Tube fluorescent

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Tube fluorescent
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Tubes fluorescents : vert, rouge (n√©on), violet.
Une enseigne au néon

Un tube fluorescent est un type particulier de lampe √©lectrique, qui produit de la lumi√®re, gr√Ęce √† une d√©charge √©lectrique dans un tube. Leur lumi√®re peut √™tre blanche (pour l'√©clairage) ou color√©e (pour la fabrication d'enseignes, comme sur les illustrations).

Sommaire

Historique

Les débuts

L'idée d'employer la fluorescence pour l'éclairage remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle avec Edmond Becquerel qui recouvrit l'intérieur des tubes à décharge avec différentes poudres fluorescentes. Ces lampes fluorescentes primitives ne trouveront pas d'application pratique du fait de leur intensité lumineuse insuffisante.

Ce n'est qu'en 1895 que Thomas Edison inventera une lampe fluorescente à partir d'un tube à rayon X dont la surface interne de l'ampoule est enduite de tungstate de calcium. Cette substance convertit une partie des rayonnements X en lumière blanche bleutée avec une efficacité lumineuse trois fois supérieure à celle des lampes à filament de carbone de l'époque, ce pour une durée de vie bien plus longue. Ces performances auraient pu propulser cette lampe sur le marché de l'éclairage mais le rayonnement X produit par cette lampe enverra au cimetière un employé d’Edison.

La technologie des tubes fluorescents s'est donc développée selon le schéma de Becquerel, à partir de tubes à décharge sous basse pression.

Le tube néon de Georges Claude

L'invention du tube au n√©on par Georges Claude au d√©but du XXe si√®cle a marqu√© le d√©but de l'utilisation commerciale de tubes de couleur (rose et jaune) employant un rev√™tement fluorescent. Les teintes satur√©es obtenues ne permettaient certes pas l'usage de ces sources pour l'√©clairage domestique ou autre que publicitaire. Cependant, il fut d√©couvert que l'emploi simultan√© de tubes √† vapeur de mercure, √©mettant une lumi√®re bleue (invent√©e par Cooper-Hewitt (en) en 1901), avec des tubes de Claude permettait l'obtention d'une lumi√®re blanche de qualit√© relativement m√©diocre. De plus, ces lampes utilisaient des bains de mercure comme √©lectrodes, ce qui donne lieu, comme on le sait aujourd'hui, √† un tr√®s faible rendement de la source du fait de l'√©nergie consid√©rable qu'il faut pour extraire les √©lectrons des √©lectrodes...

Nouvelles électrodes

Il faudra attendre 1927, et les travaux de Ruttenauer et Pirani (en) (Osram) pour le d√©veloppement d'√©lectrodes en oxydes d'alcalins. Cette innovation permit de r√©duire les pertes d'√©nergie au niveau des √©lectrodes pour l'extraction des √©lectrons. Ceci accro√ģt ainsi √©norm√©ment le rendement des lampes. Ce n'est que dans les ann√©es 1930 que des tubes √† vapeur de mercure sous basse pression seront employ√©s en conjonction avec un rev√™tement fluorescent afin de g√©n√©rer une lumi√®re blanche. La conception de ces tubes √©tait similaire aux tubes de Claude, avec des cathodes creuses froides et une alimentation sous haute tension. Malgr√© une efficacit√© de l'ordre de 15-20 lm/W, de nombreuses installations de tubes √† haute tension se feront dans les magasins, restaurants et autres lieux publics.

