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Université

Une universitĂ© est un Ă©tablissement d'enseignement supĂ©rieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (Ă©tudes supĂ©rieures). Aux États-Unis, au moment oĂč les universitĂ©s de ce pays commençaient leur ascension qui devait les mener au niveau qu'elles ont actuellement, Peirce[1], un philosophe amĂ©ricain a dĂ©fini en 1891 l'universitĂ© comme « une association d’hommes [
] dotĂ©e et privilĂ©giĂ©e par l’État, en sorte que le peuple puisse recevoir une formation (guidance) intellectuelle et que les problĂšmes thĂ©oriques qui surgissent au cours du dĂ©veloppement de la civilisation puissent ĂȘtre rĂ©solus Â».

L'entrée à l'université est généralement restreinte à ceux qui ont préalablement un diplÎme d'enseignement secondaire. Le nombre d'étudiants dans les universités du monde est monté en flÚche pendant tout le vingtiÚme siÚcle, spécialement depuis la seconde guerre mondiale. De nos jours un bon fonctionnement des universités et plus généralement de l'enseignement supérieur est considéré comme un atout économique. Aussi, les grands pays européens, pour soutenir la compétition internationale, se sont-ils lancés depuis une dizaine d'année dans un mouvement de réflexion et de réforme de leurs universités[2].

Sommaire

Quelques dates

Europe de l'Ouest

-367 : L'AcadĂ©mie est fondĂ©e par Platon Ă  AthĂšnes. D'autres grandes institutions de la GrĂšce antique se trouvent dans les villes de Kos, Rhodes ainsi que dans le musaeum et la bibliothĂšque d'Alexandrie.

Avant 803, Alcuin dirige l'Académie palatine et organise un enseignement basé sur les arts libéraux.

859 : Fondation de la premiĂšre universitĂ© mĂ©diĂ©vale en Europe, l'universitĂ© de Constantinople, par le rĂ©gent Bardas.

1088 : Fondation de l'universitĂ© de Bologne, la plus ancienne universitĂ© du monde occidental, qui n'Ă©tait limitĂ©e qu'au droit. Elle a pris le nom d'Alma mater studiorum par un dĂ©cret de 2000.

1150 : Fondation de l'universitĂ© de Paris comme communautĂ© de tous (universitas) les collĂšges, graduĂ©s et Ă©coliers de la rive gauche.

1167 (cca.) : Les Ă©tudiants anglais sont expulsĂ©s de l'universitĂ© de Paris, l'universitĂ© d'Oxford est fondĂ©e sur le modĂšle de fonctionnement en vigueur Ă  Paris.

1180 : Fondation de la premiĂšre universitĂ© espagnole Ă  PALENCIA (studium generale)

XIIIe siĂšcle : DĂ©veloppement des premiĂšres universitĂ©s, Ă©cole scolastique ; Albert le Grand introduit la philosophie et la science grecques (Aristote, Euclide) et arabes dans les universitĂ©s europĂ©ennes.

1209 : Fondation de l'universitĂ© de Cambridge.

1215 : Les statuts de l'universitĂ© de Paris sont promulguĂ©s par Robert de Courçon.

1218 : Fondation de l'universitĂ© de Salamanque par Alphonse IX de Leon.

1220 : Le cardinal Conrad d'Urach, lĂ©gat du pape Honorius III, crĂ©e l'Ă©cole de MĂ©decine de Montpellier (France), la plus ancienne facultĂ© de mĂ©decine en activitĂ© au monde.

1222 : Un groupe de professeurs et Ă©tudiants ressortissants de l'universitĂ© de Bologne fonde l'universitĂ© de Padoue

1229 : Fondation de l’universitĂ© de Toulouse sur le modĂšle de celle de Paris.

1235 : Fondation de la facultĂ© de droit de l'universitĂ© d'OrlĂ©ans.

1257 : Fondation de la Sorbonne Ă  Paris par Robert de Sorbon. CollĂšge qui deviendra une communautĂ© de docteurs en thĂ©ologie.

1290 : Fondation de l'universitĂ© de Coimbra (Portugal).

1303 : Fondation de l'universitĂ© d'Avignon.

1331 : Fondation de l’universitĂ© de Cahors.

