Venus d'Arles

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Venus d'Arles

VĂ©nus d'Arles

La Vénus d'Arles au Musée du Louvre

La VĂ©nus d'Arles (du nom du lieu de sa dĂ©couverte) est une sculpture dĂ©couverte en 1651, lors de la fouille de vestiges romains proches du thĂ©Ăątre antique d'Arles. Elle reprĂ©sente sans doute la dĂ©esse Aphrodite[1], et pourrait disputer sa renommĂ©e Ă  la VĂ©nus de Milo tant sa notoriĂ©tĂ© fut grande jusqu'Ă  la fin du XIXe siĂšcle[2]. Sa plastique est remarquable, mais elle souffre d'une restauration faisant aujourd'hui polĂ©mique (cf. infra). Bien qu'elle soit vraisemblablement une copie romaine, elle reste l'une des traces majeures de la sculpture de la seconde pĂ©riode classique de l'antiquitĂ© grecque. Selon certains spĂ©cialistes elle aurait fait naĂźtre le mythe de l'ArlĂ©sienne.

Elle est désormais au Louvre aprÚs avoir orné le chùteau de Versailles pendant plus d'un siÚcle.

Sommaire

Une « VĂ©nus Â» Ă  la plastique grecque

Il est gĂ©nĂ©ralement admis que la VĂ©nus d'Arles est une statue romaine[3] datant de la fin du Ier siĂšcle av. J.-C. (rĂšgne de l'empereur Auguste). Elle est en marbre, en provenance du mont Hymette (pour la partie antique), d'une hauteur de 1,94 m, mais serait la copie d'un original probablement Ă©galement en marbre, sinon en bronze, due au sculpteur grec PraxitĂšle[4].

La thùse admise de l'Ɠuvre praxitùlienne

Connue par d’autres rĂ©pliques, elle reproduirait l’Aphrodite de Thespies, Ɠuvre disparue d’un des plus grands sculpteurs grecs classiques, PraxitĂšle[5], rĂ©alisĂ©e vers 360 avant J.C., dont le modĂšle Ă©tait sa maĂźtresse, la courtisane PhrynĂ©[6]. En dehors de ses qualitĂ©s plastiques propres, c'est aussi ce qui lui donne de l'importance puisque PraxitĂšle n'a pas laissĂ© beaucoup de traces de son Ɠuvre, sinon dans la littĂ©rature, ce qui corrĂ©lativement incite Ă  ĂȘtre prudent sur cette attribution.

Les indices stylistiques

TĂȘte de la VĂ©nus d'Arles (copie en plĂątre - R.M.N. - Le Louvre)

Au mĂȘme titre que l'ensemble des Ɠuvres rattachĂ©es sans preuve absolue Ă  PraxitĂšle, la VĂ©nus d'Arles contribue Ă  « se faire une idĂ©e de l’alphabet du maĂźtre grec Â»[7] en mĂȘme temps qu'elle semble symĂ©triquement dĂ©montrer son appartenance : « une ligne souple, presque indolente  Â», un visage songeur avec des traits rĂ©guliers[8]. Mais surtout, avec son buste nu, cette statue manifesterait ainsi un premier mouvement rĂ©volutionnaire vers la nuditĂ© intĂ©grale dont on prĂȘte l'invention Ă  PraxitĂšle, avec sa non moins cĂ©lĂšbre Aphrodite de Cnide alors qu'Ă  l'Ă©poque classique primitive, les dĂ©esses Ă©taient vĂȘtues de longues tuniques couvrantes (chitĂŽn ou pĂ©plos). Certes, la VĂ©nus de Cnide, Ɠuvre la plus sĂ»rement praxitĂšlienne, est le parangon d'un nouveau type morphologique, aux hanches gĂ©nĂ©reuses et aux petits seins. En comparaison, mĂȘme si la morphologie est seulement moins accentuĂ©e, le style de la VĂ©nus d'Arles peut sembler plus « classique dans sa façon de privilĂ©gier la vision de face, ainsi que par les effets de surface entre les plages lisses du buste et le drapĂ©, aux nombreux plis cassĂ©s, qui accrochent la lumiĂšre Â»[9]. Ce classicisme est d'ailleurs encore prĂ©sent dans la bouche et les paupiĂšres un peu lourdes et dans l’attitude de la statue « qui respecte le contrapposto classique Â» de PolyclĂšte, mĂȘme si l'on trouve aussi ce lĂ©ger dĂ©sĂ©quilibre de la posture, en appui sur un pied, qui donne Ă  la statuaire praxitĂšlienne cette sinuositĂ© et cette souplesse dont on dit qu’elle n’appartient qu’au maĂźtrre[10]. Mais le style de PraxitĂšle serait Ă©galement dĂ©celable dans la ressemblance de la tĂȘte de la VĂ©nus avec celle de l'Aphrodite de Cnide, justement[11]. C’est le mĂȘme visage ovale reprĂ©sentĂ© de trois-quarts, la mĂȘme composition capillaire, la mĂȘme sinuositĂ©[10]. C'est-Ă -dire, s'agissant du visage, un standard de beautĂ© neutre, presque asexuĂ©, doux, serein et rĂȘveur, Ă  vocation universelle mais plus humanisĂ© qu'Ă  la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente. Enfin, le drapĂ© offre un bon indice de datation puisque l’un des pans retombe en cascade sur le cĂŽtĂ© de la cuisse comme cela est observĂ© au IVe siĂšcle avant J.C.

Les indices historiques et rhétoriques

La littĂ©rature ancienne, qu'il faut par ailleurs interprĂ©ter avec prudence[12], tĂ©moigne de ce que la maĂźtresse de PraxitĂšle, PhrynĂšs, aurait inspirĂ© Ă  celui-ci, notamment l'Aphrodite de Cnide[13] et celle de Thespie[14] ainsi que des portraits[15] que l'on reconnaĂźt par ailleurs et entre autres, dans la tĂȘte d'Arles[16]. L'original grec de la VĂ©nus d'Arles pourrait ĂȘtre l’Aphrodite offerte par PhrynĂš Ă  Thespies, sa ville natale[17]. L'ex-voto de PhrynĂ© devait en effet compter trois figures, un Éros, un portrait de la courtisane et une Aphrodite[17]; ce groupe Ă©tait analogue Ă  celui du jeune Satyre entre Dionysos et MĂ©thĂ©, dĂ» Ă©galement Ă  PraxitĂšle. L'une des Aphrodite Ă©voquĂ©e par les textes anciens serait celle de Cos dont aucune trace n'a Ă©tĂ© retrouvĂ©e[18], mais elle est drapĂ©e, ce qui laisse la place Ă  notre vĂ©nus, Ă  moins qu'elle soit prĂ©cisĂ©ment celle que les habitants de Cos avaient choisi de prĂ©fĂ©rence Ă  celle de Cnide dont la nuditĂ© les choquait[19]. Adolf FurtwĂ€ngler[20], qui au XIXe siĂšcle a tentĂ© de reconstituer la carriĂšre de PraxitĂšle[21], considĂšre clairement que l'Aphrodite de Thespie nous est conservĂ©e par la VĂ©nus d'Arles en la situant antĂ©rieurement au groupe des Aphrodites de Cos et de Cnide. L'analogie de cette statue avec l'EirĂ©nĂ© et le Satyre verseur pourrait effectivement attester qu'elle fut sculptĂ©e au dĂ©but de la carriĂšre de l'artiste. De mĂȘme que la demi-nuditĂ© qui aurait prĂ©parĂ© celle totale de l'Aphrodite de Cnide bien que, selon un raisonnement aussi spĂ©cieux[22], il est possible d'inverser la chronologie des Aphrodites d'Arles et de Cnide sur l'idĂ©e que le nu intĂ©gral pourrait reprĂ©senter PhrynĂš dans tout l'Ă©clat de sa beautĂ©, alors que le voile de l'ArlĂ©sienne cacherait utilement une nuditĂ© un peu flĂ©trie[23]. Au final, la thĂšse de FurtwĂ€ngler, en faveur d'une Ɠuvre de jeunesse, au mĂȘme titre que Le Satyre verseur ou encore L’ArtĂ©mis de Dresde, est plutĂŽt admise mais fait partie, elle aussi, d'un dĂ©bat qui n'est pas clos[24]

Une attribution qui reste contestée

Cette attribution praxitĂšlienne qui globalement demeure incertaine fait l'objet de prises de positions contrastĂ©es[25]. Comme le soulignent Alain Pasquier et Jean-Luc Martinez[26], il faut savoir trouver aujourd'hui son chemin entre l’enthousiasme positiviste d’Antonio Corso qui continue de proposer une liste constamment grandissante de types statuaires « praxitĂ©liens Â» [27], et de l’autre cĂŽtĂ© le scepticisme extrĂȘme de Brunilde Sismondo Ridgway, qui n’accepte que l’Aphrodite de Cnide comme la seule Ɠuvre plus ou moins assurĂ©e du grand maĂźtre[28]. Pour Ridgway, le traitement de la draperie lourd, statique voire illogique illustrerait plutĂŽt un « Ă  la maniĂšre de Â» de l'Ă©poque augustĂ©enne[29] et la VĂ©nus d’Arles, pourrait ĂȘtre une crĂ©ation purement romaine destinĂ©e au thĂ©Ăątre construit sous Auguste, en Ă©cho au dĂ©cor du thĂ©Ăątre de Dionysos Ă  AthĂšnes, remaniĂ© juste auparavant[30], ce qui apparenterait cette vĂ©nus Ă  la statuaire romaine de la fin du Ier siĂšcle av. J.-C.. Alain Pasquier rĂ©fute cependant cette thĂšse et la datation de Ridgway[31] et revient Ă  l’ancienne proposition d’Adolf FurtwĂ€ngler qui, comme la plupart des chercheurs, rattache la VĂ©nus d'Arles Ă  la statuaire grecque du dĂ©but des annĂ©es 360 av. J.-C.[32].

Considérations plasticiennes sur une antique de transition

Sa filiation grecque et sa datation admises et s'agissant d'insĂ©rer la VĂ©nus dans la longue lignĂ©e des Aphrodite de l'antiquitĂ©, elle arriverait donc en conclusion d'un nouveau type apparu en GrĂšce au dĂ©but du IVe siĂšcle av. J.-C., alors que la reprĂ©sentations de la dĂ©esse avait dĂ©jĂ  connu par le passĂ© plusieurs transformations suivant l'Ă©volution de son mythe, y compris une Ă©poque de nuditĂ© vulgaire (Chypre, Iles de l'archipel). Aphrodite Ă©tait en effet devenue une divinitĂ© virginale, soudain empreinte de gravitĂ©, drapĂ©e tout du long et parfois diadĂ©mĂ©e (telles, la DĂ©esse CĂ©leste, l'Aphrodite aux jardins d'AcamĂšne, l'Aphrodite voilĂ©e du ParthĂ©non). À l'orĂ©e de la pĂ©riode hellĂ©nistique, avant que ne s'opĂšre Ă  nouveau le retour au nu intĂ©gral (avec la descendance de l'emblĂ©matique VĂ©nus de Cnide), la VĂ©nus d'Arles semble donc faire partie de cette ultime transition, nue jusqu'Ă  la ceinture et plus avenante (type VĂ©nus Victrix ou « NikĂȘphoros Â»), ce qui la placerait — de ce point de vue — dans le mĂȘme groupe rattachĂ© Ă  ce type que la VĂ©nus de Capoue (Naples), la VĂ©nus de Milo (Le Louvre) et l’Aphrodite tordant sa chevelure (Vatican)[33].

