William Henry Harrison


William Henry Harrison
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William Henry Harrison
William Henry Harrison daguerreotype edit.jpg
Mandats
9e président des États-Unis
4 mars 18414 avril 1841
&&&&&&&&&&&&&0311 mois et 0 jour
Élection 30 octobre - 2 décembre 1840
Vice-président John Tyler
Prédécesseur Martin Van Buren
Successeur John Tyler
Biographie
Date de naissance 9 février 1773
Lieu de naissance Drapeau du Royaume-Uni Berkeley, Virginie
Date de décès 4 avril 1841 (à 68 ans)
Lieu de décès États-Unis Washington DC
Nationalité américaine
Parti politique Parti whig
Conjoint Anna Symmes Harrison
Diplômé de Université de Pennsylvanie
Profession Militaire
Religion Église épiscopale
Signature William Henry Harrison Signature.png

Seal Of The President Of The United States Of America.svg
Présidents des États-Unis

William Henry Harrison, (9 février 1773 – 4 avril 1841) fut le 9e président des États-Unis élu pour un mandat en 1841 mais il mourut un mois après sa prise de fonction des suites d'une pneumonie contractée lors de son discours d'investiture[1]. Il est ainsi le premier président à mourir en cours de mandat (le plus court de l'histoire), le plus vieux à avoir été élu (68 ans) jusqu'à Ronald Reagan (69 ans) et le dernier à être né avant la Déclaration d'Indépendance. Sa mort déclencha une brève crise constitutionnelle qui permit cependant de résoudre certaines questions liées à la succession présidentielle restées sans réponses jusqu'à l'introduction du 25e Amendement.

Originaire de Virginie, il fut le premier délégué du territoire du nord-ouest (États-Unis) puis gouverneur du Territoire de l'Indiana et par la suite représentant et sénateur de l'Ohio. Il devint célèbre pour avoir mené les forces américaines contre les amérindiens lors de la Bataille de Tippecanoe en 1811, où il gagna le surnom de "Tippecanoe" (ou "Old Tippecanoe"). En tant que général lors de la Guerre de 1812, sa contribution la plus notable fut une victoire à la Bataille de la rivière Thames en 1813 qui mit fin aux hostilités dans la région.

Après la guerre, Harrison déménagea en Ohio où il fut élu au Congrès et en 1824. Il ne termina pas son mandat car il fut nommé ministre plénipotentiaire en Grande Colombie en mai 1828. En Colombie, il échangea avec Simón Bolívar sur des questions de démocratie avant de retourner dans sa ferme en Ohio où il vécut relativement isolé jusqu'à sa nomination pour la présidentielle de 1836. Il fut battu et il retourna dans sa ferme avant d'être élu président en 1840.

À sa mort, son vice-président, John Tyler, lui succède.

Sommaire

Jeunesse

Enfance et éducation

William Henry Harrison est né le 9 février 1773. Il est le plus jeune de sept enfants de Benjamin Harrison V et d'Elizabeth Bassett's. Les Harrison étaient une influente famille qui habitait à Plantation Berkeley dans le comté de Charles City en Virginia[2]. Son père était un planteur et un délégué au Congrès Continental (1774-1777) qui signa la Déclaration d'indépendance. Il fut gouverneur de Virginie de 1781 à 1784[3]. Le frère ainé de William, Carter Bassett Harrison devint représentant de Virginie à la Chambre des représentants des États-Unis[2].

En 1787, alors âgé de 14 ans, Harrison entra au Hampden-Sydney College presbytérien[4]. Il y resta jusqu'en 1790 avant d'y être retiré par son père épiscopalien, possiblement du fait d'un renouveau religieux ayant lieu à l'école. Il alla brièvement à une école dans le comté de Southampton. Il se serait alors impliqué avec les Quakers et les méthodistes abolitionnistes de l'école.

Son père, favorable à l'esclavage, l'envoya alors à Philadelphie chez Robert Morris, probablement du fait des études de médecine dispensées dans la ville. Harrison entra à l'université de Pennsylvanie en 1790 où il étudia la médecine avec le Dr. Benjamin Rush même si, comme il l'expliqua à son biographe, cela ne l'intéressait pas vraiment[5]. Son père mourut en 1791, ce qui laissa Harrison sans argent pour financer ses études. Âgé de 18 ans, il fut laissé sous la garde de Morris[6].

