale et particuli√®re, a marqu√© son temps et est principalement consacr√©e aux animaux, comprenant L'Histoire des animaux quadrup√®des (12 volumes, 1753-1767) et L'Histoire des oiseaux (9 volumes, 1770-1783).

Le XVIIIe si√®cle est une p√©riode o√Ļ l'√©tude des ravageurs des cultures commence √† √©merger. On peut citer notamment l'Ňďuvre de l'italien Giovanni Targioni Tozzetti (1712-1783).

Au dernier quart du XVIIIe si√®cle, la zoologie, science qui traite de tous les animaux de la nature, est divis√©e en diff√©rentes parties s√©par√©es, qui peuvent se r√©duire √† six[6] :

  1. la Tetrapodologie, histoire des quadrup√®des couverts de poils ;
  2. l'Ornithologie, histoire des oiseaux ;
  3. l'Amphibiologie, histoire des animaux amphibies comme les serpents, l√©zards, grenouilles, tortues, etc. ;
  4. l'Ichthyologie, histoire des poissons ;
  5. l'Entomologie, histoire des insectes ;
  6. la Zoophytologie, histoire des zoophytes.

Le XIXe si√®cle

Flamant rouge (Phoenicopterus ruber).
Dessin de John James Audubon pour son livre Les Oiseaux d'Amérique.

Des savants naturalistes comme Lamarck, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire et Darwin incarnent l'esprit du XIXe siècle marqué en zoologie par les théories de l'évolution des espèces animales.

Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) est le premier à systématiser l’idée d’une transformation des espèces et à en donner un exposé cohérent. Dans sa Philosophie zoologique publiée en 1809, Lamarck propose une théorie explicative de l'évolution des espèces animales, supposant la transformation graduelle des espèces au cours du temps et en fonction d'une adaptation des animaux à leur milieu.

Georges Cuvier (1769-1832) est le promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie des Vertébrés. Cuvier énonça, en 1812, les lois de subordination des organes et de corrélation des formes.

√Čtienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) d√©crit l'unit√© des plans d'organisation au sein du r√®gne animal. Les travaux zoologiques de Geoffroy Saint-Hilaire tendent √† d√©montrer l'unit√© de composition organique des animaux, dans une perspective transformiste. Selon ce savant, il existerait alors, pour le r√®gne animal, un plan g√©n√©ral d'organisation qui serait modifi√©, au cours du temps, par l'environnement. Il rechercha donc des analogies entre les esp√®ces animales et √©non√ßa la loi de connexion, de permanence et de balancement.

Henri Milne-Edwards (1800-1885) innove en alliant l’anatomie comparée de Georges Cuvier avec la physiologie. Son ouvrage le plus considérable, les Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'homme et des animaux, faites à la Faculté des sciences de Paris, a été publié, entre 1857 et 1881, en 14 volumes in-8.

Dans L'Origine des esp√®ces qu'il publie en 1859, Charles Darwin (1809-1882) d√©veloppe une th√©orie de l'√©volution des esp√®ces, fond√©e sur le principe de la s√©lection naturelle. Il y expose sa th√©orie de l'√©volution dans laquelle chaque esp√®ce vivante √©volue, notamment pour survivre dans un environnement particulier. La doctrine √©volutionniste qu'il fit conna√ģtre est appel√©e depuis lors ¬ę darwinisme ¬Ľ.

Wallace (1823-1913) conçut, indépendamment et en même temps que Darwin, le principe de la sélection naturelle. Wallace fut le promoteur de la géographie zoologique ou zoogéographie lors de la publication, en 1876, de son ouvrage sur La distribution zoologique des Animaux.

Le naturaliste Louis Agassiz (1807-1873) précise les notions d'homologie et d'analogie dans son étude De l'espèce et la classification en zoologie parue en 1869[7].

John James Audubon (1785-1851) parcourt l'Amérique du Nord pendant trente-cinq ans, du Labrador à la Louisiane. Il accumule notes, dessins et aquarelles. Ses quatre volumes sur Les Oiseaux d'Amérique paraissent entre 1827 et 1838.

