Vesuve

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Vesuve

Vésuve

Vésuve
La baie de Naples et le Vésuve
La baie de Naples et le Vésuve
Géographie
Altitude 1 281 m[1]
Massif Apennins
Longueur  km
Largeur  km
Superficie  km2
Coordonn√©es 40¬į 49‚Ä≤ 17‚Ä≥ Nord
       14¬į 25‚Ä≤ 32‚Ä≥ Est
/ 40.821389, 14.425556
40¬į 49‚Ä≤ 17‚Ä≥ N 14¬į 25‚Ä≤ 32‚Ä≥ E / 40.821389, 14.425556
Administration
Pays Italie Italie
Région Campanie
Province Naples
Ascension
Première
Voie la plus facile Route puis sentier aménagé
Géologie
√āge
Roches Andésite
Type Volcan gris
Activité Actif
Derni√®re √©ruption 4 avril 1944
Code [1] 0101-02=
Observatoire Osservatorio Vesuviano
  G√©olocalisation sur la carte : Italie
Italy location map.svg
Vésuve

Le mont V√©suve (monte Vesuvio en italien, Vesuvius mons en latin) est un volcan italien d'une hauteur de 1 281 m√®tres, bordant la baie de Naples, √† l'est de la ville. Il s'agit du seul volcan d'Europe continentale √† √™tre entr√© en √©ruption durant les cent derni√®res ann√©es, m√™me s'il est actuellement en sommeil ; sa derni√®re √©ruption date de 1944.

Il est √† l'origine de la destruction des villes de Pomp√©i, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies le 24 ao√Ľt 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conserv√©es jusqu'√† nos jours dans leur √©tat antique. Il est entr√© en √©ruption de nombreuses autres fois au cours des derniers mill√©naires et est consid√©r√© comme un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit √† ses abords.

Il a inspiré de nombreuses légendes et représentations au cours des siècles. La montagne est classée parc national depuis 1995.

Sommaire

√Čtymologie

Il existe trois th√©ories autour de l'origine du mot ¬ę V√©suve ¬Ľ :

  • H√©racl√®s √©tait le fils du dieu Zeus et de Alcm√®ne de Th√®bes. Zeus √©tait √©galement connu, comme dieu de la pluie et de la ros√©e, sous le nom de Huńďsou huios (ŠĹõő∑ŌÉőŅŌÖ ŌÖŠľĪŌĆŌā). En translitt√©rant őŅŌÖ en V comme c'est habituellement fait, d'autres upsilons √©galement en V (au lieu du HY habituel) et en changeant le cas du mot en nominatif latin finissant en us, le r√©sultat obtenu est VESVVIVS ‚ÄĒ Vesuvius ;
  • Du mot osque fesf signifiant ¬ę faire de la fum√©e ¬Ľ[2] ;
  • De la racine protoindoeurop√©enne *ves- signifiant ¬ę montagne ¬Ľ[3].

Géographie

Situation

La baie de Naples et le Vésuve

Le V√©suve s'√©l√®ve √† 1 281 m√®tres d'altitude dans la r√©gion italienne de Campanie, au-dessus de la baie de Naples (en mer Tyrrh√©nienne), √† environ neuf kilom√®tres √† l'est du cŇďur de la deuxi√®me plus grande agglom√©ration du pays avec quatre millions d'habitants. Il se situe au sud de la cha√ģne principale des Apennins[4].

Il s'agit du seul volcan d'Europe continentale √† √™tre entr√© en √©ruption durant les cent derni√®res ann√©es, les deux autres en Italie √©tant situ√©s sur des √ģles : l'Etna (Sicile) et le Stromboli (√ģles √Čoliennes).

Caractéristiques

Photo satellite du Vésuve

La topographie du volcan est constitu√©e de deux √©l√©ments : le premier est le mont Somma au nord, entourant partiellement le c√īne actuel, vestige de l'ancien √©difice plus √©lev√©[5], et le second est le c√īne du V√©suve (Gran Cono), form√© par l'√©ruption de l'an 79. Pour cette raison, le volcan est aussi appel√© Somma V√©suve (ou Somma Vesuvio).

La caldeira a commenc√© √† se former durant une √©ruption estim√©e √† 17 000[6] ou 18 300[7] ans et a √©t√© √©largie par des √©ruptions successives jusqu'en l'an 79[8]. Cette structure a donn√© son nom au terme ¬ę volcan Summa ¬Ľ, qui d√©crit tout type de volcan avec une caldeira sommitale entourant un c√īne plus r√©cent[9].

L'intérieur du cratère

C'est un volcan de type explosif dot√© d'un crat√®re conique tronqu√© de 300 m√®tres de profondeur pour 400 m√®tres de diam√®tre. Ce crat√®re est cependant bouch√© : la lave se trouve √† une dizaine de kilom√®tres en dessous. En effet, s'il n'est actuellement plus en √©ruption, il reste en activit√© : les secousses telluriques sont importantes (plus de 700 par an) et des fumerolles continuent √† rel√Ęcher des gaz. Il est donc sous surveillance constante.

La hauteur du c√īne principal a constamment chang√© au cours des √©ruptions successives, mais est actuellement de 1 281 m√®tres. Le mont Somma culmine quant √† lui √† 1 149 m√®tres, la vall√©e Atrio di Cavallo, large de 5 kilom√®tres s√©parant les deux.

Faune et flore

Le c√īne du V√©suve : les derni√®res coul√©es de lave sont encore visibles.

Les flancs de la montagne sont couverts de coulées de lave mais généralement densément boisés, avec des broussailles en haute altitude et des vignobles à basse altitude. Actuellement, les coulées de lave de la dernière éruption datant de 1944 sont bien visibles car elles n'ont pas encore été recouvertes par la végétation.

La flore autour du V√©suve et du mont Somma varie selon les saisons mais partage des aspects communs, en particulier la forte anthropisation qui caract√©rise les premi√®res pentes de la montagne. En termes de diff√©rence, le c√īne volcanique est plus sec et ensoleill√©, avec une v√©g√©tation m√©diterran√©enne typique compos√©e de pin√®des artificielles et d'yeusaies, alors que le mont Somma est plus humide avec une v√©g√©tation similaire √† celle des Apennins, avec des ch√Ętaigniers, des ch√™nes, des aulnes, des √©rables et des ch√™nes verts ; on trouve √©galement, bien que rarement, le bouleau, arbre atypique dans le milieu m√©diterran√©en[10].

La richesse de la végétation sur les anciennes coulées de lave est due à l'implantation rapide du Stereocaulon vesuvianum, un lichen gris à l'aspect de corail qui colonise les laves refroidies et prépare le terrain pour les autres plantes. On recense 906 espèces différentes sur la montagne[10].

La faune du volcan est particulièrement intéressante, avec la présence du lérot, rare ailleurs en Italie, de la fouine, du renard, du lapin de garenne et du lièvre. Plus de 100 espèces d'oiseaux se trouvent autour du Vésuve, migrateurs ou non, hibernants ou non. Parmi les reptiles, les espèces les plus communes sont le lézard vert, le Masticophis (un genre de serpent inoffensif) et le gecko turc, et parmi les insectes, les papillons diurnes et nocturnes, les plus colorés durant la période de floraison[10].

