Zeus

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Zeus
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L'une des premiĂšres reprĂ©sentations de Zeus trĂŽnant, coupe laconienne du Peintre de Naucratis, v. 560 av. J.-C., musĂ©e du Louvre (E 668)

Zeus (en grec ancien ΖΔύς / ZeĂșs) est le roi des dieux dans la mythologie grecque. Il rĂšgne sur le Ciel et a pour symboles l'aigle et le trait de foudre[1]. Fils de Cronos et de RhĂ©a, il est mariĂ© Ă  sa sƓur HĂ©ra. Il est le pĂšre de plusieurs dieux et de trĂšs nombreux hĂ©ros. La thĂ©ogonie la plus consistante est celle recueillie par HĂ©siode (VIIIe siĂšcle av. J.‑C.), contemporain d’HomĂšre qui a sa part d'invention, et elle prĂ©dominera dans cet article.

Zeus est apparentĂ© Ă  Jupiter dans la mythologie romaine. On retrouve Ă©galement des divinitĂ©s semblables dans d'autres panthĂ©ons : Taranis chez les Gaulois, Thor et Odin chez les Scandinaves ou encore Shiva chez les hindous.

Sommaire

Étymologie

Le nom Zeus (nominatif : ΖΔύς / ZeĂșs ; vocatif : ΖΔῊ / ZeĂ» ; accusatif : Δία / DĂ­a ; gĂ©nitif : ΔÎčός / DiĂłs ; datif : ΔÎčÎŻ / DiĂ­) repose sur le thĂšme *dy-ēu-, issu de la racine indo-europĂ©enne *dei- qui signifie « briller Â». Elle est Ă©galement Ă  l'origine du sanskrit à€Šà„à€Żà€Ÿà€‰à€ƒ (dyāuáž„), signifiant « ciel lumineux Â», et du latin diēs, signifiant « jour Â» [2]. En grec ancien, on la retrouve dans les mots ጔΜΎÎčÎżÏ‚ / Ă©ndios et Î”áœÎŽÎŻÎ± / eudĂ­a qui dĂ©signent respectivement le midi (l'apogĂ©e de la journĂ©e) et le beau temps.

Ce nom entre dans la composition de nombreux mots : le nom des Dioscures (ΔÎčόσÎșÎżÏ…ÏÎżÎč / DiĂłskouroi, les « jeunes de Zeus Â»), la citĂ© de Dioscourias, etc. Les Grecs juraient souvent par le nom de Zeus, via les expressions Μᜰ τ᜞Μ Δία / MĂ  tĂČn DĂ­a et Nᜎ τ᜞Μ Δία / Nề tĂČn DĂ­a.

Mythe

Enfance

Rhéa, Amalthée allaitant et la danse des CurÚtes (dessin d'un bas-relief d'autel romain)
Rhéa présentant une pierre emmaillotée à Cronos (dessin du bas-relief d'un autel romain)

Zeus est nĂ© du Titan Cronos et de sa sƓur RhĂ©a, et il est le dernier-nĂ© de leurs six enfants selon HĂ©siode[3]. Cette descendance sera considĂ©rĂ©e comme la branche olympienne par opposition Ă  celle des Titans. Cronos, aussi tyrannique que son pĂšre, par crainte de la prĂ©diction de ses parents, Ouranos et GaĂŻa, qu’il engendrerait un rival qui rĂ©gnerait Ă  sa place, avalait ses enfants dĂšs leur naissance. Zeus dut trĂšs vite Ă©chapper Ă  son terrible gĂ©niteur; et sa mĂšre, conseillĂ©e par sa propre mĂšre GaĂŻa, substituera au cadet une pierre emmaillotĂ©e. EmmenĂ© en CrĂšte oĂč il fut Ă©levĂ© par les nymphes du mont Ida[4] dans une grotte secrĂšte de Lyctos, le nourrisson fut allaitĂ© grĂące Ă  la chĂšvre AmalthĂ©e, et ses cris qui pouvaient trahir sa prĂ©sence furent couverts par les CourĂštes[5] qui dans leurs danses guerriĂšres entrechoquaient leurs armes avec fracas.

L’avùnement

Zeus recevant l'hommage des dieux de l'Olympe (dessin d'un bas-relief)

Ses premiers gestes d’adulte seront d’évincer le dieu cruel qui l’a engendrĂ© : Cronos, gĂ©ant monstrueux et primitif comme Ouranos, avide de pouvoir sans partage, le pĂšre provoquant des avortements Ă  coups de pied et le fils engloutissant Ă  son repas ses nouveau-nĂ©s. Si Ouranos fut neutralisĂ© par son propre fils qui l’émascula au moment d’une Ă©treinte avec GaĂŻa, Zeus va entreprendre Ă  son tour d’abattre la puissance de Cronos. Courtisant la Titanide MĂ©tis, qui devait devenir sa premiĂšre Ă©pouse, il la persuade de faire absorber Ă  son pĂšre une boisson Ă©mĂ©tique. Cronos va ainsi rejeter tous les enfants engloutis[6]. Zeus retrouve ses sƓurs : Hestia, leur aĂźnĂ©e, qui restera vierge, DĂ©mĂ©ter et HĂ©ra qui seront ses Ă©pouses successives ; et ses deux frĂšres aĂźnĂ©s formant avec lui une sorte de « TrinitĂ© Â» : PosĂ©idon et HadĂšs qui se partageront, aprĂšs leur cadet qui a pris le Ciel, le reste du monde : le premier, la Mer, le second, la Terre.

C’est avec l’aide de ses frĂšres, des enfants de la dĂ©esse Styx, son alliĂ©e des Enfers, de certains fils de GaĂŻa dĂ©livrĂ©s pour l’occasion du Tartare: les trois GĂ©ants, les Cyclopes : ArgĂšs, l’Éclair, BrontĂšs, le Tonnerre, et StĂ©ropĂšs, la Foudre, tous trois forgerons des armes jupitĂ©riennes ; trois des GĂ©ants, nĂ©s du « sang Â» de l’émasculation de leur pĂšre Ouranos : BriarĂ©e et ses deux frĂšres Cottos et GyĂšs ; appelĂ©s les HĂ©catonchires, « gĂ©ants aux-cent-bras Â»[7], ceux-lĂ  mĂȘmes qui, aprĂšs la victoire de Zeus, retiendront Ă©ternellement les Titans derriĂšre les portes de bronze dans les tĂ©nĂšbres insondables au-dessous de l’HadĂšs[8]. Toutes les Titanides et certains Titans, dont Japet et OcĂ©an, qui sera le gĂ©niteur de tous les dieux et dĂ©esses aquatiques, resteront en retrait de cette guerre qui durera 10 annĂ©es.

