Verite

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Verite

Vérité

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Voir « vĂ©ritĂ© Â» sur le Wiktionnaire.

La vĂ©ritĂ© (du latin veritas) est un terme de philosophie qui exprime la qualitĂ© de ce qui est vrai. C'est la conformitĂ© de l'idĂ©e avec son objet, conformitĂ© de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est rĂ©el. C'est Ă©galement un terme Ă  forte connotation juridique, entendu d'un point de vue judiciaire au sens de « ce qui est vrai Â», Ă  savoir ce dont on peut rapporter la preuve.

La diversité des interprétations du mot a constitué dans le passé et jusqu'à maintenant bien des controverses. Les réflexions de penseurs et de philosophes au cours des siÚcles constituent autant d'écoles différentes.

Sommaire

Problématique de la Vérité

On donne quelquefois au mot vĂ©ritĂ© le sens de rĂ©alitĂ©. Mais il vaut mieux entendre par vĂ©ritĂ© un caractĂšre de la connaissance, et de la connaissance seulement. Ce caractĂšre, dont l'erreur est l'opposĂ©, appartient-il dĂ©jĂ  aux idĂ©es, aux reprĂ©sentations, ou bien ne peut-il rĂ©sider que dans le jugement, c'est-Ă -dire dans l'affirmation ou la nĂ©gation? Une idĂ©e peut ĂȘtre appelĂ©e fausse, en ce sens qu'elle ne correspond Ă  rien de rĂ©el ni de possible (par exemple, des idĂ©es de chimĂšres, de centaures, etc.), ou vraie en ce sens qu'elle correspond Ă  des choses rĂ©elles (par exemple, des idĂ©es d'homme ou de cheval). Mais c'est dans le jugement seul que rĂ©sident l'erreur et la vĂ©ritĂ© proprement dites. Il n'y a erreur que pour celui qui affirme l'existence de la chimĂšre et du centaure, de mĂȘme il n'y a vĂ©ritĂ© que pour celui qui nie leur existence, ou qui affirme par exemple celle de l'homme ou du cheval. Une telle thĂ©orie de la vĂ©ritĂ© repose sur l'idĂ©e que celle-ci doit ĂȘtre en adĂ©quation, ou en correspondance, avec un Ă©tat de choses rĂ©el.

On peut dire que la vérité est l'affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n'existe pas; donc, finalement, l'accord de nos jugements avec la réalité. Cette définition paraßt claire et satisfaisante, sans doute, au sens commun. Mais si l'on se place du point de vue soit du criticisme, soit de l'idéalisme, on pourra la trouver peu philosophique.

  • Au nom du premier, on objectera que la rĂ©alitĂ© mĂ©taphysique et absolue n'est point accessible Ă  la connaissance. À quoi l'on peut rĂ©pondre que la plupart de nos jugements ne concernent en rien la rĂ©alitĂ© mĂ©taphysique et absolue, mais simplement les diffĂ©rents ĂȘtres et phĂ©nomĂšnes qui sont pour nous objets d'expĂ©rience, autrement dit de perception.
  • Mais, objectera l'idĂ©aliste, les diffĂ©rents objets et phĂ©nomĂšnes se ramĂšnent Ă  nos reprĂ©sentations et Ă  celle des autres sujets conscients; la vĂ©ritĂ© ne consiste donc pas dans l'accord de nos jugements avec une rĂ©alitĂ© extĂ©rieure Ă  notre esprit, mais dans l'accord de la pensĂ©e avec elle-mĂȘme, par consĂ©quent avec ses propres perceptions et avec les perceptions des autres esprits. Sans doute, peut-on rĂ©pondre, mais les perceptions qui s'imposent nĂ©cessairement Ă  moi et Ă  tout ĂȘtre conscient se trouvant comme moi Ă  l'Ă©tat de veille et Ă  l'Ă©tat normal, c'est justement ce que j'appelle la rĂ©alitĂ©...

On peut donc, semble-t-il, accepter sans difficultĂ© cette dĂ©finition de la vĂ©ritĂ©: « L'accord de nos jugements avec la rĂ©alitĂ©. Â»

Il faut éviter avec soin de personnifier la vérité, d'en faire on ne sait quelle entité spéciale et objective. La vérité est une qualité. Selon William James, il y a d'une part la réalité, d'autre part des jugements qui sont en accord avec celle-ci; il n'existe pas une troisiÚme chose qui serait la vérité. La vérité est le caractÚre que prennent certains jugements, et rien de plus. Par suite, la vérité n'est pas une donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l'effort et de la recherche.

« Ce qui est vrai, c'est ce qui est utile Â», dĂ©clarait Nietzsche. Le pragmatisme a-t-il rĂ©ussi Ă  modifier profondĂ©ment l'idĂ©e de vĂ©ritĂ©? On peut en douter. Il semble difficile de rĂ©duire entiĂšrement l'idĂ©e de vĂ©ritĂ© Ă  celle d'utilitĂ©. Certaines croyances de la religion grecque et de la religion romaine furent bienfaisantes Ă  la citĂ© antique, nous ne les jugeons pas « vraies Â» pour autant.

Le regard des penseurs: aperçu historique

Aristote

Les sens respectifs des mots grecs ÎŹÎ»Î·ÎžÎźÏ‚ [(ές), (ÎłÎœÎżÏ‚)], alithis, Ăšs « vrai(e) Â» et ΆλΟΞΔÎčα, Alithia, « VĂ©ritĂ© Â»[1] sont demeurĂ©s constants pendant toute l'Ă©poque classique et associĂ©s au domaine de la logique, de la gĂ©omĂ©trie et des sciences dĂ©ductives en gĂ©nĂ©ral ; aussi bien Platon recourt Ă  ces matiĂšres comme outil pĂ©dagogique pour illustrer sa thĂ©orie des IdĂ©es censĂ©es contenir toute vĂ©ritĂ© intelligible. Aristote, sur un registre trĂšs diffĂ©rent, dĂ©veloppe la logique comme moyen d'investigation du discours, utile aussi dans l'investigation du rĂ©el en ce qu'il permet d'organiser les connaissances.

Ces concepts de « vrai Â» et de « vĂ©ritĂ© Â» ont aussi Ă©tĂ© associĂ©s, du cĂŽtĂ© de l'Ă©cole de Milet[2] et plus tard d' Aristote encore, aux sciences d'observation - plus exactement - car dans ce contexte il n'y a pas vraiment de mĂ©thode scientifique telle que nous la concevons depuis GalilĂ©e - aux premiĂšres tentatives d'Ă©tude des phĂ©nomĂšnes naturels - les « mĂ©tĂ©ores Â» - et des ĂȘtres vivants ; Aristote ne perdait jamais une occasion d'aller observer les poissons du lagon de Pyrrha dans l'Ăźle de Lesbos.[3]

Dans les deux cas, le caractĂšre binaire et normatif de ces notions ne fait pas mystĂšre. Dans la MĂ©taphysique, Aristote Ă©crit : « dire que ce qui est n'est pas, ou que ce qui n'est pas est, est faux ; et dire que ce qui est, est, et que ce qui n'est pas n'est pas, est vrai Â» (IV, 7).[4] Des Ă©noncĂ©s similaires se retrouvent dans Platon, par exemple le Cratyle.

Dans le second livre de l' Organon, De l'InterprĂ©tation, Aristote analyse le langage et la formation des propositions logiques, c'est-Ă -dire les parties du discours susceptibles d'ĂȘtre vraies ou fausses, l'Ă©lĂ©ment initial est bien la correspondance d'un Ă©noncĂ© avec un fait rĂ©el. Nous disons par exemple que l'Ă©noncĂ© « le chat est sur le tapis Â» est vrai parce que le chat est effectivement sur le tapis.