1339 : Fondation de l'universitĂ© de Grenoble par le pape BenoĂźt XII.

1343 : Fondation de l’universitĂ© de Pise.

1348 : L'empereur Charles IV fonde l'universitĂ© Charles de Prague.

1364 : fondation de l’Universitas Andegavensis Ă  Angers

1364 : Casimir le Grand fonde l'UniversitĂ© jagellonne de Cracovie (Pologne)

1386 : Fondation de l'universitĂ© d'Heidelberg.

1409 : Fondation de l'universitĂ© de Leipzig.

1409 : Fondation de l'universitĂ© d'Aix en Provence

1425 : Fondation de l'universitĂ© de Louvain par une bulle pontificale du pape Martin V.

1431 : Fondation de l'universitĂ© de Poitiers par le pape EugĂšne IV et confirmĂ©e par lettres patentes par Charles VII de France.

1432 : Fondation de l'universitĂ© de Caen par Henri VI d'Angleterre. Elle a Ă©tĂ© refondĂ©e en 1452 par Charles VII de France.

1434 : Fondation de l'universitĂ© de Catane par Alphonse V d'Aragon.

1441 : Fondation de l'universitĂ© de Bordeaux par une bulle pontificale du pape EugĂšne IV.

1460 : Fondation de l'UniversitĂ© de Nantes par une bulle pontificale du pape Pie II

1477 : Fondation de l'universitĂ© d'Uppsala en SuĂšde, la plus vieille et la plus renommĂ©e de Scandinavie.

1502 : Fondation de l'universitĂ© de Wittenberg, oĂč Ă©tudie puis enseigne Martin Luther avant de dĂ©clencher la rĂ©forme protestante.

1537 : Fondation de l'UniversitĂ© de Lausanne en Suisse.

1538 : Fondation de l'universitĂ© de Strasbourg

1548 : Fondation de l'universitĂ© de Reims

1559 : Fondation de l'universitĂ© d'Évora (Portugal)

1562 : Fondation de l'universitĂ© de Douai

1572 : Fondation de l'UniversitĂ© de Nancy

1579 : Fondation de l'universitĂ© de Vilnius en Lituanie

1559 : Fondation de l'universitĂ© de GenĂšve en Suisse

1614 : Fondation de l'universitĂ© de Groningue

1666 : Fondation de l'universitĂ© de Lund en SuĂšde.

1735 : Fondation de l'universitĂ© de Rennes par transfert de la facultĂ© de droit de l'universitĂ© de Nantes

1809 : Fondation de l'universitĂ© Humboldt de Berlin, Ă  l'initiative du rĂ©formateur libĂ©ral de l'Ă©ducation, et linguiste, Wilhelm von Humboldt.

1834 : Fondation de l'UniversitĂ© libre de Bruxelles en Belgique.

1875 : fondation des universitĂ©s catholiques Ă  Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse.

Amériques

Dunster House, Harvard (États-Unis Ă‰tats-Unis)

N.B. : Liste non exhaustive

1538 : Fondation de l'UniversitĂ© autonome de Santo Domingo (RĂ©publique dominicaine RĂ©publique dominicaine)

1551 : Fondation de l'UniversitĂ© nationale de San Marcos (PĂ©rou PĂ©rou)

1552 : Fondation de l'UniversitĂ© nationale autonome du Mexique (Mexique Mexique)

1604 : Fondation de l'UniversitĂ© pontificale Javeriana (Colombie Colombie)

1613 : Fondation de l'universitĂ© de Cordoba (Argentine Argentine)

1636 : Fondation de Harvard (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1663 : Fondation de l'universitĂ© Laval (Canada Canada, QuĂ©bec QuĂ©bec)

1693 : Fondation du College of William and Mary (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1701 : Fondation de l'universitĂ© Yale (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1746 : Fondation de l'universitĂ© Princeton (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1751 : Fondation de l'universitĂ© de Pennsylvanie (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1754 : Fondation de l'universitĂ© Columbia (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1764 : Fondation de l'universitĂ© Brown (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1769 : Fondation du Dartmouth College (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1791 : Fondation de l'Universidad de Guadalajara (Mexique Mexique)

1819 : Fondation de l'universitĂ© de Virginie par Thomas Jefferson (États-Unis Ă‰tats-Unis)

