BAUTZEN 1813

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BAUTZEN 1813

Bataille de Bautzen

Bataille de Bautzen
Battle of Bautzen 1813 by Bellange.jpg
Informations générales
Date 20-21 mai 1813
Lieu Bautzen
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flagge Königreich WĂŒrttemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Flag of the Regno Italico 1805.png Royaume d'Italie
Flagge Großherzogtum Baden (1871-1891).svg Grand-duchĂ© de Bade
Drapeau du Land de Hesse Hesse
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse
Flag of Russia.svg Empire russe
Commandants
Napoléon Ier Pierre Wittgenstein
Forces en présence
180 000 hommes 100 000 hommes
Pertes
20 000 morts ou blessĂ©s 20 000 morts ou blessĂ©s
SixiĂšme coalition
Batailles
Campagne de Russie (1812)

Moguilev â€”Ostrovno â€” Klyastitsy â€” Smolensk â€” 1re Polotsk â€” Valutino â€” Moskova â€” Moscou â€” Winkowo â€” Maloyaroslavets â€” 2e Polotsk â€” Czaƛniki â€” Viazma â€” Smoliani â€” Krasnoi â€” BĂ©rĂ©zina


Campagne d'Allemagne (1813)
LĂŒtzen â€” Bautzen â€” Gross Beeren â€” Katzbach â€” Dresde â€” Kulm â€” Dennewitz â€” Leipzig â€” Hanau â€” Sehested


Campagne de France (1814)
Brienne â€” La RothiĂšre â€” Champaubert â€” Montmirail â€” ChĂąteau-Thierry â€” Vauchamps â€” Mormant â€” Montereau â€” Bar-sur-Aube â€” Craonne â€” Laon â€” Reims â€” Arcis-sur-Aube â€” La FĂšre-Champenoise â€” Paris

La bataille de Bautzen (appelĂ©e bataille de Wurschen sur l’arc de triomphe de l'Étoile) est une victoire française des troupes de NapolĂ©on Ier remportĂ©e les 20 et 21 mai 1813 sur les troupes russo-prussiennes commandĂ©es par le marĂ©chal Wittgenstein. MalgrĂ© les effectifs trĂšs supĂ©rieurs de l’armĂ©e française et les mauvaises dĂ©cisions de l’adversaire, NapolĂ©on ne peut remporter qu’une victoire incomplĂšte, alors qu’il Ă©tait en mesure de remporter une victoire dĂ©cisive, principalement Ă  cause du marĂ©chal Ney. Elle a lieu dans le cadre de la guerre de la sixiĂšme coalition.

Sommaire

Campagne précédant la bataille

AprĂšs la dĂ©sastreuse retraite de Russie, les coalisĂ©s reprennent les armes contre la France. Le 2 mai, les armĂ©es prussiennes et russes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© battues Ă  LĂŒtzen, mais les fortes pertes en cavalerie de la retraite de Russie ont empĂȘchĂ© NapolĂ©on d’en faire un succĂšs complet, la poursuite n’ayant pu avoir lieu.

Le gĂ©nĂ©ral Wittgenstein commence par faire retraite sur la rive droite de l’Elbe ; aprĂšs quelques tergiversations des Prussiens qui veulent couvrir Berlin, l’armĂ©e prussienne se regroupe finalement avec les Russes (sous l’impulsion de FrĂ©dĂ©ric-Guillaume) Ă  Bautzen du 10 au 13 mai, sous la protection de l’arriĂšre-garde de Miloradowitch, qui retient le marĂ©chal Macdonald (les Russes sont dĂ©logĂ©s de leur position au combat de Godan, le 15 mai). Ils y sont rejoints le 16 mai par Barclay de Tolly. L’armĂ©e coalisĂ©e s’y fortifie, pour y donner bataille en forte position, tout en Ă©tant Ă  proximitĂ© de l’Autriche, dont on attend l’entrĂ©e en guerre, et Ă  mĂȘme de recevoir des renforts russes.

De son cĂŽtĂ©, NapolĂ©on remet ses troupes en Ă©tat jusqu’au 10 mai, en Ă©tablissant des dĂ©pĂŽts, notamment Ă  Dresde, en faisant construire plusieurs ponts sur l’Elbe. Manquant de cavalerie, il a peu de renseignements.