La VĂ©nus Victrix sous les traits de la VĂ©nus de Milo (Dessin de Debay de 1821)

Quant Ă  son Ă©clat immaculĂ©, il faut prĂ©ciser que lors de sa dĂ©couverte, la VĂ©nus Ă©tait d'une couleur lĂ©gĂšrement brun-dorĂ©, avec quelques traces tĂ©moignant d'un apprĂȘt polychrome[34] (sans doute une peinture Ă  l’encaustique, appliquĂ©e chaude[35]), qui devait donner aux chairs de la VĂ©nus d’Arles la couleur de la peau et un aspect diaphane qui ont disparu au profit d'une blancheur faussement conforme Ă  l'esthĂ©tique grĂ©co-romaine telle que se la reprĂ©sente la croyance populaire. Aujourd'hui, l'absence de cette protection sur la vĂ©nus (comme sur bien d'autres antiques) et les consĂ©quences sur sa conservation, peuvent prĂȘter Ă  polĂ©miques[36].

Au plan de l'esthĂ©tique pure et en dĂ©pit de la perte de sa teinte initiale, la VĂ©nus a de quoi sĂ©duire notre subjectivitĂ©. Par goĂ»t du drapĂ©, on peut apprĂ©cier encore aujourd'hui une VĂ©nus d'Arles qui Ă©merge lentement et souplement de sa gangue de plis dont les dĂ©tails sont soignĂ©s, nonobstant les critiques de Ridgway (prĂ©citĂ©e) sur leur lourdeur et leur manque de rĂ©alisme. Tandis que pour d'autres, le drapĂ© semble de moindre intĂ©rĂȘt comparĂ© « Ă  la tendresse manifestĂ©e dans le buste de la VĂ©nus d'Arles Â»[37] qui, lĂ©gĂšrement inflĂ©chi, se dĂ©veloppe suivant des lignes « d'une puretĂ© exquise Â»[38]. Reste le visage qui avec son doux modelĂ©, Ă©quilibrĂ© par la rĂ©gularitĂ© des traits, serait « portĂ© Ă  la perfection avec la VĂ©nus d'Arles Â»[39]. Au final, moins voluptueuse et plus pudique que la VĂ©nus de Milo (question de pĂ©riode aussi), et nĂ©anmoins moins rigide que les postures les plus classiques, elle peut plaire au contraire par sa douce prestance de dĂ©esse olympienne intemporelle, que l'on adhĂšre ou non aux attributs ajoutĂ©s lors de sa restauration[40],[41].

Sans contredire le rattachement praxitĂšlien, ces critĂšres plastiques autorisaient notamment Charles LenthĂ©ric Ă  classer - de maniĂšre quelque peu datĂ© - la vĂ©nus d'Arles dans l'art grec ainsi :

« Quand on la dĂ©gage de ses appendices modernes, elle reprĂ©sente un des types les plus sĂ©duisants de la beautĂ© grecque ; il est difficile toutefois de la rapporter Ă  la grande Ă©poque de l'art ; elle a trop de grĂące et pas assez de noblesse, et paraĂźt devoir ĂȘtre classĂ©e dans le groupe charmant des statues antiques, Ă©lĂ©gantes, dĂ©licates et un peu voluptueuses, qui ont immĂ©diatement prĂ©cĂ©dĂ© l'Ă©poque de la dĂ©cadence Â»[42]

Une identité, objet de passions et de querelles

Avant mĂȘme que son attribution ne fasse l'objet d'hypothĂšses (cf. supra), l'interprĂ©tation de l'identitĂ© de la statue se posait.

Sa dĂ©nomination VĂ©nus « d’Arles Â» provient d'abord de ce qu'elle a Ă©tĂ© dĂ©couverte en juin 1651 lors de la fouille des vestiges romains consĂ©cutif au dĂ©senclavement du ThĂ©Ăątre antique d'Arles[43] et de l'immense ferveur populaire qu’elle a suscitĂ©e sur place, Ă©moi qui a d'ailleurs traversĂ© la communautĂ© archĂ©ologique mondiale compte tenu qu'Ă  cette Ă©poque la France Ă©tait le centre du monde culturel.

Le Théùtre d'Arles sous les ruines duquel fut découverte la Vénus

Non sans controverse, la vĂ©nus connut ainsi plus d'un siĂšcle et demi d'une extrĂȘme cĂ©lĂ©britĂ©, sans prĂ©cĂ©dent. L'Ă©motion de la population et des Ă©lites fut initialement alimentĂ©e par le feuilleton de la dĂ©couverte qui s'Ă©ternisa et par la raretĂ©, pour l'Ă©poque, de cette Ă©trange statue dĂ©shabillĂ©e et sans attributs permettant de l'identifier d'emblĂ©e. Ainsi, la statue fut mise au jour par fragment sans que l'on retrouva finalement les bras, malgrĂ© de trĂšs longues recherches sur le moment puis au XIX° siĂšcle[44].

L'impact de la découverte était si important que les consuls de la ville d'Arles s'empressÚrent de l'acquérir[45] avant de la mettre à disposition du public, les fouilles terminées et la reconstruction de la Vénus effectuée. Elle fut alors exposée pendant 30 ans dans cette ville à l'HÎtel de ville comme une figure emblématique de la beauté, témoignant également des nobles racines des habitants de la région, selon la thÚse de l'époque qui connut son point culminant deux siÚcles plus tard, avant qu'elle ne soit cédée avec réticence à Louis XIV pour qu'il s'en attribue la gloire[46].

ParticuliĂšrement pendant toute cette premiĂšre pĂ©riode provencale, et mĂȘme bien au-delĂ [47], compte tenu que sa demi-nuditĂ© surprenait et du fait de l’absence de ses bras et de tout autre signe d'identitĂ©, elle fit l'objet d'une retentissante polĂ©mique savante qui amplifia le mystĂšre et la lĂ©gende naissante de la « VĂ©nus Â»[48]. S’agissait-il d'une ArtĂ©mis (Diane chez les Romains), comme il fut conclu en premier lieu notamment par les Ă©rudits arlĂ©siens ? D'oĂč les gravures de cette Ă©poque qui la reprĂ©sentent sous le nom de « Diane d'Arles Â». S'agissait-il plutĂŽt d'une Aphrodite (VĂ©nus chez les Romains), DĂ©esse de l'amour, comme on en a convenu finalement, en constatant (notamment) que le lieu de dĂ©couverte, identifiĂ© initialement comme un temple Ă  cause de deux colonnes encore debout qui le laissait penser, Ă©tait, en fait, incontestablement un thĂ©Ăątre antique, donc, sans doute dĂ©diĂ© Ă  VĂ©nus, comme de coutume ? C'est cette thĂšse, Ă©tayĂ©e Ă  la fois par la fonction des lieux et par les caractĂ©ristiques du corps (pas assez souple pour une Diane chasseresse), que retiendra le roi, sur les avis de Charles Le Brun et Jean-Baptiste Bouchardon[49]. Mais il pouvait aussi s'agir tout simplement d'une femme sortant du bain comme le dĂ©fendit le comte de Caylus[50]. La science contemporaine confirmera la conclusion des Ă©rudits comme Claude Terrin en faveur d'une vĂ©nus et la belle arlĂ©sienne est dĂ©sormais admise par les chercheurs comme telle[51]. Plus tard, c'est une querelle plus feutrĂ©e, celle sur sa restauration, qui emportera la gloire de la VĂ©nus d'Arles (Voir ci-aprĂšs).

Une VĂ©nus « retouchĂ©e Â»

Sa restauration pour Versailles

ConformĂ©ment Ă  la pratique de l’époque, le sculpteur François Girardon, collaborateur de Le Brun, retouchera par la suite la statue Ă  la demande de Louis XIV qui s’était fait offrir la VĂ©nus, en 1683[52], pour orner la galerie des glaces Ă  Versailles oĂč elle prit effectivement place le 18 avril 1685[53].

Portée de la restauration de Girardon

Les parties principales (en bleu) primitivement ajoutées (bras) ou remodelées par Girardon[54]

Girardon restaure la tĂȘte, ajoute les bras, un bras droit levĂ© et un avant-bras gauche avec une partie du drapĂ© qui s’y rattache. ll y place deux attributs qui a priori s’excluent[55] : la pomme dans la main droite (en rĂ©fĂ©rence Ă  la victoire remportĂ©e par Aphrodite lors du Jugement de PĂąris) et le miroir dans la main gauche. Il reprend le modelĂ© du buste ainsi que le tracĂ© des plis, supprimant au passage les Ă©tais qui subsistaient sur la face externe de la hanche droite, ainsi que sur l'Ă©paule droite, ce dernier ayant Ă©tĂ© transformĂ© en ruban. La partie infĂ©rieure de l’himation, au revers, a Ă©tĂ© refaite au cours d’une seconde intervention, peut-ĂȘtre aprĂšs le transport de l’Ɠuvre de Versailles Ă  Paris, entre 1789 et 1800. À cette occasion la tĂȘte avait Ă©tĂ© sĂ©parĂ©e du corps et la position erronĂ©e qu’elle occupait aprĂšs avoir Ă©tĂ© remise en place (trop poussĂ©e vers l’épaule gauche) ne fut rectifiĂ©e que lors de la derniĂšre restauration en 1990-1991[55].

L'authenticitĂ© de cette interprĂ©tation est cependant sujette Ă  caution, d'autant que d'autres hypothĂšses peuvent ĂȘtre avancĂ©es sur l'Ă©tat initial de la VĂ©nus, comme d'imaginer par exemple que le bras droit rejoignait plutĂŽt la chevelure, ce que d'ailleurs avait envisagĂ© Girardon lui-mĂȘme[56], ou bien encore, qu'elle tenait d'une main le casque de Mars et de l'autre une lance, comme le soutint notamment Primi Visconti[57]. En dehors des attributs purement hypothĂ©tiques[58], la position du bras gauche semble correcte Ă  ceci prĂšs que la partie dĂ©jĂ  en place avait sans doute Ă©tĂ© rapportĂ©e au moment de la reconstruction initiale[55]. À l'inverse, d’autres copies de ce type (notamment une rĂ©plique des musĂ©es du Capitole) laissent Ă  penser que le bras droit aurait dĂ» ĂȘtre davantage levĂ©[59] et que la main aurait du revenir effectivement vers la tĂȘte, mais sans la toucher[60],[61].

Quant au principe de cette restauration, il contredit radicalement la ligne de conduite qui s'impose Ă  partir du XIXe siĂšcle, jusqu'Ă  ce jour, c'est-Ă -dire une conservation en l'Ă©tat restaurĂ©e pour une consolidation surtout matĂ©rielle, une mĂ©thode qui est appliquĂ©e par exemple Ă  la VĂ©nus de Milo deux siĂšcles plus tard, bien que cette derniĂšre Ă©chappa de peu Ă  une reconstitution semblable.

PĂąris choisit Aphrodite pour lui remettre la pomme d'or (Le Jugement de PĂąris - Juan de Juanes, 1507-1579)

ComparĂ©e Ă  sa notoriĂ©tĂ© passĂ©e, telle est sans doute la principale raison de la relative disgrĂące de la VĂ©nus d'Arles, en cette Ă©poque contemporaine en pleine recherche d'authenticitĂ©[62],[63]. Aussi, mĂȘme si l'interprĂ©tation de Girardon peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e en soi comme un fait artistique de qualitĂ©, elle est parfois violemment critiquĂ©e[64],[65]. C'est en tout cas un exemple typique du style de restauration des Antiques qui Ă©tait faite Ă  cette Ă©poque (inimaginable aujourd'hui) et qui choque les puristes contemporains. Du coup, la vĂ©nus est un tĂ©moin important de la rĂ©ception de l'art grec Ă  l'Ă©poque moderne. Dans le cas de la VĂ©nus d'Arles on doit prĂ©ciser que Girardon fut conduit par une double nĂ©cessitĂ© : bien marquer l'identitĂ© vĂ©nusienne de la statue alors que jusque lĂ  on la prenait pour une Diane (cf. supra) ; apprĂȘter un futur ornement de la prestigieuse Galerie des glaces qui ne pouvait donc qu'ĂȘtre complet et en parfait Ă©tat.