Population

La ville de Naples et le Vésuve enneigé vus depuis la baie

Les sols volcaniques très fertiles attirent une forte densité humaine malgré le danger des éruptions comme celle de 79. Selon les scientifiques, Naples est construite sur une chambre magmatique d'environ 400 km², dont l'explosion serait catastrophique. La ville et son agglomération comportent une population de 4 millions d'habitants, ce qui en fait la deuxième d'Italie derrière Milan.

Géologie

Orogenèse

Le V√©suve a √©t√© form√© par la collision des plaques tectoniques africaine et eurasienne, la premi√®re, plus l√©g√®re, plongeant profond√©ment sous la seconde. Les mat√©riaux de la cro√Ľte sont chauff√©s jusqu'√† l'√©tat de fusion, formant le magma. Celui-ci, moins dense que les roches solides environnantes, remonte. Il se cr√©√© un passage √† travers les couches les plus fragiles de la surface terrestre et finit par former le volcan[11].

Ce c√īne volcanique est un des nombreux autres qui composent l'arc campanien. Les champs Phl√©gr√©ens sont une large caldeira √† quelques kilom√®tres au nord-ouest, le mont √Čpom√©o se situe 20 kilom√®tres √† l'ouest, sur l'√ģle d'Ischia et plusieurs volcans sous-marins se trouvent au sud. L'arc forme l'extr√©mit√© m√©ridionale d'une plus large cha√ģne volcanique r√©sultant du processus de subduction qui s'√©tale au nord-ouest le long de la c√īte tyrrh√©nienne jusqu'au mont Amiata au sud de la Toscane. Le V√©suve est cependant le seul √† √™tre entr√© en √©ruption au cours de l'histoire r√©cente, bien que certains autres ont eu une activit√© durant les quelques derni√®res centaines d'ann√©es. La plupart sont compl√®tement √©teints.

La lave du Vésuve est composée d'andésite visqueuse. Les couches de lave, scories, cendres volcaniques et pierres ponces composent la montagne.

Formations volcaniques

Carte historique du Vésuve (1888)

Parmi les √©v√®nements √©ruptifs notables, l'√©ruption de f√©vrier 1848 a produit une colonne de vapeur d'environ 15 m√®tres de haut a d√©pass√© le crat√®re, pr√©sentant une grande vari√©t√© de couleurs et suivie √† l'aube de dix cercles blancs, noirs et verts sous forme de c√īne. Une apparition similaire a √©t√© observ√©e en 1820.

Plus récemment, en mai 1855, une coulée de lave incandescente large de 70 mètres s'est précipitée dans une importante crevasse de 300 mètres de profondeur. La première partie de cette fissure est un précipice et à cet endroit la lave a formé une magnifique cascade de feu.

En 1872, une spectaculaire éruption a créé un vaste nuage en forme de pin et la lave a détruit la région de Massa di Somma et San Sebastiano al Vesuvio.

Dans les ann√©es d'activit√© interm√©diaire, la lave d√©bordant du crat√®re a form√© deux d√īmes de stagnation : en 1895, le Colle Margharita (√† Atrio del Cavallo, √† demi-enterr√© par la lave de l'√©ruption de 1944) et en 1898, le Colle Umberto. Ce dernier, encore parfaitement intact, constitue une sorte de barri√®re naturelle pour l'observatoire, depuis que la lave s'√©penchant directement vers lui est d√©vi√©e par les flancs du d√īme.

L'√©ruption de 1906, efficacement d√©crite par Frank Alvord Perret et Matilde Serao, a √©t√© la plus importante survenue au cours du XXe si√®cle. Il est encore difficile d'√©tablir exactement le volume d'√©jecta. Une immense coul√©e de lave qui prenait la direction de Torre Annunziata a √©t√© miraculeusement stopp√©e par les murs du cimeti√®re[12] et le nuage de gaz g√©n√©r√© dans l'ultime heure d'activit√© a balay√© le sommet et vid√© la chambre magmatique. L'effondrement du toit de l'√©glise de San Giuseppe Vesuviano, caus√© par la pluie de cendres, a tu√© les 105 personnes qui s'y √©taient r√©fugi√©es pour prier[13].

Une éruption intermédiaire est survenue en 1929, lorsqu'un lac de lave qui s'est formé dans le cratère a fini par déborder sur le versant sud-est pour ne détruire que quelques vignobles.

Vue aérienne du Vésuve

La derni√®re √©ruption s'est produite les 16 et 29 mars 1944 et a de nouveau d√©truit Massa et San Sebastiano al Vesuvio. Elle a parsem√© tout le versant m√©ridional de cendres et a √©t√© rendue c√©l√®bre dans les actualit√©s en raison de la pr√©sence anglo-am√©ricaine qui occupait Naples √† l'√©poque. Des fontaines spectaculaires de lave se sont √©lev√©es jusqu'√† 800 m√®tres de haut, alors que 26 personnes √©taient tu√©es par la pluie de cendre et que le crat√®re subissait une alt√©ration radicale.

Histoire

Le Vésuve durant la Préhistoire et l’Antiquité

La montagne s'est form√©e initialement il y a 25 000 ans, r√©sultat de l'√©ruption plinienne de Codola[14]. Bien que la r√©gion ait √©t√© sujette √† une activit√© volcanique depuis au moins 400 000 ans, la plus basse couche de mat√©riel √©ruptif provenant du mont Somma se retrouve au dessus de l'ignimbrite campanienne dat√©e de 34 000 ans et produite par les champs Phl√©gr√©ens.

Il a √©t√© ensuite agrandi par une s√©rie de coul√©es de lave, intercal√©es avec de plus petites √©ruptions explosives. Toutefois, le style d'explosion a chang√© il y a 19 000 ans environ vers une s√©quence de larges √©ruptions pliniennes explosives, celle de l'an 79 √©tant la derni√®re. Les √©ruptions sont nomm√©es en fonction des d√©p√īts d'√©jecta produits[5],[15] :