Engagement dans l'armée

Le gouverneur Henry Lee de Virginie, un ami du père de Harrison fut informée de la situation de pauvreté dans lequel Harrison était depuis la mort de son père et le persuada de rentrer dans l'armée. Harrison fut enrôlé en tant qu'aspirant dans le 11e Régiment d'Infanterie de l'armée américaine. Il fut envoyé à Cincinnati dans le territoire du nord-ouest où l'armée était engagée dans la Guerre indienne du Nord-ouest[5],[7].

Le général "Mad Anthony" Wayne prit le commandement de l'armée en 1792 en remplacement d'Arthur St. Clair après la catastrophique Bataille de la Wabash. Harrison fut promu lieutenant durant l'été grâce à son respect strict de la hiérarchie et l'année suivante, il servit comme aide de camp. C'est sous l'influence de Wayne que Harrison apprit à commander une armée sur la frontière américaine. Harrison participa à la victoire décisive de Wayne lors de la Bataille de Fallen Timbers en 1794 qui mit fin à la Guerre indienne du Nord-ouest[8]. Après la guerre, le lieutenant Harrison fut l'un des signataires du Traité de Greenville de 1795 qui ouvrait l'Ohio à la colonisation[2][6],[9],[10].

À la mort de sa mère en 1793, Harrison hérita d'une portion de la propriété familiale incluant environ 12 km² de terres et de nombreux esclaves. Comme il était toujours dans l'armée à ce moment, Harrison vendit ses terres à son frère[11]

Mariage et famille

En 1795, Harrison rencontra Anna Symmes originaire de North Bend dans l'Ohio. Elle était la fille du juge John Cleves Symmes, une figure importante dans l'état et ancien représentant au Congrès de la Confédération[2]. Harrison demanda la main de sa fille au juge qui lui refusa. Harrison attendit que Symmes soit en déplacement et Anna et lui s'enfuirent et se marièrent le 25 novembre 1795[12]. Par la suite, Symmes vendit au jeune couple 65ha de terres à North Bend[13].

Ils eurent dix enfants dont neuf arrivèrent à l'age adulte. Anna était fréquemment malade du fait de ses nombreuses grossesses mais elle survécut 23 ans à son mari et mourut le 25 février 1864 à l'age de 88 ans[14].

Carrière politique

Harrison quitta l'armée en 1797 et commença à faire campagne pour un poste au sein du gouvernement du territoire du nord-ouest. Avec l'aide de son ami, le Secrétaire d'État Timothy Pickering, il fut recommandé pour remplacer le Secrétaire sortant du territoire du nord-ouest. Il fut nommé à ce poste, au cours duquel il agit en tant que gouverneur durant les fréquentes absences du gouverneur Arthur St. Clair[2][6],[15],[16].

Membre du Congrès

Harrison avait de nombreux amis dans les cercles supérieurs de la société[15]. Le Congrès avait voté une législation qui augmentait le prix des terrains, une décision critiquée par de nombreux habitants du territoire du nord-ouest. Lorsque Harrison fit campagne pour le Congrès, il annonça qu'il allait modifier la situation pour encourager la migration dans le territoire[17]. En 1799, Harrison, âgé de 26 ans, battit le fils d'Arthur St. Clair et devint le premier délégué du Territoire au Congrès. Il servit du 4 mars 1799 au 14 mai 1800[2][18]. En tant que délégué d'un territoire et non d'un état, il n'avait pas le droit de vote sur les lois mais pouvait participer aux comités, soumettre des textes de loi et débattre[19].

Harrison fit passer le Harrison Land Act qui facilitait l'implantation des colons dans le territoire du nord-ouest en leur permettant d'acheter des terres en lots de petites superficies. La disponibilité de terres peu chères fut un facteur important dans la croissance démographique du territoire[20]. Il participa également à un comité chargé de définir les divisons administratives du territoire. Ce dernier recommanda de scinder le Territoire en deux parties, créant ainsi les territoires de l'Ohio et de l'Indiana. La loi fut acceptée et les deux états furent officialisés en 1800[21].

Sans l'informer, le président John Adams nomma Harrison, gouverneur du nouveau territoire du fait de ses liens avec "l'ouest" et de ses positions politiquement neutres. La décision fut confirmée par le Sénat le lendemain[22]. Harrison n'accepta l'offre qu'après avoir reçu l'assurance du parti démocrate-républicain qu'il ne serait pas remplacé à son poste après avoir gagné les élections à venir[23]. Il démissionna alors du Congrès[24]. Le territoire de l'Indiana regroupait les futurs états de l'Indiana, de l'Illinois, du Michigan, du Wisconsin et de l'est du Minnesota[25].