Visibilité et postérité de la statue restaurée

Copie à Montpellier (photo Joëlle Ortet)

Ainsi restaurĂ©e, la VĂ©nus orne Versailles jusqu’en 1797, date Ă  laquelle elle fut rĂ©quisitionnĂ©e pour les musĂ©es nationaux[66]. Elle est depuis au Louvre (le miroir a disparu) et fut exposĂ© au public derniĂšrement Galerie de la MelpomĂšne[67]. Elle fut mĂȘme, en 2007, au centre d'une exposition consacrĂ©e Ă  PraxitĂšle[68]. Depuis cet Ă©vĂ©nement elle n'est cependant plus visible[69] et ne sort que difficilement[70]. Son absence fut d'ailleurs remarquĂ©e en 2009 lors d'une exposition rĂ©alisĂ©e Ă  Arles en partenariat avec le MusĂ©e du Louvre[71].

Aujourd’hui, en France, on trouve des copies de cette restauration, grandeur nature[72], avec son ruban intact, par exemple, en extĂ©rieur, Ă  Chantilly (vertugadin du parc du chĂąteau), Ă  Gap (Passage Rolland, derriĂšre la Chambre de Commerce), Ă  Angers (jardin du mail)[73], Ă  Montpellier (jardin de Zeus, quartier Antigone) et, en intĂ©rieur, Ă  Nice (villa Grecque KĂ©rylos) et Ă  Arles (escalier d’honneur de l’HĂŽtel de Ville). C'est gĂ©nĂ©ralement sous cet aspect qu'elle est reprĂ©sentĂ©e dans l'iconographie moderne. Aux Ă©curies de Versailles, un des deux moulages en plĂątre de la VĂ©nus d'Arles encore visibles est celle de la statue retouchĂ©e[74]. Il semble par contre qu'Ă  l'Ă©poque existait une reproduction en fonte placĂ©e dans le jardin de Versailles. Cette copie aurait disparu[75].


Enfin, on dit parfois d'une vĂ©nus qu'elle est « de type d'Arles Â», notamment lorsqu'elle est de style classique, Ă  demie dĂ©nudĂ©e et qu'elle tient des attributs dans ses mains. Le plus fameux exemple est une antique en marbre encore Ă  Versailles[76]. Dans sa thĂšse sur la Syrie romaine, Nada Ghraoui dĂ©nombre vingt huit cas relevant de ce type dans son champ d'investigation[77].

Trace de son Ă©tat initial

Comme il a été dit, la statue fut reconstituée à partir de la découverte de plusieurs fragments, sans que l'on ne retrouve jamais les bras ni aucun autre attribut, raison de la querelle évoquée (supra). C'est dans cet état qu'elle fut livrée à Girardon.

Vénus d'Arles (Musée d'Arles)

Une copie (en plĂątre) dans son Ă©tat initial — sans bras — se trouve Ă  l'intĂ©rieur du MusĂ©e de l'Arles et de la Provence antiques (ou MusĂ©e dĂ©partemental de l'Arles antique)[78]. Celle-ci Ă©tait, jusqu'Ă  sa restauration en 1995, attribuĂ©e Ă  un grand sculpteur local Jean PĂ©ru qui avait effectivement rĂ©alisĂ© la premiĂšre copie de l'original, avant qu'il ne parte pour Versailles.

Cette copie initiale fut endommagĂ©e Ă  la RĂ©volution, rĂ©parĂ©e, puis a disparu. On cru l'avoir retrouvĂ©e, mais on sait maintenant que la copie actuellement exposĂ©e, dĂ©nichĂ©e par hasard par le cĂ©lĂšbre architecte en chef Jean FormigĂ© dans les greniers de l’école municipale de dessin d'Arles en 1911 — ce qui avait fait grand bruit Ă  l’époque — n'est sans doute qu'un tirage de deuxiĂšme sĂ©rie plus tardif. A ce jour, cette copie reste nĂ©anmoins le plus ancien plĂątre de la VĂ©nus d'Arles et, surtout, le tĂ©moin le plus fidĂšle de ce qu'a Ă©tĂ© la statue avant l'intervention de Girardon. Pour preuve, la prĂ©sence du tenon sur la hanche droite, inexistant sur le marbre du Louvre, qui est un Ă©lĂ©ment connu et incontestable de la statue dans son Ă©tat d'origine.

Cependant, les diffĂ©rences entre la copie et l'original ne manquĂšrent pas de surprendre les experts qui pensĂšrent un moment que Girardon avait dĂ©libĂ©rĂ©ment et gravement trahi le modelĂ© original[79], avant d'ĂȘtre Ă©clairĂ©s et rassurĂ©s par les rĂ©sultats d'un scanner effectuĂ© en 1995[80] qui rĂ©vĂ©lĂšrent que c'Ă©tait la copie qui Ă©tait en quelque sorte dĂ©viante. En tĂ©moigne Ă©galement la copie conservĂ©e aux Ă©curies de Versailles[81]. La modĂ©lisation en 3D pourrait ĂȘtre envisagĂ©e pour mieux Ă©tudier l'Ɠuvre[82].

Une VĂ©nus « mythique Â»

La VĂ©nus d'Arles a dĂ©clenchĂ© une passion identitaire qui serait Ă  l'origine du mythe de l'ArlĂ©sienne[rĂ©f. nĂ©cessaire] et a simultanĂ©ment inspirĂ© les artistes[Qui ?].

Le thÚme de l'Arlésienne

Cette VĂ©nus est la patronne des ArlĂ©siennes pour lesquelles elle fut un idĂ©al de beautĂ©[83]. Elle devient mĂȘme le modĂšle de l'ArlĂ©sienne[84]. Le MusĂ©e du Louvre explique aussi comment aprĂšs que l'on a apparentĂ©e la « race arlĂ©sienne Â» aux Romains, au Grecques et aux Sarrasins, la Venus d'Arles est entrĂ©e dans l'arbre gĂ©nĂ©alogique des ArlĂ©siennes en qualitĂ© d'aĂŻeule, « adoptĂ©e Â» en cette qualitĂ© par FrĂ©dĂ©ric Mistral et les ethnographes de la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle qui la magnifiĂšrent[85]. Ainsi, l'adhĂ©sion populaire Ă  cette filiation quasi charnelle et la dĂ©votion pour son modĂšle de beautĂ© symbole de puretĂ© (frisant la « nĂ©vrose fĂ©tichiste Â» selon Le Louvre[85]), les mystĂšres qui l'entourĂšrent au XVII° siĂšcle (suspense des fouilles et changements de dĂ©nomination), la nostalgie populaire et l'Ă©motion consĂ©cutives Ă  son dĂ©part forcĂ© pour Versailles, sa transformation, de mĂȘme que son absence et ses rĂ©apparitions Ă©vanescentes (Ă  travers celles de ses copies)[86], sont probablement Ă  la source du fameux mythe rĂ©current de l'ArlĂ©sienne qui traduit le poids d'une prĂ©sence en quelque sorte invisible et presque imaginaire[87], bien avant que Prosper MĂ©rimĂ©e ne s'en inspire (trĂšs partiellement) pour sa malĂ©fique VĂ©nus d'Ille (nouvelle en 1837)[88], et qu'Alphonse Daudet ne s'en empare (L'ArlĂ©sienne des Lettres de mon moulin en 1869), lui qui frĂ©quentait F. Mistral et partageait son Ă©moi devant la VĂ©nus d'Arles[89].

Arlésienne à la Vénus d'Augustin Dumas - vers 1860 (Museon Arlaten)

Comme le dit Estelle MathĂ©-Rouquette [90] :

« Cette statue a laissĂ© aux hommes de la ville une absence, dont ils ont fait un mythe, et l'assurance d'une perpĂ©tuelle renaissance par le sang, qui, de ses veines imaginĂ©es, a coulĂ© dans celles des ArlĂ©siennes. Â»

Le portrait d’une ArlĂ©sienne peint par Augustin Dumas (illustration ci-contre) symbolise cette filiation mythique. Comme le MusĂ©e dĂ©partemental d'ethnographie d'Arles (Museon Arlaten) le souligne[91] :

« La prĂ©sence prĂšs du portrait en buste d’une reproduction miniature de la VĂ©nus d’Arles, que la jeune fille effleure de la main, suggĂšre des liens entre cette arlĂ©sienne assimilĂ©e Ă  un archĂ©type et une histoire locale glorieuse. (...) Au XIXe siĂšcle en effet, bon nombre d’artistes contribuent au mythe d’une filiation entre Arles et la GrĂšce antique, personnalisĂ©e Ă  travers l’image de la femme : « Les femmes d’Arles sont en quelque sorte les AthĂ©niennes de la Provence Â», affirmait par exemple le poĂšte Jules Canonge en 1841. En reprĂ©sentant la VĂ©nus d’Arles, le peintre s’inscrit dans cette tradition Â».

Théodore Aubanel célébra la Vénus d'Arles mieux que quiconque

Un vieux poĂšme provençal et le plus cĂ©lĂšbre du fĂ©libre ThĂ©odore Aubanel (XIXe siĂšcle), intitulĂ© « La VĂ©nus d'Arles Â», personnifie la vĂ©nus et traduit la dĂ©votion qu'elle a suscitĂ©e et ce lien de sang Ă©voquĂ© plus haut[92] (extrait) :

« ...O douço Venus d'Arle ! O fado de jouvĂšnço !
Ta bÚuta que clarejo en touto la ProuvÚnço,
Fai bello nĂČsti fiho e nosti drole san !
Souto aquelo car bruno, o Venus ! i'a toun sang,
SÚmpre viéu, sÚmpre caud. E nosti chato alerto,
Vaqui perquĂ© s'envan la peitrino duberto !
E nosti gai jouvÚnt, vaqui perqué soun fort
I lucho de l'amour, di brau e de la mort !...
E vaqui perquĂ© t'ame, — e ta bĂšuta m'engano,
E perquĂ© iĂ©u crestian, te cante, o grand pagano !... Â»[93]

Amant fervent et passionnĂ© de sa beautĂ© plastique, Aubanel fera souvent rĂ©fĂ©rence Ă  la VĂ©nus d'Arles[94]. D'autres poĂštes comme François PorchĂ© lui emboĂźtent le pas au XXe siĂšcle[95]. FrĂ©dĂ©ric Mistral lui-mĂȘme commettra ces vers dans son Ɠuvre majeure :

« Un voit de chato viroulavon,
E su'n refrin qu'ensĂšn quilavon,
En danso ardĂšnto se giblavon
Autour d'un fio de marbre en guau disien VĂ©nus
Canten Venus, la grand divesso
De quau prouvĂšn touto alegresso !
Canten Venus, la segnouresso,
La Maira de la terrĂČ e dou pople arlaten l Â»[96]
F. Mistral, — Mireille, ch xi.

D'autres écrivains prennent la Vénus pour un étalon de la beauté, comme Laurent Pierre Bérenger en 1786 (précité)[83] et Charles de Martrin-Donos en 1896[97].

