Ultramontain

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Ultramontain

Ultramontanisme

L‚Äôultramontanisme est une orientation favorable √† la primaut√©, spirituelle et juridictionnelle, du pape sur le pouvoir politique (en mati√®re religieuse et notamment de nomination des √©v√™ques), par opposition au gallicanisme. Son nom provient de l'italien Ultramonte qui signifie ¬ę au-del√† des monts ¬Ľ, donc de l'autre c√īt√© des Alpes, en Italie. C'est une orientation principalement fran√ßaise. N√©e au XVIe si√®cle chez les catholiques de la Ligue pendant les guerres de religion, cette orientation est reparue au cours du XVIIe si√®cle face aux alliances non-catholiques de Louis XIV. Au XVIIIe, l'ultramontanisme se confond avec la lutte contre le jans√©nisme parlementaire et gallican. Il est donc soutenu principalement par les J√©suites.

Face √† l'avanc√©e de r√©gimes politiques de plus en plus s√©par√©s de la religion, et apr√®s le traumatisme religieux que fut la R√©volution fran√ßaise, l'ultramontanisme s'impose au cours du XIXe si√®cle dans les mentalit√©s collectives fran√ßaises.

Sommaire

Cadre historique

  • Le cadre historique o√Ļ se d√©veloppe l'ultramontanisme est celui de la Restauration en France, c'est-√†-dire d'un courant politique qui, √† partir de Charles X, tend √† prendre le contrepied de la R√©volution fran√ßaise. Ses principaux penseurs sont Joseph de Maistre et Louis de Bonald.
  • Plus largement en Europe, il se dresse contre la modernit√© qu'elle soit politique et s'exprime en termes de Droits de l'Homme ou de Printemps des peuples a fortiori d'aspiration √† la d√©mocratie.
  • Les changements √©conomiques et politiques caract√©ristiques de cette modernit√© h√©rit√©e de la R√©volution Industrielle s'accentuent au point que le noyau de la modernit√© semble devenir la technologie. La finalit√© de la soci√©t√© semble √™tre la la√Įcisation et la s√©cularisation. Le catholicisme trouve des difficult√©s √† trouver ses marques dans ce contexte. L'√©glise catholique se situe clairement dans le camp du conservatisme voire de la r√©action[1], au moment de la Restauration.

En même temps la lecture et l'écriture connaissent une grande expansion dans toutes les classes de la société suscitant bien des remises en cause nouées dans un désir d'émancipation de l'individu.

D√®s les ann√©es 1850, l‚ÄôEurope et les √Čtats-Unis sont touch√©s par la r√©volution intellectuelle : on se retrouve en pleine effervescence sur le plan de l‚Äôalphab√©tisation. Au 18√®me si√®cle un public de lecteur s'est form√© et c'est la raison m√™me pour laquelle on cr√©e une censure des oeuvres. L'√©cole primaire obligatoire et gratuite est dans la constitution d√®s 1848 et la population alphab√©tis√©e passe de 30% en 1830 √† 90% en 1850[2] En France, la situation s'am√©liore doucement avec une brusque acc√©l√©ration entre 1865 et 1900 [3] Il en r√©sulte que l'√©cole sera le point focal du conflit entre les deux Frances.

L'expression d'une ecclésiologie

Les ultramontains s'opposent, en France, aux gallicans. Le clivage est d'abord eccl√©siologique. Le gallicanisme pr√īne l'existence d'une √Čglise de France relativement ind√©pendante du Saint-Si√®ge et autonome au sujet des nominations d'√©v√™ques. Le gallicanisme ayant √©t√© port√© √† son paroxysme avec la Constitution civile du clerg√© de 1790, le retour √† la monarchie avec la Restauration en 1814 a discr√©dit√© cet important courant eccl√©siologique fran√ßais.

Les id√©es ultramontaines s'imposent lentement gr√Ęce √† l'action de nombreux apologistes, au premier rang desquels Lamennais, dom Gu√©ranger, Montalembert, Lacordaire, et d'√©v√™ques, en particulier Mgr Gousset et Mgr Pie. Les th√®ses romaines sont popularis√©es gr√Ęce au journal L'Univers de Louis Veuillot (√† partir de 1840). Et le cercle de Mayence (ou cercle alsacien) d'Andr√© Raess contribue √† r√©pandre ces id√©es en Allemagne.