1821 : Fondation de l'universitĂ© McGill (Canada Canada, QuĂ©bec QuĂ©bec)

1821 : Fondation de l'universitĂ© de Buenos Aires (Argentine Argentine)

1827 : Fondation de l'universitĂ© de Toronto (Canada Canada)

1848 : Fondation de l'universitĂ© d'Ottawa par la Oblats (Ontartio, Canada)

1867 : Fondation de l'universitĂ© nationale de la Colombie (Colombie Colombie)

1873 : Fondation de l'École Polytechnique de MontrĂ©al (Canada Canada, QuĂ©bec QuĂ©bec) qui est actuellement un dĂ©partement ou plus exactement une Ă©cole affiliĂ©e Ă  l'UniversitĂ© de MontrĂ©al (Canada Canada, QuĂ©bec QuĂ©bec) fondĂ©e en 1878

1963 : Fondation de l'universitĂ© de Moncton (Canada Canada)

Afrique du Nord et Moyen-Orient

271 : La fondation de l'acadĂ©mie de Gundishapur marque la prise du flambeau par l'empire perse.

737 : Fondation de l'universitĂ© de la Zitouna Ă  Tunis, premiĂšre universitĂ© dans le monde musulman.

832 : Le calife Abbaside Haroun ar-Rachid fonde les maisons de la sagesse.

859 : Fondation de l'universitĂ© Quaraouiyine Ă  FĂšs, Maroc, premiĂšre universitĂ© dans le monde arabe et islamique.

970 : Fondation de l'universitĂ© al-Azhar au Caire. Cette Ă©poque correspond Ă  l'essor des sciences et techniques islamiques.

1974 : Fondation de l'UniversitĂ© des sciences et de la technologie Houari-Boumediene Ă  Alger.

Orient

-2257 Ă  -2208 : Pendant la pĂ©riode Yu, les premiĂšres institutions sont fondĂ©es en Chine.

258 : Fondation de l'universitĂ© de Nankin, une des institutions d'enseignement supĂ©rieur les plus vieilles du monde.

1895 : Fondation de l'universitĂ© Peiyang (universitĂ© de Tianjin) Ă  Tianjin, la premiĂšre universitĂ© chinoise moderne.

Structures et statut des universités

Classe à l'université vers 1350s.

Le mot universitĂ© vient du latin Universitas magistrorum et scholarium qui dĂ©signe Ă  l'origine la corporation des enseignants et des Ă©tudiants d'une mĂȘme ville. Les universitĂ©s sont aujourd'hui divisĂ©es en dĂ©partements acadĂ©miques, Ă©coles ou facultĂ©s (appelĂ©s en France de nos jours UnitĂ©s de Formation et de Recherche). Aux États-Unis certains Ă©tablissements qui seraient classĂ©s, en France, sous l’appellation Grande Ă©cole sont intĂ©grĂ©s Ă  des universitĂ©s. Par exemple une Ă©cole de commerce telle que la Harvard Business School est un dĂ©partement de l’universitĂ© d’Harvard. Cela amĂšne Jacques Mistral [3] Ă  voir Harvard comme une fĂ©dĂ©ration de grandes Ă©coles (Harvard Law School, John F Kennedy School of Government, Harvard Medical School, Harvard School of Public Health, Graduate School of Design etc.). Une universitĂ© peut ĂȘtre :

  • soit publique, autrement dit contrĂŽlĂ©e et financĂ©e par une collectivitĂ© publique, systĂšme largement pratiquĂ© en France par exemple oĂč l'enseignement supĂ©rieur reste essentiellement du domaine de l'État, celui-ci leur confĂ©rant une certaine autonomie. Paradoxalement l'État en France ne confie pas la formation de son personnel aux universitĂ©s mais depuis le milieu du XVIIIe siĂšcle aux grandes Ă©coles administratives.
  • soit privĂ©e. Ce fut sous cette forme que furent crĂ©Ă©es les premiĂšres universitĂ©s. Le systĂšme reste trĂšs rĂ©pandu dans certains pays, notamment aux États-Unis d'AmĂ©rique. Dans ce pays, de nombreuses universitĂ©s appartiennent Ă  des fondations, des associations ou des congrĂ©gations - on dit qu'elles sont "non profit" en ce sens que si elles ne sont pas la possession d'une collectivitĂ© locale ou d'un État, leur but n'est pourtant pas de faire du profit. Il peut aussi exister des universitĂ©s cherchant Ă  dĂ©gager des bĂ©nĂ©fices.