Aristote eut le mĂ©rite de mettre en forme de façon systĂ©matique des modes de raisonnement qui Ă©taient souvent demeurĂ©s trĂšs vagues ou implicites chez ses devanciers.[5] La logique d'Aristote chercha d'abord Ă  dĂ©gager les conditions nĂ©cessaires - Ă©videmment non suffisantes - de la vĂ©ritĂ©, qui rĂ©sident dans la forme. Ainsi, un Ă©noncĂ© tel que « le mur bleu est rouge Â» n'a besoin d'aucun rĂ©fĂ©rent extĂ©rieur pour ĂȘtre dĂ©clarĂ© faux.[6] La logique fournit l'instrument de la pensĂ©e correcte, pas la matiĂšre.[7] En termes kantiens, elle est la condition formelle de la vĂ©ritĂ©, mais non pas matĂ©rielle [8]

Aristote porte surtout son attention sur les syllogismes tels que « tout A est B Â», « quelque A est B Â», oĂč le sujet A et le prĂ©dicat B remplacent des concepts ; « tout A est un B Â» signifie que le concept B est attribuable Ă  tout objet auquel on peut attribuer le concept A.[9] Aristote Ă©tait conscient que les syllogismes ne pouvaient rendre compte de toutes les applications de la logique[10],[11] mais ils lui permettaient de poser des rĂšgles claires pour former la nĂ©gation des Ă©noncĂ©s, et aussi pour distinguer les rĂŽles respectifs des universelles du genre « tout x est ceci Â» et des singuliĂšres du genre « y est cela Â».[12]

L'Ă©cole de MĂ©gare

Les mĂ©gariques et les stoĂŻciens ont analysĂ© mĂ©thodiquement la logique des connexions du langage courant telles que « et Â», « ou Â» et la nĂ©gation des Ă©noncĂ©s. Philon de MĂ©gare Ă©tend la portĂ©e du conditionnel.[13] Dans sa version P→Q est fausse lorsque P est vraie et Q fausse, et est vraie autrement, sans que le locuteur n'aie Ă  se prĂ©occuper de rechercher des liaisons causales ou des connotations psychologiques ; ainsi des propositions apparemment aussi ridicules que « si le GroĂ«nland est en sucre candi, alors Charlemagne est le plus grand Ă©crivain du moyen Ăąge Â» sont vraies.[14] Ce genre de considĂ©ration a son importance pour l'utilisation des connecteurs logiques en toute gĂ©nĂ©ralitĂ©, car les rĂšgles s'appliquent mĂȘme si l'on ne sait pas si les termes sont vrais. Cette Ă©limination des connotations psychologiques de la relation d'implication Ă©tait un grand progrĂšs, mais sans effet immĂ©diat sur la logique.

En effet, ces travaux tombĂšrent dans l'oubli jusqu'Ă  la fin du XIXe siĂšcle.[15]

Augustin d'Hippone

Augustin d'Hippone voit la VĂ©ritĂ© comme l'expĂ©rience ultime de la vie spirituelle. Il aborde le rapport de l'homme Ă  la vĂ©ritĂ© Ă  travers la question de l'enseignement du dogme et de sa comprĂ©hension. Pour lui, il n’y a pas de « communication horizontale Â» entre les hommes. Le dialogue se joue non pas Ă  deux, mais Ă  trois. Toute communication authentique est « triangulaire Â» : toi, moi, et la VĂ©ritĂ© qui nous transcende tous les deux, et dont nous sommes, toi et moi, les « condisciples Â».[16]

Parmi les ouvrages d'Augustin, Le MaĂźtre[17] est l’un des plus rĂ©vĂ©lateurs de sa pensĂ©e. Il y dĂ©veloppe une thĂšse rĂ©currente jusqu’à la fin de sa vie. « Lorsque les maĂźtres ont exposĂ© par les mots toutes ces disciplines qu’ils font profession d’enseigner, y compris celle de la vertu et de la sagesse, alors ceux que l’on appelle des disciples examinent en eux-mĂȘmes si ce qui a Ă©tĂ© dit est vrai, en regardant, cela va de soi, la VĂ©ritĂ© intĂ©rieure selon leurs forces. C’est alors qu’ils apprennent ; et lorsqu’ils ont dĂ©couvert intĂ©rieurement qu’on leur a dit la vĂ©ritĂ©, ils louent les maĂźtres, sans savoir qu’ils louent des enseignĂ©s plutĂŽt que des enseignants, si toutefois ceux-ci ont le savoir de ce qu’ils disent. Mais les hommes se trompent en appelant maĂźtres des gens qui ne le sont pas. Â»

Augustin l’exprime sous sa forme classique : Foris admonet, intus docet, l'avertissement est extĂ©rieur, l'enseignement est intĂ©rieur. Le langage (y compris les paroles du Christ) avertit Ă  l’extĂ©rieur, mais seul enseigne le Christ, la VĂ©ritĂ© intĂ©rieure. C’est donc pour lui Ă  juste titre que l’évangile demande de ne donner le titre de maĂźtre Ă  personne sur terre, « parce que le seul maĂźtre de tous est au ciel Â».

Thomas d'Aquin

Thomas d'Aquin scruta de maniĂšre prĂ©cise l'ouvrage De l'Interpretation d'Aristote, aussi les commentaires antĂ©rieurs au sien, en les dĂ©gageant de leurs influences nĂ©oplatoniciennes ou arabes par une critique interne Ă  la pensĂ©e du philosophe grec. Il dĂ©veloppa un certain nombre de thĂšmes tels que : vĂ©ritĂ© de la pensĂ©e et du discours, rĂŽle des mots par rapport aux idĂ©es et aux choses, rĂšgles permettant d'Ă©liminer les ambiguĂŻtĂ©s du langage courant, dĂ©terminisme et libertĂ©.[18]

Pour l'Aquinaste, veritas est adĂŠquatio intellectus et rei : la vĂ©ritĂ© est l'adĂ©quation de l'intellect aux choses[19], sur ce point donc sa pensĂ©e Ă©pouse parfaitement celle d'Aristote.

Baruch Spinoza

Le texte suivant, tirĂ© des PensĂ©es mĂ©taphysiques, donne l'impression que Spinoza conçoit la vĂ©ritĂ© comme adĂ©quation de l'idĂ©e avec l'objet :

« La premiĂšre signification de Vrai et de Faux semble avoir son origine dans les rĂ©cits ; et l’on a dit vrai un rĂ©cit, quand le fait racontĂ© Ă©tait rĂ©ellement arrivĂ© ; faux, quand le fait racontĂ© n’était arrivĂ© nulle part. Plus tard, les philosophes ont employĂ© le mot pour dĂ©signer l’accord d’une idĂ©e avec son objet ; ainsi, l’on appelle idĂ©e vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-mĂȘme ; fausse, celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en rĂ©alitĂ©. Les idĂ©es ne sont pas autre chose en effet que des rĂ©cits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de lĂ  on en est venu Ă  dĂ©signer de la mĂȘme façon, par mĂ©taphore, des choses inertes ; ainsi, quand nous disons de l’or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est prĂ©sentĂ© racontait quelque chose sur lui-mĂȘme, ce qui est ou n’est pas en lui.[20] Â»

Mais Spinoza lui-mĂȘme dĂ©finit ainsi l'adĂ©quation au dĂ©but de la deuxiĂšme partie de son Éthique:

DĂ©finition IV.

