Vikings

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Viking

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ReprĂ©sentation de Vikings datant du IXe ou du Xe siĂšcle.

Un Viking (vieux norrois vĂ­kingr, pluriel vĂ­kingar) est un explorateur, commerçant et/ou pillard scandinave au cours d’une pĂ©riode s’étendant du VIIIe au XIe siĂšcle[1].

Avec l'Ă©mersion des royaumes scandinaves, des peuples nordiques, nommĂ© sous le nom de Vikings au dĂ©but du Moyen-Age, sont reprĂ©sentĂ©s comme des pillards pour une part de leur violence, mais les Vikings furent de grands marins, marchands et guerriers : des FĂ©roĂ©, de l'Islande, du Groenland, de l'exploration du Vinland, en passant aux rives de la Baltique en Russie dont ils mettront au monde un État russe, jusqu'en Orient... Le phĂ©nomĂšne viking fut par beaucoup de ses activitĂ©s et influences, protĂ©iformes. La fin de l'Ăąge viking s'Ă©puisera par l'affirmation de pouvoirs monarchiques centralisateurs, et la conversion des pays scandinaves Ă  la chrĂ©tientĂ©.

Sommaire

DĂ©finition

« On appelle Viking (VĂ­kingr, en vieux norrois) douĂ© et remarquablement Ă©quipĂ© pour cette activitĂ©, que la conjoncture a amenĂ© Ă  se transformer en pillard ou en guerrier, lĂ  oĂč c’était possible, lorsque c’était "praticable", mais qui demeurera toujours quelqu’un d’appliquĂ© Ă  afla sĂ©r fjĂĄr (« acquĂ©rir des richesses Â»). Â»

— RĂ©gis Boyer, Les Vikings[2]. Au sens large, le terme « viking Â» dĂ©signe parfois l’ensemble des Scandinaves de la pĂ©riode caractĂ©risĂ©e par le phĂ©nomĂšne viking. Les peuples en contact avec les Vikings leur ont donnĂ© diffĂ©rents noms : Normands pour les Francs, Danois pour les Anglais, Rus pour les Slaves, les Arabes et les Byzantins. Ils Ă©taient parfois aussi qualifiĂ©s de « paĂŻens Â» ou d’« Ă©trangers Â»[3]. VarĂšgue est le nom donnĂ© aux Vikings exerçant sur la route de l’Est.

Article connexe : VarĂšgue.

, envahir et finalement s’établir sur des terres Ă©loignĂ©es de leurs pays (voir chapitre Causes hypothĂ©tiques du phĂ©nomĂšne ci-dessous). Leurs expĂ©ditions audacieuses, les strandhögg, par voie terrestre ou maritime, ont eu un sur l’histoire de l’Europe et de la proche Asie. Des climat froid, l'hiver interminable en Scandinavie et des techniques de dĂ©fint dans nombre de ces « comptoirs Â», nommĂ©s « vicus Â» par les peuples latins, notamment sur les cĂŽtes de la Manche et de la mer du Nord ou en Russie, du VIIIe au XIe siĂšcle.

Bien qu’ils se soient Ă©galement installĂ©s aussi bien en Irlande, oĂč ils ont fondĂ© la plupart des villes (sauf Dublin), qu’en Grande-Bretagne,Ă  York, c’est en Normandie et en Russie que leur entreprise a le mieux rĂ©ussi, puisqu'ils sont Ă  l'origine de puissants États AU Navigateurs hors pair, les Vikings furent d’abord des commerçants au long cours. Mais, plus qu’à l’hypothĂšse mauresque ( la faiblesse militaire de l’empire carolingien Ă  la mort de Charlemagne et des territoires situĂ©s au nord et Ă  l’est de celui-ci qu’on doit l’attirance particuliĂšre que les cĂŽtes du nord de l’Europe exercĂšrent sur ces marins.

Avec son faible tirant d’eau (parfois augmentĂ© par un lest de pierres) et sa proue relevĂ©e, navigant aussi bien Ă  la voile qu’à la force maritimes. Le terme utilisĂ© en français est drakkar, dĂ©rivĂ© du mot drekar et signifiant « dragons Â» ; datant de 1839 et crĂ©Ă© par Augustn Jal (1795-1873), alors officier attachĂ© au ministĂšre de la Marine, c’est un barbarisme sans doute pour marquer les esprits. EmbarquĂ©s Ă  son bord, les Vikings menaient des raids d’une redoutable efficacitĂ©, jusqu’à l’intĂ©rieur des terres en remontant les fleuves ou en volant des chevaux.

Étymologie du mot « viking Â»

Village viking en NorvĂšge.

Le mot « viking Â» dĂ©signe le guerrier, explorateur (littĂ©ralement "pillard" en norrois) d’origine scandinave. Le terme est d’utilisation assez rĂ©cente (XVIIIe siĂšcle et XIXe siĂšcle) hors du monde scandinave. Son Ă©tymologie est trĂšs discutĂ©e. Il vient probablement soit :

  • des termes vik, la « baie Â», l’« anse Â» (que l’on retrouve dans ReykjavĂ­k), et ing « en provenance de Â»,
  • du terme vicus / wik qui dĂ©signait, durant le haut Moyen Âge, les agglomĂ©rations marchandes,
  • de la maniĂšre de vivre des gens du Viken, dans la baie d’Oslo,
  • du substantif scandinave vig signifiant « combat Â».

Les utilisations connues les plus anciennes proviennent de textes anglo-saxons du VIIe siĂšcle, avec la mention de divers termes (uuicingsceadan, uuicingsceadae, saewicingas) qui se rapportent tous aux activitĂ©s maritimes, et notamment Ă  la piraterie. Les textes scandinaves contemporains Ă  la pĂ©riode viking font eux la distinction entre un terme fĂ©minin, vĂ­king, qui dĂ©signe l’activitĂ© (fara Ă­ vĂ­kingu, « ceux qui partent en expĂ©dition Â») et un terme masculin, vĂ­kingr ou vikingar, qui renvoie aux Vikings en tant qu’individus. Hors du monde scandinave, les chroniques franques ou anglo-saxonnes utilisent plus frĂ©quemment les termes « Normands Â», « Danois Â» ou « paĂŻens Â» pour dĂ©signer les Vikings, tandis que les Irlandais parlent plus simplement d’« Ă©trangers Â» (gaills). Certains nommaient les Vikings NorvĂ©giens les « Vikings blancs Â» et les Danois les « Vikings noirs Â». En Orient, ils sont appelĂ©s « Rus Â» ou « VarĂšgues Â». Chez les Arabes les Madjus, bab el Madju dĂ©signant « la porte des paĂŻens Â» (dĂ©troit de Gibraltar)[4].

Selon Pierre Bauduin (2004), la connotation du terme serait plutÎt positive dans les inscriptions runiques et négatives dans les poÚmes scaldiques.

Causes hypothétiques du phénomÚne

Le baptĂȘme forcĂ© des Saxons par Charlemagne.

Les Ă©crits norrois de cette Ă©poque se bornant Ă  quelques Ă©pitaphes runiques, l’analyse des historiens se fonde essentiellement sur les tĂ©moignages des victimes[5], souvent largement postĂ©rieurs aux Ă©vĂ©nements, influencĂ©s et dĂ©formĂ©s. L’archĂ©ologie apporte cependant des Ă©claircissements dĂ©terminants.

Un commerçant pillard

Au VIIe siĂšcle , les Arabes perturbent le commerce en MĂ©diterranĂ©e. En Europe, cela entraĂźne le dĂ©veloppement de nouvelles voies commerciales vers le nord. Les marchands occidentaux y trouvent des fourrures, du bois, de l'ambre et de l'ivoire et Ă©changent avec les Scandinaves du vin, de l'argent et des armes. Les comptoirs de Birka en SuĂšde, de Hedeby et de Ribe sur les cĂŽtes du Jutland se dĂ©veloppent. En raison de ces contacts commerciaux, les commerçants scandinaves connaissent de mieux en mieux les cĂŽtes et villes de l’empire carolingien. Ils dĂ©couvrent sa richesse mais en mĂȘme temps s’aperçoivent de ses faiblesses. Vaste et morcelĂ©, il est mal dĂ©fendu et souvent en proie Ă  des guerres internes. Commerçants, certains Scandinaves se transforment occasionnellement en pillards[6]. Selon l'historien StĂ©phane Lebecq, c'est donc « le commerce qui a pavĂ© la voie aux raids vikings Â»[7].

Pour le linguiste RĂ©gis Boyer, ce phĂ©nomĂšne est renforcĂ© par le mercenariat : les Carolingiens, seigneurs ou souverains, utilisaient les Vikings comme mercenaires lors de leurs guerres internes. Cette lecture est cependant discutable. En Grande-Bretagne, les historiens constatent que ce sont les Vikings qui manipulent les souverains indigĂšnes, surnommĂ©s "Puppet-kings" ; il serait Ă©tonnant que ceux qui dominent le jeu politique en Grande-Bretagne se contentent d'ĂȘtre des pions en France. Les faits semblent d'ailleurs suggĂ©rer que les Francs ont eu quelques difficultĂ©s Ă  "contrĂŽler leurs mercenaires".[rĂ©f. nĂ©cessaire][8]

Les guerres intestines en Scandinavie

Au IXe siĂšcle, le Danemark et dans une moindre mesure la NorvĂšge connaissaient une multitude de conflits internes liĂ©s Ă  l'opposition entre les jarls et aux crises de succession. Le roi du Danemark peinait Ă  s'imposer aux diffĂ©rents clans et Ă  sa famille mĂȘme. Les raids en Europe auraient permis de financer les guerres entre aristocrates et d’augmenter le prestige des candidats au pouvoir[9].

La faim de terres

Un rĂ©chauffement climatique aurait entraĂźnĂ© la croissance des productions agricoles, et du coup, une hausse dĂ©mographique. La population scandinave devint trop nombreuse. Les raids vikings auraient Ă©tĂ© un moyen de rĂ©ponse Ă  une faim de terre. Les historiens pensent que cet argument concerne au plus l'ouest de la NorvĂšge[10]. Au contraire pour l’historien François Neveux « On peut affirmer que l’argument de la surpopulation est aujourd’hui largement discrĂ©ditĂ© par les dĂ©couvertes archĂ©ologiques Â».[11]L'archĂ©ologie rurale scandinave a rĂ©vĂ©lĂ© que les terres cultivĂ©es Ă©taient moins Ă©tendues Ă  l'Ă©poque viking qu'au dĂ©but de notre Ăšre[12]. On pourrait en dĂ©duire que la surpopulation ne semble donc pas avoir affectĂ© la Scandinavie au VIIIe ou IXe siĂšcle, mais il s'agirait d'une conclusion rapide : pour rĂ©duire la pression dĂ©mographique, les Scandinaves pourraient avoir prĂ©fĂ©rĂ© conquĂ©rir des meilleures terres dans le sud plutĂŽt que dĂ©fricher des terres ingrates, gelĂ©es 6 mois par an.[rĂ©f. nĂ©cessaire] [13]

La rĂ©action Ă  la conquĂȘte franque de la Saxe

Parmi les causes du phĂ©nomĂšne viking, l’historien François Neveux Ă©voque des opĂ©rations de reprĂ©sailles de la part des Vikings contre les agresseurs Francs qui les menaçaient. Il souligne que la conquĂȘte de la Saxe par Charlemagne coĂŻncide avec les premiers raids vikings.[14] L’historien Olaf Olsen : « AprĂšs les violences en Saxe contre le paganisme, Charlemagne menaçait le Danemark d’une christianisation par le fer et le feu Â» [15] « Les sources franques mentionnent des hostilitĂ©s Ă  la frontiĂšre danoise entre l’empire carolingien et les danois Â» [16]

À partir de 772, Charlemagne entreprit de soumettre les Saxons. Le roi franc employa la force et la terreur. La conquĂȘte se doubla d'une conversion forcĂ©e des habitants. En 782, Ă  Verden, les Francs dĂ©capitĂšrent 4 500 personnes, dĂ©portĂšrent 12 000 femmes et enfants parce qu'ils refusaient le baptĂȘme[17]. Les lieux de culte paĂŻens furent dĂ©truits, notamment Irminsul. Le chef des Saxons Widukind se rĂ©fugia chez ses voisins nordiques et se mit sous la protection de Sigfred « roi des Danois Â»[18]. En 785 probablement, Charlemagne instaura en Saxe le capitulaire De partibus SaxoniĂŠ : les paĂŻens doivent se convertir sous peine de condamnation Ă  mort[19]. Dans les annĂ©es 792 Ă  795, des Saxons se soulevĂšrent Ă  nouveau, refusant le capitulaire. « La destruction du cĂ©lĂšbre sanctuaire paĂŻen d’Irminsul n’eut pour effet que de les inciter Ă  se venger en brĂ»lant les Ă©difices religieux en Hesse»[20]. Widukind fuit une nouvelle fois au Danemark et se plaça sous la protection du roi viking Godfred, le successeur de Sigfred. Widukind devint le parent de Godfred en Ă©pousant la princesse viking Geva de Vestfold, fille d’Oystein (Eystein) Ier de Vestfold (Westfold, NorvĂšge)[21]. Le prince danois attaqua les Abrodrites, un peuple alliĂ© de Charlemagne, releva le Danevirke puis vers 810, lança 200 navires sur la Frise[22]. Ces premiers contacts politiques entre les Carolingiens et les Scandinaves Ă©taient donc hostiles.

L'historien Pierre Bauduin explique que « la crainte inspirĂ©e par la conquĂȘte du pays [la Saxe nldr] et la brutale soumission de ses habitants eut sans doute sa part dans le mouvement d'expansion viking Â»[23]. HypothĂšse dĂ©jĂ  formulĂ©e par Lucien Musset[24].

La rĂ©sistance Ă  la christianisation forcĂ©e ne fut pas anodine et expliquent en partie le phĂ©nomĂšne Viking, bon nombre d’entre eux se rebellaient contre la puissante Eglise. Tous les premiers raids vikings visaient les Ă©difices chrĂ©tiens et pas seulement pour leurs richesses, tous n’en dĂ©tenaient pas: L’historien François Xavier Dillmann cite Montesquieu dans De l'esprit des lois , « Ils [Les Vikings nldr] attribuoient aux ecclĂ©siastiques la destruction de leurs idoles, et toutes les violences de Charlemagne, qui les avoit obligĂ©s les uns aprĂšs les autres Ă  se rĂ©fugier dans le nord. C’étoient des haines que quarante ou cinquante annĂ©es n’avoient pu leur faire oublier Â»[25]. Les Francs auraient donc cherchĂ© Ă  convertir par la force les Danois. Le professeur Rudolf Simek refuse la pertinence de cet argument religieux[26].

Les Vikings et la Christianisation

« La mission par Ă©changes culturels, puis par la parole, puis par l’épĂ©e Â».[27].