Les études ornithologiques de John Gould (1804-1881) sont illustrées par sa femme Elizabeth (1804-1841) et d'autres illustrateurs naturalistes comme Edward Lear, Henry Constantine Richter et Joseph Wolf.

Karl Ernst von Baer (1792-1876) √©tudie l'embryologie des mammif√®res. Sa d√©couverte la plus c√©l√®bre est celle de l'ovule chez les mammif√®res en 1827[8], venant apr√®s la mise en √©vidence, en 1824, du r√īle f√©condant des spermatozo√Įdes par Prevost (1790-1850) et Dumas (1800-1884). Ernst Haeckel (1834-1919) donna des travaux en embryologie compar√©e et proposa, en 1866, une loi biog√©n√©tique fondamentale : ¬ę L'ontog√©n√®se est une courte r√©capitulation de la phylog√©n√®se ¬Ľ. En 1875, l'embryologiste Oscar Hertwig (1849-1922) observe, lors d‚Äôune f√©condation artificielle d‚Äôoursin, la p√©n√©tration d‚Äôun spermatozo√Įde dans l‚Äôovule, la fusion des noyaux m√Ęle et femelle et la division de l‚ÄôŇďuf en deux cellules.

Alfred Brehm (1829-1884) publie une vaste Ňďuvre en plusieurs volumes sur le monde animal sous le nom de Illustrirtes Thierleben (Vie des animaux illustr√©e) de 1864 √† 1869, puis Brehms Thierleben (Vie des animaux selon Brehm) dans les √©ditions ult√©rieures, rendant son auteur c√©l√®bre dans le monde entier.

Douglas Spalding (1840-1877) effectue des expériences sur le comportement animal, découvrant le phénomène de l'empreinte.

L'entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915) a passé une grande partie de sa vie à étudier les insectes vivants dans leur biotope. Ses Souvenirs entomologiques ont été publiés en dix séries entre 1879 et 1907, pour prendre fin au XXe siècle.

Alphonse Milne-Edwards (1835-1900) s'est particuli√®rement occup√© de la faune abyssale lors des explorations sous-marines du Travailleur et du Talisman, de 1880 √† 1883. La mission d'exploration scientifique du golfe de Gascogne, qui se prolongera aux √ģles Canaries, aux √ģles du Cap-Vert et aux A√ßores, permit de rapporter de nombreux √©chantillons en bocaux des animaux (poissons, crustac√©s, mollusques, √©chinodermes, zoophytes) recueillis jusqu'√† 5000 m√®tres de profondeur (une v√©ritable performance pour l'√©poque).

Durant le XIXe si√®cle sont apparus les champs disciplinaires sp√©cialis√©s selon le groupe animal √©tudi√©. Les principales sont :

Des spécialistes institutionnels étaient formés pour étudier de tel groupe animal, d'en identifier les espèces, d'en élaborer ou d'en revoir la classification…

Le XXe si√®cle

Comme le XIXe si√®cle, le XXe si√®cle voit, avec l'augmentation des connaissances, la zoologie continuer √† se subdiviser en de nombreuses disciplines.

Au cours des premières décennies du XXe siècle, l'entomologie est mise au service de la génétique à la suite des recherches conduites sur la Drosophile par l'équipe de Morgan (1866-1945).

Oskar Heinroth (1871-1945) développe des méthodes adaptées de la morphologie comparative au comportement animal. Il étudie particulièrement les Anatidés et démontre le lien existant entre leur comportement et leur position taxonomique au sein de cette famille.

L'étude des oiseaux sera poussée par les Français Jean Delacour et René d’Abadie, dont les travaux seront internationalement reconnus.

Ren√© Jeannel (1879-1965) et Emil Racovitza (1868-1947) explorent les grottes souterraines d'Europe et d'Afrique o√Ļ ils √©tudient la faune cavernicole.

Grass√© (1895-1985) commence la parution d‚Äôun tr√®s vaste projet en 1946 : le Trait√© de zoologie. Les 38 volumes demanderont pr√®s de quarante ans de travail et r√©uniront les plus grands noms de la zoologie. Ils constituent toujours des r√©f√©rences difficilement contournables pour l'anatomie, la syst√©matique et la biologie des groupes d'animaux trait√©s.