Par idée adéquate j'entends une idée qui, considérée en soi et sans regard à son objet, a toutes les propriétés, toutes les dénominations intrinsÚques d'une idée vraie.

L'adĂ©quation repose donc sur un critĂšre intrinsĂšque de vĂ©ritĂ©, d'oĂč le mode gĂ©omĂ©trique de construction de son systĂšme philosophique.

Ainsi, nous connaissons adéquatement un objet quand nous le reconstruisons à partir de ses causes, quand nous le concevons. En revanche, la connaissance par les sens est forcément tronquée et incomplÚte. Ce que nous percevons par les sens exprime davantage notre propre nature que celle de l'objet perçu. L'on ne saurait expliquer cela plus avant sans entrer dans le systÚme philosophique de Spinoza.

De mĂȘme, Spinoza rejette la conception cartĂ©sienne, selon laquelle seul le jugement, issu de la volontĂ©, peut ĂȘtre vrai ou faux. Selon Spinoza, chaque idĂ©e enveloppe sa propre affirmation, ce n'est pas le fait de quelque libre arbitre extĂ©rieur Ă  cette idĂ©e singuliĂšre. Ainsi, je ne peux pas penser que 2 et 2 font 4 sans ipso facto l'affirmer. Nous ne pouvons suspendre notre jugement que si d'autres reprĂ©sentations remettent en cause la valeur d'une premiĂšre reprĂ©sentation. Ainsi, quand je rĂȘve, je suis gĂ©nĂ©ralement incapable de douter de ce que je perçois, et pourtant, une fois Ă©veillĂ©, il m'est trĂšs facile de nier mon rĂȘve. Pour autant, une idĂ©e fausse est qualitativement, intrinsĂšquement, diffĂ©rente d'une idĂ©e adĂ©quate. L'idĂ©e vraie me permet d'un mĂȘme geste de comprendre pourquoi elle est vraie, et pourquoi les idĂ©es fausses sont fausses. Le vrai est index de soi-mĂȘme et du faux, dit Spinoza (index sui et falsi).

Emmanuel Kant

Kant fait usage de la distinction aristotĂ©licienne entre une dĂ©finition nominale et une dĂ©finition qui pointe sur la cause ou l'essence de ce qui est Ă  dĂ©finir, quand il Ă©crit :

« La vĂ©rite est supposĂ©e consister en l'accord de la connaissance avec son objet. Selon cette dĂ©finition simplement verbale, alors, ma connaissance, pour ĂȘtre vraie, doit ĂȘtre en accord avec l'objet. Mais je ne peux comparer l'objet avec ma connaissance que par ce moyen, nommĂ©ment, en prenant connaissance de lui. Ma connaissance, alors, va ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e par elle-mĂȘme, ce qui est loin d'ĂȘtre suffisant pour que je sois assurĂ© de la vĂ©ritĂ©. Car comme l'objet est extĂ©rieur Ă  moi, et que la connaissance est en moi, je ne puis juger que de savoir si ma connaissance de l'objet est en accord avec ma connaissance de l'objet. Ce genre d'explication circulaire Ă©tait appelĂ©e Diallelos par les anciens. Et les logiciens Ă©taient accusĂ©s de cette faute de raisonnement par les sceptiques, qui comparaient cette acception de la vĂ©ritĂ© Ă  l'appel Ă  un tĂ©moin inconnu qui devant un tribunal soutiendrait sa propre crĂ©dibilitĂ© sur la base de celle de l'homme qui l'avait appelĂ©.[21] Â»

Mais la validitĂ© de l'assertion selon laquelle en GrĂšce les « logiciens Â» pratiquaient effectivement ce cercle vicieux n'a pas Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e.[22]

G.W.F. Hegel

Hegel examine la nature paradoxale de la conscience humaine, qui voudrait une vĂ©ritĂ© entiĂšre et complĂšte quand la plupart des individus ne peuvent gĂ©nĂ©ralement aller bien loin sans dĂ©saccord. Mais cet antagonisme, oĂč Hegel distingue un mouvement « positif Â» ou « thĂšse Â» et un mouvement « nĂ©gatif Â» oĂč « antithĂšse Â» est le moteur d'une Ă©volution : l'esprit de l'univers croĂźt vers de plus hauts degrĂ©s d'Ă©veil et de conscience. Ce processus est dialectique : on passe d'une Ă©tape Ă  une autre en dĂ©passant les contradictions dans le cadre d'un temps historique, productif, oĂč l'antagonisme une fois subsumĂ© conduit Ă  la synthĂšse d'oĂč Ă©merge une nouvelle vĂ©ritĂ©.

Il faut quand mĂȘme noter que dans la thĂ©orie de Hegel il y a en fait une synthĂšse intermĂ©diaire au sein de l'« antithĂšse Â», entre « opposition externe Â» et « division interne Â»[23]

Gottlob Frege

Chez Aristote et les scolastiques du Moyen Age la logique des connexions restait dans une certaine mesure tributaire des imperfections du langage courant ; de plus, la logique des prĂ©dicats, enfermĂ©e dans la triade sujet-copule-attribut, ne pouvait aller bien loin lorsqu'il s'agissait de traiter de situations plus complexes faisant intervenir des propositions comportant plusieurs verbes actifs ou plusieurs sujets. Leibniz tenta bien d'Ă©crire un langage symbolique qui serait une « caractĂ©ristique universelle Â»[24]Ă©liminant les risques d'erreur, mais n'y parvint pas.[25]

Il devait revenir à Friedrich Ludwig Gottlob Frege de fonder la logique sur des bases inspirées des mathématiques, démultipliant ainsi son efficacité.

Il y a continuitĂ© et non rupture. Ce que la logique d'Aristote et ses successeurs scolastiques faisait, la logique moderne le fait toujours ; mais comme le dit Quine c'est un sous-produit d'une entreprise plus puissante.[26]

Frege voulut initier un projet encore plus ambitieux : unifier les sciences dĂ©ductives en exprimant les termes premiers des mathĂ©matiques par les moyens de la logique ; mais Bertrand Russell, qui avait fait une tentative similaire, l'en dissuada aprĂšs avoir dĂ©couvert un paradoxe.

Kitarƍ Nishida

Pour Nishida, l'expĂ©rience naĂźt lĂ  oĂč les faits apparaissent tels qu'ils sont, c'est une connaissance que nous acquĂ©rons en nous soumettant Ă  la rĂ©alitĂ© des faits, sans artifice intellectuel.[27] La diffĂ©renciation du sujet et de l'objet est toute relative, elle n'intervient qu'au moment oĂč l'expĂ©rience perd son unitĂ©.[28] L’observation se dĂ©roule dans le prĂ©sent, oĂč ne se tient aucun jugement, elle est simplement conscience immĂ©diate.

L’acte rĂ©flexif de la pensĂ©e est issu de conflits, la recherche d’une solution conditionne l’unicitĂ© de conscience ; ainsi la pensĂ©e se rĂ©alise dans l’action : l’expĂ©rience pure et la pensĂ©e ne sont que deux visions d' un seul et mĂȘme Ă©vĂšnement.[29]

Alors la vĂ©ritĂ©, comme l’objet, n’est pas sĂ©parĂ©e du sujet. Elle est l‘unicitĂ© de nos faits empiriques[30]

Bertrand Russell

Russell dit que les arguments qui plaident en faveur d'une hiĂ©rarchie de langages sont dĂ©cisifs, [31] notamment c'est le seul moyen d'Ă©chapper Ă  la thĂ©orie de Wittgenstein selon laquelle la syntaxe ne peut seulement que se montrer et non s'exprimer par des mots. Ses recherches sur ce sujet partent de la constatation par Tarski du fait que les mots « vrai Â» et « faux Â», quand ils s'appliquent aux phrases d' un langage donnĂ©, ne sont exprimables que dans un langage d'ordre supĂ©rieur. Ainsi dans Signification et vĂ©ritĂ© dĂ©cortique-t-il le langage usuel pour en extraire la substantifique moĂ«lle qu'il appelle d'un nom appelĂ© Ă  rester dans la postĂ©ritĂ© : le langage-objet, ou du premier ordre, fait de « mots-objets Â».