Universités et croissance économique

Les universitĂ©s, et plus globalement l’ensemble des Ă©tablissements d'enseignement supĂ©rieur, sont de nos jours considĂ©rĂ©es par les Ă©conomistes comme pouvant ĂȘtre des vecteurs de croissance Ă©conomique (thĂ©orie de la croissance endogĂšne). Des Ă©tudes rĂ©centes [rĂ©f. nĂ©cessaire] ont insistĂ©, d'une part sur le fait que selon que le pays Ă©tait proche ou loin de la « frontiĂšre technologique Â», les caractĂ©ristiques du systĂšme d'enseignement supĂ©rieur devaient Ă©voluer et d'autre part, sur l'importance des relations entre les universitĂ©s et leur environnement gĂ©ographique (notion de pĂŽle de compĂ©titivitĂ©).

Approche de la frontiÚre technologique et évolution des universités

Article dĂ©taillĂ© : FrontiĂšre technologique.

D’une Ă©tude de 2004, intitulĂ©e « Education et croissance Ă©conomique Â», de Philippe Aghion et Elie Cohen il ressort que selon que le pays est loin ou proche de la « frontiĂšre technologique Â» c’est-Ă -dire, de nos jours, du niveau technologique des États-Unis, les exigences en matiĂšre de systĂšme Ă©ducatif varient. Dans le premier cas, le pays est en phase de rattrapage, comme l’a Ă©tĂ© la France aprĂšs la Seconde Guerre mondiale. Ce qui compte alors c’est d'abord l’enseignement secondaire. Au contraire dĂšs que l’on approche de la frontiĂšre technologique, l'enseignement supĂ©rieur, notamment les universitĂ©s, devient beaucoup plus important. En effet, alors le pays n'est plus dans l'imitation mais dans la crĂ©ation, dans l'invention des produits et des services de demain. D'oĂč l'intĂ©rĂȘt pour les pays, tel que la France, qui se rapprochent de la frontiĂšre technologique d'avoir des universitĂ©s de rang mondial davantage orientĂ©es vers la recherche et la crĂ©ativitĂ©. Cela passe aussi parfois par des changements organisationnels destinĂ©s Ă  rendre les universitĂ©s plus rĂ©actives et plus proche des acteurs Ă©conomiques. De nos jours le dĂ©veloppement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) renforce ce trait.

Universités et pÎle de compétence

Articles dĂ©taillĂ©s : Cluster (Ă©conomie) et PĂŽle de compĂ©tence.
Silicon Valley (Vallée du silicium)

Pour Christian Blanc[4] « l’économie repose sur l’échange de deux types de savoir : d’une part le savoir formalisĂ©, codifiĂ©, Ă©crit, c'est-Ă -dire l’information et d’autre part le savoir tacite, qui permet d’utiliser l’information, d’en juger la qualitĂ© de l’appliquer Ă  un problĂšme concret, ou connaissance. La connaissance est nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation Â». Or si l’information circule mondialement, la connaissance comme dĂ©finie plus haut reste plus localisĂ©e. C’est l’idĂ©e qu’il y a derriĂšre le terme amĂ©ricain de « cluster Â» que Michael Porter[5] a dĂ©fini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un mĂȘme domaine de compĂ©tence, proches gĂ©ographiquement, reliĂ©es entre elles et complĂ©mentaires Â». Parmi les exemples cĂ©lĂšbres de Cluster, il est possible de citer la Silicon Valley autour de l’universitĂ© Stanford. Les universitĂ©s jouent dans le cas des « clusters Â» appelĂ©s en France pĂŽle de compĂ©titivitĂ© un rĂŽle clĂ© car c’est sur elles que repose en trĂšs grande partie les capacitĂ©s d’innovation. Pour Blanc [6] pour qu’un pĂŽle de compĂ©titivitĂ© soit efficace, il faut que les leviers de la compĂ©titivitĂ© soient entre les mains des autoritĂ©s qui gĂšrent les pĂ©rimĂštres locaux, comme c’est le cas en Catalogne espagnole par exemple et que les universitĂ©s aient elles-mĂȘmes une autonomie forte qui les rendent capables d’« assumer des responsabilitĂ©s importantes Â» [7]. Aussi, aujourd’hui dans les pays dĂ©veloppĂ©s (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Espagne, 
), comme d’ailleurs dans les autres (l’Inde autour de Bangalore, 
) les relations entre les grandes Ă©coles ou les universitĂ©s, les centres de recherche et dĂ©veloppement, et les entreprises tendent Ă  ĂȘtre organisĂ©es dans des bassins d'emploi territoriaux, dans le cadre de pĂŽles de compĂ©tence et de projets d'intelligence Ă©conomique territoriale.