La Théomachie olympienne

La Gigantomachie

GaĂŻa, aprĂšs avoir ruminĂ© sa haine, avait incitĂ© Ă  la guerre ses enfants, les GĂ©ants (GigantĂšs ou GegeneĂŻs, nĂ©s de la Terre) pour dĂ©trĂŽner Zeus et dĂ©livrer les Titans du Tartare. Ces monstres Ă©taient Ă  la fois immunisĂ©s contre les coups des divinitĂ©s et immortels sur leur terre natale[9]. Zeus dut engendrer avec AlcmĂšne, sa derniĂšre maĂźtresse mortelle connue, un hĂ©ros Ă  la force sans Ă©gale : HĂ©raclĂšs dont les flĂšches, empoisonnĂ©es au sang funeste de l’Hydre de Lerne, feront merveille.

Les frĂšres Otos et ÉphialtĂšs, GĂ©ants facĂ©tieux, entreprirent d’atteindre le ciel et d’y menacer les dieux. Ils empileront sur l’Olympe les montagnes PĂ©lion et Ossa mais seront dĂ©tournĂ©s de leur intention par leur pĂšre PosĂ©idon avant que ne les frappe la foudre de Zeus. Dans une autre version, ils sont rapidement vaincus et enfermĂ©s dans le Tartare par Apollon, sa sƓur ArtĂ©mis et leur pĂšre Zeus.

Le complot d’HĂ©ra

AidĂ©e d’Apollon et d’AthĂ©na, elle rĂ©ussit Ă  enchaĂźner Zeus mais BriarĂ©e alertĂ© par ThĂ©tis vint dĂ©livrer le dieu. Cet Ă©pisode est racontĂ© par HomĂšre dans l’Iliade [I, 396] mais il rend compte d’un Ă©vĂ©nement isolĂ© et difficile Ă  situer dans l’ensemble. Pourtant, il commence Ă  Ă©clairer la situation paradoxale d’un Zeus maĂźtre de l’harmonie du monde mais aussi, en vertu des lois qu’il se doit d’imposer, d’un tyran implacable. L’opposition qui lui sera faite, loin de le dĂ©trĂŽner, fera quelques brĂšches dans son invulnĂ©rabilitĂ© et contribuera fortement Ă  recentrer la mythologie sur l’HumanitĂ©, nouveau thĂ©Ăątre et centre d’intĂ©rĂȘt des actions divines.

Le rival Prométhée

  • On fera Ă©pouser Ă  ÉpimĂ©thĂ©e, frĂšre de PromĂ©thĂ©e, la belle Pandore crĂ©Ă©e par Zeus, symbole (non sans quelque misogynie) de la lĂ©gĂšretĂ© humaine qui ne voit que l’immĂ©diat. Pandore, dont le nom signifie ironiquement « tous les dons Â» (alors qu’elle va transmettre Ă  sa race tous les maux) est d’abord une crĂ©ation vengeresse de Zeus, mĂ©content du rĂ©sultat prĂ©cĂ©demment obtenu et, depuis le dĂ©but, rĂ©ticent Ă  la crĂ©ation personnelle de PromĂ©thĂ©e. La privation prĂ©alable de la « nourriture facile Â» et la confiscation du feu prĂ©cieux, obligeront les hommes Ă  travailler plus dur. On retrouve le symbolisme de l’Éden perdu.
  • PromĂ©thĂ©e enchaĂźnĂ©[10] : on a Ă©piloguĂ© beaucoup sur la symbolique du dieu dĂ©vouĂ© au genre humain mais dĂ©chu, suppliciĂ© et liĂ© Ă  son rocher de douleur. PromĂ©thĂ©e est une figure allĂ©gorique du panthĂ©on. Il reprĂ©sente sans doute la crĂ©ature opportuniste, roublarde, rebelle et dĂ©brouillarde dont l’idĂ©al est de devenir une force Ă  l’égale des dieux et que Zeus est contraint dĂ©sormais de prendre Ă  un certain niveau de considĂ©ration.

Le combat contre Typhon

Zeus combattant Typhon, hydrie chalcidienne Ă  figures noires, v. 550 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen

Ce fut le plus terrible combat que Zeus eut Ă  engager. Ce monstre immortel aux cent tĂȘtes de dragon, que les traits de foudre de Zeus finirent par faire reculer et rejoindre les Titans dans les profondeurs du Tartare, d’oĂč il souffle, depuis, sa rage en ouragans dĂ©vastateurs. Cette version simple par HĂ©siode est, du point de vue de la continuitĂ© du rĂ©cit, la plus satisfaisante.

Pourtant, la naissance de ce monstre a Ă©tĂ© l’occasion de faire de Zeus, dans un curieux Ă©pisode mouvementĂ© et dĂ©crit avec des variantes selon les auteurs[11], un personnage faible et mĂȘme dĂ©semparĂ©, mettant en pĂ©ril, par son Ă©tat d’impuissance — laissĂ© Ă  terre, pantin dĂ©sarticulĂ©, sans les tendons de ses quatre membres, qu’il devait finalement recouvrer — la cohĂ©sion mĂȘme de l’univers. Cet Ă©pisode montre des analogies avec la lutte de Baal et de ÇéphĂŽn de la fable phĂ©nicienne ; on a pensĂ© aussi Ă  le rapprocher de la lĂ©gende du « Seth Â» Ă©gyptien poursuivant Osiris. C’est un exemple oĂč chez les Grecs la thĂ©ogonie rejoint prĂ©cisĂ©ment la cosmogonie. Par ailleurs, le mythe de Typhon, gĂ©nie malĂ©fique et indestructible, resurgira plus tard dans d’autres religions pour incarner Satan.

Les Ă©pouses

La polygamie de Zeus n'apparaĂźt pas une tradition venue des Grecs dont elle ne faisait pas partie des mƓurs. Les alliances de Zeus furent d’abord nĂ©cessaires pour Ă©toffer le panthĂ©on et assurer la diversitĂ© des fonctions et des attributions divines. Les unions libres avec des crĂ©atures terrestres eurent de leur cĂŽtĂ© le mĂ©rite de combler le fossĂ© trop abrupt entre les dieux, les nymphes et les mortels. Sont ainsi crĂ©Ă©s des demi-dieux ou hĂ©ros qui seront autant de personnages aux vertus symboliques tantĂŽt Ă©difiants, tantĂŽt caricaturaux. Ne sont recensĂ©es ci-aprĂšs que les Ă©pouses rĂ©putĂ©es d’essence divine.

