Une chambre en ville

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Une chambre en ville

Une chambre en ville

RĂ©alisation Jacques Demy
Scénario Jacques Demy
Acteurs principaux Dominique Sanda
Richard Berry
Danielle Darrieux
Michel Piccoli
Sociétés de production Progefi - TF1 Films Production
Pays d’origine Drapeau de France France
Genre Drame musical
Sortie 1982
Durée 92 minutes (1 h 32)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une chambre en ville est un film musical dramatique français de Jacques Demy, sorti en 1982.

Sur fond de grĂšves et de conflits sociaux, Ă  Nantes, François, un ouvrier en lutte, et Edith, une fille d'aristocrate, mal mariĂ©e Ă  un bourgeois, s'aiment Ă©perdument sous l'Ɠil dĂ©sabusĂ© et impuissant de la veuve d'un colonel, mĂšre d'Edith, chez qui François a pris la chambre en ville du titre.

SaluĂ© par la critique, mais boudĂ© par le public Ă  sa sortie, Une chambre en ville, entiĂšrement chantĂ© comme le sont Les Parapluies de Cherbourg, est beaucoup plus sombre que la plupart des films de Demy. Il exprime sa part d'ombre et permet de reconsidĂ©rer l'Ɠuvre du rĂ©alisateur sous une autre perspective.

Sommaire

Synopsis

Photo de la rue du roi Albert, Ă  Nantes, oĂč ont lieu les affrontements entre manifestants et grĂ©vistes, et oĂč habite Margot Langlois
La rue du roi Albert, Ă  Nantes, oĂč habite la colonelle et oĂč ont lieu les affrontements.

Le film se déroule en 1955, à Nantes, en pleine grÚve. François Guilbaud, un ouvrier gréviste, loue une chambre en ville à Mme Langlois, veuve d'un colonel qu'elle n'aimait pas, ruinée par les frasques de son fils mort. L'appartement se situe dans la rue qui relie la cathédrale à la préfecture, dans laquelle se déroulent manifestations et affrontements entre les grévistes et les forces de l'ordre.

Guilbaud a une liaison avec une ouvriÚre, Violette, qui tombe enceinte et veut se marier avec lui. Mais il ne partage pas les sentiments de la jeune femme. Un soir, il fait la rencontre d'Edith, mal mariée à Edmond Leroyer, marchand de télévisions. Edith, nue sous un manteau de fourrure, se prostitue, plus par volonté de se venger de son époux que par besoin financier. C'est le coup de foudre entre Guilbaud et Edith. Le couple passe la nuit à l'hÎtel et chante son amour au petit matin. Or la jeune femme n'est autre que la fille de Mme Langlois. Celle-ci reçoit en pleine nuit la visite de son gendre, qui sort un rasoir et laisse éclater sa colÚre.

Le couple dĂ©cide de vivre ensemble, ce qui n'est pas du goĂ»t de l'aristocrate. Au cours d'une nouvelle dispute, alors qu'elle vient chercher ses affaires, Edmond se coupe la gorge devant Edith. Elle se rĂ©fugie alors chez sa mĂšre. Violette lui rend visite, alors mĂȘme qu'une manifestation ouvriĂšre conduit Ă  de nouveaux affrontements. Guilbaud y est frappĂ© Ă  la tĂȘte. Inconscient, il est portĂ© par ses camarades chez Mme Langlois et y meurt. Edith se suicide alors d'une balle dans la poitrine.

Fiche technique

Distribution

Richard Berry Ă  Cannes en 1996
Richard Berry, interprĂšte de Guilbaud, ici Ă  Cannes en 1996
  • Dominique Sanda : Edith Leroyer (doublĂ©e pour le chant par Florence Davis)
  • Richard Berry : François Guilbaud (doublĂ© pour le chant par Jacques Revaux)
  • Danielle Darrieux : Margot Langlois
  • Michel Piccoli : Edmond Leroyer (doublĂ© pour le chant par Georges Blaness)
  • Fabienne Guyon : Violette Pelletier
  • Anna Gaylor : Mme Pelletier (doublĂ©e pour le chant par Liliane Davis)
  • Jean-François StĂ©venin : Dambiel (doublĂ© pour le chant par Aldo Franck)
  • Jean-Louis Rolland : MĂ©nager
  • Marie-France Roussel : Mme Sforza
  • Georges Blanes : l'officier des CRS
  • Yann Dedet : un ouvrier
  • Nicolas Hossein : un ouvrier
  • Gil Warga : un ouvrier
  • Antoine Mikola : un ouvrier
  • Marie-Pierre Feuillard : la femme Ă  l'enfant
  • Monique CrĂ©teur : la dame au chat
  • Patrick Joly : l'arroseur (doublĂ© pour le chant par Michel Colombier)
  • Michel Colombier : un ouvrier (voix chantĂ©e)
  • Jacques Revaux : un ouvrier (voix chantĂ©e)

Élaboration et sources

Un projet ancien

Michel Legrand, pourtant compositeur habituel de Demy, est l'un de ceux qui ont refusé de participer à ce film

