Victoria Ire du Royaume-Uni

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Victoria Ire du Royaume-Uni

Victoria du Royaume-Uni

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Victoria
Reine du Royaume-Uni
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La reine Victoria du Royaume-Uni

RĂšgne
20 juin 1837 – 22 janvier 1901
&&&&&&&&&&02322663 ans, 7 mois et 2 jours
Couronnement 28 juin 1838
Dynastie Maison de Hanovre
Prédécesseur Guillaume IV
Successeur Édouard VII
HĂ©ritier Édouard du Royaume Uni

Autres fonctions
Impératrice des Indes
PĂ©riode
1877 - 22 janvier 1901
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Monarque Victoria
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Successeur Édouard VII

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Biographie
Nom de naissance Alexandrina Victoria of Hanover
Naissance 24 mai 1819
Flag of the United Kingdom.svg Palais de Kensington, Londres (Royaume-Uni)
DĂ©cĂšs 22 janvier 1901 (Ă  81 ans)
PĂšre Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn
MĂšre Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld
Consort(s) Albert de Saxe-Cobourg-Gotha
Descendance Princesse Victoria
Édouard VII
Princesse Alice
Prince Alfred
Princesse Helena
Princesse Louise
Prince Arthur
Prince Leopold
Princesse Beatrice
Signature Queen Victoria Signature.svg

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Monarques du Royaume-Uni

Alexandrine Victoire de Hanovre (en anglais Alexandrina Victoria of Hanover) dite Drina est la fille du prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn et de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Elle est née à Londres le 24 mai 1819 et décédée à Osborne le 22 janvier 1901.

Elle fut reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande (1837–1901) et ImpĂ©ratrice des Indes (1876–1901). Son rĂšgne, qui dura plus de soixante-trois ans, demeure le plus long de toute l’histoire du Royaume-Uni.

En France, elle est connue couramment sous le simple nom de "la reine Victoria".

Le rĂšgne de Victoria fut marquĂ© par une impressionnante expansion de l’Empire britannique, devenu la premiĂšre puissance mondiale, et par la rĂ©volution industrielle, pĂ©riode de grand changement social, Ă©conomique et technologique. Ce rĂšgne fut ainsi appelĂ© Ăšre victorienne, Ă©poque de splendeur (comparable dans l'imaginaire britannique Ă  ce qu'est le siĂšcle de Louis XIV pour les Français) mais aussi de sĂ©vĂ©ritĂ© dans les mƓurs et de tensions sociales.

Victoria fut la derniĂšre souveraine de la maison de Hanovre qui rĂ©gnait sur les Ăźles Britanniques et leurs dĂ©pendances depuis 1714, tandis que l'Électorat de Hanovre Ă©tait passĂ© Ă  une autre branche de la maison de Hanovre en raison de loi successorales diffĂ©rentes. AprĂšs son dĂ©cĂšs, la couronne britannique passa Ă  la maison de Saxe-Cobourg-Gotha (nom britannique de la maison de Wettin) reprĂ©sentĂ©e par son fils Édouard VII et son petit-fils George V. Ce dernier, sous la pression de l'opinion publique changea son nom, jugĂ© trop germanique en pĂ©riode de PremiĂšre Guerre mondiale, en Windsor (1917). Cette maison fut reprĂ©sentĂ©e par ses fils Édouard VIII et Georges VI et sa petit-fille l'actuelle reine Élisabeth II.

Sommaire

Naissance

Victoria naĂźt le 24 mai 1819 au palais de Kensington Ă  Londres. Son pĂšre, le prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn, est le quatriĂšme fils du roi George III et de feue la reine nĂ©e Charlotte de Mecklembourg-Strelitz. Sa mĂšre, la princesse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, fille du duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld et de la comtesse Augusta d’Ebersdorf a Ă©pousĂ© en premiĂšres noces le prince Charles de Leiningen (1763-1814) dont elle a eu un fils et une fille.

Victoria est baptisĂ©e le 24 juin 1819 au palais de Kensington par l’archevĂȘque de CantorbĂ©ry. Son parrain est le tsar Alexandre Ier de Russie, en l’honneur duquel elle reçut son prĂ©nom. Ses marraines sont sa tante la reine Charlotte de Wurtemberg et sa grand-mĂšre, Augusta, duchesse douairiĂšre de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Bien que son prĂ©nom de baptĂȘme soit Alexandrina Victoria, elle est officiellement reconnue comme Ă©tant la princesse Victoria, qui est Ă©galement le prĂ©nom de sa mĂšre. Sa famille, quant Ă  elle, la surnomme Drina.

Enfance

Le pĂšre de la princesse, le duc de Kent, meurt d’une pneumonie dĂšs le 23 janvier 1820, alors qu’elle n’est ĂągĂ©e que de 8 mois. Son grand-pĂšre, le roi George III, aveugle et dĂ©ment, meurt moins d’une semaine plus tard, le 29 janvier 1820. Son oncle, le Prince RĂ©gent, hĂ©rite de la couronne, devenant ainsi roi sous le nom de George IV. Bien que Victoria soit bien placĂ©e dans la ligne de succession, on ne lui parle au cours de ses premiĂšres annĂ©es qu’allemand, la premiĂšre langue de sa mĂšre et de sa gouvernante. Mais dĂšs qu’elle atteint l’ñge de trois ans, elle poursuit sa scolaritĂ© en anglais. Elle apprend Ă©galement Ă  parler italien, grec, latin et français. Ses professeurs sont le rĂ©vĂ©rend Davys et la baronne Lehzen.