Gouverneur

Harrison déménagea à Vincennes, la capitale du nouveau territoire de l'Indiana créé le 10 janvier 1801[24]. Alors qu'il était à Vincennes, Harrison fit construire une plantation qu'il nomma Grouseland du fait des nombreux oiseaux qui s'y trouvaient[26]. Il s'agissait de l'une des premières structures en briques du territoire. Il en construisit une autre près de Corydon, la seconde capitale, à Harrison Spring[27].

En tant que gouverneur, Harrison avait de larges pouvoirs pour le nouveau territoire dont l'autorité pour nommer tous les officiers territoriaux et organiser la division du territoire en districts politiques. L'une de ses responsabilités fut d'obtenir des titres pour les terres amérindiennes ce qui permettrait d'attirer plus de colons et d'augmenter la population afin d'obtenir le statut d'état[2]. Harrison était impatient d'étendre le territoire pour des raisons personnelles car son avenir politique dépendait de l'accession de l'Indiana au statut d'état. En 1803, le président Thomas Jefferson accorda à Harrison l'autorité pour négocier et conclure des traités avec les amérindiens.

Harrison supervisa le développement de 13 traités qui permirent d'acquérir près de 240 000km² de terres principalement dans le sud de l'actuel Indiana. Le traité de St. Louis de 1804 avec le chef Quashquame avait entrainé la cession par les sauks et les mesquakies d'une grande partie de l'ouest de l'Illinois et de portions du Missouri. Ce traité et les pertes de territoires furent rejetées par de nombreux sauks dont Black Hawk et fut l'une des raisons pour lesquelles ils s'allièrent avec les britanniques lors de la Guerre de 1812. Harrison pensait que le traité de Grouseland de 1805 permettrait d'apaiser les tensions mais celles-ci restèrent élevées sur la frontière.

En 1809, le traité de Fort Wayne aggrava les tensions. Harrison acheta 10 000km² de terres aux miamis qui revendiquaient ces terres habitées par les tribus Shawnee, Kickapou, Piankashaw et Wea. Harrison accéléra le processus en offrant de larges subventions aux tribus et à leurs leaders pour pouvoir faire passer le traité avant que Jefferson ne quitte ses fonctions[27],[28]. Les tribus habitant sur ces terres étaient furieuses et cherchèrent à faire annuler le traiter mais échouèrent.

En 1803, Harrison fit pression sur le Congrès pour abroger l'article 6 de l'Ordonnance du Nord-Ouest afin de permettre l'esclavage dans le territoire de l'Indiana. Il avançait que cela était nécessaire pour rendre la région plus attirante pour les colons et la rendre économiquement viable[29]. Le Congrès suspendit l'article pour une durée de 10 ans durant lesquels les territoires couverts par l'ordonnance avaient le choix de décider s'ils autorisaient l'esclavage. Cette année là, Harrison obtint la légalisation des indentures[30]. Il tenta de faire légaliser l'esclavage de manière incontestée en 1805 et en 1807 ce qui causa des remous dans le territoire. Lorsqu'en 1809 la législature fut élue par le peuple pour la première fois, le parti abolitionniste au pouvoir abrogea toutes les décisions favorables à l'esclavage que Harrison avait fait passer depuis 1803[31],[32].

Le président Thomas Jefferson, le principal rédacteur de l'ordonnance avait passé un accord secret avec James Lemen pour battre le mouvement esclavagiste mené par Harrison. Bien qu'étant lui-même propriétaire d'esclaves, il ne voulait pas que l'esclavage s'étende dans le territoire du nord-ouest car il considérait qu'il allait bientôt être interdit. Selon les termes de l'accord, Jefferson finançait Lemen pour qu'il fasse construire des églises opposées à l'esclavage dans l'Indiana. Ainsi les citoyens signèrent des pétitions et s'organisèrent politiquement pour faire échouer les efforts de Harrison[33].

Carrière militaire

Tecumseh et Tippecanoe

Un mouvement de résistance amérindien contre l'expansion américaine se développa à l'initiative des frères Tecumseh et Tenskwatawa (le Prophète) de la tribu Shawnee. Tenskwatawa convainquit les tribus qu'elles seraient protégées par le Grand Esprit et organisa un soulevement[34].

