Yasser Arafat

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Yasser Arafat
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Yasser Arafat
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ArafatEconomicForum.jpg
Yasser Arafat Ă  Davos en 2001

Mandats
1er président de l'Autorité palestinienne
20 janvier 1996 – 11 novembre 2004
(&&&&&&&&&&&032188 ans, 9 mois et 21 jours)
Élection 20 janvier 1996
Premier ministre Poste créé en 2003
Mahmoud Abbas
Ahmed QoreĂŻ
Prédécesseur Poste créé
Successeur Raouhi Fatouh (par intérim)
Mahmoud Abbas
Biographie
Date de naissance 24 aoĂ»t 1929
Lieu de naissance Flag of Egypt 1922.svg Le Caire (Égypte)
Date de dĂ©cĂšs 11 novembre 2004 (Ă  75 ans)
Lieu de décÚs Drapeau de la France Clamart (France)
Nationalité palestinienne
Parti politique Fatah
Conjoint Souha Arafat

Nobel prize medal.svgCoat of arms of Palestine.svg
Prix Nobel de la Paix 1994

Présidents de l'Autorité palestinienne

Yasser Arafat (arabe : ÙŠŰ§ŰłŰ± ŰčŰ±ÙŰ§ŰȘ), nĂ© le 24 aoĂ»t 1929 dans la ville du Caire en Égypte et mort le 11 novembre 2004 Ă  Clamart (Hauts-de-Seine) en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini (Ù…Ű­Ù…ŰŻ Űčۚۯ Ű§Ù„Ű±Ű€ÙˆÙ Ű§Ù„Ù‚ŰŻÙˆŰ© Ű§Ù„Ű­ŰłÙŠÙ†ÙŠ) et connu aussi sous son kounya Abou Ammar (Ű§ŰšÙˆ ŰčÙ…Ù‘Ű§Ű±), est un activiste et homme d'État palestinien.

Dirigeant du Fatah puis également de l'Organisation de libération de la Palestine, longtemps considéré comme un terroriste notamment par Israël en raison de son implication dans de nombreuses opérations qui ont coûté la vie à des civils et à des militaires israéliens, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l'expression par la violence des aspirations nationales palestiniennes avant d'apparaßtre pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990.

Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin.

À partir de 2001, aprĂšs l'Ă©chec du sommet de Taba et le dĂ©clenchement de la Seconde Intifada, il perd progressivement de son crĂ©dit auprĂšs d'une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son autoritĂ©. Il se retrouve isolĂ© sur la scĂšne internationale tandis que les IsraĂ©liens Ă©lisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l'État d'IsraĂ«l, amenant un durcissement de la position israĂ©lienne vis-Ă -vis du dirigeant palestinien contraint Ă  ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n'est rompu qu'Ă  la veille de sa mort, quand il est emmenĂ© d'urgence Ă  Clamart, en rĂ©gion parisienne, oĂč il dĂ©cĂšde en 2004.

Sommaire

Biographie

De 1929 à 1959, premiÚres années

Naissance

Arafat adolescent

Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Son biographe palestinien, SaĂŻd K. Aburish, prĂ©cise que « Mohammed Abdel Rahman Ă©tait son prĂ©nom ; Abdel Raouf, le nom de son pĂšre ; Arafat, son grand-pĂšre ; al-Qudua est le nom de sa famille et al-Husseini est le nom du clan dont font partie les al-Qudua Â»[1].

Arafat se revendiquait encore comme étant le petit-neveu du célÚbre grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini[2]. Il est en outre le cousin de Leïla Shahid[3].

Yasser Arafat est nĂ© au Caire en Égypte, le 4 aoĂ»t 1929. Un biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, rapporte que des documents dĂ©couverts Ă  l’universitĂ© du Caire ont permis de conclure qu’il Ă©tait bien nĂ© dans la capitale Ă©gyptienne. SixiĂšme d’une famille de sept enfants, son pĂšre est un commerçant originaire de Gaza et sa mĂšre est originaire de JĂ©rusalem.

Cependant, lui-mĂȘme dĂ©clarait ĂȘtre nĂ© Ă  JĂ©rusalem le 4 aoĂ»t 1929 ce qui est officiellement faux et authentiquement vĂ©rifiĂ© par les historiens. Selon son rĂ©cit, sa mĂšre aurait ainsi quittĂ© le Caire durant sa grossesse suite Ă  une dispute avec son Ă©poux, pour se rendre chez ses parents dans la ville sainte oĂč elle aurait donnĂ© naissance Ă  Yasser[4]. Arafat aurait insistĂ© sur le fait qu’il serait nĂ© Ă  JĂ©rusalem afin de prĂ©server son existence mythique et ainsi accroĂźtre sa crĂ©dibilitĂ© en tant que dirigeant palestinien[5].

NĂ© au Caire, il bĂ©nĂ©ficie de l’enseignement gratuit des Ă©coles Ă©gyptiennes[6], il y passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frĂšres et sƓurs, Ă  vendre des falafel au souk. AprĂšs le dĂ©cĂšs de sa mĂšre, alors qu’il a cinq ans, il passe avec son frĂšre, Fathi Arafat — qui devient plus tard le prĂ©sident du Croissant-Rouge palestinien —, quatre ans Ă  JĂ©rusalem chez un de ses oncles maternels, Salim Abou Saoud[6], avant que son pĂšre, lorsqu’il se marie pour la deuxiĂšme fois[7], le fasse rentrer au Caire oĂč sa sƓur aĂźnĂ©e s’occupe de lui[8].

Une jeunesse engagée

Abdel Kader al-Husseini.

Au Caire, Arafat frĂ©quente les MacchabĂ©es, des clubs sportifs juifs pour « Ă©tudier leur mentalitĂ© Â»[9]. Il se met Ă©galement Ă  lire les textes de penseurs sionistes comme Theodor Herzl et Vladimir Jabotinsky. « Il faut que je comprenne mon ennemi Â», dĂ©clare-t-il.

Arafat est secrĂštement entraĂźnĂ© avec d’autres jeunes aux opĂ©rations de commando par un officier allemand[10]. Il dĂ©nonce Ă©galement Ă  la police Ă©gyptienne les membres de certains mouvements sionistes qui opĂ©raient au Caire comme, par exemple, un groupe de jeunes filles juives de son voisinage, membres de la Jeunesse sioniste, qui effectuaient des transmissions radio pour encourager les juifs Ă©gyptiens Ă  rejoindre le mouvement sioniste en Palestine.

Sa sƓur raconte aussi qu’Arafat « participait Ă  toutes les manifestations. J’ai souvent dĂ» courir derriĂšre lui et le ramener Ă  la maison Â». Sa sƓur lui supprime son argent de poche pour le contraindre Ă  lui obĂ©ir mais cela n’empĂȘche pas Arafat de poursuivre ses activitĂ©s[11].

À 17 ans, il participe au transport vers la Palestine d’armes devant ĂȘtre employĂ©es contre les Britanniques et les Juifs[8]. À 18 ans, il abandonne ses Ă©tudes Ă  l’universitĂ© pour participer aux combats en Palestine oĂč il sert, selon certains, comme secrĂ©taire d’Abdel Kader al-Husseini, le leader militaire arabe palestinien[12]. Lors de la dĂ©faite, il se sent trahi car les armĂ©es arabes dĂ©sarment les Ă©tudiants palestiniens venus pour combattre. Yasser, qui se rĂ©fugie Ă  Gaza, comprend que les Palestiniens ne peuvent compter sur personne et qu’ils doivent ĂȘtre indĂ©pendants des gouvernements arabes.

Il envisage de partir s’installer aux États-Unis pour suivre une formation en ingĂ©nierie du pĂ©trole Ă  l’universitĂ© du Texas, mais le visa lui est refusĂ©[13]. Il entre alors en 1949 Ă  l’école d’ingĂ©nieurs de l’UniversitĂ© Roi Fouad Ier du Caire, oĂč il obtient un diplĂŽme d’ingĂ©nieur civil[14].

Lutte politique en Égypte

Carte des positions militaires au début octobre 1948.

Au cours de ses Ă©tudes universitaires, il fait la connaissance de Khaled Moheidine, professeur d’art militaire chargĂ© de la formation des officiers de rĂ©serve. On rapporte que Yasser ne manque pas une seule fois son cours et obtient ainsi le certificat d’officier de rĂ©serve. Cette formation lui permet de cĂŽtoyer des fonctionnaires du gouvernement Ă©gyptien[15], mais le temps qu’il y consacre fait qu’il n’obtient son diplĂŽme d’ingĂ©nieur qu’un peu tard par rapport Ă  ses camarades.

Il se rapproche, sans toutefois en devenir membre[6], de la confrĂ©rie des FrĂšres musulmans, qui militent en faveur de la cause palestinienne. Il participe avec eux Ă  des opĂ©rations contre les Britanniques. De 1952 Ă  1956, il devient prĂ©sident de l’Union GĂ©nĂ©rale des Etudiants de Palestine (GUPS). Il Ă©dite le magazine La Voix de la Palestine.

Le pĂšre d’Arafat meurt en 1952, mais Yasser n’assiste pas Ă  ses funĂ©railles[16] : la sĂ©vĂ©ritĂ© de ce dernier avec ses enfants, ses mariages rĂ©pĂ©tĂ©s et son expulsion Ă  Gaza ont en effet contribuĂ© Ă  l’éloigner de son fils.

Arafat, qui considĂšre que la monarchie Ă©gyptienne est corrompue[13], s’éloigne bientĂŽt des « FrĂšres Â» pour se rapprocher des « officiers libres Â» Ă©gyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui prĂ©parent en secret le renversement de celle-ci, et qui accĂšdent au pouvoir en juillet 1952. L’annĂ©e suivante, Arafat prĂ©sente Ă  Mohammed Naguib, alors prĂ©sident, une pĂ©tition au nom des Ă©tudiants palestiniens rĂ©digĂ©e en lettres de sang avec 3 mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine Â»[6].

En octobre 1955, Arafat est arrĂȘtĂ© pendant quelques jours lors de la liquidation par le prĂ©sident Gamal Abdel Nasser de l’organisation des FrĂšres musulmans qui s’opposent Ă  son programme, considĂ©rĂ© par eux comme Ă©tant « nationaliste athĂ©e Â»[17].

Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armĂ©e Ă©gyptienne avec le grade de sous-lieutenant[14]. Mais avec la dĂ©faite des armĂ©es arabes, il s’éloigne peu Ă  peu des dirigeants arabes qu’il estime incapables de libĂ©rer la Palestine[18].