À partir du 11, il passe sur la rive droite de l’Elbe. Ney avec une armĂ©e avec les 2e, 3e, 5e, 7e corps d’infanterie et le 2e corps de cavalerie (soit 85 000 hommes) marche au Nord, pour faire croire Ă  une attaque sur Berlin ; l’armĂ©e principale, dirigĂ©e par NapolĂ©on, rassemble les 4e, 6e, 11e et 12e d’infanterie, la Garde impĂ©riale et le 1er corps de cavalerie (120 000 hommes), et suit l’armĂ©e russo-prussienne. AprĂšs le combat d’arriĂšre-garde du 15 mai (Macdonald et Miloradowitch), NapolĂ©on comprend que l’ennemi accepte la bataille, et donne des ordres pour rassembler le maximum de troupes Ă  Bautzen. Il fait parquer les attelages (gĂ©nie, artillerie) et Ă©tablir des hĂŽpitaux sur la rive gauche de l’Elbe le 18, pendant que ses corps arrivent les uns aprĂšs les autres Ă  Bautzen.

Le 19 mai, les CoalisĂ©s sont solidement Ă©tablis sur la rive droite de la SprĂ©e, de part et d’autre de Bautzen. Wittgenstein envoie Barclay de Tolly avec le duc d’York (22 000 hommes au total) pour dĂ©truire le 5e corps français. Ce corps part Ă  minuit, et rencontre dans l’aprĂšs-midi, Ă  Koenigswartha, la division italienne (commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Peyri), complĂštement surprise. Le gĂ©nĂ©ral Peyri et les trois brigadiers sont tuĂ©s. L’arrivĂ©e du 3e (gĂ©nĂ©ral Lauriston) et du 5e corps (division Maison du corps de Ney) qui affronte les Prussiens Ă  Wartha, empĂȘche la destruction totale de la division italienne, qui perd 3 000 hommes (tuĂ©s, blessĂ©s, prisonniers). Ces combats durent jusqu'Ă  onze heures et minuit. Sur leurs 12 000 soldats engagĂ©s, les coalisĂ©s perdent 3 500 hommes ; les Français perdent 5 000 hommes sur les 15 000 engagĂ©s (dont 2 000 du 5e corps).

La bataille

Positions et plan de Wittgenstein

L’armĂ©e coalisĂ©e est disposĂ©e du sud au nord sur la rive droite de la SprĂ©e. Le gĂ©nĂ©ral russe a fait fortifier les collines autour de Bautzen : le but est de tenir lĂ  oĂč NapolĂ©on attaquera, et de contre-attaquer lĂ  oĂč la pression sera moins forte avec les rĂ©serves de la Garde russe.

Le corps de Miloradowitch tient la premiĂšre ligne, de part et d’autre de Bautzen, avec sous ses ordres 25 000 hommes et les gĂ©nĂ©raux Saint-Priest, Kleist et prince EugĂšne de Wurtemberg.

La position principale, soutenue par des retranchements et des redoutes, en arriĂšre de Bautzen, est dĂ©fendue par 40 000 hommes (dont 9 000 d’York, encore en chemin revenant du combat de Wartha). Les chefs de corps sont Kleist, BlĂŒcher, le duc d’York. L’aile droite (9 000 hommes) est placĂ©e sur un terrain plat, entre la SprĂ©e et une petite riviĂšre, sans point d’appui, et commandĂ©e par Barclay de Tolly. La rĂ©serve est constituĂ©e de la Garde impĂ©riale russe.

Au total, le front est de 15 km. Bien que fortement dĂ©fendue au centre et Ă  droite (sauf Ă  l’extrĂȘme droite), la ligne coalisĂ©e, trop longue et coupĂ©e de marais et d’étangs, est difficile Ă  tenir face Ă  des effectifs doubles. Wittgenstein compte donc attaquer dĂšs qu’il le pourra. Les communications sont gĂȘnĂ©es en arriĂšre ; son extrĂȘme droite, sans point d’appui, est son point faible.

Premier jour

NapolĂ©on dĂ©cide de commencer la bataille le 20 mai : Ney, qui doit attaquer la droite de l’adversaire, arrive en position (voir combats de la veille). Cela lui permet d’entamer les forces de l’ennemi dans la journĂ©e, avant de le tourner le lendemain et d’avoir l’aprĂšs-midi pour poursuivre l’ennemi.

Son aile droite (12e corps du marĂ©chal Oudinot) attaque donc Ă  midi ; le 11e mĂšne l’assaut sur Bautzen, sans rĂ©ussir ; le 6e corps de Marmont passe la SprĂ©e, protĂ©gĂ© par le feu de 60 piĂšces, et refoule le prince EugĂšne de Wurtemberg (vers 16 heures). Sa division Compans pĂ©nĂštre alors Ă  revers dans Bautzen, Ă©vacuĂ© en catastrophe par les Russes. Le 11e corps peut alors avancer.

