Wolfgang Amadeus Mozart

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Wolfgang Amadeus Mozart
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Wolfgang Amadeus Mozart
Portrait de Mozart par Lange et, selon sa femme Constance, le plus ressemblant de Mozart
Portrait de Mozart par Lange et, selon sa femme Constance, le plus ressemblant de Mozart

Nom de naissance Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart
Naissance 27 janvier 1756
Salzbourg, ArchidiocĂšse de Salzbourg, Saint Empire romain germanique aprĂšs 1400 Saint-Empire
DĂ©cĂšs 5 dĂ©cembre 1791 (Ă  35 ans)
Vienne, Saint Empire romain germanique aprĂšs 1400 Saint-Empire
Activité principale Compositeur
Style Classique
Années d'activité 1762-1791
MaĂźtres Johann Schobert, Johann Christian Bach
Ascendants Leopold Mozart, Anna Maria Mozart
Conjoint Constanze Weber
Descendants Karl Thomas Mozart, Franz Xaver Wolfgang Mozart
ƒuvres principales

Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart, ou Wolfgang Amadeus Mozart[1] (nĂ© Ă  Salzbourg, principautĂ© du Saint-Empire romain germanique, le 27 janvier 1756[2], mort Ă  Vienne le 5 dĂ©cembre 1791[2]), est un compositeur. Mort Ă  trente-cinq ans, il laisse une Ɠuvre importante (626 Ɠuvres sont rĂ©pertoriĂ©es dans le Catalogue Köchel), qui embrasse tous les genres musicaux de son Ă©poque. Selon le tĂ©moignage de ses contemporains, il Ă©tait, au piano comme au violon, un virtuose.

On reconnaßt généralement qu'il a porté à un point de perfection le concerto, la symphonie, et la sonate, qui devinrent aprÚs lui les principales formes de la musique classique, et qu'il fut un des plus grands maßtres de l'opéra. Son succÚs ne s'est jamais démenti. Son nom est passé dans le langage courant comme synonyme de génie, de virtuosité et de maßtrise parfaite.

Sommaire

Biographie

Son enfance (1756-1773)

L'enfant prodige

Mozart enfant, huile anonyme de 1763, probablement due Ă  Pietro Antonio Lorenzoni

NĂ© Ă  Salzbourg, qui est alors la capitale d'une principautĂ© ecclĂ©siastique du Saint-Empire romain germanique (Cercle de BaviĂšre), Mozart est le fils du compositeur et grand pĂ©dagogue, LĂ©opold Mozart qui occupe alors la fonction de vice-maĂźtre de chapelle Ă  la cour du prince-archevĂȘque de Salzbourg, et de Anna Maria Pertl, son Ă©pouse.

Leopold, Wolfgang au clavecin et Marianne Mozart en 1764

Wolfgang est le septiĂšme enfant du couple. Trois enfants sont morts en bas Ăąge avant la naissance de sa sƓur Maria Anna (surnommĂ©e « Nannerl Â», nĂ©e en 1751), et deux autres sont encore morts entre la naissance de cette sƓur aĂźnĂ©e et la sienne.

Il est baptisĂ© Joannes Chrysost[omus] Wolfgangus Theophilus. Theophilus, signifiant « aimĂ© de Dieu Â», a des Ă©quivalents allemand (Gottlieb), italien (Amedeo) et latin (Amadeus).

DĂšs l'age de trois ans, Mozart rĂ©vĂšle des dons prodigieux pour la musique : il a l'oreille absolue et certainement une mĂ©moire eidĂ©tique. Ses facultĂ©s dĂ©concertent son entourage, et incitent son pĂšre Ă  lui apprendre le clavecin dĂšs sa cinquiĂšme annĂ©e. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l'orgue et la composition. Il sait dĂ©chiffrer une partition et jouer en mesure avant mĂȘme de savoir lire, Ă©crire ou compter. À l'Ăąge de six ans (1762), il compose dĂ©jĂ  ses premiĂšres Ɠuvres (menuets KV.2, 4 et 5 ; allegro KV.3). À quatorze ans, il aurait ainsi parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, Ɠuvre complexe qui dure environ quinze minutes, en ne l'ayant Ă©coutĂ© qu’une seule fois.