En août 1810, Tecumseh mena 400 guerriers armés le long de la rivière Wabash pour rencontrer Harrison à Vincennes. Comme les guerriers étaient couverts de peintures de guerre, leur apparition effraya les soldats de Vincennes. Les leaders du groupe furent escortés à Grouseland où ils rencontrèrent Harrison. Tecumseh insista sur le fait que le traité de Fort Wayne était illégitime car une tribu ne pouvait vendre des terres sans l'approbation des autres ; Il demanda à Harrison d'annuler le traité et avertit que les américains ne devraient pas tenter de s'établir sur les terres cédées par le traité. Tecumseh informa Harrison qu'il avait menacé de tuer les chefs qui avaient signés le traité s'ils appliquaient ses termes et que sa confédération de tribus se renforçait rapidement[35]. Harrison rétorqua que les miamis étaient les propriétaires de ces terres et qu'ils pouvaient les vendre s'ils le souhaitaient. Il rejeta l'affirmation de Tecumseh selon laquelle les amérindiens formaient une seule nation. Harrison déclara que chaque tribu pouvait avoir des relations séparées avec les États-Unis si elles le désiraient et que le Grand Esprit aurait donné à toute les tribus le même langage si elles faisaient partie d'une même nation[36].

Tecumseh se lança dans un discours enflammé mais Harrison ne pouvait comprendre ce qu'il disait[36]. Un shawnee favorable à Harrison dégaina son pistolet pour alerter Harrison que les paroles de Tecumseh étaient belliqueuses. Certains témoins rapportèrent que Tecumseh encourageait les guerriers à tuer Harrison. De nombreux guerriers commencèrent à brandir leurs armes et Harrison sortit son sabre. Comme la population totale de la ville n'était que de 1 000 personnes, les guerriers de Tecumseh auraient pu écraser la ville. Une fois que les quelques officiers présents aient commencés à sortir leurs fusils pour défendre Harrison, les guerriers reculèrent[36]. Le chef Winnemac, favorable à Harrison, contra l'argument de Tecumseh en déclarant aux guerriers que comme ils étaient venus en paix, ils devaient repartir de même. Avant de partir, Tecumseh informa Harrison qu'à moins d'une annulation du traité, il chercherait une alliance avec les britanniques[37]. Après la rencontre, Tecumseh parcourut la région dans l'espoir de former une alliance anti-américaine[38].

Portait de Tecumesh réalisé en 1848

En 1811, alors que Tecumseh était en déplacement, Harrison reçut l'autorisation du Secrétaire à la Guerre William Eustis d'avancer en territoire amérindien pour une démonstration de force. Harrison prit la tête d'un millier d'hommes et marcha vers le nord pour intimider les shawnees et les pousser à négocier. Au lieu de cela, les tribus lancèrent une attaque surprise sur l'armée de Harrison le matin du 6 novembre lors de la bataille de Tippecanoe. Harrison défit les forces tribales à Prophetstown près des rivières Wabash et Tippecanoe. Harrison fut fété comme un héros national[39].

Dans son rapport au secrétaire Eustis, Harrison l'informa de la bataille et qu'il craignait une contre-attaque imminente. La première dépêche ne précisait pas clairement le vainqueur de la bataille et Eustis l'interpréta comme une défaite. Le message suivant l'informait de la victoire américaine. Comme aucune contre-attaque ne fut organisée, la défaire des Shawnee était plus que certaine. Eustis demanda à savoir pourquoi Harrison n'avait pas prit la précaution de fortifier son camp contre une attaque. Harrison répondit qu'il considérait la position comme suffisamment solide. La dispute fut le catalyseur d'une série de discordes entre Harrison et le département de la Guerre qui continua à jusqu'à la Guerre de 1812[40].

La presse ne rapporta pas initialement la bataille et un journal de l'Ohio interpréta la dépêche de Harrison à Eustin comme le signe d'une défaite[41]. En décembre, comme la plupart des grands journaux relatèrent la bataille, l'opinion publique outragée par l'attaque Shawnee demanda des réponses. À un moment de fortes tensions avec la Grande-Bretagne, de nombreux américains accusaient le Royaume-Uni d'inciter les amérindiens à la révolte et de les fournir en armes. En réaction, le Congrès vota des résolutions condamnant les britanniques pour leur intrusion dans les affaires domestiques américains. Quelques mois plus tard, les États-Unis déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne[42].

Guerre de 1812

Ce portrait de Harrison le représentait initialement en habits civils en tant que délégué du Territoire du Nord-Ouest en 1800 mais l'uniforme fut ajouté après ses victoires lors de la Guerre de 1812.