Avec la révolution du génie génétique et de la biologie moléculaire, les disciplines naturalistes traditionnelles ont été en partie éclipsées à partir des années 1950. De nombreux pays restreignent pendant des décennies les crédits affectés à celles-ci. L'attribution du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973 à trois éthologues (Karl von Frisch, Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen) donne un coup de projecteur sur les études zoologiques et va rendre un certain crédit à ces activités.

La zoologie contemporaine

Bien que le terme zoologie soit tombé en désuétude (les appellations biologie des organismes ou biologie animale sont plus courantes) l'étude des animaux s'est considérablement renouvelée intégrant les apports de la phylogénie, de la biochimie, et de la génétique des populations.

Néanmoins, les problématiques de recherche sont désormais rarement centrées sur un unique organisme ou taxon. En d'autres mots, sauf exception, ce n'est plus le matériel (insecte, poisson, champignon, oiseau…) qui sert à définir la discipline, mais les questions biologiques que ce matériel permet de poser et éventuellement résoudre.

La zoologie n'appara√ģt plus comme un champ disciplinaire uni, subdivis√© selon les grandes clades, mais se retrouve √©clat√©e en diff√©rentes branches :

√Čvolution des classifications zoologiques

Les premières tentatives de classification

Tableau du Règne Animal dans la première édition (1735) du Systema Naturae de Linné.

Ray est le premier √† proposer une classification des animaux fond√©e sur des crit√®res anatomiques et non comportementaux ou environnementaux. Sa classification, notamment des oiseaux et des poissons, est la plus √©volu√©e jusqu'√† l'Ňďuvre de Linn√©.

Dans leurs divers ouvrages, John Ray (1627-1705) et Francis Willughby (1635-1672) améliorent la classification des animaux. [9]

John Ray distingue, parmi les animaux, ceux d√©pourvus de sang, les exsangues, et ceux poss√©dant du sang, les sanguins. Sa classification des animaux est sch√©matiquement la suivante :

  • Animaux exsangues (i.e. invert√©br√©s)
  • Animaux sanguins (i.e. vert√©br√©s)
    • √† respiration branchiale (i.e. poissons)
    • √† respiration pulmonaire
      • dont le cŇďur a un ventricule (i.e. reptiles)
      • dont le cŇďur a deux ventricules
        • ovipares et pourvus de plumes (i.e. oiseaux)
        • vivipares et pourvus de poils (i.e. mammif√®res)

La partie zoologique de Systema naturæ, qui répartit les animaux en six groupes (Quadrupèdes, Oiseaux, Amphibiens, Poissons, Insectes et Vers), établis selon des caractères anatomiques (dents, becs, nageoires ou ailes), fera l’objet de nombreux amendements par Linné entre la 1ère édition (1735) et la 13ème édition (1770). Ainsi, les êtres humains seront, pour la première fois en l’an 1758, classés avec les Primates. Dans la dixième édition (1758), il transfère les baleines des Poissons aux Mammifères ainsi que les chauves-souris des Oiseaux aux Mammifères.

Linné attribua la dénomination d'animaux à sang blanc aux insectes et vers.

Latreille séparait les Insectes des Crustacés, des Arachnides et des Myriapodes dans son Précis des caractères génériques des Insectes, disposés dans un ordre naturel, publié en 1796.

Lamarck proposa d'appeler d'Animaux sans vertèbres ou Invertébrés ceux qu'on avait anciennement considérés d'abord comme dépourvus de sang et ensuite comme Animaux à sang blanc et de donner le nom de Vertébrés à ceux porteurs de vertèbres pour remplacer celui d'Animaux à sang rouge.

En 1809, Lamarck avait divis√© les Invert√©br√©s en dix classes taxonomiques : 1. Infusoires, 2. Polypes, 3. Radiaires, 4.Vers, 5. Insectes, 6. Arachnides, 7. Crustac√©s, 8. Annelides, 9. Cirrhip√®des, 10. Mollusques. Quant aux Vert√©br√©s, il conserve la classification de Linn√© en quatre classes : 1. Poissons, 2. Reptiles, 3. Oiseaux, 4. Mammif√®res. [10]

Blainville indiqua plusieurs modifications à la classification des animaux dans son Prodrome publié en 1816. Il élève au rang de classes indépendantes les Reptiles et les Amphibiens (ou Batraciens)[11].