Le voyageur

Mozart (au clavier) en 1770 avec le violoniste Thomas Linley, autre enfant prodige, dĂ©tail d'une toile anonyme du XVIIIe siĂšcle, (collection privĂ©e)

Entre 1762 et 1766, le jeune Mozart part en tournĂ©e avec son pĂšre, employĂ© par le prince-archevĂȘque Schrattenbach, ainsi qu'avec sa sƓur aĂźnĂ©e Maria-Anna. Ils vont d'abord Ă  Munich, puis Ă  Vienne, avant de s'engager, le 9 juin 1763, dans une longue tournĂ©e en Europe, qui les emmĂšnent de nouveau Ă  Munich, puis Ă  Augsbourg, Mannheim, Francfort, Bruxelles, Paris, Londres, La Haye, Amsterdam, Dijon, Lyon, GenĂšve, et Lausanne. Les exhibitions du jeune musicien impressionnaient les auditeurs et lui permettaient de capter de nouvelles influences musicales. Il fait ainsi la rencontre de deux musiciens qui vont le marquer dĂ©finitivement : Johann Schobert Ă  Paris, et Johann Christian Bach, fils cadet de Jean-SĂ©bastien Bach, Ă  Londres. Ce dernier lui fait dĂ©couvrir le pianoforte, inventĂ© au dĂ©but du siĂšcle, et l'opĂ©ra italien, il lui apprend Ă©galement Ă  construire une symphonie.

En 1767, Ă  l'Ăąge de onze ans, Mozart compose son premier opĂ©ra Apollo et Hyacinthus (K.38), une comĂ©die latine destinĂ©e Ă  ĂȘtre interprĂ©tĂ©e par les Ă©lĂšves du lycĂ©e dĂ©pendant de l'UniversitĂ© de Salzbourg. De retour en Autriche, il se rend rĂ©guliĂšrement Ă  Vienne, et, durant l'Ă©tĂ© 1768, compose deux autres opĂ©ras : Bastien et Bastienne et La finta semplice ; il n'a alors que douze ans. L'annĂ©e suivante, le prince-archevĂȘque le nomme maĂźtre de concert. Son pĂšre obtient un congĂ©, sans solde, ce qui lui permet de faire dĂ©couvrir l'Italie Ă  son fils (Mozart s'y rendra rĂ©guliĂšrement jusqu'en 1773) ; il y Ă©tudie l'opĂ©ra, forme musicale dans laquelle il excellera (Le nozze di Figaro (les Noces de Figaro), Don Giovanni, CosĂŹ fan tutte (Ainsi font-elles toutes), Die Zauberflöte (la FlĂ»te enchantĂ©e)
) et grĂące Ă  son travail sur les harmonies vocales et sa maĂźtrise de la polyphonie, il donnera ses lettres de noblesse Ă  ce genre. En Italie, il se lie au savant Padre Martini, devient membre de l'Accademia Filarmonica de Bologne – qui pourtant n'admettait en principe que des membres ĂągĂ©s de plus de vingt ans. Le pape ClĂ©ment XIV le nomme Cavaliere del lo speron d'oro (Chevalier de l'Ă©peron d’or).

Le 16 dĂ©cembre 1771, le prince-archevĂȘque Schrattenbach dĂ©cĂšde. Le Prince-archevĂȘque Colloredo devient son nouvel employeur.

Au service du prince-archevĂȘque Colloredo (1773-1781)

Portrait posthume de Mozart par Krafft , en 1919

Le prince-archevĂȘque Colloredo, Ă  la diffĂ©rence de son prĂ©dĂ©cesseur, tolĂšre moins les voyages de la famille Mozart. Mais le jeune musicien se rĂ©signe mal Ă  rester dans sa ville natale. En outre, son nouvel employeur lui impose la forme des piĂšces qu'il doit composer pour les cĂ©rĂ©monies religieuses. À dix-sept ans, il a du mal Ă  accepter ces contraintes, et ses relations avec le prince-archevĂȘque se dĂ©gradent au cours des trois annĂ©es qui suivent.

C'est à cette époque qu'il fait la connaissance, à Vienne, de Joseph Haydn, avec qui il entretiendra tout au long de sa vie une correspondance et une amitié teintée d'admiration, réciproque.