  • Pomici di base (¬ę ponce basique ¬Ľ) - Sarno : il y a 17 000 √† 18 300 ans, 6 sur l'√©chelle VEI, probablement la plus violente des √©ruptions qui a vu la formation de la caldeira du Somma. Elle a √©t√© suivie par une p√©riode de bien moindre activit√©, avec des √©ruptions effusives.
  • Pomici verdoline (¬ę ponce verd√Ętre ¬Ľ) : il y a 15 500 √† 16 000 ans, 5 sur l'√©chelle VEI.
  • Pomici di Mercato ou Pomici Ottaviano ou Pomici Gemelle : il y a 7 900 √† 8 000 ans, 6 sur l'√©chelle VEI, pr√©c√©d√©e d'une moindre √©ruption explosive il y a 11 400 ans (Lagno Amendolare, VEI 4).
  • Pomici di Avellino : il y a 3 750 √† 3 800 ans (ann√©e -1660 ¬Ī 43 ans, selon une datation carbone[16]), 6 sur l'√©chelle VEI, pr√©c√©d√©e de deux moindres √©ruptions explosives il y a 6 000 et 4 500 ans environ (Novelle, VEI 4). L'√©ruption d'Avellino s'est d√©roul√©e 2 kilom√®tres √† l'ouest du crat√®re actuel et a d√©truit plusieurs colonies de l'√āge de Bronze ancien. De remarquables vestiges ont √©t√© d√©couverts en mai 2001 aux abords de Nola, surnomm√©e la ¬ę Pomp√©i pr√©historique ¬Ľ : cabanes, poteries, b√©tail et m√™me des empreintes animales et humaines ainsi que des squelettes. La plupart des habitants ont fui en h√Ęte, laissant le village √™tre enseveli sous les pierres ponces et la cendre, dans un destin similaire √† celui de Pomp√©i[17],[18]. √Ä titre de comparaison, cette √©ruption a √©t√© plus large que celles de 79 (VEI 5) et 1631 (VEI 4), avec des retomb√©es de nu√©es ardentes jusqu'√† 15 kilom√®tres au nord-ouest du crat√®re et des d√©p√īts de 3 m√®tres d'√©paisseur dans la r√©gion actuellement occup√©e par Naples[19].

Ensuite, le volcan est entré dans une phase d'éruptions plus fréquentes mais moins violentes jusqu'à l'éruption plinienne la plus récente qui a détruit Pompéi.

La dernière de ces éruptions s'est probablement produite en -217[8]. Des tremblements de terre sont attestés en Italie durant cette année et le soleil a été signalé comme étant voilé par une brume ou un brouillard sec. Plutarque écrit que le ciel est en feu près de Naples et Silius Italicus mentionne dans son poème épique Punica que le Vésuve tonnait et produisait des flammes pire que l'Etna cette année-là[20], bien qu'ils soient contemporains d'environ 250 ans de l'événement rapporté. Des échantillons de carottes de glace du Groenland de cette période approximative montrent une acidité relativement élevée supposée avoir été provoquée par le sulfure d'hydrogène de l'atmosphère[21].

Le volcan a ensuite √©t√© calme durant des centaines d'ann√©es et √©tait d√©crit par les √©crivains romains comme √©tant couvert de jardins et vignobles, except√© au sommet qui √©tait rocailleux. √Ä l'int√©rieur d'un large cercle de falaises presque perpendiculaires se trouvait un espace plat assez large pour abriter le cantonnement de l'arm√©e du rebelle Spartacus en -73. Cette zone √©tait sans aucun doute un crat√®re. La montagne semble n'avoir eu qu'un seul sommet √† cette √©poque, √† en juger par une peinture murale, Bacchus et le V√©suve, d√©couverte dans une habitation pomp√©ienne, la ¬ę Maison du Centenaire ¬Ľ (Casa del Centenario).

Plusieurs documents √©crits durant les 200 ann√©es qui ont pr√©c√©d√© l'√©ruption de 79 d√©crivent une nature volcanique de la montagne, bien que Pline l'Ancien ne la d√©peint pas de cette fa√ßon dans Naturalis Historia[22] :

  • L'historien grec Strabon (vers -63 - vers 24), dans le livre V, chapitre 4 de Geographica[23] d√©crit la montagne comme ayant un sommet principalement plat et st√©rile, couvert de suie et de roches couleur cendre, et sugg√®re qu'il a pu un jour poss√©der des ¬ę crat√®res de feu ¬Ľ. Il suppose √©galement que la fertilit√© des versants alentours pourrait √™tre due √† une activit√© volcanique, comme √† l'Etna.
  • L'architecte romain Vitruve (vers -80 - vers -25), dans le livre II de De Architectura[24] rapporte que les feux ont un jour exist√© abondamment en dessous de la montagne et qu'elle a vomi la flamme sur les campagnes alentours. De cet embrasement seraient provenues les pierres ponces pomp√©iennes, auxquelles, le feu, en les cuisant, aurait √īt√© leur qualit√© premi√®re.
  • L'√©crivain grec Diodore de Sicile (vers -90 - vers -30), dans le livre IV de Bibliotheca Historica[25] √©crit que la plaine campanienne √©tait appel√©e ¬ę Ardente ¬Ľ (Flegrei ou Phl√©gr√©en) en raison de la montagne, le V√©suve, qui avait crach√© des flammes comme l'Etna et montrait des signes de feu qui avaient br√Ľl√© dans des temps anciens[15].

En 79, la région est, comme aujourd’hui, densément peuplée avec des villages, des villes et de petites cités comme Pompéi, et les pentes du volcan sont couvertes de vignobles et de fermes.

L’éruption de 79

Prémices

L'√©ruption de 79 est pr√©c√©d√©e 17 ans auparavant par un puissant tremblement de terre, le 5 f√©vrier 62[26] qui cause des ravages √©tendus autour de la baie de Naples et particuli√®rement √† Pomp√©i. De nombreux d√©g√Ęts n'ont pas √©t√© r√©par√©s au moment de l'√©ruption[27]. Toutefois, il se peut qu'il s'agisse d'un simple √©v√©nement tectonique plut√īt qu'un signe du r√©veil du volcan[28].

Un autre plus petit s√©isme a lieu en 64 ; il est enregistr√© par Su√©tone dans sa biographie de N√©ron, De Vita Caesarum[29], et par Tacite dans le livre XV d‚ÄôAnnales[30] car il se d√©roule alors que l'Empereur est √† Naples, pour une premi√®re repr√©sentation dans un th√©√Ętre publique. Su√©tone note qu'il continue √† chanter durant les secousses jusqu'√† la fin de la chanson, alors que le th√©√Ętre s'effondre peu de temps apr√®s avoir √©t√© √©vacu√©.

Les Romains prosp√®rent en s'habituant aux s√©ismes mineurs dans la r√©gion ; l'√©crivain Pline le Jeune √©crit qu'ils ¬ę ne sont pas particuli√®rement alarmants en raison de leur fr√©quence en Campanie ¬Ľ. Au d√©but du mois d'ao√Ľt 79, les fontaines et les puits s'ass√®chent[31]. De petits tremblements de terre commencent √† se d√©rouler le 20 ao√Ľt 79[27], devenant plus fr√©quents au cours des quatre jours suivants, mais ces avertissements ne sont pas reconnus (Les Romains n'ont pas de mot pour d√©signer un ¬ę volcan ¬Ľ et seulement une vague notion des autres montagnes similaires comme l'Etna, demeure de Vulcain), et l'apr√®s-midi du 24 ao√Ľt, une √©ruption catastrophique du volcan d√©marre. Elle d√©vaste la r√©gion, enfouissant Pomp√©i et les autres colonies. Par co√Įncidence, il s'agit du lendemain de Vulcanalia, le festival du dieu romain du feu[32],[33],[34],[35],[36].