La conversion au christianisme des Vikings s’est effectuĂ©e, de façon pacifique mais aussi violemment, sur plus de quatre siĂšcles. Il ne s’agit pas d’une guerre de religion, car les Vikings Ă©taient ouverts Ă  d’autres dieux et croyances et y trouvaient parfois un intĂ©rĂȘt politique et commercial. « Tant que la foi chrĂ©tienne ne menaçait pas les anciennes coutumes, les paĂŻens considĂ©raient le Christ avec indulgence Â»[28]. Des Scandinaves n'ont pas hĂ©sitĂ© Ă  intĂ©grer JĂ©sus dans leur panthĂ©on aux cĂŽtĂ©s de leurs divinitĂ©s traditionnelles comme Odin ou Thor.

Les Nordiques entrĂšrent en contact avec la religion chrĂ©tienne suite aux premiĂšres missions d'Ă©vangĂ©lisation dans la premiĂšre moitiĂ© du VIIIe siĂšcle, c'est-Ă -dire avant l'expansion viking. En 725, Willibrord, Ă©vĂȘque d'Utrecht, Ă©choua Ă  convertir les Danois. L'imprĂ©gnation du christianisme devint beaucoup plus palpable suite aux raids vikings. Les pillards ramenaient dans leur pays un butin notamment composĂ© d'objets du culte chrĂ©tiens. L'empereur Louis le Pieux ranima les tentatives d'Ă©vangĂ©lisation. Vers 822-825, la Scandinavie fut dĂ©clarĂ©e terre de mission. Ebbon, archevĂȘque de Reims, puis Ansgar, moine de Corbie, prĂȘchĂšrent au Danemark sans grand succĂšs.

Le changement dĂ©cisif se produisit lorsque de grands chefs se convertirent. Des princes comprirent tout l'intĂ©rĂȘt d'embrasser une religion qui consolidait leur pouvoir. En Francie, le jarl Rollon accepta d'ĂȘtre baptisĂ© en Ă©change de recevoir un territoire qui allait devenir le duchĂ© de Normandie. C'Ă©tait un excellent critĂšre d'intĂ©gration dans le monde franc. En Scandinavie, des rois se servirent de la religion du Christ afin de « dĂ©passer les particularismes culturels et surtout les dissensions politiques entre clans Â»[29]. Le but ultime Ă©tant d'unifier leur royaume. En somme, la conversion au christianisme avait pour origine des motivations essentiellement politiques. Le prince norvĂ©gien HĂ„kon le Bon se fit baptiser en Angleterre et, de retour en NorvĂšge, entreprit une christianisation de son pays. Il rencontra une forte opposition Ă  la propagation de sa foi. « En 933, des sujets de Hakon [le Bon] brĂ»lĂšrent des Ă©glises, tuĂšrent des prĂȘtres et forcĂšrent Hakon Ă  abandonner son projet de christianiser tout le pays Â»[30]. « L’opposition Ă  la foi chrĂ©tienne fut brisĂ©e plusieurs dizaines d'annĂ©es plus tard avec une violence peu chrĂ©tienne, d'abord par le roi Olaf Tryggvason, baptisĂ© en 995.» « Il fit preuve d’une poigne Ă©vangĂ©lisatrice redoutable pendant les cinq ans de son rĂšgne sans doute mĂ» par un fanatisme religieux hors du commun. Son Ɠuvre fut achevĂ©e par Olaf Haraldson»[31] (1016-1028). "Olaf Haraldsson lança la christianisation plutĂŽt par l’épĂ©e que par le verbe. La rĂ©sistance paĂŻenne fut tenace surtout dans le Trondelag de telle sorte que en 1030 le roi Olaf trouva la mort Ă  la bataille de Stiklestad."[32] Au Danemark, Harald Ă  la Dent Bleue agit de mĂȘme. En 985, le royaume est unifiĂ© et christianisĂ© sous sa poigne. En SuĂšde, malgrĂ© le zĂšle des missionnaires comme l’évĂȘque Bruno de Querfurt, le paganisme demeurait encore au XIe siĂšcle. Les missionnaires, voyant qu’ils ne pouvait pas dĂ©truire les anciennes croyances, les christianisĂšrent progressivement en rĂ©cupĂ©rant les anciennes dĂ©itĂ©s paĂŻennes[33].

La christianisation engendra des rĂ©sistances suivies de bannissements et de brutalitĂ©s, car cette nouvelle foi Ă©tait coercitive, imposant un dieu unique. Les Vikings avaient l’obligation d’abandonner leurs anciennes croyances. « L’Église n’autorise pas d’autres dieux, qu’elle considĂšre comme des dĂ©mons et des forces du Mal. Freyja, la grande DĂ©esse des Vikings, symbole de la fĂ©conditĂ©, fut pour l’Église un objet de ridicule et de mĂ©pris Â» [34]. Les textes de Snorri Sturluson lui-mĂȘme vantaient les exactions chrĂ©tiennes. « Ceux qui n’abandonnaient pas le paganisme Ă©taient expulsĂ©s, Ă  d’autres il [nldr Olaf Haraldson]) faisait couper les mains ou les pieds ou extirpait les yeux, pour certains il les faisait pendre ou dĂ©capiter, mais ne laissait impuni aucun de ceux qui ne voulaient servir Dieu (...) Ă  qui il affligeait de grands chĂątiments (...). Il leur [au peuple norvĂ©gien] donna des clercs et en institua dans les districts... Â»[35].

En SuĂšde, les VarĂšgues furent contraints d’accepter la christianisation, en mĂȘme temps que les Slaves, en 989, lors du baptĂȘme gĂ©nĂ©ral ordonnĂ© par le roi Valdimarr.[36] "Le puissant roi chrĂ©tien Olof Skötkonung voulut imposer le christianisme, la rĂ©sistance fut si forte que des missionnaires chrĂ©tiens furent attaquĂ©s et tuĂ©s" [37]

La christianisation de l'Islande se prĂ©sente sous un autre jour. Au cours d'une rĂ©union de l'Althing au solstice d’étĂ© de l'an 999[38], les Islandais dĂ©cidĂšrent, contraints et forcĂ©s, d'adopter le christianisme officiellement. « Les menaces du roi Olafr Tryggvason, qui dĂ©cide de garder tous les fils de grands chefs Islandais sĂ©journant en NorvĂšge, pĂšsent certainement d’un grand poids sur le fameux Althing de 999 Â»[39] [40]. RĂ©gis Boyer: Il me semble que c'est lĂ  un point dĂ©cisif et je m'Ă©tonne que la plupart des commentateurs se croient tenus de l'escamoter (...) L'Islande se divise en deux camps, le paĂŻen et le chrĂ©tien, qui Ă©vitent de peu l'affrontement violent, juste avant l'ouverture de l'althing de 999. Thorgeirr Ljosvetningagodi, un chef reconnu des deux parties, est chargĂ© de trancher: il dĂ©cide aprĂšs une trĂšs longue rĂ©flexion solitaire que tous les Islandais seront chrĂ©tiens[41]. « Olafr Tryggvason fit preuve d’une poigne Ă©vangĂ©lisatrice redoutable, il imposa le christianisme aux FĂ©roĂ©, avec l’aide du jeune chef FĂ©roĂŻen Sigmundr Brestisson, converti Ă  la nouvelle religion (Faereyinga saga) et en Islande, en envoyant des missionnaires comme Thangbrandr dont l’efficacitĂ© n’avait d’égale que la violence (Kristni saga). En 999, une dĂ©cision officielle, aprĂšs un dĂ©bat houleux de l’Althing, Ă©tablit la nouvelle religion : la loi obligeait les Islandais qui n’étaient pas encore baptisĂ©s Ă  le faire. Â»[28]. D’autre part, ils craignaient une division religieuse, et donc politique, du pays entre paĂŻens et chrĂ©tiens, ces derniers Ă©tant dĂ©jĂ  nombreux sur l'Ăźle. Risque de partition d'autant plus grand que l'Islande ne connaissait pas ni roi ni quelconque prince Ă  sa tĂȘte[42]. L'historien Olaf Olsen :"C’est Ă©galement sous la pression d’olaf Tryggvason qui menait alors un combat acharnĂ© contre le paganisme norvĂ©gien, que l’Islande accepta le christianisme." [43]

Les Croyances Vikings

Article dĂ©taillĂ© : Croyances Vikings.
« Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mĂȘmes et en notre force et capacitĂ© de victoire, et cela nous suffit amplement. Â»

— Formulation de Gauka-Thorir chapitre CCI Olafs saga hins Helga

Cette formulation se retrouve dans d’autres textes, oĂč ils affirment : ne croire qu’en leur propre puissance et capacitĂ© de rĂ©ussir « eiginn mattr ok megin Â». Ils disent ne croire qu’en leurs propres forces , et capacitĂ© de victoire « afl okkat Â» [44].

Les Vikings ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui dĂ©cident de leur sort au risque de dĂ©plaire aux dieux. Ils croient Ă©galement Ă  la magie et Ă  la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutĂ©laires, afin de changer le cours des Ă©vĂšnements, d'anticiper sur le destin[45], donc de le modifier, car rien n'est Ă©crit dĂ©finitivement. Ces faits sont trĂšs Ă©loignĂ©s et incompatibles avec la vision du Destin implacable, des auteurs chrĂ©tiens qui ont rĂ©digĂ© ou corrigĂ© la quasi totalitĂ© des documents dont nous disposons. Il n'y a donc pas de destin que leur volontĂ© ne puisse modifier. « les Scandinaves Ă©taient des hommes d’actions prisant les valeurs d’actions et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent Ă©tĂ© fort empĂȘchĂ©s !»[46]

HĂ©ritage

Comme celle des autres peuples germaniques, les croyances Vikings, avant la christianisation, sont mal connues. La mythologie Viking a Ă©tĂ© rĂ©inventĂ©e de toutes piĂšces par les chrĂ©tiens, lors de la pĂ©riode Normande[47]. À l’origine "les pĂšres des Vikings" avaient le culte d’une DĂ©esse MĂšre et des grandes forces naturelles qu’ils ont reprĂ©sentĂ©es plus tard par la crĂ©ation d’un panthĂ©on qui compte notamment Odin, Thor, Jord, Frigg, Freyja , Freyr... et le grand arbre Yggdrasill.

Il existe des tĂ©moignages de l'Ă©poque romaine dĂ©crivant ce que l'on nomme « les pĂšres des Vikings Â» en ces termes :

« ils (germains du nord) n’ont ni druides qui prĂ©sident au culte des dieux, ni aucun goĂ»t pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le Soleil, le feu, la Lune. Ils n’ont mĂȘme pas entendu parler des autres. Â»

CĂ©sar dans Comentarii De Bello Gallico VI, 21

« ils rĂ©pugnaient Ă  prĂ©senter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable Ă  la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) Ă  cette rĂ©alitĂ© mystĂ©rieuse que leur seule piĂ©tĂ© leur fait voir Â» « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c'est-Ă -dire la Terre MĂšre, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples Â» (La grande AĂŻeule primordiale, la Stammor, Jord, Fjorgyn, la DĂ©esse MĂšre.)

Tacite. Germania IX,3

Religion?

Nous ne pouvons pas parler de religion, la langue ne dispose pas de vocable pour « religion Â». Le mot approchant serait « seydr,sidr,sejdr Â» : coutume, ensemble de pratiques, magie. Leurs croyances ne possĂšdent aucun crĂ©do, pas de priĂšres, pas de prĂȘtres, ni ordre religieux, ni temples, sans foi, sans dogmes...,[48] mais une totale libertĂ© de pensĂ©e.

L'Islande devenue chrĂ©tienne, l'Église ne badine pas plus lĂ  qu'ailleurs sur la stricte observance de ses lois.[49] La rĂ©daction deux siĂšcles aprĂšs l’ñge Viking, donne latitude Ă  l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniĂątre d’éradication, bien connu d’autre part.[50] Les auteurs Snorri et Saxo Grammaticus s’efforceront bien de reconstituer un panthĂ©on organisĂ© vaille que vaille autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement. Il n’est pas difficile de montrer l’inconsistance de leur doctrine, notamment dans leur application Ă  faire de l’évhĂ©mĂ©risme [51]

L'archĂ©ologie, l'histoire, et le passage Ă  l'Ă©tamine de toutes nos sources, et en considĂ©rant avec plus d'attention les tĂ©moignages antĂ©rieurs Ă  la domination chrĂ©tienne, qui semblent ĂȘtre les plus objectifs (comme ceux citĂ©s plus haut dans le chapitre hĂ©ritage), permettront d'avoir une idĂ©e plus prĂ©cise de ce qui auraient pu ĂȘtre les "Croyances Vikings".

Origines gĂ©ographiques et aires d’expansion

Expansion viking du VIIIe au XIe siĂšcle

L'origine gĂ©ographique des Vikings dĂ©termina la direction de leur expansion. Les VarĂšgues (SuĂšdois) se sont dirigĂ©s vers l'est, autour de la Baltique et en Russie. Les "NorvĂ©giens" ont concentrĂ© leur raids sur les Ăźles Britanniques tandis que les Danois se sont rĂ©pandus autour de la Mer du Nord, de la Manche et sur les cĂŽtes atlantiques de la Gaule[52]. Il faut toutefois se garder d'une sectorisation trop rigoureuse. Les bandes vikings mĂȘlaient parfois Danois et NorvĂ©giens[53] et certaines rĂ©gions comme l'Irlande ou l'Angleterre ont Ă©tĂ© disputĂ©es entre ces deux peuples[54].

Vers l'est, les VarĂšgues

Les Vikings originaires de l’actuelle SuĂšde, bientĂŽt nommĂ©s « VarĂšgues Â», Ă©tendirent leur domination Ă  l’Est de la Mer Baltique. Vivant du commerce, de la piraterie et du pillage, et s’offrant comme mercenaires, ils Ă©cumaient le rĂ©seau fluvial et lacustre de ce qui sera plus tard l’Ukraine et la Russie (avec leurs Drakkars Ă  faible tirant d'eau), leur but ultime Ă©tant d'atteindre Constantinople. Certains VarĂšgues y parvinrent en descendant le Dniepr puis en traversant la Mer Noire. En 838, ils se prĂ©sentĂšrent devant la capitale de l'Empire byzantin. Plus tard, l'empereur en recruta pour composer sa garde personnelle. D'autres VarĂšgues empruntĂšrent une route plus longue : ils suivirent la Volga, naviguĂšrent sur la Mer Caspienne, passĂšrent par Bagdad pour rejoindre Constantinople[55]. Dans les annĂ©es 1040, une expĂ©dition varĂšgue dirigĂ©e par Ingvar atteignit mĂȘme l’Afghanistan.

