Zenon d'Elee

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Zenon d'Elee

ZĂ©non d'ÉlĂ©e

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ZĂ©non d'ÉlĂ©e (en grec Î–ÎźÎœÏ‰Îœ ZáșżnĂŽn), nĂ© vers -480, mort vers -420, est un philosophe grec de la pĂ©riode prĂ©-socratique.

Surnommé par Platon le PalamÚde d'Elée en raison de ses relations avec Parménide (dont on dit qu'il fut le fils adoptif ou le mignon), c'est le principal disciple de celui-ci.

Il vĂ©cut comme son maĂźtre Ă  ÉlĂ©e, ville situĂ©e dans le sud de l'Italie. C'est l'un des reprĂ©sentant de l'École d'ÉlĂ©e.

À l'Ăąge de 40 ans environ, il est probable qu'il accompagna son maitre lors d'un voyage Ă  AthĂšnes, ville oĂč il enseigna quelques annĂ©es. PĂ©riclĂšs et Callias auraient Ă©tĂ© de ses Ă©lĂšves. DiogĂšne LaĂ«rce raconte qu'il serait mort torturĂ© pour avoir pris part Ă  une conspiration contre un tyran d'ÉlĂ©e.

Inventeur de la dialectique d'aprĂšs Aristote (mĂ©thode de raisonnement qui cherche Ă  Ă©tablir la vĂ©ritĂ© en dĂ©fendant successivement des thĂšses opposĂ©es), son Ɠuvre a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  argumenter contre les contradicteurs de son maitre ParmĂ©nide.

Il est principalement connu de nos jours pour ses paradoxes restĂ©s cĂ©lĂšbres dans l'histoire de la philosophie, en particulier Ă  cause des rĂ©futations d'Aristote. Ces paradoxes, souvent prĂ©sentĂ©s comme ayant pour but de montrer l'impossibilitĂ© du mouvement, sont probablement plutĂŽt des arguments contre l'École de Pythagore qui affirmait la divisibilitĂ© du mouvement et contredisait ParmĂ©nide.

Sommaire

Sa vie

Sa vie est trÚs mal connue. Les sources en sont principalement le Parménide de Platon et les Vies des philosophes illustres de DiogÚne Laërce.

Dans le dialogue de Platon, il est dit que Zénon a presque 40 ans, que Parménide a environ 65 ans, et que Socrate est un trÚs jeune homme, ce qui pourrait le faire naitre vers -480 ou -490. Platon le décrit comme "grand et joli à regarder", et aimé par Parménide.

DiogÚne Laërce indique qu'il était le fils naturel d'un nommé Télentagoras, mais que Parménide l'avait adopté. DiogÚne souligne aussi ses aptitudes à défendre le pour et le contre pour chaque question, ce qui lui aurait valu le titre d'"inventeur de la dialectique" décerné par Aristote.

Tout comme son maitre ParmĂ©nide, ZĂ©non eut probablement une activitĂ© politique. D'aprĂšs DiogĂšne LaĂ«rce il aurait cherchĂ© Ă  renverser un tyran d'ÉlĂ©e au pĂ©ril de sa vie :

« Ayant entrepris de renverser le tyran NĂ©arque (d'autres disent DiomĂ©don), il fut arrĂȘtĂ© (...). InterrogĂ© sur ses complices et sur les armes qu'il avait fait livrer Ă  Lipara, il cite les noms de tous les amis du tyran, dans l'intention de l'isoler des siens. Ensuite, sous prĂ©texte de rĂ©vĂ©lations confidentielles sur certaines personnes, il mordit cruellement le tyran Ă  l'oreille et ne lĂącha prise que blessĂ© mortellement (...). À la fin, il trancha sa propre langue avec ses dents et la lui cracha au visage Â». (DiogĂšne LaĂ«rce, Vies des philosophes illustres, IX, 26-27)

DiogĂšne n'est pas sĂ»r de l'identitĂ© du tyran : il indique qu'il pourrait s'agir de NĂ©arque ou de DiomĂ©don. DiogĂšne donne aussi deux fins possibles Ă  l'histoire : dans l'une le tyran est finalement lapidĂ© par le peuple rĂ©voltĂ©, dans l'autre, c'est ZĂ©non qui est exĂ©cutĂ©. La mort de ZĂ©non est Ă©galement rapportĂ©e bien plus tard par Tertullien :

« ZĂ©non d'ÉlĂ©e, Ă  qui Denys demandait en quoi consiste la supĂ©rioritĂ© de la philosophie, rĂ©pondit : "Dans le mĂ©pris de la mort !" et c'est avec impassibilitĂ© que, sous les coups du tyran, il confirma son propos jusqu'Ă  la mort. Â» (Tertullien, ApologĂ©tique, 50)

Au passage, Tertullien se trompe de tyran dans cet extrait, puisqu'il n'est pas possible que Zénon, philosophe né au début du Ve siÚcle ait été torturé par Denys l'Ancien, tyran de Syracuse un siÚcle plus tard.