Les universités dans le monde

États-Unis

Le campus universitaire de Dartmouth College

Le systĂšme universitaire des États-Unis est de nos jours considĂ©rĂ© comme de trĂšs bon niveau, voire comme le premier au monde, Ă  tel point qu’il sert souvent de rĂ©fĂ©rence. L’étude de l'universitĂ© de Shanghai de 2004 place 17 universitĂ©s des États-Unis dans les 20 premiĂšres, Harvard figurant en premiĂšre position[8].

Le systĂšme universitaire amĂ©ricain s’est beaucoup dĂ©veloppĂ© Ă  la fin du XIXe siĂšcle avec la crĂ©ation de nombreuses universitĂ©s dont certaines sont aujourd’hui fort connues : universitĂ© Yale (1701), universitĂ© Stanford (1891)(Californie), universitĂ© Johns-Hopkins (1876), universitĂ© Cornell (1865), universitĂ© de Chicago (1892), etc. Ces universitĂ©s adopteront en partie le modĂšle allemand et allieront enseignement et recherche. Par ailleurs, il sera introduit rapidement des cursus qui en Europe, «  en raison de prĂ©jugĂ©s hĂ©ritĂ©s de la sociĂ©tĂ© prĂ©capitaliste, ne sont pas jugĂ©s dignes de l’universitĂ© Â» [9]. C'est ainsi que la finance et le commerce seront enseignĂ©s dĂ©s 1881 avec la crĂ©ation de la Wharton School of Finance Ă  l’universitĂ© de Pennsylvanie. En France, de grandes Ă©coles commerciales seront Ă©galement fondĂ©es Ă  cette Ă©poque (HEC crĂ©Ă©e en 1881) mais resteront hors du giron des universitĂ©s. La force des exĂ©cutifs universitaires est un Ă©lĂ©ment distinctif du systĂšme amĂ©ricain par rapport aux modĂšles germaniques et français[10].

Le systĂšme amĂ©ricain est trĂšs variĂ©. À cĂŽtĂ© d’institutions privĂ©es sans but lucratif trĂšs prestigieuses comme Stanford ou Harvard on trouve des universitĂ©s appartenant aux États dont certaines sont Ă©galement renommĂ©es telle l'universitĂ© de Berkeley.

Dans les universitĂ©s publiques ou privĂ©es, les Ă©tudes de base (undergraduate) durent quatre ans et mĂšnent au Bachelor Degree. Elles peuvent ĂȘtre suivies d’un Master’s Degree en un an ou d’un PhD en gĂ©nĂ©ral en trois ans. À cĂŽtĂ© des universitĂ©s on trouve des Community Colleges qui dispensent des formations en deux ans. Suite Ă  quoi, l’étudiant peut soit arrĂȘter les Ă©tudes soit entrer dans une universitĂ©.

Si le terme college est en gĂ©nĂ©ral rĂ©servĂ© Ă  l’enseignement court, des Ă©tablissements comme Boston College ou Darmouth College bien que s’intitulant pour des raisons historiques college sont de vraies universitĂ©s. La « Carnegie Basic Classification Â» [11] distingue les universitĂ©s dotĂ©es de programmes doctoraux (Doctorate-granting Universities (I)) des collĂšge et universitĂ©s dĂ©livrant surtout des masters (Master’s Collegues (IIA)), des collĂšges allant jusqu'Ă  la licence (Baccalaureate colleges (IIB)) et des collĂšges associĂ©s (Associate’s Colleges (III)).