Les "SuĂ©dois" arrivĂšrent dans la future Russie Ă  l'invitation des tribus slaves et finnoises, incapables de se gouverner. Ils Ă©tablirent plusieurs comptoirs et fondĂšrent un État autour de Novgorod puis un second autour de Kiev. L'union de ces deux parties forma l'embryon de la Russie, le pays des Rus. Rus Ă©tant le nom que les Slaves, les Grecs et les Arabes donnaient aux Vikings[56].

Vers l'ouest, les Danois et les Norvégiens

Les Danois organisĂšrent des expĂ©ditions massives, souvent sous le commandements de rois ou de chefs influents[57]. Ils orientĂšrent leurs conquĂȘtes et leurs pillages le long des cĂŽtes de la mer du Nord, de la Manche et de l'ocĂ©an Atlantique. Leur raids commencĂšrent dĂšs la fin du VIIIe siĂšcle mais s'intensifiĂšrent aprĂšs la mort de Charlemagne (814) et la dĂ©liquescence de son empire. À l'Ă©vidence, les Scandinaves profitaient de cette faiblesse politique. Ils Ă©taient Ă©galement poussĂ©es au pillage par leurs guerres internes : il est fort probable que les Danois partaient en raid pour rapporter de quoi financer leurs conflits au Danemark et pour s’aurĂ©oler du prestige du conquĂ©rant.

MorcelĂ©e en multiples royaumes, l'Angleterre fut particuliĂšrement touchĂ©e. L’Humber et la Tamise constituaient des voies de pĂ©nĂ©tration privilĂ©giĂ©es pour les navires vikings. Entre 875 et 879, les Danois battirent les souverains locaux du nord-est de l'Angleterre et fondĂšrent une sorte de royaume autour de York. Ce territoire s'agrandit aux dĂ©pens des rois anglo-saxons jusqu'Ă  recouvrir les provinces de Northumberland, East Anglia, les Five Burroughs (Stamford, Leicester, Derby, Nottingham et Lincoln) et les Midlands du Sud-Est. Alfred le Grand, roi du Wessex, arrĂȘta cette expansion et reconnut en 886 le royaume viking qui prit progressivement le nom de Danelaw, « le pays sous la loi danoise Â». En tant qu'État indĂ©pendant, le Danelaw survĂ©cut jusqu'en 954, assez longtemps pour que cette partie de l'Angleterre connut une imprĂ©gnation de la langue scandinave. La densitĂ© des toponymes en -by, -beck, -fell, -thwaite, -thorp et -toft l'atteste. Certains mots anglais d'aujourd'hui comme egg ou law proviennent du vieux norrois[58].

La Gaule prĂ©sentait aussi une façade maritime trĂšs ouverte ; les Vikings empruntĂšrent rĂ©guliĂšrement la Seine, la Loire, la Garonne et les petits fleuves cĂŽtiers. Les chroniques des monastĂšres nous apprennent que la Seine charria des flottes scandinaves en 841, en 845, en 851, en 852 et en 856[59]. Ensuite, les envahisseurs choisirent d'hiverner sur une Ăźle fluviale.

Les Vikings envahissant la Gaule reçurent le nom de « Normands Â» avant de s’établir durablement dans la rĂ©gion qui porte aujourd’hui le nom de Normandie.

Article dĂ©taillĂ© : Normands.

Moins bien organisĂ©s que leurs voisins danois, les Vikings originaires des cĂŽtes occidentales de la Scandinavie (l’actuelle NorvĂšge) formaient des groupes d'individus isolĂ©s qui s'attaquĂšrent Ă  l'Occident dans un but de pillage mais aussi de colonisation. Ils recherchaient en effet des terres agro-pastorales. Leur aire d'expansion recouvre l’Écosse, l’Irlande, le nord-est de l'Angleterre ainsi que les petites Ăźles plus septentrionales comme les Ăźles FĂ©roĂ©, les Orcades, les HĂ©brides ou les Shetlands. L'Irlande constituait une proie de premier choix pour les envahisseurs : riche de ses prestigieux monastĂšres, l'Ăźle Ă©tait divisĂ©e en sept "royaumes"[60] qui ne cessaient de se faire la guerre. Vers 840, le NorvĂ©gien Turgeis[61] amorça la conquĂȘte du pays. ConquĂȘte rendue difficile par l'intervention des Danois du Danelaw. Preuve des rapports conflictuels qui pouvaient exister entre les Vikings. L'apport scandinave en Irlande est en tout cas indĂ©niable puisqu'ils sont notamment Ă  l'origine des villes de Wexford, Waterford, Cork et Limerick.

Des Ăźles Britanniques, les NorvĂ©giens se lancĂšrent Ă  l'attaque des cĂŽtes occidentales de la Gaule et de la pĂ©ninsule ibĂ©rique. D'autres gagnĂšrent l’Islande. Sur cette Ăźle proche du cercle polaire arctique, le but n'Ă©tait pas de razzier mais bien de coloniser. ArrivĂ©s en 870, les premiers colons, des NorvĂ©giens mais aussi des Irlandais et autres Celtes[62], construisent des fermes. Ils cultivent la terre, Ă©lĂšvent des ovins, des bovins ou des chevaux ou chassent les mammifĂšres marins. L'historien RĂ©gis Boyer estime que c'est sur cette Ăźle isolĂ©e que s'exprima le « gĂ©nie viking Â»[63]. Les colons formĂšrent une sociĂ©tĂ© originale, dominĂ©e non pas par un roi ou un jarl mais par une assemblĂ©e, l'Althing. D'Islande, provient une prĂ©cieuse partie de la littĂ©rature scandinave, au premier chef les sagas et les Eddas (poĂšmes).

Les aires d'expansion extrĂȘme : MĂ©diterranĂ©e, Groenland et peut-ĂȘtre AmĂ©rique

Remarquables navigateurs, les Vikings s'aventurÚrent trÚs loin de leur patrie en procédant par bonds. D'Angleterre ou de France, certains assaillirent la péninsule ibérique. En 844, Séville et Cadix alors aux mains des Maures furent ravagées par une flotte remontant le Guadalquivir. Les Vikings pénétrÚrent en Méditerranée par le détroit de Gibraltar. En 859-860, ils atteignirent le port de Luni prÚs de Pise.

Selon le Livre des Islandais, des Vikings commandĂ©s par Erik le Rouge partirent en 982 ou 983 d'Islande et mirent le cap vers l'ouest. AprĂšs quelques jours de navigation, ils rencontrĂšrent l'immense masse du Groenland. L'Ăźle parut si attirante (le climat Ă©tait sĂ»rement Ă  l'Ă©poque plus favorable) qu'Erik y revint deux ans plus tard afin de coloniser les lieux. L'archĂ©ologie a retrouvĂ© une ferme qui atteste de l'occupation viking sous ses hautes latitudes dĂšs la fin du Xe siĂšcle}[64].

Les Vikings auraient aussi mis les pieds en AmĂ©rique, et ce bien avant Christophe Colomb. En effet, plusieurs sagas, en particulier la Saga des Groenlandais et la Saga d'Erik le Rouge, racontent l'exploration d'une rĂ©gion appelĂ©e Vinland par des groupes vikings en l'an 1000. Or dĂšs le XIXe siĂšcle, des Ă©rudits Ă©mirent l'idĂ©e que ce Vinland Ă©tait en AmĂ©rique du Nord. En 1960, les archĂ©ologues norvĂ©giens Helge et Anne Stine Ingstad dĂ©couvrirent au nord de Terre Neuve les ruines d'un campement qui se rĂ©vĂ©la d'origine viking. D'aprĂšs les analyses du carbone 14, ce site de L'Anse aux Meadows datait entre 980 et 1020[65]. Il constituerait la preuve que les premiers EuropĂ©ens Ă  dĂ©barquer en AmĂ©rique Ă©taient des Vikings. Toutefois, cette dĂ©couverte archĂ©ologique ne fait pas encore l'unanimitĂ© chez les scientifiques[66].

Les phases d'expansion

L'historiographie place traditionnellement en 793, année du saccage de l'abbaye de Lindisfarne, le début des invasions vikings. En réalité, des Norvégiens avaient déjà sévi quelques années plus tÎt en 789 sur la cÎte méridionale de l'Angleterre. Mais l'épisode tragique de Lindisfarne a tellement frappé les contemporains que les historiens continuent à le présenter comme le premier événement de l'ùge viking.

L'historien Lucien Musset repĂšre deux grandes phases d'invasions : la premiĂšre entre 790 et 930 et la seconde entre 980 et 1030. Entre les deux pĂ©riodes, l'Europe connut quelques dizaines d'annĂ©es d'accalmie[67]. Musset subdivise ensuite la premiĂšre phase en trois mais cette partition n'est pertinente que pour les Danois envahissant la France :

  • entre 800 et 850, les Vikings se contentent de piller les monastĂšres ;
  • entre 850 et 900, les Vikings dĂ©couvrent la faiblesse des dĂ©fenses franques et organisent de vĂ©ritables opĂ©rations militaires depuis des Ăźles situĂ©es sur les fleuves francs ; ils procĂšdent de plus en plus par intimidation. Les populations s'en dĂ©barrassent temporairement en leur versant un tribut (le danegeld)
  • de 900 Ă  950, c’est le temps de la colonisation : les Francs incapables de mettre fin aux invasions par la force autorisent les Vikings Ă  s’installer sur leurs terres.

Et Pierre Bauduin de prĂ©ciser : « si ce schĂ©ma offre un cadre de lecture au mouvement viking, il ne correspond pas Ă  un plan prĂ©Ă©tabli et les Ă©tapes en ont Ă©tĂ© franchies Ă  des dates diffĂ©rentes selon les rĂ©gions Â»[68].

RĂ©gis Boyer propose une autre pĂ©riodisation qui reprend partiellement celle de Musset. Il distingue trois « vagues Â» d'invasions[69] :

  • entre 800 et 850, les Vikings procĂšdent par tĂątonnement et testent leurs adversaires.
  • entre 850 et 900, sĂ»rs de leur force, ils exploitent les territoires envahis, voire les conquiĂšrent
  • entre 980 et 1050, aprĂšs une phase d'accalmie qui a vu l'installation des Vikings en diffĂ©rentes rĂ©gions (Angleterre, Normandie, Groenland...), des Scandinaves repartent sur les mers, dernier soubresaut des invasions. Il s'agit surtout de Danois qui s'attaquent Ă  la Grande-Bretagne, et dans une moindre mesure, de SuĂ©dois qui se mettent en route pour l'Asie musulmane.

Cette pĂ©riodisation formulĂ©e par l'historien Danois Johannes Steenstrup (1844-1935) a Ă©tĂ© reprise par Lucien Musset qui l'a adaptĂ©e Ă  la Neustrie. Les suivants de Musset ont repris cette pĂ©riodisation et l'ont Ă©tendue au reste de la France sans autre forme de procĂšs. Or, la conquĂȘte de la Gascogne dĂšs 840 -largement ignorĂ©e par la plupart des chercheurs focalisĂ©s sur la Normandie- prouve que les attaques vikings n'ont pas Ă©tĂ© "progressives" partout et surtout que dĂšs le dĂ©but des invasions, les Vikings, loin de se comporter comme des pillards, ont affichĂ© des ambitions politiques. [70]

Les raisons des succĂšs vikings : le cas franc

Le royaume franc dirigĂ© par Charlemagne connut un raid dĂšs 799. C'Ă©tait le point de dĂ©part d'une longue sĂ©rie d'attaques vikings, dont la plus connue est sans doute le siĂšge de Paris en novembre 885. Si des mesures dĂ©fensives furent rapidement prises aprĂšs l'Ă©vĂ©nement de 799, il n’en demeure pas moins que les incursions vikings tĂ©moignĂšrent d’une redoutable efficacitĂ© tout au long du IXe siĂšcle. Ce succĂšs s’explique d’abord par la vitesse d’exĂ©cution de la machine militaire viking, efficace et novatrice. Par ailleurs, la dĂ©cadence politique de l'empire franc aprĂšs 830 a certainement facilitĂ© la tĂąche aux assaillants.

Les atouts militaires vikings

Les premiers raids vikings Ă©taient surtout dirigĂ©s vers des cibles situĂ©es Ă  proximitĂ© du rivage et consistaient surtout Ă  piller les villages ou les monastĂšres avec peu de moyens, de façon Ă  pouvoir regagner le large avec des richesses rapidement gagnĂ©es. Mais dĂšs 830, on peut noter une Ă©volution dans le modus operandi : ceux-ci bĂ©nĂ©ficiaient dĂ©sormais d’une plus grande flotte et attaquaient des cibles (surtout des Ă©glises ou des monastĂšres) Ă  l’intĂ©rieur du pays. Ils employaient des Ă©claireurs ou des espions pour connaĂźtre la disposition de leurs cibles et s’attardaient mĂȘme parfois en territoire franc. Noirmoutier, situĂ© Ă  l’embouchure de la Loire, figure parmi les premiers lieux Ă  avoir servi de base fixe aux Vikings. À partir des annĂ©es 860, les Vikings entreprirent de conquĂ©rir et de coloniser des territoires. Ce changement d’objectif nĂ©cessita une Ă©volution militaire : une armĂ©e plus grande et mieux organisĂ©e. Les Danois en particulier savaient rassembler plusieurs bandes dans un objectif prĂ©cis. En 885-886, une armĂ©e portĂ©e par 700 navires se prĂ©senta devant Paris[71]. Toutefois, contrairement Ă  ce que la lecture des chroniques monastiques pourrait faire croire, les assaillants ne formaient pas une marĂ©e humaine se dĂ©versant sur la Francie. En effet, la Scandinavie Ă©tait Ă  cette Ă©poque (et encore aujourd'hui) trop peu peuplĂ©e pour submerger par le nombre l'Occident.

Leurs navires de guerre, appelĂ©s langskip ou snekka (mais jamais drakkar), sont l'outil indissociable de la rĂ©ussite des envahisseurs. Longs en gĂ©nĂ©ral d'une vingtaine de mĂštres, ils Ă©taient mus Ă  la rame et Ă  la voile. La souplesse de leur coque les rendait adaptĂ©s aux dĂ©placements en haute mer tandis que leur lĂ©gĂšretĂ©, leur faible tirant d'eau leur permettaient de remonter aisĂ©ment les riviĂšres[72]. Les Vikings pouvaient Ă©galement emporter leur flotte sur une bonne distance : durant le siĂšge de Paris, ils l’auraient mĂȘme traĂźnĂ© hors de la Seine pour la remettre Ă  l’eau deux mille pieds plus loin, en amont de la Seine. PrivilĂ©giant la marche, les Vikings ont peu utilisĂ© les chevaux car il Ă©tait assez difficile d'en obtenir.

Il est pertinent d’ajouter que les hommes du Nord ne sont pas des pirates : ils ne combattent pas en mer et leur flotte ne sert que pour le transport.