Elle a onze ans quand son oncle le roi George IV meurt sans enfant le 26 juin 1830, laissant le trĂŽne Ă  son frĂšre, le duc de Clarence et de St. Andrews qui devient roi sous le nom de Guillaume IV. Bien qu'il ait - comme ses frĂšres - Ă©pousĂ© sur le tard une princesse issue d'une famille souveraine, AdĂ©laĂŻde de Saxe-Meiningen, le nouveau roi n’a pas d’enfant lĂ©gitime survivant, la jeune princesse Victoria devient l’hĂ©ritiĂšre prĂ©somptive du trĂŽne britannique. Comme la loi ne prĂ©voit alors aucune disposition spĂ©ciale pour un monarque en bas Ăąge, Victoria aurait eu le droit de rĂ©gner comme un adulte. Pour prĂ©venir un tel scĂ©nario, le Parlement vote la Loi de rĂ©gence de 1831, selon laquelle la mĂšre de Victoria, prendrait, si nĂ©cessaire, la fonction de rĂ©gente pendant la minoritĂ© de la reine. Ne connaissant pas de prĂ©cĂ©dent, le Parlement ne crĂ©e pas de conseil pour limiter les pouvoirs du rĂ©gent.

En 1835, la princesse Victoria qui a seize ans rencontre son futur mari, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Le prince Albert est son cousin germain ; le pĂšre d'Albert, le duc Ernest Ier de Saxe-Cobourg-Gotha est en effet le frĂšre de la mĂšre de Victoria. L’oncle de la princesse Victoria, le roi Guillaume IV, dĂ©sapprouve l’union, mais ses objections ne rĂ©ussissent pas Ă  dissuader les jeunes gens. Beaucoup d’historiens ont suggĂ©rĂ© que le prince Albert n’était pas amoureux de la jeune Victoria et qu’il est entrĂ© en relation avec elle d’une part pour gagner un statut social (il n’était qu’un petit prince allemand, cadet d'un duchĂ© lilliputien) et d’autre part par sens du devoir (sa famille souhaitait l’union). Quelles que fussent les raisons qui poussĂšrent le prince Albert Ă  Ă©pouser Victoria, leur mariage se rĂ©vĂ©la extrĂȘmement heureux.

Accession au trĂŽne

L’accession au trîne de la reine Victoria le 20 juin 1837

Guillaume IV dĂ©cĂšde Ă  l’ñge de soixante-douze ans, le 20 juin 1837, laissant le trĂŽne Ă  Victoria. Comme la jeune reine vient d’avoir dix-huit ans, une rĂ©gence n’est pas nĂ©cessaire. Cependant, le royaume de Hanovre, un État qui partage son monarque avec la Grande-Bretagne depuis 1714, contrairement aux Ăźles Britanniques, est soumis Ă  la loi salique. Le Hanovre ne revient donc pas Ă  Victoria, mais Ă  son oncle, le prince Ernest Auguste, duc de Cumberland et de Teviotdale, qui devient roi sous le nom d'Ernest-Auguste Ier. Comme la jeune reine est encore cĂ©libataire et sans enfant, Ernest-Auguste Ier est aussi l’hĂ©ritier prĂ©somptif du trĂŽne britannique.

Quand Victoria accĂšde au trĂŽne, le gouvernement est contrĂŽlĂ© par le parti Whig, qui dĂ©tient le pouvoir depuis 1830, Ă  quelques interruptions prĂšs. Le Premier ministre, Lord Melbourne, devient immĂ©diatement une personnalitĂ© influente dans la vie de la jeune reine qui manque d’expĂ©rience politique et qui attend son avis sur de nombreuses dĂ©cisions Ă  tel point que certains appellent mĂȘme Victoria Mme Melbourne.

FĂȘtes du couronnement de la reine Victoria le 28 juin 1838

La reine est couronnĂ©e le 28 juin 1838. Plus tard, elle dĂ©clara : « ... le moment oĂč la couronne fut posĂ©e sur ma tĂȘte... fut, je dois l’admettre, des plus magnifiques et des plus impressionnants qui soient Â».

Le gouvernement Melbourne ne peut pas rester longtemps aux affaires ; il devient des plus impopulaires et doit faire face Ă  des difficultĂ©s liĂ©es Ă  l’administration des colonies britanniques. Dans le Bas-Canada et le Haut-Canada, le Royaume-Uni se trouve confrontĂ© Ă  une insurrection et en JamaĂŻque, l’assemblĂ©e coloniale proteste contre la politique britannique et refuse de voter certaines lois. En 1839, incapable de gĂ©rer la politique Ă©trangĂšre, le gouvernement de Lord Melbourne dĂ©missionne.

La reine charge Robert Peel, un Tory, de former un nouveau gouvernement. C'est alors qu'Ă©clate une crise politico-protoclaire connue sous le nom de Crise de la chambre Ă  coucher. À l’époque, il est d’usage que ce soit le Premier ministre qui nomme les Dames de la Reine de la Chambre Ă  coucher. Ces emplois sont traditionnellement accordĂ©s Ă  des femmes dont les Ă©poux appartiennent au parti au pouvoir. Beaucoup de Dames de la Reine de la Chambre Ă  coucher sont des Ă©pouses de Whigs, mais Sir Robert souhaite les remplacer par des Ă©pouses de Tories. Victoria s’oppose fermement Ă  ce remplacement car elle considĂšre davantage ces dames comme des amies que comme des membres d’une institution protocolaire. Peel estime qu’il ne peut pas gouverner sous les diktats de la reine et dĂ©missionne, permettant ainsi Ă  Lord Melbourne de revenir aux affaires.

Mariage

Le mariage de la reine Victoria et du prince Albert le 10 février 1840 d'apres un dessin de Sir Georges Hayter

Finalement, la reine Ă©pouse le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha le 10 fĂ©vrier 1840 dans la chapelle royale du palais St. James ; quatre jours plus tĂŽt, Victoria accordait Ă  son futur mari le titre d’altesse royale. Le prince Albert est communĂ©ment connu comme le prince consort, bien qu’il n’obtienne officiellement ce titre qu’en 1857. On ne lui a cependant jamais accordĂ© de pairie.