L’inscription en universitĂ© dĂ©pend des rĂ©sultats obtenus au cours des trois derniĂšres annĂ©es de lycĂ©e et des scores obtenus Ă  des tests : les SAT (Standardized Aptitude Tests) et les AP (Advanced Placements)[12]

Les universités états-uniennes les plus prestigieuses sont regroupées au sein de la "Ivy League".

Plus des trois quarts des étudiants américains vont dans des universités publiques.

Chine

Article dĂ©taillĂ© : Liste des universitĂ©s chinoises.

Les futurs Ă©tudiants doivent passer un concours national d'entrĂ©e Ă  l'universitĂ©, le gaokao. En juin 2009, il y avait 6,3 millions de places en premiĂšre annĂ©e, tous Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur confondus[13]. Beaucoup de jeunes Chinois font leurs Ă©tudes Ă  l'Ă©tranger, notamment aux États-Unis

Union européenne

Dans une Ă©tude de septembre 2007, l’institut Bruegel[14] a cherchĂ© Ă  analyser les raisons du dĂ©crochage des principaux Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieurs europĂ©ens par rapport Ă  leurs homologues des États-Unis. Deux faits ont Ă©tĂ© mis en exergue : un moindre investissement 1,3% du PIB contre 3,3% du PIB aux États-Unis ; une moindre autonomie des universitĂ©s. Les auteurs insistent particuliĂšrement sur ce point et montrent qu’aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, c’est un Ă©lĂ©ment clĂ© qui affecte positivement les apports financiers faits aux universitĂ©s [15].

France

La Sorbonne, Paris, au XVIIe siĂšcle

Les universitĂ©s ont Ă©tĂ© supprimĂ©es par la RĂ©volution. Sous l'Empire a Ă©tĂ© instaurĂ©e en 1808 une universitĂ© impĂ©riale dont certaines caractĂ©ristiques perdurent : forte centralisation et dĂ©coupage disciplinaire strict en facultĂ©s. Ces traits seront attĂ©nuĂ©s d’abord en 1893 par la crĂ©ation d’universitĂ©s par ville puis par la loi Faure de 1968. MalgrĂ© tout le dĂ©coupage disciplinaire reste marquĂ© et l’autonomie assez limitĂ©e [16] En 1875, dĂšs le vote de la loi sur la libertĂ© de l’enseignement supĂ©rieur sont crĂ©Ă©es cinq universitĂ©s catholiques Ă  Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse. Ces cinq Ă©tablissements constituent des centres universitaires importants Ă  cĂŽtĂ© des universitĂ©s publiques françaises. En 1938, les universitĂ©s en France comptaient 60 000 Ă©tudiants, ce chiffre passe Ă  300 000 en 1968 Ă  1 515 000 Ă  la rentrĂ©e 2001-2002 [17]. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, environ 500 000 Ă©tudiants suivaient un cursus de lettres et de sciences humaines, 350 000 en droit et en sciences Ă©conomiques, un peu plus de 200 000 en sciences et 140 000 dans le secteur de la santĂ© [18]. La question de savoir pourquoi tant d’étudiants se dirigent vers des filiĂšres offrant peu de dĂ©bouchĂ©s directs a intriguĂ© les chercheurs. Pour Fave-Bonnet (1997), il s’agirait d’une position de repli plus subie que voulue, pour Alain Renaut au contraire, cela traduirait une demande de culture gĂ©nĂ©rale. Jacques Mistral [19] pour satisfaire cette demande plaide pour des CollĂšges universitaires oĂč les Ă©tudiants pourraient « consolider les fruits de l’enseignement secondaire Â», « apprendre les langages et les codes de la vie en sociĂ©tĂ© Â», « satisfaire des curiositĂ©s variĂ©s Â» « approfondir progressivement une discipline Â» et amorcer ainsi leur spĂ©cialisation.