Il s'attache aussi Ă  Ă©valuer la portĂ©e des critiques de Brouwer contre le principe de logique classique dit du « tiers exclu Â» selon lequel il n'y a que deux valeurs de vĂ©ritĂ© ; c'est que Brouwer ne connaĂźt pas le « vrai Â» ; il connaĂźt le « vĂ©rifiable Â», donc il y a une classe de propositions qui sont syntaxiquement correctes mais qui ne sont ni vĂ©rifiables ni les contradictoires de propositions vĂ©rifiables. Personne, dit Russell, n'est jamais allĂ© jusqu'Ă  dĂ©finir la vĂ©ritĂ© comme ce qui est connu[32] ; la dĂ©finition Ă©pistĂ©mologique de la vĂ©ritĂ© est ce qui peut ĂȘtre connu, mais ceci pose Ă©videmment des difficultĂ©s auxquelles Russell consacre de nombreuses pages avant de dĂ©finir la vĂ©ritĂ© par rapport Ă  des Ă©vĂšnements et la connaissance par rapport Ă  des percepts[33]  ; et il conclut finalement en faveur du tiers exclu :

« Avant l'invention du spectroscope , il eĂ»t semblĂ© impossible d'affirmer quoi que ce soit concernant la composition chimique des Ă©toiles ; mais c'eĂ»t Ă©tĂ© une erreur de prĂ©tendre que les Ă©toiles ni ne contiennent ni ne contiennent pas les Ă©lĂ©ments que nous connaissons. A prĂ©sent, nous ignorons s'il y a de la vie ailleurs dans l'univers, mais nous avons raison d'ĂȘtre assurĂ©s qu'il y en a ou qu'il n'y en a pas. Nous avons donc besoin de la « vĂ©ritĂ© Â» aussi bien que de la « connaissance Â» parce que les frontiĂšres de la connaissance sont incertaines et parce que, sans la loi du tiers exclu, nous ne pourrions pas nous poser les questions qui donnent naissance aux dĂ©couvertes.[34] Â»

Au XXe siĂšcle Russell perçoit avec apprĂ©hension le dĂ©veloppement d'un certain relativisme dans lequel la notion mĂȘme de vĂ©ritĂ© lui apparaĂźt quelque peu galvaudĂ©e :

« Le concept de vĂ©ritĂ©, compris comme dĂ©pendant de faits qui dĂ©passent largement le contrĂŽle humain, a Ă©tĂ© l'une des voies par lesquelles la philosophie a, jusqu'ici, inculquĂ© la dose nĂ©cessaire d'humilitĂ©. Lorsque cette entrave Ă  notre orgueil sera Ă©cartĂ©e, un pas de plus aura Ă©tĂ© fait sur la route qui mĂšne Ă  une sorte de folie - l'intoxication de la puissance qui a envahi la philosophie avec Fichte et Ă  laquelle les hommes modernes, qu'ils soient philosophes ou non, ont tendance Ă  succomber. Je suis persuadĂ© que cette intoxication est le plus grand danger de notre temps et que toute philosophie qui y contribue, mĂȘme non-intentionnellement, augmente le danger d'un vaste dĂ©sastre social.[35] Â»

Ludwig Wittgenstein

La totalitĂ© de la rĂ©alitĂ© est le monde.[36] L'image, dit Wittgenstein, est un modĂšle de la rĂ©alitĂ© ;[37] et pourtant elle peut ĂȘtre vraie ou fausse.[38]

« Une image pour expliquer le concept de vĂ©ritĂ© : une tache noire sur un papier blanc ; la forme de la tache peut ĂȘtre dĂ©crite en disant pour chaque point de la feuille s'il est blanc ou noir. Le fait qu'un point soit noir correspond Ă  un fait positif - le fait q'un point soit blanc (non noir) Ă  un fait nĂ©gatif. Si j'indique un point de la surface (une valeur de vĂ©ritĂ© fregĂ©enne), ceci correspond Ă  une hypothĂšse proposĂ©e Ă  un jugement, etc., etc. Â»
« Mais pour pouvoir dire qu'un point est noir ou blanc, il me faut tout d'abord savoir quand un point sera dit blanc et quand il sera dit noir ; pour pouvoir dire « p Â» est vraie (ou fausse), il me faut avoir dĂ©terminĂ© en quelles circonstances j'appelle « p Â» vraie, et par lĂ  je dĂ©termine le sens de la proposition. Â»
« Le point oĂč la mĂ©taphore cloche c'est celui-ci : nous pouvons montrer un point de la feuille de papier sans savoir s'il est blanc ou noir ; tandis qu'une proposition dĂ©tachĂ©e de son sens ne correspond Ă  rien, car elle ne dĂ©note aucune chose (valeur de vĂ©ritĂ©) dont les qualitĂ©s puissent ĂȘtre dites vraies ou fausses ; le verbe d'une proposition n'est pas « est vrai Â» ou « est faux Â», comme le croyait Frege, - mais il faut que ce qui « est vrai Â» contienne dĂ©jĂ  le verbe.[39] Â»

Alfred Tarski

La conception de la vĂ©ritĂ© d' Alfred Tarski Ă©tait celle d'Aristote, Frege, Russell et de la plupart des gens : l' accord de nos jugements avec la rĂ©alitĂ© ; cependant le dĂ©veloppement des langages formalisĂ©s avait mis au clair les rĂŽles diffĂ©rents de la sĂ©mantique et de la syntaxe ; on ne peut dire qu'une formule qui est une suite de symboles est en soi « vraie Â» ou « fausse Â» ; le qualificatif de « vrai Â» ou de « faux Â» ne s'applique qu'Ă  des Ă©noncĂ©s, lesquels rĂ©sultent de l'interprĂ©tation de formules dans un modĂšle[40] ; la notion de vĂ©ritĂ© est rendue en disant que la formule est satisfaite par le modĂšle. Ces idĂ©es, Ă  la base de l'alors nouvelle thĂ©orie des modĂšles, n'ont pas Ă©tĂ© sans influencer Karl Popper.