Jacques Demy avait commencĂ© Ă  Ă©crire un roman sur le sujet, au milieu des annĂ©es cinquante, puis le transforme en scĂ©nario Ă  la fin de la dĂ©cennie[1],[2]. Il met de cĂŽtĂ© ce projet, car il n'arrive pas Ă  trouver une fin satisfaisante, sans doute parce que l'histoire est trop proche de lui et de la vie de son pĂšre[3]. Dans le roman, et le scĂ©nario qu'il reprend en 1964, la veuve du colonel n'a pas de fille, mais un fils homosexuel attirĂ© par l'ouvrier qu'elle loge ; la fille de l'industriel contre lequel les ouvriers luttent tombe amoureuse du hĂ©ros ; la colonelle se suicide aprĂšs la mort de son fils dans un accident de voiture ; Guilbaud et Violette se retrouvent Ă  la fin du film[1]. Demy pense rĂ©aliser un vĂ©ritable opĂ©ra[1] mais abandonne Ă  nouveau le projet face aux difficultĂ©s pour trouver des fonds.

Il rĂ©Ă©crit l'histoire en 1973 et 1974. Le scĂ©nario se rapproche alors de la version que nous connaissons. Il envisage Catherine Deneuve dans le rĂŽle d'Edith, GĂ©rard Depardieu dans celui de Guilbaud, Simone Signoret pour camper la colonelle et Isabelle Huppert en Violette[1],[3]. Mais il se heurte Ă  plusieurs refus : celui de Michel Legrand, son compositeur attitrĂ©, Ă  qui le script dĂ©plaĂźt, puis celui de Catherine Deneuve, qui tenait Ă  chanter elle-mĂȘme et non plus Ă  ĂȘtre doublĂ©e comme dans les films musicaux prĂ©cĂ©dents[1]. En 1981, l'actrice explique son refus : « Ă€ tort ou Ă  raison, j'estimais que ma voix faisait partie de mon intĂ©gritĂ© d'artiste[4] Â». En 1990, son explication est lĂ©gĂšrement diffĂ©rente : « Jacques a pris mon dĂ©sir de chanter pour un dĂ©sir d'actrice d'exprimer tout. J'essayai de lui expliquer que nous Ă©tions trop connus, GĂ©rard et moi, pour faire un film entiĂšrement doublĂ© musicalement [...] Avant de changer d'avis ou de renoncer, j'aurais voulu qu'on essaie[5] Â».

Sans les noms de Legrand, Deneuve et Depardieu - qui soutient l'actrice - Demy ne peut monter la production du film. Il doit Ă  nouveau abandonner le projet, Ă©tant aussi lĂąchĂ© par Gaumont, qu'il avait pourtant rĂ©ussi Ă  intĂ©resser. En effet, Daniel Toscan du Plantier, Ă©chaudĂ© par les Ă©checs commerciaux de films qu'il vient de produire, renonce Ă  financer un projet aussi audacieux, d'autant que Demy, Ă  l'Ă©poque, vient aussi d'essuyer un revers commercial avec L'ÉvĂ©nement le plus important depuis que l'homme a marchĂ© sur la Lune[6]. Demy regrettera que « Gaumont laisse tomber Ă  deux mois du tournage[7] Â».

C'est en 1981 que le rĂ©alisateur peut enfin reprendre son projet. Dominique Sanda, avec laquelle Demy, l'ayant dĂ©jĂ  dirigĂ©e dans le tĂ©lĂ©film La Naissance du jour, souhaitait retravailler[8], sollicite Christine Gouze-RĂ©nal, productrice qui se consacre Ă  l'Ă©poque essentiellement aux Ɠuvres tĂ©lĂ©visuelles, et belle-sƓur du nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique; cette derniĂšre accepte de produire le projet. Jacques Revaux, qui doublait Jacques Perrin dans Les Demoiselles de Rochefort et Peau d'Ăąne et a entre-temps gagnĂ© en notoriĂ©tĂ©, finance la rĂ©alisation de la bande-son et prĂȘte sa voix Ă  Richard Berry pour les chants du personnage de Guilbaud[9]. Il aura donc fallu prĂšs de trente ans pour que le projet, au dĂ©part littĂ©raire, aboutisse Ă  un film.

Inspirations

La GrÚve, film d'Eisenstein ayant inspiré Demy

Jacques Demy tire son inspiration de ses souvenirs. Il met en scĂšne des lieux qu'il frĂ©quentait, comme le passage Pommeraye oĂč il a vĂ©cu son enfance et son adolescence Ă  dĂ©ambuler, entre autres pour aller au cinĂ©ma[10]. Le drame est aussi traversĂ© par l'Ă©vocation des grĂšves et manifestations qu'il a connues, ou dont son pĂšre lui a fait le rĂ©cit. L'une d'entre elles avait conduit Ă  la mort d'un ouvrier, lors d'affrontement avec les forces de l'ordre[10],[11]. Nantes, ville habitĂ©e par l'histoire et les tensions qu'elle soulĂšve, joue ainsi un rĂŽle fondamental dans la construction du film[11].