  • Les trois filles et les deux des garçons, Zeus et PosĂ©idon de Cronos forment la lignĂ©e directe des « grands Olympiens Â». En seconde gĂ©nĂ©ration, seuls quatre enfants « lĂ©gitimes Â» de Zeus sont majoritairement admis : les fils d'HĂ©ra, HĂ©phaĂŻstos et ArĂšs, et les jumeaux de LĂ©to : Apollon et ArtĂ©mis. Les trois derniers, Aphrodite, Dionysos et AthĂ©na, ont en commun des naissances difficiles Ă  Ă©tablir, Ă©tant donnĂ© les divergences chez les auteurs. Ils ont Ă©tĂ© incorporĂ©s Ă  la thĂ©ogonie grecque mais leur origine lointaine est sans nul doute tirĂ©e de traditions Ă©trangĂšres au monde hellĂ©nique. Seule la portĂ©e incontournable de leur symbolisme les a fait se rattacher aux grands Olympiens. AthĂ©na poliade est d’abord la divinitĂ© antique protectrice de la citĂ© Ă©ponyme. Dionysos, dieu thrace ou phrygien, avait lĂ©guĂ© un culte orgiastique trĂšs populaire quoique peu apprĂ©ciĂ© des aristocraties grecques. Aphrodite est une ancienne divinitĂ© Ă©rotique originaire du Proche-Orient dont la cĂ©lĂ©bration fut transmise par les populations de Chypre et de CythĂšre.
  • MĂ©tis, une OcĂ©anide : sa maternitĂ© fut assombrie par la prĂ©diction de GaĂŻa qui avertit Zeus qu’une fille qui naĂźtrait aurait autant de sagesse que son pĂšre et qu’un fils qui suivrait le dĂ©trĂŽnerait. Zeus avale son Ă©pouse enceinte, mais, selon une version plausible, sous la forme d’une mouche oĂč se cachait MĂ©tis, prompte au dĂ©guisement. Sa fille AthĂ©na, une fois formĂ©e dans son ventre, ressortit adulte et toute armĂ©e de sa tĂȘte, ouverte par la hache d’HĂ©phaĂŻstos.
  • ThĂ©mis, une Titanide : elle enfanta de Zeus les trois Heures[12], et les Moires (ou Parques, chez les Latins). Selon une autre version, ThĂ©mis serait l’épouse rĂ©guliĂšre du Titan Japet avec qui elle aurait eu PromĂ©thĂ©e. Elle serait donc bigame dans ce cas, mais une version usuelle indique que l’épouse et mĂšre vĂ©ritable est l’OcĂ©anide ClymĂšne. ThĂ©mis avait un don de voyance qui servit plus tard Ă  Zeus Ă  Ă©viter d’engendrer le fils qui l’aurait supplantĂ© ; et Ă  Atlas qui sut qu’un fils de Zeus, HĂ©raclĂšs, viendrait voler les pommes d’or des HespĂ©rides. Elle prĂ©sida un temps l’Oracle de Delphes.
La naissance des trois Moires[13] reste une interrogation : HĂ©siode les donne comme les filles du couple royal elles aidĂšrent Zeus dans son combat contre les Titans — mais sont aussi dĂ©signĂ©es comme les filles de Nyx, crĂ©ature divine nĂ©e du Chaos qui les engendra sans principe mĂąle. Cette naissance spĂ©cifique rĂ©sout l’ambiguĂŻtĂ© de Zeus, dieu des destinĂ©es mais obĂ©issant Ă  la volontĂ© du destin dont il ne doit, pas plus qu’aucun autre dieu, changer le terme. Les deux illustres chantres, HomĂšre et Virgile, le peignent toujours comme le simple exĂ©cuteur du destin, une balance d’or dans ses mains, accrĂ©ditant ainsi une force indĂ©pendante Ă  laquelle se soumettent les dieux de l’Olympe.
  • EurynomĂ©, une OcĂ©anide : de qui Zeus engendra, les trois Charites (ou GrĂąces), pour les plus connues. Ces filles n’eurent aucun rĂŽle majeur. Leur parentĂ©, leur nombre et leurs noms diffĂšrent parfois.
  • DĂ©mĂ©ter, une Olympienne, sƓur de Zeus : dĂ©esse d’une grande importance mais dont les relations avec cet Ă©poux Ă©pisodique sont limitĂ©es. On la connaĂźt surtout par ses dĂ©mĂȘlĂ©es pour secourir leur fille PersĂ©phone, victime de toutes sortes d’aventures fĂącheuses, fille qu’on fait naĂźtre par ailleurs de Styx, une dĂ©esse infernale. DĂ©mĂ©ter, divinitĂ© de la « terre fertile Â», trouva facilement son Ă©quivalent dans les traditions Ă©trangĂšres : CĂ©rĂšs chez les Romains et CybĂšle chez les Phrygiens, pour les plus connues.
  • LĂ©to, une Titanide : elle donne des jumeaux Ă  Zeus : un garçon, Apollon et une fille ArtĂ©mis. Leur naissance donna cours Ă  des versions fort diffĂ©rentes. Mais c’est sans doute la plus belle progĂ©niture du maĂźtre des dieux. Mais des enfants terribles et qui avaient, entre autres, la particularitĂ© d’annoncer la mort aux humains, chacun aux personnes de son sexe : « les douces flĂšches de la Mort Â» chantait HomĂšre.
  • DionĂ©, une dĂ©esse « primitive Â» : amante de Zeus, son rĂŽle semble liĂ© aux oracles. HomĂšre en fait une OcĂ©anide, mĂšre d’Amphitrite et d’Aphrodite. La paternitĂ© de Zeus concernant Aphrodite est reconnue par l’aĂšde mais dĂ©niĂ©e par HĂ©siode qui la fait naĂźtre de la semence d’Ouranos rĂ©pandue sur la mer (elle est alors connue comme la dĂ©esse « anadyomĂšne Â», nĂ©e de l’écume).
Mais plus sĂ»rement, le nom de DionĂ© Ă©tant une forme fĂ©minine de Zeus[14], quelques auteurs penchent pour une « dĂ©esse–mĂšre Â» de tradition Ă©videmment mĂ©diterranĂ©enne, un pendant du dieu patriarcal; ou alors pour un avatar de la femme de Zeus, Ă  laquelle HĂ©ra aurait Ă©tĂ© peu Ă  peu assimilĂ©e.
  • MaĂŻa, une PlĂ©iade : elle est mentionnĂ©e puisque d’essence divine mais elle aurait Ă©tĂ© plutĂŽt un amour passager de Zeus dĂ©jĂ  mariĂ© Ă  HĂ©ra. Cette derniĂšre, toujours prompte Ă  sanctionner durement les incartades de son Ă©poux, n’en eut cependant aucun ombrage et fut mĂȘme bienveillante Ă  son Ă©gard. De l’union naquit HermĂšs, fidĂšle factotum de son pĂšre et grand amoureux comme lui[15].
  • ThĂ©tis, une NĂ©rĂ©ide, sƓur d’EurynomĂ© : la tentation tourna court puisque Zeus tomba sous le coup d’une des prĂ©dictions de GaĂŻa, qui restera une vĂ©ritable malĂ©diction familiale: le fils qui naĂźtrait de cette liaison supplanterait son pĂšre. Elle fut mariĂ©e par prĂ©caution au mortel PĂ©lĂ©e.
  • HĂ©ra, elle-mĂȘme sƓur de Zeus : elle est donnĂ©e comme l’épouse dĂ©finitive et « officielle Â» du dieu. Mais il apparaĂźt souvent au dĂ©tour des rĂ©cits que les deux Ă©poux se frĂ©quentaient de longue date. Ils eurent ArĂšs, HĂ©bĂ© et Ilithye[16] et la tradition n’oublie pas leur fils HĂ©phaĂŻstos qu’HĂ©siode veut faire naĂźtre d’HĂ©ra sans principe mĂąle (capacitĂ© normalement rĂ©servĂ©e aux dieux primitifs, tels GaĂŻa ou Tartare).
HĂ©ra, intransigeante sur les liens du mariage, est le modĂšle de l’épouse fidĂšle et protectrice de la femme. Son irascibilitĂ©, sa jalousie et sa rancune seront des sujets perpĂ©tuels d’ennui pour le maĂźtre des dieux qui s’enflamme Ă  la vue de toute nymphe quelque peu dĂ©sirable ou toute autre belle crĂ©ature cĂ©leste ou terrestre dont la dĂ©esse devient invariablement la persĂ©cutrice. Les deux sommitĂ©s olympiennes formeront l’image du couple exemplaire sinon dans la fidĂ©litĂ©, du moins dans la stabilitĂ©. Leur liaison amoureuse a Ă©tĂ© largement exaltĂ©e par les auteurs grecs depuis leurs fiançailles jusqu’à leur lune de miel[17].
HĂ©ra qui a eu un culte distinct de Zeus est montrĂ©e dans la mythologie d’un caractĂšre trĂšs contrastĂ©. TantĂŽt victime de la colĂšre vengeresse de son Ă©poux: Zeus la pend aux nues par les pieds avec une enclume attachĂ©e Ă  chaque poignet pour la chĂątier de ses vexations Ă  lâ€˜Ă©gard de son fils HĂ©raclĂšs, elle peut aussi lui opposer une forte rĂ©sistance et jusqu’à la traĂźtrise, puisque, selon un rĂ©cit, elle n’aurait pas hĂ©sitĂ©, sans l’intervention de ThĂ©tis, Ă  neutraliser son pouvoir. À tel point que l’Iliade lui a attribuĂ© l’enfantement de Typhon, considĂ©rĂ© gĂ©nĂ©ralement comme une crĂ©ature du Tartare. Si certaines contrĂ©es honorĂšrent son culte : l’Élide, Argos ou Samos, sous un tempĂ©rament belliqueux, elle personnifie, plus habituellement, de sa beautĂ© digne et sĂ©vĂšre attestĂ©e par la statuaire, les principes moraux de la famille: union lĂ©gitime, fidĂ©litĂ© conjugale (du moins en ce qui la concerne), maternitĂ©, enfantement et Ă©ducation des enfants[18].