Au Caire, il rencontre Ă©galement ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints Ă  la direction de l’OLP[16].

De 1959 à 1970, le début du Fatah

Le Koweït et la création du Fatah

Article dĂ©taillĂ© : Histoire des Palestiniens au KoweĂŻt.

AprĂšs plusieurs arrestations pour ses activitĂ©s politiques en Égypte (avec les FrĂšres musulmans) Yasser Arafat s’installe dans l’émirat du KoweĂŻt oĂč de nombreux Palestiniens travaillent et rĂ©sident.

Le KoweĂŻt est Ă  l’époque un protectorat britannique et les visas de travail sont dĂ©livrĂ©s par les ambassades anglaises au Caire, qui examinent avec soin les dossiers des demandeurs. Des compĂ©tences professionnelles solides sont exigĂ©es, et les activitĂ©s politiques sont trĂšs mal vues. L’obtention du visa par Yasser Arafat malgrĂ© son profil reste difficile Ă  expliquer. L’auteur palestinien Audeh Butus Audeh estime que les Britanniques lui ont nĂ©anmoins accordĂ© un visa, parce qu’il Ă©tait opposĂ© Ă  Nasser[19].

Arafat travaille comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de Koweït City, avant de développer sa propre affaire. Les revenus générés par cette activité lui permettent en 1958 de financer la création du Fatah, son parti politique[20].

Yasser Arafat est le seul parmi les fondateurs du mouvement Ă  ne pas avoir d’enfants (il est alors fortement suspectĂ© d'homosexualitĂ©), et contrairement aux autres fondateurs, il ne prend pas le nom de l’enfant aĂźnĂ©. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage Ă  Ammar Ben Yasser, un compagnon du prophĂšte Mahomet et premier martyr de l’islam. Abou signifie pĂšre de en arabe.

Il crĂ©e le Mouvement de libĂ©ration de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin Ű­Ű±ÙƒŰ© ŰȘŰ­Ű±ÙŠŰ± ÙÙ„ŰłŰ·ÙŠÙ†) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir et Farouk Kaddoumi, rebaptisĂ© rapidement Fatah (la conquĂȘte). Cette nouvelle organisation a pour premier but l’établissement d’un État palestinien de la MĂ©diterranĂ©e au Jourdain, recouvrant notamment les territoires d’IsraĂ«l. Elle met en avant l’idĂ©e que la libĂ©ration de la Palestine est avant tout l’affaire des Palestiniens, et ne saurait ĂȘtre confiĂ©e aux rĂ©gimes arabes ou rapportĂ©e Ă  une problĂ©matique d’unitĂ© arabe. Cette doctrine est, Ă  l’époque de Nasser et du panarabisme triomphant, quasiment hĂ©rĂ©tique[16]. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal Filistinuna (Notre Palestine) qui prĂ©conise la lutte armĂ©e contre IsraĂ«l[8].

Arafat, qui cherche à donner une certaine légitimité à son organisation, contacte les gouvernements arabes. En 1965, il réussit à ouvrir un bureau à Alger[21].

CrĂ©ation de l’OLP

En avril 1964, Ă  JĂ©rusalem-Est alors sous contrĂŽle jordanien, le Conseil national palestinien se rĂ©unit Ă  l’hĂŽtel Intercontinental, situĂ© en haut du mont des Oliviers et adopte la Charte de l’OLP qui dĂ©finit les objectifs nationalistes palestiniens. Un mois plus tard, la Ligue arabe se rĂ©unit Ă  l’instigation de Nasser pour crĂ©er l’Organisation de libĂ©ration de la Palestine. Celle-ci a pour but de combattre l’État israĂ©lien. Sa branche politique est le Fatah. Quant Ă  son bras militaire, l’ArmĂ©e de libĂ©ration de la Palestine, il est placĂ© sous le commandement des diffĂ©rentes armĂ©es arabes[6].

Nasser s’inquiĂšte en effet de la prĂ©sence sur son sol de commandos palestiniens incontrĂŽlĂ©s qui pourraient saboter l’armistice de 1957, en mĂȘme temps qu’il doit montrer son soutien aux Palestiniens : d’oĂč l’idĂ©e de crĂ©er une organisation qui sera sous son autoritĂ©.

La mĂȘme annĂ©e, Yasser Arafat rencontre le pape Paul VI[18] : le Vatican ne reconnaissait pas encore l’État d’IsraĂ«l Ă  cette Ă©poque.

Le mois de dĂ©cembre 1964 marque un tournant dans le parcours de l’organisation, lorsqu’un groupe du Fatah mĂšne sa premiĂšre opĂ©ration militaire — la destruction d’une pompe Ă  eau israĂ©lienne. Arafat envoie en personne un communiquĂ© qui revendique l’opĂ©ration au journal libanais An Nahar[22]. Toutefois, cette attaque est un Ă©chec et le Fatah est condamnĂ© par la quasi-totalitĂ© des gouvernements arabes. Le Fatah poursuit toutefois ses opĂ©rations contre des cibles civiles avec notamment les attaques Ă  l’explosif de juillet 1965 contre Beit Guvrin, et une voie ferrĂ©e prĂšs de Kfar Battir.

Jusqu’à la guerre des Six Jours, la branche armĂ©e du Fatah mĂšne une « centaine de raids Â». « Le dĂ©but de [cette] lutte armĂ©e [lui vaut] et plus particuliĂšrement Ă  Arafat, le soutien croissant de la diaspora palestinienne, lui permettant de prendre (
) les rĂȘnes de l’OLP Â»[23].

Émancipation et dĂ©but de l’activisme

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Karameh.

La guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la carriÚre de Yasser Arafat.

L’Égypte, la Syrie et la Jordanie sont dĂ©faites par IsraĂ«l qui conquiert JĂ©rusalem-Est et la Cisjordanie (qui Ă©taient passĂ©s depuis le mandat britannique sous l’autoritĂ© de la Transjordanie depuis 1948), ainsi que la bande de Gaza et le SinaĂŻ alors Ă©gyptiens et le Golan syrien.

Les organisations palestiniennes se rĂ©organisent. Deux jours aprĂšs la fin des combats, un congrĂšs du Fatah tenu Ă  Damas dĂ©cide, sous l’impulsion de Yasser Arafat, d’accentuer la lutte armĂ©e. L’attention d’IsraĂ«l se dĂ©tourne alors des gouvernements arabes pour se concentrer sur les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah[16].

Entre la guerre des six jours et le dĂ©but de l’annĂ©e 1968, le Fatah organise la lutte intĂ©rieure en Cisjordanie en Ă©tablissant des cellules et en perpĂ©trant sabotages et attentats. Arafat se rend successivement Ă  Qabatiya, Naplouse puis Ramallah oĂč il est Ă  deux doigts de se faire arrĂȘter par le Shin Beth[24]. La rĂ©pression israĂ©lienne est « implacable Â» et fait plus de 200 tuĂ©s parmi les Palestiniens[25]. Devant l’échec, Arafat et le Fatah dĂ©cident alors de changer de tactique. Ils Ă©tablissent leur quartier gĂ©nĂ©ral Ă  Karameh et lancent, depuis la Jordanie, des opĂ©rations pour lesquelles ils obtiennent le soutien de la LĂ©gion arabe. En rĂ©ponse, IsraĂ«l Ă©tablit des systĂšmes de surveillance renforcĂ©s et mĂšne des raids au-delĂ  du Jourdain[26].

En mars 1968, en reprĂ©sailles Ă  l’explosion d’un bus de ramassage scolaire sur une mine dĂ©posĂ©e par les fedayins, l’armĂ©e israĂ©lienne lance une opĂ©ration d’envergure visant Ă  dĂ©truire le camp palestinien de Karameh. 300 Palestiniens, auxquels Yasser Arafat a ordonnĂ© de « tenir tĂȘte Ă  l’ennemi Â» et Ă©paulĂ©s par une centaine de Jordaniens, font face pendant plusieurs heures Ă  une incursion d’envergure menĂ©e par prĂšs de 6 500 hommes soutenus par l’aviation, les blindĂ©s et l’artillerie. Le camp est finalement rasĂ© et les IsraĂ©liens se retirent. 128 soldats jordaniens, 97 combattants palestiniens et 29 soldats israĂ©liens sont tuĂ©s[27]. MalgrĂ© le nombre Ă©levĂ© de morts cĂŽtĂ© arabe et la destruction du camp, la bataille est considĂ©rĂ©e comme une victoire par le Fatah car les IsraĂ©liens se sont finalement retirĂ©s aprĂšs dix heures de combat. Arafat annonce la victoire Ă  la radio et organise Ă  Amman des funĂ©railles officielles pour les fedayins qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s.

Cette nouvelle situation permet au Fatah de s’émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre la mĂȘme annĂ©e le contrĂŽle de l’OLP, Organisation de LibĂ©ration de la Palestine, organisme reprĂ©sentatif crĂ©Ă© lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaĂźt le Fatah et son chef, qu’il avait cherchĂ© Ă  circonvenir par tous les moyens.

Le 17 juillet 1968, la charte de l’OLP est modifiĂ©e avec l’ajout de 7 nouveaux articles suite Ă  la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptĂ©e au Caire qui dĂ©clare le territoire de la Palestine mandataire comme indivisible et comme la patrie du peuple arabe palestinien. Cette charte est considĂ©rĂ©e par les IsraĂ©liens comme une vĂ©ritable dĂ©claration de guerre, car elle dĂ©finit le but de l’organisation dans l’anĂ©antissement de l’État d’IsraĂ«l par la lutte armĂ©e en lui niant toute lĂ©gitimitĂ© d’existence.

PrĂ©sidence de l’OLP

GrĂące aux diffĂ©rentes distinctions donnĂ©es par Nasser Ă  Arafat, ce dernier est promu Ă  la tĂȘte du Fatah. MĂȘme ses dĂ©tracteurs au sein de l’organisation le suivent, ce qui lui permet de disposer d’une base solide. Arafat prend Ă©galement de l’importance sur la scĂšne internationale : Ă  l’occasion de la bataille de Karameh, la couverture de Time offre les premiĂšres images publiques de cet homme qui est prĂ©sentĂ© comme le chef de la guĂ©rilla palestinienne. Une dĂ©lĂ©gation du Fatah est acceptĂ©e en France, qui devient ainsi le premier pays non arabe Ă  accepter une reprĂ©sentation permanente du mouvement.