Le rĂ©alisateur se nourrit aussi de souvenirs cinĂ©matographiques : ceux de Marcel CarnĂ© et Jacques PrĂ©vert, avec Le jour se lĂšve et son ouvrier frappĂ© par le destin[11] ; Quai des brumes et sa passion amoureuse ainsi que son personnage d'amant pitoyable, jouĂ© par Michel Simon, qui prĂ©figure Edmond[11] ; Les Portes de la nuit et son hĂ©roĂŻne qui traverse le film en vison, comme Édith, et dont certaines rĂ©pliques sont reprises par Demy[12] ; L'Éternel Retour, scĂ©narisĂ© par Jean Cocteau, pour l'image finale des deux amants morts, allongĂ©s l'un Ă  cĂŽtĂ© de l'autre[11] ; les films de SergueĂŻ Eisenstein pour les scĂšnes de manifestations.

Composition et enregistrement de la musique

AprÚs le refus de Michel Legrand, Demy contacte Michel Colombier qui s'intéresse au projet. Celui-ci, qui ne peut composer en présence de quiconque, enregistre des propositions de musique sans se fonder sur le scénario, ni sur les paroles. Il estime que c'est à Demy de faire le tri et travaille donc à partir d'une interprétation confuse de l'atmosphÚre générale du film. La seule exception réside dans les scÚnes de confrontation entre manifestants et CRS, pour lesquelles il a travaillé à partir des dialogues[13]. Colombier orchestre sa partition pendant l'hiver 1981 et procÚde à l'enregistrement en février 1982.

Tournage

photo du pont transbordeur de Nantes en 1914
Le pont transbordeur de Nantes (ici en 1914) détruit en 1958 et reconstitué pour le film à l'aide d'un effet spécial appelé glass shot

Les scĂšnes en intĂ©rieur ont Ă©tĂ© tournĂ©es aux studios de Billancourt, du 13 avril au 17 mai 1982, celles en extĂ©rieur Ă  Nantes mĂȘme du 19 au 27 mai. Un nouveau tournage, pour les scĂšnes en intĂ©rieur, est effectuĂ© Ă  Paris du 1er au 3 juin[14]. Le budget empĂȘche le tournage intĂ©gral en dĂ©cor naturel. De plus, Jacques Demy s'enthousiasme Ă  l'idĂ©e de travailler, pour la premiĂšre fois, en studio. Il sera nĂ©anmoins déçu par cette expĂ©rience[15].

Le dĂ©corateur Bernard Evein est particuliĂšrement vigilant sur la continuitĂ© entre les dĂ©cors naturels, en extĂ©rieur, et ceux des studios. Il crĂ©e cette continuitĂ© notamment autour de la couleur bleue : « Tous les extĂ©rieurs sont construits sur le bleu, et cela, c'est venu dĂšs le dĂ©part. [...] Au dĂ©part, j'avais prĂ©vu un bleu cĂ©rulĂ©en trĂšs fort, et puis, ayant vu les dĂ©cors construits en studio, ça s'est dĂ©calĂ©, le bleu est devenu plus sombre[16] Â».

C'est aussi le décorateur qui, avec l'aide d'un spécialiste du trucage, André Guérin, recrée pour les besoins du générique un monument disparu, le pont transbordeur de Nantes, grùce à un effet appelé glass shot. Ce procédé consiste à poser au premier plan une plaque de verre sur laquelle a été reproduite une photo du pont transbordeur détruit à la fin des années 50, et de filmer le port de Nantes à travers la plaque, en jouant avec la perspective. Le temps du générique, ce trucage donne ainsi l'illusion que le pont enjambe à nouveau le port et permet au spectateur de voir la ville telle qu'elle était à l'époque de la narration[17]. Le soin mis à réaliser cette image, que rien dans l'action ne justifie, témoigne de l'importance symbolique de ce monument pour Demy.

Le documentaire Jacques Demy tourne « Une chambre en ville Â» montre la mĂ©thode utilisĂ©e par Demy pendant le tournage des scĂšnes : un appareil passe la musique dĂ©jĂ  enregistrĂ©e, sur laquelle les comĂ©diens se fixent pendant la prise en chantant par-dessus. Danielle Darrieux Ă©voque les qualitĂ©s du rĂ©alisateur : gentil, calme, prĂ©cis[18].

Accueil public et polémiques

Le film reçoit un soutien unanime de la critique. Mais le public ne suit pas. En effet, le film n'est classĂ© que quatorziĂšme au box-office, avec 3 165 entrĂ©es le premier jour et 20 000 entrĂ©es la premiĂšre semaine, loin derriĂšre un film populaire sorti la mĂȘme semaine, L'As des as de GĂ©rard Oury, qui attire environ 71 000 spectateurs le premier jour et cumule 463 000 entrĂ©es la premiĂšre semaine[19]. En 1983, le drame musical a cumulĂ© 102 872 entrĂ©es sur Paris et sa pĂ©riphĂ©rie[20], contre cinq millions et demi sur toute la France pour la comĂ©die d'aventures de GĂ©rard Oury.