La reine est rapidement enceinte. Pendant sa grossesse, un jeune homme de dix-huit ans, Edward Oxford, tente de l’assassiner tandis qu’elle se rend dans une voiture avec le prince Albert Ă  Londres. Oxford tire deux fois, mais les deux balles manquent leur cible. Il est jugĂ© pour haute trahison, mais acquittĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© reconnu fou. Nombreux sont ceux qui se sont interrogĂ©s sur son geste ; Oxford peut simplement avoir cherchĂ© la notoriĂ©tĂ©. Beaucoup ont suggĂ©rĂ© qu’une conspiration chartiste Ă©tait derriĂšre la tentative d’assassinat ; d’autres ont attribuĂ© le complot Ă  des sympathisants de l’hĂ©ritier prĂ©somptif, le roi Ernest-Auguste Ier de Hanovre. Ces soupçons de conspiration suscitent dans le pays une vague de patriotisme et de loyautĂ©.

L’attentat n’a aucun effet sur la santĂ© de la reine ni sur sa grossesse. Le premier enfant du couple royal, une fille prĂ©nommĂ©e Victoria comme sa mĂšre et sa grand-mĂšre, naĂźt le 21 novembre 1840. Huit autres enfants naquirent pendant le mariage prolifique et heureux de Victoria et d'Albert. Le prince Albert n’est pas seulement le compagnon de la reine, mais c'est aussi un conseiller politique important, remplaçant Lord Melbourne comme figure dominante dans sa vie. Ayant trouvĂ© un partenaire, Victoria ne compte plus sur les Ă©pouses de Whigs pour sa compagnie. Ainsi, quand les Whigs de Lord Melbourne perdent les Ă©lections de 1841 et sont remplacĂ©s par les Tories de Sir Peel, la Crise de la chambre Ă  coucher ne se rĂ©pĂšte pas. Victoria continue Ă  correspondre secrĂštement avec Lord Melbourne, dont l’influence, pourtant, diminue Ă  mesure que celle du prince Albert grandit.

Le 13 juin 1842, Victoria fait son premier voyage par le train, voyageant de la station de Slough (prĂšs du ChĂąteau de Windsor) au Bishop’s Bridge, prĂšs de Paddington (Ă  Londres), dans une voiture royale spĂ©ciale fournie par la Great Western Railway. Son mari et l’ingĂ©nieur de la Great Western Railway, Isambard Brunel, l’accompagnent.

En 1842, la reine est la cible de trois tentatives d’assassinat. Le prince Albert estime que ces nouvelles tentatives ont Ă©tĂ© encouragĂ©es par l’acquittement d’Oxford en 1840. Le 29 mai 1842 Ă  St. James’ Park, John Francis (cherchant fort probablement Ă  gagner une certaine notoriĂ©tĂ©) tire au pistolet sur la reine (alors en voiture), mais il est immĂ©diatement saisi par William Trounce. Il est condamnĂ© pour haute trahison, mais sa condamnation Ă  mort est commuĂ©e en dĂ©tention Ă  vie. Le 3 juillet, un autre jeune homme, John William Bean, tire sur la reine. Bien que son fusil n’ait Ă©tĂ© chargĂ© que de papier et de tabac, son crime reste passible de la peine de mort. Estimant une telle peine trop dure, le prince Albert encourage le Parlement Ă  voter une loi, selon laquelle pointer une arme Ă  feu vers la reine, la frapper, lui lancer un objet ou exhiber en sa prĂ©sence une arme Ă  feu ou tout autre arme dangereuse avec l’intention de la menacer, est passible d’un emprisonnement de sept ans et de flagellation. Bean est ainsi condamnĂ© Ă  dix-huit mois de prison. Cependant ni lui, ni aucun justiciable ne furent jamais fouettĂ©s pour un dĂ©lit similaire.

Enfants

Nom Naissance DĂ©cĂšs Mariage Conjoint
Princesse Victoria

(Victoria Adelaide Mary Louise)

21 novembre 1840 5 août 1901 25 janvier 1858 prince Frédéric de Prusse

(futur empereur d'Allemagne et roi de Prusse)

Roi Édouard VII

(Albert Edward)

9 novembre 1841 6 mai 1910 10 mars 1863 princesse Alexandra de Danemark
Princesse Alice

(Alice Maud Mary)

25 avril 1843 14 dĂ©cembre 1878 1er juillet 1862 prince Ludwig de Hesse

(futur grand-duc de Hesse et du Rhin)

Prince Alfred

(Alfred Ernest Albert)

6 août 1844 31 juillet 1900 23 janvier 1874 grande-duchesse Maria Alexandrovna de Russie
Princesse Helena

(Helena Augusta Victoria)

25 mai 1846 9 juin 1923 5 juillet 1866 prince Christian de Schleswig-Holstein
Princesse Louise

(Louise Caroline Alberta)

18 mars 1848 3 décembre 1939 21 mars 1871 John Campbell marquis de Lorne

(futur neuviĂšme duc d'Argyll)

Prince Arthur

(Arthur William Patrick Albert)

1er mai 1850 16 janvier 1942 13 mars 1879 Princesse Luise-Margarete de Prusse
Prince Leopold

(Leopold George Duncan Albert)

7 avril 1853 28 mars 1884 27 avril 1882 princesse Helena de Waldeck-Pyrmont
Princesse Beatrice

(Beatrice Mary Feodore Victoria)

14 avril 1857 26 octobre 1944 23 juillet 1885 Prince Henry de Battenberg

Irlande

Victoria par Francis Grant

La jeune reine Victoria tombe amoureuse de l’Irlande et choisit de passer ses vacances Ă  Killarney, dans le comtĂ© de Kerry, qu’elle fait l’un des sites touristiques les plus en vogue du XIXe siĂšcle. En rĂ©ponse Ă  sa passion pour cette Ăźle, les Irlandais lui vouent d’abord un respect chaleureux. Mais, en 1845, l’Irlande est frappĂ©e par une Ă©pidĂ©mie de mildiou qui frappe les rĂ©coltes de pomme de terre, qui, en plus de quatre ans, coĂ»te la vie Ă  plus d’un demi-million d’Irlandais et qui provoque l’émigration d'un million d’autres. En rĂ©ponse Ă  ce qu’on appellera la Grande famine de la pomme de terre (en irlandais : An Gorta MĂłr), la reine offre 5 000 ÂŁ sur sa cassette personnelle et s’implique dans diverses organisations de lutte contre la famine. Alors que l’on doit faire surtout porter la responsabilitĂ© de l’aggravation de la famine en Irlande Ă  la politique du gouvernement Russell, celle-ci est reprochĂ©e Ă  la reine qui y perd sa popularitĂ©. Pour les rĂ©publicains extrĂ©mistes, Victoria devient la Reine de la Famine. Des rumeurs courent mĂȘme dans les milieux rĂ©publicains sur l’indigence de sa contribution Ă  la lutte contre la famine (5 ÂŁ).