Date de l’éruption

L'√©ruption de l'an 79 est document√©e par les historiens contemporains et universellement accept√©e comme ayant d√©but√© le 24 ao√Ľt. Toutefois, les fouilles arch√©ologiques de Pomp√©i sugg√®rent que la ville a √©t√© ensevelie quelques mois plus tard[37],[38]. En effet, les victimes retrouv√©es dans la cendre se r√©v√®lent porter des v√™tements plus chauds que les claires tuniques d'√©t√© auxquelles on s'attendrait pour un mois d'ao√Ľt. Les fruits et l√©gumes frais dans les boutiques sont typiques d'un mois d'octobre et inversement les fruits d'√©t√© typiques d'un mois d'ao√Ľt √©taient d√©j√† vendus s√©ch√©s ou en conserves. Les jarres de vin ferment√© √©taient scell√©es alors que √ßa n'arrivait qu'aux alentours de fin octobre. La monnaie trouv√©e dans la bourse d'une femme ensevelie comporte une pi√®ce comm√©morative cens√©e avoir √©t√© frapp√©e fin septembre. Mais jusqu'ici, aucune th√©orie d√©finitive ne semble expliquer les raisons de telles contradictions.

Nature de l’éruption

Portée du nuage de cendres et scories projeté par l'éruption

L'√©ruption du V√©suve les 24 et 25 ao√Ľt 79 s'est d√©roul√©e en deux phases[39], une √©ruption plinienne qui a dur√© 18 √† 20 heures et g√©n√©r√© une pluie de pierres ponces vers le sud du c√īne qui a recouvert Pomp√©i d'une √©paisseur allant jusqu'√† 2,8 m√®tres, suivie d'une √©ruption pel√©enne avec une nu√©e ardente qui a atteint Mis√®ne et √©tait concentr√©e √† l'ouest et au nord-ouest. Deux nu√©es ardentes ont envahi Pomp√©i, br√Ľlant et asphyxiant les retardataires. Oplontis et Herculanum ont re√ßu la majeure partie des nu√©es et ont √©t√© ensevelies de fine cendre et d√©p√īts pyroclastiques[40],[41]

Les observations de Pline le Jeune

Le seul t√©moin oculaire survivant fiable, Pline le Jeune, √Ęg√© de 17 ans √† l'√©poque de l'√©ruption[42], relate l'√©v√©nement dans deux lettres adress√©es en 104 √† l'historien Tacite[43]. Observant depuis Mis√®ne, √† l'oppos√© de la baie, soit environ 35 kilom√®tres du volcan, alors que son oncle navigue plus pr√®s, il contemple un nuage extraordinairement dense et croissant rapidement au sommet de la montagne :

¬ę Il √©tait difficile de discerner de loin de quelle montagne sortait ce nuage ; l'√©v√©nement a d√©couvert depuis que c'√©tait du mont de V√©suve. Sa figure approchait de celle d'un arbre, et d'un pin plus que d'aucun autre ; car, apr√®s s'√™tre √©lev√© fort haut en forme de tronc, il √©tendait une esp√®ce de feuillage. Je m'imagine qu'un vent souterrain violent le poussait d'abord avec imp√©tuosit√© et le soutenait ; mais, soit que l'impulsion diminu√Ęt peu √† peu, soit que ce nuage f√Ľt affaiss√© par son propre poids, on le voyait se dilater et se r√©pandre ; il paraissait tant√īt blanc, tant√īt noir√Ętre, et tant√īt de diverses couleurs, selon qu'il √©tait plus charg√© ou de cendre ou de terre. ¬Ľ

‚ÄĒ Pline le Jeune, √Čp√ģtres, livre VI, lettre 16[44]

Il s'agit d'une colonne éruptive, aujourd'hui estimée à plus de 32 kilomètres de hauteur.

Apr√®s quelques temps, il d√©crit le nuage s'√©lan√ßant au bas des flancs de la montagne et recouvrant tout sur son passage, y compris la c√īte environnante. On sait aujourd'hui qu'il s'agissait d'une nu√©e ardente, nuage surchauff√© de gaz, cendre et roche crach√©s par le volcan. Les g√©ologues ont utilis√© les caract√©ristiques magn√©tiques de plus de 200 roches volcaniques et d√©bris (tels que des tuiles) trouv√©s √† Pomp√©i pour estimer la temp√©rature de la nu√©e. En effet, lorsque les roches en fusion se solidifient, les min√©raux magn√©tiques contenus enregistrent la direction du champ magn√©tique terrestre. Si le mat√©riau est port√© au del√† d'une certaine temp√©rature, connue en tant que point de Curie, le champ magn√©tique de la roche peut √™tre modifi√© voire r√©initialis√©. La plupart des mat√©riaux analys√©s ont r√©v√©l√© des temp√©ratures comprises entre 240 et 340 ¬įC (avec quelques zones avec de plus basses temp√©ratures avoisinant 180 ¬įC). Cela sugg√®re que le nuage de cendre avait une temp√©rature de 850 ¬įC lorsqu'il a √©merg√© du V√©suve et a chut√© √† 350 ¬įC le temps d'atteindre la ville. Il a √©t√© mod√©lis√© que les turbulences peuvent avoir un m√©lange d'air frais au sein de la nu√©e[45]. C'est ce qu'on appelle d√©sormais la phase plinienne de l'√©ruption, en r√©f√©rence √† la fois √† Pline le Jeune et Pline l'Ancien.

Pline a d√©clar√© que plusieurs secousses telluriques ont √©t√© ressenties au moment de l'√©ruption et ont √©t√© suivies par un tr√®s violent tremblement de terre. Il a √©galement not√© que la cendre tombait en tr√®s √©paisses particules √† tel point que le village o√Ļ il se trouvait devait √™tre √©vacu√© et ensuite que le soleil √©tait masqu√© par l'√©ruption si bien qu'il faisait sombre en plein jour. Enfin, la mer a √©t√© aspir√©e et r√©sorb√©e par un s√©isme, ph√©nom√®ne appel√© aujourd'hui ¬ę tsunami ¬Ľ.

La mort de Pline l’Ancien

Pline l'Ancien, oncle et p√®re adoptif de Pline le Jeune, a le commandement de la flotte romaine √† Mis√®ne et d√©cide en cons√©quence de prendre plusieurs navires pour √©tudier le ph√©nom√®ne √† port√©e de main. Alors qu'ils s'appr√™tent √† quitter le port, un messager arrive pour pr√©venir Pline qu'un ami √† lui l'implore de le sauver, et la flotte d√©cide √©galement de tenter une mission de sauvetage pour les personnes vivant au pied du volcan. Il met les voiles √† travers la baie mais rencontre d'√©paisses averses de cendre chaude, de morceaux de ponce et de fragments de roche qui, alt√©rant le littoral et la profondeur d'eau, bloquent l'approche au rivage et emp√™chent d'accoster. Les vents de sud dominants compliquent √©galement la tentative mais Pline d√©cide de continuer face au vent en direction de Stabies (environ 4,5 kilom√®tres de Pomp√©i), o√Ļ il d√©barque et se r√©fugie chez Pomponianus, un ami. Celui-ci avait d√©j√† charg√© un bateau avec ses biens et se pr√©parait √† partir, mais le vent √©tait contre lui.