Fonctions

Zeus, en relĂ©guant les Titans dans les bas-fonds du PanthĂ©on, des crĂ©atures frustes et malfaisantes, dĂ©bute la grande mythologie olympienne et prĂ©figure la maturitĂ© de la culture grecque, car Zeus et ses congĂ©nĂšres vont vivre dĂ©sormais intensĂ©ment Ă  travers des rĂ©cits imaginatifs, une littĂ©rature de haute volĂ©e et un goĂ»t artistique prodigieux. Les Titans vaincus tomberont dans l’oubli et resteront Ă  jamais sans culte pour les honorer. Il n’est guĂšre de contrĂ©es prĂ©hellĂ©niques qui ne fassent rĂ©fĂ©rence de prĂšs ou de loin Ă  un maĂźtre-dieu, d’une stature similaire Ă  celle de Zeus.

Le dieu du ciel

Zeus tenant le foudre et un aigle (?), amphore du Peintre de Berlin, 480-470 av. J.-C., musée du Louvre

Zeus Upatos, Upsistos (trĂšs-haut, suprĂȘme)

Zeus, maĂźtre de la destinĂ©e, est parfois reprĂ©sentĂ© ou dĂ©crit avec une balance oĂč s’estime le sort octroyĂ© Ă  chacun. En dĂ©pit de ceux qu’il aimerait favoriser, mĂȘme si les pĂ©ripĂ©ties peuvent en ĂȘtre modifiĂ©es, il ne change pas le destin mais le rĂ©alise[19]. Il a reçu, au cours du partage du monde, la sphĂšre cĂ©leste, la partie la plus considĂ©rable, la plus imposante et la plus mystĂ©rieuse aux yeux du genre humain. Le Ciel est un poste privilĂ©giĂ© : Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. HĂ©siode Ă©crivait : « L’Ɠil de Zeus voit tout, connaĂźt tout Â». Ce domaine inaccessible aux hommes va paradoxalement le rapprocher d’eux. MaĂźtre d’en haut, ce dieu commande Ă  toute la machinerie atmosphĂ©rique. Il est le maĂźtre du temps mĂ©tĂ©orologique : orages, tonnerres, pluies, neige, grĂȘles, foudre[20], bourrasques, trombes, nĂ©bulositĂ©s
 mais aussi les canicules et les sĂ©cheresses. Le dieu peut se montrer dans « son mauvais jour Â» : Zeus TerpichĂ©raunos (qui aime manier la foudre); Zeus NĂ©phĂ©lĂ©gĂšrĂ©tĂšs (qui accumule les nuages) ; Zeus MaĂŻmaktĂšs (qui souffle la tempĂȘte)
 Le bien-ĂȘtre de l’humanitĂ© dĂ©pend de ses volontĂ©s, de ses caprices ou de ses colĂšres.

Les montagnes dont le sommet tutoie les nuages et les Ă©clairs vont ĂȘtre le truchement sacrĂ© et privilĂ©giĂ© entre Zeus et les hommes : l’Olympe principalement (la plus haute : environ 2 900 m), mais aussi le ParnĂšs (en Attique, Zeus Ombrios, le dieu des pluies) ; le PĂ©lion (en Thessalie, Zeus AkraĂŻos, le dieu du sommet) ; le Lykaion (en Arcadie, aujourd’hui : Diaphorti, Zeus LykaĂŻos)
 C’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes et c’est tout naturellement qu’Iris dont l’arc colorĂ© joignait la terre aux cieux fut sa messagĂšre. La vallĂ©e de TempĂ©e, creusĂ©e par les eaux du PĂ©nĂ©e entre l’Olympe et l’Ossa [21] est attribuĂ©e au bras puissant de Zeus qui sĂ©para la montagne. Cet Ă©vĂ©nement Ă©tait fĂȘtĂ© pendant les PĂ©lĂŽria (Zeus PĂ©lĂŽrios, tout-puissant) devenue une grande fĂȘte de la moisson. La richesse et la fertilitĂ© de la terre sont en son pouvoir.

  • Zeus est tout autant le dieu Chthonios, c’est-Ă -dire le dieu souterrain, car du ventre de la terre sortent les cultures. On constate une fois de plus l’extrĂȘme prĂ©pondĂ©rance de Zeus : HadĂšs, son frĂšre, qui en est le dieu lĂ©gitime est souvent supplantĂ© dans ce rĂŽle[22]. Ce frĂšre mal aimĂ©, essentiellement rattachĂ© aux forces obscures des bas-fonds de la terre, autrement dit le monde des morts, sera craint et ne sera jamais populaire.

Pour les moissons : Ă  AthĂšnes, c’est Zeus qu’on cĂ©lĂ©brait pendant les Bouphonia (sacrifices de bƓufs) et les Pandia (fĂȘte des plantations) pour s’attirer la faveur de Zeus Épikarpios (dieu qui donne des fruits) et, en automne, on fĂȘtait rĂ©guliĂšrement le Zeus GĂ©ĂŽrgos (dieu cultivateur). Zeus fut sans doute l’amalgame des multiples divinitĂ©s de la terre.