Le film va alors ĂȘtre au centre d'une polĂ©mique dans la presse Ă©crite, dĂ©clenchĂ©e involontairement par les critiques de cinĂ©ma qui cherchent Ă  promouvoir l'objet de leur admiration[19],[21],[22]. DerriĂšre GĂ©rard Lefort, les chroniqueurs cinĂ©ma de LibĂ©ration signent un texte « Pour Jacques Demy Â», le 6 novembre 1982. Puis 23 critiques, rĂ©unis autour de GĂ©rard Vaugeois, publient dans le numĂ©ro de TĂ©lĂ©rama du 10 novembre, un texte intitulĂ© « Pourquoi nous louons Une chambre en ville Â», dans lequel les auteurs opposent le film de Demy et celui d'Oury, parlant de « deux poids, deux mesures Â», pointant le rĂŽle essentiel de la critique, « noyĂ©e par le flot promotionnel Â» et n'hĂ©sitant pas Ă  parler d'Ă©chec du cinĂ©ma français, comparant le sort public d'Une chambre en ville Ă  celui de La RĂšgle du jeu. Jean-Pierre BerthomĂ© souligne la maladresse de cette argumentation, montrant notamment que le film de Demy a profitĂ© d'une promotion et d'une distribution bien supĂ©rieures Ă  celles d'autres films qui ont eu les faveurs du public[19]. GĂ©rard Vaugeois, en 2008, assume le texte et l'argumentation, et reprend la comparaison avec La RĂšgle du jeu[21].

Dans Le Monde datĂ© du 17 novembre 1982, 80 critiques publient une nouvelle tribune, moins ouvertement polĂ©mique : « Le film Ă  voir aujourd'hui, c'est Une chambre en ville Â». L'affaire devient encore plus mĂ©diatisĂ©e quand Jean-Paul Belmondo, hĂ©ros de L'As des as, se jugeant mis en cause, publie dans la presse une « Lettre ouverte aux « coupeurs de tĂȘtes Â» Â», qui dĂ©nonce l'intolĂ©rance des critiques et leur mĂ©pris du public, et rappelant que le succĂšs d'un film peut inciter le public Ă  aller en voir d'autres. L'acteur Ă©crit : « GĂ©rard Oury doit rougir de honte d'avoir "prĂ©conçu son film pour le succĂšs". Jacques Demy a-t-il prĂ©conçu le sien pour l'Ă©chec ? Lorsqu'en 1974 j'ai produit Stavisky d'Alain Resnais et que le film n'a fait que 375000 entrĂ©es, je n'ai pas pleurnichĂ© en accusant James Bond de m'avoir volĂ© mes spectateurs. (..) Oublions donc cette agitation stĂ©rile et gardons seulement en mĂ©moire cette phrase de Bernanos : "Attention, les ratĂ©s ne vous rateront pas !" Â»[23]. S'ensuivent de nombreux articles, tribunes, dont la « Lettre d'un coupeur de tĂȘte Â» de GĂ©rard Vaugeois[21].

Demy, embarrassĂ©, se contentera d'une simple dĂ©claration dans Les Nouvelles littĂ©raires du 25 novembre 1982 et d'une page publicitaire de remerciements Ă  ses soutiens dans Le Monde. Mais la polĂ©mique contribue Ă  le marginaliser, le fait passer pour un mauvais perdant et le met involontairement dans le camp d'une « intelligentsia Â» coupĂ©e du public, ce qui est pourtant Ă  l'opposĂ© de ses principes[22]. En 1986, dans LibĂ©ration, Marguerite Duras, qui vient de dĂ©couvrir le film, constate son succĂšs grandissant auprĂšs du public, assurant que celui-ci « ne rate jamais le gĂ©nie Ă  longue Ă©chĂ©ance[24] Â». Jacques Siclier juge pour sa part que c'est le sujet d'Une chambre en ville qui lui a portĂ© prĂ©judice et non le succĂšs de L'As des as[25].