Pline et son groupe observent les flammes provenant de plusieurs endroits de la montagne (probablement la nu√©e ardente responsable de la destruction de Pomp√©i et Herculanum). Apr√®s avoir pass√© la nuit, ils d√©cident d'√©vacuer malgr√© la pluie d'√©jectas en raison de la prolongation des conditions violentes mena√ßant d'effondrer le b√Ętiment. Pline, Pomponianus et leurs compagnons font route inverse en direction de la plage avec des coussins attach√©s √† leur t√™te pour se prot√©ger contre les chutes de roche. √Ä ce moment, il y a tellement de cendre dans l'air que le groupe peut √† peine se distinguer √† travers les t√©n√®bres et a besoin de torches et de lanternes pour trouver son chemin. Ils finissent par arriver sur la plage mais trouvent des eaux trop violemment perturb√©es par les s√©ismes pour pouvoir esp√©rer s'√©chapper par la mer.

Pline l'Ancien s'√©croule et meurt. Dans sa premi√®re lettre √† Tacite, son neveu suppose qu'il a subi les inhalations des gaz sulfuriques empoisonn√©s. Pourtant Stabies se trouvait √† 16 kilom√®tres du volcan (approximativement √† l'emplacement de la ville actuelle de Castellammare di Stabia) et ses compagnons n'ont apparemment pas √©t√© affect√©s par les fum√©es ; il est alors plus probable que le corpulent Pline[46] soit mort d'une autre cause, comme une apoplexie ou un infarctus du myocarde[47]. Son corps a √©t√© retrouv√© sans blessure apparente le 26 ao√Ľt, apr√®s que le panache s'est dispers√© suffisamment pour que la lumi√®re du jour r√©apparaisse.

La destruction de Pompéi et Herculanum

Article d√©taill√© : Destruction de Pomp√©i.
Reconstitution de l'éruption du Vésuve, Discovery Channel.

Le 24 ao√Ľt 79, la ville romaine de Pomp√©i, dans la baie de Naples est enti√®rement ensevelie lors d'une √©ruption du V√©suve en m√™me temps que ses voisines Herculanum, Oplontis et Stabies. Cette catastrophe fait environ 30 000 morts.

Bilan

Exemple de momification (moulage d'un corps d'homme)

Avec Pline l'Ancien, les seules autres victimes nobles de l'éruption connues par leur nom sont Agrippa, un fils de la princesse juive Drusilla et du procurateur Antonius Felix, et sa femme[48].

Les estimations de la population de Pomp√©i vont de 10 000[49] √† 25 000[36] habitants, tandis que Herculanum est suppos√©e avoir eu une population de 5 000 habitants[6]. Le nombre de victimes de l'√©ruption n'est pas connu avec certitude, bien que 1 150 corps ont √©t√© d√©couverts √† Pomp√©i ou dans les alentours[50]. Les restes de 350 corps ont √©t√© trouv√©s √† Herculanum, dont 300 sous des vo√Ľtes d√©couvertes en 1980[51]. Toutefois, ces chiffres repr√©sentent sans conteste une forte sous-estimation du nombre total de morts √† travers la r√©gion affect√©e par l'√©ruption.

38% des victimes de Pomp√©i ont √©t√© trouv√©es dans les d√©p√īts de cendre, la majorit√© √† l'int√©rieur des b√Ętiments. Elles ont probablement √©t√© tu√©es pour la plupart par l'effondrement des toits, tandis que pour le nombre plus petit de celles trouv√©es dehors, elles l'ont probablement √©t√© par la chute de tuiles ou de plus larges roches crach√©es par le volcan. Cela diff√®re des exp√©riences modernes √©tant donn√© qu'au cours des 400 derni√®res ann√©es seulement 4% des victimes ont √©t√© tu√©es par les chutes de cendre durant les √©ruptions explosives. Les 62% de victimes restantes ont √©t√© trouv√©es dans les d√©p√īts pyroclastiques[50] et en cons√©quence ont probablement √©t√© tu√©es par la nu√©e ardente, √† la fois par suffocation due √† l'inhalation de cendres et par la d√©flagration et les d√©bris jet√©s de tous c√īt√©s. √Ä l'oppos√© des victimes trouv√©es √† Herculanum, l'examen des v√™tements, des fresques et des squelettes montrent qu'il est improbable que les hautes temp√©ratures aient √©t√© la cause principale.

Les abris entreposant les bateaux, √† Herculanum, o√Ļ de nombreux squelettes furent d√©couverts

Herculanum, qui se trouvait plus pr√®s du crat√®re, a √©t√© sauv√©e des chutes d'√©jectas par la direction du vent mais a √©t√© ensevelie sous 23 m√®tres de mat√©riaux d√©pos√©s par la nu√©e ardente. Il est vraisemblable qu'elle ait tu√© la plupart, si ce n'est toutes les victimes, ceci √©tant mis en √©vidence par les effets des hautes temp√©ratures trouv√©s sur les squelettes des victimes d√©couvertes sous les vo√Ľtes et l'existence de bois carbonis√© dans de nombreux b√Ętiments.

Pomp√©i et Herculanum n'ont jamais √©t√© reconstruites bien que des citoyens survivants et probablement des pillards ont entrepris un vaste travail de sauvetage apr√®s les destructions. L'√©ruption a chang√© le cours du Sarno et rehauss√© le niveau de la plage, si bien que Pomp√©i n'est plus d√©sormais ni sur la rivi√®re, ni au bord de la c√īte.

La localisation des villes √©tait finalement oubli√©e jusqu'√† leur red√©couverte accidentelle au XVIIIe si√®cle. Le V√©suve lui-m√™me a subi des changements majeurs, ses versants √©tant d√©nud√©s et son sommet changeant consid√©rablement √† cause de la force de l'√©ruption[52],[53],[54],[55],[56],[57],[58].

Vestiges archéologiques

Article d√©taill√© : Pomp√©i.
Le Vésuve depuis les ruines de Pompéi

Le site antique de Pompéi est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, avec Herculanum et Torre Annunziata.

L'√©ruption a enseveli enti√®rement la ville, cr√©ant une gaine protectrice sur les corps et a permis l'oubli de la ville pendant 1 600 ans. Red√©couverte par hasard au XVIIe si√®cle, la ville s'est conserv√©e mieux que si la catastrophe ne s'√©tait pas produite : les fouilles ex√©cut√©es au XVIIIe si√®cle ont permis d'exhumer une cit√© florissante dans un √©tat de conservation inesp√©r√©, pr√©cieux t√©moignage de l'urbanisme de l'Empire romain.

Les archéologues ont confirmé le récit de Pline le Jeune, qui a assisté adolescent à l'éruption.