La direction de l’OLP est plus que jamais Ă  sa portĂ©e[28]. Le 4 fĂ©vrier 1969, durant le CongrĂšs national palestinien, il en est nommĂ© prĂ©sident du comitĂ© exĂ©cutif[29], en remplacement de Yahya Hammouda.

Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en premiĂšre ligne, amĂšne la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il modifie alors le cap de l’OLP, d’un mouvement panarabe, pour en faire un mouvement qui se consacre Ă  la cause nationale palestinienne. La lutte armĂ©e contre IsraĂ«l a Ă©tĂ© acceptĂ©e par les accords du Caire en 1969[30]. À l’aube des annĂ©es 1970, l’OLP qu’il prĂ©side recourt Ă  la violence dans sa lutte contre IsraĂ«l. Ses militants n’hĂ©sitent pas Ă  dĂ©tourner des avions, Ă  prendre des otages, Ă  commettre des actions armĂ©es contre des civils, opĂ©rations qu’Arafat dirige et planifie[31].

Septembre noir en Jordanie

Article dĂ©taillĂ© : Septembre noir.

Suite Ă  la guerre des six jours, des milliers de nouveaux rĂ©fugiĂ©s et des fedayins palestiniens se sont installĂ©s en Jordanie. AprĂšs Karameh, l’OLP dĂ©place son quartier gĂ©nĂ©ral de Damas Ă  Amman. Suite au prestige croissant de l’OLP, les combattants palestiniens commencent Ă  parcourir en arme les rues des villes jordaniennes ce qui provoque des heurts avec les forces jordaniennes. Petit Ă  petit, le pays devient la base de la lutte armĂ©e palestinienne, les bases et les camps palestiniens deviennent un « Ă‰tat dans l’État Â»[32].

À la suite du dĂ©tournement de trois avions par quatre Palestiniens du FPLP et de leur destruction sur le sol jordanien Ă  Zarqa[22], ainsi que de la tentative d’assassinat ratĂ© Ă  son encontre[33], le roi Hussein ordonne, le 17 septembre 1970, le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils. La Syrie envoie deux cents tanks sur le sol jordanien pour aider les forces armĂ©es de l’OLP. Cet Ă©pisode dramatique est connu sous le nom de Septembre noir[6].

Le 27 septembre au Caire, Nasser obtient, vingt-quatre heures avant sa mort, la fin de la tuerie en imposant un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat. AprÚs plusieurs tentatives infructueuses de négociations avec le roi Hussein, Munib Masri, le Palestinien le plus haut placé dans le cabinet de Wasfi Tal, réussit à emmener avec lui Arafat pour rencontrer le roi.

AprĂšs avoir atteint la ville de Jarash, il se dirige vers la Syrie, d’oĂč il prend la route du Liban avec deux mille de ses combattants[34]. ChassĂ©s du pays, Arafat et le Fatah s’installent au Liban. Arafat devient le commandant en chef des forces rĂ©volutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, puis, en 1973, le dirigeant du dĂ©partement politique de l’OLP.

La nouvelle charte dĂ©finie Ă  Beyrouth prĂ©voit de « s’attaquer aux intĂ©rĂȘts sionistes partout dans le monde Â» et de « soulever la base libanaise aux cĂŽtĂ©s des Palestiniens Â»[18].

De 1970 Ă  1982, Ă©tablissement au Liban

Arafat Ă  Berlin-Est, en 1971.

En septembre 1970, chassĂ© de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban[29]. Le gouvernement central du Liban, fragilisĂ©, ne peut empĂȘcher l’OLP d’opĂ©rer presque comme un État indĂ©pendant, surnommĂ© parfois Fatah land. Les camps de rĂ©fugiĂ©s servent de bases d’entrainement militaire, et L’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations commando contre la frontiĂšre nord d’IsraĂ«l, ou mĂȘme des actions terroristes Ă  l’étranger.

Au Liban, Yasser Arafat contrĂŽle les rentrĂ©es de fonds pour l’OLP. Le ministre syrien de la DĂ©fense, Moustafa Tlas, raconte qu’un jour une dĂ©lĂ©gation d’hommes d’affaires koweĂŻtiens a remis Ă  Arafat un chĂšque de 800 000 dollars rĂ©digĂ© Ă  l’ordre de l’OLP. Arafat l’a fait refaire Ă  son nom. Tlas ajoute « Chaque fois qu’un chef d’État arabe veut lui remettre un chĂšque, il insiste pour qu’il soit rĂ©digĂ© Ă  son ordre. Ainsi personne ne peut rien faire Â» [35].

L’armĂ©e libanaise tente en 1969 de reprendre le contrĂŽle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvĂ© avec la signature au Caire sous l’égide de Nasser, en 1969, d’un accord entre Yasser Arafat — commandant de l’OLP — et le commandant en chef de l’armĂ©e reconnaissant l’extraterritorialitĂ© des camps des fedayins.

Jeux olympiques de Munich

En septembre 1972, huit Palestiniens du groupe Septembre noir pĂ©nĂštrent dans le village olympique, abattent deux membres de l’équipe israĂ©lienne et kidnappent neuf athlĂštes israĂ©liens au cours des jeux Olympiques de Munich[36]. Le commando palestinien rĂ©clame la libĂ©ration de 200 de leurs compatriotes emprisonnĂ©s en IsraĂ«l. Lors d’une tentative de libĂ©ration des otages par la police allemande, une fusillade Ă©clate, et tous les athlĂštes sont tuĂ©s, la plupart par les preneurs d’otage, parfois Ă  la grenade, mais quelques-uns Ă©galement par les tireurs d’élite de la police.

Selon Benny Morris, le Fatah avait pris la dĂ©cision de crĂ©er le groupe Septembre noir lors d’un congrĂšs du Fatah qui s’était tenu d’aoĂ»t Ă  septembre 1971 Ă  Damas[37].

La condamnation internationale de l’attaque ainsi que d’autres opĂ©rations du groupe Septembre noir a pour consĂ©quence la distanciation du Fatah d’avec l’organisation. Arafat ordonne mĂȘme l’assassinat de deux de ses membres qui ont refusĂ© d’arrĂȘter leurs activitĂ©s[38][rĂ©f. insuffisante]. Mohammed Daoud Odeh, leader du commando qui a menĂ© l’opĂ©ration, indique dans un livre qu’il a publiĂ© en 1999 qu’Arafat avait Ă©tĂ© informĂ© des plans de l’opĂ©ration mais ajoute que l’intention n’avait jamais Ă©tĂ© de tuer les athlĂštes israĂ©liens[39]. Selon Said Aburich, on ne dispose d’aucune preuve qu’Arafat ait Ă©tĂ© personnellement impliquĂ© dans les actions du groupe Septembre noir mais il aurait eu les moyens de les faire cesser et ne l’a pas fait[40].

Une « dĂ©marche progressive Â» vis-Ă -vis d’IsraĂ«l

Le sommet arabe organisĂ© Ă  Alger en novembre 1973 admet implicitement l’idĂ©e d’une dĂ©marche progressive vis-Ă -vis d’IsraĂ«l, en Ă©voquant la libĂ©ration prioritaire des territoires occupĂ©s en 1967. L’OLP est dĂ©signĂ©e par le mĂȘme sommet comme seul reprĂ©sentant des Palestiniens dans le but de faire adhĂ©rer Arafat Ă  cette idĂ©e, ce qu’il accepte.

Arafat rĂ©unit la douziĂšme confĂ©rence du Conseil national palestinien dans le but de faire accepter aux Palestiniens cette dĂ©marche par Ă©tape que certains craignent de voir devenir une reconnaissance d’IsraĂ«l. Pour faire face aux oppositions internes Ă  l’OLP, il ajoute au comitĂ© exĂ©cutif quatre nouveaux membres de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les habitants des territoires occupĂ©s, et notamment les Cisjordaniens, sont en effet favorables Ă  un rĂšglement politique du conflit.

Dans le mĂȘme temps, Arafat essaie de prendre contact avec les États-Unis pour inciter IsraĂ«l Ă  reconnaĂźtre l’OLP. Il propose ainsi la protection par l’OLP des ressortissants et intĂ©rĂȘts amĂ©ricains dans ses rĂ©gions d’influence. Inquiet de ces dĂ©veloppements, IsraĂ«l prend alors contact avec la Jordanie qu’elle souhaite voir reprĂ©senter les Palestiniens en lieu et place de l’OLP[41].

La nouvelle orientation d’Arafat divise l’OLP. Le FPLP gĂšle son adhĂ©sion, suivi par le FPLP-CG, le Front de libĂ©ration arabe. Certains groupes palestiniens, comme l’Union gĂ©nĂ©rale des Ă©tudiants palestiniens et d’autres opposants d’Arafat, recourent Ă  la violence pour affaiblir sa tentative de rapprochement avec les États-Unis. En 1974, le FPLP-CG mĂšne plusieurs raids sur les villes du nord d’IsraĂ«l : le 11 avril, 18 personnes (dont 9 enfants) sont tuĂ©s dans un appartement de Kiryat Shmona et le 15 mai, 21 enfants sont tuĂ©s lors une prise d’otages dans une Ă©cole Ă©lĂ©mentaire Ă  Ma’alot[42],[43]. Le 5 mars 1975, un commando de l’OLP arrivant Ă  Tel Aviv par la mer s’introduit dans l’hĂŽtel Savoy et prennent des otages. Huit de ces otages sont tuĂ©s et 11 blessĂ©s par les Palestiniens qui finissent par se faire exploser dans leur retraite lors de l’opĂ©ration de sauvetage israĂ©lienne qui fait 3 morts parmi les soldats[42]. Suite Ă  ces attaques, le gouvernement d’IsraĂ«l renforce son refus de toutes discussions avec l’OLP, malgrĂ© les dĂ©nĂ©gations d’Arafat qui tente en vain de faire admettre que ni lui, ni l’OLP, ne sont responsables de ces attaques[44].

La bataille diplomatique

L’annĂ©e 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une annĂ©e importante d’avancĂ©es en faveur d’un rĂšglement politique.

Sur le plan international

Le 14 mai, l’ONU reconnaĂźt l’OLP par 105 voix contre 4 comme reprĂ©sentant du peuple palestinien.

Le 21 octobre à Beyrouth, il rencontre Jean Sauvagnargues, ministre français des Affaires étrangÚres, qui devient ainsi le premier chef de la diplomatie occidentale à recevoir Arafat[45].

Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fait un discours devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies. Il y dĂ©finit le sionisme comme une idĂ©ologie raciste, impĂ©rialiste et colonialiste, il y justifie la cause palestinienne en la comparant aux luttes nationalistes d’autres peuples du monde, et il y dĂ©fend l’idĂ©e d’un État unique dĂ©mocratique oĂč vivraient chrĂ©tiens, juifs et musulmans[46].

Le 22 novembre 1974, l’Organisation est admise comme membre observateur Ă  l’ONU[47], faisant d’Arafat le premier reprĂ©sentant d’une organisation non gouvernementale Ă  participer Ă  une session plĂ©niĂšre de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’Organisation des Nations unies.

Dans le monde arabe

Au mois de juin, l’OLP adopte le principe de crĂ©ation d’un État palestinien sur les territoires qui seront libĂ©rĂ©s.

Arafat dĂ©clare ne pas vouloir « que soit versĂ©e une seule goutte de sang, juif ou arabe Â», et ne pas vouloir « que les combats se poursuivent Â»[48] mais n’abroge pas la partie de la charte de l’OLP visant la fin du sionisme Ă©tatique.

Le 26 octobre 1976, lors du 8e sommet arabe Ă  Rabat, les chefs d’États arabes admettent l’OLP comme membre Ă  part entiĂšre de la Ligue arabe. Cette rĂ©solution implique Ă©galement « l’obligation de tous les pays arabes de prĂ©server l’unitĂ© palestinienne et de s’abstenir de toute ingĂ©rence dans les affaires palestiniennes. Â»[49].

Activisme palestinien et interventions israéliennes au Liban

À partir de 1975, la guerre civile fait rage au Liban, en particulier entre Libanais et Palestiniens mais Ă©galement entre ChrĂ©tiens et Musulmans tandis que les forces militaires syriennes entrent dans le pays. Le prĂ©sident libanais et le chef de l’OLP sont convoquĂ©s Ă  Riyad et sont invitĂ©s par l’Arabie saoudite et l’Égypte Ă  reconnaĂźtre la lĂ©gitimitĂ© de la prĂ©sence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).

D’autre part, des attaques palestiniennes contre le territoire israĂ©lien sont organisĂ©es depuis le Liban. Le 11 mars 1978, un commando palestinien dĂ©barque au sud de HaĂŻfa et prend les passagers d’un autobus en otage. Le commando mitraille tout ce que rencontre l’autobus. Ce dernier est finalement arrĂȘtĂ© par une unitĂ© militaire israĂ©lienne au nord de Tel Aviv et les membres du commando palestinien sont tuĂ©s. Le bilan est lourd avec un total de 35 morts et 74 blessĂ©s graves dont de nombreux civils[50]. IsraĂ«l attend du Liban qu’il assure sa sĂ©curitĂ© en contrĂŽlant l’activitĂ© des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour rĂ©soudre le problĂšme.

C'est dans ce contexte qu'IsraĂ«l intervient deux fois au Liban : en 1978 et plus largement, en 1982.

Menahem Begin lance l’OpĂ©ration Litani en 1978. A son terme, l’armĂ©e israĂ©lienne et l’armĂ©e du Sud Liban (des chrĂ©tiens libanais alliĂ©s aux IsraĂ©liens) prennent le contrĂŽle d’une Ă©troite bande de terre, dite la zone de sĂ©curitĂ© pour en refouler les forces palestiniennes[51]. Elle sera Ă©vacuĂ©e en 1985.

En 1982, un attentat est commis Ă  Londres par Abou Nidal (qui avait aussi tentĂ© auparavant d’assassiner Arafat), contre un diplomate israĂ©lien, Shlomo Argov, et laisse ce dernier paralysĂ©. IsraĂ«l accuse l’OLP, qui envoie en continu depuis 1981 des roquettes du Liban sur son territoire mais qui nie toute implication dans l’affaire, et une seconde opĂ©ration militaire, dite opĂ©ration Paix en GalilĂ©e, voit s’affronter 15 000 Palestiniens dirigĂ©s par Arafat et 85 000 soldats israĂ©liens. La structure de commandement qu’il avait imaginĂ©e sur le terrain s’effondre, les officiers sur lesquels il comptait prennent la fuite. Said Aburich dĂ©crit cette situation comme suit : « La lĂ©gendaire tendance d’Arafat Ă  s’entourer d’incapables flagorneurs et son manque d’organisation coutaient cher aux Palestiniens Â»[52].

Arafat lance des appels dans les mĂ©dias pour demander de l’aide aux pays arabes qui ne bougent pas. La Ligue arabe ne juge mĂȘme pas utile de se rĂ©unir. MĂȘme la Syrie avec laquelle Arafat a mis un plan d’urgence en cas d’invasion israĂ©lienne signe une trĂȘve unilatĂ©rale avec IsraĂ«l qui occupe le Liban Sud au terme de l’opĂ©ration[53].

Au cours de cette seconde intervention, lors du siĂšge de Beyrouth par l’armĂ©e israĂ©lienne, des civils palestiniens (entre 800 et 3 500 selon les sources) sont massacrĂ©s dans les camps de rĂ©fugiĂ©s de Sabra et Chatila par les milices chrĂ©tiennes. L’implication d’Ariel Sharon, alors Ministre de la DĂ©fense d’IsraĂ«l, dans cette opĂ©ration aura plus tard un impact nĂ©gatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accĂšdera aux fonctions de Premier ministre, le 17 fĂ©vrier 2001.

Pendant la pĂ©riode libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indĂ©pendants. De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux aux rĂ©fugiĂ©s palestiniens. Mais dans le mĂȘme temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre IsraĂ«l et ses intĂ©rĂȘts.

De 1982 Ă  1994, Ă©tablissement Ă  Tunis

Retrait du Liban

En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat Ă©chappe Ă  la mort en quittant de justesse un immeuble rĂ©duit Ă  terre par une bombe israĂ©lienne[6]. EscortĂ© et protĂ©gĂ© par les lĂ©gionnaires du 2e REP, il est forcĂ© de quitter Beyrouth, assiĂ©gĂ©e par l’armĂ©e israĂ©lienne, le 30 aoĂ»t 1982, Ă  bord d’un navire militaire français vers la GrĂšce puis la Tunisie, ce qui dĂ©sorganise en partie ses rentrĂ©es financiĂšres. Le prĂ©sident tunisien, Habib Bourguiba, est peu enclin Ă  hĂ©berger Arafat mais finit par accepter aprĂšs les pressions de la Ligue arabe et de sa femme[54].

Un an aprĂšs, Arafat revient Ă  Tripoli au Liban. DĂšs le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussĂ©s par des dissidents de l’OLP dirigĂ©s par Abou Moussa Ă©paulĂ©s par des troupes syriennes[55] vers les camps de rĂ©fugiĂ©s de Tripoli. Yasser Arafat est contraint Ă  l’exil. Farouk Kaddoumi demande Ă  l’URSS de protĂ©ger les navires quittant le port de la ville pour assurer le dĂ©part d’Arafat mais les SoviĂ©tiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volontĂ© d’éviter tout conflit avec les États-Unis[56].

Arafat et 4 000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bĂątiments grecs protĂ©gĂ©s par la marine française[57]. Il installe son quartier gĂ©nĂ©ral dans la ville de Borj CĂ©dria tout prĂšs de Tunis oĂč il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au mĂȘme endroit[17]. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes.

Arafat Ă©vite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israĂ©lien F-15 bombarde le siĂšge de l’OLP Ă  Tunis oĂč devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard[58]. Cette opĂ©ration intervient en rĂ©ponse Ă  l’assassinat de trois IsraĂ©liens Ă  Chypre. Le 7 octobre, un navire de croisiĂšre italien, le Achille Lauro, est dĂ©tournĂ© par 4 membres de l’OLP. Le 28 dĂ©cembre 1985, d’autres commandos palestiniens attaquent les comptoirs aĂ©riens de El Al dans les aĂ©roports de Rome et de Vienne, faisant 15 morts civils.

MalgrĂ© le renoncement au terrorisme de l’OLP en novembre 1985 au Caire, l’organisation est impliquĂ©e dans plus de 100 actes lors des deux annĂ©es suivantes[59].

     Pays reconnaissant l’État de Palestine (DĂ©cembre 2010)

PremiĂšre Intifada et dĂ©claration d’Alger

Article dĂ©taillĂ© : PremiĂšre Intifada.

En 1988, la premiĂšre Intifada, ou « rĂ©volte des pierres Â», Ă©clate en Cisjordanie et sur la bande de Gaza. Bien que l’OLP ait Ă©tĂ© grandement impliquĂ©e dans cette rĂ©volte, celle-ci a principalement Ă©tĂ© menĂ©e par le Commandement unifiĂ© de l’Intifada, et non par la faction tunisienne d’Arafat[59].

L’éclatement de l’Intifada prĂ©cipite la proclamation depuis Alger d’un État palestinien dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988 et Arafat est Ă©lu par le Conseil national palestinien, prĂ©sident de ce nouvel État. Dans le mĂȘme temps, l’OLP reconnaĂźt la rĂ©solution 181 de l’ONU de 1947 qui partage la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, reconnaissant de facto l’existence de l’État israĂ©lien, et elle rĂ©affirme sa condamnation du terrorisme[60].

Ouverture diplomatique

Yasser Arafat s’engage alors dans une dĂ©marche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un État palestinien. Le 13 dĂ©cembre 1988, devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies Ă  GenĂšve, Arafat en appelle Ă  une rĂ©solution pacifique du conflit israĂ©lo-arabe sur base des rĂ©solutions 181, 242 et 338 et rappelle le rejet par le Conseil national palestinien et par l’OLP de toute forme de terrorisme[61]. Il aurait prĂ©cisĂ© le lendemain lors d’une confĂ©rence de presse que l’OLP reconnaissait la rĂ©solution 242, le droit Ă  l’existence d’IsraĂ«l et renoncer au terrorisme[62]

Le prĂ©sident amĂ©ricain Ronald Reagan met fin aux treize annĂ©es d’interdiction de discuter avec l’OLP[63] en officialisant l’ouverture du dialogue avec l’organisation, lors d’une confĂ©rence de presse le 14 dĂ©cembre.