Alexandre Dumas participe ainsi Ă  ce mouvement :

« Une belle jeune fille aux cheveux noirs comme le jais, aux yeux veloutĂ©s comme ceux de la gazelle, tenait debout, adossĂ©e Ă  une cloison, et froissait entre ses doigts effilĂ©s et d'un dessin antique une bruyĂšre innocente dont elle arrachait les fleurs, et dont les dĂ©bris jonchaient dĂ©jĂ  le sol ; en outre, ses bras nus jusqu'au coude, ses bras brunis, mais qui semblaient modelĂ©s sur ceux de la VĂ©nus d'Arles, frĂ©missaient d'une sorte d'impatience fĂ©brile
[98] Â»

Stendhal lui-mĂȘme Ă©crit :

« Quand j'Ă©tais Ă  Marseille, je rencontrai au chĂąteau Borelli, oĂč
j'allais presque tous les soirs, une société de dames arlésiennes
qui étaient venues voir ce joli parc. La renommée n'est qu'équitable quand elle parle de leur beauté. Ce sont des cheveux
d'un noir d'Ă©bĂšne, tranchant sur un front d'une blancheur
Ă©blouissante. Je n'exagĂšre point ; la forme gĂ©nĂ©rale de leurs traits rappelle la VĂ©nus d'Arles (...) [99].

MĂȘme Madame de SĂ©vignĂ© Ă©voque la VĂ©nus dans ses fameuses lettres[100], Ă  l'instar d'autres Ă©crivains Ă©rudits qui rapportent avec admiration l'existence de la VĂ©nus dans leurs carnets de voyage en France, tels Abel Hugo en 1835[101], Amable Tastu en 1862[102] et AndrĂ© Hallays en 1913[103]. En 1833, Augustin Fabre Ă©crit :

« On vantait la VĂ©nus d'Arles. On admirait la grace de son voluptueux sourire, la puretĂ© de ses formes enchanteresses, et les femmes lui sacrifiaient, bien dignes par la renomĂ©e de leurs charmes de professer son culte Â»[104].

Curieusement, le mythe a prospéré alors que le souvenir de la matrice vénusienne s'est estompé, largement masqué par le succÚs du personnage romanesque de Daudet. Cependant, plus de trois siÚcles aprÚs sa découverte, la Vénus suscite toujours la nostalgie. Son retour à Arles a ainsi été réclamé par des nationalistes occitans dans un communiqué en date du 2 février 2007[105], suivi d'interventions auprÚs du président-directeur du musée du Louvre et des autorités politiques[106], ce qui ne fait que raviver un regret déjà exprimé notamment par F. Mistral en 1886[107].

Créations artistiques autour de la Vénus

Art contemporain

  • Fabrice CavaillĂ©, Un baiser tournĂ© en Super 8 est projetĂ© autour de la taille d'une ronde-bosse (la VĂ©nus d'Arles), in Insinuations, exposition au nouveau MusĂ©e des Moulages de l'UniversitĂ© LumiĂšre Lyon 2, 8 janvier/6 fĂ©vrier 2000[108] ;
  • Clergue (Lucien), photographe arlĂ©sien, entreprend un travail sur la VĂ©nus d'Arles au Louvre (collages photographiques, surimpression), Paris, 1991[109] ;
  • CollĂšge Jules Ferry Ă  Marseille, une classe de 6e refait la garde-robe de la VĂ©nus d’Arles (collages photographiques), fĂ©vrier 2007 [110] ;
  • SĂ©rie d'expositions organisĂ©es Ă  Arles concernant la VĂ©nus d'Arles, 24/26 novembre 2006[111] :
    • La VĂ©nus fait un carton : TOY recrĂ©e la VĂ©nus d’Arles en bandelettes de carton ;
    • La VĂ©nus d’Arles s’est Ă©chappĂ©e : des dessinateurs crĂ©ent une bande dessinĂ©e ;
    • VĂ©nus virtuelle : RemodĂ©lisation en 3D de la VĂ©nus d’Arles ;

Comédies et littérature

Outre les Ɠuvres littĂ©raires dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es (supra) :

  • Denola (Georges), La VĂ©nus d'Arles (film) (1911) (interprĂštes : Jeanne Brindeau, AndrĂ©e Divonne, AndrĂ© Lefaur, Armand Tallier) ;
  • Jean-Marie Floret (PrĂ©f. de Émile Ripert), La vĂ©nus d'Arles (roman), Éditions de la Revue « En Provence Â», 1931, 272 p
  • Joseph MĂ©ry, avec Auguste BarthĂ©lemy, La VĂ©nus d'Arles (1866); Marthe la blanchisseuse. La VĂ©nus d'Arles (1874)
  • Jean Variot, La VĂ©nus de PraxitĂšle et madame Candaule, LefĂšbvre Henri, Paris, 1948
  • Varney (Louis ), La VĂ©nus d'Arles, (opĂ©ra comique) , livret de Paul Ferrier et Armand Liorat, crĂ©Ă© le 30 janvier 1889, Paris, NouveautĂ©s (interprĂštes : M. Piccaluga et Mlle Auguez, immortalisĂ©s par Nadar[112]) ;
Peinture murale de Jean Thiry - XX° siÚcle
La Vénus d'Arles, trophée du Forum lyrique européen, sculptée par Liliane Guiomar (Photo Olivia Doray)

Gravures et dessins anciens

  • In Recueil d’antiquitĂ©s formĂ© par Monsieur Laurent Bonnemant (aprĂšs 1680) (Ms 242, MĂ©diathĂšque d’Arles) :
    • Ogier, La VĂ©nus d'Arles, deux dessins, (avec miroir)[113]
    • Wolffy J., La VĂ©nus d'Arles (sans bras)
    • Mesnaget, Diane d'Arles (sans bras)
  • Maurice Boudot-Lamotte, La VĂ©nus d'Arles, (fin XIXe siĂšcle), MusĂ©e dĂ©partemental de l'Oise (Beauvais) ;
  • Mellan P., Diane d’Arles, (sans bras, avec armoiries) (1653), Arles, Collection privĂ©e ;
  • Jean-Baptiste Monicart, La vĂ©nus d'Arles in "Versailles immortalisĂ©", en 1730, ChĂąteaux de Versailles ;
  • Paul Maurou, Lecture de la VĂ©nus d'Arles au thĂ©Ăątre antique avec les Cigaliers, eau forte, vers 1884;
  • Alice ReboursiĂšre, VĂ©nus d'Arles, Ă©tude acadĂ©mique de la tĂȘte au fusain, 1901 (Collection particuliĂšre) [114] ;
  • Simon Thomassin :
    • La VĂ©nus d'Arles (deux estampes), in Recueil de cinquante des plus belles figures antiques et modernes, placĂ©e dans la Galerie des Glaces du chĂąteau et parc de Versailles (XVIII° s), ChĂąteaux de Versailles.
    • La vĂ©nus d'Arles (sans bras), BibliothĂšque MĂ©janes, Aix en Provence (Ref AP55S02047)

Peintures

  • Augustin Dumas, ArlĂ©sienne Ă  la VĂ©nus, (peinture) (1858), Arles, Museon Arlaten (illustration supra);
  • Mandon de Cazan, La VĂ©nus d'Arles (peinture de plafond, en mĂ©daillon), 1767, Salle du conseil de l'hĂŽtel de ville d'Arles[115] ;
  • François Huard, Les Fouilles de la tour de Roland (vers 1843), Museon Arlaten, Arles (on ne voit pas la vĂ©nus mais les fouilles Ă  son propos);
  • LĂ©o LelĂ©e, La VĂ©nus d’Arles, Lithographie de 1903;
  • Hubert Robert montrant la salle de l’Apollon du BelvĂ©dĂšre dans son amĂ©nagement du tout dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle, dans laquelle on reconnait la VĂ©nus d’Arles et la VĂ©nus du Capitole;
  • Jean Thiry, La VĂ©nus d'Arles, Trompe l'Ɠil (peinture murale) (XXe siĂšcle), Collection du peintre - Carros (prĂšs de Nice) - (ci-contre).

Sculpture

  • Anonyme :
    • Relief d'une tĂȘte de femme d'aprĂšs la VĂ©nus d'Arles, MusĂ©e Bouchard (Paris);
    • Statuette d'aprĂšs la VĂ©nus d'Arles, MusĂ©e de Brou (Bourg-en-Bresse);
    • Buste de la VĂ©nus d'Arles du XVII° siĂšcle, Maison CarrĂ©e de NĂźmes[116];
    • Statuette de la VĂ©nus d'Arles, reproduction en bronze Ă  patine noire nuancĂ©e vernie, 41 cm, fin XIX° siĂšcle (collection particuliĂšre)[117] - (ci-contre)
  • Liliane Guiomar, VĂ©nus d'Arles, statuette en grĂšs, sans bras, pour le Forum lyrique europĂ©en d'Arles (XXe siĂšcle), (ci-contre et ci-aprĂšs);
  • Richard (M.) TĂȘte d'aprĂšs la VĂ©nus d'Arles, HĂŽtel du gouverneur gĂ©nĂ©ral (Paris).

ÉvĂ©nements

  • Art Lyrique - La VĂ©nus d'Arles a donnĂ© son nom et sa silhouette Ă  un trophĂ©e remis comme premier prix du Forum lyrique europĂ©en organisĂ© depuis 2000 par le ComitĂ© des fĂȘtes de la ville d'Arles (gĂ©nĂ©ralement en juin). La sculpture constituant le trophĂ©e (ci-contre) est l'Ɠuvre de Liliane Guiomar, peintre rĂ©gional et maĂźtre santonnier, Meilleur ouvrier de France (supra);
  • Le printemps des musĂ©es - Lors de l'Ă©dition 2004, par exemple, le MusĂ©e de l'Arles et de la Provence antiques proposait au jeunes enfants de «croquer la VĂ©nus» et Ă  tous, une «visite-atelier sur l'aventure et les mĂ©saventures d'un objet archĂ©ologique : La VĂ©nus d'Arles Â»[118].

