Veuillot

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Veuillot

Louis Veuillot

Louis Veuillot par Nadar.

Louis Veuillot, n√© √† Boynes (Loiret) le 11 octobre 1813 et mort √† Paris le 7 avril 1883, est un journaliste et homme de lettres fran√ßais. Catholique passionn√©, il d√©fendit avec vigueur l'enseignement priv√©.

Sommaire

Biographie

Des origines modestes

Il √©tait fils d'un tonnelier. Victor Hugo, fils d'un g√©n√©ral comte de l'Empire, railla ses origines modestes :

¬ę Ce Zo√Įle cagot naquit d'une Javotte. ¬Ľ (Les Ch√Ętiments)

√Ä treize ans il fut oblig√© d'abandonner l'√©cole pour gagner sa vie ; il obtint alors un petit emploi chez un avocat de Paris, le fr√®re du po√®te Casimir Delavigne. Des amis du po√®te fr√©quentaient le cabinet de cet avocat, et parmi eux des eccl√©siastiques ; tous se piquaient plus ou moins de litt√©rature, et dans cet environnement le jeune Veuillot prit conscience de sa vocation d'auteur. Il fut encourag√© par quelques amis, dont certains lui donn√®rent des conseils et des le√ßons. Il consacrait √† l'√©tude tous ses moments de libert√© et √† dix-sept ans il √©tait d√©j√† r√©dacteur d'un journal √† Rouen, et peu de temps apr√®s d'un autre √† P√©rigueux.

L'attention ayant √©t√© bient√īt attir√©e sur son talent, il fut appel√© √† Paris pour y faire du journalisme, et les succ√®s alors s'encha√ģn√®rent. Un ami qui venait de verser dans la d√©votion l'emmena √† Rome o√Ļ il d√©couvrit les splendeurs de la foi. Quand il retourna √† Paris il avait jur√© de se consacrer enti√®rement √† la cause du catholicisme.

Le polémiste catholique

Louis Veuillot par André Gill.

C'√©tait l√† une cause qui, √† ce moment, n'avait gu√®re en France de partisans actifs et r√©solus ; le gouvernement se d√©clarait en principe favorable √† la religion, mais il craignait aussi de d√©plaire √† l'opinion publique, toujours plus ou moins p√©n√©tr√©e des id√©es qu'avaient r√©pandues Voltaire et la R√©volution. Veuillot √©crivit plusieurs ouvrages enti√®rement consacr√©s √† montrer la beaut√© de la doctrine et de la vie chr√©tiennes. Il commen√ßa √† collaborer √† l'Univers, quotidien catholique fond√© par l'abb√© Migne, puis en devint le r√©dacteur en chef, et accentua son orientation ultramontaine. Au m√™me moment des amis bien plac√©s de Veuillot lui offrirent un poste des plus int√©ressants. Il ne poss√©dait encore aucune fortune, se contentant de gagner sa vie et d'aider sa famille, mais il refusa tous les avantages offerts et devint un journaliste catholique, r√©solu √† ne jamais √™tre autre chose.

Louis Veuillot

La grande question qu'on discutait alors (1843-1850) était celle de la liberté de l'enseignement, que revendiquaient certains catholiques dirigés par Montalembert. L'Univers de Louis Veuillot, polémiste violent et talentueux, devint l'organe de la cause et contribua au premier rang à son succès final. Cette lutte fut longue et passionnée. La presse en général s'opposa avec passion au journaliste catholique. La campagne menée par Veuillot, la virulence de ses attaques incessantes, lui valurent une certaine renommée, mais aussi des haines impitoyables. En 1844, il fut condamné à un mois de prison pour avoir dans l'Univers pris la défense de l'abbé Combalot, un prédicateur que le gouvernement venait de condamner en raison de sa controverse sur l'Université.

Même parmi des catholiques il y eut une frange qui resta toujours hostile à Veuillot. En outre, après le succès des catholiques en 1850 sur la liberté d'enseignement (loi Falloux), Veuillot se trouva en conflit avec Montalembert, avec des évêques (en particulier Mgr Dupanloup) et d'autres personnes qui lui reprochaient de pousser trop loin l'intransigeance.