Joseph Haydn Ă  LĂ©opold Mozart :

« Je vous le dis devant Dieu, en honnĂȘte homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom, il a du goĂ»t, et en outre la plus grande science de la composition. Â»

Wolfgang Amadeus Mozart Ă  propos de Joseph Haydn :

« Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon Ăąme. Â»

En 1776, Mozart qui a alors vingt ans, dĂ©cide de quitter Salzbourg. Mais le prince-archevĂȘque refuse de laisser partir son pĂšre, et lui impose de dĂ©missionner de son poste de maĂźtre de concert. AprĂšs une annĂ©e de prĂ©paratifs, il part avec sa mĂšre, tout d'abord Ă  Munich, oĂč il n'obtient pas de poste, puis Ă  Augsbourg, et enfin Ă  Mannheim, oĂč il se lie d'amitiĂ© avec de nombreux musiciens. Toutefois, ses dĂ©marches pour obtenir un poste restent, lĂ  aussi, infructueuses. C'est Ă  Mannheim Ă©galement qu'il tombe Ă©perdument amoureux de la cantatrice Aloysia Weber, ce qui suscite la colĂšre de son pĂšre, qui lui demande de ne pas oublier sa carriĂšre. Couvert de dettes, Mozart comprend qu'il doit reprendre ses recherches, et part pour Paris, au mois de mars 1778.

Il espĂšre trouver de l'aide auprĂšs de Melchior Grimm, qui s'Ă©tait occupĂ© de sa tournĂ©e lorsqu'il avait sept ans, mais sans succĂšs. Il ne trouve pas non plus de poste, et a mĂȘme du mal Ă  se faire payer ses Ɠuvres, dans une France qui est alors en crise. Lors de ce sĂ©jour, sa mĂšre tombe malade et meurt le 3 juillet. Mozart rentre alors Ă  Salzbourg, oĂč son pĂšre rĂ©ussit Ă  convaincre le prince-archevĂȘque de le reprendre Ă  son service. Sur le trajet de son retour, il passe par Munich, oĂč vit la famille Weber. Mais Mozart apprend que Aloysia aime un autre homme. AprĂšs tous ces malheureux Ă©vĂ©nements, il arrive, dĂ©primĂ©, Ă  Salzbourg le 29 janvier 1779, oĂč il retrouve son ancien poste.

Portrait appelĂ© le « Mozart de Bologne Â», peint en 1777 Ă  Salzbourg par un inconnu, pour le pĂšre Martini, qui l'avait commandĂ© pour sa galerie de portraits de compositeurs[3]. LĂ©opold Mozart Ă©crira Ă  propos du portrait, dans une lettre adressĂ©e au pĂšre Martini, datĂ©e du 22 dĂ©cembre 1777 : « C'est une Ɠuvre d'art de valeur mĂ©diocre, mais je peux vous assurer que du point de vue de la ressemblance, elle est parfaite. Â»[4]

En novembre 1780, il reçoit une commande pour l'opĂ©ra de Munich, et il part donc, comme son contrat l'y autorise. La crĂ©ation, le 29 janvier 1781, de Idomeneo, RĂš di Creta (IdomĂ©nĂ©e, roi de CrĂšte), est accueillie triomphalement par le public. De retour Ă  Salzbourg, Mozart doit suivre son employeur Ă  Vienne, oĂč le prince-archevĂȘque le traite publiquement de « voyou Â» et de « crĂ©tin Â» avant de le congĂ©dier. Mozart s'installe alors dans la capitale autrichienne, dans la pension de madame Weber, comme compositeur indĂ©pendant.

Mozart visita trois fois la ville de Mayence jusqu'en 1790[5].

Vienne (1782-1791)

L'indépendance

Mozart, dĂ©sormais dĂ©barrassĂ© de l'autoritĂ© de son pĂšre et de son employeur, peut enfin composer plus librement. En 1782, l'empereur Joseph II lui commande un opĂ©ra. Ce sera Die EntfĂŒhrung aus dem Serail (L'EnlĂšvement au sĂ©rail), en langue allemande, qui incitera Gluck, compositeur et directeur des concerts publics Ă  Vienne, Ă  fĂ©liciter Mozart.