Le logicien polonais tĂ©moin des bouleversements de son Ă©poque percevait la clartĂ© et la cohĂ©rence du langage comme non dĂ©terminants dans le processus d'amĂ©lioration des relations humaines, mais propres Ă  accĂ©lĂ©rer ce processus :

« Car d'une part, en rendant la signification des concepts prĂ©cise et uniforme dans son propre domaine, et en insistant sur la nĂ©cessitĂ© d'une telle prĂ©cision et uniformitĂ© dans tout autre domaine, la logique rend possible une meilleure comprĂ©hension entre ceux qui la recherchent avec bonne volontĂ©. Et d'autre part en perfectionnant et affinant les instruments de pensĂ©e, elle amĂ©liore l'esprit critique des hommes, et diminue leur risque d'ĂȘtre trompĂ©s par tous les pseudo-raisonnements auxquels ils sont exposĂ©s aujourd'hui dans de nombreux endroits du globe.[41] Â»

JĂŒrgen Habermas

Le problĂšme pour Habermas est qu'il n'est pas possible de s'abstraire du langage pour mesurer notre usage de ce mĂȘme langage. Tout Ă©noncĂ© est un Ă©lĂ©ment de rĂ©alitĂ©, une rĂ©alitĂ© dĂ©jĂ  imprĂ©gnĂ©e de ce langage. Cela n'est pas sans consĂ©quence sur le rapport entre vĂ©ritĂ© et communication. Les doutes quant Ă  l’intuition rĂ©aliste et universelle associĂ©e Ă  des concepts tels que la vĂ©ritĂ© rĂ©sultent d’un tournant linguistique qui a transfĂ©rĂ© le critĂšre de l’objectivitĂ© de la connaissance, de la certitude privĂ©e Ă  la pratique publique de justification propre Ă  une communautĂ© de communication.[42] Cette difficultĂ© est surmontĂ©e en science par une mĂ©thodologie fondĂ©e en derniĂšre analyse sur un scepticisme qui n'est pas opĂ©ratoire ailleurs, oĂč il conduirait Ă  la mĂ©sentente entre interlocuteurs.

La vĂ©ritĂ© des Ă©noncĂ©s ne peut se justifier qu'au moyen d'autres Ă©noncĂ©s[43], ce qui avait fait dire Ă  Rorty qu'il ne nous Ă©tait pas donnĂ© de transcender nos croyances. En rĂ©action contre Rorty, Habermas met en avant la nĂ©cessitĂ© d'un monde qui existe indĂ©pendamment de nos discours, et donc de l'existence d'un horizon d'entente qui dĂ©passe le seul cadre scientifique. Cet horizon d'entente ne prĂ©suppose d'ailleurs pas de se donner comme but un consensus ultime.[44] La personne qui s’engage dans une discussion en ayant sĂ©rieusement l’intention de se convaincre de quelque chose en Ă©changeant avec d’autres doit supposer que ces derniers ne soumettent leurs affirmations Ă  aucune autre contrainte que celle du meilleur argument.[45]

La vérité dans les sciences déductives

Les valeurs

Une proposition exprime une pensĂ©e ; elle contient des mots qui renvoient Ă  des concepts, elle a une structure interne, mais en mĂȘme temps elle forme un tout : dĂšs qu'elle exprime la pensĂ©e elle l'unifie, en ce sens qu'elle appelle de la part du rĂ©cepteur une option qui prend la forme d'une acceptation ou d'un refus. De lĂ  les deux alternatives de la logique classique : une proposition est vraie ou fausse. [46]

On pourrait objecter que le schéma binaire vrai-faux n'est pas pertinent du fait qu'il n'y a pas que des chats blancs et des chats noirs, mais beaucoup de chats de couleurs diverses. Ce serait oublier que le faux s'oppose au vrai, non comme le noir s'oppose au blanc, mais comme le non-blanc s'oppose au blanc.[47]

Cependant, cette dichotomie vrai-faux pourrait ĂȘtre contestĂ©e d'un autre point de vue : que se passe t'il si la rĂ©ponse Ă  la question posĂ©e n'est pas connue ? On a vu plus haut quelle Ă©tait la position de Bertrand Russell : la vĂ©ritĂ© des choses est indĂ©pendante de nos moyens de les atteindre ; tel n'est pas l'avis des intuitionnistes tels Roger ApĂ©ry qui refuse en particulier d'appliquer le principe du tiers-exclu aux objets mathĂ©matiques infinis.

Le traitement des fonctions de vĂ©ritĂ© : historique

A l'Ă©poque moderne, Boole, Schröder et Frege, parmi d'autres, s'attachĂšrent Ă  dĂ©gager des structures ; Boole fut le premier Ă  Ă©crire la logique en symboles maniables ; il avait en vue une algĂ©brisation du langage dans ce contexte sans cependant se prĂ©occuper outre mesure des fondements[48] ; Frege interprĂ©ta tout connecteur comme une fonction, inventant en 1879 le terme « fonction de vĂ©ritĂ© Â»[49] pour signifier qu'en logique propositionelle la valeur de vĂ©ritĂ© d'un Ă©noncĂ© composĂ© ne dĂ©pend que des valeurs des Ă©noncĂ©s simples Ă  partir desquels il est formĂ©, et non du contenu. En d'autres termes, les connexions sont utilisĂ©es au sens matĂ©riel ; car en effet Frege avait ressuscitĂ© le conditionnel philonien[50] dont il avait dĂ©couvert l'efficacitĂ©.

Article dĂ©taillĂ© : Calcul des propositions.

L'analyse des propositions

La phrase « le facteur remet une lettre Ă  mon frĂšre Â» ne peut certainement pas ĂȘtre analysĂ©e en deux Ă©lĂ©ments : [le facteur] [est remettant une lettre Ă  mon frĂšre],

mais plutĂŽt en quatre : [le facteur] [remet Ă ] [mon frĂšre] [une lettre][51]

Il faut par consĂ©quent distinguer d'une part des objets ou individus x, y, z, t, ..., , et d'autre part des expressions qui les lient entre eux : relations ou prĂ©dicats simples ou multiples. F, G, H, ..... ; on forme ainsi :

-des singuliĂšres « F(x) Â», « G(y, z) Â», « [F(x) et G(y, z)] seulement si H(x, y, z) Â» ;

-des universelles telles que « pour tout x, F(x) Â» ;

-des existentielles telles que « il y a un y, il y a un z, tels que G(y, z) Â» ;

-des phrases plus Ă©laborĂ©es telles que « si pour tout x, F(x), alors il existe y, il existe z tels que, pour tout x, [G(y, z) et H(x, y, z)] seulement si G(x, y) Â» ce que l'on peut symboliser par :

\left [ \forall x\; F(x)\right ] \to \;\exists y\;\exists z\;\forall x\;\left [\left [ G(y,z) \wedge \; H(x,y,z) \right ]
\to G(x,y)\;\right ].

Ainsi les quantificateurs permettent l'élucidation complÚte de la structure logique des énoncés.

Article dĂ©taillĂ© : Calcul des prĂ©dicats.

SĂ©mantique et syntaxe

Quand on tente d’expliquer le sens d’une expression, on emploie nĂ©cessairement d’autres expressions, ainsi dans un cadre purement dĂ©ductif il est impossible que tous les mots d’une thĂ©orie puissent recevoir une dĂ©finition ; au dĂ©but d’une thĂ©orie il y a nĂ©cessairement des termes premiers. On peut d’ailleurs observer que c’est lĂ  une affaire de choix : il serait erronĂ© de croire que certaines expressions ne peuvent en aucune maniĂšre se dĂ©finir.[52]

D’autre part, une fois les termes premiers choisis, il faut une mĂ©thode pour construire les Ă©noncĂ©s. Selon une mĂ©thode trĂšs pratiquĂ©e, au dĂ©but d'une thĂ©orie il y a des propositions non dĂ©montrĂ©es ou axiomes et des rĂšgles de dĂ©duction pour dĂ©river des Ă©noncĂ©s Ă  partir d’eux.

Soit par exemple la micro-thĂ©orie suivante :

(i) Termes premiers : segment, congruence ; AB≅CD signifie que le segment AB est congru au segment CD  ;

(ii) Axiome 1 : quel que soit x, x≅x (tout segment est congru Ă  lui-mĂȘme) ;

(iii) Axiome 2 : quels que soient les segments x, y, z, si x≅z et y≅z, alors x≅y.