Bibliographie

  • Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC), s.v. Aphrodite (Angelos Delivorrias), p. 63, no 526, pl. 51, Artemis Verlag, 1984.
  • Le GoĂ»t de l'Antique, quatre siĂšcles d'archĂ©ologie arlĂ©sienne, catalogue de l'exposition Ă  l'espace Van-Gogh du 20 octobre 1990 au 6 janvier 1991, Arles, Museon Arlaten, 1990 :
    • Dominique Serena-Allier, « Les collections de l'HĂŽtel de ville Â», p. 39-43,
    • RĂ©mi Venture, « L'affaire de la VĂ©nus Â», p. 44-45.
  • P. Albert d'AugiĂšres, RĂ©flexions sur les sentiments de CallisthĂšne touchant la Diane d’Arles, Paris, 1684.
  • Joseph Bard, La VĂ©nus d'Arles. Lecture du matin, A. Cherbuliez et L. Baboeuf L., Paris et Lyon, 1834, deux tomes en un volume, XVI-264 p., in-8°.
  • Laurent Bonnemant, Conversation curieuse sur la Diane & sur la piramide d’Arles, dans Recueil d’antiquitĂ©s, aprĂšs 1680, MĂ©diathĂšque d’Arles, Ms 242.
  • Brigitte Bourgeois :
    • « De la VĂ©nus d'Arles Ă  la Guerre du Golfe : l'apport du moulage entre restauration et destruction Â», dans Moulages, copies, fac-similĂ©s, actes des IVe JournĂ©es des restaurateurs en archĂ©ologie [IIIe colloque international de l'ARAAFU] Ă  Soissons les 14 et 15 juin 1993, École normale supĂ©rieure et laboratoire d'archĂ©ologie, 1994 = Bulletin de liaison no 11 (1994), p. 25-28.
    • « La VĂ©nus d'Arles ou les mĂ©tamorphoses d'un marbre antique Â», dans les Actes du IVe colloque international de l'Association des restaurateurs d'art et d'archĂ©ologie de formation universitaire Ă  Paris du 5 au 7 octobre 1995, ARAAFU, 1995, Paris, p. 125-137.
  • H. Clair, « Les monumens d'Arles, antique et moderne Â», D. Garcin imprimeur, 1837, pp. 241, 242
  • Charles Daremberg et Edmond Saglio, « Dictionnaire des AntiquitĂ©s grecques et romaines Â», 10 volumes, Ă©chelonnĂ©s de 1877 Ă  1919. Index d'articles en ligne sur le site mediterranees.net, dont celui sur « VĂ©nus Â» [28]
  • Jean-Julien Estrangin, « Ă‰tudes archĂ©ologiques, historiques et statistiques sur Arles Â», Aubin Ă©diteur, 1838, pp. 56 et 57
  • Jeanne de Flandreysy (prĂ©f. FrĂ©dĂ©ric Mistral), La VĂ©nus d'Arles et le Museon Arlaten, Alphonse Lemerre, Paris, 1903, gr. in-8°, 168 p.
  • Jean FormigĂ©, « Note sur la VĂ©nus d'Arles Â», dans Comptes-rendus de l'AcadĂ©mie des Inscriptions et Belles-Lettres no 39 (1911), p. 658-664.
  • (en) Adolf FurtwĂ€ngler, « Masterpieces of Greek Sculpture, Series of Essays on the History of Art Â» (traduction et rĂ©vision par EugĂ©nie Sellers de Meisterwerke der griechischen Plastik, Leipzig et Berlin, 1893), W. Heinemann, Londres, 1895, p. 319-320; p. 330-335.
  • BĂ©rĂ©nice Geoffroy-Schneiter, « Deux visions de VĂ©nus Â» in Connaissance des Arts (revue), PraxitĂšle Hors-sĂ©rie, 2007, p. 48 (Commentaires sur la VĂ©nus d'Arles et la VĂ©nus de Townley)
  • AndrĂ© Hallays, « Provence Â» dans En flĂąnant. À travers la France, 5, Perrin, Paris, 1912.
  • Charles LenthĂ©ric, « L'Art grec Ă  Arles Â», dans La GrĂšce & l'Orient en Provence, Plon-Nourrit, Paris, 1910, p. 251, 255 et 259 (1Ăšre Ă©dition 1878).
  • Paul MariĂ©ton, « VII - La Provence Grecque Â» , in La Terre provençale, Journal de route, mai 1890
  • Jean-Luc Martinez, « Antiques du Louvre Â», Fayard / Louvre, 2004.
  • Estelle MathĂ©-Rouquette, « Belles comme l’antique Â», dans ArlĂ©sienne : le mythe ?, catalogue de l'exposition du 3 juillet 1999 au 30 janvier 2000 au Museon Arlaten, Arles, 1999, p. 51-62.
  • Aubin-Louis Millin, « Voyage dans les dĂ©partements du midi de la France Â», tome III, 1807, pp. 500 et 501
  • Alain Pasquier :
    • « La VĂ©nus de Milo et les Aphrodites du Louvre Â», Ă©ditions de la RĂ©union des musĂ©es nationaux, 1985 (ISBN 2-7118-0256-6), p. 53,
    • « Les Aphrodites de PraxitĂšle Â» dans Alain Pasquier et Jean-Luc Martinez, PraxitĂšle, catalogue de l'exposition au musĂ©e du Louvre, 23 mars-18 juin 2007, Ă©ditions du Louvre & Somogy, 2007 (ISBN 978-2-35031-111-1), p. 134-139 et nos 28-32, p. 138-169. PrĂ©sentation de l'ouvrage sur histara.sorbonne.fr.
  • François de Rebattu :
    • « La Diane et le Jupiter d’Arles se donnant Ă  cognoistre aux esprits curieux Â», Arles, 1656,
    • « Description de la Diane d’Arles Â», 1659.
  • Brunilde Sismondo Ridgway :
    • (en) « The Aphrodite of Arles Â», dans American Journal of ArchĂŠology, vol. 80, no 2 (printemps 1976), p. 147-154,
    • (en) « Fourth-Century Styles in Greek Sculpture Â», University of Wisconsin Press, Madison, 1997 (ISBN 0-299-15470-X), p. 264-265,
    • (en) « Hellenistic Sculpture III. The Styles of ca. 100-31 B.C. Â», University of Wisconsin Press, Madison, 2002 (ISBN 0-299-17710-6), p. 197-198.
  • Claude Rolley, La Sculpture grecque, vol. II : La pĂ©riode classique, Picard, Manuels d'art et d'archĂ©ologie antiques, 1999 (ISBN 2-7084-0506-3) , p. 256.
  • B-F Rouent (De), Le retour de la VĂ©nus d'Arles in Bulletin de la SociĂ©tĂ© des amis du Vieil Arles, 1903
  • Jean-Maurice Rouquette et Claude SintĂšs, « Arles antique, monuments et sites Â», Imprimerie nationale, 1989 (ISBN 2110810327).
  • Joseph SĂ©guin, « Les antiquitĂ©s d’Arles traitĂ©es en maniĂšre d'entretiens et d'itinĂ©raires oĂč sont dĂ©crites plusieurs nouvelles dĂ©couvertes qui n'ont pas encore vu le jour Â», Arles, 1687.
  • Claude Terrin :
    • « La VĂ©nus et l'obĂ©lisques d’Arles, ou entretiens de MusĂ©e et de CalisthĂšne Â», Arles, 1680
    • « Lettres de MusĂ©e Ă  CalisthĂšne, sur les rĂ©flexion d'un censeur Â», Arles, 1697.
  • Johann Joachim Winckelmann :
    • (de)« Gedanken ĂŒber die Nachahmung der griechischen Werke in der Malerei und Bildhauerkunst Â» (RĂ©flexions sur l’imitation des Ɠuvres grecques dans la peinture et la sculpture), 1755
    • « Histoire de l'art dans l'AntiquitĂ© Â» (1764), Livre de Poche, 2005, Traduction de Dominique Tassel
  • Laurent Wolf, « A quoi ressemble la beautĂ© ? Le mythe PraxitĂšle. À propos d’une exposition au musĂ©e du Louvre Â» Études, revue de culture contemporaine, Tome 407 2007/7-8, p. 75-83,