Les armes scandinaves n'Ă©taient en rien supĂ©rieures Ă  celles des Francs. Les guerriers Ă©taient gĂ©nĂ©ralement armĂ©s de haches, de grands glaives lourds, de lances, de javelots et de boucliers. À la grande hache scandinave (tenue Ă  deux mains), rĂ©pondait la qualitĂ© des Ă©pĂ©es et des broignes franques. C’est l’élĂ©ment tactique des Vikings et non l'armement qui garantissait leur efficacitĂ© au combat. Ils utilisaient notamment l’effet de surprise. Mais cet avantage disparaissait lorsqu'ils s'engageaient dans la remontĂ©e des fleuves et dans l'arriĂšre-pays car leur prĂ©sence Ă©tait rapidement transmise de village en village. Les sources franques rĂ©vĂšlent que les envahisseurs savaient se retrancher dans des fortifications qu'ils Ă©levaient eux-mĂȘmes.

Lors d’un raid, les Vikings tuaient ou emmenaient des captifs. La nouvelle de ces violences causaient la terreur chez les autochtones qui s'empressaient de fuir ou de verser un tribut. Cette intimidation Ă©tait une arme de dissuasion redoutable dont les effets sur l’adversaire, quoique non quantifiables, ont sĂ»rement jouĂ© un rĂŽle important dans le succĂšs des incursions vikings en Francie occidentale.

Enfin, de façon gĂ©nĂ©rale, les Vikings ne s’attaquaient qu’à des cibles beaucoup plus faibles qu’eux, Ă©vitant les armĂ©es et les batailles rangĂ©es, se repliant rapidement dĂšs qu’ils rencontraient une rĂ©sistance.

L'inefficacitĂ© des Carolingiens devant l’envahisseur

Le raid précurseur de 799 contraignit Charlemagne à prendre des mesures défensives. Le roi amorça la construction d'une flotte de guerre et plaça des sentinelles et des postes de gardes sur le littoral (notamment dans les ports et à l'embouchure des fleuves)[73]. Ce dispositif sembla fonctionner puisqu'en 820 par exemple, une flotte viking dut rebrousser chemin devant l'estuaire de la Seine. Toutefois, aprÚs 830, les raids fructueux se multipliÚrent.

PremiĂšre raison de leur Ă©chec, les Francs souffraient des divisions internes qui fĂȘlaient l'empire. Le pouvoir de Louis le Pieux Ă©tait contestĂ© par ses fils et une fois le pĂšre mort en 840, ces derniers se disputĂšrent l'hĂ©ritage territorial. Le traitĂ© de Verdun en 843 sanctionna la division de l'empire en trois royaumes : Charles le Chauve reçut notamment la Francie occidentale, Ă©bauche de la France. Cet accord ne stoppa pas pour autant la guerre, le roi devant faire face Ă  la dissidence de l'Aquitaine, Ă  la poussĂ©e bretonne, Ă  la montĂ©e en puissance de l'aristocratie sans oublier les ambitions de son frĂšre Louis le Germanique. En 858, Charles dut par exemple annuler sa campagne contre les Vikings car les aristocrates s'Ă©taient rĂ©voltĂ©s et son frĂšre avait envahi le royaume. Les Scandinaves profitaient de cette instabilitĂ© pour mettre Ă  feu et Ă  sang des villes, des monastĂšres et en tirer un butin considĂ©rable.

Toutefois, Ă  partir des annĂ©es 860, les invasions dĂ©clinĂšrent pour se diriger plutĂŽt sur la Grande Bretagne. Les dispositions dĂ©fensives mises en place par Charles le Chauve semblaient porter leur fruits. Dans les secteurs rĂ©guliĂšrement envahis, des chĂąteaux (castella) avaient Ă©tĂ© Ă©tablis, parfois en dĂ©pit de l'accord royal. Des ponts fortifiĂ©s, tel celui de Pont-de-l'Arche sur la Seine, barraient la route des fleuves. Le roi carolingien confia de grands commandements militaires aux principaux chefs de l'aristocratie. Robert le Fort devint par exemple marquis de Neustrie et battit les Normands Ă  Brissarthe en 866. "Victoire" toute relative puisque dans ce combat Robert le Fort et Rannoux de Poitiers trouvĂšrent la mort. Quant Ă  Hastein, le "fuyard", malgrĂ© cette "dĂ©faite" qui avait le mĂ©rite de dĂ©capiter l'armĂ©e franque, il restait maĂźtre incontestĂ© de la vallĂ©e de la Loire. En rĂ©alitĂ©, les Francs n'ont jamais compris qui Ă©taient leurs adversaires, ni les objectifs qu'ils visaient, ni leur maniĂšre de combattre.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

À la fin des annĂ©es 870, les Scandinaves se jetĂšrent Ă  nouveau sur le royaume. Ils Ă©taient maintenant plus nombreux et s'organisĂšrent pour la conquĂȘte de territoires. Dans le mĂȘme temps, la royautĂ© carolingienne vacillait aprĂšs la mort de Charles le Chauve. Les rĂšgnes Ă©taient Ă©phĂ©mĂšres : Louis le BĂšgue rĂ©gna deux ans (877-879). L'espoir se ralluma quand en 881 le roi Louis III dĂ©fit une grande armĂ©e viking Ă  Saucourt-en-Vimeu, puis en 885 quand le comte Eudes contraignit Ă  empĂȘcher que les Vikings prennent Paris. Mais plus souvent, les Carolingiens se soumirent Ă  leurs adversaires. À plusieurs reprises, ils payĂšrent le dĂ©part des Hommes du Nord. Bien qu'il rĂ©ussit Ă  reconstituer l'empire de Charlemagne en rassemblant les diffĂ©rents royaumes francs, l'empereur Charles le Gros usa de ce moyen financier pour se dĂ©barrasser des Vikings qui assiĂ©geaient toujours Paris. Cerise sur le gĂąteau : outre les 700 livres de tribut, les Scandinaves reçurent le droit de piller la Bourgogne en amont de la ville.

L'incapacité des Carolingiens ne se démentit pas dans les décennies suivantes. En 911, le roi Charles le Simple, petit-fils de Charles le Chauve, se résolut à négocier avec un chef viking nommé Rollon. Il lui abandonna les territoires autour de Rouen, embryon de la Normandie. Cette décision calma quelque peu les raids scandinaves en Neustrie. Ailleurs, la résistance des populations et des chefs locaux, notamment en Bretagne, obligea les Hommes du Nord à battre en retraite.

Chronologie

Navire viking exposé au Musée de Roskilde
  • 753 : fondation de la premiĂšre colonie suĂ©doise en Russie, prĂšs de la future Saint-PĂ©tersbourg : « Aldeigjuborg Â» (aujourd’hui Staraya Ladoga).
  • 789 : premier raid connu. Il a lieu sur l’üle de Portland au sud de l’Angleterre[74].
  • 793 : Attaque du monastĂšre de Lindisfarne dans le nord de l'Angleterre. Grand Ă©moi en Occident.
  • 795 : les Vikings atteignent l’Irlande. Les Vikings, installĂ©s sur la cĂŽte nord de l'Espagne combattent aux cĂŽtĂ©s du roi asturien contre les Sarrasins.
  • 799 : premiĂšre mention d'une flotte scandinave sur la cĂŽte d’Aquitaine. En rĂ©ponse, Charlemagne fait tenir en alerte permanente des navires d’intervention dans tous les ports de la cĂŽte atlantique. Cette mesure coĂ»teuse n’est pas maintenue aprĂšs sa mort[75].
  • 802 : les Vikings s’emparent des Orcades, Shetland et HĂ©brides.
  • 808 : fondation d'Hedeby Ă  la base de la pĂ©ninsule du Jutland.
  • 810 : Louis le Pieux, encore roi d'Aquitaine, fait fortifier l'embouchure de la Charente.
  • 816 : Des Scandinaves combattent aux cĂŽtĂ©s du roi de Pampelune contre les Sarrasins.
  • 820 : attaque victorieuse des Vikings de NorvĂšge contre l’Irlande, ils s’y installent ainsi qu’à l’üle de Man. Tentatives avortĂ©es de dĂ©barquement en Flandre et en Baie de Seine. Sac de Bouin.
  • 833 : Lothaire, qui vient de renverser son pĂšre, Louis le Pieux, fait appel Ă  des "mercenaires danois".
  • 834 : PremiĂšre attaque menĂ©e dans l'Empire carolingien contre Dorestad. DĂ©but de la premiĂšre vague d'invasions.
  • 835 : Les Vikings prennent Dorestad sur le Rhin, Anvers sur l'Escaut et Witla sur la Meuse, les principales places commerciales franques. Ils prennent position Ă  l'embouchure de la Tamise. PĂ©pin Ier d'Aquitaine, incapable de contrer les Scandinaves, ordonne l'Ă©vacuation des Ăźles d'Aquitaine (Noirmoutier, RĂ©, OlĂ©ron).
  • 839 : Des VarĂšgues atteignent Constantinople via les fleuves et lacs russes.
  • 841 : premiĂšre remontĂ©e de la Seine. Pillage de Rouen ; destruction des abbayes de JumiĂšges et Saint-Wandrille ; les Vikings danois sont sur l’üle de Walcheren Ă  l’embouchure de l’Escaut et aussi dans le Lindsey, l’Est-Anglie et le Kent en Angleterre.
  • 842 : Pillage de Quentovic, principal port de commerce franc Ă  destination de la Grande-Bretagne.
  • 843 : Les Vikings prennent et dĂ©sarment Nantes, principal port sur la Loire, puis s'installent Ă  Noirmoutier.
  • 844 : Pour la premiĂšre fois, une flotte viking remonte la Garonne. Agen, place forte gasconne est prise. Ils atteignent Toulouse. Un 1er raid viking sur La Corogne puis sur SĂ©ville en Espagne est repoussĂ© par Ramire Ier et par 'Abd al-Rahman II.
  • 845 : premier raid contre Paris par Ragnar Lodbrok ; premier tribut versĂ© par Charles le Chauve ; Saintes en Charente tombe entre les mains des Vikings.
  • 848 : Bordeaux, capitale d'Aquitaine, tombe entre les mains des Vikings.
  • 849 : Les Vikings prennent PĂ©rigueux.
  • 850 : Auch, dernier bastion gascon, tombe aux mains des Vikings. La Gascogne est sous le complet contrĂŽle des Scandinaves. PremiĂšre fortification sur un fleuve franc Ă  Oissel, prĂšs de Rouen.
  • 851 : Les Vikings crĂ©ent des camps retranchĂ©s Ă  Jeufosse sur la Seine, Ă  BiĂšce et Ă  St Florent-le-Vieil sur la Loire.
  • 855 : Les Vikings lancent une offensive gĂ©nĂ©rale contre la Francie occidentale. Ils reprennent Bordeaux.
  • 856 : Paris tombe pour la deuxiĂšme fois. Son vainqueur est Björn, fils de Ragnar. Les Vikings, partis de Saintonge Ă  cheval, atteignent et prennent Clermont en plein cƓur du Massif Central.
  • 858 : AprĂšs avoir laminĂ© la Francie occidentale, Björn se rend Ă  Verberie et fait "sa soumission". Silence des annales sur la contrepartie qu'il obtient. Les Danois, partis de Gascogne, capturent le roi de Pampelune et le retiennent prisonnier pendant un an[rĂ©f. nĂ©cessaire]. [76]
  • 859-860 : deux flottes vikings contournent la pĂ©ninsule ibĂ©rique. Elles attaquent : La Corogne, Porto, Lisbonne (13 jours de pillage), SĂ©ville, Cordoue, Cadix (858) puis les Vikings passent le dĂ©troit de Gibraltar et pĂ©nĂštrent en MĂ©diterranĂ©e. Pillage d'AlgĂ©siras, Malaga, AlmĂ©ria, Aguilas, de Nacor en Afrique et des Ăźles BalĂ©ares (859)[77]. Hivernage en Camargue. RemontĂ©e du RhĂŽne jusqu'Ă  Valence puis l'IsĂšre jusqu'Ă  Romans (860). Les envahisseurs sont arrĂȘtĂ©s par le comte Girard.
  • 860 : premiĂšre attaque viking contre Constantinople
  • 861 : les Vikings danois s’emparent temporairement de Winchester, la capitale du roi Aetelbert de Wessex ; troisiĂšme prise de Paris par Sygtrygg qui occupe Oissel depuis 855.
  • 862 : les Vikings suĂ©dois sous Riourik (Rörek) s’emparent de Novgorod ; fondation du premier État russe par les VarĂšgues. Les Vikings quittent enfin la Seine. Charles le Chauve peut enfin construire un pont Ă  PĂźtres.
  • 864 : PĂ©pin II d'Aquitaine, rebelle et alliĂ© des Danois, est capturĂ© par les Francs sur la Loire.
  • 866 : Hastein tue Robert le Fort et Rannoux de Poitiers Ă  la Brissarthe. Fin de la premiĂšre vague d'invasion en Francie occidentale. Hastein reste sur la Loire.
  • `867 : Les troupes Vikings se dĂ©tournent de la France et dĂ©barquent en Grande-Bretagne.
  • 868 : Charles le Chauve reprend possession de l'Aquitaine : il fortifie Saintes, AngoulĂȘme, PĂ©rigueux et Agen sur la rive droite.
  • 870 : IngĂłlfr Arnarson est le premier colon "norvĂ©gien" d’Islande. Trois ans plus tard environ, il se fixe sur le site de Reykjavik.
  • 876 : fondation du royaume viking d'York dans le nord-est de l'Angleterre.
  • 877 : Mort de Charles II le Chauve. DĂ©but de la deuxiĂšme vague d'invasions en France.
  • 878 : bataille d'Edington[78]. Le roi de Wessex Alfred le Grand rĂ©ussit Ă  contenir la poussĂ©e danoise.
  • 879 : La Grande ArmĂ©e venue d'Angleterre dĂ©barque prĂšs de Boulogne et commence Ă  ravager le Nord de la Neustrie.
  • 881 : victoire de Louis III contre les Vikings Ă  Saucourt-en-Vimeu. Raids sur la Meuse. Les villes de LiĂšge et d'Aix-la-Chapelle sont pillĂ©es et incendiĂ©es.
  • 885 : Reprise de Londres par Alfred le Grand.
  • 885-886 : aprĂšs avoir remontĂ© la Seine, les Vikings entreprennent le cinquiĂšme siĂšge de Paris. Le comte Eudes, ancĂȘtre des CapĂ©tiens, leur rĂ©siste pendant 90 jours. L'empereur Charles le Gros s'en dĂ©barrasse en leur payant un tribut de 700 livres.
  • 886-889 : Razzias des Scandinaves jusqu'aux confins de la Bourgogne[79].
  • 892 : AprĂšs treize annĂ©es de ravages, la "Grande ArmĂ©e" se retire.
  • 900 ou 901 : Gunnbjorn aperçoit le Groenland.
  • 911 : Charles le Simple signe le TraitĂ© de Saint-Clair-sur-Epte qui concĂšde des territoires autour de la Basse-Seine Ă  HrĂłlfr (Rollon). C'est la naissance de la Normandie.
Les Vikings de cette région sont dÚs lors nommés Normands par les historiens.
TroisiĂšme attaque viking contre Constantinople.
La milice de GuĂ©rande face aux Normands en 919 - in : « Vie de Saint Aubin Â», manuscrit du XIe siĂšcle provenant de l’abbaye d’Angers, BNF

Réalités et mythes sur les Vikings

ReprĂ©sentation des Vikings au XIXe siĂšcle.