(iv) RĂšgle de dĂ©duction (substitution) : Si T est un thĂ©orĂšme, l’expression T(y/x) obtenue en remplaçant partout dans T une lettre x par une mĂȘme lettre y, est un thĂ©orĂšme.

On obtient immĂ©diatement les thĂ©orĂšmes :

T1 : quels que soient y et z, si y≅z, alors z≅y (substitution dans l’axiome 2, puis application de l’ axiome 1).

T2 : quels que soient x, y, z, si x≅y et y≅z, alors x≅z (T1, Axiome 2 et substitution).

Soit maintenant une autre thĂ©orie :

(i) Termes premiers : ensemble, bijection ; E Eq F signifie qu’il existe une bijection de E sur F  ;

(ii) Axiome 1’  : quel que soit x, x Eq x (il existe toujours une bijection d’un ensemble sur lui-mĂȘme) ;

(iii) Axiome 2’  : quels que soient les ensembles x, y, z, si x Eq z et y Eq z, alors x Eq y.

(iv) RĂšgle de dĂ©duction (substitution) : Si T est un thĂ©orĂšme, l’expression T(y/x) obtenue en remplaçant partout dans T une lettre x par une mĂȘme lettre y, est un thĂ©orĂšme.

On peut prĂ©dire sans risque :

T’1 : quels que soient y et z, si y Eq z, alors z Eq y ;

T’2 : quels que soient x, y et z, si x Eq y et y Eq z, alors x Eq z,

simplement parce que les deux thĂ©ories ont jusque lĂ  la mĂȘme forme. Ainsi, en dĂ©rivant des thĂ©orĂšmes Ă  partir des axiomes, l’on ne fait aucun usage de la connaissance que l’on pourrait avoir des ensembles et des bijections : l’on fait abstraction de la signification des termes premiers pour ne s’intĂ©resser qu’à la forme des axiomes. [53]

Bien entendu, deux thĂ©ories quelconques n'auront pas tous leurs axiomes de la mĂȘme forme. Ainsi, des constatations assez simples conduisent Ă  sĂ©parer un langage du premier ordre [54] des diffĂ©rentes interprĂ©tations qu’on peut lui donner.

Une réalisation d'un langage du premier ordre, ou encore structure pour ce langage, associe un élément sémantique - individu, relation ou fonction - à chaque élément syntaxique - respectivement symbole d'individu, symbole de prédicat ou signe fonctionnel.[55]

Une formule est dite valide dans une structure si elle est satisfaite - donne donc lieu à un énoncé vrai - pour tous les individus de la structure.[56]

Un modĂšle d'un ensemble de formules est une structure qui rend valide chaque formule de l'ensemble.

Une théorie est un ensemble de formules, si elle a un modÚle elle est dite compatible.

Une formule est universellement valide si elle est valide dans toute réalisation du langage sur lequel elle est construite.[57]

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orie des modĂšles.

La question de savoir si tout énoncé sémantiquement vrai est syntaxiquement démontrable, ainsi que la possibilité ou non d'effectuer un test automatique de vérité ou de fausseté, dépendent de la théorie concernée.

Quine et le nominalisme

Quine introduit des schĂ©mas ou modĂšles d'Ă©noncĂ©s qui jouent en sĂ©mantique un rĂŽle analogue Ă  celui que d' autres auteurs font jouer aux « formules Â» de la syntaxe. Les Ă©noncĂ©s sont des instances particuliĂšres de ces schĂ©mas, ils en rĂ©sultent par substitution, la mĂȘme expression Ă©tant substituĂ©e Ă  toutes les occurrences d'une mĂȘme lettre. Ainsi il peut arriver qu'un Ă©noncĂ© soit vrai en raison de sa structure logique seulement, par exemple :

S'ils drainent l'Ă©tang mais ni ne rouvrent la route ni ne draguent le port ni n'assurent aux montagnards un marchĂ©, et par contre s'assurent Ă  eux-mĂȘmes un commerce actif, alors on aura eu raison de dire que s'ils drainent l'Ă©tang et rouvrent la route ou s'ils draguent le port ils assureront aux montagnards un marchĂ© et Ă  eux-mĂȘmes un commerce actif.[58]

MalgrĂ© les apparences, c'est en effet une lapalissade, comme l'on s'en assurera sans peine[59], son schĂ©ma est du type :

Si P et non-Q et non-R et non-S et T, alors [(P et Q) ou R] seulement si (S et T)

Quine qualifie de tels schĂ©mas de « valides Â» ; il nomme « implication Â» un conditionnel valide, donc chez lui « implication Â» et « conditionnel Â» ne sont pas synonymes ; mais on retrouve bien le mĂȘme concept de validitĂ©, implĂ©mentĂ© diffĂ©remment de la thĂ©orie classique.

Cette primautĂ© de la sĂ©mantique provient de la philosophie nominaliste de Quine : les schĂ©mas sont des mannequins - « dummies Â» - qui n'appartiennent pas Ă  un langage-objet ; les valeurs de vĂ©ritĂ© ne sont pas des objets abstraits mais des maniĂšres de parler des propositions vraies et des propositions fausses ; ces derniĂšres sont les Ă©noncĂ©s dĂ©claratifs eux-mĂȘmes plutĂŽt que des entitĂ©s invisibles cachĂ©es derriĂšre eux.[60]

La vérité en philosophie des sciences

Fragment du frontispice de l’EncyclopĂ©die de Diderot et d’Alembert : on y voit la VĂ©ritĂ© rayonnante de lumiĂšre ; Ă  droite, la Raison et la Philosophie lui arrachent son voile (peint par Charles Nicolas Cochin et gravĂ© par BenoĂźt-Louis PrĂ©vost en 1772

Le point de vue pragmatique

Les applications utiles que l'on peut tirer des thĂ©ories scientifiques en sont une vĂ©rification partielle et indirecte. Une thĂ©orie n'est pas « vraie Â» dans ce sens seulement qu'elle est matĂ©riellement utile: c'est plutĂŽt qu'on ne pourrait en tirer aucune application utile si elle ne contenait pas une part de vĂ©ritĂ©.

Karl Popper

Selon un point de vue rĂ©pandu, les sciences empiriques se caractĂ©risent par le fait qu'elles utilisent ou devraient utiliser des mĂ©thodes inductives, partant de singuliĂšres pour aboutir Ă  des universelles. Cependant, prise Ă  la lettre, une telle extrapolation induit des risques d'erreur : peu importe le nombre de cygnes blancs que l'on a observĂ©s, rien ne pourra nous permettre d'affirmer que tout cygne est nĂ©cessairement blanc ; aussi Reichenbach adoucit-il cette prĂ©tention en avançant que les Ă©noncĂ©s scientifiques ne peuvent atteindre que des degrĂ©s continus de probabilitĂ© dont les limites supĂ©rieure et infĂ©rieure, hors d'atteinte, sont la vĂ©ritĂ© et la faussetĂ©.[61] Karl Popper conteste cette approche. [62]

A dĂ©faut de pouvoir prouver une thĂ©orie, on peut s'attacher Ă  la rĂ©futer. La thĂ©orie est corroborĂ©e si elle rĂ©ussit les tests de rĂ©futation.[63]A la « logique inductive Â» et ses degrĂ©s de probabilitĂ©, Popper oppose ce qu'il appelle une mĂ©thode dĂ©ductive de contrĂŽle.[64]

Articles dĂ©taillĂ©s : MĂ©thode scientifique et VĂ©ritĂ© scientifique.