Le déclenchement de la guerre avec le Royaume-Uni en 1812 mena à de nouveaux affrontements avec les amérindiens dans le nord-ouest et Harrison fut gardé au commandement de l'armée dans l'Indiana. Après la chute de Detroit, le général James Winchester devint le commandant de l'Armée du Nord-Ouest. Il donna à Harrison le grade de brigadier-général, qu'il refusa car il voulait le commandement complet de l'armée. Le président James Madison remplaça Winchester par Harrison le 17 septembre 1812. Harrison héritait d'une armée de conscrits qu'il entreprit d'entrainer. Il était initialement dépassé en nombre par les britanniques et leurs alliés amérindiens. Lors de l'hiver 1812-1813, Harrison construisit une position défensive près des rapides de la Maumee dans le nord-ouest de l'Ohio. Il la nomma Fort Meigs en honneur du gouverneur de l'Ohio, Return Jonathan Meigs Jr.

Après l'arrivée de renforts en 1813, Harrison reprit l'offensive. Il mena l'armée au nord pour affronter les shawnees et les britanniques. Il remporta plusieurs victoires dans l'Indiana et l'Ohio avant de reprendre Detroit et d'envahir le Canada. Il battit les britanniques à la Bataille de la rivière Thames où Tecumseh fut également tué[43].

Le secrétaire à la guerre, John Armstrong, réorganisa l'armée et assigna à Harrison un poste "dans un trou" tout en donnant le contrôle des troupes du front à l'un des subordonnés de Harrison. Armstrong et Harrison étaient en désaccord sur l'intérêt d'une invasion du Canada. Lorsque Harrison fut réassigné, il donna rapidement sa démission de l'armée. Celle-ci fut acceptée à l'été 1814[44].

Après la guerre, le Congrès enquêta sur la démission de Harrison. Il jugea qu'il avait été abusé par le secrétaire à la guerre durant sa campagne et que sa démission était justifiée. Il accordèrent à Harrison une médaille en or pour ses actions lors de la guerre. La Bataille de la rivière Thames est considérée comme la plus grande victoire américaine de la guerre après celle de la Nouvelle-Orléans[43],[44].

Après-guerre

Fonctions publiques

Après la guerre, Harrison fut nommé par le président James Madison pour servir au sein d'une commission chargée de négocier deux traités avec les tribus indiennes du nord-ouest. Les deux traités étaient à l'avantage des États-Unis car les tribus cédaient une large bande de terre à l'ouest et fournissait plus de territoires pour les colons américains[18].

Harrison fut élu à la Chambre des représentants pour achever le terme de John McLean de l'Ohio du 8 octobre 1816 au 4 mars 1819. Ensuite, il fut élu au Sénat de l'Ohio pour un mandat de 1819 à 1821 et perdit l'élection au poste de gouverneur de l'Ohio en 1820. En 1822, il fit campagne pour la Chambre des représentants mais fut battu de 500 voix par James W. Gazlay. En 1824, il fut réélu au Sénat où il siégea jusqu'au 20 mai 1828. Ses collègues occidentaux l'appelait par le surnom de "Buckeye", un terme amical issu de l'Ohio Buckeye, arbre symbole de l'Ohio[18].

Nommé ministre plénipotentiaire en Grande Colombie, Harrison démissionna du Congrès et tint ce rôle jusqu'au 8 mai 1829[18]. Il arriva à Bogotá le 22 décembre 1828. Il fut déçu par la situation du pays et rapporta au Secrétaire d'État que la Colombie était au bord de l'anarchie et que Simón Bolívar était sur le point de mettre en place une dictature militaire. Alors qu'il se trouvait en Colombie, Harrison écrivit à Bolívar que le "plus fort des gouvernements est celui qui est le plus libre" et lui demanda d'encourager le développement de la démocratie. En réponse, Bolívar répondit que les "États-Unis ... semblent désignés par la Providence pour affliger l'Amérique de tous les tourments au nom de la liberté", un sentiment qui était partagé en Amérique latine[45]. Lorsque le nouveau président Andrew Jackson entra en fonction en mars 1829, Harrison fut remplacé et il rentra aux États-Unis en juin[46].