Mozart a fait la connaissance de la troisiĂšme fille de madame Weber, Constanze, et dĂ©cide de l'Ă©pouser sans attendre le consentement Ă©crit de son pĂšre. Le mariage est cĂ©lĂ©brĂ© le 4 aoĂ»t 1782, dans la cathĂ©drale Saint-Étienne. Peu aprĂšs, le baron van Swieten lui fait dĂ©couvrir deux compositeurs qui sont alors tombĂ©s dans l'oubli : Bach et Haendel. Mozart, homme de thĂ©Ăątre, tout comme Haendel, admire les effets musicaux crĂ©Ă©s par ce dernier pour accentuer le caractĂšre dramatique de ses Ɠuvres. Il est en outre fascinĂ© par l'art du contrepoint de Bach, qui influence directement sa Grande messe en ut mineur KV 427, et nombre de ses Ɠuvres par la suite. La mĂȘme annĂ©e, il commence une sĂ©rie de six quatuors dĂ©diĂ©s Ă  son ami Joseph Haydn, qui se terminera en 1785.

Le 14 dĂ©cembre 1784, Mozart entre en franc-maçonnerie, et gravit rapidement les Ă©chelons pour devenir maĂźtre, le 13 janvier 1785[6]. Il Ă©crit par la suite plusieurs Ɠuvres pour ses frĂšres maçons, dont Die Maurerfreude (La joie des maçons, K 471) en fĂ©vrier 1785, la Maurerische Trauermusik (Musique funĂšbre maçonnique, K 477) en novembre 1785, et surtout, en 1791, La FlĂ»te enchantĂ©e (dit opĂ©ra maçonnique) KV 620, qui est une description de l'initiation Ă  la franc-maçonnerie.

En 1786, Mozart fait la connaissance du librettiste Lorenzo da Ponte, poĂšte officiel du thĂ©Ăątre de Vienne. Ce dernier convainc l'empereur d'autoriser la crĂ©ation d'un opĂ©ra basĂ© sur Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, alors qu'il avait fait auparavant interdire la piĂšce, jugĂ©e subversive. Mozart met en musique le livret de Lorenzo da Ponte, et la premiĂšre de Le nozze di Figaro (Les Noces de Figaro) a lieu le 1er mai 1786 Ă  Vienne. Son succĂšs n'empĂȘche pas son retrait rapide de l'affiche. Mozart part alors Ă  Prague, oĂč Le nozze connaĂźt un grand succĂšs. En hommage Ă  cette ville, il compose la Symphonie no 38 en rĂ© majeur.

Il reçoit alors du directeur du thĂ©Ăątre de Prague la commande d'un opĂ©ra pour la saison suivante. Mozart fait Ă  nouveau appel Ă  Lorenzo da Ponte pour crĂ©er le livret de Don Giovanni. Le 28 mai 1787, son pĂšre, LĂ©opold, meurt. Ce dĂ©cĂšs bouleverse Mozart, et va influencer la composition de son opĂ©ra alors en chantier. Don Giovanni est crĂ©Ă© au thĂ©Ăątre des États de Prague le 28 octobre 1787 avec un grand succĂšs, mais qui ne se confirmera cependant pas Ă  Vienne.

Les difficultés, la maladie et la fin prématurée

Mozart en 1789, portrait exécuté à la pointe d'argent par Doris Stock (76 x 62 mm). Cette représentation de Mozart est l'une des rares qui lui ressemble vraiment.

Durant les derniĂšres annĂ©es de sa vie, Mozart est souvent malade, et chroniquement endettĂ©, et ceci malgrĂ© de nombreux succĂšs trĂšs bien rĂ©tribuĂ©s, car il mĂšne grand train de vie. Il compose beaucoup : sonates, concertos, symphonies, opĂ©ras (dont CosĂŹ fan tutte, sa derniĂšre collaboration avec Lorenzo da Ponte). L'annĂ©e 1790, qui voit le dĂ©cĂšs de l'empereur Joseph II (son successeur LĂ©opold II n'est pas favorable aux francs-maçons) et le dĂ©part de Joseph Haydn pour Londres, est peu productive.

En 1791, Emanuel Schikaneder, un de ses amis francs-maçons, directeur d'un petit théùtre populaire de Vienne, lui commande un opéra. Il en fournit le livret, et Mozart écrit la musique de son avant-dernier opéra, Die Zauberflöte (La Flûte enchantée). Sa création le 30 septembre est un triomphe.