Un dieu justicier et protecteur

Zeus PĂĄtĂȘr (Ï€Î±Ï„ÎźÏ ÎŹÎœÎŽÏáż¶Îœ τΔ ÎžÎ”áż¶Îœ τΔ[23])

Dans Les Travaux et les Jours, HĂ©siode s’adresse Ă  Zeus afin qu’il replace les lois dans l’équitĂ©. Le premier acte du dieu est de neutraliser ses encombrants ancĂȘtres prĂ©olympiens, de libĂ©rer les innocents suppliciĂ©s et de rĂ©tablir sa fratrie lĂ©gitime. SĂ»r de sa force et de son bon droit, il sera dĂ©sormais « le pĂšre des dieux et des hommes Â». HomĂšre avait, Ă  juste titre, fait de Zeus, dans l’Iliade, l’aĂźnĂ© de la famille. Car c’est bien en vĂ©ritable grand frĂšre qu’il va exercer son autoritĂ©. Plus tard, sa nombreuse progĂ©niture, divine ou mortelle, renforcera ce caractĂšre de patriarche de la famille. De par son aspect de dieu-pĂšre d’inspiration indo-europĂ©enne mais immergĂ© dans une sociĂ©tĂ© mĂ©diterranĂ©enne oĂč prĂ©dominent les dĂ©esses-mĂšres, Zeus est, selon Louis SĂ©chan, « pour l’essentiel, la grande divinitĂ© des immigrants hellĂšnes Â». HomĂšre, en mĂȘlant les dieux aux affaires des hommes, va contribuer puissamment Ă  « humaniser Â» les divinitĂ©s et ainsi renforcer les liens entre eux. HĂ©rodote faisait dĂ©jĂ  la diffĂ©rence entre la divinitĂ© « Ă  forme humaine Â» des Asiatiques (Î±ÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÎ”ÎčÎŽÎ”ÎŻÏ‚) et la divinitĂ© « Ă  nature humaine Â» des Grecs (Î±ÎœÎžÏÏ‰Ï€ÎżÏ…Ï†Ï…Î”ÎŻÏ‚)[24].

Il est le grand protecteur des liens du mariage (Zeus TĂ©lĂ©ĂŻos, dieu qui accomplit) ; du foyer domestique (Zeus KtĂȘsios, dieu domestique) ; de la propriĂ©tĂ© familiale (Zeus HerkĂ©ios, dieu de la clĂŽture)[25] ; de la famille ou droit du sang (Zeus SunaĂŻmos, dieu de la race) ; de la sĂ©curitĂ© de la citĂ© (Zeus PolioĂ»kos, dieu qui protĂšge la ville)[26]. Il est le dieu bienveillant des rois — ils sont souvent issus de hĂ©ros — et le dieu de toutes les royautĂ©s car elles Ă©manent du pouvoir divin : sur terre, les souverains sont l’équivalent des dieux et HomĂšre ne craint pas de les qualifier de « dioguĂ©nĂšs Â» et de « diotrĂ©phĂšs Â» (nĂ© de Zeus et nourri par Zeus). Il est encore le garant des libertĂ©s civiques (Zeus ÉleuthĂ©rios, dieu libĂ©rateur)[27] ; des pactes et des serments (Zeus Orkios, dieu des serments), etc.

Un dieu bienfaiteur et sauveur

Zeus SĂŽtĂȘr

Il n’y a pas d’autres dieux qui soient autant invoquĂ©s par les Grecs pour le secours et la sauvegarde. À l’esprit des grands capitaines, pas de dĂ©cisions importantes sans le consulter. On lui sacrifie aprĂšs un voyage et on l’invoque avant d’entreprendre : Zeus Alexikakos, qui Ă©carte les maux. De nombreux ports ont un temple dĂ©diĂ© Ă  Zeus SĂŽtĂȘr (dieu salvateur). Les AthĂ©niens cĂ©lĂšbrent, le dernier jour de l’annĂ©e, la fĂȘte des DisotĂ©ria. On l’invoque pour se faire pardonner en offrant des sacrifices Ă  Zeus MeĂŻlikios[28]. Zeus est surtout un dieu purificateur et cela donne lieu Ă  des fĂȘtes importantes Ă  AthĂšnes : les Diasia (fĂȘtes de Zeus, « dios Â»). En automne, une pĂ©riode de sacrifices d’ovins Ă  Zeus Phratrios durait de 3 Ă  4 jours, Ă  AthĂšnes et dans les grandes citĂ©s : c’étaient les Apaturies (Apatouria) ou fĂȘtes des phratries. Les sacrifices sont en effet un moyen d’atteindre le dieu et d’obtenir la purification et la rĂ©conciliation. Tout criminel ne doit pas ĂȘtre puni avant d’ĂȘtre purifiĂ© car il s’est souillĂ© aux yeux de Zeus et porte atteinte aux lois divines et non plus aux lois des hommes qui ne rĂ©clament que vengeance[29].

Zeus est par nĂ©cessitĂ© un dieu qui dĂ©livre des prĂ©sages et il se montre attentif aux suppliques (Zeus HikĂ©sios, dieu des suppliants) et, selon HĂ©siode, le recours suprĂȘme des opprimĂ©s[30]. Zeus communique ses intentions par des moyens variĂ©s : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie, bruits (les klĂšdonĂšs), extase, tirage au sort (les KlĂšroĂŻ ; latin : sortes), et nombre de manifestations atmosphĂ©riques. Trois principaux sanctuaires lui furent consacrĂ©s pour entendre ses oracles.