Sous le Second Empire, apr√®s avoir soutenu vigoureusement le r√©gime, il lui retira son appui quand Napol√©on III se mit √† favoriser les id√©es lib√©rales ou favorables √† l'h√©ritage r√©volutionnaire. Il critiqua violemment dans l'Univers la politique italienne de Napol√©on III, favorable √† la r√©unification italienne aux d√©pens des √Čtats pontificaux. Ceci valut son interdiction au journal, le 30 janvier 1860.

Il fit repara√ģtre de nouveau l'Univers √† partir du 15 avril 1867, et publia l'int√©gralit√© de l'encyclique de Pie IX, tr√®s hostile √† Napol√©on III : le pape refusait d'ob√©ir √† l'empereur, lequel lui demandait d'abandonner les territoires annexes du Saint-Si√®ge pour ne conserver que Rome.

L'infaillibilité pontificale

Il prit ensuite parti en faveur de l'infaillibilité pontificale, qui fut finalement proclamée lors du premier concile du Vatican, en 1870.

Pendant le concile, Veuillot entretint des pol√©miques longues et nombreuses aussi bien avec les lib√©raux, qu'avait exasp√©r√©s l'annonce du concile, qu'avec les adversaires catholiques du dogme de l'infaillibilit√© pontificale. Plusieurs fois au cours de cette querelle o√Ļ √©tait plong√© L'Univers, Pie IX se d√©clara en faveur de ce journal, que plusieurs √©v√™ques attaquaient vigoureusement tandis qu'un grand nombre d'autres le d√©fendaient.

Veuillot s'abstint de toute alliance avec quelque parti politique que ce f√Ľt. La r√®gle de conduite qu'il avait formul√©e en 1842 √©tait : ¬ę √Čvitez les factions de toutes sortes ; nous appartenons exclusivement √† notre √Čglise et √† notre pays. ¬Ľ Il soutint les gouvernements successifs ou s'opposa √† eux selon la fa√ßon dont ils se comportaient envers l'√Čglise. Apr√®s 1871, et l'instauration de la IIIe R√©publique en France, il devint l√©gitimiste, soutenant la cause du comte de Chambord, en vue de r√©tablir une ¬ę monarchie chr√©tienne ¬Ľ.

Ňíuvres de Louis Veuillot

Veuillot est l'auteur de plusieurs ouvrages, comme Rome et Lorette (1841), Le Parfum de Rome (1851), Les Odeurs de Paris (1866), Paris pendant les deux sièges (1871), Rome pendant le concile 1872, Çà et là (grand poème en prose).

L'Ňďuvre de Veuillot journaliste remplit vingt-deux volumes intitul√©s M√©langes religieux, historiques, politiques et litt√©raires. Cette collection repr√©sente l'histoire politique et religieuse d'une p√©riode de quarante ans. Outre ce qu'il a √©crit comme journaliste, et qui est d√©j√† √©norme, il a laiss√© √©galement des romans et des po√©sies, inspir√©s par ses croyances religieuses. Sa correspondance volumineuse, publi√©e en douze volumes par Francois Veuillot, a conduit le critique Jules Lema√ģtre √† voir en elle, √† l'√©gal de celle de Voltaire, mais pour des raisons combien diff√©rentes ! ce qu'un homme de lettres a laiss√© de plus extraordinaire. Le m√™me critique ajoute que parmi les auteurs qui comptent, Veuillot lui semble celui qui s'ins√®re le mieux dans la tradition de la langue, pendant qu'il est en m√™me temps un des plus libres et des plus personnels. Il n'h√©site pas √† le ranger parmi la demi-douzaine de tr√®s grands prosateurs du si√®cle.

Le fr√®re de Louis Veuillot, Eug√®ne Veuillot, qui a partag√© intimement sa vie, ses travaux et ses combats, √©tait lui-m√™me un brillant pol√©miste et jusqu'√† sa mort √† l'√Ęge de 87 ans (1905) il a continu√© √† √©diter L'Univers ; il a racont√© en quatre volumes la carri√®re et la vie de son fr√®re.

Bibliographie

Ce document provient de ¬ę Louis Veuillot ¬Ľ.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Veuillot de Wikipédia en français (auteurs)


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