La premiĂšre visite officielle de Victoria en Irlande, en 1849, est organisĂ©e personnellement par Lord Clarendon, reprĂ©sentant de la Couronne en Irlande, c’est-Ă -dire chef de l’administration britannique dans l’üle. Son but est d’essayer Ă  la fois d’attirer, grĂące Ă  la prĂ©sence de la reine, l’attention du public sur la famine, mais aussi d’alerter les politiciens britanniques sur l’ampleur de la crise en Irlande. MalgrĂ© l’impact nĂ©gatif de la famine sur la popularitĂ© de la reine, celle-ci jouit encore d’une certaine estime auprĂšs des nationalistes ; en effet leurs rĂ©unions se terminent toujours par l’hymne du God Save the Queen. Pourtant durant les annĂ©es 1870 et 1880, le respect pour la monarchie dĂ©croĂźt considĂ©rablement en Irlande, en partie Ă  la suite de la dĂ©cision de Victoria d’annuler sa visite sur l’üle. En effet, la Corporation de Dublin refuse de fĂ©liciter son fils, le Prince de Galles, d’abord Ă  l’occasion de son mariage avec la princesse Alexandra de Danemark en 1863, puis Ă  l’occasion de la naissance de son fils le prince Albert Victor de Galles en 1864.

Victoria rĂ©siste Ă  la pression rĂ©pĂ©tĂ©e de plusieurs de ses Premiers ministres, des lords lieutenants et mĂȘme de membres de la famille royale, lui conseillant d’établir une rĂ©sidence royale en Irlande. Dans ses mĂ©moires en 1930, qu’il a intitulĂ©es Irlande : dupe ou hĂ©roĂŻne ?, Lord Midleton, ancien dirigeant du parti irlandais unioniste, dĂ©crit ce refus comme dĂ©sastreux pour la monarchie et pour l’administration britannique en Irlande.

Victoria organise sa derniĂšre visite en Irlande en 1900, pour appeler les Irlandais Ă  s’enrĂŽler dans l’armĂ©e britannique pour combattre dans la Seconde Guerre des Boers. L’opposition nationaliste Ă  cette visite est menĂ©e par Arthur Griffith, qui fonde une organisation appelĂ©e Cumann na nGaedheal. Cinq ans plus tard, Griffith utilise les contacts qu’il a Ă©tabli lors de cette campagne pour former un nouveau mouvement politique, le Sinn FĂ©in.

Politique

Années 1840

La reine Victoria en 1845

En signe d'Entente cordiale entre l'Angleterre et la France, la reine Victoria séjourne à deux reprises chez le roi Louis-Philippe Ier, dans son chùteau d'Eu, en Normandie, au cours des années 1843 et 1845, tandis que le roi des Français rend visite à la souveraine britannique au chùteau de Windsor en 1844. Ces années sont marquées par plusieurs mariages entre les membres des Maisons d'Orléans et de Saxe-Cobourg-Gotha.

Pendant ce temps, le gouvernement de Lord Peel doit affronter une crise Ă  propos de l’abrogation des lois sur les cĂ©rĂ©ales. Beaucoup de Tories sont opposĂ©s Ă  son abrogation, tandis que certains d’entre eux (les peeliens) ainsi que la plupart des Whigs soutiennent le projet. La loi est finalement abrogĂ©e et Sir Robert dĂ©missionne en 1846.

Il est remplacĂ© par Lord Russell. Comme celui-ci est whig, la reine n’apprĂ©cie pas son gouvernement. En particulier, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, Lord Palmerston, qui agit souvent sans consulter ni le cabinet, ni le Premier ministre, ni la reine, ce qui apparaĂźt Ă  la reine comme une insolence inadmissible. En 1849, la reine s’en plaint auprĂšs de Lord Russell, en signalant que Lord Palmerston a envoyĂ© des missives officielles Ă  des chefs d’État Ă©trangers sans l’en avoir informĂ©e. Elle renouvelle sa plainte en 1850, mais toujours sans succĂšs. Lord Palmerston ne quitte finalement le gouvernement qu’en 1851 : il avait, entre autres, approuvĂ© au nom du gouvernement britannique le coup d’Etat de Louis-NapolĂ©on Bonaparte, sans avoir consultĂ© prĂ©alablement le Premier ministre.

La pĂ©riode pendant laquelle Lord Russell est Premier ministre est pĂ©nible pour la Reine. En 1849, William Hamilton, un chĂŽmeur irlandais mĂ©content essaye de s’en prendre Ă  elle en tentant de mettre le feu Ă  sa voiture Ă  l’aide d’un pistolet rempli de poudre. Hamilton est jugĂ© selon la loi de 1842. Il plaide coupable et reçoit la peine maximale de sept ans d’emprisonnement. En 1850, la reine est agressĂ©e par un ancien soldat probablement aliĂ©nĂ©, Robert Pate. Alors que Victoria monte dans une voiture, Pate la frappe avec sa canne et la blesse. Pate sera lui aussi jugĂ© ; n’ayant pas rĂ©ussi Ă  prouver sa folie, il reçoit la mĂȘme sentence que Hamilton.