Les Ɠuvres de ZĂ©non ont Ă©tĂ© perdues. Platon Ă©crit que ses Ă©crits rĂ©digĂ©s pendant sa jeunesse pour dĂ©fendre les arguments de ParmĂ©nide, auraient Ă©tĂ© amenĂ©s Ă  AthĂšnes Ă  l'occasion de sa visite avec son maitre. Ils auraient Ă©tĂ© volĂ©s et publiĂ©es sans son consentement.

Nous ne connaissons son Ɠuvre que par les citations qu'en ont fait les auteurs anciens, en particulier Aristote.

Les Paradoxes

Article dĂ©taillĂ© : Paradoxes de ZĂ©non.

On croit souvent que ces paradoxes ne visent qu'Ă  prouver que le mouvement n'existe pas. Il faut en fait les replacer dans une perspective beaucoup plus large, celle la pensĂ©e Ă©lĂ©ate de l'« infini Â» ou de l'« illimitĂ© Â».

En fait, ZĂ©non cherche Ă  contredire la vision pythagoricienne du monde par une sĂ©rie de raisonnements par l'absurde. Rappelons seulement que « c'est Pythagore le premier qui a donnĂ© le nom de cosmos [ÎșÎżÏƒÎŒÏŒÏ‚, c'est-Ă -dire beautĂ©, ordre] Ă  l'enveloppe de l'univers, en raison de l'organisation qui s'y voit. Â» (Ætius, Opinion, II, i, i). À quoi ZĂ©non rĂ©plique : « si le lieu est quelque chose, il doit ĂȘtre dans quelque chose Â», ce qui d'une chose Ă  une autre aboutit Ă  l'« illimitĂ© Â».

Les paradoxes de Zénon sont expliqués dans la Physique d'Aristote (VI,IX).

  • Paradoxe de la Dichotomie

Un mobile pour aller de A en C doit d'abord arriver en B, qui se trouve entre A et C. Mais avant d'arriver en B, il doit d'abord arriver en B' situé entre A et B, et ainsi de suite... In fine, le mobile ne pourra donc pas arriver en C au bout d'un temps fini.

Si Achille situé en O poursuit une tortue qui se trouve en A. Le temps qu'il arrive en A, la tortue sera en B. Achille devra donc ensuite aller en B. Mais alors la tortue sera en C, et ainsi de suite. Achille pourra se rapprocher sans cesse de la tortue, mais il ne pourra jamais la rattraper.

Une flĂšche qui vole est en fait immobile. En effet, Ă  chaque instant, elle est dans un espace Ă©gal Ă  elle mĂȘme. Elle est donc Ă  chaque instant au repos. Si on dĂ©compose le mouvement en une suite d'instants, elle ne peut donc pas se mouvoir, puisqu'elle est constamment au repos.

  • Paradoxe du Stade

Un train (succession de masses Ă©gales) croise sur un stade un train qui va en sens inverse et un train immobile. Dans le mĂȘme temps oĂč il parcourt deux wagons du train immobile, il croise quatre wagons du train allant en sens contraire. Donc le train a parcouru dans le mĂȘme temps deux distances diffĂ©rentes.

On peut aussi conclure de ce dernier exemple que la moitiĂ© d'une durĂ©e est Ă©gale Ă  cette durĂ©e puisqu'il faut le mĂȘme temps pour parcourir deux wagons que pour en parcourir quatre.

Leur influence dans l'histoire de la pensée grecque

Les paradoxes de ZĂ©non ne tiennent Ă©videmment pas compte de la science moderne. Par exemple, ZĂ©non ne tient pas compte du fait que le temps, comme l'espace peut ĂȘtre infiniment divisĂ©, et que donc dans les deux premiers paradoxes, Ă  une succession d'Ă©vĂ©nements infinis peut correspondre un temps fini. Le troisiĂšme argument est plus spĂ©cieux. Le quatriĂšme n'est pas contradictoire si l'on tient compte de la composition des vitesses.

Ces paradoxes n'avaient pas pour but de montrer l'impossibilitĂ© du mouvement. Il est bien Ă©vident que ZĂ©non savait que le mobile finirait par arriver Ă  C en un temps fini, qu'Achille atteindrait la tortue, et que la flĂšche volait vraiment. La tradition indique que DiogĂšne le cynique (ou AntisthĂšne) rĂ©pondit Ă  ces arguments contredisant le mouvement simplement en marchant, et ZĂ©non aurait pu faire la mĂȘme chose. Son but Ă©tait donc tout autre. Si l'on en croit Platon, c'est en fait pour dĂ©fendre les thĂšses de son maĂźtre ParmĂ©nide et critiquer ceux qui dĂ©fendent la divisibilitĂ© du mouvement qu'il a proposĂ© ces paradoxes.