Plus au nord, le 4e corps de Soult est retenu toute la journĂ©e par Kleist, soutenu par BlĂŒcher. Seul le 23e de ligne, de la brigade Morand, parvient Ă  s’établir avec de l’artillerie sur la rive droite de la SprĂ©e. Mais l’avancĂ©e du 6e corps (et la prise de Burck par la division Bonnet), oblige Kleist Ă  faire retraite, et permet au 4e corps de franchir la SprĂ©e.

À la tombĂ©e de la nuit (19 heures, l’heure d’étĂ© n’existant alors pas, soit environ 21 heures en 2006), le 12e corps occupe les points d’appui de l’extrĂȘme-gauche coalisĂ©e. L’état-major russe, dont le prince Alexandre, pensant que le danger principal vient de lĂ , fait envoyer par Wittgenstein (Ă  contrecƓur), 3 500 hommes de la rĂ©serve. Avec ce renfort, Miloradowitch repousse Oudinot, les combats durant jusqu’à 22 heures (minuit moderne).

Au nord, l’armĂ©e de Ney a progressĂ©, la division Souham ayant chassĂ© un dĂ©tachement russe du bourg de Klix.

Au soir du 20, Miloradowitch occupe l’aile gauche fortifiĂ©e ; York et Blucher le centre et la droite, avec Kleist passĂ© en rĂ©serve ; et Barclay, l’extrĂȘme-droite.

DeuxiĂšme jour

Le plan de NapolĂ©on est alors :

  • de faire Ă  attaquer Ă  droite les 12e et 11e corps, afin de distraire l’ennemi (et d’y faire envoyer des renforts)
  • de faire dĂ©boucher l’armĂ©e de Ney au Nord, qui prend Ă  revers l’aile droite de Wittgenstein (commandĂ©e par Blucher)
  • le centre (partie du 11e corps, les 6e et 4e corps, la cavalerie de La Tour-Maubourg, la Garde) attend face aux positions ennemies, trop puissamment dĂ©fendues pour ĂȘtre emportĂ©es d’assaut sans de fortes pertes (NapolĂ©on a sĂ»rement en mĂ©moire les batailles de Lutzen ou de La Moskowa), puis donnera l’attaque principale lorsque l’ennemi se verra tournĂ©.

NapolĂ©on voit tout le champ de bataille, sauf la partie Nord, oĂč opĂšre Ney, dont il est sĂ©parĂ© par une heure et demi Ă  cheval. Le point dĂ©terminant du plan, le dĂ©bordement inattendu par l’aile droite de l’ennemi, repose entiĂšrement sur Ney livrĂ© Ă  lui-mĂȘme.

La journĂ©e commence selon ce plan : Ney dĂ©boule au nord, tandis qu’Oudinot attaque au sud, pas trop fermement. En consĂ©quence, le tsar Alexandre Ier envoie 4 500 hommes de sa Garde en renfort, ne gardant que 11 000 hommes en rĂ©serve, dont moins de 6 000 fantassins, dĂšs le dĂ©but de la bataille. Miloradowitch repousse Oudinot, qui garde en rĂ©serve la division bavaroise. Les divisions Fressinet et GĂ©rard, du 11e corps, l’appuient, et limitent le recul.

Au nord, la division Maison est engagĂ©e assez tĂŽt Ă  Klix (traversĂ©e par la division Souham du 3e corps la veille), mais le gĂ©nĂ©ral Lauriston ne l’appuie pas. Le 3e corps, commandĂ© par Ney, arrive alors en soutien (divisions Souham et Delmas), et repousse Barclay, qui demande du renfort, sans en obtenir. Il est alors dĂ©fait par l’avancĂ©e des 3e et 5e corps. Alors que le plan prĂ©voyait l’occupation de Preititz Ă  11 h, dĂšs 10 h la division Souham l’occupe. Le reste des corps Lauriston et Ney avance plus prudemment, ce qui oblige Souham Ă  reculer devant Kleist, envoyĂ© en renfort par BlĂ»cher.

Le centre français attaque Ă  ce moment (midi). Il progresse grĂące aux positions en hauteur acquises la veille, puis vers 14 heures, il lance l’attaque Ă  fond. Ney comprend qu’il est couvert, et qu’il peut attaquer. Mais il le fait faiblement. La retraite de Blucher, faite avant 15 heures, peut se dĂ©rouler en bon ordre. En effet, Ney appuie sur sa droite, et son 3e corps suivi du 5e se prĂ©cipitent sur les positions libĂ©rĂ©es par Blucher, et sĂšment le dĂ©sordre dans le 4e corps de Soult.