En juillet, un inconnu lui commande un Requiem (KV 626), qui doit rester anonyme. On sait aujourd'hui qu'il Ă©tait commanditĂ© par le comte Franz von Walsegg, et on suppose que celui-ci souhaitait soit faire deviner Ă  ses amis le nom de l'auteur, soit s'en attribuer la paternitĂ©. Mozart, affaibli par la maladie et les privations, doit, en outre, faire face Ă  une surcharge de travail, car il a reçu (dĂ©but aoĂ»t) la commande d'un opĂ©ra (La Clemenza di Tito, KV 621) pour le couronnement du roi de BohĂȘme LĂ©opold II, qu'il doit composer en trois semaines.

Il meurt le 5 dĂ©cembre 1791, cinq minutes avant une heure du matin[7], Ă  l'Ăąge de trente-cinq ans, sans avoir pu achever ce Requiem (qui sera terminĂ© Ă  la demande de Constanze par un de ses Ă©lĂšves, Franz Xavier SĂŒssmayer). Selon une lĂ©gende, il aurait Ă©tĂ© empoisonnĂ© Ă  l'arsenic par les francs-maçons[8]. D'autres ont Ă©mis l'hypothĂšse d'une maladie rĂ©nale infectieuse (glomĂ©rulonĂ©phrite)[9]. En fait, les raisons de sa mort restent inconnues : elles ont fait l'objet de nombreuses publications et prĂšs de 140 causes possibles ont ainsi Ă©tĂ© citĂ©es[10].

La légende, reprise dans le film Amadeus, de Milos Forman, qui veut que Mozart ait composé ce Requiem en prémonition de sa mort prochaine relÚve plus de l'imagerie romantique que de la réalité. Mozart est enterré au cimetiÚre Saint Marx dans la banlieue de Vienne, dans une fosse communautaire.

Cela correspond à un enterrement de troisiÚme classe, dont les frais sont partagés par la famille Mozart et les amis. Le cimetiÚre est éloigné de la ville, selon les décrets de l'empereur Joseph II relatifs aux conditions sanitaires. Un service commémoratif a lieu à Prague le 14 décembre, devant des milliers de personnes. Emanuel Schikaneder en organise un à Vienne, au cours duquel le début du Requiem (Introitus et Kyrie) pourrait avoir été joué.

Famille

Constanze Mozart

Mozart Ă©pousa Constanze Weber (1763-1842) le 4 aoĂ»t 1782. Ils eurent six enfants en prĂšs de neuf ans :

Seuls deux des enfants, Karl Thomas et Franz Xaver Wolfgang, survécurent passée la petite enfance. En raison de ses fréquentes grossesses, Constanze est réputée pour avoir été faible et souvent confinée dans son lit.

Son Ɠuvre

Le style

Style galant et style savant

Mozart est, avec Haydn et Beethoven, l’un des principaux reprĂ©sentants du style classique « viennois Â». Cela ne suffit certes pas Ă  le dĂ©finir. Dans une Ă©poque dominĂ©e par le style galant, Mozart rĂ©alise la synthĂšse avec des complexitĂ©s contrapuntiques propres au baroque tardif, et avec des formes novatrices influencĂ©es notamment par les fils Bach ou par Haydn. Si Mozart est le meilleur reprĂ©sentant du style classique, son style va toutefois bien au-delĂ  : il est l’un des plus personnels et des plus immĂ©diatement reconnaissables Ă  l’oreille.

NĂ© dans une famille de musiciens, tĂŽt habituĂ© Ă  voyager et Ă  rencontrer des instrumentistes et compositeurs d’horizons et nationalitĂ©s diffĂ©rents, Mozart devient dĂšs l’enfance un imitateur de gĂ©nie et s’approprie tout ce qu’il entend. Il suit cette mĂ©thode tout au long de sa vie, notamment quand il s’agit de se familiariser avec le contrepoint, ce « style savant Â» (ou « sĂ©vĂšre Â») si difficile Ă  assimiler Ă  l’époque oĂč on lui oppose le style galant dans lequel Mozart baigne depuis l’enfance. Mozart commence par transcrire plusieurs fugues de Bach pour trio Ă  cordes, sur une commande de Van Swieten (KV 404a), puis se consacre rĂ©ellement Ă  composer des fugues, non sans difficultĂ©s : celle entamĂ©e pour le final de la sonate pour violon KV 402 reste inachevĂ©e ; tandis que celles du prĂ©lude et fugue KV 394 composĂ© en 1782 ou de la suite dans le style de Haendel KV 399 sont d’une extrĂȘme complexitĂ©, qui traduit les difficultĂ©s rencontrĂ©es par Mozart dans l’étude du contrepoint. Pourtant, celui-ci nourrit la messe en ut mineur KV 427 entamĂ©e Ă  la mĂȘme Ă©poque. Dans les mois suivants, on retrouve des fugues pour vents (sĂ©rĂ©nade KV 388), pour piano (Fugue en do mineur pour 2 pianos KV 426, par la suite transcrite pour orchestre dans l’adagio et fugue KV 546), et plus tard pour orgue (KV 594 et KV 608). Puis, dans les annĂ©es suivantes, Mozart abandonne la simple imitation, mais des Ɠuvres bĂ©nĂ©ficient de ce travail : le final du quatuor en sol majeur (KV 387) ou le final de la Symphonie « Jupiter » (KV 551), deux mouvements oĂč la superposition des lignes atteint une maĂźtrise inĂ©galĂ©e.