L’Occident leur doit un hĂ©ritage culturel et lĂ©gendaire qui a inspirĂ© la littĂ©rature et l’imaginaire europĂ©en. Les pays nordiques usent de cet attrait pour leur promotion touristique. Et l’image toujours subjective des Scandinaves d’aujourd’hui est encore teintĂ©e d’admiration et on leur prĂȘte encore les qualitĂ©s de leurs ancĂȘtres, Ă  savoir : bravoure, audace, curiositĂ©, ingĂ©niosité  Le mythe s’est par ailleurs chargĂ© d’idĂ©es fausses. L'image des Vikings se limite souvent Ă  celle de guerriers sanguinaires. Plusieurs historiens, dont RĂ©gis Boyer, essaient de rĂ©habiliter les Hommes du Nord en rĂ©vĂ©lant leurs diffĂ©rentes facettes.

Des guerriers sanguinaires ?

C'est le cliché du Viking, celui d'un homme qui combat, massacre, pille et détruit. Cette vision doit largement aux récits contemporains des ecclésiastiques. TrÚs affectés par les raids, ces auteurs peignent les hommes du Nord comme des barbares pour renforcer leur image de païens et ainsi les diaboliser. Les pierres runiques et les sagas scandinaves ne sont pas en reste puisqu'elles ont tendance à glorifier la violence et la bravoure guerriÚre de leurs personnages[85].

En dépit d'exagérations, ces différents récits recÚlent une part de vérité. Les Vikings savaient se montrer cruels et violents. Histoire d'entretenir la terreur parmi les populations occidentales et obtenir plus facilement d'elles des danegelds (tribut). La violence relevait donc au moins d'une stratégie d'intimidation.

Pour mieux juger la mentalitĂ© guerriĂšre des Vikings, une comparaison avec les peuples contemporains est Ă©clairante. Les valeurs guerriĂšres scandinaves - bravoure, gĂ©nĂ©rositĂ© du chef qui redistribue les richesses captĂ©es entre ses compagnons - se retrouvent chez les MĂ©rovingiens, les Carolingiens et plus tard, chez les chevaliers. Il faut aussi rappeler qu'en ce haut Moyen Âge, les Scandinaves n'avaient pas le monopole de la cruautĂ©. À la fin du VIIIe siĂšcle, la conquĂȘte de la Saxe par les Francs de Charlemagne s'est accompagnĂ©e de massacres, de destruction et de conversion forcĂ©e. Enfin, l'historien Peter Sawyer souligne que ces Vikings dont les sagas ou les chroniques relatent les ravages et les tueries ne forment qu'une minoritĂ© des Scandinaves. Il s'agit en fait de l'Ă©lite aristocratique[86].

Des points plus prĂ©cis dans la reprĂ©sentation des Vikings mĂ©ritent Ă©galement d'ĂȘtre remis en cause. Ils n'ont par exemple jamais bu dans le crĂąne de leur ennemi, fantasme dĂ» Ă  une traduction malheureuse de « la branche courbe du crĂąne Â». Cette expression dĂ©signe en rĂ©alitĂ© une corne. Corne que les Scandinaves de l'Ă©poque viking employaient pour boire lors de festins et cĂ©rĂ©monies.

Autre remise en cause, les Vikings ne portaient pas de casques Ă  cornes, Ă  l'exception de demandes en mariage pour montrer leur richesse, et lors des grandes cĂ©rĂ©monies[87]. Ce mythe a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en SuĂšde vers la fin du XIXe siĂšcle, puis popularisĂ© par des bandes dessinĂ©es comme AstĂ©rix ou HĂ€gar DĂŒnor et de nombreuses autres fictions. En revanche leur casque pouvait avoir des "lunettes" ou un nasal (tige de fer devant le nez, comme l’atteste la tapisserie de Bayeux) qui lui donne un air de casque grec. De plus ces casques en mĂ©tal n'Ă©tait l'attribut que des guerriers riches. Les autres portaient le casque de cuir.

L'évolution de la représentation des Vikings

Si au Moyen Âge les Vikings sont vus en Occident comme les suppĂŽts du diable, une rĂ©habilitation s'opĂšre Ă  partir du XVIIe et XVIIIe siĂšcles. Selon RĂ©gis Boyer, ce changement d'optique doit probablement au dĂ©veloppement du « mythe du Nord Â» qui excite l'imagination des Ă©crivains[88].

Au siĂšcle des LumiĂšres, les Vikings sont considĂ©rĂ©s comme le berceau de la chevalerie. Issu d'un nord plus pur, ils auraient rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© l'aristocratie et puni l'Église de ses Ă©garements. Les Romantiques s'emparent plus tard de ces Nordiques. Ils les considĂšrent comme des hommes libres et admirent leur goĂ»t pour l'aventure maritime. Leur bravoure et leur courage sont louĂ©s. Cette vision perdure au XXe siĂšcle et sert de terreau Ă  des thĂšses nationalistes et racistes. Les Vikings deviennent dans certains discours extrĂ©mistes une race supĂ©rieure. Plusieurs nations ou groupes se vantent d'ĂȘtre leurs descendants. En France mĂȘme, ceux qui s'intĂ©ressent aux Vikings sont immĂ©diatement suspectĂ©s d'ĂȘtre motivĂ©s par des idĂ©es de ce type. Tant et si bien, qu'aucun historien français n'a Ă©tudiĂ© la question depuis Ferdinand Lot. Ceux qui Ă©crivent aujourd'hui sont linguistes (Boyer, Ridel), sociologue (Renaud) ou archĂ©ologues (Anne Nissen-jaubert). Quant aux historiens (Pierre Bauduin), ils n'Ă©tudient pas les Vikings, mais les Normands.

RĂ©gis Boyer dĂ©mystifie ces thĂšses. Il souligne la faiblesse dĂ©mographique des Vikings (en rappelant que la Scandinavie actuelle porte moins de 20 millions d'habitants). Pour cette raison, ils n'ont pas pu modifier fondamentalement le peuplement de certaines rĂ©gions. Cet argument brandi par RĂ©gis Boyer, qui ne prouve en rien une quelconque faiblesse dĂ©mographique Ă  l'Ă©poque, est trĂšs contestable. La plupart des archĂ©ologues et historiens estiment, au contraire, que la sociĂ©tĂ© scandinave connaissait un excĂ©dent de population qui a justifiĂ© les invasions.[rĂ©f. nĂ©cessaire] [89]

Les historiens et archĂ©ologues constatent qu'en quelques gĂ©nĂ©rations, ils se fondirent dans la population. Plus rien ne les distinguait des autochtones. Ce fut le cas en Normandie, en Russie ou en Irlande du sud. RĂ©gis Boyer s'amuse aussi de la bravoure lĂ©gendaire des Vikings. Leur tactique, consĂ©quence de leur faible nombre, se rĂ©sumait Ă  des attaques surprises de lieux en gĂ©nĂ©ral mal ou pas dĂ©fendus. Les exceptions au principe posĂ© par RĂ©gis Boyer sont cependant nombreuses : Paris, Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Dax, Hambourg, Lisbonne, et quelques autres citĂ©s europĂ©ennes ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des lieux mal dĂ©fendus. Lucides et non tĂ©mĂ©raires, ils prĂ©fĂšrent se retirer quand l'ennemi est supĂ©rieur ou leur rĂ©siste vigoureusement. En 885, ils abandonnent le siĂšge de Paris dĂ©fendue par Gozlin et le comte Eudes. Mais, loin de se retirer, ils poursuivent leur remontĂ©e du fleuve et ravagent la Bourgogne. En Angleterre, aprĂšs de nombreuses batailles, Alfred le Grand, les refoule au nord de la Tamise, mais les Vikings restent maĂźtres de l'Est-Anglie, d'une partie de la Mercie et de la Northumbrie oĂč ils fondent le Danelaw. RĂ©gis Boyer prĂ©tend Ă©galement que les Vikings Ă©vitent les batailles car ils sont toujours battus si une armĂ©e les contraint au combat. Ce principe admet cependant encore une fois de nombreuses exceptions. Il suffit de lire les Annales Royales franques, les Annales de Xanten ou les Annales de Metz pour dĂ©couvrir trace de plusieurs batailles rangĂ©es remportĂ©es par les Scandinaves sur les Francs.

Aujourd'hui, la bande dessinée développe une autre représentation des Hommes du Nord. Ils deviennent des personnages truculents et burlesques.

D'excellents navigateurs

Les Vikings ont parcouru toutes les mers europĂ©ennes et mĂȘme au-delĂ . Ils ont remontĂ© les fleuves et les riviĂšres d'Europe occidentale et de Russie. Cette expansion n'aurait pas Ă©tĂ© possible sans la qualitĂ© des navires qu'ils construisaient.

Les navires vikings

Article dĂ©taillĂ© : bateau viking.

« Quiconque a vu le bateau d'Oseberg ne verra plus jamais les Normands du IXe siĂšcle comme des barbares vils et insensibles Â»[90] Ă©crivait un historien aprĂšs avoir visitĂ© le musĂ©e des navires Ă  Oslo. MĂȘme si elle reste imparfaite, la connaissance des bateaux scandinaves a progressĂ© grĂące aux dĂ©couvertes archĂ©ologiques d'embarcations. Le navire d'Oseberg mis au jour en 1904 est l'un des plus beaux spĂ©cimens conservĂ©s auquel on peut lui comparer celui de Gokstad[91] et ceux de Skuldelev[92]. L'iconographie, au premier rang la Tapisserie de Bayeux, apportent d'autres informations.

Il n'existe pas un bateau-type scandinave. Son architecture variait selon la destination (commerce de cabotage, au long cours, guerre ou apparat) et Ă©volua dans le temps. Toutefois se dĂ©gagent quelques points communs. La proue et la poupe sont relevĂ©s ; leur coque est construite Ă  clins. Depuis le VIIIe siĂšcle, ils sont propulsĂ©s par le vent grĂące Ă  une voile rectangulaire en laine. Ce qui n'empĂȘche pas les bateaux d'ĂȘtre aussi Ă©quipĂ©s d'avirons. Les navires de guerre, comme celui de Gokstad, sont appelĂ©s langskip, snekka[93] ou drakkar. Mais ce dernier terme est un barbarisme erronĂ© crĂ©Ă© au XIXe siĂšcle, inspirĂ© du terme suĂ©dois moderne « drake Â» (dragon) – et non « dreki Â» en norrois – auquel un double « k Â» a Ă©tĂ© ajoutĂ© pour en accentuer l’aspect exotique. Les Vikings ne dĂ©signaient pas ainsi leur embarcation.

Les archĂ©ologues reconnaissent l'excellente architecture des bateaux scandinaves. Ils s'Ă©tonnent notamment de la souplesse de la coque. Les membrures sont fixĂ©es au bordĂ© - et non Ă  la quille - par des liens d'osier, des lacets de cuir ou, pour les modĂšles tardifs, par des chevilles[94]. RĂ©sultat, le navire peut affronter la haute mer en se tordant face aux vagues. Outre la souplesse, les bateaux vikings sont reconnus pour leur lĂ©gĂšretĂ©. La coque fait quelques centimĂštres d'Ă©paisseur. Du coup, le tirant d'eau est faible, donnant l'impression que le bateau glisse sur les flots. La vitesse pouvait dĂ©passer les 10 nƓuds.

Une bonne connaissance de la mer

Les Vikings n'utilisaient pas d'instruments de navigation, boussole ou compas. Ils n'avaient pas de cartes. La nuit, ils pouvaient s'aider de l'étoile polaire pour conserver un cap et le jour, s'appuyer sur la hauteur du soleil pour estimer leur latitude. C'est surtout l'observation de la mer, des repÚres terrestres et des animaux marins qui leur permettait de trouver leur chemin en pleine mer. Le nombre plus grand de macareux annonçait la proximité des ßles Féroé. La brusque variation de température de l'eau, conséquence de l'entrée dans un courant polaire, le changement de couleur de l'océan passant du bleu au vert, la multiplication des icebergs indiquaient que le Groenland était proche[95]. Les navigateurs vikings connaissaient en outre les courants qui emmenaient facilement les bateaux d'un secteur à l'autre ou le trajet migratoire des baleines. Le Hausbók, un manuscrit islandais qui raconte notamment la navigation de NorvÚge au Groenland, fournit de nombreux détails de ce genre[96].

Cette connaissance de la mer et plus gĂ©nĂ©ralement de la navigation a permis aux Vikings d'explorer des rĂ©gions lointaines. À l'ouest, ils sont les premiers europĂ©ens Ă  dĂ©barquer au Groenland. De lĂ , ils ont peut-ĂȘtre dĂ©couvert l'AmĂ©rique. À l'est, des SuĂ©dois ont empruntĂ© le rĂ©seau des lacs et fleuves russes pour atteindre l'Asie centrale et ses routes caravaniĂšres venues d'ExtrĂȘme-Orient. L'image d'explorateur a donc autant de pertinence que le clichĂ© de guerrier sanguinaire qui colle aux Vikings.

Les dĂ©couvreurs de l'AmĂ©rique ?

Deux sagas islandaises, celle des Groenlandais et celle d'Erik le Rouge, racontent la dĂ©couverte par des Vikings de terres situĂ©s au-delĂ  du Groenland. Vers 986, un navigateur groenlandais Bjarni Herjolfsson, dĂ©routĂ© par une tempĂȘte, aperçoit des terres et des forĂȘts inconnues. Une vingtaine d'annĂ©es plus tard, Leif, fils d'Érik le Rouge entreprend une expĂ©dition pour vĂ©rifier le rĂ©cit de Bjarni. AprĂšs plusieurs jours de navigation, il dĂ©couvre de nouveaux territoires : un pays de montagnes et de glaciers qu'il nomme Helluland (« pays des pierres plates Â»), puis une cĂŽte dominĂ© par un arriĂšre-pays forestier, qu'il appelle Markland (« pays des arbres Â»), puis une terre agrĂ©able oĂč les explorateurs pĂȘchent des saumons et cueillent des grappes de vignes, le Vinland (« pays de la vigne Â»)[97]. À partir du XIXe siĂšcle, des Ă©rudits avancent officiellement l'hypothĂšse que ces navigateurs ont en fait suivi les rivages de l'AmĂ©rique. Les Vikings auraient donc mis le pied sur le Nouveau Continent environ cinq cents ans avant Christophe Colomb.