Arafat rencontre le pape Jean-Paul II au Vatican, le 23 dĂ©cembre 1988[18], et affiche par exemple sa dĂ©votion envers « Notre Seigneur JĂ©sus-Christ Â» (« "palestinien" puisque nĂ© Ă  BethlĂ©em, qui est un mot hĂ©braĂŻque qui veut dire "maison du pain" Â»), pour rallier Ă  lui la minoritĂ© chrĂ©tienne palestinienne qui, bien souvent, est persĂ©cutĂ©e par les intĂ©gristes musulmans et obligĂ©e de fuir.

DĂšs cette Ă©poque, il assiste Ă  toutes les messes de NoĂ«l Ă  BethlĂ©em, sauf lorsque l’accĂšs lui en est interdit par IsraĂ«l Ă  la fin de sa vie.

Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la premiĂšre fois Ă  Paris, Arafat dĂ©clare « caduque Â» la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armĂ©e est la seule voie pour la libĂ©ration de la Palestine Â». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP[17]. Arafat fait Ă©tat d’une « correspondance avec le gĂ©nĂ©ral de Gaulle en 1968 Â» et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyĂ©e, ce que niera le fils du gĂ©nĂ©ral[64].

Le 22 dĂ©cembre 1989, plus de soixante sĂ©nateurs amĂ©ricains envoient une lettre au secrĂ©taire d’État James Baker, pour s’opposer au visa d’entrĂ©e d’Arafat en visite au siĂšge de l’ONU aux États-Unis.

Mariage

Arafat se marie avec sa secrĂ©taire, Souha Tawil, de 34 ans sa cadette, le 17 juillet 1990. Les proches d’Arafat n’apprĂ©cient pas cette union qu’ils estiment incongrue[65].

Sa femme, Souha, affirme qu’elle a rencontrĂ© pour la premiĂšre fois Arafat en 1988. Il l'a demandĂ©e en mariage en 1990. Celui-ci est cĂ©lĂ©brĂ© en secret Ă  Tunis. Arafat a convoquĂ© pour l’occasion deux tĂ©moins, qui seraient deux de ses gardes, ainsi qu’un cheikh, comme le veut la loi islamique pour le mariage. Souha ne portait pas une robe de mariage mais une robe normale et Arafat portait son habit militaire traditionnel et un keffieh.

Arafat a souhaitĂ© garder le mariage secret malgrĂ© le refus de sa femme. Selon elle, Arafat a agi ainsi car le mariage coĂŻncidait avec la guerre du Golfe et la premiĂšre Intifada et qu’il Ă©tait inquiet des consĂ©quences que cela pourrait entraĂźner[66].

Ils ont ensemble une fille Zahwa, née le 24 juillet 1995 à Paris[67]. Toutes deux vivent à Paris, en France, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000.

L’alliance avec Saddam Hussein

Article connexe : Guerre du Golfe (1990-1991).

En 1989, la dĂ©sintĂ©gration de l’empire soviĂ©tique et la fin de la guerre froide entraĂźnent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalise Arafat sur la scĂšne internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers IsraĂ«l de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants d'origine juive.

Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui il aurait reçu de l’aide financiùre[68], et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït.

Dans les jours qui prĂ©cĂšdent l’invasion, Yasser Arafat fait la navette entre Bagdad et KoweĂŻt City pour tenter d’imposer sa mĂ©diation. Mais ses interlocuteurs koweĂŻtiens ont remarquĂ© qu’il semblait ĂȘtre Ă©trangement rĂ©ceptif aux arguments de Saddam Hussein[17] et la communautĂ© palestinienne, trĂšs importante (300 000 personnes) dans le petit Ă©mirat du KoweĂŻt, favorise la prise de cet État par l’armĂ©e irakienne en 1990. Sa dĂ©cision mĂšnera Ă  la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le KoweĂŻt, lui retirent alors leur soutien financier[31].

Cette alliance vaut à Yasser Arafat, aprÚs la deuxiÚme guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colÚre des monarchies pétroliÚres et des Américains.

Il est paradoxalement sauvĂ© par le nouveau gouvernement israĂ©lien, oĂč la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nĂ©cessaires en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, en vue de la crĂ©ation d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Accident d’avion

En 1992, Arafat Ă©chappe Ă  la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s’écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. DĂšs la disparition de l’appareil, les autoritĂ©s palestiniennes ont fait appel Ă  l’aide internationale. À la suite d’une intervention de l’ex-prĂ©sident amĂ©ricain Jimmy Carter, George Bush autorise la fourniture d’informations enregistrĂ©es par les satellites amĂ©ricains. De leur cĂŽtĂ©, les autoritĂ©s françaises envoient deux appareils, l’un basĂ© au Tchad, l’autre Ă  Djibouti, pour participer aux recherches[69].

Les deux pilotes de l’avion du leader palestinien ainsi qu’un ingĂ©nieur trouvent la mort[67] et Arafat ne souffre que de quelques contusions[6]. Quelques semaines plus tard, il est hospitalisĂ© d’urgence Ă  Amman, en Jordanie, pour ĂȘtre opĂ©rĂ© d’un caillot au cerveau[17].

De 1994 Ă  2001, le retour en Palestine

Processus d’Oslo

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat durant les accords d'Oslo le 13 septembre 1993
Article dĂ©taillĂ© : Accords d'Oslo.

Alors que le processus de paix entamĂ© Ă  la ConfĂ©rence de Madrid de 1991 ne donnait aucun rĂ©sultat, des nĂ©gociations secrĂštes sont menĂ©es Ă  Oslo entre des membres de l’OLP et du gouvernement israĂ©lien pour trouver un accord de paix.

Le 13 septembre 1993, la DĂ©claration de Principes dite « accords d'Oslo Â», est signĂ©e Ă  la Maison Blanche sous l’égide du prĂ©sident Bill Clinton. Le monde entier retient la poignĂ©e de main historique Ă©changĂ©e entre le premier ministre israĂ©lien Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

Arafat est alors invitĂ© par le Parlement europĂ©en en dĂ©cembre 1993 (aprĂšs avoir Ă©tĂ© reçu Ă  titre non officiel au sein du Parlement en octobre 1988), et il insiste sur le rĂŽle que l’Union europĂ©enne doit jouer dans le processus de paix[14].

Dans une lettre adressĂ©e Ă  Yitzhak Rabin le 9 septembre 1993, Arafat dĂ©clare que l’OLP renonce officiellement Ă  la lutte armĂ©e contre IsraĂ«l en mĂȘme temps qu’elle reconnaĂźt la lĂ©gitimitĂ© de cet État : « L’OLP reconnaĂźt le droit de l’État d’IsraĂ«l Ă  vivre en paix et dans la sĂ©curitĂ©. [
] Ainsi, l’OLP renonce Ă  recourir au terrorisme et Ă  tout autre acte de violence Â».

En 1994, Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs efforts en faveur de la paix dans cette rĂ©gion. L’un des cinq jurĂ©s du comitĂ© Nobel dĂ©missionne pour protester contre l’attribution du prix Ă  Yasser Arafat[31]. Arafat et Yitzhak Rabin partagent Ă©galement la mĂȘme annĂ©e le prix du prince d’Asturies de la coopĂ©ration internationale « en reconnaissance de leurs efforts rĂ©solus pour crĂ©er des conditions de paix dans la rĂ©gion Â»[70] et le Prix de la Fondation du Forum Universale qui leur sera remis, lors d'un Forum annuel de Crans Montana conjointement par M. Jean-paul Carteron, son fondateur, et le prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration suisse Jean-Pascal Delamuraz[71].

Voir aussi : Lettres de reconnaissance mutuelle Ă©changĂ©es entre Arafat et Rabin

Arafat au pouvoir

Yasser Arafat prend ses quartiers Ă  Gaza Ă  partir de juillet 1994 et reçoit un accueil triomphal. L’accord dit « Oslo II Â», conclu en septembre 1995, permet la tenue d’élections gĂ©nĂ©rales en janvier 1996 qui opposent Arafat Ă  Samiha Khalil. Arafat est Ă©lu sous le contrĂŽle d’observateurs internationaux, avec 87,1 % des suffrages exprimĂ©s, prĂ©sident de la nouvelle AutoritĂ© palestinienne, nĂ©e des accords d’Oslo.

Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin est assassinĂ© lors d’une assemblĂ©e pour la paix Ă  Tel Aviv. Nabil Shaath raconte « Je ne l’avais jamais vu comme ça. Quand Rabin est mort, j’ai vu tant de tristesse et de dĂ©sespoir dans ses yeux Â». Les journalistes John et Janet Wallah estiment qu’« Arafat a sĂ»rement craint de subir le mĂȘme sort Â». On conseille Ă  Arafat de ne pas assister aux obsĂšques. Il envoie alors des reprĂ©sentants du gouvernement et va quelques jours plus tard prĂ©senter ses condolĂ©ances Ă  Leah Rabin.

Le 19 novembre, l’armĂ©e israĂ©lienne se retire de JĂ©nine. Il s’agit du premier retrait israĂ©lien et l’autonomie est Ă©tendue. Mais l’assassinat de Yahia Ayache par le Shin Beth met un terme aux efforts de Yasser Arafat de convaincre le mouvement islamiste Hamas de prĂ©senter des candidats aux Ă©lections lĂ©gislatives.

Le Hamas rĂ©pond par quatre attentats-suicides faisant plus de 60 victimes israĂ©liennes. Arafat fait alors arrĂȘter des centaines d’activistes islamistes, exige la fermeture de l’universitĂ© islamique de Gaza et interpelle cinq des treize terroristes les plus recherchĂ©s par IsraĂ«l[72].

Le 21 avril 1996, le 21e Conseil national palestinien modifie les articles de la charte nationale palestinienne refusant l’existence de l’État d’IsraĂ«l[73].

Dans les annĂ©es qui suivent, l’économie palestinienne croĂźt Ă  un rythme de 9,28 % par an, selon un rapport du FMI, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l’un des taux de dĂ©veloppement les plus rapides au monde au cours de cette pĂ©riode.

AprĂšs les Ă©lections de 1996, Arafat prend officiellement le titre de RaĂŻs (president) de l’AutoritĂ© palestinienne.

L’évolution du processus de paix se ralentit et en octobre 1998, le prĂ©sident amĂ©ricain Bill Clinton doit persuader Arafat et le nouveau Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahou, pour les amener Ă  signer le mĂ©morandum de Wye Plantation prĂ©voyant de nouvelles Ă©tapes Ă  entreprendre pour parvenir Ă  la paix entre les deux partis.