Un génie audacieux et diversifié

Le livret des Noces de Figaro pour la création à Prague, en 1786

Il est impossible de dĂ©finir Mozart par un genre prĂ©cis. OpĂ©ra, symphonie, concerto, musique de chambre, musique sacrĂ©e
 Mozart est un touche-Ă -tout qui s’approprie chaque genre, chaque forme, chaque instrument pour mieux le rĂ©inventer. Si les traits principaux du style classique sont bien prĂ©sents dans ses Ɠuvres (clartĂ© de la structure et de ses articulations, Ă©quilibre de la formation, harmonie simple), si son don innĂ© pour la mĂ©lodie est une Ă©vidence, Mozart en joue pour mieux faire ressortir tel motif, telle dissonance, surprendre par des audaces peu prisĂ©es de ses contemporains : quelques Ɠuvres, Ă  l’époque confidentielles, en portent la marque (comme la fantaisie en ut mineur KV 475 ou le quatuor « Dissonance Â» KV 465, dont l’introduction justifie le nom).

Mozart n’était pas pour autant un rĂ©volutionnaire. Il est l’auteur d’une abondante production de divertimentos, menuets et airs trĂšs conformes aux conventions de l’époque, sans jamais se laisser enfermer dans un registre. Lorsqu’il compose ses opĂ©ras, c’est chaque fois avec une alternance entre opera buffa (les Noces de Figaro, CosĂŹ fan tutte
) et opera seria (Idomeneo, Don Giovanni
). Et son avant-dernier opĂ©ra rompt avec chacun de ces deux styles puisqu’il s’agit d’un Singspiel, une opĂ©rette allemande chargĂ©e de symbolisme et, Ă  vrai dire, inclassable : la FlĂ»te enchantĂ©e.

CultivĂ©, curieux, sans cesse Ă  l’écoute des inventions musicales ou artistiques de son Ă©poque, Mozart a su jusqu’au bout faire Ă©voluer son style au grĂ© des dĂ©couvertes. On sent facilement l’influence dĂ©butante du Sturm und Drang allemand dans les derniĂšres annĂ©es mozartiennes (et pas seulement dans Don Giovanni ou dans le Requiem). Le propre du gĂ©nie mozartien est lĂ  : avoir su s’inspirer de ses contemporains sans jamais suivre d’autre modĂšle que le sien propre.

La force et la grĂące, la puissance et l’émotion, le pathĂ©tique, l’humour, l’élĂ©gance la plus exquise sont rĂ©unis dans son Ɠuvre pour faire de Mozart le compositeur le plus accompli de sa gĂ©nĂ©ration.

L’influence

Mozart a de toute Ă©vidence eu une grande importance sur l’histoire de la musique, et ce, dĂšs ses contemporains. MĂȘme son aĂźnĂ©, Haydn, ami et admirateur de Mozart, en subit l’influence dans ses derniĂšres symphonies et messes, et dans ses deux oratorios.