Citoyen privé

Harrison en 1835

Après être rentré aux États-Unis en 1829, il retourna dans sa ferme de North Bend dans l'Ohio. Il y vécut relativement isolé après presque 40 ans au service de son pays. N'ayant pas accumulé une richesse considérable durant sa vie, il vécut sur ses économie, une petite pension et les revenus de sa ferme. Harrison cultivait du mais et créa une distillerie pour produire du whisky. Après une brève période dans le commerce des spiritueux, il fut consterné par l'effet de l'alcool sur ses consommateurs et ferma sa distillerie. Dans un discours adressé au comité d'agriculture du comté de Hamilton en 1831, Harrison déclara qu'il avait pêché en faisant du whisky et espérait que les autres apprendraient de ses erreurs et arrêteraient la production de spiritueux[47].

Harrison gagna également un peu d'argent grâce à sa participation à une biographie écrite par James Hall et intitulée A Memoir of the Public Services of William Henry Harrison publiée en 1836. La même année, il tenta sans succès d'être nominé pour la présidence par le parti whig[47]. Entre 1836 et 1840, Harrison fut greffier du comté de Hamilton. Cela était son métier lorsqu'il fut élu président en 1840[48]. Lorsque Harrison fit campagne pour la présidence en 1840, plus de 12 livres étaient parus sur sa vie et dans une majorité il était considéré comme un héros national[49].

Élection présidentielle de 1836

Harrison était le candidat du nord pour le parti whig, la seule fois dans l'histoire américaine où un parti politique majeur présenta intentionnellement plus d'un candidat à une présidentielle. Le vice-président Martin Van Buren, le candidat démocrate, était populaire et certain de gagner face à un unique candidat whig. La stratégie whig était de faire élire localement des whigs populaire pour empêcher Van Buren d'atteindre la majorité de 148 voix au sein du collège électoral et forcer la Chambre des représentants à décider de l'issue de l'élection. Ils espéraient que les whigs contrôleraient la Chambre après les élections générales car dans le cas contraire la Chambre démocrate aurait choisi Van Buren[50],[51].

Harrison fit campagne dans tous les états abolitionnistes sauf le Massachusetts et dans les états esclavagistes du Delaware, du Maryland et du Kentucky. Hugh L. White fit campagne dans les autres états esclavagistes à l'exception de la Caroline du Sud. Daniel Webster se présenta dans le Massachusetts et Willie P. Mangum en Caroline du Sud[52]. Le plan échoua de justesse car Van Burent parvint à obtenir 170 grands électeurs. L'avance de Van Buren n'était que de 4 000 voix en Pennsylvanie et lui permit de ravir les 30 grands électeurs à Harrison[50],[51],[53].

Élection présidentielle de 1840

Harrison fut de nouveau le candidat whig et affronta le président sortant Van Buren lors de l'élection de 1840. Le parti whig était à présent uni derrière un unique candidat et Harrison fit campagne sur sa brillante carrière militaire, sur sa réputation de héros de la bataille de Tippecanoe et sur la faiblesse de l'économie américaine causée par la Panique de 1837. Afin d'accuser Van Buren de la dépression économique, les whigs le surnommèrent "Van Ruin[54]". Le Parti Whig avait tiré la leçon des échecs aux élections précédentes et compris que la personnalité du candidat était, aux yeux du public, plus importante que son programme. Harrison est élu en étant le premier candidat à faire une campagne électorale utilisant les artifices actuels (slogans, publicité, meetings, distribution de gadgets).

Les démocrates attaquèrent Harrison en le surnommant "Papy Harrison, le général en jupons[55]" car il avait démissionné de l'armée avant la fin de la Guerre de 1812. Les démocrates qualifièrent Harrison de provincial, de vieillard déconnecté qui ferait mieux de "s'asseoir dans sa cabane en rondins et de boire du cidre brut" au lieu de se présenter à la présidence. Ce stratagème échoua lorsque Harrison et son colistier John Tyler choisirent la cabane en rondins et le cidre brut comme symboles de campagne pour défendre l'image de l'"homme du peuple[56]". Bien qu'Harrison soit issu d'une riche famille esclavagiste de Virginie, il était présenté comme un humble habitant de la frontière du style du populaire Andrew Jackson tandis que Van Burent était dépeint comme un riche membre de l'élite alors qu'il avait des origines très modestes[57].

Le jour de l'élection, Harrison remporte 80% des voix du collège électoral même si le vote populaire était plus serré à 53% contre 47%[58].

Présidence

William Henry Harrison par Bass Otis en 1841

Lorsqu'il arriva à Washington, Harrison voulait montrer qu'il était toujours le héros tenace de Tippecanoe. Il prêta serment le 4 mars 1841 par un temps froid et humide. Il ne portait ni manteau ni chapeau et délivra le plus long discours d'investiture de l'histoire américaine. Il lui fallut près de deux heures pour le lire même si son ami et collègue du parti whig Daniel Webster l'avait raccourci[59].