Années 1850

En 1851, la premiĂšre exposition universelle, Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations, est organisĂ©e au Palais de Cristal. OrchestrĂ©e par le prince Albert, l’exposition est officiellement inaugurĂ©e par la reine le 1er mai. MalgrĂ© les craintes de certains, elle remporte un trĂšs grand succĂšs. Les recettes permettent l’entretien du South Kensington Museum.

À la chute du ministĂšre de Lord Russell en 1852, le Premier ministre whig est remplacĂ© par un tory, Lord Derby. Lord Derby ne reste pas longtemps au pouvoir, car il ne peut pas conserver de majoritĂ© au Parlement et il doit dĂ©missionner moins d’un an aprĂšs ĂȘtre arrivĂ© aux affaires.

Victoria cherche alors Ă  mettre fin Ă  cette pĂ©riode de gouvernements faibles. La reine ainsi que son Ă©poux encouragent vivement la formation d’une coalition entre les Whigs et les Tories peeliens. Un tel gouvernement est effectivement formĂ©, sous l’égide de Lord Aberdeen.

Un des actes les plus importants du nouveau gouvernement est de faire entrer le Royaume-Uni dans la Guerre de CrimĂ©e en 1854, aux cĂŽtĂ©s de la France et de l’Empire ottoman contre la Russie. ImmĂ©diatement avant l’entrĂ©e du Royaume-Uni, des rumeurs selon lesquelles la reine et le prince Albert prĂ©fĂšreraient l’alliance avec la Russie entament la popularitĂ© du couple royal. Pourtant, Victoria prend publiquement le parti des troupes engagĂ©es au cĂŽtĂ© de l’Empire ottoman. À la fin de la guerre, elle crĂ©e mĂȘme la Victoria Cross, une dĂ©coration rĂ©compensant la bravoure des combattants.

Sa gestion trÚs critiquée de la Guerre de Crimée pousse Lord Aberdeen à démissionner en 1855.

Il est remplacĂ© par Lord Palmerston, avec qui la reine s’est rĂ©conciliĂ©e. Lord Palmerston doit quitter ses fonctions en raison de son impopularitĂ© due Ă  la façon dont il a conduit la Seconde Guerre de l'Opium, en 1857. Il est remplacĂ© par Lord Derby.

Sous l’administration de Lord Derby Ă©clate la RĂ©volte des Cipayes dirigĂ©e contre la domination de la Compagnie anglaise des Indes orientales sur l’Inde. AprĂšs l’écrasement de la rĂ©bellion, l’Inde est soumise Ă  la gestion directe de la Couronne, mais le titre d’ImpĂ©ratrice des Indes n’est instaurĂ© que vingt ans plus tard. Le deuxiĂšme gouvernement de Lord Derby ne fait pas mieux que le premier ; il chute en 1859, permettant Ă  Lord Palmerston de revenir au pouvoir.

Années 1860

La mort du Prince Consort le 14 dĂ©cembre 1861 affecte profondĂ©ment la reine qui prend le deuil, s’habille de noir et Ă©vite les apparitions publiques et les visites Ă  l’intĂ©rieur de Londres. Son isolement lui vaut le surnom de Veuve de Windsor. Elle reproche Ă  son fils, le prince Edouard, prince de Galles sa frivolitĂ© ainsi que la mort de son pĂšre.

En revanche, Victoria se confie de plus en plus Ă  un domestique Ă©cossais, John Brown, Ă  tel point que l’on soupçonne une liaison et mĂȘme un mariage secret. Un journal intime rĂ©cemment dĂ©couvert serait la confession Ă  l’article de la mort du chapelain privĂ© de la reine et insinuerait que celui-ci aurait prĂ©sidĂ© au mariage secret de Victoria et de John Brown. Mais de nombreux historiens rĂ©pugnent Ă  accorder du crĂ©dit Ă  ce document. Cependant, Ă  la demande de la reine Victoria, deux objets ont Ă©tĂ© placĂ©s, Ă  ses cĂŽtĂ©s dans son cercueil : une des robes de chambre d’Albert et dans sa main gauche un portrait et une mĂšche de cheveux de Brown. Suite Ă  ces rumeurs de liaison et de mariage, certains ont donnĂ© Ă  Victoria le surnom de Mme Brown.

Pendant ce temps, l’isolement de Victoria et son Ă©loignement de la scĂšne publique contribuent Ă  faire chuter la popularitĂ© de la monarchie et Ă  favoriser le mouvement rĂ©publicain. La reine accomplit cependant avec sĂ©rieux ses devoirs officiels mais elle ne participe plus activement au gouvernement du royaume, s’isolant dans ses rĂ©sidences royales de Balmoral en Écosse et d’Osborne dans l’Île de Wight. C’est pendant cette pĂ©riode qu’est votĂ©e par le Parlement, la loi la plus importante du XIXe siĂšcle : la Loi de RĂ©forme de 1867 du systĂšme Ă©lectoral. Lord Palmerston y est vigoureusement opposĂ©. À sa mort en 1865, il est remplacĂ© par Lord Russel, puis par Lord Derby et c’est sous ce dernier gouvernement que la loi de RĂ©forme est votĂ©e.

Années 1870

Cette caricature, Nouvelles Couronnes pour Vieux, inspirée d'un conte arabe, représente Disraeli en colporteur offrant à Victoria une couronne impériale

Le Premier ministre conservateur Benjamin Disraeli prend sa charge en 1868 ; il s'avĂšre ĂȘtre le Premier ministre prĂ©fĂ©rĂ© de Victoria. Pourtant, son gouvernement rĂ©siste peu de temps et William Gladstone le remplace.

Membre du Parti libéral (c'est ainsi qu'on appelait la coalition whigs-peeliens), il est en désaccord aussi bien avec Victoria qu'avec Disraeli. Celle-ci a le sentiment, comme elle l'a dit à l'occasion, que lorsqu'il s'adresse à elle, il le fait comme s'il s'adressait à des militants politiques. C'est sous le gouvernement de Gladstone, au début des années 1870, que la reine commence à sortir peu à peu de son deuil et de son isolement. Encouragée par son entourage, elle intervient plus souvent.