La disponibilit√© r√©elle des tubes fluorescents ne s'est amorc√©e qu'avec l'introduction en 1936, par Osram, √† l'Exposition sp√©cialis√©e de 1937 de Paris, de tubes √† cathode chaude dont l'efficacit√© lumineuse est port√©e √† 30-40 lm/W du fait de l'emploi d'√©lectrodes moins dissipatrices en √©nergie. General Electric aux √Čtats-Unis, GEC en Angleterre et Philips aux Pays-Bas suivront en 1937-1938. Toujours chez Osram, le d√©veloppement des poudres fluorescentes ad√©quates permit le lancement du premier tube fluorescent en 1936 √† l'exposition universelle de Paris (Osram), suivi en 1938 par GE √† New York puis par Philips (1938) et GEC (UK). Si ce changement crucial dans la conception a permis des rendements plus √©lev√©s, la dur√©e de vie de ces sources √©tait cependant limit√©e √† 2 000 heures du fait de la d√©t√©rioration rapide des √©lectrodes et de la poudre fluorescente. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour voir l'introduction, par GEC, de m√©langes binaires d'halophosphates de strontium et de bismuth propulsant l'efficacit√© lumineuse vers les 50-60 lm/W tout en am√©liorant la qualit√© de la lumi√®re √©mise. Depuis les ann√©es 1950, l'am√©lioration de la qualit√© des composants a aussi permis l'accroissement de la dur√©e de vie de ces sources et un meilleur maintien de l'efficacit√© lumineuse. √Ä cet √©gard, le diam√®tre des tubes n'√©tait pas inf√©rieur √† 38 mm afin de limiter les dommages caus√©s par le plasma de mercure sur le rev√™tement fluorescent.

Nouvelles poudres fluorescentes

Une innovation majeure verra le jour en 1973 avec l'introduction par Philips de m√©langes ternaires de silicates et d'aluminate (en)s dont les propri√©t√©s g√©n√©rales sont bien sup√©rieures √† celles des halophosphates. En plus d'une efficacit√© lumineuse pouvant d√©passer les 80 lm/W avec une qualit√© de lumi√®re grandement accrue, la r√©sistance de ce type de mat√©riaux √† la d√©charge √©lectrique permit la r√©duction du diam√®tre des tubes de 38 mm √† 26 mm (T8) puis √† 16 mm (T5) et m√™me moins. Cette r√©duction des dimensions des lampes permit la conception de luminaires plus compacts avec un meilleur contr√īle optique de la lumi√®re √©mise.

Techniques

Les lampes fluorescentes contiennent un m√©lange d'argon et de vapeur de mercure √† basse pression, et pas forc√©ment de n√©on comme le langage populaire le laisserait croire. La lumi√®re visible est produite par deux processus successifs :

  • L'ionisation du m√©lange gazeux sous l'effet d'un courant √©lectrique g√©n√®re des rayonnements dans la gamme des ultraviolets (donc invisible), mais tr√®s √©nerg√©tique. Les conditions de d√©charges sont optimis√©es pour qu'un maximum (60-70 %) de la puissance consomm√©e soit rayonn√©e dans les deux raies de r√©sonance du mercure √† 184,9 nm et 253,7 nm.
  • Ce premier rayonnement est ensuite converti en lumi√®re visible, moins √©nerg√©tique (la diff√©rence donnant de la chaleur), √† la surface interne du tube par un m√©lange binaire ou ternaire de poudres fluorescentes.

La couleur de la lumière produite provient donc essentiellement de la composition spécifique de ce revêtement interne. Le néon est parfois utilisé, mais produit une lumière rouge. Cette utilisation est donc très particulière, et c'est par simplification abusive et métonymie que le nom de ce gaz est devenu synonyme aujourd'hui de lampe fluorescente.

La géométrie de ces lampes ainsi que les moyens d'excitation du plasma de mercure peuvent prendre différentes formes selon les besoins.

Tubes linéaires

Les tubes lin√©aires sont, de loin, les lampes fluorescentes les plus utilis√©es. La longueur de ces tubes varie de quelques centim√®tres √† plus de deux m√®tres selon la puissance. Chaque extr√©mit√© est pourvue d'une √©lectrode compos√©e d'un filament de tungst√®ne doublement ou triplement bobin√© et enduit d'un rev√™tement d'oxydes de baryum-strontium-calcium pour une injection optimale du courant d'√©lectrons dans la d√©charge √©lectrique. Ces √©lectrodes fonctionnent alternativement comme une cathode ou une anode selon le sens du courant (alternatif). La g√©om√©trie de ces √©lectrodes varie d'un mod√®le de lampe √† un autre et ceux dont la puissance d√©passe les 100 W ont des √©lectrodes con√ßues avec deux sondes suppl√©mentaires afin de pouvoir collecter le fort courant ionique lors de la phase anodique.