ZĂ©non, le philosophe du continu

ZĂ©non voulait plus prĂ©cisĂ©ment montrer que ceux qui dĂ©fendent le mouvement et sa divisibilitĂ© ne sont pas cohĂ©rents, puisque l'on arrive Ă  des consĂ©quences absurdes. Les deux notions sont donc incompatibles. ZĂ©non vise ainsi en premier lieu les philosophes qui admettaient la divisibilitĂ© du mouvement : probablement en tout premier lieu les Pythagoriciens, mais aussi d'autres contemporains comme EmpĂ©docle, Anaxagore, ou Leucippe. Tout ce que dit ZĂ©non peut se comprendre comme une dĂ©nonciation des abus des Pythagoriciens et de leur façon qu'ils avaient Ă  appliquer leurs principes numĂ©riques Ă  la Nature.

Pour ZĂ©non, le monde est un et continu. La pluralitĂ© (ou la divisibilitĂ©) ne sont que des apparences, auxquelles on peut opposer les rigueurs de l'intelligence :

« Si l'Un en soi est indivisible, alors, selon l'opinion de ZĂ©non, rien n'existera. Â» (Aristote, MĂ©taphysique)

On retrouve ici les thĂšses de ParmĂ©nide et sa critique des Pythagoriciens. Un autre argument de ZĂ©non, racontĂ© par Simplicius va dans le mĂȘme sens :

Si un boisseau de mil fait du bruit en tombant sur le sol, de mĂȘme un seul grain devrait faire du bruit, et mĂȘme un dix-milliĂšme de grain, mais ce n'est pas le cas.

Le choix d'un exemple considĂ©rant le son n'est peut-ĂȘtre pas un hasard, si l'on se souvient que les Pythagoriciens ont Ă©levĂ© la musique au rang de branche des mathĂ©matiques. ZĂ©non attaque la divisibilitĂ© pour mettre en avant la continuitĂ© de l'ĂȘtre. C'est la relation entre musique et mathĂ©matique qui est visĂ©e : Ă  l'exemple de la lyre, accordĂ©e grĂ ce aux divisions des mathĂ©matiques pythagoricienne, ZĂ©non oppose l'argument des grains de mil.

Citations

  • « Le vide n'existe pas Â» (DiogĂšne LaĂ«rce, Vies des philosophes illustres)
  • « Il y a plusieurs mondes Â» (DiogĂšne LaĂ«rce, op. cit.)
  • « La nature de tous les ĂȘtres est issue du chaud et du froid, du sec et de l’humide, qui se transforment mutuellement. Les hommes sont nĂ©s de la terre et l’ñme est composĂ©e par parties Ă©gales de ces Ă©lĂ©ments. Â» (DiogĂšne LaĂ«rce, op. cit.)
  • DiogĂšne (op. cit.) raconte que ZĂ©non ne pouvait pas supporter les injures. Quand on lui en faisait la remarque il rĂ©pondait "Si je n'agissais pas ainsi, comment serais-je sensible aux Ă©loges ?"
  • SĂ©nĂšque : « ZĂ©non d'ÉlĂ©e dit que rien n'existe Â» (Lettres 88)
  • « La nature nous a donnĂ© deux oreilles et une bouche pour que nous entendions le double de ce que nous disons. Â»

(une citation similaire est attribuée à Zénon de Citium)

Bibliographie

Fragments et témoignages

  • fragments et tĂ©moignages en ligne [1]
  • Die Fragmente der Vorsokratiker, Ă©d. H. Diels et W. Kranz, 3 vol., Berlin, Weidmann, 1903 (10e Ă©d. rĂ©imp. 1960-1961). Edition de rĂ©fĂ©rence du texte grec.
  • Les penseurs grecs avant Socrate de ThalĂšs de Milet Ă  Prodicos, prĂ©sentation et choix d'extraits par Jean Voilquin, Paris, Garnier FrĂšres, 1964, rĂ©Ă©d. GF-Flammarion. Vieilli.
  • Jean-Paul Dumont (dir.), Daniel Delattre, Jean-Louis Poirier, Les PrĂ©socratiques, Paris, Gallimard, coll. « BibliothĂšque de la PlĂ©iade Â», 1988
  • Jean-Paul Dumont, Les Écoles prĂ©socratiques, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais Â», 1991.

Études

  • Georges NoĂ«l, Le mouvement et les arguments de ZĂ©non d'ElĂ©e dans Revue de MĂ©taphysique et de Morale, 1Ăšre annĂ©e, 1893, p. 108-125
  • AndrĂ© Pichot, "La naissance de la science - 2 - GrĂšce prĂ©socratique", 1991, Gallimard
  • Eduard Zeller, La philosophie des Grecs (1844-1852), vol. I et II, trad. Émile Boutroux, Paris, 1882 Lire en ligne le tome 2 sur Gallica

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