En 1872, Victoria subit sa sixiĂšme agression avec arme Ă  feu. Alors qu'elle descend de voiture, un Irlandais de dix-sept ans, Arthur O'Connor, se prĂ©cipite vers elle, un pistolet dans une main et une pĂ©tition pour la libĂ©ration des prisonniers irlandais dans l'autre. L'arme n'est pas chargĂ©e ; le but du jeune homme est trĂšs probablement de faire peur Ă  Victoria pour qu'elle accepte la pĂ©tition. John Brown, qui se trouve Ă  cĂŽtĂ© de la reine, plaque le garçon au sol avant mĂȘme que Victoria ait pu voir le pistolet ; il est dĂ©corĂ© d'une mĂ©daille d'or pour sa bravoure. O'Connor est condamnĂ© Ă  la dĂ©portation et au chĂątiment corporel, comme prĂ©vu par la loi de 1842, mais Victoria accorde sa grĂące pour la deuxiĂšme partie de la sentence.

Disraeli revient au pouvoir en 1874, Ă  un moment oĂč la fibre colonialiste naĂźt dans le royaume, sentiment partagĂ© par le nouveau Premier ministre et la reine, comme par beaucoup en Europe. En 1876, encouragĂ© par Disraeli, la reine prend le titre d’ImpĂ©ratrice des Indes, titre officiellement reconnu par la Loi sur les titres royaux (Royal Titles Act) de 1876. Victoria rĂ©compense son Premier ministre en le faisant Comte de Beaconsfield.

Années 1880

La Famille Royale en 1880

En 1880 les libéraux remportent les élections générales et le gouvernement de Lord Beaconsfield démissionne. Comme Gladstone a quitté la direction des libéraux quatre ans plus tÎt, la reine invite Lord Hartington, le chef des libéraux à la Chambre des communes, à former un gouvernement. Mais Lord Hartington refuse, en affirmant qu'un gouvernement libéral ne peut pas travailler sans Gladstone et que lui, Hartington, ne servirait dans aucun gouvernement qui ne soit dirigé par lui. Victoria cÚde et nomme Gladstone Premier ministre.

Le septiĂšme et dernier attentat contre la vie de Victoria survient en 1882. Un fou Ă©cossais, Roderick Maclean, tire une balle en direction de la reine, alors assise dans sa voiture, mais la manque. Depuis 1842, chaque individu qui a essayĂ© d'attaquer la reine a Ă©tĂ© jugĂ© pour incartade (punissable de sept ans de travaux forcĂ©s), mais Maclean est jugĂ© pour haute trahison (passible de la peine de mort). Il est acquittĂ©, ayant Ă©tĂ© jugĂ© irresponsable et est enfermĂ© dans un asile. Victoria exprime sa grande contrariĂ©tĂ© vis-Ă -vis du verdict « non coupable, mais dĂ©ment Â», et encourage l'introduction du verdict « coupable, mais dĂ©ment Â» l'annĂ©e suivante.

Les conflits de Victoria avec Gladstone continuent. Elle est contrainte d'accepter les réformes électorales qu'il propose, en incluant Representation of the People Act de 1884, qui augmente considérablement la taille du corps électoral. Le gouvernement de Gladstone est remplacé en 1885, par le gouvernement conservateur de Lord Salisbury, mais Gladstone revient au pouvoir dÚs 1886 et présente le Irish Home Rule Bill, qui propose une chambre séparée pour l'Irlande. Victoria s'y oppose, arguant que cela saperait l'Empire britannique. Quand le projet de loi est rejeté par la Chambre des Lords, Gladstone démissionne, et Victoria nomme Lord Salisbury Premier ministre.Le 16 Avril 1886 le reine Victoria et sa fille Béatrice se sont rendus au belvedÚre de la Chambotte (Savoie) chez monsieur Louis Lansard et sa femme qui tenaient un restaurant. La reine Victoria fit aussi de nombreux sejours aux thermes d'Aix les Bains en Savoie.

Années 1890

La reine Victoria, photographiée à l'occasion de son jubilé de diamant, en 1897.

En 1887, le Royaume-Uni cĂ©lĂšbre le JubilĂ© de Victoria, c'est-Ă -dire le cinquantiĂšme anniversaire de son accession au trĂŽne. La reine marque l'Ă©vĂ©nement le 20 juin 1887 par un banquet, auquel une partie de sa famille - soit cinquante rois et princes europĂ©ens - est invitĂ©e. Le lendemain, elle participe Ă  un dĂ©filĂ© qui, selon Mark Twain, « s'Ă©tendait Ă  perte de vue dans les deux directions Â». À l'Ă©poque, Victoria est un monarque extrĂȘmement populaire. Le scandale de ses relations supposĂ©es avec son domestique s'est apaisĂ© aprĂšs la mort de John Brown en 1883, permettant Ă  la reine d'ĂȘtre perçue comme un symbole de moralitĂ©.

Victoria est contrainte de supporter un gouvernement de Guillaume Gladstone encore une fois, en 1892. AprĂšs la derniĂšre dĂ©faite de sa loi sur le Irish Home Rule Bill, il prend sa retraite en 1894, pour ĂȘtre remplacĂ© par Lord Rosebery, un libĂ©ral colonialiste.

À Lord Rosebery, succùde en 1895 Lord Salisbury, qui reste au pouvoir jusqu'à la fin du rùgne de Victoria.