Deux classes de lampes √† usage g√©n√©ral se distinguent. D'une part, il y a les lampes √† tr√®s bon rendu des couleurs employant une poudre fluorescente √† base de silicates et d'aluminates, souvent nomm√©es lampes √† ¬ę trois bandes ¬Ľ en r√©f√©rence √† leur spectre d'√©mission. En plus d'une tr√®s bonne qualit√© de lumi√®re (IRC de 80 √† 95), l'efficacit√© lumineuse est √©lev√©e, de l'ordre de 80 √† 105 lm/W. D'autre part, il existe sur le march√© des lampes √† bas prix employant encore des halophosphates. Ces derni√®res ont une efficacit√© moindre (60 √† 75 lm/W) et une qualit√© de lumi√®re (IRC 55-70) trop faible pour un emploi en dehors de l'√©clairage industriel.

Hormis cette gamme classique de lampes, il existe des sources √† rayonnement ultraviolet (UV) dont les tubes ¬ę lumi√®re noire ¬Ľ employant une poudre fluorescente rayonnant autour de 365 nm, les tubes UVA (actinique) pour lampes √† insectes, insoleuses (circuits imprim√©s) et UVB pour le bronzage et le traitement de certains mat√©riaux, puis les tubes UVC pour la st√©rilisation. Ces derni√®res lampes ne sont pas pourvues de poudre fluorescente et leur ampoule est fabriqu√©e soit en quartz, soit en verre √† faible teneur en oxyde de fer afin d'assurer une bonne transmission des UV g√©n√©r√©s par le plasma de mercure.

La puissance des tubes linéaires est normalisée.
Longueur Puissance
1,8 m 70 W
1,5 m 58 W
1,2 m 36 W
1,449 m 35 W
0,9 m 30 W
0,6 m 18 W
0,438 m 15 W
0,549 m 14 W
0,523 m 13 W
0,37 m 12 W
0,33 m 10 W
0,3 m 8 W
0,225 m 6 W
0,15 m 4 W
0,-- m 2 W

Lampes fluocompactes

Lampe fluocompacte
Article d√©taill√© : Lampe fluorescente.

Comme leur nom l'indique, ces lampes sont compactes gr√Ęce au pliage en deux, trois, quatre ou six d'un tube fluorescent dont le diam√®tre est compris entre 7 et 20 mm. En raison du faible diam√®tre du tube, seules des poudres fluorescentes √† trois bandes sont employ√©es. La forme compacte du tube √† d√©charge pose aussi un probl√®me de dissipation thermique et plusieurs moyens sont employ√©s pour limiter la pression de vapeur saturante de mercure afin de rester au r√©gime optimum de fonctionnement. Certaines lampes emploient des amalgames de mercure-√©tain ou mercure-bismuth, alors que d'autres sont pourvues d'appendices froids o√Ļ le mercure se condense.

La premi√®re fut cr√©√©e par Philips (annonc√©e en 1976, introduite en 1980), puis Osram (1981) suivi par les autres fabricants. La conception de cette nouvelle g√©n√©ration de lampes a √©t√© motiv√©e par l'accroissement des co√Ľts √©nerg√©tiques suite aux deux chocs p√©troliers des ann√©es 1970. Ainsi, les premi√®res lampes fluocompactes introduites par Philips √©taient con√ßues pour remplacer les lampes √† filament directement dans leurs luminaires. Cependant, l'int√©gration du ballast ferromagn√©tique posa un s√©rieux probl√®me de poids et de volume qui limita les applications de ces lampes √† √©conomie d'√©nergie. Ce n'est que vers le milieu des ann√©es 1980 que les premi√®res lampes fluocompactes √† alimentation √©lectronique seront mises sur le march√©. Avec un meilleur rendement et des dimensions r√©duites, ces lampes se sont de plus en plus int√©gr√©es dans le paysage de l'√©clairage domestique.