L’aile gauche coalisĂ©e commence Ă  faire retraite vers 15 ou 16 heures, faiblement poursuivie par Oudinot, dont les forces combattent durement depuis deux jours. Vers 17 heures, Ney attaque enfin dans le bon sens avec les 3e, 5e et 7e corps, mais les Russes et les Prussiens avaient dĂ©jĂ  entamĂ© leur retraite, et ne sont donc pas dĂ©bordĂ©s, et la cavalerie de La Tour-Maubourg ne peut jeter le dĂ©sordre dans les carrĂ©s coalisĂ©s en ordre parfait.

Sur ces deux jours, les coalisĂ©s perdent environ 17 000 hommes, contre 15 000 aux Français. Avec les engagements du 19, les pertes sont Ă©quilibrĂ©es Ă  20 000 hommes de part et d’autre.

Wittgenstein opĂšre une bonne manƓuvre Ă  Bautzen, en dĂ©tournant Ney de Berlin, tout en prenant du repos quelques jours dans une position forte. Il commet une faute lourde en livrant bataille, son front Ă©tant trop allongĂ©, sa supĂ©rioritĂ© en cavalerie lui aurait permis de faire Ă  nouveau une retraite en toute sĂ©curitĂ©, en attendant des renforts.

La destruction de l’armĂ©e coalisĂ©e est Ă©vitĂ©e par une nĂ©gligence de l’Empereur, qui ne rappelle pas immĂ©diatement dans les manƓuvres prĂ©cĂ©dant la bataille la totalitĂ© de l’armĂ©e de Ney. Le 7e corps de Reynier (9000 hommes) n’arrive ainsi Ă  Bautzen que le 21 Ă  14 heures, et le 2e corps de Victor (13 000 hommes) et la cavalerie de SĂ©bastiani n’arrivent que le 22, soit 20 000 hommes qui manquent Ă  l’armĂ©e française. Évidemment, la manƓuvre aurait rĂ©ussi si Ney avait appuyĂ© son avancĂ©e dans la bonne direction et Ă  temps. Mais les ordres de NapolĂ©on et de Berthier ont Ă©tĂ© trop laconiques pour le marĂ©chal, qui bien qu’excellent meneur d’hommes n’était pas un grand stratĂšge.

Enfin, seuls 80 000 des 180 000 soldats français prĂ©sents sur le champ de bataille combattent rĂ©ellement, une partie de ceux de Ney comme le centre français n’étant jamais au contact. Pour le centre français, on peut l’expliquer par le fait que NapolĂ©on voulait au contraire faire quitter aux Russes leur forte position pour limiter ses propres pertes. Ney, ayant marchĂ© trop lentement, et attaquĂ© de façon brouillonne, arrive au complet sur le champ de bataille mais trop tard.

Poursuite

Elle est incomplĂšte pour deux raisons :

  • elle commence le lendemain (si on excepte les combats de nuit entre postes des deux camps, restĂ©s mĂȘlĂ©s aprĂšs la bataille)
  • depuis la campagne de Russie, la France manque de cavalerie.

Le 23 mai, a lieu la bataille de Reichenbach : elle oppose le 7e corps de Reynier, la Garde impĂ©riale française et le corps de cavalerie de Latour-Maubourg au corps du prince EugĂšne de Wurtemberg. C’est une faible victoire française, marquĂ©e par la mort Ă  l’état-major des gĂ©nĂ©raux Duroc et Kirgener du Planta, chef d’état-major du gĂ©nie de la Garde, tuĂ©s par un boulet perdu Ă  quelques mĂštres de l’Empereur. Quelques minutes avant, le gĂ©nĂ©ral BruyĂšres avait eu les deux jambes emportĂ©es par un boulet.

Le 25 mai, Wittgenstein est relevĂ© de son commandement et placĂ© Ă  la tĂȘte d’un corps d’infanterie. Il est remplacĂ© par Barclay.

Le 26 mai, la division Maison est battue par la cavalerie du général Ziethen dans une embuscade à Haynau.

Armistice

Un armistice est conclu le 2 juin pour sept semaines.

Voir aussi

Source

Cet article est rĂ©digĂ© d’aprĂšs le livre du commandant Lanrezac, La ManƓuvre de Lutzen, publiĂ© en 1898. [1]

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