Dans son ouvrage sur le R√®gne animal publi√© en 1817, Cuvier admet quatre groupes principaux qu'il appelle embranchements ou grandes divisions des Animaux : les Vert√©br√©s, les Mollusques, les Articul√©s et les Zoophytes (ou Rayonn√©s)[12].

  • I. Vert√©br√©s : Mammif√®res, Oiseaux, Reptiles, Poissons.
  • II. Mollusques : C√©phalopodes, Pt√©ropodes, Gast√©ropodes, Ac√©phales, Brachiopodes, Cirrhopodes.
  • III. Articul√©s : Ann√©lides, Crustac√©s, Arachnides, Insectes.
  • IV. Zoophytes : √Čchinodermes, Intestinaux, Acal√®phes, Polypes, Infusoires.

Nomenclature des animaux

Articles d√©taill√©s : Syst√©matique et Taxinomie.

La nomenclature est la discipline relevant de la taxinomie et de la systématique qui a pour objet de définir et d'édicter les règles d'attribution et de priorité des noms scientifiques des organismes vivants (ou ayant vécu), appelés taxons. C'est Linné qui a établi les règles de base de la nomenclature binomiale encore utilisée de nos jours.

En particulier, la nomenclature zoologique désigne l'ensemble des règles permettant de nommer les taxons (comme les espèces) concernant les animaux. L'ensemble de ces règles fixant les noms des taxons constitue le Code international de nomenclature zoologique. Cette nomenclature zoologique est définie par un organisme, la Commission internationale de nomenclature zoologique.

Cladistique

Article d√©taill√© : cladistique.

La cladistique est une méthode de reconstruction phylogénétique élaborée dans les années 1950 par l'entomologiste allemand Willi Hennig et qui fonde les relations de parenté sur le partage des états dérivés des caractères ou synapomorphies.

Les découvertes continues de la zoologie

De nombreuses espèces animales ne sont pas actuellement connues de la zoologie, soit par ce qu'elles sont restées dans des collections non étudiées pour le moment, soit parce qu'elles n'ont pas encore été découvertes.

Ces d√©couvertes peuvent parfois √™tre d'importance, comme par exemple :

  • Au niveau taxonomique : l'embranchement entier des Pogonophores, qui ne fut reconnu et cr√©√© qu'en 1944, et le premier individu de ce groupe ne fut d√©couvert qu'en 1914.
  • Au niveau des dimensions de l'animal : L'Okapi, un mammif√®re africain, n'a √©t√© d√©couvert qu'en 1900 et d√©crit en 1901[13]. Le Requin grande gueule, qui mesure plus de 4 m de long, n'a √©t√© d√©couvert qu'en 1976 et d√©crit en 1983[14].
  • Au niveau de la connaissance de l'√©volution des esp√®ces: le CŇďlacanthe ne fut connu par les scientifiques qu'√† l'√©tat de fossile jusqu'en 1938.
  • Au niveau culturel : le genre Architeuthis, √† l'origine de la l√©gende du Kraken, ne fut d√©crit qu'en 1857 par Japetus Steenstrup (qui lui donne le nom Architeuthus) et √©tabli qu'en 1860 par James Edmund Harting[15].

La Taxinomie Sibley-Ahlquist repose sur des hybridations d'ADN ¬ę in vitro ¬Ľ. Bouleversant compl√®tement les pr√©c√©dentes classifications des oiseaux, elle a √©t√© adopt√©e assez rapidement en Am√©rique, beaucoup plus lentement en Europe avec de fortes r√©ticences en particulier dans le monde francophone.