Relation avec le Hamas

Sur la scĂšne palestinienne, Arafat entretient de mauvaises relations avec le Hamas. Celui-ci a semblĂ© lui dĂ©clarer la guerre dĂšs son retour dans les territoires palestiniens. Il a cherchĂ© Ă  l’affaiblir en soutenant un parti islamique fondĂ© en 1995[74], soit un an aprĂšs son retour dans les territoires. Des membres du Hamas ont Ă©tĂ© Ă©galement arrĂȘtĂ©s : 170 sympathisants sont ainsi arrĂȘtĂ©s en 1995, lors de sa premiĂšre annĂ©e dans les territoires occupĂ©s.

Depuis sa crĂ©ation, le Hamas rejette la coopĂ©ration avec l’OLP et Ă  plusieurs reprises, ses militants se heurtent, sur le terrain, aux militants de Yasser Arafat[75]. Celui-ci considĂšre le Hamas comme une crĂ©ation du Mossad, le service secret israĂ©lien[76].

Lorsqu’Arafat dĂ©clare la fin de la lutte armĂ©e contre IsraĂ«l le 24 avril 1996, des voix s’élĂšvent contre sa dĂ©cision et les relations avec le Hamas se dĂ©gradent encore. L’AutoritĂ© palestinienne dĂ©clare avoir dĂ©jouĂ© une tentative d’assassiner Arafat par le mouvement islamiste et arrĂȘte sept personnes qui devaient l’assassiner pendant AĂŻd el-Adha[77].

Aussi, Arafat assigne Ă  rĂ©sidence Ahmed Yassine, le chef spirituel du Hamas[78]. (Toutefois, lors de son assassinat par IsraĂ«l, le 22 mars 2004, Yasser Arafat dĂ©noncera comme un « crime barbare Â» l’assassinat de Ahmed Yassine et dĂ©crĂštera trois jours de deuil dans les territoires palestiniens[79]).

Contestation du pouvoir

Si, sur le plan extĂ©rieur, son rĂ©gime doit faire face Ă  de nombreuses accusations de corruption et de violation des rĂšgles dĂ©mocratiques — certains accusent Arafat d’ĂȘtre corrompu et des chiffres circulent sur les sommes dĂ©tournĂ©es vers un compte personnel de Yasser Arafat (le rapport du FMI les estime Ă  800 millions de dollars, d’autres sources Ă  plusieurs milliards[80]) —, sur le plan intĂ©rieur, le leadership de Yasser Arafat, qui muselle toute tentative d’opposition, ne paraĂźt que rarement ĂȘtre remis en cause. Selon Amnesty International, les prisonniers politiques sont souvent torturĂ©s, avec son aval. Bassam Eid, journaliste palestinien et directeur de Palestinian Human Rights Monitor Group, confirme qu’« il est Ă  l’origine de chacun des actes de ses services de sĂ©curitĂ© [
] il les libĂšre aprĂšs une enquĂȘte bidon Â»[81].

Le 28 novembre 1999, 20 intellectuels et hommes politiques palestiniens signent une pĂ©tition traitant le gouvernement palestinien de « corrompu, non juste et manipulateur Â». Arafat ordonne l’arrĂȘt de 11 d’entre eux. Les 9 restants sont protĂ©gĂ©s par loi et ne sont pas arrĂȘtĂ©s, mais deux d’entre eux disent avoir Ă©tĂ© attaquĂ©s par la police palestinienne[63].

Il est aussi accusĂ© de participer au conditionnement de la population palestinienne Ă  la guerre contre IsraĂ«l, Ă  l’école, Ă  la mosquĂ©e, par la presse et la tĂ©lĂ©vision.

Les critiques ne viennent pas seulement des opposants Ă  un État palestinien[68]. Ainsi, par exemple, le « Centre palestinien pour les droits humains Â» accuse l’AutoritĂ© palestinienne de procĂ©der Ă  des arrestations politiques de militants islamistes. Mohammed Dahlan, ex-ministre de l’intĂ©rieur, accuse Arafat d’avoir gaspillĂ© 5 milliards de dollars[82] ce qui pousse Arafat Ă  essayer Ă  plusieurs reprises d’écarter Dahlan aprĂšs ces accusations portĂ©es contre lui.

Sommet de Camp David

Article dĂ©taillĂ© : Sommet de Camp David II.

En juillet 2000, le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak Ă©voque la reconnaissance d’un État palestinien. Il achoppe nĂ©anmoins sur de nombreux points. À l’issue du sommet, chacune des deux parties rejette sur l’autre la responsabilitĂ© de l’échec des discussions. Les Palestiniens considĂšrent qu’IsraĂ«l ne leur a pas proposĂ© assez, tandis que les IsraĂ©liens clament qu’ils ne peuvent raisonnablement pas offrir davantage. Aux États-Unis comme en IsraĂ«l, l’échec est largement attribuĂ© Ă  Yasser Arafat qui, pour eux, avait quittĂ© la table des nĂ©gociations sans faire de contre-proposition.

De 2000 Ă  2004, la seconde Intifada

Article dĂ©taillĂ© : Seconde Intifada.

Seconde intifada, Ă©chec de Taba et Ă©lection d’Ariel Sharon

Arafat en 1999

La seconde Intifada est initiĂ©e en septembre 2000, Ă  la suite de l’échec des discussions israĂ©lo-palestiniennes ; elle tourne rapidement Ă  la guerre ouverte avec IsraĂ«l. La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquĂ©es/Mont du Temple est vĂ©cue par eux comme une provocation. La veille, Arafat demande au Premier ministre israĂ©lien, Ehud Barak, d’annuler cette visite car selon lui, elle risque de provoquer de nouvelles Ă©meutes sanglantes[83]. Barak n'interdira pas cet acte politique de Sharon.

Cette visite est le point de dĂ©part de mois de violence qu’Arafat n’arrive pas Ă  maitriser. Des attentats-suicides, visant la population civile, sont perpĂ©trĂ©s en IsraĂ«l. Impuissant Ă  calmer la rĂ©volte, y compris parmi les Faucons du Fatah, Arafat dĂ©cide de se joindre Ă  l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens Ă  se soulever contre « l’usurpateur israĂ©lien Â». Mais c’est la faction du Fatah dirigĂ©e par Marouan Barghouti, qui ne reçoit aucun ordre d’Arafat, qui dirige cette deuxiĂšme intifada[84].

Dans un rapport Ă©tabli Ă  ce sujet, Human Rights Watch dĂ©clare ne pas avoir trouvĂ© de preuves que Yasser Arafat ou l’AutoritĂ© palestinienne aient jamais participĂ© Ă  la mise en Ɠuvre de ces attaques, mais souligne que cette derniĂšre n’a pas fait suffisamment pour poursuivre les organisateurs et n’a pas pris de mesures prĂ©ventives. Aussi Kenneth Roath, directeur exĂ©cutif de Human rights watch, dĂ©clare qu'Arafat et l’AutoritĂ© palestinienne portent un degrĂ© de responsabilitĂ© politique Ă©levĂ© dans les atrocitĂ©s qui se sont produites[85]. Selon les sources officielles israĂ©liennes, 506 personnes auraient trouvĂ© la mort dans les attentats-suicides entre 2000 et 2004[86] et elles accusent les dirigeants palestiniens de n’avoir rien fait pour arrĂȘter les kamikazes voire de les avoir encouragĂ©s[87].

Des nĂ©gociations de paix sont engagĂ©es dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Elles n’aboutissent pas, Ă  la veille d’élections anticipĂ©es en IsraĂ«l.

D’aprĂšs al-Jazeera, Arafat refuse Ă©galement les propositions du PrĂ©sident amĂ©ricain Bill Clinton de renoncer au droit au retour des rĂ©fugiĂ©s palestiniens en Ă©change du statut de JĂ©rusalem comme capitale de la Palestine et d’IsraĂ«l[21]. Selon un de ses gardes de corps, Arafat aurait dit Ă  Clinton que s’il acceptait cette offre, il serait tuĂ© des mains de son propre peuple. Des personnalitĂ©s arabes, comme le prĂ©sident Ă©gyptien Hosni Moubarak, pressent Arafat d’accepter cette offre mais celui-ci rĂ©pond que cela est impossible[88].

Les pourparlers de Taba sont interrompus, le 27 janvier 2001, aprĂšs six jours de nĂ©gociations intenses suite Ă  la mise en terme aux discussions par Shlomo Ben Ami, ministre des Affaires Ă©trangĂšres et chef de la dĂ©lĂ©gation israĂ©lienne Ă  la demande expresse d’Ehoud Barak[89].

En fĂ©vrier 2001, Ariel Sharon est Ă©lu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est Ă©lu prĂ©sident.

Ariel Sharon ne cherche pas Ă  poursuivre les nĂ©gociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable.

L’isolement à la Mouqata'a

Les attentats du 11 septembre 2001 prĂ©cipitent les États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme Â» Ă  partir de dĂ©cembre 2001, alors qu’au mĂȘme moment, Yasser Arafat conclut une trĂȘve avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

ConsidĂ©rĂ© comme responsable du dĂ©clenchement de la seconde Intifada et des attentats-suicides par le gouvernement israĂ©lien, boycottĂ© par le gouvernement amĂ©ricain, Yasser Arafat va passer les derniĂšres annĂ©es de sa vie enfermĂ© dans la Mouqata’a, son QG de Ramallah, encerclĂ©e par les forces israĂ©liennes. Interdit de voyage aussi bien en Palestine qu’à l’étranger, il va perdre toute prise sur les Ă©vĂšnements, gardant toutefois le contrĂŽle de l’AutoritĂ© palestinienne et de l’OLP.

Pour les responsables israĂ©liens, le prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne n’est plus un interlocuteur valable. Un crĂ©do partagĂ© par Washington, qui fait de son dĂ©part une condition prĂ©alable Ă  la crĂ©ation d’un État palestinien indĂ©pendant[31]. Bush dĂ©crit Sharon comme un homme de paix et refuse de recevoir Arafat. Selon certains observateurs politiques, Yasser Arafat Ă©tait « diabolisĂ© Â» et Ă©tait devenu « infrĂ©quentable Â». « EnfermĂ© sans que les opinions publiques internationales ne s’en indignent rĂ©ellement Â», il semblait ĂȘtre ressenti comme un « gĂȘneur Â», le peuple palestinien ne « le voyant presque plus Â» et s’étant « habituĂ© Ă  vivre et Ă  combattre sans lui Â».