L'ultramontanisme, au d√©part mal vu par le clerg√© fran√ßais, prosp√®re face √† la succession de d√©ceptions v√©cues par les catholiques fran√ßais apr√®s la Monarchie de Juillet en 1830. Ne se sentant plus soutenus par un pouvoir d'essence catholique comme l'√©taient la monarchie d'Ancien R√©gime et la Restauration, les catholiques se tournent vers le pape comme seul guide possible. Le Concile Vatican I parach√®ve cette √©volution en 1870 : il consacre la primaut√© absolue du pape (celui-ci a autorit√© sur tous les autres √©v√™ques, les d√©cisions d'un concile ne lui sont pas sup√©rieures) et affirme l'infaillibilit√© pontificale quand le pape, en mati√®re de foi ou de morale, prononce, en vertu de sa charge, solennellement et ex cathedra, qu'¬ę une doctrine doit √™tre tenue par toute l'√Čglise ¬Ľ. L'installation de la Troisi√®me R√©publique en 1871 impose d√©finitivement l'ultramontanisme en France au sein d'une population catholique en grande partie hostile √† ce r√©gime, dont les lois d'inspiration anticl√©ricales des ann√©es 1880 - 1905 semblent lui montrer que le clerg√© n'a plus rien √† attendre de favorable de l'√Čtat fran√ßais.

Cette ecclésiologie a été aussi facilitée par le développement des communications (le chemin de fer qui rend le pèlerinage à Rome plus facile, la presse,...), et l'expansion géographique du catholicisme (missions). Le perte de sa souveraineté temporelle en 1870 élargit l'audience religieuse du pape.

L'expression d'une piété

La ralliement du clerg√© aux th√®ses romaines exprime aussi une volont√© d'unit√© autour de Rome, le si√®ge apostolique. D'o√Ļ l'adoption de la liturgie romaine dans les tous les dioc√®ses fran√ßais et l'adoption d'une th√©ologie morale romaine (celle d'Alphonse de Liguori). En philosophie, le pape L√©on XIII privil√©gie le n√©o-thomisme. Les vecteurs de cette unit√© sont les congr√©gations romaines (congr√©gation de l'index), les ordres religieux masculins qui se reconstituent (b√©n√©dictins, dominicains, assomptionnistes...), les s√©minaires nationaux fond√©s √† Rome. Le pape, ¬ę vicaire de J√©sus-Christ ¬Ľ, devient lui-m√™me un objet de d√©votion.

L'ultramontanisme refl√®te aussi une pi√©t√© particuli√®re : d√©votion mariale (proclamation du dogme de l'Immacul√©e Conception par Pie IX en 1854) et d√©votion eucharistique (la f√™te du Sacr√©-CŇďur de J√©sus √©lev√©e au rang de f√™te universelle en 1856, adoration perp√©tuelle, Quarante Heures, communion fr√©quente...) relay√©es par de nombreuses confr√©ries et associations pieuses, culte des saints, culte des reliques ‚Äď import√©es de Rome...

Aujourd'hui, le terme ultramontanisme n'est plus guère utilisé puisque son contraire, le gallicanisme, a presqu'entièrement disparu.

Chefs ultramontains du Canada

Articles connexes

Références

  1. ‚ÜĎ PELLETIER Denis, Les catholiques en France depuis 1815, Paris, La D√©couverte, coll. Rep√®res, 1997
  2. ‚ÜĎ dictionnaire historique de la Suisse
  3. ‚ÜĎ Jean-Pierre P√©lissier et Dani√®le R√©baudoUne approche de l‚Äôillettrisme en France : La signature des actes de mariage au XIXe si√®cle dans ¬ę l‚Äôenqu√™te 3 000 familles ¬Ľ Dans Histoire et mesure, volume 19n n¬į ¬Ĺ mis en ligne le 15 juin 2007, r√©f√©rence du 9 mars 2008
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