Vieillesse

Le 22 septembre 1896, Victoria devient le monarque de l'histoire anglaise, écossaise, ou britannique ayant régné le plus longtemps, dépassant le record détenu jusqu'à présent par son grand-pÚre, George III. Conformément à la demande de la reine, toutes les célébrations publiques spéciales de l'événement sont retardées jusqu'à 1897, pour le soixantiÚme anniversaire de son accession au trÎne. Le Ministre des Colonies, Joseph Chamberlain, propose que le Jubilé devienne un festival de l'Empire britannique. Ainsi, les Premiers ministres de toutes les colonies autonomes sont invités avec leur famille. Le défilé auquel la reine assiste comporte des troupes issues de chaque colonie britannique et des dépendances, ainsi que des soldats envoyés par les princes et les chefs des Indes britanniques (qui sont des vassaux de Victoria, Impératrice des Indes). La célébration du soixantiÚme anniversaire est marquée par de grands débordements d'affection envers une reine bientÎt octogénaire, alors clouée dans un fauteuil roulant.

Pendant les derniÚres années de Victoria, le Royaume-Uni est impliqué dans la Seconde Guerre des Boers, qui a reçu le soutien enthousiaste de la reine. La vie personnelle de Victoria est marquée par de nombreuses tragédies personnelles, dont la mort de son fils, le prince Alfred, duc de Saxe-Cobourg-Gotha, la maladie mortelle de sa fille, l'impératrice douairiÚre allemande Victoria, princesse royale et la mort de deux de ses petits-fils. Sa derniÚre apparition publique officielle a lieu en 1899, quand elle pose la premiÚre pierre des nouveaux bùtiments du South Kensington Museum, devenu Victoria and Albert Museum.

DĂ©cĂšs et fin du rĂšgne de la maison de Hanovre

Selon l'habitude qu'elle respecte depuis le dĂ©but de son veuvage, Victoria passe NoĂ«l Ă  Osborne House (que le prince Albert a dessinĂ© lui-mĂȘme), sur l'Île de Wight. Elle y meurt le 22 janvier 1901, ayant rĂ©gnĂ© soixante-trois ans, sept mois et deux jours, c'est-Ă -dire plus que n'importe quel monarque britannique auparavant. Ses funĂ©railles ont lieu le 2 fĂ©vrier ; aprĂšs deux jours d'exposition solennelle, sa dĂ©pouille est inhumĂ©e dans le MausolĂ©e Frogmore, Ă  Windsor, aux cĂŽtĂ©s de celle de son mari.

À Victoria succĂšde son fils aĂźnĂ©, le prince Édouard, prince de Galles, qui rĂšgne sous le nom d'Édouard VII. La mort de Victoria sonne, au Royaume-Uni, la fin de la Maison de Hanovre, une branche de la Maison d'Este ; Édouard VII, comme son pĂšre le prince Albert, appartient Ă  la Maison de Saxe-Cobourg-et-Gotha, une branche de la Maison de Wettin. Le fils et successeur d'Édouard VII, le roi George V, change le nom de la Maison royale en Maison de Windsor pendant la PremiĂšre Guerre mondiale (1917), car le nom Saxe-Cobourg-Gotha est associĂ© Ă  l'ennemi du Royaume-Uni, Ă  savoir l'Allemagne, dirigĂ©e pourtant par un des petit-fils de Victoria, Guillaume II. Il est d'ailleurs Ă  noter que deux autres souverains allemands de cette pĂ©riode sont aussi des petit-fils de Victoria: le grand-duc de Hesse, frĂšre de la tsarine et le duc de Saxe-Cobourg-Gotha.

HĂ©ritage

Le Penny Black, premier timbre-poste Ă©mis en 1840, Ă  l'effigie de la reine Victoria.

La reine Victoria fut le premier monarque britannique de l'Ă©poque moderne. Alors que ses prĂ©dĂ©cesseurs avaient pu jouer un rĂŽle actif dans le gouvernement du pays, une sĂ©rie de rĂ©formes ont accru le pouvoir de la Chambre des communes aux dĂ©pens de celui de la monarchie et des lords, conduisant le monarque Ă  un rĂŽle plus symbolique. À compter du rĂšgne de Victoria, la reine ou le roi avait, selon l'aphorisme de Walter Bagehot, « le droit d'ĂȘtre consultĂ©, le droit de conseiller et le droit de mettre en garde. Â»

La monarchie de Victoria est devenue plus symbolique que politique, avec un accent portĂ© sur la moralitĂ© et les valeurs familiales victoriennes, par opposition aux affaires de mƓurs et aux scandales financiers qui avaient Ă©tĂ© associĂ©s aux membres prĂ©cĂ©dents de la Maison de Hanovre et qui avaient discrĂ©ditĂ© la monarchie. Le rĂšgne de Victoria voit la crĂ©ation du concept de monarchie familiale auquel les classes moyennes naissantes peuvent s'identifier.

Sur le plan international, Victoria fut une figure majeure, non seulement par l'image qu'elle incarna ou par l'influence du Royaume-Uni sur l'Empire, mais par les liens familiaux qu'elle a su tisser avec les familles royales d'Europe, lui valant ainsi le surnom affectueux de grand-mÚre de l'Europe. On peut citer par exemple le fait que trois des principaux monarques des pays impliqués dans la PremiÚre Guerre mondiale étaient, soit les petits-fils de Victoria, soit des maris de petits-filles de Victoria. Huit des neuf enfants de Victoria épousÚrent des membres de familles royales européennes et la neuviÚme épousa un duc écossais, premier gouverneur du Canada.

Victoria a transmis Ă  sa descendance le gĂšne de l'hĂ©mophilie, mais on ne sait pas comment elle en a hĂ©ritĂ©. Elle a pu l'acquĂ©rir Ă  la suite de la mutation d'un gĂšne, son pĂšre ayant cinquante-deux ans quand Victoria fut conçue. On a aussi dit que le prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn n'Ă©tait pas le pĂšre biologique de Victoria, et qu'elle Ă©tait en fait la fille du secrĂ©taire particulier irlandais et amant de sa mĂšre, Sir Conroy. Si l'on a bien quelques preuves d'une relation entre la princesse Viktoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld et Sir Conroy (Victoria elle-mĂȘme a racontĂ© au duc de Wellington avoir assistĂ© Ă  un incident entre eux), l'histoire mĂ©dicale de Sir Conroy ne rĂ©vĂšle aucune trace d'hĂ©mophilie dans sa famille, ce qui aurait dĂ» ĂȘtre le cas s'il avait dĂ» transmettre le gĂšne. Il est beaucoup plus probable que la maladie lui a Ă©tĂ© transmise par sa mĂšre, bien qu'il n'y ait pas eu de cas connu d'hĂ©mophilie dans sa famille maternelle. Elle n'a pas souffert de la maladie, mais l'a transmise Ă  au moins trois de ses enfants. La victime d'hĂ©mophilie le plus cĂ©lĂšbre dans sa descendance fut son arriĂšre petit-fils, le tsarĂ©vitch Alexis de Russie.