Analyse

Personnages

  • Mme Langlois. Alcoolique, dĂ©sabusĂ©e, dĂ©passĂ©e par les Ă©vĂ©nements, cette veuve de colonel s'ennuie dans son appartement, dont elle garde fermĂ©e la chambre de son fils mort, lequel l'a ruinĂ©e par ses frasques[26]. Elle « vomit Â» les bourgeois[27]. Ses dialogues sont marquĂ©s d'emphase et d'hyperbole au point que sa fille lui demande de ne pas faire de mĂ©lodrame[28]. Elle affectionne aussi les locutions populaires[29]. Pour Michel Chion, elle est reprĂ©sentative, chez Demy, de ces « femmes sacrificielles, abandonnĂ©es, endeuillĂ©es Â» qui donnent Ă  la vie « sa juste dimension fĂ©erique et thĂ©Ăątrale[30] Â».
  • Édith Leroyer. Fille de la veuve Langlois, mariĂ©e insatisfaite qui se prostitue par rĂ©volte, Edith est nue sous son manteau de fourrure durant l'intĂ©gralitĂ© du film. L'image d'une femme en vison vient du film de Marcel CarnĂ©, Les Portes de la nuit, oĂč une belle inconnue incarnĂ©e par Nathalie Nattier fait fantasmer le personnage jouĂ© par Yves Montand[31]. Édith reste inflexible, tant face Ă  sa mĂšre que face Ă  son mari. C'est cette inflexibilitĂ© qui la conduit au suicide. Pour Jean-Pierre BerthomĂ©, qui fait un parallĂšle avec Les Parapluies de Cherbourg, Edith est « une GeneviĂšve plus ĂągĂ©e, déçue, insatisfaite, dĂ©trompĂ©e des mirages de respectabilitĂ©[32] Â». Elle forme avec sa mĂšre une image renouvelĂ©e des relations mĂšre-fille si prĂ©gnantes dans Lola ou Les Parapluies de Cherbourg[32].
  • François Guilbaud. HĂ©ros du film, l'ajusteur-outilleur des chantiers navals refuse l'amitiĂ© de l'aristocrate, mais franchit les barriĂšres de classe par amour pour sa fille. Avec ce personnage, Demy assume la part archĂ©typale du personnage : « Il y aura toujours des types qui laisseront des filles enceintes pour une autre fille[33]. Â». Il s'attache par ailleurs Ă  faire de Guilbaud « une partie intĂ©grante, militante Â» de la collectivitĂ© des grĂ©vistes « en laquelle il se fond Ă  la fin de la scĂšne du CafĂ© des Chantier aprĂšs avoir surgi de ses rangs[34]. Â»
Michel Piccoli
Michel Piccoli (ici en 1993) incarne Edmond
  • Edmond Leroyer. Amoureux transi, impuissant, le personnage d'Edmond, mariĂ© Ă  Edith, rappelle celui de Zabel dans Le Quai des brumes. Edmond pousse jusqu'au bout de l'abjection une logique dĂ©jĂ  prĂ©sente chez Guillaume dans Les Demoiselles de Rochefort. Il incarne l'amour auto-destructeur. Avec lui apparaĂźt dans le cinĂ©ma de Demy une nouvelle valeur, « le mĂ©pris pour celui qui n'a pas la capacitĂ© morale d'assumer cette passion[35] Â». EnfermĂ© dans sa boutique de tĂ©lĂ©visions, il n'est qu'« insultes, argent, violence et passion morbide[36] Â». AprĂšs avoir fait un scandale chez Mme Langlois, il se tranche la gorge devant sa femme[26].
  • Violette Pelletier. La petite amie de Guilbaud semble « l'avatar ultime oĂč se fondent Ă  la fois Lola, GeneviĂšve et Madeleine[32] Â», selon Jean-Pierre BerthomĂ©, qui met en relation les diffĂ©rents films de Demy. Fille-mĂšre comme GeneviĂšve, fille du peuple, attentionnĂ©e envers sa mĂšre comme Madeleine l'Ă©tait envers Élise, elle prĂ©sente cependant des traits nouveaux, notamment une fiertĂ© et un refus de la rĂ©signation absents de ses devanciĂšres[32].
  • Mme Pelletier. MĂšre attentionnĂ©e comme l'Ă©tait Élise avec son neveu dans Les Parapluies de Cherbourg, Mme Pelletier est une nouvelle figure fĂ©minine sacrificielle, rĂ©solue Ă  renoncer Ă  son bonheur pour celui de sa fille[37].

Un « opĂ©ra populaire Â»

« Un peu comme dans Les Parapluies de Cherbourg, j'ai voulu faire un opĂ©ra populaire Â», affirme le rĂ©alisateur dans le documentaire sur le tournage d'Une chambre en ville[18]. La comparaison avec Les Parapluies et l'opĂ©ra s'impose puisque les deux films sont entiĂšrement chantĂ©s. Mais la structure musicale est trĂšs diffĂ©rente. Dans Une chambre en ville, il n'y a plus d'air autonome, mais « une sorte de rĂ©citatif ininterrompu construit autour d'une vingtaine de motifs[38] Â». On peut cependant isoler quelques thĂšmes, principalement dans les scĂšnes d'amour[39].

Michel Colombier indique que Jacques Demy voulait « quelque chose de trĂšs profond, de trĂšs russe Â». Il Ă©voque Ă  propos du film « une tragĂ©die avec des outrances Â», oĂč les personnages passent d'une Ă©motion violente Ă  son contraire, comme dans la littĂ©rature ou l'opĂ©ra russes[40]. Colombier ajoute que Demy avait pour modĂšle la collaboration entre Prokoviev et Eisenstein[41]. Le rĂ©alisateur avait travaillĂ© sur une comĂ©die musicale russe, Ă  partir de l'automne 1973 et dans les annĂ©es suivantes, et avait dĂ©jĂ  pensĂ© Ă  y faire jouer Dominique Sanda et Michel Piccoli[42]. Le registre Ă©pique perceptible dans Une chambre en ville Ă©voque au critique GĂ©rard Vaugeois les films du rĂ©alisateur russe Eisenstein, comme Alexandre Nevski et La GrĂšve[43].

Musique et dialogues

Chaque thĂšme musical passe d'un personnage Ă  l'autre. Le premier monologue de Mme Langlois est ainsi rĂ©pĂ©tĂ© une dizaine de fois par d'autres protagonistes du film. Pour Michel Chion, ces rĂ©pĂ©titions sur des paroles diffĂ©rentes crĂ©ent « une sorte de sous-texte[44] Â». Ainsi le thĂšme musical, sur lequel la colonelle, lors de leur premiĂšre discussion, assĂšne Ă  sa fille « je te l'ai dĂ©jĂ  dit cent fois Â», est rĂ©pĂ©tĂ© cent fois, dans d'autres situations, par d'autres personnages, crĂ©ant des Ă©chos entre la classique dispute entre mĂšre et fille et d'autres scĂšnes[44].