Popper croyait Ă  la vĂ©ritĂ© absolue, catĂ©gorie logique  ; il ne croyait pas que notre science puisse l'atteindre, ni qu'elle puisse mĂȘme accĂ©der Ă  une probabilitĂ© du vrai ; en fait il alla jusqu'Ă  douter qu'elle constitue une connaissance :

«La science n'est pas un systĂšme d'Ă©noncĂ©s certains ou bien Ă©tablis, non plus qu'un systĂšme progressant rĂ©guliĂšrement vers un Ă©tat final. Notre science n'est pas une connaissance - Ă©pistĂȘmĂȘ - : elle ne peut jamais prĂ©tendre avoir atteint la vĂ©ritĂ© ni mĂȘme l'un de ses substituts, telle la probabilitĂ©. Â»[65]

Par lĂ  Popper s'oppose directement aux « pragmatistes Â» qui dĂ©finissent la vĂ©ritĂ© scientifique en termes de « succĂšs Â» d'une thĂ©orie.[66]

Et cependant il ne doutait pas que cette VĂ©ritĂ© existĂąt quelque part. Il s'appuie pour cela sur les travaux de Tarski concernant la validitĂ© et les modĂšles, en particulier le concept de « fonction propositionnelle universellement valide Â» qui aboutit Ă  l'existence d' Ă©noncĂ©s vrais dans tous les mondes possibles[67]. Il en donne une traduction dans le domaine des sciences de la nature :

On peut dire qu'un énoncé est naturellement ou physiquement nécessaire si et seulement si on peut le déduire d'une fonction propositionnelle satisfaite dans tous les mondes qui ne diffÚrent de notre monde, s'ils en diffÚrent, qu'eu égard à des conditions initiales.[68]

Thomas Kuhn et les paradigmes

L'activitĂ© scientifique normale, dit Kuhn, est fondĂ©e sur la prĂ©somption que la communautĂ© scientifique sait comment est constituĂ© le monde.[69] Aussi a-t-elle tendance Ă  occulter toute nouveautĂ© propre Ă  Ă©branler ses convictions de base. Quand les spĂ©cialistes ne peuvent ignorer plus longtemps de telles anomalies, alors commencent les investigations extraordinaires qui les conduisent Ă  un nouvel ensemble de convictions:[70] c'est ce que Kuhn nomme une rĂ©volution scientifique. Ainsi le dĂ©veloppement historique de la science est-il fait d'alternances entre ce que Kuhn appelle des « pĂ©riodes de science normale Â» oĂč le savoir est cumulatif Ă  l'intĂ©rieur d'un systĂšme conceptuel donnĂ© ou paradigme, et de « pĂ©riodes rĂ©volutionnaires Â» qui voient s'opĂ©rer les changements de paradigme.

Les paradigmes sont extrĂȘmement rĂ©sistants. On pourrait s'attendre Ă  ce qu'il suffise d'une seule preuve pour rendre fausse une thĂ©orie ; pour Kuhn cependant, l'observation du comportement de la communautĂ© scientifique montre que face Ă  une anomalie les savants prĂ©fĂ©reront toujours Ă©laborer de nouvelles versions et des remaniements ad hoc de leur thĂ©orie.[71] On ne dit jamais qu'un paradigme est faux avant de l'avoir remplacĂ© par un autre.

Ainsi l'acte de jugement qui conduit les scientifiques à rejeter une théorie antérieurement acceptée est toujours fondé sur quelque chose de plus qu'une comparaison de cette théorie avec le monde.[72]

Vérité historique

Ponce Pilate - Quelle est la vĂ©ritĂ© ?, toile de Nicolas Ge

« La vĂ©ritĂ© en histoire, dont on conviendra aisĂ©ment qu’elle relĂšve de l’utopie Â» (Maurice Sartre)

La recherche de la vĂ©ritĂ© historique pose diffĂ©rentes questions relatives Ă  la mĂ©thodologie historique :

  • sur la recherche et la critique des matĂ©riaux :
  • prise en compte interdisciplinaire (Ă©tendue du champ d'investigation),
  • recherche des matĂ©riaux et sources,
  • critique des matĂ©riaux et sources (fiabilitĂ©, mise en correspondance),
  • mĂ©thode d'interprĂ©tation de ces matĂ©riaux pour l'Ă©criture de l'histoire.

L'historien Marc Bloch avait une conception de l'histoire qui, selon GĂ©rard Noiriel[73], reposait sur deux idĂ©es centrales :

  • le refus constant de confondre le mĂ©tier d'historien et celui de « procureur Â» ,
  • l' « Ă©thique professionnelle Â» , ce qui l'amĂšne Ă  souligner que l'historien doit « rendre des comptes Â» Ă  ses lecteurs.

Toujours selon GĂ©rard Noiriel, Marc Bloch a fourni deux grandes pistes de rĂ©flexion :

  • la correspondance entre la rĂ©alitĂ© et sa reprĂ©sentation ;
  • le jugement « humain Â»  : comment comprendre des hommes ayant vĂ©cu dans un passĂ© lointain, Ă  partir des seules traces inertes qu'ils nous ont laissĂ©es de leur passage sur la terre ? Cette idĂ©e reprend les prĂ©occupations de Humboldt.

Il faut souligner que Marc Bloch rejetait le positivisme de l'Ă©cole mĂ©thodique (Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos). Il fut un prĂ©curseur, en diversifiant les sources de l'historien, l'Ă©tendant aux faits Ă©conomiques, et s'intĂ©ressant Ă  d'autres matĂ©riaux que les seuls documents Ă©crits : l'archĂ©ologie, l'art, la numismatique. Marc Bloch fut Ă  l'origine de l'Ă©cole des Annales.