Quant √† la rumeur d'√©mission d'UV, celle-ci est fausse car la couche fluorescente de la lampe absorbe les UV et r√©√©met de la lumi√®re visible (morceaux de spectre continu)[r√©f. n√©cessaire].

Risques pour la santé


Le contenu en mercure des lampes fluorescentes peut varier de 3 √† 46 mg[1]. Elles contiennent du mercure, un m√©tal toxique, et requi√®rent d'√™tre trait√©es s√©par√©ment des autres d√©chets m√©nagers. Le mercure repr√©sente un danger important pour les femmes enceintes, les nouveau-n√©s et les enfants en g√©n√©ral. Les d√©charges publiques refusent souvent ce type de lampes parce qu'elles contiennent du mercure. Si une lampe fluorescente se brise, il est recommand√© de bloquer sa respiration, d'ouvrir une fen√™tre et d'a√©rer la pi√®ce 10 ou 15 minutes avant de ramasser les d√©bris pour √©viter de respirer des vapeurs de mercure. La poudre de b√©ryllium a √©t√© utilis√©e comme couche interne des tubes fluorescents. C'est un produit tr√®s toxique qui peut induire une maladie dite b√©rylliose chez les ouvriers qui l'ont manipul√©.

Lampe à induction

Article d√©taill√© : Lampe √† induction.

Le facteur limitant la dur√©e de vie des lampes fluorescentes est l'usure des √©lectrodes. La lampe ne peut plus fonctionner correctement si les √©lectrodes ne peuvent plus fournir suffisamment d'√©lectrons n√©cessaires au maintien de la d√©charge √©lectrique. Il existe une classe de lampe qui ne poss√®de pas d'√©lectrodes, mais une antenne radio-fr√©quence qui g√©n√®re et excite un plasma d'argon-mercure gr√Ęce √† un champ magn√©tique alternatif.

Il existe deux genres de lampe à induction, la lampe à induction à haute fréquence et la lampe à induction à basse fréquence.

Lumière émise et caractéristiques spectrales

Les tubes fluorescents destinés à l'éclairage peuvent émettre de la lumière colorée ou de la lumière blanche. (les tubes UV ne servent pas à l'éclairage, sauf effets spéciaux)

On trouve des tubes color√©s √©mettant les couleurs suivantes : bleu, vert, rouge (faible intensit√©), ambre et rose.

Les tubes √©mettant de la lumi√®re blanche peuvent produire des blancs forts diff√©rents, on parle de teinte, de chaud √† tr√®s froid. Ils sont caract√©ris√©s selon 2 crit√®res : leur temp√©rature de couleur et leur indice de rendu de couleur (IRC).

Pour mémoire, une lumière blanche comprend toutes les longueurs d'onde du spectre, c'est un spectre continu. Les tubes fluorescents émettent un spectre discontinu, on parle donc de température de couleur proximale. L'indice de rendu de couleur permet d'apprécier la qualité du rendu visuel et le risque de métamérisme.

Température de couleur

Article d√©taill√© : Temp√©rature de couleur.

Les tubes fluorescents destin√©s √† l'√©clairage sont disponibles dans les temp√©ratures de couleur suivantes :

2700 K : proche de la lumi√®re incandescente, utilisation domestique et h√ītellerie (OSRAM : Interna)

3000 K : proche de la lumi√®re halog√®ne, utilisation en h√ītellerie, boutiques, mus√©es (OSRAM : blanc chaud / warm white)

3500 K : (peu fr√©quent) compromis entre lumi√®re halog√®ne et lumi√®re de bureau

4000 K : blanc "neutre", tr√®s utilis√© dans les bureaux et dans les milieux industriels ; cette temp√©rature de couleur interm√©diaire a l'avantage de ne para√ģtre ni trop jaune la journ√©e, ni trop froide la nuit (OSRAM : blanc de luxe) ; c'est la temp√©rature de couleur la plus r√©pandue chez les tubes fluorescents

5000 K : proche de la lumi√®re du jour (mais attention √† l'IRC), utilis√© en mus√©es, photographie et en arts graphiques

6500 K : proche de la lumi√®re d'un ciel couvert (mais attention √† l'IRC), utilis√© dans les h√īpitaux (ce qui donne cette lumi√®re froide si typique) (OSRAM : lumi√®re du jour / daylight) ou OSRAM Bioluxe 965

8000 K : (peu fr√©quent) proche de la lumi√®re d'un ciel bleu (lumi√®re du nord), usages sp√©ciaux. (OSRAM : SKYWHITE)

Indice de rendu des couleurs (IRC)

Article d√©taill√© : Indice de rendu de couleur.