Notes et références

  1. ↑ Selon la prĂ©sentation qu'en fait Le Louvre sur son site
  2. ↑ Elle fut au moins aussi cĂ©lĂšbre au moment de sa dĂ©couverte que la VĂ©nus de Milo l'est aujourd'hui et mĂ©riterait sans doute de retrouver sa notoriĂ©tĂ© d'antan, d'autant que les deux statues sont emblĂ©matiques de pĂ©riodes diffĂ©rentes de l'antiquitĂ© grecque
  3. ↑ On sait que les Romains ont pillĂ© sans vergogne les Ɠuvres grecques en rĂ©cupĂ©rant directement des Ɠuvres ou en les copiant. Cependant, Ă  propos de la VĂ©nus, Charles LenthĂ©ric, prĂ©cise : « On ignorera probablement toujours son origine; mais il est cependant trĂšs probable qu'elle n'a pas Ă©tĂ© transportĂ©e de la GrĂšce dans la Gaule; Elle est nĂ©e et s'est Ă©panouie sous le ciel de Provence, semblable Ă  une fleur dont la semence grecque aurait Ă©tĂ© apportĂ©e par un souffle de l'Orient et dont l'Ă©closion un peu tardive rappellerait, Ă  trois siĂšcles de distance, la beautĂ© supĂ©rieure, la puretĂ© et la dĂ©licatesse des grandes Ɠuvres de la patrie disparue Â», La GrĂšce & l'Orient en provence (cf. Bibliographie), p. 260
  4. ↑ Par exemple, Jean-Julien Estrangin rapporte : « Ce marbre est vraiment une VĂ©nus antique, une copie de celle de PraxytĂšle, dont l'original Ă©tait en bronze Â» Cf. Études archĂ©ologiques, historiques et statistiques sur Arles, Aubin Ă©diteur, 1838, p. 57. Cependant, par rĂ©fĂ©rence aux textes anciens (notes 5 et 6, ci-aprĂšs), il est plutĂŽt admis qu'elle Ă©tait en marbre.
  5. ↑ Dans leur Dictionnaire, Ch. Daremberg et E. Saglio (1877) prĂ©cisent dĂ©jĂ  : « La VĂ©nus d'Arles, oĂč l'on reconnaĂźt gĂ©nĂ©ralement la copie d'une Ɠuvre de PraxitĂšle. Â» Charles LenthĂ©ric fait le mĂȘme constat (prĂ©citĂ©, p. 252). Idem pour Adolf FurtwĂ€ngler (infra) et, plus contemporain, pour Alain Pasquier (infra)
  6. ↑ Son existence est Ă©voquĂ©e dans plusieurs textes grecs anciens. Par exemple Pausanias, Description de la GrĂšce [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne].
  7. ↑ Selon la formulation de JĂ©rome Farssac [1]
  8. ↑ Selon la formulation, ou une formulation semblable de JĂ©rome Farssac, ibid
  9. ↑ 3dsrc.com : Aphrodite, dite "VĂ©nus d’Arles"
  10. ↑ a  et b  Selon le site education.louvre.fr
  11. ↑ Ce point est rappelĂ© dans la prĂ©sentation de la VĂ©nus que fait Le Louvre sur son site (prĂ©citĂ©)
  12. ↑ Claude Rolley qualifie certaines des anecdotes qu'on y trouve de « douteuses Â», La Sculpture grecque, vol. II : La pĂ©riode classique, Picard, Manuels d'art et d'archĂ©ologie antiques, 1999 (ISBN 2-7084-0506-3), p. 243 ; et Alain Pasquier invite Ă  les considĂ©rer « avec la plus grande des prudences Â», « Ă‰lĂ©ments de biographie Â» in catalogue de l'exposition au musĂ©e du Louvre, 23 mars-18 juin 2007, p. 21.
  13. ↑ AthĂ©nĂ©e, Deipnosophistes [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne] (XIII, §590). Traduction de Marion Muller-Dufeu et Pline, Histoire naturelle (XXXVI, 20).
  14. ↑ Alciphron, Lettres de pĂȘcheurs, de paysans, de parasites et d’hĂ©taĂŻres (frag. 3).
  15. ↑ Pausanias Ă©voque deux portraits dont l'un situĂ© Ă  Thespie, Description de la GrĂšce, IX, 27, 5 et X, 15, 1
  16. ↑ MusĂ©e de l'Arles de la Provence antiques, FAN 92.OO.405
  17. ↑ a  et b  Son existence est Ă©voquĂ©e par exemple Pausanias, Description de la GrĂšce [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne]. L'auteur note l'existence Ă  Thespies en BĂ©otie (GrĂšce centrale) d'un groupe composĂ© d'Éros, de PhrynĂ© et d'Aphrodite. Notamment : (IX, 27, 5) « áŒÎœÏ„αῊΞα Îșα᜶ Î±áœÏ„ÎżáżŠ ΠραΟÎčÏ„Î­Î»ÎżÏ…Ï‚ áŒˆÏ†ÏÎżÎŽÎŻÏ„Î· Îșα᜶ ΊρύΜης ጐστ᜶Μ ΔጰÎșώΜ, Î»ÎŻÎžÎżÏ… Îșα᜶ áŒĄ ΊρύΜη Îșα᜶ áŒĄ ΞΔός Â» (« LĂ  [Ă  Thespies], de PraxitĂšle lui-mĂȘme, se trouvent une Aphrodite et une statue de PhrynĂ©, toutes les deux en marbre, PhrynĂ© et la dĂ©esse Â»). Voir Ă©galement Pline l'Ancien, Histoire naturelle (XXXVI, 20).
  18. ↑ Furtwaengler l'identifie dans la VĂ©nus Richelieu (Le Louvre), Meisterwerke, p. 552-553.
  19. ↑ Sur le mini-site du Louvre (prĂ©citĂ©) Alain Pasquier rĂ©sume cette question clairement : « S'agirait-il d'une rĂ©plique de la statue d'Aphrodite qui se dressait Ă  cĂŽtĂ© du portrait de PhrynĂ©e dans le sanctuaire de Thespies tel que le narre Pausanias ou bien sommes nous en face d'un reprise de l'Aphrodit vĂ©tue qu'avaient choisi les habitants de l'Ăźle de Cos tandis que les cnidiens optaient pour le modĂšle dĂ©vĂȘtu ? Â»
  20. ↑ Adolf FurtwĂ€ngler, Meisterwerke der Griechisclien Plaetlk. Knnstgescliiclitliclie Untersncliungen. Gr. in- 8 de xvi-767 p., Leipzig et Berlin, Giesecke et Devrienl, 1893.
  21. ↑ Et à sa suite Giulio Emanuele Rizzo en 1932
  22. ↑ Alain Pasquier qui semble avoir rĂ©digĂ© les commentaires accompagnant le mini-site du Louvre sur l'exposition PraxitĂšle (prĂ©citĂ©) souligne Ă  propos de la VĂ©nus d'Arles « ce dĂ©voilement progressif repose sur l'idĂ©e moderne de la pudeur et ne peut ĂȘtre retenu comme un critĂšre de datation Â»
  23. ↑ RapportĂ© par Pasquier, « PraxitĂšle au Louvre : parti pris d’une exposition Â».
  24. ↑ DĂšs 1894, Salomon Reinach discutait certains Ă©lĂ©ments de cette chronologie sans remettre fonciĂšrement en cause le rattachement Ă  PraxitĂšle (56. Furtwaengler, Les chefs-d'Ɠuvre de l'art grec in Revue critique d'histoire et de littĂ©rature, n° 6, fĂ©vrier 1894)
  25. ↑ Les conservateurs du Louvre soulignent : « Cette vision gĂ©nĂ©reuse en termes d’attribution, est aujourd’hui largement remise en cause par les chercheurs et la prĂ©sentation d’une grande majoritĂ© des rĂ©pliques connues des Ɠuvres citĂ©es ci-dessus permet d’approfondir les Ă©tudes de ces diffĂ©rents types statuaires, dont tous ont en commun le mĂȘme problĂšme, Ă  savoir leur introduction dans l’Ɠuvre de PraxitĂšle Â» [2].
  26. ↑ Alain Pasquier, Jean-LucMartinez (dir.), Michel Amandry, Michael Benet, GeneviĂšve Bresc-Bautier, et al, PraxitĂšle. Exposition, Paris, musĂ©e du Louvre, 23 mars - 18 juin 2007 (catalogue de l'exposition), MusĂ©e du Louvre Éditions Somogy, Paris, 2007, 456 p.
  27. ↑ Les auteurs citent (p. 14) : The Art of Praxiteles, The Development of Praxiteles’ Workshop and its Cultural Tradition until the Sculptor’s Acme [364-1 BC] , Rome 2004
  28. ↑ Les auteurs citent (p. 14) : Fourth-Century Styles in Greek Sculpture, University of Wisconsin Press 1997, 261-267
  29. ↑ Alain Pasquier rapporte cette thĂšse sur le mini-site du Louvres (prĂ©citĂ©) ajoutant pour nuancer « mĂȘme si une statuette de terre cuite bien antĂ©rieure rappelle le type statuaire de la vĂ©nus d'Arles Â»
  30. ↑ Comme Alain Pasquier le signale, un torse du mĂȘme modĂšle exposĂ© au musĂ©e d'AthĂšnes en proviendrait (ce qui reste incertain), qui serait le prototype crĂ©Ă© pour cette fonction (Dossier de presse de l'exposition PraxitĂšle du 23 mars au 18 juin 2007 [3]).
  31. ↑ Op. cit. p. 264
  32. ↑ Cf. catalogue prĂ©citĂ©, p. 28
  33. ↑ En ce sens les prĂ©sentations historiographiques de VĂ©nus/Aphrodite sur les sites MĂ©mo.fr - Hachette et LutĂšce
  34. ↑ Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ©, p. 255) prĂ©cise en effet : « Le marbre de la VĂ©nus d'Arles n'est pas absolument blanc. il a gardĂ© une sorte de teinte brune et presque dorĂ©e qu'il est impossible d'attribuer uniquement au temps ou au soleil; trĂšs probablement il avait reçu quelqu'une de ces prĂ©parations encaustiques (...) qui prĂ©servaient les statures antiques des attaques de l'air et de l'humiditĂ©. On y trouve mĂȘme quelques traces de coloration qui permettent d'affirmer que la statue avait Ă©tĂ© rĂ©ellement peint Â».
  35. ↑ La coloration et sa protection rĂ©sultaient gĂ©nĂ©ralement des opĂ©rations de Causis (brĂ»lure/cicatrisation) et de Ganosis (brillance). PraxitĂšle lui-mĂȘme aimait Ă  travailler avec le peintre Nicias, spĂ©cialiste d'une technique semblable [4]
  36. ↑ Voir ce qu'en pense, par exemple, l'Association pour le respect de l'intĂ©gritĂ© du Patrimoine s'agissant du nettoyage et de l'entretien des Antiques qui causerait une triple destruction : artistique, picturale et archĂ©ologique. Ceci rebondit sur l'opinion de Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ©, p. 251) qui s'en prenait aux restaurateurs de la VĂ©nus (entre autres) « dont le moindre dĂ©faut est d'enlever Ă  tout ce qu'ils touchent cette teinte lentement dĂ©posĂ©e par les siĂšcles et ce grain si fin et si dĂ©licat qu'on a pu appeler avec raison l'Ă©piderme du marbre Â»
  37. ↑ Marie Françoise Ousset "La femme dans l’art" ConfĂ©rence-projection 24 mai 2007
  38. ↑ Selon Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ©, p. 251)
  39. ↑ Selon Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ© p. 251), qui prĂ©cise que « la tĂšte et la coiffure sont irrĂ©prochables et n'ont jamais Ă©tĂ© surpassĂ©es Â»
  40. ↑ Pour l'Ă©crivain Paul MariĂ©ton, qui qualifie sa beautĂ© de « rayonnante Â» elle est une « crĂ©ation divine, Ă  la gracilitĂ© harmonieuse Â» et « si elle a moins de majestĂ© que la VĂ©nus de Milo, sa spiritualitĂ© est d'essence supĂ©rieure, comme sa jeunesse Â» (La Provence Grecque VII , in La Terre provençale, Journal de route, mai 1890), tandis que pour le couturier Christian Lacroix, ancien de l'École du Louvre, La VĂ©nus d'Arles est « tellement plus Ă©mouvante que celle de Milo Â» (Bellagamba-PrĂ©face, 2004)
  41. ↑ L'ayant admirĂ© Ă  l'exposition PraxitĂšle 2007 (supra), voici ce qu'en dit un admirateur Ă©clairĂ© sur le blog du quotidien Le Monde en avril 2007 [5] : « Celle d’Arles a ma prĂ©fĂ©rence. La tĂȘte portant Ă  gauche avec ce regard des dieux qui traverse tout ce qu’ils voient, une coiffure rangĂ©e vers l’arriĂšre qui dĂ©gage l’ovale serein du visage, les lĂšvres pleines sous le nez droit qui conduit le regard tout droit vers la nuditĂ© de la poitrine, les seins jumeaux fermes et le sillon juvĂ©nile qui descend au nombril, les hanches rondes n’ayant jamais portĂ© d’enfant. Â»
  42. ↑ Ouvrage prĂ©citĂ©, p252 (le terme dĂ©cadence Ă©voque ce que l'on prĂ©fĂšre nommer aujourd'hui la pĂ©riode hellĂ©nistique)