Dans leur rapport au CAE (Conseil d'Analyse Economique), Philippe Aghion et Elie Cohen estimaient que si les universitĂ©s françaises et plus gĂ©nĂ©ralement l’enseignement supĂ©rieur en France Ă©taient adaptĂ©s Ă  une Ă©conomie en phase de rattrapage, ils l’étaient beaucoup moins Ă  une Ă©conomie proche de la « frontiĂšre technologique Â». Pour que les universitĂ©s françaises puissent jouer pleinement leur rĂŽle dans cette situation, il faudrait pour ces auteurs[20] revenir sur la double coupure fondatrice de l'enseignement supĂ©rieur et de la recherche en France Ă  savoir : la dissociation de l'Ă©ducation et de la recherche d'une part, et le dĂ©coupage entre formations sĂ©lectives et non sĂ©lectives d'autre part. En effet, une Ă©conomie de la connaissance requiert d'une part une complĂ©mentaritĂ© accrue entre recherche appliquĂ©e, recherche fondamentale et enseignement doctoral et d'autre part que les dirigeants soient eux-mĂȘmes formĂ©s Ă  la recherche. Dans le cadre d'une Ă©conomie proche de la frontiĂšre technologique, il est important d’investir dans le supĂ©rieur. En 2001, les États-Unis[21] avaient investi 2,3% de leur PIB (1,1% en investissements publics et 1,2% en investissement privĂ©s) dans ce domaine contre 1,1% en France (1% public, 0,1% privĂ©). Dans leur rapport Philippe Aghion & Elie Cohen plaidaient pour une approche incrĂ©mentale c’est-Ă -dire pour une sĂ©rie de mesures de faibles ampleurs mais susceptibles de mettre les acteurs en mouvement et en capacitĂ© de s’approprier les rĂ©formes. À l'opposĂ©, des Ă©conomistes tels Jean-HervĂ© Lorenzi ou Michel Mougeot estiment que la dĂ©marche incrĂ©mentale ne serait pas Ă  la hauteur des enjeux[22]. Jean Tirole[23] se prononce en faveur d'une autonomie des universitĂ©s et d'un recours Ă  une part de financement privĂ© de façon Ă  ce que les Ă©tudiants des universitĂ©s françaises reçoivent un enseignement de qualitĂ© et que la France ait une recherche en ligne avec son potentiel.

Royaume-Uni

Blason de l'Université d'Oxford
Article dĂ©taillĂ© : universitĂ©s au Royaume-Uni.

Si les deux universitĂ©s les plus connues sont aussi les plus anciennes Oxford et Cambridge, Ă  la fin du dix neuviĂšme siĂšcle on assiste Ă  la crĂ©ation de nombreux Ă©tablissements : universitĂ© de Manchester (1851), universitĂ© d'Aberystwyth (1874) au Pays de Galles, London School of Economics (1895) etc.. En 1861 Oxford et Cambridge revaient 2 400 Ă©tudiants, ce chiffre est passĂ© Ă  5 881 en 1901 pour dĂ©passer 10 000 en 1931 [24]. Actuellement ces deux universitĂ©s ensemble accueillent environ 35 000 Ă©tudiants. Les universitĂ©s d'Oxford et de Cambridge Ă©lisaient chacune un dĂ©putĂ© Ă  la Chambre des communes jusqu'Ă  la fin de la seconde guerre mondiale. William Ewart Gladstone a Ă©tĂ© longtemps Ă©lu par l'universitĂ© d'Oxford. C'est Ă©galement lui qui au dĂ©but des annĂ©es 1850, procĂ©da Ă  une rĂ©forme de l'universitĂ© en mĂȘme temps qu'il fit beaucoup pour que les postes de la fonction publique anglaise soient pourvus par concours.

Dans les années 1920, le Balliol College à Oxford de façon à mieux former les personnes susceptibles d'entreprendre une carriÚre publique en leur donnant une capacité de réflexion à la fois forte et interdisciplinaire a établi un programme d'abord appelé "Grands Modernes" puis Philosophy Politics and Economy.

Voir aussi

Articles connexes

Listes d'universités

Vue aĂ©rienne (2009) de l'École polytechnique fĂ©dĂ©rale de Lausanne (EPFL), qui forme avec l'UniversitĂ© de Lausanne (UNIL) un vaste campus a proximitĂ© du lac LĂ©man
En Europe 
En Afrique 
En AmĂ©rique 
En Asie 

Classements d'universités

Article dĂ©taillĂ© : PalmarĂšs universitaire.