Les sanctuaires

Ruines du temple de Zeus Dodonaios Ă  Dodone
Jupiter-dodonéen
  • Le site de Dodone : en ThesprĂŽtie[31], au pied du mont Taumaros, le plus ancien puisqu’il remonterait aux PĂ©lasges[32] et le plus mythique car il est mentionnĂ© par Sophocle et consultĂ© chez HomĂšre dans ses deux rĂ©cits. Des prĂȘtresses rendaient des oracles par « dendromancie Â» : Ă©coute des rumeurs du feuillage d’un chĂȘne sacrĂ© ou de plusieurs, amplifiĂ© parfois par des chaudrons d’airain rĂ©sonnants[33]. Il est probable qu’il y eut plusieurs modes divinatoires comme l’extase ou le vol de colombes sacrĂ©es, et que d’autres bruits furent consultĂ©s. À la mĂȘme Ă©poque ou sans doute plus ancienne, il y eut une sorte de prophĂštes, les « Selles[34] Â», qui vivaient Ă  mĂȘme le sol comme des mendiants. On a voulu y voir l’origine tellurique de la mantique dodonĂ©enne[35]. Le sanctuaire Ă©tait primitivement consacrĂ© Ă  DionĂ©[36], dĂ©esse rattachĂ©e Ă  NaĂŻos, avatar certain de Zeus. Des fĂȘtes, appelĂ©es NaĂŻa, composĂ©es de concours gymniques et artistiques (musique et thĂ©Ăątre), Ă©taient donnĂ©es dans la vallĂ©e.
  • Le site de Delphes, oĂč officie « l’Apollon de Delphes Â», prophĂšte de son pĂšre Zeus. Site sauvage de Phocide, au fond d’une gorge entre le mont Cirphis et le Parnasse d’oĂč sourdent les eaux de la Fontaine de Castalie, et Ă©clairĂ© par les Phaedriades, roches claires qui reflĂštent le soleil. Les oracles Ă©taient rendus[37] au tout dĂ©but du printemps[38] par une prĂȘtresse inspirĂ©e au cours de transes, la Pythie, qui se prononçait hissĂ©e sur un trĂ©pied. Il est toujours demeurĂ© le plus prestigieux sanctuaire grec et l’amphictyonie rassemblait dans la meilleure entente Doriens, Ioniens, AthĂ©niens, Spartiates, Corinthiens et ThĂ©bains.
Jupiter-Ammon, aux cornes de bélier
Jupiter foudroyant
  • L’Oracle de Libye
HĂ©rodote a dĂ©crit le lieu oĂč s’élevait un sanctuaire dĂ©diĂ© au dieu Amon (pour les Égyptiens) ou Zeus Ammon (pour les Grecs) et coulaient des sources dont la Fontaine du Soleil qui servait aux lustrations. On y entretenait grĂące Ă  la fraĂźcheur des lieux « un printemps perpĂ©tuel Â». Les oracles y Ă©taient rendus par des prĂȘtres qui devaient interprĂ©ter les signes envoyĂ©s par le dieu.
Pindare, le plus grand poĂšte lyrique grec qui a beaucoup cĂ©lĂ©brĂ© Apollon, a toujours placĂ© Zeus au-dessus de tous les autres. Le poĂšte mystique thĂ©bain Ă©cartait tous les rĂ©cits qui ne donnaient pas une idĂ©e assez digne de la puissance divine, et ses conceptions religieuses d’une haute valeur morale ont Ă©tĂ© bien plus Ă©levĂ©es que celles d’HomĂšre. Sa vĂ©nĂ©ration pour le maĂźtre des dieux Ă©tait si grande que son dieu tout-puissant semble « se rapprocher du dieu suprĂȘme d'une religion monothĂ©iste[39] Â». Pindare, respectueux des divinitĂ©s les plus anciennes vouait un culte particulier au Zeus-Ammon libyen. Il lui avait, dit-on, non seulement consacrĂ© des hymnes mais aussi Ă©rigĂ© une chapelle.
Les auteurs anciens (Plutarque, Diodore de Sicile, Strabon, Macrobe, etc.) se rejoignent sur le culte de Jupiter entretenu Ă  ThĂšbes (dite aussi Diospolis-Magna) et coĂŻncidant avec celui d’Amon qui est Ă  l’origine le dieu roi en Égypte. Ce Jupiter (Zeus KĂ©ratophoros) est reprĂ©sentĂ© avec le front armĂ© des cornes d’un bĂ©lier (rarement avec la tĂȘte entiĂšre), autre animal mythique Ă©gyptien qui reprĂ©sente la force gĂ©nĂ©ratrice de la Nature[40]. Le bĂ©lier Ă©tait le premier des douze signes cĂ©lestes, systĂšme oĂč Jupiter reprĂ©sentait pour l’Oracle de Claros, le Soleil du printemps.
L’Oracle de Libye eut une rĂ©putation qui s’étendit bien au-delĂ  de la contrĂ©e. Il avait eu la faveur des LacĂ©dĂ©moniens qui lui avaient fait Ă©lever un temple « dans les sables Â» de Libye, aujourd’hui l’oasis de Siwa, Ă  quelque 250 km de la cĂŽte libyenne qui fait face Ă  la CrĂšte. Le culte de Jupiter-Ammon, que les ÉlĂ©ens honoraient dĂ©jĂ  dans la plus haute AntiquitĂ©, selon Pausanias (livre sur la Laconie), se rencontrait Ă©galement en Éthiopie et s’était, Ă  partir de lĂ , Ă©tabli jusqu’en CrĂšte qui fut la terre d’introduction en GrĂšce de ce dieu libyen qui y renaĂźtra en un Jupiter foudroyant. Son culte gagnera la Laconie, l’Arcadie et l’Élide. Le culte de Jupiter-Ammon a ainsi Ă©tĂ© commun aux trois pays du nord-est africain. Selon Diodore de Sicile et Eusthate, une procession avec la statue d’Ammon enchĂąssĂ©e Ă  la tĂȘte d’un cortĂšge des images des autres dieux, partait chaque annĂ©e de Diospolis, en Haute-Égypte, pĂ©nĂ©trait en Éthiopie, puis en Libye, et revenait aprĂšs un pĂ©riple de douze jours[41]. L’Ammon crĂ©tois et le Zeus grec furent peu Ă  peu confondus en une mĂȘme dĂ©itĂ©.

Une mythologie unifiée

L'importance de Zeus dans tous les domaines deviendra si constante qu’elle s'Ă©rigera au-dessus de tous les autres cultes. Eschyle Ă©crivait : « Zeus est l’éther, Zeus est la terre, Zeus est le ciel, oui, Zeus est tout ce qu’il y a au-dessus de tout. Â» Si certaines divinitĂ©s furent adorĂ©es plus particuliĂšrement dans certaines rĂ©gions, Zeus est toujours demeurĂ© le dieu universel honorĂ© partout. Il fut vĂ©ritablement le trait d’union panhellĂ©nique. Les Ă©pithĂštes (ou « Ă©piclĂšses Â») que reçut ce dieu paternel sont innombrables. Beaucoup de dieux de l’Olympe dans l’entourage de Zeus sont des personnifications de notions morales : justice, sagesse, beautĂ©, destin, vengeance, etc., ou les instruments de lois divines : les trinitĂ©s (Moires, Érinyes, Gorgones, etc. ; M. Grant rappelait que des philosophes tels XĂ©nophane (VIe siĂšcle) ou le pieux Socrate — qui fut pourtant condamnĂ© Ă  mort pour impiĂ©tĂ© — se sont indignĂ©s de certains rĂ©cits qui faisaient des dieux des personnages caricaturaux, sans morale et sans mƓurs.

« Ce qui unit tous les Grecs, mĂȘme sang et mĂȘme langue, sanctuaires et sacrifices communs, semblables mƓurs et coutumes, cela, les AthĂ©niens ne sauraient le trahir... Â» Telle fut la rĂ©ponse des AthĂ©niens Ă  l’inquiĂ©tude de leurs alliĂ©s spartiates, la veille de la bataille de PlatĂ©es, en 479 av. J.-C[42].