En 2004, les monarques europĂ©ens et anciens monarques descendants de Victoria sont : la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, le roi Harald V de NorvĂšge, le roi Charles XVI Gustave de SuĂšde, la reine Marguerite II de Danemark, le roi Jean-Charles Ier d'Espagne, le roi Constantin Ier des HellĂšnes (dĂ©trĂŽnĂ©) et le roi Michel Ier de Roumanie (dĂ©trĂŽnĂ©). Les prĂ©tendants aux trĂŽnes de France, de Serbie, de Russie, de Prusse et d'Allemagne, de Saxe-Cobourg-Gotha, de Hanovre, de Hesse et de Bade sont aussi ses descendants.

La reine Victoria a Ă©tĂ© impopulaire pendant les premiĂšres annĂ©es de son veuvage, mais elle est revenue dans le cƓur de ses sujets, durant la dĂ©cennie 1880-1890. En 2002, un sondage organisĂ© par la BBC concernant les cent Britanniques considĂ©rĂ©s comme les plus grands, Victoria arriva en dix-huitiĂšme position.

Parmi les innovations de l'Úre victorienne, on peut citer les timbres postaux, dont le premier, le Penny Black (émis en 1840), présente une image de la reine, et le chemin de fer, que Victoria fut le premier souverain britannique à prendre.

Le Victoria Memorial de Londres

Dans le monde, plusieurs lieux ou sites ont Ă©tĂ© nommĂ©s en l'honneur de la reine Victoria, Ă  savoir :

La reine Victoria reste le monarque britannique dont le souvenir est le plus prĂ©sent. De nombreuses statues la reprĂ©sentant sont Ă©rigĂ©es Ă  travers tout l'empire, parmi lesquelles :

  • Le Victoria Memorial, situĂ© Ă  l'extĂ©rieur du Palais de Buckingham, Ă©rigĂ© une dizaine d'annĂ©es aprĂšs sa mort au moment de la rĂ©novation de la façade du Palais.
  • La Statue qui se trouvait sur Kildare Street en face de la Leinster House Ă  Dublin (siĂšge de la SociĂ©tĂ© Royale de Dublin), sculptĂ©e par l'Irlandais John Hughes et inaugurĂ©e par Edouard VII. En 1924, deux annĂ©es aprĂšs avoir Ă©tĂ© louĂ© pour des activitĂ©s parlementaires, le bĂątiment est achetĂ© et devient le siĂšge officiel de Oireachtas Eireann, le parlement de l'Etat libre d'Irlande. Pendant des annĂ©es, des voix se sont Ă©levĂ©es Ă  l'idĂ©e de voir une statue de Victoria, connue de façon peu flatteuse par les rĂ©publicains irlandais comme la Reine de la Famine, trĂŽner en face du parlement d'Irlande. C'est pourquoi la statue est enlevĂ©e en 1947. AprĂšs des annĂ©es d'oubli, la statue est offerte par la RĂ©publique d'Irlande Ă  l'Australie dans les annĂ©es 1980 et se trouve maintenant, depuis le 20 dĂ©cembre 1987, devant le Queen Victoria Building, dans le centre de Sydney.
  • A noter aussi qu'une grande statue de la Reine Victoria est prĂ©sente Ă  Port-Louis, capitale de l'Ile Maurice, et ancienne colonie britannique.

Titres

Partiels

  • 1819-1837 : Son Altesse Royale la princesse Victoria de Kent
  • 1837-1901 : Sa MajestĂ© la reine
  • 1876-1901 : Sa MajestĂ© ImpĂ©riale la reine-impĂ©ratrice (occasionnellement)

Complets

  • 1837-1876 : Victoria, par la GrĂące de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, DĂ©fenseur de la Foi.
  • 1876-1901 : Victoria, par la GrĂące de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, ImpĂ©ratrice des Indes, DĂ©fenseur de la Foi.
  • En tant que membre de la Maison de Hanovre, elle fut Ă©galement princesse de Hanovre et Duchesse de Brunswick et de Lunenbourg tout au long de sa vie.

Anecdotes

  • Victoria se maria en blanc et lança ainsi la mode de la robe blanche. Auparavant, les mariĂ©es portaient des robes qui n'avaient pas de couleur particuliĂšre.
  • Elle est devenue grand-mĂšre Ă  l'Ăąge de trente-neuf ans et arriĂšre-grand-mĂšre Ă  l'Ăąge de cinquante-neuf ans.
  • Dans l'ordre de succession au trĂŽne britannique, les 510 premiĂšres personnes listĂ©es descendent de Victoria.
  • Elle survĂ©cut Ă  trois de ses neuf enfants.
  • Victoria devint la premiĂšre reine du Canada et la premiĂšre reine d'Australie, lorsque ces deux territoires sont devenus des dominions britanniques, respectivement en 1867 et en 1901.
  • Victoria est morte dans les bras de l'aĂźnĂ© de ses petit-fils, l'empereur Guillaume II d'Allemagne.
  • En mars 2009, un arriĂšre-petit-fils de Victoria vivait encore : le prince Carl Johan de SuĂšde.
Précédée par Victoria du Royaume-Uni Suivie par
Guillaume IV
Reine du Royaume-Uni
1837-1901
Édouard VII
-
Impératrice des Indes
1877-1901

Filmographie

Voir aussi

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Liens externes

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