L’éruption de 1631

Le V√©suve se r√©veille √† nouveau le 16 d√©cembre 1631. Apr√®s plusieurs signes pr√©curseurs, comme un renflement du sol, de l√©gers tremblements de terre et l'ass√®chement de sources[59], le V√©suve se met √† √©mettre un haut nuage de cendre, suivi quelques heures plus tard par une premi√®re √©mission importante de lave, faisant ses premi√®res victimes √† Portici et obligeant la majeure partie de la population √† se r√©fugier √† Naples. √Ä cause du temps pluvieux, les chutes de cendre d√©g√©n√®rent en pluie de boue sur presque toute la r√©gion, des flancs de la montagne jusqu'√† Naples qui est directement menac√©e, fait extr√™mement rare. Alors que la ville est remplie par la foule, l'archev√™que d√©cide d'exposer la relique de San Gennaro en procession, et, selon de nombreux historiens et √©crivains de l'√©poque, l'√©ruption commence √† diminuer au moment o√Ļ la statue du saint est soulev√©e vers le volcan.

En plus de cette catastrophe, en raison de la pluie persistante, des torrents d'eau bouillante se forment et dévalent la pente, produisant de terribles destructions jusqu'en janvier, particulièrement sur la face septentrionale.

Portici, Resina (l'antique Herculanum), Torre del Greco et Torre Annunziata sont en partie d√©truites, tandis que le hameau de Pietra Bianca (¬ę Pierre Blanche ¬Ľ) est renomm√© Pietrarsa (¬ę Pierre Br√Ľl√©e ¬Ľ). On compte entre 3 000 et 4 000 victimes, ainsi que de nombreux animaux, sp√©cialement des bovins, tu√©s par les torrents de lave.

En souvenir de la menace directe, à Naples, encore aujourd'hui, se trouve la statue du saint patron San Gennaro, sur le pont de la Maddalena, face au Vésuve. À Portici, une pierre tombale avertit en latin le voyageur de fuir le moindre son provenant du volcan.

Autres éruptions connues

L'éruption de 1872 par Giorgio Sommer
L'éruption du 5 juillet 1895 par Carlo Brogi

Depuis l'√©ruption de 79, le V√©suve est entr√© en √©ruption plus d'une trentaine de fois. En 203, Dion Cassius en est t√©moin. En 472, il √©jecte un tel volume de cendre que des retomb√©es sont rapport√©es aussi loin que Constantinople. L'√©ruption de 512 est si rude que les personnes habitant sur ses flancs se voient accorder une exemption de taxes par Th√©odoric le Grand, roi ostrogoth d'Italie. Des √©ruptions successives se d√©roulent en 685, 787, 968, 991, 999, 1007 et 1036 avec la premi√®re coul√©e de lave consign√©e. Le volcan entre dans une phase d'inactivit√© √† la fin du XIIIe si√®cle et les ann√©es suivantes il est √† nouveau recouvert de jardins et de vignobles. L'int√©rieur du crat√®re est √©galement rempli de broussailles.

1631 marque le début d'une nouvelle phase particulièrement destructive et pratiquement continue, avec de violentes éruptions en 1660, 1682, 1694, 1698, 1707, 1737, 1760, 1767, 1779, 1794, 1822, 1834, 1839, 1850, mai 1855, 1861, 1868, 1872, avril 1906, 1926, 1929, et mars 1944. Celle de 1906 notamment tue plus de 100 personnes et éjecte plus de lave qu'il n'en avait jamais été mesuré lors d'une éruption du Vésuve. Le dernier événement majeur, au jour de 2007 se déroule en 1944, détruisant les villages de San Sebastiano al Vesuvio, Massa di Somma, Ottaviano et une partie de San Giorgio a Cremano, ainsi que 88 avions bombardiers B-25 de l'Air Force [60], alors que la Seconde Guerre mondiale continue à faire rage en Italie.

Ces √©ruptions peuvent se classer en trois cat√©gories[59] :

Le cycle éruptif du Vésuve

Les larges éruptions pliniennes qui ont émis des quantités de magma égales ou supérieures à 1 km³, la plus récente étant celle qui a enseveli Pompéi sont survenues après des périodes d'inactivité de quelques milliers d'années. Les éruptions sub-pliniennes qui ont émis des volumes d'approximativement 0,1 km³ comme celles de 472 ou 1631 ont été plus fréquentes avec des intervalles de quelques centaines d'années. Depuis l'éruption de 1631 jusqu'à celle de 1944, presque chaque décennie voit une ou plusieurs relativement petites éruptions qui émet entre 0,001 et 0,01 km³ de magma. Il semble que pour le Vésuve, la quantité de magma expulsé dans une éruption augmente grossièrement de façon linéaire en fonction de l'intervalle avec la dernière à raison de 0,001 km³ par an. Cela donne une prévision très approximative de 0,06 km³ pour une éruption après 60 ans d'inactivité[61].

Le magma stagnant dans la chambre magmatique souterraine depuis de nombreuses ann√©es commence √† rencontrer des constituants avec un point de fusion plus √©lev√©, comme l'olivine, ayant pour effet de cristalliser. La cons√©quence est d'accro√ģtre la concentration de gaz dissous (principalement de la vapeur d'eau et du dioxyde de carbone) dans le magma en fusion restant, rendant l'√©ruption ult√©rieure plus violente[21]. Alors que le magma riche en gaz approche de la surface, l'√©norme chute de pression caus√©e par la r√©duction en poids des roches environnantes (√©gal √† z√©ro √† la surface) a pour cons√©quence d'extraire les gaz du m√©lange, leur volume augmentant de mani√®re explosive. De plus, le reste du m√©lange au point de fusion plus bas atteint la concentration des composants felsiques comme les silicates, rendant potentiellement le magma plus visqueux, ajoutant √† la nature explosive de l'√©ruption.

Le volcan est inactif depuis 1944. Au cours des derniers siècles, les phases d'accalmie ont varié de 18 mois à 7 ans et demi, faisant de la phase actuelle la plus longue de ces 500 dernières années. Bien que le Vésuve ne semble pas devoir s'ébranler dans le futur immédiat, le danger posé est considéré comme très grave au vu de la tendance soudaine extrêmement violente du volcan et de la densité humaine très forte sur le volcan et ses environs.

L‚Äôavenir : pr√©vention

Naples et le Vésuve

Pour ces raisons, le plan d'urgence suppose que le pire cas serait une éruption similaire à celle de 1631, avec un indice d'explosivité volcanique de 4[62]. Avec ce scenario, les versants de la montagne s'étendant au-delà de 7 kilomètres pourraient être balayés par des nuées ardentes dévalant les pentes, tandis que les zones périphériques pourraient subir des chutes d'éjectas. En raison des vents dominants, les villes au sud et à l'est du volcan sont plus exposées et il est admis qu'une accumulation d'éjectas supérieure à 100 kg/m², point au-delà duquel les toits menacent de s'effondrer, pourrait survenir jusqu'à Avellino à l'est ou Salerno au sud-est. En direction de Naples, au nord-ouest, ce risque de chutes d'éjectas est supposé s'étendre à peine plus loin que les pentes du volcan[61]. Les zones spécifiques affectées par le nuage de cendre dépendraient des circonstances particulières entourant l'éruption[63].