Pour une m√™me temp√©rature de couleur, l'IRC peut varier. Cette diff√©rence n'est pas perceptible en regardant le tube directement, ou lorsque sa lumi√®re atteint une surface blanche, car le cerveau compense automatiquement un √©clairage uniforme, mais devient flagrante lorsque l'on √©claire des objets color√©s, qui apparaissent alors avec une dominante : fruits, v√™tements, photographies (diff√©rences tr√®s visibles), nuanciers dentaires, etc.

Les tubes sont disponibles dans trois grandes familles de rendu de couleur :

IRC 55 √† 70 % : rendu de couleur m√©diocre, utilisation en atelier, industrie, lieux publics de circulation. En photographie, ils produisent une dominante verte caract√©ristique. Efficacit√© lumineuse moyenne.

IRC 85 % : rendu de couleur correct, utilisation en bureau, √©cole, h√ītellerie, domestique (h√©las). Les teintes chair sont d√©form√©es, le jaune tire vers le vert, les bleus tirent vers le violet, et g√©n√©ralement toutes les teintes semblent plus satur√©es, un peu artificielles. Il est, par exemple, tr√®s difficile d'appr√©cier la couleur d'un v√™tement dans une boutique √©clair√©e avec cet IRC. En photographie, ils produisent √©galement une dominante verte. Efficacit√© lumineuse tr√®s bonne.

IRC > √† 90 %. : rendu des couleurs sup√©rieur, utilisation en arts graphiques, mus√©es, dentisterie, photographie, caissons lumineux, utilisation tr√®s souhaitable en √©clairage domestique. Utilis√©s en photographie, ils ne pr√©sentent pas la dominante verte si caract√©ristique. Efficacit√© lumineuse bonne.

Parall√®lement, chaque IRC est disponible dans un √©ventail de temp√©ratures de couleurs, mais toutes les combinaisons ne sont pas disponibles et certaines familles de lampes fluorescentes offrent moins de choix. Le plus vaste est offert par les tubes de 26 mm de diam√®tre, alors que les lampes fluocompactes n'existent que dans trois ou quatre teintes, et presqu'exclusivement en IRC 85 %.

Le choix d'un tube (ou d'une lampe fluocompacte) doit donc s'effectuer impérativement selon les deux critères, l'IRC étant trop souvent ignoré.

Afin de faciliter le choix, les fabricants ont tous adopté la nomenclature Philips, en plus des dénominations commerciales.

Marquage standardisé de tubes fluorescents

Système international

Exemple de marquage

Le code, √† trois chiffres, regroupe deux informations : le premier chiffre indique l'indice de rendu de couleur (IRC) (en dizaines de %), et les deux derniers chiffres d√©signent la temp√©rature de couleur (en centaines de Kelvin). On peut noter que ce marquage est aussi utilis√© pour certaines lampes √† d√©charge, notamment celles √† halog√©nures m√©talliques.

Par exemple :

  • Le code 640 d√©signe un tube d'un IRC de 60 % et d'une temp√©rature de couleur de 4 000 K (blanc industriel), √©clairage d'atelier, cave, etc.
  • Le code 840 d√©signe un tube d'un IRC de 85 % et d'une temp√©rature de couleur de 4 000 K (ex : Osram ¬ę blanc deluxe ¬Ľ), √©clairage typique en bureau.
  • Le code 827 d√©signe un tube d'un IRC de 85 % et d'une temp√©rature de couleur de 2 700 K (ex: Osram ¬ę interna ¬Ľ), √©clairage typique des fluocompactes.