Le discours d'investiture était une déclaration détaillé de l'agenda whig qui reposait en grande partie sur le rejet des politiques de Jackson et de Van Buren. Harrison promit de rétablir la Bank of the United States et d'étendre ses pouvoirs en l'autorisant à imprimer de la monnaie papier (système monétaire d'Henry Clay) ; de s'incliner devant les décisions du Congrès sur les questions législatives en réduisant l'usage du droit de veto et de remettre en cause le système des dépouilles créé par Jackson sur les nominations exécutives. Il promit d'utiliser son pouvoir de nomination pour créer une administration basée sur le mérite sans tenir compte de l'appartenance à son parti[60],[61].

En tant que leader des whigs et politicien influent (en plus d'être le candidat frustré à la présidence), Clay s'attendait à obtenir une position importante au sein de l'administration Harrison. Clay tenta d'influencer les actions de Harrison avant et durant sa brève présidence en proposant les candidats de son choix pour les postes du cabinet. Harrison répondit "M. Clay, vous oubliez que Je suis le président[62]". La dispute s'intensifia lorsque Harrison nomma Daniel Webster, le rival de Clay pour le contrôle du parti whig, au poste de Secrétaire d'État et sembla offrir des postes influents à des partisans de Webster. La seule concession de Harrison à Clay fut de nommer son protégé John J. Crittenden au poste de procureur général. Lorsque Clay pressa Harrison sur la question des nominations, le président lui demanda de ne plus venir à la Maison Blanche et de s'adresser à lui uniquement par courrier[63].

William Henry Harrison
Timbre de 1938

Clay n'était pas le seul qui comptait obtenir des avantages à la suite de l'élection de Harrison. De nombreux candidats se présentèrent à la Maison Blanche, qui était ouverte à tous ceux qui demandaient un rendez-vous avec le président, pour obtenir une place de fonctionnaire. La plupart des affaires durant la courte présidence de Harrison concernait les nombreuses obligations sociales qu'imposait sa haute position et son arrivée à Washington et recevait des visiteurs à la Maison Blanche[59]. Comme il l'avait fait avec Clay, Harrison résista aux pressions des autres whigs pour des postes administratifs. Lorsqu'un groupe de whigs arriva à son bureau le 16 mars pour demander la démission de tous les démocrates, Harrison répondit "Que Dieu me garde, je démissionnerai de ma fonction avant d'être coupable d'une telle iniquité[64]".

Le seul acte officiel d'importance de Harrison fut de rassembler le Congrès pour une session exceptionnelle. Henry Clay et lui étaient en désaccord sur la nécessité d'une telle session et quand le 11 mars, le cabinet de Harrison se trouva dans la même division, le président mit son véto à cette session extraordinaire. Cependant, quelques jours plus tard, le Secrétaire au Trésor Thomas Ewing rapporta que les finances étaient dans un si mauvais état que le gouvernement ne pourrait pas continuer à opérer jusqu'à la reprise normale des sessions du Congrès en décembre. Harrison céda et le 17 mars, il demanda un rassemblement du Congrès sur "la condition économique du pays". La session était prévu le 31 mai[65],[66].

Administration and cabinet

FONCTION NOM MANDAT
Président William Harrison 1841
Vice-président John Tyler 1841
Secrétaire d'État Daniel Webster 1841
Secrétaire du Trésor Thomas Ewing 1841
Secrétaire à la Guerre John Bell 1841
Procureur général John J. Crittenden 1841
Postmaster General Francis Granger 1841
Secrétaire à la Marine George E. Badger 1841

Mort

Le 26 mars, la santé de Harrison fut affectée par un rhume. Selon l'idée fausse de l'époque, les médecins considéraient que la maladie avait été causée par le mauvais temps le jour de l'investiture. Cependant, la maladie de Harrison ne se déclencha que trois semaines après l'événement[67]. Le rhume s'aggrava et se transforma rapidement en une pneumonie et une pleurésie[67]. Il chercha à se reposer à la Maison Blanche mais il ne put pas trouver une salle calme du fait de la foule des chercheurs d'emploi. Son emploi du temps extrêmement chargé ne lui laissait pas beaucoup de temps pour se reposer[59].