Chion analyse les rapports entre la musique et les mots. Selon lui, on accorde trop d'importance Ă  l'idĂ©e que le chant donnerait de la grĂące et de la fantaisie Ă  la parole, alors qu'« il s'agirait, avec Demy, grand dialoguiste, de dĂ©banaliser et de rafraĂźchir le langage parlĂ© français, sans le faire plus poĂ©tique ou au contraire plus naturaliste qu'il n'est Â». Les mots retrouvent la force qu'ils ont dans la vie rĂ©elle, ils peuvent ĂȘtre « mieux entendus en tant que mots[44] Â». Ainsi, ce poids qu'ils ont dans la rĂ©alitĂ©, le roman ou l'opĂ©ra, leur est redonnĂ© par un « procĂ©dĂ© follement articifiel[45] Â». Cette analyse est confirmĂ©e par Jean-Pierre BerthomĂ©, qui indique que le chant permet de mettre en valeur les inflexions du langage parlĂ©[38], la musique agissant comme un « prolongement naturel de la parole[39] Â».

De plus, avec le chant, le spectateur n'a plus Ă  chercher une signification cachĂ©e en interprĂ©tant la prononciation des acteurs, dans une approche psychologiste des dialogues. Les chanteurs qui doublent les acteurs ne jouent pas sur des sous-entendus, ils ne dissimulent pas des intentions[44]. Le chant permet aussi de donner une « rĂ©sonance profonde aux formules les plus usĂ©es[45] Â», comme lorsque la mĂšre de Violette lui dit :« Il faut surtout penser Ă  toi, Ă  ta vie. Moi, j'ai dĂ©jĂ  fait la mienne Â». La musique oppose dans les aigus « Ă  ta vie Â» Ă  « la mienne Â» dans les graves et dans la cadence de la pĂ©riode musicale. « Une fin de vie s'annonce. C'est tout et c'est trĂšs beau[45] Â», souligne Michel Chion.

Un film politique ?

Préfecture de Nantes
La Cathédrale Saint-Pierre, point de départ des manifestants

« C'est l'histoire de gens qui dĂ©fendent leur droit, qui dĂ©fendent leur vie, leur amour, leur bonheur, et cela m'a paru un sujet intĂ©ressant. (...) Mais je ne veux pas faire un film politique, cela ne m'intĂ©resse pas, je n'y connais rien. Â», dĂ©clare Jacques Demy dans le documentaire sur le tournage du film[18]. Aux Cahiers du cinĂ©ma, il prĂ©cise ses intentions : « Ce sont des gens passionnĂ©s, et je voulais faire ce film sur la passion qu'on met dans la vie jusqu'Ă  l'absurde[46] Â».

NĂ©anmoins, de nombreux critiques mettent en avant la portĂ©e politique d'Une chambre en ville. Pour GĂ©rard Vaugeois, le cinĂ©ma de Demy est un des plus politiques du paysage français, mais « Ă  sa maniĂšre[21] Â». Pour lui, ce film est celui qui va le plus loin dans la description de tous les affrontements de classe possibles[21]. MĂȘme si les diffĂ©rences sociales jouaient un rĂŽle important dans Lola ou Les Parapluies de Cherbourg, « ce qui frappe particuliĂšrement dans Une chambre en ville, c'est l'Ă©mergence brutale au premier plan du conflit des classes sociales[47] Â». Les tensions sociales Ă©taient de plus en plus prĂ©sentes dans les films prĂ©cĂ©dents de Demy, Lady Oscar[48] et Le Joueur de flĂ»te. Mais Demy devient ici explicite, ressentant le besoin de faire prononcer Ă  la colonelle sa pensĂ©e[49], dans le but Ă©vident d'Ă©viter d'ĂȘtre mal interprĂ©tĂ© comme cela avait Ă©tĂ© le cas avec Les Parapluies[47].

On ne se rassemble plus dans un carnaval, mais dans une manifestation, sous un drapeau tricolore qui rivalise avec celui de la préfecture et des forces de l'ordre, dans un face-à-face épique avec les CRS[47].

La part d'ombre de Jacques Demy

Photo du Monument aux mort, Cours Saint-Pierre, Ă  Nantes
Le Cours Saint-Pierre Ă  Nantes

Le film est nourri de citations extraites du reste de l'Ɠuvre du rĂ©alisateur. Comme Les Parapluies de Cherbourg, il est entiĂšrement chantĂ©. Comme Lola, il se passe Ă  Nantes. On y retrouve des personnages qui font Ă©cho Ă  d'autres, notamment les couples mĂšre-filles, si importants dans ces deux films[32]. Demy multiplie les auto-citations. Dans le magasin de tĂ©lĂ©visions, on dĂ©couvre qu'un appareil appartenant Ă  Mme Desnoyers, personnage de Lola, est en rĂ©paration[50]. Le satyre en impermĂ©able de ce mĂȘme film rĂ©apparaĂźt dans le passage Pommeraye, et croise Dominique Sanda[51]. Edith et Guilbaud se croisent sans se remarquer au dĂ©but du film, Ă©cho au chassĂ©-croisĂ© amoureux, dictĂ© par le hasard, de Catherine Deneuve et Jacques Perrin dans Les Demoiselles de Rochefort[50]. Les allusions sont donc nombreuses, crĂ©ant un effet de continuitĂ© certain.