Amours

Zeus est cĂ©lĂšbre pour ses innombrables aventures avec des mortel(le)s, des dĂ©esses et des nymphes : DanaĂ©, AlcmĂšne, SĂ©mĂ©lĂ©, LĂ©to, Europe, GanymĂšde, etc. Il est le pĂšre de nombreux dieux : ArĂšs, AthĂ©na, Dionysos, HermĂšs, Apollon, Aphrodite et ArtĂ©mis ; de nombreux hĂ©ros : HĂ©raclĂšs, PersĂ©e, Castor et Pollux, etc.

Ces nombreuses infidĂ©litĂ©s de Zeus Ă  sa troisiĂšme femme, HĂ©ra, — aprĂšs MĂ©tis et ThĂ©mis —, sont la cause de frĂ©quentes disputes entre les divins Ă©poux. De plus, la dĂ©esse se montrant d'un caractĂšre trĂšs vindicatif, elle poursuivait souvent de sa vengeance les maĂźtresses (Io, LĂ©to, etc.) ou mĂȘme les enfants (HĂ©raclĂšs) de son mari.

Io et Zeus, par Le CorrĂšge
Avatar Femme/MaĂźtresse
Amant
Enfants(s)
Apparence d'Amphitryon AlcmĂšne HĂ©raclĂšs
Ananké Les Moires
Satyre Antiope Amphion, ZĂ©thos
Astéria
Calliope Les Corybantes
Apparence d'Artémis Callisto Arcas
CalycĂ© Éthlios, Endymion
Carmé Britomartis
Pluie d'or Danaé Persée
Déméter ou Styx Coré, aussi appelée Perséphone
Cheval Dia Pirithoos
Dino Orséis, CyllÚne (?), les naïades (?), Scamandre (?)
Dioné ou Thalassa (?) Aphrodite
Dorippé ou Pyrrha Hellen
Aigle Égine Éaque
Élara Tityos
Électre Dardanos, Émathion, Iasion, Harmonie
Thyia (?) MagnĂšs[43]
Éos HersĂ©
Éris (?) AtĂ©, TychĂ© et les Lites
Eunomie, Héra, Aphrodite ou Eurynomé Hégémone
Taureau blanc Europe Minos, Rhadamanthe, Sarpédon
Fourmi[44] Euryméduse Myrmidon
Eurynomé Les Charites
GaĂŻa Tityos, ManĂšs
Aigle GanymĂšde
Un coucou pour HĂ©phaistos HĂ©ra Ilithyie, HĂ©bĂ©, HĂ©phaistos, ArĂšs, Ényo (?) et Éris (?)
Himalia Cronios, Spartaios, Cytos
Hybris, Thymbris ou Callisto Pan
Nuage Io Épaphos
Iodamé Thébé
Lamia
Laodamie Sarpédon
Cygne Léda ou Némésis Castor et Pollux, Clytemnestre (?), HélÚne
Léto Apollon, Artémis
MaĂŻa HermĂšs
MĂ©ra Locre
Métis Athéna
Mnémosyne Les Muses
Niobé Argos, Pélasgos
Olympias Alexandre le Grand
Pandore Latinus
Serpent Perséphone Zagrée
Plouto Tantale
Podarge Xanthe et Balios
ProtogĂ©nie Éthlios, Étolos
Séléné Hersé, Pandia, le lion de Némée (?)
Sémélé Dionysos
TaygÚte Lacédémon
Thalie ou Arémosyne (?) Les jumeaux Paliques
Thémis Les Heures, les Moires, Astrée, Némésis
Thémisto Ister

ÉpithĂštes homĂ©riques, attributs et sanctuaires

  • ÉpithĂštes homĂ©riques :
    • Zeus PĂšre (ΖΔáœșς Ï€Î±Ï„ÎźÏ / ZeĂčs patáșżr),
    • assembleur de nuĂ©es (ÎœÎ”Ï†Î”Î»Î·ÎłÎ”ÏÎ­Ï„Î± / nephelĂȘgerĂ©ta),
    • (terrible) Cronide ((αጰΜός) ÎšÏÎżÎœÎŻÎŽÎ·Ï‚ / (ainόs) KronidĂȘs),
    • Ă  la voix puissante (Î”áœÏÏÎżÏ€Î± / eurĂœopa),
    • pĂšre des dieux et des hommes (πατᜎρ áŒ€ÎœÎŽÏáż¶Îœ τΔ ÎžÎ”áż¶Îœ τΔ / patềr andrĂŽn te theĂŽn te),
    • Ă  la nuĂ©e noire (ÎșΔλαÎčÎœÎ”Ï†ÎźÏ‚ / kelainepháșżs),
    • maĂźtre de l'Ida (ጌΎηΞΔΜ ΌΔΎέωΜ / ÍdĂȘthen medĂ©ĂŽn),
    • sauveur (ÏƒÏ‰Ï„ÎźÏ / sĂŽtáșżr),
    • protecteur des hĂŽtes et garants des rĂšgles de l'hospitalitĂ© (xenios),
    • protecteur de la maison (herkios),
    • gardien des propriĂ©tĂ©s (kleisos),
    • protecteur du mariage (gamelios),
  • Ses attributs : le foudre, le chĂȘne, l'Ă©gide ;
  • Ses animaux favoris : l'aigle ;
  • Sanctuaires : Le sanctuaire d'Élide ; l'oracle de Dodone et sa forĂȘt de chĂȘnes en Épire ; le temple de Zeus Ă  Olympie (contient la statue chrysĂ©lĂ©phantine de Phidias, une des sept merveilles du monde).