Le plan suppose entre deux semaines et vingt jours[64],[65] de pr√©avis d'une √©ruption et pr√©voit l'√©vacuation d'urgence de 600 000 personnes, comprenant presque enti√®rement toute la population vivant dans la zona rossa (¬ę zone rouge ¬Ľ), au risque maximal de nu√©e ardente. L'√©vacuation par trains, ferries, cars et autobus est con√ßue pour durer environ sept jours et les r√©fugi√©s seraient principalement envoy√©s dans d'autres r√©gions du pays plut√īt que dans des zones sures de Campanie, o√Ļ ils pourraient avoir √† s√©journer pour plusieurs mois. Toutefois, le dilemme pour l'ex√©cution du plan est le moment o√Ļ d√©buter cette √©vacuation massive, d√®s lors que si elle est d√©cid√©e trop tard, beaucoup de personnes pourraient √™tre tu√©es, alors que si elle est d√©cid√©e trop t√īt, les pr√©curseurs de l'√©ruption pourraient se r√©v√©ler √™tre une fausse alarme. En 1984, 40 000 personnes ont √©t√© √©vacu√©es de la r√©gion des champs Phl√©gr√©ens, mais aucune √©ruption ne s'est produite[65].

Les efforts actuels sont focalis√©s sur la r√©duction de la population vivant dans la zone rouge, en d√©molissant les b√Ętiments construits ill√©galement, en √©tablissant un parc national autour des flancs sup√©rieurs du volcan pour se pr√©munir de toute nouvelle construction[65] et en offrant des compensations financi√®res aux personnes d√©m√©nageant. Le but sous-jacent est de r√©duire le temps n√©cessaire pour √©vacuer la zone d'ici les 20 ou 30 prochaines ann√©es √† 2 ou 3 jours[66].

Le volcan est suivi de près par l'Osservatorio Vesuviano à Naples avec un vaste réseau de stations sismiques et gravimétriques, la combinaison d'une base géodésique GPS et d'un radar à synthèse d'ouverture par satellite[6] pour mesurer les mouvements du sol, ainsi qu'une surveillance géophysique locale et des analyses chimiques des gaz émis par les fumerolles. Tout ceci vise à surveiller le magma progressant sous le volcan. Jusqu'à présent, aucune montée n'a été détectée dans la limite des 10 kilomètres sous la surface, donc le volcan est, au pire, seulement dans un stade éruptif très initial[61],[67],[68].

Activités

L’ancien funiculaire

En 1870, l'ing√©nieur hongrois Ernesto Emanuele Oblieght confie √† Galanti, Sigl et Wolfart le projet de construire un syst√®me qui pourrait permettre de monter au sommet du V√©suve tout en restant confortablement assis. Les trois experts con√ßoivent un projet de funiculaire dont la r√©alisation incombe √† l'ing√©nieur Emilio Olivieri de Milan. Entre-temps, le 21 d√©cembre 1878, Oblieght se voit accorder par l'√Čtat une concession de 9 700 m2 pour 30 ans √† hauteur de 150 lires par an et re√ßoit l'autorisation de r√©aliser ses projets. Les travaux se terminent un an et demi plus tard, pour un co√Ľt de 435 000 lires. Le 6 juin 1880, vers 17 h 00, le funiculaire du V√©suve est inaugur√©. Il s'agit √† cette √©poque du seul moyen de transport permettant de gravir un volcan actif : 830 m√®tres de long, un pourcentage de 45 √† 63 % pour un d√©nivel√© de 390 m√®tres sur la face sud-ouest[69]. Le 10 juin, il est ouvert au public[70].

Le 13 d√©cembre 1886, Oblieght c√®de, comme pr√©vu, la concession et le management de l'entreprise pour le montant de 1 200 000 lires aux fran√ßais de la Soci√©t√© anonyme du chemin de fer funiculaire du V√©suve. √Ä cette √©poque, 300 touristes exp√©rimentent chaque jour la mont√©e du volcan. Pourtant, l'entreprise, endett√©e par les co√Ľts de maintenance et les faibles recettes, est contrainte √† son tour de c√©der la concession √† la Thomas Cook and Son Company, pour 170 000 lires, le 24 novembre 1888. John Mason Cook, h√©ritier √† la mort de son p√®re en 1892 doit faire face √† des pressions financi√®res et des sabotages de la part des guides locaux. La nouvelle ligne de chemin de fer Pugliano-V√©suve, construite en 1903, contribue √† doubler le nombre de touristes transport√©s au crat√®re. La compagnie doit remplacer l'installation par une plus moderne pour accro√ģtre sa capacit√©[70] : le nombre de si√®ges passe de 10 √† 18[71].

Mais l'√©ruption des 7 et 8 avril 1906 d√©truit les stations de d√©part et d'arriv√©e, le restaurant, les √©quipements et les deux nouveaux wagons, enfouis sous 20 √† 30 m√®tres de cendre. La voie ferr√©e est √©galement endommag√©e et le volcan est transfigur√©. Pourtant, tout est reconstruit, et en 1909, un nouveau funiculaire est en service, gr√Ęce au projet d'Enrico Treiber. Le 12 mars 1911, une nouvelle √©ruption n√©cessite un peu moins d'un an de r√©paration √† la station sup√©rieure. L'installation fonctionne de nouveau √† plein r√©gime et √©chappe √† l'√©ruption de 1929, alors que les fr√®res Cook se retirent en 1928 et c√®dent une partie de leurs parts √† la Soci√©t√© anonyme italienne des chemins de fer du V√©suve. Finalement, apr√®s 1944, le funiculaire, irr√©parablement endommag√©, est laiss√© √† l'abandon[70].

Un contrat pour construire un t√©l√©si√®ge est accord√© en 1951 √† Von Roll, de Berne, pour seulement un tiers du prix potentiel de la reconstruction du funiculaire, utilisant de surcro√ģt la station de d√©part de l'ancien ouvrage[69]. Il est inaugur√© le 8 juillet 1953 et est le premier √† proposer des si√®ges doubles en Italie, offrant une capacit√© de 1 000 personnes par jour. Mais il est stopp√© en 1984, apr√®s avoir transport√© environ 100 000 touristes, dont la moiti√© d'√©trangers, car il s'av√®re inappropri√© pour des groupes cons√©quents[72].

Un plan de reconstruction du funiculaire, réalisé par l'architecte Nicola Pagliara, est approuvé en 1988. Les travaux commencent en novembre 1991, mais sont arrêtés peu de temps après, tandis que les vestiges des wagons de 1909 étaient mis au jour[70].