Les sagas Ă©tant gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©es comme des sources littĂ©raires peu fiables (les nombreuses contradictions entre la saga des Groenlandais et celle d'Érik le Rouge le prouvant), des chercheurs tentent de trouver la preuve matĂ©rielle qui confirmera l'hypothĂšse. En 1898, une pierre runique est dĂ©couverte Ă  Kensington, aux États-Unis mais Ă  ce jour, son authenticitĂ© n'est pas encore assurĂ©e. En 1930, un Ă©quipement guerrier typique d'un Viking est retrouvĂ©e Ă  Beardmore en Ontario mais la dĂ©couverte tourne au canular. L'hypothĂšse des Vikings comme premiers dĂ©couvreurs de l'AmĂ©rique reprend de la valeur dans les annĂ©es 1960 quand un couple d'archĂ©ologues norvĂ©giens, Helge et Anne >Stine Ingstad, rĂ©vĂšlent les vestiges d'habitations vikings sur l'Ăźle de Terre-Neuve. Le site de l'Anse aux Meadows se compose de huit Ă©difices distribuĂ©es en trois complexes. Sont notamment dĂ©gagĂ©s un atelier de menuiserie, une forge, un four et un fourneau. La datation des objets artisanaux recueillis colle avec la date de l'expĂ©dition de Leif. L'Anse aux Meadows devient cĂ©lĂšbre dans le monde entier et s'affirme comme la preuve qui manquait aux scientifiques[98].

Aujourd'hui, subsistent toutefois quelques doutes. MĂȘme RĂ©gis Boyer, pourtant favorable Ă  la thĂšse scandinave, avoue que le site archĂ©ologique ne rĂ©siste pas Ă  une « hypercritique Â»[99]. Les maisons sont-elles vraiment vikings ? Les objets ne pourraient-ils pas provenir d'Inuits qui auraient troquĂ© avec les Vikings ? La nouvelle datation au carbone 14 ne donne-t-elle pas une amplitude temporelle trop large ? Surtout, comment expliquer que les sagas parlent de vignes alors que Terre=-Neuve, par sa position septentrionale, ne peut pas produire de raisins ?

Les autres facettes du Viking  : le commerçant et l'administrateur

RĂ©gis Boyer insiste aussi sur l'erreur de cantonner les Vikings Ă  un rĂŽle de combattants pillards et violents. Pour ce professeur de littĂ©ratures et de civilisations scandinaves, les Hommes du Nord tant redoutĂ©s des Occidentaux, Ă©taient avant tout des commerçants. Pour preuve, Viking dĂ©signerait l'homme qui va de vicus (ville comptoir marchand) en vicus. Quant Ă  VarĂšgue (VĂŠringr), sa signification serait l'homme qui s'occupe de marchandises (var). On sait toutefois que ces interprĂ©tations Ă©tymologiques sont dĂ©battues. RĂ©gis Boyer rappelle que les Vikings pratiquaient au moins le commerce depuis le VIe siĂšcle. Ce n'est qu'Ă  la faveur d'un affaiblissement de l'empire carolingien que ces commerçants se sont convertis en guerriers prĂ©dateurs entre grosso modo 800 et 1050[100]. La dualitĂ© marchand-brigand ne cessa pas avec les raids vikings. Le butin ramenĂ© d'Occident Ă©tait en partie vendu sur les places commerçantes de Scandinavie. Dans la seconde moitiĂ© du IXe siĂšcle, le roi de Wessex Alfred le Grand s'entendit avec un "NorvĂ©gien" nommĂ© Ottar pour s'approvisionner en ivoire et peaux alors mĂȘme qu'il combattait depuis le dĂ©but de son rĂšgne les Scandinaves Ă©tablis en Angleterre[101].

Difficile de considĂ©rer encore les Vikings comme des barbares quand on regarde le dĂ©veloppement des territoires qu'ils se sont vu confiĂ©s ou qu'ils ont colonisĂ©s. Ils se sont rĂ©vĂ©lĂ©s de talentueux administrateurs. QualitĂ© que les Slaves avaient semble-t-il remarquĂ© puisque, selon la Chronique de Nestor, ils auraient demandĂ© aux VarĂšgues de les gouverner. Ce serait l'explication de leur installation en Europe de l'est. Et on sait que les Vikings y ont fondĂ© deux États dont l'union autour de l'an 900 formera la Russie. Le sens de l'organisation et la discipline scandinaves ont profitĂ© aussi au Danelaw et surtout Ă  la Normandie. Dans ce dernier territoire, les Vikings sont Ă  l'origine d'un État modĂšle. ModĂšle d'administration, modĂšle de vigueur Ă©conomique et de vigueur tout court puisque les Normands se lanceront au XIe siĂšcle Ă  la conquĂȘte de l'Angleterre et de l'Italie du Sud. Il ne faudrait pas oublier parmi les rĂ©ussites scandinaves un pays isolĂ©, l'Islande. Les Vikings y ont inventĂ© un systĂšme de gouvernement original, non une rĂ©publique comme souvent dit, mais plutĂŽt une « oligarchie ploutocratique Â»[102]. Des assemblĂ©es rĂ©unissant les grands propriĂ©taires fonciers dĂ©terminaient la politique et la gestion de l'Ăźle.

Économie

Commerce

En raison de la pauvreté de leurs terres et de la froideur du climat, Régis Boyer pense que les Scandinaves se sont naturellement tournés vers l'activité commerciale[103].

L'espace commercial

Au cours du haut Moyen Âge, la Scandinavie a Ă©tĂ© progressivement intĂ©grĂ©e Ă  un espace commercial centrĂ© sur la Mer du Nord et la Manche[104]. Les marchands frisons jouĂšrent un grand rĂŽle dans cette expansion. Une route commerciale se mit en place de l'ocĂ©an Atlantique Ă  la mer Baltique en remplacement de l'axe mĂ©diterranĂ©en contrĂŽlĂ© par les Arabes depuis le VIIIe siĂšcle.

Les Vikings agrandirent Ă  leur tour cet espace en explorant de nouvelles voies et en installant des comptoirs jusqu'aux extrĂ©mitĂ©s de l'Europe. Byzance fut atteinte en 839 par le Dniepr. Des bateaux partaient pour l'Islande et le Groenland rĂ©cemment colonisĂ©s par les Vikings pour ramener de l'ivoire de morse et des fourrures. La diversitĂ© gĂ©ographique des objets retrouvĂ©s en Scandinavie atteste que les hommes du Nord avaient Ă©tabli des contacts commerciaux au-delĂ  du cadre europĂ©en. À York, comptoir du nord de l'Angleterre, des coquillages typiques de la Mer Rouge ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s. Une tombe suĂ©doise du VIe siĂšcle recelait un bouddha. Lors des fouilles des comptoirs scandinaves, les archĂ©ologues ont dĂ©couvert des piĂšces arabes.

Le commerce se pratiquait dans des comptoirs. C'est dans ces lieux que transitaient les matiĂšres premiĂšres et les produits finis. Ils constituaient aussi des centres de production oĂč on travaillait le bois, le fer, l'os ou le cuir. Birka et Hebeby furent les plus fameux comptoirs du monde scandinave. En 808, le roi Godfred fonda le premier Ă  la base orientale de la pĂ©ninsule du Jutland[105]. Au Xe siĂšcle, la ville devait accueillir selon les archĂ©ologues environ 1500 habitants. Le second, Birka, Ă©galement disparu, occupait une situation originale au milieu des terres suĂ©doises, au bord du lac MĂ€lar. D'autres comptoirs scandinaves Ă©taient des places importantes : Ribe, sur la cĂŽte occidentale du Jutland, Helgö en SuĂšde, certains Ă©tant saisonniers comme Kaupangr en NorvĂšge. L'expansion viking se concrĂ©tisa par l'installation de comptoirs au-delĂ  de la Scandinavie. L'un des plus anciens est StaraĂŻa Ladoga, porte d'entrĂ©e de la future Russie, fondĂ©e vers 753. Les VarĂšgues poussĂšrent plus loin dans l'intĂ©rieur des pays slaves et fondĂšrent Novgorod et Kiev. À l'ouest, les Vikings multipliĂšrent aussi les Ă©tapes, les principales villes irlandaises d'aujourd'hui Ă©tant par exemple d'anciens comptoirs. Ces comptoirs ne correspondaient pas toujours Ă  des crĂ©ations ex nihilo. Certains comme York et Rouen prenaient place Ă  l'intĂ©rieur d'anciennes citĂ©s que l'installation viking revitalisa.

Les produits du commerce

Les Vikings se spĂ©cialisĂšrent dans un trinĂŽme de produits de luxe : l'ambre, les fourrures et l'ivoire de morse. La faible capacitĂ© des bateaux vikings limitait le commerce de produits pondĂ©reux et moins lucratifs[106]. Cette vision de commerçants du luxe est nĂ©e avec les dĂ©couvertes des navires de Gokstad et d'Oseberg au 19e siĂšcle. Ces navires, trĂšs similaires, embarquaient de nombreux membres d'Ă©quipage. Par ailleurs, Ă©tant pontĂ©s, ils ne possĂ©daient aucune cale permettant de stocker des marchandises en quantitĂ©. On en a dĂ©duit qu'avec des navires aussi mal conçus, les commerçants ne pouvaient embarquer que des marchandises peu encombrantes, donc des produits de luxe. Cette vision a Ă©tĂ© complĂštement remise en cause avec les fouilles de Skudelev, dans le Golfe de Roskilde en 1962. Les archĂ©ologues danois ont dĂ©couverts plusieurs types de navires. Des navires de guerre pontĂ©s et des navires de commerce avec cale ouverte. Les Vikings possĂ©daient bien des bateaux de transport pouvant embarquer des tonnes de marchandises. Quant aux navires dĂ©couverts dans les tertres funĂ©raires norvĂ©giens, il ne s'agissait bien Ă©videmment pas de vulgaire navires de transport, mais de prestigieux navires de guerre, de la famille des Langskip. MalgrĂ© ces dĂ©couvertes vieilles de 60 ans, certains auteurs français continuent de propager l'idĂ©e que les Vikings Ă©taient des "commerçants du luxe".

AprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©coltĂ© dans le sud de la Baltique et dans le Jutland oriental, l'ambre (rĂ©sine fossilisĂ©e des forĂȘts de pins) se nĂ©gociait dans les comptoirs environnants. Il servait Ă  la confection de bijoux (amulettes, pendentifs ou colliers).

Les Vikings commercialisaient aussi les fourrures qu'ils chassaient eux-mĂȘmes ou qu'ils achetaient aux Lapons. Dans les zones les plus septentrionales (Groenland, nord de la Scandinavie, Finlande, Russie), vivaient en effet loups, ours, castors, Ă©cureuils, hermines, renards et martres. La noblesse, le haut clergĂ© et les riches marchands d'Europe s'enorgueillissaient de revĂȘtir ces fourrures. Le renne, Ă©levĂ© notamment par les Lapons, fournissait aussi des peaux mais ses bois Ă©taient Ă©galement prisĂ©s pour la confection de peignes dĂ©corĂ©s et de montures d'Ă©pĂ©e[107]. Birka constituait la plaque tournante de ce type de commerce. Mis Ă  part ces diffĂ©rents mammifĂšres, les chasseurs apprĂ©ciaient l'eider, grand canard dont le mĂąle a un plumage noir et blanc, qui recouvrait ses Ɠufs avec ses plumes duveteuses[108].

Les morses, nombreux au Groenland et autour de la Mer Blanche, étaient recherchés pour leurs longues défenses. L'ivoire était utilisé pour différents objets de luxe comme les peignes, les crucifix ou les piÚces de jeu d'échecs[109].

Les comptoirs vikings Ă©taient aussi alimentĂ©s en esclaves. Ces hommes et femmes avaient Ă©tĂ© capturĂ©s lors des raids en Occident ou dans les pays slaves. Parfois, les Vikings jetaient l'un des leurs en servitude. Olaf Tryggvason, roi de NorvĂšge, passa par exemple sa jeunesse comme esclave avant d'ĂȘtre rachetĂ© par son oncle en Estonie[110]. Selon RĂ©gis Boyer, les esclaves capturĂ©s en France Ă©taient rapatriĂ©s au Danemark, puis ils traversaient la Baltique, traversaient la Russie, puis la Mer Noire, pour ĂȘtre vendus Ă  Constantinople. Ensuite, les Byzantins vendaient ces esclaves au Califat de Bagdad et au Sultanat de Cordoue. Passer par Hedeby, Novgorod et Constantinople pour aller de Nantes Ă  Cordoue, n'est pas trĂšs rationnel. Il y a tout lieu de penser que les esclaves faits sur le Loire et la Seine, loin d'ĂȘtre rapatriĂ©s vers la Scandinavie, Ă©taient au contraire acheminĂ©s vers l'Espagne oĂč se trouvait le principal acheteur d'esclaves en Occident, et surtout, les marchandises venues d'Orient que convoitaient tant les Scandinaves.[rĂ©f. nĂ©cessaire] [111]

Les Vikings importaient des meules et du vin de Rhénanie, des brocarts en provenance de l'Empire byzantin, des soieries de Chine, de l'argent... Ils recevaient aussi sûrement des matiÚres périssables plus communes comme le miel, les tissus et les céréales mais il ne reste peu, voire aucune trace.

Agriculture[112]

Types de cultures

Comme dans la majeure partie de l’Europe mĂ©diĂ©vale, la grande majoritĂ© des habitants de la Scandinavie mĂ©diĂ©vale Ă©taient des agriculteurs. Les surfaces idĂ©ales aux activitĂ©s agricoles et pastorales n’étant cependant pas lĂ©gions dans ces pays, de nombreux paysans devaient avoir recours Ă  la pĂȘche et Ă  la chasse pour assurer leur survie. Une schĂ©matisation grossiĂšre montrerait des NorvĂ©giens principalement pĂȘcheurs et des SuĂ©dois et des Danois principalement agriculteurs et Ă©leveurs. Cette rĂ©alitĂ© est cependant Ă  nuancer en fonction des diffĂ©rentes rĂ©gions de chacun des pays. Dans tous les cas, les « bönder Â», c’est-Ă -dire les fermiers indĂ©pendants formant la majoritĂ© de la population scandinave de l’époque, Ă©taient de vĂ©ritables travailleurs polyvalents et Ă©taient bien obligĂ©s de s’adonner aussi bien Ă  la pĂȘche qu’à l’élevage et Ă  la culture.