Notes et références

  1. ↑ Hatier Dictionnaire Français-Grec p. 794, p.807
  2. ↑ J.F. Revel Histoire de la philosophie occidentale Vol I Penseurs grecs et latins chap 1
  3. ↑ J.F. Revel Histoire de la philosophie occidentale - Vol I Penseurs grecs et latins chap. 5, p.267
  4. ↑ David, Marion (2005) Correspondence Theory of Truth in Stanford Encyclopedia of Philosophy at [1]
  5. ↑ Bourbaki ElĂ©ments de mathĂ©matiques - diffusion CCLS 1977 Note historique, EIV.36
  6. ↑ J.F. Revel Histoire de la philosophie occidentale Vol I Penseurs grecs et latins pp. 250-251
  7. ↑ J.F. Revel Histoire de la philosophie occidentale Vol I Penseurs grecs et latins p. 255
  8. ↑ Kant, Critique de la Raison pure, Logique transcendantale, introduction, section III, « De la division de la logique gĂ©nĂ©rale en analytique et dialectique Â» (AK, III, 179; IV, 52)
  9. ↑ Bourbaki ElĂ©ments de mathĂ©matiques - diffusion CCLS 1977 Note historique, EIV.36 note 2
  10. ↑ The works of Aristotle, translated under the editorship of W.D. Ross, Oxford 1928 - An.Pr. I, 35
  11. ↑ T.L. Heath, Mathematics in Aristotle Oxford, Clarendon Press 1949 - pp. 25-26
  12. ↑ Bourbaki ElĂ©ments de mathĂ©matiques - diffusion CCLS 1977 Note historique, EIV.37
  13. ↑ CitĂ© par W.V.O. Quine Methodes de logique traduction M. Clavelin, Armand Colin 1972 chap. 3 p. 32
  14. ↑ exemple donnĂ© par J.F. Pabion Logique mathĂ©matique Hermann 1976 I1.2 p.16
  15. ↑ Bourbaki ElĂ©ments de mathĂ©matiques - diffusion CCLS 1977 Note historique, EIV.37
  16. ↑ Revue ItinĂ©raires augustiniens n° 30 (juillet 2003) - « Vous n’avez qu’un seul maĂźtre Â», par Marcel Neusch (accessible en ligne).
  17. ↑ St Augustin, Le MaĂźtre - Le libre arbitre BrĂ©pols, Institut d'Etudes Augustiniennes, 1993 (Madec, Goulven).
  18. ↑ Thomas d'Aquin Commentaires de De l'InterprĂ©tation d'Aristote - Trad., intro. et notes Bruno & Maylis Couillaud, Les Belles Lettres 2004 rĂ©sumĂ© de l'Ă©diteur
  19. ↑ Thomas d'Aquin Summa I.16.1
  20. ↑ Spinoza, PensĂ©es mĂ©taphysiques (1663) 1re partie, chap.VI, Gallimard, «La PlĂ©iade», trad. R. Caillois.
  21. ↑ Kant, Immanuel (1800), Introduction to Logic Reprinted, Thomas Kingsmill Abbott (trans.), Dennis Sweet (intro.) (2005)
  22. ↑ Kant, Immanuel (1800), Introduction to Logic Reprinted, Thomas Kingsmill Abbott (trans.), Dennis Sweet (intro.) (2005)
  23. ↑ Hegel Logique - l'idĂ©e absolue, p 381-383
  24. ↑ G. W. Leibniz Mathematische Schriften Ă©d. C.I. Gerhardt, Berlin-Halle Asher-Schmidt t. I, p.187
  25. ↑ Bourbaki ElĂ©ments de mathĂ©matiques - diffusion CCLS 1977 Note historique, EIV.40
  26. ↑ W.V.O. Quine Elementary Logic traduction française J. Largeault - B. St Sernin Armand Colin - p.25
  27. ↑ Kitarƍ Nishida Essai sur le bien, Hitoshi Oshima trad., Bordeaux, Ă©ditions Osiris 1997 p.15
  28. ↑ Kitarƍ Nishida Essai sur le bien, Hitoshi Oshima trad., Bordeaux, Ă©ditions Osiris 1997 p. 47
  29. ↑ Kitarƍ Nishida Essai sur le bien, Hitoshi Oshima trad., Bordeaux, Ă©ditions Osiris 1997 p. 31
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  32. ↑ Bertrand Russell An inquiry into meaning and truth Trad. fr. Signification et VĂ©ritĂ© Philippe Devaux, Flammarion 1969 -2001 ISBN 2-08-081229-7 Ch XX p. 299
  33. ↑ Bertrand Russell An inquiry into meaning and truth Trad. fr. Signification et VĂ©ritĂ© Philippe Devaux, Flammarion 1969 -2001 ISBN 2-08-081229-7 Ch XX p. 313
  34. ↑ Bertrand Russell An inquiry into meaning and truth Trad. fr. Signification et VĂ©ritĂ© Philippe Devaux, Flammarion 1969 -2001 ISBN 2-08-081229-7 Ch XX p. 313
  35. ↑ Bertrand Russell History of western philosophy 2nd edition George Allen & Univin, London 1961 p. 782
  36. ↑ Ludwig Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus Gallimard 1993 ISBN 978-2-07-075864-7 2.063 p.38
  37. ↑ Ludwig Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus Gallimard 1993 ISBN 978-2-07-075864-7 2.12 p.38
  38. ↑ Ludwig Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus Gallimard 1993 ISBN 978-2-07-075864-7 2.222 p.40
  39. ↑ Ludwig Wittgenstein Tractatus logico-philosophicus Gallimard 1993 ISBN 978-2-07-075864-7 4.0621 p.56
  40. ↑ CitĂ© par Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - pp.279-280
  41. ↑ Alfred Tarski Introduction Ă  la logique Gauthier-Villars Paris / Nauwelaerts Louvain 1960 - PrĂ©face de l'Ă©dition augmentĂ©e p. XIV
  42. ↑ JĂŒrgen Habermas VĂ©ritĂ© et justification traduction Rainer Rochlitz, Paris Gallimard 2001 - p. 215
  43. ↑ JĂŒrgen Habermas VĂ©ritĂ© et justification traduction Rainer Rochlitz, Paris Gallimard 2001 - p. 181
  44. ↑ JĂŒrgen Habermas VĂ©ritĂ© et justification traduction Rainer Rochlitz, Paris Gallimard 2001 - p. 189
  45. ↑ JĂŒrgen Habermas VĂ©ritĂ© et justification traduction Rainer Rochlitz, Paris Gallimard 2001 - p. 191
  46. ↑ Jean Chauvineau La logique moderne P.U.F 1980 pp.7-8
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  51. ↑ Jean Chauvineau La logique moderne, P.U.F. 1980 pp. 45-46
  52. ↑ Alfred Tarski ‘’Introduction à la logique’’ Gauthier-Villars Paris et Nauwelarts Louvain 1962, p.115
  53. ↑ Alfred Tarski ‘’Introduction à la logique’’ Gauthier-Villars Paris et Nauwelarts Louvain 1962, p.107
  54. ↑ J.F. Pabion Logique mathĂ©matique - Hermann 1976 II 2.1 pp.46-47
  55. ↑ J.F. Pabion Logique mathĂ©matique - Hermann 1976 II 3.1 p.52
  56. ↑ J.F. Pabion Logique mathĂ©matique - Hermann 1976 II 4.1 p.62
  57. ↑ J.F. Pabion Logique mathĂ©matique - Hermann 1976 II 4.2 p.63
  58. ↑ W.V.O. Quine MĂ©thodes de logique traduction M. Clavelin, Armand Colin 1972 - exercice 1 p.44
  59. ↑ Si l'on n'a ni Q ni R, [(P et Q) ou R] est faux, [((P et Q) ou R) seulement si (S et T)] est vrai.
  60. ↑ Jean Largeault, traducteur - Note liminaire Ă  Elementary logic de Quine, Ă©dition française Armand Colin
  61. ↑ Hans Reichenbach Erkenntnis I, 1930 - p. 186
  62. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Ch I p.23
  63. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Ch I p.29
  64. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Ch I p.26
  65. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Ch X p.284
  66. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Ch X p.281
  67. ↑ Karl Popper Note on Tarski's definition of Truth article de la revue Mind 64, 1955 - p.391
  68. ↑ Karl Popper La logique de la dĂ©couverte scientifique Payot 1989 ISBN 978-2-228-90201-4 - Appendice * X p.441
  69. ↑ Thomas Kuhn La structure des rĂ©volutions scientifiques Trad. fr. Laure Meyer, Flammarion 1983 ISBN 2-08-081115-0 p. 22
  70. ↑ Thomas Kuhn La structure des rĂ©volutions scientifiques Trad. fr. Laure Meyer, Flammarion 1983 ISBN 2-08-081115-0 p. 23
  71. ↑ Thomas Kuhn La structure des rĂ©volutions scientifiques Trad. fr. Laure Meyer, Flammarion 1983 ISBN 2-08-081115-0 p. 115
  72. ↑ Thomas Kuhn La structure des rĂ©volutions scientifiques Trad. fr. Laure Meyer, Flammarion 1983 ISBN 2-08-081115-0 p. 115
  73. ↑ voir Le statut de l'histoire dans Apologie pour l'histoire, GĂ©rard Noiriel.

Bibliographie

Grands ouvrages

  • Aristote, Î Î”ÏÎŻ EÏÎŒÎ·ÎœÎ”ÎŻÎ±Ï‚ [De l'InterprĂ©tation]
  • Frege, Begriffsschrift [L' IdĂ©ographie]
  • Russell, An Inquiry into Meaning and Truth (1940)

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