L’assassinat ciblĂ© de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la rĂ©gion de Toulkarem, par les forces israĂ©liennes, change la nature des attentats en IsraĂ«l. Ceux-ci sont dorĂ©navant perpĂ©trĂ©s en Cisjordanie et Ă  Gaza. De son cĂŽtĂ©, Ariel Sharon lance une sĂ©rie de reprĂ©sailles Ă  grande Ă©chelle avec l’accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld. George W. Bush dĂ©clare qu’Arafat est inapte Ă  gouverner[90] et appelle les « Palestiniens Ă  Ă©lire de nouveaux dirigeants qui ne soient pas compromis dans le terrorisme Â»[6].

L’Union europĂ©enne exige de Yasser Arafat une dĂ©nonciation catĂ©gorique et « en langue arabe Â» du terrorisme, ce qu’il fait le 16 dĂ©cembre 2001 et, en fĂ©vrier 2002, il publie une « vision de la paix Â». En 2002, l’« Affaire du Karine A Â» met directement en cause Yasser Arafat : un bateau transportant 50 tonnes d’armement est arraisonnĂ© par l’armĂ©e israĂ©lienne : selon cette derniĂšre la cargaison est destinĂ©e aux Palestiniens. Des documents montreront que le bateau Ă©tait possĂ©dĂ© par l’Irakien Ali Mohamed Abbas. Certains officiels amĂ©ricains ont suggĂ©rĂ© par la suite que le bateau n’était pas destinĂ© Ă  l’AutoritĂ© palestinienne mais au Hezbollah[91].

En vertu des rĂ©formes exigĂ©es par IsraĂ«l et les États-Unis, Yasser Arafat doit toutefois se rĂ©signer, en fĂ©vrier 2003, Ă  nommer un premier ministre qui sera Mahmoud Abbas. Deux ans et demi aprĂšs le dĂ©but de la seconde Intifada, le poste de premier ministre, qui n’était pas prĂ©vu Ă  la crĂ©ation de l’AutoritĂ© palestinienne, est imposĂ© Ă  Arafat par les occidentaux, notamment par les AmĂ©ricains, qui y voient une façon de contourner l’obstacle Ă  la paix qu’est devenu pour eux Arafat gouvernant seul. Pour eux, il faut un nouvel interlocuteur. Washington fait alors pression pour que soit crĂ©Ă© ce poste de premier ministre au sein de l’AutoritĂ© palestinienne.

Un bras de fer oppose rapidement Arafat Ă  son premier ministre Mahmoud Abbas. Au centre des divergences, la feuille de route pour la paix et la proposition de Mahmoud Abbas de nommer Mohammed Dahlan au poste de ministre de l’IntĂ©rieur. Suite Ă  un conflit de pouvoir avec Yasser Arafat autour de la question du contrĂŽle des forces de sĂ©curitĂ©, Mahmoud Abbas renonce Ă  son poste le 7 septembre 2003. Le refus d’Arafat de lui confĂ©rer des pouvoirs essentiels, ainsi que son maintien du contrĂŽle de certains services de sĂ©curitĂ©, ont limitĂ© la capacitĂ© d’agir de l’ex-Premier Ministre[92]. Ahmed QoreĂŻ est alors nommĂ© Ă  sa place.

C’est en 2003 Ă©galement que des membres du gouvernement Sharon vont jusqu’à proposer publiquement de « l’éliminer Â». La trĂšs forte rĂ©action de la communautĂ© internationale force le gouvernement Sharon Ă  se rĂ©tracter[31]. En 2004, Ariel Sharon franchit une Ă©tape supplĂ©mentaire en dĂ©clarant, le 2 avril, que son adversaire n’a « aucune assurance Â» sur la vie. Le journaliste israĂ©lien Uri Dan rapporte, dans son livre Ariel Sharon : Entretiens intimes avec Uri Dan, une conversation tĂ©lĂ©phonique qui se serait alors tenue entre Ariel Sharon et George W. Bush, Sharon informant Bush qu’il ne se sentait plus tenu par la promesse qu’il lui avait faite en mars 2001 de ne pas toucher Ă  la vie d’Arafat. Bush lui aurait rĂ©pondu qu’il fallait laisser le destin de Arafat entre les mains de Dieu, ce Ă  quoi Sharon avait rĂ©pondu que parfois, Dieu a besoin d’une aide[93].

Suite Ă  ces menaces, le pacifiste israĂ©lien, Uri Avnery, dĂ©clare dans son Ă©ditorial pour le Gush Shalom, ĂȘtre prĂȘt Ă  servir comme bouclier humain pour protĂ©ger Arafat. Il se rend avec un groupe de pacifistes Ă  la Mouqata’a oĂč Arafat les invite Ă  dĂźner. Au cours du diner, Arafat dĂ©clare « J’étais alors et je reste aujourd’hui engagĂ© dans l’espĂ©rance d’un avenir pacifiĂ©, un avenir dans lequel les enfants de nos deux peuples pourront grandir sans la peur Â»[94].

Dans la foulĂ©e, Sharon confirme que, si Arafat quitte Ramallah et les territoires autonomes pour se rendre Ă  l’étranger, il ne sera pas autorisĂ© Ă  revenir[17].

Corruption

Yasser Arafat est accusĂ© d’avoir dĂ©tournĂ© au profit de son organisation plusieurs centaines de millions de dollars qui Ă©taient destinĂ©s au peuple palestinien, et un conflit d’intĂ©rĂȘts financiers sur les sommes disparues a persistĂ© entre sa femme rĂ©sidant Ă  Paris en France et Ă  Gammarth en Tunisie, et l’OLP. La question est d’autant plus complexe qu’en l’absence d’État palestinien, les sommes destinĂ©es au peuple palestinien ne pouvaient ĂȘtre encaissĂ©es que sur les comptes de l’OLP qui Ă©tait seul juge des dĂ©penses.

Des magazines comme Forbes estiment qu'Arafat Ă©tait riche de 300 millions de dollars[95] alors que des officiels amĂ©ricains estiment sa fortune haute de 1 milliard de dollars. Sa femme aurait reçu alors qu’elle vivait Ă  Paris 100 000 dollars chaque mois de la part de l’autoritĂ© palestinienne[80].

Le FMI estime à au moins 898 millions de dollars[96] le montant des détournements sur les financements alloués à l'autorité palestinienne entre 1994 et 2000. Mohamed Rachid, présenté comme l'agent financier personnel de Yasser Arafat, aurait ainsi géré sur plusieurs années une fortune considérable à travers de nombreux investissements aux rendements avérés[96].

Arafat est Ă©galement accusĂ© de financer le terrorisme palestinien et d’utiliser les aides internationales pour acheter des armes[97]. Certains groupes auteurs d’attentats-suicides en IsraĂ«l sont liĂ©s directement au RaĂŻs palestinien. Maslama Thabet, l’un des leaders du groupe, s’exprimant dans le quotidien USA Today, affirme : « nous recevons nos instructions du Fatah. Notre chef est Yasser Arafat lui-mĂȘme Â».

IsraĂ«l publie des documents trouvĂ©s dans les dossiers d’Arafat, prouvant que celui-ci avait tacitement approuvĂ© les attentats perpĂ©trĂ©s par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. De son cĂŽtĂ©, l’Union europĂ©enne enquĂȘte sur les allĂ©gations de dĂ©tournement de ses aides par l’AutoritĂ© palestinienne. L’Anti-Fraud Office of the European Union (OLAF) conclut qu’il n’existe aucune preuve que des aides aient Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©es pour financer des activitĂ©s illĂ©gales. Mais elle ajoute que l’UE est convaincue que l’AutoritĂ© doit rĂ©former ses institutions financiĂšres pour lutter contre la corruption et les dĂ©tournements de fonds[98].

La mort de Yasser Arafat

Sa tombe Ă  Ramallah.

En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs Ă  l’estomac et de vomissements. MalgrĂ© une premiĂšre intervention chirurgicale dans son quartier gĂ©nĂ©ral de la Mouqata’a Ă  Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santĂ© continue Ă  se dĂ©grader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’oĂč il se rend en France, Ă  bord d’un avion mĂ©dicalisĂ©. Il est hospitalisĂ© dans l’hĂŽpital d’instruction des armĂ©es Percy Ă  Clamart prĂšs de Paris.

Il dĂ©cĂšde officiellement Ă  Clamart le 11 novembre 2004, Ă  3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommĂ© chef de l’Organisation de LibĂ©ration de la Palestine, Farouk Kaddoumi est Ă©lu chef du Fatah, et Ahmed QoreĂŻ maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. AprĂšs un hommage officiel Ă  l’aĂ©rodrome militaire de Villacoublay en prĂ©sence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cĂ©rĂ©monie officielle au Caire, en prĂ©sence de nombreux reprĂ©sentants politiques Ă©trangers, Yasser Arafat est inhumĂ© le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier gĂ©nĂ©ral de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israĂ©lien ayant refusĂ© qu’il soit enterrĂ© Ă  JĂ©rusalem (Yasser Arafat avait Ă  plusieurs reprises exprimĂ© le souhait d’y ĂȘtre inhumĂ©). Une foule de prĂšs de 100 000 personnes est prĂ©sente pour accueillir sa dĂ©pouille Ă  son retour d’Égypte.

L’élection prĂ©sidentielle palestinienne de 2005 se dĂ©roule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et dĂ©signe Mahmoud Abbas comme nouveau prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne. L’intĂ©rim est assurĂ© par Rawhi Fattuh.

Regards sur Yasser Arafat

En Israël

Arafat Ă©tait souvent considĂ©rĂ© comme l’ennemi numĂ©ro un par IsraĂ«l. Il a Ă©tĂ© qualifiĂ© de « chef terroriste Â» et de « menteur congĂ©nital Â», voire de « rĂ©incarnation d’Hitler Â»[6].

Les IsraĂ©liens ne prĂȘtent attention Ă  Arafat qu’aprĂšs 1965, lorsqu’il se lance dans la lutte armĂ©e.

Il devient une cible aprĂšs les Ă©vĂ©nements de Karameh. Moshe Dayan tente discrĂštement de prendre contact avec lui, en vain, pour le sonder sur ses intentions mais Golda Meir adopte une position tranchĂ©e qui restera celle des autoritĂ©s israĂ©liennes pendant deux dĂ©cennies : « Yasser Arafat, dĂ©clare-t-elle, est le chef d’une bande d’assassins Â».