Accès et ascension du Vésuve

Aujourd'hui, le sommet du Vésuve est ouvert aux visiteurs et il existe un petit réseau de sentiers autour de la montagne qui est entretenu par les autorités du parc.

Il est possible d'acc√©der par une route goudronn√©e de 13 kilom√®tres, depuis Ercolano, pr√®s du p√©age de l'autoroute Naples-Salerne, jusqu'√† 200 m√®tres du sommet, mais la distance finale se fait √† pied uniquement : il y a un chemin en spirale autour du c√īne, depuis la route jusqu'au crat√®re[72].

La montagne a d'ailleurs servi d'arriv√©e, le 23 mai 1990, √† la troisi√®me √©tape du Tour d'Italie cycliste, avec la victoire de l'espagnol Eduardo Chozas, ainsi qu'√† la 19e √©tape du Giro 2009, remport√©e par l'espagnol Carlos Sastre.

Protection environnementale

La zone autour du V√©suve a √©t√© officiellement d√©clar√©e parc national le 5 juin 1995. Il a √©t√© fond√© dans le but de pr√©server la faune et la flore, les associations environnementales, les particularit√©s g√©ologiques, les formations pal√©ontologiques et les biotopes en g√©n√©ral. Il a √©galement pour mission de g√©rer et restaurer le patrimoine anthropologique, arch√©ologique, historique et architectural, ainsi que les traditions pastorales, l'√©ducation et la recherche[10].

Les autorit√©s du parc font face √† des difficult√©s particuli√®res en raison du non-respect des lois interdisant la construction de b√Ętiments dans la zone prot√©g√©e, probl√®me unique en Europe[10].

Agriculture et artisanat

Pomp√©i : terre fertile au pied du volcan

L'agriculture sur le V√©suve est fortement d√©velopp√©e en raison de la richesse des sols en minerai, du bon drainage et du climat m√©diterran√©en. Parmi les nombreux fruits cultiv√©s figurent l'abricot (en particulier les fameuses esp√®ces Pellecchiella, Boccuccia liscia, Boccuccia spinosa, Cafona et Carpone) et la cerise (Ciliegia Malizia ou Ciliegia del Monte), produite surtout au pied du mont Somma. Les autres produits typiques sont les Pomodorini da serbo qui sont de petites tomates rondes au go√Ľt l√©g√®rement acidul√© d√Ľ √† la concentration de sucre et de sels min√©raux. Elles peuvent √™tre s√©ch√©es (piennolo) ou servies en sauce. Depuis la Rome antique, le site est fameux pour ses vins rouge, ros√© ou blanc : les raisins Falanghina du V√©suve, Coda di volpe (localement appel√© Caprettone) ou encore Catalanesca sont cultiv√©s ainsi que le Piedirosso du V√©suve servant √† produire le vin Lachryma Christi (¬ę larmes du Christ ¬Ľ). Parmi les l√©gumes, on note le fenouil, le haricot et le brocoli qui sert d'accompagnement dans la cuisine italienne, et parmi les fruits secs, la noix et la noisette. La production de miel est √©galement importante[10].

L'artisanat local a des origines anciennes et se m√™le fr√©quemment √† l'art traditionnel, tr√®s vivant. Il utilise des mat√©riaux et techniques vari√©es : corail en cam√©e, calcaire, cuivre sont mont√©s, d√©coup√©s, grav√©s et finalement promus au niveau international[10].

Géothermie

En 1987, la société italienne Agip a effectué un forage sur un des versants du Vésuve pour essayer de convertir la chaleur interne du volcan en énergie électrique[73]. Malgré la profondeur de l'excavation, dépassant la base du volcan, aucune source thermique n'a été captée. Pourtant, en 2001[74], du magma a été repéré à 10 kilomètres sous la surface, par conséquent, le volcan continue à être suivi.

L'observatoire

L'ancien b√Ętiment de l'observatoire

L'observatoire du Vésuve (Osservatorio Vesuviano) est un institut public de recherche dépendant du Ministère italien de l'université et de la recherche[75]. Depuis 2001, il constitue une branche de l'Institut national italien de géophysique et de vulcanologie, en charge en particulier du suivi de l'activité volcanique (Vésuve, champs Phlégréens, Ischia).

L'observatoire est le plus ancien du monde dans le domaine de la vulcanologie. Lors de sa fondation, d√©cid√©e en 1841 par Ferdinand II des Deux-Siciles, roi de Naples[75] et termin√©e en 1845, le b√Ętiment principal se situait sur les flancs du volcan, √† 600 m√®tres d'altitude. Aujourd'hui, l'ancien site est devenu un mus√©e et une biblioth√®que historique, alors que le centre de suivi est install√© √† Fuorigrotta (Naples)[76].

Le Vésuve dans la culture populaire

Mythologie

Dans la gigantomachie, Mimas (l'un des nombreux G√©ants, fils de Ga√Įa et du sang d'Ouranos) est enseveli par H√©pha√Įstos sous une masse de m√©tal en fusion dont il reste prisonnier : le V√©suve.

Par ailleurs, il était considéré par les Grecs et les Romains comme une montagne sacrée au demi-dieu Héraclès - Hercule, et le nom de la ville de Herculaneum, construite à sa base, est tiré du héros.

Représentations artistiques

En raison de son tempérament et de sa situation, le Vésuve a marqué l'imaginaire de nombreux artistes depuis des siècles.

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Ňíuvres romanesques

Ňíuvres filmographiques

Anecdotes

  • Sur les flancs du volcan habite Miss Tick, un personnage du monde de Disney.
  • Durant la Festa di Piedigrotta 2007, une f√™te populaire napolitaine, le char all√©gorique ¬ę Sterminator Vesevo ¬Ľ, repr√©sentant le volcan, a pris feu √† cause d'un court-circuit et a √©t√© compl√®tement d√©truit.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean-Fran√ßois Coulais, Pierre Gentelle, Brigitte Marin, Colette Vallat, Naples : Le V√©suve et Pomp√©i, Belin, coll. ¬ę Terre des villes ¬Ľ, 2004 (ISBN 2701135974)
  • Alix Barbet, St√©phane Compoint, Les cit√©s enfouies du V√©suve : Pomp√©i, Herculanum, Stabies et autres lieux, Fayard, 1999 (ISBN 2213604169)
  • Emmanuel Robl√®s, Le V√©suve, Seuil, 1961 (ISBN 2020009714)
  • Sir William Hamilton, Les Fureurs du V√©suve ou L'Autre passion de Sir William Hamilton, Gallimard Jeunesse, coll. ¬ę D√©couvertes ¬Ľ, 1992 (ISBN 2070566625)

Liens externes

Notes et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en anglais intitul√© ¬ę Mount Vesuvius ¬Ľ.
  • (it) Cet article est partiellement ou en totalit√© issu d‚Äôune traduction de l‚Äôarticle de Wikip√©dia en italien intitul√© ¬ę Vesuvio ¬Ľ.
  1. ‚ÜĎ (en) Parc national du V√©suve
  2. ‚ÜĎ Encarta, article V√©suve
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