  43. ↑ La VĂ©nus devait faire partie de l'ensemble statuaire qui dĂ©corait le front de scĂšne (pulpitum/proscenium) du ThĂ©Ăątre dominĂ© par une statue d'Auguste/Apollon de trois mĂštres et comprenant Ă©galement des danseuses [6].
  44. ↑ La VĂ©nus fut retrouvĂ©e en quatre fragments principaux. D'abord la tĂȘte le 6 juin 1651 en creusant une citerne dans la maison de l'abbĂ© Lebrun. Suivirent le corps jusqu’en dessous des genoux, les jambes et les pieds avec la base. Comme le prĂ©cise Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ© p. 250 et 251) : « le marbre Ă©tait enfoui au-devant des colonnes de l'avant-scĂšne et avait Ă©tĂ© protĂ©gĂ© d'une destruction complĂšte par les ruines mĂȘmes, sous lesquelles il Ă©tait enseveli. Mais il portait quelques traces de mutilation, et le torse Ă©tait brisĂ© en trois parties que l'on a pu heureusement rapprocher. La tĂȘte et le corps sont Ă  peu prĂšs intacts; les bras seuls n'ont pu ĂȘtre retrouvĂ© Â». Or, on rechercha longtemps et vainement ces derniers. Sans plus de rĂ©sultats sur ce point, d'autres fouilles furent entreprises au XIXe siĂšcle Ă  l'initiatives du Baron de Chartrouse, (Maire d'Arles) sous la conduite des architectes Questel et Revoil pour dĂ©gager l'ensemble du site.
  45. ↑ DĂ©libĂ©ration du conseil de la ville du 26 juin 1651 pour le rachat de la Venus d'Arles Ă  l'abbĂ© Lebrun
  46. ↑ En retour, les autoritĂ©s ArlĂ©siennes auraient espĂ©rĂ© - en vain - que Louis XIV annule notamment les dettes de la ville, selon R. Venture, « L’affaire de la VĂ©nus Â», in Le GoĂ»t de l’Antique, quatre siĂšcles d’archĂ©ologie arlĂ©sienne, Arles, 1990, pp. 44-45
  47. ↑ Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ©, p. 259), prĂ©cise que : « la lutte a durĂ© prĂšs de cent ans Â»
  48. ↑ Cette querelle savante, qui opposa notamment le pĂšre jĂ©suite Albert DauguiĂšres (qui, aprĂšs Rebattu et avec l'abbĂ© FlĂ©che, penchait pour une Diane) et Claude Terrin (qui, avec Gravenol et SĂ©guin, penchait pour une VĂ©nus) est notamment rapportĂ©e par Charles LenthĂ©ric (prĂ©citĂ©, p. 259 et 260) et Jean-Julien Estrangin, Études archĂ©ologiques, historiques et statistiques sur Arles, Aubin Ă©diteur, 1838, pp. 56 et 57. Cf. Bibliographie (infra). Voir Ă©galement area-archives.org : La VĂ©nus d'Arles
  49. ↑ Aubin-Louis Millin, Voyage dans les dĂ©partements du midi de la France, tome III, 1807, p 500
  50. ↑ Selon Jean-Julien Estrangin, op. cit. p. 57
  51. ↑ Claude Terrin, deux ouvrages de 1680 et 1697, in Bibliographie (infra)
  52. ↑ C'est le Premier consul de la ville d'Arles, Gaspard de Grille, qui l'offrit officiellement au Roi et reçu en retour la mĂ©daille d'or reprĂ©sentant la croix de Saint-Louis (Cf. R. Venture, « L’affaire de la VĂ©nus Â», op. cit., pp. 44-45). C'est cependant le sculpteur Jean Dedieu qui se chargera du transport (Cf. area-archives.org : La VĂ©nus d'Arles).
  53. ↑ Le Marquis de Dangeau raconte dans son Journal que, ce jour-lĂ , on plaça dans la Galerie une statue nommĂ©e "la VĂ©nus d'Arles". Cf. Ă©galement, Thierry Sarmant, Les demeures du soleil. Louis XIV, Louvois, et la surintendance des bĂątiments du Roi, Editions Champ Vallon, 2003, pp. 223 et s.
  54. ↑ Un document semblable a circulĂ© lors de l'exposition et du colloque « Vrai ou Faux, acte III, La beautĂ© rĂ©parĂ©e, Les critĂšres de l’authenticitĂ© Â», ayant eu lieu les 11 et 12 janvier 2008 Ă  Drouot Montaigne, Ă  l'initiative de la ConfĂ©dĂ©ration europĂ©enne des experts d'art (CEDEA) [7]
  55. ↑ a , b  et c  Extrait du catalogue de l’exposition « PraxitĂšle : un choix romain Â», MusĂ©e du Louvre, 23 mars-18 juin 2007
  56. ↑ Dans leur Dictionnaire (prĂ©citĂ©), Ch. Daremberg et E. Saglio prĂ©cisent : « La VĂ©nus d'Arles (...) occupĂ©e Ă  sa toilette, tenait un miroir dans la main gauche et de la droite elle arrangeait les boucles de sa chevelure Â» (ce qui contredit la version de la pomme par Girardon tout en confirmant un hypothĂ©tique miroir) [8]
  57. ↑ Selon Jean-Julien Estrangin, Études archĂ©ologiques, historiques et statistiques sur Arles, Aubin Ă©diteur, 1838, p. 57. Cette reprĂ©sentation Ă©voque en fait la « VĂ©nus victorieuse Â» (VĂ©nus Victrix). Un Ă©rudit du XIX° siĂšcle argumente cette vision : « les ArlĂ©siens dont la colonie prend le nom de Julienne, auront consacrĂ© cette image de la dĂ©esse Â» qu'on regarde, dit-il, « comme la souche de la famille Julia, dans laquelle Auguste avait Ă©tĂ© adoptĂ© Â», puisque la statue a Ă©tĂ© « exĂ©cutĂ©e au temps de cet empereur Â», et dĂ©couverte avec une statue gĂ©ante de celui-ci. Comme Visconti, l'auteur relĂšve que c'est cette image qui prĂ©vaut sur les mĂ©dailles de l'Ă©poque. Cf. Aubin-Louis Millin, Voyage dans les dĂ©partements du midi de la France, tome III, 1807, pp. 500 et 501.
  58. ↑ NĂ©anmoins, une charmante vĂ©nus drappĂ©e dite « Richelieu Â» ou « de PraxitĂšle Â» porte une pomme dans la main droite (Le Louvre) [9].
  59. ↑ Selon le site education.louvre.fr/
  60. ↑ Dossier de presse de l'exposition « PraxitĂšle Â» de 2007, Le Louvre, p. 19
  61. ↑ Voir aussi, par exemple, l'Aphrodite conservĂ© au Ephesus Museum (Turquie) [10]
  62. ↑ Ainsi, relatant l'exposition PraxitĂšle de 2007 (supra), StĂ©phane GuĂ©gan s'arrange pour ne pas citer la vĂ©nus, pourtant choisie pour illustrer l'exposition, dans un long article, qui en Ă©nonce clairement la raison : « le parcours du Louvre s’intĂ©resse d’abord aux piĂšces les plus cĂ©lĂ©brĂ©es, l’Aphrodite de Cnide, l’Apollon Sauroctone ou le Satyre au repos, avant d’aborder la descendance du maĂźtre, plus ouverte nĂ©cessairement dĂšs qu’on s’écarte des simples imitations ou des dĂ©testables restaurations Â», La Tribune de l'Art, 9 avril 2007 [11]. Une attitude qui peut cependant s'Ă©clairer de la remarque de "Lunettes Rouges", un blog du Monde, qui Ă©crit : « La plus belle Aphrodite de Cnide, la plus belle VĂ©nus d’Arles ne peut reluire au milieu d’un alignement indigeste de ses soeurs inĂ©gales Â» [12].
  63. ↑ On avance Ă©galement le fait que la VĂ©nus de Milo, dont on aperçoit la naissance du postĂ©rieur (contrairement Ă  la VĂ©nus d'Arles), dĂ©gage une voluptĂ© avec une pose plus lascive propre Ă  la pĂ©riode hellĂ©nistique, plus en phase avec les mƓurs lĂ©gĂšres de notre Ă©poque.
  64. ↑ Pour Charles LenthĂ©ric, par exemple (prĂ©citĂ©, p. 251 et 252) : « l'on ne saurait trop dĂ©plorer la pitoyable rĂ©paration dont elle a Ă©tĂ© l'objet (...) on l'a dotĂ©e de bras et de mains vulgaires dont elle paraĂźt assez embarrassĂ©e (...) et la belle anadyomĂšne a ainsi un faux air de maniĂ©risme aussi peu grec que possible Â»
  65. ↑ Pour l'Ă©crivain Paul MariĂ©ton (prĂ©citĂ©), qui par ailleurs loue sa beautĂ© divine, « Elle n'aura son rang, parmi les divinitĂ©s de l'art, qu'aprĂšs qu'on l'aura dĂ©pouillĂ©e des restaurations pompeuses de Girardon Â» (La Provence Grecque VII , in La Terre provençale, Journal de route, mai 1890), tandis que pour l'ingĂ©nieur-historien-gĂ©ographe HĂ©ron de Villefosse, la restauration de Girardon est un vĂ©ritable « sabotage artistique Â» (selon RĂ©my de Gourmont, Arlequin de marbre, in Le Vase magique, Le Divan, 1923)
  66. ↑ rĂ©fĂ©rences actuelles Ă  l'inventaire : MR 365, Ma 469
  67. ↑ En 1957, une photo tĂ©moigne d'un emplacement et d'une mise en valeur plus avantageuse. À voir sur le site du MinistĂšre de la Culture (base Arcade -mĂ©moire)
  68. ↑ La VĂ©nus d'Arles illustrait l'affiche de l'exposition et semblait rĂ©sumer Ă  elle seule tous les questionnements Ă  propos des Ɠuvres praxitĂšliennes et praxĂšlisantes. D'autres Ɠuvres Ă©taient mises en lumiĂšre comme le satyre de Mazara del Vallo. L'exposition eut lieu les 23 mars/18 juin 2007, sous la direction d'Alain Pasquier, conservateur gĂ©nĂ©ral du DĂ©partement des antiquitĂ©s grecques, Ă©trusques et romaines et Jean-Luc Martinez, conservateur PrĂ©sentation flash de l'exposition illustrĂ©e par la VĂ©nus. L'exposition (rĂ©duite) s'est ensuite portĂ©e Ă  AthĂšnes tandis que la VĂ©nus d'Arles partait de son cĂŽtĂ© pour PĂ©kin, pour une exposition sur la culture et l'histoire grecque (12 juillet/9 novembre 2007) [13], puis au MusĂ©e national de Singapour (9 dĂ©cembre 2007/16 mars 2008) comme en tĂ©moigne cette carte de vƓux pour 2008, illustrĂ©e de la VĂ©nus, envoyĂ©e par l'ambassadeur de France [14]. PrĂ©cĂ©demment, la vĂ©nus Ă©tait prĂ©sente en 2006 Ă  Tokyo Ă  l'exposition "La GrĂšce classique au Louvre" [15]
  69. ↑ La vĂ©nus d'Arles fait partie aujourd’hui des rĂ©serves du MusĂ©e du Louvre (Denon, Rez-de-chaussĂ©e, Cour du Sphinx, Salle 31) non ouvertes au public. Cf. sur le site du Louvre
  70. ↑ Jean-Luc Martinez souligne ainsi que « la VĂ©nus pĂšse plus de 800 kg, et est trĂšs fragile car elle a des restaurations du XVIIĂšme siĂšcle: la dĂ©placer est donc dĂ©licat Â». Cf. ConfĂ©rence «L’art grec au musĂ©e du Louvre : des salles permanentes aux expositions temporaires Â» du 14 juin 2006 Ă  l’Institut franco-japonais de Tokyo Version retranscrite et modifiĂ©e p. 8
  71. ↑ « au grand dam de certains arlĂ©siens Â» conclue une blogueuse Ă  propos de l'exposition De l’esclave Ă  l’empereur, l’art romain dans les collections du musĂ©e du Louvre, MusĂ©e dĂ©partemental Arles antique, du 20 dĂ©cembre 2008 au 3 mai 2009. Cf. [16]
  72. ↑ En 2003, l'une des copies figurait dans une exposition itinĂ©rante "Les moulages du Louvre", par exemple, en extĂ©rieur, au Centre-Jaude Ă  Clermont-Ferrand [17]. En 2007, l’Atelier de moulage du Louvre proposait encore des copies de la VĂ©nus d'Arles en rĂ©sine faisant 2,10 m de hauteur (avec socle) [18]
  73. ↑ Cette derniĂšre est en fonte du Val d'Osne et fut Ă©rigĂ©e en 1909 grĂące au legs de 135 000 F or que M. Auguste Giffard, conducteur des Ponts-et-ChaussĂ©es (†1893) fit Ă  la Ville d’Angers. Cf. sur le site Angers.fr CarrĂ© 14 et Un musĂ©e de plein air.
  74. ↑ Noce (Vincent), LibĂ©ration, samedi 6/dimanche 7 janvier 2001 LibĂ©ration : A quel sein se vouer
  75. ↑ Selon le site Fontesdart.org