Mais Une chambre en ville apparaĂźt surtout comme un « complĂ©ment nĂ©cessaire qui amĂšne Ă  la lumiĂšre la face obscure, la part souterraine si essentielle Ă  la comprĂ©hension du reste de l'Ɠuvre[39] Â». Le film rend « la dimension morbide, violente, charnelle, au petit monde acidulĂ© dont l'Ă©cume de la mĂ©moire collective n'avait fixĂ© que la joliesse aseptisĂ©e[52] Â».

Photo du Passage Pommeraye Ă  Nantes
Le passage Pommeraye Ă  Nantes

Il est ainsi fait un usage complĂštement diffĂ©rent de la ville de Nantes : alors que Lola se dĂ©roulait dans les quartiers luxueux de la ville, Une chambre en ville met en scĂšne le centre militaire, des rues fermĂ©es par de hauts immeubles et bloquĂ©es par les forces de l'ordre[53]. La lumiĂšre du soleil n'entre pas dans les appartements, et la colonelle ne sort jamais de sa « prison Â»[39]. Les deux duos amoureux entre Guilbaud et Violette ont lieu en extĂ©rieur et, si le premier, rempli de l'insouciance de la jeune fille, se passe dans le dĂ©cor ouvert et lumineux du Cour Saint-Pierre, le deuxiĂšme, celui de la rupture, se passe dans un marchĂ© clos par des colonnettes et des cars grillagĂ©s[54].

Le passage Pommeraye, seul dĂ©cor commun aux deux films, tĂ©moigne de ces changements : lumineux et frĂ©quentĂ© dans Lola[53], il devient sombre et abandonnĂ© quand Edith le parcourt pour se rendre Ă  « la caverne vert glauque Â» qu'est le magasin de tĂ©lĂ©visions de son mari[51],[53].

L'amour, sublimĂ© dans les premiers films, s'exprime dans Une chambre en ville de façon charnelle et physique. La nuditĂ© y est affichĂ©e de façon provocante par le personnage d'Edith, qui traverse le film nue sous son manteau de fourrure et racole de façon explicite[55]. La passion devient obsessionnelle et destructrice comme en tĂ©moigne le personnage du mari malheureux, pitoyable et mĂ©prisable. LĂ  oĂč la GeneviĂšve des Parapluies de Cherbourg s'arrangeait finalement de l'absence de son amant malgrĂ© ses menaces[56], la mort devient ici « la seule issue, le premier point final de toute l'Ɠuvre de Demy[55] Â».

Distinctions

RĂ©compenses

  • 1983 : Prix MĂ©liĂšs pour le meilleur film, dĂ©cernĂ© par le Syndicat français de la critique de cinĂ©ma (SFCC)[57].
  • 1984 : Prix Sant Jordi (es) du meilleur film Ă©tranger[58].

Nominations

En 1983, Une chambre en ville est nommĂ© par l'AcadĂ©mie des CĂ©sar dans neuf catĂ©gories, sans en recevoir aucun[59] :

Annexes

Bibliographie

  • Michel Chion, Le complexe de Cyrano : La langue parlĂ©e dans les films français, Paris, Les Cahiers du cinĂ©ma, mars 2008, 192 p. (ISBN 978-2-86642-515-9), p. 108 Ă  112 (Chapitre XVII « Une chambre en ville, 1982, de Jacques Demy Â») 
  • Camille Taboulay, Le cinĂ©ma enchantĂ© de Jacques Demy, Paris, Les Cahiers du CinĂ©ma, 18 octobre 1996, 192 p. (ISBN 978-2-86642-167-0) 
  • Jean-Pierre BerthomĂ©, Jacques Demy et les racines du rĂȘve, L'Atalante, octobre 1996 (ISBN 2-84172-042-2) 
  • Serge Daney, Jean Narboni et Serge Toubiana, « Interview de Jacques Demy Â», dans Les Cahiers du cinĂ©ma, no 341, novembre 1982 
  • Bruno Villien, « Entretien avec Jacques Demy Â», dans Le Nouvel Observateur, 25 octobre 1982 
  • Laurent Jullier, AbĂ©cĂ©daire des parapluies de Cherbourg, Paris, Ă©ditions de L'amandier EDS, novembre 2007, poche (ISBN 978-2-35516-032-5) 

Vidéographie

Éditions vidĂ©o

Reportages documentaires et vidéos

  • GĂ©rard Follin, Dominique Rabourdin et Ventura, Jacques Demy tourne « Une chambre en ville Â», Video CinĂ©-Tamarin, Arte Video et INA, 6 octobre 1982 
    Ce documentaire se trouve sur le DVD dUne chambre en ville et sur le http://www.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/CPB8205707704/jacques-demy-tourne-une-chambre-en-ville.fr.html site de l'INA.
  • Thomas BĂ©nigni et Valentin Vignet, Le film vu par GĂ©rard Vaugeois, critique et producteur, Video CinĂ©-Tamarin, Arte Video et INA, 2008 
  • Thomas BĂ©nigni et Valentin Vignet, Autour de la sortie du film, Video CinĂ©-Tamarin, Arte Video et INA, 2008 