Notes

  1. ↑ L'usage veut que l'attribut de Zeus soit du genre masculin. Le foudre est reprĂ©sentĂ© le plus souvent par un faisceau de carreaux (traits d'arbalĂšte) enflammĂ©s.
  2. ↑ Pierre Chantraine, Dictionnaire Ă©tymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, 1999 (Ă©dition mise Ă  jour) (ISBN 2-252-03277-4)  Ă  l'article ΖΔύς.
  3. ↑ HĂ©siode, ThĂ©ogonie [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne], 468.
  4. ↑ Mont crĂ©tois (aujourd'hui Psiloriti) ou, selon une autre version, le mont DiktĂ©, aujourd’hui Lasthi. Le culte d’un Zeus « KrĂȘtagĂ©nĂȘs Â» (nĂ© en CrĂšte) dans une grotte de cette montagne remonte Ă  l’époque dite minoenne (2000-2500 avant J.-C.).
  5. ↑ Jeunes dieux crĂ©tois mineurs. Du grec kouroĂŻ, « jeunes hommes Â». Toujours selon HĂ©siode, ils seraient les enfants des cinq filles d’HĂ©catĂ©ros et seront plus tard foudroyĂ©s par Zeus lui-mĂȘme. Voir l’enlĂšvement d’Épaphos.
  6. ↑ Et mĂȘme la fameuse pierre qui le sauva et qui fut placĂ©e en souvenir au sanctuaire de Delphes. Parfois assimilĂ©e Ă  l’« omphalos Â», une pierre sacrĂ©e qui marque en cet endroit le centre de la Terre.
  7. ↑ Du grec : hĂ©katon- kheĂŻres (mot Ă  mot : « aux cent mains Â»). Ils auraient aussi cinquante tĂȘtes.
  8. ↑ Toute cette parentĂ© de monstres sont parfois nommĂ©s les Ouranides.
  9. ↑ IdentifiĂ©e Ă  la rĂ©gion de PallĂ©nĂ©, en Thrace.
  10. ↑ Mots repris du titre d’une tragĂ©die d’Eschyle, que l’on suppose la seconde partie d’une trilogie, dont l’existence n’a d’ailleurs jamais Ă©tĂ© formellement Ă©tablie.
  11. ↑ HĂ©rodote (III, 5) ; Apollodore (I, 6, 3) ; Nonnos (poĂšte des Dionysiaques), etc.
  12. ↑ Ou les Saisons : il s’agit, en effet, des trois saisons : printemps, Ă©tĂ©, hiver.
  13. ↑ Ou les « DestinĂ©es Â» : ClĂŽtho qui dĂ©vide le fil de la vie ; LakhĂ©sis qui le mesure; Atropos qui le coupe.
  14. ↑ voir Dodone, au paragraphe des sanctuaires.
  15. ↑ On retrouve Maia chez les Italiques qui donnĂšrent son nom au mois printanier : « maius Â», mai.
  16. ↑ Seul HĂ©siode fait de cette derniĂšre un enfant du couple car Ilithye apparaĂźt chez HomĂšre comme une divinitĂ© multiple.
  17. ↑ HomĂšre et HĂ©siode, bien sĂ»r, mais aussi Euripide, Pausanias, etc.
  18. ↑ toutefois elle apparut une fois adepte de l’eugĂ©nisme lors de la naissance de son trop laid et difforme HĂ©phaĂŻstos qu’elle rejeta sans pitiĂ©.
  19. ↑ Fatalisme illustrĂ© par le chĂątiment infligĂ© Ă  AsclĂ©pios qui osa ressusciter un mort.
  20. ↑ son attribut le plus frĂ©quent : le trait ou les carreaux de foudre, ou l’aigle porte-foudre. Zeus KĂ©raunios, qui lance la foudre.
  21. ↑ en Thessalie; appelĂ©e la vallĂ©e dĂ©licieuse par la douceur et la fraĂźcheur de son climat (HĂ©rodote,7,173).
  22. ↑ Zeus occultera Ă©galement celui-lĂ  mĂȘme de Dionysos, comme dans le temple de MĂ©galopolis (Zeus Philios).
  23. ↑ C'est-Ă -dire « pĂšre des dieux et des hommes Â».
  24. ↑ CitĂ© dans la Revue des deux mondes de 1898, p. 60.
  25. ↑ L’autel du dieu se plaçait dans la cour de la maison ; l’équivalent des PĂ©nates romains.
  26. ↑ Zeus va se substituer Ă  l’ancien culte d’AthĂ©na Poliade, protectrice de la ville d’AthĂšnes.
  27. ↑ La fĂȘte des ÉleuthĂ©ria fut instituĂ©e pour le remercier aprĂšs la victoire de PlatĂ©es. On cĂ©lĂ©brait alors des jeux commĂ©moratifs (jeux pentĂ©tĂ©rides, tous les 5 ans).
  28. ↑ Mot Ă  mot : « doux comme le miel Â» et, par extension, de bonne disposition, prĂȘt Ă  pardonner ou Ă  accueillir les sacrifices. Il est honorĂ© sous cet Ă©pithĂšte Ă  AthĂšnes et Ă  Sycione qui organisait les Jeux pythiens.
  29. ↑ Ainsi le sanguinaire ThĂ©sĂ©e et les DanaĂŻdes assassines furent d’abord purifiĂ©s.
  30. ↑ Voir ainsi sa pitiĂ© envers Ixion, Apollon, PromĂ©thĂ©e, SarpĂ©don, HermĂšs, Ariane, etc.
  31. ↑ RĂ©gion sud-ouest de l’Épire (aujourd’hui vallĂ©e proche de Ioannina).
  32. ↑ HĂ©rodote, II, 50.
  33. ↑ Ce culte du chĂȘne, arbre sacrĂ© (et nourrissant) Ă©tait prĂ©sent un peu partout, tel celui latin de Jupiter Fagutalis.
  34. ↑ « ÎŁÎ”λλοί Â» ou « ÎˆÎ»Î»ÎżÎŻ Â». Georg Friedrich Creuzer (Religions de l'AntiquitĂ©..., 1835) Ă©crit que ce nom de « Helles Â» « selon toute apparence est la tige primitive des “HellĂšnes” Â».
  35. ↑ On pense que leurs prĂ©dictions Ă©manaient de l’oniromancie, par « incubition Â» (latin incumbere, se coucher).
  36. ↑ Par Ă©tymologie, on a rapprochĂ© ce fĂ©minin de l’adjectif « dios, diou, dion ; divin, de Zeus Â».
  37. ↑ Mais ensuite nĂ©cessairement interprĂ©tĂ©s par la cohorte des prĂȘtres.
  38. ↑ Au mois delphien de busion (environ mars), qui correspondait au mois attique Ă©laphĂ©bolion.
  39. ↑ Jacqueline Duchemin, universitĂ© Paris-X, in EU 2008.
  40. ↑ Alexandre, les rois de Syrie et de CyrĂ©naĂŻque sont parfois reprĂ©sentĂ©s sur les monnaies, en tant que rois de Libye, avec des cornes.
  41. ↑ Dupuis, Les origines de tous les cultes, 1835.
  42. ↑ HĂ©rodote (VIII, 144), citĂ© par Pierre Sineux, auteur de Qu’est-ce qu’un dieu grec ? (Klincksieck, 2006).
  43. ↑ Catalogue des femmes [dĂ©tail des Ă©ditions], fr. 7 MW.
  44. ↑ ClĂ©ment d'Alexandrie, Exhortation aux Grecs (Protreptique) [lire en ligne], 39.

Sources

  • George W. Cox, Les dieux antiques, 1880 [trad. S. MallarmĂ©]
  • Collectif: Revue historique de 1904
  • William Sherwood Fox, Greek and Roman Mythology, 1916
  • Michael Grant & John Hazel, Who’s who in classical mythology, 1973
  • Paul Decharme, Mythologie de la GrĂšce antique, 1886
  • Louis SĂ©chan, Mythologie et Religion, 1959
  • Anatole Bailly, Dictionnaire Grec-Français, Hachette, 1894-2000

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Arthur Bernard Cook, Zeus: a Study in Ancient Religion, 3 vol., Cambridge University Press, 1914-1940.
  • (en) Ken Dowden, Zeus, Routledge, New York, 2005 (ISBN 978-0-415-30503-7).
  • (en) Karl KerĂ©nyi, Zeus and Hera: Archetypal Image of Father, Husband and Wife, Princeton University Press, Princeton et Londres, 1975.
  • (en) Hugh Lloyd-Jones, The Justice of Zeus, University of California Press, Sather Classical Lectures vol. 41, Berkeley (Californie), Los Angeles et Londres, 1971.
  • Timothy Gantz, Mythes de la GrĂšce archaĂŻque, Belin, 2004 [dĂ©tail de l’édition] .

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