  76. ↑ Cette vĂ©nus, localisĂ©e aux chĂąteaux de Versailles et de Trianon est prĂ©sentĂ©e sur le site de la RĂ©union des MusĂ©es Nationaux comme tel [19]. En Ă©largissant la notion on pourrait Ă©voquer aussi, par exemple, la vĂ©nus du jardin de l'infante au Louvre [20], voire, la vĂ©nus dominant la Fontaine d'Aphrodite Ă  Nancy [21], etc.
  77. ↑ Ghraoui, Nada, Les petites bronzes des divinitĂ©s majeures de la Syrie romaine. Inventaire systĂ©matique et Ă©tude iconographique, ThĂšse en philosophie et lettres, orientation histoire de l'art et archĂ©ologie, UniversitĂ© Libre de Bruxelles, juin 2006. Selon lui, dix types iconographiques grecs classiques et hellĂ©nistiques Ă©taient liĂ©s aux reprĂ©sentations des figurines liĂ©es Ă  la dĂ©esse Aphrodite : « le type de la VĂ©nus d’Arles tenant le miroir et la pomme avec les variantes est reprĂ©sentĂ© sur 28 statuettes dont 19 nues et 9 mi-vĂȘtues Â»
  78. ↑ Depuis 1995. Elle Ă©tait auparavant exposĂ©e au MusĂ©e Lapidaire
  79. ↑ Sur la foi de la copie retrouvĂ©e, HĂ©ron de Villefosse (prĂ©citĂ©) dĂ©nonça le « rafistolage Â» de Girardon lors d'une communication qui convainquit un moment l'AcadĂ©mie de sciences dont il Ă©tait membre (selon RĂ©my de Gourmont, Arlequin de marbre, in Le Vase magique, Le Divan, 1923)
  80. ↑ 1995, selon Le Louvre PraxitĂšle-La VĂ©nus d'Arles, « Un moulage "originel" contre un "original" restaurĂ©  Â», p . 3. On trouve le chiffre de 1997 dans un article de LibĂ©ration (note suivante)
  81. ↑ Dans son article de LibĂ©ration (prĂ©citĂ©), Vincent Noce Ă©crit : « La ville d'Arles a cependant conservĂ© un moulage de l'original, qui diffĂ©rait de l'Ɠuvre restaurĂ©e par Girardon, et pas seulement par l'absence de bras (...). Ce moulage a stupĂ©fiĂ© les spĂ©cialistes : la tĂȘte n'a pas la mĂȘme position et la poitrine est nettement plus volumineuse. Girardon fut ainsi accusĂ© d'avoir tordu la tĂȘte et rabotĂ© les seins de l'original. En 1997, des examens au scanner du moulage d'Arles ont rĂ©tabli la vĂ©ritĂ© : ce moulage du XVIIe, dĂ©jĂ  rudimentaire, avait Ă©tĂ© grossiĂšrement refait aprĂšs avoir Ă©tĂ© mutilĂ© Ă  la RĂ©volution. La tĂȘte a Ă©tĂ© mal raccordĂ©e, une poitrine avantageuse ajoutĂ©e. La statue de Girardon est en fait beaucoup plus proche de l'original. À Versailles, les deux modĂšles cĂŽte Ă  cĂŽte permettent immĂ©diatement de juger Â»
  82. ↑ Jean-Yves Blaise, Francesca De Domenico, Livio De Luca, Iwona Dudek, Principes pour un SystĂšme d’Informations Architecturales tridimensionnelles : le cas des vestiges du thĂ©Ăątre antique d’Arles, 2.2 Application; ProblĂ©matiques et objectifs [22]
  83. ↑ a  et b  DĂ©crivant la beautĂ© des ArlĂ©siennes, Ă  laquelle il n’a pas Ă©tĂ© insensible, Berenger prĂ©cise : « Joignez Ă  ces biens un jargon d’une naĂŻvetĂ©, d’une douceur infinie, des expressions caressantes, un accent sĂ©ducteur, l’usage des diminutifs les plus mignards ; et voyez si c’est Ă  tort que VĂ©nus Ă©toit anciennement la patronne des femmes d’Arles Â», Laurent Pierre BĂ©renger, Les SoirĂ©es provençales, Paris, Nyon, 1786, t.1, p.81-84.
  84. ↑ Selon Dominique Serena, directeur du musĂ©e Arlaten, communication au sĂ©minaire « L'artiste entre hĂ©ritage et crĂ©ation : Ingres et l'antique Â», Arles, 23-25 octobre 2006.
  85. ↑ a  et b  Selon une fiche sur la VĂ©nus, Ă©ditĂ©e sur le mini-site internet du Louvre, pour leur exposition consacrĂ©e Ă  PraxitĂšle (prĂ©citĂ©e)
  86. ↑ Comme le dit le mini-site du Louvre (prĂ©citĂ©) : « L’histoire de la Venus d’Arles apparaĂźt comme un formidable chassĂ©-croisĂ©, vieux de plus de trois siĂšcles, entre un marbre antique et ses copies modernes. Â»
  87. ↑ Le site internet d'une manufacture de cierges rĂ©sume ce sentiment Ă  propos d'une ArlĂ©sienne en cire qu'elle propose : « La VĂ©nus d'Arles .../... cette statue est offerte au roi Louis XIV, au plus grand dĂ©sespoir des habitants .../... Le mythe de l'ArlĂ©sienne est celui d'une absente regrettĂ©e mais prĂ©sente pour tous en chacune des ArlĂ©siennes de la ville Â» [23]
  88. ↑ Ce n'est toutefois qu'une supputation vraisemblable car on ne connaĂźt pas la source d'inspiration, probablement multiple, de la VĂ©nus d'Ille. A voir sur le site de l'AcadĂ©mie de Tours-OrlĂ©ans. Voir Ă©galement ce site sur MĂ©rimĂ©e oĂč figure la VĂ©nus [24].
  89. ↑ Alphonse Daudet raconte l'une de ses visites Ă  son ami F. Mistral : « .../...Rien n’était changĂ©. Toujours le canapĂ© Ă  carreaux jaunes, les deux fauteuils de paille, la VĂ©nus sans bras et la VĂ©nus d’Arles sur la cheminĂ© .../...». Le rĂ©cit est publiĂ© pour la premiĂšre fois dans L’ÉvĂ©nement du 21 septembre 1866 et repris dans le recueil des Lettres de mon moulin : "Le PoĂšte Mistral" [25].
  90. ↑ Op. cit. en Bibliographie (infra), Ă©galement rapportĂ© par Le Louvre PraxitĂšle - La VĂ©nus d’Arles, « Une nĂ©vrose fĂ©tichiste Â», p. 5
  91. ↑ Commentaire sous le tableau de Dumas sur le site du ministùre de la culture (base Joconde)
  92. ↑ Écrit en 1864, il sera publiĂ© dans « Les Filles d'Avignon Â» (Li Fiho d’Avignoun), en 1885. Le poĂšme est dĂ©diĂ© Ă  Paul ArĂšne et louĂ© par MallarmĂ©. NĂ©anmoins, ce poĂšme, considĂ©rĂ© comme licencieux, fut dĂ©noncĂ© par Roumanille Ă  l'archevĂȘque d'Arles. À voir sur un des sites consacrĂ©s Ă  l'auteur [26]
  93. ↑ Traduction en français :
    Ô douce VĂ©nus d'Arles ! Ô fĂ©e de jouvence !
    Ta beauté qui rayonne sur toute la Provence,
    Fait belles nos filles et sains nos jeunes gens !
    Sous cette chair brune, ĂŽ VĂ©nus ! Il y a ton sang,
    Toujours vif, toujours chaud. Et nos jeunes filles alertes,
    VoilĂ  pourquoi elles s'en vont la poitrine ouverte !
    Et nos gais jeunes hommes, voilĂ  pourquoi ils sont forts.
    Aux luttes des taureaux, de l'amour, et de la mort !...
    Et voilà pourquoi je t'aime, que ta beauté est mienne (m'ensorcelle),
    Et pourquoi, moi chrĂ©tien, je te chante, ĂŽ grande paĂŻenne !.
    Pour le texte intĂ©gral : La Venus d'Arle in Li Fiho d'Avignoun
  94. ↑ Par exemple, s'adressant Ă  la VĂ©nus d'Arles : « Montre-nous tes bras nus, tes seins nus, tes flanc nus, montre-toi toute nue, ĂŽ divine VĂ©nus ! Ta beautĂ© t'habille mieux que ta robe blanche. Laisse, Ă  tes pied, tomber la robe qui autour de tes hanches s'enroule pour cacher ce que tu as de plus beau ! Â»
  95. ↑ Soumission Ă  la VĂ©nus d'Arles, poĂšme (9 pages), Mercure de France. N° 547, 1er avril 1921
  96. ↑ Traduction en français :
    Un essaim de jeunes filles tournoyait
    Et se tordait en danses ardentes
    Autour d'une statue de marbre qu'on appelait VĂ©nus
    Et elles rĂ©pĂ©taient en chƓur de leurs voix stridentes :
    Chantons Vénus, la grande déesse
    De qui vient tout le bonheur
    Chantons VĂ©nus la souveraine
    La MĂšre de la terre et du peuple d'Arles
  97. ↑ Ch. de Martrin-Donos, Les lis d’Entrevannes in LĂ©gendes et comptes de Provence, 1896
  98. ↑ Le Comte de Monte-Christo, vol. I (1845).
  99. ↑ MĂ©moires d'un touriste III, "Marseille/la Vie du jeune homme Ă  Marseille", Michel Levy frĂȘres,1854, pp. 329/330. Voir Ă©galement une Ă©vocation dans le mĂȘme ouvrage, "Nimes/La VĂ©nus d'Arles, Ă©ditions Le divan, 1929, p. 255
  100. ↑ Lettres de madame de SĂ©vignĂ©, de sa famille et de ses amis, tome IV, p. 439, 1862
  101. ↑ A. Hugo, France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des dĂ©partements et colonies de la France, Delloye Ă©diteur, Paris, 1835, p. 209
  102. ↑ Voyage en France, Éditions Mame, Tours 1862, p. 443
  103. ↑ En flñnant à travers la France; Provence, Perrin, 1912
  104. ↑ Augustin Fabre, Histoire de la Provence, tome I, Feissat ainĂ© et Demonchy, Marseille, 1833, p. 176
  105. ↑ CommuniquĂ© des nationalistes occitans
  106. ↑ RĂ©clamations des nationalistes occitans auprĂšs des autoritĂ©s politiques et du musĂ©e du Louvre. Des revendication qui expliquent peut ĂȘtre l'absence de la VĂ©nus lors d'une exposition du Louvre Ă  Arles dĂ©but 2009 (supra)
  107. ↑ Lettre de F. Mistral du 22 janvier 1886 Ă  l'abbĂ© A.-J. Range, pour son ouvrage "L'AcadĂ©mie d'Arles au XVII° siĂšcle" : « les consuls arlĂ©siens .../... portĂšrent au roi leur admirable VĂ©nus pour recevoir en Ă©change une croix de Saint-Louis. La VĂ©nus d'Arles est aujourd'hui au Louvre, et le plĂątre est Ă  Arles; c'est bien gagnĂ© Â» Cf. Lettre de M. FrĂ©dĂ©ric Mistral Ă  l'auteur. Avant lui, Ă©voquant divers antiques, dont la VĂ©nus d'Arles, H. Clair, membre de la commission archĂ©ologique d'Arles, s'interroge : « ne seraient-ils pas plus convenablement placĂ©s dans une collection Ă  laquelle ils appartiennent de droit, et dans laquelle leur absence laisse un vide qui porte plus de prĂ©judice Ă  notre histoire monumentale, que leur prĂ©sence Ă  Paris ne donne de relief Ă  la riche et nombreuse collection du MusĂ©e Royale ? Â». H. Clair, Les monumens d'Arles, antique et moderne, D. Garcin imprimeur, 1837, p. 241
  108. ↑ Les "Insinuations" du musĂ©e des Moulages de l'UniversitĂ© LumiĂšre Lyon 2
  109. ↑ Selon le site geowi.skynetblogs.be
  110. ↑ A voir sur le site de l'AcadĂ©mie d'Aix-marseille
  111. ↑ Selon le "Guide du visiteur du Salon de l'Art de Vivre en Provence" : « Louis XIV est venus Ă  Arles... Alors pourquoi pas vous ? Â», p. 9.
  112. ↑ A voir sur le site de la MĂ©diathĂšque de l'architecture et du patrimoine
  113. ↑ Cette gravure, ainsi qu'une autre planche, se trouve aussi dans un ouvrage du XVII° siùcle de Joseph Seguin, Les Antiquitez d’Arles. Cf. Bibliographie (infra)
  114. ↑ L'Ɠuvre fut vendu sur eBay en mars 2009 [27]
  115. ↑ A voir sur le site de la Ville d'Arles
  116. ↑ La prĂ©sence de ce buste, en calcaire du pays, don de M. Adolphe Pieyre, est signalĂ©e par exemple dans les ouvrages de FĂ©lix Mazauric, Catalogue de la Maison carrĂ©e in Le musĂ©e de la Maison CarrĂ©e, en 1911 et de Emile EspĂ©randieu, La Maison carrĂ© Ă  Nime en 1929. Depuis 2006, les Ɠuvres sont toutefois relĂ©guĂ©es dans un sous-sol inaccessible dans l'attente de la construction d'un autre musĂ©e
  117. ↑ L'Ɠuvre fut vendue en fĂ©vrier 2008 par un cabinet d'expertise en antiquitĂ©s Photos sur le site Expertissim
  118. ↑ Printemps des musĂ©es-Arles

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