Congrès internationaux de Zoologie

  • 1889 : 1er congr√®s international de Paris.
  • 1892 : 2e congr√®s international de Moscou.
  • 1895 : 3e congr√®s international de Leyde.
  • 1898 : 4e congr√®s international de Cambridge.
  • 1901 : 5e congr√®s international de Berlin.
  • 1904 : 6e congr√®s international de Berne.
  • 1907 : 7e congr√®s international de Boston.
  • 1910 : 8e congr√®s international de Graz.
  • 1913 : 9e congr√®s international de Monte-Carlo.
  • 1927 : 10e congr√®s international de Budapest.
  • 1930 : 11e congr√®s international de Padoue.
  • 1935 : 12e congr√®s international de Lisbonne.
  • 1948 : 13e congr√®s international de Paris.
  • 1953 : 14e congr√®s international de Copenhague.
  • 1958 : 15e congr√®s international de Londres.
  • 1963 : 16e congr√®s international de Washington.
  • 1972 : 17e congr√®s international de Monte-Carlo.
  • 2000 : 18e congr√®s international d'Ath√®nes.
  • 2004 : 19e congr√®s international de Beijing.
  • 2008 : 20e congr√®s international de Paris.
  • 2012 : 21e congr√®s international d'Haifa.
  • 2016 : 22e congr√®s international au Japon.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Valmont de Bomare (1775) Dictionnaire raisonn√© universel d'histoire naturelle, Brunet, Paris, tome IX, p 474
  2. ‚ÜĎ Collectif, Grande encyclop√©die alpha des sciences et techniques, Zoologie tome I (1974), Grange Bateli√®re, Paris.
  3. ‚ÜĎ Walters (2003) : 20-23.
  4. ‚ÜĎ cf. Gascoigne (1987) : 204.
  5. ‚ÜĎ Salmon et al.(2000) : 117-119.
  6. ‚ÜĎ "Zoologie", in Denis Diderot (dir.), Encyclop√©die ou Dictionnaire raisonn√© des sciences, des arts et des m√©tiers, tome trente-sixi√®me, Pellet imprimeur-libraire, Gen√®ve, 1779, p.474-475.
  7. ‚ÜĎ Louis Agassiz, De l'esp√®ce et de la classification en zoologie, Germer Bailli√®re libraire-√©diteur, Paris, 1869.
  8. ‚ÜĎ Karl Ernst von Baer, De Ovi Mammalium et Hominis Generi, Leipzig, 1827.
  9. ‚ÜĎ Francis Willughby, Ornithologia libri tres, publication posthume √©dit√© par John Ray, 1676.
    Francis Willughby, De Historia Piscium, publication posthume édité par John Ray, 2 volumes, 1686.
    John Ray, Synopsis methodica animalium quadrupedum et serpentini generis, 1693.
    John Ray, Historia insectorum, publication posthume, 1710.
    John Ray, Synopsis methodica avium & Synopsis methodica piscium, publication posthume, 1713.
  10. ‚ÜĎ Jean-Baptiste de Monet de Lamarck, "Tableau du R√®gne Animal" in Recherches sur l‚Äôorganisation des corps vivants, Paris, 1806.
    Jean-Baptiste de Monet de Lamarck, Philosophie zoologique ou Exposition des considérations relatives à l’histoire naturelle des animaux, Paris, 1809.
  11. ‚ÜĎ Henri-Marie Ducrotay de Blainville, Prodrome d'une nouvelle distribution syst√©matique du r√®gne animal, Bulletin de la Soci√©t√© philomatique de Paris, Vol.8, 1816.
  12. ‚ÜĎ Georges Cuvier, Le r√®gne animal distribu√© d'apr√®s son organisation : Pour servir de base √† l'histoire naturelle des animaux et d'introduction √† l'anatomie compar√©e, D√©terville libraire, Imprimerie de A. Belin, Paris, 4 tomes, 1817.
    Tome I, contenant l'introduction, les mammifères, les oiseaux.
    Tome II, contenant les reptiles, les poissons, les mollusques et les annélides.
    Tome III, contenant les crustacés, les arachnides et les insectes.
    Tome IV, contenant les zoophytes, les tables et les planches.
  13. ‚ÜĎ ITIS, sur le site SITI Nom scientifique: Okapia johnstoni (P. L. Sclater, 1901)
  14. ‚ÜĎ ITIS, sur le site SITI Nom scientifique: Megachasma pelagios Taylor, Compagno and Struhsaker, 1983
  15. ‚ÜĎ ITIS, sur le site SITI Nom scientifique: Architeuthis Steenstrup, 1857 in Harting, 1860

Voir aussi

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