Internationaux :

Nationaux :

Notes et références

  1. ↑ Fisch M. (ed.) 2004 (1951), Classic American Philosophers Fordham University Press, p.31
  2. ↑ Voir Attali, 1998, pp.46-55
  3. ↑ Jacques Mistral, 2007, RĂ©former l’universitĂ© ? Encore un peu de volontarisme !, (Lire en ligne)
  4. ↑ Blanc, 2004, p.12
  5. ↑ DĂ©finition extraite de Blanc, 2004, p.13
  6. ↑ Blanc 2004, p. 20
  7. ↑ Blanc, 2004, p.40
  8. ↑ Classement acadĂ©mique des universitĂ©s mondiales par l'universitĂ© Jiao Tong de Shanghai [lire en ligne]
  9. ↑ Christophe Charle et Jacques Verger, 1994, pp.88-89
  10. ↑ Christophe Charle et Jacques Verger, 1994, p.89
  11. ↑ Basic Classification Technical Details, Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching. ConsultĂ© le 20 mars 2007
  12. ↑ Pour plus de dĂ©tails voir Attali, 1998, pp.55-56
  13. ↑ « Moins de candidats Ă  l'universitĂ© Â», dans Courrier international du 10-06-2009, [lire en ligne]
  14. ↑ Philippe Aghion, Mathias Dewatriapont, Caroline Hoxby, Andreu Mas-Colell, AndrĂ© Sapir, 2007, Why Reform Europe’s Uivesities, Breugel Lire en ligne
  15. ↑ Ibid, p.6
  16. ↑ Un texte de loi rĂ©cent veut confĂ©rer une plus forte autonomie aux universitĂ©s. Sur ce point on pourra lire le communiquĂ© de la CPU (Lire en Ligne) Voir aussi l'article de Bernard Belloc dans telos (Lire en ligne)
  17. ↑ Renaut, 2002, p.24
  18. ↑ Renaut, 2002, p.24
  19. ↑ RĂ©former l’universitĂ© ? Encore un peu de volontarisme !, ([1]) Lire en ligne
  20. ↑ Aghion& Cohen, 2004, pp.66 et 102
  21. ↑ Aghion& Cohen, 2004, p.33
  22. ↑ Aghion&Cohen, 2004, pp.130.et 134
  23. ↑ Pour en finire avec les tabous Le monde du 10/12/07 Lire en Ligne
  24. ↑ Christophe Charle et Jacques Verger, 199, p.98)

Voir aussi

Le concept d'université en ligne, libre et gratuite, sous forme de wiki est apparu durant l'année 2004 sous le nom de wikiversity (wikiversité).

Liens externes

Bibliographie

  • Christophe Charle et Jacques Verger, Histoire des UniversitĂ©s, PUF, coll. Que sais-je ?, 1994 (ISBN 978-2130465300)
  • Fave-Bonnet M-F, L'universitĂ© : Ă©tat des lieux, Sciences humaines n°70, mars 1997
  • Jacques Attali, Pour une modĂšle europĂ©en d’enseignement supĂ©rieur, 1998 [lire en ligne]
  • Judith Lazar, Les secrets de famille de l'universitĂ©, Ă©d. Les EmpĂȘcheurs de penser en rond, 2001 (ISBN 978-2846710169)
  • Alain Renaut, Que faire des universitĂ©s ?, Bayard, 2002 (ISBN 978-2227020191)
  • Jean-HervĂ© Lorenzi, Jean-Jacques Payan, l'UniversitĂ© maltraitĂ©e, Plon, 2003 (ISBN 978-2259196680)
  • Philippe Aghion et Elie Cohen, Education et croissance, 2004 [lire en ligne]
  • Christian Blanc, Pour un Ă©cosystĂšme de la croissance, 2004 [lire en ligne]
  • Marco Pitzalis, RĂ©formes et continuitĂ©s dans l'universitĂ© italienne" L'Harmattan, Paris, 2002
  • Jacques Verger, L'essor des universitĂ©s au XIIIe siĂšcle, cerf, Paris, 1998

Numéros spéciaux de revues

  • L’universitĂ©, revue Futur AntĂ©rieur, n°43, avril 1998 [lire en ligne]
  • Que faire pour l’UniversitĂ© ?, revue Mouvements, n°55/56, septembre-dĂ©cembre 2008
  • Portail de l’éducation Portail de l’éducation
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