Les médecins de Harrison tentèrent de le soigner avec de l'opium, de l'huile de ricin, des sangsues et de rauvolfia serpentina de Virginie. Mais ces traitements ne firent qu'aggraver l'état de Harrison qui commença à délirer. Il mourut neuf jours après être tombé malade[68] le 4 avril 1841 à 00h30 des suite d'une pneumonie, d'un ictère et d'une septicémie généralisée. Ses derniers mots furent adressés à son médecin mais étaient plus vraisemblablement destinés à John Tyler, "Monsieur, je souhaite que vous compreniez les véritables principes du gouvernement. Je veux qu'ils soient appliqués. Je ne demande rien de plus". Il était le premier président américain à mourir lors de son mandat qui fut d'ailleurs le plus court de l'histoire car il n'a duré que 30 jours, 12 heures et 30 minutes[69],[70].

Les funérailles de Harrison eurent lieu à la Wesley Chapel de Cincinnati dans l'Ohio. Il fut d'abord enterré dans le Congressional Cemetery à Washington avant d'être ré-enterré dans le cimetière de North Bend avec son épouse[71].

Impact de la mort

La mort soudaine de Harrison fut une déception pour le parti whig qui espérait lancer des réformes fiscales et mettre en place des mesures pour soutenir le système économique proposé par Henry Clay. John Tyler, le successeur de Harrison et ancien démocrate abandonna le programme des whigs et se mit à l'écart du parti[72].

Du fait de la mort de Harrison, trois présidents servirent au cours d'une unique année calendaire (Van Buren, Harrison et Tyler). Cela n'arriva qu'à une seule autre reprise en 1881 lorsque James A. Garfield succéda à Rutherford B. Hayes avant d'être assassiné plus tard dans l'année. Après la mort de Garfield, Chester A. Arthur devint le nouveau président[73].

La mort de Harrison révéla les failles de la Constitution concernant la succession à la présidence[74]. L'Article II de la Constitution des États-Unis établissait qu'"En cas de destitution, de mort ou de démission du président, ou de son incapacité d'exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, ceux-ci seront dévolus au vice-président. [...] et [le vice-président] remplira ladite fonction jusqu'à cessation d'incapacité ou élection d'un président.". Le débat était de savoir si le vice-président devenait le président ou s'il agissait en tant que président. De plus, la Constitution ne précisait pas si le vice-président devait rester en place jusqu'à la fin du mandat de son prédécesseur ou si des élections anticipées devaient être organisées.

Le cabinet de Harrison insista pour que Tyler soit le "vice-président agissant en tant que président". Après la consultation du Chief Justice Roger B. Taney, ils décidèrent que si Tyler prêtait le serment du président, il accéderait à la fonction de président. Tyler s'exécuta et prêta serment le 6 avril. En mai, le Congrès se rassembla et vota une résolution qui confirmait Tyler à la présidence jusqu'à la fin du mandat de Harrison. Une fois établi, ce précédent restera la règle jusqu'à la ratification du 25e amendement en 1967[72],[75]. L'amendement affinait l'organisation de la succession et définissait les situations où le vice-président agissait en tant que président et celles où il pourrait devenir président.

Du fait de la brièveté de sa présidence, Harrison fut le seul président à n'avoir nommé aucun juge fédéral à un quelconque niveau de juridiction[76] et fait partie des quatre présidents[77] à n'avoir nommé aucun juge à la cour suprême. De même aucun état ne fut admis dans l'Union lors de sa présidence[78].

Héritage

Pièce de 1 dollar de la Série du Dollar présidentiel à l'effigie de Harrison

Harrison fut le premier président en exercice à avoir été photographié. Le daguerréotype original, réalisé à Washington le jour de l'investiture a été perdu mais au moins une copie existe au sein des archives du Metropolitan Museum of Art[79]. Harrison mourut presque sans un sou et le Congrès vota une pension d'un montant de 25 000$[80],[81], soit l'équivalent d'un an de salaire de Harrison, à sa femme. Elle reçut également le droit de ne pas payer pour son courrier[82].

Le fils de Harisson, John Scott Harrison fut représentant de l'Ohio de 1853 à 1857[83]. Son petit-fils, Benjamin Harrison de l'Indiana devint le 23e président de 1889 à 1893[84].

Plusieurs villes et comptés ont été nommés en son honneur :

Notes et références

  1. Harrison servit en tant que président durant 30 jours, 12 heures et 32 minutes mais cela fut réparti sur 32 jours ; Le jour de son investiture, 30 jours complets et le jour de sa mort.
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  26. Grouse signifie tétras en français
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  31. Gresham 1919, p. 21
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Bibliographie

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