L’élevage (notamment bovins, moutons, porcs et volaille) Ă©tait extrĂȘmement important et il Ă©tait pratiquĂ© mĂȘme au-delĂ  du cercle polaire. Il est probable aussi que ce soit la recherche de nouveaux pĂąturages qui ait poussĂ© de nombreux Scandinaves Ă  s’établir en Islande, aux Îles FĂ©roĂ© ou au Groenland. Les vĂ©gĂ©taux cultivĂ©s consistaient, eux, principalement en seigle, orge, avoine et choux. La culture du seigle, et notamment celle du seigle d’hiver, a connu une pĂ©riode d’expansion durant l’ñge viking.

Parmi les spĂ©cialitĂ©s alimentaires, on peut citer le thorrablot, conservĂ© de façon trĂšs Ă©dulcorĂ©e par les Normands dans les tripes Ă  la mode de Caen, les andouillettes, fromage au lait cru et de nombreuses spĂ©cialitĂ©s culinaires au goĂ»t fort. Le cĂ©lĂšbre « smalahove Â» de Voss, spĂ©cialitĂ© de tĂȘte d’agneau calcinĂ©e et fumĂ©e accompagnĂ©e de rutabagas pourrait aussi remonter Ă  l’ñge viking. Du cĂŽtĂ© des boissons, les Scandinaves Ă©taient de grands consommateurs de biĂšre au malt d’orge non houblonnĂ©e, et de boisson de type hydromel.

Habitat rural

Le sud de la Scandinavie connaĂźt un habitat groupĂ© relativement prĂ©coce. Dans le VĂ€stergötland et l’Uppland, ce type d’habitat se met en place Ă  la fin de la pĂ©riode viking. En revanche, dans le reste de la Scandinavie (autres parties de la SuĂšde, NorvĂšge, Islande aprĂšs la colonisation), on a plutĂŽt affaire Ă  un habitat dispersĂ©.

L’archĂ©ologie a permis de mettre au jour des restes d’habitat rural de cette pĂ©riode. L’exemple le mieux connu est celui de Vorbasse, dans le Jutland.

Outillage

L’usage de l’araire semble avoir Ă©tĂ© dominant dans toute la Scandinavie viking, mais la charrue Ă©tait Ă©galement connue. Le moulin Ă  eau est une exception, mais il est tout de mĂȘme attestĂ© dĂšs le IXe siĂšcle.

Artisanat

En plus d'ĂȘtre des places de transit et de nĂ©goce pour les matiĂšres premiĂšres, les comptoirs vikings Ă©taient des lieux d'artisanat. On trouve donc des forgerons, des bijoutiers, des artisans travaillant les os, les bois de cervidĂ©s, le cuir, le bois ou l'ambre[113]. D'aprĂšs les fouilles archĂ©ologiques, York Ă©tait spĂ©cialisĂ© dans le travail du bois ; Dublin produisait des Ă©pingles. Ribe, Ahus (dans le sud de la SuĂšde) et Paviken (sur l'Ăźle de Gotland) Ă©taient des centres de verrerie tandis qu'on travaillait la stĂ©atite Ă  Kaupang.

Quelques Vikings célÚbres

  • Saint Olaf est le patron de la NorvĂšge mais avant de christianiser son pays, ce roi a sĂ©vi comme pirate et/ou mercenaire dans un grand nombre de contrĂ©es d’environ 1007 Ă  1016.

Fin du phénomÚne

On date la fin du phĂ©nomĂšne viking vers le milieu du XIe siĂšcle. Parmi les hypothĂšses, on retient la conversion au christianisme, qui a entraĂźnĂ© la fin du commerce (et du rapt lors des raids) des esclaves et instaurĂ© une Église hostile aux raids, la concurrence commerciale des Frisons, l’unification des peuples scandinaves sous la direction de rois dont l’intĂ©rĂȘt n’étaient plus d’organiser des expĂ©ditions de pillage Ă  l’étranger, une meilleure organisation de la dĂ©fense chez les victimes, avec des États forts et organisĂ©s parfois mĂȘme apparus en rĂ©ponse aux Vikings (c’est le cas de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de l’Irlande).[114]

Si les Vikings ont disparu en tant que phĂ©nomĂšne, la civilisation et les peuples scandinaves dont ils Ă©taient issus se sont perpĂ©tuĂ©s jusqu’à nos jours.

L’hĂ©ritage viking

Si la christianisation a marquĂ© la fin du mouvement et le dĂ©but de l’assimilation des peuples scandinaves, on garde d’eux, encore aujourd’hui la toponymie normande, de nombreux legs linguistiques dans l’anglais, l’allemand, le français, les patois de l’Ouest de la France, de la technologie et des traditions marines, ainsi que des dĂ©couvertes gĂ©ographiques.

La Russie leur doit son unification identitaire, son systĂšme patronymique, et une partie de sa structure linguistique.

Les Vikings parlaient le vieux norrois, une langue germanique. Elle n'est plus parlée aujourd'hui mais l'islandais en est toujours resté trÚs proche.

Personnages de fiction empruntés au mythe viking

Bibliographie

Sources médiévales

Les sources Ă©crites contemporaines proviennent principalement d’observateurs Ă©trangers (arabes, byzantins, occidentaux). En Occident, il s’agit, la plupart de temps, du tĂ©moignage des victimes des raids vikings, notamment de clercs. Leurs Ă©crits sont donc trĂšs partiaux.

À l’exception des inscriptions runiques, les sources Ă©crites mĂ©diĂ©vales scandinaves ne sont gĂ©nĂ©ralement pas plus anciennes que le XIIe siĂšcle et donc postĂ©rieures Ă  la pĂ©riode viking. Ces textes, notamment les sagas qui mĂȘlent faits historiques et faits inventĂ©s, sont donc traitĂ©s avec beaucoup de circonspection par les historiens. Les recueils juridiques dont on a connaissance sont Ă©galement nettement plus rĂ©cents que la pĂ©riode considĂ©rĂ©e.

L’archĂ©ologie est donc la principale source d’information sur cette pĂ©riode. Si elle apporte de grands rĂ©sultats en Scandinavie et dans les Ăźles Britanniques, les rĂ©sultats sont dĂ©cevants en France. Les fouilles ont d'abord concernĂ© les lieux les plus monumentaux, principalement les grandes villes et les tombeaux de grands personnages. Depuis les annĂ©es 1970, l'attention des archĂ©ologues se porte sur l'habitat rural et des lieux de pouvoir[115].

Textes contemporains

Ouvrages modernes

  • Dragons et drakkars : le mythe viking de la Scandinavie Ă  la Normandie, XVIIIe ‑ XXe siĂšcle, Caen, MusĂ©e de Normandie, 1996
  • Les Vikings : les Scandinaves et l’Europe 800-1200, Paris, AFAA, 1992
  • Sagas des peuples du Nord : les Vikings, Amsterdam, Time-Life Books, 1997
ReprĂ©sentation du scalde viking Egill SkallagrĂ­msson dans la saga d’Egill.
  • Pierre Bauduin, Les Vikings, Paris, Presses Universitaires de France, 2004
  • RĂ©gis Boyer, HĂ©ros et dieux du Nord : guide iconographique, Paris, Flammarion, 1997
  • RĂ©gis Boyer, Jean Robert, Au nom du viking, Paris, Belles lettres, 2002
  • RĂ©gis Boyer, L’Art viking, Tournai, Renaissance du livre, 2001
  • RĂ©gis Boyer, Le Mythe viking dans les lettres françaises, Paris Éditions du Porte-Glaive, 1986
  • RĂ©gis Boyer, Les Vikings (800-1050), Paris, Hachette, 2003 (ISBN 2012356907)
  • RĂ©gis Boyer, Les Vikings : histoire et civilisation, Paris, Perrin, 2002 (ISBN 2262019541)
  • RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Paris, Cavalier bleu, 2002
  • RĂ©gis Boyer, Les Vikings, premiers europĂ©ens : VIIIe siĂšcle : les nouvelles dĂ©couvertes de l’archĂ©ologie, Paris, Autrement, 2005 (ISBN 9782746707368)
  • RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Histoire, mythes, dictionnaire, Paris, Robert Laffont, 2008 (ISBN 9782221106310)
  • Anne Civardi, James Graham-Campbell, Stephen Cartwright, L’aventure des Vikings, Paris, Bordas, 1978
  • Yves Cohat, Les Vikings, rois des mers, Paris, Gallimard, 1994 ISBN 2-07-053027-2
  • Sigurd Curman, Objets d’art d’origine suĂ©doise des X premiers siĂšcles de notre Ăšre, Stockholm, Nordisk rotogravyr, 1933
  • FrĂ©dĂ©ric Durand, Les Vikings et la mer, Paris, Errance, 1996
  • Oddveig FoldĂžy, Inga Lundström, Le Viking dans l’identitĂ© norvĂ©gienne, Stavanger, MusĂ©e ArchĂ©ologique de Stavanger, 1995
  • James Graham-Campbell, Colleen Batey, Atlas du monde viking, Paris, Fanal, 1994
  • RenĂ© Guichard, Les Vikings, crĂ©ateurs d’États : Islande et NorvĂšge ; dĂ©couvreurs de nouveaux mondes : Érik le Rouge au Groenland en l’an 982, Leif l’Heureux au Vinland en l’an 1000, Paris, A. et J. Picard, 1972
Statue de Leif Erikson Ă  ReykjavĂ­k.
  • Charles Guyot, E. Wegener, Le Livre des Vikings d’aprĂšs les anciennes sagas, Paris, Piazza, 1924
  • Anders Hagen, Les bateaux vikings, Oslo, Universitetets Oldsaksamling, 1961
  • Roar Hauglid, Art norvĂ©gien, mille ans de tradition viking, Paris, Les Presses Artistiques, mars-mai 1954
  • John Haywood, Atlas des Vikings, Paris, Autrement, 1995 ISBN 2-86260-569-7
  • Angus Konstam, Atlas historique du monde viking, [S.l.], SuccĂšs du Livre, 2004
  • Jean-Pierre Langellier, Les HĂ©ros de l’an mil, Paris, Seuil, 2000
  • Gutorm Gjessing, Les bateaux vikings, Oslo, J. Petlitz Boktrykkeri, 1955
  • Claudine Glot, Michel Le Bris, L’Europe des Vikings, Paris, HoĂ«beke, 2004
  • Daniel Lacotte, Erik le Viking, Paris, Acropole, 1992
  • Daniel Lacotte, Les conquĂ©rants de la Terre Verte, Paris, HermĂ©, 1985
  • Jean Mabire, Pierre Vial, Les Vikings Ă  travers le monde, Saint-Malo, L’Ancre de marine, 1992 ISBN 2-905970-49-9
  • (pt) L. Saavedra Machado, « ExpediçÔes normandas no Ocidente da Hispania Â», Boletim do Instituto AlemĂŁo, III, Coimbra, 1930
  • AndrĂ© Manguin, Au temps des Vikings : les navires et la marine nordiques d’aprĂšs les vieux textes, Paris, Peyronnet, 1944
  • Margaret Mulvihill, Les Drakkars vikings, Tournai ; MontrĂ©al, Gamma ; Saint-Loup, 1990
  • HĂ©lĂšne Ouellet, Les transformations de la reprĂ©sentation du Viking en Angleterre, VIIIe XI e{{{5}}} siĂšcle. Bilan de l’historiographie anglaise du XXe siĂšcle, Ottawa, BibliothĂšque nationale du Canada, 1995
  • Robin Place, Les Vikings : rĂ©alitĂ©s et lĂ©gendes, Paris, Sorbier, 1988
  • Jean Renaud, Archipels norrois : Orcades, Shetland et HĂ©brides dans le monde viking, Göppingen, KĂŒmmerle, 1988
  • Jean Renaud, Les Vikings en France, Éditions Ouest-France (Édilarge), exclusivitĂ© pour le Grand Livre du Mois, (ISBN 2702854087), 2000
  • Elisabeth Ridel, L’HĂ©ritage maritime des Vikings en Europe de l’ouest, Caen, Presses universitaires de Caen, 2002
  • Thorleif SjĂžvold, Les Vaisseaux vikings : de Gokstad, d’Oseberg et de Tune : brĂšve introduction illustrĂ©e, Oslo, Dreyer, 1954
  • Elis Wadstein, Le mot viking : anglo-saxon wicing, frison wising, etc., Gotenb, Elanders boktryckeri Aktibolag, 1925
  • Patrick Weber, Vikings, Paris, TimĂ©e-Éditions, 2006
  • Robert Wernick, L’ÉpopĂ©e Viking, Amsterdam, Time-Life, 1980