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ a, b, c, d et e Taboulay 1996, p. 144
  2. ↑ Berthome 1996, p. 288. Jacques Demy y tĂ©moigne : « Je l'avais commencĂ© en 1953 ou 1954 comme un roman. J'apprenais Ă  Ă©crire... J'avais fait sept ou huit chapitres et puis j'avais tout laissĂ© tomber parce que je m'Ă©tais dit que ce n'Ă©tait pas du tout un roman, qu'il valait mieux en faire un film. Â»
  3. ↑ a et b Berthome 1996, p. 288
  4. ↑ Gaston Haustrate et Jean-Pierre Le Pavec, « Entretien avec Catherine Deneuve Â», dans CinĂ©ma 81, no 271-272, juillet-aoĂ»t 1981, p. 67  citĂ© dans BerthomĂ© 1996, p. 290
  5. ↑ Serge Toubiana, « Entretien avec Catherine Deneuve Â», dans Les Cahiers du cinĂ©ma, no 438, dĂ©cembre 1990 , citĂ© dans Demy IntĂ©grale en DVD
  6. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 292
  7. ↑ Taboulay 1996, p. 130
  8. ↑ Interview de Dominique Sanda dans Madame Figaro, 7 juillet 2007
  9. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 326
  10. ↑ a et b Taboulay 1996, p. 11
  11. ↑ a, b, c, d et e BerthomĂ© 1996, p. 331 Ă  334
  12. ↑ « J'ai horreur de la vulgaritĂ© Â» et « Tu m'es indispensable Â». Voir Taboulay 1996, p. 32
  13. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 323
  14. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 453
  15. ↑ Berthome 1996, p. 327
  16. ↑ CitĂ© dans Berthome 1996, p. 329
  17. ↑ Berthome 1996, p. 330
  18. ↑ a, b et c Follin, Rabourdin et Ventura 1982
  19. ↑ a, b et c BerthomĂ© 1996, p. 347 Ă  349
  20. ↑ Chiffres communiquĂ©s par Le Film français dans la saison cinĂ©matographique du Film français
  21. ↑ a, b, c, d et e BĂ©nigni et Vignet 2008
  22. ↑ a et b Taboulay 1996, p. 179
  23. ↑ Gilles Durieux, Belmondo, Le Cherche-midi, 2009, pages 283-287
  24. ↑ Taboulay 1996, p. 145
  25. ↑ Jacques Siclier, Le cinĂ©ma français : de Baisers volĂ©s aux nuits fauves, 1968 - 1993, Volume 2, Ramsay, 1993, page 270
  26. ↑ a et b Taboulay 1996, p. 178
  27. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 342
  28. ↑ Chion 2008, p. 108
  29. ↑ Chion 2008, p. 111
  30. ↑ Chion 2008, p. 112
  31. ↑ Taboulay 1996, p. 32
  32. ↑ a, b, c, d et e BerthomĂ© 1996, p. 335
  33. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 332
  34. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 343
  35. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 340
  36. ↑ Taboulay 1996, p. 149
  37. ↑ Chion 2008, p. 109-110
  38. ↑ a et b BerthomĂ© 1996, p. 336
  39. ↑ a, b, c et d BerthomĂ© 1996, p. 337
  40. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 322
  41. ↑ Taboulay 1996, p. 135
  42. ↑ Taboulay 1996, p. 135 Ă  139
  43. ↑ BĂ©nigni et Vignet 2008
  44. ↑ a, b, c et d Chion 2008, p. 109
  45. ↑ a, b et c Chion 2008, p. 110
  46. ↑ Daney, Narboni et Toubiana 1982
  47. ↑ a, b et c BerthomĂ© 1996, p. 341-343
  48. ↑ Taboualy 1996, p. 145
  49. ↑ « J'emmerde les bourgeois. Je ne leur appartiens pas (...) Vous et les vĂŽtres vous battez pour quelque chose. Â» dit-elle Ă  Guilbaud
  50. ↑ a et b BerthomĂ© 1996, p. 334
  51. ↑ a et b Taboulay 1996, p. 148-149
  52. ↑ Taboulay 1996, p. 151
  53. ↑ a, b et c BerthomĂ© 1996, p. 333-334
  54. ↑ BerthomĂ© 1996, p. 338
  55. ↑ a et b BerthomĂ© 1996, p. 339 Ă  341
  56. ↑ « Je ne pourrai jamais vivre sans toi. Je ne pourrai pas, ne pars pas, j'en mourrai Â» chante-t-elle quand Guy lui annonce son dĂ©part en AlgĂ©rie.
  57. ↑ CinĂ©-ressources, « Une chambre en ville (1982) Jacques Demy Â», www.cineressources.net. ConsultĂ© le 9 mai 2010
  58. ↑ (en) Awards for 'Une chambre en ville' sur imdb. ConsultĂ© le 18 mai 2010
  59. ↑ 1983, 8Ăšme cĂ©rĂ©monie des CĂ©sar, AcadĂ©mie des CĂ©sar. ConsultĂ© le 13 mai 2010
  60. ↑ Catalogue, CinĂ©-Tamaris
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