Les successeurs de Mozart n’y Ă©chappent pas. Beethoven, fortement impressionnĂ© par Mozart, qu’il a probablement croisĂ© dans sa jeunesse. Schubert, qui grandit Ă  Vienne Ă  l’époque mĂȘme oĂč le gĂ©nie de Mozart est enfin unanimement reconnu, quelques annĂ©es aprĂšs sa mort. D’autres compositeurs, moins Ă  l’avant-garde du romantisme, restent plus proches de l’esprit mozartien classique, notamment son Ă©lĂšve Johann Nepomuk Hummel ou Ludwig Spohr. Les opĂ©ras de Gioachino Rossini doivent beaucoup Ă  Mozart, et ce n’est pas un hasard si ce dernier choisit de mettre en musique Le Barbier de SĂ©ville de Beaumarchais, premier volet des frasques de Figaro. Enfin, Mendelssohn, Chopin, Brahms, et mĂȘme Busoni assument l’hĂ©ritage de Mozart dans une grande partie de leurs Ɠuvres, souvent Ă  la mĂȘme hauteur que celui de Bach.

Aujourd’hui, il est incontestablement le plus populaire des classiques, et probablement le plus jouĂ©.

Catalogue Köchel (KV)

Article dĂ©taillĂ© : Catalogue Köchel.

Quelques dĂ©cennies aprĂšs la mort de Mozart, plusieurs tentatives ont Ă©tĂ© faites afin d’inventorier ses compositions. Toutefois, c’est seulement en 1862 que Ludwig von Köchel complĂ©tera un catalogue chronologique de 626 Ɠuvres, qui fait aujourd’hui encore figure de rĂ©fĂ©rence. Sa sixiĂšme Ă©dition recense dĂ©sormais 893 Ɠuvres.

ƒuvres majeures

ƒuvres sacrĂ©es

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Vesperae de dominica, Confitebor (info)

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  • Veni sancte spiritus, K. 47
  • Exsultate, jubilate, K. 165 (1773, Milan)
  • Vesperae de dominica, K. 321
  • Krönungsmesse en ut majeur (Messe du Couronnement K. 317 ), (1779)
  • Vesperae solennes de confessore, K. 339
  • Messe en ut mineur, K. 427 (1782-83)
  • Ave verum corpus, K. 618
  • Requiem en rĂ© mineur, K. 626 (1791, Vienne)

Opéras

Fichier audio
Don Giovanni, Ouverture (info)

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Symphonies

Fichier audio
Symphonie n° 40, Molto Allegro (info)

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Concertos

Fichier audio
Concerto pour piano n° 25, Andante (info)

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Fichier audio
Concerto pour clarinette, adagio (info)

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Regardez d'autres dictionnaires:

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  • Wolfgang Amadeus Mozart —     Johann Chrysostomus Wolfgang Amadeus Mozart     † Catholic Encyclopedia â–ș Johann Chrysostomus Wolfgang Amadeus Mozart     One of the greatest musical geniuses in history, born at Salzburg, Austria, 27 January, 1756; died at Vienna, 5 December 
   Catholic encyclopedia

  • Wolfgang Amadeus Mozart — (Salzburgo, Austria, 1756 Viena, id. 1791). Compositor austriaco 
   Enciclopedia Universal

  • Wolfgang Amadeus Mozart — Das wohl berĂŒhmteste Mozart PortrĂ€t, grundlegend nach dem FamiliengemĂ€lde von 1780/1 postum gemalt von Barbara Krafft im Jahr 1819 Wolfgang Amadeus Mozart, vollstĂ€ndiger Taufname: Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart (* 27. Januar… 
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   ВоĐșĐžĐżĐ”ĐŽĐžŃ

  • Wolfgang Amadeus Mozart — noun prolific Austrian composer and child prodigy; master of the classical style in all its forms of his time (1756 1791) ‱ Syn: ↑Mozart ‱ Derivationally related forms: ↑Mozartian (for: ↑Mozart), ↑Mozartean (for: ↑ 
   Useful english dictionary

  • Wolfgang Amadeus Mozart — n. (1756 1791) Austrian composer, child prodigy 
   English contemporary dictionary

  • Wolfgang Amadeus Mozart (Klaviermusik) — Wolfgang Amadeus Mozart war ein exzellenter Pianist. FĂŒr das Klavier schrieb er neben seinen Klavierkonzerten einem Höhepunkt der Gattung zahlreiche Klaviersonaten, Variationen und kleinere KlavierstĂŒcke. Hier eine Auswahl: Inhaltsverzeichnis 1… 
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  • Wolfgang Amadeus Mozart in fiction — The celebrated composer Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791) led a life that was dramatic in many respects, including his extraordinary career as a child prodigy, his struggles to achieve personal independence and establish a career, his brushes… 
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