Notes et références

  1. ↑ John Haywood Atlas des Vikings 789-1100, 1996, p. 50. (ISBN 2-86260-569-7).
  2. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Histoire, mythes, dictionnaire, Robert Laffont, 2008.
  3. ↑ Sawyer, Peter, The Oxford illustrated history of the Vikings, Oxford : Oxford University Press, 1997, p. 4. (ISBN 0192854348).
  4. ↑ Larousse. DĂ©couvertes du monde n° 2, « l’aventure Viking Â», octobre 1978.
  5. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings (800 Ă  1050), Ă©ditions Hachette, juin 2003, p.27 et 193
  6. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Robert Laffont, 2008.
  7. ↑ citĂ© dans Jean-François Mondot, « Des raids vikings Ă  l'installation dĂ©finitive Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 28
  8. ↑ Cf Les puppet-kings sont mentionnĂ©s par tous les auteurs britanniques. DerniĂšrement : David Hughes, « British Chronicles Â», 2007 ; R. Chartrand, Magnus Magnusson, Ian Heath, Mark Harrison, Keith Durham “The Vikings”, 2006 ;
  9. ↑ Philippe Descamps, « Guerres de clans et conquĂȘtes forcĂ©es Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 18
  10. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La sexologie avant les Normands, de la conquĂȘte romaine Ă  l'arrivĂ©e des Vikings, Ouest-France, Rennes, p. 372
  11. ↑ François Neveux (historien) « l’aventure des Normands VIII-XIII siĂšcle Â» collection Tempus, Ă©ditions Perrin, page 36, ISBN : 978-2-262-02981-4
  12. ↑ Anne Nissen Jaubert, « La face cachĂ©e des Vikings Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 89
  13. ↑ Cf Else Roesdahl, “The Vikings” Penguin, 1996 : “ The whole of Northern Europe had seen a great economic growth during the eighth century” p 188 ; “Emigration became a way of life for many people Â» ; p 190. Else Roesdahl, David M. Wilson, Chapitre introductif in “Les Vikings Â» Gd Palais, 1992, “L’une des causes de la participation de certains scandinaves aux expĂ©ditions et aux entreprises de colonisation peut avoir Ă©tĂ© l’existence de conditions matĂ©rielles difficiles dans leur pays d’origine : famines.., pauvretĂ©, manque de terres
 Â» p28 ; Peter Sawyer « The Oxford illustrated History of the Vikings Â»,1997, they « were attracted by the prospect of having more land than they could ever hope to own or rent in Scandinavia Â». p3
  14. ↑ . François Neveux (historien) « l’aventure des Normands VIII-XIII siĂšcle Â» collection Tempus, Ă©ditions Perrin, page 48, ISBN : 978-2-262-02981-4
  15. ↑ Olaf Olsen page 154 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum Ă©ditions Ahrens) Les vikings
Les scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  16. ↑ Else Roesdahl et David ( 1980/ Danmarks vikingetid) et M wilson : (1980 Les Mondes Nordiques) Les vikings
Les scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  17. ↑ Tout l’univers, Ă©dition Hachette, album n°5, p. 1110
  18. ↑ Annales royales franques citĂ©es dans Peter Sawyer, The Oxford Illustrated History of the Vikings, 2001, p. 20
  19. ↑ Jean Mabire, Pierre Vial, les Vikings Ă  travers le monde, Ă©ditions l’Ancre Marine, 2004, p. 14
  20. ↑ Pierre BarthĂ©lemy, 'les Vikings, Albin Michel, 1992, ISBN 2-226-03257-6 p. 112
  21. ↑ Jean Mabire, Pierre Vial, opt. cit, p. 13 et GĂ©nĂ©alogie de la famille de Saxe sur GĂ©nĂ©alogieQuĂ©bec
  22. ↑ C. D. Kindrock, a history of the vikings, Courrier Dover Publications, p. 91-92
  23. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquĂȘte romaine Ă  l'arrivĂ©e des Vikings, Ouest-France, Rennes, p. 371
  24. ↑ Lucien Musset, « Naissance de la Normandie Â», Michel de BoĂŒard (dir.), Histoire de la Normandie, Privat, 1970, p. 93. HypothĂšse que l'on peut aussi lire dans le Dictionnaire du Moyen Age, histoire et sociĂ©tĂ©, Encyclopaedia Universalis, Albin Michel, 1997, p.285 et 833
  25. ↑ François Xavier Dillmann (1975 Culture et civilisation vikings) P 19 Les Vikings
Les Scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  26. ↑ Rudolf Simek, « L'Ă©mergence de l'Ăąge viking : circonstances et conditions Â», dans RĂ©gis Boyer, Les vikings, premiers EuropĂ©ens VIIIe-XIe siĂšcle - Les nouvelles dĂ©couvertes de l'archĂ©ologie, Autrement, 2005
  27. ↑ KD Schmidt : Trosskiftet Kulturhistoriskt lexikon för Nordisk Medeldit
  28. ↑ a  et b  Jean Renaud, les dieux des Vikings, Ă©ditions Ouest France, (ISBN 2-7373-1468-2), sept 96
  29. ↑ Philippe Descamps, « Des rois sous le signe du Christ Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 110
  30. ↑ Jean Renaud, op. cit., p.188
  31. ↑ Jean Renaud, op. cit., p.187
  32. ↑ Olaf Olsen page 154-155 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum Ă©ditions Ahrens): Les vikings
Les scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  33. ↑ Bernard Mariller, Vikings, collection B-A BA, Ă©ditions PardĂšs, 2003
  34. ↑ Jean Renaud, op. cit., p. 190
  35. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings : histoire et civilisation, Paris, Perrin, 2002. RĂ©gis Boyer, Yggdrasill. la religion des anciens Scandinaves, Ă©ditions Payot, 2007. RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p. 18
  36. ↑ RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p. 81
  37. ↑ Olaf Olsen page 154-155 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum Ă©ditions Ahrens): Les vikings
Les scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  38. ↑ RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p. 89
  39. ↑ RĂ©gis Boyer : la vie religieuse en Islande, Paris, Fondation Singer-Polignac, 1979, 1Ă©re partie
  40. ↑ RĂ©gis Boyer :Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, Ă©ditions Payot, 2007, page 224
  41. ↑ RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p.  68
  42. ↑ Philippe Descamps, op. cit., p. 112
  43. ↑ Olaf Olsen page 154-155 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum Ă©ditions Ahrens): Les vikings
Les scandinaves et l’Europe P 26 Ă©ditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2
  44. ↑ RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p.&nbs;31, 32
  45. ↑ RĂ©gis Boyer, le Christ des Barbares, Ă©ditions du CERF, p.&nbs;93
  46. ↑ RĂ©gis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, Ă©dition Payot, P8 ISBN 978-2-228-90165-9
  47. ↑ Les Normands, une dynastie de conquĂ©rants, PremiĂšres invasions Lundi 13 avril 2009 France 5 RĂ©alisĂ© par : Caryl Ebenezer
  48. ↑ RĂ©gis Boyer, Le Christ des Barbares, Ă©ditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33
  49. ↑ RĂ©gis Boyer « l’Islande mĂ©diĂ©vale Â», Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7, p185
  50. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Sagas islandaises, Payot, ISBN 978-2-228-90164-2 p122
  51. ↑ RĂ©gis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, Ă©dition Payot, P 8 ISBN 978-2-228-90165-9
  52. ↑ Michel Balard, Jean-Philippe GenĂȘt, Michel Rouche, Le Moyen Âge en Occident, Hachette supĂ©rieur, 1997, p. 82
  53. ↑ Rollon, le fondateur de la Normandie, serait par exemple un NorvĂ©gien commandant une troupe danoise. Lucien Musset, « Naissance de la Normandie Â», Michel de BoĂŒard (dir.), Histoire de la Normandie, Privat, 1970, p. 102.
  54. ↑ En 851, des Danois abordĂšrent les cĂŽtes de l'Irlande puis s'emparĂšrent de Dublin mais deux princes norvĂ©giens les en chassĂšrent peu aprĂšs. Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquĂȘte romaine Ă  l'arrivĂ©e des Vikings, Ouest-France, Rennes, p. 377
  55. ↑ RĂ©gis Boyer, « Les VarĂšgues, ces Vikings qui firent la Russie ? Â» sur Clio.fr
  56. ↑ RĂ©gis Boyer, opt. cit.
  57. ↑ Jean Renaud, Les Vikings en France, Éditions Ouest-France, 2000, p. 9
  58. ↑ RĂ©gis Boyer, « Les Vikings en Grande-Bretagne Â» sur Clio.fr
  59. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.372-374
  60. ↑ Connaught, Munster, Leinster, Meath, Ailech, Ulaiech et Oriel
  61. ↑ ou Thorgils ou Thorgestr
  62. ↑ Selon RĂ©gis Boyer, les Celtes Ă©taient certainement plus nombreux que les Scandinaves
  63. ↑ RĂ©gis Boyer, « L'expansion viking Ă  l'Ouest, de Lindisfarne au-delĂ  du Groenland Â» sur Clio.fr
  64. ↑ Jean-Baptiste Gouyon, « Les Ă©popĂ©es atlantiques Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 58
  65. ↑ Émile Rauscher, « Avant Christophe Colomb, Bjarni, Leif et les autres Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 62-66
  66. ↑ RĂ©gis Boyer, « L'expansion viking Ă  l'Ouest, de Lindisfarne au-delĂ  du Groenland Â» sur Clio.fr ou RĂ©gis Boyer, Les Vikings : histoire et civilisation, Paris, Plon, 2002, p. 228
  67. ↑ Lucien Musset, Les Invasions. Le second assaut contre l'Europe chrĂ©tienne, 3e Ă©dition, Paris, 1984
  68. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.376
  69. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings : histoire et civilisation, Paris, Plon, 2002, p. 16
  70. ↑ Sur l’invasion de la Gascogne cf Georges-Bernard Depping, « Les expĂ©ditions maritimes des Normands Â», 1844, rĂ©Ă©ditĂ© Ă  la DĂ©couvrance, 2005 ; Jean Renaud, « les Vikings de la Charente Ă  l’assaut de l’Aquitaine Â», Princi Neguer, 2002 ; sur l’installation des Danois en Gascogne, cf RenĂ©e Mussot-Goulard « Histoire de la Gascogne Â» Que sais-je ?, JoĂ«l SupĂ©ry « le Secret des Vikings Â» Les Equateurs, 2005 ; « Les Vikings au cƓur de nos rĂ©gions Â» Yago, 2009.
  71. ↑ Robert Wernick, L’ÉpopĂ©e Viking, Amsterdam, Time-Life, 1980, p. 67. En ce qui concerne le nombre, gare toutefois aux exagĂ©rations coutumiĂšres des chroniqueurs contemporains
  72. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.377-378
  73. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.382-383
  74. ↑ selon la chronique anglo-saxonne [1]), les envahisseurs venaient de NorvĂšge et dĂ©barquĂšrent de trois bateaux. Le raid coĂ»ta la vie Ă  l’intendant du roi Beaduheard et Ă  ses hommes.
  75. ↑ Michel Dillange, Les Comtes de Poitou, Ducs d'Aquitaine (778-1204), Geste Ă©ditions, coll. « La CrĂšche Â», 1995, 304 p. (ISBN 2-910919-09-9), p. 53 .
  76. ↑ Cf « Annales royales dites de Saint Bertin Â», annĂ©e 858 ; Cf chroniqueurs sarrasins Ibn Hayyan, Ibn Al-Athir, Ibn Idhari, Al Nuwayri, citĂ©s in Alberto Perez de Laborda « Guia para la historia des pais Vasco hasta el siglo IX Â» Editorial Txertoa, 1996.
  77. ↑ Michel Dillange op. cit., p. 57.
  78. ↑ Eleanor Shipley Duckett, Alfred the Great: The King and His England, University of Chicago Press, 1958, p.79-80
  79. ↑ La Bourgogne au Moyen Âge, AcadĂ©mie de Dijon, Centre rĂ©gional de recherche et de documentation pĂ©dagogique, 1972
  80. ↑ Les premier Barons de La Roche sont les descendants directs des Normands installĂ©s sur le site.
  81. ↑ SiĂšge de GuĂ©rande mentionnĂ© par plusieurs sources dont : dans le manuscrit du XIe siĂšcle : « Vie de Saint Aubin Â», Biblio. Nat. et dans « Chroniques de Nantes Â».
  82. ↑ Lisa Garnier, « Byzance et les Vikings, un pan de l'histoire reste Ă  explorer Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 20
  83. ↑ Cf Pierre de Marca « Histoire du BĂ©arn Â» 1640, p215 cite l’acte de fondation de l’abbaye de Saint-Sever. Voir Ă©galement Charte de Condom.
  84. ↑ Michel Dillange op. cit., p. 61.
  85. ↑ Jean-François Mondot, « Des peuples plus riches que leur lĂ©gende. Interview d'Anne Nissen Jaubert Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 6
  86. ↑ Jean-François Mondot, idem
  87. ↑ Robert Wernick, L’ÉpopĂ©e Viking, Amsterdam, Time-Life, 1980, p. 21
  88. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Histoire, mythes, dictionnaire, Paris, Robert Laffont, 2008
  89. ↑ Certes, l'auteur n'est ni historien, ni archĂ©ologue, mais il est connu... RĂ©gis Boyer, « Les Vikings Â» Perrin, Ă©crit « La toponymie rĂ©vĂšle qu’en NorvĂšge, Ă  partir du VIIIe siĂšc le, l’habitat se dĂ©veloppe, et tout donne Ă  penser que le Nord a connu une forte expansion dĂ©mographique prĂ©cisĂ©ment dans les trois siĂšcles vikings, au point que l’on peut se hasarder Ă  dire que, vers 900, tout l’espace utilisable ait Ă©tĂ© utilisĂ© Â». p78
  90. ↑ citĂ© dans Robert Wernick, opt. cit., p. 34
  91. ↑ dĂ©gagĂ© en 1880 dans un tumulus en NorvĂšge
  92. ↑ trouvĂ©s Ă  l'entrĂ©e du fjord de Roskilde, au Danemark
  93. ↑ Snekka ou snekkja a donnĂ© en français le mot fĂ©minin esnĂšque
  94. ↑ Jean-Baptiste Gouyon, « Le drakkar, un navire simple mais efficace Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 41
  95. ↑ Robert Wernick, opt. cit., p. 51
  96. ↑ Jean-Baptiste Gouyon, « Sans carte ni compas Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 41
  97. ↑ Émilie Rauscher, « Avant Christophe Colomb. Bjarni, Leif et les autres Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 63
  98. ↑ Émilie Rauscher, idem
  99. ↑ RĂ©gis Boyer, « L'expansion viking Ă  l'Ouest, de Lindisfarne au-delĂ  du Groenland Â» sur Clio.fr
  100. ↑ RĂ©gis Boyer, « Pour prĂ©senter les Vikings Â» sur Clio.fr
  101. ↑ Robert Wernick, L’ÉpopĂ©e Viking, Amsterdam, Time-Life, 1980, p. 107
  102. ↑ RĂ©gis Boyer, ibidem
  103. ↑ interview sonore de RĂ©gis Boyer sur Canal AcadĂ©mie, webradio de l'Institut de France
  104. ↑ Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, opt. cit., p.371
  105. ↑ Il s'agit plus certainement d'une refondation puisque les archĂ©ologues ont retrouvĂ© les traces d'une agglomĂ©ration frisonne Ă  proximitĂ©. Lisa Garnier, « Des comptoirs commerciaux ouverts sur le monde Â», Cahiers de Sciences et Vie. Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 94
  106. ↑ Robert Wernick, L’ÉpopĂ©e Viking, Amsterdam, Time-Life, 1980, p 101-102.
  107. ↑ Robert Wernick, op. cit, p. 102-103
  108. ↑ Robert Wernick, op. cit, p. 110
  109. ↑ Lisa Garnier, op. cit., p. 93
  110. ↑ Robert Wernick, op. cit, p. 111-112
  111. ↑ Sur les routes improbables cf « Les Vikings Â», IdĂ©es reçues, 2002, p88 « Le Viking capturait volontiers le plus grand nombre d’esclaves possible qu’il emportait Ă  l’un des deux grands centres de trafic de cette « marchandise Â», soit la ville (aujourd’hui disparue) de Hedeby au Danemark, en face de l’actuelle ville de Schleswig, soit Ă  Byzance (sic) qui aura Ă©tĂ©, tout le Moyen-Âge durant, le grand centre de ce type de nĂ©goce. Les invendus, si l’on peut dire, il les rapportait chez lui
 Â» Sur le rĂŽle de Tortosa, plaque tournante de la traite : Ramon Miravall « Madina Turtuxa Â», Dertrosa, 1999
  112. ↑ Sources de cette partie : Bauduin [1994], pp. 14-16.
  113. ↑ Lisa Garnier, op. cit., p. 93
  114. ↑ RĂ©gis Boyer, Les Vikings, Robert Laffont, 2008, p. 475-9.
  115. ↑ Anne Nissen Jaubert, « Des peuples plus riches que leur lĂ©gende Â», Cahiers de Sciences et Vie, Vikings : enquĂȘte sur les secrets des maĂźtres des mers, n°80, avril 2004, p. 6-9

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  • VIKINGS — 
   Useful english dictionary


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