Autres exemples :

Si l'on souhaite simuler la lumi√®re du jour (phototh√©rapie par exemple), il faut imp√©rativement un IRC >90 % et une temp√©rature de couleur de 5 000 K ou 6 500 K, soit une teinte 950 ou 965. La teinte 950 revendique un IRC allant jusqu'√† 98, ce qui en fait une teinte privil√©gi√©e pour le contr√īle pr√©cis des couleurs, en particulier dans l'imprimerie.

Si l'on souhaite imiter la lumi√®re incandescente (√©clairage domestique), il faudrait 2 700 K et un IRC >90. Les lampes fluocompactes pourraient conna√ģtre un essor plus important si elles √©taient disponibles dans cette qualit√©, car avec la teinte 827 propos√©e, la majorit√© des utilisateurs per√ßoit une diff√©rence par rapport √† l'incandescence. Une telle teinte existait chez Philips en tube de √ė 26 mm, mais a √©t√© supprim√©e.

Tableau récapitulatif des teintes de lampes fluorescentes (un tiret indique que cette combinaison n'existe pas)

2 700 K 3 000 K 3 500 K 4 000 K 5 000 K 6 500 K 8 000 K
IRC 50-76 - 530 - 640/740 - 765 -
IRC 85 - 827 830 835 840 - 860/865 880
IRC>90 - 930 - 940 950/954 965 -

Source : Catalogue Osram 2007

Nomenclature Nord-Américaine

Aux √Čtats-Unis et au Canada, de nombreux tubes, autant de l'ancienne que de la nouvelle technologie, utilisent encore le syst√®me de num√©rotation cr√©√© √† la fin des ann√©es 30. Sa constitution, bien que peu explicite, est simple.

Chaque modèle débute par une ou plusieurs lettres représentant le type de tube, F pour un fluorescent standard, FC pour un fluorescent circulaire, G pour un tube germicide, etc. La signification des lettres est souvent fournie par le fabricant, en particulier ceux qui leur sont exclusifs.

Les chiffres qui suivent indique la puissance nominale en Watts, ou dans certains cas, la longeur douille-à-douille du luminaire correspondant, en pouces. Dans le cas des fluorescents circulaire (Circline), le nombre indique le diamètre du cercle en pouces.

S'en suit un numéro, débutant le plus souvent par T, qui correspond à la forme du tube ainsi qu'au diamètre du tube lui-même en huitièmes de pouces. Les tubes T8 par exemple font exactement 1po de diamètre. Notez que pour les tubes de 40W T12, le T12 est le plus souvent omis. Cela signifie qu'un tube F40T12/WWX par exemple sera le plus souvent décris dans les catalogues comme étant un F40/WWX.

Les autres caractères sont séparés par un slash (/) et désignent les caractéristiques propre au modèle. La plupart des halophosphates se sont vu attribuer des lettres, /WW pour Warm White (Blanc Chaud), /CW pour Cool White (Blanc Froid), /D pour Daylight (Lumière du Jour), /WWX pour Warm White Deluxe (Blanc Chaud de Luxe), /CWX pour Cool White Deluxe (Blanc Froid de Luxe), /DX pour Daylight Deluxe (Lumière du Jour de Luxe), etc. La liste complète est longue, et encore une fois la signification de ces codes est la plupart du temps founie par les fabricants, et presque tous les manufacturiers Nord-Américains utilisent les mêmes suffixes. Par exemple, commander des tubes F30T12/D chez Sylvania ou chez GE revient à commander exactement le même produit.