AprĂšs le dĂ©part d’Arafat de Beyrouth, des dĂ©putĂ©s de la gauche israĂ©lienne comme Uri Avnery commencent Ă  rencontrer Arafat. La Knesset vote alors en 1986 une loi interdisant aux IsraĂ©liens de rencontrer des membres de l’OLP, sous peine de prison.

En 1991, le soutien d’Arafat Ă  Saddam Hussein est perçu par les IsraĂ©liens comme une alliance avec l’homme qui bombarde leur pays de missiles SCUD.

Shimon Peres, chef de file de l’opposition travailliste israĂ©lienne et qui a partagĂ© le prix Nobel de la paix avec Arafat en 1994 Ă  la suite des accords d'Oslo, a dit : « Arafat a commis sa plus grande erreur lorsqu’il s’est tournĂ© vers le terrorisme. Il a enregistrĂ© ses plus grands succĂšs lorsqu’il a tentĂ© de se tourner vers la paix Â». AprĂšs la signature des accords d’Oslo, la gauche adopte une position plus souple comparĂ©e Ă  celle de la droite israĂ©lienne.

Lors des accords de Wye Plantation en octobre 1998, seul Ariel Sharon, homme de droite et ministre des Affaires Ă©trangĂšres, refuse de serrer la main d’Arafat car, selon lui, il a « du sang juif sur les mains Â».

AprĂšs le 11 septembre 2001, Sharon, qui avait jurĂ© en 1982 de le tuer, dĂ©clare : « Nous aussi avons notre Ben Laden : Arafat Â»[6]. Les relations entre les deux nations se dĂ©gradent d’autant plus que Sharon refuse de le rencontrer. Mais des personnalitĂ©s de gauche, comme Peres, refusent une telle comparaison.

Arafat est considĂ©rĂ© comme le premier responsable de l’échec du sommet de Camp David II et du Sommet de Taba par les AmĂ©ricains et les IsraĂ©liens, pour avoir refusĂ© ce qu’ils considĂšrent comme des offres gĂ©nĂ©reuses des IsraĂ©liens. Pour Shlomo Ben Ami, ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres, « Arafat s’est montrĂ© tout Ă  fait incapable d’accepter un compromis et d’orienter les nĂ©gociations vers la paix Â».

Suite au dĂ©clenchement de la seconde Intifada et l’élection de Sharon, les discussions de paix sont interrompues et Yasser Arafat redevient, pour la plupart des IsraĂ©liens, un « assassin Â»[6]. Les IsraĂ©liens, notamment les membres du Likoud, pensent alors qu’il faut changer la direction palestinienne pour faire avancer les choses[99].

Dans le monde arabe

Les dirigeants arabes dans leur ensemble n’ont jamais portĂ© Yasser Arafat dans leur cƓur. Quatre d’entre eux en particulier : Nasser, Hussein de Jordanie, Anouar el-Sadate et Hafez el-Assad aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©s, ont entretenu avec lui des relations difficiles, complexes et ambivalentes. En effet, les dirigeants arabes voulaient instrumentaliser la cause palestinienne pour Ă©tendre leur influence rĂ©gionale et considĂ©raient que l’émergence d’une direction palestinienne incontrĂŽlable, perturberait leurs plans.

C’est pour cette raison que Nasser a crĂ©Ă© l’OLP. Nasser, d’abord opposĂ© Ă  Arafat, finit par devenir son alliĂ©, parfois dĂ©cevant. Arafat a connu Ă  plusieurs reprises la prison sous son rĂ©gime, surtout lorsqu’il Ă©tait proche des FrĂšres musulmans.

Le Syrien Hafez El-Assad, qui a emprisonnĂ© Arafat en mai 1966[16], n’a pas cessĂ© de chercher Ă  affaiblir le prĂ©sident de l’OLP pour contrĂŽler lui-mĂȘme le mouvement, n’hĂ©sitant pas Ă  susciter des scissions au sein mĂȘme du Fatah et Ă  intervenir militairement au Liban, dĂšs 1976, contre les forces « palestino-progressistes Â».

En Jordanie, Arafat s’est constituĂ© un État dans l’État qui reprĂ©sentait une menace pour le pouvoir en place. L’armĂ©e israĂ©lienne attaqua les villages jordaniens oĂč se trouvaient les bases du Fatah, ce qui rendit le roi Hussein, qui cherchait un accord avec IsraĂ«l, mĂ©fiant Ă  son Ă©gard aprĂšs la dĂ©couverte d’un complot et dĂ©clencha le Septembre noir[6].

Anouar el-Sadate est le premier chef d’un État arabe Ă  avoir signĂ© un traitĂ© de paix avec IsraĂ«l. Suite Ă  cette signature, les contacts entre l’OLP et l’Égypte sont interrompus et ne reprennent que 6 ans plus tard, c’est-Ă -dire aprĂšs l’assassinat de Sadate et l’arrivĂ©e de Moubarak au pouvoir[100].

Dans la « rue arabe Â», la popularitĂ© d’Arafat a commencĂ© Ă  croĂźtre aprĂšs la guerre de 1967. On y considĂ©rait que ses combattants sauvaient l’honneur des Arabes. ÉbranlĂ©s par la dĂ©faite, les civils ainsi que les militaires lui apportent leur soutien[101]. AprĂšs la bataille de Karameh, considĂ©rĂ©e comme une victoire par les Arabes, Arafat organise des funĂ©railles officielles pour les fedayins morts. Des dizaines de milliers de personnes y assistent, scandant : « Fatah ! Fatah ! Fatah ! Â»

AprĂšs la signature des accords d’Oslo, Arafat est autorisĂ© Ă  revenir dans les territoires pour la premiĂšre fois depuis 1967. Il effectue un retour triomphal. Des millions de Palestiniens accueillent « le hĂ©ros de l’OLP Â» Ă  Gaza[101].

L’image d’Arafat se dĂ©grade au cours des annĂ©es qui suivent Ă  cause du blocage du processus de paix et de la dĂ©gradation de la situation des Palestiniens, mais le siĂšge de sa rĂ©sidence Ă  Ramallah ne fait qu’augmenter sa popularitĂ© auprĂšs de ces derniers.

Arafat a Ă©tĂ© notamment critiquĂ© par l’un de ses proches, le ministre palestinien Nabil Amr, pour l’échec du Sommet de Camp David II.

Annexes

Notes et références

  1. ↑ Yasser Arafat SaĂŻd K. Aburish, p. 16
  2. ↑ Amnon Kapeliouk, Arafat l'irrĂ©ductible, Ă©d. Fayard, 2004.
  3. ↑ Biographie de Leïla Shahid sur lalibertedelesprit.org
  4. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 9
  5. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 11
  6. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Les vies de Yasser Arafat[PDF], Le Monde (consultĂ© le 11 novembre 2006)
  7. ↑ (en)Yasser Arafat, David Hirst, The Guardian (consultĂ© le 17 novembre 2006)
  8. ↑ a, b et c (en)The Nobel Peace Prize 1994 (consultĂ© le 28 octobre 2006)
  9. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 34. Parole rapportĂ©e par sa sƓur Inam qui s’est occupĂ© de lui.
  10. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 37
  11. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 36
  12. ↑ Portrait d’un leader (jeunesse) UniversitĂ© Aval (consultĂ© le 7 dĂ©cembre 2006)
  13. ↑ a et b La Marianne en Ligne (consultĂ© le 28 octobre 2006)
  14. ↑ a, b et c Institut EuropĂ©en de Recherche sur la CoopĂ©ration MĂ©diterranĂ©enne et Euro-Arabe (consultĂ© le 27 octobre 2006)
  15. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 47
  16. ↑ a, b, c, d et e Yasser Arafat (1929-2004) Le Monde diplomatique (consultĂ© le 28 octobre 2006)
  17. ↑ a, b, c, d, e et f Je suis mort (consultĂ© le 27 octobre 2006)
  18. ↑ a, b, c et d La reprĂ©sentation du conflit israĂ©lo-palestinien Ă  travers le traitement mĂ©diatique de l’« Ăšre-Arafat Â» de Pommeray Anica (consultĂ© le 18 novembre 2006)
  19. ↑ Yasser Arafat par Said K. Aburish p. 57
  20. ↑ Biographie de Yasser Arafat Xinhaunet (consultĂ© le 27 octobre 2006)
  21. ↑ a et b (ar)Yasser Arafat Aljazeera.net (consultĂ© le 20 novembre 2006)
  22. ↑ a et b (ar)Yasser Arafat, Arabs 48 (consultĂ© le 22 novembre 2006)
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  24. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 2003, p. 399.
  25. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 2003, p. 400.
  26. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 2003, p. 401-402.
  27. ↑ Pierre Razoux, Tsahal, 2006, p. 239-242.
  28. ↑ Yasser Arafat par SaĂŻd K. Aburish, p. 139
  29. ↑ a et b Yasser Arafat en dates, Le Monde diplomatique, 1er janvier 2006.
  30. ↑ EncyclopĂ©die Larousse - Article : Yasser Arafat
  31. ↑ a, b, c, d et e Yasser Arafat : Le combattant solitaire Radio Canada Sophie-HĂ©lĂšne Lebeuf (consultĂ© le 20 dĂ©cembre 2006)
  32. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 2003, p. 404
  33. ↑ La tache de Septembre noir, L’HumanitĂ© (consultĂ© le 4 dĂ©cembre 2006)
  34. ↑ Yasser Arafat par Said K. Aburish, p. 177
  35. ↑ Arafat, la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996 p. 199
  36. ↑ Histoire des Jeux olympiques d’étĂ© L’Internaute (consultĂ© le 4 dĂ©cembre 2006)
  37. ↑ Benny Morris Histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, Éditions complexe, 2003 (ISBN 978-2-87027-938-0)
  38. ↑ Arafat : la poudre et la paix, Janet Wallach, John Wallach, 1996
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  42. ↑ a et b (en)What happened at Ma’alot, Kiryat Shmona, and other terrorist targets in the 1970s?, Palestinian Facts
  43. ↑ (en)Modern Israel & the Diaspora (1970-1979), Jewish Virtual Library
  44. ↑ Yasser Arafat par SaĂŻd K. Aburish, p. 213.
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Bibliographie

Articles connexes

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Divers

  • Les derniers jours de Yasser Arafat, documentaire de 52 minutes de Emmanuel François, produit par Sunset Presse pour France 5 (2007)

Liens externes

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