Pour les triphosphores et autres phosphores d'invention récente, le système international à 3 chiffres est tout simplement ajouté au système de numéro FxxTxx/xx classique. (Ex.: F32T8/741)

Utilisations et avantages

Les tubes fluorescents sont tr√®s utilis√©s pour l'√©clairage industriel, les magasins, grandes surfaces et les bureaux. C'est-√†-dire en tout lieu o√Ļ l'on a besoin d'un √©clairage g√©n√©ral tout en limitant la d√©pense √©nerg√©tique, tant dans la consommation √©lectrique pour la production m√™me de la lumi√®re, que dans les co√Ľts de climatisation li√©e √† la chaleur g√©n√©r√©e par le syst√®me d'√©clairage. En effet, ce syst√®me d‚Äô√©clairage, quoique plus co√Ľteux √† l'investissement, se r√©v√®le beaucoup plus √©conomique que les lampes √† incandescence. Leur rendement de conversion √©lectrique en lumi√®re (efficacit√© lumineuse) atteint et d√©passe souvent les 80 lumens par watt alors que les lampes classiques d√©passent p√©niblement les 15 lumens par watt. Donc pour une m√™me quantit√© de lumi√®re, la consommation √©lectrique est divis√©e par cinq ou six.

Autre avantage et non des moindres, un tube fluorescent a une dur√©e de vie de dix √† cinquante fois sup√©rieure √† une lampe √† incandescence classique ; de plus, comme le tube est interchangeable et qu'il ne repr√©sente qu'une partie du syst√®me (ballast, starter, support, r√©flecteur), l'investissement est √† long terme int√©ressant, avec des co√Ľts de maintenance r√©duits.

Risque de confusion

On prendra garde de ne pas confondre les tubes fluorescents avec les linolites qui sont elles des lampes incandescentes.

Inconvénients

Les interf√©rences cr√©√©es par les tubes (courants harmoniques et d√©phasage dus entre autres √† la bobine du ballast), sous forme de parasites, sont nuisibles pour les √©quipements √©lectroniques et informatiques tels que les c√Ębles r√©seau.

La surface d'émission de la lumière est large, il est donc difficile de focaliser la lumière avec un réflecteur pour obtenir un faisceau concentré, comme celui d'un spot très basse tension.

La plupart des tubes disponibles couramment ont un indice de rendu de couleur satisfaisant, mais insuffisant pour un bon confort visuel ou des travaux de pr√©cision : imprimerie, graphisme, maquillage, textile, etc. Certes, il existe des teintes de tubes avec un indice de rendu de couleur sup√©rieur √† 90, mais ils sont peu connus et difficiles √† trouver.

Enfin, certains types de tubes émettent un léger grésillement.

Effet stroboscopique : danger avec des machines tournantes, pour y rem√©dier, il faut employer soit un syst√®me dit duo o√Ļ deux tubes sont mont√©s c√īte √† c√īte avec un tube comprenant une alimentation d√©phas√©e, soit un ballast √©lectronique. L'effet stroboscopique peut aussi provoquer des troubles oculaires.

Les tubes fluorescents (néons) font également l'objet d'une controverse en France sur leur utilisation en tant que moyen publicitaire sur les enseignes des magasins. Plusieurs groupes dénoncent la pollution lumineuse et les consommations d'énergie induites par l'utilisation de ces lampes.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ (en) Toolkit for identification and quantification of mercury releases, 5.5.3 Light sources with mercury, United Nations Environment Programme (UNEP), novembre 2005 [PDF], p. 173

Annexes

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Tube fluorescent de Wikipédia en français (auteurs)

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  • Tube ‚ÄĒ Cette page d‚Äôhomonymie r√©pertorie les diff√©rents sujets et articles partageant un m√™me nom. Sur les autres projets Wikimedia : ¬ę Tube ¬Ľ, sur le Wiktionnaire (dictionnaire universel) Un tube est un objet creux plus haut que large.… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • fluorescent lamp ‚ÄĒ ‚ėÜ fluorescent lamp or fluorescent tube n. a glass tube coated on the inside with a fluorescent substance that gives off a bright light (fluorescent light) when a vapor, usually mercury vapor, in the tube is acted upon by a stream of electrons… ‚Ķ   English World dictionary

  • Fluorescent lamp recycling ‚ÄĒ is the recycling of fluorescent lamps.The fluorescent lamp is made with a glass tube coated with a phosphorus compound (the white dust) on the inside, and filled with a small quantity of mercury. When discarding a fluorescent tube, the main… ‚Ķ   Wikipedia


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